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26/11/2009

Mort de Mohamed Boukrourou, la police mise en cause...+ article : Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations (eric Hazan)

Valentigney

M. Boukrourou : la police mise en cause

M. Boukrourou : la police mise en cause

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

Mohamed Boukrourou était papa de deux filles, dont la plus jeune, Wissam, n’a que 3 ans. Photo DR

 

Deux semaines après la mort de Mohamed Boukrourou, le parquet de Montbéliard a ouvert, hier, une information contre X, pour « homicide involontaire », mettant ainsi pour la première fois directement en cause l’action de la police.

 

Le parquet de Montbéliard a demandé, hier, l’ouverture d’une information judiciaire « contre X » pour « homicide involontaire » dans l’affaire de Mohamed Boukrourou, mort au cours d’une interpellation que la procureure de la République de Montbéliard, Mme Thérèse Brunisso avait qualifiée de « violente » quelques heures après les faits, et juste avant d’ouvrir une première information « en recherche des causes de la mort », alors que le rapport partiel d’autopsie concluait à un décès provoqué par « la conjugaison d’une altération cardiaque et d’un stress important ».

 

Mais après avoir pris connaissance du rapport final d’autopsie et des premiers éléments recueillis par les juges d’instruction, la procureure a décidé, hier, de « requérir la clôture de l’information ouverte en recherches des causes de la mort et d’ouvrir une information contre X du chef d’homicide involontaire », a-t-elle fait savoir dans un communiqué.

 

« Ce cadre procédural, garant de l’équilibre du droit des parties, doit permettre aux juges d’instruction d’approfondir les conditions dans lesquelles l’intervention des services de police s’est déroulée et d’établir si elle a concouru au décès de Mohamed Boukrourou », a ajouté la procureure, se refusant à tout commentaire supplémentaire.

« Des violences exercées par les policiers »

 

« Je constate que la justice avance et que les juges sont déterminés à faire la lumière sur l’affaire. Les choses vont dans le bon sens », a déclaré le frère du défunt, Abdelkader Boukrourou, 39 ans « On est rassurés de voir que le dossier n’est pas refermé », a ajouté son frère Karim, 37 ans, faisant état du recueil de « trois témoignages au moins relatant des violences exercées par les policiers », et insistant sur « le caractère choquant de cette mort ». « Il faudra que les policiers nous expliquent pourquoi ils ont fait ça, alors que notre frère était parfaitement inoffensif ! », estime la famille de la victime.

 

« Les résultats de l’autopsie vont dans le sens de nos affirmations et de celles des témoins. Elle fait état de choses graves », a ajouté Abdelkader sans vouloir donner d’autre précision.

 

Des témoins avaient affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire. Au début de l’enquête, le parquet de Montbéliard avait, dans un premier temps, écarté l’hypothèse de coups. La sénatrice (Verts) Alima Boumediene-Thiery a annoncé mardi avoir saisi la Commission nationale de déontologie de la sécurité « sur les circonstances de la mort » de M. Boukrourou.

 

Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) s’est porté partie civile aux côtés de la famille pour que « toute la vérité soit faite ».

 

Le 12 novembre, vers 17 h, au centre-ville de Valentigney, Mohamed Boukrourou, père de famille de 41 ans, avait été traîné de force dans un fourgon par des policiers, appelés par le pharmacien qui se disait, selon la police et le parquet, « inquiet de l’état d’énervement extrême » de son client qu’il connaissait de longue date, mais qui protestait contre la qualité des médicaments génériques qui lui avaient été délivrés. « En réalité, dans le feu de la discussion qui les opposait, Mohamed avait juste menacé de porter plainte contre le pharmacien », précise la famille. Victime de détresse respiratoire dans le véhicule de police, Mohamed Boukrourou, assisté par des sapeurs-pompiers, avait été reconduit dans la pharmacie où son décès avait été constaté par un médecin à 18 h 05.

http://www.lepays.fr/fr/article/2237970/M.-Boukrourou-la-police-mise-en-cause.html

 

 

Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations



Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Marche en mémoire de Hakim Djelassi, samedi 21 novembre. (Photo : Patrick James /Voix du Nord)
Ce 24 septembre, Hakim Djelassi, 31 ans, se dispute avec sa future épouse, Hélène. Ils logent à l’hôtel Mister Bed, rue de Béthune, dans le Vieux-Lille. Rameuté par les voisins, le réceptionniste appelle la police. Il est huit heures du matin.

