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26/02/2010

Regards sur les théories du complot et les "sites passerelle" - 1

Extraits de discussions sur le blog Rouge & Noir.

Probe a choisit de présenter les posts de wiecha à la suite et celui d'AnarSonore :

 

wiecha 20/01/2010

On peut effectivement commencer sur les théories du complot.

Sans nommer qui que ce soit, pour l'instant, donc sur la méthode.

Un élément commun à tous les conspirationnistes, essentiel à capter pour les combattre sans perdre son temps, qu'il s'agisse d'égarés ou au contraire de militants, c'est l'inversion de la charge de la preuve.

Le discours complotiste est toujours articulé de la même manière, qu'il s'agisse de dénoncer les illuminatis, les islamistes, les sionistes, les extra terrestres , les franc maçons et bien d'autres, qu'il s'agisse du complot pour faire sauter les tours, pour propager un poison mortel dans les vaccins, ou pour remplacer les humains par des reptiliens. Cette dernière hypothèse peut faire ricaner avec condescendance, mais le fait est qu'elle tourne dans nombre de milieux, que ceux qui la propagent tiennent des conférences assez fréquentées au point que les fascistes plus classiques doivent s'acharner à la démonter sur certains de leurs forums.

Bref, le complotiste commence par énoncer sa thèse, le complot, avec ses objectifs et ses auteurs.
Ensuite, seulement, il énonce un certain nombre de faits, généralement beaucoup à la fois qui iraient dans son sens, toujours selon lui.
Puis face au contradicteur, il lui demande de prouver qu'il a tort.

La première réaction de bonne foi consiste souvent à entrer dans le débat sur ces bases: à prendre fait après fait pour en donner d'autres explications, à essayer de trouver des faits contradictoires, à montrer que tel fait peut s'expliquer totalement autrement, et ainsi de suite.

Mais c'est de cette manière que les réseaux conspirationnistes ont réussi à s'imposer dans les débats, un peu partout sur internet et surtout dans la tête des gens. Sur la base évidente pour tous, que les versions officielles du capitalisme ne sont qu'un point de vue orienté et subjectifs, sur la base évidente que la stratégie des différentes entités qui constituent la bourgeoisie n'est évidemment pas toujours explicitée de manière publique.
Leur objectif a été rempli au sens ou il n'a jamais été question pour eux de débattre d'une hypothèse, mais d'orienter les débats sur leurs terrains, et selon leurs méthodes.

Beaucoup de militants ont ainsi perdu de vue l'essentiel: c'est à celui qui avance une théorie de démontrer rationnellement qu'elle est vraie, et non à son contradicteur de démontrer qu'elle est fausse.

Car, dans ce dernier cadre de débats, on est forcément piégés: avec la méthode conspirationniste exposée ci dessus, chacun peut faire le test. Et bâtir sa théorie du complot, par exemple que les bergers allemands contrôlent le monde depuis au moins deux siècles par injonctions télépathiques.

Et la démonter , si elle est bien foutue prendra un temps énorme: sur mon site internet, je posterai une dizaine d'articles par jour minimum; tous les faits divers impliquant des bergers allemands que je pourrai trouver. Des biographies des personnages historiques ayant eu ce type de chiens ( quitte à mentir d'ailleurs, mes contradicteurs devront alors se faire chier à prouver que untel avait en fait un chat ou détestait les chiens ). Je montrerai la corrélation entre les périodes de leur vie ou ils ont eu un berger allemand et les décisions qu'ils ont prises. Naturellement, vu le nombre de personnes possédant un berger allemand , je sélectionnerai celles dont les opinions et les activités correspondent à l'objectif que j'ai assigné aux "comploteurs ": la destruction de la race humaine, ou de celle des épagneuls bretons.
J'y adjoindrai des articles spécialisés dans l'anatomie canine, dans la sociologie animale, de préférence très longs et inacessibles à des personnes ne maitrisant pas les connaissances scientifiques des méthodes en question, rédigés par des "scientifiques reconnus". J'en ferais un résumé , en expliquant qu'à la page 53 de l'article, l'auteur évoque très précisément un élément qui peut aller dans mon sens.

Et naturellement à ceux qui me diront que ma théorie est farfelue, je répondrais en préalable qu'il est tout de même étrange de se préoccuper de la démolir et de la discréditer si elle est aussi farfelue que ça. Bien évidemment, j'aurai pris soin de me faire exclure de quelques conférences et forums vétérinaires, ce qui me permettra de démontrer l'acharnement de la censure à mon égard.Et j'aurai avec mes camarades également foutu le bordel par exemple au Noel de la SPA, je me serais fait jeter par la police et j'aurai mis la vidéo. Avec un exposé, là très précis et très argumenté des divers scandales ayant touché la SPA ces dernières années, et de comment certains de ses animateurs s'en sont mis plein les poches

Ca parait très con avec les bergers allemands, mais c'est exactement de cette manière que fonctionnent toutes les entreprises conspirationnistes, on peut le vérifier sur les sites innombrables consacrées à la grippe A ou au 11 septembre. Et c'est aussi avec ce type de stratégies que l'extrême droite a fait son trou à l'extrême gauche, et par ricochet dans le mouvement social. Sur les médias qui ne lui appartiennent pas, l'extrême droite postera l'article sur la SPA, pour les bergers allemands, sur les massacres d'enfants palestiniens pour les juifs, sur l'assassinat des femmes en afghanistan pour les islamistes.

Le truc, c'est de toujours choisir les sujets qui font l'actualité et ceux dont on pense qu'ils préoccupent les gens et qu'ils sont les plus à même de les révolter.

Après la question suivante est " A quel besoin répond la théorie du complot et quelle proposition sociale porte-t-elle implicitement qui en fasse un élément essentiel des stratégies de conquête du pouvoir ?"

 

wiecha 21/01/2010

Oui, mais le problème qui se pose à nous concrètement, c'est la raison pour laquelle tant de gens , et surtout de prolétaires, éprouvent un attrait pour ces théories et les choisissent clairement comme une alternative à la lutte des classes. Contrairement à l'idée qu'on pourrait en avoir, qu'en ont certains militants, l'adhésion partielle ou totale à ces théories n'est pas un "sas" vers la lutte , même si les gens sont en contact avec des idées et des pratiques qui pourraient les y conduire.

Et démonter les foutaises serait bien un jeu d'enfant, si et seulement si il n'y avait pas autre chose derrière. En réalité, l'utilité de la méthode ci-dessus n'est malheureusement presque jamais de retourner l'interlocuteur, elle est juste utile pour ne pas être retourné soi même, c'est à dire pour rompre le débat en connaissance de cause, et ne pas laisser pourrir ta réunion, ton site, ton collectif.

Quand la démonstration rationnelle ne fonctionne pas , c'est souvent qu'elle ne répond pas à la bonne question, c'est à dire que les gens qui se font happer , finalement , trouvent un bénéfice autre dans l'adhésion que le fait d'avoir accédé à une "vérité utile". Et c'est ce qui se produit.
Je vois quelques pistes à creuser en profondeur

- la théorie du complot est une auto justification de sa propre passivité: souvent tu y as droit dans les actions dans un lieu public de la part de gens qui ne s'y joignent pas, mais viennent te dire " je suis avec vous, mais ça ne sert à rien". Concrètement, ils ne sont pas avec nous, puisqu'ils ne font rien qui les mette concrètement dans la lutte. Mais créer une opposition fantasmatique et secrète permet d'éluder cette dimension: si je ne crie pas avec vous contre le directeur de la CAF, ce n'est pas parce que j'ai peur, ce n'est pas parce que ça nécessiterait de me mettre en danger, mais parce que le directeur de la CAF n'est rien, et le gouvernement non plus d'ailleurs, et les patrons encore moins. Les vrais " responsables" sont cachés, occultes et donc la seule lutte possible, c'est leur dévoilement.

- cette dimension du "dévoilement" est primordiale, et ça explique aussi son essor concomittant à celui de l'internet: il y a des gens aujourd'hui, plein, qui se voient comme des Resistants, des vrais, alors que leur seule activité est de l'ordre du discours. Les théories du complot se sont dévéloppées parallèlement au durcissement de l'affrontement de classe, à la difficulté croissante de faire grève ou autres sans répression, aux échecs des derniers mouvements de masse en terme de satisfaction des revendications.

La théorie du complot , à l'inverse de celle de la lutte des classes, ne propose d'office aucun espoir: elle n'est pas une explication dynamique du monde avec deux forces qui s'affrontent, mais celle ou ceux qui agissent et ceux qui subissent sont toujours à la même place. Dans le cadre du "système" fantasmé, il n'y a que des défaites, aucune riposte qui fasse sens dans le déroulement des évènements historiques. Au contraire, même les révolutions, même les mouvements de masse, ne sont pas ce qu'ils paraissent: ils sont eux aussi manipulés dès le début par des forces obscures , ils sont même souvent provoqués pour aboutir à l'objectif inverse de ce qu'ils prétendent être, la continuation de la domination.

L'adhésion et la propagation de ces théories me semblent donc correspondre au sentiment de défaite ressenti par les prolétaires, et lui donner une jusitification. Et elles offrent un dérivatif à ce sentiment, à peu de frais, l'impression de se réapproprier du sens simplement en dénonçant de prétendus coupables. Et toutes ces théories, parce qu'elles sont fascistes, donnent évidemment la possibilité concrète de chatier un coupable à sa portée, car aucune d'entre elles n'omet de désigner parmi les coupables, une minorité quelconque à l'intérieur du prolérariat, toutes ouvrent une possibilité de pogrom.


wiecha 21/01/2010

S'il suffisait de ces quelques lignes, à mon avis nous n'en serions pas là.
On effleure à peine le sujet à mon avis, c'aurait été peut-être suffisant en 2002-2003, au moment ou une des têtes de pont était l'angle des théories du complot. Et encore.

Quant à l'esprit d'analyse et de synthèse, c'est flatteur, mais la réalité est moins glorieuse: c'est juste le résultat de deux ans de boulot, de recherche, de contacts à droite à gauche, avec tous ceux, et pas des anarchistes malheureusement, qui ont une raison ou une autre de ressentir l'urgence antifasciste. Des années passées à voir certains médias "amis" et pas des moindres colporter les pires saloperies racistes ou antisémites, des années passées à constater l'inexorable avancée de l'idéologie fasciste sous toutes ses formes, des hommages à peine voilés à Vichy du pouvoir en place, à l'emploi banalisé dans les mouvements d'extrême gauche, de la CIP à l'Appel d'un terme comme "oligarchie".

Les facsistes ont réussi jusqu'ici toutes leurs offensives idéologiques: on peut prendre l'exemple de la liberté d'expression, par exemple, devenue l'étendard de tout le monde, mais qui sert aujourd'hui essentiellement à faire que, massivement, des racistes et des antisémites trouvent un fervent soutien un peu partout, chacun considérant leur "droit à s'exprimer" comme une priorité et le contenu de leurs discours, très secondaire, comme si appeler au meurtre et à la haine , finalement , n'avait rien à voir avec les meurtres et avec la haine.

Surement que tu regardes pas la télé et tu as bien raison, mais moi je suis accro à la télé. Et donc je peux te dire qu'ils se sont adaptés et qu'ils ont accès aux médias de masse, même sans parler de l'internet, mettons ça de côté pour l'instant.

Désolé de citer concrètement, mais là je ne peux pas faire autrement. Actuellement, le blog phare de l'extrême droite identitaire c'est fdesouche. Au minimum 3000 à 6000 visites par jour. Il y a quelques temps de ça, cette équipe a publié une vidéo qui montrait une agression dans un bus, vidéo qui ne pouvait sortir que de bases de données policières, évidemment. La vidéo a été regardée des milliers de fois sur le net, et elle est arrivée en une sur tous les 20H. Et pas un reportage n'omettait de citer le blog en question. Il se trouve que le jeune homme agressé a eu l'immense courage de publier un texte ou il expliquait qu'il n'estimait pas avoir été la victime d'une agression "anti blanche", qu'il n'estimait pas que cette histoire permette à qui que ce soit de dire quoi que ce soit sur la banlieue ou l'immigration. Ca personne à la télé n'en a entendu parler.

