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13/07/2009

Meurtres politiques et racistes en Russie

lundi 9 février 2009

Un « Kampf » sur fond de crise

Meurtres politiques et racistes en Russie

Leur « Kampf » … Le mot Kampf est en allemand dans le titre qui fait la une du bi-hebdomadaire russe d’opposition Novaïa Gazeta, dont quatre journalistes déjà ont été assassinés (1). Ce « Kampf » (combat), c’est celui des « nazis » dont le journal publie, pour édifier ses lecteurs, les réactions (sur des sites internet) au double meurtre, survenu le 19 janvier 2009, de l’avocat de 35 ans Stanislav Markelov, et de la journaliste stagiaire de 25 ans Anastasia Babourova.

Le Kampf en question, qui se réclame à plusieurs reprises d’Adolf Hitler, est un déferlement de joie mauvaise, de haine, d’appels au meurtre – invitant par exemple à tuer « dix russophobes par jour ». Une littérature qui fait froid dans le dos. Et qui n’est pas que littérature. En deux mois (décembre 2008, janvier 2009), les xénophobes ont tué, selon Novaïa Gazeta, 24 personnes, et deux fois plus en janvier qu’en décembre. Le bilan des agressions pour 2008 se monte à 87 morts et 378 blessés. Ne sont comptés ici que les actes à connotation raciste : il faudrait y ajouter le cortège, plus ordinaire, des assassinats relevant des « affaires » et de la politique.

La plupart de ces crimes racistes se déroulent à Moscou et à Saint-Petersbourg, très peu hors de ces deux capitales historiques de la Russie. Les victimes se recrutent presque toutes parmi les « nouveaux étrangers » (et, le plus souvent, récents travailleurs immigrés) des ex-républiques musulmanes de l’Union soviétique : principalement des citoyens du Tadjikistan, d’Azerbaïdjan, d’Ouzbékistan et du Kirgizstan. D’autres sont originaires de Géorgie, de Chine, du Vietnam. On compte aussi des étudiants africains.

Les brutalités et les meurtres visant des étrangers ont commencé vers le milieu des années 1990, lorsque la première guerre de Tchétchénie entraîna, à Moscou, des rafles policières en milieu caucasien et des contrôles au faciès (2). Ceux-ci se poursuivent actuellement, dans les transports et à la porte des clubs de nuit. Un racisme sans précédent gangrène la capitale de la Russie – ses lieux publics, ses polices, les mentalités de ses habitants.

Selon feu l’avocat Stanislav Markelov – qui défendait précisément les victimes de ce type d’agressions et de la répression et des tortures en Tchétchénie –, « nous nous trouvons dans une situation où, déjà, la guerre se déchaîne. La confrontation entre fascistes et antifascistes est un conflit politique réel, qui passe graduellement au stade de guerre ». A l’entendre, les forces de l’ordre légal ont laissé se former une « énorme force nazie souterraine », qui a commencé à « commander dans les villes et dans les rues » (3).

A noter que le journal qui publie ces commentaires appartient, pour 49 % des parts de capital, à l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et à l’homme d’affaires Alexandre Lebedev. Cette observation ne signifie pas nécessairement que les deux personnalités interviennent dans la ligne éditoriale. Le 29 janvier, l’un et l’autre propriétaires ont été reçus, avec le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov, par le président Dmitri Medvedev, qui aurait évoqué avec eux les problèmes de la liberté de presse et des mouvements néo-nazis, preuve que le plus haut dignitaire de l’Etat n’y serait pas insensible (4).

A en juger par les commentaires et hommages de mouvements et de militants de la protestation sociale aux victimes du double meurtre du 19 janvier, Stanislav Markelov et Anastasia Babourova n’appartenaient pas à la « famille libérale » qui domine le champ oppositionnel russe, du moins dans les médias russes et occidentaux. D’où, peut-être, le moindre écho donné chez nous à ces meurtres, par rapport à celui rencontré, en 2006, par l’assassinat la journaliste Anna Politikosvkaïa, dont Maître Markelov défendit d’ailleurs la cause.

La stagiaire Anastasia Babourova, fauchée à la fleur de l’âge, avait milité dans des associations écologistes et anarchistes. Stanislav Markelov considérait le libéralisme ravageur et le capitalisme brutal des années 1990 comme responsables de la catastrophe politique et humaine du début du XXIe siècle en Russie (5). Il était avocat, mais aussi militant de l’antifascisme et des protestations populaires sur les questions du travail et de la vie quotidienne. « Nastia » et « Stas » apparaissent aujourd’hui comme les figures emblématiques et les martyrs d’une gauche renaissante qui cherche sa place en Russie, et se veut dégagée aussi bien des pesanteurs du post-stalinisme que des illusions de la « démocratie libérale ». Ceux qui s’inspirent de leur exemple savent désormais qu’ils risquent leur vie.

Le pouvoir face aux « skins néonazis »

Mais quelle est l’importance réelle de la « vague nazie » ? L’émotion naturelle devant tant de crimes légitime-t-elle l’usage inflationniste, dans les milieux oppositionnels, des vocables « fasciste » et « nazi » ?

Dans la tradition soviétique qui se prolonge, « fasciste » représente moins un concept politique que l’injure suprême. La référence et l’expérience locales en la matière est le « fascisme hitlérien » et ses alliés, soit l’occupation nazie entre 1941 et 1945. Les mouvements ultranationalistes et xénophobes eux-mêmes renvoient à leurs adversaires ce vocable infâmant. Les mouvements de jeunesse officiels, tel que les « Nachi » (Les Nôtres), s’autodéfinissent comme « antifascistes », alors que leurs opposants les caricaturent comme « Poutinjugend ». Le terme « nazi » est plus récent, mais rares sont les groupes qui se réclament ouvertement de l’idéologie nazie. Certains se réfèrent plutôt à la « gauche » national-socialiste allemande des années 1920, aux frères Strasser et à leur combat – contre Hitler – en faveur d’un « national-bolchévisme ».

Nous entendons, en revanche, des opposants démocrates, depuis plusieurs années, nous annoncer un imminent « coup d’état nazi » ou qualifier de « totalitaire » ou de « fasciste » le régime de M. Vladimir Poutine. L’idéologue ultralibéral André Illarionov va plus loin, en caractérisant ce dernier comme comparable à celui de… l’Allemagne nazie d’avant 1939. Bref, les superlatifs ne manquent pas. Reste que des courants fascisants et nazis – au sens que ces termes ont dans le lexique occidental – se répandent et passent à l’acte de plus en plus souvent. Sont-ils, comme le dit la rumeur, « des dizaines de milliers, organisés en groupes para-militaires », ou y a-t-il confusion entre des groupes très idéologisés, effectivement militarisés, et la grande masse des jeunes à la dérive, « skins » ou pas, tentés par la « revanche sociale » et la xénophobie ?

Jusque récemment, les autorités russes parlaient plus volontiers, à propos des meurtres d’étrangers, de « hooliganisme », façon de ne pas reconnaître l’existence d’un problème politique et social d’envergure. Et pourtant : le chef de la police de Moscou, M. Vladimir Pronine, reconnaît 95 agressions, dont 48 meurtres « contre des personnes au physique non slave », rien que dans la capitale en 2008. La police a mis fin à l’activité de cinq groupes néonazis. Cinquante-deux actions pénales sont engagées. Sept activistes racistes ont été lourdement condamnés, le 15 décembre, à des peines de six à vingt ans de prison. Le directeur de la sécurité d’Etat (FSB) a fait appel à « des mesures fermes » contre les crimes « nationalistes et extrémistes ». Le même M. Pronine met en garde contre les agressions de travailleurs immigrés, en « riposte » aux crimes racistes, et de préciser : « Surtout dans les conditions où les travailleurs immigrés se heurtent à de sérieux problèmes. » Allusion claire à la surexploitation, aux bas salaires et aux conditions de vie précaires des ressortissants centrasiatiques occupés à Moscou, notamment dans la construction et l’aménagement… des villas de luxe des « nouveaux Russes ».

Commentant les meurtres d’Anastasia Babourova et de Stanislav Markelov, le ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie explique : « Ces événements sont tragiques. Nous déplorons qu’ils aient eu lieu. Les organes chargés de l’instruction mènent l’enquête. [Cependant, ces événements] sont artificiellement politisés et utilisés dans des buts malveillants de discrédit de la Russie. » La lecture des sites nazis et de la presse ultranationaliste n’est-elle pourtant pas éloquente quant à la nature politique de la campagne menée contre les immigrés, les étrangers, les journalistes qui se permettent de dénoncer les violences racistes et les procédés des forces de répression militaires et policières ?

On comprend mal l’aveuglement des autorités russes. A moins qu’il ne s’agisse de complaisances délibérées ? C’est le point de vue défendu de longue date dans les milieux d’opposition, par exemple au sein de la « Mission libérale », la principale « boîte à idées » de l’intelligentsia démocrate de Moscou (6). Laquelle n’est certes jamais bienveillante envers le Kremlin. Mais pas toujours dénuée de pertinence : le 8 décembre, « La Jeune Garde », glorieuse appellation dont se pare l’organisation de jeunesse du parti au pouvoir, « Russie Unie », a organisé des manifestations pour réclamer l’expulsion des immigrés « clandestins ». Ne s’agit-il pas de concurrencer l’extrême droite fasciste, dont le fer de lance, précisément, se nomme « Mouvement contre l’immigration illégale » (DPNI) ?

Quoiqu’on en pense, la question est à tout le moins posée de savoir si le Kremlin maîtrise… ou ne maîtrise pas un activisme nationaliste et fasciste, disposant de complicités au sein de l’appareil policier et politique du pouvoir. Dans les deux hypothèses – puissance ou impuissance du pouvoir central –, cette évolution a de quoi inquiéter.

La « question Kadyrov »

L’une des forces armées fréquemment mise en cause, et soupçonnée – dans le meurtre d’Anna Politkovskaïa en 2006 comme dans celui de Stanislav Markelov —, est la milice qui relève du président de la république de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov. Celui-ci aurait, selon les déclarations d’un transfuge tchétchène à la police autrichienne, commandité le meurtre, perpétré le 13 janvier à Vienne, de l’ancien combattant de la guérilla Oumar Israïlov. Le président tchétchène aurait établi une liste noire de 5000 personnes, dont 300 au moins devraient être éliminées physiquement (7). « Ceux de Moscou » (le Kremlin) ne devaient pas en être informés, mais se peut-il qu’ils ne le soient pas ?

Le rôle joué par le président Ramzan Kadyrov pose sans doute problème au Kremlin. C’est grâce à lui que M. Poutine a réussi son pari de « tchétchéniser » la remise au pas de cette république du nord Caucase de la Fédération de Russie. Après deux guerres qui ont coûté des dizaines de milliers de vies tchétchènes et russes, les milices formées par Ramzan, fils de feu Ahmad Kadyrov, ancien mufti de Grozny, indépendantiste rallié à la Russie et assassiné dans un attentat le 9 mai 2004, se sont chargées d’achever la « pacification ». Elles ont largement recruté jusque parmi les anciens rebelles indépendantistes. Il est difficile d’apprécier dans quel état d’esprit, avec quelles ambivalences ou arrière-pensées s’effectue ce « ralliement » tchétchène à la puissance russe.

Avec les financements de Moscou, le pouvoir en place assure la reconstruction de la Tchétchénie. Les témoins s’accordent pour dire que Grozny, détruite pendant la guerre et désormais rebâtie, est devenue méconnaissable, et que la population est satisfaite de la paix revenue. Le Kremlin est donc très redevable au président Kadyrov. S’il dispose à Moscou de soutiens considérables, il n’y manquerait cependant pas non plus d’antipathies, ce qui rendrait sa position malgré tout précaire. Et ses méthodes féroces nuisent évidemment à l’image de la Fédération de Russie.

Selon certaines sources, du reste, « l’ordre » tchétchène lui-même serait fragile, une nouvelle génération de rebelles risquant de se former dans les montagnes, tandis que la situation demeure explosive dans la république voisine et ethniquement « sœur » d’Ingouchie. Eux aussi musulmans, les Ingouches sont en conflit potentiel avec les Ossètes voisins, chrétiens orthodoxes et prorusses. Lesquels se félicitent de l’« indépendance » acquise par leurs frères d’Ossétie du Sud, que l’armée russe a défendus contre l’attaque géorgienne d’août 2008 et, du même coup, soustrait à la souveraineté de la République de Géorgie.

On voit donc bien que, dans le traitement de la « question Kadyrov », le Kremlin marche sur des œufs. Surtout à quelques dizaines de kilomètres de l’oléoduc BTC, en Géorgie, dont l’armée dispose de conseillers militaires américains et israéliens (8).

La « crise » qui vient ?

Hormis les pistes tchétchène et néonazies, l’interprétation des violences « commanditées » ou « spontanées » contre les oppositions suggère, selon les milieux oppositionnels, une autre « piste » : la nervosité, voire même « la panique » de cercles de pouvoir inquiets de la « crise qui vient ». Quelle est la réalité de cette « crise » ?

Au Forum de Davos, tant le président Medvedev que le premier ministre Poutine et le réputé très libéral ministre des finances Alexei Koudrine se sont voulus rassurants. Au moment même où le nouveau président des Etats-Unis, M. Barak Hussein Obama, lance de grands programmes financés par l’Etat, M. Poutine s’autorise même à conseiller aux responsables occidentaux de ne pas abuser des interventions étatiques – ce que l’on reproche généralement à la Russie (9) !

Des experts occidentaux soulignent également les atouts de la Russie : la croissance élevée (7 % par an) est peu dépendante des marchés financiers internationaux, l’endettement des ménages reste faible, les réserves monétaires permettent d’amortir la chute des cours du pétrole. Il n’empêche, chaque mois qui passe grignote cet optimisme : le rouble se dévalue, les revenus budgétaires se tassent, la production réelle semble atteinte. D’autres experts se montrent très pessimistes, soit occidentaux, tel M. Aslund, qui fut l’un des inspirateurs de la « thérapie de choc » des années 1990 (10), soit libéraux russes, tels l’économiste Andréi Illarionov ou le leader des opposants radicaux Garri Kasparov.

Les uns et les autres prédisent une catastrophe imminente, qu’ils attribuent moins à la crise mondiale qu’à… l’interventionnisme d’Etat, ou à la politique « agressive » de la Russie sur le plan international : intervention militaire en Géorgie (11), pressions sur l’Ukraine, flirt avec l’Iran et les mouvements islamistes alors qu’Israël se battrait contre le terrorisme, et d’une façon générale anti-occidentalisme et anti-américanisme d’un Kremlin initiateur d’une « nouvelle guerre froide » (12)…

Cette « russophobie », ainsi qu’on la dénonce officiellement, n’est pas partagée par nombre d’observateurs occidentaux, qui ont au contraire remarqué la modération du propos russe à Davos, et la tendance du Kremlin à la bienveillance envers le nouveau locataire de la Maison Blanche à Washington.

Reste la question : la Russie serait-elle ou non dans « le même bateau » de la crise mondiale, qui lui ferait perdre une partie des acquis du redressement opéré au cours des années 2000 ? Les réussites indéniables des années Poutine n’ont pas aboli, il est vrai, les tendances antérieures à la dégradation des infrastructures, de la santé, de la démographie, ni le fait que la Russie s’est enfoncée dans une économie de rente (13).

Sans doute est-il trop tôt pour établir un diagnostic équilibré, mais on s’aperçoit que le diagnostic lui-même fait partie de la guerre psychologique dont l’enjeu est : consolidation ou déstabilisation du pouvoir russe.

Les chiffres officiels ne dissimulent pas l’extension des difficultés. Le nombre de sans emplois (chômeurs enregistrés ou non) atteindrait déjà 7 % de la population active et pourrait doubler d’ici fin 2009. Une chute des revenus s’est amorcée du fait des réductions et du paiement différé des salaires (14). Des spécialistes et des militants du mouvement social observent des fermetures d’entreprises, des licenciements, de nouveaux retards et des non-paiements de salaires auxquels répondent des refus individuels (mais collectivement organisés) d’accomplir les tâches non rémunérées, et des manifestations publiques de travailleurs.

