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20/08/2011

The Victims - Television Addict

23:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Perspectives II : Antirépression

Défenseurs activistes...

Autour de ces procès nous développons différentes stratégies. Je travaille tout particulièrement sur l'une d'entre elles: un réseau de défenseurs juridiques bénévoles. Un paragraphe du code de procédure pénal allemand, le § 138 Abs.2 StPO stipule qu'une personne peut être au cas par cas autorisée comme défenseur, si elle dispose des connaissances et de la confiance nécessaires pour assurer ce rôle. C'est donc un paragraphe pour les défenseurs non professionnels qui ne sont pas des avocats - ils n'ont pas le droit à une rémunération. Ici nous les appelons les défenseurs laïques (LaienverteidigerInnen). Ce sont souvent des professeurs de droit, des avocats étrangers qui n'ont pas de bureau en Allemagne, des spécialistes dans un domaine juridique précis, etc.

Nous sommes une poignée de militantEs libertairEs à travailler sur ce sujet. Notre but: avoir plus d'influence sur le déroulement et la politisation des procès. Il va de soit que notre application du droit est plutôt subversive. Ce qui ne plait pas trop à bon nombre d'associations d'entre aide juridique traditionnelles telles que la Rote Hilfe . Ces organisations à tendance plutôt communiste que libertaire ont bien du mal à sortir de leur dogme. Je considère qu'elles font un travail important (je suis membre de la Rote Hilfe) mais que parfois, elles manquent d'ouverture pour de nouvelles idées. Pour moi, la solidarité ne se limite pas à fermer sa gueule et récolter des fonds pour les frais de procédure et les amendes. Je pense qu'il y a plein de pistes à explorer. En tout cas, notre réseau de défenseurs non professionnels activistes en est à ses débuts. C'est une coordination entre activistes très informelle. Tout a commencé avec des expériences isolées. Et au fil du temps on s'est rendu compte que la stratégie mériterait plus profonde réflexion et élaboration.

Nous avons organisé un premier séminaire en mai dernier, le prochain aura lieu en décembre. Notre but est de nous former les uns les autres, pour remplir les conditions minimum pour une autorisation à défendre unE accuséE devant la court. C'est toujours assez aléatoire. Les textes sont assez strictes, les juges sont sensés autoriser les personnes compétentes, mais dans la pratique il n'y pas de sécurité. Sauf que les juges comprennent rapidement, que refuser un défenseur ne signifie pas régler l'affaire pus rapidement. Car l'accuséE contre attaque avec divers requêtes, par exemple pour collusion parce que le juge à refusé le défenseur...

Lors de notre séminaire nous avons travaillé sur les requêtes que posent les accusées pour obtenir l'autorisation de leurs défenseurs. Le résultat est encourageant. Le taux de décisions positives a nettement augmenté.

 

la suite chez ecureuil

12:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Mark Kennedy, alias Mark Stone : nom de code UCO 133

article du guardian - 11/08/2011

Mark Kennedy's codename revealed

Judges overturn protesters' convictions and disclose code-name of police spy. What does it mean?

traduction d'une partie de l'article via google trad + Probe :

Le nom de code de Mark Kennedy a révélé

Les juges bouleversent les convictions des manifestants et divulguent le nom de code de l'infiltré. Qu'est-ce que cela signifie?

Dans ce blog, nous visons à afficher les documents originaux dès que possible. Nous sommes sous le coup d'envoi de l'arrêt dans l'annulation de la condamnation des militants de Ratcliffe, le mois dernier.

Il peut être lu ici

Pour récapituler brièvement, trois juges de la Cour d'appel ont annulé les condamnations des 20 manifestants mis en examen pour avoir tenté d'occuper la centrale de Ratcliffe et que des preuves cruciales enregistrés par la police espionne Kennedy Mark avait été retenues.

Le jugement mérite d'être lu car il montre comment les trois juges de haut rang avaient peu de doute que les condamnations soient annulées, et comment ils ont été critiques à l'égard de Kennedy pour avoir outrepassé ses pouvoirs légaux.

Il révèle également une intéressante "pépite", le nom de code de Kennedy, alors qu'il était infiltré dans le mouvement environnemental.

Le paragraphe 11 de l'arrêt nous dit que Kennedy était connu sous le code UCO 133. Les trois premières lettres sont apparemment facile à déchiffrer - UCO signifient agent d'infiltration, mais les chiffres sont plus intrigant.

133 peut être simplement un nombre aléatoire et ne veut certainement pas dire n'importe quoi, et si quelqu'un a de plus ample information, s'il vous plaît laissez-nous savoir si elles sont significatives.

Le jugement a également divulgue d'ailleurs le nom de son supérieur - David Hutcheson, qui doit être un membre de l'Unité nationale de l'Ordre Public Intelligence.

Dans un post précédent, nous avons écrit sur la façon dont les papiers Ratcliffe tribunal avait fait la lumière sur une autre pépite intrigante - que Kennedy a été déployé dans le cadre de l'Opération Pégasus, dont le but est «d'infiltrer des groupes d'extrême gauche au Royaume-Uni".

Un rapide merci à tous ceux qui ont transmis des informations sur l'Opération Pegasus.

09:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/08/2011

Brennende Autos in Berlin - Mystérieux feu de voiture à Berlin

CRIMINALITÉ - Angela Merkel se dit «préoccupée»...

Pour la quatrième nuit consécutive, des automobiles ont été brûlées à Berlin (Allemagne). La police, qui suppose qu'il s'agit d'actes de vandalisme, a offert 5.000 euros de récompense à toute personne susceptible de l'aider à résoudre cette affaire.

