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19/06/2011

Procès Thomas DRAKE - SAIC - NSA - Trailblazer - ThinThread - General Michael V. Hayden -

Procès Drake : la NSA a les oreilles qui sifflent

16 juin 2011
Par Jet Lambda

/ Tiré du ZELIUM n°5 /

L’affaire Drake, c’est un peu le premier procès du 11 septembre, presque 10 ans après…

Le 13 juin 2011, la cour de district de Baltimore, dans l’Est des États-Unis, a ouvert une audience un peu spéciale. Thomas Drake, 54 ans, est accusé de trahison. Cet « ennemi de l’État » est inculpé pour « divulgation non autorisée », « obstruction à la justice » et « mensonge à agents fédéraux ». Il risque 35 ans de taule.

Cet ancien analyste de la NSA (National Security Agency — No Such Agency, « elle n’existe pas », disent ses détracteurs — l’énorme centrale d’écoute mondiale étasunienne, pilier du renseignement électronique) est tout simplement accusé d’avoir parlé à la presse. Une journaliste du Baltimore Sun.

Ironie de l’histoire : Drake, auparavant intervenant extérieur, a été embauché à la NSA à temps plein un beau matin de septembre 2001. Le 11, exactement. Véridique, affirmait l’hebdo The New Yorker, dans une longue et passionnante enquête parue le 16 mai dernier.

Drake n’a pas supporté de découvrir que la NSA avait détourné un logiciel ultra-sophistiqué, développé en interne à la NSA, pour surveiller en masse tous les citoyens américains. Car la NSA a vocation à écouter le monde entier, mais pas les Américains. Dès qu’un citoyen US est pris dans les mailles du filet, le contenu de l’interception doit être détruite… Écouter le monde, ça va. Mais un bouseux du Wisconsin en vacances au Mexique, c’est contraire à la Constitution… C’est ça, la démocratie yankee.

 

Un échelon au-dessus

Si Drake est dans la tourmente, c’est qu’il se dresse contre les mêmes faucons fouineurs que ceux du réseau Echelon mais en pire. Echelon est un réseau secret d’interception des communications mondiales par voie hertzienne, que les USA ont construit pendant la guerre froide avec leurs alliés anglo-saxons (UK, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada).

Quelques mois avant le fatidique 11 septembre, un vieux routier de l’écoute sauvage, Bill Binney, matheux à la tête du département informatique de la NSA à l’époque, présente à ses chefs un petit bijou de la captation « intelligente » des messages électroniques qui crépitent sur internet. Nom de code : ThinThread (fil du razoir). Ce logiciel  sait évincer l’énorme « bruit » qui brouille les pistes pour conserver la « moelle » du trafic internet, des éléments exploitables. Binney et sa fine équipe — Thomas Drake en fait partie — ont un problème : ce logiciel renifleur capte aussi des données internes aux USA. Ils décident alors de fabriquer des « rustines » qui vont effacer toute référence à une écoute illégale. Pourtant, le merveilleux mouchard ne sera jamais déployé : trop complexe, jurent les chefs de la NSA.

Manque de bol, le 11 septembre s’abat sur l’Amérique. La veille, le 10, plusieurs messages en provenance d’Afghanistan sont pourtant interceptés: « Le match commence demain », « Demain : Heure Zéro »…


Bye bye rustines

Humiliés, les pontes de l’agence décident de récupérer le logiciel, et de le « détourner » pour pouvoir écouter tout le monde, sans distinction. Bush signe un décret en ce sens en octobre 2001. Pire, la NSA confie le bébé à un contractant extérieur, la funeste société SAIC (multinationale de la sécurité informatique, cliente favorite du Pentagone), pour en faire un clone tout terrain, TrailBlaizer, mais qui sera abandonné en 2006. Facture : 1,6 milliards de dollars d’argent public. C’en est trop pour Drake, qui balance à la presse, et Binney, qui démissionne. Ce sont pourtant de pieux conservateurs, ces deux analystes de la NSA. Mais respectueux de la loi, eux…

Ce procès, c’est surtout un désaveu pour le président Obama. Le président avait promis, pour se démarquer du clan Bush, d’en finir avec la criminalisation des serviteurs de l’État qui jouent aux « lanceurs d’alerte » (whistleblowers en VO). C’est raté : Drake est attaqué en vertu de l’Espionnage Act, une loi poussiéreuse de 1917. Ce texte a servi à enfermer les présumés communistes de l’ère McCarthy, et à coffrer le fameux agent double Aldrich Aimes, qui fournit pendant les années 80 et 90 de précieux secrets au KGB.

En comptant Bradley Manning, la présumée taupe de WikiLeaks au sein de l’armée, incarcéré lui aussi, ça fait too much, Barack. Really too much.

NB : les deux images gag sur la NSA sont des pièces de musée: elles ont été diffusée dans les années 90 par la société RSA Security, aujourd’hui RSA et filiale du groupe EMC, rattrapé tout récemment par une sale affaire de clés de sécurité compromises

ZELIUM n° 5 est en kiosque à partir du samedi 18 juin

via reflets.info

Government Case Against Whistleblower Thomas Drake Collapses

The Obama Administration’s aggressive war on whistleblowers suffered a humiliating setback on June 9 when former NSA official Thomas Drake accepted a misdemeanor plea agreement for exceeding his authorized use of a government computer.

Marcy Wheeler
Marcy Wheeler blogs about civil liberties and national security at Emptywheel.

