Avertir le modérateur

30/04/2010

Poursuites annulées contre André Durrmann, éleveur de moutons qui avait refusé de vacciner ses bêtes contre la fièvre catarrhale ovine (FCO).

L'éleveur alsacien avait comparu le 18 mars pour avoir refusé de vacciner ses bêtes contre la fièvre catarrhale ovine

 

Rappel des faits du 18 mars 2010

 

Le tribunal de proximité de Sélestat (Bas-Rhin) a mis en délibéré au 23 avril sa décision concernant André Durrmann, éleveur bio à Andlau. L'agriculteur est poursuivi pour non-respect d'un arrêté ministériel imposant la vaccination des bovins, ovins et caprins contre cette maladie inoffensive pour l'homme, une infraction considérée non pas comme un délit mais comme une contravention.

"Je suis pour la libre vaccination, je ne reconnais pas l'infraction", a déclaré au juge M. Durrmann, qui encourt une amende de 750 euros. Potentiellement, l'amende maximale encourue aurait pu être de 750 euros par mouton non vacciné, mais "le ministère public a retenu une seule infraction: on vous a fait un prix de gros", a souligné à l'audience le juge Jean-Paul Gérard.

"Si je comprends bien, vous êtes contre cette vaccination pour des raisons philosophico-agricoles", a ajouté le juge d'un ton conciliant. Dans toute la France, quelque 3.000 éleveurs --surtout dans le domaine de l'agriculture biologique-- sont réfractaires à l'obligation vaccinale, estimant le vaccin inutile et potentiellement nocif pour l'animal. Nombre d'entre eux font l'objet d'une procédure similaire à celle intentée contre M. Durrmann, et pourraient donc être prochainement convoqués à leur tour devant un tribunal. 

Une centaine de manifestants, représentants de collectifs créés dans toute la France pour défendre les quelque 3.000 éleveurs réfractaires à cette obligation vaccinale, étaient venus soutenir leur collègue devant le tribunal de proximité de Sélestat, où il encourt une amende de 750 euros. AFP


Le tribunal de proximité de Sélestat dans le Bas-Rhin a annulé vendredi, pour des raisons de procédure, les poursuites contre un éleveur de moutons qui avait refusé de vacciner ses bêtes contre la fièvre catarrhale ovine (FCO).

André Durrmann, qui exploite une petite ferme à Andlau dans le Bas-Rhin, avait comparu le 18 mars devant le tribunal de proximité, où il encourait une amende de 750 euros pour non-respect d'un arrêté ministériel qui impose cette vaccination. Ce procès, qui s'était déroulé dans une ambiance bon enfant en présence d'une centaine de manifestants, dont des militants de la Confédération paysanne, venus soutenir l'agriculteur, était une première en France. "Le tribunal a prononcé la nullité de la procédure car le parquet n'avait pas mentionné dans la citation l'arrêté ministériel dont il était question", a expliqué Me Marie-Rose Gaasch, l'avocate de M. Durrmann. L'éleveur avait exposé au tribunal sa thèse en arguant qu'il était "pour la libre vaccination".
Dans toute la France, quelque 3.000 éleveurs, surtout en agriculture biologique, sont réfractaires à cette obligation vaccinale. Ils estiment le vaccin inutile et potentiellement nocif pour l'animal. Nombre d'entre eux font l'objet d'une procédure similaire à celle intentée contre M. Durrmann, et pourraient être prochainement convoqués à leur tour devant un tribunal.
La FCO, une infection virale transmise d'un animal à l'autre par le biais d'un moucheron piqueur, n'est pas directement contagieuse entre animaux, ni dangereuse pour l'homme.

Article de France 3.fr - 23/04/2010

 

Sélestat : ironie et bonne humeur au procès de l'éleveur anti-vaccins

Rigueur du droit contre convictions «philosophico-agricoles»: un éleveur bio a été jugé vendredi à Sélestat (Bas-Rhin), lors d'une audience très symbolique et bon enfant, pour avoir refusé de vacciner ses moutons contre la «maladie de la langue bleue».

Une centaine de manifestants, représentants de collectifs créés dans toute la France pour défendre les quelque 3.000 éleveurs réfractaires à cette obligation vaccinale, étaient venus soutenir leur collègue devant le tribunal de proximité de Sélestat, où il encourt une amende de 750 euros.

«Je suis pour la libre vaccination, je ne reconnais pas l'infraction», a déclaré au juge André Durrmann, à la tête d'une petite ferme à Andlau, et qui était le premier en France à être jugé pour des faits de ce type.

«Vous dites que pour des raisons philosophico-agricoles, vous refusez que vos bêtes soient vaccinées», résume le juge Jean-Paul Gérard, devant le refus de l'éleveur de s'exprimer davantage.

M. Durrmann est poursuivi pour non respect d'un arrêté ministériel imposant la vaccination des ovins, bovins et caprins contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), une infection virale transmise d'un animal à l'autre par le biais d'un moucheron piqueur, mais qui n'est pas directement contagieuse entre animaux, ni dangereuse pour l'homme.

A l'issue de l'audience, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 23 avril. Potentiellement, l'amende maximale encourue aurait pu être de 750 euros par mouton non vacciné, mais «le ministère public a retenu une seule infraction: on vous a fait un prix de gros», souligne le juge.

«C'est normal: il n'y a qu'un troupeau», répond du tac-au-tac l'avocate de la défense, Me Marie-Rose Gaasch, suscitant les rires de la salle.

Maniant l'ironie, le magistrat fait remarquer à l'avocate:

«- Pour vous comme pour moi, l'élevage de moutons, ça n'a aucun secret».

«- Je suis juriste, mais ça ne veut pas dire que je ne m'y connais pas en moutons», réplique l'avocate, qui énumère alors certains des arguments des réfractaires à la vaccination obligatoire: selon elle, le vaccin n'est pas inoffensif pour l'être humain - contrairement à la maladie elle-même -, et il existe des techniques alternatives pour prévenir l'affection.

Me Gaasch a également soulevé plusieurs arguments juridiques pour tenter d'obtenir l'annulation de la procédure.

De son côté, le représentant du parquet, André Dubrulle, a évoqué un «véritable problème de santé publique» et souligné que «la vaccination a été rendue obligatoire en raison d'une explosion de la maladie».

Toutefois il a également observé qu'il fallait prendre en compte la «possibilité» que d'autres méthodes de prévention de la maladie puissent être mises en place dans un avenir proche. «Nous aimerions avoir l'éclairage de la part des services vétérinaires», a fait valoir sur ce point le magistrat, qui n'a pas requis de peine mais a seulement demandé l'ajournement de la décision.

Avant et après l'audience, le comité de soutien de l'éleveur poursuivi a bruyamment manifesté devant le tribunal, muni d'une vache en carton-pâte à l'arrière-train parsemé de seringues géantes.

«C'est un peu folklorique, mais ça reste bon enfant», a commenté le juge.

Article de L'Alsace.fr - 19/03/2010

08:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/04/2010

Tchernobyl Day à Strasbourg - actions les 24 et 26 avril 2010

 

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 a eu lieu à la centrale nucléaire de Tchernobyl la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire, dont les conséquences perdurent et s’aggravent au fil du temps.

Pour marquer ce triste anniversaire,
l'association Stop transports-Halte au Nucléaire vous donne rendez-vous pour deux actions symboliques à Strasbourg :

  • le samedi 24 avril à 15h : Une cérémonie commémorative:
Nous  rendrons  hommage à toutes les victimes de la catastrophe de Tchernobyl par une action symbolique et visuelle à Strasbourg. Venez nous y rejoindre à 15h précise devant l'Hôtel de Ville, Place Broglie (si possible avec un masque)
  • lundi 26 avril à 17h30 précise : Une action symbolique et visuelle devant le siège de l'ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) 1 rue Pierre Montet à la Krutenau à  STRASBOURG (à côté du campus universitaire, entre la Place du Foin et la rue du Maréchal Juin)

N'hésiter pas à  nous rejoindre à ces actions, accompagnés de votre famille, vos amis, vos voisins, vos collègues ... pour marquer ce 24ème anniversaire, comme le font un peu partout en France et dans le monde de nombreux groupes et associations, pour dénoncer l’absence de réponse aux problèmes des populations qui souffrent depuis 24 ans de cette terrible catastrophe, et pour refuser le nucléaire et les risques énormes que cette industrie fait courir à l’humanité.

Cordialement,

Rémi VERDET
stthn@free.fr

Le FOLKLORE De La ZONE MONDIALE et UNTERGANG Démontent TCHERNOBYL !
FIESTA FZM
Dans le cadre des "TCHERNODAY"

Vendredi 23 Avril 2010
MOLODOÏ (Strasbourg)
www.molodoi.net
8€
Réservations: g2@untergang.fr

Le réacteur nucléaire n° 4 de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986, il y a 24 ans. A cette date commença la plus grande catastrophe technologique et industrielle de tous les temps. Tchernobyl n'a pas fini de faire des victimes : ses conséquences inouïes et irréversibles sur la santé (cancers, pathologies multiples, effets mutagènes et tératogènes) affecteront profondément les prochaines générations.
Pour refuser absolument d'oublier Tchernobyl nous nous associons au label "Folklore de la Zone Mondiale" pour l'organisation de cet événement. www.fzm.fr

Programme:

5 groupes du label FZM et 2 groupes affiliés à l'association Untergang.

20h00 / 04h00.

RAMONEURS DE MENHIRS Traditionnel Punk (Bzh)
www.ramoneursdemenhirs.fr
ETHNOPAIRE Punk Technoïde (Casunistan)
ethnopaire.over-blog.fr
FAMILHA ARTUS Folk Rock / Industrielle / Progressif (Gascogne)
familha.artus.free.fr
Collectif MARY READ Rap Pirate (St Etienne)
collectifmaryread.free.fr
J'AURAIS VOULU... Punk Rock (Colmar) jauraisvoulu.free.fr
SCUMSHOT Hardcore Punk (Mulhouzy) www.myspace.com/scumshot68
GANGRENE Punk (Colmar)

Entre les groupes, battements de 20mn à 30mn durant lesquels nous projetterons des documentaires dont trois de Wladimir TCHERTKOFF:

Controverses Nucléaires (34 min)
En juin 2001 à Kiev, les experts nucléaristes de l'AIEA et de l'OMS maintiennent que la catastrophe de Tchernobyl n'a fait que 31 morts "environ"...

