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15/10/2011

La justice ordonne le blocage de tout CopWatch, non son filtrage

Mise à jour vendredi 14 octobre 2011, 17h16. Le tribunal a finalement décidé du blocage complet de Copwatch indique à l'instant @romiglups sur Twitter. Les arguments avancés sur l'impossibilité de filtrer individuellement les 11 URL ont pu jouer en la faveur de ce choix. On ne connait pas encore la technique à appliquer. Dans des affaires similaires, on laisse aux FAI le choix de la technologie avec pour l'obligation de résultat de blocage. Bien entendu, les éditeurs de Copwatch pourront toujours contre-attaquer la mesure en démontrant son défaut de proportionnalité, mais ils devront alors sortir du bois...  En attendant, une pluie de sites miroirs est déjà disponible.

Autre nouvelle importante, les FAI seront indemnisés pour ce blocage. Alors que ces mêmes intermédiaires techniques ne sont toujours pas remboursés des frais engagés pour les missions pénales de la Hadopi.


copwatch filtrage

Première diffusion jeudi 13 octobre
Titre initial :
Filtrage de CopWatch : quand la place Beauvau s’échine
C’est vendredi, 17h, que le juge des référés dira s’il faut ou non interdire l’accès au site Copwatch. L’assignation délivrée par le ministère de l’Intérieur a sollicité des FAI le filtrage de 11 URL du site.

copwatch filtrage blocage

Mercredi, la défense a fait valoir que cette demande n’était ni faisable ni efficace, et pas seulement pour cause de défaut de proportionnalité.

Ce contrôle de proportionnalité
avait déjà été sacralisé par la décision Hadopi 1. Le Conseil constitutionnel avait autorisé des mesures attentatoires à la liberté de communication (ou d’expression) à condition qu’elles soient « strictement nécessaires à la préservation des droits en cause ». En clair, on n'écrase pas un insecte à l'arme nucléaire. Ce filtre s’était aussi retrouvé dans les conclusions de l’avocat général de la CJUE en préparation du futur arrêt SABAM-Scarlet encadrant le filtrage.

Devant le TGI, les FAI ont aussi rappelé une autre réalité touchant cette fois à l’indépendance technologique. Pour permettre une telle granulosité dans le filtrage de ces 11 liens, il n’y avait pas foule parmi les prestataires techniques. Du Deep Packet Inspection à vaste échelle… et qui fonctionne, compte tenu de la position exprimée par l'avocat du ministre de l'Intérieur qui exige une obligation de résultat ? Seul du matériel développé et utilisé en Chine permettrait de se diriger vers un tel résultat, dans la mesure où les technologies occidentales semblent avoir démontré leurs limites lors du printemps Arabe, puisqu'elles ont grandement contribué à faire tomber Internet au niveau local…

On devine immédiatement la problématique en terme d’indépendance stratégique. « Il nous faudrait du coup une autorisation d’acquérir ce matériel de la part de Matignon » puisque les autorisations actuellement délivrées ne concernent pas ce type d'équipements. Voilà ce que ce nous assure l’un de ces FAI après l’audience, peu enthousiaste face à ces solutions issues de firmes fortement dépendantes et aux connexions établies avec le pouvoir central chinois. « L’avocat de la Place Beauvau s’est-il intéressé de savoir ce que pense le contre-espionnage sur ces technologies ? »

Si le filtrage n’est pas possible, le Parquet a fait savoir que le blocage complet de Copwatch pourrait être une voie de secours. Mais cette voie aura aussi le pénible inconvénient - pour ses partisans - de rendre la proportionnalité plus délicate. Tous les contenus sur Copwatch ne sont pas infamants ou attentatoires aux données personnelles. D'ailleurs, ces deux branches respectives du droit comprennent déjà des mesures pour traiter les éventuelles infractions.

