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12/12/2009

Le témoin persiste et signe...le paradoxe Jean-Hugues Bourgeois, un nouveau syndrome ?

http://www.20minutes.fr/article/370442/France-Groupe-de-Tarnac-Ils-sauront-le-18-decembre-s-ils-sont-pleinement-libres.php

 

extrait:

 

-Jean-Hugues Bourgeois, un agriculteur qui a rencontré des personnes poursuivies dans l'affaire et entendu comme témoin sous X fin 2008, a assuré lors d'une nouvelle audition n'avoir pas subi de pressions de la part de la Sous-direction antiterroriste (Sdat).

 

-«Je ne veux plus jouer le moindre rôle dans l'affaire dite de Tarnac et je tiens à ce que mon identité figure au dossier afin que mon anonymat ne puisse plus faire l'objet d'un quelconque chantage», a déclaré Jean-Hugues Bourgeois.

 

Bon faudrait savoir !

 

"N'avoir pas subi de pression" ne s'accorde pas avec "plus faire l'objet d'un queconque chantage" !!!

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Toast à la révolte grecque - Le Jura Libertaire
«Tarnac : réflexions d'un idiot utile».Un éditorial en date du 9 décembre 2009. Piteux.Laurent Joffrin s'en prend aux «accusés de Tarnac injustementemprisonnés». Car bien que «défendus … Hébergé par Overblog. ... Entretien avec Julien Coupat le 25 mai, «Deux ou trois choses que j'avais à vous dire» le 20 juin, «Pourquoi nous cessons de respecter les contrôles judiciaires» le 4 décembre. «Réfuter» l'«ultragauche». Pour ce faire, redégueuler le bréviaire «antiterroriste» ...
Le Jura Libertaire - http://juralibertaire.over-blog.com/

11:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Grèce : récit d’un témoin oculaire de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos

Voici le récit d’un témoin oculaire de l’assassinat du jeune de 15 ans, Alexis Grigoropoulos par la police grecque qui a conduit aux émeutes de décembre et à la révolte sociale généralisée qui repart en Grèce. La jeune femme dont il est question dans ce texte est malheureusement devenue mondialement célèbre par la petite video qu’elle a eu la malchance d’enregistrer depuis son balcon qui avait vue sur le lieu de l’assassinat d’Alexis et elle sera témoin contre le policier Ep. Korkoneas lors de ce procès. Ce témoignage est un fragment d’un texte plus important et est inclu dans le livre "Nous sommes une image du futur / La révolte grecque de décembre 2009", qui sortira aux Etats-Unis en février 2010 chez AK Press et est édité par A.G.Scwartz, Tasos Sagris et Void Network.

Je suis une habitante d’Exarchia, dont le balcon a vue sur le lieu où a été assassiné Alexis Grigoropoulos.

Je ne suis pas particulièrement impliquée dans des activités politiques. Je ne suis pas une activiste. Je ne peux parler que du meurtre. Je ne peux pas prendre de position sur toutes les autres choses qui se sont passées parce qu’elles sont très compliquées et que je n’ai pas de pensée très claire là-dessus.

Exarchia a toujours été un quartier alternatif, un lieu de contre-culture. Depuis plusieurs années, à de nombreuses reprises, quelque chose arrivait à un coin rue dans Exarchia et soudainement chacun sortait des cafés et les bars et allait dans la rue et courait pour voir ce qui arrivait. Habituellement c’étaient des incidents entre les gens et la police, quelques bagarres, des confrontations, insultes, cris. Dans le temps cela arrivait très fréquemment. Ensuite il y a eu une période au cours de laquelle cela ne s’est pas produit tant que ça, mais ces dernières années ça a recommencé à se produire plus souvent.

La raison pour laquelle je me suis trouvée avec un camescope sur le balcon ce soir-là, est que j’ai toujours voulu filmer une de ces confrontations qui avaient toujours lieu sous mes fenêtres. Mais chaque fois que je venais sur mon balcon pour voir ce qu’il se passait, j’étais en retard. Le temps que je revienne avec mon camescope, il était trop tard, c’était terminé. Cela m’est arrivé très souvent. Et la dernière fois que cela s’est passé, je me suis dit que la prochaine fois je commencerai par prendre la caméra, puis j’irai sur le balcon.

Et finalement la fois suivante a été un incident dont je n’aurais jamais pensé qu’il puisse se produire. Deux ans plus tôt, un ami allemand est venu me rendre visite et m’a dit que la police lui semblait faire beaucoup de provocations et être très dangereuse. Bien qu’il soit un touriste, la façon dont ils se sont comportés l’a fait se sentir moins en sécurité, mis en danger. Et quand cet ami a appris ce qu’il s’était passé le 6 décembre, il a écrit qu’il n’était pas si surpris que ça. Moi, je l’ai été.

Toutes les fois précédentes, je n’ai pas été effrayée lorsque j’observais ces rixes entre les gens et la police. C’était une partie de ma vie quotidienne à Exarchia. C’était quelque chose de banal. Parce que les gens d’Exarchia expriment leur négation de l’autorité fermement et ils y croient, chaque fois que quelque chose arrivait je n’ai pas dû prendre position parce que ça faisait juste partie de la vie dans ce secteur. Bien sûr, pendant les dix ans que j’ai vécus dans ce quartier, j’ai observé année après année une augmentation progressive de la présence policière. Les policiers ont commencé à apparaître à tout les coins de rue, en groupe et armés. On observait la police blindée en pleine émeute portant des pistolets, des armes à feu, des gaz lacrymogènes et des mitrailleuses - cela devenait de plus en plus intense. A cette époque, un slogan commençait à apparaître sur les murs : "à chaque coin de rue il y a la police, le junte ne s’est pas terminée en 1973.".

Le 6 décembre j’étais ici dans l’appartement avec mon ami allemand. Il cuisinait et j’étais dans le salon. Tout à coup j’ai entendu un bang. Je n’avais entendu aucun bruit avant. Il ne s’était rien passé dans la rue, pas de tirs, rien. Sans prévenir, il y a juste eu un bang. Il m’a semblé que ça venait d’en bas de la rue, sur le côté à gauche. En dépit de la surprise, je me suis souvenue cette fois-ci de prendre la caméra en premier. Je n’étais pas paniquée, je ne ressentais rien d’anormal, j’ai juste pris calmement ma caméra et je suis sortie sur le balcon. Je ne pensais pas que quoi que ce soit d’extraordinaire se produisait. J’ai regardé dehors, mais je n’ai pas mis la caméra en marche au début parce que rien ne se passait. J’ai vu quelques jeunes en bas à gauche, assis comme d’habitude. Les jeunes anarchistes traînent toujours là-bas, bien que cette nuit il y en avait moins que d’habitude. Et sur le côté droit, en haut de la rue, j’ai vu une voiture de police garée. Un moment après, la voiture de police est partie, j’ai vu deux flics revenir à pied et c’était très étrange pour moi. Je me suis demandée ce qu’ils allaient faire. Ils arrivaient là où la voiture était juste avant et ont commencé à provoquer les jeunes en leur disant "venez ! vous êtes des gonzesses !". Quand j’ai entendu ça, j’ai crié à l’allemand "viens voir" ! La police est venue et une bagarre a commencé. Il aurait une occasion de voir ce phénomène des flics grecs provoquant un combat en insultant les gens. Il est normal que la police parle mal aux gens, mais là c’était trop. C’était provocateur parce qu’ils ont garé la voiture et sont revenus en criant des défis. C’est comme ça que des gens normaux commencent une bagarre. C’était comme une bagarre personnelle et non comme une provocation habituelle des flics.

Immédiatement après cela, les deux flics ont sortis leurs armes. Cela n’a jamais été mentionné par les médias. Et j’ai une surprise après l’autre. D’abord ils sont revenus à pied, ensuite ils ont commencé une bagarre en insultant les jeunes, puis ils ont sortis leurs armes, ensuite ils ont visé, à un moment où il n’y avait ni provocation verbale ni menace, aucune bagarre ou confrontation ne continuait. Et ils ont tiré. J’ai entendu deux tirs mais je ne peux pas dire si les deux flics ont tiré ou si un seul d’entre eux a tiré deux fois. Il est possible que l’un des deux ait tiré deux fois. Ils se sont retournés et sont partis, aussi simplement que ça, comme si rien ne s’était passé. Moi, jusqu’à ce moment, je ne me suis pas occupée de regarder à gauche, le groupe de jeunes, parce que le comportement des deux policiers était si étrange ! Il n’était pas nécessaire de regarder de l’autre côté parce que rien ne se passait là. Et ensuite j’ai entendu les gens dans la rue crier qu’un enfant s’était fait tirer dessus. Et ensuite j’ai senti la panique. J’ai couru à l’intérieur, pris le téléphone et appelé une ambulance, et je suis descendue dans la rue. J’ai simplement vu un enfant étendu là, et j’ai été choquée. Tout le monde criait et beaucoup de gens se trouvaient mal. Le gosse n’était pas mort ; un médecin a surgi et a essayé de lui administrer les premiers secours. Ensuite l’ambulance est arrivée et je pense qu’il est mort à l’intérieur.