Bruno Reboul, dans Nord-Eclair, raconte la suite. « Après une arrestation mouvementée, Hakim Djelassi fait un malaise cardiaque dans le fourgon de police qui le transportait à l’hôpital. Arrivé à Saint-Vincent, il tombe dans le coma, et mourra deux jours plus tard, le 26. La famille affirme avoir vu le corps de Hakim couvert de marques de coups à l’hôpital, et si le parquet a indiqué depuis que l’autopsie n’avait pas permis de démontrer que la mort a été causée par des violences, le doute demeure dans l’esprit des proches de Hakim. Une instruction est toujours ouverte au tribunal de Lille, afin de déterminer les causes de sa mort, mais secret oblige, aucune information nouvelle n’a émergé depuis. »

« Nous, on ne dit pas nécessairement que c’est une bavure, il y a une présomption d’innocence dans ce pays, qui est aussi valable pour la police, c’est ce qu’a toujours dit le père de Hakim, insiste Simon Sernac, 27 ans, qui est l’un des porte-parole du collectif Justice pour Hakim. On ne veut pas préjuger du résultat final, et on fait confiance à la justice, mais on ira jusqu’au bout pour savoir. »

Démarrant à 10 heures, une marche silencieuse, la deuxième après celle du 29 septembre, devait avoir lieu à Lille, ce samedi 21 novembre.

Mohamed Boukrourou aussi était vivant avant son interpellation

Le 13 novembre à Valentigney, rapporte TF1, Mohamed Boukrourou, 41 ans, se rendait dans une pharmacie pour acheter des médicaments. En fin d’après-midi, il était déclaré mort. Dans quelles conditions ? Comment, à la suite de quel enchaînement fatal un homme parti pour acheter de quoi se soigner avait-il pu mourir dans la même journée ?

Son passage à la pharmacie a, semble-t-il, donné lieu à un échange tendu avec le pharmacien. Mohamed Boukrourou protestait contre la qualité des médicaments qui lui avaient été remis. Et le pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » de ce client avait appelé la police. Mohamed Boukrourou est alors traîné dans un fourgon par des policiers. L’interpellation dérape, sans que l’on sache au juste pour quelle raison : victime d’un arrêt respiratoire dans le véhicule de police, l’homme est reconduit dans la pharmacie. C’est là que son décès devait être constaté, à 18 h 05.

le 16 novembre, une marche silencieuse de quatre kilomètres réunissant une foule compacte et solidaire a abouti à la pharmacie, plantée à deux pas de la mairie au cœur de ville, devant laquelle Mohamed Boukrourou est mort un jeudi après-midi (lire le journal belfortain Le Pays).

Le parquet de Montbéliard a ouvert une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort » suite au décès de Mohamed Boukrourou. Le procureur de la République de Montbéliard, Thérèse Brunisso, déclare « éliminer toute hypothèse de coups » de la part des policiers (LibéStrasbourg)

Saisi par la famille, le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) a annoncé, vendredi 20 novembre, qu’il se portait partie civile (lemonde.fr/AFP). La famille de la victime avait déclaré qu’à l’occasion de la toilette mortuaire du défunt, « des bleus sur le visage et une lèvre éclatée » , avaient été constatés. Des témoins ont affirmé que les policiers se seraient « assis sur le corps de M. Boukrourou », ce qui aurait entraîné une détresse respiratoire, a ajouté le MRAP. Le procureur de Montbéliard avait indiqué que les marques étaient dues à l’autopsie et au frottement sur le sol du visage de la victime lors de l’interpellation, éliminant « toute hypothèse de coups ».

Deux interpellations qui interpellent et en rappellent deux autres.

Abdelhakim Ajimi était vivant avant son interpellation

Laurent Mouloud raconte dans L’Humanité : « Le 9 mai 2008, Abdelhakim Ajimi, 22 ans, cuisinier au chômage, vient retirer de l’argent au guichet du Crédit agricole, dans le centre-ville de Grasse. L’employé refuse, constatant que le jeune homme a dépassé son autorisation de découvert. Abdelhakim perd alors son calme, hurle sur le guichetier. Le directeur de la banque s’interpose, reçoit une gifle.

Prévenus, cinq policiers de la brigade anticriminalité (BAC) l’interpellent non loin de son domicile. L’affaire s’engage mal. Abdelhakim Ajimi, malgré son petit gabarit, se débat, refuse les menottes, mord l’un des fonctionnaires. Un autre, pris dans l’empoignade, aura l’épaule démise. Finalement, les policiers parviennent à lui passer les bracelets aux poignets. Abdelhakim est plaqué au sol, sur le ventre. Un fonctionnaire le maintient avec son genou, appuyé sur la colonne vertébrale, un autre pratique une clé d’étranglement »
.

