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10/07/2010

Hortefeux annonce le doublement des UTeQ

Le ministre de l'Intérieur a annoncé jeudi à Bobigny la création de 26 nouvelles Unités territoriales de quartier, portant ainsi leur nombre à 60. Leur création avait été gelée fin 2009, faute de crédits.

Faute de crédits, l'avenir des Unité territoiriales de quartier (UTeQ) semblait compromis. Brice Hortefeux a finalement changé d'avis et annoncé jeudi la création de 26 nouvelles UTeQ, portant ainsi leur nombre à 60. Il y a actuellement "34 UTeQ en France, je vais en augmenter le nombre de 26" unités, a déclaré le ministre de l'Intérieur, en déplacement à Bobigny, ajoutant que certaines de ces nouvelles unités seraient affectées à la Seine-Saint-Denis. Généralement composaient d'une vingtaine de policiers, ces "unités" ont pour mission d'intervenir dans des zones urbaines sensibles ciblées. Reprenant le rôle de la police de proximité -supprimée en 2002 par Nicolas Sarkozy-, elles ont aussi pour objectif de renouer des liens avec les habitants de ces quartiers, notamment avec les jeunes.

Les UTeQ ont été créée en avril 2008 par l'ancienne ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, peu de temps après les émeutes de Villiers-le-Bel. L'objectif de départ était d'en créer 100. Mais, fin 2009, faute de crédits suffisant, Brice Hortefeux avait annoncé le gel des créations de ces UTeQ. Le ministre aurait pris la décision de les relancer après avoir étudié un audit commun des deux inspections générales, celle de l'Administration et celle de la police nationale, qui concluait que les UTeQ avaient "prouvé à la fois leur utilité et leur efficacité".

"Une bonne chose", même si...

"Tout ce qui rapproche la police de la population est une bonne chose, commente Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité SGP Police FO, principal syndicat des gardiens de la paix. Mais une question primordiale reste : où M. Hortefeux va-t-il ponctionner les effectifs alors que ceux-ci ne cessent de réduire?" Le syndicat rappelle ainsi qu'aucun gardien de la paix n'a été recruté en 2009 et que malgré le doublement annoncé des UTeQ, "on reste très loin du compte puisqu'à l'origine il devait y en avoir plus de 100". Du côté des officiers, Synergie Officiers se félicite également de la création de ces nouvelles unités qui représentent "un bon équilibre entre intervention et proximité" et qui "ne devraient pas nécessiter un sou supplémentaire puisqu'elles seront créées grâce à la fusion de petits services entre eux".

En revanche, le ministre n'a "pas pris de décision" quant aux Compagnies de sécurisation, créées en même temps que les UTeQ et actuellement au nombre de huit. "On va monter à 16, a indiqué jeudi le ministère de l'Intérieur, mais dans une configuration nouvelle, et elles changeront d'intitulé pour devenir des Compagnies départementales de sécurisation et d'intervention", a-t-on précisé de même source.

Par Alexandra Guillet le 24 juin 2010 à 11:34

piqué au tas sur lci.tf1.fr - 24/06/2010

 

 

Les Uteq, le nec plus ultra contre la délinquance en Ile-de-France

 

QUARTIERS - Cette police de contact a donné satisfaction dans le 93...

Les Uteq s'étendent hors de Seine-Saint-Denis. Comprendre les Unités territoriales de quartier. Ces groupes d'une vingtaine de policiers chacun - dont la philosophie est d'intervenir dans les cités sensibles tout en maintenant un lien fort avec la population - avaient été expérimentés au printemps 2008 dans le 93. En 2009, ils seront déployés dans huit autres communes franciliennes, selon une information révélée ce jeudi par «Le Figaro». Ils seront épaulés par des compagnies de sécurisation - aux missions proches de CRS mais avec une meilleure connaissance du terrain - en Essonne, dans le Val d'Oise et dans les Yvelines.

Selon la place Beauvau, la délinquance a baissé de 10% à La Courneuve, de 15% à Saint-Denis et de 20% à Clichy-Montfermeil entre avril et décembre 2008 par rapport à la même période en 2007. Les syndicats policiers approuvent donc tandis que Xavier Lemoine, maire (UMP) de Montfermeil, parle d'un «bilan excellent» : «C'est pas plus de police, c'est mieux de police!» Enthousiasme également à la mairie (PCF) de Saint-Denis où l'on reconnaît qu'il «n'y a plus les mêmes rapports tendus entre forces de l'ordre et population». Les caillassages réguliers des premiers mois auraient cessé en novembre.

Si la Seine-Saint-Denis n'a pas été retenue pour le déploiement de 2009, c'est «parce qu'il faut répondre à d'autres demandes», précise l'Intérieur. Au grand dam de Stéphane Gatignon, maire (PCF) de Sevran à qui la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait promis en mai une unité. «Je vais faire un courrier pour exprimer mon étonnement.» Chacun veut son Uteq.

Alexandre Sulzer

piqué au tas sur www.20minutes.fr - 22/01/2009

 

III. LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES URBAINES ET LA PRÉVENTION DE LA DÉLINQUANCE

A. UN EFFORT IMPORTANT POUR RENDRE L'ETAT PRÉSENT DANS LES QUARTIERS SENSIBLES

1. Un déploiement progressif des UTeQ

a) Le débat sur la police de proximité

La police communautaire, la police de proximité sont des pratiques de la police qui, sous des formes diverses, ont été mis en oeuvre dans la plupart des pays occidentaux au cours des dernières années. Ces pratiques consistent en un alliage réussi entre la prévention, la répression, la coopération avec les habitants et avec les autres institutions, la connaissance du territoire et la qualité du « service rendu », qui doivent finalement permettre de faire reculer le sentiment d'insécurité. Selon les pays, l'accent sera davantage mis sur tel ou tel aspect : ainsi, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, la dimension de participation de la population au travail de la police sera mise en avant, tandis qu'elle reste pour l'essentiel étrangère à la conception française du maintien de l'ordre.

En France, la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité du 21 janvier 1995 a pour la première fois explicitement mentionné la police de proximité. Cependant, celle-ci a été mise en place entre 1997 (année du colloque de Villepinte) et 2002, avec la création de nouvelles structures déconcentrées, commissariats et postes de police, devant permettre de rapprocher la police de la population.

Si cet objectif était en soi pertinent, sa mise en oeuvre était plus discutable. En effet, les nouvelles structures ont souvent fixé les policiers sur des lieux déterminés au détriment de leur présence sur la voie publique, et les horaires d'ouverture des commissariats et postes de police ne permettaient pas d'assurer une présence tardive et nocturne, pourtant indispensable pour contenir la délinquance.

Depuis 2002, les bons résultats obtenus dans la lutte contre la délinquance générale et de proximité coexistent avec une grande difficulté à améliorer sensiblement la sécurité dans les « quartiers difficiles », où les modes opératoires de la police ne semblent pas permettre de traiter les spécificités de la délinquance. Les interventions des forces de police prennent alors essentiellement une forme réactive, passagère, et ces interventions, de par leur caractère ponctuel même, apparaissent de plus en plus arbitraires à la population.

b) Les caractéristiques des UTeQ

Ce constat a justifié l'expérimentation des Unités territoriales de quartier (UTeQ) à partir de 2008.

Le gouvernement a insisté sur la différence entre ces UTeQ et la police de proximité telle qu'elle a été supprimée en 2002. En effet, les nouvelles UTeQ doivent être imprégnées de la même « culture du résultat » que les autres forces de police, qui a permis d'obtenir de bons résultats en termes de baisse de la délinquance. Elles doivent ainsi exercer un rôle de répression autant que de prévention, arrêter les délinquants et alimenter les procédures judiciaires.

Selon les termes officiels, ces unités territoriales de quartiers ont ainsi pour objectifs de « lutter contre la délinquance et les violences urbaines, de rechercher le renseignement opérationnel et de développer le lien de confiance entre la police et la population » pour « aller au devant des faits ou des événements et y donner des réponses immédiates », seules ou avec des renforts adaptés et immédiatement disponibles, de manière privilégiée des compagnies de sécurisation (voir ci-dessous). Elles devront ainsi lutter contre les faits de délinquance, de violence et les trafics, en identifiant les délinquants ou les fauteurs de troubles et en procédant à leur interpellation.

Ces unités se voient assigner des objectifs à partir, notamment, de l'analyse des données fournies par l'état 4001 des crimes et délits et de la main courante informatisée, ou de données qualitatives venant, par exemple, des partenaires, des élus ou des associations présents sur le site. Les UTeQ doivent progressivement développer la connaissance des quartiers et de leur population et y créer des liens de confiance.

Le « renseignement opérationnel » sur lequel insiste le ministère, consiste notamment dans l'identification des délinquants, des fauteurs de troubles, et des trafiquants, et sera utilisé par les services chargés des enquêtes judiciaires - les brigades de sûreté urbaine ou départementale, les services de la police judiciaire, les groupes d'intervention régionale ou les services départementaux d'information générale.

Les UTeQ sont organisées en patrouilles pédestres ou portées. Selon les quartiers, chaque vacation est assurée par 8 à 10 policiers, réellement présents sur le terrain, ce qui nécessite l'affectation d'un effectif global de 21 à 24 policiers par UTeQ, tous volontaires. Les policiers des UTeQ doivent assurer une présence continue selon des plages horaires adaptées aux spécificités locales de la délinquance. Ainsi, elles sont présente le samedi et le dimanche et en soirée.

Contrairement à l'ancienne forme de la police de proximité, les UTeQ ne rendent pas nécessaires l'ouverture de nouveaux postes de police. En effet, l'administration ou le suivi des procédures judiciaires n'incombent pas aux UTeQ, qui se concentrent sur la présence effective sur la voie publique.

Après l'ouverture des premières UTeQ en 2008 dans le département de la Seine-Saint-Denis, à Marseille et à Toulouse, trente-cinq UTeQ sont désormais opérationnelles. Un total de 100 UTeQ devait initialement être créé avant la fin 2009. Cependant, le dispositif ne sera finalement généralisé qu'après une évaluation, qui sera conduite en 2010 afin d'en ajuster en tant que de besoin le fonctionnement. En effet, le premier bilan de l'activité des UTeQ est globalement positif mais certaines difficultés se sont manifestées.

Ainsi, l'effet de l'activité des UTeQ sur les statistiques de la délinquance semble positif : la délinquance en Seine-Saint-Denis a diminué de 12 % à Clichy-sous-Bois et à Saint-Denis, avec une diminution allant respectivement jusqu'à 24 % et 30 % de la délinquance de voie publique. Cependant, la délinquance a augmenté de 5 % à la Courneuve.

En outre, les premières UTeQ ont parfois dû subir des actions violentes du fait même de leur nouveauté et du projet de « reconquête » de certains quartiers dont elles sont porteuses, comme à Villiers-le-Bel en mai 2009. Le risque est en effet que l'arrivée des UTeQ provoque une « lutte de territoire » avec la minorité la plus active et la plus violente présente dans le quartier.

Ce risque doit être cependant en partie maîtrisé grâce au soutien dont les UTeQ doivent bénéficier. En effet, elles sont appuyées au niveau départemental par des compagnies de sécurisation.

2. Les compagnies de sécurisation

Les UTeQ traduisent une approche territorialisée de la sécurité. Or, le maillage territorial des UTeQ connait certaines limites en termes d'effectifs dans les zones présentant un caractère particulièrement sensible en fonction de l'actualitéì (par exemple : des risques d'affrontements dans certains quartiers), des horaires de la journée, des périodes de l'année (vulnérabilitéì de certains commerces aÌ l'approche des fêtes), ou exposés, statistiquement, aÌ certains types de délinquance récurrents (vols aÌ l'arracheì,vols d'automobiles, trafics de stupéfiants...).

Les compagnies de sécurisation sont ainsi le complément logique des UTeQ. Chaque compagnie constitue en effet une réserve opérationnelle projetable dans tout le département, placée sous l'autorité du directeur départemental de la sécurité publique, dans des départements choisis en raison de leur taux de criminalité élevée, en particulier sur le plan des violences urbaines.

Les compagnies de sécurisation se substituent ainsi aux forces mobiles de la police nationale et de la gendarmerie nationale (CRS et gendarmerie mobile) dans leurs missions de sécurité publique (par opposition aux opérations de maintien de l'ordre public pour lesquelles ces forces mobiles ont été créées et qui constituent toujours leur vocation première), pour lesquelles elles ne sont pas réellement adaptées. En effet, les CRS et les gendarmes mobiles ne sont pas projetables à la demande en fonction des besoins des unités territorialisées, étant toujours susceptibles d'être mobilisés pour le maintien de l'ordre lors de manifestations, d'événements festifs ou sportifs, etc. En outre, ils ne sont pas formés à l'intervention de sécurité publique dans des conditions difficiles, sur des terrains qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas à connaître du fait de leurs missions propres.

La compagnie de sécurisation est, comme les UTeQ, composée de fonctionnaires de police volontaires et spécialement formés, notamment pour des interventions dans les violences urbaines. Elles sont équipées de lanceur de balles de défense et de Tasers, ainsi que de mini-caméras clipées à l'uniforme des chefs de patrouille, devant permettre de collecter des preuves lors des interventions. Les policiers opèrent aussi bien en civil qu'en uniforme et l'unité dispose de véhicules et de motos. Le personnel en uniforme assure notamment un rôle préventif et dissuasif, tandis que l'action des policiers en civil est davantage orientée sur les interpellations pour vols aÌ la tire, les vols de véhicules et les trafics, qui nécessitent souvent un travail de recherche et de filature.

Le personnel des compagnies de sécurisation bénéficie d'une formation spécifique, visant à permettre l'intégration rapide aÌ un dispositif collectif d'intervention, l'interpellation de l'auteur d'un délit au sein d'un groupe et celle d'individus montés aÌ bord d'un véhicule, ou encore l'intervention en renfort de policiers en difficultéì ou blessés.

