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11/11/2011

Le caténaire est un danger

sncf,emprise,caténaire,construction,sdat

11:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/11/2011

The Oakland Liberation Front

http://28.media.tumblr.com/tumblr_lu3od2SbqG1qbrntno1_500.jpg

via laguerredanslame

14:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/10/2011

Horror in Strassburg

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16:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/10/2011

DJ Nelson VS gardien de prison sympathisant du Bloc Identitaire...Guerre des stickers à Neudorf


Tu ne le sais peut-être pas encore, mais une guerre invisible aux yeux des "citoyens" lambda, une guerre sourdoie au quartier du Neudorf à Strasbourg.

Cette guerre vient d'éclater au grand jour grâce aux lumières apportées par un encart sur la couverture du quotidien gratuit radical 20 minutes Strasbourg suivit d'un article dans les pages "grand Strasbourg" [il y aurait donc, à priori, un petit Strasbourg] article bizarrement intitulé : "DJ Nelson tapé, un gardien de prison suspect".

Alors que les journaux de la presse capitaliste de l'armement et du béton te promène depuis 6 mois de G 8 en G 20, dans tout les printemps arabes, des voitures brûlant dans les suburbs de Londres jusque sous le soleil Grec des rues d'Athènes, des primaires à n'en plus finir, des sordides histoires de chambre d'hôtel de New-York à Lille, tu viens seulement d'apprendre maintenant qu'un conflit de basse intensité est en train de se jouer dans "un quartier du côté de chez toi"...

"Il passait de poteau en poteau coupant mes autocollants", rapporte DJ Nelson.

Je ne sais pas si tous les lecteurs connaissent DJ Nelson ?

Il est tout juste champion du monde DMC 2011 dans la catégorie « Battle for World Supremacy », rien que ça... le Mozart du scratch... 


"Ses influences, d'abord nourries par celles de son père et de sa sœur, naviguent du rap pur et dur à la pop. « Je suis fan de Michael Jackson, mais j'aime aussi Prince, Rage against the machine... » qu'il sample parfois pour ses soirées. La dernière en date l'a conduit, vendredi dernier, à Doha au Qatar. « C'était la quatrième fois que j'y jouait », s'enthousiasme le jeune entrepreneur « qui vit de sa passion depuis deux ans ». S'il s'est déjà produit, notamment, au Brésil et en Angleterre, il regrette « que rares soient les organisateurs alsaciens de soirées à faire appel » à lui. « A cause de mon palmarès, ils ont peut-être peur que je demande de gros cachets », s'interroge Amédomé, qui préfère rester discret sur le montant de ses prestations. Pour l'heure, les Strasbourgeois se contenteront donc d'écouter l'émission « Streetbeats » qu'il anime depuis 1998, chaque samedi de 14 h à 16 h, sur RBS 91,9 FM. Ou d'assister aux formations qu'il donne aux plus jeunes dans les quartiers dits sensibles de la ville."interview du 20/10/2011.


Métapolitique des stickers ou la guerre des poteaux

Mais qu'est ce que la métapolitique, vas-tu me demander ??? Tu en as déjà entendu parler dans un précédant article pourtant :

Et bien cousin, comme nous le pésentait la revue Quartier Libre :

"La métapolitique est une conception idéologique et une pratique politique qui vise à s'inscrire dans les rapports de force sociaux et économiques en déployant des concepts au niveau culturel pour influencer la sphère politique et y faire progresser ses idées."

Mouais, je sens que tu restes quelque peu  imperméable au concept... essayons avec une autre phrase de l'article :

"Antonio Gramsci [...] est considéré comme le fondateur de la théorie du « métapolitique » (bien que le terme ne se trouve pas dans son oeuvre). Gramsci envisageait un dépassement des cadres traditionnels de l'action politique marxiste en insistant sur l'importance d'une prise de « pouvoir culturel », qui serait le préalable nécessaire et efficace à la prise du pouvoir politique."

Là, ça te parle un peu plus ?

Le "« pouvoir culturel », qui serait le préalable nécessaire et efficace à la prise du pouvoir politique."

Tu comprends maintenant pourquoi Nicolas Sarkozy s'est entouré de Johnny et de Sardou pendant sa campagne de 2007 ?

Tu comprends aussi maintenant pourquoi il s'est marié et a fait un enfant à une chanteuse ?

Oui, je sais, ce n'est pas crédible dit comme ça... ça fait même carrément conspi... hein ?

Et c'est ce que tu trouveras également inscrit un peu plus loin dans l'article de Quartier Libre :

« depuis 2002, j’ai donc engagé un combat pour la maîtrise du débat d’idées […] Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées » Nicolas Sarkozy - Entretien au Figaro, 2007 

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Que c'est-il donc alors passé ce mardi après-midi 25 octobre 2011 ?

Je te poste l'article des DNA, c'est plus simple pour te faire une idée (également un pdf) :

Mardi en milieu d'après-midi, DJ Nelson, alias Amédomé Amouzou, papote devant les studios Les sons d'la rue à Neudorf avec deux jeunes rappeurs qui sont en train d'enregistrer un morceau. Soudainement, le petit groupe voit surgir un homme, une lame à la main, à l'angle de la rue de Rhinau et de la rue de Grossau (DNA d'hier). « Il passait de poteau en poteau coupant mes autocollants (*), rapporte DJ Nelson.

L'homme, âgé de 40 ans, et le groupe de musiciens se dirigent d'un pas décidé l'un vers l'autre. « Il avait sa serpette dans la main gauche », confie le DJ strasbourgeois.

Amin, l'un des jeunes rappeurs, et le quadragénaire se retrouvent face à face. L'homme l'invective, tout « en brandissant sa lame ».

Amin tente de le désarmer en lui donnant un coup de pied dans le bras. La tentative échoue et le quadragénaire lui porte un coup avec son arme blanche à la tête qui l'entaille sur quinze centimètres. « Il a ensuite agrippé Amin et tous les deux sont tombés. Là, le gars a essayé de lui porter plusieurs coups au niveau du cou. Il suffit de voir ce qui reste de la veste d'Amin pour se rendre compte de son acharnement », témoigne DJ Nelson.

Une serpette pour décoller des autocollants de hip-hop «qui polluent son quartier»

« A ce moment, je me suis dit : "je ne peux pas laisser ce jeune mourir", poursuit le champion du monde DMC 2011. J'ai tapé l'homme avec mon pied au niveau de son côté gauche pour qu'il lâche enfin son arme. Mais rien n'y a fait. J'ai alors cherché dans mon sac un rouleau à pâtisserie, que je venais d'emprunter à ma copine pour faire une pizza. Et je l'ai utilisé pour taper sur la main de l'agresseur.

La manoeuvre réussit et le jeune rappeur parvient à s'extirper de l'emprise du plus âgé, après avoir été une nouvelle fois atteint par la lame au doigt.

Les musiciens reculent aussitôt pour se mettre à l'abri dans les studios.

« Le gars a ramassé mon sac à dos et s'est mis à courir vers nous avec son couteau. Il a encore donné un coup dans la porte, puis est parti. »

Le surveillant de prison s'est ensuite rendu au commissariat pour déposer plainte, assurant avoir été agressé par une bande de jeunes et avoir été obligé de faire usage d'un couteau pour se défendre. Des témoins extérieurs ont mis à mal sa version, confirmant les déclarations du DJ et de ses copains musiciens.

Lors de sa garde à vue, le surveillant de prison - bien noté par sa hiérarchie et jusque-là sans histoire - a avoué avoir été dépassé par les événements. Il se souvient avoir fait des moulinets avec le bras pour se protéger.

Il raconte être sorti avec une serpette pour décoller les autocollants relatifs au hip-hop, qui selon lui « polluent son quartier ». Il a apposé ces propres autocollants, achetés sur internet auprès du site d'un bloc identitaire. Un certain nombre d'adhésifs ont été découverts à son domicile.

L'homme se présente comme un militant du Front national, mais exclut être raciste. Le parquet de Strasbourg a demandé hier son placement en détention provisoire.

« Tout ça pour des autocollants, c'est ridicule », glisse en conclusion DJ Nelson.

 

Télecharger la version PDF

Une serpette pour décoller des autocollants de hip-hop «qui polluent son quartier»

Est-ce si ridicule que ça ? Pas certain Nelson... car si pour toi qui fait la promotion de ton émission musicale, celà peu paraître ridicule, pour le gardien de prison, les idées ultra-nationalistes imprimées sur ses stickers "non polluant" sont bien affirmées, sous couvert d'Anti-Otan, d'anti-américanisme, d'arrêt de la guerre en Afghanistan... car c'est partir de là-bas où les "forces de la coalision" se font botter le cul depuis des années pour mieux commencer une guerre de pacification ici.

Petit florilège des slogans :

  • * C'est dans nos banlieues qu'on a besoin d'eux... Exigeons le retour de nos soldats d'Afghanistan !

  • * Pas un mort de plus pour une guerre américaine... Exigeons le retour de nos soldats d'Afghanistan !

  • * C'est chez nous que la burqa s'installe... Exigeons le retrait de nos soldats d'Afghanistan !

  • * C'est dans nos quartiers qu'il faut combattre l'islamisme... Exigeons le retour de nos soldats d'Afghanistan!

 

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Ô surprise, c'est bien sur le site bloc identitaire que tu trouves une page : Autocollants - Série 2011 Prix TTC : 11,00 € les 200 tagé sous "materiel militant" avec "4 nouveaux modèles disponibles"...

Tu trouveras aussi cet article qui explique que  "depuis sa fondation, le Bloc Identitaire a prouvé qu'il n'était pas un mouvement comme les autres, démontrant campagne après campagne sa capacité à investir de nouvelles voies d'action et de propagande."

On voit où cette propagande a mené Anders Breivik, notre Norvégien aux cheveux blonds et aux yeux bleus...

et bravo à DJ Nelson d'avoir eû le courage et l'abnégation pour tirer son ami des bras du salopard qui voulait l'égorger.

probe

15:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/10/2011

Au secours, ils arrivent, les conspirationnistes…et les Autres

conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeast

"en temps normal, l’antifascisme le gonfle"*

 

Petit récit (avec des fautes) d’une vaguelette dans un dès à coudre d’eau trouble

