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09/01/2010

Considérations sur les dynamiques antirépressives

Au mois de janvier comparaîtront six personnes dans la lignée des «Événements» du 10 octobre où «émeutes» et «saccages» sont venus décorer les paroles, habiter les cris dune Réaction qui ne dit pas son nom, arborant ici un précieux trompe l’œil, à limage de la fresque découverte sur le mur de lUnité de Vie Familiale de la prison de Vivonne.



Le 5 janvier à Limoges, le 14 à Poitiers, entre procès et appels, la triste mécanique du système judiciaire se réenclenchera, encore, un peu comme une tentative désespérée de respirer après avoir abondamment bu la tasse, il y a trois mois de cela.

Il y a trois mois de cela, 118 détenus se voyaient transférés au centre pénitentiaire de Vivonne, acclamé pour sa modernité, ses filets anti-aérien et son isolement perfectionné.

Il était évident que ce genre de choses ne se passerait pas dans un silence béat. Ce que l
on entend dans lhumanisation de la taule, comme adjectif de sa modernisation, nest pour nous quun approfondissement de ses mécanismes de dépossession.

Face à la séparation spécifique de cet enfermement et les dispositifs de gestion qui en découlent, intra et extra muros, il n
y a pas de résignation possible.

Lutter contre les taules, mettre en commun des caisses antirep, se retrouver à un rassemblement ne peut être qu
une simple affaire de soutien, cela se doit dêtre un conglomérat doffensives en tout genre et ainsi, signifier le dépassement dune léthargie larmoyante, dune léthargie défensive qui ne peut survivre à ses contradictions.

Ces contradictions, dont le phénomène s
’exhibe dans les collectifs citoyennistes tel que «Justice pour tous», ne sont que la démonstration de leur incapacité à se défaire du schéma d’un système répressif qu’ils critiqueront occasionnellement, se référant alors aux valeurs d’une hypothétique démocratie républicaine, jusqu’à venir pleurer une vraie justice contre les vrais coupables. L’innocentisme qu’ils portent, celui qui prône le juste bâton, est simplement antagonique avec nos volontés de décupler les puissances traversant l’antirépression, puissances qui se croisent sur les termes d’une conflictualité totale et avouée face à l’Ordre des choses, sans aucune réclamation ou amendement à leur jeu des plus grotesques.

Nous ne voulons simplement rien d
eux. Il ny a pas dattitude défensive à tenir, dans lespoir de reculer un peu moins vite, mais au contraire une nécessité à se mouvoir dans les termes dune prise en acte de nos forces et des possibilités quelles invitent. Les dynamiques de l’antirépression ne sont pas basées sur une quelconque volonté dapaisement de la conflictualité latente mais bien sur nos capacités à éviter, esquiver et, parfois, affronter la répression comme mécanisme logiquement instruit par ce qui nous est ennemi.

L
antirépression nest pas antirépression. Cette appellation, qui a priori formule une limite propre, se voit dépassée, de fait, par ce que «lantirepression» représente dans le plan de consistance que lon se doit de saisir : un point de rencontre. Se retrouver à une réunion, discuter ensemble, rire de quelques situations cocasses face à la police, partager des techniques desquive et daffrontement comme on nourrit notre rencontre de ses forces constitutives. La mise en pratique, ensemble, dans quelconque situation, de ces techniques désormais communes formule le dépassement de la limite a priori de lantirépression, qui ne lest plus seulement de par ce fait-là même.

Alors les choses se tiennent et nous aussi, on se serre, on se tient.

Et ça, ça vaut le coup de le pousser, parce que nous sommes bien trop à savoir que la vie qu
ils nous voudraient, entre École, Prison, Travail, Retraite, Taudis et Vacances, ne doit plus durer et qu’on est bien décidés à la saboter, coûte que coûte.

Mardi 5 janvier : Procès (à Limoges) dune mineure arrêtée le 10 octobre à Poitiers !
Mercredi 13 janvier : Rassemblement 18h, à Poitiers, devant le palais de justice en totale solidarité avec tou-te-s les inculpé-e-s et en contestation avec le système répressif et tout ce qu’il engendre…
Jeudi 14 janvier : Appel du procureur contre six personnes arrêtées le 10 octobre à Poitiers et qui ont été jugées en comparution immédiate le 12 ! Rendez-vous à partir de 9h au palais de justice en totale solidarité avec tou-te-s les inculpé-e-s !
Jeudi 21 janvier : À 10h30 appel du procureur contre une personne condamnée le 30 juillet 2009 à 500€ damende avec sursis et 850€ de dommages et intérêt pour JC Decaux pour bris de «sucette» et qui avait été relaxée pour son refus de prélèvement ADN. Rendez-vous de solidarité durant son procès !
Mardi 23 février : Procès de deux personnes, arrêtées le 10 octobre et poursuivies pour refus de prélèvement d’ADN et refus de tout prélèvement d’empreintes pour l’une d’entre elles !


4 janvier 2010.
http://juralibertaire.over-blog.com/article-la-repression-qui-vient-a-poitiers-42283557-comments.html

16:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

FranceAfrique - AREVA - Uranium - Congo

8 janvier 2010
Robin Guébois
foexgood.blogspot.com


Après les promesses électorales de « rupture », le défilé des dictateurs africains reçus à l’Élysée par Nicolas Sarkozy avait donné le ton. Les événements de ces dernières semaines confirment que l’impérialisme français en Afrique ne connaît aucune inflexion de fond.

Non contentes de cautionner les manœuvres constitutionnelles et les scrutins truqués des traditionnels dictateurs « amis de la France » acharnés à se maintenir au pouvoir à vie, au Tchad, au Cameroun ou encore au Congo, les autorités françaises se sont fait une spécialité de l’aide aux nouveaux putschistes en manque de légitimité internationale.


Service après-vente pour putschistes

En Mauritanie, le chef de la garde présidentielle, le général Abdel Aziz, fraîchement entouré par des hommes des services secrets français après l’assassinat de quatre touristes1, renversait le président démocratiquement élu Sidi ould Cheikh Abdallahi en août 2008. Mal vus dans plusieurs pays, les putschistes sont discrètement reçus par l’Élysée et la DGSE. La France pousse à l’organisation d’élections sous le contrôle de la junte militaire. Alors que même le président de la commission électorale a préfèré démissionner plutôt que d’en cautionner le résultat, l’élection truquée est déclarée valide par des observateurs internationaux sous influence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Proclamé président, le général Abdel Aziz a été reçu officiellement à l’Élysée, fin octobre, et Total s’apprête à reprendre l’exploitation pétrolière du pays.

Au Niger, après une visite du président français venu célébrer la signature par Areva du contrat d’exploitation de l’énorme gisement d’uranium d’Imouraren, le président Mamadou Tandja, arrivé en fin de mandat, tentait un coup de force pour jouer les prolongations. Après avoir dissout la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale qui s’opposaient à ses projets, il a organisé un référendum pour changer la constitution, qui lui interdisait de se représenter, et renforcer les pouvoirs présidentiels. Bien que boycotté par la quasi-totalité du pays, comme les législatives qui ont suivi, la France a « pris note » des résultats du référendum et s’est abstenue de protester contre les arrestations d’opposants.

Au Gabon, berceau originel d’Elf devenu Total, c’est la succession du clan Bongo qu’il a fallu organiser après la mort du plus vieil autocrate françafricain. Si Sarkozy n’avait officiellement « pas de candidat », Ali Bongo, le fils d’Omar, a été le seul prétendant reçu à l’Élysée, et Robert Bourgi (conseiller spécial Afrique de Sarkozy) s’est chargé de faire savoir publiquement qu’il soutenait Ali Bongo et qu’il avait l’oreille de Sarkozy. Là encore, les autorités françaises se sont empressées d’avaliser le scrutin truqué, et le secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé à l’opposition de laisser le temps à Ali Bongo de « démontrer qu’après le père, le fils peut être un président de rupture »...

À Madagascar, les élections n’ont pas encore eu lieu pour légitimer le jeune putschiste Rajoelina, bien plus attentif aux intérêts français que ne le fut son prédécesseur Ravalomanana, mais la diplomatie française pèse pour que soit mis en œuvre un scénario éprouvé. Jusqu’à maintenant, les négociations butaient sur la composition de l’autorité de transition qui doit organiser les élections, mais la France a déjà œuvré au retour de membres du clan Ratsiraka, dictateur françafricain renversé en 2002.


Qui contrôle ?

Comme au début des premiers mandats de Mitterrand et de Chirac, l’appareil d’État a été traversé par des oppositions plus ou moins feutrées entre les partisans d’une stricte continuité   françafricaine – avec ses coups tordus et ses réseaux parallèles – et certains « réformateurs » plus légalistes. Ces   derniers ne   remettent pas en cause le néocolonialisme, mais veulent en corriger les « excès », animés par des préoccupations   morales ou simplement d’efficacité, conscients  qu’à terme, en raison des   oppositions de plus en plus violentes qu’il suscite en Afrique, l’impérialisme français pourrait payer plus cher son refus de se réformer. Mais comme sous Mitterrand et Chirac, le début du règne de Sarkozy a sanctionné la victoire des « anciens » sur les « modernes ». Le précédent ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait publiquement souhaité dresser « l’acte de décès » de la Françafrique, a été relégué aux Anciens combattants, et Bruno Joubert, responsable de l’Afrique subsaharienne au sein de la cellule diplomatique de l’Élysée, qui se disait inspiré par le discours « de rupture » tenu à Cotonou par le candidat Sarkozy, vient d’être remercié par un poste d’ambassadeur au Maroc. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est souvent réduit à une fonction purement décorative, et doublé par les émissaires officieux de Claude Guéant, comme l’omniprésent Robert Bourgi, ou, pour des affaires plus sensibles, par d’autres envoyés plus discrets, comme le député Patrick Balkany, qui a par exemple négocié la mainmise d’Areva sur l’uranium de la République démocratique du Congo.


