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03/02/2010

Le baiser de la Lune

Le baiser de la lune - Voila
Le baiser de la lune - Voila

Un dessin animé pédagogique soumis à des pressions ultra-conservatrices

L’Inter-LGBT écrit au ministre de l’Education nationale, au sujet du projet de dessin animé pédagogique "Le baiser de la lune", soumis à des pressions ultra-conservatrices.

courrier de l’Inter-LGBT - 1/2/2010

Ministère de l’Éducation nationale
Monsieur le Ministre Luc Chatel
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

A l’attention de Luc Chatel,

Objet : Projet de film « Le Baiser de la Lune »

Monsieur le Ministre,

A plusieurs reprises notre inter-associative, accompagnée ou non du Collectif Education contre les LGBTphobies en milieu scolaire et SIDA INFO SERVICE (Ligne Azur), a eu l’occasion d’évoquer la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre avec vos conseillers.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en 2010, en France, l’homophobie et la transphobie perdurent, avec des conséquences parfois dramatiques. Elles peuvent pousser au suicide des adolescent-e-s ou les empêcher de s’épanouir dans leur scolarité, lorsqu’elles génèrent dans les établissements scolaires un climat de rejet.

Que ce soit pour les élèves mais aussi pour les personnels homosexuel-le-s ou transexuel-le-s, l’école peut très vite devenir un lieu difficile à vivre. Ainsi, pour les personnels par exemple, comme le montre l’enquête de la HALDE (Falcoz mars 2008), la visibilité n’est souvent pas possible, les discriminations subies sont hélas très nombreuses, le parcours professionnel est semé d’embûches, par le refus de promotion par exemple.

L’éducation à la sexualité, dont les textes prévoient pourtant trois séances annuelles par niveau (circulaire n° 2003-27 du 17/02/2003) ne bénéficie pas à l’ensemble des élèves, la lutte contre les discriminations et les préjugés LGBT-phobes est laissée bien souvent aux seules interventions d’associations, qui nonobstant leur qualité ne peuvent réussir à sensibiliser l’ensemble des élèves. Rien ne peut remplacer l’engagement de tout le corps enseignant, ni les programmes et les manuels scolaires qui devraient aborder ces questions quand le sujet le justifie

Le ministère de l’éducation dont vous avez la charge en a pris conscience depuis quelques années et concernant la lutte contre les discriminations, les circulaires adressées aux chefs d’établissements scolaires pour les rentrées 2008 et 2009 précisent que « la communauté éducative doit faire preuve de la plus grande vigilance et de la plus grande fermeté à l’égard de toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie et de sexisme. Tout propos, tout comportement qui réduit l’autre à une appartenance religieuse ou ethnique, à une orientation sexuelle, à une apparence physique, appelle une réponse qui, selon les cas, relève des champs pédagogique, disciplinaire, pénal ou de plusieurs d’entre eux ».

C’est en ce sens ce qui se passe autour du projet « Le Baiser de la lune » nous inquiète au plus haut point. Animation poétique destinée à aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe auprès des enfants du cycle 3, en expliquant simplement qu’il existe « différentes façons de s’aimer ce film est conçu comme un outil pédagogique qui a bénéficié du soutien financier du Ministère de la Jeunesse et des Sports, du Conseil Régional de Bretagne, des Conseils Généraux des Côtes d’Armor et du Finistère, de la Ville de Rennes, de la Ligue de l’enseignement 35, de SOS homophobie, du Centre GLBT de Rennes et du Centre National de la Cinématographie.

Alors que le film est en production, des associations dont l’objectif est « de prévenir des dangers de l’homoparentalité, et fournir les arguments nécessaires à la défense de la famille » ont initié deux pétitions intitulées pour l’une « « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et pour l’autre « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » adressées à différentes institutions partenaires du projet dont le Ministère de l’Éducation nationale.

