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16/10/2009

Décret no 2009-1235 du 14 octobre 2009 modifiant le décret no 79-1035 du 3 décembre 1979 relatif aux archives de la défense

Les textes en italiques et surlignés sont supprimés ou abrogés:

 

MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
Décret no 2009-1235 du 14 octobre 2009 modifiant le décret no 79-1035 du 3 décembre 1979
relatif aux archives de la défense
NOR : DEFD0910791D
Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre de la défense et du ministre de la culture et de la communication,
Vu le code de la défense ;
Vu le code du patrimoine, notamment le chapitre 3 du titre Ier du livre II ;
Vu le décret no 79-1035 du 3 décembre 1979 modifié relatif aux archives de la défense ;
Le Conseil d’Etat (section de l’administration) entendu,

Décrète :

Art. 1er. − Le c de l’article 1er du décret du 3 décembre 1979 susvisé est supprimé. (c) Du service de documentation extérieure et de contre-espionnage.

Art. 2. − A l’article 5 du même décret, les mots : « l’article 9-2 du décret du 28 juillet 1975 susvisé » sont
remplacés par les mots : « l’article D. 4122-5 du code de la défense ».


Art. 3. − L’article 6 du même décret est abrogé.

Ne peuvent être communiqués qu'après un délai de soixante ans :

 

- les documents classifiés "secret défense" et "très secret" ;

 

- les dossiers, rapports et fiches de renseignements à caractère nominatif mettant en cause la vie privée ou intéressant la sûreté de l'Etat ou la défense nationale ;

 

- les dossiers des deuxièmes bureaux des états-majors et des bureaux de renseignements et de relations internationales militaires ;

 

- les dossiers du service de documentation extérieure et de contre-espionnage ;

 

- les archives des services de la gendarmerie mettant en cause la vie privée ou intéressant la sûreté de l'Etat ou la défense nationale ;

 

- les dossiers de la sécurité militaire.

Art. 4. − Le dernier alinéa de l’article 7 du même décret est remplacé par les dispositions suivantes :
« L’accord de l’autorité dont émanent les documents, mentionné à l’article L. 213-3 du code du patrimoine,
est donné par le Premier ministre en ce qui concerne les fonds d’archives publiques provenant des services qui
lui sont rattachés, par le ministre de la défense en ce qui concerne les autres fonds. »

Le Premier ministre ou le ministre chargé de la défense peut accorder des dérogations générales pour certains fonds ou parties de fonds visés à l'article précédent lorsque les documents qui les composent auront atteint trente ans d'âge.


Art. 5. − Le présent décret est applicable à Mayotte et dans les Terres australes et antarctiques françaises.
Art. 6. − Le ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales, le ministre de la défense
et le ministre de la culture et de la communication sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution
du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.
Fait à Paris, le 14 octobre 2009.
FRANÇOIS FILLON
Par le Premier ministre :
Le ministre de la défense,
HERVÉ MORIN
Le ministre de l’intérieur,
de l’outre-mer et des collectivités territoriales,
BRICE HORTEFEUX
Le ministre de la culture
et de la communication,
FRÉDÉRIC MITTERRAND

 

 

13:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

L'OTAN payé pour ne pas faire la guerre...


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Un "Taliban repenti"...cette photo ne fait pas partie de l'article ci-dessous mais a été prise en même temps.

Payer les talibans, une pratique cachée mais répandue?

Marc BASTIAN
Agence France-Presse
Kaboul

Payer des insurgés pour avoir la paix est une pratique officiellement niée, mais répandue à relativement grande échelle parmi les forces de l'OTAN en Afghanistan, selon des sources militaires occidentales et afghanes, alors que l'Italie a démenti jeudi y avoir eu recours.

Le quotidien britannique The Times affirme jeudi que les 10 soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan en août 2008 avaient mal évalué les risques, parce que les militaires italiens qui les avaient précédés ne leur avaient pas dit qu'ils payaient les talibans pour maintenir la paix dans leur région de Saroubi, près de Kaboul. Dans un communiqué, le gouvernement italien a démenti avoir «jamais autorisé ni consenti aucune forme de paiement d'argent aux membres de l'insurrection talibane en Afghanistan».

Un haut gradé afghan a laissé entendre le contraire.

Un taliban repenti pose devant l'attirail militaire qu'il... (Photo AFP)

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Un taliban repenti pose devant l'attirail militaire qu'il a remis aux autorités afghanes lors d'une cérémonie d'amnistie à Heart, le 14 octobre dernier.Photo AFP


«Nous savions que les forces italiennes payaient l'opposition (armée) en Saroubi pour ne pas être attaquées. Nous avons des informations sur des accords similaires dans la province de Herat (ouest) par les forces italiennes» basées là-bas, a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.

Un porte-parole de l'armée française à Kaboul, le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau, a assuré que «les Français ne donnent pas d'argent aux insurgés».

Le général Eric Tremblay, porte-parole de l'OTAN en Afghanistan, a dit n'être «pas au courant» de ces pratiques de manière générale, et n'avoir pas d'information concernant le cas italien.

«Ce n'est pas une pratique de contre-insurrection. (...) Mais le gouvernement afghan peut parfois faire des arrangements locaux. Si c'est pratiqué, c'est plus par le gouvernement afghan que par les forces internationales», a-t-il assuré.

Mais selon divers officiers occidentaux et afghans sous couvert d'anonymat, cette pratique, visiblement politiquement sensible, est assez largement répandue au sein de l'OTAN en Afghanistan.


Une source militaire occidentale a évoqué des payements effectués par les soldats canadiens stationnés dans la violente province de Kandahar, dans le sud, tandis qu'un autre officier parlait de pratiques similaires par l'armée allemande dans le nord, à Kunduz.

«Beaucoup de pays de l'OTAN dont les soldats opèrent dans les zones rurales d'Afghanistan payent les insurgés pour ne pas être attaqués (...) à l'exception des forces américaines, britanniques et de l'opération Enduring Freedom» sous commandement américain, explique le haut gradé afghan.

Selon lui, «plus de la moitié des forces de l'OTAN déployées dans la campagne afghane ont passé de tels accords» de paiements en échange de leur tranquillité.

Sans vouloir chiffrer aussi précisément l'étendue de la pratique, un officier occidental explique que «comme ce n'est pas très valorisant et pas reconnu officiellement, on n'ose pas toujours en parler clairement, on a un peu honte... Du coup, parfois ça communique mal entre l'ancienne unité sur place et la nouvelle unité venant la relever», comme ce qui s'est peut-être passé entre les Italiens et les Français.

Selon The Times, les services secrets italiens avaient versé des dizaines de milliers de dollars aux commandants talibans et aux seigneurs de guerre locaux pour maintenir en paix la région de Saroubi.

Les soldats français étaient déployés depuis à peine un mois quand 10 d'entre eux furent tués et 21 blessés, le 18 août 2008, dans une des embuscades les plus meurtrières tendues par les insurgés contre les forces internationales.

 

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Un "Taliban repenti retourné". Il va bientôt pouvoir s'acheter une Harley-Davidson...cette photo ne fait pas partie de l'article ci-dessous mais a été prise en même temps.

La Brough Superior, c'était quand même plus classe...

http://1.bp.blogspot.com/_Ezz8wFq6bwo/Sg6akW0P-YI/AAAAAAAABpc/Qd4nSRzOtow/s320/Lawrence_Arabia_motorcycle.jpg

09:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/10/2009

Encore une nouvelle prise à la DCRI : un ingénieur, islamiste présumé, envisageait un attentat...

Fini les mouvances anarcho-autonomes, fini les poseuses d'extincteur...voilà du bon, du lourd, du costaud...un islamiste présumé, mais attention, pas un barbu afghan...un ingénieur qui travaillait, ce qui ne gâche rien au , dans le nu-clé-aire (puisqu'on vous le dit, enfin du moins la presse de masse) bien que le CERN dit être "un laboratoire de recherche en physique des particules dont les recherches posent des questions fondamentales sur l'Univers (contrairement aux policiers antiterroriste). "Aucune des recherches menées au CERN n'a d'application militaire potentielle, et tous nos résultats sont publiés sur le domaine public".

"en France ou ailleurs... nous avons évité le pire", a déclaré dès jeudi soir, non sans rire, le ministre de l'Intérieur Brice "not Nice, un ça va, deux bonjour les dégâts" Hortefeux.

 

http://blog.kornemuz.com/images/200702/20070220b.jpg

Isère: un des deux islamistes présumés arrêtés travaillait au CERN

AP | 09.10.2009 | 18:25

L'un des deux islamistes présumés interpellés jeudi à Vienne (Isère) travaillait au CERN, l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire, a fait savoir vendredi le laboratoire. Cette information a été confirmée à Paris de source judiciaire.

"Il s'agit d'un physicien qui travaillait sur des projets d'analyse de données de physique pour l'expérience LHCb au CERN depuis 2003", a fait savoir le CERN dans un communiqué. "Il n'était pas employé par le CERN et poursuivait ses recherches dans le cadre d'un contrat avec un institut extérieur".

Le Grand collisionneur de hadrons (LHC) est un accélérateur de particules conçu pour aider à la compréhension de l'univers grâce à l'étude des composants fondamentaux de la matière. Il est situé près de Genève, à cheval sur la frontière franco-suisse, à environ 100 mètres sous terre.

Ce physicien travaillant au CERN et un autre islamiste présumé sont soupçonnés d'être proches de la mouvance Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Les deux suspects sont deux frères français âgés de 25 et 32 ans. Leurs appartements ont été perquisitionnés et les policiers ont saisi leurs ordinateurs portables et du matériel informatique.

Les deux hommes ont été placés en garde à vue et devaient être déférés ce vendredi à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Les enquêteurs de la DCRI les ont interpellés dans le cadre d'une commission rogatoire du juge antiterroriste Christophe Teissier qui instruit une information judiciaire ouverte en septembre 2009 pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

Le CERN, laboratoire à cheval sur les territoires suisse et français, a affirmé que le suspect "n'a jamais été en contact avec quelque élément qui pourrait être utilisé à des fins terroristes". Le CERN dit être "un laboratoire de recherche en physique des particules dont les recherches posent des questions fondamentales sur l'Univers", a-t-il précisé. "Aucune des recherches menées au CERN n'a d'application militaire potentielle, et tous nos résultats sont publiés sur le domaine public". AP

 

http://www.bakchich.info/local/cache-vignettes/L430xH314/jpg_L_islamiste-511b1.jpgdessin piqué chez bakchich



actualisé le 13/10/2009 :

Le Figaro

Terrorisme : un des suspects travaillait dans le nucléaire

Jean-Marc Leclerc
11/10/2009 | Mise à jour :

INFO FIGARO - L'un des deux suspects arrêtés jeudi en Isère était chercheur au centre de recherche nucléaire de Genève (Cern). Il a reconnu l'existence d'échanges cryptés avec les activistes d'al Qaida au Maghreb islamique.

Selon le Journal du Dimanche, qui cite une source proche des enquêteurs, le chercheur du Centre de recherche nucléaire de Genève (Cern) mis en cause pour ses relations avec un groupe armé algérien, a reconnu l'existence d'échanges cryptés  avec les activistes d'al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), l'ancien GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) rallié au réseau dirigé par Oussama ben Laden.

Ces messages cryptés suggèrent que ce chercheur de 32 ans, était disposé à participer à des attentats visant la France. Il aurait évoqué des projets attentats dans ses messages mais toujours de manière générale et sans implication opérationnelle. Ces projets d'attaque n'auraient eu aucun lien avec son travail au Cern mais auraient visé à marquer l'opinion publique en collant à l'actualité. Les enquêteurs se demandent si le jeune homme d'origine algérienne n'aurait pas été destiné à jouer le rôle "pivot" d'une future cellule en Europe.