Le bras reste armé

Forte médiatisation oblige, la France s’est pourtant démarquée de la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. Celle-ci a en effet fait massacrer plus de 150 personnes lors d’un rassemblement des partis politiques qui demandaient que le chef des putschistes, Dadis Camara, respecte sa promesse de ne pas se présenter aux élections présidentielles. Quelques jours auparavant, malgré la position officielle de la diplomatie française, ce dernier venait de recevoir le soutien de Balkany pour un scénario à la mauritanienne. Après le massacre, la France a rompu sa coopération militaire, fait suffisamment rare pour être noté. Mais a contrario, cette décision souligne d’une part que la coopération militaire s’était poursuivie jusque là malgré les précédents crimes de l’armée guinéenne, en particulier la répression sanglante de la grève générale en février 2007 ; et d’autre part qu’il s’agit d’une politique à géométrie variable, puisque ni le Cameroun, qui a fait tirer à balles réelles contre les jeunes manifestants des émeutes politiques de décembre 2008, ni la Centrafrique, qui a mené pendant plusieurs mois une politique de la terre brûlée contre des populations supposées acquises aux rebelles, ni le Tchad qui continue malgré plusieurs avertissement internationaux de recruter des enfants soldats qu’il envoie au front, ni d’autres régimes tout aussi criminels n’ont vu la coopération militaire remise en cause.

C’est qu’au plan militaire aussi les effets d’annonce sont plus nombreux que les changements réels. Non seulement la volonté affichée de ne plus intervenir sans mandat de l’ONU a été violée à plusieurs reprises, mais en outre un mandat onusien ou des interventions multilatérales ne constituent nullement des garde-fous contre les manœuvres et les intérêts français, ainsi qu’on a pu le voir en novembre 2004 quand la force Licorne a massacré des civils ivoiriens désarmés. Le contrôle parlementaire sur les opération extérieures reste également de façade, limité au renouvellement des opérations de plus de quatre mois. Enfin, contrairement aux prescriptions du récent Livre blanc sur la défense nationale, il n’y aura finalement pas de base militaire française fermée à Dakar ou à Libreville. Le coût et le volume des opérations extérieures ne cesse d’ailleurs d’augmenter ces dernières années.


Retour économique sur investissement militaire

Les ingérences politiques et militaires de la France ne sont évidemment pas déconnectées des intérêts économiques des entreprises françaises, à commencer par certaines des principales du CAC 40. C’est ce que les militaires nomment dans leurs publications théoriques le « retour économique sur investissement militaire ». Car contrairement à une idée reçue et périodiquement réaffirmée, si les intérêts économiques français se diversifient au-delà du « pré carré » francophone, ils ne baissent ni en volume ni en rentabilité, qu’il s’agisse des domaines traditionnels des matières premières ou des secteurs plus récents, comme celui des télécommunications.

1 – Cf. Issa Bâ, « Comment réussir un putsch avec l’aide de la France », Billets d’Afrique n°185, novembre 2009.


George Forrest joue les «rabatteurs» pour Areva en Afrique

18/12/2009 10:24

Areva, le géant français du nucléaire, souhaite développer des gisements d'uranium en Centrafrique. Il a créé une joint-venture à 70/30 avec l'homme d'affaires George Forrest, afin de profiter des contacts noués par ce dernier dans la région.

Areva s'est récemment adressé à l'homme d'affaires belgo-congolais George Forrest pour développer ses activités en République de Centrafrique. Le géant français du nucléaire espère développer des gisements d'uranium, écrit vendredi L'Echo.

Les deux partenaires viennent de mettre en place une coentreprise dans le pays, du nom d'Areva Explo. Le capital de la joint-venture, dont le montant n'a pas été dévoilé, se divise en 70 % pour Areva et 30 % pour le groupe Forrest. La société dispose de sept permis d'exploration dans le pays, en particulier dans la région de Bakouma.

Areva espère profiter des nombreux contacts que George Forrest a noués dans cette région d'Afrique pour mener à bien ses projets.

Trends.be, avec Belga


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Après avoir bataillé l'année dernière pour signer le coûteux avenant à la convention minière de sa filiale centrafricaine UraMin CAR Ltd (AMI nº187), Areva devrait bientôt décaisser de nouveaux fonds pour son projet dans ce pays. Le groupe nucléaire français y détient le gisement d'uranium de Bakouma, mais cherche à augmenter ses ressources et ses réserves avant de s'engager dans la phase de développement.

Areva souhaite en particulier sécuriser un certain nombre de blocs autour de son permis qui couvrent les extensions du prospect. Ceux-ci (Ndenguiro, Bakouma North, etc.) sont détenus par Uranio AG, la société enregistrée à Bâle de l'homme d'affaires Richard Ondoko. Or, selon nos informations, George Forrest, le célèbre entrepreneur minier du Katanga au Congo-K, aurait récupéré sept de ces titres en vue de les céder à Areva. Pour combien ? Les discussions sont en cours…

Anne Lauvergeon, la patronne du groupe français, s'est entretenue avec le président centrafricain François Bozizé le 29 septembre à Paris. Celui-ci était accompagné de son neveu et ministre des mines, Sylvain Ndoutingaï, et surtout de son conseiller particulier Fabien Singaye. Ce dernier, ainsi que Forrest avaient servi d'intermédiaires à Areva pour la signature, en août 2008, de l'avenant d'UraMin CAR Ltd. Cet accord prévoyait notamment le versement par le groupe français de 40 millions $ sur cinq ans à Bangui.

Rappelons que Forrest et Singaye ont également joué un rôle actif dans les négociations ayant abouti à l'accord avec Areva sur l'exploitation de l'uranium au Congo-K conclu le 26 mars.

Singaye a par ailleurs profité de son séjour dans la capitale française le 29 septembre pour être reçu à Levallois-Perret par le maire Patrick Balkany, en compagnie de son bras droit Renaud Guillot Corail. Balkany, un intime du président Nicolas Sarkozy qu'il accompagnait lors de sa visite à Kinshasa le 26 mars, s'est considérablement rapproché de Forrest depuis plus d'un an. Richard Ondoko était injoignable au moment où nous éditions cet article.

AFRICA MINING INTELLIGENCE

- Edition française N°211 30/09/2009

NDLR : Il ne manquait plus que Saifee Durbar à ce bal parisien autour de Bozizé pour que la boucle soit bouclée. L'opacité avec laquelle Bozizé et Ndoutingai gèrent les ressources minières qui devraient assurer la prospérité économique et sociale de la RCA et des Centrafricains doit  interpeller tous les fils du pays. Bozizé et Ndoutingai se sont alliés à une bande de mafieux étrangers pour mettre en coupe réglée les mines d'uranium de Bakouma comme si c'était leur propriété personnelle alors qu'elles appartiennent bel et bien au patrimoine national. Personne en Centrafrique n'a idée sur ce que  Bozizé et Ndoutingai ont déjà engrangé sur le dos du pays avec la délivrance des permis et toutes les magouilles auxquelles ils se livrent lieu depuis qu'ils ont on découvert que Bakouma pouvait faire d'eux de nouveaux richissimes. Il est temps que cette prédation s'arrête. L'Assemblée nationale étant aux ordres, il n'y a aucun espoir que le moindre député de cette institution ne pose le problème du vol organisé des ressources naturelles du pays par Bozizé, Ndoutingai et leur bande de mafieux.




AREVA-CENTRAFRIQUE: SARKOZY SE VENGE EN AFRIQUE.

On a appris le 04 août dernier que le gouvernement centrafricain, par l'entremise de son ministre d'Etat aux mines, à l'énergie et à l'hydraulique, Sylvain Ngoutingaï, et le groupe nucléaire français Areva ont signé un contrat pour l'exploitation d'un vaste gisement d'uranium situé à l'est de la République centrafricaine à Bakouma, ville située à 800 kilomètres de la capitale, Bangui.

Les deux parties auraient trouvé un accord après un très long bras de fer qui satisfait non seulement Areva, donc la France, mais aussi, la Centrafrique. Le ministre aurait même déclaré: "C'est un accord gagnant-gagnant car les droits de propriété de l'Etat centrafricain et son peuple ont été pris en compte par le fait que les Centrafricains seront employés dans la société. En plus la société Areva doit construire des centres de santé, des écoles, des routes et tenir compte de l'environnement de la région ".

Un an auparavant, au mois de juillet 2007, le groupe Areva avait racheté les droits d'exploitation du site de Bakouma à la société anglo-canadienne, UraMin. Un achat de façon tarabiscotée et obscure dans la mesure où, le contrat entre UraMin et le gouvernement centrafricain du président François Bozizé avait cessé.

A tort ou à raison, ces derniers dénoncèrent l'irrégularité de cette acquisition au détriment du peuple. Cette convention minière entre la société UraMin, signée en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma, n'était qu'une vaste escroquerie, d'où la méfiance face à Areva.