J’ai appris auprès d’autres gens que le premier bang venait d’une grenade de choc. Apparemment quelqu’un a jeté une bouteille en plastique sur la voiture de police et a crié une insulte quand elle passait et la police a réagi en lançant la grenade de la voiture. Ce n’est pas inhabituel ici. Il est normal de crier, chacun en Grèce crie vers les autres. Ainsi je suis sûr que les policiers n’ont pas été menacés, ils n’étaient pas en état de légitime défense. En réalité, quand un policier ressent une menace sérieuse, il ne s’arrête pas au premier coin de rue et ne revient pas à pied pour règler le problème. En général quand la police ressent une menace ou se sent attaquée, elle s’en va de là. La police n’était pas sur la défensive à ce moment.

Je suis rentrée et j’ai essayé de regarder la vidéo sur mon ordinateur, mais je n’ai pas pu car j’avais perdu quelques programmes. Alors j’ai frappé à la porte de mon voisin et dit que j’avais enregistré quelque chose mais que je ne savais pas ce que c’était. Peut-on le mettre sur ton ordinateur pour que je puisse voir de quoi il s’agit ? Et nous avons vu la vidéo ; et je me suis senti comme jamais je ne me suis senti durant toute ma vie. Nous avons appelé tous les gens du voisinage, nous sommes tous-tes descendu-e-s dans les rues et l’énergie, l’atmosphère étaient toutes entières à la rage. Le flot des gens débordait dans les rues, partout les gens sortaient de leurs maisons pour aller dans la rue. Tout le monde.

La police anti-émeutes a eu le culot de venir au coin où le premier policier avait arrêté sa voiture et d’où les coups de feu étaient partis. En bien sûr tous les gens ont commencé à crier contre eux, les jeunes, les vieux, les gens normaux, chacun leur criait de retourner en enfer.

Près de deux heures après le tir, c’est impossible de le dire exactement mais c’était environ deux heures. La police secrète est venue. J’étais rentrée chez moi et j’écoutais la radio et la télé, qui disaient qu’il y avait des émeutes à Exarchia, que la police avait été attaquée et avait tiré en légitime défense, mais ce n’était pas vrai. Et les émeutes n’avaient même pas encore commencé. De ma fenêtre j’ai vu des hommes sans uniforme regarder les murs des immeubles près de la zone des tirs. La police secrète était venue pour chercher les douilles et les balles, examiner le secteur. J’étais avec mon voisin et je lui ai dit que je descendais. J’ai voulu réagir d’une façon ou d’une autre à ce qu’ils disaient aux infos. Donc je suis descendu et j’ai dit que ce qu’ils disaient à la télévision n’était pas vrai. Un type grand et vieux s’est approché de moi avec un sourire gras et m’a dit "oui, et qui êtes-vous ?" Et j’ai eu une peur incroyable. Parce que je suis très naïve, j’ai simplement ressenti une obligation de descendre et de dire la vérité. Mais ce type m’a terrifié. Donc j’ai reculé et ai dit "non, qui êtes-vous ?" Et il m’a dit son nom et sa fonction. Il était le chef de l’agence de la police secrète et il était chargé de l’autopsie et de l’enquête. Ils ont pris mon nom et mon numéro de téléphone et ils m’ont demandé de venir au commissariat central pour témoigner ; j’ai accepté.

Il m’a demandé ce qu’il s’était passé. Je l’ai conduit à l’endroit exact où étaient les policiers quand ils ont ouvert le feu. Et c’est exactement à cet endroit qu’ils ont trouvé les douilles. Et ils m’ont demandé si j’avais un véhicule, si je pouvais me conduire au poste. J’ai dit que non et ils m’ont demandé de venir avec eux. J’ai dit que j’espérais que les gens ne caillasseraient pas la voiture de police sur la route ; le chef a ri et m’a dit de ne pas avoir peur. Il m’a dirigé vers un endroit où un groupe important de policiers anti-émeutes était rassemblé et je me suis retrouvé au milieu d’une équipe de MAT [1]. C’est juste à ce moment-là que les gens ont attaqué. Le chef a immédiatement disparu, a couru en arrière et ils m’ont laissé pendant que les gens attaquaient, et j’ai vu toutes les armes que la police avait et j’ai piqué une crise. Je ne pouvais me fixer sur rien, je sentais combien les gens étaient puissants, ils étaient plein de rage. Je ne peux pas me souvenir s’ils attaquaient avec des pierres, des cocktails molotov ou des bâtons, seulement qu’ils étaient surpuissants et que je devais partir de là. Je suis parti en courant et je suis rentrée chez moi.

Bien sûr je m’attendais à ce qu’ils m’appellent pour une entrevue comme témoin. Mais ils ne l’ont jamais fait. J’ai parlé avec un avocat du mouvement, Yianna Kurtovick, qui est membre du réseau pour la défense des prisonniers politiques et des migrants. Elle m’a conduite chez le juge d’instruction. J’ai été trouver le juge parce que la police ne m’a jamais appelée pour témoigner. Après mon témoignage, quelques jours plus tard, ils ont bouclé tout le quartier pour faire le rapport officiel et savoir si la balle avait frappé l’enfant directement ou si elle avait ricoché sur le sol. C’était l’histoire officielle : un flic avait tiré au sol et la balle avait rebondi et touché le gosse.

Le magistrat, le photographe et le secrétaire sont venus sur mon balcon pour prendre des photos. Le chef de la police secrète était en bas dans la rue. Je l’ai appelé, "Oh bonjour, vous m’avez abandonnée seul au coeur d’une émeute la dernière fois". Il a répondu : "je ne vous ai pas abandonnée, c’était vous qui étiez effrayée que les émeutiers nous brûlent vifs". Je lui ai alors dit de ne pas raconter de mensonges devant tous ces gens.

Je me souviens de m’être dit il y a quelques années que je vivais dans un camp militaire, avec tous ces flics autour d’Exarchia. Maintenant j’affirme que je vis dans une zone de guerre. Ce qu’il s’est passé en décembre, je n’avais jamais cru que cela pourrait arriver un jour. Malgré toutes les sensations d’occupation militaire provoquées par la police. Pour moi il y a toujours une limite, toujours une ligne finale, et quand la police dépasse cette ligne, il y a un changement qualitatif. Tout change. Chacun a compris qu’il y avait un certain horizon à la situation et qu’au-delà de ça tout était différent. Nous avons dépassé cet horizon. Et maintenant j’affirme que ce n’est plus un conflit, maintenant c’est la guerre.

En comparaison avec avant décembre dernier, tout est plus fort. L’assassinat d’Alexis a été la cerise sur le gâteau, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Maintenant il n’y a plus de tolérance pour la police. Le meurtre était si scandaleux, si loin au-delà des limites, que les gens ont réagi et continuent à réagir. Ils sont forts de la rage qui a été exprimée lors du meurtre. Il y avait bien d’autres problèmes que les violences policières, et ces problèmes sont toujours là, mais les gens n’acceptent pas plus ces autres problèmes, plus maintenant.

Ainsi j’irai au procès du policier qui a tué Alexis. Je m’inquiétais de comment je me sentirai envers l’avocat de la défense, parce qu’il défend une très mauvaise personne. Ensuite j’ai commencé à m’inquiéter du résultat du procès, parce que si le flic s’en tirait avec seulement deux ou trois ans de prison, je ne sais pas comment je réagirais. Comment réagir au verdict d’un tel procès ? Parce que beaucoup de choses terrifiantes se produisent, nous en entendons parler, nous les voyons aux infos, mais c’est très différent quand vous les voyez avec vos propres yeux. Ce ne sont pas juste des mots, c’est une vérité claire pour vous, il n’y a aucun doute à ce sujet, pas de distance par rapport à ça. C’est une vérité si absolue, cet assassinat, c’est comme si vous me voliez quelque chose devant mes yeux et me disiez ensuite que ça n’a jamais existé. Ce n’est pas quelque chose que vous avez entendu d’on ne sait où. Et j’ai très peur que, si ce flic est déclaré non coupable, ma réaction ne m’envoie en prison. Je pense tout le temps à cela et je me prépare à témoigner.

