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18/06/2010

Mont Valérien - 21 février 1944 - 21 février 2010

Mont Valérien.jpg

15:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

CAMERONE II - Bigeard est mort - il n'a pas supporté la seconde défaite de la France face au Mexique ?

DOMENECH M'A TUER ?

 

Le général Marcel Bigeard s'est éteint ce matin, à son domicile de Toul, vient d'annoncer son épouse. Il avait 94 ans.


L'ancien combattant, grande figure de la Seconde Guerre mondiale et des conflits d'Indochine et d'Algérie, avait déjà été soigné plusieurs jours en mars et en mai au centre hospitalier universitaire de Nancy.

Employé de banque à 14 ans

Né le 14 février 1916 à Toul (Meurthe-et-Moselle), il fut d'abord employé de banque à la Société générale avant de combattre dans l'armée lors de la défaite de juin 1940. Blessé puis fait prisonnier, il s'était évadé avant de rejoindre les Forces françaises libres en Afrique.

Il est surtout connu pour son action lors de la bataille d'Alger en 1957, lorsque les parachutistes qu'il commandait avaient repris le contrôle de la ville aux indépendantistes. Les opposants au conflit avaient alors dénoncé des actes de torture et des exécutions sommaires.

Il fut dans les années 1970 secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Défense dans le gouvernement Chirac, sous Valéry Giscard d'Estaing, puis député de la Meurthe-et-Moselle.

Piqué au tas sur surlering.com - 18/06/2010

 

14:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/06/2010

Juin 2010 : la DST cherche encore à déstabiliser les antinucléaires

Dans trois courriers en date du 10 juin, la Direction de la Surveillance du Territoire (DST, devenue officiellement DCRI) a convoqué trois salariés du Réseau "Sortir du nucléaire" pour une audition le 16 juin 2010 au Ministère de l’Intérieur : Myriam Battarel et Sabine Li (webmestres), et Philippe Brousse (directeur). La suite d’un feuilleton qui dure depuis plus de sept ans.

En effet le motif de la convocation policière a été précisé par téléphone : depuis 2003, le Réseau "Sortir du nucléaire" met à disposition sur son site internet des documents "confidentiel défense", qui révèlent que le futur réacteur EPR ne résisterait pas au crash d’un avion de ligne (pas plus que les 58 réacteurs nucléaires français déjà en fonctionnement).

Cette affaire a déjà donné lieu à une procédure judiciaire, classée sans suite en juin 2009. Depuis des années, l’avocat du Réseau "Sortir du nucléaire" demande d’avoir accès au dossier pénal, en vain. Comme par hasard, cette convocation intervient la veille du procès de la SOCATRI-AREVA, et à trois jours de l’Assemblée Générale du Réseau "Sortir du nucléaire".

Myriam, Sabine et Philippe ont décidé de ne pas se rendre à cette convocation arbitraire. Ils savent qu’ils peuvent être arrêtés à tout moment et emmenés de force. Mais il n’est pas question de céder devant un État qui prêche la transparence, mais classe "secret défense" ou "confidentiel défense" tout ce qui concerne le nucléaire, civil ou militaire.

Réseau Sortir du Nucléaire - 16/06/2010

 

16 juin 2010 : Convocation par la DST : le Réseau "Sortir du nucléaire" refuse l’arbitraire

 

La Direction de la Surveillance du Territoire (DST) a convoqué le 16 juin 2010 au Ministère de l’Intérieur le directeur et les deux webmestres du Réseau "Sortir du nucléaire".

Le motif de cette convocation leur a été précisé par téléphone : depuis 2003, le Réseau "Sortir du nucléaire" met à disposition en ligne des documents "confidentiel défense" qui révèlent que le futur réacteur EPR ne résisterait pas au crash d’un avion de ligne [1].

Quel nouvel élément la DST cherche-t-elle à obtenir ? Les défauts de sûreté de l’EPR et ses surcoûts sont de notoriété publique. La révélation des informations "confidentiel défense" par le Réseau "Sortir du nucléaire" a déjà donné lieu à une procédure judiciaire ; elle a été classée sans suite en juin 2009. Au contraire, dans cette affaire, ce serait plutôt à l’État de fournir des informations : malgré des demandes répétées, et contrairement à ce que prévoit la loi, l’avocat du Réseau "Sortir du nucléaire" n’a toujours pas eu accès au dossier pénal !

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", cette convocation est une pure mesure d’intimidation. À quelques jours de l’Assemblée Générale du Réseau "Sortir du nucléaire", l’État tente à nouveau de déstabiliser le mouvement antinucléaire en faisant pression sur des salariés militants.

C’est en toute légitimité que les trois personnes convoquées ont décidé de ne pas se rendre à cette convocation arbitraire. Elles savent qu’elles peuvent être arrêtées à tout moment et emmenées par la force. Il n’est pas question de céder devant un État qui prêche la transparence, mais classe "secret défense" ou "confidentiel défense" tout ce qui concerne le nucléaire, civil ou militaire.

Si ces arrestations devaient avoir lieu, le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle tous les antinucléaires, et toutes les personnes attachées au respect des libertés fondamentales, à manifester leur solidarité et leur indignation.

Contacts presse :

Daniel Roussée – 06 61 97 83 28
Antoine Limouzin - 06 40 28 32 12
Maître Busson - 06 72 12 72 47

Communiqué de presse du Réseau

20:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Groupe contre l'horreur olympique et sportive

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Prochaine émission jeudi 17 juin en direct de 18h à 19h.


Avec le
Groupe contre l'horreur olympique et sportive, on s'attaque à la Coupe du monde de football.

À écouter sur
Radio 103 [102.3 FM] à Périgueux, ou en ligne ici : http://radio.radioperigueux103.org:8000/radioper.ogg.m3u

piqué au tas chez :

GrouCHOS
Groupe Contre l’Horreur Olympique et Sportive

 

Le tract ci-dessous est daté. Son contexte est le large mouvement d'occupation qui a caractérisé la révolte des mois de mai-juin 1968 en France. Il est connu depuis longtemps à travers le livre de René Viénet (Enragés et situationnistes dans le mouvement des occupations) qui l'avait publié dans ses documents annexes.

Bien que daté, il n'en permet pas moins de considérer (avec le recul) ce qu'est devenu le football et c'est bien pourquoi nous l'éditons ici.

On ne peut plus dire comme à la fin des années soixante que le foot-ball est « populaire » comme par constitution génétique. D'une part parce que cet adjectif n'a plus automatiquement une signification politique : il est désormais synonyme d'industrie « culturelle », de consommation de spectacles par de larges masses manipulées qui engloutissent les individus. Comme pour l'éducation du même nom, le sens de l'adjectif s'est perdu à la faveur de la coagulation du cours de l'histoire. De nos jours, si l'on tient à ce vocabulaire, il faudrait surtout affirmer que c'est la bêtise qui est devenue populaire à travers le foot-ball .