The Department of Justice had been pursuing Drake for alleged violations of the Espionage Act that might have sent him to prison for up to 35 years. But the government withdrew the evidence supporting several of the central charges after a judge ruled Drake would not be able to defend himself unless the government revealed details about one of the National Security Agency’s telecommunications collection programs. On two other counts, documents the government had claimed were classified have either been shown to be labeled unclassified when Drake accessed them or have since been declassified. Faced with the prospect of trying to convict a man for leaking unclassified information, the government frantically crafted a plea deal in the last days before the case was due to go to trial.

The collapse of the case against Drake may have repercussions beyond just this one case.

This is the third time the government’s attempt to use the Espionage Act to criminalize ordinary leaking has failed in spectacular fashion. The first such example—against Pentagon Papers leaker Daniel Ellsberg—got dismissed when the government’s own spying on Ellsberg was exposed.

More recently, the Bush Administration tried to punish two AIPAC employees for sharing classified information on Iran. But when the AIPAC employees moved to subpoena top officials like Condoleezza Rice to testify about leaking the same information, the government dropped the case.

And now there’s the Drake case. Aside from the problems the government had with classified evidence, it faced a real challenge proving Drake believed the information would cause the US harm, as the Espionage Act requires. He gathered several of the charged documents in support of an Inspector General complaint for which he argued the NSA spent $1 billion outsourcing a program it could have done better in-house for $3 million. Long before the case crumbled, the government tried to prevent Drake from explaining his Inspector General complaint to the jury, but the judge ruled against the government.

The government will face some of the same challenges when it next tries to use the Espionage Act to punish a leaker in a case against former CIA officer Jeffrey Sterling. DOJ alleges Sterling served as a source for the chapter of James Risen’s book, State of War, that describes a CIA operation to deal faulty nuclear blueprints to Iran. Like Drake, Sterling had warned Congressional staffers about the operation before he went to the press. The government claims that Sterling’s alleged efforts to expose the program by going to the press was “more pernicious than the typical espionage case.”

Sterling’s case bears another important similarity with Drake’s: both have been prosecuted by DOJ lawyer William Welch. Welch is best known for heading the DOJ team whose corruption case against Ted Stevens got thrown out for prosecutorial misconduct. Since 2009, he has been the Obama Administration’s point person on pursuing whistleblowers. Welch seems to be exercising the same poor judgment he did on the Stevens case, as when he withheld evidence for ten months that one of the purportedly classified documents Drake was accused of keeping had been marked as unclassified. Perhaps the embarrassing outcome in the Drake case will lead DOJ to rethink Welch’s role in these controversial cases.

So, too, this embarrassment should convince DOJ to rethink its use of the Espionage Act to prosecute things that aren’t really spying. In addition to the Sterling case, DOJ is controversially treating its expanding investigation of WikiLeaks as an espionage investigation. Bradley Manning allegedly leaked information to WikiLeaks in response to being asked to help Iraq crack down on legal dissidents; the WikiLeaks cables exposed US complicity in torture and other crimes. But now, DOJ is considering prosecuting not the leaker (Manning is being court martialed by the military), but the media outlet that published classified information itself.

All of these whistleblowers at least claim to have been exposing corruption, waste, and abuse. After DOJ has spent over four years investigating Thomas Drake and over a year trying to prosecute him, in part, for possession of two unclassified documents, DOJ should probably worry more about people reporting on its own waste and abuse than using the Espionage Act to criminalize whistleblowing.

via www.thenation.com

Un ex-employé de la NSA, qui aurait fourni des informations à un journaliste, plaide coupable

WASHINGTON — Un ancien employé du renseignement américain, accusé d'avoir fourni des informations confidentielles à un journaliste, va plaider coupable, ce qui devrait entraîner l'annulation de son procès prévu lundi à Baltimore (nord-est), selon des documents judiciaires consultés par l'AFP.

Thomas Drake, 54 ans, était poursuivi jusqu'ici par l'administration Obama pour avoir "délibérément conservé des documents concernant la sécurité nationale", ce qui pouvait lui valoir jusqu'à 35 ans de prison.

Thomas Drake était employé par la National Security Agency (NSA), l'agence chargée de l'interception des communications téléphoniques et électroniques. Il était accusé d'avoir divulgué à un journaliste du Baltimore Sun en 2005 et 2006 des détails sur le choix de la NSA d'externaliser un programme, qui aurait pu coûter beaucoup moins en restant au sein de l'agence.

A quelques jours de son procès, il a donc passé un accord avec l'accusation, selon des documents judiciaires.

Le Washington Post précise qu'il devrait plaider coupable vendredi, ce qui aura pour conséquence immédiate l'annulation de son procès.

Selon l'acte d'accusation, M. Drake était poursuivi pour 10 chefs d'accusation pour des crimes d'espionnage. A la suite des négociations avec le ministère public, il ne reconnaît sa culpabilité que pour un délit.

M. Drake reconnaît ainsi avoir utilisé un ordinateur de l'administration pour transmettre des données confidentielles à une personne qui n'y était pas autorisé, ce qui lui permet d'être relaxé sur les charges d'espionnage.

L'accord prévoit que toutes les autres charges qui pesaient contre lui seront abandonnées, précise le Washington Post.

Selon la presse, M. Drake avait refusé avant cela au moins deux propositions d'accord avec le ministère public, en vertu duquel il aurait plaidé coupable et évité la prison.

