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16/01/2012

Discours de Denis GODARD devant le commissariat du 3ème


discours de Denis GODARD devant le commissariat...

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03/12/2011

Le mythe de la Kalach de banlieue - le retour II

La kalachnikov, une arme en vogue chez les voyous français

Deux attaques à main armée en 24 heures dans l'agglomération marseillaise en début de semaine. Deux malfaiteurs tués et un policier gravement blessé. Un point commun entre ces deux faits divers, l'arme employée. Des fusils d'assaut de type kalachnikov. Les plus répandus au monde. Une arme de guerre d'origine soviétique éprouvée par les guérillas du monde entier, prisée par les terroristes et les mafias. En France, cette redoutable pétoire du 20e siècle, autrefois l'apanage des braqueurs professionnels, est désormais aussi entre les mains de délinquants et de trafiquants de moindre envergure. Car les malfaiteurs qui ont ouvert le feu sur les policiers dans la nuit du dimanche 27 novembre au lundi 28 novembre n'étaient pas des professionnels aguerris, mais des petits voyous inexpérimentés qui braquaient sans méthodologie un supermarché et un magasin de bricolage. Un grand écart entre les armes utilisées et un butin dérisoire, composé notamment de produits alimentaires surgelés. La kalachnikov ou l'arme de la misère et des grands crimes…

MAFIAS D'EUROPE ET D'AILLEURS

Le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, pointe une "généralisation des kalachnikovs" qu'il faut "éradiquer du circuit". Le "circuit" évoqué puise sa source dans les Balkans. Depuis la chute du mur de Berlin et la disparition du monde bipolaire, les stocks d'armes soviétiques irriguent les mafias d'Europe et d'ailleurs. "L'arc balkanique, où règne depuis longtemps la 'gun culture' et où les hommes conservaient à leur domicile leur arme de dotation après leur service militaire, a donc connu une forte multiplication des filières d'approvisionnement dans les années 1990", a écrit l'officier de gendarmerie Jean-Charles Antoine dans la revue Questions internationales. Et ce doctorant en géopolitique d'ajouter : "Ces filières se sont internationalisées et certaines de ces armes ont été retrouvées dans les milieux criminels de France, d'Allemagne ou des Pays-Bas".

La libre circulation dans l'Union européenne a naturellement profité à ces trafiquants qui transportent les armes le plus souvent par la route. "On n'est pas sur des gros trafics de milliers de fusils d'assaut trafiqués dans des sortes de go-fast de kalachnikovs", tranche un policier en exercice. "Cela peut être un émigré de retour dans son village pour l'été, qui ramène sur le territoire français une ou plusieurs kalachnikovs pour la vente. Bien sûr, il y a des réseaux très structurés", ajoute-t-il. Ce qui complexifie le travail d'enquête, d'identification et d'interception des policiers français.

"PILLAGE DES ARSENAUX LIBYENS"

Pour le criminologue Alain Bauer, la France connaît sa troisième vague d'importation illégale d'armes de guerre. La première remonte à la période de la Résistance avec une partie de l'armement ensuite récupérée par le grand banditisme. Il explique la suite : "Après le pillage des arsenaux albanais dans les années 1990, qui marque une profusion de la kalachnikovs, on assiste aujourd'hui au pillage des arsenaux libyens depuis la chute de Mouammar Kadhafi", observe cet expert.

Ces kalachnikovs libyennes sont en fait des copies chinoises importées en son temps par Kadhafi et aujourd'hui écoulées par des trafiquants en Europe et en Afrique."On en trouve de plus en plus en France et elles sont vendues à moins de 1 000 euros", indique M.Bauer.

Depuis l'effondrement de l'URSS, les voyous français n'ont plus vraiment de mal à se procurer des kalachnikovs, rapportent les spécialistes. Un avocat partage sa surprise lorsqu'un de ses clients lui a confié sa méthode pour s'en procurer : "Il avait acheté sa kalachnikov sur un site Internet russe qui livre en pièces détachées et en plusieurs paquets envoyés à intervalles irréguliers." Cette arme est aussi réputée pour sa simplicité mécanique et sa facilité à être démontée.

400 À 500 EUROS, VOIRE LA MOITIÉ POUR LES KALACHNIKOVS CHINOISES

En France, une kalachnikov déjà utilisée se négocie entre 400 et 500 euros. Neuve, le prix se situe autour de 2 000 euros. Mais l'apparition récente de kalachnikovs chinoises en provenance de Libye diviserait par deux ces tarifs. Autrement dit, une bouchée de pain pour des trafiquants de drogue ou des braqueurs. Et un prix accessible à des jeunes malfrats. Autrefois privilège des "équipes" de voyous professionnels et expérimentés, ces fusils d'assaut se sont considérablement démocratisés. Il est plus facile de s'en procurer et les prix baissent.

Il n'existe pas de statistiques officielles sur la circulation de kalachnikovs sur le territoire. Mais les saisies constituent un indicateur. En 2009, les forces de l'ordre ont saisi 1 487 armes à feu toutes catégories, contre 2 710 l'année suivante. Et depuis le début de l'année 2011, près de 3 355 armes à feu ont été saisies, dont près de 380 armes de guerre, indique l'AFP. Dans les Bouches-du-Rhône, la préfecture de police a calculé la proportion de fusils d'assaut parmi les armes à feu saisies cette année. Il en ressort que les kalachnikovs représentent un quart des armes saisies depuis début 2011.

Pour Frédéric Lagache du syndicat de police Alliance, les forces de l'ordre n'ont actuellement pas les moyens nécessaires pour endiguer cette "prolifération" de kalachnikovs. Selon lui, ce qu'il manque, pour réduire l'avance des criminels, "c'est une véritable police de renseignement sur la criminalité organisée qu'il faudrait mettre en place pour enquêter en amont et anticiper sur leurs actions". Un service qui existe à Paris, où une section de la direction du renseignement se consacre entièrement à ces missions. "Mais pas dans les grandes villes de province", déplore M. Lagache. Un constat partagé par M. Bauer qui conseille le président de la république sur les questions sécuritaires : "Il y a une très faible organisation du renseignement de terrain en France. C'est un des enjeux de la sécurité publique."

piqué au tas sur lemonde.fr - 02/12/2011


Relire :

Le mythe de la kalashnikov de banlieue ...

11:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/12/2011

Les “Indignés” parisiens encore et toujours infiltrés par des fafs

On nous avait pourtant garanti que le mouvement des Indignés avait fait le ménage en son sein et viré les soraliens, conspis et autres fafs. D’ailleurs, même Alain Bonnet de Soral et François Asselineau s’en étaient plaints, estimant que ce mouvement était en réalité aux mains de l’extrême gauche et des antifascistes1. Or, comme on pouvait s’en douter, il n’en est rien. La dernière manifestation du mouvement, Occupons La Défense, en témoigne.

Inspiré du rassemblement américain Occupy Wall Street, Occupons La Défense est une initiative émanant, selon l’AFP, des « mouvements Démocratie réelle Paris, Indignés de la Bastille, Uncut France, Occupy Paris et les Pas de Noms » soit en tout et pour tout… essentiellement deux personnes, les désormais célèbres Grégory Pasqueille et Benjamin Ball, soutenus par quelques uns de leurs amis Facebook avant d’être rejoints par d’autres personnes.

On connaît la perméabilité, depuis ses débuts, du mouvement dit des Indignés aux thèses les plus farfelues2. On a été témoins de sa lente descente aux enfers, qui l’a conduit ces derniers temps dans certains pays à appuyer la répression policière3. Pourtant, plusieurs camarades les ayant rencontrés lors de leur grande manifestation du 15 octobre dernier nous ont certifié que les choses avaient changé. Certains, présents à la Défense, ont salué leur fonctionnement horizontal qui pourrait permettre de fonder un grand mouvement pour peu qu’on y ajoute un fond politique conséquent.