Dieudonné quant à lui est certainement le candidat aux européennes qui a été le plus médiatisé et de manière à ce que tout le monde regarde le reportage, pas avec les trucs relou du style " martin dugenou nous explique sa conception de l'Europe ". La diabolisation a bon dos.

Il y a quelques jours, RTL affichait sur son site, en une, une vidéo intitulée "le débat Marine le Pen Besson". Déjà tout un programme.
Mais cette vidéo a interpellé des spectateurs. En effet elle était tronquée ne présentant que les morceaux ou Marine Le pen parle, et avec des commentaires écrits à son avantage. De plus elle mettait en lien sur You Tube d'autres videos du même auteur, encore plus explicites.

Au bout de plusieurs heures et de 12 000 vues environ, RTL s'est excusée parlant d'une "erreur".

Juste deux exemples, à mon avis très clairs sur ce qui est en train de se passer. Moi, je ne vois pas les choses comme une hiérarchie des dangers, je vois des forces qui avancent ensemble, pour l'instant, dont l'une ou l'autre peut prendre le dessus.

L'antifascisme est passé de mode, depuis longtemps maintenant, et effectivement, on te renvoie souvent SOS, l'épouvantail pour faire monter la gauche...On te répète "le vrai danger est ailleurs", comme s'il y avait UN vrai danger et pas plusieurs.

Mais si dans sa dernière période, la République de Weimar avait en commun bien des discours avec le NSDAP, si elle a encouragé sa montée, et pensé pouvoir le contrôler et l'utiliser uniquement pour briser la révolution sociale, la République de Weimar et le 3ème Reich étaient deux choses différentes. Il fallait bien abattre la première pour espérer faire la révolution sociale, mais il fallait bien en même temps empêcher que son écroulement soit l'avènement de la dictature nazie.

Je précise que je parle de cet exemple, uniquement sur la question des analogies et des comparaisons entre la République et le fascisme, et pas du tout pour faire un lien direct et caricatural entre la France d'aujourd'hui et l'Allemagne du début des années 30

 

wiecha 22/01/2010

Sauf qu'à force de citer Mein Kampf et la Gestapo à tout bout de champ, on en oublie que le nazisme n'est pas le sarkozysme, et que les néo nazis en tant que tels sont une réalité bien vivante et en pleine expansion.

A vrai dire, je me demande parfois quels mots nous allons utiliser dans le futur, et quelles comparaisons. C'est aussi à mon avis, un des grands problème du discours radical aujourd'hui, la surenchère verbale. Là dessus, les textes de Ni Patrie, Ni Frontières sont assez intéressants, notamment ceux écrits lors du sommet de Vichy, et ceux qui évoquent la réalité des dictatures à l'étranger.

Après, à vrai dire je ne tiens pas à orienter le débat dans cette direction. Par expérience, et pour avoir été convaincue comme toi, de l'aspect "secondaire" des mouvements fascistes extra-gouvernementaux, je sais que j'aurai du mal à te convaincre. Question d'expériences concrètes liées aussi à leur champs d'implantation, à une sensibilité plus ou moins grande à certains évènements précis, à certains glissements, qui dépendent de beaucoup de facteurs.

Moi, ce qui m'importe surtout, c'est de trouver des pistes spécifiques par rapport à ce combat, qu'il soit considéré comme secondaire ou pas et de faire tourner l'information et la réflexion, comme on peut le faire sur d'autres sujets. Pas mal de gens partagent cette préoccupation, à ce que je peux voir. Et si nous la laissons à d'autres, et bien comme sur d'autres sujets, nous n'aurons plus ensuite qu'à dénoncer l'"imposture social démocrate , qui sous couvert d'antifascisme...".

Parce qu'il y a ça et là, plein de jeunes qui ne supportent pas le retour des skin heads, plein de moins jeunes qui sont anti-républicains, anti-capitalistes, et anarchistes, mais qui pour autant, éprouvent le besoin d'agir et de réfléchir contre la montée des groupes fascistes.

Si, par exemple, ton voisin est au Bloc Identitaire, quotidiennement et immédiatement, c'est un peu plus emmerdant quand même que s'il est au Modem.Et quand la probabilité de ce voisinage s'accroit , c'est un vrai souci.

 

AnarSonore 22/01/2010

Contribution trouvée sur luftmenschen

Mondialisation.ca: analyse antifasciste d'un site passerelle

Parmi les stratégies actuellement utilisées par les fascistes, celle de l’utilisation des médias a priori ennemis pour augmenter leur audience est essentielle. Elle passe par la création d’initiatives virtuelles et concrètes autour de thèmes devenus communs au discours d’extrême gauche et d’extrême droite, même si ce que recouvrent les analyses des uns et des autres n’est pas similaire. Cette stratégie passe notamment par l’utilisation d’Internet, et des sites passerelles, c'est-à-dire des sites se présentant comme des sites alter mondialistes.

Un exemple pratique.

Lors de leurs dernières réunions (1), les modérateurs d’Indymedia LILLE ont pris la décision de ne pas censurer a priori les textes venant du site mondialisation.ca, et de l’étudier prochainement de plus près…. Ce projet d’étude approfondie trouve ses sources dans la polémique ouverte par des contributeurs réguliers d’Indymedia Lille; ceux-ci ont dénoncé la reprise de textes d’un site qui publie notamment et fréquemment les textes de membres du Reseau Voltaire. Ceux par exemple de Sylvia Cattori, mais aussi ceux d’Arno Mansouri, responsable de la Maison d’éditions Demi lune, qui publie Thierry Meyssan.

Il y a deux approches, vis-à-vis d’un site comme Mondialisation.ca : ce site fonctionne sur la publication en rafales de textes venus d’à peu près partout et sur de nombreux sujets. Et dont les auteurs sont aussi bien des gens du Reseau Voltaire que de respectables professeurs d’université, souvent les deux. Mais aussi des membres d’ATTAC, un président d’une association déclarant se battre contre le nucléaire, les deux responsables d’un comité pour l’annulation de la dette.

La première approche consiste à considérer que la publication d’écrits fascistes, la collaboration d’auteurs clairement liés à l’extrême droite, et à sa fraction « national révolutionnaire » (Les amitiés du Reseau Voltaire avec la mouvance Dieudonné Soral et leurs voyages communs, notamment au Liban sont désormais suffisamment connus) n’est pas un élément suffisant pour considérer le site comme fasciste. Elle consiste à prendre les textes publiés un par un, et à se déterminer au coup par coup. A examiner minutieusement chaque écrit publié , et ce n’est pas une mince affaire. A se poser la question précise de tel ou tel texte : sur la Palestine, dit-il des choses vraiment choquantes, peut-on dire « camp d’extermination ….lente » sans être antisémite ? Et le trafic d’organes prétendument pratiqué par Israel, est-ce seulement une rumeur, doit on faire la distinction entre les textes qui évoquent l’armée et ceux qui mettent tous les Israeliens dans le même sac ?

Et sur la grippe H1N1, comment faire la distinction entre un texte qui évoque à juste titre le profit effectué par les labos et celui qui sombre dans le conspirationnisme ?

Cette approche évidemment est particulièrement lourde et fastidieuse pour des sites d’open publishing. En toute logique, puisqu’elle est stupide, pour ne pas dire plus.

La seconde approche est extrêmement simple. Elle consiste à dire qu’un site qui publie des articles d’auteurs liés à l’extrême droite est un site contrôlé par l’extrême droite, que l’ensemble des animateurs en soit conscient ou non. Jusqu’à nouvel ordre, naturellement : il arrive à chacun de faire une erreur et de retirer UN texte particulièrement manipulateur.

C’est l’approche anti-fasciste.

Evidemment, cette approche et cette analyse déclenchent les quolibets et le mépris de ceux qui sont bien résolus à plonger jusqu’à l’abîme dans la prétendue complexité des choses. C’est la grande mode militante du moment, celle qui a poussé à s’interroger pendant cinq ans sur les « motivations » et les « raisons » du discours antisémite de Dieudonné, celle qui consiste à poser des questions idiotes en les appelant dérangeantes, du genre « les antisémites au fond ne sont-ils pas des antiracistes ? » , ou « ne devrait-on pas avoir le droit de tout dire, même des appels aux meurtres, tant qu’on ne tue pas soi même ? ».

L’approche antifasciste consiste à dire qu’un fasciste est un fasciste, point barre. Un fasciste est une personne dont l’objectif est d’imposer l’ordre fasciste. Le reste, ce sont pour lui des moyens, et le fascisme est à ce niveau, l’idéologie utilitariste par excellence. Le fascisme est ce courant qui s’est appuyé et s’appuie simultanément sur le scientisme et sur l’irrationnel, sur l’apologie de l’individu Roi et sur la négation de tout droit individuel. Le fascisme , parce qu’il n’existe que par la guerre de tous les prolétaires contre les autres prolétaires, a pris, sur tous les conflits mondiaux, des opinions contraires, dont le seul point commun est l’apologie de toutes les guerres sauf de la guerre sociale. Le Front National, en plusieurs dizaines d’années d’histoire et à quelques mois d’intervalle a ainsi été tantôt férocement pro-israélien ou inconditionnellement pro-palestinien, tout en étant toujours simultanément raciste et antisémite.

Donc, la logique antifasciste consiste à aller chercher les intérêts de classe présents dans chaque expression de la pensée et de la pratique d’un groupe. Chercher les intérêts de classe, cela signifie entre autres de ne pas distinguer la parole et les actes.

Aussi face à un site comme mondialisation.ca , site de culture européenne, animé en grande partie par des français et des québecois, il y a une rubrique qui attire immédiatement l’œil, celle intitulée « élections européennes ».

Elle attire l’œil, parce qu’elle détonne par son côté prosaïque et concret des autres rubriques, globales et nobles, telles que « société et culture », « économie mondiale », « politiques et religions ». Nobles dénominations, qui jointes aux fonctions de la plupart des auteurs dans les hautes sphères de la production intellectuelle capitaliste donnent au site l’apparence d’un cercle de pensées détaché des basses contingences matérielles et politiciennes.

La modération d’Indymedia Lille n’a pas vu cette rubrique, parce qu’elle refuse l’analyse antifasciste, parce que la présence de contributeurs fascistes sur ce site ne lui suffit pas à le qualifier. Difficile de trouver ce que l’on ne cherche pas.

Si elle avait opéré un simple click sur cette rubrique, ici elle serait tombée sur l’évidence...même pas dissimulée.

Le premier texte visible dans les Actualités de cette rubrique s’appelle Mouvement des Patriotes Français pour l’indépendance et la démocratie (2)

Le deuxième est signé Libertas

Un troisième est signé par un responsable de Libertas Christophe Beaudouin

Deux autres sont signés par deux militants d’un parti dénommé UPR avec un lien vers le site de ce parti

Evidemment, ‘l’antifasciste mal dégrossi’ sait déjà ce qu’il en est quand un mouvement en Europe utilise le mot « patriote » dans son intitulé, en ce début du 21ème siècle.

Ainsi espérons nous humblement épargner quelques journées de fastidieuses lectures aux modérateurs d’Indymedia Lille .

Libertas est un mouvement européen fondé en 2008 : en France, sa représentation locale aux élections a été incarnée par le MPF de Philippe de Villiers et le Mouvement Chasse Pêche Nature et Traditions. Le porte parole du mouvement, Christophe Beaudoin, est également auteur sur le site Mondialisation.ca.

Le Mouvement des Patriotes pour l’Indépendance et la Démocratie a été crée par un ex du MPF de Philippe de Villiers. Nous laissons aux adeptes de la prétendue complexité le soin de parcourir l’intégralité de son site, au cas ou des analyses intéressantes de la question palestinienne y figureraient. Pour les autres, la mention des sujets évoqués, reprise des communiqués d’un ex du Front, diatribe contre l’islamisation de la France, petite histoire des Rois de notre beau pays, suffiront. On peut cependant y ajouter quelques liens amis, parmi lesquels Radio Courtoisie.

Quant à l’UPR, elle est dirigée par François Asselineau. Elu au Conseil de Paris depuis de nombreuses années, il a quitté l’UMP pour créer l’UPR. Il a également rempli la fonction de directeur de cabinet de Charles Pasqua. Il participe à des émissions sur Radio Courtoisie, entre autres.

Les trois partis politiques précédents sont les seuls à être cités dans la rubrique Elections Européennes, manifestement beaucoup moins « ouverte » que les autres catégories du site.