Sentant le danger, Anne Lauvergeon, dirigeante du pôle nucléaire français Areva, fit donc appel au chevalier blanc, Nicolas Sarkozy. L'homme de la Realpolitik, voulant se refaire, ne peut que montrer ses biscotos en Afrique. Après avoir su que la France était une puissance parmi tant d'autres, notamment avec ses pérégrinations couronnées d'échec, il se vengea sur les Africains. Comme dans un péplum, bourré de testostérone, il a donc fait son show auprès du gouvernement centrafricain.

En décrochant son téléphone, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, aurait donc menacé son homologue centrafricain, François Bozizé, qui doit son pouvoir à la France. Or les réticences centrafricaines étaient justifiées. D'abord, que les populations locales puissent bénéficier de la manne, ensuite, que l'exploitation se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence. C'est une autre affaire.

Selon les clauses de cet accord, l'Etat centrafricain obtient 12% de la production commerciale de la société Areva sur le site de Bakouma, soit environ 200 à 300 millions de dollars US. Des miettes, si l'on en juge les bénéfices du groupe français. Parce que, il aurait promis de construire des écoles et des hôpitaux ? C'est le retour de plain-pied de la Françafrique, avec ses mensonges, ses exploitations, ses menaces et ses chantages. René Dumont, en 1966, avait bien écrit, L'Afrique noire est mal partie.

Si tout va bien, L'extraction de l'uranium commencera fin 2009 ou début 2010.

Source: AJM (sur les liens)

 

 

07/04/2009 15:19:04 - Jeune Afrique | Par : Jean-Michel Meyer

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolaisComment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy en RD Congo, le 26 mars, Joseph Kabila a décidé de confier la relance de la filière uranium à Areva. Mais le gouvernement et les concurrents maintiennent la pression.

Tarmac de l’aéroport international de Kinshasa-Ndjili, le 26 mars au petit matin. Dans un voile de lumière, un jet privé loué par Areva dépose en douceur Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire français. « Atomic Anne », comme la surnomment quelquefois les Américains, précède d’une heure environ l’arrivée de l’Airbus présidentiel de Nicolas Sarkozy, attendu à 8 h 30 pour la première étape de son périple de deux jours en Afrique qui l’a mené dans les deux Congos et au Niger, les 26 et 27 mars.

Mais alors que le chef de l’État français s’apprête à prononcer un discours devant les parlementaires congolais, à 11 heures, l’ancien sherpa de François Mitterrand à l’Élysée a déjà déserté le cortège officiel pour rejoindre, boulevard du 30-Juin, Martin Kabwelulu, le ministre des Mines de la République démocratique du Congo. Jupe noire, veste blanche à fines rayures rouges et gros boutons noirs, Anne Lauvergeon signe alors avec le représentant du gouvernement un accord-cadre d’un genre nouveau. Il attribue au numéro un mondial du nucléaire civil un permis de recherches de gisements d’uranium, ou « yellow cake », sur l’ensemble du territoire de la RD Congo ainsi que l’exploitation future du minerai enfoui dans le sous-sol.

Du jamais vu ! Côté français, on jubile. « Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux », s’est réjouie le jour même Anne Lauvergeon. Depuis la fin de l’époque coloniale, aucun groupe occidental n’avait obtenu le permis d’explorer seul la totalité de la superficie d’un pays africain. « Je crois bien que nous sommes l’unique entreprise dans le monde à avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C’est la première fois que l’on ose parler d’exploration d’uranium en RD Congo, une activité qui participait jusque-là du domaine réservé de l’État », ajoute le Burkinabè Zéphirin Diabré, président pour l’Afrique et le Moyen-Orient d’Areva et conseiller de la présidente pour l’international.

L’accord exhale-t-il un parfum de néocolonialisme ? En ouvrant son territoire au numéro un mondial du nucléaire civil, la RD Congo ne prend-elle pas le risque de se transformer en « filiale » d’Areva SA ? « Nous étions à la recherche d’un partenaire sérieux qui nous offre la garantie d’utiliser des technologies fiables dans une industrie sensible et dangereuse afin de relancer les mines d’uranium du Katanga. Il est capital que l’uranium ne tombe pas entre les mains d’États ou de bandes criminels. La réputation d’Areva et de la France a convaincu le gouvernement de reprendre l’exploitation des mines fermées depuis des années, explique Lambert Mende Omalanga, le ministre de la Communication et des Médias de RD Congo. Les négociations, secrètes, ont duré plusieurs mois. »

 

Ménager Pékin

A priori, la RD Congo fait coup double. D’une part, le pays s’ouvre une nouvelle source de revenus prometteuse sur un marché très porteur avec le retour en grâce du nucléaire civil dans le monde. La construction de plus d’une cinquantaine de réacteurs nucléaires est programmée d’ici à 2020 (Chine, Inde, Russie, Japon, Canada…), selon la World Nuclear Association. De l’autre, le président Joseph Kabila ménage la susceptibilité de son partenaire et principal bailleur de fonds, la Chine. Le géant Areva, qui contrôle de 20 % à 25 % du marché mondial de l’uranium, fournit en effet les centrales nucléaires chinoises en combustible et a vendu deux centrales EPR de dernière génération à la compagnie d’électricité chinoise CGNPC. Demain, elles seront alimentées par du combustible congolais. « Avec Areva, la RD Congo a l’assurance de vendre l’uranium à un prix garanti », promet Anne Lauvergeon. Une bonne nouvelle pour un pays qui souffre de l’effondrement des cours du diamant et du cuivre, sensible depuis 2008.

Vrai jackpot pour Areva ou simple mirage sans lendemain ? « Nous aurons de bonnes surprises », assure Zéphirin Diabré, le chasseur de gisements d’Areva, qui parie sur la richesse supposée du pays. Outre d’importants gisements de manganèse, de bauxite, d’or ou de minerai de fer, l’actuelle RD Congo, souvent décrite comme un « scandale géologique », renferme plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10 % de celles de cuivre, 30 % de celles de diamant et plus de 70 % des réserves de coltan, utilisé dans la fabrication des téléphones portables. Pour l’uranium, c’est dans le Bas-Congo, au Nord-Kivu, au Katanga, et peut-être au Kasaï, que les espoirs sont les plus grands, même si à ce jour seule la mine katangaise de Shinkolobwe, à 35 kilomètres de Likasi, atteste d’un gisement connu et exploitable. C’est d’ailleurs Shinkolobwe qui a fourni aux Américains, via les colonisateurs belges de l’époque, l’uranium nécessaire à la fabrication de la bombe atomique de Nagasaki, en 1945. Le maintien sous contrôle américain de cette mine fut d’ailleurs l’une des raisons qui ont convaincu la CIA de placer, puis de soutenir, Mobutu à la tête du Zaïre.

 

Des rêves de grandeur

Officiellement fermée depuis près de quarante ans, Shinkolobwe a en réalité toujours été exploitée illégalement par la population locale, alimentant des trafics vers les pays voisins. Elle a également fait l’objet des plus folles rumeurs de vente d’uranium à la Libye, à la Corée du Nord ou à l’Iran… Des fantasmes et des rêves de grandeur qui, au milieu des années 1970, se retrouvent dans le projet fou d’un Mobutu, s’imaginant concurrencer la Nasa et le programme Soyouz avec l’aide d’une obscure société allemande, l’Otrag, dans son projet avorté de créer un centre spatial en pleine brousse afin de mettre sur orbite la fusée des pauvres, la « Volkswagen de l’espace » ! Démesure encore lors de la signature, en septembre 2007, du « contrat du siècle » avec Pékin. Pour 6,5 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures (chemins de fer, routes, logements sociaux…), les entreprises chinoises se sont ouvert l’accès des mines de cuivre, de cobalt et d’or du pays.

Est-ce pour matérialiser le rêve qu’on lui prête de doter son pays de 65 millions d’habitants d’une centrale nucléaire que Joseph Kabila paraît privilégier Areva aujourd’hui ? Outre le ministère des Mines et la direction de Gécamines, l’entreprise publique détentrice jusque-là de tous les droits miniers en RD Congo et pilotée par Paul Fortin, le projet de la relance de l’exploitation de l’uranium en RD Congo passe obligatoirement par la présidence. Et si ce n’est directement par le bureau de Joseph Kabila, c’est immanquablement par celui de son très proche conseiller, le Katangais Augustin Katumba Mwanke.

C’est d’ailleurs le président congolais en personne qui a donné son feu vert au groupe français lors de son séjour à Paris, à la mi-2008. En marge d’un entretien officiel à l’Élysée avec Nicolas Sarkozy, le 16 juillet dernier, Kabila a reçu dans sa suite de l’hôtel Ritz Anne Lauvergeon et Zéphirin Diabré. Aussitôt, le numéro un mondial du nucléaire civil place ses pions sur le terrain dans la plus grande discrétion. Pour prendre le pouls de la stratégie du gouvernement congolais en matière d’exploitation minière, le groupe avancera sous un nom d’emprunt pendant dix-huit mois à travers une filiale créée pour la circonstance. Baptisée Songhaï, « en référence à un peuple du Niger », explique Zéphirin Diabré, qui la dirige, cette société est théoriquement basée en Afrique du Sud. « Nous avons choisi de ne pas nous afficher en tant qu’Areva pour ne pas éveiller l’attention de nos concurrents, ce qui aurait fait grimper les enchères », justifie-t-il.