Son frère, arrêté en même temps que lui jeudi à Vienne a en revanche été mis hors de cause et libéré


«C'est du très haut niveau», commente laconiquement un expert de la structure centralisée antiterroriste à Paris. L'arrestation de deux islamistes présumés jeudi, à Vienne (Isère), par les hommes de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), pourrait bien représenter une étape importante dans la traque aux réseaux d'al-Qaida. Car le profil des suspects n'a rien à voir avec les classiques recrues de banlieue qui encombrent les rôles de la justice dans les dossiers islamistes. Il ne s'agit pas de petits délinquants frustrés versés dans l'action radicale après s'être fait laver le cerveau par des prêcheurs fanatiques. Cette fois, l'un des suspects arrêtés, un Français d'origine algérienne de 32 ans, était chercheur au Cern, l'organisation européenne pour la recherche nucléaire, basée à Genève et située de part et d'autre de la frontière franco-suisse. L'autre est son frère, âgé de 25 ans. Mais l'aîné est de loin le plus intéressant pour la police. Il était pisté depuis un an et demi par les services antiterroristes, débusqué au détour de l'enquête conduite par le pôle antiterroriste parisien sur les filières afghanes .

 

«Nous avons peut-être évité le pire»

 

Alors que la garde à vue des deux hommes se poursuit dans les locaux de DCRI à Levallois (Hauts-de-Seine), Le Figaro est en mesure d'affirmer que la justice soupçonne l'aîné des deux frères d'avoir cherché à commettre des attentats en France. La police aurait intercepté des échanges de l'intéressé sur internet avec des personnes identifiées comme étant en lien avec al-Qaida pour le Maghreb islamique (Aqmi). Dans ces messages, il aurait même désigné plusieurs cibles possibles pour commettre des actions terroristes dans l'Hexagone. Son cursus universitaire et son degré élevé de réflexion laissent penser qu'il ne pouvait s'agir d'un projet relevant du simple fantasme. La DCRI, en tout cas, a jugé qu'il était temps de lui réclamer des comptes. Et la justice a donc ouvert une instruction spécifique en septembre 2009 pour cueillir ce gros poisson présumé.

Lors des perquisitions menées chez les deux frères, les enquêteurs ont pu saisir deux ordinateurs, trois disques durs et des clés USB, qui ont immédiatement été envoyés à l'expertise auprès de services spécialisés en police technique et scientifique. Ils permettront peut-être de recouper certains éléments captés à distance par les limiers de l'antiterrorisme. Les policiers espèrent également y récupérer des informations sur les contacts et les projets du duo qui aimait à surfer sur les sites islamistes.

Jeudi, le ministre de l'Intérieur, fort bien renseigné sur ce dossier, semblait ménager le suspens : « L'enquête dira sans doute quels étaient les objectifs en France ou ailleurs et indiquera peut-être que nous avons évité le pire », a-t-il déclaré alors qu'il se trouvait en déplacement à Lyon. La cité des Gaules où précisément les deux suspects ont commencé leurs premières heures de garde à vue…

Brice Hortefeux n'a pas voulu en dire davantage, mais il rappelle les enjeux de ce dossier : «Nous sommes en situation de vigilance permanente, nous suivons attentivement au jour le jour les déclarations des responsables de certaines organisations. Notre vigilance ne se relâche jamais. Le risque est permanent », a-t-il affirmé jeudi. Il a également rappelé que certains responsables d'organisations terroristes «se sont exprimés publiquement» en visant la France.

Al-Qaida pour le Maghreb islamique (Aqmi) reste la principale menace terroriste en France. Ce mouvement terroriste qui a succédé en 2007 au GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) est particulièrement actif dans les pays du Maghreb, en Mauritanie et au Mali. Combien compte-t-il de partisans de ce côté-ci de la Méditerranée ? D'autres profils de haut niveau œuvrent-ils dans l'ombre à la réalisation de ses funestes projets ? Une chose est certaine : la police espère beaucoup de cette enquête qui l'a déjà menée de l'Isère à la Suisse en passant par l'Algérie.

» La police exploite le filon des sites islamistes




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07/10/2009

Tout ce qui est noir et casqué n'est pas CRS

REPORTAGE SUR LES CRS. - RD du 4 décembre 1986 : place des Invalides, les CRS attendent dans les cars. Ordre de descendre pour affronter les étudiants qui contestent la Loi DEVAQUET : images de la manifestation Un CRS dans un car : on a un peu peur, il faut obéir. La manifestation se poursuit la nuit et François RIGAL perd son oeil victime d'une grenade lancée à tir tendu. - RD 5/12/1986 : voltigeurs dans le Quartier Latin. Ils vont frapper à mort MALEK OUSSEKINE. - Commentaires d'un CRS, un an plus tard : "malade comme il (M OUSSEKINE) était, il aurait pu rester chez lui". - A Lagny sur Marne, la 4ème compagnie de CRS s'entraîne : tir, [gros plan] de la grenade non toxique de gaz lacrymogène. Interview: quand on lance les fusées grenades c'est sur ordre du commandant ; les tirs tendus sont interdits. Les CRS, gardes mobiles et autres forces de police ont les mêmes armes, mais seuls les CRS ont mauvaise réputation, on les rend responsables de toutes les bavures. - Suite des manoeuvres. - Interview de CRS sur l'attente dans les cars : le plus dur c'est d'attendre comme l'année dernière 3 heures devant les manifestants. / attendre 3 heures dans un car n'est pas important, le pire est d'être 3 heures face aux manifestants. - La compagnie boit et joue au flipper. - Entraînement des appelés dont le responsable mâchant son chewing-gum explique qu'il était en stage lors des événements de déc 1986. - Interview de jeunes recrues : j'ai la vocation de CRS / un ex étudiant : j'ai un peu manifesté à Nancy, je veux être dans la police/ autre ex étudiant : pas intéressé par les manifs, j'étais du côté de la police. - En famille, un CRS : lorsque l'ordre de charge est donné on agit dans un cadre légal, peu importe qui est en face. Ses enfants : c'était pas des CRS pour Malik/ on a fait la grève. Le père CRS : ma fille a SUBI la grève de ses professeurs. La fille : on a participé à la contestation. Le fils déguisé en CRS : je veux être CRS, ça se voit pas ?

22:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/10/2009

Kazakhstan - Turkménistan les ciments Bouygues et Jacques Merceron-Vicat promètent des bénéfices "en bêton"

http://socio13.files.wordpress.com/2008/12/sarkozy-dassault-bouygues-lagardere.jpg

 

 

05-10-2009 10h51

Total : PLUSIEURS MILLIARDS D’EUROS DE CONTRATS À SE PARTAGER AU KAZAKHSTAN

(investir.fr) Le président français, Nicolas Sarkozy, se rendra demain à Astana, capitale du Kazakhstan, pour concrétiser, par une série de contrats portant sur plusieurs milliards d’euros, l’arrivée des entreprises françaises dans ce pays à forte croissance économique.

Total et GDF Suez devraient ainsi profiter de la visite de Nicolas Sarkozy chez le plus gros producteur d’hydrocarbures d’Asie centrale pour signer une prise de participation dans le champ gazier de Khvalynskoye, en mer Caspienne, pour un montant d’environ un milliard d’euros.

Vinci, à travers un consortium dirigé par sa filiale Spie Capag, va engager des négociations exclusives en vue de la construction d’un oléoduc reliant le champ pétrolier Kashagan et les côtes de la mer Caspienne. Un aboutissement favorable de ces discussions entraînerait la signature d’un contrat de 1,5 à 2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard d’euros revenant aux entreprises françaises. L’Elysée précise qu’un tel contrat permettrait de créer ou de préserver plusieurs milliers d’emplois dans le bassin industriel de Dunkerque, chez des entreprises comme ArcelorMittal.

Des contrats dans le domaine de la défense et de l’espace devraient également voir le jour entre ces deux pays liés par un partenariat stratégique depuis juin 2008. EADS, via sa branche Astrium, serait amené à fournir deux satellites d’observation terrestre (un tiré depuis Kourou et le second depuis Baïkonour) et à construire un centre d’intégration pour un montant global de 230 millions d’euros. Eurocopter, autre filiale d’EADS, signera un accord portant sur la construction d’un centre régional d’hélicoptères. Thales fournira par ailleurs 4.500 radios tactiques à l’armée kazakhe. La valeur de ce contrat pilote approche les 100 millions d’euros, pour un programme devant représenter un total de deux milliards d’euros.

Dans le domaine nucléaire, Areva va créer une nouvelle coentreprise avec son partenaire Kazatomprom afin de commercialiser, à terme, 400 à 500 tonnes de combustible pour centrales nucléaires, à destination principalement de la Chine.

Enfin, le groupe Suez Environnement, via sa filiale Degrémont, devrait conclure un accord pour la fourniture d’une usine de traitement des eaux à Astana, pour 150 millions d’euros.

Le titre Thales gagne 2,22%, à 33,50 euros, Total 0,48% à 39,51 euros tandis que l’action EADS cède 0,17%, à 14,46 euros.

DD

(Zonebourse.com) - Encore une fois, Borat a tort de se moquer du Kazakhstan…. Après avoir investi au Sénégal, Vicat, le cimentier familial dirigé par Jacques Merceron-Vicat, vient d’annoncer la conclusion d’un accord avec la société d'investissement Kazkommerts Invest pour créer en commun une société de production et de commercialisation de ciment. Vicat détiendra 60 % de la nouvelle société et son associé Kazakhe, le solde. C'est le dernier épisode du feuilleton : « Vicat mise sur les pays émergents ».

Le projet, qui représente un investissement de 230 millions de dollars (156,2 millions d'euros), prévoit la création d'une nouvelle usine à Mynaral au Kazakhstan. Celle-ci sera construite par une entreprise chinoise et devrait commencer à fonctionner en 2010, pour produire 1,1 million de tonnes de ciment. Premier marché du monde, la Chine consomme environ 40% de la production mondiale de ciment. Ce marché devrait s'accroître annuellement de 5% dans les cinq prochaines années.

Renforcement dans les pays émergents

« Cela faisait plus de trois ans que nous cherchions à nous implanter dans ce pays qui est contraint d'importer massivement du ciment faute de structure de production », souligne Jean-Pierre Souchet, directeur financier de Vicat. « Cette acquisition correspond à notre stratégie de nous développer dans les pays émergents, Egypte, Sénégal, Mali, mais aussi en Malaisie et Inde », indique-t-il.

Pour mémoire, Vicat avait annoncé en décembre dernier 150 millions d’euros d’investissement au Sénégal. 150 millions d’euros, c’est à peu près l’équivalent des 230 millions de dollars annoncés aujourd’hui dans cet Etat l’ex-URSS.

Promesses d’Asie centrale

Le Kazakhstan dispose de richesses (pétrole, gaz et uranium) on ne peut plus convoitées et d’une situation géographique stratégique, entre Russie et Chine.


Poutine le sait bien, qui renouvelle les opérations de « charme » envers ce pays. Les Etats-Unis aussi, puisque que Condoleezza Rice a fait « ses armes » dans le monde pétrolier au sein de l’opérateur américain Chevron en négociant les contrats d’exploitation de cette ancienne république soviétique. Ces activités lui ont d’ailleurs permis de rencontrer Dick Cheney à cette occasion, lorsqu’il présidait aux destinées de Halliburton.

Grâce à ses importantes ressources naturelles (pétrole, uranium, or), le Kazakhstan connaît une forte croissance et des besoins en construction (et donc en ciment et béton), lesquels augmentent de 10 % à 15 % par an.

L’entreprise Vicat, née à Grenoble est quant à elle toujours contrôlée par les héritiers des fondateurs. La famille Merceron-Vicat – dont est issu Louis Vicat, l'inventeur du procédé industriel de la fabrication de ciment – détient 57 % de l'entreprise et est encore aux commandes : Jacques Merceron-Vicat en est le PDG depuis 1984.

Le groupe Bouygues en Asie Centrale
Le 22 octobre 2004

Au Turkménistan, après la mosquée de Gueok-Tepe et le Palais présidentiel, Bouygues Construction a été chargé de construire le Théatre d’arts dramatiques, le Musée des beaux-arts d’Ashkabad, ainsi que la mosquée de Kiptchak. Cette nouvelle mosquée réalisée par le groupe français pour le président à vie du Turkménistan, Niazov, dans son village natal de Kiptchak, doit être inaugurée ce vendredi. Le coût de ce projet remporté par la société française au Turkménistan est de 139 millions de dollars...

Le secteur du Bâtiment-travaux publics est le second domaine dans lequel d’importants contrats ont été signés entre les Républiques d’Asie centrale et la France.