Traduit de l’anglais par Gachet, HNS-info

http://www.hns-info.net/spip.php?article20788


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« Opération Parabellum » Enquête sur un trafic d’armes aux sommets de l’État libyen

Luc Mampaey , Federico Santopinto-ITRI-Institut tunisien des Relations Internationales-02-12-09
jeudi 3 décembre 2009

Une affaire pénale a conduit le procureur anti-mafia de Pérouse (Italie) à révéler l’achat de 500 000 fusils d’assaut chinois et de leurs munitions par des négociants italiens à la demande de proches du colonel Kadhafi. L’importance de ce transfert d’armes et la qualité des responsables impliqués à Tripoli laissent à penser que la Libye entend armer discrètement des protagonistes au Proche-Orient ou en Afrique.

En mars 2006, le procureur anti-mafia du parquet de Pérouse (Italie), Dario Razzi, lançait l’Opération Parabellum », une enquête sur un vaste trafic d’armes destinées à la Libye par l’intermédiaire de courtiers italiens et chinois, via des sociétés off-shore. Le procureur Razzi enquêtait initialement sur une affaire de trafic de drogue.

Selon l’enquête du procureur Dario Razzi, de hauts responsables libyens voulaient acheter 500 000 fusils d’assaut chinois SMG T-56 7.62mm (une variante de la Kalachnikov AK-47) et 10 millions de munitions par le biais d’intermédiaires italiens et de leurs sociétés chypriotes et maltaises. La valeur de la transaction, qui, initialement, ne devait pas dépasser 40 millions de dollars, a été fixée par les intermédiaires italiens à 64 millions de dollars, compte tenu des commissions et du coût de la corruption des fonctionnaires libyens. Les médiateurs italiens avaient déjà fait parvenir aux Libyens six T-56 à titre de démonstration. Au moment de leur arrestation, ils étaient sur le point de sceller l’accord de vente pour l’ensemble de la transaction.

L’entreprise chinoise qui produit les T-56 est la China North Industries Corp., connue aussi sous le nom de Norinco. La médiation entre les courtiers italiens et Norinco était assurée par une société chinoise d’import-export, China Jing An, représentée par M. Luming. Selon le rapport d’enquête italien, la China Jing An était aussi en mesure de proposer à la vente d’anciennes armes de la FN Herstal.

La destination de ces grandes quantités d’armes n’est pas établie. Les quantités évoquées dépassent cependant largement la capacité d’absorption légitime de la Libye, un pays de 6 millions d’habitants et d’environ 120 000 hommes et femmes en armes (armée nationale et milices populaires). La justice italienne suspecte la Libye de vouloir réacheminer ces armes vers d’autres pays, et cite notamment la République démocratique du Congo, le Tchad, le Soudan et l’Irak. Les écoutes téléphoniques menées par les enquêteurs italiens révèlent en outre que les intermédiaires italiens étaient parfaitement conscients de ce que la Libye ne pouvait être la destination finale.

Les écoutes téléphoniques indiquent aussi que l’intérêt des commanditaires libyens ne se limitait pas à l’achat des fusils d’assaut chinois. Ils avaient au départ manifesté la volonté d’acquérir un million de Kalachnikov AK-47 russes. Les intermédiaires italiens sont apparus étonnés et embarrassés face à une telle demande. Le choix de se tourner dans un premier temps vers Norinco, en Chine, pour l’achat de 500 000 T56 aurait été dicté par des raisons de disponibilité et de rapidité.

La justice italienne n’aura évidemment à juger que des faits reprochés aux présumés trafiquants italiens : participation à une transaction d’armes sans être inscrits au registre national des entreprises autorisées à acheter et à vendre des armes, ne pas avoir informé le ministère de la transaction en question, être dépourvus des autorisations nécessaires, corruption de fonctionnaires libyens. En effet, bien que les prévenus aient opéré via des sociétés off-shore établies à Malte et à Chypre, la justice estime que l’essentiel de leur activité s’est exercée sur le territoire italien.

Le rôle des intermédiaires italiens
Le 12 février 2007, la justice italienne a procédé à l’arrestation de quatre présumés trafiquants italiens : Ermete Moretti, Gianluca Squarzolo, Massimo Bettinotti et Serafino Rossi. La cinquième personne, Vittorio Dordi résidait en République démocratique du Congo au moment des arrestations. Il a entretemps été extradé vers l’Italie et placé en résidence surveillée dans la province de Piacenza, dans le nord de l’Italie.

Squarzolo était sous contrôle téléphonique depuis 2005, dans le cadre d’une enquête sur un trafic de drogue dans la province de Terni. Il est apparu que Squarzolo, que la justice italienne considère comme un petit trafiquant, était en contact avec Moretti. L’enquête s’est ainsi étendue à ce dernier, propriétaire d’au moins deux sociétés dont il est l’unique administrateur : Middle East Export srl à Milan, et Middle East Engineering ltd basée à Malte.

L’enquête indique que Moretti était en contact avec les milieux militaires libyens, et notamment avec le colonel Tafferdin Mansur. C’est au cours d’un appel téléphonique à Moretti, le 8 mars 2006, que le colonel libyen Mansur fait part à son interlocuteur de sa volonté d’acheter une grande quantité de fusils d’assauts de type Kalachnikov. Moretti s’est saisi de l’affaire et aurait envoyé, en mars 2006, Squarzolo en Libye pour y rencontrer le colonel Mansur afin « d’acheter du ciment », selon les conversations téléphoniques interceptées. Au cours d’une fouille à son retour à l’aéroport de Fiumicino (Rome), les douaniers ont saisi dans les bagages de Squarzolo des catalogues d’armes.

Le rôle de Bettinotti, également en contact avec Moretti, aurait été d’identifier les armes qui correspondaient le mieux aux exigences des Libyens. Bettinotti est un expert en armes et directeur général de Military Industrial Representatives (MIR), basée à La Spezia, en Ligurie, mais qui dispose aussi d’un siège à Malte. Bettinotti serait en outre étroitement lié aux entreprises de Moretti. Quant à Rossi, présenté comme un expert en armes légères, il aurait été au courant des négociations et assistait Bettinotti.

C’est cependant Vittorio Dordi qui semble jouer un rôle clé dans l’affaire. Il ressort des interceptions téléphoniques que Dordi, qui entretenait des liens directs avec les autorités libyennes, s’est rendu plusieurs fois à Tripoli pour discuter de ventes d’armes, dont le million de Kalachnikov et ensuite les T-56 chinois.

Vittorio Dordi, très bien introduit auprès des milieux militaires russes, est le directeur général de Gold Rock Trading Ltd, une société basée à Chypre, mais possédant un bureau à Pontetaro (province de Parme en Italie) et spécialisée dans la vente d’armes de tout type. La Gold Rock serait en outre en partenariat avec la société géorgienne Tam (Tbilisi Aviation Manufacturing), qui produit les Sukhoi 25, et la société russe MI-Helicopters basée à Kazan. Ces trois sociétés ont créé en 2002 une nouvelle société nommée Aerosonic Ltd.

Mais ce sont surtout les relations congolaises de Dordi qui préoccupent les enquêteurs. Selon nos sources, Vittorio Dordi bénéficiait d’amitiés au plus haut niveau à Kinshasa, et aurait d’ailleurs été en possession d’un passeport diplomatique congolais. Selon le compte-rendu des interceptions téléphoniques figurant dans le rapport d’enquête, au moment de quitter le Congo pour rentrer en Italie, un émissaire de la présidence congolaise lui aurait signifié la volonté du président de lui parler personnellement et immédiatement, l’obligeant à retarder son voyage.

Selon l’enquête, Moretti et Bettinotti entretenaient de longue date d’excellents contacts avec les autorités libyennes et n’avaient donc, a priori, pas réellement besoin de Dordi pour conclure la transaction entre la Chine et la Libye. Il n’est dès lors pas à exclure que le rôle de Dordi puisse être plutôt lié aux filières supposées de réacheminement de ces armes après livraison à la Libye, notamment vers des groupes indéterminés en République démocratique du Congo.

Les contacts du GRIP auprès du panel d’experts attaché au comité des sanctions du Conseil de Sécurité des Nations unies, chargé de contrôler l’application des restrictions internationales en matière de vente d’armes en République démocratique du Congo, confirment que ceux-ci s’intéressent de très près à cette affaire, et en particulier au rôle de Vittorio Dordi.