L'administration Obama --qui détient tous les records de poursuites judiciaires contre ceux qui donnent des informations aux journalistes-- avait renoncé à l'accuser d'espionnage en 2010.

piqué au tas sur www.lexpress.fr

Tu noteras, ami de lutte, que l'article de l'Express ne nomme à aucun moment le programme Trailblazer - la SAIC - Michael Hayden etc...

09:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/06/2011

Le Conseil de l'Europe s'inquiète de la banalisation du racisme

les photos ne font pas partie de l'article original

http://3.bp.blogspot.com/-r0OYcYjZy7E/TZbMFaziUBI/AAAAAAAAAKY/i2MQOpiXjds/s1600/formes_syntaxiques_du_poison.jpg

Une commission du Conseil de l'Europe s'inquiète, dans un rapport publié ce jeudi à Strasbourg, de la banalisation du racisme et de l'intolérance au sein des 47 Etats membres.

«Le racisme et l'intolérance ne sont aujourd'hui plus des phénomènes marginaux, comme en témoignent les succès électoraux des partis d'extrême droite dans un certain nombre d'Etats membres», souligne l'Ecri, Commission européenne contre le racisme et l'intolérance, dans son bilan d'activité 2010.

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«Arguments xénophobes et antimusulmans»

Ce groupe d'experts cite également «les référendums sur les non ressortissants et les minorités religieuses, dont la tenue régulière et les résultats sont inquiétants, ainsi que le recours croissant des principaux responsables politiques à des arguments xénophobes et antimusulmans».

L'Ecri dénonce l'hostilité croissante à l'égard des Roms et des demandeurs d'asile, perçus comme des «concurrents» sur le marché du travail et vis-à-vis des prestations sociales, dans un contexte de crise économique.

http://probe.20minutes-blogs.fr/media/02/00/437503677.jpg

Les gouvernements invités à «promouvoir les contacts»

Il souligne la «persistance» des préjugés à l'égard des musulmans qui «se traduit inévitablement par une importante discrimination dans la vie quotidienne et dans les rapports avec les autorités».

Evoquant le débat sur le multiculturalisme, qualifié d'échec par Angela Merkel en Allemagne, David Cameron au Royaume-Uni et Nicolas Sarkozy en France, l'Ecri ne tranche pas entre tenants du respect des différences et partisans de l'assimilation mais rappelle quelques règles.

Pour «éviter l'émergence de sociétés parallèles causée par l'exclusion ou l'auto-isolement», les gouvernements devraient «promouvoir les contacts, le dialogue et la coopération interculturels», en respectant «strictement» les principes de non-discrimination et de tolérance, «dans la sphère tant publique que privée».

Avec Reuters
piqué au tas sur www.20minutes.fr

20:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/06/2011

SAIC [Les potes à Bauer] - military-industrial-counterterrorism complex

 

20:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/06/2011

Tués par le SPVM

article à lire sur Le Jura Libertaire


http://flicsassassins.files.wordpress.com/2009/04/img_0343.jpg?w=450&h=600
http://flicsassassins.files.wordpress.com/2009/04/dscn0332.jpg?w=450&h=337
http://fragmentdetags.files.wordpress.com/2010/09/killed-by-the-montreal-police-4.jpg

Fusillade à Montréal: Les policiers étaient en légitime défense

Un sansabris fouillant dans les poubelles est abattu par la police. Trois balles sont tirées. La police touche un cycliste qui passait par là à la tête. Deux morts. Les policiers, traumatisés mais victorieux dans leur lutte à la pauvreté, seront traités aux petits oignons par les meilleurs psychologues. Après tout, ce sont eux les vraies victimes. Mario Hamel était armé d'un couteau. Il était violent.

17:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/06/2011

Dialogue social à Corbeille-Essonnes : une fillette victime d'un flash-ball

La fillette dans le coma victime d'un flash-ball, dit son avocat

PARIS (Reuters) - Une fillette de neuf ans plongée dans le coma à la suite de heurts entre jeunes et policiers à Corbeil-Essonnes (Essonne) a été victime d'un tir de flash-ball, arme utilisée par les forces de l'ordre, a affirmé mardi l'avocat de sa famille.

La police dit attendre les résultats des analyses pour savoir si la fillette a été victime d'un jet de pierre de la part des jeunes ou d'un tir de la police lors des incidents survenus dimanche soir dans le quartier des Tarterêts.

Le parquet d'Evry a co-saisi l'IGPN, la police des polices, et la Sûreté départementale de l'Essonne pour déterminer les circonstances du drame.

"Je suis tout à fait dans l'incapacité de vous dire ce qui a occasionné sa blessure. Il y a une enquête judiciaire", avait dit lundi à des journalistes le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant.

Mais selon Me Joseph Cohen Sabban, les constatations médicales déjà effectuées montrent que la blessure provient "nécessairement d'un tir policier".

"Il y a un impact rond régulier de 5 cm de diamètre: c'est un tir de flash-ball, ça ne peut rien être d'autre", a-t-il dit sur RTL et BFM TV.

L'avocat a souligné que les parents entendaient porter plainte contre X.

VALLS MET EN CAUSE LA MUNICIPALITÉ

L'enfant se trouvait au pied de son immeuble lorsque des affrontements ont éclaté entre jeunes et policiers.