Kazakhstan

Le groupe Bouygues a réalisé plusieurs chantiers dans les ex-républiques de l’Union Soviétique, comme le complexe présidentiel du Kazakhstan. Les ventes françaises au Kazakhstan, d’un niveau élevé (1,2 milliards de francs) sont en grande partie dues à un seul très grand contrat : la construction du palais présidentiel réalisé par la société Bouygues pour un montant de près de 500 millions de francs.

L’Ouzbékistan

Un contrat d’une ampleur identique a été conclu en Ouzbékistan pour la construction d’un hôtel 4 étoiles à Tachkent.

Turkménistan

Le Centre des Congrès et des Beaux-Arts a été construit par la société Bouygues à Ashkabat/ Turkménistan entre 1997 et 1999. De même, au Turkménistan, Bouygues a construit le Théatre d’arts dramatiques et la mosquée de Geoh-Tepe.

Celui qui se fait appeler Turkmanbashi ’le Père des Turkmènes’ dispose d’un palais présidentiel et d’une nouvelle gigantesque mosquée Kiptchak, dans son village natal, dans la banlieue d’Achkhabad dont la construction a coûté quelque 139 millions de dollars au budget national. Bouygues Construction, déjà présent sur de nombreuses constructions au Turkménistan, a construit la mosquée Kiptchak de 17.500 m2, avec des minarets atteignant 90 mètres, dans ce village où en 1940 est né le président Niazov. Elle doit pouvoir accueillir un millier de fidèles.

vendredi 22 octobre 2004
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Martin Bouygues entre le président turkmène Berdymoukhammedov et Sarkozy

Martin Bouygues, PDG du groupe de communication et de BTP du même nom, a été l’un des témoins de mariage de Nicolas Sarkozy et de sa compagne Cécilia. M. Bouygues est le parrain de leur fils Louis.

Le président turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov a félicité lundi Nicolas Sarkozy pour son élection à la tête de l’Etat français et exprimé son "attachement" à la poursuite de la coopération entre la France et ce pays très fermé d’Asie centrale.

Le président turkmène "adresse au président élu ses voeux de bonne santé, de bien être et de succès" au poste de président, selon un communiqué cité par l’agence officielle turkmène.

"J’exprime mon attachement au développement futur (de nos relations) pour le bien des peuples du Turkménistan et de la France", ajoute le leader turkmène, dont le pays entretient de longue date des relations commerciales avec la France.

Le géant français du bâtiment, Bouygues, y honore des contrats pour une valeur totale de un milliards de dollars.

Bouygues a ainsi construit quelques-uns des projets les plus décriés et mégalomaniaques de l’ancien président à vie Saparmourat Niazov, disparu en décembre, notamment le mausolée dans lequel il a été inhumé, et la plus grande mosquée d’Asie centrale, dont les murs sont recouverts de versets du Coran et de citations de Niazov.

Martin Bouygues, PDG du groupe de communication et de BTP du même nom, a été l’un des témoins de mariage de Nicolas Sarkozy et de sa compagne Cécilia. M. Bouygues est le parrain de leur fils Louis.

dimanche 6 mai 2007
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envoyé par rougememoire.


Textes adoptés
Jeudi 17 septembre 2009 - Strasbourg Edition provisoire
Kazakhstan: le cas d'Evgeniy Zhovtis


Résolution du Parlement européen du 17 septembre 2009 sur le cas d'Evgeniy Zhovtis au Kazakhstan

Le Parlement européen ,

—  vu ses résolutions antérieures sur le Kazakhstan et les républiques d'Asie centrale,

—  vu sa résolution du 20 février 2008 sur une stratégie européenne en Asie centrale(1) ,

—  vu la stratégie de l'Union européenne pour un nouveau partenariat avec l'Asie centrale, adoptée par le Conseil européen le 23 juin 2007,

—  vu le document de stratégie régionale pour l'aide à l'Asie centrale de la Commission (2007-2013),

—  vu les conclusions de la dixième réunion du Conseil de coopération UE-Kazakhstan,

—  vu les conclusions de la huitième réunion de la commission de coopération parlementaire UE-Kazakhstan, qui s'est tenue à Bruxelles le 31 mars 2008,

—  vu l'accord de partenariat et de coopération conclu entre la Communauté européenne et le Kazakhstan, qui est entré en vigueur le 1er juillet 1999,

—  vu l'article 122, paragraphe 5, de son règlement,

A.  considérant que les relations et la coopération entre l'UE et la République du Kazakhstan ne cessent de se développer à tous les niveaux et que ce pays joue un rôle crucial pour la stabilité et la sécurité de l'Asie centrale ainsi que pour le développement économique de l'ensemble de la région,

B.  considérant qu'en 2010 le Kazakhstan assumera la présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), que cette fonction accroîtra la visibilité et la responsabilité de ce pays dans le domaine de la démocratie et des droits de l'homme; considérant que l'OSCE a déjà exhorté le Kazakhstan à approfondir les réformes démocratiques avant d'assumer la présidence de l'organisation,

C.  considérant qu'en dépit de cette fonction internationale importante, la situation intérieure du Kazakhstan s'est assombrie au cours des derniers mois à la suite du durcissement des restrictions à l'encontre des médias et d'une série de poursuites judiciaires controversées,

D.  considérant que le 3 septembre 2009, Evgeniy Zhovtis, directeur du Bureau international du Kazakhstan pour les droits de l'homme et l'état de droit et défenseur éminent des droits fondamentaux, a été déclaré coupable d'homicide involontaire pour avoir heurté un piéton et causé sa mort alors qu'il était au volant de sa voiture le 26 juillet 2009, et qu'il a été condamné à quatre ans d'emprisonnement dans un centre de répression,

E.  considérant que le 27 juillet 2009, Evgeniy Zhovtis avait été cité comme témoin dans l'enquête de police diligentée le jour même, qu'en cours d'enquête son statut de témoin a été modifié et qu'il a été déclaré suspect le 28 juillet 2009 mais que, en violation de la loi kazakhe, son avocat n'en a été informé que le 14 août 2009,

F.  considérant que selon le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme de l'OSCE, "les droits d'Evgeniy Zhovtis à un procès équitable, comme le garantissent la constitution kazakhe, les engagements contractés par le pays dans le cadre de l'OSCE et les normes internationales fondamentales, ont peut-être été bafoués par des procédures contestables",

G.  considérant que lors de réunions de l'OSCE, Evgeniy Zhovtis avait exposé en détail les violations des droits de l'homme dans son pays, suscitant des doutes quant à l'opportunité de confier au Kazakhstan la présidence d'une organisation attachée à faire respecter les principes démocratiques,

H.  considérant que de sérieux doutes ont été exprimés dans le passé au sujet des procès menés à l'encontre d'autres défenseurs kazakhs des droits de l'homme, parmi lesquels Ramazan Yesergepov et Sergei Duvanov, et des peines d'emprisonnement prononcées,

I.  considérant qu'en juin 2008 puis à nouveau en mai 2009, dans la perspective de la présidence de l'OSCE que son pays assumera, le ministre kazakh des affaires étrangères, M. Marat Tazhin, a promis d'œuvrer en faveur du renforcement et du respect des droits fondamentaux au Kazakhstan,

J.  considérant que l'article 2 de l'accord de partenariat et de coopération UE-Kazakhstan prévoit que la démocratie, les principes du droit international et les droits de l'homme doivent être respectés,

1.  se garde certes de remettre en cause l'indépendance du système judiciaire, élément-clé de toute démocratie, mais se déclare vivement préoccupé par la façon dont l'enquête concernant cet incident tragique et le procès qui s'en est suivi ont été menés et appelle l'attention sur les allégations selon lesquelles des éléments présentés par l'avocat d'Evgeniy Zhovtis n'ont pas été admis comme preuves au cours du procès;

2.  appelle les autorités kazakhes à réaliser immédiatement une deuxième enquête, complète et impartiale, dans le plein respect des principes de transparence et de l'état de droit, sur les circonstances de l'incident, ainsi qu'à réexaminer la condamnation d'Evgeniy Zhovtis et la sentence prononcée contre lui;

3.  exhorte les autorités kazakhes à faire officiellement toute la lumière sur le cas d'Evgeniy Zhovtis et à accorder à ce dernier les garanties d'une procédure régulière, y compris le droit de recours, conformément au droit kazakh;

4.  rappelle les vives réserves exprimées par des organisations de défense des droits de l'homme, peu convaincues de l'engagement réel du gouvernement kazakh sur la voie du progrès, lors de l'annonce, en 2007, de la décision visant à confier à ce pays la présidence de l'OSCE, et attend des autorités kazakhes qu'elles ne ménagent aucun effort pour améliorer la situation et pour réaliser des progrès tangibles sur la voie de la démocratisation et du respect des droits de l'homme avant d'assumer la présidence de l'OSCE;

5.  invite à cet égard la Commission à renforcer l'aide et la coopération de l'UE avec le Kazakhstan dans ces domaines afin de mieux préparer le gouvernement kazakh à s'acquitter de cette importante fonction internationale;

6.  demande instamment au Conseil de soulever avec fermeté cette affaire avec les autorités kazakhes et, en particulier, d'évoquer le cas d'Evgeniy Zhovtis dans le cadre du dialogue UE-Kazakhstan sur les droits de l'homme, lors de la deuxième série de discussions fixée au 21 octobre 2009 ainsi qu'à l'occasion de la réunion du conseil de coopération UE-Kazakhstan prévue pour la mi-novembre 2009;

7.  demande instamment à la Commission d'intensifier ses projets et ses programmes au Kazakhstan dans le cadre de l'Instrument européen pour la démocratie et les droits de l'homme;

8.  charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, au Secrétaire général des Nations unies, au Représentant spécial de l'UE pour l'Asie centrale, à l'OSCE, au Conseil de l'Europe ainsi qu'au parlement, au gouvernement et au président du Kazakhstan.

(1) JO C 184 E du 6.8.2009, p. 49.

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05/10/2009

Assises du journalisme à Strasbourg ...« Je mets la fille publique, du point de vue éthique, au-dessus de l’éditorialiste libéral et je tiens l’entremetteuse pour moins punissable que l’éditeur de journal. » Karl Kraus

Karl Kraus, contre l’empire de la bêtise


Ceux qui auront l’occasion de se plonger dans la lecture des Derniers Jours de l’humanité et de Troisième nuit de Walpurgis, deux ouvrages majeurs de Karl Kraus publiés récemment, partageront sans doute le jugement que Jacques Bouveresse porte sur l’œuvre du satiriste autrichien : « Peu d’auteurs sont susceptibles de nous apporter une aide aussi précieuse dans les combats que nous avons à mener aujourd’hui. »
Aucune introduction à la lecture de ces ouvrages ne peut, mieux que la préface de Bouveresse à Troisième nuit de Walpurgis, aider les lecteurs à comprendre exactement ce que fut le rapport de Kraus à la société de son époque, et plus précisément le sens et la portée exacts de l’incomparable satire qu’il en donne. Ces ouvrages, élaborés quasiment à chaud, dans un esprit militant, l’un dans le contexte de la Première Guerre mondiale, pour stigmatiser la guerre et le bellicisme, l’autre dans le contexte de la montée du nazisme en Allemagne et en Autriche, pour en dénoncer la folie criminelle, conservent néanmoins une réelle actualité et ont encore quelque chose d’important à dire aux Français, et plus largement aux Européens, de ce début de XXIe siècle célébré à l’envi comme une ère de paix, de prospérité et de liberté pour tous.
Justement, une démarche dont on pourrait dire qu’elle est d’inspiration krausienne consisterait à dénoncer le règne du faux-semblant généralisé dans lequel la France et les autres puissances occidentales, sont installées. Contrairement aux apparences, ce monde « développé » moderne, ne connaît ni la paix, ni la prospérité, ni la liberté pour tous, sinon en trompe-l’œil comme privilèges de minorités dominantes, masquant une réalité fondamentalement faite de violence, d’inégalité et d’oppression. La barbarie moderne n’a pas diminué, mais elle a appris à se farder davantage.
On fera remarquer que cette dénonciation est déjà, de façon de plus en plus explicite, à la base du refus que beaucoup de gens opposent au système établi. Il n’est pas douteux, en effet, que des personnalités, voire des petits groupes militants, font preuve d’une lucidité, d’une rigueur de pensée et d’un courage intellectuel et moral qui pourraient être qualifiés de krausiens, même si ces qualités ne s’accompagnent pas nécessairement d’un égal talent de satiriste. Mais l’existence d’un courant de critique radicale ne saurait faire oublier la persistance massive de ce qui constituait la cible centrale de Kraus et qu’il désignait globalement du terme de « bêtise ». Pratiquement tous les ingrédients de l’effarante stupidité qu’il stigmatisait sans relâche dans sa revue Die Fackel et dans ses livres, sont toujours agissants dans le monde actuel, et souvent même se sont renforcés.

