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15/02/2010

Anfass: une organisation de renseignements vous tient à l'oeil

13/02/2010

Sébastien SOUMAGNAS

«Devant l'augmentation de la délinquance (...), devant les risques (...) de terrorisme, l'Association Fraternelle des Anciens des Services de Sécurité (Anfass)» a créé une réserve citoyenne.

Voilà un an et demi que s'est créée l'Anfass, rassemblant des personnes de nationalité française dont «la mission est de participer à la défense, à la sécurité et à la justice de la France». Avec au premier rang de ses préoccupations la délinquance et le «terrorisme d'Al Caida (sic) et de l'ETA».

La plupart des personnes qui sont membre de l'Anfass sont des anciens combattants, des anciens militaires des services spéciaux, des renseignements, des policiers, des magistrats... Bref des gens du métier. Cela dit, quiconque peut postuler mais devra tout de même montrer «patte blanche». En effet, une enquête sera menée et un casier judiciaire vierge sera demandé.

Avec son siège social situé à Limoges, l'Anfass a pour ambition d'ouvrir une délégation dans chaque département. A l'heure actuelle, plus d'un tiers existe dont une délégation située à Urt. L'association tient tout de même à préciser qu'elle ne met pas en place une milice «car nous ne sommes pas armés» selon Mme Tarraso membre de l'association. Il s'agit d'un réseau d'information, basé sur l'observation. Les personnes adhérentes «participent à la défense de la Nation, à la prévention des conflits et à la protection de la population».

Chaque délégué départemental est la personne vers laquelle sont rapatriées les informations et elle est la seule habilitée à entrer en contact avec les Services Officiels (gendarmerie, police, RG...). Le délégué est aussi entouré d'avocats, magistrats et autres conseillers.

L'Anfass se veut «une des réponses au problème de la délinquance», qui fait appel à l'esprit civique. L'association se pose dans un «rôle préventif «, en s'appuyant sur «la vigilance».

Si elle se développe, peut-être aurez-vous la chance d'être «sauvé» par un voisin de l'Anfass...


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Eric Hazan : "Mes livres sont des armes"

Editeur insurgé, Eric Hazan dégaine une douzaine de livres par an comme autant de boulets rouges contre le monde capitaliste. L’insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat et au Comité invisible, reste son plus beau coup.

Le 15 février 2010 - par J.M Colard, J.M Durand et Nelly Kaprielian

Vent de polémique. Par articles interposés parus fin décembre dans Libération, l’éditeur Eric Hazan et le journaliste Laurent Joffrin ont posé, dans un échange aussi poli qu’incisif, les jalons du drame qui agite la gauche française : la division consommée entre son versant mou, tendance social-démocrate, et ses penchants plus radicaux, voire subversifs.

Contre “le maintien de l’ordre établi” auquel Joffrin et ses amis d’une gauche “moribonde” travailleraient, Eric Hazan invite carrément à “l’insurrection”.

D’ailleurs, elle arrive déjà, pour reprendre le titre de l’ouvrage L’insurrection qui vient que Hazan a édité en 2007.

Ecrit par un mystérieux Comité invisible, l’essai a profité d’une caisse de résonance imprévue avec l’affaire Tarnac.

En mettant le livre au coeur de l’enquête, en prêtant à Julien Coupat la responsabilité partielle de son écriture, le pouvoir a lui-même pris au sérieux cette nouvelle littérature insurrectionnelle.

De sorte qu’à la querelle entre Joffrin et Hazan, vieille comme la gauche elle-même, ce brûlot, vendu à plus de 40000 exemplaires, a redonné une nouvelle vitalité.

Comment contester le monde aujourd’hui : en s’accommodant de ses fondements ou en les réinventant radicalement ?

Douze ans après la création de sa maison d’édition, La Fabrique, dont il protège farouchement l’indépendance, Eric Hazan a créé un espace à part dans l’édition en France : un lieu de résistance avec une économie modeste qui publie une douzaine de livres par an.

De Jacques Rancière à Alain Badiou, les auteurs de La Fabrique participent à l’élaboration d’une critique articulée du monde capitaliste contemporain et à l’invention d’une voie possible pour en sortir.

Dans le petit bureau du haut de Belleville à Paris, qui abrite ses livres et les deux personnes qui travaillent avec lui, Eric Hazan nous reçoit chaleureusement.

A 74 ans, il a des airs de combattant, l’oeil vif, le tutoiement direct, affirmant calmement que la guerre civile est en cours. Rencontre avec un éditeur insurgé.

ENTRETIEN > La querelle qui t’a opposé au directeur de la rédaction de Libération est-elle le symptôme d’une césure irrémédiable entre deux gauches ?

Eric Hazan – Plusieurs journalistes de Libération – Karl Laske, Pierre Marcelle, Edouard Launet – ne sont pas du tout sur la position de Laurent Joffrin, qui représente selon moi une gauche moribonde, tellement peu différente de la droite qu’elle a au fond peu de raisons d’exister.

Tu vas jusqu’à reprocher à Jospin…

Jospin ? Non, Joffrin ! Le lapsus est joli…

Pardon. Tu reproches à Joffrin de participer à l’ordre établi : l’attaque est forte.

Les valeurs dont il se réclame sont les mêmes que celles de la droite pour le maintien de l’ordre. Les libertés publiques, les droits de l’homme, la République, l’Etat de droit sont des oripeaux ; tout cela n’existe pas. Dans ce pays, le droit est constamment foulé aux pieds au nom de l’Etat de droit ; au nom de la République, on va faire voter une loi pour interdire le port du voile intégral. C’est absurde et scandaleux.

Pourquoi ?

Jacques Rancière a écrit un beau papier dans Libé sur les victimes : il explique que l’un des projets de loi prévoit d’infliger une amende aux femmes voilées tout en reconnaissant leur statut de victimes. Ce sont des victimes, punissons-les, c’est la logique de la loi. Une honte.

Assumes-tu dans son entier le texte du Comité invisible, L’insurrection qui vient ?

Complètement. J’ai même travaillé avec les auteurs. Comme ils l’ont écrit, je ne crois pas que l’on puisse amender le système avec des bouts de ficelle et des rustines. Je ne crois pas au postulat général selon lequel il n’y a pas de salut en dehors du capitalisme et qu’il suffit de le moraliser, de l’aménager. C’est impossible : tant que le capitalisme et l’économie de marché existeront, l’injustice et les inégalités croîtront. On essaie aujourd’hui de nous persuader que ce système a toujours existé et qu’il n’y a pas d’issue possible, à part le goulag. Mais le système capitaliste n’existe que depuis deux cents ans. On croit qu’il n’y a pas d’alternative théorique mais on parle de plus en plus du communisme ; j’ai été, je crois, l’un des premiers à essayer de redonner un sens à ce mot dans un livre publié en 2005 aux Prairies ordinaires, Faire mouvement. J’ai dit : je suis communiste, le communisme est la seule raison de s’intéresser à la politique. A l’époque, Mathieu Potte-Bonneville qui m’interrogeait en est resté interloqué J’ai envoyé le livre à Alain Badiou, que je ne connaissais pas, en le dédicaçant “A Alain Badiou, communiste”. Il m’a dit un jour que ça l’avait fait réfléchir. Cela a peut-être participé à sa propre réflexion sur l’hypothèse communiste.

Sur quoi repose la résurrection de l’idée communiste ?

