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13/11/2011

Le Mouvement des Indignés se radicalise à Strasbourg et ailleurs...

Venues d'on ne sais où, une centaine de personnes ont convergé au centre de Strasbourg pour se retrouver ce 11 novembre 2011 à 11h00 place Kléber.

Une manifestation semblait prendre forme, et ô surprise, sans avoir été déclarée, grâce à l'appel du Mouvement des Indignés de Strasbourg, lancé principalement sur la toile et via les réseaux clandestins dématérialisés.[Tu noteras que l'appel est publié le 10.11.11 sur le site strasbourgdemocratiereelle.wordpress et depuis le 3.11.11 sur le site occuponstrasbourg.wordpress]

piqué au tas sur activeast.free.fr

CertainEs sont venus en curieux, d'autres, manifestement plus déterminéEs, avaient préparé leur coup et confectionné des écritaux : « stop thinking £ $ €, start thinking human », « Terrorisme économique ». Les plus radicaux scandaient des incantations destinées à faire trembler le pouvoir en place.

 

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Exemple de slogan et incantation brandit par quelques participants (photo G.D-A.)


La démocratie issue des urnes a promptement réagit en envoyant illico presto un grand nombre de force de l'ordre citoyenne, mixte et hétéroclite : police municipale, CRS, flics en civil ...

flic,police,CRS,strasbourg,manifestation

Positionnement tactique dit "de la tenaille" par la CRS des groupes 2A - 2B ainsi que des policiers attendant les consignes (photo G.D-A.)

 

Les fonctionnaires chargés du maintien de l'ordre républicain, dans la clairvoyance qu'on leur connaît, ont compris qu'un tel alignement de personne en ce 11/11/11 ne pouvait signifier que la survenue d'un évènement extra-ordinaire risquant de faire vaciller la nation dans le chaos.

Conscient d'assurer la mission qui leur incombe, afin d'assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions, ils ont promptement réagit en interpellant les personnes potentiellement les plus dangereuses : celles qui avaient choisi de dissimuler leur visage derrière un masque.

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Il a fallut toute la perspicacité des observateurs pour distinguer les élements perturbateurs, fauteur de trouble (troubelmakers), etc... (photo G.D-A.)

 

Ces interpellations ont permis, grâce à ce contrôle d'identité exerçé dans le respect de la loi, de faire d'une pierre deux coups :

  • renseigner les mise à jour des fichiers
  • maîtriser les flux migratoires et lutter contre l'immigration illégale


Une journaliste de l'Alsace, G.D.A., qui par hasard se trouvait aussi place Kléber, n'a pas hésité à plonger dans cette marée humaine pour rencontrer ces fameux Indignés. C'est grâce à elle qu'on apprend comment un jeune père, employé du tertiaire, est venu soutenir cette action :

« J’ai eu connaissance de cette manifestation par mail, explique-t-il. Je me reconnais tout à fait dans ce mouvement de protestation qui n’arrive pas par hasard maintenant. » Interrogé sur la difficulté qu’a le mouvement à s’imposer en France contrairement à l’Espagne ou aux États-Unis, il avance : « la France a sa propre dynamique de la protestation et il y a aussi les échéances électorales. A mon humble avis, si ça ne prend pas en France, c’est un peu culturel. Mais peut-être aussi qu’on sera à la remorque de ce mouvement au lieu d’être à l’avant-garde. »
En regardant ses enfants, il estime que « lorsqu’ils seront grands ce sera la guerre. C’est quelque chose qui est pressenti depuis plusieurs décennies. » Quant à la surenchère actuelle dans la politique de rigueur, il y voit « le caractère dogmatique de la théorie ultralibérale qui s’obstine dans son erreur » Toutefois, il s’interroge sur les moyens d’action. « L’action violente ne mène nulle part. Il faut imaginer d’autre moyens ». Il est rejoint en cela par Nicolas, 31 ans, qui a un master de droit international. « La mobilisation des jeunes est difficile en France car ils sont très peu politisés. Et ceux qui le sont, comme l’a montré une étude récente du Credoc, vote à droite ou à l’extrême droite. Il faut repolitiser les jeunes, leur réapprendre la politique à travers des débat comme ceux autour du vote blanc par exemple. »

 Photos piquées au tas dans l'artilce de Genevieve DAUNE-ANGLARD


http://soirmag.lesoir.be/sites/default/files/1847373563_ID2918720_9_teissier_124757_01M1QT_0.JPG

“Une année géniale pour DSK en 2011”

Alexis, Indigné du 11.11.11, se reconnaît tout à fait dans ce mouvement qui n'arrive pas par hasard maintenant. Il observe que la difficulté de mobilisation des citoyens en France, concernant le mouvement des Indignés, semblerait être d'ordre culturelle. Il est pour l'abandon de l'action violente, avis que valide également Nicolas, prennant appui sur les études d'un institut de sondage. Nicolas propose une repolitisation des jeunes autour d'une mobilisation du vote blanc pour éviter les apports de voies vers les partis politiques de droites...

Difficulté peut-être aussi à mobiliser en ce 11.11.11 car beaucoup d'appels étaient lançés sur internet:

...des illuminés appellent d’ailleurs à la prière ou la méditation et sur Facebook, plusieurs pages ont été créées. Il y a l’alarmiste, baptisée « le 11/11/11 le temps s’arrêtera définitivement », la communautaire « Mettez tous votre réveil de téléphone à 11 h 11 et puis l’ésotérique « Faites un vœu le 11/11/11 à 11 h 11 »...

Dans ce confusionnisme politique ambiant, on pourrait faire remarquer aux Indignés d'avoir choisit cette date du 11 novembre, brouillant encore un peu plus les pistes et empếchant ainsi une réelle ambition de positionnement politique. Ou alors un choix délibéré pour leur permettre de garder une neutralité apolitique...

