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03/06/2009

« Ces expéditions de zozos ne servent plus à rien »

Douze mercenaires recrutés à Paris par Ratsiraka sont partis du Bourget le 18 juin. Et ont été bloqués le jour même en Tanzanie.

« Nous devions simplement former des équipes au contrôle des bagages, du fret et des passagers. Comme à Roissy... » Luc Marquès de Oliveira, l’homme qui a envoyé une équipe de mercenaires le mois dernier à Madagascar, ne manque pas d’humour. Joint par Libération, il explique que le président Didier Ratsiraka l’a contacté à la mi-juin : l’ex-homme fort de l’île était de passage à Paris, pour « travailler à la recherche d’une solution à la crise malgache ». Ratsiraka lui fournit un « schéma directeur » pour monter « une opération de type "sûreté et sécurité" des aéroports de Toamasina [ex-Tamatave, ndlr] et d’Antsiranana [ex-Diego Suarez, ndlr] ». Il s’agissait plutôt d’envoyer une équipe de spécialistes pour tenter de renverser la situation militaire sur l’île au profit de Ratsiraka. Les deux villes en question étaient alors les dernières qui échappaient encore à l’autorité du nouveau chef de l’Etat, Marc Ravalomanana (lire ci-contre).

Selon nos informations, ces mercenaires ne partaient pas pour Madagascar pour s’y battre, mais pour entraîner et encadrer un bataillon de 150 à 200 militaires malgaches, dévoués à Ratsiraka. « Assurer la sécurité d’un aéroport ? Vous voulez rire ! Ces hommes ne sont pas des vigiles », commente un proche du dossier. En tout cas, ce contrat est une bonne affaire : environ trois millions d’euros sur une durée de dix-huit mois. De quoi mettre du beurre dans les épinards de la société de Luc Marquès de Oliveira. Nageur de combat. Marquès n’envisageait pas de participer directement à l’expédition. Pour former son équipe, il fait appel à Marc Garibaldi, un jeune collaborateur de Bob Denard, puis du général Jeannou Lacaze, ancien des services français et ex-chef d’état-major des armées. L’ancien aspirant Garibaldi recrute - en « trente-six heures », selon Marquès - une douzaine de « professionnels ». Beaucoup sont issus du 11e Choc, le bras armé de la DGSE, l’un d’entre eux étant même un ancien nageur de combat. Ratsiraka ne s’adresse pas à Marquès par hasard. Celui-ci dirige une petite entreprise de sécurité installée à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Active Protection International Service (APIS). Il connaît surtout très bien Madagascar. Ancien de la DGSE, Luc Marquès y a été en poste, s’occupant un temps de la garde présidentielle (GP). D’aucuns racontent qu’il a été un moment très lié à la fille du chef de l’Etat. Puis, il est retourné sur l’île comme consultant en sécurité pour surveiller l’opposition malgache. Parachutiste au 1er RPIMa dans les années 70, Marquès rejoint le GO (groupement opérationnel), une unité discrète utilisée par le Sdece (l’ancêtre de la DGSE). Membre du service Action, il sert au Liban - où il aurait participé à la traque des frères Abdallah impliqués dans des actes terroristes - et au Tchad. Après avoir quitté l’armée dans les an nées 80 avec le grade d’adjudant, il se lance dans les affaires au Tchad. Il y ouvre une boulangerie industrielle et une cimenterie. Rentré en France, il rejoint la société de sécurité de Philippe Legorjus, l’ancien commandant du GIGN, qui l’envoie notamment en Birmanie pour le compte de Total. Il crée ensuite sa propre société, Argos, et forme les miliciens congolais de Denis Sassou N’Guesso, les Cobras, dans un camp baptisé Trocadéro. Ses missions le conduisent également en Ethiopie, en Erythrée et au Burundi.

Le 18 juin, les douze mercenaires quittent Paris. Ils embarquent à bord d’un Falcon 900 de la société privée Aéro Services Executive, l’avion d’affaires qu’utilise Ratsiraka pour ses déplacements officiels. Leur équipée va tourner à la pantalonnade. A l’escale de Dar-es-Salaam (Tanzanie), leur avion n’obtient pas l’autorisation de poursuivre sa route vers Madagascar, à la suite d’une discrète mais efficace intervention du Quai d’Orsay. Bloqué, le Falcon n’a plus qu’à faire demi-tour. Les autorités françaises sont au courant de l’expédition depuis le début. Dès leur embarquement sur l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), les mercenaires étaient surveillés par la DPSD (Direction de la protection et de la sécurité de la défense, ex-Sécurité militaire), qui les aurait même filmés.