Dans l’affaire du « Baiser de la lune », nous savons que les formes officielles de demande de partenariat n’ont peut être pas été respectées. Malgré tout, pour l’InterLGBT, ce projet doit être soutenu et l’ampleur prise par la polémique doit être pour le ministère l’occasion de montrer à la fois sa résistance à la pression de lobbys ultra-réactionnaires et son engagement ferme et concret en faveur de la lutte contre toutes les discriminations en général et en particulier celles touchant les élèves et personnels LGBT.

L’Inter-LGBT sera donc très attentive à vos déclarations et aux actions du Ministère de l’Éducation nationale concernant la lutte contre les discriminations dont celles portant sur les LGBTphobies, et rappelle les engagements pris :

  • un envoi à la rentrée scolaire 2009/2010 des brochures d’information destinées aux personnels intitulé « Homophobie : savoir et réagir » ;
  • la réédition d’une affiche et de cartes mémos renvoyant vers un dispositif d’écoute et de soutien aujourd’hui supporté par la Ligne Azur ; dont l’Inter-LGBT souhaite toujours l’envoi dans les collèges.
  • la mise en place d’un groupe de travail permanent à la Direction générale des enseignements scolaires (DGESCO) pour lutter efficacement avec les associations contre les discriminations ;
  • la mise en place d’un module de formation à destination des enseignants, sur le modèle des expériences menées à l’étranger, notamment en Belgique.

Nous vous sollicitons donc, Monsieur le ministre, afin de vous rencontrer pour évoquer avec vous les formes de l’engagement que votre ministère est prêt à prendre aussi bien sur les questions de l’éducation à la sexualité que celles de la lutte contre des discriminations qui frappent aussi bien les élèves que les personnels.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le ministre, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Philippe Castel, Porte parole de l’Inter-LGBT

 

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19/12/2009

Valoriser la réussite plutôt que de sanctionner l'échec, la méthode Freinet

 



 

 

08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/06/2009

La résilience...Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous nous penchons sur la résilience car une question brûle nos lèvres : Quel rôle joue-t-elle dans les chemins vers l’autonomie ?

Nous passons tous par des tumultes et bien que cela puisse paraître difficile à vivre sur le moment, avec le recul nous constatons que nous avons progressé et que nous nous sommes construits un peu plus. Cependant, seuls, nous pouvons faire un bout de chemin mais les liens affectifs et sociaux sont primordiaux pour le développement de l’être humain tout comme ils sont l’essence même de la résilience.

La résilience et son origine

L’expression de résilience prend sa source en physique. Il définit l’aptitude d’un corps (matériau) à résister au choc et à reprendre sa forme initiale.

Quand il est passé dans les sciences sociales, le terme de résilience a désigné « la capacité d’une personne ou d’un système social à vivre et à se développer positivement malgré des conditions de vie difficiles, et ce de manière socialement acceptable. » En d’autres termes, « la capacité à réussir, de manière acceptable pour la société malgré l’adversité. » [1] Sur le plan psychique, le terme de résilience désigne la possibilité pour un individu de développer des mécanismes de résistance et de survie malgré les déséquilibres de l’existence, des circonstances difficiles, des malheurs, un choc traumatique ou un environnement défavorable, voire hostile.

Deux regards sur la résilience

Dans le livre Un merveilleux malheur [2] , Borys Cyrulnik exprime l’émerveillement, l’étonnement d’écrivains ou spécialistes face aux enfants qui « ont su triompher d’épreuves immenses et se faire une vie d’homme malgré tout. » La résilience est le signe clairvoyant de l’inattendu et de l’espoir.

Boris Cyrulnik définit la résilience comme "l’art de naviguer dans les torrents". Personne ne peut prétendre être à l’abri des épreuves de la vie mais tous, sommes potentiellement capable de rebondir et de les surmonter. Toutefois, Stefan Vanistendael présente la résilience comme étant indissociable de la résistance à la destruction (capacité de la personne à protéger son intégrité lorsqu’il est forcé à de fortes pressions) et la capacité à se construire une vie riche en dépit de circonstances difficiles.