Les gens sentent qu’il n’y a plus à choisir entre la droite et la gauche mais sur la façon de sortir du capitalisme. C’est la question clé. Si cela reste dans le domaine de l’idée, on va tourner en rond. Pour moi, réfléchir au communisme, ce n’est pas aller vers une organisation politique mais vers des réflexions pratiques.

Lesquelles ?

Comment abolir le salariat ? Par quoi le remplacer ? L’histoire de l’Union soviétique a montré que l’appropriation collective des moyens de production n’était pas le vrai communisme ; cela a débouché sur un désastre car on a gardé le salariat. Autre problème clé : comment sortir le travail de sa position centrale dans la vie sociale ? Comment faire pour que le travail ne soit plus un élément clé autour duquel tout s’organise ? Si on reste dans une problématique marxienne, si le travail reste central, alors on se situe sur le terrain de l’adversaire et on est forcément perdant.

La fin du travail ne reste-t-elle pas une idée purement théorique ?

Je ne prône pas forcément la fin du travail mais celle du travail salarié. On ne devrait plus considérer le travail comme la base de l’organisation sociale. Mais bien entendu, il faudra continuer à travailler.

T’intéresses-tu à l’écologie politique, qui réfléchit à la place du travail dans l’organisation sociale ?

Je ne sais pas ce que c’est. L’écologie me dérange. J’ai une réticence à la fois avec la notion et avec le mot. On va publier bientôt un nouveau livre de Badiou, L’Ecologie, nouvel opium du peuple. L’écologie est une nouvelle manière pour le pouvoir de faire passer tout ce qu’il veut.

N’est-ce pas pourtant l’une des seules idées fortes qui ait émergé dans la vie politique ces dix dernières années ?

Cela a peut-être amené des gens à réfléchir à la politique mais ce n’est pas une issue : la meilleure preuve, c’est ce qu’elle est métabolisée par le système. L’industrie écologique est la seule branche de l’industrie avec une croissance à deux chiffres. Le capitalisme est en train de digérer l’écologie. On voit bien le rôle politique d’Europe Ecologie, c’est une espèce de sous-PS censé récupérer les gens que le PS dégoûte un peu, comme Joffrin. Pour moi, l’écologie est de l’autre côté de la ligne de front de la guerre civile.

La guerre civile existe donc ?

Oui, elle existe. J’ai écrit en 2004 Chronique de la guerre civile. Puis Changement de propriétaire, la guerre civile continue au moment de l’élection de Pompidou…

Pas Pompidou, Sarkozy ! A ton tour de faire un lapsus intéressant…

Oui, Sarkozy ! Un partout. La guerre civile continue, elle se durcit même.

Comment as-tu travaillé avec le Comité invisible ?

J’en connaissais certains, ce sont des amis. Mais j’ignore combien ils étaient dans leur groupe.

Quel âge ont-ils ? Autour de 30 ans.

Comment protèges-tu leur anonymat ? Ont-ils un contrat ?

Il n’y a ni contrat ni droits d’auteur, ils n’en ont pas voulu. Ils ont revendiqué l’anonymat pour une raison éthique ; pas pour se protéger mais pour ne pas prendre la posture de l’auteur.

As-tu été surpris par le succès du livre, sorti sans promotion ?

Le livre marchait très bien avant même le déclenchement de l’affaire Tarnac. On en avait vendu 8000, c’est beaucoup pour un livre de La Fabrique. Mais la promotion faite par la ministre Alliot-Marie ou le procureur Marin a fait décoller les ventes : on a dépassé les 40000 exemplaires. Le texte parle de la guerre civile, de la création de “communes”, du détournement de primes accouchement comme acte révolutionnaire.

N’est-ce pas un peu court comme propositions ?

Il y a deux parties dans le texte : un état des lieux et une liste d’actions pour sortir de cet état. Cette seconde partie est plus complexe, c’est vrai. Plus qu’un nouveau mode d’organisation et d’action politique, il faut inventer un nouveau mode de vie.

C’est donc une utopie absolue ?

Le mot “utopie” ne me gêne pas quand on voit où le réalisme nous mène. Camille Desmoulins disait en 1793 : en 1789, nous n’étions pas dix républicains. La république était encore du domaine de l’utopie.

Entre le capitalisme sauvage et le goulag, la social-démocratie a quand même proposé une autre voie depuis cinquante ans ?

La social-démocratie propose mais elle ne fait pas. Selon moi, la trahison des promesses est consubstantielle à la social-démocratie. Promettre et ne pas tenir, c’est dans leur nature.

La gauche dominante et la droite, ce serait bonnet blanc, blanc bonnet ?

De l’autre côté de la ligne de front – Jospin, Joffrin, Sarkozy –, ils sont d’accord sur l’essentiel : la sauvegarde du capitalisme et du marché. Ils se disputent comme Guignol et le commissaire au théâtre de marionnettes. Si les socialistes étaient au pouvoir aujourd’hui, ils continueraient à virer des sans-papiers mais de façon moins ostentatoire, avec un peu moins de méchanceté. Souvenons-nous : les premiers charters, c’était sous Edith Cresson et la politique sécuritaire de Chevènement n’était pas très différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont différentes façons de maquiller une même réalité.

L’affaire Tarnac aurait-elle été possible il y a dix ans ?

Non. Ce sont les lois Perben (“loi du 9 mars 2004 portant sur l’adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité” – ndlr) qui ont marqué un tournant, et les lois antiterroristes qui les ont suivies. On n’aurait jamais inculpé d’“association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” un individu accusé d’avoir saboté un caténaire : il aurait été poursuivi pour dégradation de bien public.

Que penses-tu de la nouvelle catégorie d’ennemi intérieur ?

L’ennemi intérieur traditionnel – l’islamiste terroriste – est introuvable chez nous. Pour légitimer l’arsenal policier et législatif mis en place depuis que Sarkozy a accédé au ministère de l’Intérieur, l’Etat a construit cet ennemi intérieur. Au printemps 2008, j’ai écrit dans Politis un papier intitulé “Les habits neufs de l’ennemi intérieur” : des jeunes venaient de se faire arrêter avec un fumigène dans leur coffre. Quant aux écoutes des gens de Tarnac, elles étaient très antérieures à l’affaire du caténaire. On a cherché à fabriquer de toutes pièces un ennemi intérieur crédible. Le pouvoir a terriblement peur d’une explosion des banlieues, il met tout en place afin de pouvoir contrôler un éventuel soulèvement dans les heures qui suivent.

Les livres que tu écris et ceux que tu édites vont dans le même sens. Vois-tu ton travail d’éditeur comme un travail d’auteur, de penseur ?

Nous sélectionnons de plus en plus les livres que nous publions. Je dis “nous” car les décisions sont réellement collectives, prises par ceux qui éditent les livres, moi-même, Stella Magliani-Belkacem et Stéphane Passadeos qui travaillent avec moi, et le comité éditorial composé de huit personnes. La plupart de ces livres sont des armes. C’est cela qui les rassemble. Quand j’ai commencé il y a onze ans, c’était moins le cas, je n’y connaissais rien. Mais depuis quatre ou cinq ans, la cohérence, c’est l’offensive. Les derniers titres publiés, que ce soit le livre de Gideon Levy sur Gaza, Moments politiques de Jacques Rancière, L’insurrection qui vient ou le prochain livre d’André Schiffrin, L’Argent et les Mots, sont des livres d’attaque.

Comment es-tu passé de l’édition d’art à celle d’essais ?

