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16/11/2009

suite du Procès des deux jeunes anti-Otan à Strasbourg: la défense se défend derrière le "paraître"...


Encore un reportage "propagande" sur fond d'image d'homme en noir cagoulés et de bâtiment en flammes...

 

OTAN

16/11/2009 | 19:40 par CR (avec AFP)

Sommet de l'OTAN : nouvelles condamnations

- Incendie du bâtiment de la douane dans la quartier du Port du Rhin, le 4 avril 2009. -

Incendie du bâtiment de la douane dans la quartier du Port du Rhin, le 4 avril 2009.

© France 3

Deux hommes de 18 et 21 ans, un Russe et un Allemand, ont été condamnés pour avoir incendié un bâtiment douanier.

Les deux hommes, qui encouraient 10 ans de prison, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Strasbourg à 4 ans de prison, dont un avec sursis. Ils ont été maintenus en détention à l'issue de l'audience, a précisé le greffe du tribunal.

Les deux prévenus ont reconnu avoir incendié le bâtiment de l'administration des douanes situé près du pont de l'Europe à Strasbourg, le 4 avril dernier.

Originaires de Rostock et se décrivant comme "pacifistes", les deux jeunes gens ont par ailleurs nié toute appartenance au mouvement des "Black Block" ou à un quelconque parti politique.

Le 4 avril à la mi-journée, des manifestants cagoulés et en noir avaient incendié un hôtel Ibis, une pharmacie, les locaux du poste de douane à la frontière avec l'Allemagne, sans être inquiétés par les forces de l'ordre qui étaient alors absentes de ce quartier déshérité de Strasbourg.

 

Selon l'avocat "Maître Emmanuel Hoen":

"Le tribunal a pris en compte bon nombre d'élément...c'est une peine qui peut paraître sévère...mais qui...quelque part...notammant si on regarde par rapport aux aménagement de peine et la suite de la procédure...qui peut paraître rélativement équilibrée..."

vidéo ici.

 

Pour deux jeunes qui n'ont pas réussit à maîtriser un départ de feu après avoir jouer avec des briquets dans un bâtiment déja saccagé...3 ans de prison ferme + 1 an avec sursis, c'est + que paraître....

 

à suivre...

20:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Procès des deux jeunes anti-otan à Strabourg: 3 ans fermes + 1 avec sursis

Jugement sans appel pour les deux jeunes étudiants.

Ancune clémence de la part de la "justice".

La défense s'est évertuée à la jouer solo vis a vis des différents soutiens et a même pointé du doigt un certain soutien "insistant qui cherchait à s'immiser"...cette même défense à passée la brosse à reluire au juge d'instruction et a qualifié l'enquête et le dossier à charge "d'exemplaire" ...

à suivre...

 

11:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/11/2009

Liberté pour Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani

Lu sur le Post : Peu à peu, des initiatives émergent pour sortir Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani, ex-militants d’Action Directe, de prison. Trois rendez-vous sont à noter pour le 21 novembre.
« Ceux de l’Extérieur tressaillent en lisant les anciens récits des rituels sanguinaires d’Amérique centrale. Mais à l’Intérieur, où a cours la religion du droit d’exception, on pratique encore le sacrifice humain. Comme le prêtre maya chantait, dansait et priait pour que les dieux fassent pleuvoir ou repoussent l’envahisseur, l’administration promulgue, décrète et verdicte pour faire régner l’ordre comme la sécurité et contenir les hordes d’immigrés. Mais l’ordre pénitentiaire ne serait pas ce qu’il est s’il ne remplissait aussi sa fonction à destination de ceux de l’Extérieur : le sacrifice carcéral rend supportable la servitude salariale. La voilà la place centrale de la prison dans la gestion postmoderne de l’ordre social ! Pour l’essentiel, rien n’a changé depuis les jeux du cirque de la Rome antique : l’homme ne se croit libre que de côtoyer des esclaves et d’avoir l’occasion d’exercer son droit d’un tour de pouce – plutôt vers le bas. Halte aux prisons quatre étoiles ! Il faut faire preuve de fermeté ! Finalement ils ont peut-être raison. Je refuse cette civilisation. Pour sa barbarie. Parce que je porte en moi les graines d’un monde sans cirque ni esclavage. »
Ces quelques lignes, signées Jann-Marc Rouillan, nous les retrouverons en janvier prochain dans Paul des épinettes et moi à paraître aux éditions Agone (où l’auteur de La Part des loups a travaillé, de décembre 2007 à octobre 2008, durant sa période de semi-liberté). Édité en 2002 par L’Insomniaque sous le titre Paul des épinettes, le livre sera enrichi par des pages qui traiteront notamment de la « justice », de la semi-liberté, de la maladie et de la mort en prison.
Si les écrits arrivent à passer relativement bien les murailles, ce n’est pas aussi simple avec les corps, même malades comme c’est le cas avec Jean-Marc Rouillan, ex-militant d’Action Directe et actuellement membre du NPA. Incarcéré depuis près de 23 ans, il est aujourd’hui, atteint du syndrome de Chester-Erdheim (maladie auto-immune rare et évolutive qui exige un traitement expérimental légalement impossible à administrer en prison) et demande à bénéficier d’une suspension de peine pour raison médicale comme le prévoit la loi du 4 mars 2002, dite « loi Kouchner ».
Aux Baumettes, à Muret ou ailleurs, Jean-Marc Rouillan n’a plus rien à faire en prison. Comme Georges Cipriani, il a terminé sa peine de sûreté depuis 2005. Jusqu’où ira la vengeance de l’État ? Privé de soins, Jean-Marc Rouillan serait-il condamné à une peine de mort lente ? Rappelons que Maurice Papon, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité, a pu profiter de la « loi Kouchner » fin 2002. Et, avec ça, entre autres choses, il serait interdit de trouver cette France-là monstrueuse...
Des voix s’élèvent pour faire sortir Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani de cabane. L’Organisation communiste libertaire (OCL) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ont récemment dénoncé l’acharnement de l’État contre ces deux prisonniers politiques. En plus des rassemblements mensuels devant la direction de l’Administration pénitentiaire et après un concert donné par Dominique Grange dans le Nord, trois rendez-vous sont à noter pour le samedi 21 novembre :
À Marseille, les camarades et groupes de défense et de soutien aux militants d'Action Directe emprisonnés (Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani) et tous ceux qui voudront répondre à l'appel se réuniront autour du thème « Histoire sans parole », à 15h30, à l’Équitable Café, 54 Cours Julien (13006). Infos : http://equitablecafe.org/
À Toulouse, dans le sillage des actions de l’ARPPI contre les longues peines et les mitards, pour la libération des malades, des handicapés…, une déambulation est organisée en ville par L’Échappée. Rendez-vous devant la prison Saint-Michel à 14h. Un rassemblement-concert est également annoncé devant la prison de Muret (où est Jean-Marc Rouillan), à 17h30. Faîtes du bruit ! Infos : http://www.arppi.info/
Au Havre, le groupe Zéro de conduite organise un concert avec les Porcs autonomes, à 20h30, aux Lucioles 31, rue Casimir-Delavigne. Des textes puisés dans les livres de Jann-Marc Rouillan seront également lus. Infos : http://www.myspace.com/lolalucioles

Paco

Pour écrire aux prisonniers:
- Jean-Marc Rouillan, 9496 A 109, CD de Muret, Route de Seysses, 31600 Muret.
- Georges Cipiani, 5250 MC Ensisheim, 40 rue de la 1ère Armée, 68190 Ensisheim.

http://endehors.org/news/liberte-pour-jean-marc-rouillan-et-georges-cipriani



18:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Lettre de René Riesel à propos de la propagande vaccinale

Pris chez Le JL

Bravo à René RIESEL !!!

 

Dimanche 15 novembre 2009
Lettre ouverte

René Riesel
Vallongue
48210 Mas Saint-Chély
à M. Stephan Pinède
Directeur départemental des services vétérinaires
Zone Artisanale du Gévaudan
48000 Mende
Vallongue, le 17 octobre 2009

Monsieur,

Après celui que vous m’aviez adressé le 18 août j’ai également reçu votre courrier recommandé, avec accusé de réception, du 30 septembre. Vous m’y mettez à nouveau «en demeure de faire mettre en oeuvre par [mon] vétérinaire sanitaire une vaccination valable de [mes] animaux éligibles contre les sérotypes 1 et 8 de la FCO dans un délai n’excédant pas 15 jours à compter de la réception de cette lettre». Vous m’y informez aussi qu’«en l’absence de l’attestation, par [mon] vétérinaire sanitaire d’une première injection de primo-vaccination ou d’un rappel sous ces quinze jours, de même (en cas de primovaccination) qu’en l’absence d’une seconde injection dans le délai prévu par le laboratoire fabricant du vaccin utilisé», vous serez «contraint de transmettre à Madame le procureur de la République un procès verbal de constatation du non respect des mesures collectives obligatoires de prophylaxie des maladies animales, contravention pénale de 4e classe».

J’ai pris bonne note de vos injonctions. Je n’en persiste pas moins à refuser de soumettre mon cheptel à la vaccination contre l’un et l’autre des dits sérotypes. Ceci valant également pour celles qui pourraient se voir imposées à l’avenir contre tel ou tel des vingt-deux autres sérotypes connus dont la manifestation sous nos latitudes est, comme on sait, des plus envisageables à plus ou moins brève échéance.

Je ne mentionnerai donc qu’à titre de curiosité un détail, forcément secondaire face à une si dangereuse maladie, indiscutablement vectorielle et non contagieuse, que votre précédent ministre de tutelle, désormais recasé dans l’industrie pharmaceutique, présentait sans rire comme la plus grande crise sanitaire depuis 50 ans : eussé-je été dans de plus dociles dispositions qu’il m’aurait de toute façon été impossible d’obtempérer à votre sommation dans le délai imparti. Mes brebis sont en lutte ou gravides et, s’il faut en croire le chapitre 2.1.9, consacré à la Blue Tongue, du Manuel des tests de diagnostic et des vaccins pour les ruminants terrestres de l’O.I.E.-Organisation mondiale de la santé animale, «attenuated virus vaccines are teratogenic and should not be administred to pregnant sheep during the first half of pregnancy as this may cause fetal death and abnormalities». De même, Newsom et Marsh (Les maladies du mouton, Vigot, Paris 1961, 2e édition américaine 1958) soulignaient déjà : «On a trouvé en Californie qu’il y avait un risque à vacciner les brebis gestantes. Schultz et De Lay (1955) signalent des pertes sérieuses chez les agneaux de brebis vaccinées alors qu’elles étaient pleines de 4 à 8 semaines. Beaucoup d’agneaux furent mort-nés ou présentèrent des symptômes de développement cérébral imparfait. Il est donc recommandé de vacciner les brebis reproductrices au moins trois semaines avant la lutte, ou bien après les trois premiers mois de gestation.»

Je vous laisse libre de juger qu’il ne s’agirait là, en toute hypothèse, que de dégâts collatéraux, qui ne pèseraient rien en regard des bénéfices dont votre courrier fait maladroitement la propagande. Une telle conviction paraît du reste partagée car il est notoire qu’on ne s’est pas privé de faire n’importe quoi dans cette comique blitzkrieg antivirale, vaccinant des bêtes gestantes aussi bien que des animaux infectés, avec les résultats qu’il fallait attendre. Ceux-ci sont constatables par n’importe quel éleveur mais, malheureusement, «la qualité des données recueillies n’a pas toujours permis d’évaluer correctement le rôle réel du vaccin dans la survenue de l’effet indésirable» et l’A.F.S.S.A. ne peut faire autrement qu’en conclure : «À ce jour, les données recueillies ne remettent pas en cause le principe de la vaccination.» (A.F.S.S.A., 31 mai 2009)

C’est précisément ce que votre courrier comporte de propagande, d’intimidations et de mensonges implicites ou explicites qui donne tout son sens, bien au-delà des considérations qu’on pourrait émettre sur ses bénéficiaires directs (cette industrie de la pharmacie dont vous me recommandez de suivre les prescriptions), à la manipulation dont vous êtes l’exécutant.