Abdelhakim Ajimi, inerte, sera relevé par deux policiers. Il sera déclaré mort à 16 h 30, au commissariat. Selon la version policière, il a fait un arrêt cardiaque.

Le 8 octobre 2008, Jean-Louis Moreau, procureur adjoint de la République de Grasse déclarait (voir le site de TF1) : « On a l’impression qu’il y a peut-être eu de la part des gardiens de la paix une mauvaise prise en compte des règles qu’ils appliquent normalement pour maîtriser les gens quand ils se rebellent ». « La durée de la maîtrise a peut-être aussi été trop longue (…) Ceci correspondrait à une imprudence, je parle au conditionnel. C’est aux juges de décider d’une éventuelle mise en examen des policiers en cause pour homicide involontaire. » Le dimanche 11 mai, une marche était organisée.

Le 12 mars 2009, rapporte Le Nouvel Oservateur, cinq policiers ayant participé à l’interpellation en mai 2008 à Grasse d’Abdelhakim Ajimi, 22 ans, mort après cette intervention, ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger.

Ali Ziri était vivant avant son interpellation

Le 9 juin dernier, cet Algérien âgé de 69 ans, se trouvait à bord d’un véhicule conduit par son ami Arezki Kerfali, 61 ans, quand tous deux ont été arrêtés, sortis de la voiture, menottés, et, à en croire le témoignage de ce dernier, frappés. D’après lui, ce sont ces coups qui sont à l’origine de la mort de son ami Ali Ziri, décédé un peu plus tard à l’hôpital. L’enquête avait dans un premier temps été confiée au commissariat d’Argenteuil où exercent les policiers mis en cause par ce récit, et une première autopsie avait écarté tout décès consécutif à un traumatisme (Le Parisien). Le 24 juin à Argenteuil, une marche pacifique devait réunir plus d’un millier de personnes.

A l’époque, le parquet n’avait pas souhaité donner suite à cette affaire, puisqu’il n’y avait « pas de suspicion de bavure ». Selon le procureur adjoint, « l’autopsie de M. Ali Ziri exclut que la cause du décès puisse résulter d’un traumatisme, et conclut qu’elle est due au mauvais état de son cœur ». (Le Nouvel Observateur)

Sauf qu’une seconde autopsie est venue jeter le doute sur le comportement des policiers lors de l’arrestation d’Ali Ziri. Lire l’article de Luc Bronner dans Le Monde du 12 septembre “Itinéraire d’un vieil immigré algérien, mort après une interpellation musclée”.

Le 10 octobre, Le Parisien nous informait que le parquet de Pontoise a pris un réquisitoire supplétif « contre X » pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». C’est une deuxième autopsie qui a été décisive dans cette décision puisqu’elle a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première et a fait « un lien entre les hématomes et le décès », précise le parquet.


Hakim Djelassi, Mohamed Boukrourou, Abdelhakim Ajimi et Ali Ziri étaient vivants avant leurs interpellations.


Auteur : Eric Hazan - 21/11/2009
Source : Veilleur de jour - Le Monde.fr

08:28 | Lien permanent | Commentaires (5) |

25/11/2009

Tarnac, acharnement judiciaire: interpellation + le témoin sous X et sa copie truquée

25/11/2009 à 00h00

Tarnac : le témoin sous X et sa copie truquée

La police aurait fait pression sur Jean-Hugues Bourgeois et antidaté le PV de son audition, afin d’accabler le groupe de Julien Coupat.

Par KARL LASKE

Un témoin sort de l’ombre. Et c’est sûrement le plus important rebondissement de l’enquête sur les sabotages des lignes TGV, début novembre 2008. à lire sur Libé :
http://www.liberation.fr/societe/0101604933-tarnac-le-temoin-sous-x-et-sa-copie-truquee

http://www.premiere.fr/var/premiere/storage/images/cinema/photos/diaporama/images/le-gendarme-de-saint-tropez-1964__2/6039088-1-fre-FR/le_gendarme_de_saint_tropez_1964_reference.jpg


mercredi 25 novembre 2009 - 05:56

Une nouvelle interpellation à Tarnac












Énième rebondissement dans l'affaire de Tarnac avec l'arrestation, dans son appartement de la place de l'Église, du mari de l'une des personnes mises en examen.

L'intégralité de l'interview de Jérémie Assous, avocat de Christophe Becker, à lire ici

Cette fois, les policiers de la Sous-direction antiterroriste (SDAT) sont passés nettement plus inaperçus qu'il y a un an. Hier, point de périmètre autour de la commune. Juste trois voitures et quelques hommes encagoulés, selon les témoins de la scène.