 

L’Élysée mobilisé

Le groupe français n’a ménagé ni ses forces ni ses appuis. Les politiques ou les « avocats » du groupe nucléaire s’affairent auprès des autorités congolaises depuis des mois. Le 9 janvier, Bruno Joubert, le « Monsieur Afrique » de l’Élysée, a profité d’un séjour à Kinshasa destiné à préparer le déplacement de Nicolas Sarkozy pour évoquer le sujet Areva avec le président congolais. Dans l’ombre, George Forrest, l’incontournable homme d’affaires belge implanté depuis des lustres dans le secteur minier congolais, et Patrick Balkany, le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), intime de l’hôte de l’Élysée, sont les intermédiaires d’Areva en Centrafrique et en RD Congo depuis au moins deux ans. Accueillant régulièrement des émissaires africains à Paris, invité à chaque déplacement présidentiel en Afrique, Patrick Balkany, en voyage dans les Antilles, nous a fait savoir par son service de presse qu’il n’avait rien à voir avec Areva. « Je connais Balkany, c’est un homme dynamique qui pousse les entreprises françaises à s’installer en RD Congo », confiait pourtant George Forrest à Jeune Afrique, début 2008, lors d’un voyage de presse organisé par son groupe pour visiter ses gisements congolais de cuivre et de cobalt. Et pour cause. L’ami de Nicolas Sarkozy est un familier du jet privé de l’homme d’affaires belge. « Il est clair que Balkany a joué un rôle en RD Congo », complète un industriel français présent dans le pays.

Malgré tout, rien n’est joué définitivement en faveur d’Areva. Si le numéro un mondial du nucléaire civil a une longueur d’avance sur ses concurrents, il ne possède aucune exclusivité sur l’uranium congolais. « Malgré les déclarations de Nicolas Sarkozy, le ministère des Mines et Areva n’ont signé qu’un mémo d’intention. C’est un bon départ pour le groupe français, mais ce n’est pas encore un contrat en bonne et due forme. Le gouvernement congolais a fait part de son intention d’ouvrir l’exploitation de l’uranium à d’autres partenaires, russes, américains et chinois. Ces derniers se sont déjà montrés très intéressés », tempère Jean-Marie Longonya Okungu, patron de l’Agence congolaise de presse et proche du pouvoir.

Pour l’instant, beaucoup reste à faire même si les choses avancent vite. Les partenaires franco-congolais doivent régler les détails sur le fond (calendrier des zones de prospection, constitution d’équipes binationales, investissements consentis par les deux parties…). Le principe d’une société commune est arrêté, avec une participation de Gécamines et d’Areva en actionnaire majoritaire, pour mettre en musique l’accord de coopération. Autre point défini : la priorité donnée à la remise en route de la mine de Shinkolobwe, avant d’explorer les autres gisements potentiels du pays.

Les avocats du groupe français sont actuellement mobilisés pour faire enregistrer dans les semaines à venir, à Kinshasa, la naissance d’Areva Congo ou d’Areva RD Congo – le nom fait encore débat. De leur côté, le ministère des Mines et la haute direction de Gécamines peaufinent les exigences congolaises. « L’accord, avec toutes les modalités de mise en œuvre, devrait être validé dans les quinze jours », assure-t-on au ministère des Finances à Paris.

Reste qu’avec un gouvernement congolais qui maintient la pression et des concurrents qui digèrent mal cet accord-cadre concocté en catimini par Areva avec l’appui de l’Élysée, la partie est loin d’être gagnée. Américains et Canadiens sont à l’affût. Ainsi que la China National Uranium Corp., déjà présente au Niger, ou le magnat du diamant israélien Dan Gertler. À 40 ans, le patron de DGI Group (Dan Gertler Investment) diversifie ses activités minières en RD Congo (fer, cuivre, cobalt…). Très proche des cercles dirigeants, il avait convaincu en 2000 Laurent-Désiré Kabila de lui confier l’exclusivité de l’exportation des diamants congolais – un contrat cassé depuis par Joseph Kabila. La bataille pour l’uranium congolais n’est pas terminée.

 

 

Areva et l'exploitation de l'uranium en République Centrafricaine: négoces et coût à payer

Matières premières et l’uranium: les phosphates sédimentaires

Teneur de l'écorce terrestre : 3 à 4 ppm. C'est un élément relativement répandu : il est approximativement aussi abondant que l'étain ou le zinc, 50 fois plus que le mercure et 1000 fois plus que l'or.

Eau de mer: 3 mg d'U/L soit au total 4,5 milliards de t d'uranium. Par exemple, le Rhône charrie près de 100 t/an d'uranium naturel qui provient, en partie, du ruissellement des pluies sur les massifs cristallins. L'extraction de l'uranium de l'eau de mer est techniquement possible, mais elle n'est pas rentable en 2005.

L'exploitation des gisements est économiquement rentable lorsque les teneurs en uranium dépassent 0,05 % à 0,1 %. En général, la teneur des gisements exploités est de 0,1 à 0,3 %. Des gisements exceptionnels peuvent atteindre des teneurs plus élevées : 10 à 20 % à Cigar Lake et Mc Arthur au Canada.

Minerais

De différents typesd : à pechblende, à uraninite (contiennent de l'oxyde U3O8), à brannerite (contiennent du titanate d'uranium)…

L'uranium se trouve sur tous les continents et dans tous les types de terrain. Les plus grands producteurs mondiaux sont donc souvent des pays d'une grande superficie. En particulier, les plus grands gisements connus en 2006 se trouvent en Australie, au Canada et au Kazakhstan.

Les phosphates sédimentaires naturels, matières premières des engrais phosphatés, renferment des teneurs de 50 à 300 ppm d'U, en substitution dans la structure apatitique (exceptionnellement de 0,2 à 0,5 % dans le gisement de Bakouma en République Centre Africaine). Lors de l'attaque sulfurique du phosphate, U est libéré et passe en solution dans l’acide phosphorique duquel il peut être extrait à l'aide de solvants organiques. En 1984, 6 unités, dont 4 aux États-Unis étaient en service dans le monde occidental, avec une production de 1400 t d'U. En Irak, à Al Qaim, une unité fut construite en 1984 et détruite en 1991.

Gisement d'Oklo (Gabon) : dans ce gisement, durant 600 000 ans, a fonctionné, il y a 1,8 milliard d'années, un réacteur nucléaire naturel. A cette époque, l'uranium naturel avait une teneur de 3,07 % en 235U. L'uranium du cœur de la zone de réaction a actuellement une teneur de 0,004 % en 235U (0,72 % normalement) : 2 t de 235U ont été consommées par fission.

NDLR sangonet - Source : Uranium-96 - http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/ura/texura.htm



De l’uranium à tout prix


D'étranges parrains ont veillé sur la convention conclue - laborieusement - à la fin juillet par le géant nucléaire Areva et la présidence centrafricaine pour la reprise du gisement d'uranium de Bakouma. A commencer par le sulfureux Rwandais Fabien Singaye, conseiller spécial à la sécurité de François Bozizé. Autres intermédiaires insolites : un proche de Patrick Balkany, ainsi que le négociant belge Georges Forrest, virtuose des contrats miniers et consul honoraire de France au Katanga (RDC).

Ndlr Centrafrique-Presse : Les dessous de cette convention commencent à se faire jour et on voit bien que beaucoup d'opacité entoure cette affaire contrat d'uranium de Bakouma. Rien ne dit aussi  que eu égard à la nature des requins qui sont autour de  Bozizé, la RCA puisse vraiment tirer les profits auxquels elle est en droit de s'attendre de  l'exploitation des mines de Bakouma par Areva.

12 août 2008
L'Express / Centrafrique Presse

 

Uranium: prix élevés poussent des Etats à renégocier leurs contrats

Les prix élevés de l'uranium sur le marché poussent certains pays producteurs, comme le Niger ou désormais la Centrafrique, à renégocier leurs contrats avec les entreprises qui exploitent leurs mines afin de vendre plus cher ce minerai très convoité.

La Centrafrique, après le Niger, a contesté mercredi la reprise de l'exploitation d'une de ses mines par le groupe nucléaire français Areva. Cette mine de Bakouma (est) appartenait jusqu'à présent au producteur canadien d'uranium UraMin, racheté par Areva fin juillet.

Le gouvernement centrafricain a qualifié «d'irrégulière» l'opération de rachat et souhaité que l'exploitation de la mine «soit aussi profitable au peuple centrafricain».

Areva a concédé jeudi qu'il y avait «des bases de discussions» possibles dans la convention minière qui lie depuis février 2006 la Centrafrique à UraMin, et a promis de ne pas faire moins que ce contrat.

Le Niger, quatrième pays producteur dans le monde, a de son côté annoncé le 5 août la fin du «monopole» que détenait depuis quarante ans le groupe français sur la prospection, l'exploitation et la vente de son uranium.

«C'est une partie de bras de fer», explique Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières.

Les pays riches en uranium «espèrent arriver à vendre plus cher leur minerai» dans les contrats à long terme qu'ils concluent de gré à gré avec les groupes miniers, voire «se rapprocher du petit marché spot» de court terme, où les prix de l'uranium ont atteint des sommets.

«Le gros des contrats à long terme a été signé sur un prix de 20 ou 30 dollars» la livre d'uranium, alors que depuis huit ans le prix de ce minerai sur le marché spot n'a cessé d'augmenter, note M. Chalmain.

Son prix est passé de 25 dollars la livre début 2005 à 135 dollars en juin 2007, avant de redescendre à environ 85 dollars en septembre.

Cette hausse des prix de l'uranium est liée notamment à sa rareté. La production mondiale d'uranium couvre actuellement un peu moins des deux tiers de la consommation, elle-même en croissance avec le développement de l'électricité d'origine nucléaire.