Dans un volonté de clarification et afin de contribuer à mettre un terme à d’absurdes amalgames, rumeurs, hypothèses, le groupe No Pasaran-Strasbourg propose une analyse -pas très consensuelle- des dernières élucubrations antifascistes locales. Ce texte à d’autres vocations. En premier lieu celle d’inviter à la prudence intellectuelle ceux et celles qui -dans un soucis de lutte constante contre les extrêmes droites- sont tentés de suivre aveuglement les néo-hérauts de l’antifascisme radical qui usent de rhétoriques outrancières et erronées à des fins trompeuses.
Puisque nous serons amené à parler de conspirationnisme, gardons en mémoire que les extrêmes droites n’ont pas le monopole de la manipulation et que la lutte contre les extrêmes droites n’est pas garante de dérives, de guerres de chapelles, d’ambitions personnelles, fussent elles inavouables et médiocres.
Mais ce texte est aussi un soutien indéfectible au Centre Autonome Jeune Molodoï qui a, dès le début de cette controverse, et sans attendre les incantations des professionnelles de l’esbroufe, su trouver les réponses adaptés : lors de l’assemblée générale du 5 octobre, le conseil d’administration de la salle demandait à l’association Si c’était ma terre de faire le nécessaire pour qu’en aucun cas, le CAJ Molodoï puisse être associé, de quelque manière que ce soit, au blog Activeast. L’association n’ayant pas, pour des raisons qui lui appartiennent, répondu aux exigences du CAJ Molodoï la soirée a été annulé, conformément aux règles de fonctionnement de la salle. Cette décision a été rendue public lors de l’assemblée générale du 19 octobre après que des discussions aient été engagées avec les différents protagonistes.
Inutile de préciser que cette décision du conseil d’administration de Molodoï ne découle pas des différentes menaces qui ont été proférées à des fins de pressions. Le CAJ Molodoï a toujours été un lieu d’expression aux convictions antifascistes, ses pratiques alternatives, sa programmation, et l’énergies des personnes qui font vivre ce lieu sont les meilleures preuves –s’il en fallait- de l’intégrité du lieu.
Inutile de préciser aussi que des textes devraient certainement circuler de la part des uns ou des autres pour se féliciter de la décision d’annulation de la soirée du 27. Un moyen -à peu de frais- de faire à croire à quelques lecteurs peu regardant que l’initiative leur est due. ChacunE existe comme il peu.
Dans ce contexte, nous pouvons également nous étonner que quelques cadors de l’antiracisme bon teint, en mal de ban, se permettent d’éclabousser le CAJ Molodoï en relayant les rumeurs les plus tapageuses, sans autre vérification que celles qui consiste à scruter leur ordinateur. Revenez au monde réel et partez à la rencontre des vrais gens, nous vous l’assurons, c’est une belle aventure humaine où les rencontres ne sont pas faites, forcement, de coups tordus. Il est malheureux de s’apercevoir que ces assertions contre Molodoï sont le fait de gens qui n’y mettent jamais les pieds, sauf épisodiquement comme consommateurs ou lorsqu’il y a un intérêt politique à trouver !
Nous savons, par ailleurs, que le CAJ Molodoï est un outil métapolitique (les connaisseurs souriront) local majeur et qu’il suscite des envies, des désirs de quelques chapelles en déshérences. Cela exacerbe les convoitises.
Ce texte se veut également un soutien à l’association CASAS qui, même si nous ne partageons pas - point par point - la manière de son engagement auprès des demandeurs d’asiles, se voit également éclaboussée par de stupides amalgames. La respectabilité de cette association et l’engagement de son personnel, aujourd’hui acculés par le manque de moyen financier, n’avaient pas besoin de leçons d’antifascismes de gugusses qui se foutent éperdument des demandeurs d’asiles à moins qu’ils puissent d’une manière ou d’une autre, en tirer un profit politique.
Enfin, nous espérons que ce texte amène une réflexion -individuelle ou collective- chez les personnes, les groupes ou associations qui ont été acteurs -volontaires ou non- de cette lamentable affaire. En premier lieu, nous espérons que l’animateur d’Activeast retrouve raison, abandonne toute référence aux extrêmes droites et recentre son énergie en choisissant des voies réellement révolutionnaires, solidaires et libertaires sans quoi, c’est évident, il ne pourra plus laisser croire à un égarement, à un manque de culture politique. Nous espérons que les structures Mimir et Si c’était ma terre engagent une réflexion quant à leur neutralité, érigée comme idéologie nécessaire à l’accomplissement de projets humains. Il est dommageable qu’une telle réflexion se fasse dans un tel contexte car, au vu des charges qu’ont eu à subir ces associations, l’envie de re-politiser leur projet doit être en berne. C’est là aussi un dommage collatéral de cette histoire imbécile.


Nous vivons décidément des heures bien étranges, une période de l’histoire militante où il devient de plus en plus difficile de décrypter l’actualité, les enjeux, les stratégies, les alliances. A l’heure où des noirs suprématistes s’allient à des néo-nazis, alors que des juifs d’extrême droite prennent position pour des musulmans intégristes et que les nationalistes s’engueulent avec les identitaires, à une époque où le Front National arrive à passer pour un parti aux idées sociales, nous regretterions presque les années 80. Nous étions mal fringué, certes,  mais au moins nous savions reconnaître nos amis et donc, par extension, nos ennemis politique. Oui, la vie était pleine de certitudes et de rubiscubes…il n’y avait pas internet ni de portables et pourtant, rappelez vous, nous vivions intensément (vieux con !).

Depuis quelques semaines la blogosphère et le microcosme anarcho-coco-libertaire strasbourgeois sont en pleine ébullition. Les textes de dénonciation des uns se suivent et répondent aux réponses et justifications des autres. Une partie de ping pong s’est engagée en même temps qu’une chasse aux sorcières sous couvert de péremptoires alertes antifascistes. Enfin Strasbourg est à l’image des autres villes, elle à désormais (enfin !) ses conspirationnistes. Le blog Activeast, qui fait le relais de bon nombre de théories hallucinées est désormais dans l’œil du cyclone. Petit décryptage pour néophyte.
A y regarder de loin, comme ça en passant, nous pourrions penser que le conspirationniste est comme le paysans du moyen âge terrifié par un phénomène céleste, une victime de son ignorance. Mais le conspirationniste, celui qui propage ses idées, qui théorise des histoires de complots à des fins de propagandes idéologiques, celui là n’est victime de rien, il est juste coupable de ses mensonges. Il est donc nécessaire de distinguer ceux et celles qui - par excès de naïveté, de crédulité ou par manque de leviers intellectuels - se laissent tenter par une vision conspiratrice qui permet de penser et comprendre les grands problèmes de ce monde de ceux -souvent animés d’arrières pensées- qui les manipulent. Les premiers, comme tétanisé par l’impuissance face aux évènements, sont les victimes de ceux et celles qui modélisent leurs peurs dans la conviction d’un complot.
Dans ces temps d’incertitudes, l’histoire récente peu s’expliquer par une multitude de complots dont les explications s’auto alimentent et où chaque contre arguments devient la preuve même du complot : l’histoire n’est elle pas écrite et racontée par les vainqueurs ? C’est une rengaine connue, une supercherie éculée dont le système, mécanique, est bien rodé ; d’où la difficulté à lutter contre. La théorie du complot est comme l’un de ses instruments préféré, elle est aussi insaisissable et inextricable que la rumeur. Mais voilà qu’apparaît le blog l’Alsace Libertaire (1) qui reproduit un maladroit « vigilance contre l’extrême droite à Strasbourg » dont le contenu, assez approximatif, met en garde contre une semaine nationale d’information et de projection afin de surfer sur les théories fumeuses du 11 septembre organisée par des groupes appartenant à une recomposition de l’extrême droite identitaire.

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"activiste de clavier"*


La guerre des boutons… de clavier d’ordinateur
Heureusement, cet appel à la vigilance, mal formulé et mal renseigné sera suivi d’une séries d’articles finalement plus creusés, disponibles sous forme de brochures et apportant des éléments d’explications chronologique quant aux idées propagées par le blog Activeast. (2) Inutile de revenir sur ces différents textes, partie de ping-pong inégale, les plus courageux/euses iront passer quelques heures sur le net afin de se faire une idée. Ainsi, face à l’organisation d’une semaine de débats, conférences, projections complotistes, les anarcho-coco-libertaires d’Alsace Libertaire appelèrent à empêcher le bon déroulé du programme. Pour le coup, la quasi totalité des micro-évènements ont été annulé sans qu’une seule baffe ne soit –même symboliquement- distribuée. Aujourd’hui, fatalité des temps modernes, l’activisme est plus efficace dernière un clavier… que devant un SO. Il y a donc bien un fossé entre l’intention et l’action. Nous aurions pu attendre d’Alsace Libertaire, après tant d’explications tranchées sur l’impossibilité d’être un idiot utile du conspirationnisme, après tant d’effort pour nous persuader que tout, chez ces gens là, dégouline du fascisme, après nous avoir exposé -avec force appui de textes tirés d’internet- que la seule véritable attitude antifasciste est la lutte radicale et l’incompromission, nous aurions pu attendre un peu plus de sport de leur part.
Mais voilà, entre internet et le monde réel, il y a la vie, la vraie. Donc, il n’y a pas eu de descente musclée pour déloger les fascistes conspirationnistes et entretenir avec eux un rapport de force en faveur du prolétariat triomphant, à peine une menace de bloquer la projection d’un film au squatt Mimir. Nos fameux fascistes conspirationnistes Strasbourgeois, pas vraiment adeptes de la triplex ou de la télescopique, plutôt dread locks punk à chiens qu’extrême droite identitaire n’ont d’ailleurs pas cherchés à contrer la lumineuse offensive anti-conspirationniste. Toute cette guerre idéologique n’est que virtuelle, elle se construit de PDF et de blog, parfois trois affiches intimistes sont collées, le plus discrètement possible, à l’ombre de nuit...à l’heure où les comploteurs complotent…

Quand l’ultra gauche locale s’ennuie, elle nous emmerde…
Il existe un autre lieu virtuel de lutte à Strasbourg, la liste « Résistance ». Début octobre, une discussion/prise de tête est lancée par V., un militant de l’Organisation Communiste Libertaire (OCL). Ce dernier explique qu’en temps normal, l’antifascisme le gonfle mais que le jeudi 27 octobre 2011, un groupe « faf/complotiste » nommé Activeast va organiser, via une association intitulée « Si c’était ma terre », proche d’un groupuscule identitaire nommé « la dissidence » une soirée à Molodoï et que là, vraiment, sont antifascisme se réveil. Le militant demande alors pourquoi « ce silence à Strasbourg de certain(e) camarades pour ce groupuscules de « fafs/conplotistes ».
Mais de qui parle-t-on ? Découvrons ensemble le merveilleux monde des micro-sectes politiques. Activeast, est un blog tenu par un seul gars. Ce n’est même pas un groupuscule. Nous l’avons déjà croisé lors de nombreuses luttes, en Alsace ou ailleurs notamment lors des manifs contre les violences policières en avril 2006, dans les cortèges anti CPE la même année, plus récemment lors du mouvement des retraites ou lors du contre sommet anti-Otan. Depuis de nombreuses années, l’animateur du blog Activeast milite, instinctivement, contre les rapports de dominations, l’ultra-libéralisme, le capitalisme…Et puis, au file de ses rencontres ou de ses non-rencontres, le voilà perdu et embrouillé : il devient le relais d’idées puantes, piégé par le discours appétissant des conspirationnistes et d’une frange marginale de l’extrême droite. Pourtant, il se défend d’être nationaliste, fasciste, raciste, antisémite. Il devient ce que l’on nomme entre nous un « rouge-brun ». Si l’OCL strasbourgeoise s’intéressait un peu plus souvent aux extrêmes droites, plutôt que de construire d’hypothétiques priorités militantes, elle aurait menée sa petite enquête et connaîtrait un peu mieux les stratégies et enjeux de la nébuleuse d’extrême droite et verrait un peu plus loin que le bout de son tout petit nez. Tout n’est pas compréhensible en scrutant uniquement la lorgnette étroite d’internet, il faut aussi aller à la rencontre des Autres. Bref, le fameux groupe n’est qu’un homme. Certes, il a quelques copains et copines, mais rien d’organisé politiquement. Vous pouvez respirer, la menace fasciste n’est pas bien épaisse…Mais il est bon, lorsque l’on s’emmerde, que l’ennui frappe à la porte, de créer de l’esbroufe et, dans ces moments là,  rien ne vaut de brandir l’épouvantail de l’extrême droite pour faire parler de soi. Surtout quand on est trois pelés au sein d’une organisation politique fantomatique localement.

Hippies de maïs contre fâcheux volontaires.

Les amis de mes amis sont mes amis et les ennemis de mes amis, sont les amis des ennemis de mes amis….Ohhh, conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeastfoutez nous la paix ! Ainsi, pour avancer masquer et diluer ses idées d’une frange de l’extrême droite (nous ne parlerons pas de fascisme pour ne pas dévoyer le terme), l’animateur d’Activeast aurait eu l’idée de noyauter à lui tout seul l’association Si c’était ma terre. Là aussi, un blog existe, qui nous apprend que l’association est Articulée autour de membres de Maison Mimir et du C.I.A, cette future association aura vocation à cultiver et élever toutes sortes de compagnons vivants. (Présentation de l’asso « Si c’était ma Terre » en cours !). Les choses se compliquent, un vrai jeu de gigogne où les associations se croisent, s’emmêlent mais où finalement nous retrouvons toujours les mêmes personnes. Ainsi, les anarco-coco-libertaires de la liste Résistance ont longuement échangés pour savoir si le fait que l’animateur du blog Activeast fasse parti de l’association Si c’était ma terre faisait de cette dernière…une association fasciste….Du grand art.
L’association Si c’était ma terre, aux idées décroissantes, de réappropriation des terres pour y développer des alternatives, n’est certes pas une association factieuse ni même fasciste. Cependant, elle s’encombre d’un membre qui s’enfonce et s’empêtre dans une dérive extrême droitière. Elle ferait bien de s’en dégager et de virer de son flyer toute référence au site contreversé d’Activeast pour clarifier les choses. Cependant, il semble que l’association, dont bon nombre des membres sont aussi du squatt Mimir, veuille rester dans une sorte de neutralité distante face à cette micro tornade locale.  Et pour cause, peut être ont-t-ils du mal à comprendre les enjeux face à autant d’excitation de la part de nos nouveaux croisés de l’antifascisme. N’ont-ils pas déjà eu des menaces lors de la projection programmée de septembre ? Le mois de septembre est habituellement le mois où l’on parle des conspirationnistes (c’est aussi le mois des marroniers…) puisque ceux-ci n’existent souvent qu’autour des thèses négationnistes du 11 septembre. L’OCL et la liste Résistance sont à la page pour ne pas dire à la mode. Il y eu, ces derniers temps, quelques articles sur la récente stratégie de quelques militantE d’extrême droite du courant Identitaire consistant à reproduire l’expérience gauchiste du retour à la terre afin de « recoloniser » en douceur les campagnes et de s’y implanter culturellement, socialement, physiquement jusqu’à créer de véritables villages avec ses écoles, ses élues etc. Dès lors, certain néo-antifascistes ont perçu dans l’association si c’était ma terre, les prémices d’une structure d’extrême droite identitaire. Décidemment, les conspirationnistes font des émules !
 