D'autre part, avec mai 1968, il devenait clair que le foot-ball est une composante du pouvoir spectaculaire. Les situationnistes avaient pourtant anticipé en analysant, au cours de ces mêmes années 1960, ce phénomène d'aliénation dans les loisirs. La fausse conscience voudrait que ce soit le « peuple » qui s'exprime dans ces moments de liesse, de « ferveur populaire ». C'est plutôt la populace, cette masse informe, qui doit être distinguée du peuple. Le peuple en arme des journées révolutionnaires de 1789, lui, avait des objectifs qui correspondaient à ses intérêts.

Enfin le foot-ball est pris dans le développement de cette société : son essence, sa nature n'est pas fixe et donnée une fois pour toute. Et si l'on tient à le caractériser, il vaudrait mieux dire de lui qu'il est « bourgeois » : la hiérarchie (le coach), la sélection (l'élite), la compétition (la victoire, le gagnant), les classements (le règne de la valeur), la vedette (le héros), etc.

Malgré tout, ce tract témoigne d'une négativité au sein de l'institution sportive qu'on ne peut plus entendre à la faveur d'une coupe du monde où la « peste émotionnelle »(Wilhem Reich) s'empare de tout un chacun. C'est aussi pourquoi nous l'éditons : que mille pratiques négatives naissent au coeur du foot-ball !


foot aux footballeurs Footballeurs appartenant à divers clubs de la région  parisienne, nous avons décidé d’occuper aujourd’hui le siège  de la Fédération française de Football. Comme les ouvriers  occupent leurs usines. Comme les étudiants occupent leurs  Facultés.

Pourquoi ?

Pour rendre aux 600.000 footballeurs français et à  leurs millions d’amis ce qui leur appartient : le  football dont les pontifes de la Fédération les ont  expropriés pour servir leurs intérêts égoïstes de  profiteurs du sport.

Aux termes de l’article I des Statuts de la Fédération  (association sans buts lucratifs selon la loi), les pontifes de la  Fédération s’engageaient à travailler au « développement  du football ». Nous les accusons d’avoir travaillé contre le  football et d’avoir accéléré sa dégradation en le soumettant  à la tutelle d’un gouvernement naturellement hostile au  sport populaire par essence.

1. Ils ont accepté de limiter à huit mois la  saison de football et d’interdire sa pratique au  moment le plus favorable de l’année, en tolérant : la  fermeture des stades, le refus des billets collectifs  pour les déplacements, et le refus des garanties  d’assurances-accidents durant la période «interdite».

2. Ils n’ont rien fait pour empêcher la suppression de nombreux terrains de football et pour exiger la création de nouveaux. Ce qui place des centaines de milliers de jeunes dans l’impossibilité de pratiquer leur sport. Ils n’ont rien fait non plus pour permettre aux scolaires de pratiquer le football en salle.

3. Ils viennent de créer la licence B, qui en interdisant pratiquement les changements de clubs (sauf au profit des grands clubs), constitue une atteinte intolérable à la liberté des joueurs et aux intérêts des petits clubs.

4. Par la voix de Dugauguez, ils ont insulté tous les footballeurs français dans leurs aptitudes physiques, techniques et intellectuelles.

5. Ils bafouent la dignité humaine des meilleurs footballeurs d’entre nous, les professionnels, en maintenant le contrat esclavagiste dénoncé par Kopa et dont l’illégalité a été reconnue, il y a un an, par Sadoul, le président du Groupement des dirigeants.

6. Ils concentrent sans vergogne aux mains d’une infime minorité les substantiels profits que nous leur procurons par nos cotisations et par les recettes sur lesquelles ils prélèvent des pourcentages quand ils ne se les approprient pas intégralement. Chiarisoli, président de la Fédération, Sadoul, président du Groupement, dissimulent des appointements illégaux sous des chapitres budgétaires qui échappent au contrôle des sportifs. Boulogne, chef de la maffia des entraîneurs, réserve à ses amis les postes les mieux rétribués (1 million par mois et plus). Dugauguez, qui affirmait être directeur à plein temps de l’équipe de France (600.000 francs par mois) a conservé ses postes de directeur commercial des Drapperies sedanaises et d’entraîneur de Sedan. Et le bouquet de ce feu d’artifice est tiré par Pierre delaunay qui doit son poste de secrétaire général de la Fédération à l’hérédité (comme un vulgaire Louis XVI), car il a été nommé au titre de fils de son père, titulaire précédent de la fonction !

C’est pour mettre fin à ces incroyables pratiques que nous occupons la propriété des 600.000 footballeurs français, qui était devenue le bastion des ennemis et des exploiteurs du football.

Maintenant, à vous de jouer, footballeurs, entraîneurs, dirigeants de petits clubs, amis innombrables et passionnés du football, étudiants, ouvriers, pour conserver la propriété de votre sport, en venant nous rejoindre pour :
Exiger la suppression
de la limitation arbitraire de la saison de football,
de la licence B,
du contrat esclavagiste des joueurs professionnels ;
Exiger la destitution immédiate (par voie de référendum des 600.000 footballeurs, contrôlé par des footballeurs)
des profiteurs du football,
et des insulteurs de footballeurs ;
Libérer le football de la tutelle de l’argent des pseudo-mécènes incompétents qui sont à l’origine du pourrissement du football. En exigeant de l’État les subventions qu’il accorde à tous les autres sports et que les pontifes de la Fédération n’ont jamais réclamées.

Pour que le football reste votre propriété, nous vous appelons à vous rendre sans délai devant le siège de la Fédération, redevenu votre maison, 60 avenue d’Iéna à Paris.

Tous unis nous ferons à nouveau du football ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : le sport de la joie, le sport du monde de demain que tous les travailleurs ont commencé à construire.

Tous, 60 avenue d’Iéna !

Le Comité d’action des Footballeurs

16:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Perturbation des TGV par un incendie - Merci de votre compréhension !

DEMERDEZEN-SIE-SICH.COM

 

L'incident s'est produit mercredi soir près de la gare de Brumath, dans le Bas-Rhin, mais c'est depuis jeudi matin que ses conséquences sur le trafic ferroviaire se font le plus sentir. A l'origine, on trouve l'incendie, a priori accidentel, d'une armoire électrique. Mais cette armoire électrique sert à réguler le système de signalisation. Du coup, toute la circulation des trains se retrouve perturbée entre les gares de Mommenheim et Vendenheim, près de Strasbourg. Avec des conséquences en cascade sur tout le réseau régional et sur les rames de TGV devant emprunter ce tronçon.

Les perturbations sur le trafic des TGV Paris-Strasbourg ont commencé à se faire sentir dès 5 heures du matin. Elles pourraient durer toute la journée. Actuellement, le transit est "fortement perturbé", selon la SNCF, qui annonce des retards compris entre 40 et 45 minutes pour vingt-cinq rames TGV et un train international.

