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09/11/2009

Sommet anti-sécuritaire du 9-3 !

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Sommet anti-sécuritaire du 9-3 !

Surveillance et répression constituent les 2 faces d’une même pièce sécuritaire.

Retracer l’évolution des représentations de l’ennemi intérieur dans la pensée d’État depuis les années 1960 est indispensable pour comprendre comment, des territoires colonisés d’hier aux quartiers populaires d’aujourd’hui, la Ve République a régénéré un modèle d’encadrement fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-éthnique.

L’ordre n’est pas au service des citoyens mais sert essentiellement à les encadrer, les surveiller, les contrôler. L’ordre public c’est l’ordre brutal mis au service du pouvoir.
Le police a toujours été l’élément indispensable d’une politique de rejet et d’exclusion, permettant de masquer les difficultés économiques et sociales.

60 000 caméras pour 60 Millions...
En 2011, l’objectif est de tripler le nombre de caméras à l’échelle nationale et de le quadrupler pour la capitale avec le « Plan 1 000 caméras pour Paris » (sans compter les 9 500 de la RATP et de la SNCF dont la Police pourrait disposer en temps réel).
21 communes seront d’ailleurs « récompensées » pour leurs efforts de surveillance (1 Million d’€ à se partager).
Le business du sécuritaire se développe au point que Bouygues te loge où que tu ailles (particuliers, entreprises, prisons).
Une chose est sûre : le secteur sécuritaire (police, armée, secteur privé) ne connaît pas la crise…levier économique de la croissance ?

En 2008 nous approchions des 600 000 GAV soit près de 1% de la population française.
En 2009 les prisons françaises comptent 60 000 détenus souffrant chaque jour de l’enfermement et de la maltraitance autant physique que psychologique.
6 Millions d’immigrés sont les plus exposés aux contrôles de police, GAV, condamnations, bavures…et les traitements réservés aux sans-papiers rappellent les sombres heures de l’Occupation.

Tous les citoyens sont présumés innocents en droit mais la réalité montre qu’ils sont considérés comme a priori coupables, surtout s’ils n’ont pas d’amis bien placés. Le fichage massif de la population n’est pas anodin, derrière une façade démocratique, le totalitarisme avance à grands pas. Les lois sécuritaires se succèdent régulièrement : rétention de sûreté, « prévention de la délinquance », nouvelle loi sur la récidive…et les mesures d’exception sous prétexte de lutte contre le terrorisme deviennent une réalité quotidienne pérenne.

La maxime « Réfléchir c’est commencer à désobéir » qui correspond bien à l’armée et aux services de police peut également s’appliquer aux citoyen-ne-s lambdas. Nous devons nous organiser pour rester vigilant-e-s et résister. Il est donc naturel pour la Fédération Anarchiste d'être systématiquement auprès des individus victimes ou potentiellement victimes de la violence étatique, totalitaire et/ou capitaliste.

Ne vous laissez pas endormir par une criminalisation progressive des individus et des mouvements sociaux car demain vous pourriez bien être considérés comme terroristes par un Etat et des lois qui soit disant se préoccupent de votre sécurité…

Venez en débattre SAMEDI 21 NOVEMBRE de 17h30 à 22h30 à la Bourse du Travail de St-Denis.
Fédération anarchiste Mis en ligne par mecano

http://endehors.org/news/sommet-anti-securitaire-du-9-3

 

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08/11/2009

Rentabilisons un général de brigade entre deux guerres mondiales

retrouver ce média sur www.ina.fr

21:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

De Tarnac à Poitiers, dans l’autonomie du journalisme nébuleux (et les anciens de l'amicale de la HVO...)

Excellent article sur les Totos et les Zozos, envoyé par Tonio (merci encore) !!!

 

8 novembre 2009

Un article du « Monde » sur les « autonomes »

De Tarnac à Poitiers, dans l’autonomie du journalisme nébuleux

Le Monde consacre la une de son édition datée d’aujourd’hui à un dossier intitulé « De Tarnac à Poitiers, dans la nébuleuse autonome ». Rédigée par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, cette enquête revient, entre autres, sur le phénomène des « black-blocs », la menace de l’ultra-gauche et l’affaire Julien Coupat. En lisant cet article, nous avons eu de sérieuses raisons de penser qu’il marque une nouvelle étape dans la confusion que fait depuis longtemps Le Monde entre ses lecteurs et des pigeons.

« Ce sont des silhouettes entraperçues au milieu de bris de vitrines, lors d’une manifestation à Poitiers, de heurts et de barricades enflammées, au sommet anti-OTAN de Strasbourg, ou d’opérations policières, comme à Tarnac, un dossier dans lequel, depuis un an, neuf personnes sont poursuivies, suspectées par la justice de sabotages de voies ferrées. Ils surgissent de manière sporadique à la “une” des journaux, le plus souvent à la façon “Black Bloc”, vêtus de noir. Des autonomes, dit-on ? Les autonomes n’existent pas. C’est en tout cas ce qu’ils opposent lorsqu’on les rencontre : les étiqueter, c’est déjà un “travail de flicage”, contestent-ils. Ils n’existent pas, et pourtant comme le dit l’un d’entre eux : “On va nous voir de plus en plus. En face, il y a des gens trop sûrs d’eux et qui n’ont de prise sur rien.” »

Ce n’est pas tous les jours que des journalistes annoncent dès l’introduction de leur article qu’ils vont informer leurs lecteurs sur un phénomène qui, selon les principaux intéressés, n’existe pas. L’aveu mérite d’être relevé : nous, le journal Le Monde, inexplicable fer de lance de la presse française de qualité, nous tenons à prévenir notre aimable clientèle que nous tenons pour un sujet de première importance, digne de faire la « une » de notre édition du week-end, “quelques silhouettes entraperçues”, à savoir des “autonomes qui n’existent pas”, mais que pourtant, on va “voir de plus en plus”. Ah bon ? Comment ? Par quel miracle, des fantômes indéfinis et sans nom vont-ils devenir plus visibles ? L’article a le mérite de fournir (probablement involontairement) un début de réponse : où va-t-on les voir, ces inexistants invisibles ? Eh bien ! ils vont surgir “de manière sporadique à la "une" des journaux”.

C’est rassurant, à deux titres. D’abord, parce que cela confère à ces fantômes un trait qui permet de les identifier. Ensuite, parce que tant que les autonomes déclareront être ceux qui n’existent pas, ils représenteront effectivement un danger majeur pour toute la population. Qu’on en juge ! La police débarque chez vous un matin, pour vous arrêter, parce qu’ils pensent que vous êtes un autonome. Pour vous défendre, vous dites : “Mais non, enfin, je ne suis pas un autonome !” –––– “Ah Ah ! répondra l’inspecteur : vous venez de passer aux aveux ! Car c’est justement à ça qu’on vous reconnaît : les autonomes sont ceux qui disent qu’ils ne le sont pas !” –––– Grâce à la finesse d’analyses comme celles d’Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, il devient presque légitime d’arrêter toute la population, puisque :

- soit vous dites que vous êtes un autonome, donc vous revendiquez que vous l’êtes.

- soit vous dites que nous n’êtes pas un autonome, donc c’est bien la preuve que vous l’êtes.

La police et les médias viennent de découvrir (certes avec 2700 ans de retard), tous les usages répressifs que l’on pouvait faire du célèbre paradoxe du menteur (parfois attribué à Épiménide le Crétois : “Un homme disait qu’il était en train de mentir. Ce que l’homme disait est-il vrai ou faux ?”)

“Les “totos” sont loin d’être d’accord sur tout.”