Il est parfois étonnant de constater dans une fratrie où les adversités sont présentes, que les frères et sœurs construisent leurs vies différemment. La sœur s’en sortira tandis que les autres enfants reproduiront les schémas biaisés, voir destructeurs sur eux ou leur famille. Mais en fin de compte, qu’est-ce qui fait qu’un jeune plutôt qu’un autre est résilient ?

Pour réponse, voici certains éléments de la personnalité qui peuvent renforcer la double capacité de résistance et de construction appelés, les éléments de constructions [3] :

a) Les réseaux informels de soutien (relations familiales et amicales) qui reposent sur une relation d’acceptation inconditionnelle de l’individu par au moins un adulte. Cette acceptation constitue probablement la base sur laquelle tout le reste va s’édifier.

b) La découverte d’un sens, d’une logique, d’une cohérence. Cet aspect est lié à la vie spirituelle et à la religion.

c) Des aptitudes sociales et le sentiment de maîtriser quelque peu les événements de la vie et de pouvoir résoudre les problèmes.

d) Une image positive de soi (l’estime de soi)

e) Le sens de l’humour ou un environnement dans lequel l’humour peut s’épanouir. Une attitude positive et réaliste envers soi et face aux circonstances.

Ces points-ci sont des ressources qui vont permettre à l’enfant, au jeune, d’accroître sa résilience. Il est fort possible que ces ressources soient présentes dans l’environnement de l’enfant, mais sans le connaître vraiment. Il s’agit donc de le mettre en relation avec celles-ci. Si ces ressources font défaut dans son milieu, il est question de se demander comment nous pouvons les intégrer dans diverses structures ; les écoles, les structures sociales afin que l’enfant, le jeune, puissent en profiter.

Le rôle de la résilience

Il fut une époque où la fatalité était le créneau des psychologues, des psychiatres, de la société. Boris Cyrulnik fut le premier, dans le monde francophone à parler d’enfants qui, doués d’une grande force intérieure, s’en sont sortis suite à des traumatismes, des adversités. Ces enfants qui auraient dû tomber sans jamais se relever ; ces enfants sont devenus, les enfants de l’inattendu.

Là où rien ne ferait penser qu’un jeune puisse un jour prendre sa vie en main au gré de l’adversité, il est néanmoins, des jeunes qui rebondissent plus au haut que l’épreuve, qui en ressortent plus forts, plus vaillants et régénérés. L’inattendu et l’espérance triomphent de la fatalité et pour certain, il a suffit juste d’une force extérieure, une personne qui croit en lui pour que ses capacités de résilience se mettent en route.

 

[1] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.9

[2] Boris Cyrulnik, Un merveilleux malheur. Editions Odile Jacob, Paris 1999

[3] Stefan Vanistendal, La résilience ou le réalisme de l’espérance. Blessé, mais pas vaincu. Edition Les Cahiers du Bice, Genève, 3ème Edition 1998, p.16

19:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/04/2009

Aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes

Aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes"

Par Taslima Nasreen

Vendredi 10 avril 2009

http://www.ufal.info/media_flash/2,...

Taslima Nasreen, réfugiée en France, appelle les forces de gauche, partout dans le monde, à réinvestir les combats laïque et féministe pour élever une digue face aux fondamentalismes. Contrainte de quitter son pays, puis l’Inde où elle avait trouvé refuge, sous la pression des fondamentalistes, l’écrivaine bangladaise Taslima Nasreen, figure du combat contre l’intégrisme, participait, samedi dernier, aux Rencontres laïques internationales -organisées par l’UFAL- à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Entretien réalisé par Dominique Bari et Rosa Moussaoui (L’Humanité)

Votre combat contre le fondamentalisme ne s’arrête pas à l’islamisme. Vous dénoncez également les intégrismes chrétien, juif, hindou. Quels sont leurs points communs ?