La première compagnie de sécurisation, composée de 150 policiers, a été installée à Paris le 8 décembre 2003 par le ministre de l'intérieur, au sein de la direction de la police urbaine de proximité, sous la responsabilité du préfet de police. Outre ses interventions pour améliorer le sentiment de sécurité sur la voie publique, il était indiqué que la compagnie était également susceptible d'intervenir ponctuellement dans le cadre des plans antivols à main armée, ou d'opérations conjointes de contrôles routiers avec les services des douanes au titre de la lutte contre divers trafics. La compagnie de sécurisation de Paris fut employée, souvent aux avant-postes d'une compagnie CRS, par exemple lors des événements de la Gare du Nord en mars 2007, des émeutes de Villiers-le-Bel en septembre 2007 ou pour le dispositif de sécurité du parcours de la flamme olympique en avril 2008.

Une nouvelle compagnie de sécurisation comprenant 113 personnels a ensuite été installée à Bobigny le 30 septembre 2008, dans le cadre du plan de cohésion pour la Seine-Saint-Denis, susceptible d'intervenir également à Rancy, Saint-Ouen, Villetaneuse et Noisy-le-Sec, voir sur un périmètre plus large. Cette compagnie est dotée d'une quarantaine de véhicules et de motos.

Désormais, sept compagnies de sécurisation sont opérationnelles, dans les Bouches-du-Rhône (100 personnels), la Haute-Garonne (100 personnels), l'Essonne (96 personnels), le Bas-Rhin (60 personnels), les Yvelines (67 personnels), le Val d'Oise (50 personnels) et la Seine-Saint-Denis (140 personnels).

Notons qu'en zone gendarmerie, les brigades de proximité sont appuyées par des gendarmes mobiles constitués en détachement de surveillance et d'intervention (DSI).

piqué au tas sur www.senat.fr - http://www.senat.fr/rap/a09-106-11/a09-106-11.html

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Mathieu Rigouste : "Villiers-le-Bel est une vitrine des méthodes françaises de maintien de l’ordre"

Un verdict sans surprise, peines écrasantes pour ceux présentés (sans preuve) comme ayant tiré sur la police à Villiers-le-Bel, en novembre 2007. Ces condamnations iniques ne sont pas seulement la sanction d’une révolte : elles disent aussi un enjeu économique, celui de la place de l’ordre à la française dans l’industrie mondiale de la répression. Pour en parler, Mathieu Rigouste.

Il explique : « La connaissance de ce qui nous opprime est une arme. » c’est là sans doute la meilleure façon de résumer l’impressionnant travail réalisé par le chercheur et militant révolutionnaire Mathieu Rigouste. Lui n’a de cesse de dévoiler le fonctionnement de l’appareil répressif, de démonter ses sombres mécanismes et de révéler ses néfastes ambitions. Il documente surtout une mutation à l’œuvre, qui voit l’appareil militaro-policier et ses sous-traitants assoir peu à peu leur - nationale autant que mondiale - domination. Le XXIe siècle sera répressif, ou ne sera pas.

En L’Ennemi Intérieur [1], ouvrage aussi fouillé que précieux, Mathieu Rigouste retraçait la naissance de la très française Doctrine de la guerre révolutionnaire (en octobre 2009, l’auteur répondait (déjà) aux question d’A11 ; l’entretien est ici). Il démontrait comment celle-ci - née des guerres coloniales - est peu à peu devenue mode de gouvernement. Décrivait méthodiquement un mécanisme à l’œuvre depuis le mitan des années 60, désignation d’un bouc émissaire pour renforcer le contrôle social, légitimer la coercition et justifier la croissance de l’appareil répressif. Et expliquait la circulation mondiale de la doctrine, entre vente de savoirs-faire et échange de bons procédés.

Une réflexion poursuivie - et élargie - aujourd’hui, plus d’un an après la parution de L’Ennemi Intérieur. Mathieu Rigouste travaille désormais sur l’industrie de la répression, devenue fer de lance d’un nouveau capitalisme. Il en met à jour les enjeux, nationaux et internationaux, et il décrit les intérêts en jeu, les forces en présence. Il analyse, enfin, l’inexorable montée en puissance de ceux qui alimentent et contrôlent cette industrie militaro-policière - qu’il s’agisse de moyens ou de tactiques.
Sur la carte de ce nouveau capitalisme, Villiers-le-Bel est un point d’étape, parmi d’innombrables autres. S’il s’agissait de mater une révolte - sur le terrain puis dans les prétoires [2] - , il fallait aussi afficher l’efficacité des techniques françaises de la répression. Villiers-le-Bel était (est toujours) « une vitrine, au sens commercial du terme », explique Mathieu Rigouste. Le mieux est de lui laisser la parole.

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Qu’est-ce qui se joue à Villiers-le-Bel ?

La « bataille de Villiers-le-Bel » s’inscrit dans la campagne intérieure engagée en 2005. Comme dans toutes les opérations intérieures, le pouvoir y expérimente des techniques, des matériels, des projections de force. Ce laboratoire se déploie sur deux plans. Sur le plan judiciaire, on a parlé de « procès », mais ce langage relève de l’action psychologique, ce ne sont pas des procès qui ont été menés dans le cadre de cette bataille mais une phase de « stabilisation » comme pour une opération extérieure. La communication médiatico-judiciaire a été axée sur la construction d’une figure du barbare à soumettre pour sauver la civilisation. Sur le plan du maintien de l’ordre - de la coercition physique - Villiers a notamment permis d’expérimenter les UTeQ, les Unités territoriales de quartier et la « sécurisation inter-armes » (mélanges d’unités : BAC, CRS, gendarmerie mobile, Raid, GIGN…).

Le « procès » d’abord… Tous les syndicats de flics se sont mobilisés sur le sujet, ils demandaient vengeance, des peines absolues pour les inculpés de violence envers des policiers et, pour la fraction la plus radicalisée de la police, le droit de « se défendre », c’est-à-dire de tirer à balles réelles. Le contrôle des quartiers constitue le lieu d’une transformation de la police. Comme ce qui s’était passé pendant la guerre d’Algérie, lorsque dotés des pouvoirs spéciaux, les militaires employant la contre-insurrection ont commencé à militariser la société. La campagne pour la pacification des quartiers populaires, c’est la montée en puissance de la Police comme gouvernement.

Avec les nouvelles doctrines de maintien de l’ordre qui ont été expérimentées à Villiers-le-Bel, on a assisté à quelque chose de différent. Ça s’est exprimé notamment par la radicalisation de certaines couches policières. On l’a vu, d’une certaine façon, pendant la campagne organisée en soutien aux insurgés, avant le procès de Villiers-le-Bel : à Rouen, les syndicats de policiers ont ainsi protesté contre la tenue d’un concert, arguant qu’il s’agissait d’incitation à l’émeute et annonçant leur volonté de l’empêcher [3]. Ils ne l’ont finalement pas fait, et le concert de soutien a eu lieu. Le prince a tenu ses Molosses.

Concernant le « second procès », les peines sont très lourdes, parce que la vraie question était d’empêcher qu’on puisse rendre les coups et qu’il fallait sacrifier à la police une proie pour calmer sa fureur, au mépris même de l’apparence d’impartialité. Et c’est là encore qu’une ligne de rupture se dessine, le long de celle-ci, des oppriméEs se reconnaissent comme faisant face à une même machine de coercition, là se reconstitue quelque chose comme la conscience d’appartenir au peuple face à ce qui contrôle et réprime. Il s’agissait en outre de prouver une nouvelle fois au monde l’excellence de la répression à la française. Et la phase de stabilisation judiciaire fait partie de cet arsenal.

C’est un objectif réellement affiché ?

Oui. Dans les revues et les instituts de sécurité et de défense, on explique clairement les retours d’expérience effectués et à effectuer depuis 2005 et 2007. On décrit les méthodes testées à Villiers-le-Bel et les enjeux de leur dépassement : notamment l’expérimentation des UTeQ et la coopération gendarmerie-police, ainsi que la nécessité « d’améliorer » les rapports avec les médias et la justice pour assurer une «  communication de crise optimale ».

Carte de l’implantation des UTeQ, piquée à 20 Minutes.

Les UTeQ sont des unités d’une vingtaine de policiers se dispatchant en petits groupes. Ils arrivent en fin d’après-midi – ceux que j’ai vus à Villiers-le-Bel – et mettent en place une sorte de couvre-feu non-juridique. C’est du quadrillage, il faut paralyser la vie sociale. On décide qu’il ne doit plus y avoir de présence, parce que si tu circules après une certaine heure c’est douteux, c’est de la provocation, même si tu rentres du chantier ou que tu sors fumer une clope… cela suppose que tu habites ton territoire, tu deviens donc un désordre potentiel. Ta seule présence est déjà résistance, révolte en puissance, c’est une offense au pouvoir policier. Les UTeQ (comme les BAC) sont des polices de harcèlement et de traque. Elles n’hésitent pas à décharger leurs flashballs à volonté pour s’assurer que personne ne s’attarde dans la rue. Quiconque vit dans un quartier où la police vient se défouler connait ces pratiques de terrorisme assermenté. Seuls ceux qui ne les ont jamais subies continuent de s’en offusquer, les autres cherchent des moyens de s’y opposer. Les UTeQ ne sont d’ailleurs pas seules pour tenir cet objectif : elles ont le soutien des CRS, qui bouclent le secteur, et de la BAC qui « va au contact » en civil.

Ce dispositif a été mis en place au printemps 2009 et a de suite provoqué des révoltes. C’est logique : placer un quartier vivant sous un régime de couvre-feu, c’est forcément s’exposer à ce que ça réagisse, les officiers de la police connaissent cette capacité de la présence policière à provoquer l’affrontement, ils ne déploient jamais leurs troupes au hasard. Les forces de l’ordre ont d’ailleurs re-pris assez cher à Villiers…

En filigrane se joue la question de l’auto-défense populaire. Après les révoltes, des habitants ont commencé à organiser une résistance collective autour du soutien aux inculpés : ils ont fait le tour des familles, des quartiers et une tournée dans quelques grandes villes de France, pour récolter des sous et faire circuler les infos autour de rassemblements. Pour le bloc de pouvoir il s’agit d’empêcher que des formes de résistance à l’oppression policière ne débouchent sur des volontés d’auto-organisation plus larges. Quand on se rend compte qu’on peut s’organiser collectivement pour s’opposer à la férocité de la police, on peut très vite mettre en cause toute la hiérarchie du système. Et de mon point de vue, tout l’enjeu de la campagne de soutien aux inculpés était justement de sortir de la séparation habituelle entre les classes populaires blanches et celles issues de la colonisation.

Pour le pouvoir et ses soutiens, l’enjeu est primordial, c’est ça ? Ils n’ont pas le droit de perdre ?

Non, même s’ils perdent quand même. À chaque fois qu’ils frappent ou qu’ils enferment, ils démontrent que l’État n’a plus ni le monopole de la violence légitime ni même aucune légitimité, et ils révèlent la frontière entre le peuple et ses gardiens.

Mais l’enjeu est autre, aussi. Villiers-le-Bel est une vitrine des méthodes françaises de maintien de l’ordre. Au sens économique du terme « vitrine » : ces techniques-là, on les vend, il existe une véritable industrie de la répression, qui implique énormément d’argent. Le fait de faire du zéro mort, de pacifier, de faire coopérer différents dispositifs policiers, de techniciser la coopération entre la police et les médias, et entre le judiciaire et la sphère politique… tout cela est mis en avant comme un savoir-faire national, un patrimoine technologique.

Tu veux dire qu’il s’agit d’être compétitif à l’international ?

Exactement. Et cela se joue à peu. Même si, depuis la guerre d’Algérie, la France n’a jamais quitté le peloton de tête des trois-quatre grands spécialistes du maintien de l’ordre, avec Israël, les États-Unis, la Colombie... Le podium évolue en permanence. Quand Israël lance une attaque sur Gaza, son opération devient le centre de l’attention générale. Et quand il n’y a pas de mort lors des émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel, tout le monde s’y intéresse, cela redore l’image des techniques françaises. Lesquelles avaient – notamment - été grandement dévalorisées après l’assassinat de Malik Oussekine, en 1986. C’est qu’il n’en va pas du contrôle des foules comme d’un terrain de guerre classique : en maintien de l’ordre, sur le territoire des sociétés de contrôle, il faut éviter de tuer. Médiatiquement, un mort coûte beaucoup trop cher.

Il faut comprendre que nous ne nous situons pas, ici, dans l’optique des États-nation mais dans une perspective transnationale, avec des dizaines de colloques et de conférences chaque année, où des spécialistes, des industriels, des gouvernants de partout se rencontrent et marchandent leurs répertoires techniques. Du même coup, ces spécialistes militaires et policiers deviennent les représentants de l’industrie de la répression.

Photo prise par Lémi au salon de l’armement Eurosatory ; le billet qu’il en a tiré est ICI.

Tu parles de capitalisme sécuritaire : de quoi s’agit-il ?

Avec le XXe siècle et l’apparition des complexes militaro-industriels, le capitalisme a changé de forme. La question du contrôle social ne repose plus seulement sur l’encadrement du capital humain – le prolétariat – pour qu’il continue à produire. Mais contrôler est devenu un marché, avec des acteurs économiques immenses qui ont tout intérêt à ce qu’un certain désordre, gérable, se développe pour mieux le soumettre. Ils y sont d’ailleurs parvenus : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre est devenue réellement permanente, elle est partout et tout le temps, rien n’y échappe. Et la sécurité intérieure s’est imposée comme l’un des principaux marchés de cette économie de la guerre permanente. Un marché florissant. Encore une fois, c’est notamment ce qui s’est joué à Villiers-le-Bel : il s’agissait d’écraser toute forme de contestation, de continuer à séparer les classes populaires – en utilisant l’imaginaire de la race, l’imaginaire colonial -, et puis de déployer les vitrines de la marchandise française en terme de maintien de l’ordre.