Molodoï un centre de convergence conspirationniste allié aux fascistes de l’association CASAS !
conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeastAujourd’hui, l’OCL et quelques grandes gueules de clavier de la liste Résistance menacent non seulement l’animateur d’Activeast mais aussi tous ceux et celles qui aideraient, volontairement ou pas, Activeast à propager ses idées. Les tentatives de raisonnement d’un des animateurs de la liste ne réussi même pas à faire réfléchir un tant soit peu les quelques excités : «  on va pas ce prendre la tête , les fachos hors de nos vies sinon on vous defonce la gueule c assez claire ainsi je me tiens a disposition si qlq veut me faire croire qu' il faut debatttre avec les fachos pour lui mettre ma main ds la gueule » ainsi donc, tremblez, Mimir, Si c’était ma terre, Legal Team, Molodoï et autres gens qui avaient, à un moment ou à un autre, eu affaire à l’animateur d’Activeast…vous êtes prévenus : « on va arrêter les conneries. et de tourner en rond au milieu du vide pendant que l'ennemi avance.à ceux qui pigent pas, tant pis pour leur gueule, et comme dit on est à disposition. ».
En novembre, l’association Patchakamak, bien connue des habituéEs de Molodoï, organise avec l’association Si c’était ma terre et CASAS (collectif pour l’accueil des solliciteurs d’asiles de Strasbourg) un festival des « résistances »…déjà les menaces fusent, dans un paroxysme de bêtise : perturber le festival de soutien à une association d’aide aux demandeurs d’asiles…pour montrer son antifascisme radicale. La classe. Pas de scrupule, le tribunal stalinien de l’OCL et consort à décrété que tous ceux et celles qui fricottaient de près ou de loin avec Activeast étaient coupable de relayer des idées fascistes. CASAS va apprécier !
C’est pourquoi, lors de l’Assemblée Générale du 5 octobre, les deux membres de l’OCL locale sont venus informer/menacer Molodoï afin que la soirée du 27 soit annulée, le tout sur un ton sarcastique et légèrement hautain. Il nous semble intéressant de reproduire le texte ultime posté sur la liste Résistance et émanant de l’OCL Strasbourg. Nous le faisons avec d’autant moins de scrupule que cette liste est ouverte à toutes et tous et que, cette tempête dans un verre d’eau que l’OCL à créée de toute pièce ayant déjà fait beaucoup de bruit dans le club très fermé de l’ultra gauche locale, les retranscriptions des discussions circulent déjà largement dans les mieux intéressés. Evidemment, nous gardons le texte en entier, c’est plus long mais plus drôle.

« Je précise ma pensée: pour moi inviter les gens du "Molodoï", du "Mimir" et de "Si c'était ma terre" à discuter entre eux, c'est simplement leurs faire comprendre qu'ils faut qu'ils prennent eux-mêmes la décision d'annuler les soirées, de virer le zigoto d'Activeast et ses potes identitaires de le Dissidence française, voir de pondre un texte avec une position politique très claire...
C'est pas un choix, c'est juste un conseil avant les problèmes. Si les gens pensent que les choses vont se tasser, ils se trompent. Il ne s'agissait pas pour moi de dire qu'il faut attendre le 27 octobre et faire une action bidon à la soirée. Il est hors de question de tomber dans l'urgence.
La situation doit être réglée par les personnes concernées avant le 27 octobre, sinon là oui la violence sera posée comme solution.
Si certain(e)s ont dans l'idée de faire venir des vigiles, des copain(e)s ou des flics pour permettre la soirée du 27 octobre, alors c'est une très mauvaise idée. Je pense que la violence des hommes et des femmes peut vite monter et devenir très vite incontrôlable avant ou après la soirée...C'est aussi le risque pour ces lieux "alternatifs" de disparaitre.
Si les gens sont obligés de passer par la force pour être protégés des identitaires, peut-être cela est-il devenu un "mal nécessaire" à la survie du mouvement social que ces lieux disparaissent?
Enfin, vu la campagne de presse des associations, des journaleux, des organisations antifa et d'extrême gauche qui risque de se pointer très vite à l'horizon, je pense que les gens qui organisent les soirées n'ont pas saisi le problème dans son ensemble, ou alors ils veulent saboter la vie des lieux alternatifs.
En juin dernier, les gens de Riposte Laïc et du Bloc Identitaire ont été très sensés. Ils ont évité la confrontation directe à Strasbourg (le communiqué de presse de ces crétins est très explicite sur les raisons de l'annulation de la "visite" au FEC).
Aux organisateurs de la soirée du 27 octobre et des suivantes de prendre la bonne décision collective! »

conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeast

"L'Office Cultuel Lymphatique se gonfle à l'antifascisme radical"*


Postures et impostures
Ainsi, le microscopique groupuscule OCL Strasbourg nous fait une leçon d’antifascisme radical, malgré le côté gonflant du truc. Il est certain qu’ils ont trouvé cela gonflant, l’antifascisme radical, car nous n’avons pas souvenir -ces 10 dernières années- de les avoir vu dans aucune action antifasciste radicale, ni içi, ni ailleurs ! Bien entendu, mieux vaut tard que jamais nous dit la sagesse populaire mais alors, qu’ils le fassent avec un peu de mesure et de modestie. D’ailleurs, ces fameux néo-antifascistes ne sont ils pas les mêmes qui, il y a quelques années, au nom de l’anticolonialisme, acceptaient et justifiaient de manifester localement avec les antisémites du Parti des Musulmans de France ? Si bien sûr, alors un peu d’humilité messieurs…
Ceux qui accusent Activeast, semble confondre antifascisme et conspirationnisme car, disons le clairement, l’OCL Strasbourg est devenue leader en matière de rumeurs, d’accusations, de forfaitures. Mais inutile de le faire remarquer car immédiatement, lorsque ces quelques boulets militants se sentent vaciller, ils dénoncent les fameux « procès d’intention », « accusations personnelles » et l’inimitable « procès politique » contre eux. Ainsi, comme pour les conspirationnistes, il devient difficile de rétablir la vérité, d’avoir des raisonnements puisque au final, les victimes ceux sont eux !
La lutte antifasciste n’est pas gonflante. Elle nécessite de l’intelligence, de la volonté, de la ténacité. Ce n’est pas une simple posture. Et lorsque l’OCL locale fait dans l’antifascisme, elle se fait le chantre du conspirationnisme et tombe dans le panneau de la stratégie d’extrême droite…autant dire à quel point ils n’ont rien compris à ceux qu’ils veulent combattre !
En créant cette prétendue « alerte antifasciste », en créant une agitation soutenue autour d’un blog jusqu’alors totalement confidentiel, en désignant des coupables au regard de critères parfois aussi grotesques que les théories sur les bonhommes verts, l’OCL à tout simplement multiplié l’intérêt autour de ce site conspirationniste. C’est exactement ce que recherche les gens de cette frange de l’extrême droite, et notamment ceux que l’OCL dénonce faussement comme des Identitaires, les fameux dissidents. Pour le coup, nous pouvons parler de micro-groupuscule dont l’existence ne se fait que grâce à la multiplication de blogs et de pseudo relais locaux intitulés des Brigades de la dissidence dans laquelle il est possible de devenir volontaire. En donnant une dimension disproportionnée à quelques illuminés, l’OCL a fait le boulot de l’extrême droite. La radicalité se trouve parfois dans l’intelligence, pas toujours dans les appels à l’action directe à laquelle, ironie du sort, vous ne participez même pas ! Mettons cela sur le compte de votre inexpérience en matière de lutte antifasciste.
Ainsi, en appelant à hurler avec les loups, tellement fort, en faisant tellement de bruit autour d’un truc aussi riquiqui, les OCLiens et quelques anarco-radico-totos ont réussi à faire que Egalité et Réconciliation de Soral s’intéresse à Activeast et lui apporte son soutien. L’extrême droite n’a plus besoin de se casser la tête (pour reprendre un vieux slogan du GUD), l’ultra gauche organise le lien entre elle.
Mais, avant de menacer de représailles violentes les personnes concernées par le 27 octobre, l’OCL et l’infatigable V., campant sur des positions plus troubles encore : les voilà extrêmement soucieux de l’image et de l’avenir de Molodoï « Il conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeastserait bête que ces lieux alternatifs apparaissent dans la presse officielle (et autres) comme des lieux où l'extrême-droite peut venir sans risque. Les journalistes sont des petits malins qui aiment les raccourcis simples et ne comprennent pas du tout les nuances des militants... ». Allons, allons, il faut cesser de prendre les gens pour des couillons, et même les journalistes des DNA. Tiens, d’ailleurs, comment seraient ils au courant ces journalistes ? A moins que…Non…n’allons pas imaginer qu’un dossier de presse atterrisse sur leurs bureaux, un dossier de presse réalisé et envoyé par l’ultra gauche pour dénoncer le fascisme… Théorie délirante puisque l’ultra gauche anarco-coco-toto-libertaire déteste les médias à la botte du capitalisme, elle ne va pas collaborer avec elle. Par contre, il existe une presse alternative, plus confidentielle mais intéressante. L’OCL dispose de son organe de propagande, le mensuel Courant Alternatif. Et nous ne serions pas surpris de voir un article de la vaillante cellule de veille antifasciste strasbourgeoise dans le prochain Courant Alternatif pour dénoncer les collusions entre Molodoï, les fascistes et les conspirationnistes comme en avril 2009 lorsque l’OCL locale, très remonté de n’avoir rien réussi de probant pendant le contre sommet de l’Otan, écrira un article assassin et venimeux de cinq pages contre tous ceux et celles qui avaient construit un petit quelque chose. Et en premier lieu, le Réseau No Pasaran accusé d’avoir fait de Molodoï un centre de convergence boutiquier. Il existe de vieille rancoeurs à l’OCL qui, il faut le dire, a déjà tenté de faire un « putsch » à Molodoï, il y a quelques années, pour redonner le pouvoir au peuple de l’assemblée générale. Le poupoutch (pour reprendre la phraséologie d’un célèbre personnage) échoua…la rancoeurs, elle, resta.