Enfin, on ajoutera que le bureau où a été enregistré le domaine Copwatch n’a fait l’objet d’aucune convocation. Officiellement, le ministère de l’Intérieur a prétexté qu’il lui était impossible de déterminer ce bureau. « Voilà un étrange argument, s’interroge notre contact, la Place Beauvau sait pourtant mettre les moyens lorsqu’il s’agit de déterminer les contacts parmi la presse d'un membre d'un cabinet ministériel.
Rédigée par Marc Rees le vendredi 14 octobre 2011 à 17h16 (14286 lectures)
via pcimpact

09:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/10/2011

rendez-vous le 8 octobre!

http://4.bp.blogspot.com/-XJlKlSOFrhM/ToxXg8UCyjI/AAAAAAAAATw/BIkQmD3sUb4/s1600/Romains8octPrefNet.jpg

13:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/10/2011

Vengeance d’État / Villiers-le-Bel, des révol­tes aux procès.

 



 


Vengeance d’État
Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès





Trois semaines avant l’ouverture du procès en appel des tireurs présumés de Villiers-le-Bel, condamnés en juillet 2010 à des peines de 3 à 15 ans de prison ferme, et à l’occasion de la sortie de l’ouvrage Vengeance d’État. Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès [1], nous publions une partie de l’introduction de cet ouvrage, ainsi que plusieurs documents (des appels à la délation anonyme, l’ordonnance d’accusation, des photographies du procès).

Le procès en appel s’ouvre le 4 octobre 2011. Ce livre a un but politique immédiat, il a été écrit pour appeler à la libé­ration des inculpés de Villiers-le-Bel. Nous relayons ici la pétition « Liberté pour les cinq de Villiers-le-Bel », lancée en juillet 2010 et soutenue par le collectif Respect-Vérité-Justice, car « cette révolte populaire était une réponse au quadrillage du quartier par plus de 600 policiers après la mort de deux jeu­nes tués par une voiture de police. Nous dénonçons ce verdict inique fondé sur un témoignage sous X. [...] Nous demandons [...] la libération des cinq condamnés pour l’exemple. »

LIBERTÉ POUR TOUS !

 

la suite sur Acontresens

23:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/09/2011

L'obsession sécuritaire - Arte - Thema "Tous terroristes ?" - 6 septembre 2011

Le combat antiterroriste et ses dérives

L'obsession sécuritaire
 réalisateur : Marita Neher

Après les attaques du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone, les attentats de Madrid, en 2004, et ceux de Londres, en 2005, ont incité les gouvernements européens à renforcer les mesures de lutte antiterroriste. Ce documentaire passe au peigne fin les lois élaborées dans ce cadre et observe, à travers plusieurs cas en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France, les dérives qu'elles ont entraînées. Des arrestations comme celles du groupe de Tarnac ou d'Adlène Hicheur, chercheur au Cern, montrent que, sous prétexte de prévention et de protection des citoyens, on en accuse d'autres à tort et sans respecter leurs droits fondamentaux.

"La Peur des autres - L’exemple de Penzberg"


Depuis 2007, la communauté musulmane d’une petite ville de Bavière, suspectée de liens avec des organisations extrémistes, tente de se défendre devant la justice.
Les musulmans de Penzberg, une paisible ville de 16 000 habitants non loin de Munich, sont fiers de leur mosquée et de leur imam Benjamin Idriz, qui a fait de cette communauté l’une des plus libérales et des plus ouvertes parmi les quelque 2 500 que compte l’Allemagne. Mais du côté des Renseignements généraux, on fait entendre un tout autre son de cloche : selon des écoutes téléphoniques, l’imam entretiendrait des relations avec deux organisations islamistes réputées extrémistes. Des accusations que la communauté rejette formellement, mais qui n’ont pas encore été levées par la justice. La reconstitution de ce dossier offre l’occasion de s’interroger de manière plus générale sur la peur que les sociétés occidentales éprouvent aujourd’hui vis-à-vis de l’islam.

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La Peur des autres
Documentaire de Benjamin Cantu (Allemagne, 2011, 30mn)
Production : Boekamp und Kriegsheim GmbH

19:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/08/2011

Using false documents against “Euro-anarchists”: the exchange of Anglo-German undercover police highlights controversial police operations

L'utilisation de faux documents contre les «euro-anarchistes»: l'échange des policiers infiltrés anglo-allemandemet en évidence les opérations de polices controversés.

 http://www.statewatch.org/analyses/no-146-undercover-exch...