En garde à vue pour 72 heures

Il est 6 h 30 quand les policiers forcent la porte du petit appartement situé au-dessus de la mairie. Un lieu déjà fouillé par leurs soins, le 11 novembre 2008, au moment du coup de filet sur le petit village corrézien.

Ils viennent chercher un jeune homme de 30 ans : Christophe Becker « déjà arrêté le 11 novembre 2008, à partir d'éléments du dossier plus que fantasques », souligne le comité de soutien dans un communiqué. Et d'enfoncer le clou évoquant une « farce » orchestrée par la juge Fragnoli : « Par-delà cette pathétique tentative de diversion, nous voyons une fois de plus ce que l'antiterrorisme permet et se permet ».

Christophe Becker n'est autre que le mari de Manon Glibert, mise en examen dans l'affaire de Tarnac. Ils vivent ensemble avec les deux enfants de Christophe, âgés de 4 et 6 ans. Manon est enceinte.

Selon des sources proches du dossier, ce jeune homme « est susceptible d'être mis en cause dans la mouvance à laquelle Julien Coupat appartient, mais n'est pas soupçonné d'être complice des sabotages ». Il ferait partie du « premier cercle » gravitant autour de Coupat. Soupçonné d'avoir falsifié des cartes d'identité, il a été placé en garde à vue pour une durée de 72 heures au siège de la SDAT, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

" Comme si braquer un enfant pouvait le calmer "

Jérémie Assous, l'un des avocats des « Neuf de Tarnac », dénonce les méthodes employées lors de la perquisition : « Ils ont tout retourné dans l'appartement. Face à la peur et à l'angoisse des enfants, notamment du petit de 4 ans, ils ont eu comme réaction de le braquer. Comme si braquer un enfant de 4 ans pouvait le calmer » (*).

Un avis que partage Michel Gillabert, président du comité de soutien tarnacois : « Cette façon de faire est tellement inadmissible. Ils pouvaient très bien le convoquer s'ils tenaient à l'interroger. On voit bien que ces gens ne savent pas agir autrement qu'en force ».

Pour lui, comme pour Jérémie Assous, le timing de l'arrestation n'a pas été choisi au hasard. Elle tombe à la veille d'un point sur le dossier avec les parlementaires. « Ce qui est intéressant surtout, c'est qu'elle intervient un mois presque jour pour jour après qu'on a déposé sur le bureau du juge une note qui démontre le fait que Julien Coupat et Yldune Lévy n'étaient pas à Dhuisy, là où l'une des voies du TGV-Est a été sabotée », insiste l'avocat.

« La réaction du juge Fragnoli, plutôt que d'instruire à décharge et d'exploiter les éléments qu'on lui soumet, c'est de procéder à de nouvelles arrestations », glisse-t-il avant d'ajouter : « Si une instruction antiterroriste ne propose rien d'autre, mieux vaut effectivement la suppression du juge d'instruction ».

Michaël NICOLAS

michael.nicolas@centrefrance.com

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07:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/11/2009

Jugement ahurissant pour les inculpés du G8 de Gènes 2001

Jugement ahurissant pour les inculpés du G8 de Gènes 2001

Cent années de prison pour dix inculpés accusés de " destruction et saccage "
Relaxe ou peines légères pour 45 policiers qui ont tué, terrorisé, humiliés.
En protestation, occupation de l’institut culturel italien de Paris.

NO G8 FRANCE

Pourquoi nous avons occupé l’Institut Culturel Italien. Solidarité aux inculpés du G8 de Gênes 2001

samedi 21 novembre 2009

Aujourd’hui vendredi 20 novembre 2009, après un rassemblement place de la République à 17h30 où un dispositif policier à peine croyable était déployé pour une centaine de personnes (invasion de la place par les policiers, longues files de camionnettes postées au début de chaque artère…), nous avons occupé l’institut culturel italien.

Nous sommes intervenus à l’issue de la projection d’un film de Pontecorvo Ritorno ad Algeri et avons investi pendant plusieurs heures la grande salle.

Sur cette base d’action collective de lutte, nous désirons lancer une campagne d’information contre la sentence prononcée le 9 octobre en appel contre dix inculpés du G8 de Gênes 2001, des peines exorbitantes qui dépassent toutes les limites en matière de répression de la contestation sociale. 8 à 15 ans de prison pour des faits de destruction et de violence de rue.