C'est un peu le même constat que fait Eva JOLY, candidate Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, alors qu'elle venait fleurir la tombe des mutins de 1917 devant le Mur de la Paix à Paris: 

"Ils font leur mouvement d'indignés, qui est très sympathique et qui est très important, comme on le voit aux États-Unis, mais là il me semble qu'ils n'ont pas compris les enjeux, sans doute par culture politique"

Contrairement à Paris, les Indignés Stéphanois n’ont pas voulu perturber la commémoration. Ils ont précisé qu’ils n’étaient pas :

"contre cette commémoration mais contre les violences policières"

Ce qui n'a pas empéché les forces de police de continuer à lutter contre la criminalité organisée, la grande délinquance et la drogue et de protéger le pays contre la menace extérieure et le terrorisme en encadrant fermement la "flash-mob" :

 

flash-mob,indignés,saint-etienne

Les fonctionnaires informent que, la manifestation n'ayant pas été déclarée en préfecture de la Loire, les contrevenants sont passible, selon l'article 431-9 du code pénal, à 6 MOIS D'EMPRISONNEMENT ET 7 500 EUROS D'AMENDE pour :
- Participation à l'organisation d'une manifestation non déclarée ou interdite.
- Organisation d'une manifestation non déclarée.

 

Où en êtes-vous politiquement ?

Encore et toujours à se poser la question Que faire ?

"...La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c'est son amorphisme et l'absence de frontières nettement délimitées; le parti se renforce en s'épurant..."
(Extrait d'une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.)

Allez-vous discuter d' ENGELS et L'IMPORTANCE DE LA LUTTE THEORIQUE ?

12:32 | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/11/2011

Tarnac : une enquête sur les enquêteurs

Selon l'un des avocats de la défense du groupe de Tarnac, une instruction criminelle a été ouverte pour faux et usage de faux. Elle concerne un PV rédigé par les enquêteurs.

L'un des avocats de la défense du groupe de Tarnac a annoncé qu'une instruction criminelle avait été ouverte mercredi pour faux et usages de faux en écriture publique.

Cette instruction ouverte auprès du TGI de Nanterre s'intéresse à un PV rédigé par les enquêteurs en novembre 2008. Un juge d'instruction est chargé d'éclairer les zones d'ombres autour de ce PV, le D104.

Incohérences dans un PV

Les avocats de la défense avaient relevé des incohérences dans ce procès verbal. Celui-ci détaille la filature de Julien Coupat et Yldune Lévy, que des policiers disent avoir menée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008. C'est cette nuit-là que le sabotage d'un caténaire sur une ligne SNCF aurait été réalisé.

Or, le PV présentait des incohérences, notamment sur la question des horaires et des distances parcourues cette nuit-là par les enquêteurs en suivant Julian Coupat et sa compagne, principaux accusés. Par exemple, la voiture des suspects aurait dû, à un moment donné, accomplir un trajet de 27 km sur des routes de campagne à la moyenne fulgurante de 160 km/h !

Une plainte avait été déposée en 2010 par les avocats.

Rappel des faits :
le 11 novembre 2008, plusieurs membres d'une communauté basée à Tarnac (Corrèze) avaient été arrêtés dans le cadre d'une enquête sur des sabotages commis sur le réseau ferré français. Plusieurs personnes - dont Julien Coupat - ont été mis en examen pour association de malfaiteurs, destructions et dégradations en relation avec une entreprise terroriste.

 

piqué au tas sur Ma Montagne.fr - 11/11/2011

13:43 | Lien permanent | Commentaires (1) |

09/11/2011

MILIPOL : Les dessous du Continuum sécurité défense... ou la répression durable

Le continuum sécurité défense, concept marketing de la lutte des classes dans ce bas monde marchand.

caméra,épicerie tapie dans l'ombre

"La caméra était tapie dans l'ombre"

 

"Défense et sécurité : un même business !" 

"Finie la frontière entre sécurité et défense. Dorénavant pour capter les marchés, les industriels de l’armement comptent vendre les mêmes équipements aux militaires et aux civils. Le journal de l’Intelligence économique explique comment les anglo-saxons font des affaires avec le concept de Continuum Sécurité défense." voir la vidéo (1)

En octobre 2011, selon le préfet "hors cadre" Alain Rondepierre (2), président de Milipol et également PDG de Civipol Conseil, « la profession n'est pas complètement sortie de la crise », la menace terroriste reste une constante trouble sur la-quelle certains "experts es-sécurité auto-proclamé" font leur beurre (3).

Et ceci grâce à qui ? Je te le donne en mille : Ben Laden... Ben la menace ... Ben qui, tout seul comme un grand, via la spectaculaire médiatisation du 11 septembre, a chamboulé le classique plon-plon du contrôle de la violence en réussissant ce tour de passe-passe qui nous amenait droit vers le "Global War on Terror"...

Milipol a lieu tous les deux ans à Paris, en alternance avec Doha au Qatar, est l'enfant du 11 Septembre et des attentats terroristes aux États-Unis. «Certes, il est né en 1984 mais c'est en 2003 que le concept de marché de la sécurité intérieure a émergé en se distinguant du marché de la défense proprement dit» dixit le préfet/homme d'affaire Alain Rondepierre.(Le Figaro)

Je ne sais pas si tu te souviens de son rôle dans l'affaire Miksa (4)?

... ". A peine entré en fonctions [Nicolas Sarkozy], il écrit dès le 8 juillet 2002 au prince Naïef, inamovible ministre de l'Intérieur saoudien, qu'il « propose à Votre Altesse royale de signer avec Elle dès qu'Elle le souhaitera l'accord de coopération préparé par nos services ». En fait de «nos services»,le côté français est représenté par Thales,chef de file désigné dès le départ par Charles Pasqua et par une société anonyme proche du ministère de l'Intérieur présidée par Alain Rondepierre.Mais, dès la reprise en main de ce dossier par Nicolas Sarkozy, deux hommes vont en fait le traiter directement: Claude Guéant,le directeur de cabinet,et Brice Hortefeux,l'ami et conseiller politique du ministre. Alors que leurs fonctions ne les y prédis-posent pas, ces deux hommes vont effectuer des voyages en Arabie saoudite. Le début des soupçons"...(Le Point)

http://markpowerblog.com/wp-content/uploads/2008/10/anarchist_ammunition.gif

artisanat local


Avant c'était mieux

..."Pour Patrick Haas, directeur d'En Toute Sécurité, c'était relativement simple : des groupes terroristes ou des mouvements de guérilla s'attaquaient à des cibles (représentations d'une entreprise à l'étranger ou personnalités politiques) bien identifiées. Avec Ben Laden, changement d'échelle, puisqu'il s'agit désormais de frapper le plus de monde possible.