J’étais plongé dans l’édition d’art parce que j’avais repris la maison paternelle, les éditions Hazan, mais cela me frustrait un peu, entre les livres sur Masaccio et Chardin. Au fond, j’ai été soulagé d’avoir été viré lorsque la maison a été rachetée par Hachette…

Cela a engendré chez toi une réflexion sur l’économie du livre ?

Oui. Si on veut rester indépendant – et l’indépendance est vraiment nécessaire pour le genre de livres que nous publions –, il ne faut avoir aucune dette. Aux éditions Hazan, on était chaque année davantage endettés. Les banquiers sont gentils jusqu’au moment où ils sortent la calculette et vous étranglent. Mon père disait : “Les banquiers vous prêtent un parapluie mais vous le reprennent dès qu’il pleut.” A La Fabrique, nous avons une politique de non-croissance. On est trois dans 40 mètres carrés mais on ne doit de l’argent à personne. La croissance, c’est un vertige. On est très sollicités en ce moment, on pourrait publier plus puis déménager, mais ce serait le début de la spirale infernale. On préfère s’en tenir à environ treize titres par an.

Ton modèle d’édition indépendante, ce serait les Editions de Minuit ?

Tout à fait, Jérôme Lindon a un parcours d’éditeur sans faute. Seize livres par an. Quand il a eu le Goncourt avec L’Amant de Duras, il a gagné beaucoup d’argent. D’autres auraient déménagé de la rue Bernard- Palissy et auraient augmenté leur débit, lui il a acheté une librairie. Je le connaissais et je l’aimais beaucoup, c’était un personnage magnifique.

Comment vois-tu l’édition aujourd’hui ?

Le fossé s’élargit de plus en plus entre les petites maisons indépendantes, au chiffre d’affaires quasiment négligeable, et les grandes maisons industrielles, Gallimard, Seuil, Albin Michel, Hachette, qui ont des actionnaires, des banquiers et un souci de rentabilité. Le premier problème des petites maisons, c’est de pouvoir continuer. Les maisons qui publient le même genre de livres que nous – Prairies ordinaires, Agone, Amsterdam, L’Echappée – s’en sortent plutôt bien.

Tu as d’autres projets avec le Comité invisible ?

On en parle. L’idée serait de répondre à tout ce qui s’est passé. Mais ils ont leur caractère et un fonctionnement collectif : ils font vraiment ce qu’ils veulent…

Comment va Julien Coupat ?

Cette affaire l’a renforcé dans ses positions. En prison, il était en béton. Le pire, ça a été le contrôle judiciaire : on ne peut pas se parler, se rencontrer, on doit rester dans un lieu où on ne vit pas forcément, sans moyen de subsistance… Récemment, les dix inculpés ont déclaré publiquement qu’ils ne se plieraient plus à ce contrôle : le système judiciaire-policier a reculé et la cour d’appel de la chambre d’accusation l’a allégé, au point qu’il n’en reste plus grand-chose.

Avec du recul, quel sens donnes-tu à cette affaire ?

L’Etat a fait un coup d’essai pour tester s’il était possible d’appliquer la législation antiterroriste à des Blancs. Jusque-là, elle n’était appliquée qu’à des barbus qui prêchaient dans des caves et dont tout le monde se fout. Ça a été une tentative d’intimidation pour montrer aux subversifs blancs qu’ils n’étaient pas non plus à l’abri d’une répression arbitraire.

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14/02/2010

Quelque 200 manifestants font du grabuge au centre-ville de Vancouver

VANCOUVER, B.C. — Quelque 200 manifestants qui s'opposent à la tenue des Jeux olympiques ont fait du grabuge et affronté les policiers au centre-ville de Vancouver, samedi.

LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

 

Selon ce qu'a fait savoir samedi le service de police de Vancouver, ces manifestants masqués ont causé du vandalisme dans les rues du centre-ville, s'en prenant notamment aux véhicules et aux commerces. "Les manifestants lancent des objets aux membres des forces policières, mettent de la peinture sur des véhicules, brisent des vitrines et intimident les piétons", a décrit la police dans un communiqué.

Des policiers de l'escouade anti-émeute sont intervenus, pendant que d'autres policiers en bicyclette ont interdit l'accès à certaines rues du centre-ville. Des arrestations ont eu lieu. L'une des manifestantes affirme avoir été arrêtée parce qu'elle portait un masque.

Alors que la tension montait et que les manifestants se rapprochaient de l'hôtel où sont installés plusieurs membres du Comité international olympique, les policiers ont manifesté leur force, postant des agents anti-émeute sur la route pendant qu'un hélicoptère militaire Sea King survolait les lieux.

Les policiers ont avancé vers les manifestants, frappant leur bouclier avec leur bâton et poussant les protestataires et les journalistes devant eux. Les manifestants se sont retrouvés coincés entre deux rangs de policiers, qui ont alors procédé à des arrestations.

Après plusieurs heures, les policiers ont confiné les manifestants dans une rue du centre-ville et ont accepté de les escorter à quelques coins de rue de là, en échange d'une promesse de se disperser. Un cri de joie s'est fait entendre dans la foule à l'annonce de cette entente.

Alissa Westergard-Thorpe, du Réseau de la résistance aux Olympiques, dissocie son groupe des gestes de violence et de vandalisme, décrivant la manifestation comme "une journée d'action autonome, par des groupes indépendants, avec différentes tactiques autour des Olympiques".

Elle ajoute qu'il y a eu un peu de dégâts, mais que ceux qui en sont responsables ne sont pas ceux qui ont été arrêtés. Elle considère la manifestation comme non violente tant que personne n'a été blessé, peu importe les dommages matériels qui ont été causés.

"Les personnes qui ont été arrêtées ne faisaient que marcher dans les rues en essayant de faire respecter leurs droits par les policiers. Les arrestations ont été inutilement violentes", a-t-elle déclaré.

Selon Mme Westergard-Thorpe, les gestes les plus violents ont été commis par les policiers pendant les arrestations.

Vendredi, des manifestants avaient contraint les organisateurs à modifier le tracé du relais de la flamme olympique. Plus de 1500 marcheurs opposés à diverses choses avaient manifesté à la fin du relais et avant le début de la cérémonie d'ouverture. La manifestation a cependant été plutôt pacifique; une seule arrestation ayant eu lieu après que deux policiers eurent été blessés pendant une confrontation.

Mme Westergard-Thorpe affirme qu'il y aura d'autres manifestations au cours des prochains jours. "Ce sera vraiment la police qui déterminera le type de violence que vous verrez. La vraie violence, la seule violence contre des humains vient de la police", a-t-elle avancé. De James Keller (CP)

The First full day of the Vancouver 2010 games was met with a protest that led to the destruction of downtown property and riot police being called in.Click here to watch the video
The First full day of the Vancouver 2010 games was met with a protest that led to the destruction of downtown property and riot police being called in.

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12/02/2010

A l'Ecole des Beaux-arts, on affiche l'officielle neutralité du service public

Oui, ami lecteur, en ce début de XXIe siècle, il est évident que l’Asie fait courir des dangers à l’Occident dans les domaines économiques, sociaux et CULTURELS.

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Une fourmi (pas verte mais jaune) de leur avant-garde a encore essayé de frapper de manière sournoise (d'ailleurs serait-elle faire autrement, la fourmi n'étant déja pas préteuse) le berceau de la culture européenne, haut lieu de l'enseignement subventionné et consanguin, et ce, en pleine capitale de la Terre des Gaulles Païennes unifiées le mercredi 10 février 2010 (oui, tu as aussi remarqué la conjonction des dates 10/02/2010) !