Car là est bien le fond du problème : les Indignés baignent toujours dans une indigence politique à faire peur. Même les flics semblent s’ennuyer ferme en compagnie de cette bande de zozos vaguement hippies qui leur crient « La police avec nous ! » et « Libérez-vous ! », qui s’opposent à eux avec des coeurs et qui, dans certains cas, leurs font des bisous. Et les mêmes camarades qui trouvent intéressant leur recherche d’horizontalité témoignent assez vite du fait que cette indigence citoyenniste les conduit à accepter d’écouter n’importe quelle prise de parole : « on pourrait leur tenir un discours néo-nazi qu’ils ne trouveraient rien à redire et passeraient au suivant comme si de rien n’était. Ils sont même capables d’y applaudir ».

la suite sur conspishorsdenosvies

10:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/11/2011

Les liens belges de «Réfléchir & Agir »

Connue pour son positionnement pur et dur, « Réfléchir & Agir », une publication française confidentielle, bénéficie du soutien de divers leaders d’extrême droite, mais aussi de personnalités moins marquées politiquement.
En Belgique, « Réfléchir & Agir » est liée à plusieurs activistes néofascistes, dont un député fédéral du Front national de Daniel Féret.
Récemment, une interview de Jacques Martin, le père d’Alix, fut publiée dans les colonnes de ce « canard noir ».
Portrait.

C’est en octobre 1993 que sort le premier numéro de « Réfléchir & Agir » . Son style, sa qualité rédactionnelle et sa mise en page sont alors amateurs. Apparue au sein de la mouvance skinhead nationaliste, cette publication française est totalement marginale à l’époque.

Localisés d’abord dans la région parisienne (aujourd’hui sa rédaction est située à Toulouse), ses premiers initiateurs sont idéologiquement proches du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE, la structure phare de la « Nouvelle Droite » intellectuelle). « Réfléchir & Agir » veut armer intellectuellement les jeunes activistes de l’extrême droite. Elle ambitionne même de former une nouvelle « élite nationaliste » et se revendique comme étant une « revue autonome de désintoxication idéologique ». Sa ligne politique est « ouvertement européenne, païenne, identitaire, socialiste et anti-capitaliste ». Tout un programme !

Opérations d’« entrisme »
Comme le GRECE dans les années 1970, elle préconise des opérations d’« entrisme » au sein des grosses structures d’ultradroite afin de les influencer de l’intérieur. C’est dans ce cadre que « Réfléchir & Agir » va apporter un soutien stratégique [maintenant on dirait soutien critique] au Front national de Jean-Marie Le Pen. Un des membres de sa rédaction va même faire partie de la direction d’une section régionale des jeunesses du FN et être élu sur les listes de ce dernier en 1998, aux élections régionales.

Malgré son souhait d’être une revue au service de la cause nationaliste, « Réfléchir & Agir » reste isolée au sein même de l’extrême droite. Elle n’est jamais arrivée à se hisser au sommet de la direction du « mouvement national » et son influence y est nulle. En 1998, seule une cinquantaine de militants apportait un soutien à ce journal qui tirait alors entre 300 et 1000 exemplaires, selon les sources. Son développement a notamment été freiné par les dissensions successives survenues au sein de son noyau dirigeant. La composition de son comité de rédaction se modifie constamment, suite à des départs pour cause de conflits idéologiques.

Concurrencée par d’autres structures, rédactionnelles ou organisationnelles notamment, elle a multiplié les adversaires au cœur même de la galaxie néofasciste. Les portes de grands rassemblements de « sa famille politique » lui ont souvent été fermées. La revue est par exemple totalement ignorée par le FN lepéniste et les ‘’Identitaires’’, le principal mouvement radical en France.

Cependant, elle bénéficie de relations fraternelles avec l’association racialiste « Terre & Peuple » de Pierre Vial (un ancien des directions du GRECE et du FN). Il faut aussi constater que malgré son impact confidentiel, « Réfléchir & Agir » arrive à attirer des plumes réputées de l’extrême droite. La publication est également capable, quelquefois, de bénéficier d’interviews de la part de personnalités venant d’autres bords, voire carrément étrangers à l’extrême droite radicale pure et dure. Mais ces cas restent rares.

Au service de l’ultradroite plurielle
La plupart des noms de personnalités apparaissant dans « Réfléchir & Agir » ont un lien direct avec la droite extrémiste, même si, de prime abord, il est parfois difficile pour le néophyte de le déterminer.

C’est le cas de Jean Parvulesco, un intellectuel d’origine roumaine proche de l’Organisation armée secrète (OAS, extrême droite terroriste pro-Algérie française) dans les années 1960 et éminence grise de la « Nouvelle Droite ». Un entretien de Parvulesco fut publié en été dernier dans « Réfléchir & Agir ». Dans le même numéro, on pouvait lire une interview d’un des experts les plus connus en matière de terrorisme, Xavier Raufer, par ailleur activiste dans les années 1970 de diverses organisations d’extrême droite (1). Michel Mohrt, de l’Académie française fut longuement interviewé dans le numéro daté de l’automne 2004, ainsi que l’écrivain et ancien officier de renseignements Vladimir Volkoff (1933-2005), dans le numéro de l’hiver 2002.

A part ces quelques alibis semblant être « pluralistes », mais toujours situés à droite de l’échiquier idéologique, la revue « Réfléchir & Agir » publie des articles et des entretiens d’intellectuels ou de dirigeants clairement labélisés à l’extrême droite. Quelques cas : l’avocat Eric Delcroix (un partisan de la liberté pour les négateurs du génocide des Juifs), l’écrivain Jean Mabire (spécialiste de la SS et conférencier habituel de Terre & Peuple), Emmanuel Ratier (l’héritier idéologico-méthodologique de l’antisémite Henry Coston), Konk (un dessinateur néofasciste, notamment en Belgique pour le Vlaams Belang), Jean Haudry (un universitaire racialiste fanatique des Indo-européens), Michel Lajoy (un activiste néonazi emprisonné suite à un attentat avorté contre des étrangers), feu « ADG » (un membre de la direction de l’hebdomadaire « Rivarol »), Robert Dun (un ancien de la SS française devenu ensuite une référence pour les jeunes générations néonazies), Alain de Benoist (le patron indéboulonable du GRECE), Guillaume Faye (un dissident du GRECE et l’actuel théoricien de la « guerre raciale »), Pierre Vial (le chef de l’association Terre & Peuple »)…

Le retour d’Olivier Mathieu
Au printemps dernier, « Réfléchir & Agir » avait encore proposé à son maigre lectorat un entretien avec un certain Gaston-Armand Amaudruz, meneur en Suisse du mouvement néonazi local, que la justice de son pays condamna en 2000 pour négationnisme et antisémitisme. Auparavant, Gaston-Armand Amaudruz avait dirigé le Nouvel ordre européen (NOE), un réseau néonazi actif sur l’ensemble du continent et soutenu par feu Léon Degrelle, le « big boss » de Rex, le parti fasciste belge des années 1930.

L’un des responsables actuels de « Réfléchir & Agir », Pierre Gillieth, est quant à lui un ancien collaborateur de diverses redactions d’extrême droite : de « Rivarol », de son supplément « Ecrits de Paris », de « Terre & Peuple – Le magazine » (édité par l’association du même nom), de « Montségur »... Pierre Gillieth est par ailleurs le dirigeant de « Auda Isarn ». Editions toulonaises directement liées à « Réfléchir & Agir », elles ont publié, cette année, un roman d’Olivier Mathieu.

Ce sinistre personnage n’est pas un inconnu, ni en France ni en Belgique. Olivier Mathieu, néonazi français spécialisé dans la négation des crimes de la dictature nazie, s’était exilé, suite à diverses provocations commises outre-Quiévrain, au début des années 1990 en Belgique.


Sur cette photographie exclusive de RésistanceS : stand néonazi tenu à la Foire internationale du livre de Bruxelles, en mars 1989, notamment par Olivier Mathieu (au centre) et Patrick Cocriamont (à droite), actuel député du FN belge (voir plus bas) © Photo : Manuel ABRAMOWICZ – RésistanceS.

