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17/10/2012

COUP DE FILET

Dans l’affaire de la « cellule terroriste démantelée » à Strasbourg et à Cannes au début du mois d’octobre, les médias ont été unanimes à reprendre sans état d’âme les déclarations de la police.  Aucun conditionnel, aucune petite phrase prudente permettant une retraite éventuelle en bon ordre.  

Ce n’est pas la première fois. On se souvient de l’agression antisémite du RER D en 2004,  de cette jeune femme victime de « 6 étrangers, dont 4 Mahgrébins et 2 Noirs », un acte odieux dénoncé par toute la presse, par le président Chirac, par Villepin, ministre de l’Intérieur, par toute la classe politique, droite et gauche mêlées. Dommage, c’était une mythomane. On n’a pas oublié non plus le scandaleux incendie criminel du centre social juif de la rue Popincourt, la même année : le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, était venu à Paris pour visiter les lieux et critiquer le laxisme français face aux actes antisémites. Pas de chance, là non plus : l’incendie était l’œuvre d’un vieux fou, juif de surcroît. Dans un cas comme dans l’autre, tous les médias ont donné dans le panneau, aucun sauf erreur n’a présenté d’excuses. 

Plus près de nous, dans les premiers jours de « l’affaire Tarnac », presse écrite, radios et télévisions ont été unanimes à dénoncer l’action terroriste des « anarcho-autonomes », de « ce noyau dur qui avait pour objet la lutte armée », dixit le procureur Marin. Libération titrait en une « L’ultra-gauche déraille », Le Point parlait de « nihilistes clandestins », le Figaro Magazine des « caténaires de la peur », France 2  de « la petite épicerie tapie dans l’ombre » qui servait de QG  au « commando ». Là non plus, pas d’excuses quand le montage policier s’est profilé à l’horizon.

Dans le coup de filet récent, il est possible que Jérémie Louis-Sidney, « un converti de 33 ans, apprenti terroriste qui voulait finir martyr » (France 24) ait été abattu par des tirs de riposte des policiers, il est possible que les hommes placés en garde à vue pendant cinq jours, puis inculpés, soient bien ceux qui ont lancé une grenade contre l’épicerie juive de Sarcelles. Mais l’unanimité des médias à tenir la parole policière pour vérité révélée, l’indignation générale des politiques, l’énorme retentissement donné à toute l’affaire, tout cela a un sens. En dénonçant les dérives françaises de « l’islam radical », les médias asservis et les politiques cherchent à faire monter dans le pays un sentiment de peur. La peur est la meilleure des diversions possibles – voir ce à quoi ont servi en leur temps la grippe aviaire, la vache folle, la grippe H1N1 ou les JO de Londres. Et puis, en montrant que la barbarie n’est plus seulement à nos portes mais qu’elle est désormais parmi nous, en incriminant une fois de plus – tout en jurant le contraire – la jeunesse des quartiers populaires, on reste entre nous, on resserre les rangs, on relègue à l’arrière plan le racisme et la misère.

Construire un ennemi intérieur est un procédé politicien médiocre, mais c’est bien du camp des médiocres que proviennent souvent les plus graves dangers.

Eric Hazan 

par courriel - 17/10/2012

10:44 | Lien permanent | Commentaires (5) |

27/09/2012

Le Dissident : La vraie histoire véridique de Thierry Meyssan

 

C'est avec une grande fierté que Parano Magazine vous dévoile aujourd'hui la première partie de ce biopic à grand budget qui a déjà obtenu le prix du jury des Droits de l'Homme au festival du film de Farj en Iran qui relate l'histoire de celui qui a révélé au monde la grossière supercherie du 11 septembre, depuis les premières persécutions dont il a été victime, en passant par sa traque par la CIA et la DGSE qui cherchent à l'éliminer depuis l'arrivée de Sarkozy au pouvoir, jusqu'à son exil forcé au Liban pour rejoindre tous ceux qui luttent pour la démocratie et les droits de l'Homme dans cette région, je veux bien entendu parlé du Hezbollah, du gouvernement de Bachar El-Assad ou du régime des mollahs en Iran.

Plus d'infos sur http://paranomagazine.blogspot.fr/2012/09/le-dissident-la...

07:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/09/2012

19 septembre - journée des armuriers... et des armes célestes

La Journée des armuriers sera célébrée pour la première fois en Russie le 19 septembre. La fête est créée en l’honneur de la grande contribution des armuriers qui ont assuré la défense et l’indépendance de l’Etat. Le 19 septembre l’Eglise orthodoxe russe vénère l’archange Michel, prince des armées célestes.

C’était le grand constructeur Mikhaïl Kalachnikov qui a avancé l’idée de créer la Journée des armuriers. L’inventeur du célèbre automate a travaillé pendant plusieurs années à l’usine Izhmach. Cette compagnie de production des armements a plus de 200 ans. Après la guerre l’entreprise a commencé à fabriquer l’automate Kalachnikov AK-47 dont les armées d’une centaine de pays du monde entier sont toujours équipées. Izhmach lie son avenir au développement de ses modifications, avant tout à l’automate AK-12 de cinquième génération, souligne l’attaché de presse de la compagnie Elena Filatova.

« Cet automate est connu et utilisé dans le monde entier. Notre objectif est de rendre notre arme russe non seulement la plus sûre, mais aussi la plus moderne et de meilleure qualité. Je pense que la compagnie Izhmach et d’autres fabriques d’armes de Russie peuvent le faire ».

la suite sur http://french.ruvr.ru/2012_09_18/Russie-Journee-des-armur... 

[automate = fusil automatique]

 

15:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/09/2012

CYBER-KAPO : un corps de réservistes spécialisés en cyberdéfense

cyberdéfense,Jean-Yves Le Drian,réserve citoyenne

une rare photo de "Rami", cyber consultant citoyen réserviste qui à maintenant délaissé la moîteur des forêts d'Amérique du Sud pour épauler Jean-Marie "malgré lui" Bockel à se pencher sur les cruels et fourbes réseaux chinois...

 

L'armée française va se doter d'un corps de réservistes dédiés à la cyberdéfense, issus de la réserve opérationnelle et de la réserve citoyenne. La création de ce corps a été notamment avancée dans le rapport d'information sénatorial sur la cyberdéfense.


Dans son rapport d'information(.pdf) sur la cyberdéfense, qui a fait couler beaucoup d'encre suiteà sa mise en gardeà l'égard des équipements de réseau chinois, le sénateur Jean-Marie Bockel a aussi défendu le principe d'une "cyber réserve" qui rassemblerait les "compétences de nos réservistes, tant au sein de la réserve opérationnelle que de la réserve citoyenne".

Cette recommandation prend aujourd'hui forme. Commel'a relevéNicolas Caproni sur Twitter, le ministère de la Défensea annoncéla création d'un réseau de réservistes spécialisés en cyberdéfense dans le cadre de la réserve citoyenne. Cette réserve sera constituée "d'un noyau de volontaires accrédités par l’autorité militaire" et "travaillera en étroite concertation avec les autorités nationales en charge du domaine".

"Les réservistes auront pour mission d’expliquer la dimension stratégique de ce domaine en pleine expansion, d’y préciser la place des armées et de donner des clés de compréhension des différents enjeux. D’autres axes de travail seront définis ultérieurement", explique le site web. Parmi ces réservistes se trouveront des industriels et des universitaires qui auront le souci de promouvoir un "esprit de cyberdéfense" et d'alimenter le débat.

la suite sur numérama 

09:43 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/09/2012

Eternit s’attaque à l’avocat des victimes de l’amiante

C’est le monde à l’envers. Le procès de Jean-Paul Teissonnière, avocat « historique » des travailleurs victimes de l’amiante et de leurs familles s’ouvre aujourd’hui à Paris. Il est accusé de diffamation par l’entreprise de BTP Eternit, celle-là même qui fut le premier producteur d’amiante-ciment en France, jusqu’à l’interdiction de ce matériau très cancérogène en 1997. Eternit avait porté plainte suite à un entretien paru dans Télérama où l’avocat comparait les méthodes d’Eternit France et d’Eternit Italie.

la suite sur bastamag.net

13:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/09/2012

Mireille "Pussy Bigotte" Mathieu aux prises avec Anastasie !!!