Le Canada est le premier producteur mondial, devant l'Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie. Une part importante d'uranium provient aussi du recyclage de stocks militaires.

Au Niger, les relations avec Areva se sont tendues depuis l'expulsion, fin juillet, du directeur local du groupe, mais Niamey a en même temps obtenu le renouvellement de ses contrats miniers pour 2007 à un prix plus élevé qu'auparavant (42 dollars la livre d'uranium, contre 28,6 dollars).

En attendant la renégociation des contrats pour 2008, Niamey accuse toujours le groupe nucléaire de soutenir des rebelles dans le but d'empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans le pays pour exploiter l'uranium, ce qu'Areva dément.

Areva présente aussi ses arguments pour limiter la surenchère. Pour la Centrafrique, il souligne que la mine est plus «compliquée à exploiter» que d'autres car le gisement contient du phosphate, ce qui ajoute «des surcoûts».

La Guinée, qui a annoncé en août la découverte de réserves d'uranium, sait déjà qu'elles susciteront «un engouement des différentes sociétés minières», selon son ministre des Mines.

Face à la raréfaction du minerai, Areva a montré son intention de sécuriser sa production en rachetant cet été UraMin, pour produire 19.000 tonnes d'uranium d'ici en 2012.

Paris, AWP/AFX - 21 septembre 2007 10h32

© http://www.romandie.com/infos/news2/200709211032001AWPCH.asp

 

 

 

fleche

La France et la République centrafricainepointillés

Reprise d’une mine d’uranium en Centrafrique qui serait exploitée par Areva (21 septembre 2007)

L’Etat centrafricain avait signé une convention minière avec la société UraMin en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma. Effectivement, Areva a acheté cette société UraMin au mois de juillet 2007.

Sur le souci des autorités centrafricaines que l’exploitation bénéficie aux populations locales, nous partageons ce souci. Il nous paraît effectivement important que soit menée dans ce pays une politique d’utilisation optimale des ressources naturelles qui doivent être exploitées au bénéfice des populations.

La France est attaché à ce que l’exploitation de ce gisement se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence.

Dans cette optique, nous encourageons le gouvernement centrafricain à rejoindre les pays africains qui ont adhéré à l’initiative de transparence des industries extractives, qui est un mécanisme que la France soutient. Cette adhésion ne pourra que conforter la transparence du processus d’extraction.


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Devenir personne...finir est souvent plus difficile que commencer

6 novembre 2007

Jean Giraudoux - « Siegfried »

La société de l’ambition

Parmi les pièces à charge fournies aux procès des totalitarismes, figure toujours en bonne place la volonté de forger un « homme nouveau ». Dénoncer l’homme nouveau du communisme, par exemple, est l’une des figures rhétoriques favorites du discours néo-libéral. La tactique étant d’insinuer que le libéralisme, au contraire, serait une politique de tolérance qui prendrait l’homme tel qu’il est. Pourtant, si l’on analyse la société de l’ambition où prospère l’idéologie dominante, on perçoit un ordre dans lequel seul peut s’épanouir, là encore, un homme nouveau. Mais lequel, désormais ? « Siegfried », la pièce de Jean Giraudoux, peut nous aider à répondre.

« Pour imposer définitivement l’économie, son éthique du travail et de l’avarice, il avait fallu au cours du XVIIème siècle interner et éliminer toute la faune des oisifs, des mendiants, des sorcières, des fous, des jouisseurs et autres pauvres sans aveu, toute une humanité qui démentait par sa seule existence l’ordre de l’intérêt et de la continence. La nouvelle économie ne s’imposera pas sans une semblable sélection des sujets et des zones aptes à la mutation. » [1] Qui sont, aujourd’hui, les nouveaux mendiants, sorcières, fous, jouisseurs et pauvres sans aveu ? Qui sont ceux qui démentent le nouvel ordre au point qu’il devra, pour réellement s’imposer, les éliminer du champ politique ? La réponse est perceptible depuis une trentaine d’années, brutale depuis le 6 mai dernier : ceux qui n’ont pas pour ultime horizon d’épanouissement le désir de devenir quelqu’un. Précisons : il ne s’agit pas, cela va de soi, de faire disparaître tous ceux qui ne sont pas des personnalités connues ou reconnues. Mais plutôt d’anéantir un système de valeurs dans lequel on puisse désirer autre chose qu’une distinction spectaculaire. Peu importe, d’ailleurs, que l’on y réalise ou non ses ambitions. L’important est de jouer le jeu : devenir quelqu’un, même si l’on n’est personne. Témoin : l’automobiliste anonyme qui roule sur les boulevards entouré d’une foule indifférente, mais dont les vitres teintées de noir le protègent, telle une star, des regards indiscrets. Il partage - aussi stupéfiant que cela paraisse - le même type de jouissance narcissique que l’écrivain ou le musicien pour qui il ne s’agit plus de réussir en soi un texte ou une composition, mais de produire un livre ou un disque assez stratégiquement ratés pour ne promouvoir que sa réussite sociale. Ceux-là se reconnaîtront aisément dans le mot de N. Sarkozy : « Je veux réconcilier les Français avec la réussite. »


Vitres teintées
(protègent l’anonyme de l’anonymat)

Ces ambitieux, anonymes ou non, nous les reconnaîtrons, quant à nous, sans peine dans le mot de Léon-Paul Fargue : « est bourgeois celui qui met quelque chose au-dessus du sentiment ». Est bourgeois l’auteur qui subordonne la nécessité intime d’écrire au prestige social d’être écrivain [2]. Est bourgeois le plasticien qui fait une œuvre post-moderne uniquement parce qu’il faut être absolument post-moderne. Est bourgeois le mari d’une très belle femme qui l’aime d’abord pour la plus-value dont elle dote son ego. Ou bien, pour le dire autrement, est bourgeois - quelle que soit sa fortune - celui qui ne fait pas réellement ce qu’il fait. Quel observateur attentif n’a pas déjà constaté quelques-uns de ces nouveaux comportements pas si anecdotiques : ici ce sont quelques adolescentes en pleine rue qui soudainement chantent en chœur moins pour le plaisir de chanter que pour le bonheur de se montrer aux autres singeant l’attitude artistique, comme à la Star Ac ? Là c’est un cadre quinquagénaire qui arrive au bureau après un jogging matinal, doté de lunettes noires, d’expressions et d’une gestuelle qui ne sont pas sans rappeler celles... du nouveau président de la République ?

Pour se convaincre de la puissance d’un système de valeurs renversé au point que le sentiment se trouve, désormais, placé au-dessous de tout, il faut lire « Rêver contre soi-même », l’article publié par Mona Chollet au lendemain de la malencontreuse élection de N. Sarkozy à la présidence de la République, et dans lequel l’essayiste dénonce comment le culte de l’ambition cimente l’idéologie libérale : « la victoire de Nicolas Sarkozy en France résulte d’une manipulation à grande échelle des imaginaires. Elle a été préparée par vingt ans de TF1 et de M6, de presse people, de jeux télévisés, de Star Ac et de superproductions hollywoodiennes. Pour pouvoir ricaner en toute tranquillité des beaufs qui ont voté Sarkozy, d’ailleurs, il faudrait pouvoir prétendre avoir échappé complètement à l’influence de cette culture - ce qui ne doit pas être le cas de beaucoup de monde. Le thème récurrent sur lequel tous ces médias ne cessent de broder d’infinies variations, et auquel nos cerveaux, de gauche comme de droite, ont développé une accoutumance pavlovienne, c’est celui de la success story. Qui véhicule un seul message : pourquoi vouloir changer les choses ou se soucier d’égalité des droits, si, à n’importe quel moment, un coup de chance, ou vos efforts acharnés, ou une combinaison des deux, peuvent vous propulser hors de ce merdier et vous faire rejoindre l’Olympe où festoie la jet-set ? « Chacun aura sa chance », clamait Nicolas Sarkozy à peine élu. » [3]

Mona Chollet écrivait déjà, dans son essai « La tyrannie de la réalité », des pages essentielles sur cet Olympe : « Que la vie ait son centre ailleurs qu’en elle-même implique non seulement de se conformer à des principes extérieurs, mais aussi d’attendre de l’extérieur la validation de sa propre existence. » [4] Cet ailleurs est désormais à la fois la terre promise des élus et des exclus : le voici enfin conclu, signé et contresigné le nouveau contrat social analysé par Guy Debord, dans la thèse 30 de « La société du spectacle » : « L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir. L’extériorité du spectacle par rapport à l’homme agissant apparaît en ce que ses propres gestes ne sont plus à lui, mais à un autre qui les lui représente. C’est pourquoi le spectateur ne se sent chez lui nulle part, car le spectacle est partout. » Debord avait parfaitement démontré que la société du spectacle ne pouvait aucunement être une société du « tous bourgeois » : pour que l’illusion se perpétue, il fallait évacuer toute révolte dans une identification assez forte pour générer un désir d’être exploité, qui seul pouvait asseoir une perpétuation efficace de la servitude volontaire dans des temps démocratiques. Formidable coup double qui a le mérite de prévenir idéologiquement toute contestation de fond de ce pacte social : la traduction pragmatique de l’impossible « Tous bourgeois ! » devient donc « Tous ambitieux ! ». Son mot d’ordre : « Deviens quelqu’un ! ».


