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25/02/2010

"On s'acharne sur Cipriani et Rouillan"

Me Jean-Louis Chalanset

Le parquet s'est une nouvelle fois opposé, mercredi, à ce que Georges Cipriani, un membre d'Action directe emprisonné depuis 23 ans, bénéficie d'un régime de semi-liberté. Son avocat, Me Jean-Louis Chalanset, dit sa colère.

Le tribunal d'application des peines (Tap) de Paris a accordé, mercredi, un régime de semi-liberté à Georges Cipriani, 59 ans, l'un des deux derniers anciens d'Action directe encore en prison. Mais l'appel aussitôt formulé par le parquet de Paris suspend cette mesure. Détenu depuis 1987, Cipriani, comme Jean-Marc Rouillan, Nathalie Menigon et Joëlle Aubron - le "noyau dur" du groupe terroriste d'extrême-gauche des années 1980 - a été condamné à deux reprises à la réclusion criminelle à perpétuité pour les assassinats de René Audran, inspecteur général de l'armement, en 1985, et de Georges Besse, PDG de Renault, en 1986.

Jean-Louis Chalanset, l'avocat de Cipriani et de Rouillan - à 57 ans, ce dernier a été remis en détention en 2008 pour avoir enfreint, dans une interview à L'Express, l'interdiction d'évoquer les faits incriminés - dénonce "l'acharnement judiciaire" qui, selon lui, frappe les anciens membres d'Action directe.

Comment réagissez-vous à cet appel du parquet?

Je m'y attendais, malheureusement. L'année dernière, il avait bénéficié d'une mesure identique et le parquet avait également fait appel. Il opposait à Cipriani le fait de ne pas avoir indemnisé les victimes, de ne pas présenter un "projet professionnel" suffisant - il devait travailler 24 heures par semaine dans une association caritative - et d'être "manipulable" parce que trop fragile psychologiquement. Cette fois, il avait la possibilité de travailler une trentaine d'heures pour la banque alimentaire et le Secours populaire. Il devait indemniser les victimes, même si, compte tenu de son petit salaire, il s'agit évidemment d'une mesure symbolique. Mais là, encore, on lui dit non. C'est la quatrième fois, depuis 2005, qu'on lui refuse cette mesure de semi-liberté. Le parquet fait preuve d'acharnement.

En quoi?

Georges Cipriani a près de 60 ans. Il est détenu depuis plus de 23 années, c'est à dire qu'il a purgé cinq ans de plus que la peine incompressible qui avait été prononcée. Il me paraît évident qu'il n'y a aucun risque de récidive. C'est un homme malade [il a séjourné en hôpital psychiatrique - NDLR] même si l'administration ne prend pas en compte les affections psychiatriques. En fait, cela va au-delà de l'acharnement: nous sommes face à une volonté d'anéantissement de la personne. C'est une forme de vengeance d'Etat à l'encontre des anciens d'Action directe. Quel que soit le regard que l'on porte sur leur passé, il faut bien constater que la France est le dernier pays à détenir des activistes pour des faits remontant aux années 1980. En Italie et en Allemagne, les personnes emprisonnées à cette période, pour des faits plus graves encore, ont été relâchées.

Où en est Jean-Marc Rouillan, le fondateur d'Action directe?

Depuis mai 2009, il sait qu'il est atteint d'une maladie dégénérative rare [le syndrome d'Erdheim Chester, une maladie qui calcifie certains organes - NDLR]. En France, il n'y a qu'un spécialiste pour ce type d'affection, à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière (XIIIe arrondissement de Paris). Actuellement, Jean-Marc Rouillan se trouve à la prison de Fresnes pour six semaines, mais d'ordinaire il est détenu près de Toulouse. A ce jour, il n'a toujours pas été examiné par ce spécialiste, qui est pourtant prêt à le recevoir! Il n'a aucun traitement adapté. En décembre dernier, nous avons déposé une plainte pour non-assitance à personne en danger. En octobre, j'ai également déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-s-acharne-sur-cipriani-et-rouillan_851288.html

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BAUER - RAUFER - GLENN BECK - La mise en scène du terrorisme

Le spectacle antiterroriste et ses metteurs en scène

A propos de Bauer-Raufer, les duettistes du cirque antiterroro

lundi 16 novembre 2009, par Serge Quadruppani


En février 2009, Michèle Alliot-Marie exposait l’argumentaire justifiant les énergies déployées pour monter le spectacle appelé « affaire de Tarnac » : « L’effondrement du parti communiste et des partis de gauche d’une façon générale entraine automatiquement (…) la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents. Nous sommes aujourd’hui en Europe dans cette phase. Ce qui se passe en Grèce, ce qui se prépare en Allemagne, en Italie ou en Belgique, ce que nous commençons à voir surgir en France, c’est cela. » Et d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui « contestent l’Etat, contestent l’autorité ». Mais à qui demande-t-elle de « créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes » ? En fait, elle parle à la tribune de la convention annuelle du Mouvement Initiative et Libertés, association qui se défend d’être une simple résurgence du Service d’Action civique (SAC), organisation gaulliste de droite qui s’était rendue célèbre dans les années 70 par son activité de fichage et ses interventions musclées antigrévistes et antigauchistes. Mais le MIL a été fondé par les dirigeants du SAC peu après l’autodissolution de ce dernier, consécutive à la tuerie d’Auriol, affaire de meurtres commis par certains de ses membres, et l’idéologie que le mouvement défend est la même.