à lire sur Statewatch : http://www.statewatch.org/


 

14:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/08/2011

CHILI - Santiago - 25/08/2011

manifestation, chili,santiago,étudiants

19:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/08/2011

Ni Vieux Ni Traitres - Pierre Carles - Fin


Ni Vieux Ni Traitres - Pierre Carles - Fin par ahmeno9

NOUVELLES DU DVD DE FIN DE CONCESSION
(ET PROJETS EN COURS DU REALISATEUR)

La sortie en dvd de mon dernier long-métrage Fin de concession a pris du retard. Il aurait dû être prêt le 1er mai 2011 mais il ne sortira en définitive qu’en juin, le temps pour l’équipe qui le conçoit de mettre au point les versions sous-titrées du film1 et de fabriquer le livret qui accompagne le dvd2. Notre fonctionnement étant extrêmement artisanal3, nous avons parfois de petits soucis pour tenir les délais. Nous tentons de faire au mieux avec les faibles moyens dont nous disposons, aussi nous vous demandons d’être patients.

Quelques nouvelles de mes prochaines réalisations : le relatif insuccès commercial de Fin de concession au cinéma4 va rendre un peu plus difficile la fabrication de mes prochains longs-métrages. Je vais néanmoins tenter d’autoproduire d’ici la fin de l’année DSK, etc. (une enquête dans la lignée de Juppé, forcément… où il sera question de la présélection d’un candidat à l’élection présidentielle par les principaux médias) et d’achever Du miel, des anguilles et des poules mouillées (titre provisoire), un long-métrage coréalisé avec Philippe Lespinasse lors du tournage de deux reportages TV commandés par France 3 Toulouse sur la vie le long des étangs de Bages, Sigean et Gruissan dans l’Aude. Autre projet qui devrait voir le jour en 2012 : Bourdieu, le retour (co-réalisé avec Annie Gonzalez), un film fabriqué à partir des rushes non montés de La Sociologie est un sport de combat et d’entretiens inédits avec de proches collaborateurs du sociologue Pierre Bourdieu. On me demande souvent des nouvelles du projet intitulé Ni vieux, ni traîtres (film inachevé, jamais sorti en salles de cinéma). Il devrait se scinder en deux documentaires abordant la question taboue de la lutte armée en France dans les années 70/80 : Guérilla française (coréalisé avec Georges Minangoy) qui retracera l’histoire du groupe Action Directe ainsi que 1974, année explosive (coréalisé avec Stéphane Goxe) retraçant le parcours de certains membres des Gari5 luttant contre le régime du dictateur Franco entre Toulouse et l’Espagne.
J’ai aussi annoncé un long-métrage sur le chanteur-auteur-compositeur Nino Ferrer. Ho ! Hé ! Hein ! Bon ! qui devrait voir le jour d’ici deux ou trois ans si tout se passe bien. Dernier long-métrage en cours de développement : Wayana (suite et fin), un film sur une tribu d’indiens d’Amazonie qui a vu son mode de vie traditionnel disparaître en quelques années sous les assauts conjugués de notre société de consommation et de la fièvre de l’or qui sévit en Guyane française. Récit d’un désastre.

Ces films, je les réaliserai coûte que coûte. Les choses iraient un peu plus vite si nous disposions, mes collaborateurs et moi, de plus de moyens pour les mener à bien. Continuez à venir voir nos films en salles de cinéma, à acheter nos dvd (même s’ils sortent parfois avec un mois de retard). Ce sont, pour l’instant, nos principales sources de financement. Sans elles, nous ne pourrions pas fabriquer des documentaires aussi indépendants que ceux que nous réalisons depuis bientôt quinze ans. Nous n’avons pas encore renoncé à poursuivre cette aventure.

A très bientôt.

Pierre Carles

 

via atheles.org - mai 2011

 

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Henri Chazé – Le crime des bagnes nazis : le peuple allemand est-il coresponsable ? (1945)

 