Immense interrogation des tenants de la pensée « complexe », en réalité décomplexée : comment un site peut-il à la fois défendre les peuples opprimés, et notamment les Palestiniens, contre les offensives « sionistes » , contre l’ "arrogance de l’Occident Impérialiste et Mondialiste et de son valet/maître israelien", et concrètement faire la promotion de mouvements d’extrême droite dénonçant l’ « islamisation de la France », « l’invasion des clandestins », et ainsi de suite ?

Comment peut-il publier des textes d’ATTAC et des textes du MPF ?

Réponse des bourins antifascistes : il est de notoriété publique, que les racistes sont forcément des antisémites et inversement.

Tactiquement parlant, les fascistes peuvent bien trouver utile de brandir des portraits du Che et de faire mine de pleurer toutes les larmes de leurs corps sur les Arabes qu’on tue à quelques milliers de kilomètres, si ça peut attirer le chaland sympathisant de l’extrême gauche, et faire monter l’animosité contre les Juifs d’ici.

Mais lorsqu’il s’agit concrètement de récupérer les bénéfices de ces manipulations, on passe aux choses sérieuses, notamment en période électorale.

Historiquement, et en termes d’analyse de classe, l’alliance ou la collaboration au sein de mouvements fascistes, d’intellectuels reconnus professionnellement par le capitalisme et se croyant de gauche avec des fractions de la paysannerie aisée et des petits commerçants n’est pas une nouveauté.

Le fait que des professeurs d’université « altermondialistes » se retrouvent à animer un site qui lance des appels au vote quasi directs pour des partis d’extrême droite, notamment « Chasse , Pêche Nature et Tradition » est certes odieux, mais donc pas si étonnant que ça.

Là ou les choses s’aggravent et concernent directement tous ceux qui participent aux luttes sociales, c’est lorsque ce types de sites sont directement repris et mis en lien par Indymedia.

Indymedia en effet, est un média issu des luttes, et il doit son succès à tous les mouvements de classe, antiracistes, antisexistes, antifascistes, qui ont publié des articles au fil des années.

Mondialisation.ca appartient à ses animateurs mais Indymedia appartient à tout le mouvement, sans lequel il ne serait qu’une coquille vide.

Les modérateurs , investis d’un mandat , doivent le respecter, et ne le font pas chaque fois qu’ils mettent en lien mondialisation.ca, chaque fois qu’ils relaient un site à vocation électoraliste de l’extrême droite. Et ce d’autant plus que la simple liste des auteurs aurait du les alerter.

Naturellement, l’analyse antifasciste exposée ci-dessus n’est pas valable que pour mondialisation.ca. Un site qui relaie les thèses de l’extrême droite, ou aide à leur diffusion en faisant de la pub à leurs médias est un média fasciste par la force des choses.

En l’état actuel, la modération d’Indymedia Lille se réserve la possibilité de publier mondialisation.ca. La conclusion est nous l’espérons provisoirement, évidente.

Les liens vers des sites d'extrême droite ont été désactivés, pour ne pas augmenter leur référencement, en y insérant une étoile

(1) compte rendu public ici
http://lists.indymedia.org/pipermail/im ... 18-ni.html
(2) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=13313
(3) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?context=va&aid=
(4) http://mo*ndialisation.ca/index.php?con ... &aid=15348
(5) http://.mo*ndialisation.ca/index.php?co ... &aid=15477
http://.mon*dialisation.ca/index.php?co ... &aid=15708

 

 

 

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25/02/2010

BAUER - RAUFER - GLENN BECK - La mise en scène du terrorisme

Le spectacle antiterroriste et ses metteurs en scène

A propos de Bauer-Raufer, les duettistes du cirque antiterroro

lundi 16 novembre 2009, par Serge Quadruppani


En février 2009, Michèle Alliot-Marie exposait l’argumentaire justifiant les énergies déployées pour monter le spectacle appelé « affaire de Tarnac » : « L’effondrement du parti communiste et des partis de gauche d’une façon générale entraine automatiquement (…) la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents. Nous sommes aujourd’hui en Europe dans cette phase. Ce qui se passe en Grèce, ce qui se prépare en Allemagne, en Italie ou en Belgique, ce que nous commençons à voir surgir en France, c’est cela. » Et d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui « contestent l’Etat, contestent l’autorité ». Mais à qui demande-t-elle de « créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes » ? En fait, elle parle à la tribune de la convention annuelle du Mouvement Initiative et Libertés, association qui se défend d’être une simple résurgence du Service d’Action civique (SAC), organisation gaulliste de droite qui s’était rendue célèbre dans les années 70 par son activité de fichage et ses interventions musclées antigrévistes et antigauchistes. Mais le MIL a été fondé par les dirigeants du SAC peu après l’autodissolution de ce dernier, consécutive à la tuerie d’Auriol, affaire de meurtres commis par certains de ses membres, et l’idéologie que le mouvement défend est la même.

En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc des « milistes » (je n’ai pas dit « miliciens ») à jouer sur le besoin d’Etat qui travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient « mieux disposés » à « isoler » ceux qui attaquent l’Etat. « A condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire ». Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec tant d’insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé dans un rôle de conseillers des princes et d’experts médiatisés. Leur binôme est tout à fait dans l’air d’un temps où le sarkozisme fait fusionner les idées et les hommes venus de l’extrême-droite avec ceux provenant de la « gauche » gestionnaire : Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain), vient d’Occident et des réseaux de guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et poursuivi au Grand Orient de France. Le premier semble mieux doué pour s’imposer dans les milieux universitaires et éditoriaux, le second pour gagner de l’argent : alors que les deux compères ne semblent pas plus pourvus, l’un comme l’autre, de légitimité universitaire – Raufer n’a passé que récemment un doctorat de… géographie, ce dernier a créé dès 1998 une structure à sa main au sein de l’Institut de criminologie de l’université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front national), le Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC), tandis que Bauer a dû attendre l’année dernière pour qu’en récompense des services rendus, le pouvoir sarkozyste crée spécialement pour lui une chaire de criminologie au Conservatoire des arts et métiers, suscitant de nombreuses protestations (mais le fait de ne posséder qu’un Diplôme d’études supérieures spécialisées ne l’empêchait pas de dispenser depuis longtemps des cours dans de nombreux instituts à travers le monde). L’un et l’autre se flattent d’être enseignants et directeurs de recherche dans ces hauts lieux démocratique que sont, en Chine, l’Ecole supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer a développé une société de conseils en sécurité qui accumule les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises.

Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la « science » du duo. En 1998, leur « Que Sais-Je » intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient avec insistance s’en tenir aux faits : ainsi, toutes les émeutes recensées dans les quartiers chauds étaient-elles présentées comme destinées à protéger le trafic de drogue, ce qui permettait ensuite de suggérer une prétendue mesure de la croissance du trafic.

Publiée par nos duettistes sous un titre qui fleure l’altermondialisme, La face noire de la mondialisation est en fait la transcription sur un support prestigieux et prétendument neutre (les éditions du CNRS) des thèses du DRMCC, déclinées sur le site de ce dernier souvent exactement dans les mêmes termes que dans le livre, dès les déclarations de principe du département et ensuite, jusqu’à plus soif, dans d’innombrables articles. Le discours opère en deux temps : description terrorisante du monde : caractère mutant et hybride des nouvelles menaces, incapacité de la communauté internationale à ramener l’ordre sur terre, etc avant de dégainer la « trouvaille » des auteurs : le « décèlement précoce ». Il faut s’attaquer aux nouvelles menaces quand elles ne sont encore qu’un « bourgeon », et cela grâce au regard d’experts formés par les Bauer et Raufer. On a eu une démonstration de « décèlement précoce » avec l’affaire de Tarnac. En avril 2009, au terme d’un sujet du Journal télévisé de France 2 qui mélangeait allègrement des images des bagarres au sommet de l’OTAN à Strasbourg et d’autres de Coupat et de L’insurrection qui vient, Bauer expliqua que les « prémisses étaient les mêmes » entre les gens de Tarnac, Action directe et les Brigades rouges. Président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie, il répond le 19/10 à une interview de Libération à propos de deux nouveaux fichiers (pouvant intégrer des mineurs de 13 ans) créés par Hortefeux en prenant prétexte de 18 vitrines brisées à Poitiers : « il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas encore commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire » !

Une fois le décèlement précoce opéré, et les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, qu’est-ce que nos experts conseillent de faire ? Voici les lignes conclusives de leur livre publié par le CNRS : « Quels coups sévères porterait-on à toutes ces entités (…) dans tous leurs champs d’action en considérant désormais comme stratégiques le cadre et les harmonies – le terreau criminel – dans lequel elles opèrent, puis en entreprenant de les nettoyer (souligné par moi, SQ) ? Cette approche est infiniment plus efficace que la démarche consistant à « saucissonner » l’ensemble en mille procédures tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés… » Il n’est pas indifférent de savoir que la Ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, a cette « pensée »-là dans la tête quand elle s’adresse aux continuateurs d’une organisation où l’on dressait, en 1968, des plans pour regrouper les gens de gauche dans des stades.

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22/02/2010

Coming Insurrection...this is evil stuff...

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L'Insurrection qui vient best-seller aux Etats-Unis

Par LEXPRESS.fr, publié le 19/02/2010 à 17:22

L'Insurrection qui vient, du "Comité invisible", se trouve depuis 16 jours dans le top 100 de la liste des best-sellers d'Amazon.com. The coming insurrection devance ainsi Dan Brown et Stephenie Meyer. Un succès dû à la publicité que fait le chroniqueur de Fox News Glenn Beck, le présentant comme "une des choses les plus diaboliques que j'ai pu lire". La petite maison d'édition Semiotext(e) (lien posé par PROBE), qui publie le livre, se sert des paroles de Beck pour le promouvoir, et ne parvient plus à faire face à la demande.

 

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Glenn Beck sends 'evil' anarchist manual's sales rocketing

The Coming Insurrection's condemnation at the hands of Fox News commentator provides huge boost to anonymous authors

guardian.co.uk, Friday 19 February 2010 14.58 GMT

It's undoubtedly the last thing he wanted to happen, but when Fox News's vocal right-wing presenter Glenn Beck described French anarchist revolution manual The Coming Insurrection as "quite possibly the most evil thing I've ever read" he sent it soaring to the top of the bestseller charts.

The book, by an anonymous collective of French authors calling themselves the Invisible Committee, is a "call to arms", rejecting the official left and "aligning itself instead with the younger, wilder forms of resistance that have emerged in Europe around recent struggles against immigration control and the war on terror".

Describing itself as "a prescription for an emergent war-machine to spread anarchy and live communism", it has caused ructions in France, where it was proclaimed a manual of terrorism by the French government and where it has also been selling in its thousands. In 2008, the French government arrested four men and five women known as the Tarnac Nine over far-left terrorism, alleging that one of them was the book's author.

Published in the US by tiny Californian press Semiotext(e) last August with an initial print run of just 3,000, a barrage of anti-endorsements from Beck on Fox News has apparently led to it hovering around the top 10 of Amazon's US bestseller charts for the last week, alongside more recognisable titles by the likes of Stieg Larsson and Rick Riordan.

"This is quite possibly the most evil thing I've ever read and it's about to play out in streets of Greece. It's been played out in France," Beck said last week, brandishing a copy of the book. "The story is written by 12 people. Some of them are in jail now over in Europe. They're actual communists. They've been masquerading as democratic socialists: 'Oh, we're not Marxists, we're not communists, we're like you' … This is evil stuff … In it there's one chapter on how to destroy the family". The book promptly soared up Amazon's charts from below the 400 mark where it had been languishing to a high of seventh and a current place of 12th, ahead of Stephenie Meyer's hit Breaking Dawn and Dan Brown's The Lost Symbol – particularly impressive given that it's available for free online in both English and French.

Beck had previously given the book a boost last year even before it was published. Pointing to an extract from the book – "Take up arms. Do everything possible to make their use unnecessary ... There is no such thing as a peaceful insurrection. Weapons are necessary" – he told his viewers to read it. "People on the extreme left are calling people to arms. I am not calling for a ban on this book. It's important that you read this book [...] And let me tell you something: Don't dismiss these people. Don't dismiss them."