En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc des « milistes » (je n’ai pas dit « miliciens ») à jouer sur le besoin d’Etat qui travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient « mieux disposés » à « isoler » ceux qui attaquent l’Etat. « A condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire ». Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec tant d’insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé dans un rôle de conseillers des princes et d’experts médiatisés. Leur binôme est tout à fait dans l’air d’un temps où le sarkozisme fait fusionner les idées et les hommes venus de l’extrême-droite avec ceux provenant de la « gauche » gestionnaire : Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain), vient d’Occident et des réseaux de guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et poursuivi au Grand Orient de France. Le premier semble mieux doué pour s’imposer dans les milieux universitaires et éditoriaux, le second pour gagner de l’argent : alors que les deux compères ne semblent pas plus pourvus, l’un comme l’autre, de légitimité universitaire – Raufer n’a passé que récemment un doctorat de… géographie, ce dernier a créé dès 1998 une structure à sa main au sein de l’Institut de criminologie de l’université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front national), le Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC), tandis que Bauer a dû attendre l’année dernière pour qu’en récompense des services rendus, le pouvoir sarkozyste crée spécialement pour lui une chaire de criminologie au Conservatoire des arts et métiers, suscitant de nombreuses protestations (mais le fait de ne posséder qu’un Diplôme d’études supérieures spécialisées ne l’empêchait pas de dispenser depuis longtemps des cours dans de nombreux instituts à travers le monde). L’un et l’autre se flattent d’être enseignants et directeurs de recherche dans ces hauts lieux démocratique que sont, en Chine, l’Ecole supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer a développé une société de conseils en sécurité qui accumule les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises.

Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la « science » du duo. En 1998, leur « Que Sais-Je » intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient avec insistance s’en tenir aux faits : ainsi, toutes les émeutes recensées dans les quartiers chauds étaient-elles présentées comme destinées à protéger le trafic de drogue, ce qui permettait ensuite de suggérer une prétendue mesure de la croissance du trafic.

Publiée par nos duettistes sous un titre qui fleure l’altermondialisme, La face noire de la mondialisation est en fait la transcription sur un support prestigieux et prétendument neutre (les éditions du CNRS) des thèses du DRMCC, déclinées sur le site de ce dernier souvent exactement dans les mêmes termes que dans le livre, dès les déclarations de principe du département et ensuite, jusqu’à plus soif, dans d’innombrables articles. Le discours opère en deux temps : description terrorisante du monde : caractère mutant et hybride des nouvelles menaces, incapacité de la communauté internationale à ramener l’ordre sur terre, etc avant de dégainer la « trouvaille » des auteurs : le « décèlement précoce ». Il faut s’attaquer aux nouvelles menaces quand elles ne sont encore qu’un « bourgeon », et cela grâce au regard d’experts formés par les Bauer et Raufer. On a eu une démonstration de « décèlement précoce » avec l’affaire de Tarnac. En avril 2009, au terme d’un sujet du Journal télévisé de France 2 qui mélangeait allègrement des images des bagarres au sommet de l’OTAN à Strasbourg et d’autres de Coupat et de L’insurrection qui vient, Bauer expliqua que les « prémisses étaient les mêmes » entre les gens de Tarnac, Action directe et les Brigades rouges. Président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie, il répond le 19/10 à une interview de Libération à propos de deux nouveaux fichiers (pouvant intégrer des mineurs de 13 ans) créés par Hortefeux en prenant prétexte de 18 vitrines brisées à Poitiers : « il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas encore commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire » !

Une fois le décèlement précoce opéré, et les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, qu’est-ce que nos experts conseillent de faire ? Voici les lignes conclusives de leur livre publié par le CNRS : « Quels coups sévères porterait-on à toutes ces entités (…) dans tous leurs champs d’action en considérant désormais comme stratégiques le cadre et les harmonies – le terreau criminel – dans lequel elles opèrent, puis en entreprenant de les nettoyer (souligné par moi, SQ) ? Cette approche est infiniment plus efficace que la démarche consistant à « saucissonner » l’ensemble en mille procédures tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés… » Il n’est pas indifférent de savoir que la Ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, a cette « pensée »-là dans la tête quand elle s’adresse aux continuateurs d’une organisation où l’on dressait, en 1968, des plans pour regrouper les gens de gauche dans des stades.

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Intersquat - ATTAQUE FRONTALE du 20 au 28 mars 2010 à Grenoble

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ATTAQUE FRONTALE du 20 au 28 mars 2010 à Grenoble

C'est la fin de l'hiver. C'est le retour des expulsions.
Eh oui, car pour les squatteureuses, les mal-logé-es, les Rroms, les
sans-papiers, les personnes ayant des difficultés à payer leur loyer, le
retour des beaux jours, cela signifie également la fin de la trêve
hivernale.
Pour montrer que des formes de solidarité collective existent contre ces
sombres aberrations, et pour faire la lumière sur les méfaits de la
propriété privée, du 20 au 28 mars 2010 se tiendra une « Attaque frontale
»: un festival intersquat contre les expulsions et la propriété privée,
pour se réapproprier la ville. Durant ce festival, de nombreuses activités
seront organisées par / dans différents squats de l'agglo grenobloise: une
semaine de concerts, projections de films, balades, repas vegans,
discussions, et bien plus encore, pour faire front face aux politiques
gestionnaires qui nous pourrissent la vi(ll)e.
En effet, investisseur-euses privé-es et décideur-euses publics-ques
entretiennent une logique d'aseptisation de la ville: destruction des
quartiers populaires au profit de complexes HQE (Haute Qualité
environnementale) pour cadres dynamiques du CEA (Commissariat à l'Energie
atomique), expulsion et répression des populations gênantes... A Grenoble
comme ailleurs, la gentrification bat son plein.
Et ce ne sont pas les élections régionales des 14 et 21 mars qui pourront
apporter des solutions: quelle que soit leur appartenance politique, les
élites au pouvoir continueront d'entretenir ces logiques urbaines et
sociales.
Parce que nous sommes tou-tes confronté-es à des difficultés de logement,
pour pouvoir affronter collectivement ces questions, et parce que nous ne
sommes pas une avant-garde éclairée, nous vous invitons à participer à
cette « Attaque frontale », une mise en lumière de la ville de Grenoble à
faire pâlir d'envie la MC2...

FESTIVAL INTERSQUAT
contre les expulsions et la propriété privée... réapproprions-nous la ville!