J’ai été interné pendant dix-huit mois à Fresnes par les autorités allemandes, puis déporté pendant deux ans au camp de concentration d’Oranienburg (commando Heinkel). J’ai eu la chance de survivre, et même de revenir sans maladie grave, alors que la plupart de mes camarades rescapés ont dû entrer en sana, ce qui me permet, après quelques mois de repos, de reprendre la vie normale.
J’ai connu, jusqu’à l’hallucination, la lancinante torture de la faim dans une cellule de Fresnes, l’affolante existence de l’être vivant qui ne peut ni parler, ni lire, ni écrire, ni fumer, ni chanter, ni même siffler, et qui reste toujours effroyablement seul avec lui-même. J’ai connu ensuite l’intolérable promiscuité du camp de concentration, les coups, les vexations et les brimades, la vie infernale de troupeau, les treize heures de travail quotidien, les pénibles alertes de nuit pendant lesquelles nous grelottions sous les sapins du camp, et encore la faim, la faim qui peu à peu nous réduisait à l’état de squelettes, de « musulmans » comme nous disions, et puis le froid, le froid toujours, dans l’atelier, dans les dortoirs, dehors sur la place d’appel. Enfin pour finir, l’évacuation forcée, cette marche de plus de 200 kilomètres, sans presque manger, avec l’horrible vision, tout au long de la route, des cadavres de camarades descendus par les SS parce que ne pouvant plus avancer, des cadavres de ceux qui, les nuits, mouraient d’épuisement et de froid aux étapes, avec l’angoissante impression que j’étais aussi à bout de forces et que mon tour pouvait venir.
Tout cela, et bien d’autres souffrances morales et physiques, je l’ai éprouvé comme tous les rescapés des Kz. Je ne veux point pleurer sur ces souffrances. Militant révolutionnaire, j’ai toujours été conscient des risques inhérents à la lutte à laquelle j’avais entrepris de participer. Je n’ai donc pas à me plaindre.
Cependant, il n’y avait pas que des militants révolutionnaires dans le camp ou en prison, nous n’étions même qu’une minorité. Aussi ai-je davantage souffert des souffrances de ceux qui n’étaient pas moralement prêts à subir tant de tourments. Certes, il est dur d’être frappé sans pouvoir riposter, mais il est encore plus pénible de voir frapper un autre sans pouvoir se jeter sur le lâche agresseur. Sans aucun doute, les interminables dimanches de Fresnes furent sombres, mais plus douloureux encore étaient les longs sanglots, les crises de désespoir, les manifestations de demi-démence des camarades des cellules voisines. Je me demande maintenant comment j’ai pu vaincre la contagion de ces défaillances collectives et affronter le danger des punitions pour crier aux plus déprimés quelques phrases apaisantes et réconfortantes.
Puis-je comparer ma misère à celle des pauvres gosses polonais et ukrainiens du « Block des Jeunes » de notre Kz ? Il y eut, fin 1944, jusqu’à des bambins de huit à neuf ans dans ce block ! Et tous ceux qui avaient plus de treize ans travaillaient avec nous à l’atelier, ces pauvres « Lehrling », proies faciles des capos pédérastes, nous les voyions lentement se dépraver sous nos yeux, périr lentement de faim et de fatigue, et nous pouvions leur donner si peu !
Oh ! oui, les camps de concentration sont une telle atrocité qu’il y a lieu de poser la question : qui sont les responsables ? Bien entendu, les dirigeants nazis d’abord, leurs exécutants SS ensuite, et enfin tout le parti national-socialiste. Mais, tant en prison qu’au camp, je me suis parfois demandé si les soldats de la Wehrmacht qui nous gardaient à Fresnes, si les ouvriers civils allemands qui nous commandaient à l’atelier, chez Heinkel, si le peuple allemand dans son ensemble n’était pas coresponsable des crimes nazis.

la suite sur Espace contre Ciment

 

09:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

« La déontologie ? Cela n'existe pas »

via l'humanité.fr - 11 Février 2005

« La déontologie ? Cela n'existe pas »

Souvenez-vous. Début 2004, un mystérieux groupe AZF menace de faire sauter des bombes le long des voies ferrées, communiquant avec le ministère de l'Intérieur par le biais de petites annonces paraissant dans Libération, se donnant du « Suzy » et du « Mon gros loup ». Éclipsé par les attentats de Madrid, le groupe disparaîtra aussi vite qu'il sera apparu. Ce dont on se souvient moins, c'est le traitement médiatique, avec, de la part de la place Beauvau, un fax intimant aux rédactions de garder le silence. Retour sur cette affaire à laquelle Élise Galand et Romain Icard, journalistes de Pièces à convictions (France 3) ont consacré un ouvrage.