À un tel degré de performance, le travail de terrorisme journalistique pourrait s’arrêter. Mais nous n’en sommes pourtant qu’au tout début. Faute d’essayer de comprendre qui sont ces autonomes qui n’existent pas, on va désormais prouver aux braves lecteurs du Monde pourquoi ils n’existent pas –––– ou plutôt, prouver que l’on a conscience au moins de ne pas savoir de quoi l’on parle :

« Tous les casseurs ne sont pas des autonomes et tous les autonomes ne sont pas des casseurs, mais certains le revendiquent (...) Les autonomes, les “totos”, sont loin d’être d’accord sur tout et de former un ensemble homogène. Cette nébuleuse compterait un millier de personnes en France. Impossible de les rattacher à une organisation structurée, de type parti ou syndicat, c’est une forme qu’ils rejettent. Difficile de les situer : ils haïssent la droite, la gauche et méprisent l’extrême gauche, ils refusent le label "ultragauche" qui pourrait leur correspondre le mieux. »

Mais pour définir une chose, pour conclure à la choséité de ce dont on parle, il faut trouver un point nécessairement commun à tous les objets que l’on classe dans un même ensemble. Quel est donc le point commun de nos autonomes ? Merveilleux syllogisme de nos journalistes : le point commun des autonomes, c’est qu’ils n’ont pas de point commun ! Ce qui donne, en quelques lignes, une liste d’attributs que l’on peut s’amuser à dresser ainsi :

- Les autonomes ne sont pas des casseurs.

- Les casseurs ne sont pas des autonomes.

- Les autonomes ne forment pas un ensemble, on ne peut les rattacher à aucune caractéristique précise.

- On ne saurait non plus les rattacher à un quelconque discours politique précis.

Mais alors, au juste, de qui et de quoi nous parle-t-on ? Patience ! Un début de réponse se trouve dans le paragraphe qui suit :

« La plupart des autonomes sont jeunes, très souvent étudiants. “Ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE, puis, en 2007, lors de la LRU, ce qui a favorisé une radicalité”, souligne Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers et animateur d’un collectif antirépression, qui a pu observer dans sa ville le parcours de quelques-uns de ses élèves. »

Stupéfiante découverte : cette mouvance qui menace l’ordre public en France, ce serait donc les élèves de Jean-François Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers ? Sérieusement ? S’il en faut aussi peu pour menacer les bases de la république qu’une année d’initiation en Terminale aux textes les plus simplissimes de Platon, Descartes, Rousseau, Sartre et Freud, on est saisi d’effroi devant les pieds d’argile de ladite république...

Bref, les autonomes ne sont pas structurés, nous a-t-on dit plus haut. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. Ils ne sont pas structurés et ils n’ont pas un discours politique facile à identifier. Mais, à présent, l’article fait un virage à 180 degrés, et on lit avec étonnement :

« Ceux-là se sont structurés pendant les années Sarkozy, d’abord contre un ministre de l’intérieur honni, puis contre le même, devenu président de la République, qui, pour eux, incarne plus que d’autres l’ordre policier. Dans les jours qui ont suivi son élection, plusieurs voitures ont été incendiées, dont l’une devant le Fouquet’s, le restaurant où le chef de l’État avait fêté sa victoire... “La clique au pouvoir est en train de foutre en l’air tout ce qui peut faire encore la matière d’une existence digne d’être vécue”, justifie Barnabé. “Tant que la droite sera au pouvoir, ça ne peut que monter”, juge de son côté Sébastien Schifres, doctorant en sciences politiques et militant. »

Mais alors, ils sont donc structurés ? Et leur discours politique est identifiable (ils n’aiment pas Sarkozy !) –––– le lecteur est un peu perdu, et ce n’est pas la déclaration de Sébastien Schifres qui va le rassurer : “ça ne peut que monter” — ah bon ? ça ne peut que monter, mais quoi, ça ?

“Pour rédiger un communiqué,
ils se mettent à trente.”

Quelques éclaircissements vont pourtant nous être donnés. Si l’on ne comprend rien à cet article, à ces autonomes, à qui ils sont, à ce qu’ils font, à ce qu’ils pensent... c’est peut-être tout simplement lié à leur méthode de travail. En effet, la teneur assez hermétique de leurs revendications trouve peut-être son origine dans la façon dont ils écrivent leurs communiqués :

« Le père d’un militant autonome de Montreuil confirme : “La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent.” »

Ici, tout s’éclaire –––– en une phrase, les journalistes ont trahi l’identité de leurs autonomes. Relisez bien : “Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente.” La clé de l’énigme ne vous saute pas aux yeux ? Le chiffre 30, cela ne vous dit rien ? Réfléchissez...

Mais enfin, 30, c’est le nombre moyen d’élèves dans une classe de lycée ! J’avais donc mille fois raison de supposer que ces dangereux terroristes étaient bel et bien les élèves de Monsieur Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers !

Chazerans ou pas, essayez tout de même d’écrire un communiqué à trente. Si vous arrivez encore à faire entendre un discours cohérent, vous êtes assurément assez doué pour renverser le vieux monde. Ensuite, votez votre texte (mais votez sur quoi ? Le contenu du communiqué ? Mais alors, cela veut dire qu’on le rédige à nouveau –––– c’est peut-être cette procédure compliquée qui explique que Le Monde n’ait pas pu se procurer un seul communiqué pour étayer son enquête...)

“Une forme d’encerclement des villes
par les campagnes.”

« A sa façon, Tarnac est un autre îlot. C’est une ferme - et non un squat - en zone rurale, comme il en existe dans les Cévennes et en Ariège, où l’on s’écarte de la société marchande en faisant de l’autoproduction. “Une forme d’encerclement des villes par les campagnes”, s’amuse un ancien mao qui les fréquente. Une “utopie pirate”, une de ces “zones d’autonomie temporaire” échappant aux “arpenteurs de l’État”, comme le théorisait Hakim Bey, très lu à la fin des années 1990 dans le milieu. »

S’il est surprenant de lire que les campagnes de France ne sont désormais plus sous l’autorité de l’État, il est amusant d’apprendre que le militantisme radical consiste aujourd’hui à encercler les villes par les campagnes. Car, jusqu’à preuve du contraire, toutes les villes du monde ayant toujours été encerclées par des campagnes (à l’exception de quelques rares exemples de campagnes encerclées par les villes –––– à savoir les jardins publics !), on se demande pourquoi l’insurrection tarde tant à venir.

Cela étant dit, que les fermiers et tous ceux qui vivent à la campagne pardonnent au Monde, les voici transformés par nos journalistes apprentis-sorciers en pirates, corsaires, flibustiers écumeurs des réseaux de subversion rhizomique ! Mais enfin, nous aurons au moins appris quelque chose, le concept de "Zone Autonome Temporaire", qui intriguait nombre d’esprits rationnels pour la bonne raison qu’il ne signifiait rien de précis, vient de nous être expliqué avec précision, les T.A.Z, ce sont en fait les Zones de revitalisation rurale, ces ensembles de communes reconnues comme fragiles et bénéficiant à ce titre d’aides fiscales ! [1]

“Le collectif n’en pense rien.”

Ici, il faut marquer une pause et se demander : par quelles méthodes, sans doute fort élaborées, par quelles techniques d’infiltration et d’investigation dont elles doivent avoir le secret, Isabelle Mandraud et Caroline Monnot ont pu se procurer autant d’informations sensibles ? Nos journalistes du Monde lèvent un coin de voile :

« On demande à discuter avec un autonome, il vient rarement seul. A Poitiers, après deux mois de négociations et plusieurs intermédiaires, Le Monde en rencontrera six autour d’une table, après qu’ils ont débattu entre eux du principe du rendez-vous. A une question sur la signification de tags, la réponse fusera : “Le collectif n’en pense rien.” »

Ce qui a du donner, concrètement, quelque chose comme ça :

— Allô, je suis bien chez les autonomes ?

— Non, nous n’existons pas.

— Ah ! parfait, c’est bien vous que je cherchais ! Nous voudrions faire une enquête sur vous pour le journal Le Monde...

— Attendez, je dois consulter mes 29 collègues et demander à mon ancien prof de philo ce qu’il en pense et je vous rappelle, d’accord ?

Deux mois plus tard :

— Allô ? Oui, c’est nous les autonomes, euh... vous nous aviez téléphoné il y a deux mois pour faire une enquête...

— Ah, euh... ah oui, ça y est ! Alors vous êtes d’accord pour répondre à nos questions ?