Plus d'infos à venir sur:
http://grenoble.squat.net/

L'affiche du festival (grand format):
http://grenoble.squat.net/2010-03_Grenoble_Festival_Intersquat-B.jpg

Pour nous contacter:
attaque-frontale at squat.net

NB: Pour la période du festival, on essaiera d'héberger tout le monde,
mais n'hésitez pas à venir avec des tentes, plusieurs squats ont des
jardins qui seraient à vous accueillir également de cette manière...
Envoyez un mail à l'avance pour nous prévenir de votre arrivée SVP. Début
mars, un programme d'activités plus précis devrait être publié, histoire
de vous donner un peu plus envie de participer.

07:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2010

PIGS... Le destin des USA est-il de suivre la Grèce dans sa crise ?

Glenn Beck: Is U.S. Doomed to Follow Greece Into Crisis?

Friday, February 12, 2010

 

Grève générale en Grèce contre le plan d'austérité

AP | 24.02.2010 | 10:48

Les salariés du public et du privé ont entamé mercredi une grève générale de 24 heures en Grèce afin de protester contre le plan d'austérité du gouvernement, destiné à assainir les comptes publics du pays.

Cette première grève générale depuis l'élection du gouvernement de centre-gauche en octobre dernier a déjà entraîné l'annulation de tous les vols au départ et à l'arrivée des aéroports grecs. Les trains et les bateaux fonctionnaient au ralenti.

Des millions d'habitants de la banlieue athénienne ont dû trouver des solutions pour se rendre dans la capitale, alors que les écoles et les administrations étaient fermées. Les journalistes suivaient également une grève de 24 heures.

Deux manifestations séparées sont prévues dans le centre d'Athènes, à l'appel des deux principales confédérations syndicales, celle du secteur privé, GSEE, et celle du public, ADEDY, toutes deux férocement opposées aux mesures de rigueur annoncées par le gouvernement de Georges Papandréou. Le Premier ministre socialiste a promis à Bruxelles de ramener le déficit public de 12,7% du PIB à 8,7% cette année. AP

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Grèce : Bruxelles nie toute avance de fonds

[ 22/02/10  - 18H44   - actualisé à 18:56:00  ]

Le "Spiegel" a affirmé lundi qu'un plan de 25 milliards d'euros serait à l'étude. L'idée d'aider un pays qui a fauté continue de hérisser la majorité des Allemands.

Les propos du "Spiegel" n'y ont rien fait. Le journal allemand avait beau avancer, dans son édition de samedi, que les pays de la zone euro travaillaient actuellement à l'élaboration d'un plan visant à débloquer jusqu'à 25 milliards d'euros pour venir en aide à Athènes, les démentis ont fusé. Lundi, à Bruxelles, c'est le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj, qui a réagi : "Je n'ai pas de commentaire à faire sur un tel plan qui n'existe pas", a-t-il assuré. Et de poursuivre: "Il n'y a pas le moindre euro, car la Grèce n'a pas demandé le moindre euro d'aide financière."

La veille, c'était le ministère allemand des Finances, qui avait également nié un tel projet. Des dénégations qui s'expliquent en partie par le contexte politique allemand: l'idée d'un soutien financier à la Grèce continue d'être très largement rejetée outre-Rhin. Hier, le plus populaire des journaux allemands, "Bild", croyait savoir, en "une", que la facture de la banqueroute grecque pourrait aller "jusqu'à 5 milliards d'euros" pour ses compatriotes (voir photo ci-dessus). D'où la prudence d'Angela Merkel sur ce dossier, qui a obtenu des Européens qu'ils n'affichent qu'une solidarité de principe avec la Grèce, sans évoquer le moindre transfert financier. Hier, un porte-parole du ministère allemand des Finances a même estimé qu'il allait "sans conteste falloir réfléchir" à la question de "nouvelles règles et possibilités de sanction" contre les pays dont les finances dérapent.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, préférerait pourtant une déclaration forte de ses partenaires européens - donc une annonce chiffrée. Alors que l'Etat grec doit bientôt procéder à une émission de dette, le chef du gouvernement a estimé qu'un soutien plus explicite de ses partenaires lui permettrait d'emprunter sur le marché "à des conditions normales", et non à des taux prohibitifs.

Une pression maximale

En attendant, les Européens maintiennent une pression maximale sur Athènes. Alors qu'une grève générale est prévue demain dans le pays, des membres de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI doivent se rendre, cette semaine, sur place, pour discuter avec le gouvernement des mesures d'austérité additionnelles qu'il pourrait mettre en oeuvre. Seraient notamment à l'étude une hausse de la TVA ainsi que de nouvelles coupes dans les salaires des fonctionnaires. Dans cette grisaille, le gouvernement grec peut s'accrocher à une lumière: un nouveau sondage vient de confirmer le large soutien populaire dont il jouit actuellement. Trois quarts des Grecs sont opposés aux grèves tant que la crise n'est pas passée, et la même proportion reproche au gouvernement... d'avoir tardé à prendre ses mesures d'austérité.

GABRIEL GRESILLON

Notre dossier

Peur sur les " PIGS"

 

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L'Amérique sous la menace d'une crise grecque

Les Etats-Unis pourraient être confrontés à une crise financière et de confiance aussi grave que celle de la Grèce.

Mercredi 24 Février 2010 SLATE.fr

L'Amérique pourrait bien un jour prochain se retouver dans la même situation que la Grèce. Le Midwest ne sera pas recouvert de ruines anciennes et les Texans ne troqueront pas leur hamburger pour de la feta. Je veux dire que la crise financière grecque est comparable à ce que pourraient connaître les Etats-Unis dans quelques années s'ils continuent à faire les mêmes erreurs que les Grecs au cours des dix dernières années.

Vous n'avez pas suivi cette saga? C'est très simple à résumer: la Grèce a fait faillite. Et bien que la faillite de la Grèce ait défrayé la chronique seulement la semaine dernière (le grave état financier d'Athènes menace la stabilité de l'euro), la vérité, c'est que la Grèce est en faillite depuis plusieurs années. En 2009, son déficit budgétaire représentait 12,7% de son PIB (produit intérieur brut); sa dette globale n'atteignait pas moins de 113,4% de son PIB. Ce ne sont pas des situations qui se créent du jour au lendemain.