Sympathisants belges
En Belgique, « Réfléchir & Agir » fut diffusée dans certaines librairies de la capitale, au milieu des années 1990, par Robert Steuckers, le principal animateur de la « Nouvelle Droite belge » et ancien dirigeant du GRECE dans notre pays jusqu’à son conflit avec la direction parisienne de ce groupement.

Aujourd’hui, ils ne sont qu’une poignée de Belges à soutenir « Réfléchir & Agir ». Parmi eux, se trouve Patrick Cocriamont. Sur le site Internet de ce député fédéral du Front national belge et membre de la bannière wallonne de Terre & Peuple, un lien hypertexte renvoie directement au site de « Réfléchir & Agir » (2).

Dans les années 1980-90, Patrick Cocriamont a fait partie de la direction du Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi. C’est le PFN qui accueillit alors dans son exil bruxellois le négationniste Olivier Mathieu, aujourd’hui édité par un des « cadre » de « Réfléchir & Agir » (revoir plus haut dans notre article). Ce monde-là est décidément très petit. Il prouve en tout les cas les liens persistants du Front national belge avec la tendance la plus extrémiste du mouvement dit « national ».

Le père d’Alix interviewé par « Réfléchir & Agir »
Sur le site Internet de « Réfléchir & Agir », figure une page intitulée « Notre clan ». Sur celle-ci est listé l’ensemble des contacts ou des structures pour lesquels le magazine néofasciste exprime sa sympathie. Deux « contacts belges » s’y retrouvent : « Le Bulletin célinien » (mensuel consacré à la mémoire et à l’actualité de l’écrivain antisémite Céline) et l’association « Europa » (la branche belge du réseau Synergies européennes, co-dirigé par Robert Steuckers).

Récemment, c’est une brillante référence de notre monde culturel qui démontra ses liens avec « Réfléchir & Agir ». La revue néofasciste publia dans son n° 21, daté de l’automne 2005, un entretien avec Jacques Martin, le créateur d’Alix, un de nos héros de bandes dessinés. Comme quoi, le cordon sanitaire isolant l’extrême droite sur le plan politique n’est pas respecté par tout le monde…

Alexandre VICK

Notes :
(1) Pour un portrait détaillé du CV militant à l’extrême droite de Xavier Raufer, voir : « Enquêtes sur l’extrême droite » de René Monzat (Le Monde-Editions, Paris, 1992) pages 281 et 282.
(2) Les autres liens français figurant sur le site Internet du député fédéral du Front national Patrick Cocriamont sont ceux de l’association Terre & Peuple, de celui du « docteur Merlin » (un chanteur d’extrême droite païen lié déjà dans les années 80 au Parti des forces nouvelles, dont est issu Cocriamont), de l’hebdomdaire pro-négationniste « Rivarol », de la lettre d’information de délation « Faits & Documents », de radio Courtoisie et du dessinateur Konk.


© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles – Belgique –15 décembre 2005.

 

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19/11/2011

Un ex-inspecteur de la DST prend du galon au Bloc identitaire

Une nouvelle figure a fait son apparition au Bloc identitaire (BI). Récemment promu coordonateur régional du BI en Normandie, Jean Lucat est mis en avant à l'occasion de la nouvelle campagne anti-halal de la formation d'extrême droite.

Le profil de ce cadre attire l'attention à plusieurs titres. D'abord, l'âge. A 64 ans, Jean Lucat ne correspond pas au profil-type du militant du BI, en général plutôt jeune. La direction des identitaires compte ainsi très peu de sexagénaires, à l'exception de Philippe Millau, Jacques Cordonnier et Richard Roudier.

Surtout, le CV de Jean Lucat est peu commun. Il a fait carrière à la DST (Direction de surveillance du territoire), où il était inspecteur. Il a "traité" plusieurs figures d'extrême droite, dans les années 1970 et  1980, époque propice aux opérations barbouzardes.

Son nom est plus récemment apparu dans l'affaire de la cavale de Dominique Erulin. Ancien légionnaire, ancien du Service action du SDECE, agitateur d'extrême droite, Erulin a été soupçonné par la célèbre cellule de l'Elysée du commandant Prouteau, d'avoir voulu attenter à la vie de François Mitterrand. Dominique Erulin s'était par la suite enfui à l'étranger, dans des conditions rocambolesques, en bénéficiant d'un passeport remis par un inspecteur de la DST (Le Monde du 10 décembre 2004).

"Mon engagement au Bloc identitaire est dans la continuité de ce que je pense depuis ma jeunesse. A la DST, j'avais le devoir de ne pas afficher mes opinions politiques, j'ai quitté la DST à 44 ans, j'en ai 64, cela fait vingt ans que je suis dans le privé, dans l'intelligence économique", nous a raconté Jean Lucat.

Le GRECE, Alain Madelin, Xavier Raufer

"Au Bloc, j'ai retrouvé des gens que je connaissais, des Grécistes, continue M. Lucas. Philippe Millau par exemple [coordonateur Grand Ouest du BI]. On s'était côtoyé au GRECE, j'étais au GRECE aussi, je suis un fidèle lecteur de la revue Eléments."

Avant le Bloc identitaire, Jean Lucat dit avoir fait un bout de chemin à Idées Actions - le mouvement d'Alain Madelin- puis à Démocratie libérale  et enfin un peu à l'UMP. "J'ai eu l'occasion de connaître Alain Madelin. Quand j'étais à la DST je fréquentais beaucoup la bibliothèque de l'Institut supérieur du travail". L'IST est l'une des structures mises en place par Georges Albertini, dans le cadre de la lutte anticommuniste.

Alain Madelin a aussi émargé à la "centrale Albertini" qui lui a notamment servi de sas vers la droite libérale après ses engagements à l'extrême droite activiste. Dans cet univers,  Jean Lucat a aussi connu Xavier Raufer, "un vieux copain" - ex-militant d'Occident, tout comme Alain Madelin, Raufer est devenu aujourd'hui criminologue.

"Le libéralisme à la Madelin, j'en suis sorti, pour moi ce n'est pas une solution pour l'Europe, poursuit Jean Lucat. J'ai découvert le Bloc identitaire par des copains. Je suis allé à leur Convention en 2009, je me suis rendu compte que c'était des gens sérieux".

Du côté des Identitaires, on assume la promotion de M. Lucat. "Chacun a le droit d'avoir un métier, il n'y a rien de choquant. Je ne vois pas où est le problème. C'est un cadre de valeur. Je n'ai pas le sentiment que son parcours est trouble", réagit Fabrice Robert, président du mouvement.

Philippe Vardon, autre dirigeant du Bloc, répond par une pirouette: "On est comme Marine [Le Pen], on montre que l'on a, nous aussi, des hauts fonctionnaires. Il a les compétences et les qualifications".

NB: La DST a été fusionnée en 2008 avec la Direction centrale des Renseignements généraux pour créer la DCRI.

Sur "la centrale Albertini", lire la partie "Sortir du Ghetto", dans l'ouvrage Génération Occident, Frédéric Charpier, Seuil.

 

via http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/category/bloc-identitaire/

 

11:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/11/2011

Le Mouvement des Indignés se radicalise à Strasbourg et ailleurs...

Venues d'on ne sais où, une centaine de personnes ont convergé au centre de Strasbourg pour se retrouver ce 11 novembre 2011 à 11h00 place Kléber.

Une manifestation semblait prendre forme, et ô surprise, sans avoir été déclarée, grâce à l'appel du Mouvement des Indignés de Strasbourg, lancé principalement sur la toile et via les réseaux clandestins dématérialisés.[Tu noteras que l'appel est publié le 10.11.11 sur le site strasbourgdemocratiereelle.wordpress et depuis le 3.11.11 sur le site occuponstrasbourg.wordpress]

piqué au tas sur activeast.free.fr

CertainEs sont venus en curieux, d'autres, manifestement plus déterminéEs, avaient préparé leur coup et confectionné des écritaux : « stop thinking £ $ €, start thinking human », « Terrorisme économique ». Les plus radicaux scandaient des incantations destinées à faire trembler le pouvoir en place.

 

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Exemple de slogan et incantation brandit par quelques participants (photo G.D-A.)