— Non, nous acceptons de vous rencontrer mais nous ne répondrons pas à vos questions. Nos conditions sont les suivantes — et pas d’embrouilles, sinon on disparaitra dans la nature sans laisser de traces — donc on veut...

— Quoi ? Un hélicoptère ? –––– des armes ? –––– de l’argent ?

— Euh, non, le collectif veut qu’on discute autour d’une table. Vous entendez, pas d’embrouilles, hein ? Pas de canapé, pas de bar, pas de resto, pas de pique-nique, on exige d’être assis autour d’une table !

— Bon... bon... c’est louche de s’asseoir à une table pour une interview, mais enfin, puisque ce sont vos conditions, on accepte.

Bref, après cette rencontre si difficilement négociée, les journalistes repartiront avec des précieuses révélations pour alimenter leur article. Notamment :

« Les “insurrectionnalistes” mettent l’accent sur la théorie du chaos et les vertus de l’émeute. “Moi, je vis là-dedans, dans l’insurrection permanente”, explique Pascal qui était, entre autres, présent à Poitiers et à Strasbourg. “Nous, ce qu’on veut, c’est qu’il y ait un mouvement unitaire, que les gens viennent et que cela débouche sur une révolte.” »

Ici, une explication s’impose pour les non-scientifiques. En effet, nous venons d’apprendre les insurrectionnalistes (ceux qui disaient plus haut collectivement qu’ils “ne pensaient rien”) mettent toutefois l’accent sur leur goût pour la théorie du chaos. Tout le monde n’étant pas familier avec cette complexe théorie physique, nous nous permettons de renvoyer nos lecteurs vers l’article de Wikipédia sur le sujet. [2] Après s’être dégrossi, notre lecteur se demandera sans doute quel est le rapport de la théorie du chaos avec les vertus de l’émeute et de l’insurrection ? Cela reste un mystère cabalistique dont on trouvera peut-être la clé dans une formule hébraïque ou latine :

« A l’intérieur de ces deux grandes familles, certains sont plutôt “lutte de classes”, d’autres plutôt “autonomie désirante”. Des nuances difficiles à saisir pour le non-initié. (...) Le tag latin “Onmnia sunt communia” (“Tout est commun”) remarqué sur le baptistère de Poitiers, entraîne ce commentaire amusé d’un autonome : “C’est forcément un tiqqunien pour écrire un truc comme ça !” La citation est érudite : elle se réfère à... Thomas Müntzer, un dissident luthérien qui guida sous cette bannière la révolte des paysans allemands au XVIe siècle. »

Astrophysiciens, latinistes, philosophes... ces autonomes sont des génies prodigieusement doués. Des intelligences supérieures. C’est peut-être ce qui leur permet de faire de telles actions-commando dignes des meilleurs services secrets, et de disparaitre ensuite dans la nature sans laisser de traces (alors que quiconque a un peu fréquenté les anarchistes savent qu’ils seraient relativement mal à l’aise dans ce genre d’opération militaire. Et ils risqueraient de laisser des traces : papier à cigarettes OCB, autocollants ou tracts...). C’est sans doute leur grande polyvalence dans les exercices de haut-vol scientifiques qui explique que nos autonomes n’ont pas besoin de beaucoup se préparer pour leurs opérations coup-de-poing :

« Il y a un minimum de préparation lors de certaines manifestations. Mais il n’y a pas de concertation globale : “Ça, c’est un fantasme de flic.” “T’apprends que tel groupe va bouger, bon, tu te dis qu’il va y avoir du monde, mais on ne sait jamais ce que font les autres, raconte-t-il. Chacun vient avec son truc, on prévient ou pas.” Son truc ? Du matériel, tels que des fumigènes, des cocktails, des barres, que chacun a pris soin de disposer à l’avance dans des caches le long de l’itinéraire prévu. “Il sert, ou pas. Ça dépend de l’ambiance. Il y a un côté adrénaline. C’est politique, mais il faut être honnête, on y trouve un certain charme.” Pascal a fait du Black Bloc, qui est une technique et non un groupe constitué de manière permanente comme souvent on le pense. “C’est appropriable par tout le monde”, souligne Barnabé, militant parisien. (...) Depuis Poitiers, où elle a été vivement critiquée, la police est à l’affût du moindre événement qui pourrait donner lieu à des actions d’éclat des autonomes. A ce titre, elle a porté une grande attention à la manifestation anticarcérale qui devait être organisée dimanche 8 novembre à Paris. »

Prêtez une attention toute particulière au paragraphe ci-dessus. Nous allons enfin savoir qui sont les autonomes, comment ils communiquent entre eux, comment ils se donnent des rendez-vous, se renseignent pour s’équiper, etc. Tous ceux qui s’intéressent à l’espionnage connaissent la fameuse technique dite “boîte aux lettres morte” : il s’agit d’un emplacement permettant à des agents secrets d’échanger des messages ou des objets sans avoir besoin de se rencontrer physiquement. Eh bien, voici dévoilé où se trouve la boîte aux lettres morte des autonomes : c’est tout simplement la « une » du quotidien Le Monde ! Qu’est-ce qu’ils sont forts, ces services secrets autonomes : ils ont infiltré les colonnes du plus grand quotidien de France. Ils y font passer en douce leurs messages (rendez-vous à la manif anticarcérale organisée demain dimanche 8 novembre à Paris ; apportez le matériel — fumigènes, des cocktails, des barres —, chacun amène son truc, ça servira ou pas, mais n’oubliez pas de bien planquer votre matos dans des caches le long de l’itinéraire prévu. C’est appropriable par tout le monde : les nouveaux-venus sont invités à participer à la fiesta ! il va y avoir de l’adrénaline !)

Vraiment, avec des autonomes services secrets aussi farceurs, on n’a pas fini de s’amuser, et l’on se dit que finalement, cette société de surveillance et de criminalisation a tout de même ses bons côtés.

Arsène Lupin

 


Notes

[1] Pour en savoir plus sur les Zones de revitalisation rurale.

[2] “La théorie du chaos” sur Wikipédia.



- Illustration de l’article : Yildune Levy superstar.

- Le papier du Monde peut être consulté en intégralité à cette adresse.




Le pti' + de PROBE, les anciens de la HVO:


qui maintenant se recyclent dans l'altermondialisme:



20:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Chronique d'une décolonisation. Jacques Lemaigre Dubreuil au Maroc 1950-1955

(cet article est paru dans la Lettre de Coordination de l'Ambassade de France au Maroc, en mai 2006. Mon mémoire de maîtrise, dirigé par M Dieter Langewiesche et Jean-Claude Triault a obtenu la mention Très Bien des Universités de Tübingen et Aix-Marseille I en juin 2006)

 

La mort de Jacques Lemaigre Dubreuil a précipité la fin du régime français de Protectorat au Maroc.

 

Grand patron de Lesieur, Jacques Lemaigre Dubreuil est assassiné par des mercenaires français dans la soirée du 11 juin 1955 à Casablanca. Scandale colonial, « l’affaire Lemaigre Dubreuil » s’éteint rapidement et tous les suspects bénéficient de non-lieux.

Son rôle dans la décolonisation du Maroc est très mal connu. Pour beaucoup, c’est seulement avec le rachat de Maroc Presse en avril 1955, qu’il rejoint publiquement le camp des libéraux. Son action est pourtant beaucoup plus précoce.

 

Grand patron de Lesieur

 

Encore peu républicain dans l'Entre-Deux-Guerres, il fonde en 1934 la Fédération des Contribuables, association national-populiste, qui bat le pavé parisien aux côtés des ligues d’extrême droite. Puis il s’en éloigne, pour rejoindre les rangs de la droite traditionnelle.

Après son mariage avec Simone Lesieur, il entre dans le Comité directeur de la Société des Huiles Lesieur. En 1940, puis aux débuts de l’occupation allemande, l’entreprise basée à Dunkerque menace de péricliter. Pour contrer les effets du blocus britannique, Vichy lance un plan d’industrialisation des possessions outre-mer. Une filiale africaine de Lesieur est alors installée à Casablanca et à Alger. Lemaigre Dubreuil entame alors une brillante carrière coloniale en Afrique du Nord.