Ce 31 janvier, les communistes ont organisé dans plusieurs villes de Russie des meetings contre la politique gouvernementale, tandis qu’à Moscou, les partisans de MM. Garry Kasparov (libéral) et Edouard Limonov (national-bolchevique) ont tenu un rassemblement comme à l’habitude interdit, spectaculaire, et bien médiatisé en Occident. Rien de très considérable ! Ces petites manifestations ne sont néanmoins pas représentatives d’une protestation sociale éparse, mais plus vaste, dans les usines et sur les lieux d’habitat, qui se tient à distance des jeux politiciens Or, quelles pourrait en être l’ampleur, s’il se confirme que des licenciements massifs auront lieu en février-mars 2009 ?

Selon Carine Clément, sociologue à Moscou où elle dirige l’Institut de l’Action collective (IKD), l’un des risques serait que, faute de moyens d’expression tels que le droit de grève (très entamé dans le nouveau Code du travail) et de manifestation, le mécontentement social mène à des situations explosives (15). La situation en Russie évolue donc rapidement, y compris sur le plan politique, par des luttes de pouvoir et d’orientations ainsi que de regroupements d’oppositions extraparlementaires. Sur fond de crise mondiale accentuant les handicaps de l’économie locale, un nouveau climat d’incertitude s’installe en Russie.

Jean-Marie Chauvier

(1) La plus célèbre victime étant Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006.

(2) La toute première eut lieu, à notre connaissance, début octobre 1993, dans la foulée de la répression du Parlement opposé aux « réformes » du président Eltsine (et bombardé le 5 octobre après une tentative de rébellion armée).

(3) Novaïa Gazeta, Moscou, 27 janvier 2008.

(4) Agence RIA Novosti, 29 janvier 2008

(5) Selon Carine Clément, sociologue et directrice, à Moscou, de l’Institut de l’Action collective.

(6) « La “nouvelle Russie” de Vladimir Poutine », Le Monde diplomatique, février 2007.

(7) Natalie Nougayrède, « Tchétchénie : enquête sur un crime d’Etat », Le Monde, 23 janvier 2008.

(8) Le BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan) est le principal oléoduc mis en chantier dès les années 1990, par la volonté des Etats-Unis, pour amener le pétrole de la Caspienne, d’Azerbaïdjan en Turquie via la Géorgie, en évitant les réseaux d’exportation traditionnellement contrôlés par l’URSS et la Russie.

(9) Rossiiskaïa Gazeta, Moscou, 31 janvier 2009.

(10) Le Figaro, 10 octobre 2008.

(11) Cf. Le Monde, 27 octobre 2008 : « Moscou préparait la guerre en Géorgie depuis 2004 », selon M. Illarionov, ancien conseiller du président Poutine.

(12) La presse d’opposition – dont le site de M. Kasparov, Novaïa Gazeta et Ejenedelnaïa Gazeta —, ont affiché, lors de l’opération israélienne à Gaza, des commentaires très favorables à Israël et très hostiles envers le Hamas… et la diplomatie russe.

(13) Cf. Le Monde diplomatique, février 2007.

(14) Agence RIA-Novosti, 30 janvier 2009.

(15) Cf. (en russe) « Les conflits du travail en 2008 : le mouvement ouvrier au carrefour »

 

 

Prison pour des skinheads coupables de crimes racistes

Lundi 15 décembre 2008

Un tribunal moscovite a condamné sept skinheads à des peines allant de six ans de réclusion à vingt ans de travaux forcés pour les meurtres de 20 immigrés au cours d'une série de crimes à caractère raciste.

AFP - Sept skinheads russes ont été condamnés lundi à des peines allant de six à 20 ans de prison pour une série de meurtres racistes dont ils avaient enregistré et diffusé des images sur internet, alors que les attaques ce genre sont de plus en plus nombreuses en Russie.

Le tribunal municipal de Moscou a reconnu les jeunes coupables de 19 meurtres et 12 tentatives de meurtre. Ils étaient aussi accusés d'avoir "volé les biens" de leurs victimes et "attisé la haine raciale".

Selon les enquêteurs, les jeunes communiquaient à travers des sites nationalistes pour organiser des "actions contre les gens à l'apparence non-slave" dans la région de Moscou. Il utilisaient des couteaux, des battes de baseball et des armatures métalliques pour les attaquer.

Ils ont "tué des citoyens de Russie, du Tadjikistan, d'Azerbaïdjan et de Chine", a rappelé le procureur, Marina Semenenko, devant la presse.

Les deux organisateurs de la bande, Artour Ryno et Pavel Skatchevski, se sont vu infliger une peine de dix ans parce qu'ils étaient mineurs au moment des faits, commis entre août 2006 et octobre 2007.

Roman Kouzine, né en 1988, a reçu la peine la plus élevée, soit 20 ans de prison en colonie pénitentiaire à régime sévère.

Quatre autres membres du groupe ont été condamnés à des peines allant de six à 12 ans de prison.

Deux jeunes, dont une fille qui filmait les crimes et les diffusait sur l'internet, avaient été innocentés par les jurés.

Les accusés ont écouté leur verdict debout dans leur cage. Artour Ryno a regardé droit devant lui et souri tandis que Pavel Skatchevski, une casquette vissée sur le front, baissait la tête. Certains des accusés portaient des masques anti-grippe.

Dmitri Agranovski, avocat de Pavel Skatchevski, a laissé entendre qu'il ferait appel du verdict.

Selon lui, les crimes commis par les accusés "reflètent un phénomène social qui a un caractère massif et témoignent du caractère malsain des relations inter-éthniques".

Soulignant que son client était "un élève brillant", l'avocat a appelé à "éduquer les jeunes au lieu de les punir". "Ils représentent une certaine couche sociale comme l'a montré ce procès", a-t-il conclu.

Prenant la parole une dernière fois avant le verdict, Pavel Skatchevski a accusé la semaine dernière les autorités de fermer les yeux sur le problème des migrants illégaux.

"Nous avons dû nous y mettre avec les moyens les plus accessibles et les plus radicaux", a-t-il lancé, se présentant comme "un soldat russe" nettoyant "la ville de ses occupants".

Skatchevski et Ryno ont été arrêtés après le meurtre en avril 2007 de l'entrepreneur russe d'origine arménienne Karen Abramian, tué de 55 coups de couteaux à 46 ans et retrouvé ensanglanté par l'un de ses trois enfants dans la cour de son immeuble.

Lors des interrogatoires, Artour Ryno a avoué les autres tueries, se disant fier de ses actes. Il a alors expliqué "détester depuis l'école les Caucasiens et les Asiatiques qui oppriment les Russes".

Assia Abramian, la mère de Karen Abramian, a jugé le verdict trop clément et s'est insurgée contre le fait que la fille qui avait filmé les crimes ait été innocentée.

"Ils ont envoyé des mineurs pour qu'ils tuent parce qu'ils ne peuvent pas être condamnés à de lourdes peines", a-t-elle affirmé. "Je veux que la mère de celui qui a fait ça souffre comme moi", a-t-elle lancé.

Les attaques racistes ont presque quintuplé ces cinq dernières années en Russie, faisant près de 300 morts et plus de 1.300 blessés au total depuis 2004, selon les chiffres de l'ONG Bureau pour les droits de l'Homme.

Surfant depuis peu sur les peurs liées à la crise financière, la presse populaire agite la menace de "l'étranger" tandis que des jeunes du parti Russie Unie, présidé par le Premier ministre Vladimir Poutine, ont lancé une campagne contre l'immigration illégale.





Depuis maintenant deux ans, la Russie connaît une vague de violences néo-nazies dont bien souvent, les habitants d’Europe de l’Ouest n’ont pas idée. Ces violences, qui ont connu une accélération depuis novembre 2005, prennent pour cible des étrangers (étudiants, demandeurs d’asile), des personnes originaires d’anciennes républiques soviétiques ou appartenant à des minorités ethniques et des militants antifascistes : elles sont, selon les autorités russes, le fait de skinheads souvent jugés pour « hooliganisme » ou « vandalisme » alors que leurs motivations racistes ou leur stratégie anti-antifasciste sont évidentes.

Dans le contexte russe, la violence néo-nazie n’est pas une nouveauté : depuis la fin de l’ancien régime « communiste », les nationalistes de toutes factions ont le vent en poupe, et certains partis ouvertement nationaux-socialistes ont pu rassembler plusieurs dizaines de milliers d’adhérents, leurs services d’ordre bénéficiant même parfois d’entraînements armés dans des camps militaires tout à fait officiels.

Depuis douze ans, la guerre en Tchétchénie a permis de laisser libre cours au racisme anti-caucasien, au niveau de la rue comme des administrations. Certains groupes en ont profité pour déclencher parfois de véritables pogroms sur des marchés de Moscou ou de Saint-Pétersbourg.

Dans la rue, il ne fait pas bon se promener isolé si on n’a pas le visage « européen ». L’agression est courante, parfois mortelle. Les ambassades et consulats donnent à leurs ressortissants « visibles » des consignes de prudence, de se déplacer en groupe ou même celle de rester chez soi tous les 20 avril, jour anniversaire d’Adolf Hitler. De fait, tout au long de l’année 2005 se sont succédées les attaques racistes, pourtant pas toujours jugées comme telles par les autorités russes. Lorsqu’en février, un étudiant en médecine originaire de Guinée Bissau a été tué à l’arme blanche à Voronej, les trois jeunes gens qui ont été arrêtés ont été reconnus coupables de meurtre raciste, ce qui a constitué un précédent important en Russie. En revanche, le procès de cinq personnes ayant participé à une attaque lancée en 2001 par plus d’une centaine de skinheads contre des commerçants appartenant pour la plupart à des minorités ethniques sur un marché de Moscou s’est soldé par l’acquittement de deux des assaillants présumés, tandis que deux autres étaient condamnées avec sursis et le dernier à une peine d’emprisonnement de six mois. Toujours en février, une fillette tadjike de neuf ans a été tuée à coups de couteaux à Saint-Pétersbourg alors qu’elle rentrait chez elle, en compagnie de son père et de son cousin. Plusieurs jeunes gens ont été arrêtés et poursuivis dans le cadre de cette affaire, mais finalement, le jury a exclu tout mobile raciste, alors même que les agresseurs ont proféré des injures racistes avant de poignarder la petite fille à onze reprises.

Force est de constater que le gouvernement de Poutine a tout misé sur le chauvinisme et le patriotisme pour suppléer au sentiment de frustration dû à la chute de l’ancien empire et s’en servir à l’occasion dans ses stratégies politiques, sans se soucier des conséquences. Or aujourd’hui, face aux violences d’extrême droite enregistrées, Poutine réagit en créant de toutes pièces un « mouvement antifasciste » dont l’organisation de jeunesse appelée Nashi (cf. encart) assume les actions de rues.

Intimidations, menaces... et assassinat

On peut difficilement marquer le début de cette vague de violence néo-nazie : pourtant, l’assassinat le 19 juin 2004 de Nikolaï Guirenko, éminent défenseur des Droits de l’Homme et spécialiste de la lutte contre le racisme et la discrimina-tion en Russie, semble constituer un tournant du fait de la place officielle qu’occupait ce chercheur, tué par balle à travers la porte de son domicile. Difficile, cette fois-ci, pour les autorités russes, d’invoquer le règlement de compte entre bandes rivales de hooligans, lorsque la victime se trouve être le président de la Commission des Droits des Minorités de l’Union scientifique de Saint-Pétersbourg et avoir régulièrement alerté l’opinion sur les groupes néo-nazis et les skinheads sur lesquels il avait réalisé plusieurs études en direction des pouvoirs publics ; il a été notamment l’un des très rares experts intervenant lors des procès contre les auteurs d’attaques ou d’actions racistes et permettant parfois une qualification comme telle de ces actes. L’enquête de police n’a pas abouti à ce jour : ni les auteurs de ce crime (que personne n’a vus car ils ont tiré à travers la porte) ni l’arme utilisée, une arme ancienne datant de la Seconde Guerre mondiale d’après les balles, n’ont été retrouvés. Il faut signaler que ce meurtre a eu lieu quelques jours après la libération d’un néo-nazi arrêté pour avoir saccagé les locaux de l’association Memorial de défense des Droits de l’Homme, connue pour ses positions antifascistes et y avoir agressé puis ligoté son président. Des menaces de mort (coups de téléphone nocturnes, graffiti sur la porte d’entrée) ont été enregistrées après cette attaque au domicile d’une autre responsable de Memorial.

Fait remarquable : un homme appartenant au FSB (nouveau nom du KGB) a été arrêté dans l’enceinte de la prison où était détenu l’un des agresseurs du président de Memorial (un néo-païen, l’autre, identifié comme skinhead n’ayant pas été retrouvé), au moment où il essayait de faire parvenir à ce dernier une liste de noms de personnes chargées de lui fournir de faux alibis...

Il faut préciser que les antifascistes [1] russes sont très divisés et isolés : quelques militants d’associations, des défenseurs des Droits de l’Homme, des militants issus de partis libéraux, tant au sens politique qu’économique, des anarchistes classiques et une mouvance alternative radicale qui se défie de toutes les forces précédemment citées. Cette scène musicale alternative, qui n’hésite pas à affronter les néo-nazis dans la rue, quitte à renverser la vapeur en allant les chercher, parfois avec succès, organise une riposte antifasciste radicale.

Des violences ciblées : des meurtres anti-antifascistes

À partir de l’assassinat de Guirenko, les violences prenant pour cibles des militants antiracistes et antifascistes semblent s’accélérer notamment sur trois villes : Moscou, Saint-Pétersbourg et Voronej (au sud de Moscou).

Le 13 novembre 2005, c’est un jeune militant punk de Saint-Pétersbourg, Timur, qui a été poignardé à mort devant une librairie par un groupe d’une dizaine de néo-nazis qui connaissaient son nom et son visage, sous les yeux de son ami Maxim, lui aussi blessé. Ces deux jeunes musiciens, qui venaient de participer à l’initiative hebdomadaire « Food no bombs » [2], étaient des militants de la scène antifasciste radicale de Saint-Pétersbourg, qui avaient déjà été menacés par les néo-nazis un mois auparavant. Timur est mort avant l’arrivée de l’ambulance sur les lieux de l’attaque : il avait 20 ans. Maxim en a réchappé malgré 5 coups de couteaux dans le corps : désormais unique témoin du meurtre de son ami, il a été invité par la police dès sa sortie de l’hôpital à reconnaître ses agresseurs parmi des naziskins interpellés. Face à face. Sachant que les procédures de protection de témoins sont inexistantes et dans le contexte actuel, cela équivaut à une condamnation à mort pour ce jeune de 20 ans. À ce jour, les meurtriers de Timur ont tous été arrêtés, à l’exception du chef de la bande, dont le nom est connu de la police, mais qui est toujours en cavale.

Le 7 avril 2006, un étudiant originaire du Sénégal, Samba, a été abattu d’une balle dans la nuque à Saint-Pétersbourg. Militant antiraciste de 28 ans, Samba était engagé dans une ONG appelée African Unity et avait participé à l’organisation de festivals inter-culturels, en lien avec le mouvement de jeunes pro-Poutine Nashi autoproclamé antifasciste. Samba a été tué au petit matin, après une soirée en discothèque où avait été célébrée l’amitié inter-culturelle entre Russes et étrangers. Le ou les agresseurs attendaient les étudiants africains, embusqués sous une porte cochère et, lorsqu’ils se sont rués dans la rue en hurlant des slogans nazis, les étudiants, pris de panique, sont partis en courant ; un coup de feu est parti, et les étudiants ont pu voir un homme avec une arme à feu. L’homme s’est enfui vers une cour et a disparu après s’être débarrassé de l’arme sur laquelle était gravée une svastika. À ce jour, l’enquête de police suit son cours ; le procureur a d’ores et déjà qualifié ce crime de « meurtre à caractère racial » et a déclaré en avoir fait une priorité. Contrairement au meurtre de Timur, le meurtre de Samba a fait l’objet d’un traitement médiatique international.