Même si certains experts estiment qu'elle a été surestimée, la menace terroriste reste une constante, beaucoup plus diffuse et invisible désormais. Au lieu de ne protéger que quelques bâtiments, les Etats sont obligés depuis dix ans de penser globalement, pour sécuriser gares, aéroports, monuments historiques... Conséquence, « les méthodes et les systèmes ont complètement changé, faisant la part belle aux télécommunications, à l'informatique et à l'ingénierie », poursuit Patrick Haas."...

Et ce qui vaut pour la lutte contre le terrorisme vaut pour quasiment tous les autres segments du marché. Police scientifique, lutte contre tous les types de trafic, prévention des risques majeurs : la sécurité est devenue un métier où l'on manipule des technologies toujours plus sophistiquées. Une aubaine pour les PME innovantes. Certains logiciels de vidéosurveillance, par exemple, permettent de détecter automatiquement dans une foule une personne recherchée, même grimée ! (Les Echos)

 milipol,défense,sécurité,entreprise

"Bernard, au temps bonnes vieilles écoutes"

Salon mondial
de la conspiration sécurité intérieure des États

En observant la structure complète de MILIPOL , nous pouvons définitivement en déduire que les budgets de l’armée stagnant, pour ne pas dire diminuant. L’industrie de la défense a alors du trouver d’autres sources de financement par la mise en œuvre du Continuum sécurité défense, c’est-à-dire, des équipements pouvant servir à la fois aux civils et aux militaires.

Christian Mons, le PDG de la marque Panhard présente, par exemple, des modèles de PVP (« petit véhicule protégé ») en beige-kaki pour la version armée et en bleue pour la version gendarmerie : « Dans certains cas, les gendarmes sont confrontés à des situations comparables à celles de l’armée, donc ce PVP leur permet d’être protégé au même titre que s’ils employaient des véhicules militaires stricto sensu », explique-t-il …

C’est à une véritable révolution de la sécurité que nous sommes conviés. Demain elle touchera tous les secteurs de l’organisation des états.

Comme le dit Nicolas Tenzer dans son rapport : L’expertise internationale au cœur de la diplomatie et de la coopération du XXIe siècle « Une réflexion stratégique et prospective doit être engagée dans les ministères « sectoriels » (Défense, Intérieur, Agriculture, Développement durable, Énergie et Équipement, Affaires sociales, Santé, Enseignement supérieur et Recherche, Éducation nationale) qui ont une mission d’expertise. Cette réflexion opérationnelle devrait notamment dégager les dimensions suivantes : objectifs visés, zones et pays prioritaires, priorités par sous-secteurs, organisations internationales cibles, identification des relais d’influence (ONG, media, personnalités étrangères, think tanks, etc.), réseau de personnes mobilisables (fonctionnaires, experts dans les organisations internationales, y compris fonctionnaires internationaux , et assistants techniques, centres de recherche dans les nations et centres à l’étranger, secteur privé, ONG, etc.), informations pertinentes attendues, partenaires publics et privés sur lesquels nous pouvons nous appuyer, têtes de réseau et référents sectoriels possibles du côté de l’administration et de l’opérateur de référence, etc. Cette cartographie générale et la constitution de réseaux en temps réel seront la base du développement d’une politique d’expertise de sécurité internationale orientée par des objectifs clairs et cohérents »

Pour s’en convaincre il suffit de rappeler que le prochain MILIPOL aura lieu au Qatar du 26 au 28 novembre 2012. Il se tient les années impaires à Paris et les années paires au Qatar.

Depuis la guerre du Golfe, la coopération militaire fanco-qatarienne est au beau fixe. La France est l’un des principaux alliés de l’Émirat avec lequel elle a signé en 1994 un accord de défense. La relation militaire entre les deux pays est essentiellement commerciale et industrielle. Le Qatar a en effet passé pour plus de 80 millions d’euros de commandes au cours de la dernière décennie. Ainsi, 80% de l’équipement militaire du Qatar est de fabrication française. La France s’implique désormais aussi dans un projet de système complet de défense aérienne.

La coopération bilatérale passe aussi par des opérations d’entrainement commun. Les manœuvres Gulf Falcon qui ont lieu tous les deux ans entre les forces militaires française et qatariennes permettent au Qatar de maîtriser l’utilisation de matériels comparables à ceux de l’OTAN. C’est principalement plus de 300 militaires français, principalement issus des Forces françaises stationnées à Djibouti ( Blindés ERC 90 et infanterie, détachement de commandos marines, Mirage 2000-5 Mk2 ) qui viennent travailler conjointement avec les forces qatariennes…

Simon Licha est consultant pour noetics.ch

 

http://www.leparisien.fr/images/2011/10/20/1675820_ed46390c-fa9a-11e0-bc79-00151780182c_640x280.jpg

Marine au salon du jouet pour adulte

Il est tout à fait propice de se montrer en ce temps de campagne électorale... Mais peu de personnalité politique viennent dans ce genre de salon qui matérialise la réalité du marché de la répression démocratique (5) et laïque du "citoyen-électeur".

D'autres ne peuvent pas rater l'occasion. Leurs propositions ne jurant pas avec la martialité des tenues et la finalité d'usage répressif des materiels exposés. C'est évidement la Marine qui attire les journalistes, au vue des nombreux articles qui sont référencés sur le net.

Il en va même de son "bon mot" que nous rapporte "Le Parisien" du 20/10/2011 :

On y apprend que : « Moi je tire… Et très juste », qu'elle est une habituée des stands de tir, « pour se vider la tête »... et à l'occasion quelques chargeurs, j'imagine... Mais ce n'est pas pour faire son coming-out à la Fédération française de tir qu'elle est là... en plus de son bon mot, la Marine en profite pour présenter un de ses thèmes de campagne, à savoir la défense des PME françaises, une loi « achetons français » pour « donner un accès prioritaire aux PME pour les marchés publics ».

Populisme et défense de "la petite propiété bourgeoise"

Son cheval de bataille ? La rangers, ou BMJA, pour Brodequin de Marche à Jambière Attenante...