 

Il se détourne de Vichy, et prépare le débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, au sein de la « conjuration des Cinq ». Le Général Alphonse Juin est alors aux ordres de Vichy. Il est commandant en chef des forces d’Afrique du Nord. Les « Cinq » mettent Juin en résidence surveillée et lui font signer des papiers dans lesquels il admet devoir donner l’ordre à ses troupes de tirer sur les Alliés. Ses troupes sont défaites, Juin est emprisonné, puis gracié.

 

La Résistance française s’unit autour de Charles de Gaulle, tandis que Giraud est évincé. Lemaigre Dubreuil, proche de Giraud, promet alors de se retirer de la politique. Il quitte Alger et rentre à Paris à la Libération. Il est même incarcéré par erreur durant quelques semaines à Fresnes pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Jusqu’en 1950, il combattra les diffamations sur son rôle dans la Résistance d’Afrique du Nord.

 

Lemaigre Dubreuil et le colonialisme

En 1950, Lemaigre Dubreuil fait partie d’une minorité d’entrepreneurs français, globalement en faveur de l’ordre établi, qui a le pouvoir politique et économique au Maroc. Il considère qu’il faut trouver un juste milieu entre la marocanisation et la domination. Cependant, la renaissance africaine de Lesieur correspond à l’idée populaire d’après-guerre : « sans l’Empire, la France ne serait qu’un pays libéré ; grâce à son Empire, elle est un pays vainqueur ».[1]

En 1947, Juin remplace le libéral Eirik Labonne à la Résidence Générale. Il désire établir une co-souveraineté franco-marocaine dans l’Empire chérifien. Le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, futur Mohammed V refuse d’entériner ce nouveau régime basé sur une réforme du Maghzen, qui permettrait l’éligibilité de Français à l’échelon communal. A partir de décembre 1950, Ben Youssef fait la grève du sceau.

 

En mai 1951, Lemaigre Dubreuil sert d’intermédiaire entre l’Elysée et la Résidence. Il considère qu’il faut provoquer la déposition du sultan. Une première tentative préparée avec Hadj Thami el Glaoui, pacha de Marrakech, échoue. Les cavaliers entourent Rabat, laissant croire à une résurgence de la siba berbère.[2] Robert Schuman, ministre des Affaires Etrangères pose son veto à la destitution. Mais, cet épisode sert de répétition générale pour la déposition de l’été 1953.

 

La Résidence veut prouver que le sultan est impliqué dans une conjuration communisto-istiqlalienne. L'Istiqlal, parti de l'Indépendance, est décrédibilisé par les accusations de communisme. Il faut créer un scandale, qui justifierait une déposition aux yeux des Etats-Unis et de l’opinion publique française. Les démarches de Lemaigre Dubreuil à Paris sont pourtant peu fructueuses. Juin est compromis par ses manoeuvres contre le sultan. Lemaigre Dubreuil est chargé de négocier sa succession. Le Général Guillaume sera le parfait « intérimaire », dont rêve Juin.

 

Juin est furieux d’être éloigné du Maroc. Il reçoit le commandement Centre- Europe de l’OTAN et le bâton de Maréchal en dédommagement. Officieusement, Guillaume et Juin échangeront souvent leurs postes. La mission de Lemaigre Dubreuil pour le cercle militaire s’arrête là.

 

Rien ne permet de savoir ce qu’il fait entre juillet 1951 et novembre 1952, date de son premier article dans L’Information politique, économique et financière. Il est imprégné des peurs de l’époque, accusant le stalinisme, le panarabisme et l’impérialisme américain. S’il ne remet pas encore en cause le colonialisme français, il admet que la France a du mal a trouver sa place dans le nouvel ordre mondial.

 

Lemaigre Dubreuil se tient au courant de l’actualité en faisant ses propres revues de presse. Les campagnes libérales de médiatisation du problème marocain se multiplient en France au cours de l’année 53. Celles-ci ont une grande influence sur les analyses de Lemaigre Dubreuil. Après de nouvelles tensions, la Résidence provoque la déposition de Ben Youssef le 20 août 1953.

 

Dans Le Monde du 30 octobre, Lemaigre Dubreuil déplore cet acte « regrettable, mais inévitable  pour la sauvegarde et la tranquillité de l’Empire». Le sultan se révèle être l’ultime garantie de l’ordre et de la morale. Après son départ, «tous les pores des prébendiers actuels ou futurs suaient à haute dose le colonialisme le plus odieux» décrit-il dans un style des plus virulents.

 

La déposition du sultan provoque la cristallisation des haines contre les Français. Aux actions des mouvements indépendantistes répond l’activisme de groupes français « contre-terroristes ». Roland de Moustier (secrétaire d’Etat aux affaires étrangères) proche de Lemaigre Dubreuil est chargé d’enquêter. Son rapport reste lettre morte.

 

Lemaigre Dubreuil rejoint les libéraux

Il faut attendre mars 1954 pour que Lemaigre Dubreuil assume publiquement que ses convictions ont changé. Dans Le Monde, avec «la France à la croisée des chemins», il détourne le leitmotiv des socialistes Paul Ramadier et Marius Moutet, en affirmant que la conservation de l’Empire colonial relève du passéisme.

 

Il participe aux réunions des libéraux qui ont lieu à l’hôtel Mansour de Casablanca. Ce Jeu de Paume rassemble les  Amitiés (Félix Nataf), Conscience Française (Guy Delanoë), les notables marocains de l’Istiqlal  (Mohamed Boucetta, Hadj Omar Abd-El-Djellil et Ahmed ben Kirane), les nationalistes modérés et sans parti  (Abbed Soussi, Mohamed Dadi, Abdel Ouahad Benjjeloun, M’Barek Ben Bekkaï), ainsi que des hommes d’affaires du Maroc (Lorrain Cruse, Jacques Reitzer, Mohamed Zeghari et Tahar Sebti).

 

En mars 1954, le maréchal Juin déclare à Auxerre qu’il refuse la CED (Communauté Européenne de Défense). Il ne peut donc plus rester à la tête du commandement Centre-Europe de l’OTAN. Le Ministère pense remplacer Juin par Guillaume à ce poste, tandis que le siège de la Résidence reviendrait au général Koenig. Lemaigre Dubreuil fait pression pour obtenir la nomination d’un diplomate, Francis Lacoste.

 

Après un véritable marathon de rencontres à la Résidence et au Ministère des Affaires Etrangères, Lemaigre Dubreuil organise un dîner, le 10 juin 1954, afin que Lacoste rencontre une délégation marocaine. Celui-ci passe en coup de vent, Lacoste refuse d’être l’homme des libéraux.

 

En juillet, Lacoste arrive dans un Maroc miné par la violence, exaspéré par le report des solutions dynastiques. Lacoste s’inquiète de la fragilisation du « front des caïds », une force « anachronique », mais qui « tient le bled ». En août, la défaite de Dien Bien Phu change la donne coloniale. Les négociations sont lancées en Tunisie et en Indochine.

 

Les libéraux abandonnent leur projet d’association franco-marocaine par pragmatisme, par humanisme ou bien par réalisme politique. L’Etat chérifien doit devenir l’Etat marocain, et le sultan, le roi du Maroc. Ils utilisent les relais politiques de Lemaigre Dubreuil, afin de convaincre Paris.

 

En octobre 1954, Lemaigre Dubreuil remet à Pierre Mendès France une proposition de constitution d’un Conseil du Trône de cinq ou six personnes. Ce conseil représenterait les différentes tendances : yousséfistes, glaoui et nationalistes modérées. Le sultan fantôche Moulay Ben Arafa accepte de se retirer, tandis que Ben Youssef en exil à Antsirabé refuse. Le retour de Sidi Mohammed Ben Youssef paraît alors évident.