Le Sacrifice (24 min)
Documentaire (2003) primé dans plusieurs festivals.
Dans les mois qui suivirent la catastrophe de Tchernobyl,un million de liquidateurs ont été réquisitionnés pour tenter de confiner le réacteur en feu. Le témoignage de quelques-uns d'entre eux, la mort de la plupart dans l'indifférence générale.

Enfants de Tchernobyl (16 min)

Le mensonge français (24mn)
Un documentaire sur les mensonges des "autorités" sur le nuage de Tchernobyl, à noter les témoignages de pompiers corses de l'époque et de certains membres du personnel de centrales nucléaires.
Une enquête signée Sophie Le Gall et Matthieu Lère.

EXPO:
Hommage aux liquidateurs

http://www.chernobyl-day.org/

07:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/04/2010

Biodynamis - La revue de l'agriculture, du jardinage et de l'alimentation bio-dynamiques

Rubriques de la revue :

La vie de la nature et du ciel (astronomie) ; ce que vit et ressent l'agriculteur ; comment retrouver consciemment un lien avec notre environnement naturel 

Les travaux du jardin : comment débuter ; les travaux de la saison ; les techniques

Reportages et rencontres dans les domaines agricoles

Du sol à la cuisine : faire pousser, transformer, acheter, cuisiner

Les relations ville/campagne

Enfance et nature : activités avec les enfants, histoires...

En famille : vivre le quotidien de façon saine et éducative: recettes, témoignages, réflexions 

Actualités mondiales ; notes de lecture, annonces et compte rendus de congrès, foires, salons, formations, conférences...

Petites annonces

Abonnement à Biodynamis (4 numéros + 1 hors série) : 27 euros

Adhésion 2010 au Mouvement de Culture Bio-Dynamique : 16 euros

• offre un tarif réduit sur l'abonnement à Biodynamis
• donne accès au service de renseignements par téléphone pour des questions sur le jardinage bio-dynamique ...
• donne accès aux activités de l'association nationale et des associations régionales à des tarifs avantageux
• offre la possibilité de recevoir le programme des activités à chaque réactualisation

Adhésion + abonnement : 37 euros

Retrouvez toutes nos publications, adhérez et abonnez-vous à Biodynamis, en ligne sur notre boutique internet :
http://biodynamie-boutique.bio-dynamie.org/

ou

Téléchargez le bulletin d'adhésion et d'abonnement à la revue + le bon de commande

Hiver 2009 - N°68
Sommaire (en pdf)
Editorial (en pdf)

http://www.bio-dynamie.org/index.htm

 

09:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/04/2010

Coup de force des antinucléaires à Mont de Marsan

Dr_strangle_love.jpg

 

Leurs intentions étaient connues. Un dispositif policier et militaire avait été déployé. Pourtant samedi 3 avril, 13 militants opposés à la prolifération des armes nucléaires ont pénétré dans la base militaire de Mont-de-Marsan.

Le dossier brûlant du nucléaire militaire revient sur le devant de la scène diplomatique. La conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) se tiendra à New York du 3 au 28 mai 2010. Hier matin mardi, dans le New York Times Barack Obama entendait restreindre l’utilisation des armes nucléaires, y compris pour l’autodéfense.

Le collectif français "non au missile 51" ne pouvait pas espérer un contexte plus favorable. La base nucléaire 118 de Mont de Marsan abrite des missiles nucléaires d’aviation ASMP (Air Sol Moyenne Portée). Une centaine de militants antinucléaires avait déclaré plusieurs jours en amont qu’ils tenteraient de pénétrer la base le samedi 3 avril : « Nous allons mener une inspection-citoyenne dans la base nucléaire puisque la France, violant de manière flagrante le TNP, refuse toujours d’ouvrir ses portes aux inspecteurs de l’agence internationale des énergies atomiques (AIEA) » déclarait Jean Charles Darrieux, un des porte-parole du collectif.

Appuyée par le collectif des désobéissants, la tentative d’intrusion se déroulerait dans le cadre de la journée européenne d’action contre les armes nucléaires. Dès la veille, plus de 500 militaires avaient été déployés dans la base. A l’extérieur un dispositif impressionnant de gendarmes mobiles multipliait les contrôles routiers et quadrillait les abords de la zone contenant les armes nucléaires.

Pourtant, contre toute attente, treize inspecteurs-citoyens ont atteint leur objectif. Par petit groupe de trois, ils sont rentrés dans la base après s’être déjoués de tous les pièges tendus, notamment les grandes barrières de barbelés, les jeeps, les gardes-chiens et l’immense forêt des Landes qui entoure les installations militaires.


Splinter Cell - JPG - 45.3 ko

Splinter Cell - Dessin de Ray Clid

« Nous n’avons rien laissé de notre équipement sur notre trajet, ceci nous a permis de rester plus de trois-quart d’heure dans la base sans être remarqué, raconte Vincent, un inspecteur-citoyen intrusif, lorsque nous avons été pris, un gradé a menacé ironiquement de m’enterrer dans la base, mais dans l’ensemble nous avons été bien traités ».

La plupart des militants ont été découvert grâce aux chiens, aucun des treize n’a été maintenu en garde à vue. Ils ont tous été expulsés de la base manu militari mais un groupe d’activistes est parvenu à conserver un support vidéo. A leur sortie, les gendarmes mobiles reconnaissaient eux-mêmes « l’étonnante efficacité » et « ingéniosité » des techniques employées lors de l’action. Après avoir retardé de trois jours le lancement d’essai du M51 en juillet 2007, le collectif « non au missile 51 » s’offre un nouveau coup d’éclat symbolique.

La première frappe à l’esprit

Barack Obama avait appuyé les logiques de "Global Zero" [1]. Il souhaite aujourd’hui restreindre les circonstances dans lesquelles les Etats-Unis seraient à même de faire usage de la bombe atomique.

A la veille du nouveau traité START entre la Russie et les Etats-Unis, Paris est plus que jamais isolé sur la question du désarmement nucléaire. En 2010 la France aura complètement renouvelé son dispositif nucléaire, au travers du programme ASMPA. En juin, elle effectuera son dernier tir d’essai du missile M51.

Le collectif non au M51 souhaite dénoncer la position de la France qui estime toujours que la dissuasion nucléaire est la garantie ultime de sa sécurité et de son indépendance et que le renouvellement et l’intégration de nouvelles technologies à son arsenal nucléaire, n’est pas une entrave aux accords de non-prolifération.

A l’île longue en janvier 2006, Jacques Chirac avait pourtant rompu radicalement avec la logique du nucléaire exclusivement dissuasif, en annonçant que l’arme pouvait à terme être « la garantie d’approvisionnements stratégiques ou la défense de pays alliés ». La position a été maintenue par Nicolas Sarkozy.

Le 24 janvier 2008, cinq haut-gradés européens, dont l’amiral Lanxade ancien Chef d’Etat-Major des Armées françaises, publiaient un manifeste adressé à l’OTAN dans lequel ils se déclarent en faveur de l’emploi pré-emptif de l’arme nucléaire. « Le nucléaire est maintenant une arme de première frappe. Au regard du TNP, il s’agit du rejet brutal de plusieurs principes tacites de l’arme nucléaire, comme son caractère uniquement défensif et son non-usage dans des guerres conventionnelles » conclut Jean-Charles Darrieux.

Enfin, les bases comme la 118 de Mont de Marsan ne sont pas les seules composantes opaques du dossier nucléaire français. Le coût de l’arme atomique reste un secret dans l’hexagone. Difficile à chiffrer, le budget de l’enseignement et de la recherche, des armes et des salaires des militaires est estimé à 15 milliards d’euros. Le coût des têtes nucléaires échappe à tout contrôle.

[1] Global Zero est une initiative internationale débuté en décembre 2008 ayant pour but la l’élimination de l’arme nucléaire. Elle a été lancé à Paris par plus de 100 politiques et leaders militaires.

Article du journal Bakchich Landes / mercredi 7 avril par Joan Sator-Maina

 

amitié_franche_et_virile.jpg

 

Obama restreint le recours à l'arme atomique des Etats-Unis

Le président américain Barack Obama a dévoilé mardi la nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis, qui limite les situations dans lesquelles la première puissance mondiale pourrait avoir recours à l'arme atomique.

"Pour la première fois, la prévention de la prolifération et du terrorisme nucléaires sont tout en haut des priorités des Etats-Unis", auparavant plus préoccupés de disposer d'un rempart contre d'autres puissances nucléaires, a déclaré le président, à la tête du plus grand arsenal nucléaire du monde.

Selon cette doctrine Washington s'engage à recourir aux frappes nucléaires seulement "dans des circonstances extrêmes".

Le pays s'engage notamment à ne jamais utiliser l'arme atomique contre un adversaire qui ne la détient pas et qui respecte les règles du Traité de non prolifération nucléaire (TNP).

L'Iran et la Corée du Nord font toutefois figure d'exception à la règle, a prévenu l'administration américaine.

"Le message adressé à l'Iran et la Corée du Nord est le suivant: si vous décidez de respecter les règles du jeu (...) nous respecterons certaines obligations à votre égard", a déclaré le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, lors d'une conférence de presse.

"Mais si vous ne respectez pas les règles, si vous proliférez, alors toutes les options sont sur la table", a-t-il dit.

Par ailleurs, si un Etat non-nucléaire lançait une attaque chimique ou bactériologique contre les Etats-Unis ou leurs alliés, "il s'exposerait à la perspective d'une "riposte militaire conventionnelle dévastatrice", a averti Robert Gates.

Washington se réserve en outre le droit de répondre par une frappe nucléaire en fonction de l'échelle d'une telle agression.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, s'est enfin employée à rassurer les alliés des Etats-Unis en assurant que son pays continuerait de jouer pour eux un "rôle stabilisateur".

La nouvelle doctrine nucléaire des Etats-Unis marque le coup d'envoi d'une dizaine de jours d'intense diplomatie nucléaire, avec la signature jeudi à Prague par M. Obama et le président russe Dimitri Medvedev d'un nouveau traité START de réduction des armements nucléaires avec la Russie.

Les deux pays ont convenu de limiter leur arsenal à 1.550 têtes nucléaires stratégiques chacun.