Selon Libération, au moins 12 véhicules auraient été incendiés entre la nuit de jeudi et vendredi.

Angela Merkel «préoccupée»

Angela Merkel a condamné jeudi les incendies de voitures, appelant à un renforcement de la présence policière dans les lieux publics.

«Qu'est-ce que c'est que ce comportement ?», s'est emportée la chancellière Alle, se disant «préoccupée» par des actes qui «jouent froidement avec des vies humaines», lors d'une cérémonie célébrant les 60 ans de la police criminelle fédérale à Wiesbaden (ouest).

Aucune motivation politique, selon le maire

Au total, neuf voitures ont été incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi, après 15 la nuit précédente.

«D'après les premiers résultats de l'enquête, il n'y a pas de motivation politique derrière les incendies actuels», déclare le ministre régional de Berlin, Ehrhart Körting, dans un entretien au quotidien Berliner Zeitung paru ce jeudi, alors que les Berlinois doivent élire le 18 septembre le nouveau gouvernement régional.

«Nous avons affaire à du pur vandalisme et à des actions criminelles», a de son côté estimé le maire actuel de la capitale allemande, Klaus Wowereit (SPD).

Les policiers mobilisés

Actuellement, une centaine de policiers sont mobilisés pour tenter de mettre fin à cette série, patrouillant avec l'aide d'un hélicoptère avec une caméra à infra-rouge, a précisé à l'AFP le commissaire Guido Busch.

En 2010, le nombre de véhicules incendiés à Berlin avait reculé à 54, contre 221 en 2009. Traditionnellement, les feux de voitures sont particulièrement nombreux le 1er mai dans les quartiers populaires de la ville, théâtres d'échauffourées entre militants d'extrême gauche et forces de l'ordre.

O.V. avec AFP
piqué au tas sur 20.minutes.fr - 19/08/2011

11:14 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Emeutes en Angletterre : Mark Duggan n'a pas tiré sur la police, selon l'IPCC

Mark Duggan did not shoot at police, says IPCC

IPCC releases initial findings of ballistics tests in police shooting of Mark Duggan, whose death sparked London riots

Mark Duggan, whose shooting by police sparked London's riots, did not fire a shot at police officers before they killed him, the Independent Police Complaints Commission said on Tuesday.

Releasing the initial findings of ballistics tests, the police watchdog said a CO19 firearms officer fired two bullets, and that a bullet that lodged in a police radio was "consistent with being fired from a police gun".

via le guardian

 

Le meurtre de Mark Duggan

La cause immédiate des émeutes a été le meurtre de Mark Duggan par la police armée, le jeudi 4 août, alors qu’il rentrait chez lui à bord d’une camionnette. Au départ, la police a parlé d’une fusillade ayant entraîné la mort, mais quelques temps plus tard, il s’est avéré que la balle qui avait frappé la radio d’un policier avait été tirée par le policier qui avait tué Duggan par balles, et qu’il n’y avait pas de preuves que Mark Duggan eût ouvert le feu sur les policiers. Une semaine plus tard,  la Independent Police Complaints Commission (IPCC) [sortes de bœufs-carottes britanniques] a fini par reconnaître dans les pages du Guardian : “Il semble possible que nous ayons par nos paroles induit les journalistes à croire que des coups de feu avaient été échangés”.

via Liberation Irlande

 

10:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/08/2011

Gros Squick lâche son porte carte...

Bernard Squarcini sans papier !

L'affaire, narrée par Le Point.fr est classée secret-défense. Mais elle n'en a pas moiins fait, depuis, le tour de France des rédactions : Bernard Squarcini a égaré sa carte professionnelle de directeur central du renseignement intérieur français.

 

Selon Le Point, le 6 août dernier, dans la soirée, le patron de la DCRI embarque à Marseille, sur le Napoléon, direction la Corse où, comme chaque année, il passe ses vacances en famille. Squarcini, qui a loué une cabine pour la nuit, découvre à son arrivée à Ajaccio que son porte-cartes a disparu.

Sitôt la nouvelle connue, c'est le branle-bas de combat au siège de la DCRI, à Levallois-Perret, en région parisienne. Las, les papiers du chef restent, pour le moment, introuvables.

Commenatire du Point : "Reste à savoir si, comme le veut la procédure en cas de perte de la carte de police, Bernard Squarcini s'infligera une sanction disciplinaire...." 

On ne sait pas si il "s’est fait faire les poches" où si il a perdu son portefeuille, mais dans tous les cas ça la "fout mal "pour un des plus grands flics de France. On espère que du coup,  son collègue Claude Guéant ne l’expulsera pas comme un vulgaire sans-papier comme le souligne, dans un sourire, de marsactu.fr…

 

via corsenetinfos.fr - 18/08/2011

 

11:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Vidéo-surveillance : vers la création d’un troisième fichier de reconnaissance faciale

On croyait la vidéo-surveillance devenue vidéo-protection par la grâce d’un simple décret. Mais il n’en est rien, et le directeur général de la Police nationale l’a avoué : « on se dirige vers la création d’un troisième fichier de reconnaissance faciale, qui pourrait servir à l’exploitation des données de vidéo-surveillance »

Ce fichier permettra d’identifier les suspects, grâce à l’utilisation des images de vidéo-surveillance. Ce nouveau fichier policier – un “fichier des empreintes faciales” en quelque sorte – s’ajoutera à ceux des empreintes digitales et génétiques. D’ailleurs, lors des émeutes de ces derniers jours, les forces de l’ordre britanniques ne se sont pas privées d’utiliser les images enregistrées par les caméras de vidéo-surveillance pour tenter d’identifier les casseurs [1].