La démocratie issue des urnes a promptement réagit en envoyant illico presto un grand nombre de force de l'ordre citoyenne, mixte et hétéroclite : police municipale, CRS, flics en civil ...

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Positionnement tactique dit "de la tenaille" par la CRS des groupes 2A - 2B ainsi que des policiers attendant les consignes (photo G.D-A.)

 

Les fonctionnaires chargés du maintien de l'ordre républicain, dans la clairvoyance qu'on leur connaît, ont compris qu'un tel alignement de personne en ce 11/11/11 ne pouvait signifier que la survenue d'un évènement extra-ordinaire risquant de faire vaciller la nation dans le chaos.

Conscient d'assurer la mission qui leur incombe, afin d'assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions, ils ont promptement réagit en interpellant les personnes potentiellement les plus dangereuses : celles qui avaient choisi de dissimuler leur visage derrière un masque.

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Il a fallut toute la perspicacité des observateurs pour distinguer les élements perturbateurs, fauteur de trouble (troubelmakers), etc... (photo G.D-A.)

 

Ces interpellations ont permis, grâce à ce contrôle d'identité exerçé dans le respect de la loi, de faire d'une pierre deux coups :

  • renseigner les mise à jour des fichiers
  • maîtriser les flux migratoires et lutter contre l'immigration illégale


Une journaliste de l'Alsace, G.D.A., qui par hasard se trouvait aussi place Kléber, n'a pas hésité à plonger dans cette marée humaine pour rencontrer ces fameux Indignés. C'est grâce à elle qu'on apprend comment un jeune père, employé du tertiaire, est venu soutenir cette action :

« J’ai eu connaissance de cette manifestation par mail, explique-t-il. Je me reconnais tout à fait dans ce mouvement de protestation qui n’arrive pas par hasard maintenant. » Interrogé sur la difficulté qu’a le mouvement à s’imposer en France contrairement à l’Espagne ou aux États-Unis, il avance : « la France a sa propre dynamique de la protestation et il y a aussi les échéances électorales. A mon humble avis, si ça ne prend pas en France, c’est un peu culturel. Mais peut-être aussi qu’on sera à la remorque de ce mouvement au lieu d’être à l’avant-garde. »
En regardant ses enfants, il estime que « lorsqu’ils seront grands ce sera la guerre. C’est quelque chose qui est pressenti depuis plusieurs décennies. » Quant à la surenchère actuelle dans la politique de rigueur, il y voit « le caractère dogmatique de la théorie ultralibérale qui s’obstine dans son erreur » Toutefois, il s’interroge sur les moyens d’action. « L’action violente ne mène nulle part. Il faut imaginer d’autre moyens ». Il est rejoint en cela par Nicolas, 31 ans, qui a un master de droit international. « La mobilisation des jeunes est difficile en France car ils sont très peu politisés. Et ceux qui le sont, comme l’a montré une étude récente du Credoc, vote à droite ou à l’extrême droite. Il faut repolitiser les jeunes, leur réapprendre la politique à travers des débat comme ceux autour du vote blanc par exemple. »

 Photos piquées au tas dans l'artilce de Genevieve DAUNE-ANGLARD


http://soirmag.lesoir.be/sites/default/files/1847373563_ID2918720_9_teissier_124757_01M1QT_0.JPG

“Une année géniale pour DSK en 2011”

Alexis, Indigné du 11.11.11, se reconnaît tout à fait dans ce mouvement qui n'arrive pas par hasard maintenant. Il observe que la difficulté de mobilisation des citoyens en France, concernant le mouvement des Indignés, semblerait être d'ordre culturelle. Il est pour l'abandon de l'action violente, avis que valide également Nicolas, prennant appui sur les études d'un institut de sondage. Nicolas propose une repolitisation des jeunes autour d'une mobilisation du vote blanc pour éviter les apports de voies vers les partis politiques de droites...

Difficulté peut-être aussi à mobiliser en ce 11.11.11 car beaucoup d'appels étaient lançés sur internet:

...des illuminés appellent d’ailleurs à la prière ou la méditation et sur Facebook, plusieurs pages ont été créées. Il y a l’alarmiste, baptisée « le 11/11/11 le temps s’arrêtera définitivement », la communautaire « Mettez tous votre réveil de téléphone à 11 h 11 et puis l’ésotérique « Faites un vœu le 11/11/11 à 11 h 11 »...

Dans ce confusionnisme politique ambiant, on pourrait faire remarquer aux Indignés d'avoir choisit cette date du 11 novembre, brouillant encore un peu plus les pistes et empếchant ainsi une réelle ambition de positionnement politique. Ou alors un choix délibéré pour leur permettre de garder une neutralité apolitique...

C'est un peu le même constat que fait Eva JOLY, candidate Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle, alors qu'elle venait fleurir la tombe des mutins de 1917 devant le Mur de la Paix à Paris: 

"Ils font leur mouvement d'indignés, qui est très sympathique et qui est très important, comme on le voit aux États-Unis, mais là il me semble qu'ils n'ont pas compris les enjeux, sans doute par culture politique"

Contrairement à Paris, les Indignés Stéphanois n’ont pas voulu perturber la commémoration. Ils ont précisé qu’ils n’étaient pas :

"contre cette commémoration mais contre les violences policières"

Ce qui n'a pas empéché les forces de police de continuer à lutter contre la criminalité organisée, la grande délinquance et la drogue et de protéger le pays contre la menace extérieure et le terrorisme en encadrant fermement la "flash-mob" :

 

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Les fonctionnaires informent que, la manifestation n'ayant pas été déclarée en préfecture de la Loire, les contrevenants sont passible, selon l'article 431-9 du code pénal, à 6 MOIS D'EMPRISONNEMENT ET 7 500 EUROS D'AMENDE pour :
- Participation à l'organisation d'une manifestation non déclarée ou interdite.
- Organisation d'une manifestation non déclarée.

 

Où en êtes-vous politiquement ?

Encore et toujours à se poser la question Que faire ?

"...La lutte intérieure donne au parti la force et la vitalité : la preuve la plus grande de la faiblesse du parti, c'est son amorphisme et l'absence de frontières nettement délimitées; le parti se renforce en s'épurant..."
(Extrait d'une lettre de Lassalle à Marx, 24 juin 1852.)

Allez-vous discuter d' ENGELS et L'IMPORTANCE DE LA LUTTE THEORIQUE ?

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09/11/2011

MILIPOL : Les dessous du Continuum sécurité défense... ou la répression durable

Le continuum sécurité défense, concept marketing de la lutte des classes dans ce bas monde marchand.

caméra,épicerie tapie dans l'ombre

"La caméra était tapie dans l'ombre"

 

"Défense et sécurité : un même business !" 

"Finie la frontière entre sécurité et défense. Dorénavant pour capter les marchés, les industriels de l’armement comptent vendre les mêmes équipements aux militaires et aux civils. Le journal de l’Intelligence économique explique comment les anglo-saxons font des affaires avec le concept de Continuum Sécurité défense." voir la vidéo (1)

En octobre 2011, selon le préfet "hors cadre" Alain Rondepierre (2), président de Milipol et également PDG de Civipol Conseil, « la profession n'est pas complètement sortie de la crise », la menace terroriste reste une constante trouble sur la-quelle certains "experts es-sécurité auto-proclamé" font leur beurre (3).

Et ceci grâce à qui ? Je te le donne en mille : Ben Laden... Ben la menace ... Ben qui, tout seul comme un grand, via la spectaculaire médiatisation du 11 septembre, a chamboulé le classique plon-plon du contrôle de la violence en réussissant ce tour de passe-passe qui nous amenait droit vers le "Global War on Terror"...

Milipol a lieu tous les deux ans à Paris, en alternance avec Doha au Qatar, est l'enfant du 11 Septembre et des attentats terroristes aux États-Unis. «Certes, il est né en 1984 mais c'est en 2003 que le concept de marché de la sécurité intérieure a émergé en se distinguant du marché de la défense proprement dit» dixit le préfet/homme d'affaire Alain Rondepierre.(Le Figaro)

Je ne sais pas si tu te souviens de son rôle dans l'affaire Miksa (4)?