"Je me suis laissée dire qu'on faisait fabriquer les chaussures de l'armée en Tunisie. Est-ce qu'il n'y a pas là une trahison éthique et, en tout cas, patriotique ?" feint de s'étonner la présidente du FN.

http://i62.servimg.com/u/f62/14/62/33/34/ranger14.jpg

Symbole de l'éthique patriotique frontiste

Et oui, tu ne le sais pas encore, mais nos vaillants trouffions qu'on a envoyé là-bas, fort fort lointain, boutter les terroristes barbus coupeurs de main d'enfant hors d'Afghanistan ne sont pas chaussé français, môssieur... ben du coup, ils vont essayer de revenir avec sans faire trop de bruit, vu qu'ils se sont fait botter les fesses par les montagnards hirsutes en sandales, maintenant que l'Otan a sifflé la fin des hostilitées...

Donc, cette soit-disante trahison à la fabrication patriotique des rangers, le journal Sud-Ouest en parlait en février 2009 :

"Le tribunal administratif a rejeté le recours déposé par l'entreprise neuvicoise qui, du coup, devra serrer les vis dès la fin du mois
C'est un coup dur pour Marbot-Bata. Mardi, le recours précontractuel déposé en janvier par l'entreprise auprès du tribunal administratif de Versailles a en effet été rejeté. La société de Neuvic, spécialisée dans la fabrication de brodequins militaires, perd donc définitivement l'appel d'offres pour la réalisation annuelle de 100 000 paires de rangers devant équiper l'armée de terre française.
Le ministère de la Défense lui a en effet préféré les sociétés allemande Meindl et française Argueyrolles (filiale du groupe Noël), cette dernière faisant réaliser une partie de sa production en Tunisie. "

Tu te rends comptes ? Le Ministère de la Défense, un des ministères qui bouffe le plus de budjet... Préférer des grolles allemandes et une usine qui délocalise... tout ça pour aller essayer de déloger le moudjahidine hors de ses montagnes... et pour finalement devoir se rabattre sur le manifestant social-démocrate indigné ou à "mortellement blesser", en tirant de nuit dans le dos d'un autre Joseph Guerdner menoté (6).

Et que donc, comme on peut le lire ici (7) :

"M. Pascal Deguilhem attire l'attention de M. le ministre chargé de l'industrie sur le devenir de l'usine de chaussures Marbot-Bata à Neuvic-sur-l'Isle (Dordogne) et de ses salariés. En 2010, les salariés continuent d'être sacrifiés sur l'autel de la désindustrialisation programmée des territoires. Dans son département, l'usine de chaussures Marbot-Bata, dernière de ce type en vallée de l'Isle, dernière du groupe Bata en France, et qui a compté jusqu'à 2 000 salariés, arrête son activité définitivement. Malgré tous les sacrifices consentis par des salariés très qualifiés pour conserver l'unité de production, la décision prise l'an passé par le Gouvernement d'attribuer à une entreprise allemande, fabriquant en Tunisie, le marché des chaussures de l'armée française, a porté le coup fatal à cette usine, supprimant de fait 70 % de la charge de travail. Pendant toute l'année 2009, les salariés ont alterné des périodes de fabrication avec le chômage partiel. Si aujourd'hui les salariés se sont résignés à l'idée de voir fermer leur outil de production, ils ne sont pas prêts à brader leur dignité pour un plan social qui ne mérite pas ce nom : pas d'indemnité de préjudice, pas de cellule de reclassement, pas de préretraite. Ce plan, totalement vide, a été présenté en novembre dernier (refusé par les 73 salariés) et annulé par le tribunal de grande instance car il se contentait de leur offrir le minimum légal après, pour nombre d'entre eux, toute une vie de travail. À ce jour, aucune proposition de la part du groupe BATA n'est venue en remplacement de ce premier plan. Des commandes, qui auraient pu prolonger de quelques mois l'activité de l'entreprise, ont été refusées par la direction, malgré la présence des salariés sur le site, et l'objectif pour le groupe semble être de s'en débarrasser au plus vite et à moindre frais. Alors que les salariés attendent, sans travail, un peu de justice sociale, la direction du groupe envisage un dépôt de bilan qui lui permettrait de faire payer les licenciements par de l'argent public. Le contribuable paiera donc pour une délocalisation de plus pendant que les ouvriers devront se contenter d'une conclusion indigne à leur lutte. Ceci est inacceptable. Si l'État ne peut pas tout faire, il lui demande quelles réponses le Gouvernement peut-il apporter pour faire respecter le droit des salariés."

Tu vois donc que Continuum sécurité défense correspond parallèlement à Continuum délocalisation, chômage, sacrifice sur l'autel de la désindustialisation. Ce qui va immanquablement déboucher sur des conflits sociaux, des grèves, et de la répression... la boucle est bouclée. 

http://www.conflitssansviolence.fr/images/2010/violence-police.jpg

Continuum répression durable

lien vers un PDF de Thales "SecuritydefenseBuiseness" dans lequel, à l'avant dernière page, un tableau sur les marchés financiers des leaders du secteur et qui ensuite pointe le phénomènes du piratage informatique (c'est d'actualité !!!)


COMSCORE

 

Pour les finir en beauté, ils seront doxés
Tous ces cor­rom­pus, mina­bles et vendus,
En hom­mage à CopwatchIDF, cen­suré,
A tous les gardés-à-vue,
Aux ban­lieues kar­che­ri­sées,
Aux mani­fes­tants battus,
Aux jour­na­lis­tes espion­nés,
Aux deman­deurs d’asile igno­rés et matra­qués,
Aux Roms sti­ma­ti­sés, tra­qués et explu­sés,
A toutes les vic­ti­mes de l’UMP :

Nous vous livrons leurs coor­don­nées.

.Oeil pour oeil, dent pour dent.

…UMP Doxed…

 

..Expect Us..

pastebin  |  #1 paste tool since 2002

 

  1. France 24 article d'Hermine MAUZÉ.

  2. Alain Rondepierre est PDG de http://www.civipol.fr . C'est la société de conseil et de service du ministère de l'Intérieur français.