[Mis en ligne le 16 août 2011, mis à jour le 17]

La reconnaissance faciale

Le principe est le suivant : repérer quelques points caractéristiques du visage sur une grille, puis comparer le résultat avec ceux d’une base de données, en ne gardant que le/les résultats les plus proches.

De la reconnaissance faciale aux données personnelles

Un intervenant à la conférence sur la sécurité Black Hat (du 3 au 4 août à Las Vegas), le professeur Alessandro Acquisti de l’Université Carnegie Mellon, devait expliquer comment il est possible d’obtenir en quelques minutes des informations personnelles d’un individu – son numéro de sécurité sociale, ses centres d’intérêts, sa préférence sexuelle, son niveau d’endettement ... – à partir d’une photo prise avec un smartphone [2]. La méthode consiste à la comparer à des photos contenues dans des bases de données recélant d’autres informations concernant des personnes photographiées. Le recours à des logiciels de reconnaissance faciale permet de réaliser rapidement les comparaisons de visages et la technique ira en s’améliorant avec l’évolution des technologies, et à mesure que le recours à de tels outils de surveillance se généralisera [3].

Certes la méthode est loin d’être infaillible, mais ce sont surtout les atteintes à la vie privée que l’on peut redouter. Fin 2010, Facebook a lancé aux États-Unis une technologie de reconnaissance faciale afin de permettre de marquer rapidement les photos et donc d’identifier les personnes (via des suggestions). Cette fonctionnalité a été discrètement étendue à d’autres pays (dont la France) en Juin 2011. Si vous pensez que cette fonction ne respecte pas le droit à l’anonymat des citoyens, elle peut être désactivée depuis les paramètres de confidentialité, mais c’est à vous de faire le travail ... En revanche, le responsable de l’agence de protection de la vie privée du land de Hambourg a déclaré que « Facebook n’a pas le droit de collecter des données biométriques sur ses utilisateurs sans avoir recueilli au préalable leur consentement explicite » [4].

Un nouveau fichier national centralisé

Dans un article de l’édition du 11 août 2011 du Figaro [5], Jean-Marc Leclerc nous informe de l’audition de Frédéric Péchenard, directeur général de la Police nationale, et du général Jacques Mignaux, directeur général de la Gendarmerie nationale, par la commission des Finances de l’Assemblée nationale le 22 juin 2011 [6].

En répondant à la question d’un membre de la commission, Frédéric Péchenard, ami d’enfance de Nicolas Sarkozy, n’a fait qu‘évoquer au détour d’une phrase la création d’un fichier de reconnaissance faciale :

« Je suis pleinement d’accord avec M. Diefenbacher sur l’intérêt de la police technique et scientifique – PTS. Un audit complet a été diligenté dans le cadre d’une mission qui continue ses activités. L’amélioration des deux fichiers de PTS, le fichier automatisé des empreintes digitales – FAED – et le fichier national d’analyse des empreintes génétiques – FNAEG –, ne suffit pas. [...] Il faut améliorer la PTS et l’on se dirige vers la création d’un troisième fichier de reconnaissance faciale, qui pourrait servir à l’exploitation des données de vidéo-surveillance. »

Voila donc une utilisation de la vidéo-surveillance qui permettrait de justifier les sommes généreusement affectées à l’utilisation contestée de cette technologie. Et Frédéric Péchenard de poursuivre en évoquant de façon toute aussi évasive les croisements de fichiers :

« Par ailleurs, on développe la mise en œuvre de logiciels de rapprochements judiciaires, comme, à partir de janvier 2012, un instrument permettant de mettre en commun les fichiers d’antécédents de la police et de la gendarmerie. On ne peut que se féliciter de la très forte diminution des homicides volontaires en France, qui est l’un des résultats obtenus par le développement de la PTS : 1 500 homicides en 1990 et 670 en 2010. Entre ces deux dates, le taux d’élucidation a progressé de 70 % à 90 % environ. »

Il faut sans doute être de la “maison” pour comprendre comment une progression de leur taux d’élucidation peut entraîner une diminution du nombre d’homicides volontaires.

Néanmoins, la multiplication des liaisons inter-fichiers, des “interconnexions” de fichiers, est indiscutable : on les retrouve à la base de la nouvelle carte d’identité biométrique et de la prochaine carte Vitale biométrique – sans oublier les utilisations à la Hongroise !

La réalisation

Mais il ne faut pas rêver, cette méthode n’est pas la solution miracle :

« L’ordinateur ne livrera pas sur un plateau un suspect et un seul. Comme pour l’exploitation des empreintes digitales, il procédera par comparaison de points caractéristiques du visage (distance entre le nez, les yeux, les oreilles…), proposant in fine une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence [5] ».

Toujours d’après Le Figaro, trois sociétés auraient proposé des solutions au ministère de l’Intérieur : Morpho, spécialiste des traitements d’images de masse ; Cognitec, passée maître dans les outils visant à détecter les fraudes documentaires ; et la petite entreprise Facing it, dont les logiciels se font fort de reconnaître un intrus “blacklisté” qui se présenterait à un accès ou dans un couloir ».

Le ministère de l’Intérieur n’aurait pas encore arrêté ses choix, mais il vient de saisir la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) de ce dossier [7].

Selon Alain Bauer, les services de police n’avaient pas fait usage de ces outils lors des émeutes dans les banlieues françaises, il y a six ans. Plus précisément : « Ils les avaient utilisés en interne mais pas auprès de la population, notamment parce qu’ils ne disposaient pas d’images de suffisamment bonne qualité pour identifier les gens », croit savoir le criminologue français [8].