Gros chèque. A leur retour à Lyon-Satolas, le 20 juin au matin, un comité d’accueil des « Services » les attend pour « leur remonter les bretelles », selon un proche du dossier. « Nos hommes ont été débriefés », confirme Luc Marquès. Ils repartiront libres, n’ayant commis aucune infraction au regard du droit français. Et avec un gros chèque en poche. « Marquès sait se montrer grand seigneur ! », ajoute la même source. « Il n’y aura pas d’épisode n° 2 », confie le patron de l’APIS, quelques jours après le retour de Ratsiraka en France. D’autant que les troupes loyales à son rival Ravalomanana ont entre-temps pris le contrôle de l’ensemble de l’île... Et que le nouveau Président est désormais reconnu par Paris, Londres et Washington. « Nous avons voulu faire un exemple », explique le porte-parole du Quai d’Orsay, François Rivasseau. « Ces expéditions de zozos ne servent plus à rien », juge pour sa part un professionnel du renseignement.

http://www.malagasy.org/article.php3?id_article=525

 

 

Oléoduc contesté, mais protégé
Même le Washington Post, jadis partisan du pipeline Tchad-Cameroun, vient de changer de position (08/12/2000) en constatant
qu’Idriss Déby s’est servi des royalties pour acheter des armes.
Cela n’empêche pas les constructeurs de recruter des services de sécurité très branchés. Bouygues et Cie ont retenu la
société Geos, matrice du futur mercenariat français “officieux” (à l’instar de MPRI aux USA). Y officie l’ancien patron du
renseignement militaire (DRM), Jean Heinrich. La firme Spie a eu recours aux services de PHL Consultants, de l’exsupergendarme
Philippe Legorjus. Bolloré étrenne un nouveau venu, Sécurité sans frontières, dont le conseil de surveillance est
présidé par… son “Monsieur Afrique”, Michel Roussin – ex-n° 2 de la DGSE. Idriss Déby, enfin, a embauché pour surveiller le
tronçon tchadien un ex-capitaine de la DPSD (Sécurité militaire)… (La Lettre du Continent, 16 et 30/11/2000).

 

 

L'affaire Moigne met en lumière certaines pratiques d'officines privées (LEMONDE)

L'affaire Moigne met en lumière certaines pratiques d'officines privées

L'enquête sur les malversations du commissaire Patrick Moigne, mis en examen vendredi 14 mars pour avoir monnayé des informations confidentielles à des tiers, met en lumière le rôle et les pratiques d'officines privées de renseignement. Le chef de la brigade des fraudes aux moyens de paiement (BFMP) de la police judiciaire de Paris aurait ainsi vendu des informations relatives au groupe pétrolier Total à une société d'"intelligence économique". Un secteur où le ministère de l'intérieur a prévu de faire le ménage, dans la future loi d'orientation et de programmation sur la sécurité intérieure, en introduisant des contrôles plus stricts.

Les policiers ont un nom pour désigner la vente de ces informations qui passent par le privé : la "tricoche". Dans le dossier Moigne, le commanditaire s'appelle Jacques Leroy, à la tête de sa propre société, JLR Conseil. Ce dernier a reconnu, lors de ses auditions, avoir eu "connaissance de futures opérations de police et de futures gardes à vue dans au moins une affaire sensible" et cité Total, selon une information confirmée par le parquet de Paris. Le groupe pétrolier, qui s'est refusé à tout commentaire, fait l'objet de plusieurs informations judiciaires, notamment pour la corruption présumée de fonctionnaires étrangers en Irak dans le cadre de l'opération "pétrole contre nourriture", mais aussi dans deux autres affaires en Iran et au Cameroun. Or le premier dossier est suivi par la brigade financière et les autres par la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), qui font toutes deux partie, avec la BFMP, du pôle financier de la PJ de Paris, où M. Moigne travaillait.

Jacques Leroy est lui-même un ancien policier de la brigade financière de Paris. Mis en examen pour "corruption active d'une personne dépositaire de l'autorité publique" et interpellé en même temps que M. Moigne, le 13 mars, c'est un proche de Philippe Legorjus, ancien chef du GIGN. Les enquêteurs s'intéressent de près à l'ancien gendarme qui avait créé, après son départ de l'armée, en 1995, la société Atlantic Intelligence. Cette entreprise de renseignements privés devenue leader sur son marché, a eu, parmi ses premiers clients, Total et a employé M. Leroy. Lors de l'audition de ce dernier par les enquêteurs, le nom de M. Legorjus ainsi que celui d'une de ses plus fidèles collaboratrices ont été cités.