Les autorités libyennes impliquées
Parmi les autorités libyennes suspectées figure le colonel Tafferdin Mansur, haut fonctionnaire du ministère de la Défense. Mansur était le principal contact des présumés trafiquants italiens qui, selon l’enquête, lui auraient régulièrement versé des pots-de-vin. Il est identifié dans l’enquête comme l’acheteur. Il devait en outre organiser le séjour des présumés trafiquants italiens qui se rendaient à Tripoli. Les actes de l’enquête démontrent toutefois que les intermédiaires italiens se rendant à Tripoli étaient toujours accueillis à l’aéroport par des militaires afin de faciliter le passage des contrôles.

Des suspicions pèsent aussi sur le chef d’état-major libyen, Abdulahim Ali al Sied, responsable du bureau des achats du ministère de la Défense de Tripoli. À la demande de Mansur, Sied aurait signé le certificat d’utilisation finale que l’entreprise chinoise Norinco avait demandé avant d’envoyer les six premiers T-56 à des fins d’évaluation.

Parmi les autres autorités libyennes impliquées figurent l’ingénieur Usama Ahnish et un certain Mahmmud, dont le nom de famille est inconnu, apparemment eux-aussi fonctionnaires du ministère libyen de la Défense. Usama Ahnish serait venu en Italie pour présenter l’offre à Moretti, mais aussi se faire rémunérer pour son rôle et les informations fournies. L’enquête a aussi identifié un Libyen du nom de Mohamed el Masdub, titulaire d’un compte auprès de la Banca Popolare di Vicenza sur lequel Moretti aurait versé 50 000 euros depuis sa société de Malte, Middle East Engineering. Il est probable qu’il s’agisse de pots-de-vin destinés à Mansur et Usama. De nombreux autres pots-de-vins auraient ensuite été payés selon le même mode opératoire.

Selon nos sources proches de l’enquête, la principale entreprise publique libyenne, ENG Holding, qui contrôle directement ou indirectement l’essentiel de l’économie du pays, serait aussi impliquée dans l’affaire. ENG Holding est dirigée par un gendre de Kadhafi, Khaled El-Khweldi El-Hamedi, fils d’un membre important du Conseil du commandement de la révolution. L’enquête fait apparaître qu’ENG Holding était au courant de la transaction d’armes avec la Chine.

Khaled El-Khweldi El-Hamedi est aussi à la tête de l’IOPCR, International Organisation for Peace, Care and Relief, la plus grande ONG libyenne dont la vocation officielle est de promouvoir la paix et l’aide humanitaire. ENG Holding et IOPCR sont établies à la même adresse et partagent les mêmes numéros de télécopie et de téléphone. C’est sur leur télécopieur (+218 21 47 80777) que Bettinotti a transmis le bordereau de livraison relatif aux six fusils d’assaut T-56 envoyés à Tripoli afin d’être évalués.


Conclusion

Moretti et Bettinotti ont reconnu leur culpabilité et négocié une peine de quatre années de prison avec la justice italienne. Le procès des autres prévenus italiens est prévu pour le début du mois de décembre 2009. Il mérite un suivi attentif, et promet d’être fort instructif quant aux mécanismes des trafics d’armes qui multiplient courtiers, intermédiaires et sociétés écrans off-shore.

Il conviendrait de rester très attentif aux implications et complicités des personnalités libyennes citées dans le dossier. Leur rang et proximité avec le pouvoir indiquent que cette affaire ne pourrait être ramenée à une banale affaire de corruption de fonctionnaires, à l’insu du « Guide suprême de la révolution » ou de son entourage immédiat.

Luc Mampaey

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la paix et la Sécurité (GRIP) depuis 1994. Ancien sous-officier des forces armées belges, il est docteur en sciences économiques (Université de Versailles Saint-Quentin), ingénieur commercial (HEC Saint-Louis), et titulaire d’un DES en gestion de l’environnement (ULB/IGEAT).

Federico Santopinto

Chercheur au Groupe de Recherche et d’Information sur la paix et la Sécurité (GRIP). Dernier ouvrage publié : Le développement, une arme pour la paix : Les stratégies de la coopération européenne face aux conflits armés africains.

http://issikta.blogspot.com/2009/12/enquete-sur-un-trafic-darmes-aux.html

 

Rudy Demotte, Ecolo, et le choix des armes

11/06/2009 15:39

Le n°1 wallon a attendu le lendemain des élections pour dire oui à la vente de fusils d'assaut au colonel Kadhafi. Il étouffe ainsi le feu de la polémique. Pour preuve: ce n'est que ce jeudi qu'Ecolo a réagi par voie de communiqué.

Fallait-il vendre des armes à Libye? Bien sûr, l'Union européenne a levé l'embargo militaire, en octobre 2004, après que le colonel Kadhafi eut accepté le démantèlement de tous ses programmes secrets d'armement.

A 62 ans, le dirigeant libyen bénéficie d'un retour en grâce auprès des puissances occidentales. Il plante sa tente en face de l'Elysée. Son ministre des Affaires étrangères est même reçu à la Maison Blanche. Et son pays s'est vu élire au Conseil de sécurité de l'ONU, alors que ce dernier lui avait infligé le statut de paria pendant plus de dix ans à cause de ses liens avec le terrorisme.

Belga

Sur le plan intérieur, toutefois, son bilan reste déplorable en matière de droits de l'homme. Selon Amnesty, le "guide de la révolution libyenne" ne tolère toujours aucune contestation de la part de ses compatriotes sous peine de les torturer. Par ailleurs, Luc Mampaey du Grip (Groupe de recherche et d'information sur la paix) rappelle que, depuis 2006, le parquet de Pérouse, en Italie, enquête sur une contrebande de 500.000 fusils d'assaut chinois entre de hauts gradés de l'armée libyenne et des intermédiaires italiens liés à la mafia. Des rapports d'enquête de l'ONU ont également dénoncé des transferts d'armes par la Libye vers le Darfour en guerre.

http://levif.rnews.be/actualite/belgique/72-56-34827/rudy-demotte--ecolo--et-le-choix-des-armes.html#





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11/12/2009

Afghanistan - Bombardement de civils à Kunduz: quel rôle a joué le KSK ? Kunduz Air strike

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La frappe aérienne du 4 septembre qui, selon l'Otan, aurait fait jusqu'à 142 morts, dont de nombreux civils, avait été ordonnée par un commandant allemand à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, après le vol par les talibans de deux camions-citernes remplis d'essence.

M. zu Guttenberg a indiqué que l'Allemagne accorderait des dédommagements aux familles des victimes du bombardement.

Il est "important, particulièrement en raison des événements de Kunduz de nouer le contact avec la population civile" pour "trouver des solutions adaptées à la culture locale". "Il est clair que nous devons trouver une solution (...) qui aide les gens sur place", a-t-il insisté, reconnaissant qu'"on ne pourra jamais réparer" la "souffrance terrible" causée par ce raid.

La presse allemande avait révélé jeudi que plusieurs officiers de la KSK (une unité d'élite) avaient pris par à la préparation et à la mise en oeuvre de l'attaque.

"La question de savoir si et comment des unités d'élites (de l'armée, KSK) ont participé (à l'attaque) fait partie des points sur lesquels la commission d'enquête (parlementaire) travaille", a dit le ministre.

"Je dois savoir ce qui c'est passé" et "quand on en saura plus alors l'opinion publique devra être tenue au courant", a déclaré M. zu Guttenberg, qui a succédé fin octobre au poste de ministre de la Défense à Franz Josef Jung.

Des révélations de la presse allemande sur l'étouffement par le ministère de la Défense d'une enquête interne sur le bombardement aérien avaient entraîné fin novembre la démission de M. Jung, alors au poste de ministre du Travail, ainsi que du chef d'état-major, le général Wolfgang Schneiderhan, et d'un secrétaire d'Etat à la Défense, Peter Wichert.

A la question de savoir s'il avait des reproches à se faire, M. zu Guttenberg a répondu par l'affirmatif sur un point: Celui d'avoir qualifié le raid d'approprié dans un premier temps avant d'avoir corrigé publiquement ses propos par la suite.