Les policiers étaient intervenus aux Tarterêts pour appuyer des pompiers venus éteindre l'incendie de trois véhicules. Ils ont été pris à partie violemment par une trentaine de jeunes au visage dissimulé qui leur ont jeté des projectiles, notamment des pierres et des bouteilles de verre.

Les policiers, qui assurent avoir alors demandé aux riverains de "rentrer" les enfants jouant à proximité, ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et de flash-ball.

Le député-maire d'Evry (Essonne), Manuel Valls, a demandé lundi au ministre de l'Intérieur une réunion de crise sur la situation des Tarterêts, qu'il dit aux mains d'un "système mafieux".

Invité mardi matin d'Europe 1, il a accusé la municipalité d'entretenir "une forme de complicité avec des individus connus des services de police".

"Quand vous employez des gens qui ensuite s'en prennent aux forces de l'ordre, c'est bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas", a-t-il déclaré.

Il a persisté dans ses accusations au journal de 20 heures de TF1 en insistant sur la nécessité d'"élus exemplaires".

"On ne peut pas acheter la paix sociale, on ne peut être complaisant à l'égard d'individus qui mettent à sac des quartiers et qui font vivre un véritable enfer", a-t-il dit.

Le maire UMP de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter, a annoncé sur BFM TV son intention de porter plainte contre l'élu socialiste, candidat déclaré à la primaire du PS, pour des propos "diffamatoires".

"Il ne sait plus quoi faire pour faire parler de lui", a-t-il déclaré.

Gérard Bon et Sophie Louet

piqué au tas sur www.lepoint.fr - 07/06/2011

 

 

19:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/05/2011

Afghanistan : nouvelle "bavure" de l'OTAN

 

Des responsables afghans tiennent l'OTAN responsable de la mort de 14 civils. Selon les autorités de la province du Helmand, la tragédie serait survenue dans la nuit de vendredi à samedi dans le district de Nawzad.

Douze enfants et deux femmes auraient été tués lors d'une frappe aérienne, réclamée par des marines américains assiégés dans leur base par des insurgés.

Deux habitations auraient alors été atteintes, par erreur, par des tirs d'hélicoptères.

Six personnes ont aussi été blessées.

Un correspondant de la BBC affirme que des villageois ont transporté jusque dans la capitale de la province les corps de huit enfants, pour preuve de la tragédie.

Un porte-parole de l'OTAN a affirmé que l'Alliance atlantique était encore à vérifier ces informations. Une enquête est en cours sur les lieux du drame.

La province du Helmand, bastion taliban, est une des plus dangereuses pour les forces de la coalition internationale.

Le gouverneur du Nouristan, province orientale du pays, soutient pour sa part que 18 civils et 20 policiers ont été tués le 25 mai dernier lors d'une frappe aérienne. De forts combats se déroulaient alors, opposant les talibans aux forces afghanes, appuyées par l'OTAN. La rébellion est bien implantée dans cette région. Des enquêteurs de l'OTAN sont aussi sur place.

La mort de civils, vérifiée ou alléguée, par les bombardements de l'OTAN est une des principales sources de tension entre le gouvernement afghan et ses alliés de la coalition, mais aussi entre les troupes de l'OTAN au sol et la population locale.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Reuters et BB

piqué au tas sur www.radio-canada.ca - 29/05/2011


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24/05/2011

Gaza - Jamal Al-Dura - Affaire Enderlin : Clément Weill-Raynal coupable de diffamation publique

piqué au tas sur /teleobs.nouvelobs.com - 23/05/2011

Affaire Enderlin: un journaliste de France 3 condamné pour diffamation

Reportage du 30 septembre 2000 sur France 2

Reportage du 30 septembre 2000 sur France 2

Clément Weill-Raynal, journaliste de France 3, a été reconnu coupable, le 29 avril, par la 17ème chambre correctionnelle de Paris de diffamation publique envers Jamal Al-Dura, le père de Mohamed Al-Dura, l’enfant décédé le 30 septembre 2000 lors d’un échange de tirs entre soldats israéliens et militants palestiniens au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza.

Le journaliste avait mis en doute, dans un article publié le 4 septembre 2008 dans le journal Actualité juive et signé sous le pseudo de Daniel Vavinski, la réalité des blessures reçues par le père Jamal Al-Dura.

Cette affaire s’inscrit dans celle du reportage de Charles Enderlin, correspondant de France 2 qui avit tourné dans la bande de Gaza le 30 septembre 2000, dans les premiers jours de la deuxième Intifada, des images d’enfant, victime de tirs. Ces images avaient donné lieu à une controverse sur l’origine des tirs ayant provoqué sa mort et sur une éventuelle mise en scène.

Depuis des années, Clément Weill-Raynal remet en cause le travail de ses confrères qu’il accuse d’être pro-palestiniens, explique le syndicat SNJ-CGT de France Télévisions dans un communiqué.

Le syndicat SNJ-CGT s’insurge: “Il n’est pas acceptable que, pour des raisons idéologiques, un journaliste ne respecte pas le travail de ses confrères, et ne respecte pas non plus la charte des journalistes”.

Les élus CGT demandent donc, dans leur communiqué, à la direction de France 3 de prendre ses responsabilité vis à vis du journaliste condamné.