Les deux guerres mondiales ont créé une couche de contrôleurs. Mais je me demande - avec beaucoup de points d’interrogation parce qu’il y a (chez Marx) une différence fondamentale entre classe et couche (la couche n’est pas du tout autonome) - si on n’est pas en train d’assister à la formation d’une classe de contrôleurs conscients. Un peu comme lors de la Révolution française, quand la bourgeoisie, une fois constituée en classe, prend le pouvoir par la contre-révolution et transforme la société. Depuis la fin de la bipolarité, il se passe quelque chose de ce style avec les « contrôleurs ».

Dans tous les cas, il y a une mutation très claire dans la forme du pouvoir. L’existence du marché de la sécurité intérieure suppose la collaboration d’investisseurs, de producteurs, de représentants, de commerciaux, bref de réseaux puissants ayant des intérêts en commun et agissant consciemment pour ceux-ci. Pendant la guerre d’Algérie et avec les doctrines de guerre dans la population, une espèce de couche s’est ainsi créée à l’intérieur de l’armée, de la police, de l’État. Elle s’inscrit dans un phénomène plus large : de façon générale, durant les guerres coloniales et au cours de tout le XXe siècle, une couche militaire d’extrême-droite et contre-révolutionnaire a contribué à transformer le pouvoir quand elle ne s’en est pas saisie brutalement. La bourgeoisie lui a concédé le pouvoir politique là où elle en avait besoin - en Amérique Latine, en Afrique, même en France avec le coup d’État du 13 mai 1958 quand le patronat colonial confie les rennes du pouvoir à un militaire, De Gaulle.

Pour résumer… Je ne décris rien de très compliqué, les sociétés de contrôle s’organisent en particulier autour de la domination des marchands de contrôles et de peur. Reste à savoir s’il s’agit encore d’une couche ou s’il est question d’une classe des contrôleurs. C’est-à-dire, comment il faut considérer les travailleurs à la base des appareils de contrôle, la « chair à canon de la police », comment les amener à rompre les rangs et à retourner leurs armes « contre leurs propres généraux ». C’est une question récurrente à laquelle il faut pouvoir répondre, car il ne peut y avoir de transformation sociale sans rupture dans les rangs des appareils de répression.

Eurosatory par Lémi, derechef.

Ce que tu décris - la montée en puissance des contrôleurs - s’opère en un mouvement fluide, naturel ?

Non, c’est un processus complexe, traversé par de larges contradictions entre les fractions des classes dominantes et à l’intérieur des appareils répressifs. Depuis cinq à six ans, il y a ainsi en France des tensions importantes dans la police et l’armée. Le chef de l’État, par exemple, n’est pas du tout aimé dans l’armée, et ne l’est qu’à moitié dans la police – notamment parce que le gouvernement réduit les budgets et les effectifs et n’investit que dans l’achat de matériels. Des policiers et des militaires se permettent de mettre en cause publiquement les politiques de défense et de sécurité (certains sur la gauche, une grande majorité sur la droite). Tout se cristallise autour d’une ligne de transformation fondamentale, celle du développement de la sécurité privée - qu’elle soit militaire ou civile – qui doit accompagner la réduction des dépenses publiques et permettre de réagir aux « nouvelles menaces ». Les États-Unis se sont jetés dedans, mais la France a longtemps résisté à ce mouvement. Depuis le Livre blanc sur la défense, ça a changé, on le voit aussi par exemple dans les revues de défense nationale ou les colloques : l’idée que cette transformation serait inévitable s’est imposée, même si on insiste sur l’importance pour l’État de ne pas perdre le monopole de la souveraineté. L’État encadre et restreint généralement l’usage de la violence privée par les classes dominantes et s’est longtemps refusé à privatiser réellement la force. C’est maintenant terminé et il faut s’attendre à des bouleversements sur le champ de bataille.

Qui dit « processus complexe » dit absence de calcul à long terme ?

Oui et non. Il y a des calculs, évidemment, des stratégies et des tactiques mais elles entrent parfois en concurrence et peuvent s’affronter. Il y a bien une planification, celle des institutions financières internationales où les fractions des classes dominantes s’entendent autour d’un projet assez sommaire qui vise la toute-puissance des grandes corporations et la réduction des États à la fonction de Police. Mais concrètement, les choses avancent petit à petit, à tâtons. Je crois que personne n’a une vision très claire de cette évolution. C’est d’ailleurs pour ça que mon travail – L’Ennemi Intérieur - a intéressé certains militaires. Parce qu’eux n’avaient pas le droit de le mener. Même si ça évolue… Depuis une dizaine d’années, une des grandes perspectives de transformation de l’armée et de la police française repose sur le développement des sciences sociales. Après la parenthèse des années 50 à 70, les sciences humaines sont ramenées à leur fonction primordiale, c’est-à-dire le contrôle. Pour paraphraser cette vérité première qui dit que la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, on pourrait dire que les sciences sociales, ça sert d’abord à contrôler. Et ce besoin de sciences sociales qui s’exprime dans les institutions de contrôle trahit leur impression de ne plus rien comprendre à la situation.

Je disais que mon livre a intéressé les militaires français parce qu’il y avait un tabou sur le sujet et qu’eux-mêmes n’avaient pas le droit de trop creuser ces sujets. Aux États-Unis, il en va différemment : la question n’a jamais été interdite et on trouve des manuels de contre-insurrection dans les rayons des équivalents de la Fnac. En France, à l’inverse, la Ve République s’est construite sur un coup d’État militaire et sur une guerre totale basée sur ces techniques, et il y avait finalement un vrai tabou sur la question. Les militaires français sont donc d’autant plus passionnés par le sujet qu’ils n’avaient pas le droit de travailler dessus jusqu’à la réhabilitation de la doctrine, autour de 1995. Et cette passion française va de pair avec le développement des instituts de recherche qui focalisent sur le contrôle des foules en milieu urbain. L’idée que les techniques de guerre dans la population influencent le contrôle social et la répression commence juste à être admise dans le monde universitaire. Alors que chez les militaires, c’est très différent, ils en ont pleine conscience et sont très fiers que les techniques de terreur d’État françaises soient prises comme référence en Irak ou en Afghanistan.

Et en arrière-fond, il y a l’omniprésence de l’idéologie coloniale ?

On n’est toujours pas sorti de cette architecture. Il y a bien une nouvelle génération politique au pouvoir. Mais elle a été élevée par l’ancienne, et l’actuelle clique gouvernementale est composée de descendants directs de la classe coloniale. Elle joue d’ailleurs sur ce terrain-là, notamment avec le débat sur l’identité nationale. Alessi Dell’Umbria [4] résume bien la question, notant : « Vichy et Las Vegas, voilà les références du régime Sarkozy. » [5]

Et puis, il faut souligner l’apparition d’une nouvelle extrême-droite, qui reformule son idéologie et ses pratiques ; les identitaires en sont un très bon exemple, ils mêlent un vieux racisme colonial à des concepts marketing comme la diversité (pour préserver l’identité occidentale), un patriotisme pétainiste et un discours anti-libéral, c’est un fascisme éminemment contemporain. La bourgeoisie laisse proliférer et se développer l’extrême-droite comme un répertoire d’idéologies et de pratiques qu’elle l’instrumentalise lorsqu’elle en a besoin, notamment pendant les crises du capital. C’est exactement ce qui est en train de se passer : l’extrême-droite est obligée de se distinguer puisque son programme est au pouvoir sans elle.

Et le pouvoir l’utilise pour légitimer la xénophobie d’État…

Oui, la xénophobie est structurelle dans l’État-nation, désigner l’étranger comme un suspect et le priver de droit sous ce prétexte est un invariant. On n’en voit que des formes actualisées dans le débat récent sur le voile, la polygamie et le retrait de la nationalité. Les Français naturalisés sont les seuls qui peuvent perdre la nationalité, ce qui signifie bien qu’il y a deux manières d’être français. Quand tu nais français, on ne peut pas t’enlever ta nationalité – je crois qu’il y a eu un cas sur tout le 20e siècle. Tandis que si tu l’as acquise, on peut t’en priver ; la nationalité n’est qu’un masque blanc, le discours républicain pour signifier la race. En 2005, on avait parlé de retirer leur nationalité aux émeutiers « issus de l’immigration ».

Cette nouvelle xénophobie d’État, qui pioche dans la culture de l’Algérie française et de Vichy depuis les années 1970, sert surtout à justifier la fabrication d’un sous-prolétariat sans-papier donc sans-droit. Parce que la bourgeoisie a extraordinairement besoin de gens qu’elle peut sur-exploiter et expulser. Et qu’il ne s’agit pas tant de les expulser que de les maintenir dans un statut où ils travaillent pour peu et sont contraints par la peur permanente d’être raflés.

Tu restes optimiste ? Tu penses que – malgré tout – il nous reste une chance de ne pas être laminés ?

Je suis optimiste, et ce n’est pas que stratégique. Tout d’abord, on ne peut pas gagner sans croire à la victoire, j’assume cette dimension de croyance, même si la guerre sociale n’a rien à voir avec un jeu. Au fond, l’histoire n’a peut-être aucun sens, ce n’est pas très important, tout ce qui compte c’est de lui en donner un.

Cette part d’optimisme a aussi une base scientifique. Il faut critiquer le déterminisme des marxistes mais le vieux barbu - qui n’était pas marxiste - relevait pourtant quelque chose d’essentiel : la bourgeoisie aura toujours besoin du prolétariat et le prolétariat n’a pas besoin d’elle. Le système d’exploitation capitaliste est donc condamné, son histoire n’est qu’un compte à rebours. Et puis, il y a autre chose… Bakounine parlait de matérialisme révolutionnaire, et Malatesta insistait sur la question de la volonté : il s’agit de comprendre que l’histoire n’est pas écrite, que ce sont les humains qui la font. La volonté est l’un des axes de rupture principaux. Il y a des mécanismes et des règles socio-historiques mais les ruptures ne sont pas déterminées. Tous les rapports de domination (économiques, politiques, sexuels, racistes…) peuvent être brisés, mais ça ne se fait pas un « grand soir » : il y aura toujours des champs de bataille, c’est-à-dire des opportunités de se libérer.

C’est évidemment un optimisme à relativiser. Mon boulot porte essentiellement sur « la contre-insurrection qui reste », sur le fonctionnement des machines de pouvoir. Ça a souvent de quoi démoraliser mais la connaissance de ce qui nous opprime est une arme. Il faut analyser la domination, et notamment celle qui traverse les luttes de libération. Il y a un véritable travail à mener pour comprendre comment les révolutionnaires des années 60-70 ont perdu, soit sur la question de la force soit sur leurs manières de s’organiser.

Black Panther Party, en démonstration devant l’assemblée de l’État de Californie.

Prends l’histoire du Black Panther Party : ça a commencé par des formes d’auto-organisation et d’auto-défense qui répondaient à de véritables besoins du peuple noir. C’est à partir de là et pas avant, que se sont formés les groupes qui donnèrent naissance à cette véritable arme révolutionnaire qu’était le BPP. Ça ne m’empêche pas de porter un regard critique sur le côté autoritaire et hiérarchisé du Black Panther Party…
D’ailleurs, il y a un mec assez intéressant aux Etats-Unis, Ashanti Alston, qui se fait appeler Anarchist Panther. C’est un ancien de la Black Liberation Army, donc de la branche armée clandestine du Black Panther Party. Et il tente, avec d’autres groupes, de relancer des pratiques d’organisation à la base, autour de la question de l’oppression : il ne s’agit plus de s’organiser entre Noirs, mais entre pauvres, entre oppriméEs. Il reprend la même base que le BPP, mais avec un dépassement sur la question autoritaire et sur la question du racisme (plus les questions anti-impérialistes, anticapitalistes, antifascistes et antisexistes qui étaient déjà mises en avant dans le BPP). Son discours et ses pratiques sont éclairantes.

Même si on en n’est pas là, les résistances des quartiers n’ont jamais cessé de se développer, elles cherchent depuis longtemps à se fédérer ; si elles y arrivent sur la base de l’auto-organisation et de l’autonomie des luttes, elles constitueront sans aucun doute un front décisif. Mais il faut continuer un travail sans fin et pourtant essentiel : bâtir une éducation populaire émancipatrice. Il y a toute une génération post-2005, qui a vécu les révoltes comme une inter-reconnaissance entre les quartiers – façon « on est capable de faire ça ». Mais aussi comme quelque chose de décevant, parce que ça n’a rien donné. Une idée puissante se répand : alors que brûler peut être le point de départ de quelque chose – ça ne doit pas être un point final.

Notes

[1] Éditions La Découverte.

[2] Pour un compte-rendu de ce procès inique, tu peux (entre autres) lire ce bon papier d’Ornella Guyet, publié sur Basta : Villiers-le-Bel : un procès stalinien contre les jeunes de banlieue.

[3] Le 11 mai, le syndicat Unité police et le Syndicat général de la police, tout deux affiliés à FO (premier syndicat chez les « gardiens de la paix »), en ont en effet appelé au ministre Brice Hortefeux pour qu’il interdise ce concert de solidarité, qualifié « d’incitation à la révolte face à la police, face au pouvoir ».

[4] Alessi Dell’Umbria est l’auteur de l’excellente Histoire universelle de Marseille (éditions Agone) et du percutant C’est de la racaille ? Et bien, j’en suis ! (éditions L’échappée, réédité par les éditions Agone sous le titre La Rage et la révolte).

[5] La citation est tirée de Villiers-le-Bel : le procès d’une révolte, texte publié par Alessi Dell’Umbria en soutien aux insurgés. À lire (notamment) sur le blog des éditions Agone.


de chez l'excellent Article 11

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Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu

Rappel :

En décembre 2004, un texte qui dénonçait la participation de la société Bouygues aux chantiers des centres de rétention et appelait au lancement d’un mouvement contre l’entreprise, dans le cadre de la campagne anti-rétention qui s’est déroulée de novembre 2004 à avril 2005, était reproduit sur les sites CNT, indymedia, pajol, réseau anti-pub. En janvier 2005, la société Bouygues a porté plainte contre la diffusion de ce texte.

Non seulement on poursuit ceux qui luttent pour la fermeture des centres de rétention mais, cinq ans après la campagne anti-rétention, le scandale des centres de rétention et des expulsions s’amplifie puisque dans quelques jours va ouvrir le nouveau centre du Mesnil-Amelot avec ses 240 places dont 40 "réservées aux familles".