M. Legorjus a lui-même recruté en 2004 Jacques Leroy, qui a quitté Atlantic Intelligence en 2006 tout en continuant à travailler pour elle, en sous-traitance, via sa propre société. Aujourd'hui, l'ancien gendarme ne dirige plus Atlantic Intelligence, qui a changé de nom pour devenir Risk & Co. Même s'il en contrôle toujours un tiers des parts, il a été poussé vers la sortie par Bruno Delamotte, propriétaire de la société BD Consultant avec laquelle il avait fusionné. "Je ne connais absolument pas Patrick Moigne et le seul gestionnaire de Total depuis deux ans, c'est Delamotte", affirme M. Legorjus.

Entre les deux hommes, les relations se sont dégradées au point que Bruno Delamotte n'hésite pas à dire qu'"un vrai ménage a été fait". "Nous avons signé un protocole d'accord pour racheter les parts de M. Legorjus suite à des divergences stratégiques et parce que nous n'étions pas d'accord sur les méthodes et les pratiques", dit-il, tout en confirmant avoir toujours pour client Total, sur la "sécurité de projets au Yémen et au Niger".

Ce n'est pas la première fois que des officines privées "d'intelligence économique" font parler d'elles. Sous cette appellation floue, qui désigne pour l'essentiel la collecte d'informations sensibles mais aussi, de plus en plus, la sécurité des entreprises à l'étranger, tout un marché s'est développé. Il est devenu le premier secteur de reconversion de policiers et de gendarmes, voire des anciens du RAID ou de la DGSE, "chassés" pour leur savoir-faire en matière d'investigation et surtout leur carnet d'adresses. Le groupe Geos - qui n'est en rien soupçonné de malversations -, par exemple, s'est attaché les services de plusieurs anciens fonctionnaires, dont l'ex-patron de la DST, Louis Caprioli, comme "conseiller spécial". M. Delamotte a travaillé deux ans au secrétariat général de la défense (SGDN) où ce civil était chargé des questions de blanchiment d'argent.

Face à ces liaisons parfois dangereuses, la sous-direction des affaires économiques de la PJ de Paris tente de se protéger. Son directeur, Patrick Hefner, émet un avis défavorable chaque fois qu'un ancien de la maison lui fait part d'une demande d'agrément transmise à la préfecture de police pour ouvrir une de ces officines. Depuis un an, assure un policier, les locaux du pôle financier sont interdits aux "retraités" et toutes les informations demandées à la brigade financière et de la BRDE sont consignées sur un registre.

Isabelle Mandraud

 

 

18:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/05/2009

Europa Tour 2009

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26/05/2009

La croix rouge, collaborations en tout genre...

 

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[Dimanche 24 mai 2009, un petit groupe est allé rappeler dans la rue aux passants et à la Croix-Rouge qui quêtait depuis le début de la semaine, le rôle de cette dernière en matière d’expulsions et d’enfermement. A Bastille, les bénévoles harcelés ont du faire appel à leur chef de secteur, qui a son tour a appelé les keufs. Leur travail permanent avec l’Etat, une fois de plus effectif, n’a pas empêché le petit groupe de les harceler aussi à République puis Nation].

A l’attention des passants ... quand la Croix-Rouge part en croisade

TOUT AU LONG DE LA SEMAINE, vous avez peut-être croisé de louches individus en gilet jaune estampillé d’une Croix qui vous tendaient une fausse urne. Déjà que les élections ne peuvent rien changer d’autre que le personnel qui nous dirige, alors quand il faut glisser un bifton dans l’urne... Entre un racket et un autre, celui du mannequin milliardaire Adriana et celui de Robert le mannequin de pacotille qui « sauve des vies », ces maniaques en uniforme nous ont harcelé des feux rouges aux terrasses des bars, et des places aux entrées de métro. Quand on était petit, on nous a appris que la Croix-Rouge faisait partie, comme ses consoeurs, de ces institutions au grand cœur. Et que même si elles ne changeaient fondamentalement rien au fonctionnement de ce monde dominé par l’exploitation, la guerre, la misère et l’oppression, elles essayaient au moins d’en soigner les blessures et d’en atténuer les souffrances, comme ils disent dans leur langage profondément religieux. Pourtant le secours neutre n’existe pas. Et dans le cas de la Croix-Rouge, ce n’est pas bien compliqué à voir...