« C’est ta chance »
Image extraite du clip de Jean-Jacques Goldman
réalisé par Bernard Schmitt (1988) [5]

Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que le sujet idéal de l’idéologie triomphante est un homme ou une femme qui doit apprendre à renoncer au souci de soi, et à ses désirs les plus personnels. C’est le paradoxe de la société de l’ambition : plus elle promeut l’individualisme, plus elle proscrit la singularité individuelle, de sorte que cette aliénation insensée finit par se décupler d’elle-même : « Moins tu es », écrivait Marx, « moins tu manifestes ta vie, plus tu as, plus ta vie aliénée s’étend, plus tu accumules de ton être aliéné. » Ce déracinement permanent ordonne de penser sa vie à chaque instant selon ce mot d’ordre diffusé en continu : « les gens que tu veux fréquenter, ce ne sont pas les gens qui t’entourent. Les lieux que tu veux habiter, ce ne sont pas ceux sur lesquels tu es. Le moment désirable de ta vie, ce n’est jamais celui que tu vis en ce moment, mais un moment utopique futur, que tu dois aujourd’hui travailler à construire. Ta vie idéale ne doit jamais se passer ici, ni maintenant. » C’est peut-être une telle immersion idéologique qui provoque ce que je nomme « le lapsus de Rimbaud » : tout le monde cite inlassablement sa célèbre phrase « la vraie vie est ailleurs » alors que Rimbaud ne l’a jamais écrite (il a écrit en réalité : « la vraie vie est absente » [6]). Mais nous préférons d’autant plus lui faire dire que la vraie vie est ailleurs, que nous avons été dressés à désirer cet ailleurs utopique où l’imaginaire spectaculaire situe la vraie vie.

Ainsi le voyage vers cette terre promise, nous l’avons dit avec Marx, est un voyage à contresens produisant une aliénation qui ne cesse de se rigidifier puisque « dès l’instant où le travail commence à être réparti, chacun a une sphère d’activité exclusive et déterminée qui lui est imposée et dont il ne peut sortir ; il est chasseur, pêcheur, berger ou critique, et il doit le demeurer s’il ne veut pas perdre ses moyens de subsistance » [7]. Devenir quelqu’un, c’est devenir un chasseur, et seulement un chasseur. Un critique et seulement un critique, un philosophe et seulement un philosophe. Et que l’homme simple et hardi ne s’avise pas de se prendre sérieusement pour un critique, un philosophe, un urbaniste, ou un politique tout à la fois ! L’injure d’amateurisme le guettera d’autant plus sournoisement qu’il menacera l’ordre granitique des professionnels autorisés, c’est-à-dire des spécialistes de tout et de rien envers qui la morale impose le respect parce qu’ils font autorité puisqu’ils le méritent grâce à leur travail (N. Sarkozy : « je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite... » [8])

La société de l’ambition se fait fort de rééduquer les aspirations singulières pour les faire entrer dans le cadre étroit des fonctions sociales : devenir totalement sa fonction dans la société, c’est le seul épanouissement que tolère cette fumisterie idéologique qui entretient à dessein la confusion entre individualisme et singularité. Or, tout au contraire, devenir simplement et pleinement l’homme ou la femme que l’on est, c’est d’abord devenir personne, à savoir rejeter l’identité tronquée de la fonction. C’est peut-être le sens de l’une des énigmes posées par l’Odyssée. Quand Ulysse dit au cyclope : « Je suis Personne ! Je suis Personne ! », cette ruse lui permet de ne pas être aliéné dans un quelqu’un de trop précis (par exemple "le roi d’Ithaque", ou encore "le valeureux guerrier de Troie", etc.) C’est précisément à cela que s’attaque la société de l’ambition : l’homme nouveau qu’elle suppose, le seul que menace de tolérer la mutation politique néo-libérale, est manifestement l’antithèse parfaite de ce qui définissait jusqu’à présent l’idée classique d’homme, et avec elle, l’idée d’épanouissement, de vie pleine et réussie. Reprenant à son compte le projet (pourtant à l’origine fort peu libéral) d’homme nouveau, le discours dominant incarne par conséquent plus qu’une simple rupture politique.


A gauche : Ulysse et Polyphème
A droite : Marylin Monroe lisant « Ulysses » de James Joyce

Une relecture de Siegfried, la pièce écrite par Jean Giraudoux en 1928, précise la nature de cette ambition qui menace l’homme moderne [9]. Au moment où s’ouvre la pièce, le conseiller d’Etat Siegfried est l’homme le plus puissant d’Allemagne, celui qui en personnifie la nation. Retrouvé six ans plus tôt sans mémoire, sans papier et sans bagage, il a conquis le peuple allemand. Mais tandis que Siegfried, à Gotha, s’apprête à doter l’Allemagne de sa Constitution, une femme, en France, a perdu le goût de la vie. C’est Geneviève, qui répond, quand on lui demande ce qui l’intéresse le plus au monde : « Au monde ? Rien. Depuis la mort de Jacques, depuis sa disparition du monde ? Rien. »

Au début de la guerre, son amant Jacques Forestier a disparu. Depuis sept ans, Geneviève n’a reçu aucun mot de lui, aucune indication de sa mort. Mais sitôt qu’elle voit le conseiller d’Etat Siegfried, elle reconnaît sans une hésitation qu’il s’agit bel et bien de son amant Jacques, logé dans un mobilier qui est « exactement le contraire » des goûts qu’elle lui connaissait. Siegfried, toujours amnésique, ne se doute encore de rien, mais pressent déjà que pour retrouver son bonheur, son identité et le sens de sa vie, il lui faudra un jour redevenir personne. « Je n’aurai jamais dû vous demander qui vous êtes », confie-t-il à Geneviève, « je vous ai ainsi tout demandé. Un prénom suivi de son nom, il me semble que c’est la réponse à tout. Si jamais je retrouve les miens, je ne répondrai jamais autre chose à ceux qui me questionneront. Oui… et je suis un tel… Oui, c’est l’hiver, mais je suis untel… Qu’il doit être bon de dire : Il neige, mais je suis Geneviève Prat. »

Cet européen du XXème siècle, dont nous sommes, à tant d’égards, les héritiers, et dont Giraudoux traduit la contradiction existentielle, peut-il encore espérer revenir à lui, retrouver les siens, devenir lui-même ? Ou bien doit-il se résigner à la marche du monde et renoncer à ce retour ? Le héros Siegfried a-t-il encore une chance de redevenir ce simple Jacques Forestier qu’il fut ? Dès la fin de l’acte I, le spectateur a au moins une bonne raison de l’espérer. C’est que Geneviève, la femme qui l’aime, est partie à sa recherche. Et le retour semble presque inéluctable à partir du moment où ce sont les nôtres qui partent à notre recherche [10]. Souvenons-nous ici de l’injonction pernicieuse que la société de l’ambition diffuse en continu : « les gens que tu veux fréquenter, ce ne sont pas les gens qui t’entourent... Ta vie idéale ne doit jamais se passer ici, ni maintenant. » Voilà pourquoi les gens qui nous sont proches présentent aussi un certain danger pour le fléau néo-libéral (on songe ici, par exemple, à la promotion glamour de l’adultère de type bourgeois, qui n’a absolument rien voir avec le libertinage) : c’est que nos proches - amis, amours, parents, enfants - pourraient bien s’aviser de venir nous soustraire à ce désir un peu suspect de flatter notre amour-propre, et se mettre en tête de nous ramener à ce qu’ils aiment en nous, et qui n’est souvent personne d’autre que celui ou celle que nous sommes le plus simplement du monde.

Il suffirait pourtant, pour commencer ce retour à soi, de presque rien. Mais les yeux fixés sur l’image spectaculaire et culpabilisatrice du moi idéal nous détourne de cette acuité qui rend lisibles les détails de notre vie. C’est ce presque rien qui sera l’atout maître joué par Geneviève afin de ramener Siegfried à la raison. Car, si le héros de Giraudoux renonce à son destin en Allemagne, que lui restera-t-il, ici en France, quand il sera redevenu Jacques ? Et qui l’attend, quand ce grand homme sera redevenu Monsieur Tout-le-monde ? « Son chien », répond Geneviève. « En effet, je n’y pensais pas. J’étais ingrate ! Ton chien t’attend, Jacques. Tous les autres ont en effet renoncé à toi : tes amis, tes maîtres, tes élèves. Moi-même, je me croyais autorisée à ce renoncement, parce que j’avais renoncé à ma propre vie. Lui n’a pas renoncé, il t’attend. Il est plus ridicule que vous ne pouvez même le croire : c’est un caniche. Il est blanc, et comme tous les chiens blancs en France, il a nom Black. Mais Jacques, Black t’attend. » A quoi Eva, calypso teutonne désespérée de voir, en quelques mots, lui échapper cet homme simple qu’elle avait aidée à devenir Siegfried, tente une parade qui déjà sonne faux : « On illumine ici en ton honneur. On t’acclame. Entends la voix de ce peuple qui t’appelle. Entre cette lumière et cette obscurité, que choisis-tu ? Ce n’est pas un chien que cette femme a placé en appât dans la France. C’est toi-même, toi-même en inconnu, ignoré, perdu pour toujours. Ne te sacrifie pas à ton ombre. »


Le chien Argos
est le seul qui reconnaît Ulysse à son retour.
Il meurt juste après avoir revu son maître.