 

piqué au tas sur millebabords - 23/05/2011

communiqué du 23 mai 2011
SNJ-CGT

Un journaliste de la rédaction nationale France3 condamné

pour diffamation publique envers le père de l’enfant décédé le 30 septembre 2000 lors d’un échange de tirs entre soldat israéliens et militants palestiniens

Le 29 avril, la 17ème chambre correctionnelle de Paris a reconnu Clément Weill-Raynal coupable de diffamation publique envers Jamal Al-Dura, le père de Mohamed Al-Dura, l’enfant décédé le 30 septembre 2000 lors d’un échange de tirs entre soldat israéliens et militants palestiniens au carrefour de Netzarim dans la bande de Gaza.

La décision très détaillée du tribunal est accablante pour le spécialiste judiciaire de notre rédaction. Elle concerne un article paru le 4 septembre 2008 dans le journal «  Actualité juive », signé par Clément Weill-Raynal sous le pseudo de Daniel Vavinski, et qui met en doute la réalité des blessures reçues par le père Al-Dura. Cet épisode s’inscrit dans une campagne menée contre notre confrère Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem et son JRI, accusés d’avoir « mis en scène » la mort de l’enfant.

Au-delà de cette affaire, rappelons que, depuis des années, Clément Weill-Raynal remet en cause le travail de ses confrères qu’il accuse d’être pro-palestiniens. En janvier dernier encore, il accusait sur son blog le correspondant de Radio-France à Jérusalem, entraînant une descente à Radio-France de nervis de la Ligue de Défense Juive. Enfin, le JRI qui avait osé informer notre rédaction de l’action en justice contre CWR a été pris à parti par celui-ci.

Lors de plusieurs réunions des délégués du personnel, les élus CGT ont demandé à la direction si Clément Weill Raynal avait obtenu les autorisations nécessaires pour travailler pour des revues ou des radios communautaires. La direction n’a jamais voulu répondre précisément à cette question. De même, à l’époque, Paul Nahon avait affirmé aux DP que Clément Weill-Raynal avait nié signer ses articles sous le pseudo de Daniel Vavinski.

Il n’est pas acceptable que, pour des raisons idéologiques, un journaliste ne respecte pas le travail de ses confrères, et ne respecte pas non plus la charte des journalistes de juillet 1918 révisée en 1938 qui dit entre autre : « Un journaliste digne de ce nom tient la calomnie, les accusations sans preuves, l’altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles. ».

La direction a toujours affirmé qu’elle prendrait ses responsabilités si Clément Weill- Raynal était condamné. C’est ce que les élus CGT demandent aujourd’hui.

Paris le 19 mai 2011

12:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/05/2011

G 8 à Deauville : Les CRS bouleversent le calme du quartier

Violaine Béasse, devant sa maison au Coteau. Sur la route, les voitures flirtent avec les barrières.
Violaine Béasse, devant sa maison au Coteau. Sur la route, les voitures flirtent avec les barrières.
Croiser des policiers au centre de Deauville ne surprend plus. Mais quand ils s'installent au Coteau, leur présence suscite l'étonnement et l'incompréhension.
Reportage

 

Violaine et Sandrine habitent dans les hauteurs de Deauville. Depuis deux jours, les CRS s'installent dans leur quartier. « Quand je les ai vus arriver, je me suis sentie oppressée », confie Violaine, aide-soignante à l'hôpital de Cricqueboeuf. Elle considère que leur présence porte « atteinte à leur liberté ».

Les CRS se sont installés dans l'école maternelle Gustave-Flaubert. Sur place, le pôle logistique du G8. « Nous gérons l'organisation du matériel, de l'armement, et des moyens radios », explique le brigadier-chef, responsable du matériel. En plus d'avoir investi l'école, les membres des forces de l'ordre ont installé des barrières autour de plusieurs parkings et autour d'une aire de jeu. « Les enfants ne peuvent plus jouer alors qu'ils sont nombreux dans le quartier », commente Sandrine, vendeuse dans un magasin de vêtements.

« Si seulement on nous avait prévenus »

« Nous avons été très surpris par l'arrivée des CRS. Si seulement on nous avait prévenus », constate Violaine. Au fond de son salon, de grandes portes fenêtres donnent sur un jardin. « Voyez, ils sont tout le temps là. Ils passent et regardent chez nous. Pas moyen de faire un barbecue », montre le mari de Violaine, restaurateur.

Le maire de Deauville, Philippe Augier, a informé les policiers sur les zones où ils pouvaient s'installer. « Ce n'est pas à nous de prévenir les riverains. C'est au maire de gérer ses administrés », rappelle le brigadier-chef. Afin de comprendre pourquoi le quartier n'a pas été mis au courant, Violaine et son mari ont téléphoné à la mairie. Ils ont été redirigés vers le numéro vert du G8 sans obtenir d'explication.

Le paradoxe du G8

« La présence permanente des policiers fait un drôle d'effet aux enfants », racontent Violaine et Sandrine. Lors de l'installation des barrières autour de l'aire de jeux, Margot, bientôt 3 ans, a dit : « C'est fermé et on n'a pas les clefs ! »

Sa maman explique que l'enfant est perturbée : « Elle a un peu peur de sortir. » Paradoxalement, Violaine se sent rassurée par la présence des policiers quand les plus grands sortent. Les CRS, eux, comprennent mal les plaintes des riverains : « Nous faisons le moins de bruit possible. On limite les déplacements au maximum. Notamment la nuit. Si les Français ne veulent plus de police, on a qu'à faire un referendum pour voir. »

Quoi qu'il en soit, Violaine et ses voisines se sentent moins libres depuis l'arrivée des CRS autour de leur pavillon. « Le G8 va nous gâcher une semaine », explique le père de famille. La maman regrette une chose : « Rien n'est organisé pour que les enfants rencontrent les chefs d'États. Les Deauvillais ne retirent rien de cet événement. »

Armelle CAMELIN.

piqué au tas sur OuestfRance

09:42 | Lien permanent | Commentaires (1) |

19/05/2011

Libye - Terrain de jeux pour les marchands de canons...