Taslima Nasreen. Je m’élève en effet contre les intégrismes de tous bords. En ce qui me concerne, j’ai souffert toute ma vie du fondamentalisme musulman. Je suis née, j’ai grandi dans un pays musulman. Lorsque je critique les fondamentalismes, mais aussi les religions en tant que telles, qu’il s’agisse de l’hindouisme, du christianisme, du judaïsme, du bouddhisme, parce qu’elles oppressent les femmes, personne ne me menace de mort. Mais lorsque je parle de l’islam, alors les fondamentalistes musulmans profèrent des fatwas demandant mon exécution, ma pendaison. Ma tête est mise à prix. C’est ainsi que j’ai été expulsée de mon propre pays, le Bangladesh. Après avoir vécu dix ans en Europe, je suis partie en Inde, à Calcutta. Là encore, j’ai été visée par des fatwas. Mes livres ont été brûlés sur la place publique. Lors de la présentation de l’un de mes livres, j’ai été agressée par des fondamentalistes musulmans à Hyderabad. À Calcutta, ils sont descendus dans la rue pour exiger mon expulsion. En réponse, le gouvernement indien de gauche m’a placée en résidence surveillée à New Delhi, avant de m’expulser. À cause de ces intégristes, je suis aujourd’hui contrainte à un nouvel exil. C’est difficile à vivre. Je suis une écrivaine bangladaise. Je vis douloureusement cet éloignement de mon pays, où je pourrais encourager les femmes à poursuivre leur combat pour le droit à la liberté.

Pourquoi les fondamentalistes font-ils des droits des femmes leur cible privilégiée ?

Taslima Nasreen. Dans leur vision, le pouvoir des hommes se mesure à l’oppression exercée sur les femmes. La religion est la source du fondamentalisme. Or aucune religion ne prône l’égalité entre les hommes et les femmes. Toutes sont hostiles aux femmes. Ce sont bien les religions qui encouragent l’oppression des femmes, qui les empêchent de jouir des mêmes droits que les hommes. Elles pérennisent le système patriarcal, incompatible avec la liberté des femmes.

Quel jugement portez-vous sur les confrontations, ces dernières années, en France et en Europe, sur le port de signes religieux à l’école et dans la sphère publique ?

Taslima Nasreen. Je suis très favorable à la loi française qui interdit le port de signes religieux dans l’enceinte des écoles publiques. Il est essentiel, pour une société laïque, de préserver l’école comme espace de liberté de conscience où les signes religieux n’ont pas leur place. Quant au voile, sur lequel se sont focalisés ces débats, il est pour moi un symbole d’oppression. Les femmes devraient refuser le port du voile. Si toutefois elles acceptent de le porter, ce devrait être une affaire privée. Toute société laïque devrait préserver l’école et plus largement la sphère publique de tous les signes religieux.

Les tentatives de reprise en main des sphères publique et politique par le religieux, en Europe, vous surprennent-elles ?

Taslima Nasreen. Cela prouve que cette question ne se pose pas uniquement dans les pays musulmans. Les fondamentalistes progressent aussi en Europe. Pas seulement les intégristes musulmans, mais aussi les intégristes chrétiens. Aux États-Unis, ceux-ci n’hésitent pas à agresser, à menacer de mort les médecins pratiquant l’IVG. Dans la première puissance mondiale, les chrétiens évangéliques se sont infiltrés jusque dans les sphères du pouvoir. En Angleterre, les fondamentalistes musulmans revendiquent la possibilité d’appliquer la charia (la loi islamique - NDLR) aux citoyens de confession musulmane. Des évêques anglicans et des hommes politiques ont indiqué qu’ils n’y étaient pas opposés. Si nous ne mettons pas un frein à cette expansion des fondamentalistes, si nous les laissons agir sans contrôle, si la gauche et les progressistes n’apportent pas leur soutien au combat laïque et humaniste contre toutes les formes d’intégrisme, alors de grands reculs de civilisation deviendront possibles.

Jugez-vous les forces de gauche trop complaisantes vis-à-vis des fondamentalistes ?

Taslima Nasreen. Les citoyens de confession musulmane sont minoritaires en Europe. Dès lors, certains, à gauche, s’interdisent toute critique de la religion musulmane et font même preuve de complaisance envers les dérives fondamentalistes, croyant assurer ainsi la défense de minorités victimes de discriminations. C’est à mon avis une très lourde erreur. Sans la gauche, comment serait-il possible de mener le combat laïque, le combat pour les droits des femmes ?