  3. Les Marchands de peur (Mathieu Rigouste) // Les éditions Libertalia

  4.  EADS vs THALES Le projet MIKSA, guerre franco-française depuis 1986

  5. http://www.article11.info/spip/Flash-ball-et-maintien-de-...  (vive A.11 !)
  6. http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/accuse-d%...
  7. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-932QOSD.htm


17:51 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Procès du journal la brique - Le 16/11/2011 à 13h30 TGI de Lille

Le journal La Brique est en procès face un journaliste de La Voix du Nord pour un article paru dans son numéro 25. Ce procès n’est pas simplement celui d’un journal indépendant contre un journaliste de presse quotidienne régionale ; au cœur du débat judiciaire il y a la racialisation des faits sociaux et la liberté de la presse.

Plus que jamais la critique sociale est un sport de combat ! Alors venez nous soutenir devant le TGI ou assister à l’audience publique. Rendez-vous mercredi 16 novembre à 13h30, devant le tribunal de Lille avenue du peuple Belge.

via http://lille.indymedia.org/

08:14 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/11/2011

Jugement d'Alex en délibéré au 13 décembre 2011

Strasbourg / Outrages et rébellion Le président des Don Quichotte jugé

Des banderoles de soutien ont été installées par les sympathisants du prévenu sur le parvis du tribunal. (Photo DNA - Marc Rollmann)

Des banderoles de soutien ont été installées par les sympathisants du prévenu sur le parvis du tribunal. (Photo DNA - Marc Rollmann)

Alexandre Glardon a comparu ce matin devant le tribunal correctionnel de Strasbourg pour avoir insulté des policiers, le 29 mai au soir place Kléber à Strasbourg, et avoir résisté à son interpellation.

Durant plus d’une heure et demie, le président des Enfants de Don Quichotte de Strasbourg a expliqué au juge qu’il entretenait des rapports compliqués avec les forces de l’ordre « depuis décembre 2007 ». A la barre, il a reconnu avoir proféré des outrages : « Je m’adressais à la fonction de policier, à l’image de la police », a-t-il indiqué. Le prévenu de 44 ans, qui mène une grève de la faim depuis un mois, a en revanche nié avoir tenté d’échapper aux policiers et s’être rebellé.

Le substitut Morgane Robitaillie a réfuté l’existence d’une cabale à l’encontre d’Alexandre Glardon. Etant donné la gravité des faits et ses antécédents judiciaires – le quadragénaire a déjà été condamné à six reprises –, la représentante du parquet a réclamé à son encontre six mois de prison ferme.

Me Hervé Begeot, pour la défense, a quant à lui demandé l’ouverture d’une information judiciaire afin de « faire toute la lumière » sur un dossier essentiellement basé sur les déclarations des policiers.

Le jugement a été mis en délibéré au 13 décembre.

Pendant toute la matinée, un comité de soutien à Alexandre Glardon, composé d’une cinquantaine de personnes, a manifesté sur le parvis du palais de justice. Une trentaine de CRS ont été mobilisés pour encadrer les manifestants. Aucun incident n’est à déplorer.

par Antoine Bonin, publié le 08/11/2011 à 14:05 

 

piqué au tas sur dna.fr - 08/11/2011

Aucun incident n’est à déplorer !!! gnin gnin gni

18:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/11/2011

Procès d’Alexandre GLARDON le 8 nov. 2011 : Appel à rassemblement de soutien devant le Tribunal (TGI - Strasbourg)

Ce mardi 8 novembre à partir de 8h30 aura lieu un nouveau procès contre Alexandre GLARDON président des Enfants
de Don Quichotte.


Arrêté le 29 mai 2011 suite à des provocations policières, il sera jugé pour « outrages et rébellion » et risque de la prison ferme. Le contexte de son arrestation interpelle : il se rend ce dimanche 29 mai sur la place Kleber de Strasbourg pour récupérer un porcelet, prénommé Porki, qui doit servir lors d’une déambulation de théâtre de rue. (Alex. possède un terrain avec des animaux). A peine arrivé, des flics en vélo le reconnaissent et l’invectivent. Il craque, car c’est une énième provocation à son encontre de la part des forces répressives. Il sera blessé lors de son interpellation et fera sa garde à vue à l’hôpital.


Depuis qu’il est devenu, en 2007, président des Enfants de Don Quichotte (association qui se bat pour aider les personnes à la rue), il subit un véritable acharnement répressif.


Alex témoigne de manière complète, avec d’autres "anecdotes", à l’adresse suivante :


https://mensch.coop/legalteamstrasbourg

12:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/11/2011

10 questions à Laurent Mucchielli

Mon huitième invité est Laurent Muchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS, membre du Laboratoire Méditerranéen de Sociologie(LAMES, UMR 6127 du CNRS et l’Université de Provence). Ses thèmes de recherche portent sur les délinquances, les institutions pénales (police, justice) et les politiques locales de sécurité et de prévention. Il anime un site Internet spécialisé Délinquance, justice et autres questions de société.

Valéry Rasplus : Vos travaux portent essentiellement sur les phénomènes de délinquance, les politiques de sécurité, le droit et les institutions pénales. A partir de quel moment et pourquoi cette orientation thématique est venue dans votre parcours de sociologue ?

Laurent Muchielli : C’est difficile à dire avec certitude, c’est comme souvent un mélange de dispositions personnelles anciennes et de rencontres ou de hasards dans les relations sociales. Même si elles ne sont évidemment pas les seules, ces questions m’intéressaient depuis longtemps, au moins depuis mes premières années d’études à l’université. Ensuite, mon sujet de thèse m’y a ramené. Je travaillais alors sur l’histoire des sciences sociales au tournant du 19ème et du 20ème siècles et il se trouve que la question du crime était déjà centrale à l’époque dans le débat public et dans le débat scientifique. J’ai ainsi organisé en 1994 mon premier colloque sur l’histoire des sciences du crime et j’ai publié dans la foulée mon premier livre (collectif) sur ce sujet. A cette occasion, j’ai rencontré les gens du CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions sociales), le grand laboratoire français sur les questions pénales et nous avons bien accroché. Lorsque j’ai passé le concours d’entrée au CNRS j’ai donc fait un projet qui prolongeait cette histoire des sciences du crime et j’ai demandé à être affecté au CESDIP. Et j’ai réussi le concours... J’ai ainsi passé plus de 12 ans dans ce laboratoire francilien, avant de revenir dans ma région d’origine.

 

Valéry Rasplus : Comment analysez-vous ce que l’on nomme « normes »,  « déviances », « délinquance » et « insécurité » ?