Vous demeurez, là encore, libre de hausser les épaules : à considérer la pandémie étatico-médiatique autour de la redoutable grippe qu’on endigue en se mouchant dans son coude et qu’on soigne au paracétamol, qui se soucierait qu’on traite les ruminants comme des hommes ? Ainsi qu’on peut en faire quotidiennement le constat à tout propos, les perspectives sont d’ailleurs excellentes pour les agents du Ministère de la Peur et il relève de la bonne gouvernance d’avoir su vérifier, sous couvert de santé animale (et, prochainement, de «traçabilité» quand le puçage des moutons deviendra obligatoire après qu’on l’ait fait adopter aux hommes librement, sans la moindre coercition) qu’il en coûte finalement fort peu désormais pour perfectionner l’administration des hommes.

Je vois de l’intimidation et un mensonge implicite dans votre affirmation selon laquelle mon cheptel n’étant «pas valablement vacciné» il constituerait, «à ce titre, un cheptel dans lequel la circulation de la maladie pourra survenir avec les conséquences sanitaires et économiques que l’on connaît». Les données «épidémiologiques» du même O.I.E. signalent : «Taux de mortalité normalement faible chez les ovins mais pouvant atteindre 10% lors de certaines épizooties. Maladie non contagieuse» et j’entends, ce qui ne regarde que moi, faire mon affaire de ce que vous appelez des «conséquences sanitaires et économiques» en accompagnant comme je le peux le développement d’immunités naturelles chez mes animaux.

Je refuse de les livrer aveuglément aux marchands de chimie et de me soumettre moi-même à cet exercice d’infantilisation ou plutôt de préparation aux futurs états d’urgence. Et si vous me comprenez mal, songez aux brasiers et aux dispositifs de la fièvre aphteuse ou, mieux encore, reportez-vous au Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire que votre fonction vous interdit d’ignorer. Ce catalogue constamment mis à jour de monstruosités et d’inepties technocratiques est accessible, transparence oblige, sur le site Internet du ministère de l’agriculture mais on le verrait bien accompagner les liasses de formulaires «P.A.C.» adressées annuellement aux agriculteurs. Coproduit par l’Autorité de sûreté nucléaire (A.S.N.) et la Direction générale de l’alimentation (D.G.A.L.) avec le concours des Instituts techniques qui sont le fleuron de la «Profession», il est le résultat d’une initiative à l’origine de laquelle on trouve les fameuses Organisations professionnelles agricoles («O.P.A.»). À la lumière du genre de sollicitude qui s’y exprime à l’endroit du bétail animal et humain on comprend mieux à quoi pourrait servir la discipline déjà acquise dans de précédentes «situations de crise» : fièvre aphteuse, varron, F.C.O. où l’éradication n’a cessé d’être le maître mot de l’impuissance bureaucratique.

Mais, surtout, vous n’ignorez pas qu’un troupeau non vacciné ne présente aucun risque pour les cheptels avoisinants. Dans le cas contraire que ne faudrait-il pas redouter du réservoir sans fond que constitue la «biodiversité» de nos «territoires» ? La nature ne vous facilite pas les choses : pas de vaccination envisageable pour les ruminants sauvages ! Mais il n’y a là bien sûr rien qui remette si peu que ce soit en cause la vérité statistique du seuil de 80% d’animaux vaccinés que vous vous glorifierez immanquablement d’avoir atteint. À l’instar de la bureaucratie stalinienne exaltant régulièrement la pulvérisation des objectifs de ses plans quinquennaux ou, plus trivialement, du policier qui a fait son chiffre.

J’ajouterai trois remarques pour en finir avec cet aspect. La première est que les considérations alambiquées de l’O.I.E. à propos de la perspective inverse (culicoides transportant les virus atténués à partir d’animaux vaccinés) incitent au moins à une certaine perplexité. La seconde est qu’en vous targuant d’avoir gagné une bataille («aucun foyer n’est recensé en Lozère à ce jour pour l’année 2009 (pour mémoire : 111 foyers en 2008)»), sans préciser sur quel critère — réactions sérologiques ? manifestations cliniques ? — est opéré un décompte si flatteur qu’il fait songer à la propagande pour les radars routiers ou la vidéoprotection, vous négligez délibérément de faire la part de l’effet provisoire des vaccinations et de l’effet plus durable de l’acquisition par les animaux d’une immunité naturelle que l’A.F.S.S.A. elle-même ne conteste pas. La troisième remarque sera brève : on vaccine en Afrique du Sud depuis le début du XXe siècle.

Enfin, qui s’interdirait de voir que le mensonge, explicite cette fois, vole au secours de l’intimidation (mais vous êtes peut-être, sans le savoir, par habitude fonctionnelle en somme, convaincu de la vertu des prophéties autoréalisatrices) dans cette partie de votre courrier où votre traitement de texte écrit que mon cheptel non «valablement vacciné (…) constitue, à ce titre, une exception dans notre département» ? Le nombre de lettres semblables que vous avez dû faire sortir de l’imprimante et envoyer le jour même aux autres coupables d’insubordination de ce département dément absolument cette assertion. Il n’est du reste pas besoin de participer à quelque «collectif» que ce soit (quoique certains aient su produire un remarquable travail de désintoxication, je pense en particulier aux vétérinaires du G.I.E. Zone Verte) pour savoir que de telles «exceptions» persistent à se manifester ouvertement sur l’ensemble du territoire français.

Bien sûr, certains n’auront pas manqué de laisser la fermeté de leurs convictions s’éroder devant la menace, c’est ce sur quoi vous comptiez, mais de nombreux signes indiquent en même temps qu’après l’annonce par un ministre quelque peu bousculé d’une seconde campagne obligatoire (mais gratuite !) en 2010, et au vu des résultats de la première, il va vous falloir singulièrement hausser le ton contre de nouveaux récalcitrants pour continuer à faire régner l’ordre vaccinal.

Il ne me convient pas de vous y aider.

Je déclare ma solidarité pratique avec les autres opposants à cette campagne de vaccination forcée.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes sincères salutations.

René Riesel

18:14 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Antiterrorisme : un comité européen de coordination est lancé à Paris...plutôt une reprise en main !!! Mais par qui ? C'est quoi le projet ?

Selon "Le Monde" :

Le physicien franco-algérien Adlène Hicheur projetait, selon les services de renseignement, de commettre un attentat contre l'armée française, sur le site du 27e bataillon de chasseurs alpins d'Annecy (Haute-Savoie), d'où sont parties fin 2008 trois compagnies pour l'Afghanistan. "La cible était choisie, il fallait intervenir", dit Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale

http://medias.lepost.fr/ill/2009/01/09/h-20-1380290-1231500152.jpg

Le profil de cet homme de 32 ans, chercheur au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), interpellé début octobre, mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et placé depuis lors en détention provisoire (Le Monde du 14 octobre), intéresse les Européens.

Adlène Hicheur, soupçonné d'être entré en contact par Internet avec l'organisation terroriste Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et de lui avoir exposé ses projets, a été cité, vendredi 13 novembre, lors de la réunion exceptionnelle, à Paris, des représentants de treize centres de coordination de la lutte antiterroriste.

Au cours de ce séminaire, qui avait été précédé par une rencontre préparatoire en 2008 à Madrid, les pays disposant d'un tel organisme - dont l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni... - sont convenus de lancer une structure commune : le Comité de coordination des centres antiterroristes (CCCAT).

Ce réseau, placé sous présidence espagnole pendant six mois à partir du 1er janvier 2010, sera chargé de suivre l'état de la menace terroriste. Il devrait prendre place aux côtés du Club de Berne, qui réunit les services de renseignement européens, et du groupe Atlas, formé par les unités d'intervention européennes. "Nous avons la volonté d'unir nos forces", a déclaré M. Péchenard, en clôture de la rencontre. Celle-ci s'est tenue en présence d'un adjoint du coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne, Gilles de Kerchove, du directeur du centre européen chargé d'évaluer la menace (SitCen), William Shapcott, et du directeur du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (Caert), Aboubacar Gaoussou Diarra, venu témoigner de sa préoccupation sur l'AQMI et de la situation en Somalie. "Les boucliers contre le terrorisme se trouvent parfois loin de nos bases et de nos pays", a souligné M. Péchenard.

"STRUCTURE RAPIDE"

La France espère ainsi améliorer son dispositif d'alerte. "Cette nouvelle structure, rapide, non bureaucratique permettra d'échanger avec les pays frontaliers, ou sensibles, et d'avoir une vision globale", se réjouit Loïc Garnier, chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) française. Plus ancienne unité, l'Uclat, qui fête ce mois-ci ses 25 ans d'existence, fait la synthèse des renseignements policier, militaire et même douanier.

La perception de la menace varie, mais les membres du CCCAT partagent des priorités, comme la surveillance des réseaux radicalisés sur l'Internet. Ils se penchent sur les nouveaux modes opératoires des terroristes : l'attentat "urbain de masse", comme à Bombay, en Inde, en novembre 2008, ou l'attentat-suicide ciblé contre une personnalité. Les services de renseignement savent désormais que la tentative commise en août contre le ministre saoudien de l'intérieur, Mohamed ben Nayef, n'était pas le résultat d'un explosif sous forme de suppositoire, mais d'une ceinture attachée sur la cuisse du terroriste.

Isabelle Mandraud

Article paru dans l'édition du 15.11.09


Au passage, une petite couche est remise sur Adlène Hicheur (projetait, selon les services de renseignement...et...soupçonné d'être entré en contact par Internet avec l'organisation terroriste Al-Qaida )

 

Pourtant l'antiterrorisme européen existe déjà :

Visite au Luxembourg de Gijs de Vries, coordinateur anti-terroriste de l'UE
29-04-2004

Vers le niveau supérieur

Le coordinateur anti-terroriste de l’Union européenne, le Néerlandais Gijs de Vries, était en visite au Luxembourg le 29 avril 2004. Il a été accueilli par le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères Lydie Polfer et par le ministre de la Justice Luc Frieden.

Lydie Polfer et Gijs de Vries

Luc Frieden et Gijs de Vries

Ancien député européen et ancien membre du gouvernement néerlandais, Gijs de Vries a été nommé aux fonctions de "Monsieur Terrorisme" de l’Union européenne à la suite des attentats de Madrid pour mieux coordonner la lutte anti-terroriste en Europe.

La réunion de travail entre Gijs de Vries et Luc Frieden portait sur la mission du coordinateur anti-terroriste, la menace terroriste en Europe et les moyens de lutte contre le terrorisme en Europe et au Luxembourg.

 

 

L'Union européenne doit nommer un nouveau coordinateur anti-terrorisme

http://www.gouvernement.lu/salle_presse/actualite/2004/04/29vries/index.html

 

 

http://www.gallery-videos.com/Webmaster/Images/inspecteur_labavure_coluche_film.jpg

 

Quelques initiatives ont toutefois été déjà prises ou renforcées tant au niveau du

Conseil qu’à celui de la Commission. Essentiellement, à l'heure actuelle, il y a,

matériellement, deux endroits où est centralisé le renseignement, au plan européen :

- Le premier est le SITCENT (Centre de Situation) rattaché à M. Javier SOLANA,

le Haut représentant européen pour la sécurité et la politique étrangère.

- Le deuxième est la CRISIS ROOM de RELEX (la Direction de la Commission en

Charge des relations internationales).

Le SITCENT a pour responsabilité essentielle d’informer la présidence en exercice et

de répandre l'information au niveau des États membres par Points de Contact

interposés.

La CRISIS ROOM a pour responsabilité d’informer en temps réel tous les corps et

institutions européens. Elle est aussi responsable de la coordination d'une action

potentielle (par exemple, dans la sécurité civile) décidée au niveau de Commission.

Il est, malheureusement, notoire dans les milieux du contre-terrorisme qu’une

certaine rivalité oppose SITCENT et CRISIS ROOM.

On remarquera qu’une organisation peu ou prou comparable à la CRISIS ROOM

existe au sein de la direction TREN (Transport et Énergie) de la Commission, et cela

pour une raison évidente : les infrastructures de transport et les équipements

d'énergie (production, raffinage, acheminement, stockage) sont des « cibles

naturelles » pour le terrorisme.

Nous noterons que, sous la responsabilité de Monsieur Jean TRESTOUR, un de ses

responsables, la direction TREN a d’ores et déjà pris nombre de mesures, par

exemple, l'enregistrement précis de tous les équipements critiques par l'Union. Cette

documentation très précise permet à la direction TREN d'agir dans les minutes qui

suivent une attaque terroriste (ou un accident industriel).