Ko Siu Lan.jpeg

La dénommée "Siu Lan Ko" pose crânement après son méfait (vous remarquerez qu'elle porte un foulard avec lequel elle peut se cacher le visage afin d'accomplir d'autres actions terroristes).

 

L'empereur Bismarck ne nous avait-ils pas prédit que ‘les Jaunes’ abreuveraient leurs chameaux dans le Rhin ?

Heureusement que les défenseurs de l'art officiel de la Propaganda Staffel, qui assurent une promotion exclusive d'œuvres qui, elles, répondent au goût des institutions culturelles de l' État, blanc, identitaire, hétérosexuel et prépucé, veillaient !

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Elles ont su réagir promptement en décrochant ces infects étandards et redonner à leurs bâtiments un rayonnement à jamais inégalé, et ce pour mille ans !

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cet artikel a été réalisé en totale Kolaborazion avec la Propaganda Staffel, crédit photo André Zucca, statue fondation Arno Breker

22:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Compilation CD de soutien aux prisonniers de Strasbourg

La compilation de soutien aux prisonniers de Strasbourg est désormais disponible à la vente!

2 CDs, 42 groupes, 36 pages de livret

Le sommet de l' OTAN de l' année 2009 est fini, mais la répression continue: la solidarité est nécessaire!

Acheter cette compilation revient à apporter son soutien aux prisonniers de la mobilisation contre le sommet de l' OTAN de l' année 2009.

Tous les bénéfices iront aux groupes de soutien aux prisonniers politiques.

La compilation peut-être commandée en écrivant à soli-cd@riseup.net
<mailto:soli-cd@riseup.net>

Plus d' infos ( groupes, textes en français aussi ) sur www.solidarity.blogsport.de
<http://www.solidarity.blogsport.de/>

Actualités des prisonniers et du travail de solidarité:

www.breakout.blogsport.de <http://www.breakout.blogsport.de/>.

La compil' est aussi disponible à l'InfoKiosque-Zinothèque de Molodoï, ouvert tous les lundi de 16h30 à 19h30 : http://molodoi.net/

 

 

18:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/02/2010

FISSURES DANS L’OMERTA - CQFD

Mis à jour le :15 février 2007. Auteur : Gilles Lucas.

« La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées », disait Debord en 1988. Janvier 2007, à l’aise devant les caméras de télé, un homme d’honneur et d’influence crache le morceau.

JEUDI 11 JANVIER. L’émission de Frédéric Taddei « Ce soir ou jamais » sur France 3 bat son plein. Sujet : « Truands : de la fiction à la réalité ». Xavier Raufer, l’éminent commerçant paranoïaque, semble attendre patiemment. Lorsqu’il prend enfin la parole, c’est pour se répandre dans une litanie d’annonces apocalyptiques. « Les enlèvements se multiplient. Les choses s’aggravent… Aujourd’hui, les braquages sont bricolés. C’est trois ou quatre jeunes. Sans repérage. C’est le signal d’une nouvelle génération de criminels. Et puis les activités s’enfilent les unes dans les autres… Après les braquages, on passe directement à la drogue et à la prostitution… Partout se développent de formidables organisations criminelles… » À lire les titres de ses ouvrages, on cherche du regard les issues pour pouvoir s’arracher au plus vite : Le grand réveil des mafias, La guerre ne fait que commencer, Les treize menaces du Chaos mondial

Enseignant à l’Institut de criminologie de Paris et professeur à l’École de police criminelle de Chine, Raufer est un des principaux prosélytes et commerçants de la « tolérance zéro ». Mais maintenant que cette idéologie sécuritaire a conquis tous les milieux dirigeants, ce sont surtout les mafias qui le préoccupent. Et il sait de quoi il parle : ses relations, amitiés, collaborations confinent à un véritable annuaire de la classe dirigeante. Attention, pince-nez obligatoire ! On y trouve, pêle-mêle, Giscard, L’Express et Le Figaro, Pasqua, la cellule élyséenne de Mitterrand, des services secrets américains, le directeur de France Culture, les cercles patronaux, les autorités chinoises, des milieux universitaires, Radio Courtoisie, la direction de la gendarmerie, Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France…

Militant, dans les années 60, dans le groupuscule néofasciste Occident, Xavier Raufer, dit « Bonne Soupe » [1], a côtoyé dans sa jeunesse Madelin et Longuet, passés depuis au néolibéralisme. Leur mentor ? Georges Albertini, un ex-vichyste ayant grenouillé durant l’après-guerre dans les milieux bancaires, les officines anticommunistes occultes et divers services secrets. Dans les copinages juvéniles de Raufer, on retrouve aussi un certain Penciolelli et Patrick Buisson, respectivement ancien patron et ex-directeur de la rédaction du journal d’extrême droite Minute. Actuellement directeur du service politique du Figaro, Buisson animait encore récemment des émissions sur LCI en compagnie du présentateur vedette David Pujadas. Lequel est membre du « Siècle », think tank qui rassemble depuis 1944 les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française. La quintessence des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques s’y rencontre, entre autres Claude Bébéar, Thierry Breton, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Marie Colombani, Jean-François Copé, Laurent Fabius, Serge July, Alain Minc, Nicole Notat (Vigeo), Michel Pébereau (BNP Paribas), Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Ernest-Antoine Seillière, Jean- Claude Trichet… Mamma mia ! Tous ces padrone et caporegime qui polémiquent en public et se concertent quand micros et caméras s’éteignent ! De quoi céder au plus délirant conspirationnisme face à un tel faisceau de connivences partout présent dans l’économie, les médias, la politique et les institutions !

On comprend mieux alors, l’intérêt que Xavier Raufer porte aux mafias « illégales » en concurrence directe avec celles disposant de la loi. Et, devant les caméras, « l’expert » de s’ébaudir, sans oser se nommer lui-même, sur le savoir-vivre des chefs mafieux : « Ils ont une noblesse de comportement… La différence qu’il y a entre le milieu et la mafia, c’est la différence qu’il y a entre un beaujolais nouveau et un château-latour 1947. » Et rompant malencontreusement l’omertà : « Le jour où un chef de la mafia meurt, le lendemain il a un successeur, le jour où Action Directe a tué le PDG de Renault, il y avait un autre PDG. Il n’y a pas eu une voiture de moins produite dans l’année. La mafia, c’est pareil, ça continue… » Voilà qui est dit ! En clair, systèmes industriels et commerciaux et mafias, même fonctionnement, mêmes principes, mêmes garanties pour la pérennité du pouvoir, même connivence occulte imposant la dépendance.

Alors, que viennent faire au milieu de ces « guerres » entre mafias, les offensives menées contre la grande masse des anonymes au nom de la « tolérance zéro » et de la lutte contre les incivilités ? Contrôler et réprimer les populations sans pouvoir, c’est montrer spectaculairement l’omniprésence du droit et de la loi dans la rue tout en ne dérangeant pas dans leurs palais les véritables prédateurs. Comme dans toutes les guerres modernes, pris entre deux feux, ce sont les civils qui morflent. Et si en plus toute l’opération dégage de beaux profits grâce à l’intoxication paranoïaque et à l’explosion du marché de la sécurité, c’est du nanan !

Article publié dans CQFD n° 42, février 2006.