C’est suis qui dit qui y est !
Ainsi, ces derniers temps, ré-apparaissent ceux/celle que l’on qualifie de conspirationnistes. L’immense bouleversement politique et émotionnel du 11 septembre 2001 (3) A redonné du souffle aux conspis de tout poils. Car évidemment -les choses seraient trop simples- derrière ce terme se cache foultitude de tendances, partis, groupuscules, sectes – et l’extrême droite n’en a pas le monopole-  adeptes d’autant de théories fumeuses pour le moins intrigantes, parfois contradictoires, mais dont les pierres de voûtes sont finalement toujours, le secret et la peur. (4)
La peur est motrice de conspirationnisme. Déjà les Juifs et la peste, l’impuissance et les sorcières, les famines et les turcos, les hérétiques et la fin du monde, puis les francs maçons, les féministes, l’internationale bolchévique, les jésuites, JFK, la mafia et la CIA, Roswell et les petits bonhommes verts, le millénarisme…du plus risible au plus terrible. Il faut relire Jean Delumeau et ses écrits sur la peur en Occident ou les malheurs des temps pour finalement re-situer les conspirationnistes à leur juste niveau : des oiseaux de mauvaises augures qui veulent réécrire l’Histoire en omettant que l’historien se doit d’être désintéressé. 
A la lumière du fameux  Le protocole des sages de Sion il faut éclairer les dérives conspirationnistes. Si aujourd’hui ce ne sont pas de faux livres qui circulent (encore que…) pour propager le trouble mais des clips vidéo et de véritables films, la stratégie est la même. L’idée est identique, à travers les siècles la recette fonctionne : le malheur du temps est le fait d’un complot ourdis par un réseau de personnes puissantes qui œuvres contre nous en secret.
Le conspirationnisme est la nouvelle religion moderne : il explique l’inexplicable par le truchement de faits mystérieux dont on doit l’origine à des forces secrètes. Hier, le paysan expliquait les intempéries par les colères divines, cette force supérieure indiscutable aujourd’hui, le conspirationniste explique les évènements (guerres, accidents, attentats, maladies, pollutions bref, tout ce qui ne relève plus de l’action exclusive de la nature) par l’existence supposée d’une force supérieure, indiscutablement organisée.
Le concept est génial : impossible de contredire un conspirationniste sinon c’est faire la preuve de la réalité du complot. L’Inquisition ne s’y prenait pas autrement pour prouver l’existence de sorcières : plongez l’accusée dans le fleuve, pieds et poings liés…si elle flotte à la surface, s’est une sorcière ! Ouf, la voilà noyée mais exempte de sorcellerie…

L’ovni tender, love me true
L’obsession de la recherche de la Vérité contre la version officielle. Voilà ce qui motive le conspirationniste de base. Presque un gars sympa, vous savez le type enfermé dans son appartement avec ses piles de documents découpés dans des fanzines spéciaux, ses dossiers de coupures de journaux relatant des trucs pas normaux, ce mec qui reste des heures devant les trois écrans de ses ordinateurs, allumés 24/24 et qui donne parfois des infos aux agents Mulder et Scully en échange d’une part de pizza froide mais, avant tout, pour qu’enfin la Vérité triomphe. Ouaih, tant que les obsessions du geek se limitent à savoir si les petits bonhommes sont verts ou en mousse, c’est pathétique mais pas dangereux.  Mais quand il en vient à expliquer que le Sida est une maladie volontairement diffusée par des laboratoires pharmaceutiques pour faire gonfler leur chiffre d’affaire ou que les attentats du 11 septembre sont une grosse manipulation de la Cia pour créer un sentiment islamophobe et favoriser une guerre de civilisation, le tout piloté (pas les avions, le complot) par des Juifs…là, ça craint sévère, ça fouette le vomi de l’histoire.
Découvrons ensemble un de ces gars -pas vraiment méchant- mais qui, non contant de fricotter avec l’extrême droite, se trémousse avec les lémuriens de l’espace.
7 Septembre 2010, Jacques Cordonnier, président d’Alsace d’Abord (5) dépose plainte pour discrimination contre la chaîne de restauration Kick qui décide de faire passer 22 de ses restaurants, dont deux dans le Bas-Rhin, en restaurant uniquement Halal. Aucune démarche similaire à l’encontre de restaurants ou magasins cacher. Le pourfendeur de l’Islam, se dit prêt, en cas de classement sans suite, à saisir le doyen des juges et à se porter parti civil. Mais sa démarche acharnée contre l’Islam déplaît à certains de ses amis comme notamment Roland Vernizeau membre du conseil d’administration du parti.
Vrai régionaliste, il espérait sans doute qu’au départ de « l’extrémiste Spieler », Alsace d’Abord se recentre réellement sur la question régionaliste. Roland Vernizeau, est d’ailleurs un centriste de la plus pure tradition alsacienne comme en témoigne son blog. Le colmarien est également responsable d’Alsace d’Abord centre. Au centre donc, mais un peu décalé tout de même…Vernizeau, Alias Hervé Laurent est aussi écrivain et conférencier. Il intervient régulièrement à la Bibliothèque Pythagore de Strasbourg, gérée par une illuminée association Philosophique et Humanitaire, où se croisent des nonnes bouddhistes qui apprennent à  savoir prendre du recule, des expertes en communication télépathique avec les animaux, des Medium spirituel, éducateurs de santé, praticiens Reiki, médecins homéopathes et acupuncteurs, des Litho thérapeutes, astrologues, guérisseuses spirituelle…pour des sujet aussi passionnants que Effet Kirlian ou photographie de l’aura du corps aux extrémiés, mes atouts et mes défis grâce au jeu des douze forces vibratoires « R », le chemin Michaëlique : de la connaissance de l’esprit au courage d’agir, ou encore vivre « l’instant juste » et accomplir sa mission sur terre.
conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeastMais Roland Vernizeau, homme des bas-fonds chez les Gaulois, intervient sur des sujets plus…sensés comme pour sa conférence prévue le 15 janvier 2011 : La noosphère ou la pluralité des mondes à travers les grilles de lecture spirite et teilhardienne. Du lourd, rien que du lourd. Mais cette conférence, Roland Vernizeau l’a déjà donnée en octobre dernier pour la clôture du congrès international d’Ufologie à Strasbourg. D’après le programme, « Sa participation au Congrès ufologique de Strasbourg vise à resituer le phénomène ovni dans la grille de lecture des mythes et des religions. Selon lui le phénomène Ovni a toujours existé et est à l’origine des grands mythes fondateurs de civilisations et de religions par les interprétations qui en ont  été données. En réalité le phénomène Ovni  exprime la puissance des esprits à l’œuvre dans tous les univers qui sont eux-mêmes en évolution vers cette perfection infini e que l’on appelle Dieu faute de mieux, et qui contient à la fois l’origine et le terme de la Vie. Selon Hervé Laurent La grande erreur de Darwin a été de limiter la vie à l’évolution du biologique, et celle de Teilhard de Chardin de tenter en vain de réduire la noosphère  (ou sphère  de l’Esprit) aux étroites limites du dogme chrétien ». Wouahwww…
Celui qui est présenté comme « chercheur et écrivain » sur le programme du congrès à plus d’une conférence dans son sac. Pas bégueule, il les propose gratuitement : Les mystères templier d’hier et d’aujourd’hui  (titre d’un de ses livres aux éditions Bentzinger), Puissance créatrice et grands initié, Esotérisme, sectes et religions. Plus en phase avec les préoccupations politiques de ses (ex ?) amis d’extrêmes droites, Le fond celtique de l’identité française. Enfin, dans le registre des grandes peurs, Les 7 sceaux de l’apocalypse ou les bouleversements programmés du 21eme siècle.
Roland Vernizeau, alias Le vieux templier sur internet a donc beaucoup de choses à raconter à ses contemporains. Il raconte mais il écrit aussi. Dans sa jeunesse, il commence par de la traduction au service de la recherche  ufologique. D’Angleterre, d’Espagne ou d’Allemagne, il traduit des témoignages d’observations ufologiques recueillis dans les années 70 par la SVEPS (Société Varoise d’Etude des Phénomènes Spatiaux). On lui doit également Paroles d’initié aux éditions Dualpha et son dernier livre l’enfant du Mammouth. Pas un délire néandertalien, un manuel de survie à l’éducation nationale que ce professeur d’anglais à la retraite à écrit en 2008. Professeur, chercheur, écrivain, conférencier, membre du conseil d’administration d’Alsace d’Abord, randonneur du Club vosgien, bloggeur, régionaliste, président de SAAM68 (société des amis des aveugles et malvoyants), animateur de radio…voilà un homme éclectique et pour le moins œcuménique comme lorsqu’il souhaite un joyeux noël 2009: Il suffit de lever les yeux vers le  ciel pour comprendre que l’insignifiance humaine ne peut rien contre l’ordre merveilleux de l’univers. C’est Noël mes amis, un Noël pour tous les croyants. Allah Akbar ! Dieu est le plus grand et il ne nous laisse pas tomber. A nous de comprendre et de respecter ses lois pour retrouver confiance en la vie et en l’avenir des humains.

Conspirationniste et pirate, les copains de Spieler se recyclent.
En janvier 2010, Robert Spieler lance avec son ami Roland Hélie, la maison d’édition Semis Diffusion (6). Pour faire tourner la boutique et vendre son répertoire, Spieler recycle ses vieux amis d’Alsace d’Abord pour des conférences. Ainsi, en septembre 2010, un vieux compagnon de Spieler, Jacques Kotoujanski,  intervient pour une conférence.
Cet ancien du Mouvement Pour la France (MPF) de De Villiers-Pasqua qu’il quitte en 2007 après onze années de bons et loyaux services, était présent sur la liste  « servir Strasbourg » lors des élections municipales de mars 2000 au côté de Robert Spieler et de Anne Kling tous deux dirigeants du Mouvement Régionaliste d’Alsace (MRA). Un souverainiste chez les régionalistes bruns?! L’homme, qui se veut toujours droit dans ses bottes, n’est pas à une contradiction près. Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas entendu parler de ce monsieur dans les sphères d’extrêmes droites, et pour cause, cet ancien chef de service d’hôpital, looser en politique, est devenu entre temps et de son propre aveu,  LE spécialiste français du 11 septembre… Voilà qui explique la présence de ce conseiller national (Alsace) de Debout La République du bouillonnant Nicolas Dupont-Aignant dans les locaux de Serges Ayoub, alias Batskin pour une conférence intitulée « 11/09/2001, attentat islamique ou terrorisme d’état » devant une petite vingtaine de participants.conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeast
Ce médecin gynécologue, farouche défenseur de la famille traditionnelle, et donc, fervent opposant à l’avortement, s’est fait un virulent allié des thèses conspirationnistes liées au 11 septembre comme en témoigne sa pathétique « lettre ouverte à Phillipe de Villiers et aux responsables départementaux du MPF sur Libertas » de mars 2009. Dans cette longue missive, après avoir évoqué son engagement auprès de FdV, mis en garde contre les dérives politiques du chef du MPF, Kotoujanski part dans un long délire anti états-uniens dont voiçi un court extrait :
En janvier 2009, Kotoujanski intervient sur invitation de Terre et Peuple dans la salle de l’Association Immobilière de l’Ecole Militaire à Paris. Les paganistes de Terre et Peuple savaient ils qu’en louant cette salle, ils finançaient l’action du Bon Conseil ? L’œuvre du Bon Conseil, fondée en 1894 par l’abbé Louis Esquerré, « développe les intuitions éducatives de son fondateur dans une perspective authentiquement chrétienne »…
Déjà en 2008, le diplômé de l’Institut d’Etudes Politique de Strasbourg avait envoyé à près de 3000 exemplaires une longue lettre aux cadres politiques, sociaux et culturels de France expliquant en quoi les attentats du 11 septembre étaient une manipulation.
L’accoucheur de complot n’est pas le seul vieux pote de Spieler à proposer des conférences. En décembre, c’est Alain Voelkel, général en retraite, devenu pour conspi,strasbourg,ocl,molodoï,activeastl’occasion spécialiste du droit maritime, qui intervient. Il faut dire que cet ancien contrôleur général des armées (2eme section) commandeur de la légion d’honneur, de l’ordre national du mérite, de la croix du combattant est aussi officier du mérite maritime. Voilà qui autorise à parler de piraterie ! Encore présent sur la liste d’Alsace d’Abord aux régionales de 2010, membre du comité directeur du parti, le vieux forban n’en est pas à son coup d’essai. Déjà, en juin 2000, Voelckel est suppléant sur la liste Alsace debout, contre l’insécurité et l’immigration soutenue par le MNR et montée par Spieler. Si Kotoujanski est le spécialiste des complots, Voelckel est évidemment le spécialiste des questions militaires. Il était déjà intervenu en mai 2009, dans un restaurant strasbourgeois, en compagnie de Jacques Cordonnier et de Fabrice Robert président du Bloc Identitaire, pour parler de l’Otan, quelques semaines après le contre sommet. Malgré la tête d’affiche et le vent anti-otan qui soufflait sur la capitale Alsacienne, une petite vingtaine seulement de sympathisantEs et adhérentEs avaient fait le déplacement. Un bide. Le vieux général a-t-il définitivement choisi son camp ou continuera t il à passer de la tranchée Alsace d’Abord au bunker NDP ?