Tandis que la faim, les désastres, la guerre et l’oppression font fuir chaque année des millions de gens dans l’espoir de pouvoir reconstruire ailleurs une vie un peu meilleure, ce qui les attend ici en Europe c’est le racisme, les rafles, une exploitation sans limites et, au bout de compte, les centres de rétention et les déportations. Quand les réfugiés débarquent en Europe et font une demande d’asile, ils sont souvent parqués dans des centres dits ouverts (des dizaines de ces centres sont gérés intégralement par la Croix-Rouge). Comme les centres de rétention, ils sont entourés de barbelés, des gardiens y tournent les clés des portes tous les soirs. On y apprend aussi aux demandeurs d’asile à obéir aux lois du capitalisme et de sa démocratie (des vêtements collectés par la Croix-Rouge y sont par exemple vendus, les ‘habitants’ y sont forcés d’une main douce à effectuer des travaux pratiquement non-rémunérés dans le centre ou pour la commune où ils se trouvent - question de les habituer au sort d’exploités qui les attend ici aussi). Ces centres servent également à fixer les demandeurs d’asile et à les rendre dépendants pour qu’ils ne s’aventurent pas dans une vie de débrouille hors de l’enceinte. Sous prétexte de souci humanitaire, l’Etat organise ainsi un contrôle permanent sur tous ces indésirables. Quand la demande d’asile est refusée, c’est la police qui vient arrêter les réfugiés refusés dans ces centres neutres et ouverts pour les déporter vers la misère et la mort. La Croix-Rouge n’offre donc jamais un secours neutre, puisque ses activités font partie intégrante de la politique de contrôle de la gestion de l’immigration. La Croix-Rouge entretient également des liens étroits avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), cet organisme qui cherche à soumettre les flux migratoires aux besoins du capitalisme et du contrôle social. Ce même organisme se sert d’une multitude d’organisations humanitaires et d’ONG pour réaliser son chantage avec ses primes de retour. Des réfugiés à qui ce système a enlevé toute perspective, se voient offrir une pauvre indemnité pour retourner volontairement vers leur pays d’origine. Alors c’est simple : d’abord on leur enlève tout avenir, on les enferme dans des centres d’accueil, on leur fait comprendre qu’ici aussi c’est la pauvreté qui les attend, et finalement on les fait chanter avec quelques centaines d’euros pour qu’ils oublient les raisons pour lesquelles ils avaient fui... Dans d’autres pays européens, comme en Italie ou en Espagne, la Croix-Rouge Internationale gère directement les centres de rétention d’où l’Etat déporte les réfugiés en fin de procédure. Des centres de rétention avec leurs gardiens, leurs cellules d’isolement, leurs passages à tabac, leurs abus et tout simplement la privation de liberté. C’est là que la Croix-Rouge montre encore plus clairement ce qu’elle est vraiment : l’aile humanitaire de la domination. En Belgique, ce sont les infirmiers de la Croix-Rouge qui, quand les indésirables se mutinent dans ces centres, soignent les blessures sans faire entendre la moindre critique et les bourrent de tranquillisants. A Roissy, la Croix-Rouge cogère avec la police la zone d’attente pour sans-papiers qui débarquent à l’aéroport, et sert aussi de caution aux méthodes de la police des frontières (menottes, coups, baîllon, drogues) lors des expulsions forcées par avion qui s’en suivent. Le 17 août 2006 lors d’une gigantesque rafle, 508 personnes d’Afrique et d’Europe de l’Est sont chassées du domicile qu’elles occupaient à Cachan depuis 2003. Chaque bus préfectoral qui repartait avec les expulsés pour aller les recracher toujours plus loin en banlieue était escorté d’uniformes bleus à l’extérieur et deux membres de la Croix-Rouge à l’intérieur. De septembre 1999 à 2002, ce sous-traitant de tous les Etats s’est aussi vu confier la gestion du hangar de Sangatte, près de Calais. Là, elle va isoler près de 1800 réfugiés avec la complicité des CRS qui surveillent le camp, pour laisser à l’Etat le temps de construire un centre de rétention juste à côté, à Coquelles. A partir de novembre 2002, elle va ainsi ficher tous les réfugiés, préparant le démantèlement du camp et la chasse à l’homme qui suivront peu après.

Et tout celà, ça s’appelle choisir son camp.