"Quand on fait une mauvaise estimation alors on doit la corriger publiquement", a-t-il dit, soulignant que cette estimation avait été prise à l'époque sur la base des éléments qui lui avaient été fournis.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hfk6Vzpjs2Z66Rum3xPshloQsQDw

 

Photo: DPA

Berlin re-evaluates deadly Kunduz air strike

Published: 30 Nov 09 12:16 CET
Online: http://www.thelocal.de/national/20091130-23615.html

German Defence Minister Karl-Theodor zu Guttenberg on Monday said Berlin would re-evaluate a controversial NATO air strike in Afghanistan that left scores of civilians dead and led to the resignation of his predecessor.

Guttenberg told the the newspaper Bild that he would not hesitate to change his previous assessment of the September 4 bombardment near the northern Afghan city of Kunduz should it be warranted by newly available information.

“It’s clear that mistakes were made at the scene, both before and after the air strike,” Guttenberg said. “It will be determined by the current inquiry if the now available documents put these mistakes in a different light.”

Former Defence Minister Franz Josef Jung and Bundeswehr Chief of Staff Gen. Wolfgang Schneiderhan resigned last week amid revelations the Defence Ministry had withheld information about the air strike called by Col. Georg Klein to destroy two fuel trucks hijacked by the Taliban.

Jung, who had since taken up the labour portfolio in Chancellor Angela Merkel’s cabinet, initially defended the air strike as militarily necessary and was slow to acknowledge it had killed scores of civilians. Guttenberg also defended Klein’s actions in early November, leaving him open to criticism from the opposition that he either did so before having all the facts or was also being willingly deceptive to protect Jung.

The Cologne-based daily Stadt-Anzeiger reported on Monday that defence policy officials at the Chancellery had determined the bombardment was not militarily necessary even before Germany’s September 27 general election. Citing high-ranking government sources, the paper said it was clear long before Guttenberg became defence minister that Klein could face legal proceedings for his actions.

The opposition in parliament is now preparing to open an official inquiry into the matter.

A Defence Ministry official told the Stadt-Anzeiger that Klein considered his current situation “extremely horrific” and that the government’s goal was to keep him away from the public as much as possible.

The colonel, who decided to call in the air strike rather than attempt to retake the fuel trucks with other means, entered a therapeutic Kur treatment in mid-November, according the newspaper.

The Local (news@thelocal.de)

 

Photo: DPA

KSK special forces involved in Kunduz strike

Published: 10 Dec 09 11:39 CET
Online: http://www.thelocal.de/national/20091210-23857.html

Members of the German military’s elite KSK special forces played a key role in a NATO air strike in Afghanistan that killed scores of civilians, daily Bild reported on Thursday.

Citing Bundeswehr sources, the paper said Col. Georg Klein was in charge of the secret Task Force 47 the night he ordered the attack near the northern Afghan city of Kunduz on September 4. The special ops unit reportedly has its own command structure at the nearby German base and KSK soldiers make up about half of its ranks. Their duties include hunting Taliban and terrorists in the region.

Bild said that according to NATO’s rules of engagement, Klein only would have been able to call in the deadly air strike as the commander of TF47. A KSK officer from the unit telephoned with an Afghan informant around seven times the night of the attack on two fuel trucks hijacked by the Taliban. The informant identified four Taliban leaders at the scene.

The paper said members of Germany’s parliamentary defence committee were first informed of the existence of TF47 on November 6, the same day that Defence Minister Karl-Theodor zu Guttenberg said the air strike had been “militarily appropriate.” He has since admitted the attack was a mistake due to the high number of civilian casualties.

Following the resignations last month of the Bundeswehr's chief of staff and his predecessor at the Defence Ministry, Franz Josef Jung, Guttenberg vowed a thorough investigation into accusations German defence officials withheld information about the air strike.

But new revelations are putting Guttenberg under increasing political pressure for his initial assessment of the incident.

Weekly magazine Stern said on Wednesday that the minister had access early on to report by the International Red Cross that deemed the bombardment contrary to international law and responsible for the deaths of at least 74 civilians.

The Red Cross also said it was “unlikely” that the fuel trucks ever could have been converted into rolling bombs to attack German troops in Afghanistan and there was no “imminent threat” for the German base near Kunduz.

Greens MP and parliamentary defence committee member Omid Nouripour told daily Berliner Zeitung on Thursday he was concerned the German government might have attempted to influence the findings of NATO’s investigation into the incident.

“Was there political influence from the German side in order to massage the report? The NATO report is still clear enough to determine the attack was not appropriate,” Nouripour told the paper. “Guttenberg should have noticed that then.”

A parliamentary inquiry looking into the matter will take up its work next week.

DDP/The Local (news@thelocal.de)

 

 

http://www.bild.de/BILD/news/bild-english/world-news/2009/12/10/kunduz-air-strike-new-details/german-ksk-special-forces-involved-in-bombing.html

 

 

déja vu sur Probe:

Où en est l' enquête sur la mort de Sultan Munadi - Probe into reporter's death

http://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2009/10/16/ou-en-est-l-enquete-sur-la-mort-de-sultan-munadi-probe-into.html

 

Sultan M. Munadi, journaliste au New York Times à Kabul, enquêtait sur le bombardement de Kunduz.

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http://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/09/sultan-m-munadi-journaliste-au-new-york-times-a-kabul-enquet.html

 

 

Bombardement OTAN à Kubduz - OTAN Air strike - Toujours autant de zones d'ombres...

kunduz2.jpg

http://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2009/09/05/polemiques-sur-le-bombardement-otan-a-kubduz-otan-air-strike.html

 

 

21:48 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Godspeed You Black Emperor "Rockets Fall on Rocket Falls"

 

GODSPEED YOU BLACK EMPEROR! "SLOW RIOT FOR ZERO KANADA E.P."

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Tracklisting
DISC 1
1.   Miccia
2.   Benzina
3.   Sabbia + Sapone

19:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/12/2009

Appel du forum anarchiste à manifester devant les ambassades et consulats grecs samedi 12 décembre

Jeudi 10 décembre 2009 4 10 12 2009 14:58
Appel à rassemblements

Suite à l’appel à la solidarité internationale lancé par les camarades grec-que-s qui subissent actuellement une répression violente, des anarchistes, des libertaires et des personnes simplement attachées au principe de liberté et de justice, appellent à
un rassemblement ce samedi 12 décembre à 14 heures devant les Ambassades et Consulats grecs de France et de Belgique dont les adresses suivent :
Ambassade de Grèce en France
Ambassadeur S.E. M. Constantin Chalastanis
17 rue Auguste Vacquerie, 75116 Paris
Ambassade de Grèce en Belgique
Ambassadeur M. Georgios Papadopoulos
10 rue des Petits Carmes, 1000 Bruxelles
<ambagre@skynet.be> tél. 02/545.55.00 - fax 02/545 55 85

Consulat Général de Grèce à Marseille
Consul Général M. Antoine Alexandridès
38 rue Grignan, 13001 Marseille
<cons.g.gr.mars@wanadoo.fr> tél. 04 91 33 08 69 - fax 04 91 54 08 31
Service maritime
Consul maritime Capitaine de Vaisseau M. Michaïl Loukopoulos
29 Grande-rue, 13002 Marseille
tél. 04 91 90 33 97 - fax 04 91 90 48 42
Délégation Permanente de la Grèce auprès du Conseil de l’Europe
21 place Broglie, 67000 Strasbourg
tél. 03 88 32 88 18 - Siège du Conseil 03 88 41 20 00 - Bureau de presse 03 88 32 47 33 - fax 03 88 75 53 30

21 Place de Broglie
67000 Strasbourg


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Consulats Honoraires :
Ajaccio : 6 quai Napoléon, 20000 Ajaccio
tél. 04 95 21 91 37 - fax 04 95 26 43 60

Bordeaux : 95 rue Ducau, 33000 Bordeaux
tél. 05 57 87 04 75 - fax 05 56 79 22 29

Calais : 26 rue d’Ostende, BP 450, 62225 Calais
tél. 03 21 97 27 00 - fax 03 21 97 41 59

Cherbourg : 104 rue E. Liais, BP 629, 50106 Cherbourg Cedex
tél. 02 33 10 02 02 - fax 02 33 10 02 03

Dunkerque : 1 rue l’Hermitte, 59140 Dunkerque
tél. 03 28 66 70 48 - fax 03 28 63 42 26

Grenoble : 9 rue de la Liberté, 38000 Grenoble
tél. 04 76 47 39 23 - fax 04 76 47 37 76

Le Havre : BP 402, 76057 Le Havre Cedex
tél. 02 35 46 28 92 - 02 35 46 24 04 - fax 02 35 46 73 16

Lille : 21 rue Jules-Ferry, 59370 Mons-en-Barœul
<consulatgrecelille@yahoo.fr> tél. 03 20 33 46 25 - fax 03 20 33 28 92
Lyon : 7 rue Barrème, 69006 Lyon
tél. 04 78 89 46 69 - fax 04 78 93 37 17

Nantes : 30 passage Pommeraye, porte B, 44000 Nantes
tél. 02 40 98 20 41 - fax 02 40 98 20 41

Nice : 2 avenue Desambrois, 06000 Nice
tél. 04 93 85 41 40 - 04 93 37 85 69 - fax 06 61 17 68 43

Rouen : 22 rue Mustel, BP 4013, 76021 Rouen Cedex
tél. 02 32 10 28 28 - fax 02 32 10 28 29

saintÉtienne : 15 rue de la Paix, 42000 saintÉtienne
tél. 04 77 32 41 66 - fax 04 77 41 47 17

Strasbourg : 49 avenue des Vosges, 67000 Strasbourg
tél. 03 88 35 40 24

49 Avenue des Vosges
67000 Strasbourg


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Tramway : Parc du Contades

Nous exigeons la libération immédiate des centaines de personnes arrêtées par la police grecque.