Publisher Semiotexte has been lapping up Beck's words, using them as part of its collection of reviews to promote the book and seeing a spike in sales every time he mentions it. "We're having trouble keeping stock in the warehouse," Rebecca Schrader at the book's distributor MIT Press told US publishing magazine Publishers Weekly. "And we're dealing with reprint quantities that we don't see every day."

Beck is probably more pleased with the effect his recent endorsement had on A Patriot's History of the United States, which claims to correct the "biases" that have "distort[ed] the way America's past is taught", rejecting previous history books' searches for "instances of racism, sexism, and bigotry in [America's] history while downplaying the greatness of America's patriots" in favour of recounting the "public virtue, personal liberty, and private property that make this nation uniquely successful".

After Beck spoke about the book on his show last week, he claimed that it moved from around 58,000 on Amazon.com to a current position of one. "I read a lot of in-depth history," said Beck. "This is a beginner's book of history, it is a gateway into the history that no one is teaching ... Last night I mentioned this book, it was 58,000 on Amazon.com. I got off the air, it was number one. It's still number one. Good. Please, please read it."

 

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21/02/2010

Scientologie, retour sur le malencontreux "copier-coller sur un texte de 700 pages"

Publié le 27/10/2009 à 09:46 Le Point.fr

La Scientologie se savait intouchable

Révélation. La secte était ­informée du changement législatif interdisant sa dissolution.

L'e-mail daté du 8 juillet 2009 que Le Point s'est procuré est sans équivoque. Il relance la polémique sur une éventuelle infiltration de la Scientologie dans les rouages de l'État. William C. Walsh, l'avocat américain des scientologues, explique à un journaliste du Wall Street Journal qui prépare un article sur les déboires judiciaires de l'Église de scientologie en France qu'une modification du Code pénal a rendu impossible la dissolution. Du coup, le reporter ne publiera pas son enquête. Pourtant, près de huit semaines plus tôt, le parquet de Paris, qui ignore tout du changement, a requis la dissolution de la secte, poursuivie pour "escroquerie en bande organisée".

Sans que personne ne s'en aperçoive, la commission des Lois de l'Assemblée nationale a modifié un alinéa du Code pénal qui permettait de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie. Ce changement s'est produit au milieu de l'été 2008, lors de la navette du projet de loi de simplification et de clarification du droit pénal entre l'Assemblée nationale et la Chancellerie. Précisément entre le 17 et le 21 juillet. Dix mois plus tard, le 12 mai 2009, la loi est publiée au Journal officiel . Mais il faudra attendre le 14 septembre pour que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, la Miviludes, comme on l'appelle, tire la sonnette d'alarme. " C'est l'avocat des parties civiles dans le procès de la scientologie qui m'a prévenu, explique Georges Fenech, son président. J'ai alerté Matignon, la Chancellerie et la commission des Lois. Sans réponse, j'ai rendu ­l'affaire publique."

Silence suspect

Comment un tel fiasco législatif a-t-il pu se produire à l'insu de tout le monde, alors que l'avocat américain était au courant depuis le 8 juillet, et même bien avant ? Interrogé par Le Point , William C. Walsh a en effet reconnu avoir été informé du changement législatif juste après le réquisitoire du parquet de Paris, le 15 juin. Un sociologue dont il préfère taire le nom aurait, selon lui, alerté l'un des conseils de la secte. Une version reprise par Patrick Maisonneuve, l'avocat de la Scientologie en France. "C'est un de mes collaborateurs, qui, avant les plaidoiries, a repéré la modification sur Legifrance. (1)" Une perspicacité qui en étonne plus d'un. "Il n'y avait aucune raison pour que les avocats de la scientologie se penchent sur la loi de simplification et de clarification du droit pénal, affirme l'éminent juriste Michel Véron. C'est lui qui, dans la Revue de droit pénal diffusée le 15 juillet, s'est étonné le premier : "Cette modification n'avait pas lieu d'être puisqu'il s'agissait d'une simple clarification et non d'un changement de texte." Une remarque qui passera toutefois inaperçue avec les vacances d'été. Jusqu'à ce que Me Olivier Morice, l'avocat des parties civiles au procès de l'Église de scientologie, la découvre début septembre. La secte, elle, était au courant avant de lire la Revue de droit pénal . Avant même la fin du procès.

Pourquoi, dès lors, ses avocats n'ont-ils pas jeté un pavé dans la mare lors de leur plaidoirie ? "Nous avons décidé de ne pas aborder cette question parce que l'on plaidait la relaxe et pas la peine, répond Me Maisonneuve. Nous ne voulions pas faire de publicité jusqu'au délibéré." Reste que ce silence de la Scientologie, alors qu'elle savait avant tout le monde, renforce la suspicion. Déjà, en 1998, la disparition d'une partie d'une procédure instruite au palais de justice de Paris contre la secte avait fait des vagues. "La liste est longue des institutions qui sont noyautées par les scientologues, explique au Point l'avocat américain Graham Berry, bête noire de la secte. On en trouve placés dans les services postaux du Congrès pour intercepter ou donner des indications sur les documents de procédure et sur les plaintes de citoyens."


La Scientologie a-t-elle pu infiltrer la commission des Lois de l'Assemblée nationale ? "Une hypothèse grotesque !" s'emporte Patrick Maisonneuve. Pour en avoir le coeur net, l'Assemblée et la Chancellerie ont diligenté chacune une enquête. Le parcours du texte a été minutieusement décortiqué. "J 'ai tout passé au tamis, l'erreur s'est produite ici, à l'Assemblée, lors de l'un des multiples allers et retours avec la Chancellerie, assure au Point Bernard Accoyer. J'ai identifié l'auteur de la boulette. C'est un administrateur dévoué, au-dessus de tout soupçon. Il a reconnu son erreur et en est profondément affecté ." Un administrateur que Le Point a identifié mais qui n'a pas souhaité faire de commentaire. Il s'agirait donc d'une simple erreur matérielle, un malencontreux "copier-coller sur un texte de 700 pages", dixit le président de l'Assemblée. Sauf que, lorsqu'on se penche sur ledit texte, le changement de formulation saute aux yeux. Alors que le libellé initial évoque "les peines prévues par l'article 131-39", en clair des peines numérotées de 1 à 9 qui peuvent être prononcées en plus de l'amende, on lit désormais "les peines prévues de 2 à 9 de l'article 131-39 ". Ce qui signifie que la peine 1, celle de la dissolution, a été gommée volontairement. "Je suis indigné, je demande une enquête approfondie. S'il le faut, j'engagerai des poursuites pour connaître la vérité", martèle Me Olivier Morice. L'avocat a adressé au président Nicolas Sarkozy une lettre de protestation restée à ce jour sans réponse...(surlignage et mise en caractère gras PROBE)

1. Base de données juridiques.




Claude Guéant : au service de la Scientologie ?

A la Une: Les Radis d'or du PS

Le 20 février 2010 - par Antoine et François
Arnaud Palisson, ancien lieutenant des Renseignements Généraux, était chargé de la surveillance des sectes. Déplacé par Claude Guéant (désormais n°2 de l’Elysée) et Nicolas Sarkozy (aujourd’hui n°1), il s’est exilé au Canada. Fakir – et Là-bas Si J’y Suis – l’ont retrouvé pour vous…

Arnaud Palisson : J’ai commencé à travailler sur les sectes en 1995, quand je suis arrivé à la direction des Renseignements Généraux de la préfecture de police. Puis j’ai été muté à la direction centrale des renseignements généraux au Ministère de l’Intérieur en 1998.
J’ai commencé dans la foulée avec une thèse, un doctorat sur la scientologie.

Fakir : Quel travail avez-vous effectué durant ces années ?

A.P. : J’étais analyste et aussi agent de renseignements. J’allais récupérer de l’information par une gestion des sources humaines.
Pendant ces premières années, suite aux rapports parlementaires de 1995, il y a eu quand même un électrochoc dans la communauté politique et une certaine volonté d’agir sur le phénomène sectaire. En revanche, avec le changement de couleur du gouvernement, en 2002, on a clairement viré casaque.

« Les avocats de la Scientologie réclamaient ma tête »

Fakir : Avec la réélection de Jacques Chirac comme président de le République et l’arrivée de Nicolas Sarkozy comme ministre de l’Intérieur, il y a eu un changement d’ambiance vis-à-vis de la section des RG qui se chargeait des dérives sectaires ?

A.P. : Bien sûr. Mais il a fallu attendre un peu pour qu’on s’aperçoive qu’une optique très neutre se mette en place de la part du gouvernement.

Fakir : Vous dites « neutre », c’est-à-dire que vous n’êtes plus ni pour ni contre les sectes ?

A.P. : Officiellement, on est ni pour ni contre. Mais officieusement, on s’aperçoit quand même qu’on tape plutôt sur ceux qui sont contre.

Fakir : Et c’était qui ? Qui s’est fait taper à ce moment là ?

A.P. : Bah, écoutez… Moi, je me suis fait un peu taper dessus avec la publication de ma thèse et de mon livre.

Fakir : Pourtant votre thèse a eu une excellente note…

A.P. : J’ai eu une mention très favorable avec les félicitations du jury. Je l’ai publiée ensuite en intégralité sur Internet, ce qui n’a pas plu du tout. Le cabinet du ministre de l’Intérieur a reçu des appels des avocats de la scientologie, qui ont demandé à ce que je la retire du net sous peine d’être viré du groupe Cultes et Sectes.

« Vous enlevez votre thèse, ou vous déguerpissez »

Fakir : Et donc vous avez ôtée votre thèse d’Internet?

A.G. : Je ne l‘ai pas enlevée, je l’ai laissée et donc j’ai été mis dans un autre groupe.

Fakir : On vous a viré de la section lutte contre les dérives sectaires des Renseignements Généraux ?

A.P. : Oui.

Fakir : Comment votre éviction s’est-elle déroulée ?

A.P. : La personne qui a géré le dossier concernant mon éviction du groupe « Cultes et Sectes » était Claude Guéant, directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur à l’époque. Il a reçu des coups de téléphone des avocats de la Scientologie, qui demandaient ma tête. Je n’ai jamais été consulté et, aux alentours de mars-avril 2003, on m’a dit : vous enlevez votre thèse ou vous déguerpissez.

Fakir : Et on vous a pas caché que c’était les avocats de la scientologie qui avaient fait pression ?

A.P. : Non non, on me l’a dit.

« Sarkozy, c’est l’Américain. Il ne veut rien faire pour leur déplaire. »

Fakir : Quand vous voyez, quelques mois plus tard, Nicolas Sarkozy dire qu’il « n’arrive pas à se faire une idée très précise du statut de l’Église de la scientologie ». Ou encore dans son livre La République, les religions, l’espérance se déclarer « favorable à la reconnaissance des nouveaux mouvements spirituels », ou encore la réception de Tom Cruise au ministère de l’Économie : ça vous inspire quoi ?

A.P. : Sarkozy, c’est l’Américain, il ne veut rien faire pour déplaire aux Etats-Unis. Leur approche en terme de secte est radicalement différente de la nôtre. Le Département d’État américain a rendu des rapports dans lesquels il soulignait « le climat de persécutions » de la France à l’encontre des nouveaux mouvements religieux. Cela faisait partie des choses qui fâchaient et il a décidé de lever le pied sur ce sujet.

Elysée : un silence à 7,5 millions d’euros

Afin d’obtenir le point de vue de Claude Guéant, Fakir – et Là-bas Si J’y Suis – ont appelé l'Elysée, rappelé, re-rappelé, envoyé un courriel, renvoyé un autre courriel, rere-rappelé. Jusqu’à ce mur du silence :

Une chargée de com’ : Bureau de Franck Louvrier, bonjour.

Fakir : Oui, bonjour, excusez moi de vous déranger, cela fait plusieurs fois que je vous appelle pour avoir des informations sur Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et la Scientologie.

La chargée de com’ : Oui, j'ai lu votre mail.

Fakir : Je voulais savoir si il y avait une réponse ou non car ça fait environ un mois que j'attends…

La chargée de com’ : Attendez, je me renseigne… Non, je n'ai pas eu de réponse. Le papier est toujours sur son bureau.

Fakir : Vous êtes pourtant 51 personnes au service de communication de l'Elysée pour un coût annuel de 7,5 millions d'euros. J'ai du mal à comprendre comment c’est possible?

La chargée de com’ : Hum…

Silence.
Long silence.