Mais il n’y a pas que les sans-papiers qui débarquent sur les plages espagnoles ou qui, épuisés, mettent pied à terre dans les ports et aéroports européens. Il y a aussi ces millions de réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique qui ont été chassés de chez eux par les guerres, la misère ou les désastres écologiques pour ensuite être accueillis dans d’énormes camps de concentration (dans le sens strict du terme : enfermer administrativement dans un endroit circonscrit et contrôlable des catégories de gens pour des raisons raciales et de contrôle ou pour des fins d’exploitation). Ces camps sont souvent gérés par la Croix-Rouge et pas seulement avec ses médecins, mais aussi avec ses agents de sécurité. Ainsi la Croix-Rouge ne fait que renforcer l’ordre actuel composé d’oppresseurs et d’opprimés – et tandis qu’elle soigne ces derniers, elle tente aussi de calmer la révolte qui, elle seule, pourrait réellement changer quelque chose.

Quand les armées de la démocratie ont envahi l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak, ils amenaient derrière eux l’armée humanitaire de la Croix-Rouge. Sous prétexte de protection contre une politique d’épuration ethnique, la Croix-Rouge s’est chargée de la gestion d’une série de camps de concentration et de prisonniers en ex-Yougoslavie. En réalité, elle cherche à intégrer la politique européenne de contrôle des flux migratoires dans les manœuvres militaires des forces de l’ONU. Chacun sait (et pas mal d’employés dissidents de la Croix-Rouge l’ont quitté parce qu’ils ne supportaient plus cette neutralité odieuse) qu’il est impossible de rester neutre en temps de guerre. Rester neutre signifie choisir le camp du plus fort – même quand on soigne le plus faible. La conduite des guerres actuelles serait “ humanitaire ”, mais quel être sensé pourrait jamais croire qu’il y a quelque chose d’humanitaire dans les bombardements, les corps déchirés, les blessés, les viols ? En prétendant rester neutre, la Croix-Rouge ne fait que renforcer le pouvoir en place. En Irak, en Afghanistan, comme ailleurs. L’histoire en apparence sans fin de l’exploitation et de l’oppression a toujours eu besoin d’un corps de collaborateurs qui se cachent volontiers derrière un “ je ne savais pas ”. La gestion démocratique du capitalisme et de l’oppression a tout intérêt à étendre le plus possible ce que quelqu’un a appelé à l’époque des camps d’extermination nazis “ la zone grise de la collaboration ”. Refuser de collaborer avec un système qui organise la déportation systématique pour préserver les profits économiques et le pouvoir de quelques uns, c’est ouvrir la possibilité d’une critique réelle du monde dans lequel on est forcé de vivre. Grattons le vernis humanitaire de ce système mortifère de déportation, d’incarcération et d’exploitation !

La Croix-Rouge collabore aux saloperies des Etats : en un moment où elle quête pour continuer ses activités, qu’elle reçoive donc un peu de la monnaie de sa pièce !

Quelques ennemis de toutes les frontières, 24 mai 2009

http://grenoble.indymedia.org/2009-05-25-Paris-quand-la-Croix-Rouge-part-en

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Les grands criminels de guerre (Adolf Eichmann, Josef Mengele et d'autres encore) n'ont pas, d'après les renseignements dont on dispose, séjourné longtemps en Suisse. Après la guerre, ils ont cependant obtenu des documents de voyage que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Italie leur avait délivrés faute de contrôles adéquats. Ils s'étaient présentés sous une fausse identité afin d'obtenir ces papiers et d'organiser leur fuite en Amérique latine.




La route des rats
L'écrivain serbe qui travaillait à l'époque pour la Croix Rouge Internationale raconte
"C'est moi qui ai donné les passeports aux nazis en fuite"
Bokun: ils nous ont trompé avec l'aide de Draganovic

de nos correspondants
Londres. En 1945, l'atmosphère romaine était idéale pour les nazis et leurs complices décidés à effacer leurs traces. La possibilité d'émigrer en Amérique du Sud était grande. La guerre armée avec les allemands était finie. Mais, pratiquement, la guerre "froide" avait éclatée, non seulement à l'encontre de la Russie de Staline et ses "idiots utiles", mais aussi celle contre tout ce qui avait une odeur de communisme. Il est important de se rappeller, qu'à ce moment-là, n'importe qui était meilleur que les Russes, "ceux qui dévoraient les enfants", nous dit le journaliste-écrivain Branko Bokun, auteur d'une vaste production d'excellents livres de politique économique (capitalisme, communisme et troisième voie) à l'humour (sex-humour) primé 3 années au festival de Borgighera, jusqu'à "Un espion au Vatican" repubblié en Italie par les éditions Neri Pozza,

C'est un journal romancé, mais très réaliste, des 5 années passées à Rome par le jeune homme serbe, d'abord étudiant universitaire et puis fonctionnaire de la Croix Rouge Internationale comme représentant du roi de la Yougoslavie et ensuite de Tito, De cette période, Branko Bokun est non seulement le témoin, mais aussi l'un des protagonistes.