Mireille Mathieu dénonce le "sacrilège" des Pussy Riot

"Une église n'est pas un lieu pour pouvoir manifester, on peut manifester autrement. Une église est un lieu de recueillement, et c'est un sacrilège" de manifester comme l'ont fait les Pussy Riot, a déclaré Mireille Mathieu à la chaîne de télévision moscovite TV Tsentr lors d'une visite à Moscou.

La chanteuse, très populaire en Russie, a donné cette interview à l'occasion de sa venue à Moscou pour participer à une festival international de musique militaire où elle a interprété des chansons en russe...

piqué au tas sur francetvinfo.fr - 05/09/2012

 

Mercredi 5 septembre Mireille Mathieu affirme avoir été coupée

 

Une partie de l'interview de la star, où elle réclame «l'indulgence pour les trois jeunes femmes», aurait été coupée au montage, indique son entourage contacté par Le Parisien . Interrogé sur l'action des Pussy Riot, la chanteuse, catholique pratiquante, aurait répondu ainsi: «Je pense que ces jeunes filles ont été un peu inconscientes car une Eglise n'est pas un lieu pour manifester. On peut toujours manifester autrement. Une église étant un lieu de recueillement, c'est un sacrilège. Mais en tant que femme, artiste et chrétienne, je demande l'indulgence pour ces trois jeunes filles.

 

Mercredi 5 septembre - La télé russe dément toute «censure»

 

Contacté par l'AFP dans l'après-midi, le directeur des programmes de la tranche matinale de TV Tsentr, Vladislav Chekoïan, dément toute coupure. Après vérification des enregistrements, le directeur afffirme qu'«il n'y a pas cette phrase» où Mireille Mathieu demanderait l'indulgence pour les Pussy Riot. «Là où s'arrête ce que nous avons diffusé, s'arrête l'enregistrement. Il s'agit probablement d'un malentendu, Mireille Mathieu a pu prononcer cette phrase dans une autre interview. Nous sommes prêts à communiquer les enregistrements», a déclaré Vladislav Chekoïan.

 

Jeudi 6 septembre - La télé russe revient sur son démenti

 

Nouveau rebondissement. La chaîne russe revient sur son démenti et confirme cette fois au Figaro avoir bel et bien coupé une partie des propos de Mireille Mathieu au montage. La chaîne TV Centre impute cette «faute» à une jeune journaliste qui aurait, par peur, caché les rushs. La jeune femme est depuis en entretien avec le directeur de la chaîne et sera «punie pour falsification».

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L'équipe éditoriale de TV Tsentr au prise avec la "jeune journaliste" afin de retrouver les "rush disparus" (photo via A.11)

 

«Les rushs avaient disparu. Nous avons débuté des recherches et avons finalement trouvé l'original qui avait disparu du serveur ainsi que d'une clé USB, et identifié la fameuse phrase», a indiqué Vladislav Chekoïan. Accusée de «fraude», la journaliste devrait être licenciée.

 

piqué au tas sur lefigaro.fr - 06/09/2012

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Mireille dans les coulisses d'un palais du Kremlin en novembre 2008... les rushs n'ont pas disparus !

13:51 | Lien permanent | Commentaires (3) |

28/08/2012

De la faible vue de Richard Millet sur la peau des Français - juin 2011

Par Nicole Caligaris, romancière

Extrait :

Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l'occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu'a adopté le français actuel, "racisme" désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d'un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l'esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l'illusion d'une intégration qu'ils voient comme l'entrée au chausse-pied dans le moule d'une culture aux formes fixes, quand la vitalité d'une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas deproduire.

Premièrement, le mouvement est irréversible : il se trouve que nous ne pouvons pas choisir de croupir, comme les ânes l'appellent de leurs effrois, entre les bornes des clochers mentaux de l'enfance de ceux qui ont passé la cinquantaine. Il se trouve que nous ne pouvons pas, raisonnablement, prétendre nousrenfermer. L'idée de protéger la culture française d'une éventuelle invasion, non seulement est stupidement xénophobe mais elle est stupide tout court car impossible. La naïveté est dans cette illusion protectionniste, non pas dans la pensée de l'ouverture, plus réaliste, mais escamotée sous le nom si parfaitement français d'"angélisme". Ce qui doit nous préoccuper, ce n'est pas la protection, c'est la transmission, relation complexe qui ne se conçoit pas sans l'attention, la curiosité et l'adoption mutuelles.