[1] C’est ainsi que le surnomment ses amis de jeunesse (cf : members.aol.com/MOccident)

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Une cheville ronde dans un trou carré - Christine Tréguier

Les chevilles rondes dans des trous carrés ont tendance à avoir des idées dangereuses sur le système social et à contaminer les autres de leur mécontentement, Aldous Huxley, Préface à la réédition du Meilleur des Mondes, 1946.

 

S'il est une obsession de ce troisième millénaire que l'on nous promet de nous faire tant aimer, largement amplifiée par le 9-11, c'est bien celle de l'identification des personnes. On part d'un algorithme simple « if/then » : « si » certains sont terrroristes ou criminels ou simplement délinquants, « alors » nous le sommes potentiellement tous. Il convient donc d'anticiper sur l'acte. Ce qui pour nos sociétés dites démocratiques signifie identifier chaque suspect, chaque perturbateur réel ou virtuel, chaque contestataire avant qu'il n'ait commis la chose. Et pour ce faire, elles mettent en place une véritable nasse technologique, un filet anti-terroriste-criminalité-délinquance, un réseau sécuritaire planétaire qui aura - ce n'est pas négligeable à l'heure actuelle - l'avantage de relancer une économie mise à mal par la dérégulation sauvage et la spéculation sans limite de ces deux dernières années. Pourquoi vous dis-je cela ? parce qu'un samedi matin d'octobre en écoutant Inter, j'ai entendu une brochette de soi-disant experts tenter de faire le bilan de santé de l'industrie de la communication et de l'information (ne riez pas c'est tout ce qu'il y a de sérieux). Parce que la veille, au treize-quatorze sur la même radio, l'animateur de l'émission Fabrice Drouelle évoquait « le problème croissant des infractions routières au permis de conduire », forme nouvelle de ce que l'on qualifie de « nouvelle criminalité » puisqu'aujourd'hui tout est peu ou prou criminel. Selon les statistiques - connues pour être, comme les experts, un outil politique et fabricateur d'opinion au service du pouvoir - de plus en plus de chauffards conduiraient sans permis.

Partant de là, un expert, M. Christophe Naudin, chercheur au département de Recherche sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC) interrogé par le journaliste sur l'éventualité d'un permis de conduire infalsifiable, déclara benoitement que les papiers - l'identité anthropométrique - étaient obsolètes. Que l'identité aujourd'hui où tout se mondialisait, se mondialisait aussi et ne résidait plus dans un patronyme culturellement référencé, donc dans un document matériel - falsifiable ou non - mais dans le corps. Que nous étions notre corps et vice-versa et qu'en se donnant la possibilité technique de scanner ce corps par tous les bouts, on pourrait, on saurait identifier à tout coup. Le corps est notre support identitaire, et la biométrie le remède miracle pour la planète. L'industrie des TI (technologies de l'information) peut se lécher les babines, le gisement est énorme : six milliards d'individus !

Qui était donc ce si catégorique expert ? Google - searching, searching, searching... et le voilà, lui aussi identifié : Christophe Naudin, auteur d'un mémoire pour son diplôme universitaire en 2000 (expérience professionnelle bien courte pour un expert au DRMCC) sur Les fausses identités : une criminalité aux conséquences volontairement ignorées [1], dont l'un des derniers chapitres « Prospective » contient un sous-chapitre intitulé « L'identité absolue » dont la lecture est édifiante. Quant au DRMCC [2], il s'agit d'une unité de recherche de la Sorbonne, pilotée par Xavier Raufer [3], connu dans les milieux informés comme expert es sécurité, qui se donne pour mission de : « accroître la connaissance des phénomènes criminels contemporains, nationaux ou transnationaux, qui menacent nos sociétés, dans toutes leurs dimensions, juridiques, criminologiques, sociales, culturelles, financières... » parmi lesquels phénomènes on trouve, outre le terrorisme et le crime organisé, « les guérillas dénaturées » (sic), les « micro-cultures violentes » et l'« écoterrorisme/bioterrorisme ». Je vous laisse apprécier.

Le DRMCC se propose de « conceptualiser les éléments caractéristiques de la menace » et de faire « des propositions concrètes en vue de créer ou de renforcer les moyens juridiques de lutte contre ces phénomènes criminels ». Autrement dit se place comme pépinière d'experts, diplomés et savants auprès des cabinets, collectivités locales et médias concernés par l'insécurité. Ces experts que Pierre Rimbert [4] nomme « les managers de l'insécurité » : des « chercheurs [qui s'affirment] dépositaires d'un savoir juridique et statistique - [voire des] gardiens de l'ordre scientifique ». On leur doit les nouveaux vocables « zone de non-droit », « violences urbaines » et autres « incivilités » qui émaillent tout discours sécuritaire de droite comme de gauche. On leur doit aussi des statistiques toujours plus explosives qui font monter la pression et que Rimbert qualifie de « construction comptable de l'insécurité ». Fort de ces cautions scientifiques et « apolitiques », leur discours « se donne pour incontestable [...], contre le tout répressif » voire même parfois « contestataire ». Xavier Raufer, directeur des Etudes et recherches-Séminaires du DRMCC et son accolyte Alain Bauer [5] sont parmi les plus connus de ces experts parisiens et vendent moultes conférences, prestations et expertises.

Mais revenons aux affirmations de notre expert du treize- quatorze, M. Naudin : au panier donc les CI, les permis, les passeports et autres cartes de séjour, cartons magnétiques et badges électroniques. Les garants de la sécurité, routière ou autre, disposent ou disposeront incessament sous peu d'un arsenal de systèmes introspectifs capables de dire si celui ou celle qui prétend être vous, l'est effectivement. Empreintes digitales, vocales, génétiques, forme de la main, de l'iris, du visage ou de l'oreille, tout est, paraît-il, unique à chacun(e) et reconnaissable, dès lors qu'il est déjà connu et archivé quelque part. La condition n'est pas anodine puisqu'elle induit que tous les citoyen(ne)s, ou disons tous les citoyen(ne)s suspects, soient fichés. Une fois tout le monde, pardon tous les suspects fichés, il n'est plus besoin que de systèmes de reconnaissance temps réel (plutôt onéreux) capables de scanner chaque fragment d'individu et de le comparer aux millions d'autres entreposés au préalable dans des bases de données. Le marché est global et n'attend que les spéculateurs pour devenir porteur. Analyse d'ADN, reconnaissance faciale, détection d'expression et de comportement, scanning immédiat des traces corporelles, de la forme de tel ou tel organe ou terminaison, sont autant de moyens incontournables et incontestables, disait notre expert, d'identifier ou d'authentifier.

Une minute, si vous permettez, pour tenter de saisir la différence entre ces deux termes. Authentifier c'est pouvoir dire avec certitude que la créature qui dit s'appeler A est bien la même que la créature A déjà « connue des services », autrement dit répertoriée dans la base. Identifier c'est pouvoir dire avec certitude que la créature X qui ne peut ou ne veut dire son nom est « connue des services » sous le nom de A ou B ou C. Exemple simple et juste un brin extrapolé. Je dis être journaliste depuis des années, mais je suis en réalité chomeuse depuis 5 ans, faisant des chantiers au noir. Sarkosy ayant décidé qu'un fichier des empreintes annales de tous les SDFs, RMistes et chomeurs de longue durée devaient être mis en place, je suis démasquée au premier contrôle routier. Seule solution abandonner ma voiture sur la route au premier appel de phare signalant un contrôle, mais las ! mes traces ADN sur le talus leur permettront de me retrouver sous quelques heures. Ou donner ma voiture et circuler habillée comme la femme invisible. Vous rigolez mais j'ai une amie qui a fait ça... donner sa voiture pour éviter ce genre de tracasseries.