Elle survient également une semaine avant le sommet de Washington auquel M. Obama a convié une quarantaine de dirigeants du monde à discuter de sécurité et de non-prolifération, les 12 et 13 avril.

"Notre sommet sur la sécurité nucléaire la semaine prochaine sera l'occasion pour 47 pays de s'engager en faveur de mesures spécifiques afin de sécuriser les matériaux nucléaires, qui pourraient tomber dans de mauvaises mains, partout dans le monde d'ici quatre ans", a déclaré mardi le président.

La doctrine nucléaire américaine révisée -la troisième version seulement sous cette forme depuis la fin de la Guerre froide- affirme que les Etats-Unis "ne produiront pas de nouvelles têtes nucléaires" et "ne conduiront pas d'essais nucléaires", mais elle proclame aussi la nécessité de moderniser ses infrastructures nucléaires.

L'Institut international de recherche pour la paix (Sipri), basé à Stockholm, s'est félicité "que les Etats-Unis agissent pour réduire le rôle des armes nucléaires dans sa politique de sécurité nationale", tout en regrettant qu'ils ne s'engagent pas à ne jamais tirer en premier une arme atomique.

Article actu-orange/AFP du 06/04/2010

 

Clinton and Lavrov-thumb.jpg

09:12 | Lien permanent | Commentaires (1) |

03/03/2010

Barroso dément vouloir étendre la culture d'OGM à toute l'UE

LEMONDE.FR avec AFP | 08.02.10 | 11h16  •  Mis à jour le 09.02.10 | 16h08

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, veut relancer le processus d'autorisation de la culture de deux OGM controversés très vite après la prise de fonctions de sa nouvelle équipe, la semaine prochaine, ont assuré à l'AFP plusieurs sources européennes. "L'autorisation de la culture du maïs MON810 et de la pomme de terre Amflora est une de ses priorités", a confié une source au sein de l'exécutif bruxellois, sous couvert de l'anonymat. "Il veut aller vite pour se débarrasser de ce problème qui lui a pourri son premier mandat", a confirmé un responsable européen.

Mais la Commission a démenti cette assertion. "Le président Barroso n'a aucune intention d'imposer la culture des OGM", a affirmé lundi soir à l'AFP sa porte-parole Pia Ahrenkilde Hansen. "Aucune décision n'a été prise concernant ces deux produits", a-t-elle assuré.

La première réunion de la nouvelle Commission est prévue le 17 février, "mais le programme de travail est encore en cours d'élaboration", a précisé la porte-parole, Pia Ahrenkilde Hansen. Monsanto attend le renouvellement de l'autorisation pour la culture du MON810, seul OGM cultivé à ce jour dans l'UE, et la société BASF bataille pour sa pomme de terre. D'énormes intérêts financiers sont en jeu. BASF estime entre 30 et 40 millions d'euros par an les revenus dégagés par Amflora, si sa culture est autorisée.

"Barroso ne raisonne qu'en termes de marchés et de relations commerciales", a souligné le responsable européen. "Il se fonde sur les avis scientifiques qui disent que ces OGM ne présentent pas de risques pour la santé, mais ne se préoccupe pas des possibles conséquences à long terme sur l'environnement", a déploré la source au sein de la Commission. Le départ de Stavros Dimas, commissaire à l'environnement opposé à la culture des OGM, facilite la tâche à M. Barroso. Mais il doit tenir compte des réticences des Etats. Six pays, dont la France et l'Allemagne, ont interdit la culture du MON810, et onze Etats ont demandé à pouvoir interdire toutes les cultures d'OGM.

M. Barroso a subi un revers politique l'an dernier lorsque vingt-deux pays ont voté contre sa demande de faire lever les interdictions, et les gouvernements européens sont aujourd'hui très réticents à autoriser les produits OGM en raison de l'opposition de l'opinion, inquiète de leur possible toxicité. "Nous attendons de voir comment il compte s'y prendre", a commenté un diplomate.

 

La Commission européenne autorise la commercialisation d'OGM

07:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/02/2010

La troisième dimension de l'Olympisme...

Selon ce document, l'environnement est la troisième dimension de l'Olympisme !

Feuille de pointage climatique pour les Jeux olympiques de 2010 à Vancouver:

OlympicScoreCard_french.pdf

(extraits)

L’« environnement » étant la troisième dimension officielle de l’Olympisme et les changements climatiques étant un enjeu déterminant de notre temps, il est juste de s’attendre à ce que les Jeux olympiques de 2010 à Vancouver deviennent une figure de proue et communiquent un message percutant sur la scène mondiale à propos des solutions aux changements climatiques et au réchauffement de la planète.

snow truck4.jpeg

La présente feuille de pointage aborde l’efficacité avec laquelle les Jeux olympiques de Vancouver ont géré leurs propres incidences sur le climat, ainsi que leurs actions pour engager le public quant aux problématiques du changement de climat. Il s’agit d’une critique constructive visant le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver à Vancouver (COVAN), les partenaires gouvernementaux associés aux Jeux, le Comité international olympique, les comités d’organisation
futurs des Jeux olympiques et les autres parties avec un intérêt pour le sport et l’environnement.

snow truck 3.jpg

Nous avons étudié les mesures prises par les Jeux olympiques de Vancouver sous dix aspects relatifs au climat; cette catégorisation représente à notre avis une bonne mesure de leur rendement global en matière d’action climatique et de leadership . Nous avons tenu compte des engagements pris par le COVAN lui-même lors du processus de candidature, des recommandations de la Fondation David Suzuki dans son rapport Meeting the Challenge (Relever le défi) commandé par le COVAN en 2007, et des accomplissements des programmes climatiques de divers Jeux olympiques d’été et d’hiver, entre autres grands événements sportifs.

snow truck 2.jpg

Il est entendu, notons-le, que chacun des Jeux devrait surpasser le précédent en termes de rendement global, et c’est donc cette optique qui s’applique aux initiatives environnementales entourant les Jeux. À la lumière de la forte préoccupation du public face aux changements climatiques, nous nous sommes enfin penchés sur les objectifs idéaux des Jeux olympiques d’hiver devant ce problème important, surtout si l’on considère que l’avenir même de ces Jeux olympiques dépend de températures hivernales suffisamment froides pour générer de la neige et de la glace.

snow truck.jpg

Les Jeux olympiques à Vancouver s’ouvriront dans un peu plus d’une semaine, nous avons ainsi pu résumer leur performance dans presque toutes les catégories. La dernière catégorie, l’engagement du public, fait exception;

son rendement a été décevant jusqu’à maintenant, mais il demeure possible de l’améliorer par un effort décisif au cours des Jeux comme tels afin de livrer aux milliers de spectateurs et aux milliards de téléspectateurs du monde entier un message exaltant au sujet des solutions climatiques.

(ce texte n'est qu'un bref aperçu de la lutte des anarchistes contre les Olympiques de 2010 écrit à l'occasion de la présence d'un contingent anarchiste à la manifestation contre la cérémonie d'ouverture des Olympiques de 2010)

Durant l'après-midi et le début de la soirée du 12 février, des milliers de gens se sont rassembléEs pour faire entendre leur opposition aux Olympiques de 2010 à l'occasion d'une manifestation contre l'ouverture officielle des Jeux, unis sous le slogan ''No Olympics on Stolen Native Land'' ou, traduit en français, ''Pas d'Olympiques sur des terres volées aux autochtones''.

Parmi les contingents présents, il y avait un bloc anarchiste : une présence de gens cagoulés et habillés en noir en confrontation contre ce qui nous détruit, critiqués par les ''bons citoyens'', les bons esclaves de cette société, effrayéEs de tout débordement potentiel, de toute supposée ''violence'' qui n'en est fait qu'un retour minimal de la violence systémique, une violence libératrice contre les forces qui nous la font subir au quotidien. Ces flics qui sévissent tous les jours contre nos soeurs et nos frères du Downtown Eastside, les battant, les arrêtant, les mettant en prison, en psychiatrie, les faisant disparaître, allant même jusqu'à les tuer... et qui surveillent, contrôlent et répriment toute opposition radicale à ce système destructeur comme ils ont tenté de tuer la plupart des mouvements de lutte importants des dernières années comme la bataille soutenue du peuple Secwepemc contre Sun Peaks ainsi que contre d'autres projets de développement aussi dévastateurs dont l'expansion de l'autoroute transcanadienne.

''Les Jeux Olympiques sont utilisés comme projet pour accélérer le développement des infrastructures et de l’investissement économique. Alors que les appareils de contrôle social, tels que les caméras de surveillance et le flicage grandissant, s’implantent pour sécuriser ces investissements, l’infrastructure pave elle-même la route pour plus d’exploitation et de destruction écologique, ce qui lui permet plus d’efficacité. Les Jeux Olympiques sont une grosse machine de propagande et de publicité qui vend la Colombie-Britannique pour son développement économique.'' Cette analyse constituait le premier paragraphe d'un texte de tendance anarchiste intitulé Hitting the Whole Olympic Target (traduit en français par Frapper l'entièreté de la cible olympique). Les Jeux sont bien plus que deux semaines de compétition sportive disait aussi ce texte.

Ainsi, tout au long de l'invasion des territoires de la soi-disant Colombie-Britannique par les corporations, l'État canadien, l'État du BC, VANOC... depuis l'enchère olympique (le bid) qui a fait de Vancouver-Whistler la ville de ces Jeux de 2010, les anarchistes ont constamment combattu entre autres en initiant ou supportant des actions directes attaquant la propriété des compagnies massacreuses de vie qui profitent des Olympiques dont la Banque royale du kkklanada (nous n'avons qu'à nous rappeler du fameux lancée de la roche contre leurs fenêtres qui s'est répandu à travers le kkklanada) et Peter Kiewit et sons (la compagnie qui a détruit le Eagleridge Bluffs et est en bonne partie responsable de la mort d'Harriet Nahanee).

Les anarchistes ont aussi organisé des manifestations contre la police dont la dernière le 22 janvier dernier intitulée Solidarity Against Police Repression ou, en français, Solidarité contre la répression policière.

Elles/ils sont très actives/actifs de tant d'autres façons également.

Dans le cas des manifestations, celles-ci servent davantage à faire passer les messages de l'opposition à ce système, les affirmations d'une population en opposition. Ces manifs ne sont pas tant des événements qui rompent les processus du capitalisme et de la colonisation.