En outre, entre Saverne et Strasbourg et entre Sarreguemines et Strasbourg, de nombreux TER sont soit supprimés, soit retardés d'une vingtaine de minutes. La SNCF invite les voyageurs, notamment les candidats aux épreuves du baccalauréat qui débutent ce jeudi, à utiliser leurs propres moyens de transport pour rejoindre leur destination.

Piqué au tas chez tfouane.freuh

 

photo non contractuelle, à priori

09:34 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/06/2010

Draguignan - La prison prend l'eau...

Intempéries : évacuation des détenus de la prison de Draguignan inondée

Les 436 détenus de la prison de Draguignan (Var) étaient évacués mercredi, en raison des inondations, vers les établissements pénitentiaires de la région, a annoncé l'administration pénitentiaire. Lors d'une audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, le directeur de l'administration pénitentiaire Jean-Amédée Lathoud a annoncé qu'environ "500 détenus de la prison étaient dispatchés dans l'ensemble des établissements du sud de la France et du Sud-Ouest".

Ses services ont ensuite précisé que la totalité des personnes détenues dans la prison - soit 436, dont 25 femmes - était en cours d'évacuation à midi. Le transfèrement des prisonniers est sécurisé par les "équipes régionales d'intervention et de sécurité" (Éris) et les forces de l'ordre. Les dégâts dans l'établissement sont "très importants", a-t-on ajouté de même source, précisant que l'eau était montée à 3,5 m.

Selon la procureure de Draguignan Danielle Drouy-Ayral, qui parle de "très gros dégâts", l'eau est montée jusqu'au 1er étage, contraignant les occupants à passer la nuit au 2e. Personne n'a été blessé. Des familles qui se trouvaient dans l'établissement pour des visites aux détenus se sont retrouvées bloquées par la montée des eaux et ont passé la nuit dans la prison, a précisé l'administration pénitentiaire.

Une cellule de crise a été mise en place par l'administration pénitentiaire pour gérer les réaffectations de détenus, qui interviendront au-delà de Paca, et les conséquences sur les procédures judiciaires à venir, selon la procureure de Draguignan. Le syndicat de gardiens FO-Pénitentiaire avait auparavant précisé que la partie "maison d'arrêt", surpeuplée, comptait plus de 270 détenus et le quartier "courtes peines" près de 190. Dans un premier temps, avait indiqué le syndicat, les détenus qui se trouvaient au rez-de-chaussée avaient été déplacés dans les étages.

FO-Pénitentiaire croit savoir que cette catastrophe est "encore plus dommageable pour le centre pénitentiaire de Draguignan" que ne l'avaient été les inondations de décembre 2003 pour la maison centrale d'Arles. Les quelque 190 détenus de la prison d'Arles, envahie par les eaux et gravement endommagée, avaient alors été évacués vers différents établissements de la région.

Piqué au tas chez Le Point - 16/06/2010

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Image d'une Kachina Doll (Homshekwah), musée de Brooklyn.

La coiffe symbolise le ciel et les éléments du ciel. Le corps comporte des éléments de la Terre. Le masque peut changer, mais contient toujours les symboles qui se rapportent à des nuages et la venue de la pluie (Probe).

18:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Quand le mouvement anti-autoritaire génère sa propre répression

Depuis quelques temps, on ne peut ignorer la recrudescence d’actions offensives et de textes visant à les accompagner par l’écrit. Tout le monde ou presque a sa position là-dessus, et nous n’entrerons pas ici dans ce débat là. Ce qui nous préoccupe, c’est la façon qu’à chacun de réagir à ces actions. Nous voulons parler ici d’indymedia Paris, et plus généralement des divers commentateurs/spectateurs qui fleurissent un peu partout sur le net comme ailleurs. Nous ne nous faisons pas d’illusions sur la pertinence de porter les luttes sur le terrain du net (qui n’est pas un outil neutre), cependant nous sommes bien obligés, lorsque que la répression para-policière privilégie ce média, d’en discuter.

Le fait est qu’aujourd’hui, le moyen choisi (faute de mieux) par les divers groupes d’attaques pour communiquer leurs raisons, sont les médias de type « open publishing » tels les Indymedias, qui se définissent eux-mêmes comme des outils de lutte ouverts à tous contre l’État et le Capital.

Ceci dit, il est tout à fait souhaitable que les contenus antisémites, racistes, homophobes sexistes ou politiciens se fassent rembarrer par simple cohérence. Mais censurer de la même manière des communiqués de collectifs de lutte, anonymes ou non, c’est participer au silence imposé par cette société qui refuse toute lutte sortant des cadres imposés de la communication démocratique (médias bourgeois, médiations politiciennes...).

Récemment, Indymedia Paris a refusé nombre de communiqués et d’articles émanant des luttes contre les machines à expulser et à enfermer [1] ; qu’il s’agisse de tracts, d’informations sur la répression policière ou de communiqués d’actions directes [2].

Au final on peut se demander si, comme la justice et ses flics, Indymedia Paris n’aurait pas créé lui-même sa propre catégorie d’indésirables, qui souvent correspond exactement aux catégories policières. Car les textes souvent désignés par la police comme provenant de la fantasmagorique « Mouvance Anarcho-Autonome », sont les mêmes que ceux qui sont censurés par Indymedia Paris. Ceux qui sont en ce moment dans le viseur de l’État qui tente de les isoler par la répression sont donc aussi punis de la censure par le collectif Indymedia Paris, les isolant encore un peu plus.

Par exemple dans le cadre des arrestations du 15 février dernier, liées à la solidarité autour du procès des inculpés de l’incendie de Vincennes, un article détaillant l’arrestation d’une huitième personne [3] (pourtant un simple article informant d’un nouveau cas de répression), disparaissait mystérieusement et n’apparaissait plus ni dans les articles refusés, ni en attente, ni en débat, comme si il n’avait jamais existé ; en somme un pur procédé bolchévik.
A nouveau, un tract sorti suite aux arrestations du 8 juin à Paris [4], émanant de personnes proches de l’affaire a été censuré, accompagné d’un commentaire lapidaire de la modération : « Prospectus ».
Autre exemple récent, un tract a propos des émeutes de Villiers-le-Bel et de solidarité avec les inculpés [5] a été refusé plusieurs fois. Les motifs invoqués (chronologiquement) par la modération : « Recup’ merdique. les jeunes des cités n’ont pas besoin de vous pour se révolter », « Article déjà refusé. Il n’y a pas eu de tirs de "chevrotine" [6]. Inutile de fantasmer. Et autres passages douteux comme la "canaille grands frères" » ou encore « Lire attentivement la charte. » et « Prospectus ».
Il en va de même pour un nombre important de communiqués d’actions directes, avec pour seul motif que les textes ne seraient « pas clairs » ou « inintelligibles », alors que nous savons bien que le vrai problème est ailleurs et ne se réduit pas à une simple question « stylistique ».

Tout ceci est grave.