Laisser la droite se saisir de ces questions et nous soutenir serait mortifère. La droite déteste l’islam et les musulmans. Elle tente d’instrumentaliser les laïques pour conforter ses visées racistes. Mais nos convictions sont de gauche. Nous voulons une transformation progressiste des sociétés. Nous ne pouvons donc pas laisser la droite dévoyer notre combat laïque.

Pensez-vous que la prétendue « guerre contre le terrorisme » conduite ces dernières années par les États-Unis a renforcé les fondamentalistes musulmans en leur offrant des arguments ?

Taslima Nasreen. Les fondamentalistes ne sont jamais à court d’arguments. Lorsque l’URSS existait, leur croisade était dirigée contre les communistes, accusés d’être les ennemis de la religion. Après la chute de l’URSS, ils se sont retournés contre les États-Unis, accusés d’être les ennemis de l’islam.

Les fondamentalistes, quelle que soit leur cible, ne méritent aucune sympathie. Ils doivent être combattus sans relâche, sans considération des raisons qu’ils invoquent pour justifier leur idéologie destructrice. Au fond, les ennemis qu’ils désignent importent peu. Les justifications de leurs visées et de leurs actes, ils les puisent dans la religion elle-même. C’est la religion qui inspire leur intransigeance, c’est au nom de celle-ci qu’ils menacent et tuent ceux qui ne partagent pas leur vision du monde. Ce n’est pas la guerre menée par les États-Unis qui pousse les intégristes à opprimer les femmes. Cette oppression existait déjà auparavant. C’est donc bien la religion qui est en cause comme source du fondamentalisme.

La guerre américaine relève d’un autre débat. On peut la contester, s’y opposer. Mais l’activisme des fondamentalistes serait une réalité même sans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils n’ont pas attendu ces guerres pour combattre les droits des femmes, les frapper, les torturer, les flageller, les lapider à mort au nom de l’islam. Dans les pays musulmans, les femmes souffrent depuis très longtemps.

Croyez-vous qu’une négociation avec les talibans puisse rendre la paix possible en Afghanistan ?

Taslima Nasreen. Si c’est possible, pourquoi ne pas essayer ? Mais aucune solution durable n’émergera sans un changement radical du système qui fabrique les talibans. Il faut fermer ces madrasa, qui sont des usines à fondamentalistes, et promouvoir une éducation laïque, scientifique. C’est primordial. Que l’on négocie avec les talibans ou qu’on les traque revient au même, si ce système reste en place. Il faut saisir le problème à la racine. En réalité, je ne rejette pas la responsabilité du chaos afghan sur les talibans.

Lorsque vous envoyez des jeunes garçons dès l’âge de deux ans dans des madrasa (écoles coraniques - NDLR) où ils apprennent le maniement des armes, avec pour seul horizon éducatif la récitation du Coran, les prêches exhortant à l’instauration d’un État islamique ou au meurtre des femmes et des non-musulmans, il n’est pas étonnant qu’ils deviennent des extrémistes. Ces enfants n’ont aucune autre fenêtre sur le monde. Ils n’ont aucune possibilité de bénéficier d’une instruction publique et laïque. Ce n’est donc pas à eux que j’en veux, mais aux promoteurs de ce système qui transforme des innocents en talibans.

Dans le monde musulman, les madrasa poussent comme des champignons, avec la complicité de gouvernements qui veulent s’assurer l’appui électoral des fondamentalistes. Il faut cesser d’abandonner l’éducation des enfants à des imams radicaux qui les endoctrinent. Les États doivent assumer leur mission, en créant des écoles où les enfants entendent parler d’égalité, de démocratie, de liberté d’expression. Si personne ne leur transmet ces valeurs, comment pourraient-ils un jour s’en réclamer ? L’éducation laïque est la seule arme efficace contre les fondamentalismes.

par Taslima Nasreen

 

http://www.millebabords.org/spip.php?article11066

17:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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