Mais nous noterons aussi que les règlements de sécurité sur l'aviation civile et le

transport maritime sont seulement d’application depuis le 1er janvier 2005, pour l’un,

et le 1er juillet 2004, pour l’autre. Cela signifie que des personnels doivent encore

être recrutés et formés et des procédures décidées, testées et appliquées.

la-coordination.pdf

 

 

Publié le 05 septembre 2007 par Danielriot

par Joseph Daul (MdPE, Président du Groupe du PPE-DE au Parlement européen)

Pour Joseph Daul, Président du Groupe politique du PPE-DE, le plus influent du Parlement européen, la lutte contre le terrorisme en Europe doit être accéléré et mieux concerté entre nos pays. S'exprimant devant Parlement européen à Strasbourg aujourd'hui, M. Daul a souligné que l'Europe est encore loin d'être capable d'éradiquer le fléau du terrorisme international.

"Notre Groupe a pris l’initiative de ce débat parce que nous sommes convaincus que l’Europe n’a pas encore pris la pleine mesure des dangers qui la guettent. La première menace, très immédiate, est celle que font peser sur notre sécurité quotidienne les groupes terroristes islamistes et d’autres, comme l’ETA en Espagne. La seconde menace, tout aussi inquiétante : que ces puissants réseaux ne détournent la culture politique des démocraties européennes pour miner nos valeurs essentielles et pour faire prévaloir leurs postulats religieux.", a dit M. Daul

Le Président Daul a souligné que le combat contre le terrorisme doit passer par une coordination efficace au niveau européen :

"Nous devons nous assurer que nos Etats coopèrent davantage dans le domaine de la lutte contre le terrorisme international. La démission, en mars dernier, du Coordinateur européen Anti-Terrorisme, M. de Vries, sans qu’il ait encore été remplacé, montre combien de travail reste à accomplir. Nous demandons que les instances compétentes prennent leurs responsabilités pour désigner, dans les meilleurs délais un nouveau M. ou Mme Anti-Terrorisme européen, doté des moyens adéquats"

M. Daul a aussi rappelé que ce combat requiert des moyens extraordinaires:

"Les organisations terroristes agissent en réseaux, et recourent aux technologies les plus sophistiquées pour mener à bien leurs opérations. Ce n’est qu’en persévérant à mettre des moyens importants en commun, en intelligence, en ressources financières et humaines, que nous aurons une chance de neutraliser ces réseaux", a déclaré le Président du PPE-DE.

 

http://www.paperblog.fr/176352/l-union-europeenne-doit-nommer-un-nouveau-coordinateur-anti-terrorisme/

http://img.audiofanzine.com/image.php?module=user&identifier=id&lang=fr&user_id=236347

Un Belge coordinateur européen contre le terrorisme


Agé de 50 ans, Gilles de Kerchove d'Ousselghem succèdera à Gijs de Vries, qui a présenté sa démission en mars dernier pour "raisons personnelles", au poste de coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme.

Le Belge Gilles de Kerchove d'Ousselghem deviendra prochainement coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, en remplacement du Néerlandais Gijs de Vries qui a présenté sa démission en mars dernier.

La désignation, confirmée mardi par plusieurs sources sous couvert d'anonymat, devrait être annoncée officiellement sous peu par la Haut-représentant de l'Union pour la politique extérieure, Javier Solana.

Agé de 50 ans, M. de Kerchove travaille comme haut fonctionnaire européen auprès du Secrétariat-général du Conseil de l'Union européenne, instance qui représente les Etats membres de l'Union européenne, où il occupe le poste de directeur de la Direction 2, en charge de la Coopération policière et douanière, ainsi que la coopération judiciaire pénale.

Diplômé de l'Université Catholique de Louvain et de l'Université de Yale, professeur dans diverses universités belges et étrangères, il a joué un rôle-clé lors la rédaction de la Charte européenne des droits fondamentaux.

M. de Kerchove d'Ousselghem succèdera à Gijs de Vries qui a présenté sa démission en mars dernier pour "raisons personnelles".

Selon plusieurs observateurs, cette démission ne serait toutefois pas étrangère aux critiques sévères adressées par la commission du Parlement européen chargé d'enquêter sur les vols et les prisons secrètes de la CIA en Europe devant laquelle M. de Vries avait déçu.

La désignation de Gilles de Kerchove d'Ousselghem correspond au voeu formulé par les ministres européens de l'Intérieur de choisir comme nouveau coordinateur anti-terrorisme une personnalité au profil "plus technique" plutôt que politique.

Le Belge aura également pour mission de remettre en confiance le Parlement européen, lequel avait mis en doute l'utilité de cette fonction après le scandale des prisons secrètes de la CIA en Europe. Le poste de coordinateur anti-terrorisme fut créé en 2004 après les attentats de Madrid, qui avaient fait 191 morts le 11 mars 2004. Il a pour mission de s'assurer de la bonne application du plan d'action contre le terrorisme adopté par l'UE en 2004 et mène le dialogue avec les pays tiers sur les questions de terrorisme.

Marié et père de trois garçons, M. de Kerchove d'Ousselghem fit, entre 1993 et 1995, un détour par la politique belge. Il travailla en effet au cabinet de Melchior Wathelet lorsque celui-ci assumait les fonctions de vice-Premier ministre en charge de la Justice et de l'Economie dans le gouvernement Dehaene Ier.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/371240/un-belge-coordinateur-europeen-contre-le-terrorisme.html




Antiterrorisme : les députés européens calment le jeu

Ils ont reformulé la notion de terrorisme telle qu'elle était définie dans une "décision cadre" du Conseil qui faisait trop peu de distinctions entre terrorisme et militantisme. Certains députés critiquent toujours le risque d'amalgame.



Le Parlement est parvenu à modérer quelque peu les ardeurs de Bruxelles et des gouvernements sur la définition du terrorisme et des infractions afférentes. Comme nous l'avions expliqué en octobre dernier, la rédaction première de cette décision créait un amalgame douteux entre violence terroriste et violence urbaine, et parmi les infractions retenues certaines étaient ambiguës. Les députés ont approuvé le rapport du président de la Commission des libertés, Graham Watson, qui a corrigé le tir, comme l'explique le compte-rendu fourni à la presse, en modifiant l'article 3 « de manière à éviter que les délits mineurs ou l'activisme politique soient considérés » comme du terrorisme.

José Bové est-il un terroriste ?



Par exemple, les infractions comme « la capture illicite d'installations étatiques ou gouvernementales, de moyens de transport publics, d'infrastructures, de lieux publics et de biens (...) » ont été redéfinies. On parle désormais de « prise de contrôle illicite, mettant en danger les personnes », et de « lieux publics et de biens publics ou privés par le recours aux armes ou par le biais d'actes dangereux ». Une autre infraction prévoyait de classer comme terrorisme « l'accomplissement d'attentats en perturbant un système d'information », désormais on parle de « perturbation indiscriminée d'un système informatique, mettant en danger les personnes ou causant aux biens des dommages importants et sérieux ».

Malgré ces nuances, le groupe des Verts et certains députés radicaux s'y sont opposé. « En l'état actuel de la législation des États membres, les auteurs d'attentats ne pourraient rester impunis dans aucun État », a ainsi argumenté Alima Boumédiene-Thiery, élue Vert de Paris, qui considère que la nouvelle formulation menace toujours « le droit des associations et le droit syndical », comme « les militants contre les OGM, le nucléaire, les antimondialistes ». De la même manière, les Verts ont voté contre la proposition de mandat d'arrêt européen, estimant, comme l'a dit la députée française à la tribune, que « certaines infractions tombent sous le coup du mandat alors que la personne mériterait protection (immigrants irréguliers par exemple) ». « Opposons-nous à toute forme de politique pseudo-sécuritaire qui vise avant tout, et en toute légitimité, à éviter toute forme d'opposition sociale et politique», a-t-elle conclu.

Les deux textes sont maintenant entre les mains du Conseil, qui devrait les examiner les 6 et 7 décembre prochain lors d'une réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur.

Par Jerome Thorel, ZDNet France

 

Cyberterrorisme et violence urbaine au menu du nouvel ordre policier européen

Les propositions antiterroristes avancées par la Commission européenne seront étudiées des lundi par le Parlement de Strasbourg. Certaines mesures encouragent l'amalgame entre piratage informatique et infraction terroriste...

 

Unifier les notions d'infractions terroristes en Europe



Selon nos sources, le président de la commission des libertés, le député britannique Graham Watson, a déjà exprimé son mécontentement à l'exécutif de Bruxelles au sujet de la « précipitation » dont les autorités européennes ont fait preuve avec ce texte. Seule une version en anglais est disponible au public, mais nous nous sommes procurés la version française.



Ce « projet de décision-cadre du Conseil » comprend 16 articles et vise essentiellement à « rapprocher les infractions des États membres concernant les infractions terroristes ». Un autre volet de l'arsenal européen concerne le projet d'abandon de la procédure d'extradition entre chaque État membre, qui dépend de l'adoption de « mandats européens », mandats d'arrêt comme de perquisition.

En matière d'infractions, une liste exhaustive de 14 définitions est proposée. Si certaines paraissent évidentes (meurtre, dommages corporels, enlèvement, chantage, vols, détention d'armes ou d'explosifs, libération de substances toxiques, perturbation des systèmes d'énergie, puis direction ou soutien d'un groupe terroriste, etc.), d'autres sont plus ambiguës, comme la « capture illicites d'installations étatiques », « la commission d'attentats en perturbant un système d'information », ou encore la « menace de commettre l'une de ces infractions ».

Amalgame entre "hacking" et terrorisme



Dans son exposé des motifs, la Commission de Bruxelles évoque les « infractions terroristes commises par ordinateur ou par des dispositifs informatiques ». Certes « moins violentes », « elles peuvent représenter une menace aussi grave que les [autres infractions] », conclut la CE dans une formule lapidaire.

Le document cite aussi allègrement en exemple la loi « Terrorism Act of 2000 », dont s'est doté le Royaume-Uni l'an dernier. Une disposition qui fait ouvertement l'amalgame entre un acte d'intrusion informatique et du terrorisme.

En préambule la CE précise que ces infractions sont déjà réprimées dans l'Union européenne en « droit commun ». Mais ils deviennent « actes terroristes » s'ils sont commis dans l'optique de « menacer et [de] porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques et sociales d'un pays ». La Commission met les points sur les i : « Cela pourrait couvrir des actes de violence urbaine, par exemple ».

Des infractions de droits communs transformés en actes terroristes http://fnacpantherimage.toutlecine.com/photos/i/n/s/inspecteur-la-bavure-80-05-m.jpg



Début octobre, ce raccourci a littéralement scandalisée Evelyne Sire-Marin, présidente du Syndicat de la magistrature (SM) : « Ainsi, tout acte qui vise à menacer, à porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou sociales d'un pays sera passible de deux à vingt ans de prison. Donc, les manifestations antimondialisation et les arrachages de plantes transgéniques vont devenir des actes terroristes. Ne visent-ils pas clairement à menacer les structures économiques de l'Europe ultralibérale en proposant un autre modèle de développement ? », avance-t-elle dans une tribune publiée, comme d'autres témoignages, sur un site français qui a ouvert une rubrique « Dommages collatéraux », en référence aux droits menacés par l'urgence antiterroriste. Le 12 octobre, le SM a lancé un appel à la vigilance avec des membres d'Attac, des Verts et d'autres syndicats.

L'amalgame entre un hacker, un manifestant anti-OMC et un fanatique kamikaze n'est pas à prendre à la légère. Un prévenu suspecté de tels actes n'a pas les mêmes droits (garde à vue de 72 heures sans avocat, en France par exemple), et les peines en sont considérablement aggravées. A propos du mandat d'arrêt européen, Evelyne Sire-Marin résume son inquiétude : « Ainsi, tout Français accusé par la police italienne de violences au sommet de Gênes, d'homosexualité ou d'avortement par la police irlandaise pourra être arrêté en France et transféré devant les tribunaux de ces pays [sans l'extradition et les droits qu'elle garantit à la défense]. (...) Désormais, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, les manifestants, les étrangers et les opposants à l'ordre néolibéral n'auront qu'à bien se tenir ! »

Ce « projet de décision-cadre », qui fera donc dès lundi sa première navette à Strasbourg, avant de rejoindre le Conseil des ministres. Il faudra attendre que la commission se prononce, en proposant une résolution à l'ensemble des députés. Selon nos sources, cela repousserait la fin de la première lecture aux environs de la mi-novembre.