Trève de plaisanteries, le raisonnement de cet expert, son hypothèse savante d'une identité absolue et infalsifiable sont atterants. D'autant plus qu'elle induit l'existence d'une police omniprésente et omni-connaissante, toujours prête à se glisser dans vos pensées pour dire si elles sont « correctes » ou non. Un scénario tout droit sorti des plus angoissants romans de SF. Aldous Huxley ne parlait-il pas dans sa préface à la réédition du Meilleur des Mondes en 1946 d'une « science complètement évoluée des différences humaines, permettant aux directeurs gouvernementaux d'assigner à tout individu donné sa place dans la société. (Les chevilles rondes dans des trous carrés ont tendance à avoir des idées dangereuses sur le système social et à contaminer les autres de leur mécontentement) ». Laquelle science associée à quelques autres conditions - « primo, une technique de conditionnement dans l'enfance [...] et à l'aide de drogues type scopolamine », secondo « un succédanné de l'alcool à la fois nocif et dispensateur de plaisir » pour fuir la réalité, tertio, « un système d'eugénique à toute épreuve pour standardiser le produit humain et faciliter la tâche des directeurs ». - permettrait de faire « aimer aux gens leur servitude » assurant ainsi la stabilité de l'Etat totipotent.

En serions nous déjà là ? L'identité au sens de la singularité de chacun(e) serait sur le point de disparaître. Gommée, éradiquée proprement. Chacun(e) devrait ressembler à l'autre, être sa copie, dérivée du même modèle génétique, physique ou mental. Ce qui attesterait alors de nous, de notre identité anthropométrique ne serait plus une photo ou un numéro sur une carte, mais un corpus de données, un data-corps, entreposé à jamais (si tant est que les machines et leurs mémoires soient immortelles) dans les mémoires du réseau, et identifiable par chacun de ses fragments. Un ensemble de datas prélevées sur chacun(e), éventuellement avant même la naissance, et stockées pour consultation ultérieure. Fragments de je et de nous, recompilés en temps réel à chaque contrôle. A cette cartographie charnelle intime viendraient s'ajouter au fil de la vie d'autres données complémentaires : où nous habitons, ce que nous mangons, ce que nous lisons, nos déplacements, lieux de vacances préférés, activités professionnelles et de loisirs, nos opinions politiques et religieuses, nos orientations sexuelles, et biensûr toutes entorses aux lois et règlements, toute déviation, toute différence et singularité ayant résisté à l'élagage. Cette incarnation informationnelle permettant de tirer notre portrait en toute occasion, de dessiner notre profil et de nous attribuer une note sur l'échelle de la suspiscion. Ou encore de nous vendre des produits inutiles mais « sur mesure ». Tout cela pour le plus grand bonheur d'une population de plus en plus inapte à se défendre et qui demande donc qu'« on » la protège. Ce qu'avait entrevu Huxley, une réalité imminente ? Subrepticement, sans que « les gens » s'en aperçoivent vraiment, et malgré les alertes lancées par les défenseurs des libertés ? Nous avons la science sécuritaire, nous avons le rêve et l'oubli distillés via l'hallucination consensuelle des médias et du réseau, et maintenant nous rêvons de prédétermination génétique. Méthode chère à Aldous, la « décantation des embryons » semble aujourd'hui à portée d'éprouvette. Les clones et autres tripatouillages hi-tech font régulièrement la une des médias qui agitent le pire sans trop s'engager. La modulation par conditionnement physique ou mental n'est pas si loin. Oh ! juste pour éradiquer les méchantes maladies. Et on va aimer ça. Et ça aussi ça va rapporter gros.

En 2002, la réponse à l'insécurité, c'est l'authentification et l'identification, la mise en fiches de la population, pardon des suspects, de tous les pays du monde. On parle de réduire chaque être humain à un numéro unique utilisé aussi bien pour la Sécu, les impots, le téléphone et l'internet. On parle aussi de plus en plus de dématérialiser cette preuve unique, ou plutot de la nano-turiser à l'échelle de l'atome et de l'implanter directement dans la chair. Marque indélébile, tatouée dans la matière qui rappelle les plus sordides épisodes de notre histoire. Il est question de faire de notre identité, à la fois endogène et exogène, modifiable dans une large mesure, une identité uniquement endogène et infalsifiable, intégrée au corps d'un coup d'agrafeuse technologique. Schpoumfff ! La puce est presque dans votre avant-bras ou dans le lobe de votre oreille, design et efficacité garantis. Il n'est plus besoin que de vous scanner comme une vulgaire marchandise pour savoir qui vous êtes, où vous êtes et pourquoi vous y êtes. Dans un périmètre raisonnable il s'entend, mais sorti de ce périmètre, vous entrez de toute façon dans le suivant, et le suivant et le suivant.

Contrairement aux propos de notre expert, je pense que la sécurité n'est pas dans l'identification systématique, qu'une société qui surveille tous ses citoyen(ne)s parce qu'elle ne veut pas leur faire confiance est viciée et que ce pire des mondes imminent est non seulement terrifiant mais inhumain. Les machines y seront les indéfectibles alliées d'une police omniprésente et d'un état totipotent, et les êtres réduits à l'état de fragments et de nombres. Entités parfaitement connues et transparentes, supposées ne rien cacher. Car comment parvenir à cacher quelque pensée que ce soit à ceux qui connaitront le tréfond de nos innés et de nos acquis, de nos gènes et de nos datas ? Comment être encore « une cheville ronde dans un trou carré » ? [6] L'une des réponses à la question est l'anonymat et la cryptographie. Faire en sorte de ne pas être identifié, ou tout du moins de ne pouvoir concaténer les bribes d'informations récoltées en un seul corpus de datas transparent. Il est indispensable aujourd'hui que quiconque se sent un brin « cheville ronde dans un trou carré », et quiconque fédère ou collabore avec d'autres chevilles, de crypter ses mails, le contenu de son disque dur, de vérifier le plus possible quelles sont les données dont disposent les prestataires de services auxquels il/elle a recours (fournisseur internet, banque, commerçants, assureurs, carte de fidélité, médecin, administrations et collectivité locales etc), et ce qu'ils en font.

Cela est nécessaire, mais sera-ce suffisant ? Je ne sais. Et je rêve de ce philosophe grec péripatéticien qui parcourait les villages en criant « j'ai des réponses, avez-vous des questions ? ».

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[1] Mémoire universitaire de Christiphe Naudin. http://mccccm.free.fr.

[2] Site du DRMCC http://mccccm.free.fr.

[3] ibid in Les managers de l'insécurité : « Xavier Raufer - Christian de Bongain de son vrai nom - est chargé de cours à l'Institut de criminologie de Paris [...] et responsable d'une collection aux Presses universitaires de France « Criminalité Internationale ». [...] Il a cosigné avec Alain Bauer le Que Sais-je Violences et insécurité urbaine (PUF) ».

[4] « Les managers de l'Insécurité : production et circulation d'un discours sécuritaire », par Pierre Rimbert dans La Machine à punir, l'Esprit frappeur.

[5] ibid - in Les managers de l'insécurité : « Alain Bauer enseigne à IHESI, Paris V-Sorbonne et Science Po.|...] Il intervient dans les modules sur les « violences urbaines » du CRMCC ».