(1)nous nous étions félicité de sa création dans un article intitulé Les libertaires dans le mouvement No Pasaran n°83 janvier 2011.
(2)Critique et positionnement, partie I : à propos de la tolérance vis-à-vis d’Activeast et des thèses conspirationnistes, partie II : Activeast, relais exhaustif de la fachosphère et enfin, partie II 2 : quelques éléments à propos de l’idéologie d’Activeast.
(3)vous noterez qu’il n’ai même plus nécessaire de parler « des attentats » pour que tout le monde comprennent à quoi renvoie la date du 11 septembre 2001. Il en est de même pour 1515 ou 1789…des dates clefs dans l’inconscient collectif hexagonal mais il existe peu de dates mondialement connues (1939-45, 1492…)
(4)Courrez acheter, voler, emprunter, l’excellent ouvrage collectif La galaxie Dieudonné, pour en finir avec les impostures chez Sylepse c’est plus sympa qu’un site internet.
(5)Alsace d’Abord, parti régionaliste sauce brune longtemps piloté par Robert Spieler avant que ce dernier ne crée le NDP néonazi et qu’Alsace d’Abord finisse dans les jupons des zids.
(6)En janvier 2010, Spieler est sans mandat électoral, haïe par pas mal de monde, errant de région en région, de réunions en colloques, de bars en restaurants. Heureusement, avec son ami de toujours, Roland Hélie, ils imaginent entrer un peu de caillasse en créant la maison d’édition Semis Diffusion qui est hébergée par la librairie Primatice à Paris. Pour la création de support Dvd et Cd, pas besoin de se casser la tête, il suffit de filmer les conférences des copains organisées par Synthèse Nationale comme avec La désinformation autour de l'immigration, conférence de Arnaud Raffard de Brienne ou d’interviewer les potes comme Pierre Sidos  (une vie au service de la France) et Pierre Vial (un chemin de fidélité). Outre des films de propagande Images du fascisme, histoire de la République sociale italienne (1943 - 1945) réalisé par Laurent Bérrafato et Le Triomphe de la volonté, réalisé par Leni Riefenstahl à l'occasion du congrès du NSDAP à Nuremberg en 1934, il est possible de s’éclater entre amis en écoutant les Chants de la Hitlerjungend, les Marches et refrains de l'armée française, les Chants des paras et se faire des blagues sur les refrains des hymnes de l'Internationale communiste à travers le monde.
octobre 2011

*[illustrations et photos ne faisant pas partie de l'articel original]


Complément d'info *

La réalité dépasse maintenant le cadre du microcosme alternatif Strasbourgeois... on peut lire depuis quelques jours :

Un expert en OVNI, Matthews Rupert , va être nommé au Parlement Européen de Strasbourg.

Comment se faisse ?

Le 12 octobre dernier, l’eurodéputé conservateur Roger Helmer  a fait savoir qu'il allait démissionner de son poste pour la fin de l’année car déçu du Parti Conservateur britannique qu'il juge trop mou.

http://cdn.politicalscrapbook.net/wp-content/uploads/2011/10/roger_helmer.jpg?cda6c1

Qui est donc ce Monsieur ? C'est lui qui avait  twitté « Mémo pour COBRA. Il est temps d’être ferme. Mobilisez l’armée. Tirez à vue sur les pilleurs et les incendiaires » au premier ministre David Cameron lors d'un conseil de sécurité intérieure pendant les émeutes d'août à Londres.... Cette info avait été relayée [avec une faute dans le nom : HEMER à la place de HELMER] par les sites FN, Novopress, etc...  avec un laconique "Il est peu probable que le message du député soit entendu." suivit de commentaires motivés [tu t'en doutes !!!] appellant à "frapper fort" et autre mesures sociales pronnées par les amateurs de solstice et consorts...


S'en est suivit une crise au sein du Parti qui a été amené à prendre des mesures radicales :

Le parti conservateur britannique un peu tendu

Le parti conservateur britannique un peu tendu

"Pour ménager ses forces vives, le Parti conservateur britannique a organisé des séances de massages en marge de la conférence annuelle du parti à Manchester. REUTERS/Suzanne Plunkett" - 3 octobre 2011


Roger, homme d'action et de conviction, dépité par le flegme conservateur et l'ambiance rose bonbons des salons de massage Tai Chi, va donc être remplaçé par un personnage décrit comme "original et peu académique": Matthews Rupert .


http://3.bp.blogspot.com/--zp6OHxfyEg/TqGo0DXY2yI/AAAAAAAAAxg/PLWVJfzwCnM/s1600/Rupert_Matthews.png

Matthews examine un casque de Centurion de la légion romaine

Via un article très critique de l'agence de presse alternative "Activité paranormale", on apprend que Matthews a déjà pondu plus de " 200 ouvrages sur des sujets aussi variés que l’histoire, les fantômes, la cryptozoologie, les OVNI, … . En plus de cela et en tant que directeur de publication, il a publié plusieurs livres d’auteurs tels que ceux de M. Helmer ". Ben ouais, entre amis "originaux et peu académique"... et que " Matthews est également professeur puisqu’il donne des cours en ligne sur le paranormal à l’Université Internationale de Métaphysique. Il organise également de nombreuses conférences sur ce sujet ".

Après quelques recherches, on le site de cette fameuse UIM : http://intermetu.com/

Tu pourras facilement te faire une idée sur le contenu ...

Comme disait déjà le philosphe conservateur Ernest Renan :"L'élection encourage le charlatanisme"...


  http://www.bretwaldabooks.com/media_dir/Rupert%20Matthews%20&%20Roger%20Helmer%202.jpg

Nos deux originaux et peu académique Matthews et Roger


n'est pas un ajout de/des auteur/s de l'article original mais un ajout de Probe.

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21/10/2011

L'affaire Albertini : intelligence avec l'ennemi - Jean Lévy

trouvé ici : http://books.google.fr/books?id=W7s7j6bb7nUC&lpg=PA226&ots=P6nfDYK-dy&dq=Fran%C3%A7ois%20Duprat%20DST&pg=PA223#v=onepage&q=Fran%C3%A7ois%20Duprat%20DST&f=false

 

 

P223

P

 

P224

En 1983, selon Le Canard Enchaîné qui publie un document, l'IHS a reçu beaucoup de subventions d'entreprises (voir ci-contre).

 

Et l'auteur de l'article, Nicolas Brimo, insiste sur le caractère insolite de certains bienfaiteurs: la Ville de paris qui assure à l'IHS une subvention annuelle de 200 000f et, plus étrange que la générosité de jacques Chirac, celle d'une entreprise nationalisée, la SNIAS, et cela en 1983. Plus traditionnelle comme bailleur de fonds, nous retrouvons la puissante Union des industries métallurgiques et minières, éternel Père Noël des bonnes œuvres anticommunistes, et les MAS, les "magasins à succursales multiples".

 

Les bonnes fées qui se sont penchées depuis l'origine sur le berceau de la maison Albertini sont restées fidèles à sa cause et à ses activités, à la mesure du profit idéologique qu'elles récoltent.

 

Les lumières sur les ressources occultes d'officines, telles celle de Georges Albertini, et plus généralement sur les fonds secrets dispensés par le patronat en faveur des mouvements politiques, e, particulier ceux de droite et d'extrême droite, n'est pas un sujet particulièrement apprécié, ni par les généreux donateurs, ni par les heureux bénéficiaires. Les hommes de l'ombre n'aiment pas le grand jour.

 

Or un militant du Front National, le professeur d'histoire François Duprat, activiste de la contre-révolution permanente, zélateur du fascisme, fondateur d'Occident en 1964, écrit un livre sur la question. L'éditeur, Alain Moreau, doit le faire paraître au lendemain des élections législatives de 1978. Beaucoup de gens concernés par les révélations annoncées s'inquiètent. Le manuscrit prend la dimension d'une bombe. Mais c'est la voiture de l'auteur qui explose. François Duprat est tué sur le coup. Le livre ne paraîtra pas.

 

Le quotidien Libération en publie le synopsis précédé d'un chapeau que signe Eric Laudal. Après avoir rappelé que Robert Hersant était mis en cause par François Duprat, le journaliste poursuit :

 

"Il n'hésitait pas non plus à révéler le dessous du financement de certaines campages politiques par un grand mi d'Hezrsant, le financier Albertini. Albertini a financé la campagne de Giscard, l'achat de journaux par hersant et, dernièrement, l'élection aux législatives de trois brillants nouveaux élus "d'extrême droite par majorité interposée" note Minute : Gérard Longuet, Alain Madelin et Hubert Bassot, tous sont sous étiquette UDF..."

 

Des rumeurs émanant des milieux proches du parti des Forces Nouvelles laissent entendre que François Duprat était un agent de la DST. Ces "informations" sont reprises par le journal Paris-Normandie qui appartient au groupe Hersant.

 

Le manuscrit saisi par les autorités après la mort de Duprat demeure, encore aujourd'hui, introuvable. Le synopsis est donc le seul document qui dévoile certaines pistes explorées par l'auteur. Et ces pistes nous intéressent à plus d'un titre. Elles nous ramènent donc à notre sujet.

 

C'est ainsi qu'on peut lire dans le résumé du chapitre 2:

 

"Quelques aspects du financement du parti Populaire Français et da la Cagoule par certains milieux patronaux français (Worms, banque de l'Indochine, Huiles Lesieur, l'oréal, etc.).

 

Comment J. Boutemy réussi à centraliser des distributions financières du patronat sous la IVe République : l'affaire de paix et Liberté de J-P David au temps de la guerre froide..."

 

09:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/10/2011

BEIGE GT "knights of the jaguar" ... Die fetten Jahre sind vorbei...

21:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/10/2011

Grand Soir et gueule de bois

Quelques mois après l’affaire qui a opposé Le Grand Soir (LGS) à Article 11[1], on peut dire que la ligne éditoriale du site champion du copié-collé va de mal en pis. Si à l’époque, LGS avait proclamé n’afficher sur son site que moins de 1% d’articles d’auteurs douteux[2] (ce qui est déjà énorme, sans compter les nombreux cas non mentionnés par Article 11), force est de constater que ce taux a augmenté de manière exponentielle depuis, en particulier à l’aune des révolutions arabes, que LGS conspue comme étant des oeuvres de l’impérialisme occidental et qui lui ont donné l’occasion de multiplier les contributions suspectes.

Alors, à l’adresse de ceux qui continuent à le défendre, à l’adresse des associations de critique des médias qui lui envoient des droits de réponse honteux condamnant le travail de journalistes indépendants et militants sans rien connaître au sujet[3], à l’adresse de ceux qui préfacent les ouvrages de ses animateurs (n’est-ce pas Méluche[4] ?) et à l’adresse de ceux qui continuent de les inviter à la Fête de L’Huma[5], voici de nouveau un petit florilège des sources d’extrême droite et réactionnaires du Grand Soir, pour compléter la liste déjà fournie par Article 11. Bonne gueule de bois !

 

la suite sur Conspis hors de nos...

10:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/10/2011

La justice ordonne le blocage de tout CopWatch, non son filtrage

Mise à jour vendredi 14 octobre 2011, 17h16. Le tribunal a finalement décidé du blocage complet de Copwatch indique à l'instant @romiglups sur Twitter. Les arguments avancés sur l'impossibilité de filtrer individuellement les 11 URL ont pu jouer en la faveur de ce choix. On ne connait pas encore la technique à appliquer. Dans des affaires similaires, on laisse aux FAI le choix de la technologie avec pour l'obligation de résultat de blocage. Bien entendu, les éditeurs de Copwatch pourront toujours contre-attaquer la mesure en démontrant son défaut de proportionnalité, mais ils devront alors sortir du bois...  En attendant, une pluie de sites miroirs est déjà disponible.

Autre nouvelle importante, les FAI seront indemnisés pour ce blocage. Alors que ces mêmes intermédiaires techniques ne sont toujours pas remboursés des frais engagés pour les missions pénales de la Hadopi.


copwatch filtrage

Première diffusion jeudi 13 octobre
Titre initial :
Filtrage de CopWatch : quand la place Beauvau s’échine
C’est vendredi, 17h, que le juge des référés dira s’il faut ou non interdire l’accès au site Copwatch. L’assignation délivrée par le ministère de l’Intérieur a sollicité des FAI le filtrage de 11 URL du site.

copwatch filtrage blocage

Mercredi, la défense a fait valoir que cette demande n’était ni faisable ni efficace, et pas seulement pour cause de défaut de proportionnalité.

Ce contrôle de proportionnalité
avait déjà été sacralisé par la décision Hadopi 1. Le Conseil constitutionnel avait autorisé des mesures attentatoires à la liberté de communication (ou d’expression) à condition qu’elles soient « strictement nécessaires à la préservation des droits en cause ». En clair, on n'écrase pas un insecte à l'arme nucléaire. Ce filtre s’était aussi retrouvé dans les conclusions de l’avocat général de la CJUE en préparation du futur arrêt SABAM-Scarlet encadrant le filtrage.