Personne ne demande à telle ou telle organisation, collectif ou individu de relayer contre leur volonté quoi que ce soit sur leurs sites. Nous ne nous immisçons pas dans la gestion privée des médias qui leur appartiennent. Mais nous exigeons des médias à vocation publique, ouverte et libre, comme Indymedia, l’application de leurs propres principes de base, chacun étant libre par ailleurs de critiquer, d’opiner, de contre-publier des critiques ouvertes, sur un pied d’égalité [7] et tant que le contenu ne constitue pas un travail de flic. Ce n’est pas le cas d’Indymedia Paris.

Il est maintenant un autre phénomène dont nous voudrions parler, et qui, s’il n’est pas exactement de la même nature que le premier, participe néanmoins a une même logique d’isolation et de séparation.

Habituellement, nous n’accordons aucune importance, sur indymedia ou sur les forums, aux divers commentaires qui viennent généralement polluer les articles. Ils ne servent souvent qu’à satisfaire les pulsions idéologiques de quelques fanatiques du clavier. Mais lorsque ces adeptes du monde virtuel épargnent quelques heures sup’ aux flics qui nous observent avec des commentaires du type : « encore un coup des totos de Montreuil » , « encore un coup des non fides/cette semaine », « encore un texte de totos allumés qui cassent des vitrines » « "tract trouvé dans la rue" c’est signé tel ou tel », « ces gens-là, je les connais, ils ne foutent jamais un pied en manif » , « tient les non fides ont repris du service », ou encore « ce tract n’a pas été diffusé réellement » ou au moment où sortait la lettre de Damien depuis la prison de Villepinte : « Mais de quoi se plaint-il, l’ADN a parlé non ? », nous ne pouvons taire notre colère. Des commentaires venant de militants libertaires ou non, souvent bien connus et se présentant comme tel.

Quelles que soient les intentions affichées ou non de ces commentateurs, de telles affirmations participent de fait à isoler, à séparer un peu plus les différentes luttes, et à propager l’idée que les velléités offensives n’appartiendraient qu’à quelques individus facilement identifiables, kamikazes et fous-furieux, alors même que la révolte est diffuse et répandue.

Il ne devrait pas être nécessaire d’expliquer que des flics travaillent sur internet, mais leurs connaissances des divers courants et de leurs différences n’est pas nécessairement très élaboré, que donc ce type de commentaires leur rend la tache plus facile. Est-ce vraiment ce que vous cherchez ?

Il n’est certes pas un problème d’assumer publiquement haut et fort ses idées et sa solidarité avec tel ou tel acte conflictuel, mais revendiquer des actes particuliers de la même façon est une autre paire de manches, pour des raisons qui paraissent évidentes, du moins parmi ceux et celles pour qui la lutte contre l’autorité n’est pas qu’une affaire de mots, de postures intellectuelles ou de rôles sociaux. Et si des personnes trouvent pertinent, voir nécessaire, de ne pas signer les textes qu’ils souhaitent diffuser, c’est qu’ils ont leurs raisons, qui ne sont pas discutables, mis à part pour les quelques-uns qui ont pris l’habitude à ce que le sigle de leur organisation permanente apparaisse en bas de chaque tract, comme un réflexe conditionné, et comme si la visibilité n’était qu’une question de signature.

Au delà de son propre positionnement, qu’il soit d’ordre théorique, pratique ou idéologique, il y a des choses dont on ne peut pas parler n’importe où, n’importe comment et n’importe quand, malheureusement. Mais entre exprimer son désaccord avec un certain type d’offensive(s), voir avec telle ou telle action, et jouer les flics du net, chercher qui se trouve derrière chaque tract, affiche, journal, action directe, il y a un pas à franchir, que seuls les mouchards franchissent.
Plus largement, on peut se poser des questions sur l’intérêt de poster des commentaires lapidaires de quelques lignes si insignifiants sur le net, qui démontrent l’incapacité regrettable à produire une analyse, une réflexion et une critique un peu poussées, en dehors de quelques mots d’insulte et de discrédit prononcés à chaud et toujours sur internet.

Pour en revenir au cas particulier d’indymedia Paris, ce texte est le dernier que beaucoup d’entre nous (essayeront de) publier sur ce site, et nous appelons quiconque est en accord avec ces quelques lignes à faire de même, et à aller chercher ou propager l’information ailleurs, en attente d’une réaction claire à ce texte.
Nous ne souhaitons pas insister sur le rôle présumé d’un ou plusieurs individus au sein du collectif, mais mettre chacun devant ses responsabilités. Le collectif Indymedia Paris est responsable dans son intégralité, que ce soit de façon active ou passive, des choses qui sont faites en son nom.

Assemblée d’anti-autoritaires.

Trouvé sur Indy Lille.

PS : Nous invitons tous les individus et collectifs possédant un média (journaux, table de presse, lieux, site...) à publier si comme nous ils en ressentent l’intérêt, ce texte ou des réponses, et ce dans la volonté de faire naître un débat pour l’instant quasi-inexistant sur la question.
Notes

[1] Parfois des articles sont publiés puis dé-publiés, le plus souvent ils sont refusés d’emblée et cachés en des recoins du site auxquels seuls les connaisseurs de l’outil ont accès.

[2] Alors que bizarrement, de nombreux articles émanant du pouvoir et de ses amis - NPA, syndicats, chefs d’État anti-impérialistes-, ou des annonces de débats présidés par des conseillers régionaux et des magistrats passent sans problème. Si ça ne s’appelle pas choisir son camp...

[3] Affaire « DABs-balades... » : La 8e personne arrêtée et interrogée http://grenoble.indymedia.org/2010-05-30-Affaire-DABs-balades-la-8eme

[4] Ils veulent la guerre ? http://www.non-fides.fr/?Ils-veulent-la-guerre

[5] Guerre et paix - A propos des émeutes de Villiers-le-Bel http://lille.indymedia.org/article22808.html

[6] Précisons tout de même qu’il y a bien eu des tirs de chevrotine, que c’est d’ailleurs pour cela que certains seront jugés aux assises. Aussi, d’autres textes plus politiquement corrects certainement, et qui mentionnent ces mêmes tirs de chevrotine ont eux été publiés sans embuches.

[7] notamment de la part des modérateurs zélés en question

 

Piqué au tas chez Non-Fides - 16/06/2010

06:51 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/06/2010

Eurosatory : les marchands de canons vont la jouer comme Beckham...

Les industriels de l'armement terrestre redoutent les plans de rigueur européens

 

L'ambiance est morose au Salon de l'armement terrestre Eurosatory, qui a ouvert ses portes, lundi 14 juin, et jusqu'au dimanche 18, à Villepinte, près de Paris : la contraction des budgets de défense en Europe, dans le cadre des plans de rigueur, est en toile de fond de la plus importante manifestation mondiale consacrée, tous les deux ans, à l'armement (terrestre, aéroterrestre, sécurité).

Des mesures drastiques sont en cours, de l'Espagne au Royaume-Uni en passant par l'Allemagne. En France, le gouvernement cherche 5 milliards d'euros d'économie sur trois ans et les industriels redoutent que les coupes importantes affectent les achats d'équipements plutôt que le budget de fonctionnement des armées.