Kraus ne s’attaque pas à une idée métaphysique de la bêtise, mais à ses manifestations et incarnations concrètes dans la société de son temps. En démontant ses multiples formes environnantes, il en dégage des aspects essentiels, parfaitement reconnaissables à notre époque encore, dont le trait commun est l’incapacité d’analyser rationnellement la réalité et d’en tirer les conséquences. L’hitlérisme par exemple est pour Kraus un fatras d’insanités idéologiques et de mensonges éhontés qui ne saurait résister à un examen de la saine raison. Mais ce qui rend ce délire irrésistible, dans l’Allemagne des années 1930, c’est que les nazis sont passés maîtres dans l’art de soumettre l’intellect aux affects, de rationaliser des émotions viscérales, de « faire passer la bêtise, qui a remplacé la raison, pour de la raison, de transformer l’impair en effet, bref dans ce que l’on appelait autrefois : abrutir ». Comme le commente de son côté Bouveresse, cette entreprise de « crétinisation caractérisée » a pour résultat de faire « perdre tout sens de la réalité, aussi bien naturelle que morale » aux individus soumis en permanence au pilonnage de la propagande.
C’est très exactement l’état dans lequel la propagande d’aujourd’hui, développée, systématisée et euphémisée sous les espèces de la « communication » et de l’« information », tend à mettre les populations, au bénéfice des grands exacteurs de l’ordre établi. L’honnêteté oblige à dire qu’aujourd’hui comme hier, et peut-être plus encore, le processus d’abrutissement par l’évacuation de la réflexion critique, par le martèlement des slogans exaltant le vécu immédiat, le pulsionnel et le fusionnel, par la réduction du langage au boniment publicitaire et par l’appauvrissement intellectuel qui l’accompagne, a pénétré profondément l’ensemble de la culture et de la vie sociale et provoqué de terribles dégâts. Lorsque le discours public ne sert plus qu’à masquer le vide de la pensée, à proférer avec aplomb des arguments spécieux ou controuvés, à habiller d’une apparence de bon sens le déni de toute logique rationnelle, à rendre admirables et honorables des actes ou des idées ignobles et méprisables, lorsque parler et écrire ne sont plus, pour beaucoup, que des moyens, non pas de chercher vérité et justice, mais de séduire et de mentir aux autres comme à soi-même, bref quand le langage n’est plus que le véhicule d’une manipulation démagogique et un instrument de domination parmi d’autres, mis au service des puissants par des doxosophes de tout acabit (1), alors c’est une tâche primordiale, pour ceux qui savent encore ce que parler veut dire et refusent de s’en laisser conter, de mettre méthodiquement en lumière, comme faisait Kraus, le fonctionnement de la machine à abêtir.

Si Kraus pourfendait impitoyablement la bêtise sous toutes ses formes, ce n’était pas tant la bêtise puérile et honnête, si l’on peut dire, celle des esprits simplets, que celle des intelligents, la bêtise chic et distinguée, instruite et éloquente, spécialement chez ceux des intellectuels qui utilisent la culture et le raisonnement à rendre acceptable, par eux-mêmes et par les autres, la démission intéressée de l’entendement en face de certaines situations réelles. Ainsi, pour n’en donner qu’un exemple particulièrement significatif, Kraus fustigeait-il « ces hommes de main qui font dans la transcendance et proposent dans les universités et les revues de faire de la philosophie allemande une école préparatoire aux idées de Hitler ». Parmi eux, il s’en prenait particulièrement à Heidegger, dont les nazis avaient fait un recteur de l’université et qui « align[ait] ses fumeuses idées bleues sur les brunes » en appelant ses étudiants au culte du Führer et au « service militaire de l’esprit ». Sans aucun égard pour la réputation de philosophe éminent que s’était acquise Heidegger, Kraus décoche ce trait, qui n’est pas chez lui simple banderille : « J’ai toujours su qu’un savetier de Bohême est plus proche du sens de la vie qu’un penseur néo-allemand. »
Plus généralement Kraus excelle à mettre le nez dans leur incohérence à tous les faiseurs de démonstrations qui s’ingénient à bricoler des prémisses rationnellement acceptables pour justifier des conclusions dictées d’avance par des croyances affectives et des intérêts partisans, tels que les préjugés racistes ou nationalistes, ou, davantage encore, à tourner en dérision ceux qui, abdiquant toute exigence intellectuelle, se félicitent de faire partie des gens qui, comme l’écrivait un éditorialiste, « ont appris, comme nous, à renoncer à tout degré dans l’ordre de l’intellect pour non seulement vénérer un tel Führer mais l’aimer tout simplement ».


Se prostituer à l’ordre établi

Parmi les différentes catégories intellectuelles qui, de plus ou moins bonne foi, se complaisaient à prendre la nuit pour le jour, et travaillaient à croire et à faire croire que l’ordre nouveau nazi était, sinon toujours absolument irréprochable, du moins contrôlable, amendable, et donc acceptable, il y en avait deux en particulier qui fournissaient une cible de choix à Kraus : les partisans de la social-démocratie et les journalistes, chez qui cécité et surdité au réel composent une forme de bêtise proche de l’autisme.
L’aptitude des sociaux-démocrates à emboîter le pas aux nationalistes et bellicistes lors de la Première Guerre mondiale avait édifié Kraus sur leur inaptitude politique et morale à résister. Où trouveraient-ils la force de résister, demandait-il, « alors que chaque fibre de leur être incline à pactiser » avec le monde comme il va. Aussi ne les croyait-il pas en mesure de s’opposer à la barbarie montante. Kraus avait parfaitement compris que l’essence même de la « bêtise » sociale-démocrate, c’était le réformisme de principe, l’illusion de croire qu’on peut dîner avec le diable, le refus systématique de l’affrontement, la volonté forcenée d’intégration, le désir éperdu d’être bienséant, de « mener une vie bien tranquille dans une jolie petite opposition sécurisante », et l’irrémédiable naïveté de penser que les bandits d’en face allaient respecter ces beaux sentiments et être assez raisonnables pour entendre raison.
Si on peut dire aujourd’hui que les partis sociaux-démocrates et ceux qu’ils influencent n’ont pas su tirer de l’expérience d’un siècle d’histoire d’autre enseignement que celui d’un acquiescement encore plus délibéré à la dictature du « réel » (ennoblie de nos jours en « logique de marché »), que dire alors de l’activité de la presse et de ses journalistes, de cette « journaille libérale » pour laquelle Kraus éprouvait une exécration à la mesure du rôle essentiel qu’elle jouait dans l’entreprise d’abrutissement généralisé des populations. Une grande partie du travail de Kraus, pendant des lustres, a consisté à lire attentivement la presse de son époque et à en démonter savamment, méticuleusement, le discours, pour en montrer toute l’imposture, à partir « de l’usage qu’elle fait du langage, de la déformation du sens et de la valeur, de la façon dont sont vidés et déshonorés tout concept et tout contenu ». À ses yeux la pente naturelle de la presse était à la prostitution à l’ordre établi. Il prenait soin d’ailleurs de préciser : « Je mets la fille publique, du point de vue éthique, au-dessus de l’éditorialiste libéral et je tiens l’entremetteuse pour moins punissable que l’éditeur de journal. »
Kraus n’a eu de cesse de combattre l’emprise de la niaiserie, de l’inculture et de « l’ordure journalistique quotidienne » sur les esprits. Encore sa critique s’adressait-elle alors essentiellement à la presse écrite. Il n’aurait rien à rabattre de sa sévérité aujourd’hui, bien au contraire. Tout au plus, compte tenu de l’évolution sociologique de ce secteur, de sa croissance explosive, de la concentration des titres, stations et chaînes entre les mains d’un petit nombre de puissants groupes capitalistes, admettrait-il peut-être de faire une distinction entre la caste dirigeante et éditorialisante du monde journalistique, quasi tout entière acquise à l’économie libérale et au maintien de l’ordre idéologique, et l’armée des simples exécutants dont beaucoup connaissent les affres de la précarité et dont quelques-uns se battent courageusement, seuls ou avec leurs syndicats, contre l’arbitraire patronal privé ou public et contre la pente, plus prononcée que jamais, à la prostitution de la presse au pouvoir économico-politique de l’argent.

Kraus, qui est mort en 1936, n’a pu voir le règne nazi de la force s’effondrer sous l’assaut d’une force extérieure plus grande encore. Mais, bien qu’on puisse supposer dans toute posture satirique un appel à se battre, l’espoir d’être compris et le projet au moins implicite de corriger ce que l’on dénonce, il semblerait que, comme la plupart des esprits très acérés, en particulier chez les moralistes, Kraus n’ait pas été excessivement optimiste sur les dispositions de ses contemporains à faire preuve de lucidité et de courage. Peut-être est-ce là, peut-on penser, un « travers » d’intellectuels que leur vaste culture, et de surcroît la lecture intensive des journaux, inclinent à discerner le tragique dans toute farce et la farce dans toute tragédie, et à prendre ses distances avec les illusions communes. Il n’en reste pas moins que le cours historique des choses réserve bien des surprises. Le pire n’est pas toujours le plus probable et, s’agissant des luttes sociales, elles ne sont vraiment perdues, on le sait, que lorsqu’on se refuse à les livrer. Nous venons, en France, de l’expérimenter une fois de plus. Kraus, infatigable résistant, n’aurait certainement aucune réticence à admettre qu’en mai 2005 les Français ont porté un formidable coup d’arrêt à l’étouffante bêtise qui croyait avoir assuré son empire en Europe.


________________
(1) Doxologie : étymologiquement, prière à la gloire de Dieu ; doxosophe : personne impliquée dans le champ intellectuel et dont le fonds de commerce est la défense de la doxa (l’opinion commune et dominante).
Alain Accardo
Le Monde diplomatique, août 2005






Le programme des Assises 2009 en un coup d'oeilarticle thumbnail "Quelle information pour demain ?" Au menu des Assises du Journalisme et de l’Information 2009, ce sont près de 150 intervenants journalistes, éditeurs, universitaires, enseignants, et associations qui se réuniront à Strasbourg pour plus d’une trentaine de forums et 5 jours de débats.



Le programme détaillé, jour par jour
Au menu des Assises du Journalisme et de l’Information 2009, ce sont près de 150 intervenants journalistes, éditeurs, universitaires, enseignants, et associations qui se réuniront à Strasbourg pour plus d’une trentaine de forums et 5 jours de débats.


Deux blogs pour suivre Les Assises

30-09-2009

Toute la semaine prochaine, du 5 au 9 octobre 2009, les étudiants du CUEJ et du CFJ tiendront deux blogs pour suivre toute l'actualité des Assises.

Les Assises du Journalisme et de l'Information 2009 : Demandez le programme !

16-08-2009

La troisième édition des Assises se tiendra à Strasbourg du 5 au 9 octobre 2009, en partenariat avec le Conseil de l’Europe. Pour tout savoir sur les débats, les intervenants, et les thématiques des Assises 2009, consultez ici notre page spéciale dédiée aux Assises.

 

 

"Les guerres de Karl Kraus"

Agone3536_unehttp://revueagone.revues.org/index479.html

 

 

09:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/10/2009

En marge du rassemblement antinucléaire de Colmar...des nomades du nucléaires "légèrement contaminés"

  • Quatre salariés "trés légèrement contaminés" à la centrale de Paluel (EDF)

  • http://blog.msa-autrement.fr/public/.23-47PaluelEDF56350_m.jpg

    03/10/2009-[22:06] - AFP

    LE HAVRE, 3 oct 2009 (AFP) - Quatre salariés d’une entreprise extérieure ont été "très légèrement contaminés" samedi, pour une raison encore inconnue, à la centrale nucléaire EDF de Paluel (Seine-Maritime), a-t-on appris auprès de la direction du site.