Notes

[1] Ceux du moins qui ne s’étaient pas muni de lunettes teintées “anti-paparazzi”.

[2] Le Monde informatique, le 3 août 2011 : http://www.lemondeinformatique.fr/a....

[3] Voir Face Recognition Study par Alessandro Acquisti, Ralph Gross et Fred Stutzman.

[4] L’Allemagne critique la reconnaissance faciale de facebook, Le Monde.fr, le 4 août 2011 : http://www.lemonde.fr/technologies/....

[5] Référence : http://www.lefigaro.fr/actualite-fr....
Voir également http://www.planete.lautre.net/artic....

[6] Référence : http://www.assemblee-nationale.fr/1....

[7] Le ministère est tenu de saisir la Cnil, mais il ne sera pas obligé de se plier à son avis.

[8] Le Monde du 9 août 2011 : http://www.lemonde.fr/europe/articl....

 

via ldh-toulon

Vers un fichier de reconnaissance faciale pour identifier les suspects

Julien L. - publié le Vendredi 12 Août 2011 à 15h27 - 
 
 
 

Le ministère de l'intérieur travaille à l'élaboration d'un nouveau fichier policier, cette fois axé sur la reconnaissance faciale. L'outil complète deux autres fichiers biométriques, le FAED (empreintes digitales) et le FNAEG (empreintes génétiques). La CNIL a été saisie du dossier par la Place Beauvau.

Le délicat équilibre entre la sécurité pour tous et la liberté de chacun va une nouvelle fois être mis à rude épreuve. Alors que le nombre de fichiers policiers a d'ores et déjà augmenté de 169 % depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, en 2002, la Place Beauvau a un nouveau projet dans les cartons. Il s'agira d'un fichier de reconnaissance faciale relié aux caméras de police.

Le programme est, selon Le Figaro, "déjà en préparation" et "devrait émerger dans quelques mois". Prévue pour fonctionner avec les caméras de vidéosurveillance, cette base de données vient compléter un dispositif biométrique composé de deux fichiers de prélèvement : le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), créé en 1987, et le fichier national d'analyse des empreintes génétiques (FNAEG), mis en place en 1998.

Ce troisième fichier constituera un stock national de photographies qui sera exploité lors des enquêtes menées par la police judiciaire. Les visages des auteurs présumés d'un crime ou d'un délit capturés au moyen d'une caméra de vidéosurveillance seront ainsi comparés avec les informations présentes dans cette énième base de données policière. Selon les promoteurs de ce dispositif, c'est l'efficacité des enquêtes qui est en jeu.

La DGPN a toutefois nuancé le dispositif, en précisant qu'il s'agissait en réalité d'un outil de comparaison physionomique et non pas à proprement parler d'un système de reconnaissance faciale. "L'ordinateur ne livrera pas sur un plateau un suspect et un seul. Comme pour l'exploitation des empreintes digitales, il procédera par comparaison de points caractéristiques du visage (distance entre le nez, les yeux, les oreilles…), proposant in fine une liste de possibles suspects classés selon un ordre de pertinence" a-t-il été expliqué au quotidien.

Un fichier soumis aux recommandations de la CNIL

La création de ce fichier devra toutefois se conformer aux dispositions de la Commission nationale de l'informatique et des libertés et donc de la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés du 6 janvier 1978. D'après le ministère de l'intérieur, la CNIL vient d'être saisie du dossier et attend son avis pour déterminer le cadre précis de ce dispositif et ses conditions d'emploi.

Rappelons que la CNIL est compétente en matière de vidéosurveillance. Ainsi, la loi d'orientation et de programmation relative à la sécurité expose que "les enregistrements visuels de vidéoprotection (sic) [...] utilisés dans des traitements automatisés ou contenus dans des fichiers structurés selon des critères permettant d'identifier, directement ou indirectement, des personnes physiques, qui sont soumis" à la loi du 6 janvier 1978.

Signalons également que la CNIL souhaite justement disposer de pouvoirs nationaux de contrôle étendus en matière de vidéosurveillance. La Commission demande en particulier que des études fiables soient menées afin d'établir avec précision l'efficacité des caméras dans la lutte contre la délinquance. "Un mécanisme d'évaluation de l'efficacité des systèmes de vidéosurveillance dans les lieux publics est plus que jamais nécessaire".

 

via numerama.com

09:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/08/2011

Eichhoernchen : question juridique

Bonjour Cécile,

suite à article sur tes actions via article 11, j'ai fait quelques recherches et suis tombé sur un tchat sur le net (février 2011) où tu dis ne pas faire appel à une legal team (ni à la rhote hilfe ?).

Comment cela se passe-t-il ? Il n'est pas obligatoire d'avoir un avocat pour ta défense en Allemagne ?

J'ai un peu répondu à ta question dans l'article que je viens de mettre
en ,ligne où je parle de procès suite à es actions antinucléaires.
http://blog.eichhoernchen.fr/post/sortie-du-nucleaire-c-e...