"Il ne faut pas recommencer les erreurs des années 1990, prévient Hervé Guillou, président d'EADS défense & sécurité. A l'époque, on a sacrifié les budgets de recherche et développement pour maintenir les capacités de production. On s'est réveillé au début des années 2000 en se rendant compte que nous n'avions rien fait en matière de drones", souligne-t-il. Pendant ce temps, Américains et Israéliens confortaient leur avance. Il ne faut pas non plus que les réductions "entament le socle, c'est-à-dire le niveau d'activité en dessous duquel une entreprise perd de manière irréversible ses compétences industrielles et techniques", prévient Antoine Bouvier, PDG du fabricant de missiles MBDA.

Le troisième danger concerne l'avenir de la coopération européenne. Poussé par un repli nationaliste, un pays risque de supprimer un programme dans lequel il est peu impliqué sans regarder les conséquences sur le long terme. "La situation est paradoxale, affirme M. Bouvier. La tentation est grande, en cas de crise, de trancher dans les programmes de coopération. Or c'est l'inverse qu'il faut faire. Car plus les temps sont difficiles, plus ces programmes sont nécessaires. Ils permettent de partager les risques et d'avoir des séries plus longues à produire à des coûts unitaires plus bas."

La priorité est "d'éviter les effets domino qui remettraient en question des programmes internationaux de défense", prévient Louis Gallois. Le président exécutif d'EADS se dit "prêt au dialogue" avec les gouvernements européens afin de se coordonner pour "limiter les dégâts".

Si le ciel européen s'assombrit, les marchés à l'exportation restent porteurs. "Nous observons une croissance à l'exportation de 10 % à 20 % hors de la zone euro, dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar et le Brésil", constate M. Guillou (EADS).

Cette activité est principalement soutenue par la vente de matériels de sécurité ou d'équipements destinés à la surveillance des frontières. M. Bouvier s'inquiète de "l'écart qui se creuse entre l'Europe et le reste du monde".

Illustration des indécisions liées à cette période d'ajustement budgétaire : le report de l'annonce de l'attribution de la première phase du contrat Scorpion (modernisation des équipements de l'armée de terre), qui était attendue à l'ouverture d'Eurosatory. Les vainqueurs de la compétition sont pourtant connus : Thales, Nexter (ex-GIAT) et Sagem, qui ont été préférés à EADS pour bâtir l'architecture de ce programme.

Si le montant du premier contrat est peu élevé (autour de 20 millions d'euros sur trois ans), il devrait être suivi par des appels d'offres portant sur l'achat de blindés et l'installation de systèmes électroniques et de télécommunications d'un montant de 10 milliards d'euros sur quinze ans. Vu l'ampleur des investissements, Scorpion risque de connaître des décalages de calendrier.

Le ministère de la défense devrait profiter de cette période pour inciter les industriels à se regrouper en France mais aussi à nouer des alliances en Europe. Premier dossier à rouvrir : le rapprochement Thales-Safran dans l'optronique, pour constituer le numéro deux mondial. Les discussions ont échoué voici un mois malgré les pressions du ministre de la défense, Hervé Morin. En guise de sanction, le ministère a décidé de proroger le gel des financements des projets de recherche et de technologie destinés aux deux groupes.

Dominique Gallois

Piqué au tas sur Le Monde - 15-06-2010

 


Eurosatory, la grande braderie

L’armement terrestre et aéroterrestre ne connaît pas la crise. Ou pas trop – pour le moment – si l’on en juge par le nombre record d’exposants (1300) au salon Eurosatory, qui se tient à Paris-Villepinte du 14 au 18 juin. Le nouvel hélicoptère de combat EC645 d’Eurocopter doit y être dévoilé, de même que des nouveaux drones tactiques… Thalès, appuyé par Nexter et Safran, doit être désigné (de préférence à EADS) comme architecte de « Scorpion », le vaste plan de modernisation de l’armée de terre française (qui consommerait 20 milliards d’Euros sur vingt ans)… La présence israélienne à ce salon (58 exposants) est toujours aussi fournie, même si le déplacement à Paris du ministre de la Défense Ehud Barak a été annulé au dernier moment.

Dans le classement des exposants, la France – pays-hôte – figure naturellement en tête (400), devant les Américains (123), les Allemands (118), les Britanniques (88) et donc les Israéliens (58). Au total, plus de cinquante pays sont représentés, y compris la Chine qui dispose d’un pavillon national, tout comme le Brésil et l’Afrique du Sud, ainsi que des pays d’Europe de l’Est, traditionnellement très actifs dans l’armement terrestre (Russie, Ukraine, Bulgarie, Roumanie).

Mais sont présents également des Australiens, des Bosniaques, un groupe saoudien qui produit des blindés, une demi-douzaine d’exposants des Emirats arabes unis – le plus grand importateur d’armes (et d’avions civils) sur ces cinq dernières années… Une cinquantaine de milliers de professionnels sont attendus à Villepinte, transformé l’espace de quelques jours en un vaste centre d’affaires pour la discussion et parfois la signature de contrats d’armement.

En dépit de la crise, les dépenses militaires mondiales – toutes spécialités – ont atteint un nouveau record pour 2009, selon le rapport de l’Institut de recherche pour la Paix de Stockholm (SIPRI) publié le 2 juin dernier : 1531 milliards de dollars ont été consacrés au secteur militaire (+ 6 % par rapport à 2008, et + 49 % par rapport à l’année 2000), avec comme champions les Etats-Unis (661 milliards), la Chine populaire (une centaine de milliards), la France (63,9), etc. Les dépenses militaires ont été en hausse en 2009 dans les deux tiers des pays recensés par le SIPRI, la zone Asie-Océanie ayant été la plus active (+ 8,9 %).

Stocks dangereux Retour à la table des matières

Déjà, en mars 2010, l’institut suédois s’était ému de la constitution de stocks d’armes – avions, navires, missiles, etc – jugés « dangereux », notamment dans certaines zones de l’ex-tiers-monde. Il a calculé que le total des transactions sur l’armement a atteint 116 milliards de dollars de 2005 à 2009 (contre 96 milliards sur les cinq ans précédents), donc une augmentation de 22 %. Avec toujours les mêmes grands vendeurs : Etats-Unis (35 milliards, + 17 %), Allemagne (12 milliards, + 100 %), France (9,2 milliards, + 30 %), à l’exception d’un recul sévère du Royaume-Uni (5milliards, - 11 %).

Et du côté des acheteurs, des surenchères régionales ruineuses : la Grèce, sous prétexte de tenir tête à la Turquie, s’équipe au rythme d’un milliard de dollars par an ; la Malaisie a multiplié par huit ses achats, et Singapour est devenu le septième importateur du monde, derrière la Chine, l’Inde, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, la Grèce et Israël. L’Algérie s’est hissée à la 9ème place mondiale, après avoir consacré 3,4 milliards à des achats d’équipements militaires. Sur des volumes plus modestes, le Qatar, la Syrie, Oman enregistrent des progressions plus fortes.