... ". A peine entré en fonctions [Nicolas Sarkozy], il écrit dès le 8 juillet 2002 au prince Naïef, inamovible ministre de l'Intérieur saoudien, qu'il « propose à Votre Altesse royale de signer avec Elle dès qu'Elle le souhaitera l'accord de coopération préparé par nos services ». En fait de «nos services»,le côté français est représenté par Thales,chef de file désigné dès le départ par Charles Pasqua et par une société anonyme proche du ministère de l'Intérieur présidée par Alain Rondepierre.Mais, dès la reprise en main de ce dossier par Nicolas Sarkozy, deux hommes vont en fait le traiter directement: Claude Guéant,le directeur de cabinet,et Brice Hortefeux,l'ami et conseiller politique du ministre. Alors que leurs fonctions ne les y prédis-posent pas, ces deux hommes vont effectuer des voyages en Arabie saoudite. Le début des soupçons"...(Le Point)

http://markpowerblog.com/wp-content/uploads/2008/10/anarchist_ammunition.gif

artisanat local


Avant c'était mieux

..."Pour Patrick Haas, directeur d'En Toute Sécurité, c'était relativement simple : des groupes terroristes ou des mouvements de guérilla s'attaquaient à des cibles (représentations d'une entreprise à l'étranger ou personnalités politiques) bien identifiées. Avec Ben Laden, changement d'échelle, puisqu'il s'agit désormais de frapper le plus de monde possible.

Même si certains experts estiment qu'elle a été surestimée, la menace terroriste reste une constante, beaucoup plus diffuse et invisible désormais. Au lieu de ne protéger que quelques bâtiments, les Etats sont obligés depuis dix ans de penser globalement, pour sécuriser gares, aéroports, monuments historiques... Conséquence, « les méthodes et les systèmes ont complètement changé, faisant la part belle aux télécommunications, à l'informatique et à l'ingénierie », poursuit Patrick Haas."...

Et ce qui vaut pour la lutte contre le terrorisme vaut pour quasiment tous les autres segments du marché. Police scientifique, lutte contre tous les types de trafic, prévention des risques majeurs : la sécurité est devenue un métier où l'on manipule des technologies toujours plus sophistiquées. Une aubaine pour les PME innovantes. Certains logiciels de vidéosurveillance, par exemple, permettent de détecter automatiquement dans une foule une personne recherchée, même grimée ! (Les Echos)

 milipol,défense,sécurité,entreprise

"Bernard, au temps bonnes vieilles écoutes"

Salon mondial
de la conspiration sécurité intérieure des États

En observant la structure complète de MILIPOL , nous pouvons définitivement en déduire que les budgets de l’armée stagnant, pour ne pas dire diminuant. L’industrie de la défense a alors du trouver d’autres sources de financement par la mise en œuvre du Continuum sécurité défense, c’est-à-dire, des équipements pouvant servir à la fois aux civils et aux militaires.

Christian Mons, le PDG de la marque Panhard présente, par exemple, des modèles de PVP (« petit véhicule protégé ») en beige-kaki pour la version armée et en bleue pour la version gendarmerie : « Dans certains cas, les gendarmes sont confrontés à des situations comparables à celles de l’armée, donc ce PVP leur permet d’être protégé au même titre que s’ils employaient des véhicules militaires stricto sensu », explique-t-il …

C’est à une véritable révolution de la sécurité que nous sommes conviés. Demain elle touchera tous les secteurs de l’organisation des états.

Comme le dit Nicolas Tenzer dans son rapport : L’expertise internationale au cœur de la diplomatie et de la coopération du XXIe siècle « Une réflexion stratégique et prospective doit être engagée dans les ministères « sectoriels » (Défense, Intérieur, Agriculture, Développement durable, Énergie et Équipement, Affaires sociales, Santé, Enseignement supérieur et Recherche, Éducation nationale) qui ont une mission d’expertise. Cette réflexion opérationnelle devrait notamment dégager les dimensions suivantes : objectifs visés, zones et pays prioritaires, priorités par sous-secteurs, organisations internationales cibles, identification des relais d’influence (ONG, media, personnalités étrangères, think tanks, etc.), réseau de personnes mobilisables (fonctionnaires, experts dans les organisations internationales, y compris fonctionnaires internationaux , et assistants techniques, centres de recherche dans les nations et centres à l’étranger, secteur privé, ONG, etc.), informations pertinentes attendues, partenaires publics et privés sur lesquels nous pouvons nous appuyer, têtes de réseau et référents sectoriels possibles du côté de l’administration et de l’opérateur de référence, etc. Cette cartographie générale et la constitution de réseaux en temps réel seront la base du développement d’une politique d’expertise de sécurité internationale orientée par des objectifs clairs et cohérents »

Pour s’en convaincre il suffit de rappeler que le prochain MILIPOL aura lieu au Qatar du 26 au 28 novembre 2012. Il se tient les années impaires à Paris et les années paires au Qatar.

Depuis la guerre du Golfe, la coopération militaire fanco-qatarienne est au beau fixe. La France est l’un des principaux alliés de l’Émirat avec lequel elle a signé en 1994 un accord de défense. La relation militaire entre les deux pays est essentiellement commerciale et industrielle. Le Qatar a en effet passé pour plus de 80 millions d’euros de commandes au cours de la dernière décennie. Ainsi, 80% de l’équipement militaire du Qatar est de fabrication française. La France s’implique désormais aussi dans un projet de système complet de défense aérienne.

La coopération bilatérale passe aussi par des opérations d’entrainement commun. Les manœuvres Gulf Falcon qui ont lieu tous les deux ans entre les forces militaires française et qatariennes permettent au Qatar de maîtriser l’utilisation de matériels comparables à ceux de l’OTAN. C’est principalement plus de 300 militaires français, principalement issus des Forces françaises stationnées à Djibouti ( Blindés ERC 90 et infanterie, détachement de commandos marines, Mirage 2000-5 Mk2 ) qui viennent travailler conjointement avec les forces qatariennes…

Simon Licha est consultant pour noetics.ch

 

http://www.leparisien.fr/images/2011/10/20/1675820_ed46390c-fa9a-11e0-bc79-00151780182c_640x280.jpg

Marine au salon du jouet pour adulte

Il est tout à fait propice de se montrer en ce temps de campagne électorale... Mais peu de personnalité politique viennent dans ce genre de salon qui matérialise la réalité du marché de la répression démocratique (5) et laïque du "citoyen-électeur".

D'autres ne peuvent pas rater l'occasion. Leurs propositions ne jurant pas avec la martialité des tenues et la finalité d'usage répressif des materiels exposés. C'est évidement la Marine qui attire les journalistes, au vue des nombreux articles qui sont référencés sur le net.

Il en va même de son "bon mot" que nous rapporte "Le Parisien" du 20/10/2011 :

On y apprend que : « Moi je tire… Et très juste », qu'elle est une habituée des stands de tir, « pour se vider la tête »... et à l'occasion quelques chargeurs, j'imagine... Mais ce n'est pas pour faire son coming-out à la Fédération française de tir qu'elle est là... en plus de son bon mot, la Marine en profite pour présenter un de ses thèmes de campagne, à savoir la défense des PME françaises, une loi « achetons français » pour « donner un accès prioritaire aux PME pour les marchés publics ».

Populisme et défense de "la petite propiété bourgeoise"

Son cheval de bataille ? La rangers, ou BMJA, pour Brodequin de Marche à Jambière Attenante...

"Je me suis laissée dire qu'on faisait fabriquer les chaussures de l'armée en Tunisie. Est-ce qu'il n'y a pas là une trahison éthique et, en tout cas, patriotique ?" feint de s'étonner la présidente du FN.

http://i62.servimg.com/u/f62/14/62/33/34/ranger14.jpg

Symbole de l'éthique patriotique frontiste

Et oui, tu ne le sais pas encore, mais nos vaillants trouffions qu'on a envoyé là-bas, fort fort lointain, boutter les terroristes barbus coupeurs de main d'enfant hors d'Afghanistan ne sont pas chaussé français, môssieur... ben du coup, ils vont essayer de revenir avec sans faire trop de bruit, vu qu'ils se sont fait botter les fesses par les montagnards hirsutes en sandales, maintenant que l'Otan a sifflé la fin des hostilitées...