Par Jerome Thorel, ZDNet France

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Plaidoyer Par Sante Caserio (3 Août 1894)

 

 

Pris chez Non Fides

 

Plaidoyer

Par Sante Caserio (3 Août 1894)

 

 

 

Le 24 juin 1894, Après que le Président Carnot donna la peine de mort à Vaillant pour son attentat à la chambre des députés, Sante Caserio tua le président Carnot pendant une cérémonie publique à Lyon en le frappant au cœur à l’aide d’un couteau sur lequel était gravé « Vaillant ». Après cet acte, il n’essaya pas de fuir, mais courut autour de la voiture du moribond en criant « Vive l’anarchie ». Il passa en cour d’assises les 2 et 3 août et fut guillotiné le 16 du même mois.

Voici quelques extraits de son plaidoyer devant le tribunal qui le condamna à mort.

 

 

Messieurs du juré ! Je ne me ferai pas une défense, mais plutôt une explication de mon action.

 

Depuis mon jeune âge, j’ai appris que la société présente est très mal organisée, si mal que chaque jour plusieurs malheureux se suicident, laissant femmes et enfants à la détresse la plus terrible. Des ouvriers, par milliers, cherchent du travail et ne peuvent en trouver. Des familles pauvres quêtent pour de la nourriture et grelottent de froid ; elles souffrent de la plus grande misère ; les plus jeunes demandent de la nourriture à leurs pauvres mères, et celles-ci ne peuvent leur en donner, parce qu’elles n’ont rien. Les seules choses que la maison contenait ont déjà été vendues ou échangées. Tout ce qu’elles peuvent faire est demander l’aumône ; souvent elles sont arrêtées pour vagabondage.

 

Je suis parti de ma terre natale parce que j’en venais souvent aux larmes en voyant des petites filles de huit ou dix ans obligées de travailler 15 heures par jour pour une misérable paye de 20 centimes. Des jeunes femmes de 18 ou 20 ans travaillent aussi 20 heures par jour pour une rémunération de railleries. Et cela n’arrive pas seulement à mes compatriotes, mais à tous les ouvriers, qui se prennent une suée à longueur de journée pour un morceau de pain, alors que leur labeur apporte l’argent en abondance. Les ouvriers sont forcés de vivre dans les conditions les plus misérables, et leur nourriture consiste en un peu de pain, quelques cuillerées de riz, et de l’eau ; donc lorsqu’ils atteignent l’âge de 30 ou 40 ans, ils sont morts de fatigue et vont mourir dans les hôpitaux. En outre, en conséquence d’une mauvaise alimentation et du surmenage, ces tristes créatures sont, par centaine, dévorés par la pellagra - une maladie qui, dans mon pays, attaque, comme les docteurs disent, ceux qui sont mal nourris et qui mènent une vie pénible et de privation.

 

J’ai remarqué qu’il y plusieurs personnes qui ont faim, et plusieurs enfants qui souffrent, tandis que le pain et les vêtements abondent dans les villes. J’ai vu plusieurs grandes industries pleines de vêtements et de produits de laine, et j’ai aussi vu des entrepôts pleins de blé et de maïs, qui conviendraient à ceux qui en ont besoin. Et, d’un autre point de vue, j’ai vu des milliers de gens qui ne travaillent pas, qui ne produisent rien et qui vivent grâce au labeur des autres ; qui chaque jour dépensent des milliers de francs pour se divertir ; qui corrompent les filles des ouvriers ; qui possèdent des logements de quarante ou cinquante pièces ; vingt ou trente chevaux, plusieurs serviteurs ; en un mot, tout les plaisirs de la vie. (sic)

 

Je crois en Dieu ; mais quand je vois une telle inégalité entre les hommes, je reconnais que ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme, mais l’homme qui a créé Dieu. Et j’ai découvert que ceux qui veulent leur propriété respectée, ont intérêt de prêcher l’existence du paradis et de l’enfer, et de garder le peuple dans l’ignorance.

 

Il y a peu de temps, Vaillant lança une bombe dans la Chambre des Députés, pour protester contre l’actuel système de la société. Il n’a tué personne, seulement blessé quelques personnes ; mais la justice bourgeoise l’a condamné à mort. Et non satisfaite de la condamnation de l’homme coupable, elle a poursuivi les Anarchistes, et arrêta, non seulement ceux qui connaissaient Vaillant, mais même ceux qui ont été présent à une lecture Anarchiste.

 

Le gouvernement ne pensa pas à leur femme et enfants. Il n’a pas considéré que l’homme détenu en cellule n’était pas le seul à souffrir, que ses petits réclamaient du pain. La justice bourgeoise ne s’est pas troublée à propos de ces innocents, qui ne savent même pas ce que la société est. Ce n’est pas de leur faute si leurs pères sont en prison ; ils veulent seulement se nourrir.

 

Le gouvernement en vient à fouiller les domiciles privés, à ouvrir des lettres personnelles, à interdire les lectures et les rencontres, et à pratiquer l’oppression la plus infâme contre nous. Même aujourd’hui, des centaines d’Anarchistes sont arrêtés pour avoir écrit un article dans un journal ou pour avoir exprimé une opinion en publique.

 

Eh bien, si les gouvernements emploient contre nous les fusils, les chaînes, les prisons, est-ce que nous devons, nous les anarchistes, qui défendons notre vie, rester enfermés chez nous ? Non. Au contraire, nous répondons aux gouvernements avec la dynamite, la bombe, le stylet, le poignard. En un mot, nous devons faire notre possible pour détruire la bourgeoisie et les gouvernements. Messieurs du Juré, vous qui êtes les représentants de la société bourgeoise. Si vous voulez ma tête, prenez-la ; mais ne croyez pas qu’en faisait cela vous arrêterez le mouvement anarchiste.

Faites attention, l’homme récolte ce qu’il a semé.

 

Sante Caserio.

 

 

sante caserio

 

 

 

Geronimo Sante Caserio

Le 9 septembre 1873, naissance de Geronimo Sante CASERIO, à Motta-Visconti (Lombardie).

Militant anarchiste et antimilitariste italien, propagandiste par le fait (assassinat du président français).

Cinquième enfant d'un modeste batelier, il reçoit une éducation chrétienne. D'abord apprenti cordonnier, il travaille ensuite à Milan dans une boulangerie. En 1891 (il a 18 ans), le procès des anarchistes de Rome le révolte et il devient anarchiste après avoir rencontré Pietro Gori. En 1892, il est arrêté pour une distribution de tracts antimilitaristes devant une caserne, mais remis en liberté avant son procès. Désirant s'insoumettre au service militaire, il quitte l'Italie à pied et passe en Suisse à Lugano où il séjourne 3 mois. Puis de Genève il passe en France, à Lyon, où il est hébergé par des anarchistes. Il rejoint ensuite Vienne (en Isère) puis Sète où il retrouve des compagnons anarchistes et un emploi de boulanger. En 1894, il y apprend l'exécution d'Auguste Vaillant puis celle d'Emile Henry, que Sadi Carnot a refusé de gracier. Le ressentiment que suscitent ces exécutions est grand et Caserio se prépare à répondre à la violence du pouvoir avec sa seule détermination. Il achète un poignard, rejoint Vienne en train et enfin Lyon à pied.

Le 24 juin 1894, le président français Sadi Carnot effectue une visite officielle à l'Exposition universelle de Lyon. Alors qu'il parcourt la ville dans une voiture découverte, il est poignardé par Caserio aux cris de "Vive la Révolution ! Vive l'Anarchie!". A moitié lynché par la foule, Caserio est arrêté. Carnot succombe à sa blessure. Des émeutiers patriotes s'en prennent au consulat d'Italie et pillent des magasins tenus par des Italiens. En attente de son procès, et comme si la prison ne suffisait pas, Caserio est sanglé dans les courroies de "la bricole" qui lui meurtrissent les membres.

Il comparaît le 2 août 1894 devant la cour d'assises du Rhône, et y revendique entièrement son acte qu'il affirme avoir exécuté seul et de sa propre initiative.

"Vous êtes les représentants de la société bourgeoise, messieurs les jurés; si vous voulez ma tête, prenez-la. Mais ne croyez pas qu'avec cela, vous arrêterez la propagande anarchiste. Prenez garde, parce qu'on récolte ce que l'on sème."

Condamné à mort le 3 août 1894, il est guillotiné à Lyon le 16 août 1894, il allait avoir 21 ans.

 

http://www.ephemanar.net/juin24.html

 

Lione, 24 giugno 1894. Sante Caserio pugnala a morte il presidente Marie-François Sadi Carnot. Illustrazione dal Petit Journal del 2 luglio 1894.
Lione, 24 giugno 1894. Sante Caserio pugnala a morte il presidente Marie-François Sadi Carnot. Illustrazione dal Petit Journal del 2 luglio 1894.
































 

 

 

 

 

 


Les lois scélérates sont votées à la suite de nombreux attentats anarchistes sur le territoire français. C'est à partir de 1881 que la propagande par le fait est mise en avant et favorisée au sein du mouvement anarchiste, mais à part quelques faits isolés, c'est à partir de 1892 que commence la véritable période des attentats qui visent à déstabiliser le pouvoir en attaquant directement ses détenteurs. C'est une série d'attentats à la bombe perpétrés par Ravachol à partir du 11 mars 1892 qui déclenche la vague d'attentats de la part d'anarchistes (ou assimilés). Le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant lance une bombe de la tribune à la Chambre des députés, puis le 24 juin 1894, le président de la République Sadi Carnot est poignardé à Lyon par un jeune anarchiste italien Santo Jeronimo Caserio.

Les lois scélérates

Les lois scélérates sont une série de trois lois liberticides votées dans l'urgence afin de lutter contre les actions anarchistes qui menaçaient de déstabiliser des pans entiers du système. C'est le 11 décembre 1893, soit deux jours après l'attentat d'Auguste Vaillant, que Casimir Perier soumet à la Chambre des députés un ensemble de mesures pour sauvegarder « la cause de l’ordre et celle des libertés publiques ». C'est une modification de la loi de 1881 qui ne punissait que la provocation directe ; désormais la provocation indirecte, l'apologie, sera elle aussi punie et un juge peut ordonner la saisie et l'arrestation préventive. Le texte de la première des trois lois scélérates est adopté par 413 voix contre 63 après une demi-heure de discussion sans qu'une suspension de séance demandée par l'un des député afin de lire le texte ne soit autorisée. Elle sera votée le 12 décembre 1893.

La seconde loi est discutée le 15 décembre, à peine 4 jours après avoir été déposée. Elle concerne les associations de malfaiteurs et vise particulièrement les groupuscules anarchistes, alors nombreux et très actifs. C'est une loi qui vise à pouvoir inculper tout membre ou sympathisant sans faire de distinction. Elle encourage également à la délation : « Les personnes qui se seront rendues coupables du crime, mentionné dans le présent article seront exemptes de peine si, avant toute poursuite, elles ont révélé aux autorités constituées l’entente établie ou fait connaître l’existence de l’association.». Elle sera votée le 18 décembre 1893.

La troisième loi, votée le 28 juillet 1894, est sans doute la plus marquante pour les anarchistes puisqu'elle les vise directement en les nommant et en leur interdisant tout type de propagande. C'est à la suite de cette loi que de nombreux journaux anarchistes comme Le Père Peinard seront interdits.

Une application impitoyable

Les lois scélérates ont été appliquées de manière impitoyable, nombreux sont les militants anarchistes qui se sont vus condamnés à des peines les plus dures pour des forfaits minimes. En dehors des anarchistes, c'est toute la population qui a souffert de ces lois, la surveillance policière se faisant de plus en plus oppressante. Des séries de listes nominatives vont être dressées afin de répertorier les individus soupçonnés de sympathies libertaires, de même les "sans domiciles fixes" seront fichés et catégorisés. Même si les actions violentes ont continué un petit moment, les activistes étant rentrés dans une logique de vengeance, il est évident que cette répression violente a sonné le glas de la propagande par le fait, l'anarchisme a alors changé de visage en se tournant vers le syndicalisme.

L'abrogation

La troisième loi scélérate a été abrogée le 23 décembre 1992 [1].