Laurent Muchielli : En quelques mots, la base du travail de sociologue dans notre domaine consiste à définir le crime ou la délinquance comme résultant de trois choses : 1) l’existence de normes disant ce qui est crime et ce qui ne l’est pas, 2) l’existence de personnes transgressant ces normes (devenant donc délinquantes), 3) l’existence d’une « réaction sociale » à ces transgressions.

En langage concret et simple, pour qu’il y ait crime, il faut : 1) qu’il y ait un interdit (et cela ouvre de grands horizons d’études historiques et sociologiques car la production des interdits ne cesse d’évoluer), 2) qu’il y ait un ou plusieurs transgresseurs (et c’est un autre champ d’études, plutôt sociologiques et psychologiques), 3) que quelqu’un s’en aperçoive et qu’il se passe quelque chose ensuite (sinon le crime commis n’existe pas socialement).


Quant à l’« insécurité » c’est tout à fait autre chose. Ce n’est pas un concept scientifique et ce n’est pas un ensemble de choses identifiables. C’est en réalité une notion de type politique et médiatique, qui ne réfère pas à des comportements précis mais à des peurs. Du point de vue scientifique, nous pouvons en revanche parler du « sentiment d’insécurité » et l’étudier en tant que tel par des questionnaires et des entretiens. On y découvre alors que le premier facteur du sentiment d »insécurité n’est pas le fait d’avoir été victime de quelque chose. Le premier facteur est l’âge : les personnes âgées ont plus peur, même s’il ne leur est rien arrivé. Il ne s’agit donc pas en réalité d’une insécurité mais bien plutôt d’une vulnérabilité, ce qui est très différent. Et c’est valable aussi pour les autres facteurs : le sexe des personnes interrogées, leur précarité socioéconomique, le niveau de dégradations apparentes de leur quartier, le degré d’anonymat...

 

Valéry Rasplus : Faîtes-vous une différence entre la sociologie de la délinquance et la criminologie ?

laurent mucchielli,sociologie,délinquance,déviance,criminologie,sécurité,statistiques,valéry rasplusLaurent Muchielli : Ce n’est pas moi qui fait une différence, ce sont nos institutions. En France, la sociologie est une discipline scientifique enseignée à l’université, on peut passer un doctorat en sociologie et être recruté comme enseignant en sociologie ou chercheur au CNRS en sociologie. Même chose en droit, en psychologie, en science politique, etcetera. Mais rien de tel avec la criminologie qui n’existe pas comme discipline scientifique. Dès lors c’est un peu comme « psychologue » il y a une vingtaine d’années avant que la profession ne soit mieux réglementée, n’importe qui peut s’autoproclamer aujourd’hui « criminologue », ça ne veut rien dire et surtout ça n’est la garantie d’aucune formation ni d’aucune compétence. Dans d’autres pays, la situation est tout à fait différente. Mais selon les pays, le contenu de ce qui est appelé Criminologie est assez variable. Dans certains c’est une dominante juridique (beaucoup de droit pénal), dans d’autres c’est une dominante psychologique et enfin dans les pays anglo-saxons c’est le plus souvent une dominante sociologique.

 

Valéry Rasplus : En quoi votre approche diffère de criminologues comme Alain Bauer ou Xavier Raufer ?

Laurent Muchielli : Ce n’est pas simplement mon « approche » qui diffère, c’est l’ensemble de mon métier qui n’a rien à voir. Encore une fois, il ne peut pas y avoir de « criminologues » en France puisqu’aucune instance universitaire et scientifique ne délivre ce titre. Les personnes qui s’accaparent ce titre sont en réalité des personnes extérieures au monde universitaire et scientifique, qui recherchent la légitimité que donne un titre et s’emparent donc de cette étiquette qui est en quelque sorte libre de droits...

Alain Bauer et Xavier Raufer en sont les deux exemples les plus connus. Le premier est en réalité à l’origine un entrepreneur de sécurité privée qui a beaucoup investi le marché du conseil et du diagnostic local de sécurité. Le second est un ancien militant d’extrême droite reconverti dans l’analyse du terrorisme d’extrême gauche puis du terrorisme islamiste. Leur stratégie de légitimation universitaire est très forte car ils ont trouvé des alliés, en particulier des éditeurs. La plupart de leurs livres sont en effet édités aux Presses Universitaires de France et désormais aussi aux éditions du CNRS, ce qui est un comble ! Pour Xavier Raufer, je crois que personne n’est dupe. Le cas d’Alain Bauer est plus complexe. Il a du pouvoir, il est proche du Président de la République, il dirige l’Observatoire national de la délinquance et il a désormais aussi un titre de type universitaire qui peut faire illusion. En effet, par décret du 25 mars 2009, Nicolas Sarkozy l’a directement nommé titulaire d’une « chaire de criminologie appliquée » au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). Un fait du prince.

 

Valéry Rasplus : L’interprétation et les résultats d’enquêtes statistiques portent souvent à polémique. Comment doit-on lire et interpréter les résultats statistiques liés à « l’insécurité » et aux « violences » ?

Laurent Muchielli : Les questions de sécurité sont parmi les plus importantes dans les discours politiques et les rhétoriques électorales en France. Dans ces débats, que répercutent fortement les médias, les statistiques servent généralement d’arguments d’autorité. Elles sont convoquées pour prouver le bien fondé de l’action d’un gouvernement, ou son échec selon ses opposants. Cela donne des « batailles de chiffres » auxquelles le citoyen ne comprend pas grand-chose, qui n’éclairent guère le débat public et surtout permettent rarement d’évaluer correctement tant l’état des problèmes que l’efficacité des politiques publiques.


Pour interpréter correctement les choses, il faut au moins respecter ce que j’appellerais trois « règles d’or » de l’analyse statistique en sciences humaines : 1) on ne peut rien dire d'un chiffre si l'on ignore comment il a été fabriqué ; 2) un seul chiffre ne saurait permettre de décrire ni mesurer un phénomène social complexe ; 3) les chiffres ne « parlent pas d'eux-mêmes », c'est nous qui les faisons parler. En l’occurrence, le débat public est totalement biaisé par la naïveté avec laquelle les responsables politiques et les journalistes font semblant de croire que les statistiques de la police permettent de connaître les « chiffres de la délinquance ». En réalité, les statistiques de police mesurent les procédures faites par les policiers et les gendarmes. C’est un comptage d’actes administratifs. C’est bien entendu lié directement à l’activité délinquante mais ça n’en est pas un baromètre précis, a fortiori lorsque le pouvoir politique vient truquer tout le système en obligeant les policiers et les gendarmes à produire les « bons chiffres » c’est-à-dire ceux qui sont conformes à la demande du ministre...