Très faibles investissements étrangers

Certains des problèmes que rencontre la Grèce sont très spécifiques. Le système juridique du pays est complètement désuet, la bureaucratie semble tout droit sortie d'un roman de Kafka, et certaines de ses lois sont d'une complexité inutile, pire qu'aux Etats-Unis. A titre d'exemple, le Wall Street Journal nous apprend que la Grèce est pratiquement le seul pays développé à ne pas disposer d'un système de cadastre centralisé et informatisé. Par conséquent, des agriculteurs pourraient exploiter en douce des terrains publics et en devenir finalement les propriétaires de facto. En outre, comparée au reste de l'Europe, l'économie de la Grèce est particulièrement fermée. Les obstacles à l'implantation d'une activité commerciale sont très nombreux, aussi bien sur le plan juridique qu'informel, ce qui explique en partie que le niveau d'investissements étrangers dans le pays soit l'un des plus faible du monde.

La Grèce porte ces fardeaux depuis très longtemps. Pourtant, rien n'a été fait, car ce pays caractérisé par une politique partisane est complètement paralysé. Il suffit de voir ce qui se passe quand le gouvernement tente de réformer la sécurité sociale (repousser l'âge de la retraite, mettre fin aux retraites anticipées): des émeutes généralisées ont eu lieu après l'adoption d'un projet de loi sur la réforme des retraites, et le gouvernement s'est mis à dos la population à tel point qu'il a perdu les élections. On ne peut pas moderniser le système de cadastre grec parce que ceux qui se sont illégalement approprié des terres riposteront. On ne peut pas réduire les barrières à l'investissement parce que les lobbies économiques sont plus puissants que les responsables politiques.

La classe politique grecque est consciente des problèmes économiques de son pays, mais elle nie leur existence. Au mois de janvier, la Commission européenne a publié un rapport dans lequel elle accuse le ministre grec des Finances et le service des statistiques du pays de «graves irrégularités» découlant des «données inexactes» qui ont été fournies. Traduit en langage européen, les commissaires pensent que la Grèce a menti. Le déficit budgétaire de 12,7% devait, selon les prévisions initiales, être de 3,7 %. En outre, beaucoup d'autres chiffres communiqués par la Grèce semblent bien pires en réalité. Aucun pays ne fait des erreurs de calcul comme celles-là par accident.

La Grèce n'est pas seule à présenter une telle faiblesse financière. Plusieurs autres pays européens sont actuellement dans le même cas: on les appelle les PIGS: le Portugal, l'Italie - ou parfois l'Irlande -, la Grèce et l'Espagne. (Outre la simple succession des lettres qui constituent le sigle, «pigs» signifie «cochons» en anglais).

Et l'Amérique?

Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s'apparente à celle de la Grèce. Bien que ses problèmes soient différents, l'Amérique est elle aussi paralysée politiquement, avec une politique fortement partisane. Impossible de réformer la sécurité sociale américaine. George W. Bush a «essayé» sans conviction; en fait, il a abandonné avant même de commencer véritablement. La réforme santé demeure incertaine. Hillary Clinton n'a pas réussi. Quant à Barack Obama, malgré sa coûteuse tentative d'édulcorer son projet, il risque lui aussi d'échouer sur ce front. On ne peut pas diminuer l'influence des lobbyistes. On ne peut pas dompter la capacité des groupes d'intérêts à influer sur les lois. Certes, les agriculteurs américains ne squattent pas les terrains appartenant au gouvernement fédéral, mais certains d'entre eux dépendent d'énormes subventions perturbatrices, qu'on ne peut apparemment pas réduire.

Heureusement que Washington n'a pas besoin de remettre ses statistiques financières à une entité supranationale comme la Commission européenne. Nul besoin, donc, de mentir aussi franchement sur les chiffres. Mais outre le gros déficit budgétaire des Etats-Unis à l'heure actuelle (9,9% du PIB, et il est en hausse), la Maison Blanche a également un passif rarement reconnu. Les coûts de Medicare et de Medicaid sont en train d'augmenter, de même que le coût des soins réservés aux vétérans. Les marchés considèrent que les immenses dettes liées au sauvetage des établissemenys de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac sont pris en charge gratuitement par le gouvernement américain. Et il se peut que ces institutions demandent au gouvernement de les financer de nouveau à l'avenir. Personne ne ment à ce sujet, mais il faut dire qu'on n'en parle pas beaucoup.

Bonne nouvelle, cependant: la faillite du gouvernement américain ne fait pas la une. Et ce n'est pas demain la veille. La simple taille du pays, l'entrepreneuriat propre aux Etats-Unis et leur culture du business relativement ouverte leur permettront d'avancer pendant encore longtemps. Néanmoins, la crise grecque montre que la combinaison dette-impasse politique peut s'avérer fatale. La catharsis que nous ressentons en observant les événements (ce mélange de pitié et de crainte selon Aristote) devrait nous rendre bien plus inquiets que ce que nous l'avons été jusqu'ici.

Anne Applebaum

Traduit par Micha Cziffra

LIRE EGALEMENT: L'arnaque grecque, Tragédie grecque, débandade européenne et Le dollar va-t-il se crasher?

Image de une: le cadran à New York qui mesure en temps réel la dette de l'Etat fédéral américain Shannon Stapleton / Reuters

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23/02/2010

RUDE BOY - film/documentaire avec The Clash - 1980

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22/02/2010

Coming Insurrection...this is evil stuff...