Références

  1. loi n° 92-1336 du 16 décembre 1992 relative à l'entrée en vigueur du nouveau code pénal et à la modification de certaines dispositions de droit pénal et de procédure pénale rendue nécessaire par cette entrée en vigueur, art. 372. Consultation sur le site Légifrance

http://fra.anarchopedia.org/Lois_sc%C3%A9l%C3%A9rates

 

Sebastien_Faure.jpg

faure.pdf

Autre lien: à cette adresse, sur le site des éditions Antisociales, l’édition originale pdf du Procès des Trente, vu par Sébastien Faure.
C’est un inédit issu du Libertaire (livraisons publiées entre août et décembre 1896).

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16 millions d'euros pour l'Otan à Strasbourg...et moi et moi et moi....

France

Le Sommet de l'OTAN à Strasbourg a coûté 16 millions d'euros à la France

Les célébrations du 60e anniversaire de l'OTAN à Strasbourg en avril ont coûté plus de 16 millions d'euros à l'Etat français, soit autant que le sommet de l'Union pour la Méditerranée, dont la Cour des comptes critique le coût élevé dans son rapport d'octobre sur la présidence française de l'Union européenne.

L'information, relevée par le quotidien économique "La Tribune", figure dans un rapport de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale présenté dans le cadre du projet de budget pour 2010.

Si le rapport prévoit "des dépenses de fonctionnement courant prévues en forte baisse" pour 2010 et propose pour ce poste une enveloppe de "près de 26 millions d'euros", il précise que "c'est surtout le poste 'sommets, conférences internationales et manifestations' qui est en chute", car l'organisation du sommet du 60e anniversaire de l'OTAN a coûté 16,1 millions d'euros et qu'"aucune manifestation de cette ampleur n'est prévue en 2010".

"Les 9,28 millions d'euros de crédits de paiement devraient notamment financer la participation de la France à l'organisation du 25e sommet France-Afrique, à Charm-el-Cheikh (en Egypte), en février prochain, et à celle d'un sommet de la Francophonie dont le lieu et la date sont encore à fixer", estime-t-on. AP

st/com

http://www.latribune.fr/depeches/associated-press/le-sommet-de-l-otan-a-strasbourg-a-coute-16-millions-d-euros-a-la-france.html



mardi 10 mars 2009

Obama et l’Otan à Strasbourg : quel est le prix de la « visibilité mondiale pendant deux jours » pour la Ville ?

Par  Philippe Dossmann (19h15)

 

L’organisation du sommet de l’Otan doit « renforcer la notoriété de Strasbourg dans sa stature de capitale européenne et internationale », a souligné lundi en conseil municipal Roland Ries. « Strasbourg sera mondialement visible pendant deux jours », a résumé le maire de Strasbourg, fier d’accueillir Barack Obama pour son premier déplacement en Europe.

L’ambition pour l’hôte du président américain est de faire de ce 24e sommet « une réussite à tous égards » : « La difficulté est de rendre des contraintes fortes –au-delà de ce que nous avions imaginé– les plus acceptables possibles pour les Strasbourgeois ». Pour Roland Ries, le sommet comme « la contestation » des anti-Otan doivent pouvoir se faire « en parallèle » dans la ville qui abrite « la Cour européenne des Droits de l’Homme ».

« LE COUT DE LA QUALITÉ ». – Sur la « qualité » de l’accueil réservé notamment à près de 3 000 journalistes du monde entier, la municipalité va « jouer la transparence », a prévenu le premier magistrat, en mentionnant en vrac un « livre-cadeau » souvenir, « une réception pour le corps consulaire strasbourgeois », « un repas pour les journalistes », « des travaux de rafraîchissements au PMC », des « branchements électriques provisoires » et « un site d’accueil » pour les anti-Otan, ainsi que « la sécurisation de sites stratégiques ».

« Dépenses difficilement prévisibles »

Roland Ries n’a pas caché que toute opération exceptionnelle avait un coût : « Les dépenses pour la Ville et la Cus sont difficilement prévisibles » tant pour le matériel, les services et les personnels mobilisés ce jour-là. Des discussion sont en cours avec avec la Région et le Département, ainsi qu’avec l’État pour régler la note -qui devrait être présentée en conseil municipal au mois d’avril.

« CHIFFRES ASTRONOMIQUES » ? – Anne Schumann qui s’est félicitée de « la forte charge symbolique » de cet événement, a regretté cependant que la communication ne soit axée uniquement « sur les emmerdes (sic) que vont subir les Strasbourgeois ». « Il vous reste trois semaines pour rétablir la situation ! », a suggéré l’élue. Et la conseillère municipale d’opposition d’enfoncer le clou au sujet des « dépenses protocolaires » dont « les chiffres avancés sous le manteau » seraient « astronomiques rien que pour le repas du Palais des Rohan »...

« La fierté doit l’emporter »

RIPOSTE DE LA TETE DE L’EXECUTIF. – « Ce repas des chefs d’État ne sera pas pris en charge par la Ville », a rectifié Robert Herrmann, chargé de l’organisation du sommet pour la Ville. Et Roland Ries de conclure : « Au-delà des difficultés consécutives à l’organisation d’un tel événement (...) c’est la fierté de recevoir un nombre aussi important de chefs d’État à Strasbourg qui, au final, doit l’emporter ».

http://strasbourg.dna.fr/?Obama-et-l-Otan-a-Strasbourg-quel

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13/11/2009

CoD - Modern Warfare 2 - "No Russian" ( Airport mission ) ou comment justifier les pertes de civils et autres dommages collatéraux (icasualities) selon la logique du marché du "libre" échange...

 

Pour Le Point :

Activision Blizzard annonce avoir vendu 4,7 millions de copies de son jeu vidéo "Call of Duty: Modern Warfare 2" le jour de sa sortie aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, établissant ainsi un nouveau record pour le secteur.

Le jeu d'action, qui met en scène des soldats combattant un réseau terroriste russe ultra-nationaliste, a été lancé mardi dans le monde entier. Il a parfois donné lieu à des files d'attente gigantesques à l'entrée des magasins dès minuit.

 

Selon Le Monde :

"Tous les indicateurs le montrent : la sortie de Call of Duty : Modern Warfare 2 sera le plus grand lancement de produit culturel de tous les temps." Tony Bartel est responsable du marketing pour Gamestop, l'une des grandes chaînes de magasins de jeux vidéo aux Etats-Unis. Et s'il se montre particulièrement enthousiaste pour la mise en vente de Call of Duty : Modern Warfare 2, en vente officiellement à partir de ce mardi 10, c'est parce que le jeu a battu tous les records de pré-réservations dans les 6 200 magasins de la chaîne.

Activision a utilisé ces ressorts classiques, mais a aussi joué d'images controversées, comme cette séquence dans laquelle des civils peuvent être tués par le joueur, ou encore celle-ci, où l'on peut voir des images de Washington en ruine.

 

 

 

Dans un "brouillage de piste" révélateur, les programmateurs vous propose de "passer" la mission.

"You may skip this mission at any time in the menu..."

 

La suite est sans concession:

 

 

 

-Trade blood for money.

 

-He’s your new best friend


-You don’t want to know what it’s cost already to put tou next to him


-It will cost you a piece of yourself


-It will cost nothing compared to everything you’ll save

 

Justifier "la nécessité" pour un agent de la CIA de tuer des civils...ou expliquer le pétage de plomb des futurs "mass murderer":

 

Kotick told the Washington Post that "The joblessness rate that [veterans] should have should be far less than the national average, not more. How do you expect people to actually join the military if when they leave the military they can't integrate back into the free market they're supposed to be protecting?"

Eighteen percent of veterans who left the military in the past one to three years were unemployed, according to a 2008 Department of Veterans Affairs employment survey, the Post reports.

 

 

How do you expect people to actually join the military if when they leave the military they can't integrate back into the free market they're supposed to be protecting?

 

Comment voulez-vous amener les gens à s’engager dans l’armée alors que, une fois qu’ils sont de retour dans la vie civile, ils ne peuvent pas réintégrer le marché "libre" du travail alors qu'ils se sont  battus pour ?

 

Faisant fi de toutes les polémiques qui ont entouré la sortie de Call of Duty : Modern Warfare 2, l'éditeur américain Activision semble toutefois tenter de vite les faire oublier en accomplissant... une "bonne action".

Ainsi, il s'est empressé de signer un gros chèque de 1 million de dollars en faveur d'une association caritative américaine, chargée de la réinsertion des anciens combattants américains. Cette dernière s'occupe en effet de leur retrouver un travail afin de les réintégrer dans la vie civile.

Les mauvaises langues pourront arguer qu'Activision tente de noyer le poisson en accomplissant un geste "noble", connaissant la violente polémique qui a entouré la sortie du jeu vidéo phare de cette fin d'année, et contre lequel de nombreuses associations et joueurs ont montré un doigt accusateur sur les violentes scènes du jeu où l'on peut (ou non) abattre des civils.

Chacun jugera.

http://www.gameblog.fr/news_12200_activision-1-million-de-dollars-aux-veterans-de-guerre-us

 

 

Afin de faire taire la grosse polémique autour de Call of Duty Modern Warfare 2 qui nous propose une séquence où il s'agit de tuer des civils, Activision vient tout juste de faire une bonne action. L'éditeur a en effet signé un gros chèque d'un million de dollars à une organisation qui aide les vétérans de l'armée américaine. Pas bête.

http://www.xboxfrance.com/news-360-activision-signe-un-cheque-pour-les-veterans-190596.html

 

Activision donne un millon de dollars aux vétérans de l'armée US

Activision annonce dans le Washington Post sa bonne action de l'année : monter une organisation à but non-lucratif, le CODE (pour Call of Duty Endowment), qui distribuera de l'argent aux différentes associations d'aides aux vétérans de l'armée américaine. Budget : 1 million de dollars. Soit un joli don, mais aussi une paille par rapport à ce que va rapporter Modern Warfare 2.

Première asso à en profiter : une asso d'aide aux vétérans paralysés, qui touchera 125000$. Bobby Kotick, ravi de pouvoir encourager la jeunesse à s'enrôler maintenant qu'il offre des perspectives d'avenir aux vétérans, n'a cependant rien annoncé pour les victimes de guerres.

http://www.nofrag.com/2009/nov/09/32861/

 

 

08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/11/2009

Brice "not nice" Hortefeux : Vidéosurveillance pour la tranquilité de l'identité nationale

"Autorité, ordre et respect: ces trois mots ne me font pas peur", a assumé Brice Hortefeux.

AFP

"Autorité, ordre et respect: ces trois mots ne me font pas peur", a assumé Brice Hortefeux.

 

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Vidéosurveillance : inefficaces, les caméras prolifèrent


Caméra de surveillance (Flore-Aël Surun).

Le sujet a fait le tour des rédactions britanniques (BBC, Telegraph, VNUNet) : un projet de recherche mené à l'université de Portsmouth se propose de mettre au point en trois ans une caméra de surveillance « intelligente » capable de s'orienter automatiquement vers… le crime ! Et de donner l'alerte, of course. Cela, on s'en doute, par la grâce de notre amie l'intelligence artificielle.

Exemple qui tue, livré par le communiqué de presse et repris ad nauseum : dans un parking, le bruit d'une vitre de voiture fracturée serait interprété comme tel par un logiciel et provoquerait illico la rotation de la caméra la plus proche en direction du forfait. Le même algorithme saurait interpréter des bruits de bagarre, tandis qu'un autre confirmerait la chose en analysant l'image. Merveilleux, non ? Bizarrement, cette information sort lorsque le public british découvre que les caméras de surveillance, qui ont envahi leur quotidien comme aucun autre (une caméra pour 14 habitants), sont tout le contraire d'une baguette magique. Le très sérieux Guardian présentait par exemple le 6 mai dernier les conclusions d'un rapport officiel du Viido (Visual images, identifications and detections office), un service de New Scotland Yard, qui admet que les milliards engloutis dans ces caméras n'ont pas rapporté grand chose. Ainsi, seuls 3% des vols dans la rue à Londres ont été élucidés grâce à elles.

L'inefficacité des caméras démontrée « again and again »

Aujourd'hui, le même Guardian enfonce le clou avec un article signé par le pape états-unien de la sécurité, Bruce Schneier. L'inefficacité des caméras a été démontrée « again and again » (encore et encore), affirme cet expert réputé. Elles résolvent très peu de crimes et leur effet dissuasif est minimal. Pourquoi ? Les raisons sont multiples, je vous les range dans trois tiroirs.