Deuxièmement, il ne peut se concevoir d'intégration à sens unique : la société d'accueil change, de toute évidence, en intégrant ses membres venus d'ailleurs, c'est bien là l'intérêt, la richesse, le dynamisme d'une culture, et c'est précisément ce qu'il nous faut penser avec intelligence, notre changement. C'est cette pensée qui permettra de trouver comment les français, et les nouveaux, et les anciens, peuvent tenir ensemble, respectueux car respectés, car établis, non seulement sur les banquettes des RER mais aussi aux places où la société que nous composons ensemble accorde aux gens du pouvoir, respectés car égaux en droits et en devoirs mais aussi en positions et en espoirs.

piqué au tas sur lemonde.fr - 29/06/2011

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/08/2012

ECHEC À L'OPÉRATION "CRIMINOLOGIE" D'ALAIN BAUER

bauer alain,criminalité,CP-CNU,communauté scientifique,Laurent Wauquiez,

Le tableau annexé à l'arrêté du 2 mai 1995susvisé est modifié comme suit : 
Dans le groupe XII, la section 75 intitulée « criminologie » est supprimée.


Dans la discrétion estivale, et par un sec arrêté du 6 août, le gouvernement a mis fin à l'opération "criminologie" pilotée par l'Elysée au profit d'Alain Bauer [...] et de ses amis.

C'est en mars dernier que le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez, avait créé de toute pièce une nouvelle section au Conseil national des universités (CNU), intitulée criminologie.

Cette décision faisait suite à une intense opération de lobbying d'un petit groupe organisé autour d'Alain Bauer, ancien rocardien viré sarkozien, qui a fait de son discours sur la sécurité un instrument efficace de création d'un "marché" juteux de consultance auprès des pouvoirs publics et des entreprises. Mais il lui manquait la caution scientifique et universitaire, que la décision de Laurent Wauquiez allait lui donner.

 

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Une vive protestation s'était élevée devant l'opération, en particulier dans les laboratoires de sociologie, mais  l'avis de la Commission permanente du CNU montre que c'est l'ensemble du milieu universitaire qui n'acceptait pas la manoeuvre élyséenne.

Ainsi la commission permanente du CNU avait-elle déclaré : « Le projet de création d’une section de criminologie n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux impliquant l’ensemble de la communauté scientifique. Il a été préparé dans la plus grande opacité, dans le mépris des positions exprimées par la très large majorité des spécialistes des sciences criminelles et des questions de sécurité. Le ministère n’a jamais répondu aux multiples interpellations du milieu scientifique, autrement que par le biais d’une brève consultation électronique dont il n’a pas souhaité rendre les résultats publics. De surcroît, aucune réflexion approfondie n'a été conduite sur les conditions d'inscription de cette nouvelle section du CNU dans le paysage universitaire, notamment sur le vivier d'étudiants, le nombre de qualifications potentielles de candidats titulaires d’un doctorat et le nombre d'enseignants susceptibles d'être rattachés à la section. Le projet de création d’une nouvelle section de « criminologie » a été porté par un groupe resserré de quelques personnalités ne représentant pas le champ scientifique dans sa diversité, ce qui est la condition minimale pour qu’une discipline puisse émerger (...)-­ La CP­‐CNU estime que la création de la section de criminologie est motivée par des préoccupations étrangères à la logique scientifique....»

 

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Le reste du texte est ici, un historique de l'affaire est disponible ici sur le site web de la CNU.

Sur le blog :

♠ L'avis de l'Association française de droit pénal.

♠ Une première note du blog sur ce sujet.

♠ Cette décision brutale de l'Elysée est en rapport avec l'affaire Roucaute, l'auteur du discours de Guéant sur "la supériorité de notre civilisation." Lire cette note.

♠ Pour aller plus loin et comprendre toute cette histoire, lire le texte du sociologue Laurent Mucchielli.



Par Sylvestre Huet, le 22 août 2012

les photos ne font pas partie de l'article original

piqué au tas sur http://sciences.blogs.liberation.fr 

09:25 | Lien permanent | Commentaires (1) |

15/07/2012

Extrême droite : "Comprendre l’Empire", le cas Alain Soral.