Donc, cette soit-disante trahison à la fabrication patriotique des rangers, le journal Sud-Ouest en parlait en février 2009 :

"Le tribunal administratif a rejeté le recours déposé par l'entreprise neuvicoise qui, du coup, devra serrer les vis dès la fin du mois
C'est un coup dur pour Marbot-Bata. Mardi, le recours précontractuel déposé en janvier par l'entreprise auprès du tribunal administratif de Versailles a en effet été rejeté. La société de Neuvic, spécialisée dans la fabrication de brodequins militaires, perd donc définitivement l'appel d'offres pour la réalisation annuelle de 100 000 paires de rangers devant équiper l'armée de terre française.
Le ministère de la Défense lui a en effet préféré les sociétés allemande Meindl et française Argueyrolles (filiale du groupe Noël), cette dernière faisant réaliser une partie de sa production en Tunisie. "

Tu te rends comptes ? Le Ministère de la Défense, un des ministères qui bouffe le plus de budjet... Préférer des grolles allemandes et une usine qui délocalise... tout ça pour aller essayer de déloger le moudjahidine hors de ses montagnes... et pour finalement devoir se rabattre sur le manifestant social-démocrate indigné ou à "mortellement blesser", en tirant de nuit dans le dos d'un autre Joseph Guerdner menoté (6).

Et que donc, comme on peut le lire ici (7) :

"M. Pascal Deguilhem attire l'attention de M. le ministre chargé de l'industrie sur le devenir de l'usine de chaussures Marbot-Bata à Neuvic-sur-l'Isle (Dordogne) et de ses salariés. En 2010, les salariés continuent d'être sacrifiés sur l'autel de la désindustrialisation programmée des territoires. Dans son département, l'usine de chaussures Marbot-Bata, dernière de ce type en vallée de l'Isle, dernière du groupe Bata en France, et qui a compté jusqu'à 2 000 salariés, arrête son activité définitivement. Malgré tous les sacrifices consentis par des salariés très qualifiés pour conserver l'unité de production, la décision prise l'an passé par le Gouvernement d'attribuer à une entreprise allemande, fabriquant en Tunisie, le marché des chaussures de l'armée française, a porté le coup fatal à cette usine, supprimant de fait 70 % de la charge de travail. Pendant toute l'année 2009, les salariés ont alterné des périodes de fabrication avec le chômage partiel. Si aujourd'hui les salariés se sont résignés à l'idée de voir fermer leur outil de production, ils ne sont pas prêts à brader leur dignité pour un plan social qui ne mérite pas ce nom : pas d'indemnité de préjudice, pas de cellule de reclassement, pas de préretraite. Ce plan, totalement vide, a été présenté en novembre dernier (refusé par les 73 salariés) et annulé par le tribunal de grande instance car il se contentait de leur offrir le minimum légal après, pour nombre d'entre eux, toute une vie de travail. À ce jour, aucune proposition de la part du groupe BATA n'est venue en remplacement de ce premier plan. Des commandes, qui auraient pu prolonger de quelques mois l'activité de l'entreprise, ont été refusées par la direction, malgré la présence des salariés sur le site, et l'objectif pour le groupe semble être de s'en débarrasser au plus vite et à moindre frais. Alors que les salariés attendent, sans travail, un peu de justice sociale, la direction du groupe envisage un dépôt de bilan qui lui permettrait de faire payer les licenciements par de l'argent public. Le contribuable paiera donc pour une délocalisation de plus pendant que les ouvriers devront se contenter d'une conclusion indigne à leur lutte. Ceci est inacceptable. Si l'État ne peut pas tout faire, il lui demande quelles réponses le Gouvernement peut-il apporter pour faire respecter le droit des salariés."

Tu vois donc que Continuum sécurité défense correspond parallèlement à Continuum délocalisation, chômage, sacrifice sur l'autel de la désindustialisation. Ce qui va immanquablement déboucher sur des conflits sociaux, des grèves, et de la répression... la boucle est bouclée. 

http://www.conflitssansviolence.fr/images/2010/violence-police.jpg

Continuum répression durable

lien vers un PDF de Thales "SecuritydefenseBuiseness" dans lequel, à l'avant dernière page, un tableau sur les marchés financiers des leaders du secteur et qui ensuite pointe le phénomènes du piratage informatique (c'est d'actualité !!!)


COMSCORE

 

Pour les finir en beauté, ils seront doxés
Tous ces cor­rom­pus, mina­bles et vendus,
En hom­mage à CopwatchIDF, cen­suré,
A tous les gardés-à-vue,
Aux ban­lieues kar­che­ri­sées,
Aux mani­fes­tants battus,
Aux jour­na­lis­tes espion­nés,
Aux deman­deurs d’asile igno­rés et matra­qués,
Aux Roms sti­ma­ti­sés, tra­qués et explu­sés,
A toutes les vic­ti­mes de l’UMP :

Nous vous livrons leurs coor­don­nées.

.Oeil pour oeil, dent pour dent.

…UMP Doxed…

 

..Expect Us..

pastebin  |  #1 paste tool since 2002

 

  1. France 24 article d'Hermine MAUZÉ.

  2. Alain Rondepierre est PDG de http://www.civipol.fr . C'est la société de conseil et de service du ministère de l'Intérieur français.

  3. Les Marchands de peur (Mathieu Rigouste) // Les éditions Libertalia

  4.  EADS vs THALES Le projet MIKSA, guerre franco-française depuis 1986

  5. http://www.article11.info/spip/Flash-ball-et-maintien-de-...  (vive A.11 !)
  6. http://www.francesoir.fr/actualite/faits-divers/accuse-d%...
  7. http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-932QOSD.htm


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05/11/2011

Un journal de moins, un peu de liberté en plus

 

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la suite sur Article 11

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01/11/2011

10 questions à Laurent Mucchielli

Mon huitième invité est Laurent Muchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS, membre du Laboratoire Méditerranéen de Sociologie(LAMES, UMR 6127 du CNRS et l’Université de Provence). Ses thèmes de recherche portent sur les délinquances, les institutions pénales (police, justice) et les politiques locales de sécurité et de prévention. Il anime un site Internet spécialisé Délinquance, justice et autres questions de société.

Valéry Rasplus : Vos travaux portent essentiellement sur les phénomènes de délinquance, les politiques de sécurité, le droit et les institutions pénales. A partir de quel moment et pourquoi cette orientation thématique est venue dans votre parcours de sociologue ?

Laurent Muchielli : C’est difficile à dire avec certitude, c’est comme souvent un mélange de dispositions personnelles anciennes et de rencontres ou de hasards dans les relations sociales. Même si elles ne sont évidemment pas les seules, ces questions m’intéressaient depuis longtemps, au moins depuis mes premières années d’études à l’université. Ensuite, mon sujet de thèse m’y a ramené. Je travaillais alors sur l’histoire des sciences sociales au tournant du 19ème et du 20ème siècles et il se trouve que la question du crime était déjà centrale à l’époque dans le débat public et dans le débat scientifique. J’ai ainsi organisé en 1994 mon premier colloque sur l’histoire des sciences du crime et j’ai publié dans la foulée mon premier livre (collectif) sur ce sujet. A cette occasion, j’ai rencontré les gens du CESDIP (Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions sociales), le grand laboratoire français sur les questions pénales et nous avons bien accroché. Lorsque j’ai passé le concours d’entrée au CNRS j’ai donc fait un projet qui prolongeait cette histoire des sciences du crime et j’ai demandé à être affecté au CESDIP. Et j’ai réussi le concours... J’ai ainsi passé plus de 12 ans dans ce laboratoire francilien, avant de revenir dans ma région d’origine.

 

Valéry Rasplus : Comment analysez-vous ce que l’on nomme « normes »,  « déviances », « délinquance » et « insécurité » ?