Les premières sont d'ordre technique -mauvais éclairage, définition trop faible. On ne peut y répondre qu'en dépensant encore plus. Seconde catégorie : combien de flics regardent les 500 000 caméras de Londres ? Si une scène inquiétante est observée, combien de temps avant qu'une patrouille intervienne ? On met là le doigt sur le calcul initial : on a beaucoup investi dans le matériel, précisément pour économiser sur l'humain…

Et c'est là qu'intervient l'argument du logiciel « intelligent » : investissez encore un peu plus et on vous livre des yeux et des oreilles artificielles qui scruteront les images et la bande-son de milliers de caméras, à la recherche d'indices, et alerteront les surveillants humains à la moindre anomalie.

Seulement voilà, il y a encore et surtout les arguments du troisième type. Bruce Schneier relève que « les criminels ont tendance à ne pas regarder avec obligeance droit dans la caméra ». Les salauds ! Ce n'est pas tout : « Les meilleures caméras sont contrariées par les lunettes de soleil et les couvre-chefs. » Il est bien temps de le découvrir. Cerise sur le gâteau, figurez-vous que les caméras ne couvrent pas 100% des quartiers, même les plus chauds, et que… les voyous sont au courant ! Et jouent hors champ.

Une technologie sécuritaire qui permet surtout d'attraper des « innocents »

Surprise : le délinquant a un cerveau et s'en sert. Face à une mesure destinée à l'enquiquiner, il adapte son comportement. Ce qui est bête, c'est que les partisans de ces investissements massifs dans une technologie sécuritaire n'y pensent pas avant. Comment ? Vous dites ? … En fait, ils s'en doutent, mais s'en foutent ? Le but visé serait surtout de donner l'impression de faire quelques chose ? Et d'offrir des contrats affriolants à des entreprises privées, de réduire les effectifs du service public. C'est vous qui le dites.

Et le coup de la « caméra intelligente » nous montre la suite du scénario. Du déjà vu :

« Zut, notre première génération de bidules sécuritaires ne satisfait pas tout à fait le client. Pas grave, justement nous avons en magasin une nouvelle génération de la même camelote qui donnera toute satisfaction. »

Comme si les voyous n'allaient pas apprendre à passer sous le nouveau radar aussi facilement qu'ils se sont moqués du précédent.

Voilà donc encore un bel exemple de technologie sécuritaire qui permet surtout d'attraper des « innocents ». Je veux dire : d'une part des gens qui n'ont rien fait de mal, qui verront par exemple débouler les keufs parce qu'une caméra soi-disant intelligente aura pris une esquisse de capoeira pour une castagne. Et d'autre part, sans doute, des voyous un peu neuneu, à la ramasse, pas fichus de s'adapter à la quincaillerie dernier cri de la maison poulaga. Génial.

Au fait, si je parle de tout ça, c'est parce que la France d'après, après avoir étudié le fiasco britannique, s'apprête à le photocopier.

En partenariat avec :

http://www.rue89.com/2008/06/28/videosurveillance-inefficaces-les-cameras-proliferent


La vidéosurveillance : inutile et inquisitrice

Caméra de surveillanceAujourd’hui, le conseil communal de Lausanne va peut-être traiter une motion de la coalition radicale libérale démocrate-chrétienne connue sous le nom de Lausannensemble . Une motion bien marquée à droite qui demande l’étude de la pose de caméras de vidéosurveillance en certains points de la ville. Points restant à définir. Au surlendemain du plébiscite zurichois pour une réglementation en la matière, la partie n’est de loin pas gagnée. Voici donc un extrait de la façon dont je compte argumenter ce soir.

En matière de sécurité et plus particulièrement en matière de vidéosurveillance, on dit bien souvent n’importe quoi ou tout et son contraire, ce qui revient un peu au même.

À titre d’exemple, voici deux affirmations contradictoires entendues dans la bouche de deux partisans de la vidéosurveillance.

Le premier affirmait que la vidéosurveillance peut, dans une certaine mesure, pallier le manque d’effectifs policiers.
Le second assurait que la vidéosurveillance n’est pas un outil qui doit remplacer les policiers, que ce n’est qu’un complément.

Allez comprendre !

Pour ne pas dire de sottises – on est à l’abri de rien – , je me permets quelques courtes citations mettant en valeur des réflexions intéressantes de scientifiques reconnus et de Verts de Clichy en France.

Sébastian Roché, sociologue, chercheur au CNRS (NouvelObs.com du 16 août 2007)

Dans les espaces ouverts, notamment dans la rue, aucune étude ne prouve que la vidéo ait un effet bénéfique. Non seulement les gens sont difficilement identifiables, mais, en plus, les contraintes extérieures (luminosité, angle mort) rendent l’efficacité de la vidéo aléatoire.

Je pense que les raisons du développement de la vidéosurveillance dans le pays ne sont pas liées aux résultats obtenus. C’est regrettable car on est en train de développer un système sans avoir de preuve de son efficacité. Les deux villes françaises qui ont développé la vidéosurveillance, Lyon et Marseille, ne rendent pas publics les résultats de l’évaluation du système, tant ils sont peu probants.

Un extrait de la pétition des Verts de Clichy

En imposant l’installation de caméras de vidéosurveillance sur l’espace public, dans l’unique but de laisser croire qu’ils maîtrisent la situation, les élus qui soutiennent ce projet sont en train de tromper la population. Aucune recherche sur les effets de la vidéosurveillance n’a démontré une quelconque efficacité de ce système. Pour affirmer cela, nous nous appuyons sur l’ensemble des études indépendantes qui ont été menées : elles démontrent toutes que ces dispositifs n’ont aucune conséquence sur les taux réels de délinquance, les caméras ne faisant que déplacer les actes délictueux. Aussi, les personnes et les biens ne seront pas plus en sécurité. Si le résultat concret d’une installation de vidéosurveillance demeure nul, son coût financier en revanche ne l’est pas. La vidéosurveillance coûte très cher à la collectivité, aussi bien en investissement, avec la pose des caméras et l’aménagement du poste de contrôle, qu’en fonctionnement avec la nécessité d’avoir du personnel pour surveiller les écrans vidéo.

Eric Charmes, maître de conférences en urbanisme et aménagement à l’Institut français d’urbanisme (L’Humanité du 10 juillet 2007)

La plupart des études sérieuses montrent que pour ce qui concerne les troubles de la vie quotidienne, l’efficacité des caméras est assez limitée, en particulier si l’on considère les coûts d’implantation et de fonctionnement de ces réseaux.

Eric Heilmann, maître de conférence à l’Université Louis-Pasteur de Strasbourg (LDH Toulon)

Je suis étonné qu’il [Sarkozy qui se dit impressionné par la police britannique et ses caméras] soit aussi peu informé des travaux des chercheurs britanniques qui étudient depuis quinze ans l’efficacité de la vidéosurveillance dans leur pays. Ils concluent tous que les caméras ont apporté rarement la preuve de leur efficacité dans la prévention de la délinquance.

Quant à la résolution d’enquêtes, la vidéosurveillance peut accélérer l’obtention de résultats à condition d’être précédée d’un travail de renseignements. Les caméras ne servent à rien si l’on ne sait pas ce que l’on cherche. Prenez les attentats de Londres, en juillet 2005, c’est parce que la police britannique avait été informée de l’identité potentielle des suspects qu’elle a pu ensuite les reconnaître sur des images. Cela a été possible parce que des centaines d’enquêteurs ont été mobilisés pour visionner 15 000 vidéos. Penser que l’on pourrait mobiliser de telles ressources humaines pour des actes criminels de moindre ampleur serait se moquer du monde.

Comme on le comprend bien, cette courte série de citations de spécialistes montre que la vidéosurveillance a une efficacité plus que limitée. Pire, elle pourrait constituer un oreiller de paresse ou un leurre pour les responsables techniques et politiques de la sécurité.

En tout état de cause, la municipalité a fait un choix : le choix de la police dite « de proximité ». On n’en pense ce que l’on veut, mais ce choix est celui d’une police présente dans la rue et pas celui d’une ville policée par des caméras de surveillance. Installer des caméras de surveillance irait à l’encontre d’une telle politique.

Par ailleurs, la ville est déjà équipée de caméras de surveillance. Une trentaine d’entre-elles surveillent la circulation, mais servent aussi à plein d’autres choses. On en trouve dans tous les grands carrefours et aux grandes places très fréquentées : Chauderon, Bel-Air, Riponne, Saint-François.

On trouve aussi un grand nombre de caméras, privées cette fois, dans le Flon. Le quartier des loisirs nocturnes est donc déjà vidéosurveillé.

Comme vous le voyez bien, l’implantation, et même l’étude de l’opportunité d’installer des caméras de vidéosurveillance ne s’impose pas. Pire un tel travail serait coûteux, en temps et en ressources humaines. Le groupe A gauche toute ! vous recommande donc de classer cette motion.

Ah, une dernière chose : À ceux qui disent que si l’on n’a rien à se reprocher, on ne devrait pas être gêné par le fait d’être filmé, je réponds si je n’ai rien à me reprocher, je ne vois pas pourquoi je devrais me laisser filmer.

http://alainhubler.wordpress.com/2008/02/26/la-videosurveillance-inutile-et-inquisitrice/

 

 

23 janvier 2009

Je ne connaissais pas Noé Le Blanc, mais il gagne à être connu. Ceux qui cherchent des arguments, des chiffres et des statistiques au sujet de la vidéosurveillance seront comblés : je ne connais pas de journalistes qui ait lu, et digéré, autant d’études universitaires ou de chercheurs sur la réalité de l’impact de la vidéosurveillance.

En mai 2008, il publiait sur Rue89 un article intitulé “Grande-Bretagne: caméras partout, résultats nulle part“. En septembre, “Sous l’œil myope des caméras“, dans le n° de septembre 2008 du Monde diplomatique, juste au-dessus de celui que j’avais, pour ma part, consacré aux hackers, ces “« bidouilleurs » de la société de l’information“. En décembre dernier, il écrivait “Télésurveillance“, dans la Revue du Mauss permanente.

Le 13 janvier dernier, il était l’invité des Amis d’Orwell, la seule émission radio (à ma connaissance) consacrée à la société de surveillance, et diffusée deux fois par mois sur Radio Libertaire, le mardi de 16 h à 17 h.

Extraits, à méditer :

En France, on dénombrerait de 300 à 350 000 caméras déclarées, plus 2 à 3 millions qui ne seraient pas déclarées.

En Grande-Bretagne, les caméras avaient été installées à l’aveuglette, et les études, réalisées 10 ans après, estiment que la vidéosurveillance, ça ne marche pas : il y aurait moins d’une arrestation tous les 40 jours, et encore, une bonne partie auraient aussi pu avoir lieu sans caméra.

Et il n’y a pas plus de résolution des crimes et délits dans les quartiers vidéosurveillés que dans ceux qui ne le sont pas. Il y aurait même plutôt une augmentation de la délinquance dans les zones avec caméras…: elles génèrent presque du crime !

Pourquoi elles sont inefficaces ? Parce que les installations ont été laissées aux entreprises qui ont fait ça à la va-vite, que la moitié des systèmes sont inutilisables dans la nuit (trop éblouies ou trop sombres), et que le principal problème, c’est le tri de l’information, une question propre aux technologies de surveillance : il faut trouver le moyens de trier toutes ces données, et c’est très compliqué, donc les opérateurs se focalisent sur des repères plus facilement détectables, qui recoupent les clichés sur les populations criminogènes (les jeunes, les pauvres, etc.) qui ne sont pas forcément ceux qui comettent les délits.

Ainsi, 68% des Noirs sont qui surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.

De plus, 15% du temps passé par les opérateurs devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme, mais je pense que c’est bien pire : faut comprendre, les gens s’ennuient, devant les caméras ! En règle générale, on dénombrerait un opérateur pour 10 écrans, avec 5 caméras par écran…

Les caméras, c’est comme des boites en carton peintes en noir sur des poteaux, mais ça coûte beaucoup plus cher : ça n’affecte presque rien, sauf votre porte monnaie, par rapport à l’investissement réalisé. La vidéosurveillance est une gigantesque façon de détourner l’argent public, et pour les politiques une manière de montrer comment ils sont méchants avec les criminels.

Ce sont de gros panneaux publicitaires pour une politique répressive, une certaine idéologie : partout il est écrit attention aux méchants, on va tous les avoir, et c’est comme ça qu’il faut se comporter.