Devant le TGI, les FAI ont aussi rappelé une autre réalité touchant cette fois à l’indépendance technologique. Pour permettre une telle granulosité dans le filtrage de ces 11 liens, il n’y avait pas foule parmi les prestataires techniques. Du Deep Packet Inspection à vaste échelle… et qui fonctionne, compte tenu de la position exprimée par l'avocat du ministre de l'Intérieur qui exige une obligation de résultat ? Seul du matériel développé et utilisé en Chine permettrait de se diriger vers un tel résultat, dans la mesure où les technologies occidentales semblent avoir démontré leurs limites lors du printemps Arabe, puisqu'elles ont grandement contribué à faire tomber Internet au niveau local…

On devine immédiatement la problématique en terme d’indépendance stratégique. « Il nous faudrait du coup une autorisation d’acquérir ce matériel de la part de Matignon » puisque les autorisations actuellement délivrées ne concernent pas ce type d'équipements. Voilà ce que ce nous assure l’un de ces FAI après l’audience, peu enthousiaste face à ces solutions issues de firmes fortement dépendantes et aux connexions établies avec le pouvoir central chinois. « L’avocat de la Place Beauvau s’est-il intéressé de savoir ce que pense le contre-espionnage sur ces technologies ? »

Si le filtrage n’est pas possible, le Parquet a fait savoir que le blocage complet de Copwatch pourrait être une voie de secours. Mais cette voie aura aussi le pénible inconvénient - pour ses partisans - de rendre la proportionnalité plus délicate. Tous les contenus sur Copwatch ne sont pas infamants ou attentatoires aux données personnelles. D'ailleurs, ces deux branches respectives du droit comprennent déjà des mesures pour traiter les éventuelles infractions.

Enfin, on ajoutera que le bureau où a été enregistré le domaine Copwatch n’a fait l’objet d’aucune convocation. Officiellement, le ministère de l’Intérieur a prétexté qu’il lui était impossible de déterminer ce bureau. « Voilà un étrange argument, s’interroge notre contact, la Place Beauvau sait pourtant mettre les moyens lorsqu’il s’agit de déterminer les contacts parmi la presse d'un membre d'un cabinet ministériel.
Rédigée par Marc Rees le vendredi 14 octobre 2011 à 17h16 (14286 lectures)
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06/10/2011

Quand la métapolitique brouille les pistes... les convergences périphériques

De CRUSE à SORAL, DU DISCOURS « BRUN-ROUGE » AU « NATIONAL-REPUBLICAIN

Cruse est un revenant que l’on espérait coincé à jamais dans les caves poussiéreuses du souverainisme. Cet ancien mao, puis militant du PCF fut longtemps journaliste à Libération ; il dut en démissionner en 1993 après avoir publié dans L’Idiot International un article titré « vers un Front National » appelant à « un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel » contre l’ultralibéralisme mondialisé illustré par « Wall Street, le sionisme international, la bourse de Francfort et les nains de Tokyo », et à « une politique autoritaire de redressement du pays », liant les problèmes « de l’immigration, du chômage et de l’insécurité urbaine » et prônant une alliance allant des communistes aux ultra-nationalistes, en passant par Chevènement et Pasqua... « On est loin, évidemment, du perfectionnement infini de la démocratie, et de mille bavardages (...) C’est un front qui se forge, et qui se forgera, qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Dans une dynamique de redressement, de dépassement, d’efforts de citoyens lucides, contre la logique de crise, de soumission, d’avilissement et d’éclatement, qui déferle sur la planète au rythme du Sida ». C’est envoyé comme du Doriot, ce communiste passé au fascisme puis à la Collaboration sur des bases similaires ! Cruse était loin à l’époque d’être seul au PCF. Le rédac’ chef de L’Idiot International, Marc Cohen, avait participé à l’écriture du texte, et Jacques Dimet, du magazine communiste Révolution soutenait les mêmes idées... Du beau monde... le PCF avait dû s’interroger alors sur les rapprochements tout à fait officiels entre la Nouvelle Droite et l’Institut de Recherches Marxistes de Francette Lazard, membre du Bureau National, et a fait discrètement le ménage... L’affaire médiatique des « liaisons rouges-brunes » n’a duré qu’un été, et a donné naissance à des « comités de vigilance » vite disparus, comme d’habitude...

Mais cette volonté exprimée dans l’article n’est qu’une reprise de la vieille théorie du GRECE d’Alain de Benoist : la convergence des périphéries contre le centre, représentant le système en place. On lui donne alors le nom que l’on veut : discours « anti-système », « brun-rouge », « national-bolchevik » ou... « national-républicain »... Car Alain Soral, ex-communiste ré-inventeur pour le FN de ce concept, a revendiqué début décembre lors d’une conférence du FNJ niçois avoir été l’un des rédacteurs du texte signé Cruse, raison pour laquelle il a été exclus du PCF... Il avait avoué il y a quelques temps sa participation à La lettre écarlate, revue interne à la fédé de Paris du PCF qui défendait déjà ces idées... Vérité ou mensonge, Soral se pose de toute façon au sein du FN dans une continuité radicale historique qui détonne face aux rassurantes déclarations de sa copine Marine Le Pen. Le lifting ne serait donc qu’un maquillage...

via Reflexes

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National-bolchevisme : de nouvelles convergences

Publié le 3 janvier 2007, mise à jour le 4 janvier 2007

Publié en octobre 1993

Fin juin, suite à une enquête de la journaliste Mariette Besnard et du romancier Didier Daeninckx, le Canard enchaîné révèle des liens unissant communistes et extrémistes de droite à notamment travers la collaboration à certains journaux comme l’Idiot International et le Choc du Mois. Histoire de remplir quelques pages de plus et de régler certains comptes, des rédactions parisiennes (dont Libération) n’hésiteront pas à parler de convergences entre bruns et rouges. Qu’en est-il exactement et se matérialisent-elles par des rapprochements entre organisations ?

Dès juillet 1967, tirant les leçons de l’activisme de l’OAS et de l’échec du REL-MNP (Rassemblement européen de la liberté - Mouvement nationaliste du progrès) aux élections législatives de la même année, Dominique Venner [1] met en avant l’intérêt d’une stratégie culturelle, métapolitique sur l’action partisane pour conquérir le pouvoir. Afin d’apparaître de façon plus honorable et de sortir de la marginalité où l’avait poussée la fin de la seconde guerre mondiale, l’extrême droite, à travers ce qui allait devenir la Nouvelle droite, cherche à en finir avec les commémorations folkloriques en se lançant dans un travail d’élaboration théorique, bien sûr, mais aussi organisationnelle et stratégique : Venner définit le GRECE (Groupement de recherche et d’étude pour la civilisation européenne) comme une structure « extrêmement souple et diversifiée », avec à sa tête une direction dont le « rôle interne serait celui d’une centrale idéologique diffusant aux membres un enseignement doctrinal actualisé et permanent. À la base, une organisation sans hiérarchie, sans délimitation territoriale, mais des membres qui fassent rayonner notre enseignement, suivant leur milieu, leurs capacités et leurs affinités. Cela signifie que chaque membre a l’obligation de militer dans une activité civique, sociale, politique ou culturelle qui lui donne une influence sur d’autres hommes. » En effet, pour reprendre le pouvoir, l’extrême droite se doit de sortir de son isolement. La Nouvelle droite le fait en tentant dans les années 1970 de noyauter les milieux du pouvoir, en investissant des journaux comme le Figaro, Valeurs actuelles et Spectacle du Monde, en influençant des hommes de droite comme Michel Poniatowski (ministre de l’Intérieur sous Giscard), ou encore Jacques Médecin. Le relatif échec de cette tentative, les évolutions d’une partie des membres du GRECE qui rejoignent le Front national, les changements politiques (chute du Mur, écroulement du communisme, consensus libéral en Europe) entraînent de nouvelles orientations : en 1989, Robert Steuckers [2] estime que « la Nouvelle droite se trouve confrontée à un défi : rénover son discours, s’annexer de nouvelles pistes intellectuelles (Foucault, Deleuze, Guattari, Gus Dorf, Péguy, etc.), opérer une greffe entre ces nouveaux adstrats et son corpus existant » [3].La Nouvelle droite belge a été la première à étudier le national-bolchevik allemand Ernst Niekisch [4]. Par la suite, on voit fleurir dans la presse de la Nouvelle droite les références aux philosophes, auteurs de gauche et la reprise pure et simple de mots d’ordre libertaires critiquant la société de consommation et l’idéologie du travail par exemple [5]. Ceci dans le but, bien sûr, d’affirmer des idées inégalitaires, de développement séparé derrière une phraséologie gauchiste, mais aussi de gommer l’opposition droite / gauche et faire apparaître de nouvelles « convergences périphériques », « combattant l’univers de la marchandise et la toute puissance de la raison économique » [6].

Convergences idéologiques ?

Le 12 mai 1993, Alain de Benoist, membre entre autres du GRECE, plaide pour l’abandon du clivage droite / gauche pour lui préférer la notion d’un « centre » et de « périphérie », le premier étant constitué par « l’idéologie dominante », la seconde regroupant « tous ceux qui n’acceptent pas cette idéologie ». (Ceci étant une copie / adaptation des analyses sur les rapports entre les pays du centre, du nord et les pays périphériques, du sud). Cette intervention aurait été des plus banales si elle n’avait eu lieu à la Mutualité dans le cadre d’une conférence dirigée par Francette Lazare, membre du bureau politique du PCF. Personne dans les rangs communistes ne trouva rien à redire [7]. Une semaine plus tard, la revue Éléments (revue du GRECE) invite Marc Cohen, membre du PCF et rédacteur en chef de l’Idiot international, journal fondé par Jean-Edern Hallier, à venir disserter là encore de la « recomposition du paysage intellectuel français ». Edouard Limonov [8], conseiller à la rédaction de l’Idiot, collabore aussi bien à Révolution, hebdo du PC pour intellectuels qu’au Choc du Mois, mensuel d’une extrême droite moderne, conquérante, intellectuellement agressive [9]. Enfin, en mai dernier, l’Idiot publie l’appel « Vers un Front national » de Jean-Paul Cruse. Ce communiste, délégué SNJ-CGT et membre de la rédaction de Libération, propose « une politique autoritaire de redressement du pays » rassemblant là encore « les gens de l’esprit contre les gens des choses, la civilisation contre la marchandise - et la grandeur des nations contre la balkanisation du monde [...] sous les ordres de Wall Street, du sionisme international, de la bourse de Francfort et des nains de Tokyo ». Décidément, on y revient toujours, et surtout parce que « la destruction précipitée de la vieille gauche n’ouvre sur rien de neuf, à l’intérieur du champ. » Il faut donc en sortir « pour forger une nouvelle alliance », un « front » regroupant « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes », un nouveau front pour « un violent sursaut de nationalisme, industriel et culturel ». Le bureau national du SNJ-CGT réagit dans un communiqué en réaffirmant la liberté d’expression de J-P Cruse et en condamnant ses positions, rappelant que « ces idées ne sont pas celles de la CGT », qu’elle les combat « même de toutes [ses] forces ». Pas par opportunisme, mais par conviction profonde [10].

L’anti-américanisme a toujours été en France une valeur partagée pour des raisons différentes par beaucoup de forces politiques. Des gaullistes aux communistes en passant par l’extrême droite et l’extrême gauche, l’Amérique se retrouve accusée de ne pas être une véritable nation historique, de reprendre sans les comprendre les principes des Lumières et les valeurs universelles de la Révolution française, et de vouloir dominer l’ensemble de la planète. L’écroulement du « communisme » et la guerre du Golfe ont ravivé ce sentiment.