Je cite mon texte:

dans la plupart des cas je me défends seule, sans avocat. En Allemagne
on a au pénal - au civil c'est différent - un avocat commis d'office que
si les questions juridiques posées par l'affaire sont particulièrement
complexe et qu'il n'y a pas de jurisprudence dessus ou si le procureur
annonce qu'il veut requérir plus d'un an de prison à l'encontre de
l'accuséE. En cas 'accusation pour infraction ou délit mineur, la taille
du porte-monaie et les possibilités de trouver du soutien déterminent
les possibilités de défense. Le procès classique d'un accusé non juriste
sans avocat est expédié en dix minutes... Alors avec moi... ben non
c'est pas comme cela que cela marche. En général je me défends seule par
choix. Parce que j'estime que les ressource financières des mouvements
politiques et de solidarité - somme toute assez maigres - peuvent être
investies de façon plus intelligente que dans des frais d'avocat et de
procédure (je ne paie pas non plus les frais de procédure, l'huissier
n'a rien trouvé à saisir dans ma roulotte... vive la décroissance! J'ai
pas envie de poser des trucs de grosse valeur aux yeux des capitalistes !!!)
[...]
Alors oui, je me défends seule, mais pas n'importe comment. Au fil du
temps je me suis auto-formée seule et avec des amiEs engagés dans des
équipes d'entre-aide juridique. Et les paragraphes utiles pour une
utilisation subversive des textes... je les connais... C'est un mélange
d'argumentaire sérieux ( par exemple Etat de nécessité et tous les
moyens de preuves qui vont avec) et de jeu sur la procédure (Requête
pour collusion, requête pour une autre disposition de l'espace - et si
on s'asseyait en cercle? - etc.) Le tout parfois accompagné par un
public quelque peu désobéissant, parfois des clowns, etc. (quand une
personne se fait sortir, je pose une requête pour qu'elle revienne,
etc.) Nous appelons cela ici "kreative Antirepression". Et cela ne plait
pas aux porteurs de robe... ils réagissent souvent par... l'enfreinte de
leurs propres textes pour pouvoir passer à la suite. Un poème anonyme
que j'ai trouvé en allemand le décrit bien: " ce sont leurs règles,
qu'ils enfreignent tout le temps, pour maintenir leur système en vie, ce
ne sont pas mes règles, ce n'est pas mon système".
[...]

A l'intérieur on ne s'entendait plus... Et puis ensuite nous avons
demandé à ce que nos défenseurs non professionnels soient acceptés . Un
paragraphe permet à des non professionels d'être défenseurs, si
certaines conditions sont remplies. J'ai déjà joué défenseur dans le
procès d'amis... Le pourquoi comment, j'expliquerai ca dans le prochain
texte sur les perspectives, car c'est un sujet sur lequel nous
travaillions. Une forme de réappropriation du procès pas les militantEs...


voilà pour le moment.

Cécile



17:45 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/08/2011

Loi relative aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques: l'entonnoir...

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/04/41/18967554.jpg

Une loi qui facilite les entrées et rend difficile les sorties... Que par référence aux subtilités prononcées à Grenoble par le Président de la République, nous pourrions appeler "loi de Grenoble". Le texte de loi est disponible à l'adresse suivante: http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl3543.asp
La loi "relative aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge" a été adoptée, après une procédure rocambolesque, une modification substantielle par le Sénat (à l'action duquel il faut vraiment rendre hommage, le combat a été feutré mais très ferme) puis un vote définitif à l'Assemblée nationale le 22 juin 2011, pour entrée en vigueur le 1er août 2011.
Il ne s'agit pas de la loi de prévention et d'accompagnement dont les usagers comme les psychiatres rêvaient. Cette loi simplifie la procédure suivie en psychiatrie en cas d'urgence et d'impossibilité de consentir aux soins, datant de 1990. Rappelons que cette loi peut concerner environ 1 500 000 personnes régulièrement suivies en psychiatrie, de nouveaux cas apparaissant chaque année.
Les articles cités correspondent à ceux du Code de la Santé Publique, une fois la loi définitivement promulguée.
-        Les médecins peuvent administrer des "soins psychiatriques" (la psychiatrie devenant apparemment une médecine spécifique et non plus une spécialité médicale), sans recourir forcément à l'avis d'un proche, et enfermer le patient 72h avec un statut comparable à une garde à vue médicale.
-        La prise en charge (appelée auparavant "sous contraintes", terme soigneusement évité par le législateur) doit faire l'objet d'un "programme de soins", défini par deux psychiatres, dont l'un participe à la prise en charge et l'autre non, et un infirmier ou un travailleur social.
-        La "sortie accompagnée" semble remplacer les permissions, qui donnaient aux patients la possibilité de retrouver progressivement leur cadre de vie (art. L. 3211-11-1).
-        L'article L.3222-1 permet au service hospitalier public d'assurer sa mission "par voie de conventions", ce qui ouvre la porte à un recours au secteur associatif ou privé, qui pourrait aussi assurer des séjours dans le cadre du "programme de soins".
-        La décision de levée du programme de soins incombe au psychiatre de l'établissement public qui suit le patient. Pour obtenir la "mainlevée du soin psychiatrique" (C'est risible, puisque plusieurs millions de Français voient leur psychiatre plusieurs fois par an de leur plein gré, comme d'autres voient leur cardiologue!), le patient pourra saisir par courrier la Commission départementale des hospitalisations psychiatriques, ou le juge des libertés (art. L.3211-12.-I)
-        L'article L.3211-5 précise qu'une personne ayant fait l'objet de soins psychiatriques conserve "à l'issue de ces soins", ses droits et devoirs de citoyen.
-        Le placement d'office (pudiquement appelé "admission en soins psychiatriques") peut être décidé par le Préfet à l'issue de la période d'observation de 72h (art. L.3213-1).
Des dispositions particulières facilitent un nouvel enfermement pour les personnes ayant déjà fait l'objet de soins sous contraintes ou d'irresponsabilité pénale. Toute sortie temporaire est alors signalée au Préfet. La procédure de sortie définitive pour ces personnes est un parcours du combattant (art L.3213-8), impossible à mener pour une personne gavée de neuroleptiques, même avec le soutien de sa famille ou d'un avocat… Certaines hospitalisations seront très, très longues… relèveront-elles encore de la médecine ?