« Pour saper le projet des Jeux Olympiques, les attaques et les interruptions doivent continuer d’aller au-delà du spectacle des Jeux. »

Au-delà de la contestation des différents événements spectaculaires des Olympiques dont ceux de la torche ou encore les Jeux eux-mêmes, les attaques contre les corporations, contre les États, la police, l'armée et toutes les autres institutions répressives devront se poursuivre. C'est un peu de cette manière que peut se lire cet extrait de texte. Ces institutions nous livrent une guerre continue à laquelle nous n'avons pas le choix de répondre si nous voulons que la vie continue à se reproduire.

''Sabotage the Systems of Social Control'', comme certainEs disaient. En français, nous pourrions traduire librement par ''Sabotons les systèmes de contrôle social''.

Pour plus d'information sur l'opposition des anarchistes aux Olympiques et au système qui les fonde, vous pouvez lire entre autres Hitting the Whole Olympic Target, RIOT 2010? RIOT NOW!, Without Conclusion : RECENT ANARCHIST ENDEAVORS on the southern pacific coast of Canada. Tous ces textes ont aussi été traduits en français et sont disponibles dans la brochure Contre les Jeux Olympiques de 2010 à Vancouver disponible sur infokiosques.net ainsi que sur le site contrelesolympiquesde2010.anarkhia.org


Cette compilation de textes traduits de l’anglais ne prétend pas à être exhaustive, mais veut donner un aperçu de la forte lutte contre les Jeux Olympiques de 2010 à Vancouver et le projet capitaliste qu’ils accompagnent. Les traductions de ces textes glanés sur internet ont été reprises ou corrigées. Les images et dessins proviennent intégralement des divers tracts, brochures et fascicules diffusés à l’occasion de cette lutte contre les JO.


«  Pour saper le projet des Jeux Olympiques, les attaques et les interruptions doivent continuer d’aller au-delà du spectacle des Jeux. »

sommaire
>>> Les autochtones et 2010
>>> Sans conclusions. Tentatives anarchistes récentes dans le sud de la côte pacifique du Canada
>>> Riot 2010 ? Riot now ! Attaquer les Jeux Olympiques et leur projet : Canada, Grèce et Italie
>>> Frapper l’entièreté de la cible olympique
>>> Sports Action : actions directes contre les Jeux Olympiques

- lire la brochure

- telecharger le PDF (2.5 Mo)
Contre les Jeux Olympiques de 2010 à Vancouver [44p A5 page par page]

- telecharger le PDF (2.6 Mo)
Contre les Jeux Olympiques de 2010 à Vancouver [44p A5 format brochure]

17:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/01/2010

FranceAfrique - AREVA - Uranium - Congo

8 janvier 2010
Robin Guébois
foexgood.blogspot.com


Après les promesses électorales de « rupture », le défilé des dictateurs africains reçus à l’Élysée par Nicolas Sarkozy avait donné le ton. Les événements de ces dernières semaines confirment que l’impérialisme français en Afrique ne connaît aucune inflexion de fond.

Non contentes de cautionner les manœuvres constitutionnelles et les scrutins truqués des traditionnels dictateurs « amis de la France » acharnés à se maintenir au pouvoir à vie, au Tchad, au Cameroun ou encore au Congo, les autorités françaises se sont fait une spécialité de l’aide aux nouveaux putschistes en manque de légitimité internationale.


Service après-vente pour putschistes

En Mauritanie, le chef de la garde présidentielle, le général Abdel Aziz, fraîchement entouré par des hommes des services secrets français après l’assassinat de quatre touristes1, renversait le président démocratiquement élu Sidi ould Cheikh Abdallahi en août 2008. Mal vus dans plusieurs pays, les putschistes sont discrètement reçus par l’Élysée et la DGSE. La France pousse à l’organisation d’élections sous le contrôle de la junte militaire. Alors que même le président de la commission électorale a préfèré démissionner plutôt que d’en cautionner le résultat, l’élection truquée est déclarée valide par des observateurs internationaux sous influence de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Proclamé président, le général Abdel Aziz a été reçu officiellement à l’Élysée, fin octobre, et Total s’apprête à reprendre l’exploitation pétrolière du pays.

Au Niger, après une visite du président français venu célébrer la signature par Areva du contrat d’exploitation de l’énorme gisement d’uranium d’Imouraren, le président Mamadou Tandja, arrivé en fin de mandat, tentait un coup de force pour jouer les prolongations. Après avoir dissout la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale qui s’opposaient à ses projets, il a organisé un référendum pour changer la constitution, qui lui interdisait de se représenter, et renforcer les pouvoirs présidentiels. Bien que boycotté par la quasi-totalité du pays, comme les législatives qui ont suivi, la France a « pris note » des résultats du référendum et s’est abstenue de protester contre les arrestations d’opposants.

Au Gabon, berceau originel d’Elf devenu Total, c’est la succession du clan Bongo qu’il a fallu organiser après la mort du plus vieil autocrate françafricain. Si Sarkozy n’avait officiellement « pas de candidat », Ali Bongo, le fils d’Omar, a été le seul prétendant reçu à l’Élysée, et Robert Bourgi (conseiller spécial Afrique de Sarkozy) s’est chargé de faire savoir publiquement qu’il soutenait Ali Bongo et qu’il avait l’oreille de Sarkozy. Là encore, les autorités françaises se sont empressées d’avaliser le scrutin truqué, et le secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, a demandé à l’opposition de laisser le temps à Ali Bongo de « démontrer qu’après le père, le fils peut être un président de rupture »...

À Madagascar, les élections n’ont pas encore eu lieu pour légitimer le jeune putschiste Rajoelina, bien plus attentif aux intérêts français que ne le fut son prédécesseur Ravalomanana, mais la diplomatie française pèse pour que soit mis en œuvre un scénario éprouvé. Jusqu’à maintenant, les négociations butaient sur la composition de l’autorité de transition qui doit organiser les élections, mais la France a déjà œuvré au retour de membres du clan Ratsiraka, dictateur françafricain renversé en 2002.


Qui contrôle ?

Comme au début des premiers mandats de Mitterrand et de Chirac, l’appareil d’État a été traversé par des oppositions plus ou moins feutrées entre les partisans d’une stricte continuité   françafricaine – avec ses coups tordus et ses réseaux parallèles – et certains « réformateurs » plus légalistes. Ces   derniers ne   remettent pas en cause le néocolonialisme, mais veulent en corriger les « excès », animés par des préoccupations   morales ou simplement d’efficacité, conscients  qu’à terme, en raison des   oppositions de plus en plus violentes qu’il suscite en Afrique, l’impérialisme français pourrait payer plus cher son refus de se réformer. Mais comme sous Mitterrand et Chirac, le début du règne de Sarkozy a sanctionné la victoire des « anciens » sur les « modernes ». Le précédent ministre de la Coopération, Jean-Marie Bockel, qui avait publiquement souhaité dresser « l’acte de décès » de la Françafrique, a été relégué aux Anciens combattants, et Bruno Joubert, responsable de l’Afrique subsaharienne au sein de la cellule diplomatique de l’Élysée, qui se disait inspiré par le discours « de rupture » tenu à Cotonou par le candidat Sarkozy, vient d’être remercié par un poste d’ambassadeur au Maroc. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, est souvent réduit à une fonction purement décorative, et doublé par les émissaires officieux de Claude Guéant, comme l’omniprésent Robert Bourgi, ou, pour des affaires plus sensibles, par d’autres envoyés plus discrets, comme le député Patrick Balkany, qui a par exemple négocié la mainmise d’Areva sur l’uranium de la République démocratique du Congo.


Le bras reste armé

Forte médiatisation oblige, la France s’est pourtant démarquée de la junte militaire qui a pris le pouvoir en Guinée à la mort du dictateur Lansana Conté en décembre 2008. Celle-ci a en effet fait massacrer plus de 150 personnes lors d’un rassemblement des partis politiques qui demandaient que le chef des putschistes, Dadis Camara, respecte sa promesse de ne pas se présenter aux élections présidentielles. Quelques jours auparavant, malgré la position officielle de la diplomatie française, ce dernier venait de recevoir le soutien de Balkany pour un scénario à la mauritanienne. Après le massacre, la France a rompu sa coopération militaire, fait suffisamment rare pour être noté. Mais a contrario, cette décision souligne d’une part que la coopération militaire s’était poursuivie jusque là malgré les précédents crimes de l’armée guinéenne, en particulier la répression sanglante de la grève générale en février 2007 ; et d’autre part qu’il s’agit d’une politique à géométrie variable, puisque ni le Cameroun, qui a fait tirer à balles réelles contre les jeunes manifestants des émeutes politiques de décembre 2008, ni la Centrafrique, qui a mené pendant plusieurs mois une politique de la terre brûlée contre des populations supposées acquises aux rebelles, ni le Tchad qui continue malgré plusieurs avertissement internationaux de recruter des enfants soldats qu’il envoie au front, ni d’autres régimes tout aussi criminels n’ont vu la coopération militaire remise en cause.

C’est qu’au plan militaire aussi les effets d’annonce sont plus nombreux que les changements réels. Non seulement la volonté affichée de ne plus intervenir sans mandat de l’ONU a été violée à plusieurs reprises, mais en outre un mandat onusien ou des interventions multilatérales ne constituent nullement des garde-fous contre les manœuvres et les intérêts français, ainsi qu’on a pu le voir en novembre 2004 quand la force Licorne a massacré des civils ivoiriens désarmés. Le contrôle parlementaire sur les opération extérieures reste également de façade, limité au renouvellement des opérations de plus de quatre mois. Enfin, contrairement aux prescriptions du récent Livre blanc sur la défense nationale, il n’y aura finalement pas de base militaire française fermée à Dakar ou à Libreville. Le coût et le volume des opérations extérieures ne cesse d’ailleurs d’augmenter ces dernières années.


Retour économique sur investissement militaire

Les ingérences politiques et militaires de la France ne sont évidemment pas déconnectées des intérêts économiques des entreprises françaises, à commencer par certaines des principales du CAC 40. C’est ce que les militaires nomment dans leurs publications théoriques le « retour économique sur investissement militaire ». Car contrairement à une idée reçue et périodiquement réaffirmée, si les intérêts économiques français se diversifient au-delà du « pré carré » francophone, ils ne baissent ni en volume ni en rentabilité, qu’il s’agisse des domaines traditionnels des matières premières ou des secteurs plus récents, comme celui des télécommunications.