Nous réaffirmons notre solidarité pleine et entière envers leur combat contre l’État.

Vive la lutte du peuple grec pour son émancipation !

Consulat Général de Grèce au Québec
1002 Sherbrooke O, Montreal, QC - (514) 875-2119

Forum anarchiste, 9 décembre 2009.

19:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Il n'y a que les amis qui trahissent ! Jean-Hugues Bourgeois a présenté Julien Coupat comme "le leader charismatique et virulent du groupe"

L'ancien témoin sous X qui accuse Coupat dément des pressions policières

 

Nouveau rebondissement dans l'affaire de Tarnac. La dernière version du témoignage de Jean-Hugues Bourgeois, un chevrier qui a été en contact avec des personnes poursuivies dans l'affaire des sabotages de lignes TGV en novembre 2008, pourrait nourrir les éléments à charge contre Julien Coupat. Lors d'une nouvelle audition, l'homme affirme en effet ne pas subi de pression de la part de la Sous-Direction antiterroriste (Sdat) lorsqu'il a déclaré en novembre 2008 que Coupat "faisait peu de cas de la vie humaine".

Les avocats du jeune homme avaient fait état, le 25 novembre, de "présomptions très sérieuses de falsification" par les enquêteurs et dénoncé un "florilège de manipulations", parmi lesquelles ils avaient cité un témoignage sous X recueilli le 14 novembre 2008 et qui s'est avéré être celui de Jean-Hugues Bourgeois. Ce dernier, par ailleurs mis en examen pour s'être adressé à lui-même de prétendues lettres de menaces de mort, leur répond aujourd'hui qu'il n'y a pas eu de pression "de la part" des policiers. Il assure en revanche avoir subi "depuis un an de nombreuses pressions, entre autres des chantages de la presse". Selon lui, "dans ce dossier, depuis le début, peu de gens s'intéressent à la vérité : on a d'abord dépeint le témoin anonyme (lui-même, ndlr) comme un fou mythomane. Aujourd'hui, on cherche à en faire une victime de tortures policières", explique-t-il dans le procès-verbal de l'audition.

Problème, cette version contredit ses propres déclarations tenues un an après le début de l'affaire devant une caméra de TF1, le 11 novembre 2009. L'homme, alors identifié comme le témoin numéro 42 (mais dont l'identité s'est révélée être celle de Jean-Hugues Bourgeois), filmé flouté, sous l'objectif d'une caméra cachée, déclare n'avoir eu "aucune idée du témoignage anonyme", recueilli le 14 novembre 2008 par les policiers de la Sdat. L'un des fonctionnaires lui aurait expliqué qu'il y avait "tout un tas d'infos, d'interceptions de mails" qui n'étaient "pas exploitables dans une procédure judiciaire", et qu'ils avaient "besoin d'une signature". Les policiers auraient donc ajouté des éléments, extraits de leurs dossiers, dans la déposition du témoin.

L'enjeu est de taille puisque les affirmations initiales de l'agriculteur constituent l'un des éléments à charge retenus contre le groupe de Tarnac et son leader supposé Julien Coupat. L'homme, âgé de 30 ans, a notamment expliqué fin 2008 que Julien Coupat faisait "peu de cas de la vie humaine". Il a donc été réentendu le 26 novembre sous sa véritable identité par un des juges en charge de l'enquête. "Je ne veux plus jouer le moindre rôle dans l'affaire dite de Tarnac et je tiens à ce que mon identité figure au dossier afin que mon anonymat ne puisse plus faire l'objet d'un quelconque chantage", a expliqué Jean-Hugues Bourgeois, selon le procès-verbal.

Motifs de la dénonciation

La version des policiers de la Sdat est soutenue par les dires d'un autre témoin entendu par les magistrats le 4 décembre dernier. Un gendarme du Puy-de-Dôme affirme avoir été contacté dès le 11 novembre 2008, jour de l'interpellation des membres du groupe, par Jean-Hugues Bourgeois qui assurait "avoir des révélations à (lui) faire". Les deux hommes se sont vus, selon le gendarme, le 11 novembre en fin de journée. Jean-Hugues Bourgeois, qui indique au gendarme "être en relation agricole avec les gens de Tarnac", lui explique alors qu'il souhaite lui parler "pour ne pas voir débarquer un jour la police antiterroriste chez lui".

"En aucun cas, Jean-Hugues Bourgeois ne m'a parlé des dégradations sur les TGV", a précisé le gendarme, selon une copie du procès-verbal d'audition. Mais, selon lui, le témoin a présenté Julien Coupat comme "le leader charismatique et virulent du groupe". "Alors que je lui demandais en quoi ces gens étaient intéressants et dangereux comme il le disait, il m'a expliqué qu'au cours d'une discussion politique avec eux, sans me préciser exactement avec qui, ils lui avaient dit que le combat politique était plus important que la vie humaine", a assuré le gendarme. Jean-Hugues Bourgeois "voulait les dénoncer absolument parce que lui-même avait failli être capté par cette communauté et que de bons copains à lui avaient été interpellés par la police en suivant les idées de ce groupe".

Le gendarme raconte qu'il a alors mis en relation Jean-Hugues Bourgeois avec les enquêteurs. "En aucun cas", a-t-il souligné, "Bourgeois n'a été forcé de déposer, je n'ai jamais entendu une quelconque menace" de la part des enquêteurs de la Sdat et "Bourgeois était d'ailleurs libre de partir à tout moment s'il le souhaitait".

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2009-12-09/affaire-de-tarnac-l-ancien-temoin-sous-x-qui-accuse-coupat-dement-des-pressions/920/0/403223

 

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18:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Tarnac: Le Monde, TF1 et RMC, les médias de la nouvelle avant-garde révolutionnaire ?

Tarnac t'arnaque ?

Ces dernières semaines, les inculpés de Tarnac se sont exprimés publiquement, par différents moyens, mais pas une seule fois via des médias indépendants (ni Indymedia ou autres sites d'infos indépendants, ni radios associatives ou revues politiques). Sûrement une "stratégie" pour renforcer leur image de bons citoyens, étudiants brillants et braves innocents...

Dernièrement, donc, deux textes écrits par des inculpés de Tarnac ont été publiés dans le Monde, dont l'un a été écrit par l'ensemble des inculpés (pour expliquer leur désormais non-respect du contrôle judiciaire).
Il n'est pas question ici de dire que ceux qui écrivent dans les médias bourgeois sont des traîtres, etc. Il peut y avoir un intérêt "stratégique", dans le but de toucher plus de gens, et effectivement de paraître "importants" ou au moins "respectables" (ces raisons sont bien sûr très critiquables). Ce qui étonne, encore plus que le recours aux médias bourgeois, c'est le côté "exclusif" qui leur est laissé: pourquoi les inculpés ne s'expriment-ils pas sur ce genre de médias / Indymedia, etc. ?

Mais ce n'est pas tout, puisque que Mathieu, l'un des inculpés, continue de donner des entretiens avec TF1... oui, TF1 (bon, faut regarder le JT pour le savoir, c'est pour ça que je me permets de le signaler ici, au cas où ce serait passé inaperçu). Pour râler sur les injustices de la Justice, c'est vrai que TF1, c'est un bon endroit: la Justice de classe, ils savent ce que c'est, il n'y a qu'à voir le traitement médiatique de classe qu'ils donnent d'à peu près tous les sujets qu'ils traitent.