[6] Expression métaphorique courante en anglais pour désigner des individus qui ne sont pas à leur place.

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Eclairons les mécanismes du passage à l'acte

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19:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

A Strasbourg, JM Le Pen sert sa soupe sous haute protection.

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projet d'affiche touristique: Strasbourg am Nacht Achtung Polizei! (blog La Feuille de Choux)

 

Une conférence de presse à l'Ancienne Douane de Strasbourg sous très haute et massive surveillance policière pour contrer quelques rares manifestants.(DNA du 10/02/2010)

 

Toujours aussi prompte à défendre la démocratie (blanche et chrétienne) qu'à matraquer l'étudiant (en sciences humaines), la police nationale française a pris position tout autour de l'Ancienne Douane.

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Oui, tu es surpris, car pour toi, l'Ancienne Douane a bel et bien brûlée en ce jour du 04/04/2009. Tu l'a vu comme d'autres sur toutes les télévisons et couverture de journaux, devenue symbole du déchainement de la violence mouvante des encagoulés d'ultra-gauche anarcho-autonomistes solidaires.

Et bien non, ami lecteur, il y a une autre Ancienne Douane, au centre de Strasbourg.

C'est un restaurant au bord de l'Ill, en face du musée Alsacien, à deux pas du quartier de la cathédrale. Niveau symbole et situation géographique, c'est du premier choix. Et tu n'est donc pas surpris que l'auto-décrété garde barrière de l'Europe blanche ai choisit ce lieu pour servir sa soupe nauséabonde.

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Alors, quid du déploiement sécuritaire de cette nuit du mardi 9 février 2010 ? Et bien figure toi, ami, que dans cette douane transformée en restaurant, avait lieu une conférence de presse pour soutenir la tête de liste consanguine identitaire Patrick Binder en présence du grand patron de la démocratie blanche et raz du front, JM Le Pen.

Et oui, ami, tu es surpris, car tu sait comme tous les Strasbourgeois que la tête de liste FN vient manger ici régulièrement, toujours aussi bien accueillit et servit comme le fûrent tant d'autres et ce malgré leur promptitude à autant tendre le bras droit qu'à lever le coude, sur ces mêmes tables couvertes de nappes blanche et rouge, couleurs de l'Alsace identitaire et souchienne.

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(Photo DNA - Michel Frison)

As-ton vu un tel déploiement de policiers lors de repas du PS, de l'UMP ou des Verts ?

Et c'est bien là que se pose la question...pourquoi cette fois-ci cet humble repas entre démocrates blancs et chrétiens sans chapeaux pointus a-t-il bénéficié d'une telle couverture sécuritaire ?

Un coup de communication de la Propaganda Staffel ? Des menaces ? Une petite victimisation pour relancer la motivation du troupeau identitaire avant les élections régionales ?

passage supprimé le 25/02/2010 à 17h33 suite au message de SB (voir lien messages)

l'article en lien n'est, comme par hasard,  plus disponible : http://julienviel.hautetfort.com/files/gayet%20wirtz.pdf

Page Inconnue

Il est possible que la page recherchée ait été supprimée, que son nom ait changé ou qu'elle ne soit pas disponible pour le moment. (erreur 404)

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Quelques phrases de Binder (article Médiapart), alsacien souchien dans le texte :

- «le racisme et la xénophobie ont été importé en France par le conflit israélo-palestinien, et pas par le FN»

- «Une société multiculturelle, ça ne fonctionne pas. Les Turcs, ils sont ce qu’ils sont, mais au moins ils travaillent. Ce sont les Maghrébins : chaque immigré qui vient de ces pays-là posera un problème

Tu ne sera pas surpris, ami lecteur, que je ne te laisse pas l'adresse de cette "bonne table"...

09:19 | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/02/2010

L'intox de "Main basse sur l'info" Arte mardi 09/02/2010

Si vous n'avez pas vu l'émission et le pseudo débat des 8 "journaliste" hier soir, voici un article du blog du Diplo qui évoque bien mon ressenti :

« Effroyables imposteurs » sur Arte : le roi est nu

mercredi 10 février 2010, par Mona Chollet

Rarement le désarroi des caciques des médias devant le discrédit qui les frappe aura été aussi évident que lors de cette soirée sur Arte, mardi 9 février, intitulée « Main basse sur l’info » (et encore visible une semaine sur le site Arte+7). Le premier documentaire diffusé, « Les effroyables imposteurs » de Ted Anspach, consacré aux complotistes qui pullulent sur Internet, dépeint la Toile comme une boîte de Pandore moderne d’où s’échapperaient, au premier clic de souris, tous les fléaux de l’univers – histoire de ramener les téléspectateurs, ces brebis égarées, vers les bons bergers dont ils n’auraient jamais dû s’éloigner.

On a ensuite droit à une réalisation de Denis Jeambar, ancien directeur de L’Express, où interviennent « huit journalistes en colère » (Franz-Olivier Giesbert, Arlette Chabot, David Pujadas, Philippe Val, Jean-Pierre Elkabbach, Edwy Plenel, Eric Fottorino, Axel Ganz) filmés sur fond noir, à grands renforts d’images saccadées et de gros plans intimistes, dans un style qui évoque à la fois un film d’espionnage ringard et un clip publicitaire shooté par Karl Lagerfeld.

Les moyens mis en œuvre pour restaurer un prestige dont l’érosion a atteint le seuil critique sont particulièrement grossiers. Tentant de ranimer les braises de l’antique fascination suscitée par la profession de Tintin et d’Albert Londres, la voix off annonce une « sacrée brochette de journalistes » qui « connaissent de l’intérieur la folle machine des médias » et qui auront « carte blanche pour dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, pour dire ce qu’on ne vous dit pas ». Ici, l’audience retient son souffle, dans l’attente de sa becquée de savoir : les dieux vont l’admettre dans leur secret. « Ecoutez bien ! » intime encore la voix off.

Et on n’est pas déçu. Mieux vaut s’accrocher, en effet, pour ne pas tomber de son fauteuil lorsqu’on entend David Pujadas déclarer que le journalisme « souffre d’abord de conformisme et de mimétisme ». On retrouve cependant vite un discours plus familier lorsqu’il explicite ce qu’il veut dire par « conformisme » : « L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’Etat, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. »

Dans cet insupportable penchant gauchisant, libertaire et tiers-mondiste qui suinte des reportages des grandes chaînes françaises et des pages des journaux, il voit « une dérive mal digérée [sic] de la défense de la veuve et de l’orphelin, une posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence – l’apparence ! – du courage et de la révolte ». Où se situent, alors, le véritable courage, la véritable révolte ? C’est drôle : on a l’impression de deviner.

Comme pour mieux inciter à la révérence, Pujadas est présenté comme « une star de l’info » ; Arlette Chabot est « à la tête d’un bataillon de deux cents journalistes » ; Franz-Olivier Giesbert est « une des grandes figures du journalisme français ». Dans les plans de coupe, tous sont montrés en contexte, parés des attributs qui – faute de mieux ? – fondent leur autorité : menant une interview, le casque de radio sur la tête ; marchant d’un pas décidé dans les couloirs de rédactions affairées et cossues ; penchés à plusieurs, d’un air concentré, sur un écran d’ordinateur, en plein processus de production d’une information fiable et impartiale ; ou encore, dans le cas de Philippe Val – car le ridicule ne tue pas –, en pleine conversation téléphonique, le combiné collé à l’oreille. Lorsqu’ils parlent face caméra, ils comptent : « Quatre, trois, deux, un… », avant d’entamer leur discours (« Allez, on y va », lance gaillardement Arlette Chabot). Ils regardent le téléspectateur droit dans les yeux, tels des magnétiseurs hypnotisant leur patient.