Ici les marchands de canons déclarent :

Le ministre de la Défense Gérard Longuet l'a indiqué récemment aux députés : "l’opération Harmattan représente un surcoût de 53 millions d’euros, dont 31,7 millions en munitions". Ces propos ont été tenus le 3 mai alors que l'opération a débutée le 19 mars, soit 44 jours auparavant. Le surcoût de la guerre peut donc être évalué à 1,2 millions d'euros par jour. 

C'est une somme légèrement inférieure à celle de l'opération française en Afghanistan. Comme nous l'indiquions alors sur ce blog, le ministère de la Défense prévoyait lors de l'élaboration du budget de consacrer 470 millions d'euros en 2011 au théâtre afghan, soit 1,3 millions par jour. Nous sommes donc dans les mêmes ordres de grandeur, la seule différence provenant de la durée des opérations en question.

Ce constat permet de faire fi des accusations selon laquelle la guerre aérienne serait, par nature, très couteuse. Certes, le coût des munitions air-sol - souvent très sophistiquées - représente 60% de la dépense. Mais ce poste est composé par la relative faiblesse de celui des RCS (remunérations et charges sociales) qui représentent le principal de la dépense en Afghanistan - où plus de 4000 hommes sont déployés.

piqué au tas sur sercret-défense

 

Et encore un pti' coup de pub pour les marchands de canon :

Libye : un Rafale a détruit un blindé à plus de 55 km

Un Rafale de l'armée de l'air est parvenu à détruire un blindé en larguant une munition A2SM (image ci-contre) à plus de cinquante-cinq kilomètres de sa cible, au premier jour des opérations.

Une première dans l'histoire de l'aviation française, rendue possible grâce à l'Armement air-sol modulaire, une munition stand-off, capable d'être tirée à longue distance et avec une précision remarquable. Elle permet à l'avion de rester hors de portée des défenses aériennes de l'ennemi. Jusqu'à présent, l'A2SM était qualifiée jusqu'à une distance de 50 kilomètres. 

Cette arme est fabriquée par le français Sagem. Certes, son prix est élevé, de l'ordre de 115.000 euros pièce, mais elle permet de détruire d'un coup des matériels beaucoup plus couteux. Un Rafale peut en tirer jusqu'à six.

Lundi 4 Avril 2011 - Jean-Dominique Merchet

[A titre de comparaison, les concurrents américains Paveway 2 et Enhanced Paveway de Raytheon, coûtent "seulement" à 18 000 et 35 000 euros.]

Mais il n'y en a pas que pour SAGEM :

L'arme air-sol de précision tirée par le Rafale, fabriquée par l'industriel Sagem, est l'armement air-sol modulaire (AASM). Elle a été commandée à 744 exemplaires en 2000, et les dernières livraisons de ce premier marché sont prévues en 2011. Le député François Cornut-Gentille précise dans un rapport en date du 14 octobre 2010 : "En 2009, la cible de dotation en AASM est passée de 3 000 à 2 348 unités, dont 1 200 avec le kit laser." La France en achètera donc moins que prévu, mais ses stocks lui permettent de poursuivre ses opérations en Libye sans difficulté. Selon le rapport, le coût de ce programme est de 846 millions d'euros, ce qui mettrait le kit AASM à plus de 350 000 euros. Cela fait cher pour détruire un pick-up kadhafiste qui en vaut 15 fois moins...

Les Français ont aussi tiré des missiles de croisière SCALP-EG, en nombre limité (une douzaine). Selon des informations de source parlementaire, ils disposent actuellement de 500 de ces engins, dont 400 doivent être rénovés. Là encore, aucun problème de stocks pour ces armes de précision.

Enfin, la France a acquis aux États-Unis, pour ces Super-Étendard et ses Mirage 2000, plusieurs dizaines de kits Paveway, de différents modèles. Montés sur des bombes lisses à gravité, ils permettent de les transformer en armes de précision, et la France dispose, depuis plusieurs années, de cet équipement. Le Point.fr a précisé que les avions français avaient tiré des bombes à guidage laser GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et que les Mirage 2000-D de l'armée de l'air avaient tiré des GBU-49. Ce modèle le plus récent est équipé du kit de guidage Enhanced Paveway II et la France en a acheté 200 exemplaires en février 2008 pour son Mirage 2000D.

piqué au tas sur lepoint.fr

Encore un pti' contrat :

Safran : Sagem emporte un contrat pour 1.175 jumelles infrarouges auprès de la DGA

(Boursier.com) -- A la suite d'un appel d'offres international, la Direction Générale de l'Armement (DGA) a notifié à Sagem un contrat portant sur 1175 Jumelles Infrarouges Multifonctions longue portée JIM LR 2 destinées aux armées françaises, dans le cadre du programme JIR - TTA - NG (Jumelle Infrarouge Toutes Armes de Nouvelle Génération).