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L'Insurrection qui vient best-seller aux Etats-Unis

Par LEXPRESS.fr, publié le 19/02/2010 à 17:22

L'Insurrection qui vient, du "Comité invisible", se trouve depuis 16 jours dans le top 100 de la liste des best-sellers d'Amazon.com. The coming insurrection devance ainsi Dan Brown et Stephenie Meyer. Un succès dû à la publicité que fait le chroniqueur de Fox News Glenn Beck, le présentant comme "une des choses les plus diaboliques que j'ai pu lire". La petite maison d'édition Semiotext(e) (lien posé par PROBE), qui publie le livre, se sert des paroles de Beck pour le promouvoir, et ne parvient plus à faire face à la demande.

 

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Glenn Beck sends 'evil' anarchist manual's sales rocketing

The Coming Insurrection's condemnation at the hands of Fox News commentator provides huge boost to anonymous authors

guardian.co.uk, Friday 19 February 2010 14.58 GMT

It's undoubtedly the last thing he wanted to happen, but when Fox News's vocal right-wing presenter Glenn Beck described French anarchist revolution manual The Coming Insurrection as "quite possibly the most evil thing I've ever read" he sent it soaring to the top of the bestseller charts.

The book, by an anonymous collective of French authors calling themselves the Invisible Committee, is a "call to arms", rejecting the official left and "aligning itself instead with the younger, wilder forms of resistance that have emerged in Europe around recent struggles against immigration control and the war on terror".

Describing itself as "a prescription for an emergent war-machine to spread anarchy and live communism", it has caused ructions in France, where it was proclaimed a manual of terrorism by the French government and where it has also been selling in its thousands. In 2008, the French government arrested four men and five women known as the Tarnac Nine over far-left terrorism, alleging that one of them was the book's author.

Published in the US by tiny Californian press Semiotext(e) last August with an initial print run of just 3,000, a barrage of anti-endorsements from Beck on Fox News has apparently led to it hovering around the top 10 of Amazon's US bestseller charts for the last week, alongside more recognisable titles by the likes of Stieg Larsson and Rick Riordan.

"This is quite possibly the most evil thing I've ever read and it's about to play out in streets of Greece. It's been played out in France," Beck said last week, brandishing a copy of the book. "The story is written by 12 people. Some of them are in jail now over in Europe. They're actual communists. They've been masquerading as democratic socialists: 'Oh, we're not Marxists, we're not communists, we're like you' … This is evil stuff … In it there's one chapter on how to destroy the family". The book promptly soared up Amazon's charts from below the 400 mark where it had been languishing to a high of seventh and a current place of 12th, ahead of Stephenie Meyer's hit Breaking Dawn and Dan Brown's The Lost Symbol – particularly impressive given that it's available for free online in both English and French.

Beck had previously given the book a boost last year even before it was published. Pointing to an extract from the book – "Take up arms. Do everything possible to make their use unnecessary ... There is no such thing as a peaceful insurrection. Weapons are necessary" – he told his viewers to read it. "People on the extreme left are calling people to arms. I am not calling for a ban on this book. It's important that you read this book [...] And let me tell you something: Don't dismiss these people. Don't dismiss them."

Publisher Semiotexte has been lapping up Beck's words, using them as part of its collection of reviews to promote the book and seeing a spike in sales every time he mentions it. "We're having trouble keeping stock in the warehouse," Rebecca Schrader at the book's distributor MIT Press told US publishing magazine Publishers Weekly. "And we're dealing with reprint quantities that we don't see every day."

Beck is probably more pleased with the effect his recent endorsement had on A Patriot's History of the United States, which claims to correct the "biases" that have "distort[ed] the way America's past is taught", rejecting previous history books' searches for "instances of racism, sexism, and bigotry in [America's] history while downplaying the greatness of America's patriots" in favour of recounting the "public virtue, personal liberty, and private property that make this nation uniquely successful".

After Beck spoke about the book on his show last week, he claimed that it moved from around 58,000 on Amazon.com to a current position of one. "I read a lot of in-depth history," said Beck. "This is a beginner's book of history, it is a gateway into the history that no one is teaching ... Last night I mentioned this book, it was 58,000 on Amazon.com. I got off the air, it was number one. It's still number one. Good. Please, please read it."

 

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Extrait de la lettre de G . Büchner à sa famille

...S’il y a une issue à notre époque, c’est la violence.

Nous savons ce que nous avons à attendre de nos princes.

Tout ce qu’ils ont concédé leur a été arraché par la nécessité.

Et même ces concessions, ils nous les ont jetées comme une grâce mendiée et comme un misérable jouet destiné à faire oublier à cet éternel badaud de peuple sa ceinture trop serrée.

C’est un fusil en fer blanc, un sabre en bois, avec lesquels un Allemand seul pouvait être assez plat pour jouer aux soldats.

Nos Etats provinciaux sont une satire de la saine raison, nous pouvons encore nous en embarrasser un siècle, et quand alors nous ferons le bilan, toujours est-il que le peuple aura payé plus cher les beaux discours de ses représentants que l’empereur romain qui fit donner à son poète en titre 20 000 florins pour deux vers boiteux.

On reproche aux jeunes gens d’user de la violence.

Mais ne sommes-nous pas dans un état de violence perpétuelle ?

Parce que nous sommes nés et que nous avons grandi dans un cachot, nous ne remarquons plus la fosse où nous sommes, avec des fers aux mains et aux pieds, et un bâillon sur le bouche.

Qu’appelez-vous donc légalité ?

Une loi qui fait de la grande masse des citoyens un bétail bon pour la corvée afin de satisfaire les besoins artificiels d’une minorité insignifiante et corrompue ?

Et cette loi que soutient la brutalité d’un pouvoir militaire et la roublardise imbécile de ses agents, cette loi est une violence brutale et perpétuelle faite au droit et à la saine raison...


Extrait de la lettre de G . Büchner à sa famille
Strasbourg le 5 avril 1833

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21/02/2010

1947 - Le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing oblige le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles...

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A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

 

Date de l'événement

03-12-1947

Date de diffusion

11-12-1947

Titre Collection

Les Actualités Françaises

Résumé

De violents mouvements de grèves se développent dans les mines du Nord. Des actes de sabotage ont lieu. L'un d'entre-eux provoque le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing obligeant le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles.