Eva n’est pas la seule à vouloir retenir Siegfried/Jacques loin de lui-même, on le comprend d’autant plus aisément qu’il en va du destin de l’Allemagne en 1928 ! Aux généraux qui redoutent de le voir rentrer en France, Siegfried, déjà hésitant à demeurer ce grand homme qu’il est devenu presque malgré lui, rétorque : « En quoi pouvez-vous souffrir, si je vais, bien silencieusement, je vous assure, d’une main anonyme et aveugle, reconnaître le visage de mon passé ? Si mon oreille est soudain curieuse d’apprendre quel est le bruit des trains sous les ponts, le cri des enfants, le silence nocturne de mon ancien pays ? » D’une main anonyme dit-il : anonyme, comme le sans papier, victime expiatoire de toute la rancœur nationale, anonyme comme l’artisan méconnu, anonyme comme la mère de famille bienveillante, anonyme comme l’homme qui marche seul en tête pour tracer une route à travers la neige vierge [11]. Anonyme l’enseignant. Anonyme l’assistante sociale. Anonyme, bien souvent, celui qui est au lieu de faire semblant. Anonyme : tel sera désormais le nom du parfait souffre-douleur à l’école de l’ambition. Anonyme dont le goût déplacé pour la simple douceur angevine est un tel affront à la compétition généralisée qu’il en perdra, d’autant plus brutalement, ses droits les uns après les autres. Sécurité matérielle, droit à la santé, quiétude, et gratification : place aux « m’as-tu-vu soucieux avant tout de se faire voir et de se faire valoir, en contradiction totale avec les valeurs de dévouement obscur à l’intérêt collectif qui faisaient le fonctionnaire ou le militant. » (Pierre Bourdieu, « Contre-feux », p. 12)

Anonyme était pourtant Siegfried, le conseiller d’Etat dont on ignorait jusqu’au véritable nom et que son chien attendait, « parfois dans la terre, c’est vrai, en creusant. Mais le plus souvent dans l’air, à la hauteur où l’on trouve les visages des autres hommes. Lui ne croit pas que tu t’es réintégré secrètement et par atomes à la nation. Il t’attend tout entier. Le drame, Jacques, est aujourd’hui entre cette foule qui t’acclame, et ce chien, si tu veux, et cette vie sourde qui espère. Je n’ai pas dit la vérité en disant que lui seul t’attendait... Ta lampe t’attend, les initiales de ton papier à lettre t’attendent, et les arbres de ton boulevard, et ton breuvage, et les costumes démodés que je préservais, je ne sais pourquoi, des mites, dans lesquels, enfin, tu seras à l’aise. Il y a entre les moineaux, les guêpes, les fleurs de ce pays et ceux du tien une différence de nature imperceptible, mais inacceptable pour toi. C’est seulement quand tu retrouveras tes animaux, tes insectes, tes plantes, ces odeurs qui diffèrent pour la même fleur dans chaque pays, que tu pourras vivre heureux, même avec ta mémoire à vide, car c’est eux qui en sont la trame. Tout t’attend en somme en France, excepté les hommes. Ici, à part les hommes, rien ne te connaît, rien ne te devine. »

Comparaison n’est pas raison, alors soyons malicieux : qui fut cet homme nouveau, ce Conseiller d’Etat, ce “sauveur” de l’Allemagne, au moment où se déroulait l’action de la pièce de Giraudoux, soit à la fin des années 20 ? Jacques Forestier ? Non, c’est quelqu’un d’autre, le Siegfried de la véritable Histoire : c’est Hitler. Mais est-ce encore Hitler, ce petit bonhomme à moustache qu’écoute religieusement une foule obéissante ? Non : c’est un modeste barbier juif amnésique. Cet anonyme, cet autre Monsieur Tout-le-monde, ce n’est pas un dictateur, c’est Charlot ! Et ce n’est pas une foule obéissante, mais une multitude attentive qui s’apprête à acclamer son discours de rupture [12]. Que dit-il, ce barbier, qui ne veut pas être empereur, ne veut « ni conquérir, ni diriger personne » ? Il dit qu’il ne faut pas se faire trop d’illusions sur l’issue fatale d’une société de l’ambition, quelle que soit sa forme, dure ou soft : elle mène généralement au pire. Il ne dit pas qu’il faut pousser violemment cette idéologie pour l’ébranler, mais seulement ne plus la soutenir, et nous la verrons, « tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. » (La Boétie). Tout nous attend, en somme, en France, excepté l’amertume de ceux qui redoutent le progrès. Notre première lutte contre le sarkozysme est une lutte avec nous-mêmes : ne pas consentir à la société de l’ambition, se souvenir de la ruse de l’inventif, qui pendant des années erra, souffrant beaucoup d’angoisses dans son âme pour défendre sa vie : devenir personne.

Gilles D'Elia

Notes

[1] Extrait de « L’insurrection qui vient » (p. 57) publié par le Comité invisible aux éditions La Fabrique.

[2] On se souvient du célèbre texte sur Philippe Sollers publié par Pierre Bourdieu en 1995 : « il est l’incarnation idéaltypique de l’histoire individuelle et collective de toute une génération d’écrivains d’ambition. » (nous soulignons). « Contre-feux », (p. 19)

[3] Mona Chollet, « Rêver contre soi-même - Faiblesse de l’imaginaire de gauche », publié sur Périphéries.

[4] Mona Chollet, « La tyrannie de la réalité », (p. 116). Calmann-Lévy, 2004.

[5] Ce petit hymne incitant à privilégier l’ambition comme seul salut mérite grandement d’être revu aujourd’hui, vingt ans plus tard. Il est en ligne ici.
Notez les paroles prophétiques : « Pas de privilège hérité / Et si t’as pas les papiers pour être fonctionnaire / Tout seul apprend à fonctionner / Yeah »

[6] Rimbaud écrit : « Quelle vie ! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. » Extrait de « Vierge folle - L’Époux infernal ».

[7] Karl Marx et Friedrich Engels, « L’idéologie allemande ».

[8] Discours de N. Sarkozy, 6 mai 2007.

[9] On relèvera l’exemple plaisant que donnait déjà, il y a plus de dix ans, le « Petit Robert » pour définir le mot ambition : « il a l’ambition de devenir président »...

[10] L’Odyssée d’Homère commence textuellement le jour où Télémaque se décide à partir rechercher son père.

[11] Varlam Chalamov, « Les récits de la Kolyma », « Sur la neige » (1956)

[12] Charles Chaplin, « Le Dictateur », vidéo du discours final.

 

encore une histoire de train...et de la nécessité de ne pas briller...

11:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Les défenseurs des dix de Tarnac marquent un point

Les avocats des dix militants anarcho-communistes mis en examen à la fin de 2008 dans l'affaire du sabotage des lignes TGV viennent de marquer un point. Le président de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a accédé aujourd'hui 8 janvier à leur requête: il accepte d'étudier leur appel contre le refus du juge Fragnoli, en charge du dossier, d'auditionner en leur présence Jean-Hugues Bourgeois. Cet ex-témoin sous X est récemment revenu sur ses déclarations accablantes pour Julien Coupat, le leader du groupe.

Par Anne Vidalie, Eric Pelletier, publié le 08/01/2010 à 18:57 - mis à jour le 08/01/2010 à 19:02

 

 

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CHAMBRE 7 -1

Chambre de l'instruction
du pôle terrorisme - JIRS - criminalité organisée

- Recours contre les décisions des juges d'instruction de la section anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris
- Recours contre les décisions des juges d'instruction spécialisés dans les affaires JIRS criminalité organisée

Ces magistrats sont désignés pour composer la formation de la chambre de l'instruction de la cour d'appel, afin de juger en appel les procédures relatives aux délits entrant dans le champ d'application des articles 706-73 et 706-74 du code de procédure pénale

 

Section 3 : Des menaces de destruction, de dégradation ou de détérioration et des fausses alertes.

 

10:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/01/2010

Radio FM "libre" à Surobi...la voix de son maître en Afghanistan ?

Radio Free Otan - Propagande et guerre de basse intensité:

Alfred De Montesquiou nous apprends, dans un article mainte fois repris dans tous les organes de presse officiants pour le libre marché concurentiel de la Paix dans le Monde,  qu'une "radio locale" a été créée à Surobi, en Afghanistan, par des militaires français "dans un vieux bunker soviétique".

On peut y lire qu' "un groupe de collabos civils afghans et de l'armée d'occupation légionnaires français s'activent autour d'ordinateurs portables et de micro...la première radio FM du district de Surobi, à l'est de Kaboul, diffuse la propagande Otanesque des informations et de la musique à destination de la population locale."

posteradioresistants_82721.jpg

les deux titres les plus programmés: "KarzaÏ nous voilà " et "Le chant des Talibans"

 

Sur un air d'anti-communisme primaire:

Détail croustillant concernant l'historique du bâtiment "le studio de fortune, installé sur une base de l'OTAN, est logé dans les restes d'un bunker où des dizaines de soldats soviétiques ont été tués par les combattants afghans dans les années 1980."

Il doit certainement encore flotter dans l'air "l'odeur, légère, de putréfaction et de mort" comme à Gori en Géorgie...

Ceci n'est sans doute pas sans déplaire à nos professionnels armés de la paix dans le monde! L'odeur légère d'hémoglobine et la sensation de patauger dans du sang de communiste, le tout en musique, dans un bunker...ils n'ont plus qu'a enfiler leur sweat-shirt de consanguin thor steinar...le rave generalmajor !!!

 

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Joueur de fifre allemand "Lanz knecht" plus connu sous le nom de Lansquenets que l'on trouve généralement comme fond musical sur les blogs info patriotique de consanguins.

 

Mondialisation du communautarisme:

Aussi surprenant que celà puisse paraître, le capitaine Michel, parachutiste de la Légion étrangère de 32 ans, en charge de la station, avoue que "l'objectif est vraiment de donner aux habitants locaux leur propre radio communautaire".