Fakir : Le but du service de communication n'est-il pas d'empêcher la communication plutôt que de la diffuser?

La chargée de com’ : Ecoutez… je suis vraiment désolé… donc voilà…

Silence.
Long silence.

(exclusivité édition électronique)

Le journal Fakir est un journal papier, en vente chez tous les bons kiosquiers ou sur abonnement. Il ne peut réaliser des enquêtes, des reportages, que parce qu'il est acheté.

 

vidéo de rappel :



 

lien vers la thèse

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Afghanistan : 10 millions d'euros pour deux journalistes et 260 millions d'euro de crédit "urgence opérationnelle" (2009).

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Dix millions d'euros déjà dépensés pour la recherche des journalistes en Afghanistan

[ 21/02/10  - 12H02 - AFP  ] © AFP/Archives - Joël Saget


Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a indiqué dimanche que le coût des opérations menées jusqu'à présent pour rechercher les deux journalistes de France 3 enlevés fin décembre en Afghanistan s'élevait à plus de 10 millions d'euros.

"A l'heure actuelle, nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros pour cette affaire", a-t-il déclaré lors du "Grand rendez-vous Europe 1 - Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"Je donne le chiffre parce que j'appelle au sens de la responsabiltié des uns et des autres", a poursuivi le général Georgelin, assurant "bien sûr" qu'il ne s'agissait "pas de remettre en cause le droit à l'expression et la liberté de la presse".

Mais, a-t-il insisté, il s'agit de faire preuve de "sens des responsabilités et de discernement".

Les deux journalistes de la chaîne publique France 3 ont été enlevés le 30 décembre sur une route entre Surobi et Tagab, dans la province de Kapisa (est).

 

Publi-information :

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suite de l'article :

Urgences opérationnelles : accord franco-britannique

Par délégation du ministre de la Défense, le Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, et son homologue, Quentin Davies, ont signé le 18 février 2010 à l’ambassade du Royaume-Uni à Paris un accord de coopération (MoU) dans le domaine des urgences opérationnelles . Cet accord intervient 8 mois après le sommet franco-britannique de juillet 2009, au cours duquel les ministres de la Défense français et britannique, Hervé Morin et Bob Ainsworth, ont décidé de coopérer sur les acquisitions en urgence opérationnelle.

L’urgence opérationnelle est un mode exceptionnel d’achat d’équipements militaires qui vise à répondre dans des délais restreints (en moyenne 6 à 12 mois) aux besoins immédiats des unités en opérations. En 2009, la Direction générale de l’armement (DGA) a passé 36 nouveaux contrats en urgence opérationnelle, pour un montant de 260 millions d’euros, et pour des matériels essentiellement destinés aux forces en Afghanistan.

Cet accord constitue une grande première entre États européens. Il propose un cadre pour mener en commun des acquisitions en urgence opérations fondé sur cinq scénarios différents allant de la passation de contrats en commun à la vente d’État à État, en passant par l’aménagement de contrats existants pour inclure les besoins du partenaire. Cet accord a été ratifié pour une durée de cinq années renouvelable.

Cet accord constitue un nouvel exemple du dynamisme de la coopération franco-britannique.

Contact presse DGA/COMM


Jean-Paul Hébert a calculé que depuis 1972, les différentes Opex avaient couté 20 milliards d'euros. On peut lire son travail ici.
En 2008, les opérations extérieures devraient coûter 908,20 millions d'euros, prévoit le ministère de la Défense. Ce chiffre, rendu public par l'hebdomadaire Air et Cosmos, est en forte augmentation. Le surcoût des Opex était de 513,74 millions en 2006 et de 678,02 millions en 2007. Soit une augmentation de plus de 75 % en deux ans.(source JD Merchet blog Secret Défense)

Le coût des opex continue de croître : "Il devait s'élever à 873 millions d'euros en 2009, en augmentation de 5% par rapport à 2008", assure le Cema. En cause, le durcissement du conflit afghan et la réorganisation du dispositif français dans ce pays. Les armées ont ainsi dû acquérir de nouveaux équipements pour la protection des forces. La mise en place de matériels modernes (hélicoptères Tigre, canons Caesar, etc) coute cher en transport et en maintenance.(source JD Merchet blog Secret Défense)


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20/02/2010

Libérez Baligh KAIS, transféré du CRA de Geispolsheim à celui de Metz

http://www.lalsace.fr/fr/permalien/article/2731558/Transfert-surprise-d-un-detenu-du-centre-de-retention.html

Etrangers

Transfert surprise d’un détenu du centre de rétention

Un détenu du centre de rétention (CRA) de Geispolsheim, en grève de la faim, a été transféré hier après-midi au CRA de Metz sans que son épouse en soit informée.

« On a dit à mon mari qu’il allait voir un juge, mais quand j’ai réussi à le joindre, il m’a dit qu’il roulait en direction de Metz ». Nadia est très inquiète. Cette étudiante tunisienne ne savait pas hier où les autorités françaises avaient emmené son mari, Baligh Kais, retenu au CRA de Geispolsheim depuis le 11 février. « Il a écrit au préfet jeudi qu’il n’était pas d’accord avec le jugement du tribunal administratif et qu’il allait faire une grève de la faim. Il a été suivi par une vingtaine d’autres personnes du centre. C’est peut-être pour cela qu’on a voulu l’éloigner. »

Le grand-père de Baligh Kais est né en Algérie. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il est français. Trois de ses frères et sœurs sont français. Son père, gravement malade, est soigné en France où il réside régulièrement.

Baligh Kais, qui est né en France, est retourné en Tunisie à l’âge de 5 ans. N’ayant pas suivi les changements successifs des lois en France, il a laissé passer le moment de demander sa régularisation. Début 2006, il est venu en France pour assister son père. Le 11 février dernier, il a été interpellé en gare de Strasbourg et enfermé au CRA. Le 16, il a été débouté de son recours contre l’obligation de quitter le territoire français délivrée par la préfecture.

S’il est renvoyé en Tunisie, son épouse, sans revenus, ne pourra pas poursuivre ses études et perdra son logement. Et son père ne pourra plus le voir. L’ordre de Malte qui a remplacé la Cimade auprès des détenus du CRA était injoignable hier.

Les services de la préfecture ont indiqué hier soir que Baligh Kais avait effectivement été transféré au CRA de Metz pour libérer de la place à Strasbourg en raison d’un afflux de nouveaux arrivants…

G.D-A.



http://la-feuille-de-chou.fr/?p=6561

L’honneur perdu du préfet Pierre-Etienne Bisch et de son collègue de Moselle

Libérez Baligh KAIS!

La Feuille de Chou revient une fois de plus sur le cas de M. Baligh KAIS, ce travailleur tunisien qui était en rétention depuis jeudi dernier au CRA de Geispolsheim.

Qui était? N’y serait-il plus? Aurait-il été expulsé? Non!

S’est-il échappé du Centre? Non plus, hélas!

Aurait-il été libéré? Non plus!

Alors?

On se souvient qu’hier, il avait déclaré commencer une grève de la faim, et que de dix à vingt autres « retenus » comme ils disent en langue de bois administrative, semblaient sympathiser avec la même idée.

De là à s’imaginer qu’il était un leader, il faut être chef-gendarme ou plus haut encore pour le croire.

Toujours est-il que cet après-midi, vers 15h, on a été prévenu que Baligh Kais avait quitté le CRA de Geispolsheim,  convoyé par la Gendamerie Nationale.

Vers quelle mystérieuse destination? Va savoir! Lui-même l’ignorait.

En tout cas, les gendarmes lui ont ment,i sur ordre, en prétextant une visite chez le juge, puis un trop plein paraît-il dû à la venue au CRA de familles!

Mensonge total, car le CRA de Geispolsheim n’est pas équipé pour recevoir des familles avec enfants.

On imagine l’inquiétude de l’épouse de Baligh, étudiante en région parisienne!

Enfin, vers 18h, on apprit qu’il se trouvait au Centre de rétention de Metz.

Comme l’Alsace-Moselle est accueillante avec les étrangers sans papiers!

On n’aimerait pas être à la place de Pierre-Étienne Bisch préfet de la région Alsace , et du Département du Bas-Rhin.

On ne serait pas fier, le matin en se rasant, ni le soir en se couchant, pas fier de traiter un « retenu«   « wi eine Stück, comme on disait en 1942, outre-Rhin, -comment dit-on en arabe?-un machin qu’on déplace, qu’on trimballe, qu’on déporte, au sens propre de ce mot, c’est à dire qu’on exile, selon le Petit Robert, serait-ce de Geispolsheim à Metz, du Bas-Rhin à la Moselle, en attendant de lui faire prendre l’avion vers la Tunisie, lui qui est né en France!

Le préfet s’imagine-t-il que les co-retenus de Geisposheim vont renoncer à protester de la situation qui leur est faite? Qu’ils cesseront d’exiger leur libération? Qu’ils ne réclameront plus des repas meilleurs et, pourquoi pas, halal, pour les musulmans?

Le préfet serait-il du genre de ces gens du pouvoir qui s’imaginent que si on coupe de supposées têtes, les corps, les jambes, et les  bras seront paralysés?

Détrompe-toi, préfet, cette chienlit repousse comme de la mauvaise herbe après la pluie.

Je suis des millions, comme disait un cagoulé mexicain fumeur de pipe!

Reviens, Jean Moulin!

Dernière minute!

A 22h on a été prévenu de source vérifiée et sûre que M. Kais a été mis à l’isolement au CRA de Metz! Et qu’en plus, à l’endroit où il se trouve,

il y a peu de réseau téléphonique, ce qui rend dificile la communication avec lui. Les brimades doivent cesser!

A propos du silence des médias

Au vu des contact pris, depuis hier, on a un petit espoir que demain samedi, enfin, certains briseront le silence qui protège cette politique inhumaine

menée au nom du peuple français, à qui on préfère raconter des histoires de foulards ou d’insécurité, à n’en plus finir, sans parler des médailles aux Jeux d’hiver.

A quoi sert de réaliser une interview comme telle radio, si c’est pour la laisser sous le boisseau (ordre d’en haut?).

Note grand concours du média le plus prompt à informer enfin de ce qui se passe dans la zone boisée entre des bretelles d’autoroute, près du centre commercial de la Vigie  est lané.

De nombreux prix à gagner, dont un abonnement d’un an et plus si affinités à la Feuille de Chou…le petit média indépendant qui informe lui des choses essentielles.

06:44 | Lien permanent | Commentaires (1) |

19/02/2010

Enseignement expérimental au Lycée-Collège Claude Bernard de Villefranche-sur-Saône : Zeyneb, exclue trois jours pour "prosélytisme"...un t-shirt Palestine Libre (réactualisé)

« Le microbe n'est rien, c'est le terrain qui est tout. »

 

La mère de Zeyneb, exclue pour le port d'un tee-shirt propalestinien, dénonce cette mesure (www.20minutes.f)

Zeyneb a bien été sanctionnée pour avoir porté un tee-shirt propalestinien. Cette élève de 16 ans, en 3e au collège Claude-Bernard de Villefranche, a été exclue pour trois jours après une altercation avec son prof d'histoire, survenue le 29 janvier. Dans la notification de la mesure disciplinaire, dont 20 Minutes a obtenu copie, la direction du collège indique que « vu les faits commis, à savoir acte de prosélytisme et départ d'un cours sans autorisation avec refus d'obéissance », une exclusion provisoire est prononcée à l'encontre de Zeyneb.

« C'est un message de paix »
Depuis, la mère de l'élève réclame le retrait de cette exclusion. « Ma fille porte ce tee-shirt depuis deux ans. Cela n'a jamais posé problème. “Palestine libre”, c'est un message de paix », explique Amel. Cette dernière demande une sanction à l'encontre de l'enseignant : « Un professeur qui, en plein cours sur la Russie, dit que les Arabes ne sont bons qu'à piquer la terre des Israéliens, doit être puni. » Ce 29 janvier, Zeyneb était venue en classe avec un tee-shirt propalestinien. Le professeur lui avait alors demandé de le cacher. L'élève a préféré quitter la classe et le collège pour rejoindre « en pleurs » sa mère sur son lieu de travail. Quelques jours plus tard, la sanction tombait.
Mercredi, l'inspection académique du Rhône indiquait que cette élève avait été sanctionnée « pour avoir quitté l'établissement » et non « pour avoir porté ce tee-shirt ».