JIM LR 2 permettra la détection des menaces, la désignation précise des cibles et le renseignement au profit du commandement et des unités au contact. Elément de la numérisation de l'espace de bataille (NEB), JIM LR 2 sera interopérable avec les moyens de commandement et de coordination de FELIN.

Le contrat inclut également 500 terminaux tactiques de télé-opération, optimisés en termes d'ergonomie et de compacité, avec une nouvelle tablette au format A4.

Le déploiement des JIM LR 2 bénéficiera de la chaîne de soutien (niveau 1 et 2) des JIM LR déjà en service, Sagem assurant également la formation des personnels utilisateurs et ceux en charge de la maintenance.

Ce contrat porte à 4 500 le nombre de JIM LR en commande ou en service dans des forces armées et de sécurité, dont plus de 2 000 pour les armées françaises.

piqué au tas sur www.boursier.com

10:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/05/2011

contrat opérationnel 10 000 hommes - Préfet de zone de défense - Plan Vigipirate

Elargissement des pouvoirs des préfets de zone de défense

Par A. l'AFP

Publié le 12/03/2010

 

Le décret du 4 mars 2010, relatif à la loi du 29 juillet 2009 sur la programmation militaire pour les années 2009-2014, élargit les pouvoirs des préfets de zone de défense, indique PPrama la lettre hebdomadaire de la préfecture de police (PP).

Prenant le titre de préfet de zone de défense et de sécurité, ces derniers interviennent dorénavant dans les matières relevant de la sécurité intérieure, de la sécurité civile et de la sécurité économique concourant à la défense et à la sécurité nationale.

L’objectif est de renforcer leurs pouvoirs en matière de gestion de crise. Ils pourront ainsi procéder à des réquisitions de biens et de services et prendre des décisions de police administrative.

Pour la zone de défense et de sécurité de Paris, le préfet de police, qui est préfet de zone, dispose d’un secrétariat général de zone de défense et de sécurité placé sous la direction d’un préfet.

Ce dernier a pour mission de préparer et de mettre en oeuvre les mesures de sécurité nationale relevant de la sécurité civile, de la sécurité économique, de la sécurité des secteurs et installations d’importance vitale, d’organiser la veille opérationnelle et des exercices de simulation de crise.

Le CRICR placé sous l’autorité du préfet de police

Pour les autres domaines concourant à la sécurité nationale, comme la répartition des moyens des forces mobiles de sécurité ou la coordination des mesures de police administrative, la mission est confiée aux directions et services de la PP.

piqué au tas sur www.lagazettedescommunes.com

Opération banlieues, de Hacène BELMESSOUS

Sous titré de façon plus explicite Comment l'Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises, le livre de Hacène BELMESSOUS, déjà auteur de Mixité sociale : une imposture et de Le monde selon Disney, constitue une étude de journaliste d'investigation sur les processus en cours dans la politique urbaine. Polémique, dénonçant la préparation discrète d'une guerre totale aux cités, "chaudrons sociaux dont le "traitement" ne relèverait plus que l'éradication ou de la force armée, cette enquête qui couvre une période très récente, s'attache surtout aux modifications de la politique de la ville décidée sous l'ère Sarkozy (en tant que ministre de l'Intérieur, puis Président de la République). Partie incidemment de l'activité d'une commission d'une ville du sud de la France en charge de la rénovation d'un quartier HLM, cette enquête explore à la fois les nouvelles missions confiées aux forces de l'ordre (Police et Gendarmerie), certains dessous de la rénovation urbaine et les développements de la video-surveillance.