Lors d’un dîner chez Lemaigre Dubreuil à Paris en octobre 1954 avec Juin, le Glaoui et son fils Abdessadek el Glaoui. Le maréchal se révèle être le plus intransigeant, en revanche le Glaoui est très lucide sur la crise. Lemaigre Dubreuil tente de maintenir le dialogue entre les différents partis. Malgré l’urgence, Pierre Mendès-France refuse d’agir au Maroc, comme il le fait en Tunisie. Fin décembre 1954, Antoine Mazella de Maroc Presse tente de rencontrer Mendès-France avec l’aide de Lemaigre Dubreuil, pour lui remettre un dossier sur les gangs français de Casablanca. Mendès refuse de le rencontrer.

 

Le rachat de Maroc Presse

Les libéraux accusent le lobby des « Vieux marocains » sous la coupe de Juin de retarder le règlement de la question marocaine à Paris, et de garantir l’impunité des activistes français au Maroc. En février 1955, Maroc Presse met directement en cause Philippe Boniface, préfet de Casablanca.

 

Le journal est menacé, le scandale pousse son propriétaire Jacques Walter à le liquider. Lemaigre Dubreuil décide de racheter 95 % des actions, puis en cède 30% au groupe de libéraux français et marocains.

 

Il promet un esprit de « sérénité », pour obtenir la caution d’Edgar Faure et de Pierre July. Lors d’un entretien à Paris, il lance face à leur hésitation : « je veux que ce journal réussisse. Je vais dépenser beaucoup d’argent. Mais n’oubliez pas ce que je vais vous dire : je serai assassiné […] je n’ai pas peur mais je serai assassiné ». Cette anecdote est rapportée par July (ministre des affaires marocaines et tunisiennes).

Juin refuse de donner son aval au projet. Lemaigre Dubreuil rapporte avec mordant une entrevue avec Lacoste, le résident qu'il a contribué à mettre en place :«je lui ai dit les choses les plus désagréables du monde, sa figure est restée sereine et ses yeux pleins d’amour(…) le commerce avec les diplomates est vraiment plus agréable qu’avec les maréchaux ».

Dans son rapport officiel, Lacoste constate que le journal prend « une position plus engagée depuis le 23 avril, date de la cession ».

 

La tribune libre de Maroc Presse

Pour l’inauguration de la tribune libre, Lemaigre Dubreuil déclare : « j’ai décidé de mener à bien cette tâche et de confier ce journal à une équipe d’hommes libres, désintéressés, clairvoyants, ayant largement dépassé les limites du nationalisme étroit ». Le journal conserve sa ligne d’action, Lemaigre Dubreuil devient un personnage public, garant de l’offensive des libéraux.

L’engouement du public pour la nouvelle formule de Maroc Presse tient justement à cette tribune libre. Celle-ci est animée par Mohammed Ben Moulay Larbi el Alaoui (chef spirituel de l’Istiqlal, qui sort tout juste de prison), suivi du Comte de Paris, d’anonymes, entre autres Abdessadek el Glaoui.

Les libéraux tâchent enfin de provoquer l’ouverture d’un débat public à Paris. Une conférence nationale sur le problème marocain est organisée par Jean Védrine les 7 et 8 mai 1955. La question du trône s’impose comme le thème récurrent. Pour l’opinion française, elle est rédhibitoire, pour l’opinion marocaine, elle est le préalable.

Au Maroc, les éditoriaux de Maroc Presse ont des répercussions terribles dans les milieux européens et marocains. Les promesses de July laissent espérer un règlement proche de la crise. Le climat est à la terreur.

 

Incertain de ce qui se décide vraiment à Paris, Lacoste est forcé au démenti constant, tandis que l’exaspération gagne toutes les couches de la population. En Algérie, la France déclare l’Etat d’urgence et se lance dans la guerre. Le 30 mai à Alger, le Maréchal Juin évoque la nécessité de combattre le terrorisme en prenant pour en triompher « certaines licences » avec la légalité.

 

L’assassinat et ses répercussions

A Casablanca, le 6 juin, un attentat à la voiture piégée contre Jacques Reitzer échoue, le 11 Lemaigre Dubreuil tombe sous les balles de truands devant l’immeuble Liberté.

 

 

L’enquête va rester inachevée, faute de preuves. La sacoche de Lemaigre Dubreuil disparaît. Le témoin n°1 est vaguement interrogé, puis renvoyé en France, on le retrouve suicidé un mois plus tard. Les commissions d’enquête se succèdent au Maroc entre 1955 et 1959.

En décembre 1962, des aveux de Louis Damiani mettent en cause directement les policiers Luigi et Melero, ainsi que Congos, tout quatre anciens hommes de main de Présence Française, groupe dirigé par le docteur Georges Causse. Ils bénéficient de non-lieux au cours du mois de juillet 1965, bien qu’ils aient été impliqués dans une tentative d’assassinat sur Mendès-France, lors de sa venue pour la messe d’enterrement de Lemaigre Dubreuil.

Lors de celle-ci, les trois nefs de la cathédrale de Casablanca sont pleines, le parvis bondé de Français et de Marocains. Maroc Presse publie en Une la lettre de condoléances du maréchal Juin, qui y accumule les laudatifs : « j’approuvais sans réserve qu’il cherchât par tous les moyens à rapprocher les Français des Marocains nationalistes(…) Hélas! Casablanca n’est plus(…) qu’un foyer d’anarchie(…)  Comme toujours, ce sont les meilleurs qui tombent et le pays vient de perdre un grand Français… »

La publication de la lettre dans la presse libérale alimente l’incompréhension et la peur de « l’abandon ».

Mi-juin, Lacoste est relevé de ses fonctions. Juin est prié de démissionner du Comité de Coordination de l’Afrique du Nord. Tous les directeurs quittent Rabat, tandis le duo Pinay-Faure lance les négociations avec les nationalistes marocains. Le nouveau Résident Gilbert Grandval entre en fonction le 12 juillet. Il veut procéder à une épuration de la police, mais il est réduit à l’impuissance par les émeutes européennes et par la « pègre de Présence Française ».

En août et septembre, la tension est à son comble. En novembre, Ben Youssef revient en France, Paris décide de reconnaître la nation marocaine.

 

Les témoignages des libéraux

Certains libéraux critiquent le fait que Jacques Lemaigre Dubreuil soit apparu tard et avec fracas sur la scène libérale. Ils voient en lui le milliardaire, conseiller des cercles politiques, conservateur, puis vedette de la cause marocaine.

Guy Delanoë suppose que Lemaigre Dubreuil se serait servi de son audience auprès des milieux politiques parisiens pour les persuader de l’importance de Maroc Presse. Il n’aurait cependant pas respecté ses promesses en laissant le journal faire pression sur la Résidence.

Il existe certes une part d’idéalisme chez Lemaigre Dubreuil, mais c’est bien sa lucidité dans la crise qui est tout à son honneur. Il comprend avec les libéraux, que la violence est inhérente à la société coloniale, que pour sortir du cycle de la violence, il faut sortir de la société coloniale.

Lemaigre Dubreuil a recherché le juste milieu entre l’entente et la marocanisation en organisant des entrevues entre les hommes politiques marocains et français. En sauvegardant la tribune libérale de Maroc Presse, il voulait attiser l’attention de l’opinion française et marocaine.

Casablanca a en quelque sorte rendu hommage à sa « conversion » en baptisant la place de la Révolution Française, place Lemaigre Dubreuil, sur les conseils de Guy Delanoë. La Studebaker verte dont l’aile droite est criblée de balles est exposée depuis février 2005 à l’entrée du Musée National de la Résistance à Rabat.



 

Les photos noir et blanc sont parues dans Paris Match en 1955/56, exposées en novembre 2005 sur l'avenue Mohammed V à Rabat.

[1] formulée par Gaston Monnerville, premier président du Conseil de la République de 1947 à 1969, d’origine guyanaise.

[2] La marche des tribus est traditionnellement un signe de régulation du pouvoir royal. On oppose le bled el Maghzen, territoire de l’impôt et de l’Etat, au bled el Siba, celui de la guerre.

 

http://unpeudair.over-blog.com/article-5735469.html

 

 

mainrouge1956.pdf

 

Alger, 4 juin 1958, le Grand Charles lance à la foule malentendante:

 

"Je vous hais, compris?"