élisa frisullo
Un millier de lettres soutien

Selon le Collectif caladois pour le peuple palestinien, un millier de lettres de soutien à Zeyneb ont été adressées à sa famille ou directement au collège de Villefranche pour réclamer le retrait de la mesure d'exclusion. Cette sanction doit prendre effet les 2, 3, et 4 mars. Le collectif pourrait faire appel de cette décision auprès du rectorat de Lyon.

 

« C’est ce que nous pensons déjà connaître qui nous empêche souvent d’apprendre. »

 

 

Soutenons Zeyneb, exclue de son collège pour 3 jours pour avoir osé porter un tee-shirt "Palestine libre !"

 

Écrivez au proviseur du collège de Zeyneb : claudeb69@gmail.com avec copie à : ccpp69400@yahoo.fr !

 



Zeyneb D., élève de 3ème au collège Claude Bernard de Villefranche-sur-Saône (69400), est victime d'une exclusion de 3 jours pour avoir osé porter en classe un tee-shirt « Palestine libre ! ».

Son professeur d'histoire avait, dans un cours précédent, fait l'éloge d'Israël, reprenant à son compte toute la rhétorique justifiant la colonisation de la Palestine.

Zeyneb a eu le courage de s'opposer à cette propagande en venant le lendemain en classe avec un tee-shirt : « Palestine libre ! ».

Sommée de cacher son tee-shirt ou de quitter le cours, Zeyneb, face aux cris de son professeur, a préféré sortir de classe. Le professeur s'en est alors pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et de « charlatans ».

La direction du collège, prenant fait et cause pour le professeur, a décidé d'exclure pour trois jours l'élève Zeyneb...

Parce que nous n'acceptons pas qu'un enseignant face la promotion d'un état colonial et raciste, parce que nous saluons le courage de Zeyneb de s'être opposée, avec ses propres moyens, au prosélytisme de son professeur :

Nous demandons l'annulation immédiate de la sanction (prévue pour prendre effet le 2 mars) et la pleine et entière réhabilitation de Zeyneb.

Nous demandons en outre que Zeyneb et ses camarades puissent bénéficier à l'avenir d'un enseignement d'histoire de qualité, honnête, neutre et respectueux des principes de la République, qui ne fasse pas l'éloge éhontée de la colonisation.

Écrivez au proviseur du collège de Zeyneb : claudeb69@gmail.com avec copie à : ccpp69400@yahoo.fr !

 



Exemple de mail :

Monsieur le Proviseur du collège Claude Bernard de Villefranche-sur-Saône,

J'ai pris connaissance du cas de Mlle Zeyneb D. que vous avez décidé d'exclure pendant 3 jours pour avoir osé porté en classe un tee-shirt « Palestine libre » et parce qu'elle a quitté le cours, sous les hurlements de son professeur (ce que vous nommez désobéissance !).

Mais vous savez fort bien que Zeyneb ne faisait que répondre à la propagande de son professeur d'histoire, qui dans un cours précédent, faisait l'éloge d'Israël, en parfaite violation des principes de l'école républicaine. Plus tard, ce même professeur s'en est pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et de « charlatans » !

C'est pourquoi je vous demande l'annulation immédiate de la sanction visant Mlle Zeyneb D. et sa pleine et entière réhabilitation. Je demande en outre que Zeyneb et ses camarades puissent bénéficier à l'avenir d'un enseignement d'histoire de qualité, honnête, neutre et respectueux des principes de la République, qui ne fasse pas l'éloge éhontée de la colonisation.

[Signature]

 

Communiqué de presse du Collectif caladois pour le peuple palestinien

Villefranche-sur-Saône, le 15 février 2010.

Le Collectif caladois pour le peuple palestinien (CCPP) témoigne tout son soutien à Zeyneb D., élève en classe de 3ème du collège Claude Bernard de Villefranche-sur-Saône (69400), victime d'une exclusion de 3 jours pour avoir osé porter, en classe, un tee-shirt « Palestine libre ! ».

Alors que son professeur d'histoire avait, dans un cours précédent, fait l'éloge d'Israël et repris à son compte et devant les élèves toute la rhétorique justifiant la colonisation de la Palestine, Zeyneb a eu le courage de s'opposer à cette propagande indigne d'un fonctionnaire de la République en venant le lendemain en classe avec un tee-shirt : « Palestine libre ! ». Sommée de cacher son tee-shirt ou de quitter le cours, Zeyneb, choquée et humiliée par les cris de son professeur, a préféré sortir de classe. Le professeur s'en est alors pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et de « charlatans ».

La direction du collège, prenant fait et cause pour le professeur, a décidé d'exclure pour trois jours l'élève Zeyneb…

Si l'École de la République ne saurait encourager le prosélytisme de la part des élèves, elle peut encore moins le supporter d'un enseignant. À cet égard, la réaction de l'élève Zeyneb relève du courage et de l'exemplarité dans son refus de voir réécrire l'histoire par son professeur et de voir bafouer les droits imprescriptibles de tout un peuple. Le droit des peuples a disposer d'eux-mêmes, inscrit dans la Constitution de la République (Préambule), fait partie de l'enseignement d'éducation civique de la classe de 3ème. Le défendre est tout sauf un acte de prosélytisme.

Le Collectif caladois pour le peuple palestinien demande donc l'annulation immédiate de la sanction prise contre Zeyneb D. ainsi que sa complète réhabilitation. Il demande en outre que Zeyneb et ses camarades puissent bénéficier à l'avenir d'un enseignement d'histoire de qualité, honnête, neutre et respectueux des principes de la République, qui ne fasse pas l'éloge éhontée de la colonisation.

Font également partie du Collectif caladois pour le peuple palestinien un certain nombre d'enseignants, actifs ou retraités, ainsi que des organisations syndicales (FSU), qui ont tenu à faire la déclaration suivante : « Tous, nous avons été scandalisés par le comportement et les paroles de ce « collègue » : de tels propos tendancieux, est-ce là l'enseignement ? L'humiliation et la violence traumatisante infligées à une adolescente, est-ce là la pédagogie ? Nous entendons dénoncer une faute grave : et professionnelle, et humaine – une attitude indigne d'un enseignant responsable. »

Contact du collectif: ccpp69400@yahoo.fr

 

 

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Le professeur s'explique : « J'ai senti que ça dérapait »

le 23.02.2010 04h00


Que s'est-il passé ce fameux 29 janvier dans la salle de classe ?

Le 26, dans le cadre de mon cours d'histoire-géo, j'évoque la fin des Trente Glorieuses causée par la hausse du prix du pétrole, consécutive à la victoire d'Israël dans la guerre du Kippour. Cela a duré trois minutes.

C'est à ce moment-là que votre élève a protesté ?

Non, elle s'est présentée le 29 avec ce tee-shirt et je lui ai demandé de le cacher en lui expliquant que c'était interdit par le règlement. Elle refuse, s'obstine, me répond puis ramasse ses affaires. Je la préviens des conséquences de son geste et lui dis que je ferai un rapport. Elle a quitté la salle de cours.

Quelle a été la réaction des autres élèves ?

Les clashs en cours, cela arrive. Dans le cas présent, c'est un problème d'indiscipline classique. Les élèves ont posé des questions. Je leur ai expliqué que la liberté d'expression était nécessairement réduite au sein d'un établissement. J'ai dit également que le problème palestinien était une cause bien trop grave pour être défendue par des « charlots », des personnes qui ne maîtrisent pas tous les enjeux de ce conflit. Cette parenthèse (l'incident et le dialogue) a duré dix minutes.

Zeyneb vous reproche d'avoir tenu des propos pro-israéaliens dans vos cours...

C'est faux. Je n'ai jamais tenu de tels propos. Dix jours après, elle a été convoquée avec ses parents par la direction. Ce jour-là, elle est venue avec sa mère et un membre du collectif pro-palestinien. J'ai senti que ça dérapait. J'étais en colère et en même temps abasourdi par ces reproches que l'on me faisait. Je m'efforce d'être le plus carré possible dans mes cours, dans le respect de la neutralité politique, idéologique et religieuse. Le collectif a publié un message le lundi sur Internet et tout s'est emballé.

Vous avez rencontré aujourd'hui l'inspectrice d'académie. Comment s'est passée cette entrevue ?

Très bien. J'ai l'impression que l'on me soutient.

Que ressent-on quand on est au cœur d'une telle polémique ?

C'est une polémique qui dépasse les frontières. J'ai lu dans la presse et sur Internet des choses fausses. C'était toujours le même son de cloche, celui du collectif. C'est choquant : pour moi, ce problème d'indiscipline doit rester au sein de l'établissement. Tout le monde est venu mettre son nez dans mon travail et raconter n'importe quoi. C'est inadmissible.

Je suis inquiet des conséquences d'une telle affaire. Que se passera-t-il le jour de la rentrée ?

 

21 février 20:01, par Secrétariat de la FSU du Rhône

Dans un communiqué de presse du mardi 16 février 2010, le collectif caladois pour le peuple palestinien finissait par la déclaration suivante : « Font également partie du Collectif caladois pour le peuple palestinien un certain nombre d’enseignants, actifs ou retraités, ainsi que des organisations syndicales (FSU), qui ont tenu à faire la déclaration suivante : « Tous, nous avons été scandalisés par le comportement et les paroles de ce « collègue » : de tels propos tendancieux, est-ce là l’enseignement ? L’humiliation et la violence traumatisante infligées à une adolescente, est-ce là la pédagogie ? Nous entendons dénoncer une faute grave : et professionnelle, et humaine – une attitude indigne d’un enseignant responsable. » »

Même si la FSU est membre du collectif calladois, la FSU du Rhône tient à préciser qu’elle n’a été en aucun cas consultée pour la rédaction de ce communiqué et qu’elle n’est donc pas responsable des propos relatés, en particulier ceux concernant l’attitude de l’enseignant.

La FSU estime que, sur cette affaire, toute prise de position doit prendre en compte la version des deux parties. Pour l’occasion, donc, en plus de la version de l’élève et de sa famille, qui a largement été relayée, il convient de prendre connaissance de celle des enseignants du collège et en particulier celle du professeur concerné. A ce jour, vu les vacances scolaires, la FSU n’en a pas eu connaissance. Par ailleurs, la FSU conteste une méthode conduisant à la mise en accusation publique d’un enseignant au terme d’un emballement médiatique centré sur la version d’une seule des parties.

La FSU se prononcera sur le fond de cette affaire lorsqu’elle sera en possession de tous les éléments permettant de le faire.

11:02 | Lien permanent | Commentaires (5) |

Demandez aux Français s'ils préfèrent avoir comme ministre de l'Intérieur Charles Pasqua ou Pierre Joxe, vous serez stupéfait...

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De la pression politico-médiatique :

Info via Wiki:

Gilles Boulouque est un magistrat français. Il est le père de Clémence Boulouque, romancière.

Gilles Boulouque fut le magistrat instructeur des attentats de 1986, mettant en cause l'Iran.

Gilles Boulouque s'est suicidé le 13 décembre 1990 sous la pression politico-médiatique.

 

Le juge Boulouque est notamment au cœur de la polémique liée à la libération de Wahid Gordji en novembre 1987. Dans son enquête sur les attentats commis à Paris en 1986 par le réseau de Fouad Ali Saleh, le juge d’instruction veut faire interpeler Wahid Gordji, interprète, considéré comme le n° 2 de l’ambassade d’Iran à Paris. Celui-ci se retranche dans l'ambassade.

Charles Pasqua, ministre de l'intérieur, décide semble-t-il de se servir de Gordji comme monnaie d'échange contre les otages français détenus au Liban. L'Iran fait pression sur le Hezbollah, qui, le 28 novembre 1987, libère Roger Auque et Jean-Louis Normandin. Le lendemain, Gordji est enfin entendu par le juge Boulouque mais il ne tarde pas à prendre l'avion pour Téhéran, libre, le juge n’ayant retenu aucune charge contre lui.

Gilles Boulouque est très affecté par une caricature de Plantu à la une du « Monde », et écœuré par l’exploitation politicienne de cette libération, au point de porter plainte contre deux journalistes de « Libération » et du « Monde » qui mettent en cause son indépendance. Quelques mois plus tard, le magistrat est mortifié par l’attitude de la Chancellerie qui permet son inculpation pour « violation du secret de l’instruction » sur plainte de Fouad Ali Saleh en novembre 1988.