Aujourd’hui, après cinq ans d’instruction, quatre personnes, dont les administrateurs techniques des sites indymedia, pajol, réseau anti-pub, sont renvoyés en correctionnelle, pour avoir commis le délit de "provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes".

Les défenseurs de la cause des sans-papiers, les activistes mobilisés contre la politique d’immigration, sont appelés à manifester leur soutien aux personnes inculpés lors du procès qui aura lieu

Le 11 juin 2010
à la 17e chambre correctionnelle de Paris
Palais de Justice de Paris
4 bd du Palais 75001 Paris
(métro cité)

indymédia - 11/06/2010


Décembre 2004 : Plusieurs sites d’information alternative ou de soutien aux sans-papiers dénoncent la participation de la société Bouygues dans la construction des centres de rétention. Dans la foulée, la police déplore des dégradations sur des boutiques de Bouygues télécoms et sur des chantiers de construction de la société. Le président du tribunal parle de cocktails Molotov et d’envahissements de locaux.


Après 5 ans d’instruction, les administrateurs de 4 sites parmi lesquels Indymedia et le site de la CNT sont poursuivis pour « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes ». L’audience de vendredi a été renvoyée au 11 juin, un avocat s’étant fait porter pâle.


« Je suis très optimiste pour cette affaire, explique Me Irène Terrel qui a aussi défendu Cesare Battisti et Julien Coupat. Car Bouygues a très peu d’éléments contre nous». Pour l’avocate, il s’agit d’un dossier « intéressant, car on pose la question de la responsabilité pénale des ces médias alternatifs ». Et pour elle, Bouygues « favorise, par ses constructions, l’expulsion des sans-papiers.»

street press - 21/06/2010

 

Comme l’expliquent les webmestres poursuivis par Bouygues pour délit de « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes », le procès « a failli avoir lieu le 11 juin ». Petit rappel des faits : en 2004, une semaine d’action est organisée contre la société Bouygues pour sa participation à l’industrialisation de l’enfermement et de l’expulsion. Le géant du béton est en effet un des principaux maîtres d’œuvre des centres de rétention qui se multiplient. Divers tracts ayant été reproduits sur les sites Internet d’Indymedia-Paris, de z-pajol, de la CNT et de la Brigade antipub, et quelques boutiques et un chantier ayant été tagués, Bouygues a porté plainte… contre les quatre webmestres ou personnes assimilées à cette fonction. Faute de grives, on mange des merles !

Après quatre longues années de report de l’instruction puis du procès, tout est allé très vite. L’une des avocates des accusés, Irène Terrel, a plaidé la nullité. Bouygues n’avait qu’un défenseur supplétif (Me Metzner étant retenu par l’audience autrement plus médiatique de Jérôme Kerviel), et le président a écourté. Décision le 9 juillet. Me Maugendre, défendeur d’Isabelle, de z-pajol, a tenu à peu près ce langage au tribunal : depuis quinze ans, une association, le Gisti, a pu constater la faillite juridique (abaissement des droits et libertés des migrants), financière et humaine de la politique européenne de fermeture des frontières et d’immigration zéro. D’où la réflexion autour de la liberté de circulation menée par l’association et largement endossée par d’autres, y compris des politiques (du PS aux Verts). La demande d’arrêt de la construction des centres de rétention en est un corollaire.

La semaine d’action organisée en 2004 était donc légitime, surtout  à l’époque de la seconde loi Sarkozy sur l’immigration, et de l’augmentation des quotas, de la durée de rétention et du nombre de places (+ 900). Voilà pour le contexte dans lequel le tract incriminé a été écrit et diffusé. Ce texte est-il une provocation ? Rien de tel dans le tract, affirme Me Maugendre. Le terme « sabotage » ? Jacques Rancière, professeur émérite au département de philosophie de Paris-VIII, a écrit un texte pour l’occasion, intitulé « Note sur la notion de sabotage », dans lequel il explique que, non seulement « sabotage » a diverses significations (fabriquer des sabots ou fouler le sol avec des sabots, par exemple) ne donnant pas lieu à répression, mais qu’il est une tradition ouvrière, une forme de « riposte économique » où les travailleurs prennent le principe du travail/marchandise au mot en fournissant un mauvais travail pour une mauvaise paie. Puis le sabotage «  est venu qualifier toute action visant à entraver l’action de celui contre lequel on se bat. La composante symbolique du coup porté à l’adversaire compte plus que la réalité d’un dommage provoqué à l’encontre de ses biens. Ce qui se sabote, c’est une puissance, une autorité, une image ». Et c’est précisément ce que Bouygues, qui préfère évoquer des « dégradations », ne supporte pas.

piqué sur politis- 24/06/2010

 

Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu L’Express du 9/7/10

Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu

Par Abdel Pitroipa, publié le 09/07/2010 à 19:49 Le tribunal correctionnel de Paris a annulé vendredi les poursuites du groupe Bouygues contre des administrateurs de sites qui avaient appelé au sabotage de l’entreprise en 2004.

"On aurait voulu que l’affaire soit examinée au fond. Au moins, cela aurait permis de clarifier les choses." Une déclaration étonnante de la part d’un ex-prévenu tout juste relaxé des poursuites engagées à son encontre.

Ce webmaster désireux de garder l’anonymat était poursuivi avec trois autres personnes pour avoir diffusé, en décembre 2004, des appels à une semaine d’action contre le groupe Bouygues. A l’époque, ils entendaient protester contre la construction par le géant du BTP de centres de rétention en Europe. Selon l’accusation, des dizaines de magasins du groupe avaient alors été saccagés.

Si le lien entre ces dégradations et les publications des différents sites visés (Réseau anti-pub, Indymedia Paris, Pajol, CNT) n’a pas été prouvé, ce n’est pas sur ce fondement que le tribunal a prononcé la nullité des poursuites. Le tribunal a surtout retenu deux points de pure forme. Tout d’abord, une certaine abstraction : avant le procès, les prévenus ne s’étaient pas vus préciser les peines encourues. Ensuite, la longueur excessive de l’instruction : 4 ans et 3 mois.

Bien que soulagée pour son client, l’avocate Me Agathe Livory regrette, elle aussi, l’absence de débat sur le fond : "Le grand déballage n’a pas pu avoir lieu." Les webmasters auraient voulu que ce procès soit l’occasion de dénoncer les pratiques de l’entreprise en matière de construction de centre carcéraux. De son côté, l’avocat de Bouygues, Me Benjamin Grundler, s’est accordé un temps de réflexion avant de décider s’il convient de faire appel : "Nous ne savons pas encore si nous le ferons, il y a un problème d’interprétation des textes, nous prendrons notre décision en début de semaine prochaine."

piqué sur pajol.eu.org - 09/07/2010

 

09:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Le nucléaire progresse de jour en jour : partenariat Areva - Rosatom, fin du moratoire en Suède - Finlande

Déchets nucléaires : le Conseil d’Etat rejette la demande de Greenpeace

Le 30 juin, le Conseil d'Etat a rejeté la demande de Greenpeace France d'annuler le décret du 3 mars 2008 relatif aux procédures applicables au traitement des combustibles usés. C'est une victoire pour Areva qui se veut rassurant sur le processus de traitement des combustibles.

Le traitement des combustibles usés constitue la première étape du recyclage. Il consiste à séparer les matières recyclables (96% du combustible nucléaire usé) et les déchets de haute activité (4%). Les déchets sont conditionnés "de manière sûre et stable" sur le très long terme dans des conteneurs en acier, précise Areva.

Les structures métalliques des combustibles constituent des déchets de moyenne activité. Ils sont compactés et conditionnés dans des conteneurs en acier.

Le décret ainsi que la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et des déchets radioactifs encadrent strictement le traitement des combustibles nucléaires usés provenant de l'étranger et imposent, notamment, le retour des déchets issus des combustibles usés étrangers après traitement.

Une stricte application de la loi

Le Conseil d'Etat a jugé que ce retour ne concerne que les déchets directement issus des substances ayant fait l'objet de ce traitement et non ceux qui résultent de l'utilisation, par Areva, de ses propres installations de traitement. Il considère donc qu'Areva applique strictement les obligations fixées par la loi et le décret.

Plus de 80% des déchets vitrifiés provenant de combustibles étrangers ont été retournés dans leur pays d'origine et les premiers retours de déchets métalliques ont débuté en 2009, affirme Areva.

piqué sur www.enviro2b.com - 30/06/2010

 

La mondialisation pousse à de nouvelles alliances

Nouveaux acteurs, nouveaux réacteurs, nouveaux clients. Les règles du jeu sont en train de changer dans le paysage nucléaire global. Une mutation qui amène chacun à repenser sa stratégie et ses partenariats.

Le 27 décembre 2009 restera gravé dans les mémoires de la filière nucléaire française. Ce jour-là, l'électricien des Emirats arabes unis, Enec, officialise son choix du coréen Kepco pour la construction de 4 réacteurs. Montant du contrat : 20 milliards de dollars. Battue, l'équipe France, avec à sa tête Areva, EDF et GDF Suez, est dépitée. Son EPR n'a pas fait l'affaire. Pas plus que les réacteurs de l'américano-japonais GE-Hitachi ou de l'américain Westinghouse, filiale du japonais Toshiba.

« Si quelqu'un pensait que, dans la compétition, les coûts ne comptaient pas, Abu Dhabi a démontré le contraire, déclare Luis Echávarri, directeur général de l'Agence pour l'énergie nucléaire. Bien sûr que la décision est politique, mais la compétition est économique, technique et financière. » Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Selon une étude de l'agence de l'OCDE, l'électricité produite par le réacteur coréen APR-1400, qui a remporté le contrat, coûte moitié moins que celle produite par l'EPR français.

Ce qui s'est passé à Abu Dhabi n'est que le début de la bataille. En Chine, les deux électriciens CNNC et CGNPC construisent 20 réacteurs, acquérant au passage les technologies phares de Westinghouse et d'Areva. « Outre la France, il n'y a que trois pays qui disposent des compétences industrielles intégrées de conception, de construction et d'exploitation pour conduire un programme nucléaire, affirme Hervé Machenaud, directeur de l'ingénierie et la production chez EDF. La Russie avec 2 tranches par an, la Corée du Sud avec une tranche par an et la Chine avec presque 10 tranches par an. » Après la Corée, qui, comme la France, a bâti son industrie nucléaire à partir d'une licence Westinghouse, la Chine pourrait être la prochaine à sortir de ses frontières grâce à un transfert de technologies.

Conscient du défi croissant de la compétitivité, Areva cherche à réduire ses coûts. « Entre le réacteur d'Olkiluoto, en Finlande, et celui de Taishan, en Chine, nous allons deux fois plus vite sur l'ingénierie », explique un cadre dirigeant du groupe. Il faut dire que la tête de série finlandaise a près de quatre ans de retard sur le calendrier. Les coûts d'achat vont aussi diminuer. Toutefois, ces efforts risquent de ne pas aller assez vite pour EDF, qui cherche à élargir sa gamme et à proposer des produits moins chers, en plus du réacteur français de troisième génération.

« L'EPR a été conçu dans les années 1990 dans un certain contexte, observe Hervé Machenaud, en référence aux impératifs de sûreté de l'époque post-Tchernobyl. Il faut mener aujourd'hui des réflexions sur d'autres modèles pour élargir notre gamme et tenir compte des exigences des pays qui s'engagent dans le développement nucléaire. » L'ancien patron de la région Pacifique pense sans doute au CPR-1000, la version « sinisée » du réacteur français de deuxième génération, développée par l'électricien chinois CGNPC, grand partenaire d'Areva et EDF. L'électricien tricolore lorgne aussi le russe Rosatom, avec lequel il vient de signer une alliance.

D'autres éléments seront décisifs dans la compétition. En premier lieu, le financement. A plusieurs milliards d'euros la centrale, le nucléaire nécessite de deux à quatre fois plus d'investissement que les centrales à charbon ou au gaz. « Au cours de la prise de décision, les électriciens regardent avec intérêt les fournisseurs qui sont aussi capables d'apporter des solutions de financement », observe Dominique Mockly, directeur international d'Areva. Les solutions varient. Rosatom, qui prépare une alliance avec l'allemand Siemens, ancien partenaire d'Areva, parie sur le triptyque « construire, investir, exploiter ». Le modèle a fait ses preuves en Turquie, où le groupe vient de remporter un contrat de 20 milliards de dollars pour 4 réacteurs. Mais ces offres ne sont pas toujours bienvenues politiquement. La Bulgarie a, par exemple, refusé un financement russe pour sa centrale de Belene, qui doit coûter 4 milliards d'euros - soit un quart de son PIB… « Ou bien on accepte la dépendance, ou bien on cherche des solutions », estime Dominique Mockly. Chez Areva, des prêts gouvernementaux sont à l'étude ainsi que l'apport d'actionnaires potentiels, comme le Qatar, qui pourraient investir dans des centrales.

Trouver des partenaires locaux

Dans ce jeu complexe d'alliances ouvertes et multiformes, les constructeurs doivent enfin prendre en compte la nécessité de trouver des partenaires locaux. En Italie, Areva va travailler avec Ansaldo, filiale du conglomérat Finmeccanica. Idem au Royaume-Uni avec Rolls-Royce ou en Inde avec Bharat Forge, qui travaille aussi avec Alstom. « Pour la centrale de Temelin, en République tchèque, nous proposons un degré de localisation de 70 % », se félicite de son côté Timur Ivanov, qui dirige Atomstroyexport, la filiale de Rosatom.

« On ne peut plus aborder le sujet avec un seul industriel, conclut Jean-Benoît Colomb, membre du directoire du cabinet de conseil Eurogroup. On va vers des Meccanos globaux entre exploitants, constructeurs, meneurs de projets et fournisseurs… » « On ne peut pas débarquer sur des appels d'offres avec un drapeau tricolore, résume un dirigeant du secteur. Cela ne veut pas dire pour autant qu'on néglige la filière nucléaire française. »

T. M., Les Echos

piqué sur www.lesechos.fr - 28/06/2010

 

Ce nucléaire qui vient du froid

La Suède et la Finlande ouvrent la porte à l’accroissement de leur parc électronucléaire. Non sans avoir phosphoré sur l’aval du cycle du combustible. Reportage.