Alain Soral s’est fait connaître du grand public dans les années 90 en faisant le pitre dans diverses émissions de variété et en publiant plusieurs livres, dont la « Sociologie du dragueur » en 1996, où l’auteur nous explique ses meilleures techniques de drague, suivi de « Vers la féminisation » en 1999, brûlot antiféministe. Il sera d’ailleurs invité dans les émissions les plus abrutissantes, en se présentant comme sociologue, dans « C’est mon choix » notamment (« Pour ou contre le machisme d’Alain Soral ? »), où il défend avec verve ses thèses obscurantistes contre l’égalité homme-femme, en les enrobant d’un vernis marxiste, sur lequel nous allons revenir.

Politiquement, il milite quelque temps au PCF au début des années 90, mais signe un appel, « Vers un front national », en 1993, qui réclame l’instauration d’une « politique autoritaire de redressement du pays » et la constitution d’un « front » regroupant pêle-mêle « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes », et qui conclut en appelant à la « grandeur des Nations » contre « le sionisme international, la bourse de Francfort, et les nains de Tokyo ». Il vire donc progressivement à l’extrême-droite et se rapproche des thèses nationalistes, souverainistes, autoritaires, avec comme fer de lance l’antisémitisme, qui constitue le centre névralgique de la pensée torturée d’Alain Soral et de ses admirateurs.

 

Il rejoint donc naturellement le Front National en 2005, après avoir voté Le Pen en 2002 mais le quitte, n’ayant pas réussi à obtenir une place de tête de liste dans le parti mais également pour des divergences idéologiques (sur lesquelles nous allons revenir), et participe ensuite à une « Liste antisionniste » en 2009 pour les élections en Île-de-France avec son désormais ami Dieudonné (qu’Alain Soral a lui-même pourtant critiqué vertement dans son ouvrage « Abécédaire de la bêtise ambiante », mais lors d’une rencontre, ils se réconcilient, et seront désormais unis sous la banière de l’antisémitisme, sous couvert d’antisionisme). Il fonde également un groupuscule centré autour de sa personne, où il se fait appeler « Président », « Egalité et réconciliation », principalement actif sur internet, avec la publication régulière de vidéos de monologues de leur chef sur Youtube.

 

Ce personnage a publié l’année dernière un ouvrage retraçant les grandes lignes de sa pensée, intitulé modestement « Comprendre l’Empire », et constitue probablement l’ouvrage d’extrême-droite récent le plus lu en France et dont il mérite de s’attarder dans ce contexte de fascisation des esprits, marqué par le score historique du FN.

 

L’ouvrage débute par une présentation historique de la révolution française, où l’auteur pourfend « ceux qui croient encore à l’absolutisme royal » en nous décrivant la royauté comme généreuse, désintéressée, avec un peuple français plutôt victime de la Révolution et une paysannerie qui ne demandait rien à personne. Nous avons déjà un terreau fasciste, monarchiste, nostalgique de l’Ancien Régime dès les premières pages, avec un appel pour le peuple à la soumission devant la dictature et l’obéissance à la classe dirigeante, appuyée par une ridicule glorification de l’Eglise, qui aurait « atténué la violence consubstantielle au pouvoir », là où elle a au contraire maintenu pendant des siècles le Tiers-Etat dans l’ignorance et l’obscurantisme, en tant que fidèle alliée de la Monarchie.

 

Retour du complot judéo-maçonnique

 

Soral enchaîne sur son dada : les réseaux et la réactivation des théories conspirationnistes, le fameux complot judéo-maçonnique et mondialiste. Il dénonce ainsi « le pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnant en douce sur la démocratie française », ou « Le Siècle », réseau de bourgeois et du monde du show-biz, qui contrôlerait « la marche du pays ». Ainsi pour l’extrême-droite complotiste, tout pouvoir est forcément caché, et jamais là où il est vraiment, c’est-à-dire dans les mains des patrons et des politiciens. Ainsi selon Soral, les décisions politiques centrales ne se prennent jamais au sein du gouvernement ou à l’assemblée, mais dans d’obscures loges maçonniques, ou lors de dîners du Siècle, qui s’il est vrai sont critiquables, en tant que moyen pour les membres de la bourgeoisie de resserrer leurs liens, ne saurait constituer, en aucun cas, un lieu de décision politique central.