Contexte Historique

A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

Eclairage Média

Alors que la musique de fond présente un caractère dramatique, le reportage condamne violemment l'acte de sabotage de la voie ferrée reliant Paris à Tourcoing. Les images sont particulièrement violentes (corps ensanglantés et déchiquetés, vêtements arrachés). Le commentaire effectue un certain amalgame entre les mouvements de grèves et les actes de sabotage. Il se termine également en montrant Maurice Thorez faisant dans un discours l'apologie de la grève, soulignant ainsi la responsabilité des communistes dans le mouvement de contestation sociale et ses débordements. Le commentaire insiste sur le fait que Thorez revienne de Moscou, dénonçant ainsi sa soumission à Staline, et effectue plusieurs plans fixes sur l'emblème du communisme mais également celui de l'URSS, la faucille et le marteau.

Transcription

 

 

(MUSIQUE)

Commentateur

Climat de trouble, c'est l'atmosphère de cette semaine. Dans les mines du Nord où l'effervescence continue, les compagnies de sécurité ont du intervenir, pour libérer les puits, des piquets laissés par les grévistes pour empêcher tout travail. Les forces de police, munies du matériel anti-gaz, n'ont pas eu, la plupart du temps, à faire usage de la force. Mais en d'autres endroits, l'épreuve a pris un caractère nettement dramatique, car en dehors de l'opposition ouverte, le sabotage, sous toutes ses formes, a pris sa place dans l'agitation. Près d'Arras, l'express postal Paris-Tourcoing a déraillé par suite de l'action de criminels anonymes, qui avaient déboulonnés les rails sur 25 mètres. 24 morts, une quarantaine de blessés, tel est le bilan de cet attentat abominable que toutes les consciences françaises se doivent de flétrir.

(MUSIQUE)

Commentateur

Les mécaniciens du train, visages émouvants d'honnêtes hommes en proie au malheur, donnent le sens de l'attitude des cheminots, devant l'effroyable tragédie. Cependant, précaution contre des mouvements possibles, des forces de police étaient établies un jour autour du Palais Bourbon où l'assemblée continuait la discussion des pouvoirs demandés par le gouvernement. Loi temporaire dont le vote exigea quatre jours de séances mouvementées. C'est dans cette atmosphère que M. Maurice Thorez, leader du parti communiste revenu de Moscou, allait à Hénin-Liétard fêter la Sainte-Barbe, au milieu de ses compagnons d'autrefois. Et plusieurs milliers de personnes écoutaient, l'ex vice-président du Conseil, faire l'apologie de la grève.

 

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Scientologie, retour sur le malencontreux "copier-coller sur un texte de 700 pages"

Publié le 27/10/2009 à 09:46 Le Point.fr

La Scientologie se savait intouchable

Révélation. La secte était ­informée du changement législatif interdisant sa dissolution.

L'e-mail daté du 8 juillet 2009 que Le Point s'est procuré est sans équivoque. Il relance la polémique sur une éventuelle infiltration de la Scientologie dans les rouages de l'État. William C. Walsh, l'avocat américain des scientologues, explique à un journaliste du Wall Street Journal qui prépare un article sur les déboires judiciaires de l'Église de scientologie en France qu'une modification du Code pénal a rendu impossible la dissolution. Du coup, le reporter ne publiera pas son enquête. Pourtant, près de huit semaines plus tôt, le parquet de Paris, qui ignore tout du changement, a requis la dissolution de la secte, poursuivie pour "escroquerie en bande organisée".

Sans que personne ne s'en aperçoive, la commission des Lois de l'Assemblée nationale a modifié un alinéa du Code pénal qui permettait de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie. Ce changement s'est produit au milieu de l'été 2008, lors de la navette du projet de loi de simplification et de clarification du droit pénal entre l'Assemblée nationale et la Chancellerie. Précisément entre le 17 et le 21 juillet. Dix mois plus tard, le 12 mai 2009, la loi est publiée au Journal officiel . Mais il faudra attendre le 14 septembre pour que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes, comme on l'appelle, tire la sonnette d'alarme. " C'est l'avocat des parties civiles dans le procès de la scientologie qui m'a prévenu, explique Georges Fenech, son président. J'ai alerté Matignon, la Chancellerie et la commission des Lois. Sans réponse, j'ai rendu ­l'affaire publique."

Silence suspect

Comment un tel fiasco législatif a-t-il pu se produire à l'insu de tout le monde, alors que l'avocat américain était au courant depuis le 8 juillet, et même bien avant ? Interrogé par Le Point , William C. Walsh a en effet reconnu avoir été informé du changement législatif juste après le réquisitoire du parquet de Paris, le 15 juin. Un sociologue dont il préfère taire le nom aurait, selon lui, alerté l'un des conseils de la secte. Une version reprise par Patrick Maisonneuve, l'avocat de la Scientologie en France. "C'est un de mes collaborateurs, qui, avant les plaidoiries, a repéré la modification sur Legifrance. (1)" Une perspicacité qui en étonne plus d'un. "Il n'y avait aucune raison pour que les avocats de la scientologie se penchent sur la loi de simplification et de clarification du droit pénal, affirme l'éminent juriste Michel Véron. C'est lui qui, dans la Revue de droit pénal diffusée le 15 juillet, s'est étonné le premier : "Cette modification n'avait pas lieu d'être puisqu'il s'agissait d'une simple clarification et non d'un changement de texte." Une remarque qui passera toutefois inaperçue avec les vacances d'été. Jusqu'à ce que Me Olivier Morice, l'avocat des parties civiles au procès de l'Église de scientologie, la découvre début septembre. La secte, elle, était au courant avant de lire la Revue de droit pénal . Avant même la fin du procès.