Laurent Muchielli : En quelques mots, la base du travail de sociologue dans notre domaine consiste à définir le crime ou la délinquance comme résultant de trois choses : 1) l’existence de normes disant ce qui est crime et ce qui ne l’est pas, 2) l’existence de personnes transgressant ces normes (devenant donc délinquantes), 3) l’existence d’une « réaction sociale » à ces transgressions.

En langage concret et simple, pour qu’il y ait crime, il faut : 1) qu’il y ait un interdit (et cela ouvre de grands horizons d’études historiques et sociologiques car la production des interdits ne cesse d’évoluer), 2) qu’il y ait un ou plusieurs transgresseurs (et c’est un autre champ d’études, plutôt sociologiques et psychologiques), 3) que quelqu’un s’en aperçoive et qu’il se passe quelque chose ensuite (sinon le crime commis n’existe pas socialement).


Quant à l’« insécurité » c’est tout à fait autre chose. Ce n’est pas un concept scientifique et ce n’est pas un ensemble de choses identifiables. C’est en réalité une notion de type politique et médiatique, qui ne réfère pas à des comportements précis mais à des peurs. Du point de vue scientifique, nous pouvons en revanche parler du « sentiment d’insécurité » et l’étudier en tant que tel par des questionnaires et des entretiens. On y découvre alors que le premier facteur du sentiment d »insécurité n’est pas le fait d’avoir été victime de quelque chose. Le premier facteur est l’âge : les personnes âgées ont plus peur, même s’il ne leur est rien arrivé. Il ne s’agit donc pas en réalité d’une insécurité mais bien plutôt d’une vulnérabilité, ce qui est très différent. Et c’est valable aussi pour les autres facteurs : le sexe des personnes interrogées, leur précarité socioéconomique, le niveau de dégradations apparentes de leur quartier, le degré d’anonymat...

 

Valéry Rasplus : Faîtes-vous une différence entre la sociologie de la délinquance et la criminologie ?

laurent mucchielli,sociologie,délinquance,déviance,criminologie,sécurité,statistiques,valéry rasplusLaurent Muchielli : Ce n’est pas moi qui fait une différence, ce sont nos institutions. En France, la sociologie est une discipline scientifique enseignée à l’université, on peut passer un doctorat en sociologie et être recruté comme enseignant en sociologie ou chercheur au CNRS en sociologie. Même chose en droit, en psychologie, en science politique, etcetera. Mais rien de tel avec la criminologie qui n’existe pas comme discipline scientifique. Dès lors c’est un peu comme « psychologue » il y a une vingtaine d’années avant que la profession ne soit mieux réglementée, n’importe qui peut s’autoproclamer aujourd’hui « criminologue », ça ne veut rien dire et surtout ça n’est la garantie d’aucune formation ni d’aucune compétence. Dans d’autres pays, la situation est tout à fait différente. Mais selon les pays, le contenu de ce qui est appelé Criminologie est assez variable. Dans certains c’est une dominante juridique (beaucoup de droit pénal), dans d’autres c’est une dominante psychologique et enfin dans les pays anglo-saxons c’est le plus souvent une dominante sociologique.

 

Valéry Rasplus : En quoi votre approche diffère de criminologues comme Alain Bauer ou Xavier Raufer ?

Laurent Muchielli : Ce n’est pas simplement mon « approche » qui diffère, c’est l’ensemble de mon métier qui n’a rien à voir. Encore une fois, il ne peut pas y avoir de « criminologues » en France puisqu’aucune instance universitaire et scientifique ne délivre ce titre. Les personnes qui s’accaparent ce titre sont en réalité des personnes extérieures au monde universitaire et scientifique, qui recherchent la légitimité que donne un titre et s’emparent donc de cette étiquette qui est en quelque sorte libre de droits...

Alain Bauer et Xavier Raufer en sont les deux exemples les plus connus. Le premier est en réalité à l’origine un entrepreneur de sécurité privée qui a beaucoup investi le marché du conseil et du diagnostic local de sécurité. Le second est un ancien militant d’extrême droite reconverti dans l’analyse du terrorisme d’extrême gauche puis du terrorisme islamiste. Leur stratégie de légitimation universitaire est très forte car ils ont trouvé des alliés, en particulier des éditeurs. La plupart de leurs livres sont en effet édités aux Presses Universitaires de France et désormais aussi aux éditions du CNRS, ce qui est un comble ! Pour Xavier Raufer, je crois que personne n’est dupe. Le cas d’Alain Bauer est plus complexe. Il a du pouvoir, il est proche du Président de la République, il dirige l’Observatoire national de la délinquance et il a désormais aussi un titre de type universitaire qui peut faire illusion. En effet, par décret du 25 mars 2009, Nicolas Sarkozy l’a directement nommé titulaire d’une « chaire de criminologie appliquée » au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). Un fait du prince.

 

Valéry Rasplus : L’interprétation et les résultats d’enquêtes statistiques portent souvent à polémique. Comment doit-on lire et interpréter les résultats statistiques liés à « l’insécurité » et aux « violences » ?

Laurent Muchielli : Les questions de sécurité sont parmi les plus importantes dans les discours politiques et les rhétoriques électorales en France. Dans ces débats, que répercutent fortement les médias, les statistiques servent généralement d’arguments d’autorité. Elles sont convoquées pour prouver le bien fondé de l’action d’un gouvernement, ou son échec selon ses opposants. Cela donne des « batailles de chiffres » auxquelles le citoyen ne comprend pas grand-chose, qui n’éclairent guère le débat public et surtout permettent rarement d’évaluer correctement tant l’état des problèmes que l’efficacité des politiques publiques.


Pour interpréter correctement les choses, il faut au moins respecter ce que j’appellerais trois « règles d’or » de l’analyse statistique en sciences humaines : 1) on ne peut rien dire d'un chiffre si l'on ignore comment il a été fabriqué ; 2) un seul chiffre ne saurait permettre de décrire ni mesurer un phénomène social complexe ; 3) les chiffres ne « parlent pas d'eux-mêmes », c'est nous qui les faisons parler. En l’occurrence, le débat public est totalement biaisé par la naïveté avec laquelle les responsables politiques et les journalistes font semblant de croire que les statistiques de la police permettent de connaître les « chiffres de la délinquance ». En réalité, les statistiques de police mesurent les procédures faites par les policiers et les gendarmes. C’est un comptage d’actes administratifs. C’est bien entendu lié directement à l’activité délinquante mais ça n’en est pas un baromètre précis, a fortiori lorsque le pouvoir politique vient truquer tout le système en obligeant les policiers et les gendarmes à produire les « bons chiffres » c’est-à-dire ceux qui sont conformes à la demande du ministre...

 

Valéry Rasplus : Quelle est la part de la délinquance dans les « cités » par rapport à celle que l’on trouve dans d’autres espaces sociaux ? Et de quelle nature est-elle ?

laurent mucchielli,sociologie,délinquance,déviance,criminologie,sécurité,statistiques,valéry rasplusLaurent Muchielli : Il n’y a pas une délinquance mais des délinquances. Dans les quartiers ghettoïsés, on trouve concentrés certains types de délinquance particuliers : les diverses infractions commises par les bandes de jeunes délinquants, les violences envers les institutions, les incendies de véhicules, les trafics de drogue. Cela s’explique de nombreux facteurs, en particulier l’ampleur du chômage qui fragilise le lien global avec le reste de la société, l’ampleur de l’échec scolaire qui précipite vers la délinquance de nombreux jeunes, l’ampleur des discriminations qui sont dénoncées moralement mais qui demeurent quotidiennes dans la réalité et qui fragilisent elles aussi le lien global avec le reste de la société, le manque de ressources des familles pour faire face aux difficultés de leurs enfants, et d’autres facteurs encore. Mais tout cela ne signifie pas que la délinquance est une spécificité de ces quartiers.

D’abord, il existe à l’autre opposé de l’échelle sociale une délinquance des puissants, une délinquance des élites qui est également forte et qui est autrement plus impunie. L’écroulement du contentieux de la délinquance économique et financière (et de la corruption) ces dernières années est l’indice d’un « deux poids, deux mesures » vertigineux en matière de lutte contre la délinquance. Ensuite, il existe des problèmes intrafamiliaux dans tous les milieux sociaux. Or c’est là, au sein de la famille, que se trament certaines des plus grandes violences psychologiques, physiques et sexuelles. 