"Pouvoir distribuer des passeports m'offrait la grande opportunité de pouvoir peser sur le destin de milliers et milliers de personnes, raconte Bokum. A Rome, les fleuves de l'exode confluaient de toute l'Europe. Beaucoup d'hommes qui avaient combattus avec les troupes allemandes : hongrois, autrichiens, polonais, ukrainiens, roumains de la Grade de Fer, belges fascistes, yougoslaves, mais aussi de nombreuses victimes. Des juifs qui avaient souffert d'abord de la barbarie nazie, puis de la répression de la part des troupes communistes décidés à les éliminer, Moi, j'avais la possibilité de délivrer des passeports qui permettaient à cette troupe hétérogène de réfugiés de s'embarquer vers des terres prospères dans lesquels ils pouvaient vivre en paix. Mais, ou les nazis pouvaient s'eclipser comme ce fut le cas au Vénézuela, en Argentine ou au Paraguay.

Vous connaissiez Draganovic ? Vous vous en rappellez ?
"Je me le rappelle très bien. Il venait dans mon bureau au 55 de la rue Campania à 2 pas de la rue Veneto avec des paquets de documents pour la délivrance des passeports. Il avait des mains énormes, comme celles d'un ex-paysan. Il était très robuste et pas diplomate pour un sou. Je me souviens quand il me dit que j'étais l'unique serbe sympathique de sa connaissance. L'un des rares qu'il n'avait pas envie d'étrangler de ses propres mains."
Saviez-vous que de nombreux passeports parmi ceux que vous délivriez étaient destinés aux nazis et à leurs complices ?
"Je le soupçonnais, mais je n'avais pas la possibilité de les identifier individuellement. Ainsi que je l'ai dit, l'atmosphère de la Rome des années 40 ressemblait à celle de la décadence du bas-empire (romain) Il y avait une certaine dose d'allégresse. Mais, c'était aussi un vrai bordel. Pour Fellini, cela aurait été une meilleure inspiration que celle qu'il a utilisée pour la "Dolce Vita". Les gens se débrouillaient comme ils le pouvaient pour se distraire. Mais surtout, la plupart des réfugiés rêvaient d'aller en Amérique du Sud, en Afrique du Sud ou en Australie. Des manoeuvres évidentes. Devant la poste de Saint Sylvestre, il y avait un mini-marché de document d'identité vendus et achetés. Dans des milliers de cas, je ne pouvais pas savoir exactement à qui je délivrais les passeports. La majorité des noms ne correspondait pas à ceux des réfugiés que j'aidais. Les nazis en fuite arrivaient à abuser de notre bonne foi, mais, ils étaient une minorité. Ils avaient de formidables protections et des complicités. Il ne faut pas oublier que les Américains ne les considéraient plus comme des ennemis, mais comme des gens à utiliser en Amérique du Sud contre les révolutionnaires populistes, en plus, ils bénéficiaient de faveurs auprès d'ecclésiastiques très bien placés. N'oublions pas que Pape Pacelli avait excommunié les communistes, mais pas les allemands. Moi, j'étais occupé à soulager la souffrance de réfugiés bien moins fortunés. Par exemple, ces milliers de juifs qui continuaient leur odyssée. Ils désiraient rejoidre la Palestine. Mais quand leus bateaux arrivaient au large de ses cotes, les Anglais qui administraient ce territoire me les renvoyaient en arrière. Nous les faisions alors émigrer en Afrique du Sud qui était leur seconde destination favorite.

A cette période, vous aviez des amis importants chez les Anglais et les Américains. A quoi était-ce du ?
Je crois que ma connaissance de la langue de Shakespeare me fut très utile. Je parle 6 langues, et je me suis toujours intérréssé à la culture des nations. Le dialogue avec les alliés qui occupaient Rome en était facilité. De plus, mon amitié avec l'ambassadeur yougoslave Zukivic me fut très utile. Ce fut lui qui m'a proposé comme représentant de la Yougoslavie à la Croix Rouge Internationale à Rome."
Quels sont les personnages de cette époque qui vous ont le plus marqués ?
"J'ai rencontré Monseigneur Montini de nombreuses années avant qu'il ne devienne pape et Monseigneur Tardini qui était plus ou moins le ministre de l'Extérieur de Pie XII. J'ai aussi bien connu le chef de la CIA, Donovan et le représentant personnel près du Vatican du Président Roosevelt, Titman, qui avait habité pendant plusieurs années au Palais Sainte Marthe dans les murs du Vatican. Il était très impliqué dans la vie de la bonne société romaine et il fréquentait le palais Saccheti occupé par Sir Darcy Osbone qui deviendra quelques années après duc de Leeds. Le gentilhomme anglais avait une position particulièrement intéressante, il avait pu rester à Rome même après la déclaration de guerre du 10 juin 1940 puisqu'il était accrédité auprès du Vatican. C'étaient des contacts qui m'ont permis de savoir ce qui arrivait réellement et les intentions exactes des puissances alliées après la victoire contre les nazis."