 

Valéry Rasplus : Quelle est la part de la délinquance dans les « cités » par rapport à celle que l’on trouve dans d’autres espaces sociaux ? Et de quelle nature est-elle ?

laurent mucchielli,sociologie,délinquance,déviance,criminologie,sécurité,statistiques,valéry rasplusLaurent Muchielli : Il n’y a pas une délinquance mais des délinquances. Dans les quartiers ghettoïsés, on trouve concentrés certains types de délinquance particuliers : les diverses infractions commises par les bandes de jeunes délinquants, les violences envers les institutions, les incendies de véhicules, les trafics de drogue. Cela s’explique de nombreux facteurs, en particulier l’ampleur du chômage qui fragilise le lien global avec le reste de la société, l’ampleur de l’échec scolaire qui précipite vers la délinquance de nombreux jeunes, l’ampleur des discriminations qui sont dénoncées moralement mais qui demeurent quotidiennes dans la réalité et qui fragilisent elles aussi le lien global avec le reste de la société, le manque de ressources des familles pour faire face aux difficultés de leurs enfants, et d’autres facteurs encore. Mais tout cela ne signifie pas que la délinquance est une spécificité de ces quartiers.

D’abord, il existe à l’autre opposé de l’échelle sociale une délinquance des puissants, une délinquance des élites qui est également forte et qui est autrement plus impunie. L’écroulement du contentieux de la délinquance économique et financière (et de la corruption) ces dernières années est l’indice d’un « deux poids, deux mesures » vertigineux en matière de lutte contre la délinquance. Ensuite, il existe des problèmes intrafamiliaux dans tous les milieux sociaux. Or c’est là, au sein de la famille, que se trament certaines des plus grandes violences psychologiques, physiques et sexuelles. 

 

Valéry Rasplus : Existe-t-il des populations plus « criminogènes » que d’autres et selon quels critères ?

Laurent Muchielli : Non. Il existe des facteurs criminogènes si l’on veut, c’est-à-dire des facteurs habituels de délinquance (par exemple les violences intrafamiliales ou l’échec scolaire), ou encore des situations et des contextes criminogènes au sens où certains maximisent les risques quand d’autres les minimisent, mais il n’existe en aucun cas des « populations criminogènes » au sens où certains groupes de population auraient en soi et de manière générale une propension plus grande à commettre des infractions. Ceci est typiquement une représentation de sens commun ou bien un préjugé de type raciste.

 

Valéry Rasplus : Pourrait-il exister des politiques de substitution à l’enfermement carcéral ? 

Laurent Muchielli : Mais il en existe déjà ! Il existe de nombreux types de centres d’accueil plus ou moins fermés pour les jeunes délinquants. Il existe aussi des formes de prises en charge médicales pour les malades mentaux. Il existe par ailleurs toute une batterie de peines de substitution ou d’alternatives à l’emprisonnement. Le problème est que, pour être efficaces, ces alternatives supposent la collaboration des collectivités territoriales voire de la société civile. Une peine de réparation ou de travail d’intérêt général, par exemple, suppose de trouver un lieu d’accueil pour effectuer la mesure, un encadrement technique et éducatif minimal, un peu  de suivi et un peu d’évaluation à la fin. C’est un peu plus compliqué à organiser que d’expédier les gens en prison pour de courtes peines (ce qui est la majorité des peines de prison). Et pourtant toutes les études montrent que ce serait mieux du point de vue de la lutte contre la récidive.

 

Valéry Rasplus : Pensez-vous que nous soyons dans un monde gouverné par un « totalitarisme de la sécurité » ?

Laurent Muchielli : Non, pas encore, mais il existe une tendance assez évidente ! J’ai écrit un livre entier à ce sujet, avec d’autres collègues, en 2008, que j’ai appelé « La frénésie sécuritaire ».


Nous ne sommes pas encore sous le règne de « big brother » mais, tout de même, nous n’avons jamais été aussi bombardés de lois, de circulaires et de règlements divers édictant des interdits et des formatages en tous sens, nous n’avons jamais été aussi « fichés » et « tracés » de multiples manières (fichiers de police, fichiers de santé, fichiers sociaux, puces électroniques en tous genres, etc.), nous sommes de plus en plus vidéo-surveillés et bientôt de plus en plus surveillés sur Internet, on nous promet partout la « tolérance zéro »...


Par ailleurs, certains nous entretiennent presque quotidiennement dans la peur de l’« insécurité » de façon active (certains politiques) ou passives (les médias, leur traitement des faits divers, leurs pseudo-reportages incessants sur le crime, les policiers, etc.). Dès lors, cette prétendue « insécurité » légitimant les concessions croissantes que nous faisons à la sécurité au détriment de nos libertés, il est clair qu’il y a là une pente et une escalade potentiellement dangereuse et qu’il faut que nous restions bien éveillés.

 

Valéry Rasplus : Quelles sont pour vous les questions les plus importantes, dans votre domaine, qu’il reste à traiter dans les années à venir ?

Laurent Muchielli : La question est vaste, je ne prendrais que les trois premiers points qui me viennent à l’esprit mais il y en a certainement d’autres.


Premièrement, nous (chercheurs, universitaires) ne travaillons pas assez sur les délinquances en cols blancs. Pour schématiser, 99 % des travaux de recherches sont concentrés sur le public judiciarisé c’est-à-dire essentiellement les pauvres. Nous succombons ainsi à notre tour au tropisme général et aux mécanismes sociopolitiques fabriquant cette très forte inégalité.


Deuxièmement, nous ne travaillons pas assez sur l’évaluation des dispositifs de traitement de la délinquance à tous les niveaux. C’est comme si nous nous interdisions d’avoir un avis sur l’action des professionnels, sur la performance des dispositifs, comme si l’évaluation des politiques publiques était un objet moins noble ou moins intéressant. Il faut dire que l’Etat n’y pousse guère,  la culture de l’évaluation scientifique indépendante est faible en France dans les institutions publiques.