 

Cela nous amène logiquement au cheval de bataille de Soral et ce qui probablement le tient plus à cœur dans sa pensée : les Juifs. Le livre suinte la haine, dégoulinante, contre les Juifs tout au long des pages, et reprend cette idée de contrôle occulte de toutes les décisions par le lobby juif (« la caste maudite »), qui serait omniprésent, et qu’il s’agit de purger de France. Ainsi, le président de la République française irait « prendre ses ordres » au CRIF tous les ans, et, dans un élan antisémite, Soral n’hésite pas à comparer les Juifs, « l’aristocratie nomade », à « un asticot dans son fromage ». Ainsi au fil des pages, on comprend finalement que l’Empire, c’est en fait les juifs, qui seraient aux manettes des banques, ou de « la Banque » comme l’appelle Soral, et représente « les desseins maléfiques de l’oligarchie mondialiste ».

 

Alain Soral s’est plusieurs fois fait condamné par la justice française pour incitation à la haine raciale à la suite de propos antisémites, et de fait, dans ses interventions et ses écrits, il essaie au maximum de maintenir le flou sur sa pensée concernant les Juifs (et non les sionistes) et parle souvent de « la communauté qu’il ne peut pas nommer ». Mais l’antisémitisme constitue néanmoins la clé de voûte de l’ouvrage.

 

Concernant les classes sociales, là encore on aurait pu espérer des restes de la période de militantisme au PCF, et bien c’est peine perdue encore une fois. Ainsi, la lutte des classes est totalement occultée au nom des réseaux, où les syndicalistes et les patrons se retrouveraient et pactiseraient en douce. Ainsi, celui qui se prétend marxiste défend en réalité les intérêts des petits bourgeois, les « petits entrepreneurs » et appelle à la constitution d’une classe moyenne large, patriote, réconciliée sous le dogme de la Nation. Toute référence à un prolétariat ou à une bourgeoisie en opposition d’intérêts est désespérément absent et une meilleure distribution des richesses entre riches et pauvres semble une tâche beaucoup moins urgente que celle de démasquer le lobby juif. Comble du ridicule, il certifie même que Bakounine lui-même aurait appelé à l’élaboration d’une société de petits patrons et de petits propriétaires (p. 130) ! Le malheureux doit s’en retourner dans sa tombe.

 

Soral en chien de garde du système

 

Soral prône donc la collaboration de classe entre le petit patron et son employé, ne parle jamais de grève ou de socialisation des moyens de production, démontrant encore sa vraie nature, de chien de garde du patronat et de l’ordre établi, ayant comme objectif stratégique unique de faire dévier la colère juste du peuple contre sa classe politique gouvernante et patronale pour la déchaîner contre les minorités juives.

 

La « haine du juif » le pousse à s’acoquiner avec le musulman (ce qui constitue une grande différence avec l’extrême-droite plus traditionnelle, du Bloc Identitaire, qui est, elle radicalement islamophobe), pour peu que ce dernier soit suffisamment intégriste et antisémite, ce qu’il appelle un « islam de résistance ». Ainsi, toute l’énergie d’Alain Soral et de sa troupe est consacrée à faire voter FN les musulmans (bien que n’étant plus au FN il soutient officiellement Marinne Le Pen), Alain Soral ayant d’ailleurs quitté le FN de par le fait que ce dernier refusait cette ligne stratégique, défendue par Soral, qui consiste à aviver la flamme patriotique chez les musulmans de France (pas tous, pour les « islamoracailles », Soral préconise la déchéance de la nationalité française et l’expulsion vers le Kosovo ou la Tchétchénie) pour les ranger dans le giron nationaliste, en faisant abandonner la tradition islamophobe propre à ce parti.