La France, qui a signé 7,95 milliards d’euros de commandes en 2009 pour des équipements de défense à l’export – grâce notamment au contrat sur la vente de sous-marins de type « Scorpene » au Brésil –, espère atteindre les 10 à 12 milliards de commandes en 2010, à condition qu’un au moins des contrats envisagés sur la vente de chasseurs Rafale aboutisse, de même que le projet de vente des Bâtiments de projection et de commandement (BPC) à la Russie. « Nous renouons avec les chiffres des années 2000 malgré la crise », s’était félicité en février dernier Laurent Collet-Billon, le délégué général de l’armement, qui espérait pouvoir devenir le troisième exportateur mondial du genre, derrière les USA, le Royaume-Uni, mais devant la Russie, la Chine ou Israël.

La « war room » de l’Elysée Retour à la table des matières

Mais, en dépit de la mise en place d’une soit-disant « war room » à l’Elysée, pour booster les grands contrats d’armement ou assimilés (comme le nucléaire), et éviter les déconvenues (comme le choix des Marocains en 2007 en faveur du chasseur F16 américain au détriment du Rafale), on a assisté à une suite d’échecs ou de reports retentissants : les réacteurs EPR rejetés par la Corée du Sud ; les atermoiements de la Libye, de la Grèce, de l’Inde et du Brésil à propos du Rafale ; les complexités politiques de l’éventuel accord qui serait passé avec la Russie sur la vente des BPC… tout cela malgré des déclarations arrogantes, des signatures enthousiastes, etc.

Dans l’armement terrestre – la spécialité d’Eurosatory – les Français sont cependant optimistes, après plusieurs années de vaches maigres : croissance de 20 % du chiffre d’affaires en 2009 (5,26 milliards d’euros) par rapport à 2008 ; 2 milliards à l’export ; une forte progression dans les hélicoptères et les véhicules blindés. Le groupement des industries de défense terrestre (GICAT) – qui organise Eurosatory – s’inquiète cependant des conditions d’exécution de la Loi de programmation militaire (LPM) « dans un contexte de restriction budgétaire ».

Il a sans doute raison de s’inquiéter. Ce lundi, dans son discours inaugural du salon Eurosatory, le ministre français de la défense, Hervé Morin, a déclaré : « Nous devons encourager les industriels à nouer des partenariats, des regroupements, des coentreprises et il nous faut réfléchir aux complémentarités européennes, la contraction considérable des budgets nous impose d’être déterminés et d’avancer dans ce sens.

Nous devons, pour chaque pays européen, définir quelles sont les compétences et les technologies que nous voulons conserver au niveau national, celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en commun, et enfin celles sur lesquelles nous sommes prêts à nous mettre en situation d’interdépendance. »

Nouvel Angolagate ? Retour à la table des matières

L’ONG Oxfam considère que, pour atteindre ses taux de croissance actuels, « la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes », continuant d’exporter en direction de pays comme le Tchad, la Colombie ou Israël, notoirement impliqués dans de graves violations des droits humains ou dans des crimes de guerre.

Car, si les ventes augmentent, le contrôle effectif, lui, ne progresse pas. Oxfam estime que, « sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort ». Le régime d’attribution des autorisations d’exporter du matériel de guerre a été plutôt allégé ces dernières années. L’association considère qu’en l’absence d’une loi sur le contrôle des intermédiaires, passée au Sénat en 2007 mais jamais présentée à l’Assemblée nationale, un « nouvel Angolagate est toujours possible » en France.

Piqué au tas chez le blog du Diplo - Philippe Leymarie - 14/06/2010

 

 



Eurosatory : deux semaines avant les soldes, la France brade ses engagements européens sur le contrôle du commerce des armes

Alors que s’ouvre à Paris lundi 14 juin, sous l’égide du Ministère de la Défense, le salon Eurosatory, Oxfam France rappelle que sans régulation, le commerce des armes n’est rien d’autre qu’un business de la mort : 2 000 personnes meurent chaque jour en raison de la violence armée, soit plus d’un mort par minute.

En 2009, la France a maintenu son rang de 4e exportateur d’armes au monde avec des prises de commande s’élevant à près de 8 milliards d’euros, soit un chiffre supérieur de 21% à celui de 2008. Un chiffre plus élevé serait attendu en 2010.

Mais Oxfam France relève qu’au regard des informations disponibles, notamment dans le rapport annuel du Ministère de la Défense au Parlement sur les exportations d’armement de la France, ni les citoyens ni les parlementaires ne sont en mesure de vérifier la compatibilité de telles exportations avec les engagements internationaux de la France [1].

"Les ventes d’armes françaises sont en augmentation constante mais, contrairement à ce qu’affirme Hervé Morin [2], le contrôle effectif lui ne progresse pas. Le rapport annuel au Parlement demeure opaque, et systématiquement publié avec des mois de retard, sans aucun débat parlementaire sur le sujet. Surtout, la loi française demeure insuffisante et deçà de nos engagements internationaux", souligne Nicolas Vercken d’Oxfam France.

Chaque année, la France continue d’exporter des armes vers des pays en conflits ou suspectés d’être responsables de graves violations des droits de l’Homme ou de crimes de guerres, comme la Colombie, Israël ou le Tchad [3].

"Avant de promouvoir son arsenal militaire et doper ses ventes d’armes en organisant cette grande foire, ’premier salon mondial de la défense terrestre, aéroterrestre et de la sécurité’ qui se définit comme ’un accélérateur de business’ selon ses propres termes, la France devrait d’abord assumer sa responsabilité juridique, morale et politique de promouvoir un contrôle du commerce des armes qui soit davantage soucieux des droits humains, du Droit international humanitaire et du développement économique et social. C’est totalement irresponsable de promouvoir aussi activement nos exportations sans dans le même temps renforcer nos mécanismes de contrôle !", ajoute Nicolas Vercken.

A ce titre, l’association souligne qu’en France, contrairement à 21 Etats-membres de l’Union européenne, les dispositions législatives qui permettraient de prévenir un nouvel Angolagate n’ont toujours pas été prises. "Un projet de loi sur le contrôle des intermédiaires est dans les cartons de l’Assemblée nationale depuis huit ans. Tant qu’une loi de ce type ne sera pas adoptée en s’assurant qu’elle intègre les activités des Français résidant à l’étranger, un nouvel Angolagate sera toujours possible."

Oxfam France rappelle également que la France est tenue de faire respecter les embargos décidés par les Nations unies ou l’Union européenne mais n’a toujours pas transposé cette obligation en droit interne : un projet de loi relatif à la violation des embargos et autres mesures restrictives [4] a été adopté au Sénat à la fin 2007 mais attend toujours de passer devant l’Assemblée nationale.