1 – Cf. Issa Bâ, « Comment réussir un putsch avec l’aide de la France », Billets d’Afrique n°185, novembre 2009.


George Forrest joue les «rabatteurs» pour Areva en Afrique

18/12/2009 10:24

Areva, le géant français du nucléaire, souhaite développer des gisements d'uranium en Centrafrique. Il a créé une joint-venture à 70/30 avec l'homme d'affaires George Forrest, afin de profiter des contacts noués par ce dernier dans la région.

Areva s'est récemment adressé à l'homme d'affaires belgo-congolais George Forrest pour développer ses activités en République de Centrafrique. Le géant français du nucléaire espère développer des gisements d'uranium, écrit vendredi L'Echo.

Les deux partenaires viennent de mettre en place une coentreprise dans le pays, du nom d'Areva Explo. Le capital de la joint-venture, dont le montant n'a pas été dévoilé, se divise en 70 % pour Areva et 30 % pour le groupe Forrest. La société dispose de sept permis d'exploration dans le pays, en particulier dans la région de Bakouma.

Areva espère profiter des nombreux contacts que George Forrest a noués dans cette région d'Afrique pour mener à bien ses projets.

Trends.be, avec Belga


Plus d'articles sur:

- - -



Après avoir bataillé l'année dernière pour signer le coûteux avenant à la convention minière de sa filiale centrafricaine UraMin CAR Ltd (AMI nº187), Areva devrait bientôt décaisser de nouveaux fonds pour son projet dans ce pays. Le groupe nucléaire français y détient le gisement d'uranium de Bakouma, mais cherche à augmenter ses ressources et ses réserves avant de s'engager dans la phase de développement.

Areva souhaite en particulier sécuriser un certain nombre de blocs autour de son permis qui couvrent les extensions du prospect. Ceux-ci (Ndenguiro, Bakouma North, etc.) sont détenus par Uranio AG, la société enregistrée à Bâle de l'homme d'affaires Richard Ondoko. Or, selon nos informations, George Forrest, le célèbre entrepreneur minier du Katanga au Congo-K, aurait récupéré sept de ces titres en vue de les céder à Areva. Pour combien ? Les discussions sont en cours…

Anne Lauvergeon, la patronne du groupe français, s'est entretenue avec le président centrafricain François Bozizé le 29 septembre à Paris. Celui-ci était accompagné de son neveu et ministre des mines, Sylvain Ndoutingaï, et surtout de son conseiller particulier Fabien Singaye. Ce dernier, ainsi que Forrest avaient servi d'intermédiaires à Areva pour la signature, en août 2008, de l'avenant d'UraMin CAR Ltd. Cet accord prévoyait notamment le versement par le groupe français de 40 millions $ sur cinq ans à Bangui.

Rappelons que Forrest et Singaye ont également joué un rôle actif dans les négociations ayant abouti à l'accord avec Areva sur l'exploitation de l'uranium au Congo-K conclu le 26 mars.

Singaye a par ailleurs profité de son séjour dans la capitale française le 29 septembre pour être reçu à Levallois-Perret par le maire Patrick Balkany, en compagnie de son bras droit Renaud Guillot Corail. Balkany, un intime du président Nicolas Sarkozy qu'il accompagnait lors de sa visite à Kinshasa le 26 mars, s'est considérablement rapproché de Forrest depuis plus d'un an. Richard Ondoko était injoignable au moment où nous éditions cet article.

AFRICA MINING INTELLIGENCE

- Edition française N°211 30/09/2009

NDLR : Il ne manquait plus que Saifee Durbar à ce bal parisien autour de Bozizé pour que la boucle soit bouclée. L'opacité avec laquelle Bozizé et Ndoutingai gèrent les ressources minières qui devraient assurer la prospérité économique et sociale de la RCA et des Centrafricains doit  interpeller tous les fils du pays. Bozizé et Ndoutingai se sont alliés à une bande de mafieux étrangers pour mettre en coupe réglée les mines d'uranium de Bakouma comme si c'était leur propriété personnelle alors qu'elles appartiennent bel et bien au patrimoine national. Personne en Centrafrique n'a idée sur ce que  Bozizé et Ndoutingai ont déjà engrangé sur le dos du pays avec la délivrance des permis et toutes les magouilles auxquelles ils se livrent lieu depuis qu'ils ont on découvert que Bakouma pouvait faire d'eux de nouveaux richissimes. Il est temps que cette prédation s'arrête. L'Assemblée nationale étant aux ordres, il n'y a aucun espoir que le moindre député de cette institution ne pose le problème du vol organisé des ressources naturelles du pays par Bozizé, Ndoutingai et leur bande de mafieux.




AREVA-CENTRAFRIQUE: SARKOZY SE VENGE EN AFRIQUE.

On a appris le 04 août dernier que le gouvernement centrafricain, par l'entremise de son ministre d'Etat aux mines, à l'énergie et à l'hydraulique, Sylvain Ngoutingaï, et le groupe nucléaire français Areva ont signé un contrat pour l'exploitation d'un vaste gisement d'uranium situé à l'est de la République centrafricaine à Bakouma, ville située à 800 kilomètres de la capitale, Bangui.

Les deux parties auraient trouvé un accord après un très long bras de fer qui satisfait non seulement Areva, donc la France, mais aussi, la Centrafrique. Le ministre aurait même déclaré: "C'est un accord gagnant-gagnant car les droits de propriété de l'Etat centrafricain et son peuple ont été pris en compte par le fait que les Centrafricains seront employés dans la société. En plus la société Areva doit construire des centres de santé, des écoles, des routes et tenir compte de l'environnement de la région ".

Un an auparavant, au mois de juillet 2007, le groupe Areva avait racheté les droits d'exploitation du site de Bakouma à la société anglo-canadienne, UraMin. Un achat de façon tarabiscotée et obscure dans la mesure où, le contrat entre UraMin et le gouvernement centrafricain du président François Bozizé avait cessé.

A tort ou à raison, ces derniers dénoncèrent l'irrégularité de cette acquisition au détriment du peuple. Cette convention minière entre la société UraMin, signée en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma, n'était qu'une vaste escroquerie, d'où la méfiance face à Areva.

Sentant le danger, Anne Lauvergeon, dirigeante du pôle nucléaire français Areva, fit donc appel au chevalier blanc, Nicolas Sarkozy. L'homme de la Realpolitik, voulant se refaire, ne peut que montrer ses biscotos en Afrique. Après avoir su que la France était une puissance parmi tant d'autres, notamment avec ses pérégrinations couronnées d'échec, il se vengea sur les Africains. Comme dans un péplum, bourré de testostérone, il a donc fait son show auprès du gouvernement centrafricain.

En décrochant son téléphone, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, aurait donc menacé son homologue centrafricain, François Bozizé, qui doit son pouvoir à la France. Or les réticences centrafricaines étaient justifiées. D'abord, que les populations locales puissent bénéficier de la manne, ensuite, que l'exploitation se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence. C'est une autre affaire.

Selon les clauses de cet accord, l'Etat centrafricain obtient 12% de la production commerciale de la société Areva sur le site de Bakouma, soit environ 200 à 300 millions de dollars US. Des miettes, si l'on en juge les bénéfices du groupe français. Parce que, il aurait promis de construire des écoles et des hôpitaux ? C'est le retour de plain-pied de la Françafrique, avec ses mensonges, ses exploitations, ses menaces et ses chantages. René Dumont, en 1966, avait bien écrit, L'Afrique noire est mal partie.

Si tout va bien, L'extraction de l'uranium commencera fin 2009 ou début 2010.

Source: AJM (sur les liens)

 

 

07/04/2009 15:19:04 - Jeune Afrique | Par : Jean-Michel Meyer

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Comment la France a mis la main sur l'uranium congolaisComment la France a mis la main sur l'uranium congolais

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy en RD Congo, le 26 mars, Joseph Kabila a décidé de confier la relance de la filière uranium à Areva. Mais le gouvernement et les concurrents maintiennent la pression.

Tarmac de l’aéroport international de Kinshasa-Ndjili, le 26 mars au petit matin. Dans un voile de lumière, un jet privé loué par Areva dépose en douceur Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire français. « Atomic Anne », comme la surnomment quelquefois les Américains, précède d’une heure environ l’arrivée de l’Airbus présidentiel de Nicolas Sarkozy, attendu à 8 h 30 pour la première étape de son périple de deux jours en Afrique qui l’a mené dans les deux Congos et au Niger, les 26 et 27 mars.

Mais alors que le chef de l’État français s’apprête à prononcer un discours devant les parlementaires congolais, à 11 heures, l’ancien sherpa de François Mitterrand à l’Élysée a déjà déserté le cortège officiel pour rejoindre, boulevard du 30-Juin, Martin Kabwelulu, le ministre des Mines de la République démocratique du Congo. Jupe noire, veste blanche à fines rayures rouges et gros boutons noirs, Anne Lauvergeon signe alors avec le représentant du gouvernement un accord-cadre d’un genre nouveau. Il attribue au numéro un mondial du nucléaire civil un permis de recherches de gisements d’uranium, ou « yellow cake », sur l’ensemble du territoire de la RD Congo ainsi que l’exploitation future du minerai enfoui dans le sous-sol.

Du jamais vu ! Côté français, on jubile. « Nous sommes dans un monde de concurrence et notre accord va faire des jaloux », s’est réjouie le jour même Anne Lauvergeon. Depuis la fin de l’époque coloniale, aucun groupe occidental n’avait obtenu le permis d’explorer seul la totalité de la superficie d’un pays africain. « Je crois bien que nous sommes l’unique entreprise dans le monde à avoir ce type de mandat. De plus, nous brisons un tabou. C’est la première fois que l’on ose parler d’exploration d’uranium en RD Congo, une activité qui participait jusque-là du domaine réservé de l’État », ajoute le Burkinabè Zéphirin Diabré, président pour l’Afrique et le Moyen-Orient d’Areva et conseiller de la présidente pour l’international.