Rien de très neuf sous les auspices du national-bolchevisme

Il est donc certain qu’un courant national-bolchevik existe en France, combattant la société marchande, l’Amérique, le « sionisme international » et la social-démocratie mais celui-ci n’a rien de nouveau. Déjà, dans les années 1970, l’organisation Lutte du peuple, fondée par des scissionnistes d’Ordre nouveau, se réclamait du national-bolchevisme et employait « un vocabulaire calqué sur celui de la gauche extraparlementaire, notamment dans la critique du capitalisme et de la bourgeoisie » [11]. Aujourd’hui, le mouvement Nouvelle résistance est l’expression politique de ce courant et tente lui aussi de « mettre en oeuvre une ligne stratégique » de « front anti-système » [12]. Il y a une véritable mode franco-russe du national-bolchevisme. Les amitiés du groupe Nouvelle résistance avec les différents groupes qui se réclament peu ou prou du national-bolchevisme en Russie sont là pour le prouver. Dans leur journal Lutte du Peuple, on fait souvent mention des différents groupes et des alliances avec ceux-ci. La « haine » contre l’Occident, et Eltsine qui « brade » la Russie au profit du capitalisme, servent de fer de lance à un rapprochement entre anciens communistes et conservateurs. On peut citer A. Douguine (n°2 du Front national bolchevique), un des correspondants de Nouvelle résistance en Russie, qui se félicite de la « révolution russe actuelle où respectivement les néo-communistes nationalistes représenteraient l’aile gauche et les néo-monarchistes l’aile droite ». On le retrouvait aux côtés de Thiriart et Schneider (directeur de la revue Nationalisme et République [13]) lors d’un voyage au mois d’août 1992 dont l’objectif était de tisser des liens avec l’opposition à Eltsine. Il est encore avec A. De Benoist au début de l’année 1992 et se félicite de la naissance du journal Dien (Le Jour) qui, à l’instar de Krisis en France, a « introduit le non-conformisme et le radicalisme dans l’univers rouge-brun et a pour mot d’ordre la recherche d’une troisième voie nationale et russe ». Quant à l’antisémitisme de ce journal, il faut d’après lui ne pas en exagérer la teneur. C’est aussi dans les anciens journaux communistes officiels que l’on retrouve ce type de discours. Dans les manifestations, il n’est pas rare de voir se côtoyer drapeaux rouges et tsaristes... C’est aujourd’hui une opposition structurée, qui a des relais et non des moindres dans l’armée. Staline est réhabilité et l’on voit dans différentes revues d’extrême droite (Lutte du Peuple ou Orion, revue italienne) des articles faisant référence au « petit père des peuples ». Décidément cela ne tourne pas très rond. Mais est-ce une raison pour perdre la boule comme le fait J-P Cruse ? Sûrement pas.

À l’instar de J-P Cruse, le PCF a souvent développé un anti-américanisme sans nuance. Le grand Satan américain d’un côté, le grand frère soviétique de l’autre... Le « Collectif communiste des travailleurs des médias » (PCF) se plaint dans un communiqué du 8 juillet 1993 du procès qui est fait à l’un de ses membres (en l’occurrence Marc Cohen), et qui vise « à interdire tout débat politique, liant la question de la souveraineté nationale, contre l’hégémonie américaine, et les valeurs historiques du mouvement ouvrier international. » Il est bien connu que les pays de l’Est ont défendu avec ardeur ces valeurs... Le rapprochement bruns-rouges est un remake des années 1930. Rappelons-nous Doriot, le national-populiste qui se séparait du PC pour fonder le PPF (Parti populaire français) et allait devenir collaborateur des nazis. Le « scoop » journalistique de F. Bonnet de Libération découvrant (il était temps) les « compagnons de route de la galaxie nationale-bolchevik » a pour but de démontrer que « le communisme est vraiment pourri puisqu’il n’hésite pas à s’allier au fascisme » et accessoirement « qu’extrême gauche et extrême droite, c’est pareil ». En 1990 déjà, un certain C. Bourseiller (acteur et journaliste, paraît-il), renvoyait dos à dos extrême droite et extrême gauche dans un livre s’intitulant Les ennemis du système (voir REFLEXes n°31). De tels amalgames font peu de cas des dialogues établis entre l’extrême droite et les intellectuels de gauche et encore moins des évolutions idéologiques et politiques du Parti socialiste au pouvoir depuis dix ans (notamment sur l’immigration, la sécurité, le libéralisme...). Il est vrai qu’il serait gênant de dénoncer ses petits camarades.

L’arbre cache-t-il une forêt ?

Ceux qui mettent tant d’empressement à dénoncer la convergence entre les rouges et les bruns oublient souvent les errances idéologiques de leur propre milieu. À travers la revue Krisis se sont établis beaucoup de contacts entre intellectuels de la Nouvelle droite et intellectuels de gauche. Durant l’été 1988, Krisis, dirigée par A. De Benoist, entend rompre l’isolement intellectuel de la nouvelle droite et asseoir son hégémonie idéologique. Y participent aussi bien des idéologues du GRECE que des penseurs de gauche. Les débuts sont marqués par quelques manipulations puisque la revue reproduit des articles déjà parus ailleurs sans l’autorisation de leurs auteurs. Mais Garaudy (aussi collaborateur à Nationalisme et République), Jean-Michel Palmier, André Comte-Sponville, Jean-François Kahn, Régis Debray, Jacques Domenach, Jacques Julliard, Bernard Langlois ou encore Claude Karenooh, collaborateur assidu (qui se prétend libertaire), ont participé sans sourciller à la revue. Alain Decaux, ancien ministre d’un gouvernement socialiste, ne semble nullement gêné de côtoyer des personnes comme Jean Mabire, Jean-Jacques Mourreau et Pierre Vial, tous trois passés par le GRECE et le FN. La confusion idéologique due à une perte des repères politiques et des marques référentielles à gauche a permis de telles accointances et la remise en selle de l’idéologie réactionnaire. Ces problèmes de glissements ou de rapprochements ne sont pas à prendre à la légère. Il s’agit bien de décortiquer le discours tenu par ces nationaux-bolcheviks qui reprennent à la fois les symboles révolutionnaires (Commune de Paris, Che Guevara, etc.), se veulent solidaires des luttes de libération nationale (basque, corse, irlandaise), reprennent à leur compte les luttes écologistes, s’en vont combattre en Bosnie ou en Croatie « contre le dépeçage de ces territoires » par les Serbes, se réclament libertaires, etc. et seraient prêts à « faire un bout de chemin avec tous les anti-systèmes » ; il ne resterait plus aujourd’hui que deux façons d’être : soit du côté de ceux qui « acceptent le monde de la marchandise et la toute-puissance de la raison économique, [soit du côté de] ceux qui la refusent » [14]. Le danger est bien dans cette vision manichéenne promue par A. De Benoist, et par certains groupes dans le milieu révolutionnaire.

En tout cas, il n’est pas question d’avoir des rapports avec l’extrême droite ou la Nouvelle droite. Déjà en 1991, pendant la guerre du Golfe, des militants nationalistes-révolutionnaires et de la Nouvelle droite (A. De Benoist signataire de l’Appel des 30 aux côté de C. Cheysson, M. Gallo, A. Waechter, eh oui !) voulaient participer aux manifestations ainsi que des révisionnistes. Les militants antifascistes radicaux leur ont indiqué le chemin à suivre... Couper avec la peste - en l’occurrence la « gauche caviar » - pour s’associer avec le choléra, comme l’appelle de tous ses voeux J-P Cruse n’est pas un choix. Les marges de manoeuvre pour la fondation d’une alternative politique et sociale aux politiques autoritaires et nationalistes se rétrécissent de jour en jour. Les repères idéologiques se font de plus en plus flous. Les fractures au sein de la société s’agrandissent et c’est là-dessus qu’espèrent prospérer les extrêmes droites, les pouvoirs sécuritaires et totalitaires en Europe et ailleurs. La clairvoyance, les bases et les alliances à construire pour résister à l’ordre établi en sont d’autant plus nécessaires.

Mis en ligne le 3 janvier 2007


[1] Dominique Venner, ancien responsable de Jeune Nation et fondateur d’Europe Action, est le rédacteur de l’essai Pour une critique positive (1962), sorte de « Que faire ? » des nationalistes.

[2] Robert Steuckers, conférencier polyglotte, joue, depuis le départ de Guillaume de Faye en 1986, le rôle d’animateur en second de la Nouvelle droite au plan intellectuel. Il dirige la revue Vouloir.

[3] Robert Steuckers, Vouloir, n°52-53, fév-mars 1989.

[4] Jean-Yves Camus et René Monzat, Les droites nationales et radicales en France, PUL, 2ème trimestre 1992.

[5] Éléments, hiver 1992, n°75.

[6] Éléments, printemps 1992, n°74.

[7] René Monzat, présent dans la salle, fut le seul à intervenir et se fit remettre à sa place par Francette Lazare.

[8] Édouard Limonov est depuis mai 1993, le président du Front national-bolchevik à Moscou.

[9] Droites nationales et radicales en France,op. cit.

[10] « À propos d’un article publié par l’Idiot international », communiqué du SNJ-CGT du 25 juin 1993.

[11] Droites nationales et radicales en France,op.cit.

[12] cf. REFLEXes n°37 pour en savoir plus sur Nouvelle résistance.

[13] Nationalisme et République, disparue aujourd’hui, se voulait une revue de soutien critique à JM Le Pen et au FN. Elle a évolué sur la fin vers des positions proches du mouvement Nouvelle résistance.

[14] Article de D. Barney dans Éléments n°74, op. cit.

via Reflexes

Racisme et antisémitisme à gauche.

Ras l'Front Strasbourg, 12 décembre 1997

Il y a maintenant deux ans, en janvier 1996, les éditions de la Vieille Taupe, issues de groupes d'ultra-gauche, publiaient Les mythes fondateurs de la politique israélienne, un texte antisémite et négationniste signé par Roger Garaudy, agrégé de philosophie et ancien membre du bureau politique du parti communiste français. Les soutiens de Jacques Vergès, de l'abbé Pierre et dans un premier temps de Jean Ziegler (il devait faire machine arrière une quinzaine de jours plus tard) donnaient un retentissement énorme à cette publication.

Si l'information eut du mal à se faire entendre dans ce maëlstrom, il fut assez rapidement établi que le coup médiatique était préparé de longue main: en effet, même s'il prenait soin de publier au Temps des cerises maison d'édition animée par l'aile orthodoxe du P.C.F., de donner de longues interviews à l'Humanité contre la guerre du Golfe ou sur la guerre civile algérienne, Roger Garaudy était en relation étroite avec les milieux négationnistes et néo-nazis depuis le début des années quatre-vingt-dix, signant par exemple plusieurs articles dans une revue fasciste placée sous le patronage idéologique de Jacques Doriot, Nationalisme et République. Il était là en compagnie de l'ex-gourou de l'ultra-gauche Pierre Guillaume, de Bernard Notin, de Jean-Gilles Malliarakis, de Robert Steukers, de Christian Bouchet, du nazi-maoïste belge Jean Thiriart, du Vert déjanté Jean Brière…

Il est d'ailleurs intéressant de souligner que le scandale provoqué par les déclarations antisémites de Jean Brière, alors porte-parole national des Verts, datent d'avril 1991, et qu'elles concernent la guerre du Golfe qui joua un véritable rôle de catalyseur de s antisémitismes d' extrême-droite et d' ultra-gauche . Jean Brière affirmait ainsi dans son article intitulé “Le rôle belligène d'Israël et du lobby sioniste” :

“Il est impossible de recenser les juifs et les noms (NOMS) juifs des médias. Mais pour la télé, il faut citer B… qui, charmant et impeccable avec son noeud papillon, posait ingénument la question :
faut-il tuer Saddam?”
“Or, contrairement aux maghrébins et autres bronzés, elle ( la communauté juive) est parfaitement intégrée et joue un rôle éminent dans le domaine culturel, scientifique, littéraire et des médias et est donc en conséquence un élément important dans l'élaboration, la diffusion des idées qui créent l'opinion. Nous avons pu constater que nombre d'intellectuels de gauche¢ ont, par leur attachement inconditionnel à Israël, bloqué la mobilisation contre la guerre”.
“Il est d'ailleurs symptomatique que sur cette question, il est impossible de faire la distinction entre juifs de droite ou de gauche. La majorité des articles signés par les juifs sont de véritables appels au meurtre”.

À la même époque, le journal L'Idiot International de Jean-Edern Hallier devenait le vecteur d' un rapprochement entre des militants du Front National, des dirigeants, journalistes et écrivains liés au Parti Communiste Français, des dissidents de l'organisation de jeunesse de la Ligue communiste révolutionaire. Tous les numéros de l'Idiot International comportaient des articles antisémites, et leur violence culminera avec "Le Sentier de la Guerre", texte pour lequel Jean-Edern Hallier sera lourdement condamné par les tribunaux à la demande du MRAP, de la LICRA et de SOS Racisme.
“L'histoire de France est tombée entre les mains des soldeurs et des fripiers haineux du sionisme. Ils se comportent à Paris en territoire conquis. Forcément la Propangandastaffel sioniste est au pouvoir…”.