Le salon Eurosatory se tient tous les deux ans. L’édition 2010, organisée du 14 au 18 juin, rassemble plus de 1 300 exposants et attend plus de 50 000 visiteurs.

Oxfam France a publié un rapport en 2009 intitulé "Armes et guerres : des choses pas assez sérieuses pour les parlementaires ?" dans lequel sont détaillées toute une série de recommandations en faveur de l’amélioration du contrôle français des exportations.

Contact médias

Notes

[1] Tous les critères de la Position commune sur les exportations d’armement de l’UE devenue juridiquement contraignante depuis décembre 2008.

[2] Dans le dernier rapport annuel au Parlement, Hervé Morin déclarait : "la dynamisation de notre dispositif de soutien s’accompagne d’une amélioration de notre dispositif de contrôle. Soucieux de la stabilité internationale, attentif à la sécurité de nos forces et à celles de nos alliés, notre pays veille scrupuleusement au respect de ses engagements".

[3] Dans les cas d’Israël et du Tchad, les livraisons d’armes françaises ont même cru respectivement de + 97% et + 57%2 en 2008, dernière année en date pour laquelle des chiffres ont été publiés à ce jour.

[4] Projet de loi relatif au régime d’autorisation des opérations d’intermédiation et d’achat pour revente portant sur des matériels de guerre ou assimilés (décret n° 2002-23 du 3 janvier 2002).

Piqué sans demander chez Oxfam France - 11/06/2010

 

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15:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Solidarité avec les inculpés de Villiers-Le-Bel

Le procès des inculpés de Villiers Le Bel a lieu le 21 Juin au tribunal de Cergy Pontoise. Il faut rappeler ce qui s'est passé lors des émeutes de Villiers-Le-Bel et plus globalement dans d'autres endroits et exprimer notre solidarité.

À LA FIN D’APRÈS-MIDI DU 25 NOVEMBRE 2007, Lakhamy et Moushin - deux adolescents - se font shooter par une voiture de la police. Un meurtre de plus. Deux nuits d’émeutes.
Sur les lieux, le commissaire fraîchement arrivé, se fait lyncher. Destructions des bâtiments institutionnels, affrontements directs contre la police, tirs à la chevrotine,
barricades, guet-appens tendu contre les flics, attaque et incendie du commissariat... Du 25 au 27 novembre, Villiers-le-bel se soulève et ne se résigne pas.

CES MOMENTS D’AFFRONTEMENTS ET D’ÉMEUTES NE SONT PAS ISOLÉS. En octobre 2007, à Saint-Dizier, flics et pompiers sont caillassés, puis la MJC incendiée. 8 personnes passent en procès actuellement, avec des réquisitions reposant sur des témoignages sous X. A plusieurs reprises, depuis 2005, à Grigny les flics se sont fait tirer dessus à la chevrotine. En novembre 2005, la révolte s’était étendue un peu partout. Depuis rien n’a changé.

À partir du 21 juin a lieu le procès de 4 personnes inculpées d’avoir tiré à la chevrotine sur les flics durant les émeutes. On sait bien, il suffit de l’avoir expérimenté ou d’y être confronté une fois, ce qu’est un tribunal. Mise en scène bien huilée, quelques chacals habillés en noir jonglent avec les peines et la vie de celles et ceux qui sont du mauvais côté de la barre. C’est pas une mesure exceptionnelle du type accordée une clémence ou faire sauter un haut responsable, qui changeront quelque chose. La Justice est nécessairement du côté de l’État et des plus riches. Pour le procès des émeutiers de Saint-Dizier, le procureur a déclaré que « rien ne justifie ce comportement antisocial de ces quelques barbares aigris et paresseux ».
Nous n’attendons plus rien de l’État, de sa Justice et de ses institutions.

LES PERQUISITIONS ET ARRESTATIONS DU 18 FÉVRIER 2008, ont été surtout une démonstration de force et un acte de communication
du gouvernement. Les journalistes présents ne couvraient pas un évènement, ils en faisaient partie. À partir de là chacun va essayer de tirer les marrons du feu. L’État réaffirme son monopole de la violence. La Justice devra suivre, entérinant cette réalité, en assenant de lourdes peines.
Le PS a joué sa carte en prenant un «grand frère» sur ses listes électorales. L’ambitieuse Sylvie Noachovitch, avocate d’un des inculpés et élue UMP, s’est mise sur les rangs. On peut imaginer que Villiers-le-bel en a vu passer quelquesuns, de tous les bords politiques. De Luc Besson aux derniers gauchistes... Pas sûr que tous ces rackets politiques profitent aux inculpés...

LES HÉLICOPTÈRES, LES SNIPERS (DU RAID), les menaces réitérées d’envoyer l’armée, le couvre-feu en 2005, Vigipirate et ses militaires dans les gares... On a pu l’observer depuis une paire de décennies, le rôle et les moyens de la police et de l’armée tendent sinon à fusionner, au moins à s’entremêler. Au Kosovo, l’essentiel de la mission de l’armée française a été le maintien de l’ordre. Symptomatique d’une époque où l’État n’a plus rien à proposer. Sinon le maintien du statu quo.

LORSQUE LA RÉVOLTE ÉCLATE, l’évènement qui la déclenche est souvent la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Autrement dit, pour qu’une étincelle mette le feu à la plaine, il faut que la plaine soit prête à flamber.
Bien sûr, la seule présence policière peut être une raison suffisante pour avoir les nerfs. Au-delà de ça, ces émeutes sont aussi une preuve de lucidité. À savoir que l’on a bien compris qu’ici nous n’avons et nous n’aurons que la survie. Que cette survie a le goût de la soumission, de l’ennui et de la fatigue.
Que l’État et les politiciens n’ont rien d’autre à proposer. Que ces politiciens bataillent en communication en vue d’élection, mais ont de toute façon sensiblement la même gestion une fois arrivés aux affaires.
Que notre situation de survie est nécessaire au capitalisme et à son développement.
Le plan d’austérité en Grèce et de rigueur ici en est la dernière illustration.
Que face à la police dans la rue, face à une assistante sociale dans son bureau, face à un patron sur le marché du travail : nous sommes toujours le dindon de la farce. À nous d’inverser ce rapport.

LE PROCÈS DES INCULPÉS DE VILLIERS-LE-BEL
DÉBUTE LE 21 JUIN AU TRIBUNAL DE PONTOISE
SOLIDARITE !

TRACT de Solidarité PDF

14:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/06/2010

Drame identitaire à Villeneuve Saint-Georges : (dra)peau de balle…

A l’origine : un drapeau français, celui de l’Hôtel de ville de Villeneuve-Saint-Georges, brûlé ; un drapeau algérien hissé à sa place. Ensuite, et dans l’ordre : un communiqué indigné de la municipalité, un incroyable emballement des médias, un mensonge éhonté. L’ensemble vaut parfait symbole des dégâts - médiatiques et politiques - déjà causés par la petite musique de l’identité nationale.