Enfin, mercredi 9 décembre, le même Mathieu, accompagné de Benjamin (celui qui parlait dans Libé l'an passé), étaient les invités des "Grandes Gueules" sur la radio RMC, une des pires émissions réactionnaires de la bande FM ! Ha, stratégie, stratégie, quand tu nous tiens (avec ce mot, tout est permis, rien ne se critique):
http://podcast.rmc.fr/channel49/20091209_invitegg_0.mp3
http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2009.....

Le résultat fait pitié à entendre.

Mais bon, après avoir laissé la famille organiser des conférences de presse avec la Gauche verte et socialiste (il y a presque un an), après avoir laissé récemment ses avocats parler aux médias en compagnie de Vallini, Hollande et Mamère (Parti socialiste et Verts), on peut bien dialoguer tranquillement avec les journaleux les plus médiatiques de RMC et de TF1, non ?

A quand un petit bouquin intitulé "La réinsertion qui vient" (ou "L'intégration qui vient") ?

http://nantes.indymedia.org/article/19017

author par robertpublication date jeudi 10 décembre 2009 - 06:32Notifier cet article/commentaire aux moderateur-ice-s

C'est drôle... heureusement que quelques combattants de la guerre de classe regardent TF1 et écoutent RMC pour nous tenir au courant de ces infamies!!! Merci vraiment de ta vigilance. Mouarf!

 

 

07:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/12/2009

Enfumés ! + Travailler à en mourrir - Paul MOREIRA

Si vous vous demandez pourquoi depuis dix ans on nous rebat les oreilles du réchauffement climatique sans que rien ne semble avoir été fait pour l’enrayer, regardez l’enquête que j’ai produit pour France 4 et qui passe le 9 décembre à 22h10 (rediffusion Samedi et Dimanche).

On y découvre comment un lobby efficace et discret, américain dans sa grande majorité, a freiné de toutes ses forces. A sa tête, on trouve certaines des entreprises les plus rentables et les plus puissantes de notre planète.

Le pétrolier Exxon Mobil, par exemple.

40,6 milliards de dollars de profits en 2008. Une force de frappe inégalée. Exxon doit défendre ses intérêts. Si demain des mesures globales et coordonnées visant à réduire l’effet de serre venaient à être prises, elles entraîneraient une baisse inévitable de la consommation en essence. Donc, une chute mécanique des profits et du taux de l’action boursière.

Pour éviter cela, le pétrolier, allié aux industries automobiles et charbonnières, a financé une extraordinaire machine de guerre visant à nier l’urgence climatique. Ces hommes d’influence ont pesé sur le débat aux USA mais aussi en Grande-Bretagne, et dans les institutions européennes, à Bruxelles. A Washington, on les appelle « The Carbon Club », le Club du Carbone…

Et le président Bush a été leur meilleur allié jusqu’à la victoire de Barak Obama qui viendra à changer le sens de l’histoire.

A Washington, pendant la présidence Bush des dizaines de think tanks, des groupes d’influences, ont imposé le point de vue du lobby négationniste.

Face au consensus de milliers de scientifiques quant à l’urgence climatique, ils mettent en avant les travaux d’une poignée de chercheurs marginaux qui affirment que le rythme de modification du climat est trop lent pour que cela nous inquiète et que l’activité humaine n’en est pas responsable. Ce qui pourrait constituer l’objet d’un débat scientifique normal. Sauf lorsqu’on découvre que, systématiquement, les climatologues « dissidents » sont financés par les industries liées aux carburants fossiles.

C’est le cas de Patrick Michaels, climatologue au Cato Institute. Celui-ci déclare par exemple qu’on pourra toujours « augmenter la climatisation » dans les régions où il fera vraiment trop chaud et que la protection de l’environnement requiert une « certaine opulence ».

En 1997, à Kyoto, Al Gore avait prévenu, la bataille serait rude. Il connaissait la puissance du lobby du Carbone. Alors que pour la première fois, 160 nations se réunissaient pour réduire leurs émissions en CO2. Le vice-président Al Gore était venu dire qu’il était prés à engager les Etats Unis sur la même voie. A la tribune, il laisse entendre très clairement qu’il va devoir se battre.

« Dans mon pays nous nous souvenons des industriels du tabac qui nous expliquaient que fumer n’était pas mauvais pour la santé. A ceux qui vont chercher à faire obstruction à notre démarche nous disons : nous ne vous laisserons pas mettre des intérêts privés étroits au dessus ceux de toute l’espèce humaine… »

Pour combattre les engagements de Kyoto, en 1998, ExxonMobil suscite la création d’un petit groupe d’influence, le GCST (Global Climate Science Team). Ce groupe formulera explicitement ses objectifs dans un mémo confidentiel où l’on peut lire:

« La victoire sera obtenue quand le citoyen moyen aura compris que la science du climat est très incertaine »

La machine mise en place aura recours à des méthodes de désinformation très semblables à celles utilisées dans les années 50 par l’industrie du tabac. Suite à ce mémo, et pendant six ans, Exxon Mobil versera des dizaines de millions de dollars à divers instituts, lobbies et groupes de recherches.

Seth Shulman, qui révèle ces chiffres dans un rapport commandé en janvier 2007 par un groupe de chercheurs indépendants, l’Union of Concerned Scientists, appellera ce système « la fabrication de l’incertitude ».

En 2000, le Carbon Club marque un point avec l’arrivée au pouvoir de Georges W. Bush. Celui ci vient de l’industrie pétrolière, tout comme son numéro deux, Dick Cheney, et sa conseillère pour la sécurité nationale, Condoleeza Rice.

Le protocole de Kyoto, déjà malmené par les parlementaires américains, est définitivement enterré. Bush s’en expliquera face à son challenger John Kerry, lors de la campagne pour les élections présidentielles de 2004.

« -Le traité de Kyoto ? ça aurait coûté beaucoup d’emplois à l’Amérique. C’est un de ces deals qui visent à vous rendre populaire dans les cours d’Europe, alors vous signez un traité. Mais je pense que ça va nous coûter trop cher… Je pense qu’il y a une meilleure manière de faire les choses (…). Je pense vraiment que pour ne pas perdre le confort de vie auquel nous sommes habitués et aussi pour protéger l’environnement, il faut mettre de l’argent dans les nouvelles technologies.

John Kerry : - Nous avons tourné le dos à 10 ans de travail de 160 nations. Et on se demande pourquoi dans certains coins de la planète, on nous déteste ?!... Il nous suffit de dire : He, je suis pas d’accord avec vous, salut… »

Le plus agressif des Think Tanks négationnistes financés par Exxon Mobil est le Competitive Enterprise Institute de Washington. Tout au long de la première moitié de la décennie il attaque à chaque occasion ceux qu’il appelle les « alarmistes » et les « théoriciens de l’apocalypse ». Nous rencontrons la figure la plus éminente du CEI : Myron Ebell. Un personnage étonnant, un intellectuel aux fines lunettes de métal, et un Texan, fanatique de l’ultra-libéralisme, toujours des bottes de cow-boy aux pieds. Il a produit un spot publicitaire télévisé réhabilitant le gaz carbonique : « Ils appellent ça la pollution. Nous, nous appelons ça la vie ! »

L’administration Bush a aussi recours à l’intimidation contre les scientifiques en désaccord avec la ligne pétrolière. Fin 2006, l’Union of Concerned Scientists effectue un sondage inédit auprès de 1600 chercheurs travaillant pour le gouvernement. Il pose la question suivante : « Diriez-vous avoir fait l’objet d’interférences gouvernementales dans votre recherche ? » Seulement 279 personnes interrogées accepteront de s’exprimer publiquement sur le sujet. Plus de la moitié d’entre eux, 150 chercheurs, répondent par l’affirmative.

Les pressions évidentes sur la communauté scientifique commencent à intéresser le grand public. Fin janvier 2007, le congressman Henry Waxman, organise des audiences sur le sujet au Congrès américain. Nous avons pu les filmer. Lors de la séance d’ouverture, Waxman dit : « Il existe des preuves que des membres importants de l’administration Bush ont cherché, de manière récurrente, à tromper le public en introduisant du doute dans la science du réchauffement planétaire ».