L’histoire passe parfois par la petite porte. Quelques heures avant que ne soit célébré le mariage dela princesse Victoria , le parlement suédois a pris, vendredi 18 juin, une décision historique. Presque en catimini. Par 174 voix contre 172, le Riksdag a mis un terme à 30 ans de moratoire portant sur la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. En 1980, à la suite de l’accident de Three Mile Island, Stockholm avait interdit l’érection de nouvelles tranches. Les 10 réacteurs (3 réacteurs à eau pressurisée et 7 réacteurs à eau bouillante) étaient donc condamnés à mourir sans être remplacés. Jusqu’à vendredi.

Attendu par les acteurs du secteur électrique, le vote de la Diète suédoise n’ouvre pas la porte à une nucléarisation à outrance du royaume scandinave. Le texte prévoit seulement de remplacer les réacteurs dès qu’ils auront atteint leur limite d’âge. En clair, la Suède ne pourra jamais compter plus de 10 réacteurs. « Et encore, il faudra pour ce faire que les communes, qui ont tout pouvoir en la matière, acceptent les futurs machines », souligne Rolf Persson, en charge des questions nucléaires au conseil municipal d’Oskarshamn. Installées à Oskarshamn, Ringhals et Forsmark, les trois centrales nucléaires du royaume produisent 40 % du courant consommé par les Suédois.

La prolongation annoncée de l’âge nucléaire suédois fait bouillonner Svensk Kärnbränslehantering (SKB). Créée par les propriétaires des centrales, l’entreprise est, légalement, en charge de la gestion du cycle du combustible. Une tâche à laquelle elle se consacre depuis1973. Acette époque, SKB s’occupe uniquement de l’achat de l’uranium enrichi. « Les déchets n’étaient pas un problème », se souvient Kaj Ahlbom, l’une de ses têtes pensantes. Ils le deviendront. En 1976, le gouvernement social-démocrate perd les élections législatives. La crise économique et les déchets nucléaires l’ont fait chuter. Nouveau premier ministre, le centriste Thorbjörn Fälldin doit remanier à plusieurs reprises son équipe. Les déchets nucléaires, toujours… Le gouvernement de coalition prend le taureau par les cornes. En 1977, il fait voter par la chambre unique du parlement la loi sur la gestion des déchets nucléaires. Le texte grave plusieurs principes dans le marbre législatif : les producteurs sont responsables de la gestion de leurs résidus qui devront être gérés de façon sûre ; le financement devra être apporté par les propriétaires des centrales (via une taxe sur le kilowattheure) ; l’Etat se porte garant du système. Last but not least, le recyclage du combustible usé est interdit. « Cette décision a, certes, été la conséquence de fortes pressions politiques, mais aussi d’études qui ont montré que le stockage définitif de combustibles usés était le mode de gestion le plus sûr et le moins cher», note Kaj Ahlbom. Un long travail commence.

En partenariat avec de nombreuses universités, SKB mène plusieurs travaux de recherche en parallèle. Dans un premier temps, il s’agit de mettre au point une stratégie pérenne. Le stockage géologique est finalement retenu, non seulement pour les déchets à faible et moyenne activité (déchets technologiques, médicaux, industriels et de démantèlement), mais aussi pour les déchets à haute activité (les combustibles usés). La géologie commandera le reste des opérations. Assise sur un lit de granite, la Suède n’a pas beaucoup de possibilités. « Contrairement à la France et à la Belgique, qui ont choisi de stocker leurs déchets dans de l’argile étanche, la Suède doit travailler dans le granite qui est une roche dure, résistante, mais pleine de fractures par lesquelles l’eau s’infiltre », explique François Besnus, de la direction de la sûreté des usines, des laboratoires, des transports et des déchets de l’Institut (français) de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Après des années de test dans le laboratoire souterrain d’Äspö, l’autorité de sûreté suédoise (SSM) tranche. Une fois évacué du réacteur, le combustible devra être refroidi dans les piscines spéciales du Clab, un centre d’entreposage construit à-32 mètresdans la roche cristalline d’Oskarshamn. Après plusieurs années de refroidissement, les grappes de combustible seront « encapsulées » dans des colis de 27 tonnes de cuivre pur, un métal réputé (bien que ce sujet fasse l’objet d’un débat scientifique) pour sa résistance à la corrosion en milieu réducteur. Puis, en route pour le centre de stockage géologique où les conteneurs de cuivre seront mis dans des silos verticaux, creusés à500 mde profondeur. Cette opération réalisée, une couche de bentonite sera coulée entre le cylindre de cuivre et la paroi de granite. Gonflant avec l’eau, cette argile (qui sert aussi à la fabrication du gravier des caisses à chat) constituera la troisième et dernière barrière (après le granite et le cuivre) entre l’eau et les déchets fortement radioactifs.

Voilà pour le concept suédois. Un concept qui commence à être traduit dans les faits. Après 16 ans d’investigations géologiques et de concertation, le site de Formark (où se trouvent déjà trois réacteurs à eau bouillante) a finalement été choisi le 3 juin 2009 par SKB. Coincé entre forêts, marais etla merBaltique , Forsmark se situe à470 kilomètresau nord d’Oskarshamn. Les transports de déchets se feront, comme aujourd’hui, par bateau. Mitonné de longue date, le futur site sera creusé dans le granite. Les tunnels dans lesquels seront forés les silos de stockage se situeront à500 msous la surface.

Depuis plus d’un an, l’entreprise prépare son dossier de demande d’autorisation. Devant peser entre 5.000 et 10.000 pages, il est attendu non sans inquiétude par les gendarmes du nucléaire suédois. « Même si nous nous sommes préparés, il faudra inventer des méthodes de travail et des procédures », concède Björn Dverstorp, de SSM. Malgré tout, les Suédois restent confiants. « Si tout se passe bien, estime Kaj Ahlbom, les premiers coups de pioche devraient être donnés en 2015. Et le centre pourrait ouvrir dès 2020. » Il pourra alors recevoir les premiers des 6.000 conteneurs prévus. A cette date, le travail des géologues de SKB sera loin d’être terminé. Car, avec la relance de son programme électronucléaire, la Suède aura besoin d’un second site de stockage définitif. « Et même si nous le construisons à proximité du premier, il faudra totalement repartir de zéro », confirme Mikael Gontier, du département Environnement de SKB.

Sur l’autre rive du golfe de Botnie, le programme nucléaire finlandais poursuit son bonhomme de chemin. Déjà doté de 4 réacteurs, l’ancien Grand-duché russe est impatient de mettre en service sa 5e tranche. Après des débuts difficiles (4 ans de retard), la tête de série de l’EPR prend forme. « 90 % du génie civil est désormais achevé, 50 % des matériels sont déjà positionnés. A ce rythme, la production électrique devrait démarrer en 2013 », confirme Jouni Silvennoinen, le chef du projet pour TVO, le consortium finlandais ayant passé commande du réacteur franco-allemand. Vendredi 18 juin, la cuve du réacteur (420 tonnes) a été installée dans le bâtiment réacteur. Les 4 générateurs de vapeur devraient suivre avant la fin de l’année. « Il sera alors temps de procéder aux opérations de piping (raccordement) », avance Jean-Pierre Mouroux, directeur général du projet OL3 d’Areva.

En charge de la construction du premier EPR, le duo Areva-Siemens semble quelque peu rasséréné. Certes, une procédure d’arbitrage est toujours en cours pour savoir qui, des constructeurs ou de leur client, est responsable du formidable dérapage du chantier. Mais l’avenir se dégage. Anticipant une hausse de la demande d’électricité, TVO entend mettre en service, d’ici 2020, un 4e réacteur sur son site d’Olkiluoto (OL4). Et malgré son divorce annoncé, le couple franco-allemand n’est pas mal parti. « Contrairement à ce que l’on pense, OL3 n’est pas un contre-exemple, mais un chantier qui donne des leçons pour l’avenir », souligne Jouni Silvennoinen. TVO aimerait bien coupler un second EPR au réseau électrique. Mais sa décision n’est pas encore prise. « Nous avons plusieurs possibilités : l’EPR, l’ABWR de Westinghouse-Toshiba, l’ESBWR de General Electric-Hitachi, l’APR de KSNP et l’APWR de Mitsubishi », rappelle Jouni Silvennoinen. Un peu échaudé par le chantier en cours, le Stuk, l’autorité de sûreté finlandaise, a fait savoir qu’il n’autoriserait pas une technologie de réacteur non encore éprouvée. Or, à ce jour, seul l’EPR dispose de licence d’exploitation. Un bon point.

Créé en 2007, l’électricien finlandais Fennovoima entend construire, lui aussi, son réacteur. S’il n’a pas encore choisi son site (son cœur balance entre Pyhäjoki et Simo), il a déjà sélectionné trois technologies : l’EPR, son petit frère Kerena (qui n’existe pour le moment que dans les plaquettes d’Areva) et l’ABWR. Quoi qu’il en soit, la décision est pour bientôt. « Le parlement doit se prononcer sur les deux projets le 1er juillet prochain », confirme Jaana Avolahti, du ministère finlandais de l’énergie.

Largement inspirée du modèle suédois, la gestion des déchets à la finlandaise comporte néanmoins quelques spécificités. La Finlande est l’un des membres de l’Union européenne (avec la Bulgarie, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie,) à exploiter des réacteurs d’origine soviétique. Grandement modernisés, les deux VVER 400 de Loviisa disposaient d’un exutoire bien pratique. Au terme d’une convention passée entre la Finlande et l’Union soviétique, Rosatom fournissait l’uranium enrichi et récupérait le combustible usé. Hélas, l’accord a pris fin en 1996. Et Fortum, l’exploitant des deux réacteurs, a dû trouver un autre mode de gestion de ses déchets à haute activité.

A la demande du gouvernement, TVO et Fortum ont créé une co-entreprise chargée de la gestion des déchets nucléaires. Baptisé Povisa, elle conçoit le futur site de stockage géologique (Onkalo) ainsi que les colis. Les designs du vaste réseau souterrain et des conteneurs seront assez proches de ceux validés en Suède. A ceci près que Povisa enfournera les grappes de combustible dans une chaussette d’acier avant d’insérer le tout dans le canister de cuivre. Au total, la gestion des déchets à haute activité finlandais devrait coûter 3 milliards d’euros, entièrement payés par un fonds abondé par une taxe sur l’électricité.

En attendant l’ouverture en 2020 du site de stockage géologique (creusé à400 mde profondeur dans le granite de l’île d’Olkiluoto), les deux compagnies entreposent leurs grappes de combustible chauds dans des piscines, construites à proximité des centrales. Des piscines dont l’eau, été comme hiver, doit être maintenue à36°C . Sûreté oblige !

piqué sur www.journaldelenvironnement.net - 22/06/2010

 

09:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/07/2010

Autoréductions à Oakland en marge du procès du policier qui avait tiré sur Oscar Grant

article précédent :

Johannes Mehserle, le policier qui a tué Oscar Grant, plaide "Non coupable"

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Fearing Grant may have a weapon, Mehserle said he decided to shock Grant with his Taser but pulled his .40-caliber handgun instead.

 

Grant was shot as he lay face-down.

 

 

Des émeutes ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à Oakland, en Californie, en marge du procès à Los Angeles d'un agent de sécurité ferroviaire blanc accusé d'avoir tué un jeune noir non-armé en janvier 2009.

Des magasins ont été endommagés et plusieurs dizaines de personnes arrêtées à la suite de la décision du jury de retenir la charge d'homicide involontaire plutôt que volontaire pour Johannes Mehserle. Cet ancien agent de sécurité ferroviaire est jugé pour avoir tué d'une balle dans le dos Oscar Grant, un Noir de 22 ans, alors que celui-ci tentait de résister [il tentait de résister allongé par-terre sur le ventre...] à une arrestation sur un quai de gare à Oakland le 1er janvier 2009.

Le jury a estimé que Johannes Mehserle n'avait pas l'intention de tuer Oscar Grant et a donc retenu l'homicide involontaire, une charge passible de deux à quatre ans de prison. La prochaine audience du procès a été fixée au 6 août.

L'annonce de ce choix a déclenché des émeutes à Oakland, alors même que le procès avait été délocalisé à Los Angeles pour éviter une répétition des violences qui avaient déjà suivi à Oakland le meurtre d'Oscar Grant. Le contexte racial de l'affaire en fait l'une des plus sensibles en Californie depuis l'acquittement en 1992 de quatre policiers pour le [chahutage] passage à tabac de Rodney King.

Le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a diffusé un communiqué dans lequel il appelle les Californiens à rester calmes et indique au maire d'Oakland Ron Dellums que l'Etat est prêt à assurer le maintien de l'ordre dans sa ville. AP

piqué sur The Canadian Press - 09/07/2010

 

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LOS ANGELES — Un policier qui avait abattu un jeune Noir non armé en 2009 dans une station de métro de la banlieue de San Francisco a été condamné jeudi pour homicide involontaire par la justice californienne.

Johannes Mehserle, 28 ans, un officier de police de l'Agence des transports de la baie de San Francisco (BART), avait tué par balles le jeune Oscar Grant, alors âgé de 22 ans, le 1er janvier 2009 dans une station de métro de la ville d'Oakland, dans la banlieue est de San Francisco.

La sentence sera prononcée le 6 août. L'homicide involontaire vaut généralement à son auteur une peine de deux à quatre ans de prison, mais la sentence pourrait être plus lourde car le jury a reconnu l'existence de circonstances aggravantes dans cette affaire.

Le policier, appelé pour une bagarre, s'était défendu en assurant qu'il avait voulu utiliser son pistolet à impulsions électriques Taser pour immobiliser le jeune homme, mais qu'il avait par mégarde utilisé son arme de service, provoquant le drame.