 

 

 

 

Drame identitaire à Villeneuve Saint-Georges : (dra)peau de balle…

 

lundi 14 juin 2010, par JBB

 

Riante vue de Villeneuve-Saint-Georges.
.

C’est un petit matin blême, la ville dort encore. Le jour point, pas le soleil. Fut-il présent, astre funeste, qu’il éclairerait - l’un de ses rayons dardé sur la mairie de Villeneuve-Saint-Georges - un spectacle de désolation. Drame.

La ville dort encore. Parce qu’elle ne sait pas. Sommeil des justes. Et dur réveil pour les enfants de la patrie. Quand ils ouvriront les yeux, ce sera pour apprendre ceci : « Le drapeau français accroché sur la façade de la mairie de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) a été brûlé dans la nuit et remplacé par un drapeau algérien. » Intolérable catastrophe. Criminel agissement. Traumatisme collectif.

Pour dire l’émotion de toute une ville, la maire a pris la plume ce matin, sitôt le méfait connu ; il fallait exorciser la macabre découverte. Élue (PCF) de Villeneuve-Saint-Georges, Sylvie Altman a pondu un communiqué, largement relayé dans les médias. Le titre ? Martial et sensible : "Rien ne peut justifier que le drapeau tricolore soit brûlé." Entends-tu ? Rien ne peut le justifier !

Il a bien fallu mettre des mots sur l’horreur. Conter l’abjection. Dire l’indignation et la colère. Sylvie Altman, posant le décor, a fait ça très bien « Ce matin, les employés communaux ont découvert un drapeau français brûlé sur le perron de l’Hôtel de ville. Un drapeau algérien remplaçait celui-ci sur l’un des mats de la mairie. Qu’est-ce qui engendre un tel comportement ? Nul ne peut le dire à cette heure. »

Ce qu’on peut dire, par contre, c’est que cette heure est grave.

Très.

Solennelle, même.

-

Un tel drame ne pouvait rester inconnu, il fallait le faire connaître à la France entière, fière nation résistant encore et toujours à ceux qui (basanés, forcément) tentent de la mettre bas.

C’est là le rôle des médias, qui ont su accorder à l’information la place qu’elle méritait.

Ainsi du site du Figaro, qui l’a placée tout l’après-midi en haut de sa homepage, entre deux nouvelles d’égales importances ("Barack Obama déterminé à faire payer BP" et "Rigueur : la France suit la voie de l’Allemagne") :

Un choix éditorial conséquent et logique, justement apprécié des lecteurs du lieu : à 16 h 30, juste avant que la première version de l’article ne soit remplacé par une autre, censément enrichie, le papier avait engrangé 500 commentaires, tous plus haineux les uns que les autres.

Une criminelle atteinte au drapeau - Villeneuve -Saint-Georges, ville martyre ! - qui était aussi relayée (même si moins mise en avant) sur le site du Nouvel Observateur (86 commentaires), sur celui de RTL - qui avait jugé bon d’envoyer un journaliste sur place, lequel précise qu’il « reste dix-huit drapeaux français sur la façade de l’Hôtel de ville », tout n’est pas encore perdu… - , ainsi que sur ceux du Monde, du JDD, de L’express, du Parisien et de 20 Minutes [1].

C’était bien le minimum…

-

Qu’il s’agisse de l’acte d’imbéciles nationalistico-footeux [2] algériens ou - c’est au moins aussi plausible, voire davantage - de celui d’imbéciles provocateurs d’extrême-droite, il n’y a pas à tortiller : rien, au regard de l’importance du délit commis, ne justifie une telle couverture médiatique.

Rien, sinon sa supposée charge symbolique : un drapeau français brûlé et un drapeau algérien prenant sa place au fronton d’une collectivité publique - il ne saurait y avoir de plus efficace façon de conter et mettre en scène la menace pour la patrie qu’incarnent censément les populations immigrées.

Le Front National ne s’y est pas trompé, qui s’est cet après-midi engouffre par communiqué dans le boulevard ainsi proposé : « Il est des actes qui ont au moins le mérite de délivrer un message clair », attaque bille en tête la secrétaire régionale du Front National d’Île-de-France [3], qui tient à apporter son « soutien aux Villeneuvois profondément choqués par cet acte odieux ».

En accordant une large place à cette pathétique histoire, les médias cités plus haut se sont donc prêtés - plus ou moins complaisamment - à une double manipulation.

De un, l’information montée en épingle ne vaut que pour ce qu’elle est supposée dire en filigrane, non pour son importance réelle.

Et de deux, elle ne prend son sens que dans un débat idéologiquement biaisé, celui de l’identité nationale - conjointement entretenu par l’UMP et l’extrême-droite.

En sorte que les titres de presse n’ont fait ici que mener la plus basse des besognes au service de la plus rancie des idéologies.

Tu en conviendras : c’est désolant.

-

Mais voilà : il se trouve que - la nouvelle est tombée en fin d’après-midi [4] - ce n’est pas le glorieux drapeau français qui a été lâchement incendié.

Non, révèle tout juste Le Parisien, alors même que Google Actualités recense une cinquantaine d’articles déjà publiés sur le sujet, tous respirant une semblable consternation face à l’odieux attentat : « Ce n’est pas le drapeau français qui a été brûlé, mais celui… de la ville ! C’est ce que vient de reconnaître, cet après-midi la municipalité. »

Un bête oriflamme local et non l’étendard national : autant pour le symbole…

En sorte que - derechef - l’emballement médiatique n’était pas seulement bidon, basé sur un biais idéologique évident, mais aussi totalement mensonger, bâti sur une présentation - par la maire de la ville - volontairement fallacieuse de la réalité.

Je ne doute pas que Sylvie Altman, élue communiste, fournira une juste explication à cette scandaleuse manipulation.

Et qu’elle trouvera un moyen de justifier les mots du communiqué par elle publié quelques heures plus tôt ; ceux-là, même : « Ce matin, les employés communaux ont découvert un drapeau français brûlé sur le perron de l’Hôtel de ville. Un drapeau algérien remplaçait celui-ci sur l’un des mats de la mairie. Qu’est-ce qui engendre un tel comportement ? Nul ne peut le dire à cette heure. »

Qu’est-ce qui engendre un tel comportement ?, feignait-elle de demander.

Réponse évidente : dans les médias comme chez les élus d’un bord politique censément opposé à l’UMP, la petite musique haineuse de l’identité nationale mène le jeu.

Et celle-ci autorise les pires manipulations.

[4] Alors même que je terminais ce billet. Le monde est bien fait, quand même…

Notes

[1] Note que ce dernier site, de même que celui de RTL, a préféré fermer l’article aux commentaires.

[2] Hier se tenait un match de coupe du monde entre La Slovénie et l’Algérie.

[3] Je ne te mets pas le lien, hein, tu pourras le trouver tout seul comme un grand, si tu veux.

 

Piqué au tas sans demander chez l'excellent Article 11 - 14/06/2010

 

21:26 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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