Avez-vous rencontré Monseigneur Popovic qui a fait fuir de Gênes un grand nombre de nazis et qui a fait en sortes que leurs traces se perdent ?
"J'étais allé à de multiples reprises à Naples à aider des réfugiés à partir pour le Chili, Mais, je me suis rendu à Gênes à de rares reprises. Toutefois, je me rappelle y avoir rencontré des personnages qui ne me plaisaient pas particulièrement. Je n'ai pas pu identifier matériellement des criminels nazis. Mais, j'ai le regret que parmi ceux qui fuirent ainsi, parce que son passeport à transité par mes bureaux de la Croix Rouge Internationale, qu'il y ai eu le criminel croate Pavelic, Beaucoup d'entre eux furent un temps cachés dans des couvents. Une des règles qui nous avait été imposée pour délivrer nos passeports était qu'il fallait la signature de 2 témoins de confiances. Quels meilleurs témoins que des prêtre croates, comme ceux du couvent de San Geromino (Saint Jérome) ? J'ai certainement des raisons de récriminer que dans ces lointaines années 40, les choses ne se déroulèrent pas dans le mode juste. Que les criminels nazis ne furent pas jugés et punis. Mais, il faut se souvenir, comme je l'ai expliqué, l'atmosphère était en ces temps troublés "spéciale" et les conditionnements politiques, pour nous qui travaillons pour la Croix Rouge Internationale étaient très difficile à contester,"

Paolo Filo della Torre

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Sur la route des Nazis
de notre envoyé spécial ANDREA CASAZZA
Buenos Aires. Cinq cents ? Combien de criminels de guerre allemands, croates, français, belges et d'autres nationalités trouvèrent asile, liberté et protection en Argentine ? Ici, dans un Buenos Aires pluvieuse, écrasée par un ciel plombé hivernal, personne n'a la réponse juste en poche. Selon le dernier rapport de la CEANA, la Comision para el Esclarecimiento de las Actividades Nazis en la Argentina, daté de 1999, leur nombre devrait tourner autour de 180 unités. Uki Goñi, l'historien et journaliste argentin qui a fait récemment publier son scandaleux "L'authentique Odessa" (qui sera prochainement publiée chez Garzanti avec le titre suivant : " "Opération Odessa") soutient que, durant les six années de recherches à la base de son ouvrage, il en a individualisé au moins 300. Mais ce n'est pas suffisant, " Dans le cas de l'éxode des croates en Argnetine entre 1948 et 1950 - souligne Goñi - mes recherches m'ont permis d'identifier 120 noms. Parmi ceux-ci au moins 15 pouvaient être qualifiés de criminels de guerre, donc plus de dix pour cent. Or, du premier dossier rendu public du Centro di Immigrazione di Buenos Aires, il résulte qu'il y eut 7200 croates qui débarquèrent en Argentine. si l'on devait appliquer le même pourcentage relative à mes recherches, rien que chez les oustachis, le nombre des personnes impliqués dans un crime de guerre serait démesuré".
Mais, si les mathématiques et l'histoire ne font pas toujours bon ménage et qu'il faudra attendre la suite des recherches pour établir le nombre exact des criminels oustachis débarqués à Buenos Aires, il est au contraire certain que la majorité d'entre eux s'embarqua à Gênes. Et il est de même certain qu'à Gênes séjourna, comme le firent Eichmann, Mengele et Barbie, un autre bourreau nazi : Gerhard Bohne.
Dans les documents découverts par l'historien et journaliste argentin Uki Goñi les preuves qu'un moine hongrois de Pegli aida Eichmann

"A Gênes le bourreau des handicapés"
Bohne aussi s'est s'enfuit à bord d'un paquebot avec un passeport de la Croix Rouge
Il fut parmi les planificateurs du plan pour l'"euthanasie" voulu par les nazis