Pourquoi, dès lors, ses avocats n'ont-ils pas jeté un pavé dans la mare lors de leur plaidoirie ? "Nous avons décidé de ne pas aborder cette question parce que l'on plaidait la relaxe et pas la peine, répond Me Maisonneuve. Nous ne voulions pas faire de publicité jusqu'au délibéré." Reste que ce silence de la Scientologie, alors qu'elle savait avant tout le monde, renforce la suspicion. Déjà, en 1998, la disparition d'une partie d'une procédure instruite au palais de justice de Paris contre la secte avait fait des vagues. "La liste est longue des institutions qui sont noyautées par les scientologues, explique au Point l'avocat américain Graham Berry, bête noire de la secte. On en trouve placés dans les services postaux du Congrès pour intercepter ou donner des indications sur les documents de procédure et sur les plaintes de citoyens."


La Scientologie a-t-elle pu infiltrer la commission des Lois de l'Assemblée nationale ? "Une hypothèse grotesque !" s'emporte Patrick Maisonneuve. Pour en avoir le coeur net, l'Assemblée et la Chancellerie ont diligenté chacune une enquête. Le parcours du texte a été minutieusement décortiqué. "J 'ai tout passé au tamis, l'erreur s'est produite ici, à l'Assemblée, lors de l'un des multiples allers et retours avec la Chancellerie, assure au Point Bernard Accoyer. J'ai identifié l'auteur de la boulette. C'est un administrateur dévoué, au-dessus de tout soupçon. Il a reconnu son erreur et en est profondément affecté ." Un administrateur que Le Point a identifié mais qui n'a pas souhaité faire de commentaire. Il s'agirait donc d'une simple erreur matérielle, un malencontreux "copier-coller sur un texte de 700 pages", dixit le président de l'Assemblée. Sauf que, lorsqu'on se penche sur ledit texte, le changement de formulation saute aux yeux. Alors que le libellé initial évoque "les peines prévues par l'article 131-39", en clair des peines numérotées de 1 à 9 qui peuvent être prononcées en plus de l'amende, on lit désormais "les peines prévues de 2 à 9 de l'article 131-39 ". Ce qui signifie que la peine 1, celle de la dissolution, a été gommée volontairement. "Je suis indigné, je demande une enquête approfondie. S'il le faut, j'engagerai des poursuites pour connaître la vérité", martèle Me Olivier Morice. L'avocat a adressé au président Nicolas Sarkozy une lettre de protestation restée à ce jour sans réponse...(surlignage et mise en caractère gras PROBE)

1. Base de données juridiques.




Claude Guéant : au service de la Scientologie ?

A la Une: Les Radis d'or du PS

Le 20 février 2010 - par Antoine et François
Arnaud Palisson, ancien lieutenant des Renseignements Généraux, était chargé de la surveillance des sectes. Déplacé par Claude Guéant (désormais n°2 de l’Elysée) et Nicolas Sarkozy (aujourd’hui n°1), il s’est exilé au Canada. Fakir – et Là-bas Si J’y Suis – l’ont retrouvé pour vous…

Arnaud Palisson : J’ai commencé à travailler sur les sectes en 1995, quand je suis arrivé à la direction des Renseignements Généraux de la préfecture de police. Puis j’ai été muté à la direction centrale des renseignements généraux au Ministère de l’Intérieur en 1998.
J’ai commencé dans la foulée avec une thèse, un doctorat sur la scientologie.

Fakir : Quel travail avez-vous effectué durant ces années ?

A.P. : J’étais analyste et aussi agent de renseignements. J’allais récupérer de l’information par une gestion des sources humaines.
Pendant ces premières années, suite aux rapports parlementaires de 1995, il y a eu quand même un électrochoc dans la communauté politique et une certaine volonté d’agir sur le phénomène sectaire. En revanche, avec le changement de couleur du gouvernement, en 2002, on a clairement viré casaque.

« Les avocats de la Scientologie réclamaient ma tête »

Fakir : Avec la réélection de Jacques Chirac comme président de le République et l’arrivée de Nicolas Sarkozy comme ministre de l’Intérieur, il y a eu un changement d’ambiance vis-à-vis de la section des RG qui se chargeait des dérives sectaires ?

A.P. : Bien sûr. Mais il a fallu attendre un peu pour qu’on s’aperçoive qu’une optique très neutre se mette en place de la part du gouvernement.

Fakir : Vous dites « neutre », c’est-à-dire que vous n’êtes plus ni pour ni contre les sectes ?

A.P. : Officiellement, on est ni pour ni contre. Mais officieusement, on s’aperçoit quand même qu’on tape plutôt sur ceux qui sont contre.

Fakir : Et c’était qui ? Qui s’est fait taper à ce moment là ?

A.P. : Bah, écoutez… Moi, je me suis fait un peu taper dessus avec la publication de ma thèse et de mon livre.

Fakir : Pourtant votre thèse a eu une excellente note…

A.P. : J’ai eu une mention très favorable avec les félicitations du jury. Je l’ai publiée ensuite en intégralité sur Internet, ce qui n’a pas plu du tout. Le cabinet du ministre de l’Intérieur a reçu des appels des avocats de la scientologie, qui ont demandé à ce que je la retire du net sous peine d’être viré du groupe Cultes et Sectes.

« Vous enlevez votre thèse, ou vous déguerpissez »

Fakir : Et donc vous avez ôtée votre thèse d’Internet?

A.G. : Je ne l‘ai pas enlevée, je l’ai laissée et donc j’ai été mis dans un autre groupe.

Fakir : On vous a viré de la section lutte contre les dérives sectaires des Renseignements Généraux ?

A.P. : Oui.

Fakir : Comment votre éviction s’est-elle déroulée ?

A.P. : La personne qui a géré le dossier concernant mon éviction du groupe « Cultes et Sectes » était Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur à l’époque. Il a reçu des coups de téléphone des avocats de la Scientologie, qui demandaient ma tête. Je n’ai jamais été consulté et, aux alentours de mars-avril 2003, on m’a dit : vous enlevez votre thèse ou vous déguerpissez.

Fakir : Et on vous a pas caché que c’était les avocats de la scientologie qui avaient fait pression ?

A.P. : Non non, on me l’a dit.