La confusion atteindra son apogée en mai 1992 quand le bureau politique du PCF invitera le fondateur du GRECE, Alain de Benoist, à un débat sur le "paysage intellectuel français" dans la mythique salle de la Mutualité ! Quelques mois plus tard, l'ancien dirigeant de la Gauche Prolétarienne maoïste, Jean-Paul Cruse, fondateur du journal Libération publiera un article en première page de L'Idiot International, "Vers un Front National", prônant l'union des communistes orthodoxes, des militants du Front National débarrassé de Le Pen, des chevénementistes et des gaullistes tendance Pasqua !

La réaction des organisations politiques de gauche à cette offensive permit de la mettre en échec. En l'espace de quelques mois, L'Idiot International, Révolution, Le Choc du mois, les trois organes de presse qui servaient de support à ces connexions disparurent.

De nombreux militants de gauche et d'extrême-gauche furent troublés, pris à contre-pied par ces articles, ces prises de position, ces déclarations qui ne différaient pas de ceux du Front National ou du Parti National Français et Européen. Les thèmes du racisme et de l'antisémitisme ne pouvaient d'évidence, qu'appartenir au camp d'en face. Ils ne pouvaient admettre, et encore moins comprendre, que de tels arguments meurtriers soient portés par ceux-là même qui se revendiquent, dans leur combat politique, de l'humanisme, de la libération humaine, basant souvent leur action sur la lutte des classes.

En fait, notre culture politique a souvent passé sous silence la dimension antisémite qui a longtemps pollué les théories progressistes, et ce silence, ce déficit de réflexion, permettent dans les périodes de crise (Guerre du Golfe, effondrement du système soviétique) que des réflexes surgissent, que la vigilance s'assoupisse. L'attaque raciste masquée derrière “l'anticapitalisme”, “l'antisionisme” ne sert véritablement, en désignant une communauté à la vindicte, qu'à occulter les véritables mécanismes de domination à l'oeuvre dans nos sociétés.

Si le phénomène n'est hélas pas nouveau, le mot “antisémitisme” n'apparaît qu'en 1880 en Allemagne. Moins de dix années plus tard il aura son équivalent dans toutes les langues occidentales. Il vient en fait nommer la forme que prend, dès le milieu du dix-neuvième siècle, la désignation des Juifs comme boucs émissaires dans les sociétés industrielles. L'antijudaïsme de gauche qui n'est encore qu'une composante de l'anticléricalisme révolutionnaire ( on est contre “le juif” comme on est contre “le chrétien”), prend une tournure anticapitaliste en utilisant le symbole de la réussite de la famille Rothschild, créant le mythe de la “finance juive”.

Si l'utopiste Charles Fourier, théoricien des phalanstères, s'en tient aux récriminations des petits commerçants menacés par la concurrence dans son “Apologue du Juif Iscariote”, dès 1844, l'un de ses disciples, Toussenel publie “Les Juifs, rois de l'époque”, qui débute par ces deux phrases 
“J'appelle, comme le peuple, de ce nom méprisé de juif, tout trafiquant d'espèces, tout parasite improductif, vivant de la substance et du travail d'autrui. Juif, usurier, trafiquant sont pour moi synonymes”.
“Et qui dit Juif, dit protestant, et il est fatal que l'Anglais, que le Hollandais, et le Genevois qui apprennent à lire la volonté de Dieu dans le même livre que le Juif, professent pour les lois de l'équité et pour les droits des travailleurs le même mépris que le Juif”.

Pour Toussenel, pionnier du socialisme français, la responsabilité de la misère ouvrière et de la décadence française incombe au “juif roi par le capital, en possession de tous les privilèges qui formaient autrefois l'apanage de la royauté”. C'est également lui qui introduit une corrélation entre “le règne du juif” et “l'impuissance parlementaire”, donnant à ses attaques une force qui nourrira bien des discours et des actions d'extrême-droite.

Chez Proudhon, c'est l'explosion de la haine du Juif :
“Juifs. Faire un article contre cette race qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple.
Demander son expulsion de France, à l'exception des individus mariés avec des Françaises ; abolir les synagogues, ne les admettre à aucun emploi, poursuivre enfin l'abolition de ce culte.
Ce n'est pas pour rien que les chrétiens les ont appelés déicides. Le juif est l'ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie, ou l’exterminer”.

Le jeune Karl Marx contribue à implanter l'idée selon laquelle le socialisme implique une dose d'antisémitisme en motivant l'amalgame entre judaïsme et bourgeoisie, comme dans Les Luttes de classes en France où il écrit :
“Ayant reçu à la place de son livret de caisse d'épargne des bons du Trésor, il fut contraint d'aller les vendre à la Bourse et de se livrer ainsi directement aux mains des juifs de la Bourse contre lesquels il avait fait la révolution de février”.

Mais, sans conteste, ce sont Blanqui et ses disciples qui théorisent la forme d'antisémitisme la plus dangereuse, associant comme ennemis le capital, les juifs et la démocratie, et dont on trouve les traces les plus nettes dans les actuels écrits de l'ultra-gauche en dérive. Pour Blanqui, “le suffrage universel, c'est l'intronisation définitive des Rothschild, l'avénement des juifs”.

Le rédacteur en chef de Candide, le journal que Blanqui fonde en 1865,
s'appelle Gustave Tridon. Celui-ci écrira un livre, Du molochisme juif, dans lequel il reprend les théories de son maître à penser et ajoute que lors du
“Pessah on immolait des hommes, on mangeait leur chair, on buvait leur sang dans une communion de crime et d'horreur, et c’est ce qui rendait cette fête si chère au peuple juif”.

L'anarcho-syndicaliste Maurice Dommanget qualifiera ce livre “d'ouvrage sérieux, appuyé sur des recherches étendues” en ... 1960 dans une étude publiée chez Colin !

Dans les années 1880, il y aura encore Albert Regnard, qui dans la Revue socialiste salue “la réalité et 1'excellence de la race aryenne, de cette famille unique à laquelle l'humanité doit les merveilles du siècle - et qui seule est en mesure de préparer et d'accomplir l'achèvement suprême de la rénovation sociale”.

Auguste Chirac, autre collaborateur de la Revue Socialiste publie Les Rois de la République : histoire des juiveries. Synthèse historique et monographies. Son discours qui fait passer l'antisémitisme pour un élément essentiel de la lutte du bien contre le mal, de l'esprit des Lumières contre la réaction et l'obscurantisme, et qui ne se prive pas de diatribes anticléricales, est séduisant pour les hommes de gauche.

Mais le personnage qui va ramasser toute la mise des Proudhon, Blanqui, Régnard, et autres Chirac, et cela pour l'extrême-droite, se nomme Edouard Drumont. Il publie La France Juive en 1886. Ce livre synthétise tous les apports. Aux désarrois multiples de la société française confrontée à la modernisation de l'industrie, au libéralisme sauvage, et à une revendication puissante de démocratisation, Drumont fournit un seul et unique facteur d'explication: le juif. L'antisémitisme devient la réponse à toutes les peurs, à tous les vertiges, à toutes les instabilités, à toutes les tensions.

Le succès du livre est énorme et permet l' organisation de la Ligue Antisémitique de Jules Guérin, le lancement du journal La Libre Parole.

Dans Le Socialiste, journal de Jules Guesde, un rédacteur explique ainsi le succès de Drumont :
“Il s'agit de sauver l'exploitation capitaliste en amusant les travailleurs avec les "youtres" comme on dit, devenus des boucs émissaires. Quel répit pour la société actuelle si, au lieu de se poursuivre entre possédés et possédants pour l'expropriation de ces derniers, la lutte pouvait être déplacée, limitée entre "sans prépuce" et "avec prépuce"”.

Le Père Peinard d'Émile Pouget parle lui de “Youpins”…

Jean Jaurès lui même, interpellé par le succès de Drumont se laissera aller à écrire, en 1895 dans La Dépêche de Toulouse, au retour d'un voyage en Algérie que :
“sous la forme un peu étroite de l'antisémitisme se propage en Algérie un véritable esprit révolutionnaire”, et que “l'usure juive” réconcilie contre elle l'Européen et l'Arabe !

Il faut donc saluer ceux qui comme Cabet, Louis Blanc ou Constantin Pecqueur ne se laissèrent jamais aller à l'antisémitisme sous quelque origine qu'il se présente. Et réserver une attention spéciale à Friedrich Engels. En avril 1890, un employé de banque autrichien, Isidore Ehrenfreund lui ayant écrit que, dans son milieu l'antisémitisme se développait et qu'il était souvent présenté comme une forme de lutte contre le capitalisme, Friedrich Engels lui répond en démontant cette mystification :
“l'antisémitisme falsifie le véritable état des choses. Il ne connait même pas ces juifs contre lesquels il vocifère. Sinon il saurait qu'ici, en Angleterre, et en Amérique, grâce aux antisémites d'Europe Orientale, et en Turquie grâce à l'Inquisition espagnole, il y a des milliers et des milliers de prolétaires juifs, et que ce sont précisément ces travailleurs juifs qui subissent l'exploitation la plus féroce et qui connaissent l'existence la plus misérable.
Chez nous, ici, en Angleterre, trois grèves de travailleurs juifs ont eu lieu l'année dernière, comment peut-on donc parler de l'antisémitisme comme d'un moyen de lutte contre le capital ?
En outre, nous devons beaucoup aux juifs. Sans même parler de Heine et de Borne, Marx était un juif pur sang ; Lasalle était également juif. Beaucoup de nos meilleurs gens sont des juifs. Mon ami Victor Adler, qui paie actuellement son dévouement à la cause du prolétariat de l'incarcération dans les geôles viennoises. Edouard Bernstien, le rédacteur du journal londonien Sozial-Demokrat, tous sont des hommes de l'amitié desquels je m'enorgueillis, et tous sont juifs. La revue Gartenlaube a même fait de moi un juif, et ma foi, s'il me fallait choisir, j'aimerais mieux être juif que "Monsieur de...”.

La rupture décisive des relations douteuses entre la gauche socialiste ou marxiste et l' antisémitisme date de l' affaire Dreyfus.
Significativement, ce ne fut pas un homme politique qui se dressa, mais un écrivain, Émile Zola. Une première fois en mai 1896 lorsqu'il s'élève, dans le Figaro, contre la campagne antisémite en publiant un article titré “Pour les Juifs”. Il est remarquable que Zola ne s'avance pas sur la culpabilité ou l'innocence du capitaine. Il prend date, sur les principes. Ce n'est que trois années plus tard, le 13 janvier 1898, il y a tout juste un siècle, qu'il lance le cri que lui a soufflé Georges Clémenceau “J'accuse”, un cri qui résonne encore dans les consciences.
Le 17 janvier de la même année, des socialistes de la tendance du Communard Allemand qui publient Pouvoir Ouvrier et des anarchistes réunis autour du Libertaire de Sébastien Faure attaquent une réunion antisémite de Jules Guérin, ce leader qui finira sa carrière dans le fiasco du Fort Chabrol.
Quinze jours plus tard, alors que Zola est traîné en justice, se crée la Ligue des Droits de l'Homme qui trace un trait entre la Révolution et l'affaire Dreyfus en proclamant sa fidélité à la Déclaration des droits de l'homme.
En septembre les guedistes affirment, en congrès, le caractère réactionnaire de l'antisémitisme et rappellent que Bebel l'appelait “le socialisme des imbéciles”.
La manifestation du 11 novembre 1899, pour le Triomphe de la République voit le peuple parisien acclamer le nom du capitaine Dreyfus.
Malgré quelques retours sur les errements anciens comme l'article de 1906 dans le Mouvement Socialiste intitulé au moment même de la réhabilitation de Dreyfus, “La faillite du dreyfusisme ou le triomphe du parti juif”, puis le ralliement à l'Action Française, en 1910, de Georges Sorel, théoricien du syndicalisme révolutionnaire, les jeux sont faits et l'antisémitisme se fixe à l'extrême-droite.

Quand l'antisémitisme reprendra de la force, au début des années trente, elle l'exprime au travers du slogan “La France aux Français” de Drumont; le journal l'Anti-Juif est dirigé par un certain Darquier de Pellepoix. L'élection de Léon Blum à la présidence du Conseil déchaîne la haine d'un Xavier Vallat.

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