L’accord exhale-t-il un parfum de néocolonialisme ? En ouvrant son territoire au numéro un mondial du nucléaire civil, la RD Congo ne prend-elle pas le risque de se transformer en « filiale » d’Areva SA ? « Nous étions à la recherche d’un partenaire sérieux qui nous offre la garantie d’utiliser des technologies fiables dans une industrie sensible et dangereuse afin de relancer les mines d’uranium du Katanga. Il est capital que l’uranium ne tombe pas entre les mains d’États ou de bandes criminels. La réputation d’Areva et de la France a convaincu le gouvernement de reprendre l’exploitation des mines fermées depuis des années, explique Lambert Mende Omalanga, le ministre de la Communication et des Médias de RD Congo. Les négociations, secrètes, ont duré plusieurs mois. »

 

Ménager Pékin

A priori, la RD Congo fait coup double. D’une part, le pays s’ouvre une nouvelle source de revenus prometteuse sur un marché très porteur avec le retour en grâce du nucléaire civil dans le monde. La construction de plus d’une cinquantaine de réacteurs nucléaires est programmée d’ici à 2020 (Chine, Inde, Russie, Japon, Canada…), selon la World Nuclear Association. De l’autre, le président Joseph Kabila ménage la susceptibilité de son partenaire et principal bailleur de fonds, la Chine. Le géant Areva, qui contrôle de 20 % à 25 % du marché mondial de l’uranium, fournit en effet les centrales nucléaires chinoises en combustible et a vendu deux centrales EPR de dernière génération à la compagnie d’électricité chinoise CGNPC. Demain, elles seront alimentées par du combustible congolais. « Avec Areva, la RD Congo a l’assurance de vendre l’uranium à un prix garanti », promet Anne Lauvergeon. Une bonne nouvelle pour un pays qui souffre de l’effondrement des cours du diamant et du cuivre, sensible depuis 2008.

Vrai jackpot pour Areva ou simple mirage sans lendemain ? « Nous aurons de bonnes surprises », assure Zéphirin Diabré, le chasseur de gisements d’Areva, qui parie sur la richesse supposée du pays. Outre d’importants gisements de manganèse, de bauxite, d’or ou de minerai de fer, l’actuelle RD Congo, souvent décrite comme un « scandale géologique », renferme plus de la moitié des réserves mondiales de cobalt, 10 % de celles de cuivre, 30 % de celles de diamant et plus de 70 % des réserves de coltan, utilisé dans la fabrication des téléphones portables. Pour l’uranium, c’est dans le Bas-Congo, au Nord-Kivu, au Katanga, et peut-être au Kasaï, que les espoirs sont les plus grands, même si à ce jour seule la mine katangaise de Shinkolobwe, à 35 kilomètres de Likasi, atteste d’un gisement connu et exploitable. C’est d’ailleurs Shinkolobwe qui a fourni aux Américains, via les colonisateurs belges de l’époque, l’uranium nécessaire à la fabrication de la bombe atomique de Nagasaki, en 1945. Le maintien sous contrôle américain de cette mine fut d’ailleurs l’une des raisons qui ont convaincu la CIA de placer, puis de soutenir, Mobutu à la tête du Zaïre.

 

Des rêves de grandeur

Officiellement fermée depuis près de quarante ans, Shinkolobwe a en réalité toujours été exploitée illégalement par la population locale, alimentant des trafics vers les pays voisins. Elle a également fait l’objet des plus folles rumeurs de vente d’uranium à la Libye, à la Corée du Nord ou à l’Iran… Des fantasmes et des rêves de grandeur qui, au milieu des années 1970, se retrouvent dans le projet fou d’un Mobutu, s’imaginant concurrencer la Nasa et le programme Soyouz avec l’aide d’une obscure société allemande, l’Otrag, dans son projet avorté de créer un centre spatial en pleine brousse afin de mettre sur orbite la fusée des pauvres, la « Volkswagen de l’espace » ! Démesure encore lors de la signature, en septembre 2007, du « contrat du siècle » avec Pékin. Pour 6,5 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures (chemins de fer, routes, logements sociaux…), les entreprises chinoises se sont ouvert l’accès des mines de cuivre, de cobalt et d’or du pays.

Est-ce pour matérialiser le rêve qu’on lui prête de doter son pays de 65 millions d’habitants d’une centrale nucléaire que Joseph Kabila paraît privilégier Areva aujourd’hui ? Outre le ministère des Mines et la direction de Gécamines, l’entreprise publique détentrice jusque-là de tous les droits miniers en RD Congo et pilotée par Paul Fortin, le projet de la relance de l’exploitation de l’uranium en RD Congo passe obligatoirement par la présidence. Et si ce n’est directement par le bureau de Joseph Kabila, c’est immanquablement par celui de son très proche conseiller, le Katangais Augustin Katumba Mwanke.

C’est d’ailleurs le président congolais en personne qui a donné son feu vert au groupe français lors de son séjour à Paris, à la mi-2008. En marge d’un entretien officiel à l’Élysée avec Nicolas Sarkozy, le 16 juillet dernier, Kabila a reçu dans sa suite de l’hôtel Ritz Anne Lauvergeon et Zéphirin Diabré. Aussitôt, le numéro un mondial du nucléaire civil place ses pions sur le terrain dans la plus grande discrétion. Pour prendre le pouls de la stratégie du gouvernement congolais en matière d’exploitation minière, le groupe avancera sous un nom d’emprunt pendant dix-huit mois à travers une filiale créée pour la circonstance. Baptisée Songhaï, « en référence à un peuple du Niger », explique Zéphirin Diabré, qui la dirige, cette société est théoriquement basée en Afrique du Sud. « Nous avons choisi de ne pas nous afficher en tant qu’Areva pour ne pas éveiller l’attention de nos concurrents, ce qui aurait fait grimper les enchères », justifie-t-il.

 

L’Élysée mobilisé

Le groupe français n’a ménagé ni ses forces ni ses appuis. Les politiques ou les « avocats » du groupe nucléaire s’affairent auprès des autorités congolaises depuis des mois. Le 9 janvier, Bruno Joubert, le « Monsieur Afrique » de l’Élysée, a profité d’un séjour à Kinshasa destiné à préparer le déplacement de Nicolas Sarkozy pour évoquer le sujet Areva avec le président congolais. Dans l’ombre, George Forrest, l’incontournable homme d’affaires belge implanté depuis des lustres dans le secteur minier congolais, et Patrick Balkany, le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), intime de l’hôte de l’Élysée, sont les intermédiaires d’Areva en Centrafrique et en RD Congo depuis au moins deux ans. Accueillant régulièrement des émissaires africains à Paris, invité à chaque déplacement présidentiel en Afrique, Patrick Balkany, en voyage dans les Antilles, nous a fait savoir par son service de presse qu’il n’avait rien à voir avec Areva. « Je connais Balkany, c’est un homme dynamique qui pousse les entreprises françaises à s’installer en RD Congo », confiait pourtant George Forrest à Jeune Afrique, début 2008, lors d’un voyage de presse organisé par son groupe pour visiter ses gisements congolais de cuivre et de cobalt. Et pour cause. L’ami de Nicolas Sarkozy est un familier du jet privé de l’homme d’affaires belge. « Il est clair que Balkany a joué un rôle en RD Congo », complète un industriel français présent dans le pays.

Malgré tout, rien n’est joué définitivement en faveur d’Areva. Si le numéro un mondial du nucléaire civil a une longueur d’avance sur ses concurrents, il ne possède aucune exclusivité sur l’uranium congolais. « Malgré les déclarations de Nicolas Sarkozy, le ministère des Mines et Areva n’ont signé qu’un mémo d’intention. C’est un bon départ pour le groupe français, mais ce n’est pas encore un contrat en bonne et due forme. Le gouvernement congolais a fait part de son intention d’ouvrir l’exploitation de l’uranium à d’autres partenaires, russes, américains et chinois. Ces derniers se sont déjà montrés très intéressés », tempère Jean-Marie Longonya Okungu, patron de l’Agence congolaise de presse et proche du pouvoir.

Pour l’instant, beaucoup reste à faire même si les choses avancent vite. Les partenaires franco-congolais doivent régler les détails sur le fond (calendrier des zones de prospection, constitution d’équipes binationales, investissements consentis par les deux parties…). Le principe d’une société commune est arrêté, avec une participation de Gécamines et d’Areva en actionnaire majoritaire, pour mettre en musique l’accord de coopération. Autre point défini : la priorité donnée à la remise en route de la mine de Shinkolobwe, avant d’explorer les autres gisements potentiels du pays.

Les avocats du groupe français sont actuellement mobilisés pour faire enregistrer dans les semaines à venir, à Kinshasa, la naissance d’Areva Congo ou d’Areva RD Congo – le nom fait encore débat. De leur côté, le ministère des Mines et la haute direction de Gécamines peaufinent les exigences congolaises. « L’accord, avec toutes les modalités de mise en œuvre, devrait être validé dans les quinze jours », assure-t-on au ministère des Finances à Paris.

Reste qu’avec un gouvernement congolais qui maintient la pression et des concurrents qui digèrent mal cet accord-cadre concocté en catimini par Areva avec l’appui de l’Élysée, la partie est loin d’être gagnée. Américains et Canadiens sont à l’affût. Ainsi que la China National Uranium Corp., déjà présente au Niger, ou le magnat du diamant israélien Dan Gertler. À 40 ans, le patron de DGI Group (Dan Gertler Investment) diversifie ses activités minières en RD Congo (fer, cuivre, cobalt…). Très proche des cercles dirigeants, il avait convaincu en 2000 Laurent-Désiré Kabila de lui confier l’exclusivité de l’exportation des diamants congolais – un contrat cassé depuis par Joseph Kabila. La bataille pour l’uranium congolais n’est pas terminée.

 

 

Areva et l'exploitation de l'uranium en République Centrafricaine: négoces et coût à payer

Matières premières et l’uranium: les phosphates sédimentaires

Teneur de l'écorce terrestre : 3 à 4 ppm. C'est un élément relativement répandu : il est approximativement aussi abondant que l'étain ou le zinc, 50 fois plus que le mercure et 1000 fois plus que l'or.

Eau de mer: 3 mg d'U/L soit au total 4,5 milliards de t d'uranium. Par exemple, le Rhône charrie près de 100 t/an d'uranium naturel qui provient, en partie, du ruissellement des pluies sur les massifs cristallins. L'extraction de l'uranium de l'eau de mer est techniquement possible, mais elle n'est pas rentable en 2005.