Le plan 1000 caméras à Paris, pour y installer 1226 caméras, est ainsi estimé de 45 à 60 millions d’euros, soit 35 à 50 000 euros par caméras, plus de 10 à 20% de plus pour l’entretien annuel des caméras, plus le salaire des gens qui regardent… c’est hors de prix pour quelque chose dont les meilleurs rapports scientifiques disent que ça ne marche pas.

La vidéosurveillance, c’est l’idée de mettre un policier derrière chaque citoyen, mais ça n’est pas possible. C’est pas efficace contre la délinquance, plus pour la paix sociale.

Mais j’ai du mal à trouver un autre sujet où les faits sont aussi éloignés de ce que pensent les gens, qui se trompent complètement sur la vidéosurveillance; le fait que ça ne marche pas ne passe pas du tout dans les têtes.

http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2009/01/23/les-cameras-de-videosurveillance-sont-aussi-efficaces-que-des-boites-en-carton-peintes-en-noires-sur-des-poteaux/


Vidéosurveillance : le rapport qui prouve son efficacité

Jean-Marc Leclerc
21/08/2009 | Mise à jour : 21:46
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Crédits photo : Réa.
Crédits photo : Réa.

EXCLUSIF - Un rapport confidentiel, dont Le Figaro a pris connaissance, conclut, après analyse des statistiques de la délinquance sur la période 2000-2008, à l'effet dissuasif des caméras sur la voie publique.

«L'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé» . Les crimes et délits y chutent même deux fois plus vite qu'ailleurs. Les conclusions du rapport dont Le Figaro a pris connaissance mettront-elles un terme à la polémique sur les dangers réels ou supposés des caméras sur la voie publique ? A l'heure où le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, promet d'en tripler le nombre, «de 20 000 à 60 000 d'ici à 2011», ce document, daté de juillet 2009, témoigne, à tout le moins, que l'hôte de la place Beauvau avait pris quelque garantie avant de s'engager.

L'intérêt de l'étude tient d'abord à la qualité de ses auteurs : l'Inspection générale de l'Administration (IGA), en tant que coordinateur, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et l'Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN). Des services au dessus de tout soupçon. Ils avaient été saisis en février pour «évaluer et quantifier l'efficacité de la vidéoprotection». Leur travail a porté sur l'ensemble de 63 brigades de gendarmerie couvrant un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d'Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d'autres communes, grandes ou petites.

Plus de cinq millions de personnes vivent dans les secteurs concernés. Pour ne pas être taxés d'avoir privilégié une période favorable, les «incorruptibles» de l'administration ont même analysé les chiffres sur neuf ans, de 2000 à 2008. Et ils battent en brèche bien des idées reçues.

Les caméras, inefficaces contre les violences ? Faux. «L'impact le plus significatif concerne les agressions contre les personnes où la progression a été mieux contenue dans les villes équipées de vidéoprotection», révèlent-ils. Depuis 2000, en zone police, alors que ces actes ont grimpé de plus de 40 %, ils ont augmenté deux fois moins vite dans la cinquantaine de villes vidéoprotégées. Même constat chez les gendarmes. «La densité de caméras a un effet préventif pour les agressions contre les personnes», constatent les enquêteurs. A les lire, en effet, pour obtenir du résultat, il ne faut pas hésiter à investir. «Une densité trop faible ne permet pas, disent-ils, de maîtriser les agressions puisqu'en dessous d'une caméra pour 2000 habitants, les agressions contre les personnes progressent même plus vite (+ 44,8 %) que dans les villes qui n'ont aucun équipement (+40,5 %)». En clair : les systèmes vidéos alibis ne font pas peur aux délinquants, qui savent très bien faire la différence entre un système opérationnel et un dispositif obsolète. Et ils endorment la police.

 

Pas de dissuasion sans sanction pénale

Les caméras ne sauraient néanmoins se substituer aux agents. «La vidéoprotection n'est pas une fin en soi, rappellent les inspecteurs, elle n'identifie pas seule les victimes ou les agresseurs». Selon eux, «elle n'a ensuite un véritable impact répressif et dissuasif que si une sanction pénale est prononcée par une juridiction à la suite de la constatation d'une infraction et de l'arrestation de ses auteurs».

Autre surprise de leur rapport : contrairement à un préjugé véhiculé jusqu'au Parti socialiste, «l'effet plumeau, c'est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré», écrivent-ils. Et cela se vérifie «tant au regard des témoignages reçus des responsables de la police et de la gendarmerie nationale, qu'à la lumière des chiffres de la délinquance qui ne montrent pas de dérives vers les zones non vidéoprotégées».

L'effet préventif des caméras serait donc une réalité. Mais qu'apportent-elles à l'enquête ? «Mesuré globalement, l'impact sur le taux d'élucidation reste encore peu marqué dans les villes équipées de vidéoprotection, même si un nombre croissant de personnes est mis en cause ou identifié grâce aux caméras», écrivent les inspecteurs. Car seuls les dispositifs à haute qualité de résolution d'image permettent de confondre sans coup férir les délinquants. Or ils sont rares. Les rapporteurs font aussi ce constat : «Les membres des équipes du grand banditisme gardent leur sang froid dans l'action, même lorsqu'ils se savent filmés par une caméra de surveillance, utilisant divers équipements, matériels et méthodes pour ne pas se faire identifier (cagoules, masques, véhicules volés, voire brassards de police…)» Éternel combat du glaive et du bouclier.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/21/01016-20090821ARTFIG00361-videosurveillance-le-rapport-qui-prouve-son-efficacite-.php




Efficacité videosurveillance : The Independent contredit Le Figaro
Par Gilles Klein le 25/08/2009

Il n'y aurait qu'un délit résolu pour 1 000 caméras de surveillance, explique le quotidien britannique The Independent citant un rapport interne de la police londonienne.

 

On note au passage qu'il y a ... 1 million de caméras de surveillance à Londres. En 2008, l'Independent note qu'il n'y a eu que 1 000 crimes et délits résolus grâce aux caméras. Ceci serait dû, selon le policier auteur du rapport, au fait "décevant" que les policiers ne présenteraient que rarement à la justice les délinquants filmés en pleine action par les caméras, même quand ils ont été identifiés.

Independent, caméras de surveillance, Londres

 

Le rapport britannique porte sur sa résolution des délits avec l'aide des caméras, pas sur la mesure de leur effet dissuassif, mais il est en tout cas négatif, contrairement au rapport français évoqué par Le Figaro qui titrait "Vidéosurveillance : le rapport qui prouve son efficacité"

http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=5173



Les caméras de vidéosurveillance efficaces contre la délinquance: une idée reçue

 

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    Pas moins de 400.000 caméras sont recensées en France, sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public (selon les autorisations délivrées en 2007 par le ministère de l'intérieur). Qu'on le nomme vidéosurveillance, vidéoprotection ou vidéocontrôle, ce phénomène est en pleine expansion depuis les années 1990. Au nom de l'efficacité des caméras contre la délinquance. Hélas, «la question de l'efficacité de la vidéosurveillance (...) n'a toujours pas été tranchée» , assène un rapport du Sénat qui, publié le 17 décembre, n'est pas loin de tordre le cou à cette vieille idée reçue.

    Malgré cet engouement, la vidéosurveillance n'a qu'un effet «très marginal» sur la prévention de la délinquance, selon les sénateurs. Et ce n'est pas plus brillant du côté de la répression: la vidéosurveillance se montre «peu efficace» , car «elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions».

    Autant dire que le constat est assez piteux pour les municipalités, les collectivités ou les sociétés qui ont investi lourdement dans ces systèmes depuis une quinzaine d'années en croyant œuvrer contre la délinquance. Certes, le secteur de la vidéosurveillance reste économiquement juteux: il représenterait 4,1% du marché de la sécurité en 2006 (soit 750 millions d'euros de chiffres d'affaires), selon l' Atlas 2008 de la sécurité . Encore quelques chiffres : sur les 400.000 caméras recensées fin 2007, 80% concernent des établissements privés recevant du public, 14% des transports et 6% (20.000 caméras environ) la voie publique. Ce dernier secteur est en pleine expansion, avec des villes de plus en plus demandeuses (1.500 communes à la fin 2007, au lieu de 900 en 2005).

     

    Ce secret de fabrique avait déjà été éventé, outre-Manche, il y a quelques mois. Le «laboratoire» anglais, dans le pays le plus en pointe pour la vidéosurveillance, avait pris un sacré coup quand l'un de ses meilleurs observateurs avait parlé de «fiasco» . Que la critique vienne du Royaume-Uni lui donne du relief: on y compte 4,2 millions de caméras de surveillance – soit une pour quatorze personnes... Au point qu'un Londonien peut être aisément filmé par plus de 300 caméras chaque jour.

     

    A Londres, donc, Mick Neville a parlé de «fiasco» . Patron de l'exploitation de la vidéosurveillance à des fins judiciaires à la Metropolitan Police, il est bien placé pour en parler. A l'entendre, les 90.000 caméras contrôlées par les autorités londoniennes sont inefficaces, par manque de cohérence de l'ensemble et par insuffisance des moyens pour l'exploitation des images. Les sénateurs français ont rencontré Mick Neville et le citent: le bilan est «dérisoire en matière judiciaire» . Selon son estimation, «seulement 5% des vols dans les bus auraient été élucidés grâce à la vidéosurveillance alors que... chacun est équipé douze caméras».


 

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    Pas moins de 400.000 caméras sont recensées en France, sur la voie publique ou dans les lieux ouverts au public (selon les autorisations délivrées en 2007 par le ministère de l'intérieur). Qu'on le nomme vidéosurveillance, vidéoprotection ou vidéocontrôle, ce phénomène est en pleine expansion depuis les années 1990. Au nom de l'efficacité des caméras contre la délinquance. Hélas, «la question de l'efficacité de la vidéosurveillance (...) n'a toujours pas été tranchée» , assène un rapport du Sénat qui, publié le 17 décembre, n'est pas loin de tordre le cou à cette vieille idée reçue.

    Malgré cet engouement, la vidéosurveillance n'a qu'un effet «très marginal» sur la prévention de la délinquance, selon les sénateurs. Et ce n'est pas plus brillant du côté de la répression: la vidéosurveillance se montre «peu efficace» , car «elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions».

    Autant dire que le constat est assez piteux pour les municipalités, les collectivités ou les sociétés qui ont investi lourdement dans ces systèmes depuis une quinzaine d'années en croyant œuvrer contre la délinquance. Certes, le secteur de la vidéosurveillance reste économiquement juteux: il représenterait 4,1% du marché de la sécurité en 2006 (soit 750 millions d'euros de chiffres d'affaires), selon l' Atlas 2008 de la sécurité . Encore quelques chiffres : sur les 400.000 caméras recensées fin 2007, 80% concernent des établissements privés recevant du public, 14% des transports et 6% (20.000 caméras environ) la voie publique. Ce dernier secteur est en pleine expansion, avec des villes de plus en plus demandeuses (1.500 communes à la fin 2007, au lieu de 900 en 2005).

     

    Ce secret de fabrique avait déjà été éventé, outre-Manche, il y a quelques mois. Le «laboratoire» anglais, dans le pays le plus en pointe pour la vidéosurveillance, avait pris un sacré coup quand l'un de ses meilleurs observateurs avait parlé de «fiasco» . Que la critique vienne du Royaume-Uni lui donne du relief: on y compte 4,2 millions de caméras de surveillance – soit une pour quatorze personnes... Au point qu'un Londonien peut être aisément filmé par plus de 300 caméras chaque jour.

     

    A Londres, donc, Mick Neville a parlé de «fiasco» . Patron de l'exploitation de la vidéosurveillance à des fins judiciaires à la Metropolitan Police, il est bien placé pour en parler. A l'entendre, les 90.000 caméras contrôlées par les autorités londoniennes sont inefficaces, par manque de cohérence de l'ensemble et par insuffisance des moyens pour l'exploitation des images. Les sénateurs français ont rencontré Mick Neville et le citent: le bilan est «dérisoire en matière judiciaire» . Selon son estimation, «seulement 5% des vols dans les bus auraient été élucidés grâce à la vidéosurveillance alors que... chacun est équipé douze caméras».

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    Les débats sur la vidéosurveillance «liberticide» toujours d'actualité?