La scène avait été filmée et sa diffusion avait provoqué une vague d'indignation à travers les Etats-Unis.

Le verdict a été rendu jeudi après-midi par un jury de la Cour supérieure de Los Angeles, où le procès avait été délocalisé en raison des tensions raciales qui l'entouraient: le policier est blanc et sa victime était noire.

La mort d'Oscar Grant, en 2009, avait été suivie de manifestations, dont l'une avait dégénéré dans le centre d'Oakland, quelque 200 personnes s'en prenant au mobilier urbain, incendiant des poubelles et endommageant des voitures, dont une de la police.

Des policiers avaient réagi en lançant des grenades lacrymogènes et une centaine de personnes avaient été interpellées.

En 1992, des émeutes sanglantes avaient éclaté à Los Angeles, après qu'un jury eut relaxé quatre policiers qui avaient roué de coups un chauffeur de taxi noir. La scène avait également été filmée et abondamment diffusée.

Johannes Mehserle n'a montré aucune réaction à la lecture du verdict, qui a été accueilli dans un grand silence, notamment de la famille de la victime, présente à l'audience.

Le jury, composé de huit femmes et quatre hommes, ne comptait aucun Noir.

Pendant les audiences, qui ont duré trois semaines, le procureur David R. Stein, avait accusé le policier d'avoir "perdu tout contrôle" et d'avoir tué le jeune homme intentionnellement.

"Il a laissé ses émotions dicter ses actions (...) provoquant la mort d'un innocent", avait-il déploré, avant de réclamer une condamnation pour meurtre sans préméditation, plus lourde que l'homicide involontaire.

L'avocat de la défense, Michael L. Rains, avait assuré pour sa part que "rien dans le dossier ne pouvait suggérer l'intention de tuer. Rien".

L'oncle de la victime, Bobby Johnson, a déclaré après le verdict que sa famille avait reçu "une gifle au visage de la part d'un système qui refuse de rendre la vraie justice".

L'avocat de la famille Grant, John Burris, s'est déclaré pour sa part "extraordinairement déçu". Il a cependant appelé la population d'Oakland au calme, à l'instar du gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, qui a demandé à ses concitoyens de "ne pas recourir à la violence".

"J'ai parlé au maire d'Oakland Ron Dellums et lui ai dit que nous sommes bien préparés à l'aider à maintenir l'ordre", ajoute-t-il dans un communiqué.

Une foule a commencé à se rassembler à Oakland après l'annonce de la condamnation, selon des images diffusées par la télévision et des informations publiées sur le site internet de la municipalité. Cette dernière a indiqué que certaines rues dans le centre-ville d'Oakland ont été fermées.

Aucun incident n'a toutefois été signalé dans les heures qui ont suivi le verdict.

piqué sur AFP - 09/07/2010

23:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Le terrorisme frappe à Bollène ! Un quinquagénaire récidiviste est maîtrisé à coup de taser...

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Un forcené menace de faire exploser un quartier

 

Après un différend familial, l'individu de 58 ans, retranché dans sa maison, menace de la faire exploser avec deux bouteilles de gaz.

Alertés à 12 h 45, les secours, gendarmerie et pompiers d’Ussel et de Bort-les-Orgues, ont sécurisé les alentours dans un périmètre de 100 m autour de la maison, en éloignant de chez eux les habitants d’une vingtaine de maisons.

Ils ont également demandé à EDF de couper le courant dans le quartier, « pour éviter tout risque d’étincelle qui pouvait s’avérer fatal », précise le sous-préfet d’Ussel, Wilfrid Pélissier, également sur les lieux. y_connait_pas_Raoul.jpg

Accompagnés d’un médecin, les gendarmes ont pu négocier avec l’homme retranché dans sa maison et réussir à le raisonner.

« L’individu a pu être maîtrisé, sans violence, à peine une heure après l’arrivée des secours et les riverains ont pu regagner leur maison, poursuit le sous-préfet. L’individu, qui était redevenu calme au moment de son interpellation, avait commencé à exécuter sa menace en ouvrant une des bouteilles ».

L’homme a été immédiatement évacué vers l’unité psychiatrique de l’hôpital d’Ussel. Il venait juste de sortir d’un séjour dans un autre établissement psychiatrique.

L’individu avait déjà fait parler de lui il y a un mois et demi à Bort-les-Orgues : il avait piqué un coup de colère à la Poste, apparemment pour une banale histoire de colis, en donnant un coup de massue sur le guichet et causant une belle frayeur à l’employée.

Un coup de folie qui reste toujours inexpliqué. « L’homme a des problèmes personnels ; en grande souffrance psychiatrique, il a du mal à gérer son raisonnement », d’après Wilfrid Pélissier.

Pour connaître le déroulement du drame d’hier et ses causes, une enquête a été ouverte par la gendarmerie.

Christine Moutte et  Maxime Terracol

Retrouver l'intégralité de l'article ce vednredi [sic] dans votre journal.

piqué sur www.lamontagne.fr - 09/07/2010

 

 

Un forcené récidiviste menaçait de tout faire sauter

 

Un homme d'une cinquantaine d'années s'était retranché chez lui hier après-midi, route de Mondragon, à Bollène. Il menaçait de tout faire sauter avec deux bouteilles de gaz. Après près de cinq heures de vaines négociations, les gendarmes ont maîtrisé le forcené, vers 20h30.

C'est l'ex-femme de ce quinquagénaire qui avait alerté les gendarmes, aux environs de 15 heures. Dès 15h30, un important dispositif de bouclage du quartier a alors été mis en place par les forces de gendarmerie, aidées par la police municipale. La route départementale qui relie Bollène à Mondragon a été fermée.traitement_psychiatrique.jpg

Les trois ou quatre maisons alentours ont été évacuées par mesure de précaution. Des agents de GRDF sont venus couper le réseau d'alimentation au gaz de la ville du secteur et purger les canalisations.

Dès 16h30, une première négociation a été tentée par téléphone. En vain. Le Bollénois a aussitôt raccroché. Deux négociateurs de crise venus des Bouches-du-Rhône ont ensuite essayé de raisonner le quinquagénaire. Sans succès. Le beau-frère du Bollénois retranché, n'a pas eu plus de réussite.

L'assaut a alors été décidé, les gendarmes ayant pu vérifier avec leurs jumelles, que l'homme n'avait aucune arme, ni bouteilles de gaz, près de lui.

Les gendarmes l'ont maîtrisé avec leur taser

Entrés par une fenêtre, les militaires ont dû se servir de leur taser, une arme qui envoie des décharges électriques, car l'homme réagissait violemment à la vue des forces de l'ordre. Immobilisé mais toujours très agité, il a dû être ensuite endormi par un médecin du Smur. En à peine cinq minutes, il a été maîtrisé.

Le Bollénois, âgé de 58 ans, serait en grande détresse psychologique. Le 4 avril 2008, il avait déjà menacé de faire sauter sa maison. Les militaires avaient réussi à le maîtriser également par la force. Il avait ensuite été pris en charge dans un établissement spécialisé.

Le quinquagénaire a été transporté hier à l'hôpital de Montfavet. En tout, 18 gendarmes ont été mobilisés, ainsi qu'une dizaine de pompiers. L'alimentation au gaz a pu être rétablie en fin de soirée.

piqué sur www.ledauphine.com - 08/07/2010

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TOLÉRANCE ZÉRO, MAIS POUR QUI ? - Violences policières impunies

novembre 2001

La manifestation de milliers de policiers à Créteil, le 23 octobre, après le meurtre de deux gardiens de la paix, a confirmé l’existence d’un malaise entre la police et la justice et rappelé les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les forces de l’ordre. Ce contexte ne peut justifier l’impunité dont bénéficient les « bavures », notamment face aux jeunes d’origine immigrée. L’acquittement récent d’un policier ayant tué un jeune d’une balle dans le dos ne peut que nourrir l’idée d’une justice à deux vitesses face à laquelle l’invocation de la loi et de l’ordre républicain perd de sa portée.

Par Olivier Cyran

On prétend souvent que les policiers sont insuffisamment formés au maniement des armes, mais, le soir du 9 juin 1991, l’agent Pascal Hiblot oppose un démenti formel à cette allégation. A 60 mètres de distance, il tire trois balles blindées en direction d’une voiture conduite par des jeunes de la cité du ValFourré, à Mantes-la-Jolie, dont il prétendra qu’ils ont menacé sa vie (1). Deux balles traversent la lunette arrière. Touché à la nuque, Youssef Khaïf, 23 ans, meurt sur le coup. Prétendre que ce tir d’excellence a valu une médaille à son auteur serait excessif. Mais il a tout de même fallu attendre dix ans pour que M. Hiblot réponde de son triple coup de feu, qualifié de « violence avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner », devant la cour d’assises des Yvelines, les 26, 27 et 28 septembre 2001. Comparaissant libre à l’audience, le policier toujours en poste - et, depuis, monté en grade - n’avait, à ce jour, fait l’objet d’aucune sanction administrative ni passé un seul jour en prison. Malgré le réquisitoire de l’avocat général, qui, tout en plaidant les circonstances atténuantes, avait tout de même estimé « la culpabilité établie », Pascal Hiblot a été acquitté.

L’affaire Youssef Khaïf est révélatrice du traitement politique et judiciaire appliqué à ce que l’on appelle communément les « bavures » - terme de moins en moins approprié si l’on considère les efforts constants mis en oeuvre par les autorités pour couvrir, sinon légitimer, cette catégorie-là de violences. Ainsi, vingt-quatre heures à peine après le décès de Youssef Khaïf, le ministre de l’intérieur de l’époque, M. Philippe Marchand, avait sa religion déjà faite : légitime défense. En quelques semaines, l’expertise balistique et les témoignages établiront pourtant que le policier n’était nullement menacé au moment de tirer. Mais l’instruction, menée à la vitesse d’un escargot fatigué, prendra sept ans pour accoucher d’un... non-lieu.

Selon le juge d’instruction, l’action homicide était « justifiée par l’état de nécessité ». Sept ans pour en arriver là : trois balles tirées à 60 mètres, une « nécessité »... Sans doute embarrassé par ce coup d’éponge un peu trop voyant, le parquet fera appel du non-lieu, ouvrant la voie au procès qui vient d’avoir lieu à Versailles. Mais au Val-Fourré, la cité HLM de Mantes-la-Jolie où résidait la victime, les habitants se sont accoutumés à ne plus rien attendre de cette justice trop longtemps déniée ou différée.Si l’acquittement de M. Pascal Hiblot a pu surprendre certains, c’est parce qu’il caricature à l’extrême une logique habituellement plus soucieuse des apparences, mais tendant vers le même résultat : épargner toute peine de prison ferme aux auteurs de violences policières.

Le dernier exemple en date remonte au 20 mars dernier. Ce jour-là, le tribunal correctionnel de Versailles rendait son jugement dans l’affaire Ihich, du nom d’un jeune tabassé à mort par trois policiers en mai 1991. Aïssa Ihich était asthmatique et pesait 45 kilos. Attrapé alors qu’il rentrait chez lui, à Mantes-la-Jolie, cet adolescent se voit jeté à terre par trois policiers qui l’accusent d’avoir lancé des pierres sur leur véhicule. A coups de matraques et de manche de pioche, ils lui assènent une correction d’une telle violence que trois CRS, passant par là, tenteront vainement de s’interposer. Emmené en garde à vue, Aïssa Ihich décède trente-six heures plus tard d’une crise d’asthme au commissariat de Mantes-la-Jolie.

Justice à deux vitesses

Pendant dix ans, les trois impétueux agents - pour la plupart montés en grade depuis les faits - ont bénéficié du soutien sans faille de l’institution judiciaire. Les procédés utilisés pour blanchir les policiers sont strictement les mêmes que dans l’affaire Khaïf. Ainsi, au surlendemain de la mort d’Aïssa Ihich, le procureur n’avait déjà plus aucun doute quant au fait que les coups reçus par le lycéen malade étaient forcément « légers et en rien responsables de la crise d’asthme ».

Quand le dossier atterrit enfin en correctionnelle, la famille Ihich a déjà appris depuis dix ans à ne plus croire aux miracles judiciaires. Mais il y a le témoignage accablant des CRS, narrant à la barre la violence inouïe du passage à tabac, la plaidoirie de Me Henri Leclerc, un ténor du barreau, les bonnes dispositions apparentes du président du tribunal : autant d’atouts rarement réunis pour des plaignants précaires et immigrés, et qui pouvaient leur faire espérer que l’issue n’était pas jouée d’avance. Aussi l’énoncé du jugement leur a-t-il fait l’effet d’une douche glacée : la relaxe pour l’un des trois policiers, dix mois avec sursis pour les deux autres. Une fois encore, des policiers jugés pour violences n’auront pas même passé un seul jour en prison et pourront continuer à exercer leur métier.

Les petits délinquants des quartiers pauvres n’ont pas droit à la même mansuétude. Un mois et demi après la conclusion de l’affaire Ihich, le tribunal correctionnel de Metz condamnait un homme de trente-deux ans à dix mois de prison ferme pour « provocation directe suivie d’effet à un attroupement armé ». Son délit : avoir incité des voisins à « caillasser » une voiture de police dans le quartier de Borny, à Metz. « Les jeunes des quartiers se prennent du ferme pour des broutilles matérielles pendant que des policiers meurtriers ou tabasseurs continuent à bénéficier de la bienveillance et de l’impunité des tribunaux », observe le Mouvement de l’immigration et des banlieues (MIB), un collectif intercités souvent décrié comme « radical et anarchisant ».

Les extraits du greffe des tribunaux suffisent néanmoins pour se ranger au constat du MIB : huit mois de prison ferme pour une course-poursuite avec la police (tribunal de Nancy), un an ferme pour un jet de bouteille incendiaire en direction de policiers (tribunal de Strasbourg), huit mois ferme pour violences à l’égard de policiers (tribunal de Mulhouse), un an ferme pour rébellion et outrages contre des policiers (tribunal de Marseille)...