 

Desproges, Petit dictionnaire à l'usage de l'élite et des biens nantis.

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La police cherche les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris.

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Ce matin (jeudi 5 novembre), vers 6h, la police est venue perquisitionner un appartement à Rouen. Elle a embarqué une personne pour une audition. Les policiers (de la SRPJ de Paris) recherchent apparemment les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris. Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté ce jour-là dans le quartier des Halles. De nombreux manifestants étaient masqués, et au passage devant le siège de l’administration pénitentiaire les vitres de ce bâtiment avaient été brisées. En réponse la police avait gazé. Lors de la dispersion plusieurs personnes avaient été arrêtées et frappées au sol.

Les policiers sont venus dans cet appartement rouennais car c’est depuis celui-ci qu’avait été créée la boîte mail du comité de soutien local. C’est l’opérateur Gmail qui a fourni ces informations à la police. La personne arrêtée est ressortie sans aucune charge contre elle. Les policiers semblaient plutôt rechercher des informations sur deux personnes : un certain Vincent et un certain Julien. Nous ne connaissons pas ces personnes aussi, si elles se reconnaissent : faites attention, camarades. Une instruction est ouverte pour "dégradations", "violences à agent" le tout en "bande organisée".

Quelques jours après la divulgation de nouveaux éléments dans l’affaire de Tarnac, tendant à montrer que la filature de Julien et Yldune par la SDAT avait été entièrement bidonnée par les policiers, voilà donc la réponse des policiers : s’en prendre à nouveau aux comités de soutien. Minable. Et insuffisant.

Soutient 11 novembre

 

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L'archipel des autonomes

LE MONDE | 07.11.09 | 16h28  •  Mis à jour le 07.11.09 | 16h37

Ce sont des silhouettes entraperçues au milieu de bris de vitrines, lors d'une manifestation à Poitiers, de heurts et de barricades enflammées, au sommet anti-OTAN de Strasbourg, ou d'opérations policières, comme à Tarnac, un dossier dans lequel, depuis un an, neuf personnes sont poursuivies, suspectées par la justice de sabotages de voies ferrées. Ils surgissent de manière sporadique à la "une" des journaux, le plus souvent à la façon "Black Bloc", vêtus de noir. Des autonomes, dit-on ?

Les autonomes n'existent pas. C'est en tout cas ce qu'ils opposent lorsqu'on les rencontre : les étiqueter, c'est déjà "un travail de flicage", contestent-ils. Ils n'existent pas, et pourtant comme le dit l'un d'entre eux : "On va nous voir de plus en plus. En face, il y a des gens trop sûrs d'eux et qui n'ont de prise sur rien."

Tous les casseurs ne sont pas des autonomes et tous les autonomes ne sont pas des casseurs, mais certains le revendiquent. Ils expliquent alors que la casse n'est pas "gratuite" mais ciblée : des banques qui incarnent le capitalisme, des entreprises privées qui construisent des prisons ou en gèrent la restauration, des agences pour l'emploi, des directions du travail. "Jamais le petit commerce", ou ce qui n'a pas de sens, affirment-ils.

La règle connaît des exceptions. A Strasbourg, le 3 avril, une pharmacie a été incendiée. A Poitiers, le 10 octobre, un manifestant qui tentait de s'attaquer à l'enseigne Vertbaudet (vêtements pour enfants) en a été dissuadé par d'autres autonomes.

Les autonomes, les "totos", sont loin d'être d'accord sur tout et de former un ensemble homogène. Cette nébuleuse compterait un millier de personnes en France.

Impossible de les rattacher à une organisation structurée, de type parti ou syndicat, c'est une forme qu'ils rejettent. Difficile de les situer : ils haïssent la droite, la gauche et méprisent l'extrême gauche, ils refusent le label "ultragauche" qui pourrait leur correspondre le mieux. Mais son utilisation par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'intérieur, à propos de l'affaire Tarnac, a remisé cette appellation au rang de procédé policier. Tout comme celle, honnie, d'"anarcho-autonomes". "C'est devenu synonyme de terroriste comme les salafistes", explique Chloé, 33 ans, installée dans le Nord de la France et qui a pris ses distances avec le milieu autonome.

Un autre militant, Barnabé, 31 ans, bien actif, lui, en région parisienne, trouve aussi que "le terme résonne comme salafiste, et finit par signifier quelque chose d'inquiétant". "Il s'agit de nous désigner comme des corps étrangers à la population", dit-il. Nos interlocuteurs, cités par leur seul prénom, ont tous choisi un pseudonyme. Un anonymat qu'ils utilisent également dans leur vie militante.

La plupart des autonomes sont jeunes, très souvent étudiants. "Ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE (contrat première embauche), puis, en 2007, lors de la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), ce qui a favorisé une radicalité", souligne Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers et animateur d'un collectif antirépression, qui a pu observer dans sa ville le parcours de quelques-uns de ses élèves.

Ceux-là se sont structurés pendant les années Sarkozy, d'abord contre un ministre de l'intérieur honni, puis contre le même, devenu président de la République, qui, pour eux, incarne plus que d'autres l'ordre policier. Dans les jours qui ont suivi son élection, plusieurs voitures ont été incendiées, dont l'une devant le Fouquet's, le restaurant où le chef de l'Etat avait fêté sa victoire... "La clique au pouvoir est en train de foutre en l'air tout ce qui peut faire encore la matière d'une existence digne d'être vécue", justifie Barnabé. "Tant que la droite sera au pouvoir, ça ne peut que monter", juge de son côté Sébastien Schifres, doctorant en sciences politiques et militant.

"Lors de chaque mouvement étudiant, les totos font des recrues, pas les jeunes socialistes", relève Chloé. Plus âgés, les autonomes comptent dans leurs rangs des diplômés brillants. Principal mis en examen dans l'affaire Tarnac, Julien Coupat a été doctorant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales après une grande école de commerce. Il pratique plusieurs langues étrangères. Il est loin d'être une exception. Certains sont issus de familles aisées, les plus nombreux plutôt de classes moyennes.

Les villes universitaires, comme Rennes, Rouen, Grenoble, Toulouse ou Lyon, ont supplanté Paris chez les autonomes. "Aujourd'hui, il existe chez eux une recherche sur les concepts beaucoup plus importante qu'il y a dix ans", témoigne Oreste Scalzone, qui fut l'une des grandes figures de l'autonomie italienne dans les années 1970. "C'est peut-être lié à la présence d'étudiants en philo qui ont fait Erasmus (le programme européen d'échanges universitaires)", poursuit cet homme très respecté dans le milieu et qui se dit admiratif du niveau de leur discussion. Le père d'un militant autonome de Montreuil confirme : "La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent."

Etre autonomes, pour ces jeunes, "c'est exactement le contraire de ce que la plupart des étudiants entendent par l'expression "devenir autonomes". Alors que pour ceux-ci, il s'agit en général de trouver un emploi et un appartement, il s'agit pour les premiers de parvenir à vivre sans se lier ni à un patron ni à un propriétaire", souligne Rémy Piperaud, dans un mémoire universitaire intitulé "Radiographie du mouvement autonome", soutenu cette année à la faculté de sciences politiques de Versailles - Saint-Quentin. "Ils cherchent d'abord à devenir autonomes par rapport à l'Etat et au capitalisme, écrit le chercheur. Ce qui différencie en premier lieu les militants de l'ultragauche de la plupart des militants d'extrême gauche, c'est le fait d'essayer dès à présent de combler le fossé qui sépare leur société idéale de la réalité sociale (...). Ils veulent construire le communisme et l'anarchie ici et maintenant."

Les autonomes n'attendent pas d'entraîner une majorité pour mettre en pratique leur projet. Ils créent des "îlots de communisme", en misant sur le fait qu'ils finiront par se multiplier et submerger la société.

Le squat est l'un de ces îlots. Le 16 octobre, à Montreuil, dans un garage désaffecté près d'une église, une quarantaine de jeunes ont ainsi tenté d'investir, en vain, les lieux. Depuis des années, la ville de Seine-Saint-Denis attire des autonomes qui ont, tour à tour, élu domicile dans divers endroits, dont une ancienne clinique, occupée boulevard de Chanzy et évacuée cet été.