 

L’ouvrage continue logiquement par une critique féroce des partis d’extrême-gauche et des libertaires, « les idiots utiles », et de l’internationalisme ouvrier. Il est difficile pour l’extrême-droite de révéler le fond de sa pensée de manière directe, on assiste donc à une sorte de diatribe prétendument marxiste, selon laquelle les travailleurs sans-papiers devraient être expulsés, ne servant que les intérêts du Medef (Medef dont on ne parle que dans ce contexte et qu’on délaisse ensuite pour recentrer sur les Juifs, la Banque, l’Empire) et faisant baisser le salaire des nationaux. Mais, quand ces derniers, les « clandestins », s’organisent, luttent, et partent en grève contre leurs patrons du Medef, le FN et ses soutiens restent étonnamment silencieux. De plus, régulariser les sans-papiers permet qu’ils soient payés au smic et non des sommes dérisoires au noir. Bref, « dehors les immigrés ! » est bel et bien le message crasseux d’Alain Soral et de ses amis frontistes une fois retirée la poudre aux yeux marxiste, qui restent donc aujourd’hui comme demain, les ennemis des sans-papiers.

 

Celui qui passe à « C’est mon choix » conclut son livre par une critique invraisemblable de la spectacularisation des médias. Pour le reste, du grand n’importe quoi, et on ne peut être qu’impressionné par le caractère totalement aberrant de certaines assertions avancées par l’auteur. Ainsi, par exemple la révolution bolchevique de 1917 aurait été financée en sous-main directement par New York ( !) ou encore, résolument anti-écologiste, il n’hésite pas à nier tout simplement le réchauffement climatique, qu’il qualifie d’« arnaque ». Le fait que ce livre fasse autorité au sein de l’extrême-droite et que son auteur soit considéré comme un penseur de premier plan par ses fans dénote du caractère profondément anti-intellectuel de ce milieu et de sa haine de la réflexion et du savoir.

 

Nous serons sauvés par l’Iran

 

Il appelle au soutien inconditionnel des pires dictatures pour lutter contre « l’impérialisme américain », avec en tête de file, par solidarité antisémite, la très glorieuse République islamique d’Iran, où il semble bon vivre. De la même manière, toutes les dictatures du Proche-Orient sont appréciées par Soral, et c’est avec une larme à l’œil qu’il les observe se faire renverser par les masses luttant pour la démocratie, ou décrit ces masses, dans un délire complotiste, en réalité pilotées par la CIA (elle-même contrôlée probablement par une loge maçonnique ; loge peut-être elle-même contrôlée par des banquiers juifs !).

 

Bref, « Comprendre l’Empire » est un essai tout à fait représentatif des principales caractéristiques de l’extrême-droite : l’incohérence, la contradiction, la provocation, la haine (des termes immondes tout au long de l’ouvrage, comme « gauche métisseuse »), la vulgarité et le double-langage, une incapacité à dire les choses en face, en utilisant par exemple des citations d’homme de gauche pour défendre des thèses fascistes au grand jour. Les militants d’Égalité et Réconciliation ne sont donc pas différents des militants d’extrême-droite plus classiques, à savoir des ennemis de la classe ouvrière et un cancer pour la fraternisation entre les peuples, qu’il s’agit de stopper avant la contamination à l’ensemble de l’organisme.

 

François (AL Brest)

Publié le 5 juillet 2012 par Commission Journal (mensuel)

 

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11/07/2012

+96 % de plaintes contre les bavures policières

Par Nolwenn Weiler

Menottage systématique, insultes, brutalités entraînant parfois la mort... Le rapport 2011 du Défenseur des droits, Dominique Baudis, a été remis le 25 juin à François Hollande [1]. Il fait état de violences policières persistantes en 2011. Alors que le nombre global de dossiers reçus dans les quatre domaines d’activité du Défenseur [2] a baissé de plus de 3 %, les plaintes concernant la déontologie de la sécurité ont explosé : + 96 % ! Cette augmentation s’explique en grand partie par le fait que depuis le 1er mai 2011, tout citoyen, victime ou témoin d’un manquement à la déontologie commis par les forces de sécurité, peut saisir le Défenseur des droits.

« Ce chiffre, au regard des dossiers traités, ne signifie pas, pour autant, un accroissement des manquements commis par les forces de sécurité », avance le rapport. Il signifie quand même que les bavures de la police nationale ne sont pas en train de diminuer… Quand les réclamations concernant la police municipale représentent 3,8 % des plaintes. Ces violences, souvent impunies, font le lit de tensions et d’incompréhensions croissantes entre la population française et la police, censée protéger les citoyens.

 

la suite sur Bastamag.net

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