Le 16 avril 2006, un groupe de six skinheads néo-nazis a assassiné à Moscou un musicien punk antifasciste de 19 ans, Alexander (Sasha), alors qu’il se rendait avec un ami à un concert. Sasha a reçu de nombreux coups de couteaux au cœur et dans le cou : les néo-nazis portaient des gants en caoutchouc afin d’éviter de laisser des empreintes. La police a déclaré avoir trouvé des autocollants antifascistes dans les poches de Sasha, et les amis de ce dernier ont affirmé qu’ils avaient toutes les raisons de croire que ce meurtre avait été planifié par les néo-nazis. Les informations sur l’enquête et les divers témoignages recueillis sur cet assassinat sont assez limités pour l’instant, mais il n’en demeure pas moins que la situation va en s’aggravant et que la terreur anti-antifasciste s’installe en Russie.

En effet, en plus des agressions physiques, les actions psychologiques vont aussi bon train : après l’assassinat de Timur, des autocollants représentant un naziskin pointant son flingue sur la tempe d’un antifasciste pissant de peur, agrémenté du commentaire « Ainsi finiront tous les antifascistes » étaient visibles partout dans Saint-Pétersbourg. En outre, de nombreux défenseurs des droits des minorités et activistes antiracistes sont visés ; les données personnelles de certains d’entre eux ont même été affichés sur Internet et sur les murs, assortis de menaces, et ce dans plusieurs villes de Russie.

Les assassinats ciblés de Guirenko, Timur, Samba et Sasha, tout autant que les crimes racistes prenant pour cibles étu-diants africains, immigrés ou Roms, montrent bien que les néo-nazis ont identifié les militants antifascistes et antiracistes comme leurs ennemis, dont ils sont prêts à se débarrasser par tous les moyens, y compris le meurtre. Face à cela, les militants qui ont choisi de vivre à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Voronej ou n’importe où en Russie, doivent pouvoir compter sur nous autres, militants antifascistes et antiracistes français et européens, pour les soutenir et diffuser les informations qui les concernent dans nos pays et dans nos médias.

[Tina et Wash], avec le concours précieux de Antifascist Motive dans [No Pasaran], mai 2006

NASHI, la jeunesse poutinienne « antifasciste »

Les Nashi, qui s’appelaient Ceux qui marchent ensemble au moment de leur création, sont ni plus ni moins que les nouveaux komsomols mis en place par Poutine il y a quatre ou cinq ans pour embrigader la jeunesse russe. La signification du nouveau nom de l’organisation en russe (Les Nôtres) est largement évocatrice de par l’identité restrictive qu’elle suggère et ne promet pas un engagement des plus progressistes aux jeunes qui choisissent d’y participer.

Les Nashi s’autoproclament aujourd’hui antifascistes*, après s’être concentrés sur bien des terrains de « luttes » désignés par Poutine : créés pour combattre le NBP de Limonov que Poutine avait déclaré être l’ennemi du régime, ils ont occupé quelques temps le terrain de la lutte contre la drogue, s’adressant aux jeunes dans les établissements scolaires. De fait, leur caractère officiel et le lien qui les unit au gouvernement de Poutine leur ouvrent toutes les portes (écoles, administration) et leur permettent tous les financements, y compris en Tchéchénie où les Nashi possèdent des locaux splendides dans la ville de Grozny, en l’occurrence peut-être la plus belle maison de toute la ville.

À côté de leur tout nouvel engagement antifasciste, les Nashi n’hésitent pas à fustiger les défenseurs des Droits de l’Homme qui mettent en cause l’action de Poutine et de son gouvernement en Tchéchénie. Ainsi, en février de cette année, ils se sont mobilisés au moment du procès d’un homme qui avait publié un appel contre la guerre en Tchéchénie, mais pas pour le soutenir... Cet homme fut en fin de compte condamné pour incitation à la haine raciale ( !) et condamné à deux ans avec sursis. Après la mort de Samba, dont l’organisation African Unity avait auparavant travaillé à des mobilisations inter-culturelles avec les Nashi, ces derniers ont appelé à un rassemblement en mémoire de Samba. Parmi les antifascistes de Saint-Pétersbourg s’est posée la question de la participation à un tel rassemblement, face à une organisation gouvernementale qui s’était prononcée pour la condamnation pour incitation à la haine raciale d’un défenseur des Droits de l’Homme. Au bout du compte, quelques 2000 jeunes (18-19 ans) des Nashi se sont rendus au rassemblement, mais l’émotion n’était pas vraiment présente, malgré les bougies, les fleurs, les t-shirts Nashi et les blousons noirs et blancs que tous avaient revêtus pour l’occasion. Les mots d’ordre des Nashi étaient : « On nous tue, Poutine aide-nous », de sorte que Poutine était réellement présenté comme le sauveur attendu, comme le veut tout bon culte de la personnalité.

* Depuis deux ans, le nom officiel de la structure est : Mouvement antifasciste Nashi

http://www.avoixautre.be/article.php3?id_article=550




40 meurtres racistes en Russie en 2004
Article posté par Stéphane Bourgoin le Vendredi 6 mai 2005

" Les états d'esprit nationalistes et fascistes parmi la population de la Russie sont fréquents à faire peur, concluent les auteurs du rapport du Bureau moscovite des droits de l'homme intitulé "Le racisme, la xénophobie et le néonazisme dans les régions de Russie", écrit le quotidien Novyé izvestia.

Ils citent les résultats d'un sondage effectué récemment par la fondation Expertiza. Selon les données statistiques, la moitié de la population du pays n'a rien contre l'idée d'introduire des restrictions au séjour dans leur pays des Chinois, des Vietnamiens et des ressortissants des pays de l'Asie centrale post-soviétique. Mais 43% des sondés ont avoué que la présence de "non-Russes" assombrit leur existence.

A Moscou où les tendances démocratiques sont les plus fortes, la situation n'est pas meilleure. 48% des habitants de la capitale constatent une prédominance de ressortissants du Caucase. En Extrême-Orient, on n'aime pas les immigrants chinois. Dans la région de Kaliningrad, les tendances anti-lituaniennes s'amplifient.

Les sociologues ont enregistré une croissance en dents de scie de la xénophobie après la tragédie de Beslan, le "terroriste tchétchène" étant relayé par l'"intrus", nom collectif désignant les éléments poussés par les services secrets étrangers à monter toute sorte de crimes en Russie.

D'après le Bureau moscovite des droits de l'homme, 40 homicides et plusieurs centaines d'attaques ethniques ont été commis en 2004.

Le directeur du Bureau, Alexandre Brod, affirme qu'aujourd'hui le nombre des éditions extrémistes a augmenté par rapport à l'année passée. "La littérature nazie a tendance à être publiée par des maisons d'édition respectables", a-t-il dit. En ce qui concerne la tonalité des périodiques marginaux, "ils n'ont jamais appelé avec autant de force à la déportation, à l'assassinat, à la violence qu'aujourd'hui".

Les sociologique du Bureau voient dans la croissance des tendancesfascistes un intérêt direct de certaines forces politiques qui cherchent, à la faveur d'une rhétorique ethnique, à se faire ouvrir les portes de la Douma lors de la campagne électorale de 2007-2008. "

Source : NOVOSTI (6 mai 2005)

19:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/07/2009

ENGAGEZ-VOUS ! Tristes Tropiques...Le service militaire adapté !!!

Après les essais nucléaires à Mururoa...la grotte d'Ouvéa..."Apprendre et réussir par l'effort et le travail " pour 300 par mois !!!!

Le sevice militaire adapté ?

Outre-mer : le service militaire adapté va doubler ses effectifs d'ici 2012

C'est un engamement du président de la République en faveur de l'Outre-mer : les effectifs du Service militaire adapté vont doubler d'ici 2012, passant de 3000 volontaires formés en 2009 à 6000 en 2012.

Le secrétariat d'Etat à l'outre-mer va bénéficier d'un abondement très substantiel de son budget, lui permettant de construire de nouvelles infrastructures (90 millions d'euros entre 2010 et 2012) et de recruter  300 cadres militaires supplémentaires, venant essentiellement de l'armée de terre.

Deux nouvelles implantations seront également ouvertes : Futuna, dans le Pacifique, et Saint-Martin aux Antilles.

Le SMA s'adresse uniquement aux jeunes de l'Outre-Mer et leur propose une formation professionnelle dans un cadre militaire. Libération l'avait présenté en mars dernier. Lire l'article sur ce blog et les propos de son chef, le général Frétille.

 

Volontaire dans les armées, stagiaire au Service Militaire Adapté, il suit une formation professionnelle de son choix au sein de l'unité du SMA de son département.

Qui est concerné ?

  • Tous les jeunes ayant leur résidence outre-mer, âgés de plus de 18 ans et de moins de 26 ans.

Où se renseigner ?

  • Lors de l'appel de préparation à la défense (APD).
  • Auprès de l'unité du SMA la plus proche.

Incorporations :

  • Dans l'unité du SMA du département ou territoire du lieu de naissance. La date exacte sera précisée lors de la souscription du contrat.

Nombre de postes offerts :

  • Environ 2300 pour l'ensemble du SMA.

Durée du volontariat :

  • 12 mois, pouvant être exceptionnellement renouvelés, pour atteindre une durée maximale de 24 mois.

Niveaux requis :

  • Aucun. Le SMA a pour vocation d'accueillir les jeunes ayant eu des difficultés de formation.

Dans quelle spécialité :

  • Celles dispensées dans les unités du SMA.. La nature de ces formations varie selon les unités du SMA.

Quelles rémunérations :

  • Environ 300 € par mois.
    Engagez-vous Rengagez-vous dans les troupes coloniales Maurice Toussaint 1938.jpg

12:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/07/2009

Les faux résistants...Gérard DARMON fait de la promo pour la chair à canon


 

La semaine dernière nous avons eu la visite de Gérard Darmon, ce dernier venait soutenir les troupes, et tourner un sujet qui sera diffusé le 14 juillet sur France 2 ou 3.

Je l'ai croisé hier soir à l'apéro, il est plus petit qu'à la télé,(je sais, c' est petit) mais très sympa, disponible et drôle, il a même la politesse de ne pas soupirer quand pour la 200éme fois de la journée on lui met une grande claque dans le dos en l'appelant Amonbeaufils ( l'architecte dans un avatar cinématographique d' une aventure d' Astérix) On a eu de la chance, au Tchad ils ont eu Liane Foly (saucisse lyonnaise).

 

 

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Il faudrait arrêter de faire cette propagande !!! La guerre c'est moche !!! Tu as des soucis de trésorerie gérard ou c'est un soutien moral ?

 

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inside the gallery the caption reads: Lucian Read Iraq 2006 American soldier lies on an operating table in Ramadi after being wounded in an IED blast

18:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/07/2009

Boeing-Khalifa-Algérie-Françalgérie-Air Algérie-

L'Algérie de Bouteflika


Khalifa
La chute d'un flambeur

par Besma Lahouri, L'Express du 17 juillet 2003


Une banque, une compagnie aérienne, des chaînes de télévision, une société de location de voitures, 22 000 salariés... Parrainé par des caciques du pouvoir algérien, le jeune Rafik Khalifa s'était taillé un véritable empire. Aujourd'hui, il est ruiné et fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la justice de son pays. Récit d'une débâcle éclair

Effondrés, furieux ou résignés, les salariés de Khalifa Airways (170 en France) attendaient, le 10 juillet, à Nanterre (Hauts-de-Seine), la décision du tribunal de commerce. Dix minutes plus tard, leur sort était scellé et Khalifa Airways France déclaré en liquidation judiciaire. Venant après celle de la chaîne de télévision Khalifa TV, le 2 juillet, ce énième épisode met un terme à l'épopée du groupe algérien.

Un empire né en 1998, comprenant une banque, une compagnie aérienne, des chaînes de télévision, avec au total 22 000 salariés, dont plus de 400 en France. A leur tête, Rafik Abdelmoumen Khalifa, dit «Moumen», héros d'un capitalisme à l'algérienne enfin libéré du joug de l'Etat. Las! le rêve n'aura duré qu'un temps. Aujourd'hui, Khalifa Bank, épine dorsale du groupe et premier réseau bancaire privé algérien, est en cessation de paiements. Seuls les «petits déposants», ayant au maximum 600 000 dinars (soit un peu moins de 9 200 ?), peuvent espérer être remboursés par les pouvoirs publics, affirmait récemment le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia. Les autres, plus de 1 million de clients, parmi lesquels les plus grosses entreprises du pays ou les caisses de retraite des syndicats, attirés par des taux d'intérêt ahurissants - jusqu'à 17% - n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Et ce n'est pas tout: les 30 avions de la compagnie aérienne Khalifa Airways, tous en leasing, ont été récupérés par leurs propriétaires, faute de paiements. Le groupe aurait ainsi perdu plus de 1 milliard d'euros, selon Le Quotidien d'Oran. En France, où Rafik Khalifa s'est fait connaître grâce, notamment, à sa compagnie aérienne, partenaire commerciale d'Air Lib, et à sa chaîne de télévision, Khalifa TV (KTV), la situation est tout aussi dramatique.

«Le voir claquer tant d'argent en quelques minutes était scandaleux»

Pour comprendre cette déconfiture, il faut se plonger dans la gestion ubuesque de KTV, diffusée sur TPS. Recherché par la police de son pays, «Moumen», qui vit à Londres, entre les locaux de son ancienne compagnie aérienne et le bar de l'hôtel Dorchester, a refusé de répondre à nos questions. Seuls quelques compagnons, courtisans ou ennemis, hier silencieux, veulent bien parler. Au fil des conversations se dresse le tableau de l'une des plus grandes gabegies qu'ait connues l'Algérie. L'histoire débutait pourtant sous les meilleurs auspices: l'homme avait pour parrains une brochette de généraux et de patrons algériens - Abdelghani Bouteflika, frère du président algérien, avocat du groupe et aujourd'hui de l'homme d'affaires, le fils du général Tewfik Mediene, patron des services de sécurité algériens, créateur du site Internet du groupe Khalifa, le neveu du richissime homme d'affaires Mohamed Betchine, anciennement animateur à KTV, le neveu du général Lamari, recruté comme informaticien, ou encore la fille de l'ex-ministre du Commerce Abdelhamid Temmar. Sans compter tous les autres filles et fils «de», recrutés en grand nombre - les «cas politiques». En France, ses amis, aujourd'hui très discrets, se nommaient, notamment, Gérard Depardieu, Hervé Bourges, Karl Zéro...

Pour s'en convaincre, il suffit d'énumérer les invités présents lors de la soirée cannoise donnée le 3 septembre 2002 pour le lancement en France de KTV: Sting, Pamela Anderson, Naomi Campbell... 300 VIP se promenant dans les allées d'une propriété payée 35 millions d'euros, dont 700 000 pour le mobilier. Ce palais des Mille et Une Nuits flanqué de quatre piscines, face à la mer, réglé en quarante-huit heures, aujourd'hui bradé, est tout un symbole. Selon une source proche du dossier, cet ensemble acheté par l'intermédiaire de Khalifa Airways avait été payé moitié moins cher, un an auparavant, par un financier français. Le ton est donné: tout ce qui sera vendu à l'homme d'affaires algérien le sera systématiquement au prix fort. Des nuées de producteurs et de vedettes attirés par cet argent qui coule à flots gravitent dans son sillage. Rafik Khalifa devient rapidement le «gogo de service», comme l'explique un familier. Tim Newman lui-même (D'art d'art, sur France 2, l'Année de l'Algérie), producteur pour KTV de l'émission Dans tous les Kas, confirme: «L'argent ne semblait pas avoir d'importance: 1 million d'euros ou 500 000, c'était la même chose...» Pour le magnat algérien et sa tante Djaouida Jazaerli, présidente de Khalifa Airways France puis directrice générale de KTV, rien n'était trop beau: ni le matériel, flambant neuf, ni les locaux de la chaîne, situés au studio 107, en Seine-Saint-Denis (520 mètres carrés loués plus de 3 millions d'euros par an, un tarif qui ne comprenait même pas le gardiennage des lieux!).

«Alors que des millions d'Algériens sont sans emploi et que des centaines de milliers de familles vivent dans la rue, le voir claquer tant d'argent en quelques minutes était scandaleux», raconte aujourd'hui un ex-salarié. «Un lot de 30 Mercedes est acheté puis oublié chez le concessionnaire», témoigne Mohamed Labdadlia, un ancien du groupe.

Emporté par un tourbillon de fêtes et entouré d' «amis bienveillants», «Moumen» était tout-puissant. Les critiques? «Des jaloux et des racistes qui n'apprécient pas de voir un Algérien réussir», répondait l'intéressé. Qui, selon Mehdi Benaïssa, un ancien de la chaîne, aimait à rappeler: «Si j'avais dû attendre l'autorisation du gouvernement algérien pour vendre mes médicaments, j'attendrais encore.» Ce mélange d'impatience et de mégalomanie lui faisait acheter sur un coup de tête 50 caméras pour 1 million d'euros, payer des chroniqueurs has been 10 000 ? par mois, «offrir» à une animatrice de télévision de France 2 trois semaines de vacances au San Carlos, un palace de Marbella (Espagne). Même «la nounou d'un cadre de la compagnie aérienne voyageait en première classe», raconte Mounira, ancienne de Khalifa Airways. Avocate des salariés de KTV, Me Marie-Christine Béguin avoue «n'avoir jamais vu une entreprise fonctionner de la sorte». Alors que des contrats faramineux et non négociés sont signés à tour de bras, comme celui de 9 millions d'euros pour trois émissions de sport hebdomadaires avec Sportfive, l'entreprise de Jean-Claude Darmon, aucune régie publicitaire n'est mise en place. Pis: bien que le groupe fût connu pour sa «générosité», les paiements devaient être réglés quinze jours avant la livraison des émissions. Ainsi, Sportfive aura reçu une avance de 300 000 ? mais n'aura fourni qu'une seule émission de 52 minutes, ce qui met la minute à 5 769 ?! Même la société de location de voitures Khalifa Rent a Car et la compagnie aérienne Khalifa Airways sont mises à contribution: les Mercedes de la première servent aux cadres du groupe et aux journalistes, qui partent ainsi en reportage dans de belles allemandes gris métallisé. Les caisses de la seconde sont utilisées pour régler certains producteurs ou l'appartement de 244 mètres carrés situé dans le VIIe arrondissement de Paris. Un mélange des genres qui a contribué à la débâcle du groupe. C'est pour régler les salariés et les producteurs de KTV que trois collaborateurs de Rafik Khalifa transportaient une valise remplie de 2 millions d'euros au moment de leur arrestation à l'aéroport d'Alger. Aujourd'hui, les ex-employés, sans rémunération depuis trois mois, assistent impuissants à la razzia opérée par d'anciens fidèles: matériel informatique récupéré, voitures volatilisées, meubles de la villa de Cannes déménagés en catimini...

Pendant ce temps, à Londres, «Moumen» continue de dire: «Il ne faut pas s'inquiéter: tout va s'arranger. Inch' Allah!»

http://www.algeria-watch.org/fr/article/eco/khalifa/khalifa_flambeur.htm

 

Justice
Les ultimes affaires de Khalifa

par Gilles Gaetner, L'Express du 28/06/2004

D'étranges opérations financières ont eu lieu lors de la faillite du tycoon algérien. Elles valent à un de ses hommes de confiance et à un notaire parisien une mise en examen

Cette fois, l'ex-flamboyant homme d'affaires algérien Rafik Khalifa est cerné de tous côtés. Par l'Algérie, qui a diligenté 17 enquêtes à son sujet, parce qu'elle le soupçonne d'avoir détourné plusieurs dizaines de millions d'euros appartenant à des proches du président Bouteflika. Par la justice française, qui a ouvert deux informations judiciaires le visant implicitement: l'une pour blanchiment, l'autre pour abus de biens sociaux et banqueroute frauduleuse.
Confiée à la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Deprez, réputée pour sa pugnacité, l'enquête a déjà débouché sur la mise en examen de plusieurs collaborateurs ou amis de Khalifa. Deux autres, dans la plus grande discrétion, viennent de subir le même sort: un important notaire parisien ainsi qu'un agent immobilier reconverti en homme à tout faire de Khalifa. C'est ce dernier qui a négocié, pour son patron, la vente d'un Boeing aux Etats-Unis et tenté de trouver 100 millions d'euros pour sauver le groupe Khalifa. Sans résultat. Ce qui ne l'a pas empêché de percevoir une commission de 3 316 000 €... apparemment indue. Quant au notaire, il aurait commis l'imprudence de remettre un chèque de 3,3 millions d'euros à Rafik Khalifa, à Londres, où ce dernier a trouvé refuge depuis le lancement contre lui, en août 2003, d'un mandat d'arrêt international par les autorités algériennes.
Triste fin de partie pour ce pharmacien, fils d'un ancien ministre de Ben Bella, qui s'était attiré les bonnes grâces d'Abdelaziz Bouteflika. D'abord, en devenant patron de la Khalifa Bank, qui gérait les intérêts de petits actionnaires privés et d'institutionnels liés au gouvernement algérien. Puis en déployant ses activités en France. C'est ainsi que ce jeune boulimique - il a aujourd'hui 38 ans - s'est retrouvé à la tête d'un petit empire (14 000 salariés) aux activités multiples: de l'aviation à la location de voitures de luxe, en passant par l'implantation, en France, d'une chaîne de télévision, Khalifa TV.
Septembre 2002. Rafik Khalifa, au faîte de sa puissance, acquiert un ensemble immobilier à Cannes, composé de trois villas: Bagatelle - jadis propriété de la Môme Moineau - Matchotte et Virevent. Ce joyau de style arabisant, d'une surface habitable de 5 000 mètres carrés, est agrémenté de deux piscines intérieures et deux extérieures. Son prix: 37 millions d'euros, réglés à un riche promoteur parisien. Lequel l'avait acheté, un an plus tôt... 16 millions, à une banque saoudienne.
A la villa Bagatelle, le golden boy algérien organise de somptueuses réceptions où se pressent Gérard Depardieu, Melanie Griffith, Sting, Bono... Khalifa est aux anges. Sauf que les nuages s'accumulent sur son groupe, de plus en plus endetté. Tant et si bien que, au début de 2003, une procédure de liquidation judiciaire est ouverte. L'homme d'affaires se livre alors à des opérations peu orthodoxes, faisant mettre à l'abri les 200 voitures (Maserati, Ferrari, Mercedes, Jaguar) de son entreprise de location. Aujourd'hui, la trace de cinq véhicules seulement a été retrouvée...
Le 25 juin 2003, il vend ses trois villas de Cannes à une énigmatique SCI Mac-Mahon Lanzerac pour 17 millions d'euros. Un faux nez puisque, in fine, le véritable propriétaire n'est autre que l'Ammas Bank, installée en Suisse, représentant les intérêts d'une influente famille algéroise. A l'occasion de cette transaction, certains se servent copieusement. Ainsi, le factotum de Khalifa s'octroie une soulte de 1 million d'euros, tandis qu'un Luxembourgeois, animateur d'une société, Town Properties, s'adjuge 897 000 €.
Qu'y a-t-il derrière les micmacs financiers de Rafik Khalifa? Pourquoi a-t-il vendu à perte son patrimoine immobilier? Le Tracfin - cellule française destinée à traquer l'argent sale - soupçonne une gigantesque opération de blanchiment. Dans un rapport remis à la juge Prévost-Deprez, cet organisme révèle, en effet, que plus de 50 millions d'euros se sont évaporés de la Khalifa Bank, à Alger, pour atterrir soit sur un compte bancaire à São Paulo, soit à Khalifa Airways, qui a, en réalité, acheté la fameuse villa Bagatelle.
Dans la capitale algérienne, le pouvoir suit de fort près le déroulement de l'enquête française. Le ministre de la Justice a averti: «Tout complice ou autre ayant gardé le silence dans l'affaire Khalifa sera sanctionné.» Pour l'heure, l'ex-tycoon algérien, qui réside dans un palace londonien en compagnie de son chauffeur-secrétaire-garde du corps, Bob Mac Guire, reste muet...

http://www.algeria-watch.org/fr/article/eco/khalifa/ultimes_affaires.htm

 

Enième rebondissement dans l’affaire Khalifa en France. La justice vient d’étendre le feuilleton des mises en examen à deux nouvelles personnes, françaises celles-là.

vendredi 2 juillet 2004.

Un notaire parisien et un agent immobilier ont été mis, à leur tour, sous contrôle des juridictions spécialisées.

Contrairement aux précédentes mises en examen, toutes médiatisées, cette dernière s’est faite dans « la plus grande discrétion », selon l’Express.

A en croire l’hebdomadaire, les deux personnes sont soumises à examen pour « d’étranges opérations financières » effectuées au plus fort de la faillite du groupe Khalifa en France. Les motifs de mise sous contrôle du notaire, qualifié d’« important » sur la place notariale parisienne, tiendraient à un fait : une histoire de moyen de paiement. L’Express, un des titres du groupe médiatique sous contrôle de Dassault, croit savoir que l’officier des actes « aurait commis l’imprudence de remettre un chèque de 3,3 millions d’euros à Abdelmoumène Khalifa à Londres ». L’hebdomadaire usant d’un conditionnel de rigueur, signe que l’information n’a pu être confirmée ou infirmée.

Quant à l’agent immobilier, il semble avoir suscité les soupçons des enquêteurs pour deux opérations : la négociation, pour Khalifa, de la vente d’un Boeing aux Etats-Unis et la tentative de dénicher 100 millions d’euros « pour sauver » le groupe du spectre de la faillite. La même source ne fournit aucune précision sur la date à laquelle ces opérations ont pu être menées. Les tentatives pour mettre la main sur les 100 millions d’euros n’ont pas été concluantes. Une carence, note l’Express, qui n’a pas empêché le notaire de « percevoir une commission de 3.316.000 euros... apparemment indue ».

Ces deux mises en examen font partie d’une vaste enquête diligentée par la justice et les services spécialisés français dans le dossier Khalifa. L’ex-patron du groupe, si l’on en croit le périodique parisien, est visé « implicitement » et fait l’objet de deux informations judiciaires : « l’une pour blanchiment, l’autre pour abus de biens sociaux et banqueroute frauduleuse ». Jusqu’à présent, cette information n’a jamais été confirmée officiellement par une quelconque source judiciaire. L’enquête a été confiée à Isabelle Prévost-Deprez, la juge de Nanterre, département administratif duquel dépendait Khalifa Airways France.

Le processus judiciaire s’est déjà traduit par l’arrestation du directeur de cette représentation et la mise en examen de plusieurs collaborateurs du PDG du groupe. Les enquêteurs s’intéressent, en particulier, à la vente d’un patrimoine immobilier composé de trois villas à Cannes (Bagatelle, Matchotte et Virevent) d’une superficie de 5.000 mètres carrés habitables et quatre piscines. Ces biens ont été acquis au prix de 37 millions d’euros, un montant réglé à un « riche promoteur parisien ».

Selon l’Express, c’est lui-même qui les aurait achetées une année auparavant à une banque saoudienne pour 16 millions d’euros. Soit une plus-value de 21 millions. A s’en tenir au récit de l’Express, ces trois villas ont été vendues, le 25 juin 2003, par Khalifa à une « énigmatique » Société civile immobilière SCI Mac-Mahon Lanzerac. Montant de la transaction, 17 millions d’euros. « Un faux nez puisque, in fine, le véritable propriétaire n’est autre que l’Ammas Bank, installée en Suisse, représentant les intérêts d’une influente famille algéroise ».

Aucune indication n’a été donnée par la même source sur l’identité de cette famille. C’est l’ensemble de ces transactions et leurs motifs qui suscitent l’intérêt des enquêteurs. Le Tracfin, organisme installé auprès du ministère français de l’Economie, chargé de surveiller les mouvements de capitaux, « soupçonne une gigantesque opération de blanchiment », selon l’Express.

Un rapport a déjà été remis à la juge Prévost-Deprez avec une indication qui sera au coeur des investigations. « Plus de 50 millions d’euros se sont évaporés de la Khalifa Bank, à Alger, pour atterrir soit sur un compte bancaire à São Paulo, soit à Khalifa Airways qui a, en réalité, acheté la fameuse villa Bagatelle », croit savoir l’hebdomadaire parisien. Publiées dans la dernière livraison du périodique, lundi, ces informations n’ont suscité, jusqu’à hier après-midi, aucune réaction, ni commentaire. La justice, qui, d’habitude, communique par le biais de dépêches d’agences, n’a ni confirmé, ni infirmé la teneur du récit de l’Express. S’en tenant à une ligne de conduite globalement la même depuis la disparition de son groupe, Abdelmoumène Khalifa se confine toujours dans le mutisme.

Par Sarah Raouf, quotidien-d’oran.com


- l’Article de l’Express : Khalifa le flambeur"

 

Khalifa : quand le clan Belkheir draguait le PAF

dimanche 14 janvier 2007


Trop méconnu, le livre de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’États (La Découverte 2004), a décrit par le menu l’ascension du jeune et fringuant Rafik Khalifa. Extraits.

« Un groupe pharmaceutique, un réseau bancaire tentaculaire, une compagnie de location de voitures, une société de bâtiment, la première compagnie aérienne privée d’Algérie, en quelques années, le jeune Rafik Abdelmounène Khalifa est devenu le « milliardaire algérien qui compte ». Mais comment a-t-il pu devenir milliardaire si rapidement ? Fils de Laroussi Khelifa, l’un des fondateurs du MALG, ancêtre de la Sécurité militaire (voir supra, chapitre 1), il a bénéficié du soutien du « clan Belkheir ».

En 2001, après que sa compagnie aérienne a été autorisée à desservir la France, le jeune milliardaire se met à distribuer massivement de l’argent dans l’Hexagone pour des opérations de communication : il devient ainsi sponsor de l’Olympique de Marseille, l’un des plus prestigieux clubs de football français, en lui promettant quinze millions d’euros sur cinq ans. Cerise sur le gâteau, un Airbus spécial pour transporter les joueurs…

« Ami des footballeurs », Rafik Khalifa aime aussi les stars du cinéma et du show-business : le 28 février 2002, suite aux terribles inondations qui viennent de faire plus de mille morts à Alger (et juste après une visite de Cheb Mami sur les décombres du square Triolet — vaste tombeau pour des dizaines de cadavres sur lesquelles s’activent les pelleteuses de l’armée — qui détourne opportunément l’attention des médias des « Pouvoir assassin ! » scandés par les habitants de Bab-el-Oued), Rafik Khalifa emmène sur place et « à ses frais » une cinquantaine de célébrités du paysage audiovisuel français et du cinéma, dont Gérard Depardieu et Catherine Deneuve.

Le soir du match opposant l’équipe nationale algérienne de football à l’OM, au lieu de rendre visite comme prévu aux sinistrés de Bab-el-Oued, Deneuve et Depardieu sont conviés à un dîner officiel avec le président Bouteflika. Le lendemain, ils se retrouvent à la Une de la presse algérienne en compagnie du président, un bon « coup de pub » pour le régime. Pour l’ancien banquier Omar Benderra, le but de cette opération était de « montrer au peuple algérien que le régime était apprécié par de grandes stars internationales et au peuple français que ses stars pouvaient aller en Algérie, un pays totalement fréquentable » [1].

Dans les mois qui suivent, tout le gotha médiatique et artistique français est sollicité pour s’afficher en compagnie de Rafik Khalifa : Jacques Chancel, Mario (de « Star Academy »), Josiane Balasko, Carole Bouquet, Claude Brasseur ou Paul Belmondo ; des célébrités du PAF comme Marine Jacquemin, Daniela Lumbroso, Michel Chevalet, Muriel Robin, Karl Zéro, Benjamin Castaldi, Flavie Flament, Christine Deviers-Joncours, ils seront plusieurs dizaines de stars à prêter complaisamment leur image aux opérations de communication du nouveau golden boy algérien.

En avril 2002, plusieurs stars du film Astérix et Obélix, dont Alain Chabat et Djamel Debbouze, s’envolent même pour Alger à bord d’un Airbus de Khalifa Airways spécialement affrété pour eux. Reçus dans une luxueuse résidence présidentielle, ils sont accueillis par Gérard Depardieu qui les attend en compagnie de Rafik Khalifa et des plus hautes autorités algériennes, notamment le Premier ministre Ali Benflis et le général Larbi Belkheir, directeur de cabinet du président Bouteflika. Officiellement, il s’agit de célébrer la projection gratuite d’Astérix et Obélix pendant une semaine en Algérie. Manifestement aussi à l’aise dans le rôle de chargé de communication du régime algérien que dans celui d’acteur français numéro un, Gérard Depardieu tente de faire partager son enthousiasme à Alain Chabat : « 200 000 enfants vont en profiter, tu te rends compte ? Et puis tu va voir l’homme, quand tu vas voir Boutef ! [2] À la table d’honneur, le général Belkheir est encadré par Gérard Depardieu et l’écrivain Marek Halter…

Quelques mois après cet épisode, Reporters sans frontières révélera que pour assurer un large écho à ses opérations, Rafik Khalifa invitait régulièrement journalistes et patrons de presse et leur versait même parfois des enveloppes de 4 000 francs en liquide en contrepartie d’articles élogieux [3].

Khalifa TV, la « voix de l’Algérie »

En septembre 2002, le milliardaire lance en France une nouvelle chaîne de télévision par satellite : Khalifa TV. Comme si elle avait reçu un feu vert politique des autorités françaises, la chaîne, qui s’est installée en région parisienne dans des studios loués à TF1, commence à émettre sans même avoir obtenu l’autorisation du CSA. Parmi ses premiers invités, Gérard Depardieu. Ses fournisseurs : la plupart des sociétés de productions parisiennes, à qui Khalifa TV fait miroiter de sonnants et trébuchants achats de programmes qu’elle promet de payer au prix fort . Pour inaugurer son nouveau jouet télévisuel, Khalifa organise début septembre à Cannes une fête pharaonique. Quelques mois auparavant, jouant les mécènes de la Côte d’Azur, il avait dépensé une somme astronomique, près de 35 millions d’euros, pour acquérir ce qu’un agent immobilier cannois lui avait présenté comme la « plus belle villa de la ville » [4].

Située sur les hauteurs de la petite Californie, le quartier le plus huppé de Cannes, la nouvelle propriété du milliardaire algérien comporte pas moins de trois villas, quatre restaurants, trois piscines et un parc de 3 000 mètres carrés avec vue sur la mer, bref, de quoi recevoir le gratin de la jet-set mondiale. Présentant sa fête comme une soirée humanitaire en faveur de la fondation de Trudie Styler, l’épouse du chanteur Sting, Khalifa parvient à faire venir à Cannes Naomi Campbell, Emmanuel Philibert de Savoie, le prince de Yougoslavie, Mélanie Griffith et même la nièce du président Bush, bref, le tout Hollywood, mais aussi de grands acteurs français comme Gérard Depardieu ou Catherine Deneuve. Au programme : concerts privés d’Andréa Bocelli et de Sting. Parmi les trois cents invités, beaucoup sont venus dans des avions spécialement affrétés par Khalifa Airways, la plupart sont logés dans les plus grands palaces de Cannes.

« Pour être sûr qu’il y aura suffisamment de stars, il faut parfois les payer. Cela oscille entre 15 000 et 30 000 euros pour une soirée. Il a vraiment loué une foule, quoi… », explique Emmanuel de Brantes, un chroniqueur mondain invité à la soirée [5].

Une foule que Khalifa va s’employer à rentabiliser… Tout au long de la soirée, les stars défilent dans une petite pièce de la villa pour enregistrer des spots publicitaires pour Khalifa TV. Dans le casting, l’une des nièces du président Bush, Gérard Depardieu, qui semble avoir déjà bu quelques verres de champagne au moment d’enregistrer le spot, et même… Hervé Bourges. Vêtu d’une chemise hawaiienne, l’ancien président de TF1, de France télévision, et du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) rappelle lourdement ses états de service, puis, alors que Khalifa TV a commencé à émettre en France sans même attendre son conventionnement par le CSA, Hervé Bourges lui souhaite la bienvenue « au moment où, en 2003, s’annonce l’année de l’Algérie en France… ».

Mais quelques jours après cette fête, un petit grain de sable va s’introduire dans le «  plan média » bien huilé de Rafik Khalifa. Tout a commencé début 2002, quand le milliardaire a décidé de sponsoriser le club de rugby de la ville de Bègles. Administrateur du club, Gérard Depardieu est habitué à faire du « business » avec les régimes autoritaires, comme celui de Vladimir Meciar, un populiste slovaque d’extrême droite [6], ou le Cuba de Fidel Castro. Mais fin septembre 2002, invité à assister à un match en compagnie de Rafik Khalifa, Noël Mamère, député « vert » de la Gironde et maire de Bègles, prend publiquement ses distances à son égard : «  Ce monsieur est proche du régime algérien que j’ai toujours condamné, pour ses tortures, pour la façon dont il traite ses Kabyles et ses minorités, pour la participation active du général Nezzar à des tueries, et cet homme, très riche, est un des soutiens du régime. [7] ».

Ulcéré que le député-maire écologiste ait osé s’en prendre à son sponsor et ami Khalifa, Depardieu dérape dans les vestiaires. Visant Noël Mamère, il déclare devant les caméras : « C’est dommage que Bègles ait un maire aussi con. Un maire raciste comme cela, en 2002, bref […] il a peut-être chié dans son froc en velours. » Le lendemain de cet incident, Depardieu décolle pour l’ouest de l’Algérie, visite les vignes qu’il vient d’être autorisé à acheter et lâche à la cantonade : « Venez, les gars, il y a du pognon à prendre ! [8] »

Quelques jours après, la chaîne du jeune milliardaire attaque très violemment Noël Mamère à l’antenne : « Depuis quinze jours, explique notamment un éditorialiste algérien, le plus grand escroc de la politique en France, Noël Mamère, charlot notoire, veut relancer les scores minables qu’il a fait lors de l’élection présidentielle … [9] »

Suite à cet éditorial diffamatoire et aux protestations du député français, le CSA, dirigé par Dominique Baudis, envoie une mise au point à Khalifa TV, mais autorise la chaîne à émettre légalement en France. Mieux, le CSA autorise désormais Khalifa TV à produire de l’information.

Le 24 février 2003, un coup de tonnerre déchire le ciel de l’empire Khalifa : trois de ses collaborateurs, dont le patron de Khalifa TV Djamel Guelimi, sont arrêtés à l’aéroport d’Alger avec des valises contenant près de 300 000 euros non déclarés. Larbi Belkheir s’échinera vainement à étouffer le scandale [10]. Inquiet que celui-ci ne rejaillisse en France, l’Élysée aurait alors discrètement suggéré à Alger de mettre fin à l’aventure. Des pans entiers de l’empire Khalifa vont alors s’effondrer les uns après les autres.

Des milliers d’Algériens seront ruinés par la faillite de Khalifa Bank. Hormis les petits déposants, qui auront le droit à un remboursement à hauteur de 6 000 euros, les opérateurs publics et privés « n’ont qu’à assumer la responsabilité de leurs actes », dira le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Leur a-t-on simplement dit que déposer de l’agent à Khalifa Bank était un « acte » répréhensible ? Quant aux créanciers français dont les pertes ne seront évaluées qu’à 25 millions d’euros, ils reçoivent l’assurance d’être « remboursés [11] ».

Recherché par Interpol, Rafik Khalifa se réfugie alors à Londres. Fin décembre 2003, la justice française finira par ouvrir une information judiciaire contre lui. Confiée à la juge Isabelle Prévost-Desprez, une magistrate spécialisée ayant longtemps œuvré au pôle financier de Paris, elle permettra peut-être de savoir pour le compte de qui Rafik Khalifa travaillait vraiment et surtout pourquoi, après avoir été l’un des sponsors de l’« Année de l’Algérie en France », il fut si brutalement lâché par Alger et Paris [12]…

En mars 2004, alors qu’il est toujours recherché par Interpol, la chaîne de Rafik Khalifa reprendra mystérieusement ses émissions depuis Londres.

« Année de l’Algérie en France », année de l’amnésie

Tout au long de l’année 2003, « année de l’Algérie en France », les grands médias du service public, dont la plupart sont partenaires de l’opération, s’illustreront par une couverture particulièrement complaisante de la situation algérienne.

Après le terrible tremblement de terre qui fait des milliers de victimes dans la région d’Alger le 21 mai 2003 et alors que le cercle présidentiel reçoit une pluie de pierres à Boumerdès où il tente de se rendre, France 3 organise ainsi une soirée de « solidarité » pour les sinistrés. S’y côtoient Hervé Bourges, Cheb Mami, Faudel, Enrico Macias, Roger Hanin… Quelque temps après, alors que la polémique enfle sur les détournements des dons de l’étranger, on verra le même Cheb Mami rassurer tout le monde en arrivant à Boumerdès (en même temps qu’une équipe d’Arte) avec un camion rempli de denrées alimentaires… À l’occasion de la campagne présidentielle de 2004, Cheb Mami entonnera encore la chansonnette aux côtés du nouveau candidat des généraux… Abdelaziz Bouteflika.

Alors que les sinistrés réfugiés dans des camps de fortune manifestent quotidiennement en Algérie, Arte diffuse pour sa part un reportage réalisé par Faouzia Fékiri — une journaliste s’étant distinguée à maintes reprises par des reportages reflétant largement les thèses du régime, et primés a contrario par la « critique internationale » — qui tente de donner une bonne image de la situation. Dans son documentaire, Fékiri montre ainsi un univers où l’on est logé et nourri aux frais des autorités, où les enfants sont en vacances permanentes, où le cirque vient à proximité et les reçoit gratuitement, où les médecins se déplacent et proposent leurs services sans frais, leurs médicaments à l’œil, un univers où la logistique est assurée par des hommes et des femmes d’une intégrité admirable, où les entrepreneurs se dévouent corps et âme, bénévolement [13]…

Et la tendance des médias français à nier l’évidence est générale : quelques semaines auparavant, annonçant l’arrivée à Alger du président Jacques Chirac, le 20 heures de TF1 lançait par exemple en ces termes un reportage sur les disparus : « En Algérie, où la situation s’est calmée depuis l’arrivée du président Bouteflika, il faut tout de même savoir que les exactions des islamistes se poursuivent. Les groupes armés islamistes ont fait près de 100 000 morts dans tout le pays depuis dix ans et ils ont effectué des milliers d’enlèvements. L’État algérien n’a toujours pas enquêté sur ces disparitions [14]. »

Hallucinante — d’autant que le reportage diffusé immédiatement après ce lancement contredit radicalement ces propos attribuant aux islamistes la responsabilité de ces disparitions —, cette présentation des faits illustre une tendance générale des médias à minimiser les responsabilités des autorités algériennes dans les difficultés de la population et à renoncer à enquêter sur la situation. Depuis 1996, la plupart des chaînes françaises ne réalisent d’ailleurs plus elles-mêmes d’enquêtes sur l’Algérie. À quelques rares exceptions près, la plupart des documentaires tournés sur place depuis cette date l’ont été par des confrères d’origine algérienne ayant souvent été proches du régime et développant opportunément les thèses des généraux éradicateurs. Fin 2003, une série de trois reportages diffusés pas France 5 entreprend ainsi de relater les dix ans de guerre qui viennent de ravager l’Algérie [15].

Très proche de la vision officielle du clan éradicateur du haut commandement militaire, pourtant accusé de crimes contre l’humanité, cette série sera saluée par une partie de la presse française [16]. Les auteurs parviendront même à convaincre la journaliste Arlette Chabot, aujourd’hui directrice de l’information de France 2, d’en lire le commentaire. Seul le journal Le Monde soulignera que le film comprend surtout des « jugements péremptoires », des «  vérités assénées », des « dogmes sans appel » et au final, une « vision manichéenne de la situation » [17] .  »

Extraits de :

Lounis AGGOUN et Jean-Baptiste RIVOIRE, Françalgérie, crimes et mensonges d’États, La Découverte, Paris, 2004, pages 578-583.

[1] Interview de Omar Benderra pour le documentaire de Jean-Baptiste RIVOIRE, Khalifa, un étrange milliardaire algérien, Permière diffusion le 3 mars 2003, Canal +

[2] Jean-Baptiste RIVOIRE, Khalifa, un étrange milliardaire algérien », op.cit.

[3] REPORTERS SANS FRONTIERES, « Algérie, la liberté de la presse victime de l’état de non-droit », novembre 2002

[4] Jérôme DUPUIS et Gilles GAETNER, « Le magot envolé », L’Express, 18 décembre 2003

[5] Jean-Baptiste RIVOIRE, Khalifa, un étrange milliardaire algérien

[6] David ANDRE, « Méciar, Stars en Slovaquie », Le Vrai Journal, Canal Plus, 11 octobre 1998

[7] France 2, 29 septembre 2002

[8] Anecdote rapportée début octobre 2002 par El-Watan

[9] Éditorial de Maâmar Djebour sur Khalifa TV (voir Jean-Baptiste RIVOIRE, Khalifa, un étrange milliardaire algérien, op. cit.)

[10] Algeria-Interface, 13 juin 2003

[11] Le Quotidien d’Oran, 15 juin 2003

[12] Voir à ce sujet les pistes avancées dans l’excellent dossier de Florence AUBENAS, José GARÇON, Renaud LECADRE, Cédric MATHIOT, « La face cachée de l’empire Khalifa », Libération, 30 octobre 2002

[13] Faouzia FEKIRI, Arte, 22 septembre 2003

[14] Claire CHAZAL, TF1, 2 mars 2003

[15] Séverine LABAT et Malik AÏT-AOUDIA, Algérie 1988-2000. Autopsie d’une tragédie, 2003

[16] Voir notamment les articles de Jean BELOT, Télérama, 1er octobre 2003 ; et de Martine GOZLAN, « Le film qui ne ment pas », Marianne, 29 septembre-5 octobre 2003

[17] Jean-Pierre TUQUOI, Le Monde télévision, 27 septembre 2003

 

Huitième jour du procès Khalifa au tribunal de Blida

L'Énigme Ragheb Chemâa

El Watan, 17 janvier 2007

Abdelwahab Réda, ancien chargé de la sécurité de Abdelmoumen, a surpris l'assistance par les informations troublantes qu'il a révélées hier au procès Khalifa, qui entame sa deuxième semaine au tribunal criminel de Blida.