A sa façon, Tarnac est un autre îlot. C'est une ferme - et non un squat - en zone rurale, comme il en existe dans les Cévennes et en Ariège, où l'on s'écarte de la société marchande en faisant de l'autoproduction. "Une forme d'encerclement des villes par les campagnes", s'amuse un ancien mao qui les fréquente. Une "utopie pirate", une de ces "zones d'autonomie temporaire" échappant aux "arpenteurs de l'Etat", comme le théorisait Hakim Bey, très lu à la fin des années 1990 dans le milieu.

Ces îlots rassemblent chacun 30 à 40 personnes, parfois moins. Il ne s'agit pas d'un mouvement, plutôt d'un archipel, d'un réseau de groupes affinitaires. Les membres de ces groupes vivent ensemble, participent ensemble à des actions ponctuelles et se soudent petit à petit, renforcés par l'adversité et la crainte permanente des infiltrations policières. "Les communautés autonomes tendent à prendre la forme de véritables tribus, note Rémy Piperaud. En faisant tout pour constituer des contre-sociétés totales, les autonomes se rapprochent les uns des autres au fur et à mesure qu'ils s'éloignent de la société extérieure."

Quand ils parlent d'eux, ils disent "nous", pas "je". "C'est le "nous" des gens qui pensent qu'il y a nécessité à reprendre les choses en main plutôt que de se prendre les ruines de ce monde sur la gueule", soutient Barnabé, le militant parisien, convaincu comme d'autres que l'effondrement du système est proche. Ce "nous" agit comme un rempart vis-à-vis de l'extérieur. Lorsqu'on demande à discuter avec un autonome, il vient rarement seul. A Poitiers, après deux mois de négociations et plusieurs intermédiaires, Le Monde en rencontrera six autour d'une table, après qu'ils ont débattu entre eux du principe du rendez-vous. A une question sur la signification de tags, la réponse fusera : "Le collectif n'en pense rien."

Leur défiance, voire leur haine des médias, est grande. Sur leur échelle de détestation, les journalistes, considérés comme instruments de contrôle social et de propagande, se glissent entre "les flics" et "les sociologues". C'est peut-être la raison pour laquelle, à Poitiers, certains ont brisé les vitres d'un local de La Nouvelle République du Centre-Ouest. Sur ce point, l'affaire Tarnac a produit chez eux des réactions contrastées. "C'est la prison ou les médias", professe Sébastien Schifres à ses camarades, partisan de s'exprimer auprès des journalistes, quand d'autres ont vu leur animosité envers les "journaflics" décupler. Avec l'entrée en scène de l'antiterrorisme, "les gens prennent de plus en plus de précautions", constate Chloé. Déjà, le téléphone portable, source potentielle de localisation et d'écoute, ne faisait plus partie de leur attirail.

Les autonomes ont en commun d'être anticapitalistes, de rejeter l'Etat, l'idéologie du travail et du salariat, la société de consommation, et de le signifier par leur mode de vie et par leurs actions. Parce qu'ils ne veulent pas s'inscrire dans une société marchande, ils bricolent et sont hyperactifs. D'un côté, ils échangent, troquent, mutualisent, font de la récupération, sont capables de retaper entièrement une maison, se repassent des adresses des points de chute en France, et à l'étranger ; de l'autre, ils profitent, aussi, des opportunités comme celles que leur offrent les résidences secondaires au ski ou à la mer de certains parents. "Ils sont à la fois dans la frugalité et dans l'excès", note un père. Ils sont très itinérants. Chez eux, la littérature américaine de l'errance liée à la crise des années 1930 reste une référence.

Ils prennent ce qu'il y a à prendre : les ressources familiales ou le RMI. Ils pratiquent les "auto-réductions", c'est-à-dire le prix qu'ils estiment devoir payer mais aussi le vol dans les rayons. Se servent dans les poubelles des magasins et des particuliers. Fabriquent ce qu'ils n'ont pas, comme, il y a peu, des billets SNCF. L'un d'eux nous indiquera avoir eu, à l'étranger, maille à partir avec la justice pour possession de faux euros. "C'était pour faire vivre le squat et aller à des concerts punk-rock."

Il existe aussi des antagonismes politiques forts et de vraies haines. Diverses chapelles coexistent, débattent, s'engueulent, se font la guerre parfois. Les "mouvementistes" s'impliquent plus que les autres dans les luttes des mal-logés, des sans-papiers et autour des conditions de vie des détenus. Les "insurrectionnalistes" mettent l'accent sur la théorie du chaos et les vertus de l'émeute. "Moi, je vis là-dedans, dans l'insurrection permanente", explique Pascal qui était, entre autres, présent à Poitiers et à Strasbourg. "Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un mouvement unitaire, que les gens viennent et que cela débouche sur une révolte."

A l'intérieur de ces deux grandes familles, certains sont plutôt "lutte de classes", d'autres plutôt "autonomie désirante". Des nuances difficiles à saisir pour le non-initié. "C'est un chaudron compliqué", plaisante Oreste Scalzone. Dans ce paysage touffu, Julien Coupat et ses amis sont désignés comme des "tiqquniens", du nom de la revue Tiqqun aujourd'hui disparue, ou des "appelistes", en référence à l'Appel, un texte collectif anonyme prônant l'insurrection, paru en 2003. Un groupe qui, jusqu'à l'affaire Tarnac, a pu être contesté dans le milieu pour le caractère élitiste, prophétique et comminatoire de ses écrits. Le tag latin "Onmnia sunt communia" ("Tout est commun") remarqué sur le baptistère de Poitiers, entraîne ce commentaire amusé d'un autonome : "C'est forcément un tiqqunien pour écrire un truc comme ça !" La citation est érudite : elle se réfère à... Thomas Müntzer, un dissident luthérien qui guida sous cette bannière la révolte des paysans allemands au XVIe siècle.

Isabelle Mandraud et Caroline Monnot

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07/11/2009

Julien Coupat n'a pas fait publier L'insurrection qui vient aux Editions Nord-Sud en 1960...

Pour aller de Trilport, comme le procès-verbal l'atteste, à Dhuisy à Germigny-sous-Coulombs, près de la ligne TGV  (26 kilomètres séparent ces deux points) à une vitesse moyenne de 159,6 km/h...

http://home.wtal.de/olliweb/technoclassica/2003/DS%20Fantomas%2002.jpg

 

Tarnac : un rapport contredit la version policière

NOUVELOBS.COM | 02.11.2009 | 09:16

Les avocats de la défense révèlent que les traces de pas et de voiture retrouvées sur les lieux du sabotage de lignes TGV en novembre 2008 ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et Yildune Lévy, mis en examen.

Un rapport de la défense met sérieusement à mal la version policière dans l'affaire des sabotages de lignes TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, pour laquelle neuf jeunes sont mis en examen pour "association de malfaiteurs, destructions et dégradations en relation avec une entreprise terroriste", révèle Libération lundi 2 novembre.

Contradictions


Les avocats pointent des anomalies et des contradictions dans les procès-verbaux de la police. Ils soulignent que les empreintes de pas relevées à proximité des lieux des dégradations, en Seine-et-Marne, ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et de sa compagne, Yildune Lévy, mis en cause par la police. Les traces de pneus ne correspondent pas non plus à celles de la vieille Mercedes du couple. Les procès-verbaux seraient en outre divergents et se contrediraient sur la présence ou non d'un individu près des voies.
Maîtres Thierry Lévy, Jérémie Assous, et William Bourdon doivent transmettre ce lundi leurs conclusions au juge antiterroriste en charge de l'affaire, Thierry Fragnoli.
Après six mois de détention, Julien Coupat, poursuivi également pour "direction ou organisation du groupe", a été remis en liberté le 28 mai 2009. Il est soumis à un strict contrôle judiciaire.

(Nouvelobs.com)



PARIS - La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 produit ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits.