            Nous sommes rassurés, nous ne serons pas enfermés par les infirmiers de secteur dans notre appartement, volets cadenassés, comme le laissait craindre la première version du texte, mais confiés au secteur hospitalier privé, qui doit se frotter les mains… Qui paiera les suppléments couramment pratiqués, d'environ 80€ par jour ?
La simplification de la procédure d'admission semble être un progrès: les psychiatres pourront consacrer davantage de temps à leurs patients. Mais comment réagiront-ils par rapport à un patient agressif, vindicatif, ou seulement provocateur ? La signature d'un tiers n'étant plus requise pour l'enfermement, ils ont maintenant tous pouvoirs dans les murs de l'établissement public hospitalier. Le seul recours est judiciaire. Et saisir le juge des libertés pour hospitalisation abusive… Croyez-vous qu'un diplômé de la Magistrature va s'intéresser au discours d'un fou ? Alors, vous l'êtes.
Par ailleurs, il semblerait qu'un "soin psychiatrique" prive momentanément de la qualité de citoyen (art. L.32211-5)… J'espère qu'il sera quand même possible de faire des chèques aux établissements privés ;-)
            Il s'agit d'une loi rigide, d'un cadre légal liberticide, bien sûr. Le plus grave réside dans les "admissions en soins psychiatriques" pouvant durer toute une vie… L'irresponsabilité pénale avait été conçue pour protéger les personnes n'étant pas responsables de leurs actes, aujourd'hui elle entraîne une peine sans limite, et pire que la prison (la peine chimique étant en sus).
Figure également, dans cette loi, un élément qui paraît anodin: il s'agit de la suppression du droit d'aller et venir seul pendant une hospitalisation. La transition avec la vie normale étant plus difficile à aménager, de plus la judiciarisation de la société augmentant la peur du procès chez les psychiatres, la durée des hospitalisations risque de s'allonger à nouveau (après une baisse d'environ 70 jours par hospitalisation dans les années 1970 à 35 jours en moyenne dans les années 2000). En effet, pour une personne isolée socialement, peu entourée, cela signifie des semaines sans voir la lumière du jour, sans acheter une baguette de pain ou un ticket de métro, et ressortir déphasée, incapable de faire ses courses ou son ménage. Mesdames, Messieurs, les Parlementaires, vous avez sécurisé la psychiatrie, prévoyez de gros budgets ASSEDIC, RSA, AAH et PCH dans les années à venir !

 

 via http://sante-psy.blogspot.com/

07:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/08/2011

Lumpenprolétariat et "Misère de position"

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« Sous le prétexte de fonder une société de bienfaisance, on avait organisé en sections secrètes la canaille [Lumpenprolétariat] de Paris ; (...) Des roués en déconfiture, dont les moyens d’existence n’étaient pas moins douteux que l’origine, des bourgeois déclassés, corrompus, véritables chevaliers d’industrie, des soldats et des prisonniers libérés, des galériens en rupture de ban, des charlatans, des faiseurs de tours, des lazzaroni, des voleurs à la tire, des prestidigitateurs, des joueurs, des maquereaux, des tenanciers de bordels, des portefaix, des littérateurs, des joueurs d’orgue, des chiffonniers, des rémouleurs, des rétameurs, des mendiants, en un mot toute la masse confuse, irrégulière, flottante que les Français appellent la bohème (...) tous ses membres, à l’exemple de Bonaparte, éprouvaient le besoin de vivre aux dépens de la nation qui travaille. »

Karl Marx dans la « Société du 10 Septembre ».

via www.editionsquartmonde.org

Pierre Bourdieu - recueilli par Robert MAGGIORI et Jean-Baptiste  MARONGIU.

Pierre Bourdieu retourne sur le terrain et, avec «la Misère du monde», risque une sociologie de la souffrance dans la société éclatée. Un livre-outil et un acte politique. L'objet est si beau qu'il ne livre pas, de prime abord, sa construction savante et sophistiquée. La jaquette, couleur paille, masquant l'habituelle et froide couverture de la collection, n'annonce rien de «beau» en effet : la Misère du monde, sous la direction de Pierre Bourdieu. Le titre secret, le véritable objet du livre, se lit dans ces caractères rouges, en surimpression, qui, grossis, «mangent» tout le reste. Au centre : souffrance — lisez : la souffrance en France. En haut et en bas: (silence), parole, parle — entendez : dans ce livre de presque mille pages, la parole est donnée à ces souffrances silencieuses que la misère empêche le plus souvent de s'exprimer. Vu le nom du directeur de l'ouvrage, on n'attend ni une méditation philosophique ni une analyse psychologique de ce qui fait souffrir. C'est bien de sociologie qu'il s'agit. Une sociologie de la pauvreté ? Un peu, certes. Mais le pari est tout autre, qui, réussi, donnerait à la sociologie une «capacité» que n'auraient pas les autres sciences humaines : explorer et rendre «visibles» les misères de position. Ces souffrances souvent impalpables qui tiennent au mauvais réglage des rapports entre les individus. Non pas les souffrances horizontales, de condition, propres à une classe, à un groupe, mais des souffrances verticales qui, à l'intérieur d'une même catégorie, d'un même groupe, frappent les individus situés au bas de l'échelle, ou à une place qui ne correspond pas à leurs expectatives. Souffrances individuelles, donc, et en même temps «sociales». L'auteur des Héritiers n'est ni médecin ni simple «dénonciateur» apitoyé du sort de ces «déshérités». Mais il fait voir. Et nomme, sinon les responsables, du moins les «aveugles». D'abord les hommes politiques, qui ne savent plus intervenir sur une société qu'ils ont contribué à transformer en pire. Ensuite les médias, qui finissent par décrire ou mettre en scène moins la réalité sociale que leur propre regard besogneux sur elle. 