L'affaire Gordji donne lieu à un échange verbal très tendu entre François Mitterrand et Jacques Chirac lors du débat télévisé qui clôt la campagne présidentielle de 1988. Le président de la République accuse son premier ministre de lui avoir dévoilé les soupçons pesant contre Wahid Gordji, ce que Chirac dément.

 

 

LIBERATION D’ANIS NACCACHE

L’extrémiste pro-iranien avait tenté d’assassiner l’ancien premier ministre du Chah. Deux personnes avaient été tuées Sa libération avait été régulièrement exigée par les terroristes qui avaient organisé la vague d’attentats en 1986 à Paris

La nouvelle est tombée vendredi en fin d’après-midi. Un communiqué publié par le ministère de la Justice annonçait : « Anis Naccache, Mehdi Nejad Tabrizzi, Faouzi Mohamed el Satari, Mohamed Jawat Jenab, Salaheddine Mohamed el Kaara, ont bénéficié d’une mesure de grâce après avoir effectué dix ans de réclusion criminelle. Ils ont fait l’objet d’arrêtés d’expulsion du territoire français qui ont été exécutés ce jour ».

Anis Naccache avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 10 mars 1982 pour l’attentat manqué, le 18 juillet 1980 à Neuilly, contre l’ancien premier ministre du Chah d’Iran, Chapour Bakhtiar, exilé en France. Pendant les deux premiers mois de 1979, ce dernier avait été l’organisateur de la répression - qui avait fait des centaines de morts - des manifestations populaires contre la monarchie iranienne à la veille de sa chute.

Anis Nakkache, d’origine libanaise et de confession chiite, était le chef d’un commando composé de deux Iraniens, d’un Palestinien et d’un autre Libanais. Trois de ses complices avaient été condamnés à l a réclusion criminelle à perpétuité et le quatrième à 20 ans de prison. L’action terroriste avait coûté la vie à deux personnes dont un policier. Trois gardiens de la paix avaient été blessés, dont un gravement, paralysé à vie.

Anis Naccache s’est envolé de l’aéroport d’Orly vendredi peu avant 17 heures pour Téhéran, en compagnie de ses quatre complices, à bord du Boeing-747 assurant le vol régulier d’Iran Air.

L’Iran et les groupuscules extrémistes se réclamant de Téhéran au Liban ont régulièrement exigé la libération d’Anis Naccache qui, pour eux, n’avait que tenté d’exécuter « un jugement de Dieu ». De son côté, Anis Naccache avait, en février 1989, à la veille d’une visite à Téhéran du ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, demandé aux autorités iraniennes de « rappeler à la France ses engagements », laissant ainsi entendre que sa remise en liberté faisait partie du prix à payer par la France pour la libération des otages détenus au Liban. Pour obtenir sa libération il a observé une longue grève de la faim, du 11 septembre 1989 au 26 janvier 1990.

Devenu, à tort ou à raison, un enjeu politique important, son nom a été régulièrement évoqué à l’occasion des négociations pour la libération des otages français détenus au Liban. Les organisateurs de la vague d’attentats terroristes qu’à connue notre pays en 1986 ont régulièrement réclamé la libération de Naccache.

En septembre 1985, à l’occasion d’une première tentative de négociations pour la libération des otages français, Mohamed Sadek, un représentant des Gardiens de la révolution iraniens avait évoqué, à Paris, l’éventualité d’un échange avec Naccache.

C’est en février 1986 qu’a eu lieu la première vague d’attentats en France. Ces actions terroristes avaient été revendiqués par le « Comité de solidarité avec les prisonniers arabes du Proche-Orient » (CSPPA) qui a exigé la libération de quatre terroristes internés en France, parmi lesquels Anis Naccache. Celui-ci, dans un télégramme à son avocat, avait immédiatement condamné les attentats. En septembre de la même année une nouvelle série d’attentats meurtriers à Paris avait également été revendiqués par le CSPPA. Ces tueries - chacun a en mémoire le carnage de la rue de Rennes - avaient, au total fait 13 morts et 450 blessés.

Anis Naccache qui s’était toujours présenté comme chargé d’une mission précise, l’assassinat de Chapour Bakhtiar, a proposé le 27 septembre de l’an dernier d’indemniser toutes les victimes de l’attentat qu’il avait organisé en 1980. Il n’est pas le seul terroriste libéré avant le terme normal de sa peine - ou avant toute condamnation - par les autorités françaises. Déjà en janvier 1977, par exemple, sous la présidence de Giscard d’Estaing, le Palestinien Abou Daoud, considéré comme le responsable de la prise d’otages aux Jeux olympiques de Munich le 5 septembre 1972 (17 athlètes israéliens tués) était expulsé. En janvier 1983, le Palestinien Hosni Haj Eid Walid, auteur de la prise d’otages à l’ambassade d’Irak, condamné en mars 1980 à huit ans de réclusion, avait été libéré sans conditions et expulsé. En février 1986, Assed Kayed et Husni Hatem avaient également été élargis. Ils étaient les assassins d’Ezzedine Kalak, représentant de l’OLP à Paris, tué le 3 août 1978. Vahid Gordji, un des responsables de l’ambassade d’Iran en France, a été expulsé le 29 novembre 1987. Réfugié depuis le 30 juin dans l’ambassade iranienne, Gordji sera échangé avec Paul Torri, consul de France à Téhéran, après un blocus de cinq mois des ambassades respectives. Deux jours auparavant, étaient libérés deux otages français au Liban, Jean-Louis Normandin et Roger Auque.

C’est à partir de ce moment-là que l’on assista aux premiers signes d’une normalisation des relations franco-iraniennes. La grâce d’Anis Naccache devrait confirmer la « volonté politique » sans laquelle les négociations ne peuvent pas aboutir, ainsi que l’a rappelé à plusieurs reprises le négociateur français, François Scheer, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. En septembre 1989, l’Iran avait accepté de dissocier les discussions sur le contentieux de l’affaire Naccache. Ce faisant, Téhéran libérait la France d’une pression, et facilitait une grâce éventuelle. Les négociations franco-iraniennes portent d’une part sur le remboursement par Paris du reliquat (340 millions de dollars) et des intérêts d’un prêt d’un milliard de dollars octroyé par l’Iran du Chah au Commissariat à l’Energie atomique et d’autre part, sur les compensations que l’Iran doit verser à des sociétés françaises pour contrats rompus unilatéralement. www.humanite.fr

 

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16/02/2010

Y'a de la rafle dans l'air

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22 v'la la SDAT

 

Alors que de nombreuses arrestations de militants pour la liberté de circulation ont eu lieu lundi 15 février à l’aube à Paris, les services "antiterroristes" sont à la manoeuvre à Lyon depuis quelques jours.

Fin janvier, quelques jours après l’ouverture du Grand Lyeu deux personnes se font contrôler devant la porte. « Contrôle de routine » par la BAC. Les flics repartent avec un numéro de téléphone portable et deux identités.

Deux semaines plus tard un coup de fil : « bonjour, police du huitième, on aimerait bien discuter avec vous… ». Convocation informelle à Marius Berliet sans plus d’explications. C’est en fait un flic de la Sous Direction AntiTerroriste qui le reçoit, très détendu. Un flic sympa, qui dit du mal des bourrins de la BAC, qui joue au papa bienveillant dans le cours de la discussion. N’empêche il en profite pour interroger pêlemêle sur l’affaire de Chambéry, les tags et les actions en soutien aux inculpés de Vincennes et puis il aimerait bien savoir ce qui se passe dans les squats en ce moment. « Ce "grand lieu" il y a des gens dangereux à l’intérieur ? Des gens violents ? Est ce que vous discutez des black blocs ? Qui organise l’autodéfense le dimanche, les projections-débat, etc. ». Lui, c’est un super flic. Il court après les poseurs de bombe, pas les « gamins qui jettent des pierres sur la police ». Sous entendu « tu peux me raconter toutes ces broutilles que je donne l’impression de connaitre : et en balançant un maximum de nom si possible ».

A la différence de la DCRI, la SDAT n’est pas censée faire de la surveillance générale. Elle débarque parce qu’elle est saisie dans le cadre d’une enquête bien précise. Là ça peut être plusieurs choses : les suites de l’affaire de Chambéry, l’enquête en cours sur les actions de soutien aux inculpés de Vincennes, une enquête au long cours sur les ramifications des réseaux d’ultra-gauche. Dans tous les cas ces flics cherchent à établir des connexions, identifier les réseaux, voir qui traine avec qui… Et ce qui bloque le travail de la police jusque-là c’est que les gens se tiennent plutôt bien : d’où l’idée de recruter des sources d’information. Ça peut être un militant à qui on dit, au cours de son audition déjà par la SDAT, que sa démarche est juste mais qu’il faut se méfier des extrémistes violents qui pourraient profiter de la situation. Pourquoi pas les balancer ? En échange les flics se disent prêt à être plus "coulants" sur certaines luttes. Là c’est un peu la même : « je te passe un coup de fil dans deux semaines, on pourra rediscuter de où ça en est, le grand lieu, s’il se passe des choses ». Tentative un peu grossière pour recruter un indic… même s’il suffit souvent de se pointer à la convocation pour devenir indic malgré soi : on en dit toujours un peu plus, des noms sont évoqués, on confirme les soupçons de la police à demi mots, par des silences alors que jusque là on bavardait gentiment. Il n’y a pas de conversation anodine avec la police.

La SDAT à Lyon, c’est bien cohérent avec la note de 2008 qui enjoignait aux parquets locaux de faire remonter tous les faits intéressants à la juridiction antiterroriste de Paris(tags anti-prison, actions anti-carcérales ou de soutien aux sans-papiers) .

Récemment des tentatives pour recruter des indics ont eu lieu dans les mouvements des défense des animaux, dans les luttes lycéennes ou étudiantes. Au delà de ces convocations au premier abord farfelues ce contexte peut impliquer un niveau de surveillance accru : surveillance des téléphones (écoutes, géolocalisation, analyse des répertoires), des ordinateurs, des lieux (squats, appartements grillés) et des personnes (filatures par exemple à partir d’un lieu grillé, photos…).

Les bavardages dans le milieu ou au téléphone facilitent le travail des flics. Ils parlent de terrorisme, c’est des grands mots mais là ils en sont à faire leur boulot un peu chiant de ratissage super large. Donc ça en passe plutôt par de la discussion « informelle » et pas par une montée directe à Levallois avec garde à vue de 96 heures.

Le minimum, et le plus sûr, c’est de ne pas se rendre aux convocations qu’elles soient formelles ou non. Rien légalement ne nous y oblige. Au pire les flics viennent nous chercher. Au mieux ils lâchent l’affaire. A Paris, dans une affaire d’antiterrorisme visant la « Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne » la décision a été prise collectivement, par des séries de discussions, de ne pas aller aux convocations. Ça facilite la vie aux gens qui se sentent en danger ou qui ont peur de ce qu’ils pourraient lâcher, à celles et à ceux qui ne veulent pas filer leur ADN ni tailler le bout de gras avec les flics. Et c’est le b.a-b.a pour leur griller le terrain, défendre nos solidarités et nos pratiques de lutte.

 


Témoignage de Hélène, du RESF de Paris Nord-Ouest, qui gère la liste des alertes rafles.

Date : 15 février 2010 23:38
Objet : Hélène; garde à vue

À 6h10, quatre hommes et une femme ont frappé à ma porte, ont dit que c’était la police. J
ai ouvert. Ils portaient des gilets pare-balles. Je ne me souviens plus si ils mont montré un papier dès leur arrivée. Je sais que jen ai signé un après mais ne me rappelle plus quoi. Ils mont parlé des «mes engagements politiques de gauche». Tout ce moment reste très flou, jétais surprise et je me demandais ce quil se passait.