"Qu'ai-je découvert dans la masse des faits et des témoignages recueillis?" s'interroge l'auteur en Introduction à son livre. "Que, depuis 2002, une guerre de conquête de ces cités se prépare en aval de ces trompe-l'oeil que sont ces nouvelles formes urbaines. Au ministère de l'Intérieur, au ministère de la Défense, à Saint-Astier (siège du Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie, CNEFG) et à Sissonne (champ de manoeuvres du Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine de l'armée de terre), j'ai pu observer les stratégies et les dispositifs opérationnels de cette guerre en marche. Pour mieux les comprendre, j'ai questionné ces gens du "terrain" mis sur pied de guerre par les plus hauts responsables politiques. Leur pronostic? Rien n'interdit, dans le climat de tension permanente entretenu depuis plusieurs années (militarisation de la police, instauration d'un état d'exception dans certains quartiers, désignation d'un ennemi intérieur, etc), de penser que, demain, Nicolas Sarkozy envoie l'armée dans les banlieues. Pronostic baroque? Ceux qui l'ont émis ne sont ni des plaisantins ni des "gauchistes". Ces hommes et ces femmes prennent au contraire très au sérieux les défis du maintien de l'ordre, mais ils s'inquiètent de l'orientation désormais donnée à leurs missions par le plus haut sommet de l'Etat. Chaque jour, ils reçoivent les secousses du dogme sécuritaire sarkozyste et ils considèrent que les choses sont allées trop loin, qu'on est entré dans un cycle infernal qui pourrait mener au pire. Aucun d'eux ne s'est confié à moi incognito, malgré le prix qu'ils pourraient payer en critiquant la stratégie du pouvoir. car ils ne sont pas naïfs : ils savent qu'en "Sarkozye" tout point de vue contraire à la vision du chef peut vitrifier son auteur, tant ledit chef n'hésite pas à exercer son droit de vie et de mort sur les carrières des agents de l'Etat. un autre fait conforte cette hypothèse inquiétante : la modification en profondeur du Livre blanc sur la défense, devenu en 2008 le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. En fusionnant ces deux notions jusqu'alors distinctes au nom de la lutte contre la menace terroriste - qu'il associe dans une relation constante aux banlieues populaires -, ce document programmatique s'est ouvert un vaste champ de possibilités stratégiques. "Depuis l'adoption du nouveau Livre blanc, on a écrit noir sur blanc l'instauration d'un "contrat 10 000 hommes"", m'a confié en juin 2010 le lieutenant-colonel Didier Wioland, officier de gendarmerie et conseiller pour la sécurité intérieure et les questions de terrorisme à la Délégation aux affaires stratégiques (DAS) du ministère de la Défense, qui fut chargé du projet Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale". "C'est-à-dire que les armées doivent pouvoir, à la demande de l'autorité politique, lorsque des situations graves frappent le territoire national, mettre à disposition cet effectif, essentiellement des forces terrestres. Maintenant, il faut réfléchir à l'emploi le plus juste de ces 10 000 hommes pour passer d'une logique de prestataires à celle de véritables partenaires participant à la prise de décision le plus en amont possible. Ce contingent de 10 000 hommes est actuellement à même d'être formé sur le territoire national, prêt à intervenir en cas de crise de grande ampleur. Ils sont dans des configurations opérationnelles de réversibilité, prêts à agir selon des délais gradués. ce lange "crypté" mérite attention : en 2010, 10 000 soldats sont prêts à intervenir face à une "situation grave" survenant sur le territoire national. présenté de façon aussi vague, ce lieu est infigurable sur une carte d'état-major, mais il semble facilement localisable si l'on se souvient que, depuis l'automne 2005, un seul territoire absorbe l'attention de Nicolas Sarkozy : les "quartiers sensibles". Puisque cette évolution sécuritaro-militaire s'amorce inexorablement, j'évoquerai d'abord ce que serait ce "scénario de l'inacceptable" : une "opération banlieues" définie par un président soucieux de nettoyer de fond en comble cet "empire du mal" français. Et je restituerai dans les chapitres suivants les résultats de mon enquête : la façon dont, au sein de l'armée, de la gendarmerie et de la police, ont été vécus avec des réticences croissantes les emballements sécuritaires de l'Etat dans les années 2000 ; puis les discrètes et "perverses" évolutions des "politiques de la ville", conduites tant au niveau local que national, qui ont accompagné cette inquiétante dérive vers la préparation d'une guerre totale contre les "territoires perdus de la République", hypothèse du pire soigneusement préparée au cas où échoueraient les tentatives d'éradication pure et simple de ces quartiers qu'entreprennent certains élus locaux, de droite comme de gauche."

 

Les faits que rapporte Hacène BLEMESSOUS, qui ont amené à plusieurs reprises des syndicats de police et de la magistrature à s'inquiéter ouvertement de certaines dérives, sont bien vérifiables malheureusement. Ce qu'il manque bien entendu, au-delà des faits saillants qu'il rapporte, c'est une enquête d'ensemble sur les réactions des autorités locales face aux demandes par le pouvoir central d'établissement de plans banlieues de toute sorte (allant jusqu'à légaliser des "comités de voisinages" d'immeubles). Les effets d'annonce sont si nombreux du côté de la Présidence de la République, les coupes sombres dans les budgets de l'armée, de la police et de la gendarmerie sont en même temps si fortes, qu'il convient de s'interroger, au-delà des discours, sur l'effectivité de la préparation qu'il dénonce. Outre le fait que même 10 000 hommes armés, ce qui semble impressionnant, vu notamment la technologie dont ils seraient dotés, ne suffiront probablement pas à couvrir plusieurs émeutes urbaines simultanées, il faudrait connaître l'état de connaissance réelle que possède les décideurs sur la situation dans les quartiers, depuis la fin d'une police de proximité, qui était aussi une police du renseignement.

Toujours est-il que ce livre est à prendre très au sérieux, dans une époque où ces préoccupations sécuritaires sont partagées par de nombreux autorités étatiques. Le phénomène décrit n'est pas propre à la France. Il faut se souvenir par ailleurs des émeutes des années 1960 aux Etats-Unis pour savoir que les situations sociales qui dégénèrent ne se règlent pas par des mesures politico-militaires. A la fin de son livre, le journaliste évoque toutes les résistances, hors système, qui se développent dans de nombreux quartiers et qui sont autant d'indices que sans doute le "scénario de l'inacceptable" n'aura heureusement pas lieu. Ces résistances se multiplient au fur et à mesure de l'accumulation de lois sécuritaires, dont de plus en plus de gens voient le caractère fallacieux (fausses du point de vue de leur objectif affiché et tendancieuses car toujours orientées vers les mêmes populations) et inefficace (car ne pouvant s'attaquant aux causes d'insécurité).

Hacène BELMESSOUS, opération banlieues, Comment l'Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises, La Découverte, Collection Cahiers libres, 2010, 205 pages.

En matière de circulation et d’information routières en Ile-de-France, le CRICR de Créteil est placé sous l’autorité du préfet de police. Enfin le secrétariat général pour l’administration de la Police de Versailles (Yvelines), compétent dans les départements de la grande couronne, est également placé sous son autorité.

 

piqué chez www.leconflit.com

 

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