Troisièmement, nous ne travaillons pas assez localement avec les collectivités territoriales qui sont largement désarmées face aux questions de délinquance, tant dans le diagnostic des problèmes que dans l’accompagnement et l’évaluation des politiques publiques. Or il y a là aussi de gros besoins et il serait important que le monde universitaire et scientifique, dans sa logique de service public, s’investisse dans un champ actuellement occupé uniquement par les entreprises privées de sécurité. C’est pourquoi, pour ma part, je viens de lancer à Aix-en-Provence un programme de recherches à l’échelle locale, que j’ai baptisé Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS), dans le but notamment d’offrir aux collectivités territoriales une aide scientifique au diagnostic et à l’évaluation.

Propos recueillis par Valéry Rasplus

 

piqué au tas sur valery-rasplus.blogs - 1/11/2011

10:09 | Lien permanent | Commentaires (1) |

27/10/2011

Une "retenue judiciaire" sans avocat pour les petits délits

http://carnikg.free.fr/cdd59/images/40_img_ane.jpg

Je n'ai rien à déclarer *

Le Livre blanc sur la sécurité publique remis au ministre de l'intérieur, mercredi 26 octobre, revient sur la modification du régime de la garde à vue en vigueur depuis avril : droit à garder le silence et présence de l'avocat obligatoire. Les auteurs reconnaissent qu'il n'est pas question de revenir sur la réforme, mais ils identifient deux inconvénients majeurs : "des stratégies d'obstruction dans la manifestation de la vérité" et un alourdissement de la charge procédurale.

Tout d'abord, il est donc "souhaitable de réfléchir aux conditions d'introduction en droit français d'un délit d' 'entrave à l'enquête judiciaire' pour réprimer l'attitude d'un gardé à vue qui, interrogé par les enquêteurs, mentirait pour [les] tromper alors même qu'il a connaissance de faits qui, sans l'impliquer personnellement, seraient de nature à favoriser l'élucidation de l'affaire, à recueillir des preuves ou à appréhender le ou les auteurs ou complices".

Deuxième proposition importante, la création d'une "retenue judiciaire" d'une durée limitée à quatre heures pour certains délits, "par exemple ceux punis d'une peine inférieure ou égale à trois ans comme le vol à l'étalage, l'usage simple de stupéfiants ou encore le port prohibé d'un couteau ou d'une arme par destination". Jusqu'ici, toute rétention implique un placement en garde à vue, avec les protections qui lui sont liées. "Cette mesure ne pourrait être décidée qu'en cas de renoncement volontaire de la personne retenue à la présence d'un avocat et ce, dès le début de la retenue", précise le texte.

La proposition trouve l'oreille du ministre de l'intérieur, Claude Guéant : "Je trouve que c'est intelligent. Cela correspond à certains types de délinquance. Il faudrait que la retenue judiciaire s'accompagne d'un formalisme réduit." Lors de la discussion de la loi sur la garde à vue, au début de l'année, la possibilité d'une "audition libre", sans avocat ni garantie particulière, avait été envisagée, puis repoussée, car considérée comme trop peu protectrice.

Enfin, les auteurs défendent également "l'extension des dispositions dérogatoires existantes en matière de lutte contre la criminalité organisée à d'autres infractions très graves, essentiellement l'homicide volontaire ou l'enlèvement de personnes". Ces mesures permettent de retarder la présence de l'avocat jusqu'à la 48e heure de garde à vue.
Laurent Borrendon

piqué au tas sur lemonde.fr - 26/10/2011

*[la photo ne fait pas partie de l'article]

19:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/10/2011

Vice de forme

ACTUALITéS BRûLANTES

Coucou!
Ces derniers temps, nous essayions de pousser les autruches de la ville de Strasbourg à se positionner dans notre affaire, plutôt que de laisser la préfecture nous expulser manu militari en laissant bien soigneusement leurs têtes dans le sable. Nous n'avons pas trop réussi car ces volatiles non volants sont en ce moment totalement obnubilés par les tribulations électorales de leurs poulains respectifs. Point d'engagement de leur part donc. Par contre, nous avons reçu un petit courrier de la préfecture nous annonçant que pour cause d'un vice de forme (que nous n'avons pas totalement saisi), nous bénéficions aujourd'hui d'un délai de cinq mois avant toute possibilité d'expulsion. Chouette! Nous avons donc un certain temps devant nous pour tenter de leur faire sortir la tête du sable!

A suivre, à bientôt!

mercredi 26 octobre 2011

14:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Pétition de soutien au président des Enfants de Don Quichotte

Pétition en soutien d'une grève de la faim pour dénoncer la répression policière

Le mardi 8 novembre 2011, à 8h30, aura lieu un nouveau procès contre Alexandre Glardon, président des Enfants de Don Quichotte à Strasbourg.
Ce procès est le point culminant d'une cabale qui s'exerce depuis plusieurs années à l'encontre de son investissement dans les luttes pour la reconnaissance de la dignité humaine. Alex s'attend donc à une peine lourde (plusieurs années de prison ferme ?) car ce procès sera avant tout un procès politique.
Il entame dès maintenant une grève de la faim sans limite, pour dénoncer la répression et les abus dont il est victime.


Il demande :

- une commission d'enquête parlementaire sur les agissements de la police, de la justice, des services sociaux.


- un statu quo de la politique sécuritaire (arrêt des expulsions sous toutes leurs formes, des pratiques
discriminantes...) jusqu'au résultat des prochaines élections présidentielles.


- une reconnaissance de sa plainte pour violences policières.


- la fin de l'acharnement répressif contre lui, sa famille, son investissement militant.


- la relaxe lors de son procès du 8 novembre prochain.


Pour argumenter ses revendications, il témoignera exhaustivement de ce que lui et sa famille ont subi dans un texte qui sera publié progressivement sur le site Internet suivant :

https://mensch.coop/legalteamstrasbourg


Si vous voulez soutenir Alex dans sa démarche, n'hésitez pas à signer et à faire circuler cette pétition jointe en pdf et passer le voir au 12 rue du général Ducrot à Strabourg.

 

 

Pétition

11:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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