La Misère du monde est un livre gigogne où les modes de traitement s'emboîtent. Parce que, au premier abord, c'est un recueil de récits de vies sous forme d'entretiens, parfois plus proches de la littérature ou (horreur !) du journalisme que d'une analyse scientifique. Ensuite parce que, dans cet ouvrage collectif (1), les «préambules» aux entretiens sont chargés non seulement de ramasser les différentes thématiques et de leur donner une épaisseur historique, mais surtout de déployer la cohérence des concepts et des instruments de la «sociologie critique». Ce livre est surtout un acte politique dans le sens qu'accordait Durkheim à la démarche sociologique tout entière : constituer un savoir «réflexif» qui permette à la société d'intervenir sur elle-même. Car le constat de la Misère du monde, malgré les apparences, n'a rien de désespérant : «Ce que le monde social a fait, le monde social peut, armé de ce savoir, le défaire.»

 

Vous êtes professeur au Collège de France et vous venez de passer plusieurs années sur Flaubert. Soudain vous allez chez les gens pour tenter d'expliquer «la misère du monde». Qu'est-ce qui vous a pris ?

pointg.gif (57 octets) J'ai toujours fait précéder toutes mes recherches d'entretiens très approfondis avec des informateurs qui, par leur position dans l'espace social étudié, pouvaient m'apporter des éléments indispensables pour mettre au point le questionnaire. Mais je n'avais jamais eu l'idée de faire un livre où les entretiens viendraient au premier plan. Dans la Distinction, il y avait des encadrés avec des entretiens très semblables à ceux-ci, mais resserrés, épurés. Peut-être n'étions-nous pas encore prêts à donner du brut construit.

pointg.gif (57 octets) Quand avez-vous commencé ?

pointg.gif (57 octets) En 1989, un ami m'a appris que la Caisse des dépôts voulait me consulter pour une enquête par sondage sur la pauvreté. J'ai suggéré qu'on pourrait et devrait faire autrement. On m'a proposé de mettre en œuvre mon projet. C'était peut-être l'occasion de résoudre le problème que j'ai depuis que je fais de la sociologie : comment rendre aux gens ce qu'on a appris ? Comment trouver une forme d'expression adéquate ? On a commencé par transcrire intégralement les entretiens. Même pour nous, c'était difficile à lire. Il fallait les «monter», les construire. On ne pouvait pas donner le matériau brut, il fallait au moins des sous-titres et un minimum d'informations. Il ne fallait ni imposer une lecture ni susciter des lectures sauvages comme s'il s'agissait de ragots. J'ai fait des essais, que les membres de l'équipe ont lus. D'autres ont essayé. Et on a inventé ça. Ce qui n'a l'air de rien, mais je sais ce que cela nous a coûté. On a eu beaucoup de mal à trouver l'équilibre entre l'entretien aussi fidèle que possible et une présentation qui ne soit ni terre à terre ni fiche technique du genre : père de trois enfants... Jamais je n'avais eu autant de mal. La moindre phrase faisait problème. Ça se jouait souvent sur un adjectif. Les sociologues sont réputés pour écrire mal. Ils ont tendance à jargonner (comme d'autres), pour «faire science». Nous avons été obligés d'opérer une véritable conversion. Et pas seulement sur le terrain de l'écriture.
 
pointg.gif (57 octets) A vous entendre, on aurait là une approche totalement nouvelle du métier du sociologue.

pointg.gif (57 octets) Nous avions peur qu'on nous traite de journalistes ! Dans notre milieu, ce n'est pas un compliment. La sociologie au magnétophone n'a jamais été ma tasse de thé. Pour faire ce que nous avons fait, il faut faire ce que fait tout (bon) journaliste : aller y voir, écouter, observer, etc., mais aussi poser des questions qui sont autant d'hypothèses fondées sur une connaissance théorique et pratique de la personne interrogée et des conditions sociales dont elle est la résultante. Ce qui revient à dire qu'on ne peut pas poser une vraie question si on n'a pas une certaine idée (hypothétique) de la réponse. Je crois que, sans abus de pouvoir, nous avons permis à ces gens de communiquer, de dire des choses qu'eux-mêmes ne savaient pas savoir et de les restituer. Enfin, c'est le vieux truc socratique...

pointg.gif (57 octets) L'une des disjonctions qui régissent votre livre est celle entre «misère de situation» et «misère de position». Paradoxalement, vous semblez privilégier la seconde. Pourquoi ?