    Ces salariés intervenaient dans la partie nucléaire de la tranche numéro 2 de cette centrale qui était arrétée dans le cadre d’une opération de maintenance programmée. Ils ont été contrôlés avec un taux de contamination de 0,5 milliSivert (mSv) inférieur au quarantième de la limite réglementaire annuelle fixée à 20 mSv, selon la direction. Celle-ci assure qu’aucun suivi médical particulier n’est "nécessaire" en ajoutant que ces salariés feront l’objet d’une "anthropogammamétrie" lundi pour s’assurer que la contamination a disparu. Elle précise qu’une analyse est "en cours" pour connaître les raisons de leur exposition au rayonnement. De son côté, le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé cet incident en regrettant le recours aux entreprises de sous-traitance dans les opérations de maintenance des centrales. "Même faible une contamination reste une contamination et il sera difficile de faire le lien si un jour ces salariés qui ne dépendent pas d’EDF déclenchent une maladie", a affirmé Alain Corréa, porte parole du réseau en Seine-Maritime. La centrale nucléaire de Paluel qui emploie 1.200 salariés est une des plus importantes de France avec ses quatre réacteurs de 1.300 mégawatts qui produisent 7% de l’électricité française.

 

 

10:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/10/2009

manifestation antinucléaire 3-4 octobre Colmar: le tir aux pigeons ?

 

Pas la peine d'être un grand stratège en guérilla urbaine pour voir que ce qui se prépare ce week-end.

Un simple coup d'oeil sur google maps va vous faire vous demander pourquoi interdire la place Rapp et vouloir faire tenir entre 10 000 et 20 000 personnes autour de la gare... cliquez sur le plan satellite:

:



maintenant jetons un coup d'oeil sur "la gare", manifestement la place est beaucoup plus petite...et si vous voulez partir, libre à vous de prendre...la "rue du tir ", tout un programme...

 

http://www.allanbarte.com/blog/public/Dessin_d_actu/flashball.JPG

18:22 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/10/2009

OTAN d'arnaques, les rétro-commissions de BAE Systems...Dassault est à l'affût...

LONDRES jeudi1 octobre 2009

GB : Le groupe d'armement BAE Systems de nouveau inquiété pour corruption

AFP

 

LONDRES, 1 oct 2009 (AFP) Quatorze mois après avoir été libéré d'une retentissante affaire de corruption d'officiels saoudiens, le groupe d'armement britannique BAE Systems fait de nouveau face à la menace de poursuites de même nature, une affaire à haute portée politique au Royaume-Uni.

Le Serious Fraud Office (SFO), spécialiste de la délinquance en col blanc, a demandé jeudi à l'Attorney General (ministre conseiller juridique du gouvernement, différent du ministre de la Justice, ndlr), la baronne Patricia Scotland, de "poursuivre BAE Systems en relation avec des faits de corruption à l'étranger".

Cette décision fait suite à une enquête menée dans les activités de BAE Systems "en Afrique et en Europe de l'est", selon le SFO, et notamment, selon la presse, en Tanzanie, en Afrique du Sud, en République tchèque et en Roumanie.

Le groupe d'armement, qui emploie 105.000 personnes, est très présent aux Etats-Unis et participe à des programmes militaires importants comme l'avion de chasse Eurofighter ou les deux futurs porte-avions britanniques.

Il a aussitôt assuré avoir "toujours agi de manière responsable avec le SFO, en prenant en compte les intérêts de ses actionnaires, de ses employés et les avis juridiques qu'il a reçus", sans évoquer directement sa responsabilité.

Cette affaire a réveillé d'un coup le souvenir du scandale qui a éclaté en décembre 2006, quand le SFO, à la demande de l'Attorney General de l'époque, et surtout de l'ancien Premier ministre Tony Blair, avait dû renoncer à poursuivre BAE Systems dans une autre affaire de corruption supposée, visant cette fois l'Arabie Saoudite. Le gouvernement avait invoqué le maintien des bonnes relations entre les deux pays en matière d'antiterrorisme.

Surtout, sa décision avait clairement permis de sauver un contrat de 72 Eurofighter Typhoon, alors que Ryad menaçait de se tourner vers le Rafale français.

Deux organisations de lutte contre l'armement, CAAT et The Corner House, avaient obtenu de la justice que la décision de clôturer l'enquête soit déclarée illégale. Mais en juillet 2008, cinq Lords, siégeant comme juges suprêmes, avaient renversé cette décision, libérant définitivement BAE Systems dans cette affaire, non sans montrer dans leurs commentaires un certain malaise, évoquant "les menaces" saoudiennes.


L’enquête sur des commissions versées à l’Arabie saoudite déstabilise BAE Systems

jeudi 7 juin 2007 par marieagnes

L’enquête sur des commissions versées à l’Arabie saoudite déstabilise BAE Systems

LE MONDE | 30.11.06 | 13h08 • Mis à jour le 30.11.06 | 14h42

LONDRES CORRESPONDANT

Mike Turner, directeur général de BAE Systems, est sur la sellette : mercredi 29 novembre, le parquet suisse a donné une réponse favorable à la demande d’entraide britannique à propos du versement présumé de commissions illégales par le groupe d’aéronautique et de défense à des membres de la famille royale d’Arabie saoudite.

La requête du Bureau britannique de détection des fraudes graves (Serious Fraud Office, le SFO) porte sur les millions de livres découverts dans les comptes suisses de Wafic Saïd, marchand d’armes syrien installé à Monaco. Ce dernier aurait servi d’intermédiaire dans le projet de vente, par BAE Systems, de chasseurs Eurofighter à Riyad.

Le SFO soupçonne BAE d’avoir versé des commissions faramineuses, en espèces comme en nature (vacances, appartements, voitures de luxe, etc.) à des princes saoudiens pour obtenir ce contrat lucratif.

Pour M. Turner, l’enjeu de ce scandale est énorme. En effet, l’Arabie saoudite a tout simplement menacé d’annuler le contrat sur l’achat de 72 avions Eurofighter Typhoon et le support associé, si le SFO ne met pas fin à son enquête. Bien qu’un préaccord commercial entre les deux pays ait été signé en août, la signature de ce contrat d’au moins 10 milliards de livres (14,8 milliards d’euros) piétine.

Plus grave pour l’orgueil d’Albion, les Saoudiens seraient prêts à conclure, selon la presse londonienne, un contrat avec la France portant sur l’achat d’avions Rafale, le rival direct d’Eurofighter.

M. Saïd, 68 ans, s’est retrouvé à la tête d’une fortune colossale en tirant les ficelles dans les grands contrats d’armement entre l’Occident et les pétromonarchies du Golfe, au premier rang desquelles, bien sûr, l’Arabie saoudite.

Son coup d’éclat reste le "contrat du siècle" Al-Yamamah : la livraison, en 1985, d’avions britanniques Tornado au royaume wahhabite, un contrat s’élevant à 43 milliards de livres.

Prompt à monnayer ses hautes relations à Riyad, en particulier auprès du prince Sultan, actuel prince héritier, à l’époque ministre de la défense, l’entremetteur obligé avait utilisé comme émissaire Mark Thatcher, le propre fils du premier ministre de l’époque ! En enquêtant sur les montages alambiqués arrangés par M. Saïd au profit de BAE, le SFO a exhumé en pointillé des questions embarrassantes sur les méandres de la diplomatie britannique dans le Golfe.

ENQUÊTE ÉTENDUE À D’AUTRES PAYS

Tout a commencé par la descente de la police, en 2004, dans les locaux d’une compagnie écran, "Red DiamondTrading", utilisée pour opérer les versements de pots-de-vin à des hauts gradés de l’armée saoudienne.

Le problème est qu’aujourd’hui ni Tony Blair ni le Foreign office ne maîtrisent l’enquête du Bureau des fraudes, qui entend aller jusqu’au bout. Une loi de 2002 contre la corruption interdit, en effet, le versement par des compagnies britanniques de commissions occultes à l’étranger. L’enquête dépasse d’ailleurs le cadre proche-oriental. L’investigation sur les largesses de BAE Systems a été étendue au Chili, à la Roumanie, la Tanzanie et la République tchèque.

Issue du rapprochement de British Aerospace et de Marconi Electronic Systems en 1999, BAE Systems a vendu en septembre 2006 sa participation dans Airbus ; la plupart de ses activités concernent la défense.

M. Turner joue la carte de l’intérêt national pour tenter d’influencer le cours de la justice. Valeur phare, récemment encore, de la Bourse de Londres, BAE Systems est toutefois dans le collimateur des analystes. La City redoute que les retombées du scandale ne portent un coup sévère à l’image de la compagnie sur ses deux marchés les plus porteurs, les Etats-Unis et le Proche-Orient.

Le Monde

Marc Roche

 

Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

mardi 26 juin 2007 par marieagnes

Economie

Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

REUTERS | 26.06.2007 | 10:15

LONDRES (Reuters) - La justice américaine a ouvert une enquête sur BAE Systems pour tenter d’établir si le groupe britannique d’aéronautique et de défense a respecté ou non la législation anti-corruption, notamment dans le cadre de contrats avec l’Arabie saoudite.

L’annonce de l’ouverture de ces investigations fait chuter l’action BAE à la Bourse de Londres : vers 8h00 GMT, le titre abandonne 8,08% à 406,50 pence, la plus forte baisse de l’indiceFTSE (-0,6%).

Les activités de BAE Systems, numéro un européen de la défense, ont d’importantes ramifications aux Etats-Unis.

En Grande-Bretagne, le Serious Fraud Office, l’agence chargée de ce type d’affaires, a abandonné pour sa part ses investigations sur ce dossier en décembre dernier, le premier ministre Tony Blair ayant argué qu’elles mettaient en péril la sécurité nationale et les relations diplomatiques avec Ryad.

"BAE Systems s’est vu notifier par le département américain de la Justice que celui-ci a entamé une enquête formelle liée au respect par la société des lois anti-corruption incluant les activités de la société concernant le royaume d’Arabie saoudite", annonce le groupe dans un bref communiqué mardi.

Un porte-parole du bureau de Tony Blair a déclaré pour sa part : "Nous ne pouvons commenter une procédure judiciaire qui n’a pas encore débuté mais nous la surveillerons avec intérêt."

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès du ministère britannique de la Défense.

BAE a toujours nié toute malversation ou infraction dans le cadre de ses relations avec l’Arabie saoudite.

UN MILLIARD DE LIVRES

L’enquête de la justice américaine porte sur le contrat Al Yamamah, le plus gros contrat d’exportation d’armement jamais signé par une entreprise britannique. Celui-ci remonte aux années 1980 et a représenté un montant global estimé à 43 milliards de livres sterling (64 milliards d’euros).

La presse britannique a rapporté récemment que BAE avait versé, avec l’aval du ministère de la Défense britannique, plus d’un milliard de livres au prince saoudien Bandar ben Sultan via des comptes bancaires aux Etats-Unis. BAE a nié ces informations.

Bandar, ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis et actuel secrétaire général du Conseil national de sécurité du royaume, a vigoureusement démenti que ces sommes aient pu constitué des commissions occultes versées en sa faveur, et qualifié l’affaire de "pure invention".

Les avocats de Bandar répondent que les fonds versés sur des comptes en banque de la Riggs Bank ont été crédités au nom du ministère saoudien de la Défense et de l’Aviation et que cet argent a été exclusivement utilisé pour les besoins du ministère.

BAE souligne pour sa part que le contrat Al Yamanah a fait l’objet d’un accord entre les deux gouvernements, et que tous les paiements impliqués ont dont fait l’objet de la validation expresse de Ryad et de Londres.

Le groupe a demandé ce mois-ci à un ancien responsable judiciaire britannique, Lord Woolf, de mener un audit de ses pratiques éthiques mais les transactions passées avec l’Arabie saoudite ne sont pas concernées.