« Chacun à sa place ! » Retour à la table des matières

Avant tout, bien sûr, il faut redire à tous ces inconscients combien Internet, c’est mal, et combien les grosses pointures journalistiques qui leur parlent sont indispensables à leur gouverne. Qu’on pouffe devant une émission d’Arlette Chabot ou à la lecture du « roman d’amour » que vient de publier Franz-Olivier Giesbert, en effet, et « c’est toute la démocratie qui est en danger ». Si Arte le dit… « Il faut cesser de faire croire, assène Elkabbach, que le citoyen journaliste va se substituer bientôt au journaliste citoyen : toutes les expériences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sélectionner, vérifier et écrire. Alors, chacun à sa place ! » Axel Ganz, fondateur de Prisma Presse, dont les publications (Voici, Gala, Capital, VSD, Télé-Loisirs…) sont réputées pour leur contribution de haut vol à la vitalité de la démocratie, estime qu’à long terme Internet fera naître chez les jeunes « un scepticisme sur les valeurs de notre société » : terrifiante perspective.

Arlette Chabot, presque racinienne, supplie : « Méfiez-vous des théories du complot selon lesquelles la vérité, les vérités de l’information seraient sur la Toile tandis que les médias traditionnels vous cacheraient la vérité. C’est vrai : grâce à Internet, plus aucune information ne pourra être enterrée ou dissimulée. Mais je vous demande d’être prudents, car un jour vous apprendrez que vous avez été manipulés, trompés. Sur Internet, la traçabilité des images n’est pas garantie. » Même la voix off s’y met : « Sur le Web, chacun crée son propre média et se croit journaliste. » La vieille histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, en somme. Tout ça finira mal – mal pour les internautes, ces buses présomptueuses, cela s’entend. Philippe Val, qui poursuit le Net de sa vindicte depuis le jour où il a découvert que ce machin pouvait permettre à des cuistres de critiquer sa politique éditoriale à Charlie Hebdo [1], le dit avec fougue : « La presse écrite survivra à Internet, j’en suis sûr. »

Les casseroles que traînent certains de nos preux « journalistes en colère » étant trop pléthoriques pour que leur fracas ne parvienne pas à leurs propres oreilles, ils sont obligés d’en passer par l’exercice de l’autocritique – d’en passer rapidement, qu’on se rassure. Jean-Pierre Elkabbach, qui réclame à grands cris « la rigueur, la curiosité, la qualité », et qui s’exclame : « Marre de nous complaire dans la pipolisation, l’irrationnel et le voyeurisme, j’en peux plus ! », reconnaît à demi-mot : « Est-ce que moi, je me suis fait honte ? Peut-être pour une erreur que j’ai commise et assumée » – référence un brin sibylline à son annonce prématurée, sur Europe 1, en avril 2008, de la mort de l’animateur de télévision Pascal Sevran.

Et Philippe Val, avec une désinvolture qu’on s’en voudrait de prendre pour de la suffisance : « J’ai dû dire une connerie y a pas longtemps. Je ne me souviens plus ce que c’est, mais je me suis trompé, mais méchamment. Putain, c’était la honte. » Moins défaillante que la sienne, notre mémoire a l’embarras du choix. Peut-être pense-t-il à sa récente déclaration selon laquelle l’« actionnaire » de France Inter, Nicolas Sarkozy, ne serait « pas très bien traité » par les journalistes de la station – assertion qui lui donne une légitimité indiscutable pour réfléchir au redressement de la profession ?

« Partenariats » médiatico-idéologiques Retour à la table des matières

Passons sur les viriles amitiés qui nous valent régulièrement ce genre de grandes opérations médiatico-idéologiques : cette soirée d’Arte était produite par Doc en Stock, la société de Daniel Leconte, en partenariat avec France Inter. Daniel Leconte et Philippe Val sont de grands amis : le premier a réalisé un film sur l’affaire du procès de Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet, le « coup » publicitaire qui a définitivement lancé la carrière du second ; bien souvent, lors de précédents « débats » sur Arte, ils ont fustigé de concert la chienlit gauchiste [2].

Tous deux partagent avec Denis Jeambar, réalisateur de « Huit journalistes en colère » et instigateur en son temps du virage néoconservateur de L’Express, de solides convictions atlantistes. Les incessantes professions de neutralité journalistique et politique, les invocations d’une information « ni de droite ni de gauche », qui auront émaillé cette soirée – y compris lors du débat animé ensuite par Daniel Leconte –, sont franchement désopilantes, tant les obsessions propagandistes de ses initiateurs ont la discrétion d’un éléphant au milieu d’un couloir. Leur cible principale : les contempteurs de la politique israélienne, qui seraient tous, de même que ceux qui trouvent à redire à la politique américaine, de fieffés antisémites.

« Le pire ennemi du journalisme, avance Philippe Val, c’est sa conviction d’être au service du bien et de la pureté. » Celui qui, du temps où il éditorialisait à Charlie Hebdo, maniait avec une égale aisance l’insulte, la diffamation décomplexée et le fantasme échevelé, met en garde contre la « tentation de faire primer la thèse sur les faits » : « Le nombre de journalistes qui sont tombés dans le piège du bien est suffisamment important pour que la profession en soit profondément malade. Le discours démagogique des uns marginalise le travail sérieux des autres. Ce n’est pas quand il exprime une opinion que le journaliste est libre et indépendant : c’est quand il pense d’abord contre son opinion pour ensuite livrer son analyse. (…) On ne discute pas de l’Amérique, on ne peut pas discuter d’Israël et de la Palestine : il y a des tas de sujets sur lesquels on ne peut pas discuter parce que c’est le Bien et le Mal. Il y a des rédactions qui sont malades de ça. »

Le documentaire évoque également un incident navrant, qui en dit long sur cette « poubelle de la démocratie » qu’est la télévision, et qui vit la rédaction de France 2 – sous l’influence méphitique, il est vrai, de l’Instrument de Satan – diffuser, en pleine offensive israélienne sur Gaza, « des images récupérées sur Internet et accablant Israël. Après vérification, Arlette Chabot s’excuse : c’était de l’intox ». Il est bien établi aujourd’hui, en effet, qu’à l’hiver 2008-2009, à Gaza, l’armée israélienne s’est comportée avec un humanisme extravagant [3]. Et dire qu’il est encore de dangereux désinformateurs, en liberté sur Internet, pour persuader les âmes crédules du contraire…

Notes

[1] Voir à ce sujet Les Editocrates, La Découverte, Paris, 2009.

[2] Voir aussi « Camus, Leconte et la mélancolie coloniale », par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, 10 janvier 2010.

[3] Voir « Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité », Nouvelles d’Orient, 16 septembre 2009.

 

Pour info :

Vendredi 12 20h
"ZÉRO"
Film de Franco Fracassi critiquant les thèses officielles sur le 11 septembre.
Bien que plébiscité par le public et les journaux télévisés au moment du festival du cinéma de Rome en octobre 2007, le film n’a pas trouvé de distributeur en Italie.

aux Epines vendredi 12/02/2010 : http://les-epines.over-blog.com/

 

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