pointg.gif (57 octets) L'intention était de dire : dans le monde social, il y a des souffrances qui ne sont pas prises en compte et qui ont des exutoires inattendus au niveau politique. Comme dans les maladies, les mêmes symptômes manifestent des souffrances très différentes. Je crois que beaucoup de ceux qui votent ou disent vouloir voter Le Pen expriment une souffrance. Comme il y a des souffrances, parfois très semblables, qui s'expriment dans le vote écolo ou PCF... De là la nécessité de faire accoucher les gens, de leur permettre de se délivrer. Il y a eu des entretiens très heureux. Je pense à ces familles d'immigrés et à leurs voisins français qu'à interrogés Abdelmalek Sayad. Des gens qui sont dans une espèce de guerre civile permanente, le chat, le bruit... Il n'y a rien, et en même temps ce sont des conflits qui engagent l'idée de nation, etc. C'est tragique, une sorte de conflit palestino-israélien où tout le monde a raison et tort, et où tout le monde s'en veut à mort. Et pourtant, il y a entre eux une frontière sociale infime. Notre méthode a été de se mettre à la place de celui qui parle et d'essayer de voir le monde à partir de son point de vue. Je me suis même surpris à penser qu'à la place des deux petits loubards que je questionnais, j'aurais fait pareil, sinon pire.

pointg.gif (57 octets) Pourquoi, jadis, faisait-on moins attention à ces souffrances «de position», et où se manifestent-elles le plus ?

pointg.gif (57 octets) Dans les professions et les milieux intellectuels, tout particulièrement dans les plus basses des hautes positions sociales. Le CNRS, par exemple, ou l'Université. Je ne devrais pas le dire, mais ce sont des endroits où les gens souffrent affreusement. Là, comme dans les bureaux, ce sont les plus proches qui nous font mal. Aujourd'hui, certaines souffrances sont plus aiguës et d'autres nouvelles. Le système scolaire, par exemple, produit des blessures terribles et non reconnues parce que, comme la jalousie sociale, inavouables. Les gens sont malheureux parce qu'ils n'ont pas obtenu de l'école ce qu'ils attendaient, ou, s'ils ont réussi leur scolarité, c'est la société qui les a déçus. Tel ce prof agrégé qui ne supporte pas que ceux qui ont fait une petite école de commerce gagnent trois fois plus que lui.

pointg.gif (57 octets) A ne montrer que les «misères de position», le danger n'est-il pas d'oublier les «misères de condition» ?

pointg.gif (57 octets) Ce sont souvent les gens qui parlent à d'autres, comme les professeurs, ou qui parlent des autres, comme les journalistes, qui ont ce type de souffrance de position. Nombre de journalistes croient parler des souffrances du peuple, en réalité ils ne parlent que de leur propre misère. Les sociétés modernes sont des univers très différenciés, et on n'est jamais là où on aimerait être. Cela produit énormément de souffrances qu'on ne prend pas au sérieux et qui déclenchent d'autres souffrances. On se fait des guérillas de bureau, des vacheries qui sont à nos sociétés ce que la magie maléfique est aux sociétés archaïques. Comme l'a dit Marie Douglas, les sociétés où il y a le plus de magie noire sont celles où la compétition est très forte et la récompense aléatoire. Le monde de la recherche ou celui de la presse en fournissent des modèles parmi d'autres.

pointg.gif (57 octets) Pourquoi la presse ne serait-elle pas à même de restituer, de rendre compréhensible ce type de souffrance ?

pointg.gif (57 octets) A cause de la compétition très dure à laquelle on est soumis dans ces univers sociaux. L'une des raisons pour lesquelles je suis très inquiet sur l'avenir de la cité, c'est que les journalistes ont un poids de plus en plus grand sur la politique et sur la vie intellectuelle, alors qu'eux-mêmes sont soumis à des mécanismes d'une puissance extraordinaire, qu'ils n'ont pas les moyens de contrôler. On a dit que la concurrence diversifie, en fait elle homogénéise. On se pique les journalistes, on se pique les sujets, on se pique tout... Si les journalistes ne parviennent pas à changer cette situation par un code déontologique ou des accords entre différents journaux — même dans un seul journal, ce serait un énorme progrès —, cela peut devenir très dangereux.

pointg.gif (57 octets) Il y a un journalisme d'investigation qui se donne le temps et les moyens de ses enquêtes.

pointg.gif (57 octets) Il ne faut pas se faire d'illusions. La presse est un microcosme qui a ses lois et ses rapports de forces spécifiques. Il y a, d'abord, la concurrence avec la télé. Et dans la presse écrite elle-même, il y a les contraintes du tirage, la pression des annonceurs, etc. En somme, cet espace est dominé par des forces qui vont dans le sens opposé au dévoilement de la vérité des mécanismes sociaux. Il est temps que les gens se réveillent. Certains se battent, mais du point de vue du pouvoir symbolique global, c'est malheureusement le journal de 20 heures qui commande le reste de l'information. C'est alors à l'intérieur de ces univers de pouvoir symbolique qu'il faut agir. Ce n'est pas chez les métallos comme en 68. Même pour le bien des métallos, il faut peut-être lutter à Libé, au Monde, etc. Ce livre doit servir à ça.

pointg.gif (57 octets) Avec ce livre, voulez-vous dire à qui veut l'entendre qu'on peut comprendre et agir sur le monde ?

pointg.gif (57 octets) C'est criminel de dire que la société est opaque, que les sciences sociales ne sont pas des sciences. Le peu qu'elles ont acquis devrait au moins alimenter la discussion critique. Il faut que les journalistes et les politiques s'en emparent comme instruments de leur propre pratique pointg.gif (57 octets)
 
(1) A. Accardo, G. Balazs, S. Beaud, F. Bonvin, E. Bourdieu, P. Bourgois, S. Broccolichi, P. Champagne, R. Christin, J.-P. Faguer, S. Garcia, R. Lenoir, F. Matonti, F. Muel-Dreyfus, F. œuvrard, M. Pialoux, L. Pinto, A. Sayad, C. Soulié, B. Urlacher, L. Wacquant, A.-M. Waser.
   

 

 

via www.homme-moderne.org

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