La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 présente ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits. Les arguments, présentés dans le quotidien Libération, doivent être remis au juge d'instruction dans la journée. (Reuters/Vincent Kessler)

Les arguments, présentés dans le quotidien Libération avant leur remise au juge d'instruction prévue dans la journée, tentent de mettre à mal la principale charge contre le présumé chef des activistes, Julien Coupat: sa présence avérée et reconnue sur les lieux d'un des sabotages.

Les avocats relèvent ce qu'ils considèrent comme des incohérences dans les procès-verbaux de filature de la police.

Ces documents de police établissent que Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy se sont rendus le 7 novembre près d'un des lieux de sabotage de ligne de TGV, dans la campagne de la Seine-et-Marne, et y ont stationné en pleine nuit, au moment des faits. Le couple a reconnu les faits, expliquant qu'ils étaient sur place pour avoir des relations sexuelles.

Leurs avocats estiment que les traces de pneus et de pas relevés sur place ne correspondent pas à la voiture et aux chaussures de leurs clients. Ils ajoutent que le signalement du sabotage à l'endroit en question fait problème, sa notification à la SNCF ayant selon eux été retardée.

Julien Coupat, remis en liberté en mai après six mois et demi de détention, sa compagne et sept autres personnes restent mis en examen pour "destruction en réunion et association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises.

Julien Coupat est présenté par l'accusation comme le chef d'un mouvement d'ultragauche auquel sont imputés les sabotages commis par le placement de fers à béton sur des caténaires dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, ainsi que le 26 octobre 2008.

Ils nient les faits et se disent victimes d'une procédure politique, orchestrée selon eux par le gouvernement pour illustrer la théorie d'une menace terroriste de gauche.

 


L’État français, il y a maintenant un an, lançait ses cagoulés sur un petit village de Corrèze, déclenchant ce qui allait devenir «l’affaire Tarnac». Comme beaucoup d’affaires du passé, elle a évolué en deux temps : d’abord le mensonge officiel, puis l’éclat de la vérité sur la nature du pouvoir. Dans les premiers jours, le bruit du mensonge était propagé sans vergogne. À ce moment, pour retourner contre l’appareil d’État les armes qu’il pointait sur nous, nous avons fait appel dans nos interventions publiques au vieux fonds humaniste-démocratique de la gauche. Dans l’inquiétude où nous étions sur le sort de nos amis emprisonnés, nous avons eu spontanément recours à cet arsenal usé mais rassurant, le mieux fait pour réunir des voix, des sympathies, des signatures.

Seulement voilà, une année s’est écoulée, et c’est peu de dire qu’elle a permis à la lumière de jaillir, sur la fabrication policière de l’affaire et surtout sur le pouvoir qui l’a montée. On a vu se multiplier les rafles de sans-papiers — oui, des rafles — dans les quartiers populaires des grandes villes, détruire au bulldozer les abris que les migrants afghans et irakiens s’étaient construits du côté de Calais, expulser par avion trois Afghans vers leur pays en guerre avec l’assurance du sinistre Besson que leur sécurité y serait garantie. On a vu des gendarmes avec chiens fouiller les cartables des écolières à Marciac, arrêter un car scolaire et traiter les enfants comme des suspects près de Pau.

On a assisté à la condamnation à des années de prison ferme de jeunes habitants de Villiers-le-Bel coupables d’avoir jeté des pierres contre la police — et à la relaxe des policiers en cause dans l’accident qui avait causé la mort de Moushin et Larami, et jeté le trouble dans la ville. On a vu l’Assemblée nationale voter sans hésitation la loi scélérate sur la répression des bandes organisées et Brice Hortefeux, entre deux blagues racistes, prendre argument des désordres de Poitiers pour ressusciter par simple décret le fichier Edvige en l’élargissant jusqu’aux enfants de 13 ans. Ce décret d’Hortefeux est daté du jour de la Sainte-Edvige — un humour qui lui avait déjà fait organiser un sommet européen sur l’immigration à Vichy, et qui finira par le perdre.
Bref, pendant cette année, on a vu à l’œuvre le cynisme, la brutalité, l’indifférence affichée à la souffrance, le tout sur fond de suicides à France Télécom et de gestion crapuleuse de «la crise». On peut s’étonner que de tout ce malheur rien ne s’ensuive, que la sentence prononcée par ce régime contre lui-même ne soit pas exécutée — comme s’il n’y avait plus de peuple pour le faire. Mais ce n’est pas le peuple qui manque, c’est la décision — avec la conscience que le rapport de forces ne nous est défavorable qu’en apparence. L’oligarchie cherche à nous maintenir dans ce désespoir qui forme sourdement le liant de la situation.

Mais il peut soudain se défaire : on le perçoit dans certaines grèves, certaines manifestations déterminées, dans tous ces moments collectifs qui échappent à l’étouffoir des bureaucrates syndicaux et des partis qui se prétendent politiques.

Pour que se répande la joie de conquérir une nouvelle existence, il nous faut sortir du domaine des Idées, élaborer en commun les formes de vie à venir : que dans les corps en crise — écoles, hôpitaux, énergie, transports, agriculture, université —, ceux qui triment songent à comment ils s’organiseront sans ceux qui sont là pour les gérer ; que ceux qui ne se résignent pas à l’apartheid rampant se réunissent pour savoir comment rendre immédiatement aux villes leur rôle et leur beauté ; que tous, nous préparions la mise à la retraite d’office des financiers, des économistes et des géopoliticiens.

Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. Car le maintien d’un régime responsable de tant de cruauté et qui n’en garantit que la permanence est une éventualité infiniment plus redoutable que l’insurrection qui vient.

Éric Hazan - Libération, 6 novembre 2009.

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Strasbourg: Procès des deux derniers inculpés de l’Otan (le 16 novembre 2009)

Le procès de T. et N. aura lieu au TGI de Strasbourg le lundi 16 novembre 2009.


09:14 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/11/2009

BEASTIE BOYS "SABOTAGE"

(ouais je sais c'était facile...)

11:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Le Saboteur ... _

Le saboteur

 

 

Ce jeu met en scène un mécanicien Irlandais (facile !!!) qui vient se venger à Paris sous l’Occupation (à Vincennes ?).

Sean Devlin a grandi dans les bas-fonds et qui cherche à se venger personnellement d’un responsable nazi qui lui a tout pris. L’heure de la vengeance a sonné.

 

Le héro doit mettre en œuvre de nombreuses techniques de sabotage pour faire exploser des Zeppelins, faire dérailler des trains, faire exploser des ponts, détruire des blindés et des installations ennemies sous l’Occupation...chouette, tout un programme...

 

 

 

(Même les programmateurs de jeux vidéos s'y mettent...)

Lutte contre l’état Français

Les tracts, les journaux clandestins dévoilent les carences de ce gouvernement, dénoncent certaines attitudes ou actions telles la poignée de main Pétain/Hitler à Montoire, la fourniture à l’occupant, néfaste au peuple français, de renseignements donnés par la radio de Londres.

(Les écoutes de la radio de Londres, informations et messages de la France Libre étaient interdites)


Se mettent en place :

La surveillance dans les administrations, les mairies, les préfectures, les PTT, le vol des cartes d’alimentation, la fabrication de fausses cartes d’identité pour les maquisards, les juifs, avec des tampons volés dans les divers bureaux.

Dans les chantiers de jeunesse, la propagande pour les désertions et l’orientation vers les maquis, Les surveillances et menaces par lettres aux collaborateurs, exécution des traîtres et dénonciateurs, manifestation le jour du 11 novembre (qui était interdite).

 


Actions contre l’occupant

Les consignes étaient de :

- ne pas attaquer les allemands avant le débarquement pour éviter les représailles qui étaient dangereuses pour les populations.

- Renseigner les agents britanniques parachutés en France sur tous les déplacements, les trains ou les convois de déplacement d’unités.

- Saboter les usines travaillant pour les allemands, interception ou réquisition des productions agricoles, denrées, bétails destinées aux troupes d’occupation.

- Couper les voies de chemins de fer, les ponts, les pylônes électriques ou câbles téléphoniques….

 


11:22 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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