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

 

 

BAE : le scandale qui fera chuter la City et la Couronne britannique

 

18 juin 2007 - 23:24

Par Jeffrey Steinberg

Le 6 juin, la British Broadcasting Corporation (BBC) a révélé au grand public une énorme affaire de corruption et de financement occulte : le producteur d’armes britannique, BAE Systems (British Aerospace Electronic Systems) a versé plus de 2 milliards de dollars de pots de vin au responsable de la sécurité nationale saoudienne, le prince Bandar bin-Sultan, l’ambassadeur saoudien à Washington pendant 22 ans. Ces accusations furent élargies le 11 juin au cours d’un documentaire de Panarama TV sous le titre « Des Princes, des avions et des dessous de table » , qui développait en détail les résultats d’une enquête longue d’une décennie menée par Le Guardian, la BBC et l’agence gouvernementale anglaise British Serious Fraud Office (SFO) dans les contrats de ventes d’armes Al-Yamamah (en arabe : la colombe), des accords vieux de 22 ans entre BAE Systems et le royaume saoudien, pour la livraison d’avions de chasse britanniques et de leur maintenance, signés en 1985.

Depuis, chaque gouvernement anglais, allant de Margaret Thatcher à Tony Blair en passant par John Major, est mouillé dans le scandale. Pire encore, en décembre 2006, le ministre de la justice britannique Lord Goldsmith étouffe l’enquête du SFO et déclare que toute investigation supplémentaire portera sérieusement « atteinte à la sécurité nationale britannique ». Blair donne son appui total à son ministre et tente de finaliser en dernière minute le quatrième volet des contrats d’armes Al-Yamamah avant sa retraite le mois prochain.

Le tollé provoqué par l’annonce de Lord Goldsmith a déclenché une floraison d’enquêtes, y compris de la part du gouvernement suisse et de l’OCDE basée à Paris.

Plus récemment, le Département de la Justice étasunien a ouvert une enquête sur le blanchiment d’argent et la violation possible par les britanniques et les saoudiens de lois sur les pratiques de corruption (Foreign Corrupt Practices Act). Les 2 milliards de dollars, somme cumulée des pots de vins dont a bénéficié le Prince Bandar comme négociateur principal des contrats, transitaient par les comptes du gouvernement saoudien à la Riggs Bank de Washington D.C., rendant ainsi compétente la juridiction américaine.

Si dans cette affaire les enquêtes anglaises ont mis en lumière un vaste réseau de sociétés écran, de planques off-shore et de politiciens véreux qui profitaient des largesses de ces contrats, notre enquête préliminaire fait émerger des enjeux plus fondamentaux qui déferleront aussi bien contre les cercles financiers de la City de Londres que contre des dignitaires de la monarchie anglaise, tous engagés dans un dessein qui est au cœur même du système financier anglo-hollandais actuellement en manque de souffle.

Al-Yamamah

En 1985, la guerre entre l’Iran et l’Irak entre dans sa phase la plus destructrice, celle de « la guerre des cités ». Effrayé, le pays voisin, qui est le Royaume d’Arabie Saoudite, envisage de se procurer un nombre conséquent d’avions de chasse modernes pour équiper sa propre Royal Air Force.

A l’origine, l’Arabie Saoudite cherche l’appui de l’Administration Reagan pour l’achat de F-15 américains. Cet achat nécessite l’autorisation explicite du Congrès américain. Pour torpiller le contrat, le lobby pro Israël AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) se mobilise. Selon des sources bien renseignées localisées à Washington, un certain Howard Teicher, à l’époque haut responsable du Conseil Nationale de Sécurité (NSC), joue un rôle néfaste, de pair avec l’AIPAC, pour saboter l’accord. Teicher, selon les sources, fait de la rétention d’information, ce qui conduit le président américain à remettre le moment du vote à une date ultérieure, permettant ainsi à l’AIPAC de faire monter la pression sur les membres du Congrès. Devant la réticence d’élus intimidés, il devient facile pour Teicher de convaincre le président de retirer sa demande plutôt que d’affronter le Congrès.

D’autres sources racontent une version légèrement différente des causes de l’échec de la vente des F-15, prétendant que les services de renseignement prévoyaient une instabilité croissante dans le golfe persique à partir du milieu des années 1970, et que la révolution de Khomeiny en Iran les conduisait à fortement déconseiller toute vente de haute technologie américaine à l’Arabie Saoudite.

Peu importe les raisons, la vente des F-15 fut annulée. Le lendemain du jour où l’Administration Reagan avait enterré le dossier, le prince Bandar, de fait le diplomate le plus haut placé du Royaume Saoudien en charge des relations avec l’Angleterre, l’Union Soviétique, la Chine ainsi que les Etats-Unis, se rendait à Londres pour une rencontre avec le premier ministre Margaret Thatcher. En Angleterre, les ventes d’armes sont exemptes d’autorisation parlementaire, et depuis 1966 l’Angleterre a créé la Defence Export Services Organization (DESO) pour colporter ses armes au quatre coins du globe. BAE Systems a été créé en 1981, quand Thatcher a re-privatisé l’industrie de l’armement en Angleterre, après sa nationalisation quatre ans auparavant par les travaillistes. BAE Systems est de loin le plus grand groupe d’armement dans le secteur de la défense britannique.

Le voyage de Bandar à Londres pour s’entretenir avec Thatcher était préparé depuis des mois. Un document-briefing du Ministère de la Défense, préparé pour la rencontre, disait que « depuis le début de 1984, des efforts intenses ont été déployés pour vendre des Tornados et des Hawks aux saoudiens. Quand, dans l’automne de 1984, les derniers commençaient à porter leur choix vers des mirages français, M Heseltime s’est rendu en grande hâte en Arabie Saoudite avec une lettre du premier ministre adressée au roi Fahd. En décembre 1984, le premier ministre ouvrait une série de négociations importantes en rencontrant le prince Bandar, fils du prince Sultan... Le premier ministre a rencontré le roi à Riyâd en avril de cette année, et en août le roi lui faisait part par écrit de sa décision d’acquérir 48 avions Tornado IDS et 30 avions Hawk. » Thatcher avait toutes les raisons du monde de penser que Bandar était l’interlocuteur idéal pour le contrat du siècle. A l’âge de 16 ans, plusieurs années après que son père fut nommé ministre de la défense du royaume, le prince fut envoyé en Angleterre pour étudier au Royal Air Force College de Cranwell, l’école d’élite pour la formation des pilotes de la RAF. Un responsable du renseignement rapportait la rumeur que Bandar fut recruté au MI-6, le service de renseignement de l’armée, bien avant la fin de sa formation. D’autres sources, au cœur de l’affaire BAE Systems, rapportent que le géant « privé » de l’aérospatial britannique dispose d’une force de vente quasiment exclusivement composée de personnes ayant été recrutées par le MI-6.

Que ces rapports soient fiables ou non, il est incontestable que Bandar est très anglophile. Le meilleur récit à ce jour de ses aventures en Angleterre apparaît dans le livre de William Simpson « Le Prince -L’histoire secrète du membre royal le plus intriguant du monde » (HarperCollins, New York, 2006).

Simpson, un copain de classe de Bandar et toujours en excellents termes avec lui, a écrit cet essai biographique avec la bienveillante coopération de Bandar, et documente ses relations très proches avec chaque locataire du 10, Downing Street.

« A Londres », rapporte Simpson, « Bandar pouvait se présenter avec un panache sans pareil au 10, Downing Street. De Margaret Thatcher à John Major ou Tony Blair, l’accès de Bandar était extraordinaire. » Selon les dires de Bandar lui-même relatifs aux contrats Al-Yamamah « Quand nous avons conclu l’accord pour la première fois, nous n’avions aucun contrat. C’était une poignée de mains entre moi et madame Thatcher au 10, Downing Street. » C’était des mois avant que les détails exacts des contrats Al-Yamamah furent finalisés et signés. Avant même que l’encre eut séché, l’Angleterre fournit la première livraison des avions de chasse Tornado -provenant des réserves de la RAF.

Au moment où un protocole d’accord est signé entre les ministres de la défense saoudien et anglais, le 25 septembre 1985, la commande initiale est agrandie à 72 avions Tornado et 30 Hawk, ainsi qu’à l’assistance et la maintenance appropriées. Il y a eu deux volets de ventes supplémentaires : Al-Yamamah II et III et Al-Yamamah IV, une vente estimée à environ 40 milliards de dollars de fournitures supplémentaires qui entre aujourd’hui dans sa phase finale.

Pétrole contre avions

L’accord Al-Yamamah fonctionne comme un accord de troc. D’une part, les saoudiens acceptent de payer en liquide certains services ainsi que la construction d’infrastructures par des sous-contrats séparés. Ainsi, toute une série de paiements vont à des honoraires « de conseil » ou à des commissions occultes, dont les deux milliards de dollars virés sur les comptes du Prince Bandar à la Riggs Bank, ou les dessous de table dont ont profité le dictateur chilien Augusto Pinochet, ou encore le prince consort des Pays-Bas, le Prince Bernhard. Mais d’autre part, l’échange implique d’énormes livraisons de pétrole à l’Angleterre, en échange des avions de chasse.

Et c’est la où l’histoire devient vraiment intéressante.

L’Arabie Saoudite envoie chaque jour un tanker pétrolier en Angleterre, aussi longtemps que dure le contrat Al-Yamamah. Un pétrolier contient approximativement 600.000 barils de pétrole. Officiellement, les livraisons d’avions de BAE Systems à l’Arabie Saoudite commencent en 1989 et BAE Systems emploie actuellement environ 5.000 personnes en Arabie Saoudite pour l’exécution du contrat.

Est-il possible de gager une valeur en cash pour BAE Systems sur les fournitures pétrolières ? Selon des sources proches du dossier, beaucoup du pétrole saoudien fut vendu sur le marché international spot, à la valeur du marché mondial, par l’intermédiaire de British Petroleum et Royal Dutch Shell.

L’économiste d’EIR, John Hoefle, en croisant les statistiques et les prix officiels de BP, chiffre le montant de la valeur totale de ces transactions à 125 milliards de dollars de l’époque, ou l’équivalent de 160 milliards de dollars d’aujourd’hui.

Par ailleurs, il est a remarquer que selon toutes les données dans le domaine public, le montant de l’équipement et des services fournis par BAE Systems à l’Arabie Saoudite, sur une période de 22 ans, se situe aux environs de 80 milliards de dollars. Et ce chiffre est gonflé à cause de quelques milliards de « largesses » diverses. En effet, en novembre 2006, un mini scandale a éclaté autour de la firme quand un document du ministère de la défense a laissé filtrer le prix réel des avions. Ce chiffre confirme la suspicion entretenue depuis longtemps que le prix des avions est surfacturé d’au moins quarante pourcents.

Ainsi, BAE Systems, une perle sur la couronne du système financier de la City de Londres, s’est attribué un pactole d’environ 80 milliards de dollars de profit net -avec la complicité de la BP et de Royal Dutch Shell !

Où est allé tout cet argent, et dans quelle type d’activités ? La réponse à ces questions, soulignent nos sources, circonscrit la clef même du pouvoir de la finance anglo-hollandaise dans le monde aujourd’hui.

L’ami et biographe du prince Bandar, William Simpson, nous livre une piste intéressante sur le fonctionnement interne du projet Al-Yamamah : « Bien que les contrats Al-Yamamah constituent une façon extrêmement non-conventionnelle de conduire les affaires, ses retombées lucratives sont le produit annexe d’un objectif politique : un objectif politique saoudien et un objectif politique britannique. Al-Yamamah est surtout, et avant tout, un contrat politique. Négocié quand la guerre froide battait son plein, sa structure unique a permis aux saoudiens d’acquérir des armes dans le monde entier pour financer la lutte contre le communisme. L’argent d’Al-Yamamah se retrouve dans l’achat clandestin de pièces d’artillerie russes employées pour chasser les troupes de Kadhafi du Tchad. On en retrouve également la trace lors des achats d’armes en Egypte pour finir en Afghanistan entre les mains des moudjahiddines luttant contre l’occupation soviétique. » Ainsi, le biographe du prince Bandar confirme que le système Al-Yamamah est le plus grand fonds secret de l’histoire -protégé par les lois du secret de sa majesté la Reine d’Angleterre et celles, encore moins transparentes, des financiers de la City de Londres ainsi que de l’empire dérégulé des paradis fiscaux qui peuplent les possessions et dépendances de l’empire.