Au bout d
’un moment ils m’ont dit chercher des bombes de peinture et m’ont parlé de destruction de DAB (distributeurs automatiques de billets). Ils ont cherché de la littérature subversive. Ils ont pris en photos des livres (le dernier de RESF, De la désobéissance civile…). Ils ont fouillé partout. Ils ont voulu voir les photos de mon appareil photos, m’ont demandé si j’avais des photos de manif. Ils ont photographié des notes sur l’occupation des grévistes. Ils ont emmené deux ou trois papiers qu’ils m’ont rendus. Ils ont embarqué mon CV. Ils ont voulu prendre mon ordi mais je leur ai expliqué que je n’avais plus internet depuis deux ans. Ils l’ont fouillé quand même sans l’emporter. Ils m’ont demandé mon portable et mon chargeur, qu’ils ont emporté. Je ne les ai pas récupéré. Ils m’ont dit que je pourrais le récupérer demain. Dans l’appartement ils m’ont parlé du centre de rétention de Vincennes. Ensuite nous sommes descendus dans ma cave. Ils y ont jeté un rapide coup d’œil.

J
ai été emmenée ensuite au 36 quai des Orfèvres. Jy suis arrivée vers 8 heures. Là jai eu le droit aux photos anthropométriques, prise dempreintes et mont fait me déshabiller, maccroupir et tousser. Jai des marques reconnaissables sur le corps quils ont prises en photos. Je leur ai expliqué que cétait une maladie génétique. Ils ont fait des commentaires se demandant si ce nétait pas contagieux…

Ensuite, vers 11 heures,  j
ai été interrogée pour ce qu’ils appellent linterrogatoire didentité (je suis plus trop sûre du terme) par un commandant de police. Ils sont remontés de ma scolarité primaire à mon diplôme professionnel, mont interrogée sur mes voyages et ensuite sur mes opinions politiques. Ils mont questionné sur mes activités militantes.

Je suis remontée en cellule. J
ai été ensuite changée de cellule car jétouffais dans celle où jétais (en gros quatre mètres carrés, pas daération pas douverture). Jai demandé à voir un médecin que jai vu une heure après environ.

Il m
a été demandé de faire un test ADN. Avant javais dit que javais le droit de refuser. Il ma été répondu que je pouvais être jugée pour ça et que de le faire était le meilleur moyen de prouver mon innocence. Je lai donc fait.

Vers 16h30 j
ai été vue à nouveau «pour les besoins de lenquête». Mon téléphone portable a été évoqué à nouveau. Il ma été dit queffectivement cétait pour cela que jétais là. On ma demandé si javais participé à des actes de violences (destruction de DAB, investir la préfecture ou la CAF), mont interrogé sur mes connexions internet, les sites que je visite, mes moyens dinformations et si je connaissais des gens qui avaient commis des actes de violence (ai répondu pas à ma connaissance) ou entendu parler dactes de violence. Ils ont beaucoup insisté pour savoir ce que savais des banques qui dénoncent les sans-papiers, ce que jen pensais et ce que je pensais des actes violents.

La fin de ma garde à vue a été prononcée à 19h35. Je suis sortie après 13 heures 20 de garde à vue.

Hélène

Liste de discussion du réseau
Éducation sans frontières, 16 février 2010.

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DEVENEZ-VOUS MÊME.COM - Les appelés du contingent ont joué les cobayes lors des essais nucléaires en Algérie

Le 13 février 1960, la France procédait à son premier essai nucléaire en Algérie. Le Costarmoricain Armand Jolivet a vécu les troisième et quatrième tirs. Il en garde d'importantes séquelles physiques.

A lire également :
> Il y a cinquante ans, l'opération "Gerboise bleue"


«On est face contre terre. Il y a d'abord un énorme éclair comme la foudre, un gros boum et puis un immense souffle capable d'envoyer un homme à terre». Armand Jolivet s'en souvient comme si c'était hier. Pourtant, cinquante années ont passé. L'explosion d'une bombe nucléaire, ça ne s'oublie pas comme ça. En 1960, le Breton, aujourd'hui installé à L'Hermitage-Lorge (22), a tout juste 20 ans. Il effectue son service militaire en Algérie. Armand Jolivet est sous-officier spécialisé dans le transport. D'abord affecté au nord du pays, il file vite vers le Sahara où se déroulent les essais nucléaires.

Deux explosions à 16km du point zéro

«On m'a dit: ?vous allez dans le sud. Vous aurez une bonne paie, moins d'opérations et du soleil?. En fait, j'ai été volontaire désigné d'office», raconte-t-il laconiquement. Armand Jolivet rejoint la base d'Hamoudia... à 16km de l'endroit des explosions. Le point zéro. Pour le soleil, l'armée n'a pas menti. Il fait entre 60 et 85ºCen pleine journée. Armand est responsable du parc de véhicules et chargé de transporter le matériel mais aussi le personnel civil et militaire au point zéro. D'octobre1960 à juillet1961, il multiplie les missions sur place. Sans réelle protection. «Normalement, on devait porter une combinaison, des bottes, des lunettes et des masques. Mais il y avait une paire de lunettes pour dix et il faisait trop chaud.» Du coup, la combinaison est souvent ouverte ou remplacée par un simple tee-shirt. Les bottes laissent place à des espadrilles.Armand décrit des scènes identiques lors des troisième et quatrième explosions qu'il a vécues à 16km de là. Gerboise rouge le 27décembre 1960 et Gerboise verte le 25avril 1961. Militaires et civils n'ont alors pas conscience du danger. «On ne nous a jamais dit qu'il y avait un risque de contamination. Pourtant des gens savaient puisqu'avant il y avait eu Hiroshima et Nagasaki. Je pense qu'on a servi de cobayes. On a testé le matériel... et les bonshommes».

«On souffre dans l'indifférence»

Un sentiment renforcé par ce que le Breton a vu sur place. «Ils exposaient du matériel, des véhicules et même des animaux pour mesurer les effets de la bombe. Après l'explosion, le sable était brûlé, les camions détruits. Ça faisait peur». Armand Jolivet aurait voulu montrer cela. Mais au moment du retour, l'armée lui a confisqué des centaines de photos du point zéro. Il a par contre rapporté sa combinaison irradiée. «Drôle de souvenir!» Il est surtout revenu avec de gros soucis de santé. «En quittant Hamoudia, je pesais 47kg. J'étais squelettique. J'ai passé un mois dans un centre de convalescence et j'ai perdu toutes mes dents du haut en un an». Depuis, les pathologies s'enchaînent pour le vétéran des essais nucléaires. Inflammation de la plèvre, colite ulcéreuse, inflammation du colon, spondylarthrite ankylosante. Beaucoup trop pour Armand, pas assez pour l'État qui n'indemnise que 18 maladies. «Je n'ai pas de cancer donc je ne peux rien espérer.Je souffre dans l'indifférence mais je me battrai jusqu'au bout», termine Armand, à l'aube de ses 71 ans.

  • Dominique Morvan
article sur 20 Minutes
Mis à jour le 16.02.10 à 14h11
Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris
Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris/AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI

DEFENSE – Le rapport classé «confidentiel défense» est accablant…

Une partie du secret est levé. Un rapport révélé par le Parisien - Aujourd’hui en France lève le voile sur la campagne française d’essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.

L’existence de manquements aux règles élémentaires de sécurité durant ces opérations et les conséquences dramatiques sur la santé des militaires, malgré les témoignages des vétérans, a toujours été un secret très bien gardé.

Ce rapport, classé «confidentiel défense» et intitulé «la Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara», aurait été rédigé selon le quotidien par un ou des militaires anonymes en 1998, l’année de l’abandon définitif des essais nucléaires. Il montre que lors des premiers essais atomiques au début des années 1960, la priorité absolue pour les scientifiques et les militaires, était d’obtenir la bombe. Quelles que soient les conséquences humaines.

Masque anti-poussière
On apprend par exemple que l’armée a demandé à certains militaires de remplacer leur masque à gaz par un masque anti-poussière. Le rapport est sans appel, selon le Parisien: «les appelés du contingent servaient de cobayes».
M. L.

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Reggane sacrifié pour la course à l’armement
«Gerboise bleue», un crime contre l’humanité
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Par Rachida Merkouche

Le 13 février 1960, la guerre pour l’indépendance de l’Algérie entrait dans sa troisième année. Ce jour-là, la France coloniale commettait l’un des crimes les plus abominables que l’humanité ait connus. La région de Reggane, à 150 kilomètres d’Adrar, a été le théâtre d’une explosion quatre fois plus puissante que
la bombe larguée sur la ville japonaise d’Hiroshima quinze ans plus tôt, durant la Seconde Guerre mondiale. Après cette démonstration de force de la remière puissance au monde, il n’était pas question pour la France de rester en marge de la course à l’armement nucléaire, et de laisser seuls dans le club des «privilégiés» les Etats-Unis d’Amérique, l’ex-Union soviétique et la Grande-Bretagne. Il avait été décidé en 1954 par Pierre Mendès France que l’ancien empire colonial deviendrait une puissance nucléaire, et c’est le premier président de la Vème République qui a parachevé le travail, le 22 juillet 1958, en fixant la date du premier essai au premier trimestre de l’année 1960. Reggane était le site choisi pour le premier tir qui portait le nom de code «Gerboise bleue», et son sort allait être scellé pour toujours. La population de Reggane, estimée à 8 000 habitants selon les statistiques de l’administration coloniale à cette époque, ignorait ce qui allait se passer alors que le site avait déjà été choisi par l’armée française en juillet 1957 pour abriter le champ de tirs, à seulement 50 kilomètres de la zone habitée. Ce 13 février 1960 à 7 h 04 mn, ils ont été surpris par le souffle de la déflagration. Une boule de feu dévorait le ciel avant
de retomber en une pluie de poussières qui allaient recouvrir la région et changer son destin et celui de ses habitants, qui n’étaient pas les seuls à en subir les effets dévastateurs. Parmi les 24 000 hommes ayant séjourné à Reggane avant et après l’opération, des travailleurs algériens engagés dans la réparation de l’effroyable manœuvre sans rien connaître de ce qui se préparait et sans aucune protection. Ils ignoraient tout du travail qu’il leur avait été demandé d’accomplir et de l’usage qui serait fait des équipements qu’ils étaient en train de transporter. Pis, non contents de ne pas avoir averti les habitants du danger, les militaires chargés de mener cette première expérience qui devait faire de leur pays une puissance nucléaire étaient déterminés à tout mettre
en œuvre pour son succès, poussant la cruauté jusqu’à attacher à des poteaux 150 prisonniers de guerre algériens, à un kilomètre de l’épicentre de l’explosion, afin de tester sur ces cobayes humains les effets des radiations. Ces derniers ont été désagrégés, leurs corps partis en fumée. Quant aux effets sur la population et les nombreux travailleurs enrôlés pour cette tâche, ils sont innombrables et se sont étalés sur le temps. Des cancers du poumon, de la peau et du sang ont causé la mort de beaucoup de personnes alors que d’autres souffrent encore, et des malformations affectent les enfants nés de parents contaminés. La sécheresse, la disparition de la végétation et la mort des animaux sont également les conséquences de la radioactivité de la région de Reggane. La puissance de feu de la bombe nucléaire française avait tout dévasté. Les trois premières puissances avaient brandi l’interdiction d’effectuer des essais atmosphériques, mais la France coloniale était passée outre du moment que c’était les Algériens qui allaient en être les victimes. D’ailleurs, trois autres explosions aériennes dont le taux de contamination est de 22 fois supérieur aux normes autorisées suivront à Reggane. Aucune opération de écontamination n’a été entreprise par la France avant son départ, les déchets enfouis dans le sable ont émergé sous l’effet de l’érosion, vestiges de la barbarie et témoins d’un crime contre l’humanité.

R. M.   


L’armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d’expérimentation, selon un rapport militaire. Le document intitulé “La Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara” aurait été rédigé “par un ou des militaires anonymes”. “Il daterait de 1998”, après l’abandon définitif des essais.

Le ministre de la Défense affirme qu’“une synthèse de ce rapport avait été faite en janvier 2007 par le ministère de la Défense et diffusée”. Une deuxième synthèse a été également réalisée sur les essais en Polynésie. La synthèse publiée en 2007 relatait “les expérimentations tactiques durant les opérations Gerboise verte et Gerboise rose”, explique le ministre Hervé Morin.

Des soldats français ont-ils été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie. Le ministre de la défense Hervé Morin a réagi à la publication de ce rapport confidentiel.  (1'00")

Des soldats français ont- ils été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie ? C’est ce que relate un rapport militaire confidentiel. Jean-Paul Tessonière avocat de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires.  (1'58")

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