Oui, du coup c'est déstabilisant...je sent que le doute vous assaille...vous pensiez jeunes filles afghanes, mains coupées, barbus à kalashnikov et vous venez d'apprendre que nous avons envoyés des militaires là-bas pour y installer une radio...

 

Ici Surobi, les Afghans parlent aux Afghans:

Sentant que vous n'êtes pas convaincu par cette démarche philantropique, le capitaine Raphaël (journaliste de radio et officier de réserve) va vous rassurer en affirmant que: "Radio Surobi ne cherche pas à faire la promotion des forces de l'OTAN ou la critique des talibans. Elle se concentre sur "les nouvelles essentielles, la musique et les préoccupations de la population"...

Le doute n'est plus permis..."Parmi les sujets d'actualité traités lors d'un récent journal: l'arrestation d'un adjoint au maire pour corruption"l'élu n'est pas des Hauts de Seine, mais de Kaboul), des difficultés de circulation sur un axe majeur qui traverse Surobi (la chronique Bison Futé), la libération de prisonniers dans une province proche (mais pas un mot sur Guatanamo), une visite du Premier ministre britannique Gordon Brown dans le sud du pays et, pour finir, des résultats de cricket (de la vraie info libre et pertinante, comme ici en France!).

http://api.ning.com/files/zWujlQ003uMK4jRPbAFQlGfn5K3nm822Cd*pTmZwom6Ui9PeiucwDWObe5gh5BGgeaSiurx4leLZkomF-VWxkLeNOzpcChB6/quadernifascisti4.jpg

Diffuser c'est bien mais qui écoute ?

Et oui, à quoi bon diffuser si personne n'a de quoi écouter, comme le 18 juin 1940...

Et c'est là que le génie militaire rentre en action...

Du coup c'est le colonel Durieux qui intervient pour annoncer le point d'orgue de la mission:"Les unités de l'OTAN sont chargées de distribuer 4.000 radios alimentées par capteurs solaire et piles".

Oui, toi aussi tu est scotché dans ton fauteuil...qu'elle idée lumineuse...bon, je vais faire le pointilleux et faire remarquer qu'ils auraient pu distibuer des radios qui se remontent aussi mécaniquement (à dynamo):

Plaquette%20freeplay.pdf

 

Deux capitaines, un colonel...l'affaire est sérieuse...il est donc impossible de renvoyer les troupes d'Afghanistan, la programmation en serait perturbée...

 

Arme secrête de Contre-guerilla:

Moi ça m'a fait tilt...je me suis dit que si les Afghans avaient leur radio libre, on pourrait aussi l'utiliser pour envoyer des musique subliminales... ou alors même mieux...plutôt que d'envoyer des tracts par avion, on lance des petits transistors comme ceux que trouvent nos enfants des pays libres dans les boîtes de "manger heureux" et qui diffuserait de la musique qui rendrait pacifique (et consommateurs de produits manufacturés) les insurgés taliban...

Vas'y Mireille ! C'est de la balle !

23:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/01/2010

Semaine de solidarité aux inculpés de Vincennes - 17-24 janv 2010

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19:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

La Souris déglinguée + Monster Klub au Bataclan, le 23 janvier 2010

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Le Bataclan



50 Boulevard Voltaire
75011 Paris
01 49 23 96 33
Itinéraire -
Métro : Oberkampf

16:22 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Eric Cantonna nous rappelle les vraies valeurs de la Résistance au grand journal de canal + !

 

Aujourd’hui on nous encourage à devenir des mafieux par ce qu’on vit dans un Etat complètement mafieux...

On est racketté, on est racketté tous les jours, je ne parle même pas d’argent.

Ils avancent masqués, tous les jours. Ils veulent nous faire avaler des couleuvres, on veut nous terroriser...et qu’est ce qui faut faire ?

On va descendre dans la rue comme des malades ? Et s’il faut le faire un jour...on le fera...

A un moment donné il faut vraiment prendre conscience de ce qui se passe quoi...c’est super grave...

Alors qui sont les flingueurs ? (parle-t-il d'Erignac et du procès Colonna ?)

Y’a des gens qui crèvent tous les jours dans la rue...Y’a de la discrimination...on encourage la délation...la solidarité ça n’existe même plus...

Ce qui est dangereux c’est que ça rejaillit sur les gens...c’est ce que nous sommes entrain de devenir qui est dangereux...Nous sommes aujourd’hui les flingués...nous devons prendre conscience de ça.

15:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Henry Salvador "Les Martiens"

(R.L. Rappaport/S. Rappaport/Spirit) adaptation française Bernard Michel

Sur l'écran de ma télé
Un jour j'ai vu soudain
Un petit homme vert qui me disait
Moi je suis un Martien
Oui je suis un vrai Martien et je viens sur la Terre
Pour vous dire que tout va très bien
Chez les petits hommes verts

Papapoum mémé…
Papapoum mémé…
Hi hi hi hi…

Quand je vous vois de tout là-haut fabriquer des fusées
Pardonnez-moi je trouve ça idiot et ça me fait rigoler
Car pendant que vous travaillez pour payer vos impôts
Nous, les Martiens on va danser au son de nos pipeaux

Papapoum mémé…
Papapoum mémé…

Hi hi hi hi… Vive les Martiens !

Sur Terre, les femmes vous font marcher
Vous piquent votre pognon
Chez nous, on les fait travailler
Sans leur donner un rond
D'ailleurs, nous on n'a pas d'argent
Et comme il y a trente filles pour un garçon
C'est épatant
Toutes les filles sont gentilles

Hi hi hi hi… Vive les Martiens !
Si jamais vous venez chez nous un jour pour prendre l'air
Nous autres sans s'en faire du tout on ira sur la Terre
Mais comme vous êtes complètement fous
Vous partirez ailleurs
Et comme on reviendra chez nous
Vous l'aurez dans le baigneur

Ha ha ha…
Hi hi hi hi…
On est des rigolos les Martiens !

 

11:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/01/2010

Camp No Border à Bruxelles sept./oct. 2010

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Le 5 décembre quelques activistes se sont réunis une première fois pour discuter de l’organisation éventuelle d’un NoBorderCamp (NBC) à Bruxelles. Un concensus en est ressorti visant à organiser ce dernier, qui prendrait place durant l’été 2010 (en septembre ou en octobre)


POURQUOI A BRUXELLES?

- Bruxelles est un symbole dans la mise en oeuvre de la politique (anti)migratoire européenne : Le parlement européen y est installé et à partir de juillet 2010 la Belgique reprendra la présidence de l’Union Européenne. Nous voulons d’une part mettre en question les politiques (anti)migratoires européennes, et d’autre part renforcer la dynamique des activistes européens dans ce domaine.

- Bruxelles est aussi le centre des décisions gouvernementales belges. Le parlement et la chambre y sont installés, de même que les sièges des principaux partis politiques et la direction des administrations chargées de « l’accueil » des étrangers et de leur accès (ou non) au territoire (CGRA, Office des Etrangers, etc.)

- Bruxelles est cosmopolite et connue pour sa vie multiculturelle. De nombreuses communautés de migrants, sans papiers ou non, y vivent et se sont montrées très actives lors des luttes de ces dernières années. Un NoBorderCamp permettrait ainsi de renforcer les liens entre les activistes européens et les sans papiers en lutte.


QUAND ?

Le NBC aurait lieu en septembre ou en octobre 2010 durant une semaine (+3 jours de préparation). Les dates exactes seront définies en janvier en fonction des mobilisations internationales, des sommets européens et des agendas scolaires.

La construction du camp se ferait les vendredi, samedi et dimanche pour pouvoir débuter le camp à proprement parlé du lundi au vendredi. Ce dernier se terminerait le samedi par une grande manifestation à Bruxelles puis le dimanche par un débriefing, le démontage du camp et la remise en état des lieux.


LE CONCEPT DU CAMP :

Le concept serait de proposer des activités décentralisées, autour de thèmes choisis pour chaque journée. Ainsi des ateliers, projections, animations, débats ou concerts seront organisés dans divers endroits à Bruxelles, tant que possible autour de thèmes tels que :

- Frontex et la militarisation des frontières / les politiques sécuritaires
- La clandestinité et les luttes des migrants
- Capitalisme et migrations, exploitation et appauvrissement
- Centres fermés et expulsions
- Les politiques (anti)migratoires européennes Et après la grande manifestation : Alternatives, quid de l’après NBC ?


COMMENT APPORTER SON SOUTIEN ?

Un NOBORDERCAMP est ce que l'on veut en faire :

- Participe à la réunion du 11 janvier à 19h30. L’adresse te sera communiquée sur demande par email
- Si tu as des idées d'ateliers, de films ou d'une expositions, que tu connais un orateur intéressant ou que tu as d'autres propositions modestes et géniales en tête, contacte nous !
- Nous avons également besoin de terrains, de locaux, d’endroit pour loger des activistes etc pour cette période. Si tu connais des propriétaires sympathiques ou si tu as des idées, contacte-nous !
- C'est un projet collectif et autogéré : encourage tes amis et camarades activistes à participer ! Chacun y a sa place !
- Un compte sera ouvert pour les soutiens financiers
- Si tu désires organiser une activité, une soirée de soutien, ou réfléchir comment participer d'une manière ou d'une autre à l'organisation, n'hésite pas à nous contacter à l’adresse:  Nobordercamp@vluchteling.be

19:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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