En comparaison, une petite liste indicative des jugements rendus pour les violences policières - rubrique allégée, il est vrai, puisque seuls les faits les plus spectaculaires sont susceptibles d’aboutir un jour devant un tribunal - donne ceci : en avril 1993, à Wattrelos, un policier empoigne Rachid Ardjouni, le jette au sol, pose un genou sur son dos et lui tire une balle dans la tête : six mois de prison ferme (2) ; en décembre 1993, à Chambéry, un policier tue d’une balle dans la tête Eric Simonté, 18 ans, désarmé et non agressif : un an avec sursis ; en décembre 1993, près de Lyon, un brigadier abat Mourad Chier, 19 ans, alors que ce dernier escaladait une falaise : cinq ans avec sursis ; en août 1995, Sid Ahmed Amiri est arrêté à Marseille par trois policiers qui l’emmènent dans une carrière isolée où ils le tabassent longuement ; après un simulacre d’exécution, ils l’enferment dans un conteneur : dix-huit mois de prison dont quinze avec sursis. Les exactions commises à une date plus récente sont absentes de cette liste, la justice prenant, comme on le sait, un temps confortable pour juger « avec sérénité ».

Encore les tribunaux ne sont-ils saisis que des affaires ayant entraîné mort d’homme, laissant ainsi dans l’ombre les brimades quotidiennes et autres brutalités « légères » dont la fréquence contribue à pourrir la vie de certains quartiers. Les victimes n’ont que leur parole. Or celle-ci, même étayée d’un certificat médical, ne fait pas le poids face à l’honneur assermenté des forces de l’ordre. Lorsqu’une victime s’avise malgré tout de porter plainte, c’est elle, en retour, qui se trouve généralement poursuivie pour « rébellion » ou « outrage ».

Difficile, dans ces conditions, d’évaluer l’ampleur de ces violences. Un chiffre permet cependant de s’en faire une idée : le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), dont une délégation s’est rendue en France en 2000, note que 137 personnes présentant des « lésions traumatiques » avaient été vues par le service des urgences médico-judiciaires en décembre 1999 et janvier 2000. Parmi elles, note le CPT, « au moins 39 personnes présentaient des lésions (hématomes, ecchymoses, excorriations, fractures) compatibles avec leurs allégations de mauvais traitements infligés par la police ». Sur seulement deux mois, et pour un service d’urgences que la grande majorité des victimes ne consultent jamais, ce résultat a valeur d’indice.

La formule consacrée de « justice à deux vitesses » paraît presque faible, tant est permanent et délibéré le schéma qui préside à la répartition des logiques pénales : gant de velours pour les uns, main de fer pour les autres. On ne saurait imputer à cette injustice structurelle tous les maux qui frappent les quartiers pauvres. Mais on ne saurait davantage nier qu’elle attise les rancoeurs contre un pouvoir perçu comme inique et qu’elle contribue, ce faisant, à alimenter les chiffres de la délinquance. L’augmentation statistique des poursuites pour outrages ou rébellion aux forces de l’ordre suggère que la « haine des flics » est proportionnelle à leur impunité.

A l’évidence, la proximité entre police et magistrature est pour beaucoup dans ce laxisme potentiellement criminogène. « Le juge sait qu’il a besoin de la police pour son instruction, observe Dominique Monjardet, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des questions policières. Il considère donc systématiquement la qualité de policier comme une circonstance atténuante. »

Mais l’absolution offerte aux forces de l’ordre obéit aussi à un choix politique. Dès lors que l’on donne toute priorité aux officiers de la force publique pour monter au front de l’« insécurité », on ne peut exiger qu’ils fassent des omelettes sans casser d’oeufs. Les violences commises dans l’exercice de leurs fonctions sont le prix à payer pour l’énorme responsabilité que l’Etat leur confie, ou plutôt leur abandonne. Les syndicats de policiers ne s’y trompent pas, qui protestent à grands cris de leur « rôle difficile mais crucial sur le terrain » chaque fois qu’un des leurs risque une petite peine pour une lourde violence. Et qu’importe si leur « impunité de fait (3) », fruit du marchandage entre l’Etat et son fer de lance, instaure un climat d’exaspération propre à justifier toujours plus de répression, en un cercle vicieux dont personne ne voit la fin.

Petits cadeaux pour effacer l’ardoise

Les pouvoirs publics semblent conscients de l’absurdité du régime qu’ils ont eux-mêmes mis en place, puisqu’ils tentent d’en atténuer les effets par quelques pansements humanitaires. Sans mesurer à quel point ces petites offrandes ne font qu’exacerber l’amertume des intéressés.

L’affaire Bouziane en est un exemple. Le 17 décembre 1997, Abdelkader Bouziane, 16 ans, habitant à Dammarie-les-Lys, meurt d’une balle tirée dans la nuque alors qu’il conduisait une voiture volée. Officiellement, l’auteur du coup de feu aurait tiré « face au véhicule » qui lui « fonçait dessus comme un bolide ». C’est du moins la version immédiatement avancée par le procureur. En réalité, comme le prouvera l’expertise balistique, l’agent a fait feu après le passage de la voiture, qui roulait à moins de 40 km/h. On apprendra de surcroît que le passager de la voiture a été passé à tabac quelques instants seulement après la mort de son ami. Autant de circonstances qui expliquent la poussée de colère qui embrase Dammarie-les-Lys dès le lendemain du drame. Devant cette commotion qualifiée sur le champ d’« émeute » (quinze voitures brûlées et un centre social endommagé), les pouvoirs publics paraissent pourtant préoccupés de jeter de l’huile sur le feu. M. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur, n’attend pas deux jours pour prononcer la formule rituelle : « Les policiers ont agi en état de légitime défense. »

Tout en renvoyant aux calendes grecques un éventuel procès des agents (demande de non-lieu, requalification des faits, mutation du juge d’instruction, etc.), la justice fait preuve d’une célérité remarquable à l’encontre des voisins furieux de la victime : de douze à quinze mois de prison ferme pour quatre jeunes « émeutiers (4) ». Viennent enfin les cadeaux pour solde de tout compte. Dans un effort destiné à effacer l’ardoise, les autorités lâchent quelques subventions sur le quartier d’Abdelkader Bouziane, et des emplois-jeunes pour le club de foot local. « Tout ça, c’est sur le dos d’un mort », diront les bénéficiaires. « Les terrains de basket, les tables de ping-pong ne nous feront pas oublier l’essentiel : la vie, la liberté et la justice », disent aussi les militants, décidément bien ingrats, du MIB.

Ce cas particulier permet de « modéliser », comme on dit dans les écoles de police, le plan mis en oeuvre dans presque chaque affaire de ce type. En résumé et en quatre mouvements : 1) brutalités policières entraînant la mort d’un jeune issu des quartiers socialement relégués ; 2) construction d’un dispositif judiciaire et médiatique visant à disculper par avance les agents impliqués ; 3) répression des émeutes ainsi provoquées ; 4) saupoudrage d’aumônes publiques censées rétablir la paix sociale.

Il n’est donc pas très surprenant que les appels au couvre-feu et à la « tolérance zéro » soient médiocrement appréciés par les populations qui en sont la cible (5). C’est presque sans ironie que certains jeunes soutiennent qu’il faudrait d’abord « rétablir l’ordre dans ces zones de non-droit que sont les commissariats et les palais de justice ».

Olivier Cyran. Journaliste.

(1) Un quart d’heure auparavant, sa jeune collègue Marie-Christine Baillet a été tuée devant lui, fauchée par une voiture volée. (2) La peine n’étant pas inscrite à son casier judiciaire, le meurtrier pourra continuer à exercer son métier. (3) Dans un rapport publié en avril 1998, Amnesty International dénonçait « l’impunité de fait » dont jouissent en France les auteurs de violences policières. (4) Selon l’un des avocats de la défense, Me Marie-Paule Pioli, l’accusation ne reposait sur « aucun élément matériel, simplement sur le témoignage de policiers de Dammarie-les-Lys ». Un témoignage au-dessus de tout soupçon  : ces policiers étaient les proches collègues de l’agent dont le tir mortel avait provoqué les « émeutes ».

(5) Lire Pierre Rimbert, « Envahissants experts de la tolérance zéro », Le Monde diplomatique, février 2001 ; et Loïc Wacquant, « Comment la tolérance zéro vint à l’Europe », Manière de voir, « Sociétés sous contrôle », n° 56, mars-avril 2001.

www.monde-diplomatique.fr - Édition imprimée — novembre 2001 — Page 12

 

Violences policières : Alliot-Marie rappelée à l'ordre par le CNDS

La Commission nationale de déontologie de la sécurité "déplore" que le ministère de l'Intérieur ait ignoré ses demandes de rappel à l'ordre de deux policiers impliqués dans le tabassage d'un sans-papiers.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) "déplore", dans un rapport publié dimanche 18 janvier au Journal officiel, que le ministère de l'Intérieur ait ignoré ses demandes de rappel à l'ordre de deux policiers impliqués dans le tabassage d'un sans-papiers en 2006 à Toulouse.
La CNDS, autorité indépendante veillant au respect de la déontologie pour les professions de sécurité, "déplore qu'aucune réponse n'ait été apportée à sa demande de rappel solennel aux agents de la force publique de la prohibition absolue de tout traitement inhumain ou dégradant", selon ce rapport.

Violences illégitimes

Le 15 mars 2006, lors d'une opération de reconduite à la frontière à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, deux policiers avaient été vus en train de frapper au sol à "coups de pied" un étranger en situation irrégulière menotté et "n'opposant aucune résistance", d'après un témoin qui avait fait saisir la CNDS via un député local. Après son enquête confirmant les violences illégitimes, la Commission avait recommandé au ministère de l'Intérieur des poursuites disciplinaire contre les policiers et que leur soit rappelée "la prohibition absolue faite aux titulaires de la force légale de tout acte de violence commis sans nécessité sur une personne menottée".
Une enquête de l'IGPN ("police des polices") a été diligentée, rappelle dimanche la CNDS, mais elle a conclu que "la force strictement nécessaire" avait été utilisée par les policiers et qu'aucune faute ne pouvait leur être imputée.

La garde des Sceaux épinglée

Malgré cela le ministère aurait pu exercer des poursuites disciplinaires, estime la Commission, qui regrette aussi que les deux policiers aient "tenté, à plusieurs reprises et par divers procédés, de faire obstacle à l'exercice de ses missions". Pour répliquer aux accusations du témoin, ils avaient porté plainte pour "dénonciation calomnieuse", une procédure qui s'était soldée par un classement sans suite du parquet à condition que l'intéressé écrive une lettre d'excuses aux deux policiers et verse à chacun une indemnité de 100 euros, ce qu'il avait dû accepter.
Dans son rapport, consultable sur internet (www.cnds.fr), la CNDS épingle aussi la garde des Sceaux Rachida Dati pour avoir refusé de donner instruction au parquet de différer cette procédure dans l'attente de son avis. "Attendre l'avis (de la Commission) sur la véracité des faits dénoncés" aurait "favorisé une complète information de l'autorité judiciaire, garantie de bonne justice", souligne le rapport.

tempsreel.nouvelobs.com -

15:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Afghanistan : l’aveu d’un échec


“Afghanistan: désormais cette guerre est celle des Etats-Unis”, titre The Independent. L’annonce du prochain retrait des troupes britanniques de la région de Sangin, dans la province de Helmand, sonne comme l’aveu d’un échec. À l’automne, les 1 400 hommes présents sur place seront remplacés par des Marines de l’armée américaine. Sur les 312 soldats britanniques morts dans le pays, plus de 100 ont été tués près de Sangin, territoire le plus meurtrier pour les soldats de l’OTAN et considéré comme le bastion des talibans. “Conserver son statut de principal allié des États-Unis est l’unique raison pour laquelle la Grande-Bretagne combat en Afghanistan”, estime le quotidien.

piqué sur www.courrierinternational.com - 08/07/2010

 

Général Lamballe : "Il faut quitter l'Afghanistan, le laisser à son sort..."

Le général (2S) Alain Lamballe est un spécialiste reconnu de l'Asie du sud. Il est l'un des principaux contributeurs de la lettre d'information "le Milieu des Empires" dans laquelle il vient de publier une analyse sur la situation afghane qui rejoint celle que j'ai essayé de développer dans "Mourir pour l'Afghanistan". Des positions proches de celles défendues par certains au sein de l'Administration Obama, notamment par le vice-président Joe Biden. En voici les principaux extraits.

"La plupart des observateurs et analystes estiment aujourd’hui qu’aucune solution militaire ne peut être envisagée en Afghanistan. Désormais, l’on parle d’une solution politique. C’est une autre chimère. Il n’y a pas plus de solution politique que de solution militaire. Quand bien même on parviendrait à un accord, les parties afghanes signataires (gouvernement de Karzai, talibans, mouvements autonomes, …) pourraient ensemble ou séparément le déchirer dès le départ des troupes étrangères. Quant aux mouvements et factions non signataires, ils dénonceraient le manque de concertation et affirmeraient la non légitimité de l’accord.

Il faut quitter l’Afghanistan, le laisser à son sort, laisser les Afghans choisir leur propre destin, la guerre civile ou la réconciliation. Si, après notre départ d’Afghanistan, les talibans s’emparent par la force ou non du pouvoir, ce qui est vraisemblable, laissons-les gouverner à leur guise. Les populations qu’ils administreront finiront bien par s’apercevoir qu’ils ne sont pas meilleurs et plus efficaces que les modérés. Ils seront probablement pires et alors, après une prise de conscience populaire, tout peut changer, mais seulement de par la volonté des Afghans.