Le monde vu du coté des saoudiens

Pour sa part, il est clair que la famille royale saoudienne n’a pas fait une mauvaise affaire avec Al-Yamamah. Quand le contrat fut signé en 1985, selon des insiders, l’Arabie Saoudite bénéficia d’une dérogation de l’OPEP, car l’accord de troc avec BAE Systems s’opère en dehors des quotas de production. En d’autres termes, pour effectuer les achats d’armes, l’Arabie Saoudite a obtenu le feu vert de l’OPEP pour produire 600.000 barils par jour, au-dessus du chiffre plafond.

Selon l’Agence d’information de l’énergie, qui dépend du Ministère de l’Energie américain, pendant toute la durée du programme Al-Yamamah, le coût moyen d’un baril de brut saoudien se chiffre en dessous des 5 dollars. A ce prix, le coût annuel pour les saoudiens pour les 600.000 barils par jour est de 1,1 milliards de dollars, c’est-à-dire 24,6 milliards de dollars du début jusqu’à maintenant. La valeur commerciale, comme nous l’avons déjà indiqué, totalise 160 milliards de dollars.

Les saoudiens forgent un partenariat crucial avec l’oligarchie financière anglo-hollandaise domiciliée à la City de Londres sous la protection de la couronne. Ils font naître, de mèche avec BAE Systems, Royal Dutch Shell, British Petroleum et autres grandes sociétés transnationales, une concentration dissimulée de pouvoir financier off-shore qui ferait baver d’admiration les gérants de la Compagnie des Indes Orientales des temps glorieux de l’empire britannique d’antan, quand l’Union Jack dominait les océans du globe.

A l’heure actuelle, il n’est pas possible de calculer la part exacte des fonds occultes dépensés dans les guerres secrètes et autres coups tordus anglo-américains des dernières décades. Il n’est pas possible non plus d’évaluer avec précision l’effet multiplicateur de portions de ces fonds occultes à l’oeuvre à travers les Hedge Funds des Îles Caïman, l’Isle de Man, Gibraltar, le Panama et la Suisse.

Ce qui est clair néanmoins, c’est que le scandale de BAE Systems dépasse de loin les 2 milliards de dollars d’argent de poche du prince Bandar et touche le cœur même de la puissance financière anglo-hollandaise.

Il y a encore énormément de choses à découvrir ; mais rien que cette porte légèrement entrouverte nous montre déjà fort bien ce qui entrera dans l’histoire comme la plus grande escroquerie du siècle.

Suivez les derniers développements :

« Pots de vin » de BAE : derrière la corruption, un Watergate international

http://www.solidariteetprogres.org/article-imprim.php3?id_article=3002




BAE Systems aurait versé des commissions secrètes au prince Bandar Version imprimable Suggérer par mail
15-06-2007
LONDRES – Les soupçons de corruption entourant les ventes d'armes de BAE Systems à l'Arabie saoudite sont revenus sous les projecteurs la semaine dernière avec la révélation dans la presse de commissions versées au prince Bandar, dont le groupe de défense britannique ne semble nier que l'illégalité.

Le prince lui-même a confirmé dans la soirée des versements d'argent par BAE, insistant seulement sur le fait qu'ils n'avaient rien de «secret».

Le Guardian et la BBC ont affirmé que BAE avait versé secrètement, pendant au moins dix ans, 30 millions de livres (plus de 63 millions $ CA) par trimestre à l'ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis, via une banque de Washington, dans le cadre du contrat de vente d'armes Al-Yamamah, signé en 1985 et renouvelé par la suite.


Au total, les versements présumés dépassent 1,2 milliard de livres, soit 2,54 milliards $ CA au taux de change actuel.

BAE Systems a démenti, dans un communiqué, «toutes les allégations de malversations liées à ce programme [militaire] important et stratégique».

Mais il n'a pas démenti des versements d'argent, soulignant que le contrat Al-Yamamah était «un accord de gouvernement à gouvernement» et que «tous les paiements de ce type effectués dans le cadre de cet accord, l'avaient été avec l'approbation expresse des deux gouvernements britannique et saoudien».

Selon la BBC qui a consacré son émission télévisée Panorama à l'affaire, le 11 juin, les commissions ont été versées sur deux comptes de l'ambassade saoudienne à Washington et étaient décrites comme des «services d'assistance» dans des clauses secrètes du contrat Al-Yamamah.


Le prince Bandar a pour sa part «catégoriquement démenti», dans un communiqué transmis par ses avocats, tout secret et tout «pot-de-vin» dans cette affaire. Mais il a confirmé que BAE, qui était pourtant le vendeur, a versé des sommes sur des comptes du ministère saoudien de la Défense (MODA) dans le cadre de ce contrat.

Tout en reconnaissant avoir la signature sur ces comptes, il a assuré que «les sommes payées depuis ces comptes étaient exclusivement pour des objectifs approuvés par le ministère saoudien de la Défense et de l'Aviation», qu'il ne précise pas.

Le prince Bandar ben Sultan a été ambassadeur à Washington de 1983 à 2005, avant d'être nommé secrétaire général du conseil de sécurité national saoudien. Il est considéré comme un négociateur clé du contrat Al-Yamamah aux côtés de l'ex-première ministre britannique, Margaret Thatcher.

Selon les deux médias, les versements ont été mis au jour par une enquête du Serious Fraud Office (SFO), le service britannique de lutte contre la délinquance financière, sur des allégations de corruption concernant les contrats Al-Yamamah. Ils portaient principalement sur la vente et la maintenance de chasseurs Tornado et ont rapporté 43 milliards de livres à BAE.


Les avocats de BAE avaient reconnu dès 2005 l'existence de «services d'assistance» fournis à des responsables saoudiens, dans le cadre des arrangements contractuels du programme Al-Yamamah, dans une lettre au SFO révélée au début d’avril 2007 par le Financial Times. La nature et le montant de ces services n'avaient pas été précisés.


Ouverte en 2004, l'enquête du SFO a été annulée en décembre 2006 par le ministère britannique de la Justice au nom de l'intérêt général du pays, notamment en matière de sécurité, alors que l'Arabie saoudite, selon la presse, menaçait d'annuler un nouveau contrat, cette fois pour des chasseurs Eurofighter, si certains de ses dignitaires étaient mis en cause.


Cette décision, endossée par le premier ministre britannique Tony Blair, a valu au Royaume-Uni des critiques du comité anti-corruption de l'OCDE, ainsi que d'ONG et d'élus britanniques. Depuis le sommet du G8 à Heiligendamm, en Allemagne, le 7 juin dernier, M. Blair n'a pas voulu faire de commentaires sur les accusations personnelles, tout en remarquant que les faits étaient anciens.

BAE Systems fait encore l'objet d'investigations visant des contrats de vente d'armes dans six pays (Roumanie, Afrique du Sud, Tanzanie, Chili, République tchèque et Qatar).

http://www.lagrandeepoque.com/LGE/Economie/BAE-Systems-aurait-verse-des-commissions-secretes-au-prince-Bandar.html

 

 

02 décembre 2006

Harofighter

L'Eurofighter connaît des déboires à l'exportation

En Autriche, EADS est soupçonné d'avoir contourné un appel d'offres. En Arabie saoudite, BAE aurait versé des pots-de-vin.

 

 

 










L'EUROFIGHTER, l'avion de combat développé par EADS, BAE et Finmeccanica, accumule les déboires à l'exportation. Commandé à 620 exemplaires par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, il devait également être vendu à l'Autriche qui en a commandé 18 exemplaires.
Mais cette transaction pourrait bien être purement et simplement annulée. Vainqueurs des élections législatives, le 1er octobre dernier, les sociaux-démocrates autrichiens (SPÖ) jugent son coût exorbitant : 2 milliards d'euros et même jusqu'à 6 milliards en tenant compte des frais de maintenance et de la fourniture de pièces détachées.
Une enquête parlementaire a été lancée. Elle remet en cause les conditions dans lesquelles s'est décidée la vente de ces chasseurs. Selon l'hebdomadaire News, le ministre des Finances Karl-Heinz Grasser aurait, avant même le lancement de l'appel d'offres, fin 2001, négocié avec EADS « les prix, les délais de livraison et le nombre d'appareils »
de son coût. Il s'était par la suite rangé à « la solution la meilleure, à défaut d'être la moins onéreuse ». À l'appui de ces affirmations, une lettre du coprésident du conseil d'administration d'EADS Manfred Bischoff, datée du 27 juillet 2001, qui évoque des contacts avec Karl-Heinz Grasser le mois précédent.
72 chasseurs en suspens
Sur ces bases, la commission d'enquête parlementaire pourrait recommander l'annulation sans pénalité du contrat. Le ministre de la Défense Günther Platter a évalué à 1,2 milliard d'euros ces pénalités.
De son côté, le ministre des Finances se défend d'avoir voulu contourner l'appel d'offres, rappelant qu'il était initialement opposé au projet Eurofighter en raison de son coût. Il s'était par la suite rangé à « la solution la meilleure, à défaut d'être la moins onéreuse ».
Karl-Heinz Grasser précise en outre avoir eu des contacts similaires avec les concurrents directs de l'Eurofighter.
Pour EADS, la polémique intervient au pire moment. Les quatre premiers avions de combat destinés à l'Autriche sont en cours de finition à Manching (Allemagne) et devraient être livrés début 2007.
En outre, le contrat signé en Arabie saoudite semble lui aussi avoir du plomb dans l'aile. Outré par l'enquête en cours en Grande-Bretagne sur les pots-de-vin qu'aurait versé BAE Systems à la famille royale saoudienne, Riyad a affirmé hier être prêt à annuler sa commande - 72 chasseurs pour une valeur estimée à 14,8 milliards d'euros - « d'ici à dix jours », si l'enquête n'était pas arrêtée dans ce délai.

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Arabie saoudite : Dassault gagnant face à Eurofighter ?

 

Eurofightertyphoon2Les rumeurs vont bon train ...

Si  selon la presse britannique, BAE Systems pourrait perdre face à Dassault un contrat de fourniture de chasseurs Eurofighter à l'Arabie saoudite après l'ouverture d'une enquête sur des soupçons de malversations visant la famille royale saoudienne, plusieurs personnalités importantes d'Arabie Saoudite ont modéré les menaces pesant sur le contrat pour la vente d'avions de combat Typhoon.

I – La presse britannique parle d’annulation

Selon l’édition de lundi du Sunday Telegraph, Ryad envisagerait d'annuler le contrat de l'Eurofighter Typhoon pour commander des Rafale à Dassault Aviation si le Serious Fraud Office (SFO) britannique obtient l'accès à des comptes bancaires suisses susceptibles d'être liés à des membres de la famille royale saoudienne.Un porte-parole de Dassault Aviation a déclaré que le groupe français n'avait pas été informé de l'éventualité d'une commande saoudienne. "Nous n'avons pas ouï dire que nous devions nous attendre à quoi que ce soit", a-t-il déclaré.

L'enquête du SFO a été évoquée, entre autres sujets, lors d'une rencontre ce week-end entre le ministre saoudien de la Défense, le prince Sultan, et l'ambassadeur britannique à Ryad, Sherrard Cowper-Coles. Un diplomate basé à Ryad a déclaré, en requérant l'anonymat que "les Saoudiens sont très irrités par tout cela", en référence à l'enquête du SFO.

Un porte-parole de l'ambassade britannique à Ryad a assuré que Londres était attaché à l'application efficace et harmonieuse des accords commerciaux bilatéraux signés avec d'autres pays, parmi lesquels l'Arabie saoudite."Le SFO est une administration publique indépendante et appartient au système judiciaire. D'autres administrations ne peuvent interférer avec ses investigations ou porter préjudice à celles-ci et elles ne le feront pas", a ajouté le porte-parole.

II – L’enquête du SFO

Le SFO a ouvert son enquête en 2004, au départ sur des soupçons d'irrégularités comptables, pour l’axer progressivement par la suite sur la relation entre BAE et deux agences de voyage ayant organisé des déplacements d'officiels saoudiens pour le compte du groupe.Mike Turner, le directeur général de BAE, a récemment exprimé son irritation sur la durée de cette enquête. "Nous continuons de coopérer pleinement avec l'enquête du SFO et nous sommes convaincus du fait que la société n'a commis aucune infraction", a déclaré lundi un porte-parole du groupe. Un porte-parole du SFO a déclaré que l'enquête se poursuivait. On ignore quand elle pourrait s'achever.