L'exploitation des gisements est économiquement rentable lorsque les teneurs en uranium dépassent 0,05 % à 0,1 %. En général, la teneur des gisements exploités est de 0,1 à 0,3 %. Des gisements exceptionnels peuvent atteindre des teneurs plus élevées : 10 à 20 % à Cigar Lake et Mc Arthur au Canada.

Minerais

De différents typesd : à pechblende, à uraninite (contiennent de l'oxyde U3O8), à brannerite (contiennent du titanate d'uranium)…

L'uranium se trouve sur tous les continents et dans tous les types de terrain. Les plus grands producteurs mondiaux sont donc souvent des pays d'une grande superficie. En particulier, les plus grands gisements connus en 2006 se trouvent en Australie, au Canada et au Kazakhstan.

Les phosphates sédimentaires naturels, matières premières des engrais phosphatés, renferment des teneurs de 50 à 300 ppm d'U, en substitution dans la structure apatitique (exceptionnellement de 0,2 à 0,5 % dans le gisement de Bakouma en République Centre Africaine). Lors de l'attaque sulfurique du phosphate, U est libéré et passe en solution dans l’acide phosphorique duquel il peut être extrait à l'aide de solvants organiques. En 1984, 6 unités, dont 4 aux États-Unis étaient en service dans le monde occidental, avec une production de 1400 t d'U. En Irak, à Al Qaim, une unité fut construite en 1984 et détruite en 1991.

Gisement d'Oklo (Gabon) : dans ce gisement, durant 600 000 ans, a fonctionné, il y a 1,8 milliard d'années, un réacteur nucléaire naturel. A cette époque, l'uranium naturel avait une teneur de 3,07 % en 235U. L'uranium du cœur de la zone de réaction a actuellement une teneur de 0,004 % en 235U (0,72 % normalement) : 2 t de 235U ont été consommées par fission.

NDLR sangonet - Source : Uranium-96 - http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/ura/texura.htm



De l’uranium à tout prix


D'étranges parrains ont veillé sur la convention conclue - laborieusement - à la fin juillet par le géant nucléaire Areva et la présidence centrafricaine pour la reprise du gisement d'uranium de Bakouma. A commencer par le sulfureux Rwandais Fabien Singaye, conseiller spécial à la sécurité de François Bozizé. Autres intermédiaires insolites : un proche de Patrick Balkany, ainsi que le négociant belge Georges Forrest, virtuose des contrats miniers et consul honoraire de France au Katanga (RDC).

Ndlr Centrafrique-Presse : Les dessous de cette convention commencent à se faire jour et on voit bien que beaucoup d'opacité entoure cette affaire contrat d'uranium de Bakouma. Rien ne dit aussi  que eu égard à la nature des requins qui sont autour de  Bozizé, la RCA puisse vraiment tirer les profits auxquels elle est en droit de s'attendre de  l'exploitation des mines de Bakouma par Areva.

12 août 2008
L'Express / Centrafrique Presse

 

Uranium: prix élevés poussent des Etats à renégocier leurs contrats

Les prix élevés de l'uranium sur le marché poussent certains pays producteurs, comme le Niger ou désormais la Centrafrique, à renégocier leurs contrats avec les entreprises qui exploitent leurs mines afin de vendre plus cher ce minerai très convoité.

La Centrafrique, après le Niger, a contesté mercredi la reprise de l'exploitation d'une de ses mines par le groupe nucléaire français Areva. Cette mine de Bakouma (est) appartenait jusqu'à présent au producteur canadien d'uranium UraMin, racheté par Areva fin juillet.

Le gouvernement centrafricain a qualifié «d'irrégulière» l'opération de rachat et souhaité que l'exploitation de la mine «soit aussi profitable au peuple centrafricain».

Areva a concédé jeudi qu'il y avait «des bases de discussions» possibles dans la convention minière qui lie depuis février 2006 la Centrafrique à UraMin, et a promis de ne pas faire moins que ce contrat.

Le Niger, quatrième pays producteur dans le monde, a de son côté annoncé le 5 août la fin du «monopole» que détenait depuis quarante ans le groupe français sur la prospection, l'exploitation et la vente de son uranium.

«C'est une partie de bras de fer», explique Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières.

Les pays riches en uranium «espèrent arriver à vendre plus cher leur minerai» dans les contrats à long terme qu'ils concluent de gré à gré avec les groupes miniers, voire «se rapprocher du petit marché spot» de court terme, où les prix de l'uranium ont atteint des sommets.

«Le gros des contrats à long terme a été signé sur un prix de 20 ou 30 dollars» la livre d'uranium, alors que depuis huit ans le prix de ce minerai sur le marché spot n'a cessé d'augmenter, note M. Chalmain.

Son prix est passé de 25 dollars la livre début 2005 à 135 dollars en juin 2007, avant de redescendre à environ 85 dollars en septembre.

Cette hausse des prix de l'uranium est liée notamment à sa rareté. La production mondiale d'uranium couvre actuellement un peu moins des deux tiers de la consommation, elle-même en croissance avec le développement de l'électricité d'origine nucléaire.

Le Canada est le premier producteur mondial, devant l'Australie, le Kazakhstan, le Niger et la Russie. Une part importante d'uranium provient aussi du recyclage de stocks militaires.

Au Niger, les relations avec Areva se sont tendues depuis l'expulsion, fin juillet, du directeur local du groupe, mais Niamey a en même temps obtenu le renouvellement de ses contrats miniers pour 2007 à un prix plus élevé qu'auparavant (42 dollars la livre d'uranium, contre 28,6 dollars).

En attendant la renégociation des contrats pour 2008, Niamey accuse toujours le groupe nucléaire de soutenir des rebelles dans le but d'empêcher d'autres compagnies étrangères concurrentes de s'installer dans le pays pour exploiter l'uranium, ce qu'Areva dément.

Areva présente aussi ses arguments pour limiter la surenchère. Pour la Centrafrique, il souligne que la mine est plus «compliquée à exploiter» que d'autres car le gisement contient du phosphate, ce qui ajoute «des surcoûts».

La Guinée, qui a annoncé en août la découverte de réserves d'uranium, sait déjà qu'elles susciteront «un engouement des différentes sociétés minières», selon son ministre des Mines.

Face à la raréfaction du minerai, Areva a montré son intention de sécuriser sa production en rachetant cet été UraMin, pour produire 19.000 tonnes d'uranium d'ici en 2012.

Paris, AWP/AFX - 21 septembre 2007 10h32

© http://www.romandie.com/infos/news2/200709211032001AWPCH.asp

 

 

 

fleche

La France et la République centrafricainepointillés

Reprise d’une mine d’uranium en Centrafrique qui serait exploitée par Areva (21 septembre 2007)

L’Etat centrafricain avait signé une convention minière avec la société UraMin en 2006 afin de mettre en valeur le gisement d’uranium de Bakouma. Effectivement, Areva a acheté cette société UraMin au mois de juillet 2007.

Sur le souci des autorités centrafricaines que l’exploitation bénéficie aux populations locales, nous partageons ce souci. Il nous paraît effectivement important que soit menée dans ce pays une politique d’utilisation optimale des ressources naturelles qui doivent être exploitées au bénéfice des populations.

La France est attaché à ce que l’exploitation de ce gisement se fasse dans le respect des clauses contractuelles et dans la plus grande transparence.

Dans cette optique, nous encourageons le gouvernement centrafricain à rejoindre les pays africains qui ont adhéré à l’initiative de transparence des industries extractives, qui est un mécanisme que la France soutient. Cette adhésion ne pourra que conforter la transparence du processus d’extraction.


13:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/01/2010

Le chanvre pour une maison écologique

Écrit par Alexandra Lianes Le 17 juillet 2008

construction mur de parpaing de chanvre

Selon Yves Hustache, chargé de mission pour l'association Construire en chanvre*, « le chanvre fait partie des matériaux qui répondront aux attentes enironnementales de demain. » D'après l'association, plus de 3000 chantiers ont utilisé du chanvre en 2007. Dans la construction, on utilise la tige de la plante dont la partie extérieure, la fibre, sert à fabriquer les laines isolantes et la partie interne, appelée la chènevotte, est utilisée pour fabriquer du mortier ou du béton. Quel que soit son usage, le chanvre possède de bonnes qualités isolantes. Mais cette plante présente également un sérieux avantage : sa culture respecte l'environnement. Connu également sous les noms de marijuana et cannabis, sa production a pendant un temps été limitée. La sélection et l'hybridation ont permis la création d'espèces sans propriétés psychotropes, et le chanvre est produit dans le monde entier.

La chanvre : matériau isolant

La laine de chanvre possède les mêmes propriétés isolantes que les laines minérales. La différence fondamentale réside dans le fait que cette laine est d'origine végétale, avec tout ce que cela implique en terme de production et de recyclage. Le chanvre compressé peut aussi servir à fabriquer des panneaux semi-rigides. Selon Yves Hustache, une isolation réalisée avec deux couches de panneaux de 10 cm d'épaisseur a un coefficient U de 0,2 W/m².K (le coefficient U du mur d'une maison passive approche les 0,1 W/m².K). C'est aussi un bon isolant phonique. Néanmoins, inconvénient majeur du chanvre, environ 10 à 15 % de polyester ou de polyuréthanne non renouvelable est ajouté aux fibres pour les lier entre elles et améliorer leur tenue verticale. Ce n'est pas obligatoire, certains fabricants remplacent ces dérivés du pétrole par de l’amidon, qui est renouvelable. Comme toutes les fibres naturelles, le chanvre est également traité avec du sel de bore, utilisé comme fongicide, anti-insectes et rongeurs, et contre le feu. Concernant sa production, elle est encore négligeables en volume, en comparaison des isolants traditionnels, mais l'année dernière les ventes de laine de chanvre ont toutefois progressé de 20 %.

chanvre-maison-betonLa partie interne de la tige de chanvre, la chènevotte, mélangée à des liants minéraux (chaux, sable), permet de fabriquer du béton ou du mortier. Comme pour la laine, le béton de chanvre possède de bonnes propriétés isolantes. De ce fait, il est utilisé dans la construction pour la réalisation des murs, des sols, des toitures ou encore sous forme d'enduits que l'on travaille à la truelle. Pour construire un mur avec du béton de chanvre, il faut d'abord bâtir une ossature, en bois par exemple, puis remplir la paroi verticale avec le béton. Le béton de chanvre est également perméable à la vapeur d'eau. Cette propriété lui confère une grande capacité hygroscopique, c'est-à-dire une bonne capacité à absorber le surplus de vapeur d'eau quand l'air est trop humide et à la restituer lorsqu'il s'assèche. Cette performance thermique permet un ajustement de l'humidité au sein de la maison. C'est la raison pour laquelle les murs en béton de chanvre ne doivent pas être isolés, ni par l'intérieur ni par l'extérieur, par un enduit imperméable à la vapeur d'eau. En effet, dans ce cas, l'humidité resterait piégée dans le mur provoquant des moisissures. Il faut donc opter pour un enduit à la chaux par exemple, imperméable à l'eau, mais perméable à la vapeur d'eau.