« Sarkozy, c’est l’Américain. Il ne veut rien faire pour leur déplaire. »

Fakir : Quand vous voyez, quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy dire qu’il « n’arrive pas à se faire une idée très précise du statut de l’Église de la scientologie ». Ou encore dans son livre La République, les religions, l’espérance se déclarer « favorable à la reconnaissance des nouveaux mouvements spirituels », ou encore la réception de Tom Cruise au ministère de l’Économie : ça vous inspire quoi ?

A.P. : Sarkozy, c’est l’Américain, il ne veut rien faire pour déplaire aux Etats-Unis. Leur approche en terme de secte est radicalement différente de la nôtre. Le Département d’État américain a rendu des rapports dans lesquels il soulignait « le climat de persécutions » de la France à l’encontre des nouveaux mouvements religieux. Cela faisait partie des choses qui fâchaient et il a décidé de lever le pied sur ce sujet.

Elysée : un silence à 7,5 millions d’euros

Afin d’obtenir le point de vue de Claude Guéant, Fakir – et Là-bas Si J’y Suis – ont appelé l'Elysée, rappelé, re-rappelé, envoyé un courriel, renvoyé un autre courriel, rere-rappelé. Jusqu’à ce mur du silence :

Une chargée de com’ : Bureau de Franck Louvrier, bonjour.

Fakir : Oui, bonjour, excusez moi de vous déranger, cela fait plusieurs fois que je vous appelle pour avoir des informations sur Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et la Scientologie.

La chargée de com’ : Oui, j'ai lu votre mail.

Fakir : Je voulais savoir si il y avait une réponse ou non car ça fait environ un mois que j'attends…

La chargée de com’ : Attendez, je me renseigne… Non, je n'ai pas eu de réponse. Le papier est toujours sur son bureau.

Fakir : Vous êtes pourtant 51 personnes au service de communication de l'Elysée pour un coût annuel de 7,5 millions d'euros. J'ai du mal à comprendre comment c’est possible?

La chargée de com’ : Hum…

Silence.
Long silence.

Fakir : Le but du service de communication n'est-il pas d'empêcher la communication plutôt que de la diffuser?

La chargée de com’ : Ecoutez… je suis vraiment désolé… donc voilà…

Silence.
Long silence.

(exclusivité édition électronique)

Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu'il est acheté.

 

vidéo de rappel :



 

lien vers la thèse

15:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Afghanistan : 10 millions d'euros pour deux journalistes et 260 millions d'euro de crédit "urgence opérationnelle" (2009).

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Dix millions d'euros déjà dépensés pour la recherche des journalistes en Afghanistan

[ 21/02/10  - 12H02 - AFP  ] © AFP/Archives - Joël Saget


Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a indiqué dimanche que le coût des opérations menées jusqu'à présent pour rechercher les deux journalistes de France 3 enlevés fin décembre en Afghanistan s'élevait à plus de 10 millions d'euros.

"A l'heure actuelle, nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros pour cette affaire", a-t-il déclaré lors du "Grand rendez-vous Europe 1 - Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"Je donne le chiffre parce que j'appelle au sens de la responsabiltié des uns et des autres", a poursuivi le général Georgelin, assurant "bien sûr" qu'il ne s'agissait "pas de remettre en cause le droit à l'expression et la liberté de la presse".

Mais, a-t-il insisté, il s'agit de faire preuve de "sens des responsabilités et de discernement".

Les deux journalistes de la chaîne publique France 3 ont été enlevés le 30 décembre sur une route entre Surobi et Tagab, dans la province de Kapisa (est).

 

Publi-information :

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suite de l'article :

Urgences opérationnelles : accord franco-britannique

Par délégation du ministre de la Défense, le Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, et son homologue, Quentin Davies, ont signé le 18 février 2010 à l’ambassade du Royaume-Uni à Paris un accord de coopération (MoU) dans le domaine des urgences opérationnelles . Cet accord intervient 8 mois après le sommet franco-britannique de juillet 2009, au cours duquel les ministres de la Défense français et britannique, Hervé Morin et Bob Ainsworth, ont décidé de coopérer sur les acquisitions en urgence opérationnelle.

L’urgence opérationnelle est un mode exceptionnel d’achat d’équipements militaires qui vise à répondre dans des délais restreints (en moyenne 6 à 12 mois) aux besoins immédiats des unités en opérations. En 2009, la Direction générale de l’armement (DGA) a passé 36 nouveaux contrats en urgence opérationnelle, pour un montant de 260 millions d’euros, et pour des matériels essentiellement destinés aux forces en Afghanistan.

Cet accord constitue une grande première entre États européens. Il propose un cadre pour mener en commun des acquisitions en urgence opérations fondé sur cinq scénarios différents allant de la passation de contrats en commun à la vente d’État à État, en passant par l’aménagement de contrats existants pour inclure les besoins du partenaire. Cet accord a été ratifié pour une durée de cinq années renouvelable.

Cet accord constitue un nouvel exemple du dynamisme de la coopération franco-britannique.

Contact presse DGA/COMM


Jean-Paul Hébert a calculé que depuis 1972, les différentes Opex avaient couté 20 milliards d'euros. On peut lire son travail ici.
En 2008, les opérations extérieures devraient coûter 908,20 millions d'euros, prévoit le ministère de la Défense. Ce chiffre, rendu public par l'hebdomadaire Air et Cosmos, est en forte augmentation. Le surcoût des Opex était de 513,74 millions en 2006 et de 678,02 millions en 2007. Soit une augmentation de plus de 75 % en deux ans.(source JD Merchet blog Secret Défense)

Le coût des opex continue de croître : "Il devait s'élever à 873 millions d'euros en 2009, en augmentation de 5% par rapport à 2008", assure le Cema. En cause, le durcissement du conflit afghan et la réorganisation du dispositif français dans ce pays. Les armées ont ainsi dû acquérir de nouveaux équipements pour la protection des forces. La mise en place de matériels modernes (hélicoptères Tigre, canons Caesar, etc) coute cher en transport et en maintenance.(source JD Merchet blog Secret Défense)


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