     

     

     

     

     

    En France, aucune évaluation solide de la vidéosurveillance n'existe à ce jour. Contrairement au Royaume-Uni ou au Québec, où «les études disponibles semblent indiquer que la vidéosurveillance n'a qu'un faible impact sur la délinquance dans les espaces complexes et étendus» . Son effet le plus convaincant concerne les «espaces clos et offrant peu d'issues, comme les parkings ou les centres commerciaux» . Alors, en l'absence d'évaluation scientifique dans l'Hexagone, la question reste controversée.

     

    «Si les effets de la vidéo protection ne sont pas toujours mesurables en termes de baisse de la
    délinquance, le sentiment d'insécurité est toujours favorablement impacté»,
    considérait ainsi la commission nationale de la vidéosurveillance, dans son rapport de 2008. Le document des sénateurs va donc plus loin dans la critique. Au passage, les élus déplorent que cette commission chargée de contrôler le dispositif soit composée principalement de représentants de l'Etat, en soulignant «la quasi-absence de personnalités qualifiées ou professionnellement sensibles au respect des libertés et de la vie privée» .

     

    Or, la question des libertés peut redevenir d'actualité. Face aux errements de la vidéosurveillance en France, le ministère de l'intérieur a lancé, il y a un an, un plan de développement qui veut tripler le nombre de caméras sur la voie publique en 2009 (60.000 contre 20.000). «L'Etat, qui était longtemps resté en retrait, jouant un rôle d'arbitre, est ainsi devenu le principal promoteur de cette technologie au service de sa politique de sécurité» , commente le rapport sénatorial. Cette réorientation étatique «témoigne de la prise de conscience que la vidéosurveillance est peu efficace si elle n'est pas organisée pour permettre la répression des infractions» .

     

    Certes, les débats sur la vidéosurveillance «liberticide» se sont estompés depuis les années 1990. L'un des indices de cette «acceptation» apparente est le très faible nombre de demandes de consultation des images de la part de personnes craignant une atteinte à leur vie privée. Par habitude? Une centaine de plaintes annuelles arrivent à la CNIL, pour la plupart relatives à des lieux non ouverts au public (bureaux, copropriétés). Pourtant, les contrôles – très limités – des commissions départementales spécialisées révèlent un fort taux d'infractions (22% sur 869 contrôles en 2006 ; 11% des 483 contrôles de 2007).

     

    Avec Internet, «les grands opérateurs de télécommunication disposent d'un réseau IP sur l'ensemble du territoire» , soulignent encore les sénateurs, en recommandant de confier à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) les pouvoirs d'autorisation et de contrôle en matière de vidéosurveillance. «Grâce à la numérisation, toutes sortes de données (images, sons) peuvent être transmises sur ce réseau, puis stockées à distance.» Les coûts devraient donc baisser pour leur clientèle d'entreprises ou de municipalités.

     

     

    Arrivent aussi sur le marché la «vidéo intelligente» (capter des mouvements ou des sons anormaux, par exemple dans une foule) et la biométrie (la reconnaissance faciale, pour reconnaître une personne dans un lieu public). Pour le moment, ces technologies ne sont pas tout à fait au point, même si les expérimentations de lecture automatisée des plaques d'immatriculation sont lancées en France depuis 2007. Mais un renouveau de la vidéosurveillance est bel et bien annoncé.


http://www.wikio.fr/article/83665782



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Vichy - Détenus politiques - Evasion de la Centrale d'Eysses / Villeneuve-sur-Lot

http://ufacbagnolet.over-blog.com/

vue centrale d'Eysses


En 1943, le gouvernement de l'Etat français décide pour des raisons de sécurité de regrouper les détenus politiques de la zone sud, alors considérés comme plus dangereux que des criminels, dans la maison centrale d'Eysses à Villeneuve-sur-Lot.

Ces détenus de toutes origines politiques, philosophiques, religieuses, nationalités, anciens des maquis ou des brigades internationales en Espagne, militaires, simples réfractaires au STO, ont un point commun: celui de lutter pour libérer le territoire français de l'oppression fasciste. Entre eux, ils organisent une forte solidarité.

Solidarité matérielle avec le partage des colis au niveau des gourbis. Les détenus s'autogèrent, assurent l'hygiène et l'entretien des lieux, la sécurité, organisent des séances de culture physique. Solidarité intellectuelle, Eysses devient une véritable université des savoirs. Chacun donne et reçoit. Des cours sont organisés et animés par exemple en physique par Georges Charpak, futur Prix Nobel. Des spectacles de musique et de théâtre sont montés.

Un journal clandestin circule. Des nouvelles orales sont transmises chaque jour par des portes paroles après écoute des informations sur un poste émetteur-récepteur clandestin. Entre tous ces hommes, les valeurs d'égalité et de fraternité prennent tout leur sens. L'administration pénitencière débordée par cet afflux de détenus dont elle n'a pas l'habitude, laisse faire et même recule devant les exigences quotidiennes des détenus présentées sur un mode revendicatif par des délégués gaullistes et communistes; les deux courants étant réunis dans un front de libération et organisés par préau. Il ne manque plus à ses résistants enfermés derrière de hauts murs, que de vivre à nouveau pleinement la valeur de liberté.

Un premier affrontement entre prisonniers et gendarmes mobiles empêche le transfert d'une centaine d'entre eux, internés administratifs et emprisonnés sans condamnations. Ce premier succès les encourage à aller plus loin et à préparer une "sortie tous ensemble". Mais le 3 janvier 1944, l'évasion d'une cinquantaine de prisonniers conduit à un changement de direction à la tête de la prison et à la découverte pour les internés, de l'existence d'un régime politique au coeur de l'état pétainiste dans une France occupée par l'armée nazie.

Un milicien, ami personnel du secrétaire général au maintien de l'ordre et chef de la Milice, Joseph Darnand, est nommé. Il organise aussitôt un régime de terreur dans la prison. Les prisonniers politiques craignant de voir leur plan découvert et d'être inéluctablement déportés, sont alors conduits à précipiter leur projet d'évasion collective. Ils profitent de la visite d'un inspecteur général des prisons pour le prendre en otage avec le directeur, mais également soixante dix gardiens et surveillants, et ainsi se rendre maîtres de la maison d'arrêt. Mais un incident fortuit conduit à donner l'alerte.

Malgré un combat qui dure douze heures, les détenus ne parviennent pas à sortir. Face aux forces allemandes appelées en renfort, ils doivent rendrent les armes. Le gouvernement de Vichy découvre que sa centrale "modèle" est un contre-exemple! Joseph Darnand qui vient d'instaurer les Cours Martiales expéditives se déplace en personne et exige cinquantes têtes. La résistance administrative du préfet et d'un commissaire de police dépêchés sur place, conduit à freiner l'ardeur sanguinaire de la Milice. Mais, quatorze hommes sont traduits devant la Cour Martiale constituée de juges miliciens français qui ont assisté aux interrogatoires et aux divers sévices. Douze sont condamnés à être passés par les armes.

Ils meurent debout, attachés à des poteaux et encagoulés afin que les tireurs ne croisent pas leur regard. Ils chantent le << Allons enfants >> de La Marseillaise et le << pour elle, un Français doit mourir >> du Chant du Départ. Ces hommes seront fusillés par des gendarmes français. Ils avaient simplement tenté de s'évader avec leurs camarades de détention pour rejoindre les maquis et oeuvrer à la Libération du territoire national. Les mille deux cent autres prisonniers seront déportés à Dachau. Quatre cent d'entre eux y perderont la vie.

Ces morts éclairent la nature de la France en 1944: une dictature, une société de juges, de gardiens et de gendarmes capables d'assassiner sans preuve, sans aveu, sans défense, et surtout, sans aucun recours.

Face à cette pulsion de mort, à cette France mortifère, il y avait la pulsion de vie de ces résistants porteurs des valeurs de solidarité et de savoir, d'humanité et de liberté, dans ce qu'ils appelaient entre eux la République d'Eysses, et qui n'était rien d'autres que l'embryon de la société républicaine dans laquelle nous vivons et où subsistent encore de grands systèmes de solidarité et de liberté d'expression. Nous vivons aujourd'hui dans cette société là parce que ces hommes se sont battus pour ça.

Un livre leur a été consacré, fondé sur une double approche. Approche historique étayée par des témoignages et des documents d'archives, dont certains d'une grande force narrative, sont totalement inédits; approche phénoménologique à l'écoute des paroles d'amis et de parents recueillis sans jugement dans un récit simplement écrit au présent, à la vue de leurs photographies et de leurs lettres quand il a été possible d'en retrouver la trace. Dans cette approche, le lecteur est au centre de la découverte de ces existences si riches et tellement diverses, mais également de leur mort commune.

Au-delà du caractère épique de l'évènement et de la dimension sacrée de leur mort, les auteurs ont seulement voulu essayer de comprendre qui étaient ces hommes que l'appellation "martyrs" ou "héros" recouvrent souvent d'un voile d'anonymat, ces frères humains porteurs d'utopie et capables de métamorphose.

Michel Lautissier
Notre Musée (Revue de l'Association du Musée de la Résistance nationale)
N° 170 / 04 04

DOUZE FUSILLES POUR LA REPUBLIQUE
Auteurs: Corinne Jaladieu et Michel Lautissier
Editeur: Conseil Général du Lot-et-Garonne
250 pages

Pour un développement plus fouillé sur les évènements de la Centrale d'Eysses, nous vous conseillons d'aller visiter le site consacré au souvenir de ces douze fusillés. Vous y trouverez des témoignages et des photos relatant l'histoire de ces hommes sacrifiés.
http://www.eysses.fr/


Un site personnel qui évoque la Centrale d'Eysses
http://monsite.orange.fr/nihainenioubli/page8.html

 

HISTOIRE ET POSTERITE DU BATAILLON FFI D'EYSSES

Le Bataillon FFI d'EYSSES
L'idéal n'est pas une chose qui se consomme,
mais une valeur qui s'entretient et qui se passe comme un flambeau.
Site officiel de l’association pour la mémoire des résistants d’Eysses
déportés à Dachau

 

1400 résistants emprisonnés à Villeneuve-sur-Lot (cliquez ici pour accéder à la liste complète); Voir ici la liste des décèdés en déportation.

En octobre 1943, la prison d'Eysses, à Villeneuve-sur-Lot, devient un lieu stratégique où les autorités de Vichy décident de concentrer tous les condamnés politiques de la zone sud. Le chiffre des prisonniers politiques détenus à Eysses atteindra 1400 début 1944.

Le "collectif d'Eysses"
La grande diversité géographique et sociale des détenus cède vite la place à  l'idée de communauté.
Contre toute attente, les détenus réorganisent à l'intérieur de la prison une société vivant normalement malgré la contrainte. Les emprisonnés opposent à leurs geôliers leur esprit de résistance. Ils obtiennent une relative liberté de mouvement ainsi que le droit d'enseigner et de se distraire.

Une action clandestine dans la prison
Fin 1943, des journaux clandestins font leur apparition dans la prison. Les détenus parviennent aussi à communiquer avec l'extérieur et à tisser des liens avec des résistants locaux, par le biais notamment d'un certain nombre de gardiens.

Le soulèvement
Le 19 février 1944, le directeur de la prison ainsi qu'un inspecteur de l'administration pénitentiaire sont pris en otage par les détenus. L'alerte est donnée. S'ensuit alors une fusillade puis le siège de la prison, toute la nuit, par les gardes mobiles de réserve. Les détenus résistants sont finalement contraints de renoncer à leur action.

La répression
Dans les jours qui suivent le soulèvement, une cour martiale condamne à mort 12 détenus. Ils sont exécutés au matin du 23 février 1944. Les détenus demeurés dans la prison sont livrés aux nazis le 30 mai 1944. Les S.S. procèdent à la déportation des détenus qui sont transférés vers le camp de concentration de Dachau à la fin du mois de juin 1944. 400 des détenus d'Eysses mourront en déportation.

Le retour à Eysses
C'est en août 1945 qu'a lieu à Villeneuve-sur-Lot le premier congrès de "l'Amicale des anciens détenus patriotes de la centrale d'Eysses". Le bulletin de liaison de l'amicale, intitulé « Unis comme à Eysses », paraît chaque trimestre depuis cette date. Dépassant les clivages, cette amicale, dont les membres se retrouvent chaque année devant le mur des fusillés, célèbre et perpétue l'esprit qui a animé les détenus durant leur incarcération dans la prison.

photodansprison

21:16 | Lien permanent | Commentaires (4) |

 
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