En chiffres

Laine de chanvre

Béton de chanvre

Densité

25 à 30 kg/m^3

250 à 900 kg/m^3

conductivité thermique

environ 0,040 W/m.K

0,08 à 0,12 W/m.K

Coeff U ( pour 20 cm )

0,21 à 0,19 W/m².K

0,6 à 0,4 W/m².K

 

Exemple de fiches techniques de produits

Ces fiches proviennent de sociétés commerciales avec lesquelles DDmagazine n'entretient aucun lien. Elles ont été choisies pour leur clarté. Le R mentionné dans ces fiches correspond à la résistance thermique ; il s'agit de l'inverse de notre coefficient U, donc R=1/U.

Fiche technique de la laine de chanvre et tarifs de la laine de chanvre

Fiche technique du béton de chanvre

Ordre de grandeur des prix

Le chanvre est un peu plus cher que la laine de verre. En 10 cm d'épaisseur, un mètre carré de laine de chanvre coûte 15 euros, et 17 euros pour des panneaux. Un mètre cube de béton de chanvre coûte environ 500 euros, soit cinq fois plus que pour du béton traditionnel, mais il est en lui même une partie de l'isolation. A titre de comparaison un mur de parpaings de béton de 25cm enduit au ciment côté extérieur, et doublé d’un complexe isolant en laine de verre de 10 cm et placoplâtre de 13 mm côté intérieur a un coefficient U de 0,30 W/m².k.

Et en plus c'est beau

Nous ne résistons pas à vous donner ici en images quelques exemples d'enduits réalisés en mortier de chanvre par M. Rodolphe Fortineau, maçon du bâti ancien et décorateur en Haute Saône (voir son site Murs & Chaux ). A l'isolation, au confort acoustique, à la sensation naturelle et saine qui se dégage du matériau, les enduits de chanvre bien maitrisés sont d'une esthétique incomparable.

La photo ci-dessous montre la pose d’un enduit isolant chaux/chanvre sur une ancienne cloison (lattis).

enduit-chanvre

M. Fortineau nous livre quelques secrets de ses mélanges : « les proportions de bases pour un enduit sont 1 volume de chaux pour 3 volumes d'agrégats (1 volume de sable + 2 volumes de chanvre). Mais tout dépend de l'utilisation (dalle, murs, etc.) et du support (mur humide, sol, etc.). Plus il y a de sable dans l’agrégat, plus l'enduit est « collant » (pour un mur par exemple). Par contre, pour une dalle ou un mur coffré, on peut ne pas mettre de sable.»

enduits chaux chanvre sable

A gauche, enduit isolant chaux/chanvre très chargé en chanvre. A droite, enduit moyennement chargé en chanvre : c'est la couleur du sable qui ressort.

chanvre-cultureUne culture qui respecte l'environnement

Cultiver le chanvre présente des avantages écologiques : sa culture nécessite peu d'intrants, peu d'engrais (seulement de l'azote) et aucun produit phytosanitaire, et elle a besoin de très peu d'irrigation. De plus, avec une importante production végétale pouvant aller jusqu'à 12 tonnes par hectares, le chanvre se révèle être un excellent piège à CO2. Selon l'association Construire en chanvre, la quantité de chanvre nécessaire pour produire 1 m² de mur en béton de chanvre représente un stockage de 35 kg de CO2. Enfin, une fois à l'état de produit industriel, les matériaux en chanvre sont recyclables ou même compostables. Les plantations de chanvre se développe partout dans le monde, notamment en Russie, en Europe, en Chine et en Inde.

Exemples d'applications

chanvre-alsaceMaison Diocésaine de Chalons en Champagne rénovée il y a deux ans de cela avec  un enduit à base de chanvre et de chaux. Depuis, sa consommation énergétique s'élève à 75 kWh/m²/an, contre une moyenne d'environ 140 kWh/m²/an pour un habitat traditionnel. Autre exemple, une maison alsacienne bâtie en 1999 avec du béton de chanvre : épaisseur de mur de 28 centimètres, isolation de toiture de 25 cm, pour une consommation énergétique de 80 kWh/m²/an. (photo ci-contre).

Les professionnels et le chanvre

Le chanvre commence à plaire, mais il ne connaît pas encore la même croissance que le bois. D'après Yves Hustache, « le nombre des chantiers où la plante a été utilisée a triplé entre 1999 et 2003. » D'autant plus que selon lui, « l'absence de règlementation freinait le développement du matériau. Maintenant que le verrou a sauté, les entreprises vont pouvoir répondre à la demande. » En décembre dernier, un rapport établissant les conditions et les règles de mises en oeuvre du béton de chanvre a été validé par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiments et les professionnels de la construction. En ce qui concerne les professionnels, Balthazard & Cotte Bâtiment, fabricant de chaux, a été l'un des premiers à utiliser le chanvre dans le bâtiment. Il reste aujourd'hui encore un leader du marché du béton de chanvre. L'entreprise allemande Hock est un des acteurs les mieux installés sur le marché européen avec des produits commercialisés sous la marque Thermo-chanvre. D'autres tels que Easy-Chanvre, dans le Morbihan, et Les Ateliers du Chanvre, en Isère, sont des petites entreprises réputées et spécialistes des parpaings et des briques en chanvre. Vous trouverez dans la liste ci-dessous des entreprises qui cultivent le chanvre, en vendent les produits, ou viennent les appliquer chez vous. Autrement dit, vous pouvez voir pousser votre maison dans les champs... Et du côté des grands groupes de la construction, les matériaux renouvelables commencent à susciter l'intérêt. Lafarge par exemple s'intéresse au marché et participe aux débats de l'association Construire en chanvre.

Autres liens commerciaux de fabricants et distributeurs (par région) :

Sud Est : maisonecodistribution, Canosmose, Cap-ter

Rhône Alpes : Eco-tech-distribution, alliance4

Centre et Ouest : Poitou-chanvreChanvre-terre-chaux, Terrachanvre

Partout en France : eco-logis, chanvriblocTechnichanvre, Isonat

Canada, Québec : Artcan

* L'association Construire en chanvre a pour objectif de fédérer les acteurs de la filière chanvre, du producteur au consommateur. Elle a trois grandes fonctions : communiquer auprès des consommateurs pour leur présenter les produits, informer les professionnels des avancées et faire de la recherche et développement. Son site Internet est embryonnaire pour l'instant.

Liens

En savoir plus sur le chanvre avec Wikipedia

Vidéo de Canosmose sur les procédés et les matériaux de construction

A lire également sur DDmagazine

Pavatex, des panneaux isolants écologiques

Ouate de cellulose : isolation en papier recyclé

Mise en oeuvre de la ouate de cellulose (vidéo)

Visite de chantiers : panneaux solaires thermiques

Tous les articles de la rubrique Architecture

Tous les article de la rubrique chantiers

 

beton_chanvre_generalites.pdf

 

Alliance 4 : Fourniture de matériaux naturels - Réalisation de chantiers

 

Construction chaux chanvre bio ecologique

CANOSMOSE®


technichanvre.jpg

stages-2010.pdf

 

Flyer-A4P-france.pdf

11:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/12/2009

On n'a (presque) pas fini de vous faire aimer la viande

 



Lorsque la chaîne d'abattage s'arrête (pour des raisons techniques ou autre), des oiseaux sont déjà engagés dans le système de tringlerie qui mène à la lame automatique, sorte de scie circulaire. Au redémarrage de la chaîne, des poulets se dégagent des tringles évitant ainsi le coupe-cou et arrivent de ce fait conscients dans le bac d'eau chaude avant plumaison.

 

 

Affiche de la Fondation Brigite Bardot : Non à l'hippophagie

17:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/12/2009

Sortir du nucléaire" demande aux eurodéputés d'Europe écologie de revenir sur leur vote en faveur d'une résolution favorable au nucléaire

Communiqués de presse

01/12/2009
"Sortir du nucléaire" demande aux eurodéputés d'Europe écologie de revenir sur leur vote en faveur d'une résolution favorable au nucléaire



Seul José Bové n'a pas voté ce texte (ainsi qu'un autre eurodéputé qui était absent)


Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande aux députés européens d'Europe écologie de faire le nécessaire pour rectifier leur vote en faveur d'une résolution, adoptée par le Parlement européen le 25 novembre 2009, qui est favorable à l'énergie nucléaire. (Cf http://bit.ly/5PpHjX )

Dans le groupe Europe écologie, seul José Bové (et Pascal Canfin qui était absent) n'a pas voté cette résolution qui affirme en particulier : "Une économie à faible intensité de carbone conférera à l'énergie nucléaire un rôle important dans le bouquet énergétique à moyen terme."

Certes, dans un premier temps, le texte ne comportait pas ce passage qui a été ajouté par amendement proposé par le PPE (la droite européenne), amendement contre lequel les députés européens d'Europe écologie ont voté.

Mais les eurodéputés d'Europe écologie, à l'exception notable de José Bové, ont voté ensuite pour la nouvelle version du texte, contenant l'amendement favorable à l'énergie nucléaire sous prétexte de "sauver" la planète face au péril climatique.

Alors que, dans la préparation du sommet de Copenhague, les autorités françaises multiplient en coulisse les manœuvres en faveur du nucléaire, le vote de cette résolution par la quasi-totalité du groupe Europe écologie est une faute politique qui doit être rectifiée au plus vite.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" continue d'animer la campagne internationale "Don't nuke the climate" (http://www.dont-nuke-the-climate.org ) dont le point d'orgue sera le 12 décembre avec de multiples manifestations dans de nombreuses villes et à Copenhague même.


Lien permanent vers ce communiqué: http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=647

n'imprime pas cette page  ça pollue :(PROBE)

 

 

 

18:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu