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15/06/2009

Road to Serfdom 5

 

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Essais québécois - "Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie"
Edward Bernays, neveu de Freud et Machiavel de la propagande

Rousseau disait de Machiavel « qu’en feignant de donner des lois aux rois, il en a donné aux peuples ». Peut-on en dire autant de l’Américain Edward Bernays (1891-1995), ce double neveu de Sigmund Freud que Normand Baillargeon présente comme « l’un des principaux créateurs [...] de l’industrie des relations publiques » ? La question, à tout le moins, se pose à la lecture de son ouvrage de 1928 franchement intitulé Propaganda. Comment manipuler l’opinion en démocratie.

Dans cet ouvrage « de propagande en faveur de la propagande », selon la formule de Baillargeon, Bernays définit cette dernière comme « un effort cohérent et de longue haleine pour susciter ou infléchir des événements dans l’objectif d’influencer les rapports du grand public avec une entreprise, une idée ou un groupe ». Selon lui, cette technique est, par essence, amorale. Aussi, pour déterminer si son usage est un bien ou un mal, « il faut d’abord se prononcer, et sur le mérite de la cause qu’elle sert, et sur la justesse de l’information publiée ». Quand il apprendra, par exemple, que Goebbels se servait d’un de ses ouvrages pour orchestrer sa propagande contre les juifs, Bernays en sera scandalisé. Pour lui, la propagande est une réalité incontournable du monde moderne, mais elle doit être mise au service de l’intérêt commun.

Baillargeon rejette cette candeur. Il rappelle que les causes de la naissance de l’industrie de la propagande entachent déjà sa nature. Il s’agissait, précise-t-il, au début du XXe siècle, de sauver la réputation des trusts, affectée par des fraudes financières et des scandales politiques, et de justifier l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Dès leur apparition, donc, les relations publiques s’avèrent plus en phase avec la manipulation des masses au profit d’une élite qu’avec le souci de l’intérêt commun.

Après le premier conflit mondial, ajoute Baillargeon, naîtra « l’idée d’offrir la nouvelle expertise d’ingénierie sociale développée en temps de guerre aux clients susceptibles de se la payer en temps de paix — et donc d’abord aux entreprises, puis aux pouvoirs publics ». Cette expertise repose sur des savoirs empruntés surtout aux sciences sociales et se justifie, selon ses partisans, par une conception de la démocratie ouvertement paternaliste.

Impulsion, habitude, émotion

Bernays adhère à l’idée que la mentalité collective n’est pas guidée par la pensée mais « par l’impulsion, l’habitude ou l’émotion ». Selon lui, « la vapeur qui fait tourner la machine sociale, ce sont les désirs humains » et, pour cette raison, « ce n’est qu’en s’attachant à les sonder que le propagandiste parviendra à contrôler ce vaste mécanisme aux pièces mal emboîtées que forme la société moderne ».

Bernays multiplie les professions de foi démocratique, mais sa conception de la démocratie s’apparente plutôt, en fait, à du despotisme éclairé. Ainsi, avec une rare impudeur, il affirme que, le monde moderne étant complexe et traversé par une foule d’influences et d’intérêts divers, la démocratie a besoin d’un « gouvernement invisible », composé « d’une minorité d’individus intelligents », dont le mandat est « de passer les informations au crible pour mettre en lumière le problème principal, afin de ramener le choix à des proportions réalistes ». Ces « chefs invisibles » doivent donc, grâce à la propagande, « organiser le chaos » pour éviter « que la confusion ne s’installe ».

La démocratie à la Bernays, on le voit, a de forts relents de Big Brother. Ce qui, au fond, la distingue de la dictature, c’est son souci d’imposer des comportements non par la force et la répression, mais par la fabrication du consentement. Bernays, qui ne s’en cache pas, l’écrit noir sur blanc. Nous pourrions, suggère-t-il, procéder par la nomination d’un comité de sages qui nous dicterait nos comportements, mais mieux vaut « la concurrence ouverte ». Appréciez la définition de son idéal démocratique : « Il n’en est pas moins évident que les minorités intelligentes doivent, en permanence et systématiquement, nous soumettre à leur propagande. Le prosélytisme actif de ces minorités qui conjuguent l’intérêt égoïste avec l’intérêt public est le ressort du progrès et du développement des États-Unis. Seule l’énergie déployée par quelques brillants cerveaux peut amener la population tout entière à prendre connaissance des idées nouvelles et à les appliquer. »

Ne pas être dupe

On peut, bien sûr, on doit, même, se scandaliser d’un tel programme. C’est d’ailleurs ce que fait Normand Baillargeon dans sa solide présentation de cet ouvrage en rappelant que les propositions de Bernays contredisent l’idéal démocratique moderne. À l’éthique de la discussion rationnelle, elles opposent « une persuasion a-rationnelle » ; à la vertu de l’honnêteté et au droit à l’information, elles opposent la manipulation et « l’occultation de données pertinentes » ; à la participation du plus grand nombre et à l’intérêt vraiment commun, elles opposent le privilège de la « minorité intelligente » de définir l’intérêt commun en fonction des siens. Bernays a beau multiplier les appels en faveur de l’honnêteté et contre l’usage d’arguments fallacieux dans la propagande, on découvre toutefois rapidement qu’il souffle le chaud et le froid quand on lit, sous sa plume, qu’il importe de faire éprouver à l’opinion « l’impression voulue, le plus souvent à son insu », et que notre démocratie « doit être pilotée par la minorité intelligente qui sait enrégimenter les masses pour mieux les guider ». Comme disait l’autre, ils veulent notre bien et ils vont l’avoir.

On peut, donc, se scandaliser, mais il faut néanmoins reconnaître que, quoi qu’en dise la propagande, justement, c’est souvent ainsi que nos démocraties fonctionnent. Bernays, sur un point, a raison : la propagande est là pour de bon. Il s’agit de n’en être pas dupe et, pour cela, de développer inlassablement deux outils dignes de l’idéal démocratique non détourné : une école gratuite qui enseigne de solides rudiments d’esprit critique et un journalisme indépendant de qualité. Cela a l’air peu, mais ce peut être beaucoup.

louisco@sympatico.ca

***

Propaganda - Comment manipuler l’opinion en démocratie

Edward Bernays

Traduit de l’anglais par Oristelle Bonis

Présentation de Normand Baillargeon

Lux

Montréal, 2008, 168 pages

 

 

 

 

 

 

Louis Cornellier
Le Devoir
samedi 2 février 2008

 

 

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13/06/2009

LOPPSI

 





 

22:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Open source et écran de fumée Ibis Strasbourg anti Otan

policier+ ss (Large).jpg

 

« Des personnes responsables de dégradations et de vols commis à proximité de l’hôtel incendié ont pu être identifiées », a expliqué hier Éric Voulleminot, directeur interrégional de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg. Grâce notamment « aux images récupérées auprès des services de police et de gendarmerie, mais aussi auprès de particuliers, de journalistes et sur Internet. »

À l’étranger

« L’enquête se poursuit sur le territoire national et à l’étranger », a encore précisé le DIPJ de Strasbourg. En parallèle, selon les deux policiers, des enquêtes internes sont en cours par l’Inspection générale de la police nationale concernant l’attitude des forces de l’ordre pendant la manifestation du 4 avril.

G.D-A. source DNA

 

Source / auteur : SUD Etudiant

Arrestation d’une militante pour cause de fumée : à quand les barbecue syndicaux comme arme de destruction massive ?

mis en ligne vendredi 12 juin 2009 par jesusparis


Hier midi, une militante de Sud Étudiant a été placée en garde à vue au sujet des « violences en marge du contre-sommet de l’Otan », elle fut relâchée peu avant minuit, après que les forces de l’ordre aient perquisitionné son domicile. Les autorités enquêtant depuis plusieurs semaines sur l’incendie d’un hôtel lors du contre-sommet de Strasbourg en avril dernier ont souhaité entendre notre camarade. Les causes de cette mise en garde à vue sont plus que douteuses. Notre camarade, lors de la manifestation du samedi 4 avril, avait reçu un projectile au visage, l’obligeant à se rendre aux urgences. Elle fut admise en Allemagne, et sorti dans la nuit du samedi au dimanche.

Les autorités allemandes ont communiqué par la suite à la police françaises le nom de cette militante de Sud Étudiant, qui lorsqu’elle fut admise aux urgences, « sentait la fumée » à leurs dires... Dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de l’hôtel, le ministère de l’intérieur semble vouloir entendre mais aussi placer d’office comme « participants aux affrontements » toutes les personnes présentent aux manifestations de Strasbourg, surtout si ces dernières « sentent la fumée » !

Il faut préciser à ce sujet qu’avant le départ officiel de la manifestation du 4 avril, un certain nombre d’affrontements ont eu lieu avec les forces de l’ordre. Un ancien poste de douane a notamment prit feu non loin du départ de la manifestation, il était donc assez difficile d’échapper aux odeurs de fumée...

Le ministère de l’intérieur a d’ores et déjà félicité les enquêteurs strasbourgeois pour « leur minutieux travail ». Six personnes ont été interpellées hier à Strasbourg pour leurs liens présumés avec les affrontements lors du contre sommet de l’OTAN. De plus, un des organisateurs du sommet, qui a notamment négocié le parcours de la manifestation du 4 avril à lui aussi été interpellé il y a quelques jours. Encore une fois, les autorités cherchent des responsables, et n’en trouvant pas, en inventent de toute pièce. Sous des motifs inexistants, avec comme simple preuve la présence sur les lieux, les forces de l’ordre se permettent d’interpeller et de placer en garde à vue militant-es politiques ou syndicaux, manifestant-es et opposant-es au régime actuel. Le ministère tente ici à nouveau de faire passer ceux et celles qui luttent pour des criminels.

La Fédération des Syndicats Sud Étudiant estime que la gestion par les forces de polices du contre sommet de Strasbourg et ses suites a été calamiteuse. Le dispositif policier en place lors du contre sommet n’a eu qu’une utilité : empêcher toute manifestation de se tenir. C’est pourquoi aujourd’hui, alors que la liberté de manifester a été largement bafouée la police en vient à arrêter toute personne ayant pu prendre part au contre sommet. La police a encore démontrée son incompétence hier : il ne reste plus qu’à arrêter les quelques milliers de personnes qui ont participé aux manifestations de Strasbourg !

 

 

photo toit Ibis vue hélico.jpg

 

 

Super blog : Ecran très spécial

http://tvbruits.org/spip.php?article1180


Cet après midi,13h30 la manif, la grosse, l’immense promise…Dès le début, j’aime pas, je m’ennuie.

Des blackblocs s’en prennent à un réverbère sur lequel est fixée une caméra de surveillance. Tous sont masqués, soit avec un foulard, soit avec des masques blancs, ce qui, sur leurs ensembles noirs est d’un effet troublant… Mi -ange mi démon. En tout cas ils s’y prennent assez mal, ou alors, c’est le réverbère qui résiste bien.

Ils ont fixé une corde en haut du réverbère, et n’arrivent pas à le faire plier. Moi qui suis un grand analyste, j’y vois là une métaphore de leur impuissance. Ils n’arrivent pas à tirer ensemble, et au bon moment. Il aurait suffit, qu’un des leurs, donne l’ordre de tirer au moment exact où le réverbère revenait vers eux, à la longue, par accumulation le réverbère aurait cédé… Mais voilà, ils tirent n’importe comment, mais ils tirent…. Pour rien, en fait…

Il s m’empêchent de filmer, un peu plus tard l’un d’eux détruira l’objectif d’un camescope d’un coup de tournevis. Je n’insiste pas…

Un peu plus bas c’est la grande scène où les orateurs gueulent dans le micro contre l’Otan, comme si , plus on poussait la sono plus le message était efficace… C’est totalement abrutissant, mais comme d’habitude c’est satisfaisant pour celui qui s’excite la main sur le micro. Les quelques femmes que j’ai vues semblaient avoir une façon plus pondérée d’intervenir…

Pendant que le Sofitel où logent des flics brûle, et que d’autres flics, (ou les mêmes ?) commencent à arroser avec les lacrymos… La manif démarre… et ça va être le grand n’importe quoi.. Il semblerait qu’hurler dans un micro perché sur une scène, est bien plus facile que de gérer des milliers de manifestants pas tous propres sur eux, c’est vrai… et alors ?

Là aussi, après un certains temps, sentant que la souricière, je range la caméra et nous essayons de fuir , en longeant la voie ferrée, le long d’un canal. Mais c’est une impasse, il faut retourner dans la souricière et en ressortir au bon vouloir des flics qui voyant que ceux et celles qui sont là ont des bonnes têtes nous laissent partir au compte goutte…

 

établissement coupés devant Ibis.jpg



 

10:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/06/2009

Road to Serfdom 4

 

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A state controlled economic system:
The salesman asks his audience to make this pledge: "I hereby turn over to Ism, Incorporated, everything I have, including my freedom, and the freedom of my children, and my children's children, in return for which said Ism promises to take care of me forever." This doesn't scare them. So onlooker "John Q. Public" urges them to get better acquainted with the enemy.
"Before signing up, you boys ought to try a little taste of Dr. Ism's formula to see what you'd get in exchange for your 'freedom.' Go ahead! Try it." They drink and are plunged into a totalitarian dream. Clamped inside the State's iron fist, the worker cannot strike and is no longer protected by his union. The manufacturer is now irrelevant. "No more private property. No more you!" the State says to manufacturer, kicking him out onto the street. The farmer is controlled through a central production plan and turned into an industrialized employee of the state. One courageous politician speaks up for freedom, but is quickly brainwashed, becoming "State Propaganda speaker 3120," a phonograph where his head should be, saying "Everything is fine!" over and over again.

08:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/06/2009

Antirép Strasbourg

policier+ ss.jpg

 

11-06-2009 01:12
Auteur : Solidaritè avec Annouck
Suites de Strasbourg une camarade en garde a vue cette nuit du 11 juin 2009 a Paris





L’appartement d’une camarade de 24 ans de la fédération Sud a été perquisitionné aujourd’hui


Pour nous tous-tes qui étions présent-es a Strasbourg ce n’est pas compliqué c’est l’engagement d’Anouck qui est visé, c’est aussi l’engagement de tout-es ceux et celles qui manifestaient a Strasbourg contre les seigneurs de guerre de l’Otan qui somme visé-es

La porte-parole du syndicat Sud-Etudiant est en garde à vue depuis ce mercredi matin 10. Anouck Colombani, 24 ans est étudiante en master de philosophie à l’université de Paris 8

Elle à été jointe mercredi matin par les flics qui lui ont demandé de se rendre au commissariat de Saint-Denis.

Elle s’y est rendue vers 9 heures. A 11 heures, Anouck Colombani s’est vu signifier son placement en garde-à-vue, avant d’être conduite à l’hôtel de police du département. Les policiers auraient perquisitionné son domicile, et emporté notamment son ordinateur.


Une mobilisation de nombreux-ses camarades est en cours actuellement
Depuis le début de sa garde-à-vue, enseignants, étudiants, personnels universitaires, et amis sont mobilisés devant l’hôtel de police de Bobigny.



Nous dénonçons cette garde-à-vue qui intervient comme par « hasard » alors qu’un mouvement social occupe les universités depuis maintenant quatre mois, et qu’une nuit des universités est justement prévue à Paris 8 dans la nuit de vendredi à samedi".En tout cas cette nuit les camarades de Sud Etudiants sont formels, cette pression policière et la mise en garde a vue d’Anouck ne fait partie que de l’arsenal sécuritaire destiné a criminaliser toutes formes d’actions du mouvement syndical comme du mouvement social


Anouck Colombani avait participé à la manifestation et avait été hospitalisée après avoir reçu une pierre dans le visage. Elle a probablement été filmée par les caméras des mobiles, des Crs ou des baceux en « civils » qui se servent maintenant de ces vidéos pour lui mettre la pression suite a son engagement politique a paris 8


N’hésitez pas à intervenir et a téléphoner (très important faites le de préférence de cabines publique) au commissariat de Bobigny pour exiger la libération immédiate d’Annick et a aller sur place pour la soutenir



Commissariat de Bobigny 45 rue de Carency
93000 BOBIGNY

Tél. : 01.41.60.26.70
Fax : 01 41 60 26 89

Métro : Ligne 5 station Bobigny - Pablo Picasso
Tramway n°1 : arrêt Préfecture
Bus : n° 134, 234, 347, 148, 151, 301

 

 

 

Vague d'interpel à Stras et Mulhouse.

 

guide_juridique_fr_II.pdf

 


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Road to Serfdom 3

 

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Nuclear energy is playing a vital role in the life of every man, woman, and child in the United States today. In the years ahead it will affect increasingly all the peoples of the Earth. It is essential that all Americans gain an understanding of this vital force if they are to discharge thoughtfully their responsibilities as citizens and if they are to realize fully the myriad benefits that nuclear energy offers them.
- Foreword to the 'Plowshare' booklet1, Edward J Brunenkant, Director, Division of Technical Information, Atomic Energy Commission (AEC)

 

 

10:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/06/2009

Radio Paris est allemand

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Anouck, une camarade de SUD Etudiant Paris 8 (St Denis), a été mise en garde à vue ce matin (flic au domicile de ses parents).

Il semble que ce soit dans les suites des manifestations anti-OTAN de Strasbourg: son identié a été relevé lors de son passage en Allemagne.

 

 

20:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Road to Serfdom 2

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09:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/06/2009

Taxes for Democraty - Road to Serfdom

 

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09:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/06/2009

Alberto Pizango Yurimaguas Pérou affrontements

http://www.aidesep.org.pe/

Le président de la magistrature, Javier Villa Stein, a indiqué  qu'il ya un mandat d'arrêt contre le dirigeant de l'Association interethnique de l'Amazonie péruvienne (AIDESEP), Alberto Pizango,suite aux actes de violence, laissant plusieurs morts parmi la police et les autochtones.

 

 

 

Des affrontements entre des Indiens amazoniens et les forces armées ont fait une trentaine de morts et de nombreux blessés vendredi 5 juin dans le nord du Pérou. Les Indiens, qui bloquaient la route transamazonienne, ont retenu des policiers en otage. Les forces de l'ordre ont tiré sur les manifestants, utilisant même pour cela, selon certaines sources, des hélicoptères.

Ces affrontements sont l'aboutissement d'un conflit opposant les Indiens de la forêt au gouvernement Alan García à propos de l'exploitation des richesses pétrolières. D'immenses réserves ont été découvertes ces dernières années dans la région. Un « miracle » selon le président García qui multiplie les initiatives favorables à leur exploitation par les entreprises étrangères, dont la Perenco, groupe franco-britannique. Avec des conséquences tragiques pour des communautés de chasseurs-cueilleurs qui tirent leurs ressources de la forêt et des cours d'eau.

Les Indiens regroupés dans l'Association interethnique pour le développement de la forêt péruvienne, AIDESEP, se sont mobilisés contre la destruction et la pollution de leur cadre de vie et, depuis plusieurs semaines, la tension ne cesse de monter. Ils ont reçu l'appui de nombreux secteurs de la population à travers le pays. Dès avant les événements de ces derniers jours, une mobilisation générale a été programmée pour le jeudi 11 juin.

Révolte des populations autochtones contre la dévastation de l'environnement

Le gouvernement manifeste sa volonté de passer coûte que coûte, d'ouvrir la voie aux compagnies en bafouant les droits reconnus aux communautés depuis les années 1970 (par le gouvernement militaire progressiste de Velasco Alvarado) et protégés par des conventions des Nations unies.

Ce qui se passe au Pérou est une illustration dramatique d'un problème devenu crucial dans l'ensemble de l'Amérique latine : l'exploitation du sous-sol et la dévastation de l'environnement au détriment des populations autochtones et de la biodiversité. Au Brésil, au Chili, en Colombie, au Guatemala… des groupes indiens s'opposent à des entreprises d'exploitation des ressources pétrolières, minières ou forestières. En Equateur, des communautés amazoniennes ont intenté un procès « historique » à la Texaco qui a provoqué un véritable désastre écologique dans une vaste région. On n'avait jamais vu des communautés amazoniennes intenter un procès à une grande multinationale et encore moins des tribunaux se montrer sensibles à leurs arguments (une décision finale est attendue prochainement).

Plusieurs gouvernements latino-américains ont pris la mesure du problème et s'efforcent d'avancer vers des solutions négociées. C'est le cas, en Bolivie, du président indien Evo Morales qui a renationalisé les réserves d'hydrocarbures et renégocié avec les entreprises étrangères les conditions de leur exploitation, afin d'assurer une redistribution plus équitable des bénéfices, à travers notamment des programmes de développement, d'éducation et de santé pour les populations concernées.

Le président équatorien Rafael Correa a, quant à lui, proposé de geler l'exploitation d'une région entière en Amazonie pour des raisons écologiques et en échange de contreparties financières de la part de la communauté internationale.

Au Brésil, une décision récente de la Cour Suprême est venue confirmer un arrêté du président Lula reconnaissant un immense territoire à des groupes indiens dans le nord de l'Amazonie et freinant ainsi la pénétration des chercheurs d'or ou des trafiquants de bois (au total, ce sont 13% de la superficie du Brésil qui sont aujourd'hui constitués en « territoires indiens »).

Les mouvements indiens qui se sont développés dans l'ensemble de l'Amérique latine dans les dernières décennies ont obtenu des avancées importantes dans nombre de pays, y compris la reconnaissance de droits territoriaux. Le sous-sol cependant reste propriété de la nation et le plus souvent son exploitation est confiée à des compagnies nationales ou multinationales qui pillent et saccagent sans considération ni pour les occupants ni pour l'environnement.

Photo : barricade à Yurimaguas, au Pérou, le 6juin 2009 (Enrique Castro-Mendivil/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

 

18:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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