Qu'est-ce qui vous a surpris, de prime abord ?

Élise Galand. D'abord, le silence des sources avec lesquelles les « faits-diversiers » sont en contact permanent. Un silence assourdissant qui ne peut que mettre la puce à l'oreille.

Arrive alors le fameux fax du ministère de l'Intérieur...

Élise Galand. Une première dans l'histoire de la presse ! Depuis Peyrefitte, on n'avait jamais vu ça. Un fax du ministère de l'Intérieur révélant l'affaire AZF à l'ensemble des rédactions tout en leur demandant de garder le silence ! Ce qui va à l'encontre de notre vocation première.

Romain Icard. C'est surtout complètement schizophrène et assurément voué à l'échec : une nouvelle preuve que Sarkozy ne savait pas comment réagir.

Élise Galand. Même si agir ainsi était une manière pour les autorités de se dédouaner et de refiler la patate chaude aux médias...

Plus surprenante encore est l'attitude de ces derniers, acceptant d'obéir !

Élise Galand. On n'est pas là pour faire la leçon. D'autant que certains n'étaient même pas au courant de l'affaire avant de recevoir le fax. De fait, la seule publication à avoir brisé le silence, c'est la Dépêche du Midi. Son patron a demandé à Claude Guéant - le chef de cabinet de Sarkozy - si c'était vrai. Et comme ça l'était, il a fait le choix de publier. Position intermédiaire : celle d'Europe 1 qui, dans son premier bulletin, évoquera l'affaire sans qu'elle figure dans les titres. Ceux qui n'ont pas publié diront qu'ils n'avaient pu réunir assez d'info pour recouper. Mais une fois l'affaire divulguée, tout le monde s'y mettra...

Quid de l'attitude, par exemple, du journaliste de l'AFP affecté place Beauvau ?

Élise Galand.

Nous n'avons pas voulu le stigmatiser. Il a choisi de ne pas être le premier à révéler l'affaire. Mais il lui aurait été beaucoup plus simple d'avouer qu'il ne voulait pas se griller durablement avec sa source. Et par là même couper le robinet pour tout le monde.

Au fait, c'est Libération qui est le premier au parfum. Pourquoi rester silencieux ?

Romain Icard. Parce qu'ils avaient le cul entre deux chaises. Car, sans que la rédaction ne soit toute de suite impliquée (et donc quasi à leur corps défendant), ils ont servi de lien par le biais des petites annonces.

Quel regard sur l'ire des médias envers la Dépêche du Midi ?

Élise Galand. Les critiques ont été en effet particulièrement virulentes à son égard de la part des quotidiens nationaux. Ce qui a permis à la Dépêche du Midi de renverser l'idée selon laquelle la presse locale serait à la botte du pouvoir. Là, c'était plutôt l'inverse. Seule voix dissonante, l'Humanité qui s'est interrogée sur un ministère donnant des ordres aux journaux... Mais, dans la bataille d'éditorialistes, le problème de fond n'a jamais été abordé. Et vite occulté puisque, quelques jours plus tard, des bombes exploseront à Madrid.

Romain Icard. La violence des critiques à l'égard de la Dépêche tient à une seule chose : c'est que ce journal a eu le courage de faire ce que les autres n'ont pas fait. Il est d'ailleurs aberrant de parler d'irresponsabilité lorsqu'un journal n'a fait que divulguer une information qu'il avait. Mais de fait, la problématique change lorsque ce n'est plus une source qui dit à un journaliste de ne pas sortir une info mais le directeur d'un cabinet ministériel - qui plus est, celui de Sarkozy... - qui contacte directement les directeurs de l'info pour leur dire de se taire. Surtout en jouant non pas sur une question de droit mais sur la corde sensible. Sauf qu'après ça, on se demande où sont les limites...

Quelle analyse globale faites-vous de cette affaire ? Sur la relation des journalistes à leurs sources et au pouvoir ?