Ancien commandant de l'ANP et ex-aide de camp d'un conseiller d'un ministre de la Défense et de la Présidence, il a rejoint le groupe Khalifa en octobre 2001, grâce à Abdelmoumen qu'il connaissait. Il est nommé chargé de la sécurité, détaché au domicile de Moumen, situé au chemin Mackley, à Hydra. Sa mission est de s'occuper de toute « la logistique » de la villa, notamment lorsque l'épouse Khalifa est absente. « Je viens le matin à 7h30. Je rentre par la cuisine et j'attends jusqu'à ce qu'il se réveille pour discuter et aller chercher ses parents. Je lui ramène l'argent. Je surveille le nettoyage de la villa, assuré par 2 femmes de ménage et un jardinier. » La juge ne comprend pas le travail exact de Réda. « J'assure toutes les tâches de la maison et la sécurité de son arme de poing, pour un salaire de 150 000 DA. » La magistrate lui demande de donner les détails sur les sommes d'argent qu'il ramenait de la caisse à Moumen. « Moumen m'avait appelé et dit d'aller voir Akli Youcef pour récupérer une commission. C'était en 2001, après les inondations de BEO. C'était une enveloppe. Je l'ai remise à Moumen dans sa villa. Elle contenait 200 000 DA. Il les a tirés pour payer le personnel, les deux femmes de ménage, le jardinier et le chauffeur. A cette époque, il n'y avait pas de fiche de paie. La seconde fois c'était à la veille de notre départ au Mali, où se déroulait la Coupe d'Afrique. Il m'a demandé d'aller récupérer chez Akli Youcef une commission. C'était toujours une enveloppe. Quand je lui ai remis celle-ci, il l'a ouverte et j'ai vu qu'elle contenait 10 000 USD. » Cet argent, révèle l'accusé, a servi pour payer le droit d'atterrissage et le stationnement de l'avion à Bamako. La juge lui demande avec quel avion Moumen est parti. L'accusé : « Khalifa Airways. Son jet, il l'a utilisé pour son voyage aux USA ou à Paris. » Il révèle avoir également été chargé par Abdelmoumen de lui ramener une autre enveloppe, toujours de la caisse principale, contenant 30 000 euros, à la veille de son voyage aux USA en 2002. L'accusé, serein, déclare avoir voyagé trois fois avec son PDG, aux côtés de Salim Bouabdellah, Chafik Bourkaïb, Hassen Echemaâ, frère de Ragheb Echemaâ et Krim Smaïl. La dernière demande d'argent a été faite par Moumen en février 2003. « Moumen m'avait appelé par téléphone, il était soit à Paris, soit à Londres, pour me dire d'aller récupérer le montant de 5 millions de dinars de chez Akli, le jour-même, mais ce dernier était absent. Le lendemain, j'ai été et Akli a refusé de me remettre la somme, en me disant que c'était impossible. Moumen m'avait rappelé et lorsque je lui avais dit cela, il m'a traité de traître. J'ai été très touché, il m'avait raccroché au nez. L'administrateur est venu après et Moumen, qui m'assurait à chaque fois qu'il allait rentrer, n'est pas revenu. » La magistrate : « Où devais-u prendre cet argent ? » L'accusé : « Il m'avait demandé de le ramener à la maison. » La juge tente de savoir pourquoi Moumen, auquel il ne refusait aucun ordre, l'a traité ainsi. « C'était une succession d'événements. D'abord en juillet 2002, il était à Cannes. Quand il est rentré, il m'a montré une photo numérique d'une belle résidence. Je lui ai dit qu'elle était belle. Quelques jours après il m'a dit qu'il l'a achetée. Je lui ai lancé : "C'est de la folie" Il s'est retourné pour me dire : "Alors tu n'y mettras jamais les pieds." » Me Meziane, avocat d'El Khalifa Bank en liquidation, l'interroge sur Ragheb Echemaâ. « Il était le premier conseiller de Moumen et son homme de confiance. » L'avocat lui demande plus de détails. « C'est un homme d'affaires. Il est introduit dans le monde du business européen, américain et au Moyen-Orient. Il introduit Moumen et prend des commissions. Ils établissent des factures sous le nom de sa société en France qui s'appelle Euromed. C'est lui qui lui a ramené l'opération d'achat de la société allemande de construction. » L'avocat : « Est-ce qu'il peut parler au nom de Moumen ? » L'accusé : « A l'étranger, oui, mais pas en Algérie. Il a présenté Moumen à deux reprises au président libanais Amine Lahoud, aux émirs saoudiens, au monde des affaires américain. Toute l'évolution du groupe à l'étranger a été rendu possible grâce à ses offices. » Elle l'interroge sur les invités. « Il y avait toutes les personnalités du show biz français. Il y avait aussi Smaïl Krim, Salim Bouabdellah, Djazourli, Chachoua Hafid, Djamel Guellimi, Rachid Amrouche... » La juge lui présente des photos de la soirée et lui demande d'identifier quelques personnages. L'accusé note que Ragheb a fait de l'effet sur Moumen. Il l'a introduit aux USA, en France, au Liban, en Arabie Saoudite et aux Emirats. La présidente l'interroge sur la soirée cannoise. Réda Abdelwahab affirme n'avoir pas assisté. Mais il dit avoir été convié à celle de Paris, à laquelle Ragheb Chemaâ était présent. Revenant sur les montants qu'il a remis à Moumen, il indique ne pas savoir qu'il s'agissait de l'argent de la caisse. « J'avais une relation de confiance avec mon PDG. Pour moi, c'était son argent personnel. » Elle revient sur les évènements qui ont « fâché » Moumen. « Oui, après qu'il ait acheté les trois villas et que j'ai fait la réflexion qui l'a fâchée, il ne m'a plus permis de voyager avec lui. Mais il y avait un voyage aux USA, il m'a bloqué une demi-journée à New York, pour un fax. Quand je l'ai reçu, c'était un achat d'un avion privé Boeing Business Jet. Je lui ai dit qu'il n'était pas fait pour les hommes d'affaires. Mais pour les chefs d'Etat parce qu'il est grand. Il m'a dit en colère, tu ne comprends rien ». Il explique à la présidente que la somme de 5 millions de dinars devait servir au paiement de la location de la deuxième villa qu'il avait à Mackley. Il révèle qu'à Paris, Moumen avait un grand appartement au 7e arrondissement, sous la Tour Eiffel, et qu'il a su par la suite qu'il avait acheté un autre situé en dessous. A la fin, Abdewahab Dallal explique avoir été envoyé par Moumen en février 2002, à l'occasion de l'Aïd pour récupérer une somme de 1,5 million de dinars qu'il a distribuée comme « sadaka » (offrande) au personnel de sa villa et de celle de sa mère. Les auditions reprennent aujourd'hui.

Salima Tlemçani



Boeing et Airbus se disputent un contrat d’Air Algérie

Renouvellement de la flotte de la compagnie nationale
jeudi 21 mai 2009.

Le dossier du renouvellement de la flotte de la compagnie nationale Air Algérie a franchi, hier, une étape décisive. La commission d’évaluation technique des offres a en effet achevé la rédaction de son rapport qui a été remis à la direction de la compagnie et le contrat de sept avions est disputé par Boeing et Airbus.

« Nous allons acquérir quatre avions de 70 places avec un simulateur de vol et sept avions de 150 places.

La commission a travaillé sur l’évaluation des offres avec leurs avantages et inconvénients », a déclaré une source anonyme de la compagnie nationale au site tousuralgerie.

« Le rapport de la commission sera transmis, au début de la semaine prochaine, au chef du gouvernement Ahmed Ouyahia.

Et c’est essentiellement sur la base des conclusions contenues dans ce document que le gouvernement prendra sa décision concernant l’attribution de ce marché, de plusieurs centaines de millions de dollars », à l’un des constructeurs en lice pour rafler le marché.

Les constructeurs Bombardier (Canada) et ATR (France) sont en concurrence pour les appareils de 70 places alors que l’Américain Boeing et l’Européen Airbus se disputent le contrat des sept avions de 150 places, selon la même source. Toutefois, aucune date n’a été avancée concernant l’attribution de ces contrats.

Pour rappel, le P-dg d’Air Algérie, Abdelwahid Bouabdallah, a annoncé en juin 2008, sur les ondes de la radio nationale, que la flotte de la compagnie atteindra 50 avions à l’horizon 2025.

Le programme de renouvellement de la flotte de la compagnie, entamé depuis, prévoit, en effet, l’acquisition de 10 avions moyen courrier à 150 sièges et de deux avions-cargos, permettant, selon le responsable de la compagnie, de renouveler la flotte de la compagnie et d’améliorer ses performances.

Le pavillon national a également affrété des avions pour répondre à la demande croissante de ses clients face à la grande concurrence imposée par les compagnies aériennes mondiales.

La flotte d’Air Algérie compte actuellement 33 avions dont 31 pour le transport des passagers et deux avions-cargos. A l’achèvement de cette opération, prévue fin 2012, Air Algérie disposera d’une flotte entièrement rénovée, ce qui améliorera considérablement la ponctualité de ses vols et sa rentabilité globale.

En plus de ses nouvelles acquisitions, Air Algérie continuera, selon son P-DG, de faire appel aux affrètements pour pouvoir être « le plus flexible possible et s’adapter aux variations de trafic ».

En effet, après avoir réalisé la nouvelle base de maintenance et modernisé sa flotte, la compagnie aérienne nationale, Air Algérie, a entamé la modernisation de ses outils de gestion et systèmes d’information ainsi que la mise aux normes de ses activités, lui permettant de faire face aux défis du marché sans cesse présents.

La voix de l’oranie

 

Londres accepte d'extrader Rafik Khalifa vers l'Algérie

Jeudi 25 juin 2009

Après une longue bataille juridique entre Alger et Londres, la justice britannique a donné son feu vert pour l’extradition de l’ex-magnat algérien Rafik Khalifa vers son pays d’origine, où il a été condamné à la prison à perpétuité.

La justice britannique a autorisé, ce jeudi, l’extradition de l’ancien "golden boy" algérien Rafik Khalifa. Peu après cette annonce, son avocate Anna Rothwell a fait part de son intention de faire appel de cette décision.


A la tête d’un riche groupe industriel et financier (compagnie de transport aérien, banques, médias, etc.) au début des années 2000, cet Algérien, aujourd’hui âgé de 43 ans, pharmacien de son état, a déjà été condamné par contumace par la justice algérienne, le 22 mars 2007, à la réclusion à perpétuité pour "association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, et faux et usage de faux".

 

Le procès de ce fils d’un ancien ministre a eu un retentissement politique sans précédent, tant en France qu’en Algérie. Pas moins de six anciens ministres et 200 témoins, liés directement ou indirectement à l’affaire, ont défilé devant la barre du tribunal d’Alger.

 

L’épopée de Khalifa a commencé vers la fin de la décennie 1990. Profitant des entrées que son père possédait au sein de l’appareil politique et économique algérien, l’ancien businessman fonde Khalifa Bank, qui propose des intérêts mirobolants allant de 11 à 13 %. Une aubaine pour de nombreux actionnaires privés et entreprises publiques qui y ont déposé leurs avoirs.

 

Trois luxueuses villas sur la Croisette

 

La suite est connue. Rafik Abdelmoumen Khalifa, après avoir amassé des fortunes, diversifie ses activités. Il se lance dans le transport aérien (Khalifa Airways, qui se dotera de 13 Boeing achetés en leasing) et dans les médias (chaîne de télévision Khalifa News). Le milliardaire ouvre également une agence de location de voitures de luxe à Paris ainsi qu’à Londres, et sponsorise l’Olympique de Marseille (OM).

 

En 2000, Khalifa achète trois luxueuses villas sur la Croisette cannoise et se lie d’amitié avec les stars du showbiz : Gérard Depardieu, Catherine Deneuve, le chanteur Cheb Mami… Autant de célébrités qui, à l’époque, n’ont pas hésité à vanter les mérites et le courage du jeune Algérien.


A cette même période, sur la chaîne de télévision française TF1, le journaliste économique Jean-Marc Sylvestre salue, à la faveur d’un entretien exclusif, la réussite et l’ascension fulgurante de ce businessman venu d’Algérie.

 

Comme un château de cartes

 

Seulement voilà, au début de 2003, le public découvre que le groupe Khalifa doit sa montée en puissance à un endettement gigantesque. L’origine des fonds commence à soulever des questions. En France, le parquet de Nanterre ouvre, à la fin de 2003, une information judiciaire contre Rafik Khalifa pour "abus de confiance, banqueroute par détournement d’actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée".

 

De nombreux procès ont lieu en Algérie et en France. L’empire Khalifa s’écroule. Comme un château de carte.

 

Acculé, endetté après avoir perdu tous ses soutiens politiques et médiatiques, Rafik Khalifa s’est réfugié à Londres pour fuir la justice algérienne. Qui risque désormais de le rattraper.

Jeudi 25 juin 2009




Extradition d'Abdelmoumène Khalifa : les éléments de preuves présentés par l'Algérie  

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L’Algérie a présenté à la justice britannique des  éléments de preuves et des chefs d’inculpation constitutifs d’infractions pour  l’extradition d’Abdelmoumène Rafik Khalifa, a indiqué hier, un responsable du  ministère de la Justice.

"Face à la défense de Khalifa, nous avons opposé des faits et des preuves.  Nous avons pris l’affaire dans son ensemble, parce qu'il fallait, dès le départ,  montrer au juge britannique qu'il y a une entreprise frauduleuse", a précisé  à l’APS M. Mokhtar Lakhdari, directeur des affaires pénales et des grâces au  ministère de la Justice, en marge de la 14e rencontre du groupe africain de  l'Union internationale des magistrats.     M. Lakhdari a expliqué qu’il y a deux volets dans cette affaire : un  volet relatif aux preuves de l’implication de Khalifa dans les différentes infractions  pour lesquelles son extradition est demandée et l’autre était relatif à la garantie  de l’Algérie pour le respect des droits de l’homme.          
"Pour le premier volet, nous avons parlé notamment de faux, de vol et  de banqueroute frauduleuse", a-t-il fait savoir.         
Il s’agit notamment, a-t-il dit, de sommes d’argent qui sortaient des  caisses d’El-Khalifa Bank "sans justification". "Ce sont des faits relatés par  des directeurs d’agences d’El-Khalifa Bank, lors du procès de Blida, (tenu en  l’absence de Khalifa), qui avaient révélé avoir remis de l'argent à des personnes  sur la base de bouts de papier et sur instruction de Khalifa".         
"L’Algérie a fourni également à la justice britannique les faux documents  présentés par Abdelmoumène Rafik Khalifa à la Banque de développement local  (BDL) de Staoueli (Alger) pour bénéficier d’un découvert bancaire", a-t-il encore  dit.

"Il y a aussi des virements à l’étranger qui n’étaient pas justifiés",  a-t-il ajouté, soulignant que Khalifa "a utilisé la compagnie aérienne Khalifa  Airways, qu’il a créée, comme couverture pour ses différents transferts  irréguliers d'argent effectués vers l’étranger".         
"Dans l’affaire de la station de dessalement de l’eau de mer, il y a  eu une surfacturation sur du matériel vétuste et l’argent transféré n’a pas  été reçu, dans sa totalité, par le fournisseur", a expliqué M. Lakhdari, soutenant  qu'il a été détourné et que ce délit a pu être établi sur la base de documents  bancaires ayant servi à ces opérations de transfert.         
Ainsi, l’Algérie a remis à la justice britannique "des preuves démontrant  qu’il y a eu un détournement d’argent, un transfert et une acquisition de biens  à l’étranger avec les actifs d’El-Khalifa Bank".         
"Mais nous n’avons pas retrouvé la contrepartie de cet argent dans le  patrimoine de la banque. Rien n’interdit à une banque de faire des investissements  à l’étranger et des acquisitions, mais à la condition qu’on retrouve ces biens  dans les actifs, le patrimoine de la banque. Ce qui explique qu’il y a eu détournement",  a-t-il précisé.          
"Nous avons aussi présenté au juge britannique les différents rapports  d’inspection et d’audit de la Banque d’Algérie, les différents courriers et  rappels à l'ordre adressés à Abdelmoumène Khalifa pour sauver sa banque", a-t-il  ajouté, indiquant que cela "a pesé dans la décision de son extradition".          
Concernant le volet des droits de l’homme, la partie algérienne a expliqué  toutes les dispositions légales qui s'appliqueraient à Khalifa dans le cas où  il sera extradé et jugé.         
"Sur ce plan, nous avons fait appel à un expert algérien et à un diplomate  britannique qui a mené les négociations avec le gouvernement algérien concernant  l’expulsion des ressortissants algériens détenus au Royaume-Uni", a-t-il fait  savoir.


"Ce diplomate, avec lequel nous avons travaillé depuis deux ans, a expliqué  au juge britannique le fonctionnement de la justice algérienne, affirmant que  l’Algérie respecte ses engagements internationaux et que les personnes expulsées  vers l’Algérie ont bénéficié des droits reconnus par la loi", a-t-il précisé.         
La partie algérienne a mis l’accent, a-t-il dit, sur tous les aspects  du droit algérien qui étaient conformes aux principes des droits de l’homme  et aux pactes sur le droit civil et politique.          
"Nous avons affirmé que l’Algérie respecte ses obligations internationales,  qu’elle présente régulièrement des rapports devant le Comité des droits de l’homme,  devant le Comité contre la torture, ainsi que devant la Commission des droits  de l’homme et des peuples de l’Union africaine", a souligné M. Lakhdari.          
"Parmi les arguments que nous avons présentés, nous avons évoqué le  rôle des médias dans le procès de Blida. Nous avons dit que les médias peuvent  être un contre-poids, assurer un contrôle et être les garants d’un procès équitable",  a-t-il fait savoir.         
"Nous avons aussi donné des assurances diplomatiques en cas d’extradition  de Khalifa lui garantissant le respect de ses droits, reconnus par la loi algérienne",  a-t-il assuré.         
M. Lakhdari a indiqué que face à ces arguments, le juge a statué sur  l’extradition de Khalifa jeudi dernier, précisant que le dossier sera transmis  au ministère britannique de l’Intérieur qui va préparer la décision d’extradition  et informer Abdelmoumène Khalifa de cette décision.          
A partir de la notification faite par le ministre de l’Intérieur (secrétaire  d’Etat), Khalifa disposera de 14 jours pour introduire son recours devant la  Cour suprême britannique qui, en premier lieu, portera sur des points de droit  et, en second lieu, examinera des éléments de fonds "mais uniquement s’il s’agit  d’éléments nouveaux n’ayant jamais été discutés au préalable au cour du procès".         
"D’après nos avocats, c’est vers la fin de l’année, entre octobre et  décembre, que débutera la deuxième phase de la procédure, c'est-à-dire l’examen  du recours", a-t-il révélé.