 

Valéry Rasplus : Existe-t-il des populations plus « criminogènes » que d’autres et selon quels critères ?

Laurent Muchielli : Non. Il existe des facteurs criminogènes si l’on veut, c’est-à-dire des facteurs habituels de délinquance (par exemple les violences intrafamiliales ou l’échec scolaire), ou encore des situations et des contextes criminogènes au sens où certains maximisent les risques quand d’autres les minimisent, mais il n’existe en aucun cas des « populations criminogènes » au sens où certains groupes de population auraient en soi et de manière générale une propension plus grande à commettre des infractions. Ceci est typiquement une représentation de sens commun ou bien un préjugé de type raciste.

 

Valéry Rasplus : Pourrait-il exister des politiques de substitution à l’enfermement carcéral ? 

Laurent Muchielli : Mais il en existe déjà ! Il existe de nombreux types de centres d’accueil plus ou moins fermés pour les jeunes délinquants. Il existe aussi des formes de prises en charge médicales pour les malades mentaux. Il existe par ailleurs toute une batterie de peines de substitution ou d’alternatives à l’emprisonnement. Le problème est que, pour être efficaces, ces alternatives supposent la collaboration des collectivités territoriales voire de la société civile. Une peine de réparation ou de travail d’intérêt général, par exemple, suppose de trouver un lieu d’accueil pour effectuer la mesure, un encadrement technique et éducatif minimal, un peu  de suivi et un peu d’évaluation à la fin. C’est un peu plus compliqué à organiser que d’expédier les gens en prison pour de courtes peines (ce qui est la majorité des peines de prison). Et pourtant toutes les études montrent que ce serait mieux du point de vue de la lutte contre la récidive.

 

Valéry Rasplus : Pensez-vous que nous soyons dans un monde gouverné par un « totalitarisme de la sécurité » ?

Laurent Muchielli : Non, pas encore, mais il existe une tendance assez évidente ! J’ai écrit un livre entier à ce sujet, avec d’autres collègues, en 2008, que j’ai appelé « La frénésie sécuritaire ».


Nous ne sommes pas encore sous le règne de « big brother » mais, tout de même, nous n’avons jamais été aussi bombardés de lois, de circulaires et de règlements divers édictant des interdits et des formatages en tous sens, nous n’avons jamais été aussi « fichés » et « tracés » de multiples manières (fichiers de police, fichiers de santé, fichiers sociaux, puces électroniques en tous genres, etc.), nous sommes de plus en plus vidéo-surveillés et bientôt de plus en plus surveillés sur Internet, on nous promet partout la « tolérance zéro »...


Par ailleurs, certains nous entretiennent presque quotidiennement dans la peur de l’« insécurité » de façon active (certains politiques) ou passives (les médias, leur traitement des faits divers, leurs pseudo-reportages incessants sur le crime, les policiers, etc.). Dès lors, cette prétendue « insécurité » légitimant les concessions croissantes que nous faisons à la sécurité au détriment de nos libertés, il est clair qu’il y a là une pente et une escalade potentiellement dangereuse et qu’il faut que nous restions bien éveillés.

 

Valéry Rasplus : Quelles sont pour vous les questions les plus importantes, dans votre domaine, qu’il reste à traiter dans les années à venir ?

Laurent Muchielli : La question est vaste, je ne prendrais que les trois premiers points qui me viennent à l’esprit mais il y en a certainement d’autres.


Premièrement, nous (chercheurs, universitaires) ne travaillons pas assez sur les délinquances en cols blancs. Pour schématiser, 99 % des travaux de recherches sont concentrés sur le public judiciarisé c’est-à-dire essentiellement les pauvres. Nous succombons ainsi à notre tour au tropisme général et aux mécanismes sociopolitiques fabriquant cette très forte inégalité.


Deuxièmement, nous ne travaillons pas assez sur l’évaluation des dispositifs de traitement de la délinquance à tous les niveaux. C’est comme si nous nous interdisions d’avoir un avis sur l’action des professionnels, sur la performance des dispositifs, comme si l’évaluation des politiques publiques était un objet moins noble ou moins intéressant. Il faut dire que l’Etat n’y pousse guère,  la culture de l’évaluation scientifique indépendante est faible en France dans les institutions publiques.


Troisièmement, nous ne travaillons pas assez localement avec les collectivités territoriales qui sont largement désarmées face aux questions de délinquance, tant dans le diagnostic des problèmes que dans l’accompagnement et l’évaluation des politiques publiques. Or il y a là aussi de gros besoins et il serait important que le monde universitaire et scientifique, dans sa logique de service public, s’investisse dans un champ actuellement occupé uniquement par les entreprises privées de sécurité. C’est pourquoi, pour ma part, je viens de lancer à Aix-en-Provence un programme de recherches à l’échelle locale, que j’ai baptisé Observatoire régional de la délinquance et des contextes sociaux (ORDCS), dans le but notamment d’offrir aux collectivités territoriales une aide scientifique au diagnostic et à l’évaluation.

Propos recueillis par Valéry Rasplus

 

piqué au tas sur valery-rasplus.blogs - 1/11/2011

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29/10/2011

STIC CANONGE

Après les empreintes, va-t-on ficher les visages ?

Un Livre blanc rendu public ce mercredi propose de créer une base nationale de photographies. L'objectif: accélérer la résolution des enquêtes judiciaires disposant d'indices issus de la vidéoprotection. 

Les braqueurs de banques seront-ils bientôt scientifiquement confondus par leur image captée par une caméra? C'est l'idée du "fichier visage" proposé dans un Livre blanc rendu public ce mercredi. 

Cette "base nationale de photographies" serait donc un troisième grand fichier technique à disposition des enquêteurs avec ceux des empreintes génétiques (FNAEG) et digitales (FNAED). 

Après l'empreinte ou la goutte de sang laissée sur les lieux de leurs méfaits, les braqueurs vont-ils être confondus par leur image ?

Un des buts affichés par les auteurs du Livre Blanc serait d'"accélérer la résolution des enquêtes judiciaires disposant d'indices tirés de la vidéoprotection" et de "développer le recours aux logiciels de reconnaissance automatisée par l'image". 

"Grâce à l'évolution rapide des algorithmes de rapprochement, il est souhaitable de rendre les techniques d'identification encore plus précises et réactives, notamment en situation de mobilité, en développant les nouvelles biométries, en particulier au niveau du visage", explique le document. 

Un système de rapprochement des photographies

De la sorte, "le système de traitement des procédures judiciaires (TPJ) serait ainsi complété par un outil de rapprochement des photographies, notamment dans le système Canonge".  

Ce dernier, légalisé par la loi du 12 décembre 2005, permet aux services de police judiciaire de classer par caractéristiques les personnes ayant déjà été interpellées.  

"D'importantes retombées pratiques en sont attendues", estiment les rédacteurs du livre blanc, notant qu'il sera "également possible de travailler sur d'autres particularités morphologiques et physiques, tels les tatouages". "A l'inverse, ajoutent-ils, cette évolution limitera l'emploi, voire permettra de l'abandonner à terme, des caractéristiques descriptives des personnes utiles aux enquêtes, mais de plus en plus archaïques et en décalage avec la réalité sociale". 

Cette proposition fait suite "au livre blanc sur la Défense", relève Alain Bauer, président de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), co-président du comité de pilotage de celui sur la sécurité publique avec le préfet de police Michel Gaudin. 

Ce "fichier image", ajoute Alain Bauer, permet de "sortir de l'ethno-racial du Canonge et revient à une anthropométrie dynamique moderne", souligne-t-il. Ce serait une sorte de "Bertillon 2.0", conclut-il en allusion à Alphonse Bertillon, le criminologue de l'avant Première guerre mondiale, père de l'anthropométrie judiciaire française.  

Avec

 

piqué au tas sur l'express.fr - 26/10/2011

 

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