Bohne était l'oficier des SS et l'avocat auquel Hitler confia la première partie de son programme fou d'euthanasie: le plan "Aktion T4" qui prévoyait l'élimination de toutes les personnes atteintes d'affections graves, qu'elles soient physiques ou mentales, et qui fit plus de 62 000 victimes.
Les traces de Gerhard Bohne a Gênes furent retrouvés par Uki Goñi au siège de la Croix Rouge en Suisse. Selon les données reportées sur le passeport qui fut donné à Bohne à Rome, l'avocat qui dirigea le "Groupe de travail des sanatorium et asiles du Reich", séjourna en ville avec sa soeur Gisele dans un logement au 27 de la via dei Glicini (des glycines ndt).
Si le passeport qu'il avait dans sa poche était à son nom et que la date ou il lui fut délivré est le 24 aout 1948, la présence à Gênes de Gehrard Bohne date de janvier 1949. A la Direcciòn Nacional de Migraciones di Buenos Aires, Goñi a retrouvé le certificat d'identité signé du consul argentin à Gênes le 7 janvier 1949 avec lequel Bohne reçut le visa sur le passeport de la Croix Rouge et la voie libre pour l'embarquement.
Embarquement qui eut lieu quelques jours après, en première classe, sur le paquebot Anna C, qui arriva dans le port de Buenos Aires le 29 janvier 1949. "Et dans la capitale argentine - souligne Goñi - Bohne et sa soeur trouvèrent hospitalité dans la maison de Carlos Fuldner, fonctionnaire péroniste de la Daie de Gênes". Comme on le voit, la boucle est bouclée. Bohne sera arrêté en 1964, toujours à Buenos Aires ou il était revenu après un bref séjours dans sa patrie en 1955, à la suite du coup d'état militaire en Argentine. La demande d'extradition fut concédée en novembre 1966, mais le bourreau nazi ne resta pas longtemps en cellule: pour lui, qui avait contribué à l'élimination de milliers d'invalides physiques et psychiques, on émis une sentence selon la quelle sa condition physique précaire était incompatible avec sa détention en prison. Bohne à Gênes avait eu le temps d'apprécier les service de la Daie, la Delegacion Argentina de Immigracion en Europa dont les bureaux se trouvaient au 38 de la rue Albaro, bureaux ouverts en 1947 par Carlos Fuldner, capitaine de la SS et homme de confiance du président Juan Peron. Mais le réseau de protection dans la cité s'étendait aussi dans les milieux ecclésiastiques. A coté de don Carlo Petranovic, homme de confiance des criminels de guerre oustachis et de quelques criminels de guerre nazis de haut rang, à Gênes opérait un autre prêtre. Edoardo Dömöter, un franciscain d'origine hongroise, qui à la fin des années 50 était le curé de l'église se Saint Antoine de Pegli.
Ce fut le père Dömöter qui soussigna et apporta au siège génois de la Croix Rouge la requête pour le passeport de Riccardo Klement, ou plutôt Adolf Eichmann. Cette requête, qui porte le numéro 100940, a été découverte, encore une fois, par Goñi dans les archives du Comité International de la Croix Rouge de Genève.
De père Dömöter on sait seulement qu'il a collaboré avec Reinhard Kops, officier des services secrets nazis, homme de confiance d'Alois Hudal, l'évêque du siège pontifical de Santa Maria dell’Anima, à Rome, qui envoyait de longues lettres au président Peron demanda des visas d'entrée pour des milliers de "soldats" allemands et autrichiens. Dans la relation conclusive présentée par le CEANA en 1999, il y a la référence à une missive du 31 aout 1948 dans laquelle l'évêque Hudal explique à Peron que les visas demandés ne sont pas pour des réfugiés, mais "pour des combattants anticommunistes dont le sacrifice a sauvé l'Europe de la domination soviétique". Ce serait Kops qui établissait les contacts romains avec la Daie de Gênes pour donner la voie libre aux passeports de la Croix Rouge et après, il donnait le relais à frère Dömöter pour ce qui était des affaires génoises (ndt, je pense qu'il veut parler des billets et des papiers d'embarquement).
Mais, dans le cas d'Eichmann, le frère franciscain fit tout lui-même pouvant déjà compter sur un faux document d'identité que le bourreau nazi obtint à Termeno en utilisant un faux nom : Riccardo Klement.
Une fois en possession du passeport de la Croix Rouge la voie de la liberté s'ouvrait en grand aussi bien pour Eichmann que pour Bohne. Pour eux et pour des dizaines et des dizaines d'autres criminels de guerre, une liberté qui avait la forme d'un batiment qui levait l'ancre dans le port de Gênes.

Andrea Casazza

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07/12/2008

Le grand écart médiatique, Dieudonné...

20:56 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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