On va aussi découvrir que l’industrie pétrolière avait réussi à placer un de ses agents dans un organisme étatique théoriquement consacré à la protection de l’environnement et du climat. Entre 2002 et 2005, un haut fonctionnaire inconnu du grand public, un certain Philip Cooney, chef du Conseil sur la Qualité de l’Environnement à la Maison-Blanche, modifiait systématiquement chaque rapport scientifique qui lui passait sous la main dans le but d’y introduire le plus grand nombre d’incertitudes possibles. Des « peut-être », des « il semblerait que », des « certains disent »… l’accumulation des modifications créait une apparence de doute scientifique. Il est prouvé que Cooney, haut fonctionnaire fédéral, recevait directement des consignes émanant du Carbon Club. Nous avons ainsi trouvé un fax adressé à Cooney par ExxonMobil. Il propose clairement « la concentration des efforts sur les champs incertains de l’étude scientifique ». L’expéditeur du fax est Randy Randol, un lobbyiste d’Exxon. Dans un autre email rendu public, Myron Ebell du Competitive Enterprise Institute écrit à Cooney en 2002 : « Il faut absolument que nous arrivions à éloigner le Président de tous ces gens qui pensent faire du bien en publiant ces conneries ».

Les agissements de Cooney sont rendus publics par Rick Piltz, un de ses collègues qui se transforme en « whistle blower » et balance tout au New York Times avant de démissionner. On va apprendre qu’avant de rejoindre la Maison-Blanche, Cooney travaillait pour l’American Petroleum Institute, un des plus grands lobbies pétroliers américains. Cooney quitte son poste à Washington. Interrogé lors d’un point de presse, le porte parole de la Maison-Blanche déclare aux journalistes que Philip Cooney « souhaite passer l’été avec sa famille ».

Mais une semaine après sa démission, Philip Cooney est embauché par ExxonMobil. Le géant pétrolier refuse de donner son contact et de dire où il travaille. Après avoir tout fait pour retarder des mesures vitales pour le climat, Cooney est entré dans une sorte de clandestinité. Pressé de nouveau par les journalistes à une explication de l’affaire Cooney, Scott McLellan, le porte-parole de la Maison-Blanche, dit lors d’une conférence de presse : « Je ne connais pas son passé. Nous ne lui souhaitons que du bien dans son nouvel emploi ».

http://premiereslignes.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/12/08/enfumes.html

 

Projection Débat le 09/12/09 : "Travailler à en mourir" avec la présence d’un salarié de France Télécom.

Dimanche 6 décembre 2009 // Communiqués

Dans le cadre du cycle de projection débat sur le travail et la souffrance au travail, nous diffusons cette semaine le film de Paul Moreira, "Travailler à en mourir". Cette projection débat aura lieu ce Mercredi 09 Décembre à 18h00 à l’Institut Lebel Amphi A6 à 18h00. L’Institut Lebel se situe 4 rue Blaise Pascal.

Un salarié de France Télécom sera lui aussi présent.

Ce film porte sur les suicides au travail et les nouvelles techniques de management. Quatre suicides en trois ans chez Renault sur le lieu de travail, dix-sept tentatives (dont huit « réussies ») chez France Télécom en quinze mois, une mort volontaire par jour au moins en entreprise d’après les médecins... C’est un fait : le travail tue. Au-delà des licenciements difficiles, du chômage, du harcèlement moral, les conditions professionnelles sont souvent devenues insupportables. Délocalisations, perte de sens, course à la performance, poids de la bourse laminent aussi bien les cadres les plus compétents que ceux qu’ils managent. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Le cycle de projection débat continue la semaine prochaine avec Lip, l’imagination au pouvoir (un film sur l’autogestion d’une usine de montre), mercredi 16 décembre à 18h00 Amphi 6 à l’Institut Lebel.

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Le panache des Dix de Tarnac...( ou cours après moi sheriff)

 



Ce jeudi 3 mars, Le Monde publiait une longue tribune des désormais dix inculpés de l’affaire de Tarnac, dont voici la substance :



“Le contrôle judiciaire qui voudrait, pour l’avenir, interdire [à Christophe] de nous voir est l’aberration de trop ; c’est une mesure consciente de désorganisation de la défense, aussi. A ce point de torsion de toutes les notions du droit, qui pourrait encore exiger de nous que nous respections ces contrôles judiciaires et cette procédure démente ? A l’absurde nul n’est tenu. Il n’y a pas besoin de se croire au-dessus de la justice pour constater qu’elle est en dessous de tout. Au reste, une société qui se maintient par des moyens si évidemment criminels n’a de procès à intenter à personne. […] Nous désertons. Nous ne pointerons plus et nous comptons bien nous retrouver, comme nous l’avons fait, déjà, pour écrire ce texte. Nous ne chercherons pas à nous cacher. Simplement, nous désertons le juge Fragnoli et les cent petites rumeurs, les mille aigreurs misérables qu’il répand sur notre compte devant tel ou tel journaliste. Nous désertons la sorte de guerre privée dans laquelle la sous-direction antiterroriste voudrait nous engager. […] Mais ce que nous désertons d’abord, c’est le rôle d’ennemi public, c’est-à-dire, au fond, de victime, que l’on a voulu nous faire jouer. Et, si nous le désertons, c’est pour pouvoir reprendre la lutte.”

À cette déclaration mesquine, insignifiante et étriquée, un représentant du parquet rétorque le jour même avec panache : “Le parquet de Paris a demandé aux juges d’instruction de vérifier les conditions du déroulement de ces contrôles judiciaires. Si ces obligations n’étaient pas respectées, le parquet en tirera toutes les conséquences.”



Depuis trois jours, le délire à flux tendu du spectacle télévisuel, qui a tant dégoisé sur Tarnac depuis un an, n’a pas fait la moindre mention de cet événement décisif, de cet acte superbe de désobéissance civile. Le silence des cavernicoles médiatiques n’est le fruit d’aucune “concertation frauduleuse”. Ils ne reçoivent plus, depuis longtemps, d’ordres venus d’en haut. Les ordres venus d’en bas, les ordres dictés par leur médiocrité la plus naturelle et leur mimétisme cavernicole, suffisent amplement pour leur faire secréter et décréter l’irréalité irrévocable, servile et entièrement arbitraire qu’ils nomment “l’actualité”. Leur allergie spontanée à toute espèce de grandeur, à toute liberté un peu sérieuse, exigeante, les a légitimement détournés des derniers développements de l’affaire de Tarnac. Nul ne songe à s’en plaindre.

“Le parquet en tirera toutes les conséquences.” Je dois l’avouer, cette formule m’inquiète. Fait-elle allusion à une action d’éclat ? Un suicide collectif du parquet, auprès duquel les suicides de France Telecom seraient soudain ravalés au rang d’aimable souvenir ? À la révocation du juge Fragnoli qui, j’en suis certain, recouvrerait peut-être enfin sa liberté et sa dignité lui aussi et pourrait refaire sa vie – pourquoi pas dans une ferme communiste du Plateau de Millevaches ? Lui aussi, comme il doit être las et écœuré de jouer tristement son rôle. “Le parquet en tirera toutes les conséquences.” Ou bien s’agit-il d’une allusion à la prononciation d’un non-lieu et à la démission de Michèle Alliot-Marie ? À la décision de supprimer la SDAT ou d’officialiser son statut et ses missions de centre de loisir ? À la démission du président de la République et de la totalité du gouvernement français – reconnaissant soudain que même eux sont humains, après tout, et ne parviennent plus à vivre dans le monde irrespirable qu’ils ont tissé jour après jour ? N’est-il pas permis d’espérer que la liberté souveraine des dix de Tarnac devienne soudain contagieuse ? Que, curieusement, l’on ne se contente plus de les admirer ?

L’heure me semble propice à nous rappeler les mots par lesquels Marx attaque (si j’ose dire) son Dix-huit brumaire de Louis Bonaparte : “Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.”

Dans le cas de Tarnac, un problème épineux se pose au juge d’instruction Fragnoli : leur première arrestation était déjà une farce sans nom, une bouffonnerie sanglante. En foutant une seconde fois en taule les dix de Tarnac, Fragnoli inventerait une sorte de bouffonnerie au carré qui ne s’est encore jamais vue dans l’Histoire et aurait ravi Philippe Muray, l’auteur de Roues carrées. Malheureusement pour lui, cette bévue finirait aussi par réveiller les cavernicoles et déclencher une protestation populaire et médiatique elle aussi diablement élevée au carré.

Résumons, crûment mais véridiquement, la situation : s’il les fait arrêter une seconde fois, il est dans la merde complète ; s’il ne les fait pas arrêter, il est seulement dans la merde intégrale.

Liens:: http://www.causeur.fr/le-panache-des-dix-de-tarnac,3399

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