Le juge britannique a statué sur l’extradition   d’Abdelmoumène Rafik Khalifa sur la base de faits "strictement" criminels et   de fraude, a-t-on indiqué hier, au ministère de la Justice.         
"Le juge britannique, en examinant le dossier fourni par la partie requérante  (l’Algérie), a considéré que Khalifa n’a pas été poursuivi et condamné pour  ses opinions politiques, mais pour des faits criminels et frauduleux", a précisé  à l'APS M. Mokhtar Lakhdari, directeur des Affaires pénales et des Grâces au  ministère de la Justice, en marge de la 14e rencontre du groupe africain  de l'Union internationale des magistrats.         
Il a relevé que l’objectif de Khalifa, lors du procès, "était de dire  que, derrière cette demande d’extradition, il y avait des motivations politiques",  expliquant que le juge britannique est "un arbitre qui ne s’implique pas dans  le déroulement du procès, mais écoute les parties, pèse leurs arguments puis  tranche".         
"Le juge britannique a expliqué que même si Khalifa conteste les preuves  fournies par l’Etat requérant, c’est devant le juge algérien qu’il devra invoquer  ses griefs", a-t-il ajouté.         
"Le juge a encore dit : En mettant en balance les informations qui  m’ont été communiquées d’un côté par la défense de Khalifa et de l’autre  par l’Etat requérant et les assurances diplomatiques présentées par l’Algérie,  je privilégie le côté algérien", a souligné M. Lakhdari.

Pour le juge britannique, "même si le système judiciaire algérien est  différent du système britannique, il offre les garanties exigées par la convention  européenne des droits de l’homme en matière de procès équitable", a encore  relevé M. Lakhdari.         
Le responsable du ministère de la Justice a indiqué que "dans le cas  où Khalifa sera extradé, il bénéficiera d’un procès équitable et sera jugé dans  un délai raisonnable, conformément à la loi et dans le strict respect de nos  obligations découlant de l’accord d’extradition avec le Royaume-Uni et des assurances  diplomatiques présentées aux autorités britanniques".            
La couverture médiatique et la présence de nombreux avocats, lors du  procès de Blida, ont constitué des éléments importants pour la justice britannique,  a-t-il rappelé.         
"Ce ne sera pas un procès à huis clos. Il y aura la presse, des avocats  et Khalifa pourra interroger ses témoins", a-t-il assuré, indiquant que c’est  également sur cette base que le juge a statué sur l’extradition.         
"La décision de la Chambre des Lords qui a, en mars dernier, affirmé  que l’Algérie offrait suffisamment de garanties concernant les personnes  expulsées, a été aussi un élément essentiel dans ce dossier", a encore ajouté  M. Lakhdari.        
"Khalifa a été jugé pour des faits précis. Nous n’avons pas le droit  de le juger pour des faits autres que ceux pour lesquels son extradition a été  demandée", a-t-il encore assuré, rappelant qu’en Algérie, même si quelqu’un  est déjà condamné par contumace, il aura droit à un nouveau procès, une fois  arrêté.         
M. Lakhdari a indiqué que "Khalifa et ses avocats n’ont, à aucun moment  du procès, pu apporter une seule preuve pour démontrer que l’Algérie est un  pays qui ne respecte pas ses obligations internationales", estimant que "s’il  y avait un seul cas où l’Algérie avait failli à ses engagements, le juge n’aurait  pas accordé cette extradition".                   

La justice britannique avait accepté, jeudi dernier, d'extrader Abdelmoumène  Rafik Khalifa et de le remettre aux autorités juridiques algériennes, lors de  la séance tenue au tribunal de Westminster à Londres, rappelle-t-on. A l'issue de cette décision, le juge Timothy Workman avait estimé que  l'extradition de Khalifa "ne contrevenait pas à la convention internationale  des droits de l'homme".         
Le juge s'est dit également "convaincu" que les assurances données  par l'Algérie quant au respect des droits de Khalifa étaient "à la fois fiables  et de toute bonne foi".         
La demande algérienne pour l'extradition de Khalifa, rappelle-t-on,  est basée sur des documents relatifs à la falsification de l'hypothèque de la  villa familiale et d'un local commercial jusqu'à la constitution du groupe Khalifa.         
Parmi les autres chefs d'inculpation retenus contre Khalifa figurent  également les cas de vols survenus au niveau des différentes agences d'El-Khalifa  Bank sur ordre de l'accusé lui-même, la gestion anarchique et la négligence  ayant marqué les transferts de devises sous le couvert de diverses transactions  qui étaient en réalité, selon la liste des chefs d'accusation, des détournements organisés.         
Abdelmoumène Rafik Khalifa a été jugé par le tribunal criminel de Blida  et condamné par contumace à une peine de prison à perpétuité pour plusieurs  crimes en relation avec la gestion d'El-Khalifa Bank.         
Il s'était réfugié au Royaume-Uni en 2003 et fut arrêté le 27 mars 2007  sur le territoire britannique dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen délivré  par le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris.         
Le parquet de Nanterre a  ouvert en fin 2003 une information judiciaire  pour "abus de confiance, banqueroute par détournement d'actifs, banqueroute  par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée".         
Une autre demande d'extradition a été introduite par la France auprès  de Londres. Un avis favorable avait donné par la justice britannique pour la  remise de Khalifa aux autorités françaises, mais cette procédure a été gelée,  dans l'attente d'une décision définitive concernant la demande d’extradition  introduite par l’Algérie.


Pour ce qui est de la prochaine phase, M. Lakhdari a indiqué que le  juge britannique a ordonné la transmission du dossier au secrétaire d’Etat (ministre  de l’Intérieur) à qui il appartient de prendre la décision d’extradition. "Ce  dernier dispose d’un délai de deux mois pour délivrer sa décision. Une fois  cette décision prise, elle sera notifiée aux parties. Si la décision d’extradition  est confirmée, Khalifa pourra introduire son recours devant la Cour suprême  dans un délai de (14) jours", a-t-il expliqué.         
La durée du procès devant la Cour suprême britannique "dépend des moyens  et des éléments invoqués par le demandeur et des arguments que lui opposera  la partie adverse".         
En principe, a-t-il précisé, "la Cour suprême statue sur des points  de droit, mais le débat pourra s’étendre à des questions de fond s’il s’agit  de fait nouveaux qui n’ont pas été discutés devant la premier juge et qui sont  de nature à remettre en cause la décision d’extradition".          
"Il y aussi la possibilité d’introduire un recours devant la Chambre  des Lords, mais celle-ci n’accepte les recours que s’ils portent sur des questions  d’intérêt national", a-t-il conclu.
APS

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07/07/2009

Page de couv de Liberté

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Ceci expliquant celà ?

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02/07/2009

France, pays des terroristes présumés...

 

 

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Chef de la Police Judiciaire parisienne, M. Péchenard est nommé pour encourager le fichage génétique de toute la population, au prétexte que même les innocents pourront, grâce au fichier FNAEG, "être lavés de tout soupçon"...

Acceptez d’être fiché à vie, c’est pour votre bien ! Cette noble pensée novlang a été traduite par le directeur de la PJ de Paris en 2006 [1] à propos du fichier des empreintes génétiques (FNAEG).

Extrait d’un article du Monde : [2]

Pourquoi avoir étendu le fichage à un si grand nombre d’infractions ? Pour le directeur de la police judiciaire, Frédéric Péchenard, "cet outil extraordinaire pour éviter les récidives criminelles" n’a de sens que si le maximum d’individus s’y trouvent répertoriés. Parce que, constate-t-il, "il est très rare que les violeurs ou les tueurs en série ne soient pas connus des services de police pour des infractions moindres (vols, petits incendies, actes de cruauté envers les animaux, etc.). Le Fnaeg, dont les consultants doivent bien sûr rester strictement encadrés, est une nécessité de la police moderne, autant pour les victimes que pour les suspects éventuels qui peuvent, grâce à une trace ADN, être lavés de tout soupçon".

Pour mieux faire accepter l’idée qu’un fichage de masse serait salutaire, ce haut fonctionnaire brandit la carotte : il pourra disculper tout citoyen innocent ! Mais de quoi devrait-on se disculper, à l’avance, si l’on est présumé innocent ? Une nouvelle fois la charge de la preuve est inversée et cette sombre promesse n’est qu’une nouvelle atteinte à ce qu’on appelle un État de

"Bien des infractions manquent encore pour alimenter le fichier, ironise Côme Jacqmin, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM). Nombre de délits financiers tels le délit d’initié, la fraude fiscale ou l’abus de bien social n’exigent pas de fichage ADN..." [3]

RAPPELS : (Mis à jour 15.01.2007)

- Un article du Figaro, publié lors de la nomination de M. Péchenard à la direction régionale en juin 2006, précise que « Le choix de placer ce brillant contrôleur général de 49 ans à ce poste clef ne doit rien au hasard ». « Homme de confiance et camarade d’enfance de Nicolas Sarkozy – leurs mères, toutes deux avocates, étaient voisines et amies –, il va compléter l’organigramme forgé par le ministre de l’Intérieur pour s’assurer de la fidélité des principaux rouages de la « grande maison ». (...) Tour à tour affecté aux « Stups » et à la tête de la section antiterroriste de la brigade criminelle, il est numéro 2 de l’antigang au moment de l’affaire de la prise d’otages de la maternelle de Neuilly-sur-Seine par « Human Bomb » en mai 1993. A cette occasion, il renoue avec Nicolas Sarkozy, alors jeune maire de la ville. » [4]

- Le FNAEG, qui est alimenté depuis 2002, grossit à très vive allure : 2 100 références en 2002, 40 000 en 2004, 283 000 aujourd’hui. Parmi elles, 107 000 personnes condamnées, 163 000 "soupçonnées", 16 726 traces relevées sur des scènes de crimes.

- Ce fichier des traces ADN a été imposé à l’opinion sous couvert de lutte contre les crimes sexuels.  [5]


[1] Direction régionale de la police judiciaire de Paris (D.R.P.J.), rattachée à la préfecture de Police de Paris, elle a compétence sur la capitale et les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne). Ses effectifs sont de l’ordre de 2.359 policiers et administratifs.

[2] "La tentation du fichage génétique de masse", 25.09.06.

[3] (op cit)

[4] Le Figaro, 03 juin 2006.

[5] 1. Le Fnaeg (Fichier national automatisé des empreintes génétiques) est créé sous le gouvernement Jospin par la loi Guigou du 17 juin 1998, trois mois après l’arrestation de Guy Georges, le tueur en série identifié grâce à son ADN. Initialement, le fichier n’est destiné qu’aux auteurs d’infractions sexuelles.
2. Le 15 novembre 2001 (gouvernement Jospin toujours), la loi Vaillant dite de "sécurité quotidienne" l’élargit aux atteintes volontaires à la vie de la personne (actes de torture, de barbarie, etc.) aux actes de terrorisme, aux atteintes aux biens accompagnées de violence (destructions, dégradations par explosif ou incendie). Elle prévoit aussi une sanction pour tout refus de se soumettre au prélèvement : six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende au moins.
3. Un grand pas est franchi avec la loi Sarkozy de "sécurité intérieure" du 18 mars 2003 (gouvernement Raffarin). Les infractions les plus banales sont introduites (vols simples, dégradations, tags, arrachage de cultures OGM...). La sanction pour refus d’obtempérer au fichage est alourdie. Surtout, la loi prévoit désormais de ficher les personnes non condamnées mais simplement suspectées - "à l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants". S’il est innocenté, l’intéressé peut demander par la suite le retrait de ses empreintes du Fichier national. Le procureur peut, ou non, l’accepter.
4. Dans la foulée, la loi Perben II de 2004 obligera toute personne condamnée à plus de dix ans de prison à fournir son ADN. Qui refuse, perd aussitôt tout droit à une réduction de peine.
Le Monde, op. cit.

 

La France est tout simplement le pays qui interpelle le plus de terroristes présumés : 400, en 2008, sur un millier d'arrestations effectuées en Europe, a révélé ce matin Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale (DGPN), au colloque de Défense et Stratégie. Si le territoire n'a pas été touché par un attentat majeur depuis 13 ans, la France continue à connaître des "attentats secondaires", d'origine basque ou corse. Et, encore plus évidemment, la DCRI (direction centrale du renseignement intérieur) est par ailleurs, et sans surprise, très active sur les réseaux d'inspiration islamiste, qu'il s'agisse de "petites mains" recueillant des financements, ou de guérilleros-djihadistes revenant de formation à l'étranger. Frédéric Péchenard a d'ailleurs rendu un hommage très appuyé à Bernard Squarcini et à ses équipes.
De surcroît, sur la frange islamiste, la France a aussi pratiqué les mesures préventives, en réalisant un certain nombre de mesures d'éloignements d'étrangers. 115 personnes ont dû aller habiter ailleurs, dont 25 imams.




Contrairement à ce qu'avait affirmé le directeur général de la DGPN, Frédéric Péchenard, jeudi matin sur RTL, le comédien Christian Clavier "n'a pas déposé une plainte, mais se réserve le droit de le faire" après l'intrusion samedi d'une cinquantaine de militants indépendantistes dans le jardin de sa villa à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Une rectification formulée jeudi après-midi par la Direction générale de la police nationale (DGPN) elle-même.

"La plainte a été déposée par Christian Clavier. La plainte et la maison de Christian Clavier sont en zone gendarmerie. Ce qui fait que c'est la gendarmerie nationale qui s'occupe et de la protection de sa maison et de la plainte", a expliqué jeudi matin Frédéric Péchenard ajoutant : "Ceux qui ont occupé la maison seront entendus. Par la suite, c'est à la justice de décider d'engager ou non des poursuites."

"Un poste extrêmement sensible"

Contrairement à ce qu'avait affirmé le directeur général de la DGPN, Frédéric Péchenard, jeudi matin sur RTL, le comédien Christian Clavier "n'a pas déposé une plainte, mais se réserve le droit de le faire" après l'intrusion samedi d'une cinquantaine de militants indépendantistes dans le jardin de sa villa à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Une rectification formulée jeudi après-midi par la Direction générale de la police nationale (DGPN) elle-même.

"La plainte a été déposée par Christian Clavier. La plainte et la maison de Christian Clavier sont en zone gendarmerie. Ce qui fait que c'est la gendarmerie nationale qui s'occupe et de la protection de sa maison et de la plainte", a expliqué jeudi matin Frédéric Péchenard ajoutant : "Ceux qui ont occupé la maison seront entendus. Par la suite, c'est à la justice de décider d'engager ou non des poursuites."

"Un poste extrêmement sensible"
Sur RTL, le premier flic de France a justifié la sanction visant Dominique Rossi, coordonnateur des services de sécurité sur l'île, relevé lundi de ses fonctions et muté à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). "La faute qui est reprochée (à Dominique Rossi) c'est de ne pas avoir su anticiper ni profiter des renseignements qui lui ont été fournis (...) Il savait ce qu'il allait se passer mais il n'a pas pu, pas su ou ses ordres n'ont pas été suivis." Coordinateur des forces de sécurité intérieure en Corse est "un poste extrêmement sensible puisqu'il est le patron des services de police et de gendarmerie sur l'île. C'est un contrôleur général de la police nationale. Il fait partie de la centaine de personnes ayant le grade de haut commissaire dans la police nationale", a expliqué le premier policier de France. "J'ai fait mon boulot et je n'ai rien à me reprocher", a répliqué jeudi le grand flic natif de Piana, Dominique Rossi, dans un entretien publié jeudi dans les colonnes du Monde

Le limogeage du patron des forces de sécurité en Corse n'a rien à voir avec les liens d'amitié que partagent le comédien Christian Clavier et Nicolas Sarkozy, soutient Frédéric Péchenard. Se défendant que la décision ait été prise par le chef de l'État, le directeur général de la Police nationale confirme que la décision vient bien de la ministre de l'Intérieur . "Même si les faits s'étaient déroulés chez Camille de Rocca Serra, la décision aurait été la même. C'est Michèle Alliot-Marie qui m'a demandé de prendre cette sanction. Par la suite, j'ai donc nommé Gilles Leclair comme successeur."