Élise Galand. Pour ce qui est des sources, il est clair que l'on va difficilement se mettre en froid avec des interlocuteurs comme le ministère de l'Intérieur, étant donné qu'il faut son aval pour la moindre interview de policier. Et l'on sait que le travail des enquêteurs sera plus difficile une fois l'affaire révélée, car, par la suite, il y aura la pression de l'opinion publique. Même si, par exemple, les lecteurs de la Dépêche ont approuvé à plus de 80 % l'attitude de leur journal et qu'il n'y a pas eu de « psychose ». Pour ce qui est du rapport aux autorités, plutôt qu'un parallèle avec les « conseils » d'un Chirac sur l'envoi de journalistes en Irak, je ferais un parallèle avec les perquisitions au Monde et à l'Équipe pour savoir d'où viennent les fuites dans l'affaire Cofidis. Se pose concrètement la question du droit de la presse. Or, là, soyons clairs : nous, journalistes, sommes tous dans l'illégalité. Car, quotidiennement, nous ne respectons pas le secret de l'instruction ou de l'enquête.

Romain Icard. Et comment faire autrement ? ! Si vous parlez des affaires une fois qu'elles sont jugées, vous avez loupé le coche. La loi est tout bonnement mal faite. Mais ce que cela m'inspire plus globalement, c'est le silence de la profession et son absence de mémoire. Pour parler de terrorisme, faudrait-il attendre qu'il y ait mort d'homme ? D'autant que ceux osant dire qu'ils n'avaient pas assez d'infos savent aussi bien que nous que, pour en avoir, il faut s'en donner les moyens. Par ailleurs, beaucoup semblent avoir oublié ce qui s'est passé. Non seulement l'attitude du ministère mais ce qu'aura été cette affaire. Sans parler de Claude Guéant considérant que ce sont les révélations de la Dépêche qui ont fait capoter l'enquête.

Et qu'en est-il de la déontologie des journalistes ?

Romain Icard. C'est bien simple : elle n'existe pas. On a des droits, parfois des devoirs. Mais toujours pas de code de déontologie.

Élise Galand. Il est clair qu'on pointe souvent du doigt les dysfonctionnements de la police, de la justice, des hôpitaux, etc. Mais il est très rare que les journalistes s'interrogent sur leur propre pratique. Et ça manque cruellement.

Romain Icard. Et, honnêtement, vous avez déjà vu un journaliste faire son mea culpa ? Pourtant, ce serait bien utile. Ne serait-ce que pour éviter certaines dérives. Ou certains dérapages médiatiques...

Entretien réalisé par Sébastien Homer

Suzy contre mon gros loup, Éditions Privé, 2005, 250 pages, 18 euros.

 

 

09:05 | Lien permanent | Commentaires (1) |

24/08/2011

Article sur votre blog : A propos d'Histoires secrètes d'Action Directe, documentaire de Romain Icard

courriel reçu hier :

Bonjour,

 

Je vous contacte après un email reçu suite à l’article suivant :http://probe.20minutes-blogs.fr/archive/2009/11/02/pour-l...

 

On nous a averti de la possibilité d’un dépôt de plainte si cet article datant de 2009 n’était pas retiré de votre site.

20 Minutes n’est pas responsable du contenu des blogs des internautes, ce sont les auteurs qui le sont. (« L’internaute inscrit reconnaît et accepte que 20 Minutes n'assume et ne supporte aucune responsabilité du fait des Contenus et s'engage à garantir 20 Minutes dans les conditions détaillées à l'article "Droits et obligations des Inscrits" des présentes conditions générales d'utilisation » (http://www.20minutes.fr/cgu.php) nous souhaitions, simplement, et en toute transparence, vous informer à propos de cette information et ce risque.

Pouvez-vous nous dire rapidement si vous souhaitez supprimer l’article du site ou le conserver?

 

Souhaitez-vous que nous communiquions votre adresse email pour que vous puissiez communiquer ensemble là-dessus ?

 

Voici le message reçu : « Ce texte est, selon mes défenseurs, diffamatoire en plusieurs points. Qui plus est au niveau professionnel. Vous n'êtes pas sans savoir que la législation me serait favorable en cas de procédure. Aussi, je vous demande instamment de bien vouloir faire disparaître ce texte de ce blog le plus rapidement possible. »

 

Je vous en remercie,

 

Cordialement,

Cédric #######

Responsable de Communauté

Lien vers l'article : http://endehors.net/news/a-propos-d-histoires-secretes-d-action-directe-documentaire-de-romain-icard

Icare rit ?

07:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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