L'enquête qui dure depuis trois ans a établi que BAE avait une caisse noire de 60 millions de livres destinée à plusieurs membres de la famille royale saoudienne qui percevaient des avantages en nature, dont des voitures de luxes, en échange d'interventions pour favoriser les affaires de BAE.

III – Le contrat d’Eurofighter

Mardi, le groupe de défense britannique a indiqué que les négociations portant sur la vente de 72 avions Eurofighter Typhoon à l'Arabie saoudite "piétinent" depuis la fin du Ramadan fin octobre, alors que le dossier avait fait l'objet d'un pré-accord commercial entre Londres et Ryad en août, pour une signature définitive avant la fin de l'année. Le contrat sur l'Eurofighter portait initialement sur 10 milliards de livres (14,8 milliards d'euros) mais il s'élève à plusieurs dizaines de milliards si l'on inclut la maintenance des appareils.

Selon le quotidien The Independent de mardi, le gouvernement français et le groupe Dassault seraient sur le point de tirer profit de cette situation et de conclure "dans les prochains jours" un accord pour la livraison de 24 à 36 chasseurs Rafale du constructeur français. Pour rappel, BAE Systems possède 33% du consortium de construction de l'Eurofighter, aux côtés de l'européen EADS (46%) et de l'italien Alenia/Finmeccanica (21%).

IV – L’Arabie saoudite tempère les propos

L’Arabie Saoudite a cependant tempéré les menaces pesant sur le contrat pour la vente d'avions de combat Typhoon, développé par le consortium Eurofighter et assemblés par BAE Systems , à l'armée de l'air saoudienne, rapportait mercredi ce matin le quotidien "The Times".

Un responsable saoudien a indiqué que son pays demeurait attaché aux relations commerciales qui l'unissent à la Grande-Bretagne depuis 30 ans. Faisant référence aux informations selon lesquelles les dirigeants saoudiens, excédés par une enquête pour corruption lancée par le "Serious Fraud Office" britannique, envisageaient de préférer au Typhoon le Rafale de Dassault Aviation, le contact du quotidien a indiqué que la situation actuelle ne constituait pas une crise, mais que certains éléments devraient être clarifiés en vue de pouvoir faire progresser les négociations.

V -  Des versements de BAE sur des comptes syriens en Suisse

Des versements secrets de plusieurs millions de livres du groupe de défense britannique BAE Systems ont été découverts sur les comptes bancaires suisses du marchand d'armes syrien Wafic Said, rapporte mercredi The Guardian.

Citant des sources judiciaires, le quotidien précise que des enquêteurs de l'office britannique des fraudes ont cherché à savoir si l'argent déposé sur les comptes de Wafic Said a été reversé à des membres de la famille royale saoudienne. Interrogé par le Guardian, le marchand d'armes syrien, âgé de 68 ans et d'origine saoudienne, s'est refusé à tout commentaire sur ces informations.

Il a simplement rappelé qu'il a été au cours des vingt dernières années un intermédiaire pour les ventes d'armes aux Saoudiens. Mais il a toujours nié avoir perçu des commissions de la part de BAE qui a conclu depuis 1985 de juteux contrats avec l'Arabie saoudite.

Sources : AFP, Reuters, Boursier.com

http://www.leblogfinance.com/2006/11/dassault_vatil_.html

 

Télé chaud devant ! L’Arabie Saoudite et le Qatar enterrent la hache de guerre et, du coup, la chaîne de télévision Al Jazeera, basée à Doha, est contrainte de renoncer à son fond de commerce : les diatribes contre la monarchie des Al Saoud.

Le 19 mars dernier, Al-Jazeera était la première télévision à diffuser les extraits d’un message d’Oussama Ben Laden (OBL) menaçant les Européens. Mais la chaîne qatarie s’est bien gardée de faire profiter ses téléspectateurs de la saillie du chef d’Al Qaïda sur le roi d’Arabie Saoudite, qualifié par OBL de « roi sans couronne à Riyad ».

Zappées du même coup, ses accusations directes contre le dirigeant du royaume saoudien pour n’avoir rien « fait pour empêcher » le « scandale » des caricatures, alors qu’un seul de ses « ordres aux institutions judiciaires [britanniques] » a suffi « pour stopper les investigations sur le détournement de milliards dans le contrat Al-Yamamah », que « Blair s’est chargé » de faire exécuter.

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Explosion financière à Al-Jazeera
© Khalid

Ben Laden, qui entretient ses sources, ne pouvait pas envoyer flèche plus acérée. Evoquer Al-Yamamah, du nom du contrat juteux de vente d’armes passé entre l’Arabie Saoudite et le britannique BAE Systems, revient à accabler la famille saoudienne régnante : certains de ses membres se sont vus accusés d’avoir bénéficié de retro-commissions aussi faramineuses qu’illégales.

Rapprochement entre le Qatar et l’Arabie

En décembre 2006, l’ex-premier ministre Blair avait pesé de tout son poids politique sur la justice pour mettre un terme à l’enquête officielle diligentée contre ses « clients ». Argent sale et corruption sous la tente Al-Saoud : un sujet qui parle à la rédaction d’Al-Jazeera. Mais plus à la direction de la chaîne.

Depuis quelques mois, les « petits pas » diplomatiques entre le Qatar et l’Arabie Saoudite se multiplient. En septembre dernier, une rencontre au sommet décisive était organisée à Riyad entre l’Emir du Qatar et le Roi Abdallah. Objectif : lever les obstacles entravant la marche vers la réconciliation.

Face à un Irak en proie au chaos, un Iran qui piaffe et une Amérique affaiblie, il faut resserrer les rangs. Preuve de leur bonne volonté à aborder les sujets qui fâchent sa Majesté Al Saoud, les Qataris avaient embarqué avec eux le patron d’Al-Jazeera. En clair, la chaîne prendra désormais des gants avec son grand voisin.

La prose de Ben Laden filtrée

Du coup, elle a révisé ses « process », à commencer par la diffusion intégrale des œuvres de Ben Laden et consorts. Les enregistrements d’Al Qaïda sont dorénavant diffusés au compte-gouttes et sa prose soigneusement filtrée. Quitte à se mettre à dos les communicants de l’organisation qui ont rangé la chaîne dans le camp des traîtres.

Exit aussi les leaders de l’opposition saoudienne, notamment religieux, qui naguère fulminaient en direct sur les plateaux ou en duplex contre « les traîtres corrompus » pour avoir vendu leur âme et les lieux saint en package aux « croisés américains ». En 2002, un de ces talk-shows avait déclenché une telle ire des autorités saoudiennes, que Riyad en avait retiré aussi sec son ambassadeur à Doha, signant le début de la guerre froide entre les deux voisins. Comme par hasard, depuis le 7 mars, la représentation saoudienne a un nouvel occupant et Al Jazeera a miraculeusement été autorisée à couvrir le pèlerinage de la Mecque après cinq ans d’absence…

Des nouveaux visages ont aussi commencé à fleurir sur les écrans de la chaîne : des Saoudiens autorisés par sa Majesté Al Saoud. C’est le cas du grand Mufti du Royaume, appelant « chacun à coopérer avec le Ministre [saoudien] de l’Intérieur pour découvrir des projets terroristes et lui donner des informations sur les terroristes » ! Même le Prince héritier et Ministre (saoudien) de la Défense, Sultan ben Abdel Aziz, en visite à Doha le 10 mars pour officialiser la bonne entente retrouvée, a eu droit à un prime-time. Du jamais vu !

Al-Jazeera serait-elle en train de perdre son âme ? Heureusement, Israël est venu à sa rescousse en l’accusant de parti pris en faveur du Hamas dans sa couverture des récents événements de Gaza, et a menacé d’interdire l’accès à son territoire aux correspondants. De quoi faire bonne figure avant d’annoncer l’ouverture prévue d’un bureau de la chaîne à Riyad…

Voir en ligne : In Bakchich 74

http://www.bakchich.info/Dune-de-miel-entre-l-Arabie,03144.html

 

 

 

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29/09/2009

Uranium - Le scandale de la France contaminée

 

 

 

Qui gère les déchets radioactifs ?

L’Andra et l’INRIA signent un accord de partenariat sur la simulation numérique

Paris, le 21 septembre 2009

Marie-Claude Dupuis, directrice générale de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), et Michel Cosnard, président-directeur général de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), ont signé le 14 septembre 2009 un accord de partenariat portant en particulier sur la simulation numérique.

Représenter l’évolution des phénomènes qui interviendront dans un stockage de déchets radioactifs sur des périodes allant du siècle au million d’années afin de concevoir un centre le plus sûr possible : tel est l’enjeu de la simulation numérique, au cœur de la recherche de l’Andra depuis de nombreuses années.

 

 

Déchets nucléaires: un inventaire controversé

Le 02 juillet 2009

Mardi 30 juin, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a rendu public son inventaire triennal des matières et déchets radioactifs. Les associations dénoncent le manque de contre-expertise.

1.152.533 mètres cubes de déchets radioactifs ont été répertoriés fin 2007, soit 2 kilogrammes par an et par habitant. 68,8% de ces déchets sont dits de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC dans le jargon), composés essentiellement de déchets issus de l’exploitation et de la maintenance des installations nucléaires. 20,1% appartiennent à la catégorie très faible activité et proviennent pour la plus grande partie du démantèlement des installations nucléaires ou d’industries classiques utilisant des matériaux radioactifs; les pourcents restants se partagent entre les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL), de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et de haute activité (HA). Ces derniers sont les résidus du recyclage des combustibles nucléaires. S’ils ne représentent que 0,2% du volume des déchets, ils sont responsables à presque 95% de la radioactivité totale des déchets radioactifs français. C’est l’Andra qui le dit, et le publie sur son site internet, en vertu de la loi du 28 juin 2006, qui précise que la mise à disposition du public de ces informations fait partie de ses missions. Tous ces chiffres sont donc tirés de l’inventaire 2009, présenté hier à la presse.

Pour chaque type de déchets, l’Andra estime les quantités qu’il y aura à gérer dans les années à venir, et présente les solutions de stockage décidées par elle-même, «puisque l’inventaire se veut maintenant un véritable outil de gestion à long terme», indique François-Michel Gonnot, président du conseil d’administration de l’agence. Depuis un décret d’avril 2008, ce document est en effet une donnée du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.

Mode d’emploi. Pour le réaliser, l’Andra collecte les déclarations des producteurs de déchets, puis les vérifie via son comité de pilotage, présidé par la directrice générale de l’Andra, Marie-Claude Dupuis, et composé de membres extérieurs à l’agence (ministère en charge de l’environnement et de l’énergie, Autorité de sûreté nucléaire, représentants des producteurs de déchets et, à titre d’observateur, quelqu’un de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques et quelqu’un de la Commission nationale d’évaluation). Pas d’association de protection de l’environnement, donc. «Le Comité a été mis en place en 2001, sans association. Mais nous n’excluons pas la possibilité d’envisager leur présence», indique Christine Trentesaux, en charge de l’inventaire à l’Andra. Pour l’instant, Marie-Claude Depuis a eu beau répéter que «l’inventaire est un outil de transparence», ce n’est pas l’avis de toutes les associations.

«Les associations sont écartées de la gestion des déchets radioactifs», déplore Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement. Le choix des deux communes de l’Aube pré-sélectionnées pour accueillir les déchets FA-VL d’ici 2019 illustre cette constatation, puisqu’aucune concertation avec les parties civiles n’a eu lieu, rappelle FNE qui regrette par ailleurs que la loi de 2006 n’ait fait qu’aggraver les choses, alors qu’elle devait apporter plus de transparence. «L’Andra est exploitant, juge et parties, et il n’y a pas de contre-expertise. Il faut la croire sur parole. Elle est désormais détachée de la tutelle politique», estime Arnaud Gossement.

http://www.usinenouvelle.com/article/dechets-nucleaires-un-inventaire-controverse.N113963

20:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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