 

Frédéric Péchenard, le super-flic du présidente

Isabelle Mandraud, le Monde

vendredi 28 septembre 2007, sélectionné par Spyworld

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La voix rugit dans la cour du ministère de l’intérieur, place Beauvau. "Tu veux vendre des cacahuètes boulevard Saint-Michel, c’est ça ?" On imagine, à l’autre bout du téléphone portable, un subordonné tétanisé par une bévue, l’un de ces 150 000 hommes que le directeur général de police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, a sous ses ordres. Non, c’est le papa qui parle. Un père comme les autres, à cette différence près qu’il côtoie les ministres et la pègre, le pouvoir et le crime. Ami d’enfance de Nicolas Sarkozy, il dit aimer, dans son livre Gardien de la paix (Michel Lafon, 308 p., 18,50 €), "le monde des vraies gens".

Commentaire aimable de la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie : "Il a un bon style." Le DGPN règne sur tous les services de police (police judiciaire, renseignement, terrorisme, etc.). Un empire de flics. Avec à leur tête, pour la première fois, celui qui se définit comme "un flic avec une vie de flic". Jusqu’ici le poste était dévolu à un préfet.

Tout a changé le 23 mai, après l’élection de Nicolas Sarkozy. "Je l’aime beaucoup. C’est lui qui m’a nommé...", avance Frédéric Péchenard, 50 ans. Officiellement, la décision, parmi deux autres candidats, revint à Michèle Alliot-Marie, mais les habitués de la Place Beauvau, eux, préfèrent évoquer un choix entre "Péchenard, Péchenard et Péchenard". Dans son livre, le super flic du président éprouve le besoin de se justifier sur ses relations avec le chef de l’Etat, un peu excédé qu’on y revienne sans cesse. "Oui, écrit-il, Nicolas Sarkozy et Frédéric Péchenard, c’est une histoire ancienne." Après son divorce, la mère de Nicolas Sarkozy s’installe avec ses enfants dans le 17e arrondissement de Paris, à côté des Péchenard qu’elle fréquente. "Les Sarkozy ont toujours fait partie de mon environnement familial, comme les Péchenard ont toujours fait partie du leur."

Les deux hommes se perdent de vue puis se retrouvent en 1993, lors de la prise en otages d’enfants dans une école maternelle de Neuilly-sur-Seine par "Human Bomb". L’un est le maire de la commune, ministre du budget, l’autre est le patron adjoint de la brigade de recherche et d’intervention, plus connue sous le nom d’Antigang. Dix ans plus tard, devenu ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy promeut Frédéric Péchenard, alors patron de la "Crime", sous-directeur des affaires économiques et financières (SDAEF) puis directeur de la police judiciaire, la PJ parisienne. Des postes de confiance.

A la SDAEF, il traite de dossiers sensibles, celui de Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d’Ile-de-France, de Jean-Marie Messier, ex-PDG de Vivendi, de Charles Pasqua ou celui, plus brûlant encore, du corbeau de l’affaire Clearstream, dont il finira, quatre mois après la plainte de Nicolas Sarkozy devenu partie civile, par être dessaisi par la justice.

La relation est étroite. Elle n’entache pas la réputation du policier reconnu par ses pairs et qui a grimpé tous les échelons, les "Stups", la section antiterroriste, l’Antigang, la brigade de répression du banditisme, la "Crime", la direction de la PJ. Dans son bureau gris perle, mitoyen du ministère de l’intérieur, rue des Saussaies, le DGPN lorgne les six téléphones disposés en rang d’oignons sous son nez, la ligne directe avec le ministère, l’interministériel, le réseau sécurisé Raimbaud, le réseau de la police... "Ce n’est pas forcément ce que j’aurais voulu faire", lâche-t-il. Ah ? "Ne croyez pas que je crache dans la soupe, mais la brigade criminelle c’est ce qui m’a le plus marqué, se hâte-t-il de reprendre, passant au tutoiement. C’est un métier passionnant, dur, qui te confronte à des difficultés, qui te permet d’aider des gens, qui touche au sacré, aux questions de vie et de mort." L’action sur le terrain lui manque. Il se souvient de sa dernière interpellation, en 2003. "C’était dans le 19e arrondissement, un type, identifié grâce à son empreinte génétique, il avait assassiné une commerçante avant de se masturber dessus..."

Aujourd’hui, ses missions sont vastes : il lui faut, entre autres, faire baisser les chiffres de la délinquance, achever la fusion dans le renseignement de la DST et des RG, préparer le déménagement du mythique 36, quai des Orfèvres, réorganiser la sécurité, accompagner la ministre de l’intérieur dans tous ses déplacements. Enfin, presque. Sa tutelle est double, puisque le ministère a été dépecé avec la création d’un pôle sur l’immigration, l’intégration et l’identité nationale dirigé par Brice Hortefeux.

Les arrestations d’étrangers en situation illégale ? "C’est tout à fait le travail de la police", affirme Frédéric Péchenard tout en cherchant à lui donner un sens. "Il faut cibler le travail clandestin, les filières d’immigration plutôt que d’aller prendre quelqu’un comme ça dans la rue". C’est aussi un défenseur acharné du fichage génétique, "au nom de l’efficacité", ce qui lui a valu le prix Big Brother 2006, décerné par une association de défense des libertés individuelles...

Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie-officiers, est formel : "C’est un type bien. Il s’est toujours intéressé au côté humain dans la police. En jouant avec l’affect, tu peux faire bosser les mecs." Joaquim Masanet, secrétaire général de l’UNSA-Police (réputé de gauche), le tient pour "un être humain très ouvert". D’autres, sous le couvert de l’anonymat, s’agacent de sa médiatisation grandissante et du cercle sarkozyste de plus en plus pesant dans la police. En 2006, la photo de Frédéric Péchenard, à la tête de la PJ parisienne, posant dans Paris Match bras croisés et pieds écartés sur les toits du 36, quai des Orfèvres, avait suscité ironie et irritation. Cette fois, c’est le titre de son livre, Gardien de la paix - ce qu’il n’a jamais été - qui lui vaut des critiques.

Fils unique issu de la bourgeoisie - il vit toujours dans l’hôtel particulier familial dans le 17e arrondissement de Paris -, il est devenu policier "par vocation" contre l’avis de son père, avocat et grand amateur de Proust. Péchenard est fidèle en amitié. Les déboires d’un ami commissaire mis en prison, injustement selon lui, pour complicité dans une affaire de stupéfiants lui ont inspiré un roman, Piège pour un flic (avec Luc Jacob-Duvernet, Ed. Anne Carrière, 2003).

Disponible, il juge "important d’entretenir des relations cordiales avec les journalistes", dont quelques-uns sont devenus des proches. Lui aussi a connu la tourmente - vite dissipée - lorsque Richard Durn, auteur de la tuerie du conseil municipal de Nanterre, s’est suicidé en se jetant le 28 mars 2002 par une lucarne du "36". Cet épisode l’a fait réfléchir. "Tant pis si un Richard Durn peut briser une carrière. Tant mieux si Nicolas Sarkozy peut l’accélérer."

Parcours

- 1957 : Naissance à Neuilly-sur-Seine.
- 1983 : Commissaire de police.
- 2000 : Chef de la brigade criminelle.
- 2003 : Sous-directeur des affaires économiques et financières.
- 2006 : Directeur de la police judiciaire parisienne.
- 2007 : Directeur général de la police nationale ; parution de "Gardien de la paix"

 

 

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01/07/2009

Mea culpa


manchette d'informations



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Couverture médiatique ou comment faire taire les alternatifs


Mercredi 1 juillet 2009

De quoi la Voix du Nord est-elle la voix ?

Le camp No Border de Calais a été étouffé avec tant de soin que rien, ou presque rien, n’est paru dans les médias nationaux. Seuls les médias locaux se sont appliqués à en suivre le déroulement.
À leur manière.

 

La Voix du Nord,  et la presse locale "aux ordres" n'aiment pas qu'on leur rappelle leur subordination. La couverture médiatique de la répression des manifestations est très importante pour les gouvernements.

Un blog comme le Jura L. ne fait que pointer "l'objectivité" de certains papiers. Le "rappel à l'ordre"  législatif n'est en fait qu'un moyen pour LVDN d'éviter la critique. Ils peuvent donc continuer à faire leurs articles, en toute "objectivité" en censurant ceux et celles qui leur font remarquer la subjectivité de leurs infos...


La couverture du contre sommet de l'Otan était de la même veine, idem pour le Daubé (Dauphiné Libéré) et l'explosion à Cognin.

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Comment va être "couvert" le G8 début juillet ?

11:48 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/06/2009

Les faux résistants...Vraie conne ou fausse brune ?

SISSONNE (02) Liane Foly, une recrue de charme

Liane Foly au Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine de Sissonne dans l'Aisne.

Liane Foly au Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine de Sissonne dans l'Aisne.

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La chanteuse Liane Foly a échangé strass et paillettes contre treillis pour le tournage de l'émission « Au cœur de l'armée de terre » qui sera diffusée sur France 2, mi-juillet.

Les militaires du camp de Sissonne ont suivi un entraînement un peu particulier jeudi dernier. Les caméras braquées sur eux tout l'après-midi et sur leur nouvelle recrue : Liane Foly. La chanteuse, également imitatrice, a troqué le micro contre la tenue kaki.

Le capitaine Grégoire Hubsch lui a fait découvrir le quotidien du camp. « On m'a demandé de l'accueillir et de lui faire vivre ce que nous vivons. Je lui ai présenté le métier. Elle s'est insérée dans le groupe d'entraînement avec naturel, avec beaucoup d'aisance », confie le capitaine.

Après deux heures de tournage, Liane Foly est exténuée. « Si j'avais fait trois concerts de suite, je serais moins fatiguée », sourit la VIP du camp militaire. Avant de rentrer chez elle à Paris et de se mettre dans un bain, elle raconte : « J'ai suivi, j'ai regardé leur entraînement. Je suis impressionnée par la précision des armes, par le véhicule blindé. Avec ce tournage, j'ai eu une vraie prise de conscience. On oublie chaque jour qu'il y a la guerre, des combats. Quand je les vois en exercice, je suis touchée. On se dit que le reste, à côté, a peu d'importance. Pour moi, les militaires, le corps médical, les pompiers, ce sont des personnes très importantes. Il faut un courage immense pour s'engager dans l'armée. »

Appel à Franck Dubosc

Même si Liane Foly n'est pas prête à quitter la chanson pour l'armée, elle ne risque pas d'oublier de sitôt son expérience au camp militaire axonais, selon ses confidences.

Quant aux militaires du camp de Sissonne, ceux du 35e Régiment d'Infanterie de Belfort et du R.I de Marche du Tchad de Noyon, c'est pareil : l'expérience avec Liane Foly restera gravée dans leur mémoire. Avant que la célébrité quitte le CENZUB, les militaires ne se sont pas privés de séances photos.

Le sergent Harzi, le caporal Noulin et le caporal Nacimento attendent tous trois un autographe. « Le tournage s'est très bien passé. Liane Foly s'en est bien sortie. On n'a pas eu de souci particulier. »

Les trois militaires lancent un appel à d'autres stars qui aimeraient s'immiscer dans leur centre d'entraînement. « J'imaginerais bien Franck Dubosc ». Allez, l'appel est lancé.

CAROLINE SUEUR

 

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LE casque rivé sur la tête, l'équipement de combat sur le dos et… Un sourire dont elle ne se sera jamais départie de toute la journée : Liane Foly était à Sissonne, hier après-midi, pour le tournage d'une émission de France-Télévision qui aura pour titre « Au cœur de l'armée de terre ».
« L'idée est relativement simple », commente le réalisateur de ce divertissement, Laurent Perrigault, « nous avons souhaité braquer nos projecteurs sur les différents aspects de ce corps armé en demandant à des artistes de s'immerger dans différentes unités afin de mieux comprendre leur quotidien ».
Et pour le centre entraînement en zone urbaine de Sissonne (CENZUB), c'est donc Liane Foly qui s'y est collée avec un plaisir évident mais aussi avec… émotion.
« On arrive là comme dans un jeu et puis, très vite, lorsqu'on nous met dans le bain, on comprend les risques que courent ces hommes et ces femmes. Ils mettent leur vie en péril pour protéger celle des autres et la noblesse de leur mission ne peut laisser personne indifférent », nous a-t-elle confiés à l'issue de deux bonnes heures passées à « crapahuter » aux côtés des militaires du camp mais aussi ceux du 35 RI de Belfort ainsi que du Régiment de Marche du Tchad de Noyon.
Une structure unique

« Nous lui avons fait découvrir le matériel dont le véhicule blindé de combat de l'infanterie (VBCI) », indiquait le capitaine Grégoire Hubsch, chargé de « piloter » l'artiste durant cet entraînement, « de même, elle a été équipée du félin, un matériel individuel bardé d'électronique. Deux merveilles de la technologie que nos hommes apprennent à maîtriser sur le CENZUB et plus particulièrement dans la ville entièrement reconstituée de Geoffrecourt ».
Car c'est bien là que résident les raisons de la venue de Liane Foly à Sissonne : mettre en exergue le modernisme de l'armée de Terre et montrer que le département de l'Aisne s'apprête à devenir une référence européenne en matière militaire, ce CENZUB demeurant une structure unique en son genre.
« C'est un département que je connais bien et que j'aime », devait encore ajouter la chanteuse avant de raccrocher les armes, « je suis d'ailleurs tombée amoureuse de la cathédrale de Laon et s'il me reste un peu de temps ce soir j'irais y faire un saut. Ce sera l'occasion de redécouvrir les lieux, mais aussi de prier pour toutes les personnes que j'ai côtoyées aujourd'hui… ».
Quant à la diffusion de l'émission, animée par Michel Drucker, elle devrait avoir lieu dans le cadre de la fête nationale, en juillet. Mais nous y reviendrons plus en détail.
Nicolas

FOSTIER

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20:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Strasbourg : On a jamais vu un dimanche Otan de cons...ommateurs

La foule des grands jours...

Premier dimanche des soldes, météo idyllique, animations dans la ville, transports gratuits... Et c'est tout le commerce qui était à la fête hier, journée d'ouverture exceptionnelle accordée aux cons...pensation du sommet de l'OTAN.

Premier indicateur : il y a un monde fou en ville dès le matin. Deuxième indicateur : ce n'est pas la cohue devant les caisses, mais plein de gens se baladent avec des paquets. Alors, promeneurs ou acheteurs ? Unanimement, les commerçants des boutiques et des grands magasins, répondent : les deux. Et Pierre Bardet, directeur des Vitrines de Strasbourg, et initiateur de cette journée d'ouverture exceptionnelle des magasins, jubile : « C'est un incroyable dimanche, lance-t-il la mine réjouie.

 

 

Un long dimanche de fillancailles anarcho-autonome ? Non...des soldes pour baltringues en manque de pouvoir d'achat...

 

Les magasins strasbourgeois ont fait le plein hier. Ils étaient exceptionnellement ouverts en compensation des pertes causées par la tenue du sommet de l'Otan. « Beaucoup de boutiques ont fait plus de chiffre qu'un dimanche de l'Avent », se félicite Pierre Bardet, directeur général de l'association commerçante Les vitrines de Strasbourg. « Ça a été une très bonne journée », confirme-t-on aux Galeries Lafayette. Idem pour le magasin de prêt-à-porter Le placard où les patrons, Tarik et Caroline, ont accueilli de nouveaux clients. Laurent, gérant de Goodvibes (vêtements urbains), est aussi satisfait mais ne souhaite pas une généralisation de l'ouverture dominicale. Cécile, une cliente de 26 ans, y est elle aussi opposée : « Les salariés ont droit au repos. » W

L. M.

 

"Plus de chiffre qu'un dimanche de l'Avent"...tout est dit...parole de catho-chrétien...mieux que le juteux marché Noël, le sacre de l'Otan promet retour sur investissement...consomme mais ferme ta gueule...joui du pouvoir de ta carte de crédit...c'est tout ce qu'il te reste car tu n'a déjà plus de couilles, consommateur compulsif à la recherche de toi même dans le regard des autres.

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19:22 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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