Si les talibans et les membres d’Al Qaïda nous menacent à partir de leur sanctuaire afghan, protégeons-nous mieux en développant encore nos services de renseignement, en engageant des actions offensives localisées mais seulement sur information précise"

Le général Lamballe a effectué l'essentiel de sa carrière dans le renseignement et les relations internationales. Saint-Cyrien, il  a d'abord servi en Algérie (commando de chasse). Docteur en sociologie politique, il est également diplômé des Langues-O. Il a par exemple été en poste au Pakistan et en Inde.

piqué sur secretdefense.blogs.liberation.fr - 09/07/2010

 

Afghanistan: un ex-soldat anglais libéré

Un ancien soldat britannique devenu patron d'une entreprise de sécurité à Kaboul [c'est pour une oeuvre...] est sorti de sa prison afghane après avoir été acquitté en appel du délit de corruption, a-t-on appris jeudi auprès de son entourage. "Nous avons compris qu'il avait été libéré de la prison de Pul-e-Charkhi mais nous ne savons toujours pas avec certitude où il a été emmené, ni ce qui va se passer maintenant", a déclaré la fille de William Shaw, Lisa Luckyn-Malone, jointe par l'AFP à Londres.

"Nous attendons la confirmation formelle de ce qui se passe exactement là-bas", a-t-elle ajouté. William Shaw avait été condamné en avril à deux ans de prison, après avoir été reconnu coupable d'avoir donné un pot-de-vin à un officiel afghan [impensable quand on connait le pays].

L'ex-soldat, dont la société de sécurité travaille pour les ambassades occidentales à Kaboul, avait reconnu avoir payé pour obtenir la restitution de deux voitures blindées confisquées. Il avait considéré qu'il s'agissait d'un règlement légal pour récupérer les véhicules et non d'un pot-de-vin.

piqué sur www.lefigaro.fr - 08/07/2010

 

Bientôt 4 000 soldats français engagés dans une « guerre compliquée »


Le nouveau chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, a annoncé que les effectifs militaires français en Afghanistan seraient « bientôt » portés de 3 750 à 4 000 hommes, engagés dans une guerre « compliquée », lors d'une audition au Sénat. Il a ainsi noté qu'à « chacune de leurs sorties », les soldats français « sont harcelés par les tirs ou les IED (Improvised explosive device, mines artisanales) des insurgés ». « Nous recensons en moyenne 5 à 7 accrochages par semaine »

piqué sur www.leprogres.fr - 05/07/2010

 

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Par précaution contre une explosion d'IED, la route est ouverte par le petit troupeau de mouton et un jeune berger...

14:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Jaggi Singh - Détenu et accusé de « complot » (G20 Toronto)

G20 : l’organisateur communautaire Jaggi Singh détenu et accusé de « complot »


L’organisateur communautaire montréalais Jaggi Singh s’est rendu ce matin aux autorités policières de la ville de Toronto, suite à un mandat émis contre lui en lien avec la résistance contre le sommet du G20. Il sera accusé de plusieurs chefs de complot dont complot en vue de commettre un méfait, complot en vue de commettre des voies de fait sur des policiers et complot en vue d’entraver la justice. Il est présentement détenu aux côtés d’autres prisonniers et prisonnières politique du G20 en attente de leur enquête de cautionnement. En effet, plusieurs arrêté-es du G20 se sont vu-es refuser leur remise en liberté. Quant à Jaggi, sa situation est pour le moment incertaine : nous espérons qu’il sera relâché immédiatement, mais il pourrait demeurer incarcéré pendant quelque temps.

 

La « Forteresse Toronto » à un milliard de dollars a protégé de l’opposition populaire les dirigeants du G8/G20, les multinationales et les banques tandis que la mobilisation anti-G20 faisait l’objet d’une violence policière et d’une répression étatique sans précédent.

 

Au cours de la fin de semaine dernière, plus de 1000 arrestations arbitraires ont été effectuées. Les manifestants et manifestantes, les habitants et habitantes de Toronto ont vécu avant et après le sommet du G20 les coups de matraque, les fouilles et saisies illégales, les enlèvements et les détentions arbitraires. Après des jours en détention dans des conditions inhumaines, la plupart des arrêté-es du G20 ont été libéré-es sans qu’aucune accusation ne soit portée. D’autres, dont plusieurs membres de Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières, ont été relâché-es avec des conditions strictes et des accusations fabriquées de toutes pièces.

 

Mais 16 personnes demeurent toujours derrière les barreaux. La police présentera ses preuves en cour aujourd’hui et de nouveau lors des enquêtes de cautionnement qui auront lieu dans les semaines à venir.

 

Jaggi Singh est maintenant détenu sur la base d’accusations sérieuses et est ciblé à cause de sa participation à la mobilisation contre le G20. Une fois de plus, l’État tente de le réduire au silence et de le criminaliser pour son travail acharné et sans concession pour la justice sociale. Certes, ce n’est pas la première fois qu’il fait face à des arrestations ciblées pour lesquelles il s’est retrouvé – qu’il le veuille ou non – sous les projecteurs. Il a gagné en cour suite au Sommet de l’APEC à Vancouver en 1997 et encore au Sommet des Amériques à Québec en 2001. Lors du G20 de 2000 qui a eu lieu à Montréal, les policiers ont violemment arrêté plusieurs personnes. Jaggi s’est représenté seul dans le cadre d’un procès devant jury, et ses camarades et lui ont été acquittés. Nous n’avons aucun doute que Jaggi sera prêt à se battre devant les tribunaux. Mais les accusations récentes à son endroit représentent une escalade inquiétante dans la criminalisation des militants et militantes. L’État tente de le démolir à coup d’accusations sans fondement tout en cherchant à décourager les nouveaux venu-es.

 

Comme plusieurs d’entre nous qui font partie de réseaux tels que Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières, Jaggi dédie sa vie à la lutte pour le changement social et une véritable justice pour toutes et tous. Il fait partie intégrante de notre communauté et est une inspiration pour plusieurs.

 

Il vit depuis plus de dix ans à Montréal qu’il considère comme chez lui et milite au sein de groupes immigrants et de collectifs de solidarité avec les luttes autochtones. Il est aussi impliqué auprès de multiples autres causes : prisonniers et prisonnières politiques, libération de la Palestine, mouvements anti-racistes et mobilisation contre la brutalité policière. Il croit qu’une perspective anti-coloniale et de solidarité avec les peuples autochtones doit sous-tendre le militantisme pour la justice sociale. Il a contribué à fonder et à re-fonder la Convergence des luttes anti-capitalistes (CLAC) et est un membre actif du Collectif du Salon du livre anarchiste de Montréal depuis sa première édition.

 

Jaggi est également un membre dévoué des collectifs Personne n’est illégal-Montréal et de Solidarité sans frontières, et ce depuis la formation de ces groupes, respectivement en 2002 et en 2003. Depuis plus récemment, il occupe un emploi à temps plein au GRIP-Concordia où il travaille tant avec la communauté qu’avec la population étudiante pour resserrer les liens dans les réseaux de justice sociale et pour promouvoir une pratique de recherche populaire qui va au-delà de l’académie.

 

Jaggi met énormément d’énergie dans des activités de sensibilisation, d’éducation populaire et de soutien direct qui ont pour objectif de briser l’isolement et favoriser l’affirmation collective. Il s’implique sans relâche dans l’organisation d’ateliers, d’événements publics, de repas communautaires, de parties de soccer et de journées d’activités pour les enfants de familles sans-statut. Il participe à la mise sur pied de réseaux de soutien moral et juridique, co-anime une émission de radio mensuelle de Personne n’est illégal, fait de la recherche et écrit des textes sur plusieurs enjeux politiques et contribue activement aux discussions et débats qui animent nos mouvements.

 

Jaggi est toujours prêt à offrir son aide, que ce soit à une nouvelle connaissance qui a subi une injustice, à ses collègues, ses camarades, ses ami-es ou aux membres de sa famille. Il travaille avec des nouveaux et nouvelles militant-es comme avec des plus ancien-nes. C’est un rêveur, un penseur, un faiseur, un blagueur et, avant tout, notre ami.

 

Personne n’est illégal et Solidarité sans frontières dénoncent la persécution dont sont victimes nos camarades. Nous exigeons la libération immédiate de tous les prisonniers et prisonnières politiques du G20 ainsi que l’abandon de toutes les accusations à leur endroit. Nous ne serons pas intimidé-es et nous lutterons jusqu’à leur libération complète. Rien ne pourra nous dissuader de poursuivre notre combat pour un monde sans contrôle étatique, sans cage, sans clôture et sans frontières.

 

Pas de prisons ! Pas de frontières !

 


Pour vous tenir au courant du soutien juridique pour TOU-TES les prisonniers politiques du G20 :

 

- Comité Légal de la Convergence des luttes anti-capitalistes (Montréal) : claclegal2010@gmail.com, (514) 398-3323.

 

- Movement Defence Committee (Toronto) : http://movementdefence.org/

 

Pour rester en contact avec l’équipe de soutien de Jaggi, veuillez contacter Personne n’est illégal à l’adresse suivante : nooneisillegal@gmail.com . Une fois que nous aurons plus de détails sur la situation, nous vous transmettrons les coordonnées pour écrire à Jaggi ainsi que d’autres manières de l’appuyer.

mis en ligne jeudi 8 juillet 2010 par jesusparis

 

 

 

07:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/07/2010

Jon Anza : pour la LDH, ''cette affaire ne sent pas bon''

La LDH a pointé jeudi son refus de voir de simples dysfonctionnements juridiques dans le cas de la disparition inexpliquée du militant basque, et soutient la pétition pour ''exiger de la clarté''.

A l'initiative d'une conférence de presse hier jeudi à son siège parisien, la Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé "des dysfonctionnements pour le moins troublants" dans la chaîne d'évènements qui se sont enchainés depuis la disparition du militant basque Jon Anza, le 19 avril 2009 à Bayonne, à la découverte le 11 mars 2010, presqu'un an plus tard, du corps dans une morgue de Toulouse, où il fut considéré comme mort sous X durant 10 mois.

Souhaitant tout particulièrement être présent à cette réunion aux côtés des membres du comité de soutien à Jon Anza, le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, a exprimé ses doutes sur un "dossier sensible qui ne sent pas bon".

"Nous sommes devant une série impressionnante d'éléments qui permettent d'être certain que ni les services de police, ni les services judiciaires n'ont correctement fonctionné", a déclaré Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, lors d'une conférence de presse.

Estimant que "lorsque certaines affaires concernent le Pays Basque, ou la Corse, apparemment la justice n'arrive pas à fonctionner correctement", il a affiché son soutien avec la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA.

L'initiative des avocats de la famille Anza d'une demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires, adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie, doit déboucher sur une réponse très attendue par la LDH, a précisé Jean-Pierre Dubois, "la LDH n'a pas oublié le montage politique de Tarnac", a-t-il rajouté.

Si les membres du comité de soutien n'ont pas dévoilé jeudi de nouveaux éléments troublants venant remettre en question l'actuelle version officielle, l'une de ses porte-paroles, Anaïs Fumosa, a déroulé le fil chronologique des évènements, et pointé la responsabilité des différents services de police et de justice.

Alors qu'il était établi que Jon Anza se rendait en train à Toulouse, aucun acte d'enquête n'a été réalisé à Toulouse, a-t-elle expliqué, et aucun hôpital toulousain ne retrouve la trace d'une saisine comme affirme pourtant la Procureur de Bayonne, Anne Kayanakis, chargée de l'enquête pour "disparition inquiétante".

Les avocats de la famille ont également fustigé jeudi une "enquête préliminaire totalement insuffisante", et rejoint le constat porté par la LDH.

"C'est curieux", a précisé Me Julien Brel, avocat de la famille Anza, "les policiers ont sollicité tous les hôpitaux, sauf ceux de Toulouse. En tout cas, ces réquisitions ne se trouvent pas dans le dossier. Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009".

"Ce caractère répétitif de dysfonctionnements n'est pas acceptable. On ne peut pas nous empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État", a martelé Anais Fumosas.

"Actuellement, le fonctionnement des services de police et de justice permet toutes les suppositions", a partagé M. Dubois.

pris chez www.eitb.com - 02/07/2010

 

Demande de saisine à la Garde des sceaux

Le président de la Ligue des droits de l'homme veut que « la lumière soit faite ».

 

« La Ligue des droits de l'homme n'a qu'un seul souci, que la lumière soit faite et que la vérité passe », déclare très fermement son président Jean-Pierre Dubois. Et pour montrer sa détermination à ce que cette « affaire qui ne sent pas bon » trouve rapidement une conclusion, il a tenu à être personnellement présent hier dans ses locaux parisiens auprès du collectif Jon Anza et des avocats de sa famille.

Aucun élément nouveau sur les circonstances de la mort du militant basque. Sinon la preuve d'une succession de dysfonctionnements policiers et judiciaires. « Ce caractère répétitif n'est pas acceptable. On ne peut pas s'empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État », a expliqué lors d'une conférence de presse Me Xantiana Cachenaut. De même son confrère Me Julien Bel a précisé combien l'enquête préliminaire leur a laissé « un goût amer ».

Pourquoi en effet les réquisitions du procureur de la République de Bayonne se sont-elles arrêtées à Saint-Gaudens alors qu'il était évident que Jon Anza avait pris le 18 avril 2009 le train jusqu'à Toulouse où son corps a été retrouvé à la morgue dix mois plus tard ? Anaiz Funosas, membre du collectif Jon Anza, a fait un exposé limpide sur la chronologie de la disparition de leur ami et sur toutes les rumeurs liées aux circonstances de sa mort.

Il est désormais évident que Jon Anza n'avait pas été enterré comme le pensaient ses proches, mais est-on aussi sûr qu'il n'a pas été enlevé, séquestré et torturé par des gardes civils espagnols qui étaient à Toulouse à la même période et ont précipitamment plié bagage en oubliant leurs armes sous le matelas de leur chambre d'hôtel ?

Pétition lancée hier

« La LDH est très attentive aux suites données à cette affaire, elle n'a pas oublié le montage politique de Tarnac (groupe accusé d'avoir préparé des attentats contre le TGV) », précise Jean-Pierre Dubois. Et il répète haut et fort qu'il soutient la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA et qu'il attend une réponse rapide à la demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie par la compagne, le frère et la sœur de Jon Anza.

« Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009 », écrivent-ils en pointant les nombreuses défaillances de l'enquête.


pris sur www.sudouest.fr - 02/07/2010 - Régine Magné, Paris

17:51 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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