Nous voulons, contre ce jugement inique, envoyer un signal à nos camarades italiens par notre présence dans ce lieu symbolique, ambassade culturelle de l’Italie qui se trouve, de plus, être directement territoire italien.

Nous voyons aussi que ce jugement, s’il se signale par son extravagance, prend place dans un cortège de décisions judiciaires et d’actions policières ultra-répressives et violentes dans toute l’Europe. _ Car si le programme de l’État libéral a longtemps été hypocritement « Tout ce qui n’est pas illégal est permis », aujourd’hui, il affirme franchement « Tout ce qui n’est pas expressément autorisé est illégal ». Les formes de conflit, de révolte variées dont le contre-sommet de Gênes a été un moment important doivent être étouffées.

RESISTONS A LA REPRESSION !

Assemblée générale dimanche 22 à 17 heures au CICP

http://nog8france.blogspot.com/


Le 9 octobre 2009, la justice italienne a condamné en appel 10 inculpés du contre-sommet du G8 de Gênes de 2001pour « destruction et saccage », à de très longues peines de prison ferme.

CARLO A. : 8 ANS
CARLO C. : 8 ANS
MARINA C. : 12 ANS ET 3 MOIS
LUC F. : 10 ANS ET 3 MOIS
ALBERTO F. : 10 ANS
INES M. : 6 ANS ET 6 MOIS
FRANCESCO P. : 15 ANS
DARIO U. : 7 ANS
ANTONIO V. : 8 ANS
VICENZO V. : 13 ANS ET 3 MOIS

Ce procès a eu lieu 48 heures après celui de 45 policiers où 15 seulement ont été condamnés à des peines très légères.

Le préfet Ganni De Gennaro, alors chef de la police ainsi que d’autres membres de la hiérarchies qui ont dirigé la répression à Gênes en juillet 2001 ont été acquittés, bien que la justice ait considéré comme illégale la charge de la police ayant engendré les plus violents affrontements.

Les "Journées de Gnes avaient vu la manifestation puissante d’une opposition à la réunion des chefs d’Etat de la planète, et plus généralement à l’ordre économique mondial. Réunion internationale, forum social , 300 000 personnes à la manifestation du 20 juillet malgré la militarisation et le verrouillage de la ville.

La répression avait fait un mort, Carlo Giuliani, 23 ans, tué par balles lors de cette charge, plusieurs centaines de blessés, des violences dont les plus fortes ont eu lieu à l’école Diaz où était installé le centre de média indépendant et où dormaient 307 manifestants qui ont été arrêtés puis séquestrés pendant trois jours dans la caserne du Bolzaneto, subissant sévices et humiliations.

La disproportion est éclatante entre les chefs d’inculpation qui touchent des destructions de biens matériels et ces cent années de prison au total.
Les personnes condamnées se voient infliger, pour quelques dégâts matériels (des bris de vitrine), des peines que nombre de meurtriers ne purgeraient pas.

Ce n’est pas telle ou telle action individuelle, telle ou telle personne que la justice italienne punit. C’est l’ensemble des événements politiques du contre-sommet qui se trouvent sanctionnés. Ces dix là paient pour toute l’action collective, pour tout le mouvement social et politique qui a eu lieu à Gênes. Cette décision de justice ressemble à un grand signal de terreur pour toutes celles et ceux qui contestent l’ordre social. Elle poursuit la répression sauvage du contre-sommet. Ces procès sont la deuxième vague de vengeance de l’Etat italien. Pour que la lutte contre l’injustice sociale et les rapports économiques sauvages, les conflits qu’ils génèrent soient cantonnés dans des formes invisibles, aseptisées qui ne gênent pas réellement l’ordre établi.

Ces condamnations marquent un nouveau pas dans le délire répressif en cours en Italie comme ailleurs.
Notre pays ne manque lui aussi pas d’exemples dans ce domaine, comme le montrent les récents évènements de Poitiers (une manifestation anticarcérale ayant débouché sur le bris de quelques vitrines) après lesquels un homme a été condamné à quatre mois de prison ferme « pour jet de pile » sur la police, puis un autre interpellé lors d’une manifestation de soutien consécutive pour avoir comparé publiquement l’officier de police à un collabo célèbre.

http://www.millebabords.org/spip.php?article12511

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21/11/2009

Anti 0tan - Antirépression - Legal Team - Auto défense Juridique

L’Egregore du 16 Novembre 2009

jeudi 19 novembre 2009, par OCL Reims

 

Débat suite au procès des deux jeunes manifestants de Rostock.

Pour télécharger l’émission :

Enregistrer la cible ->ici<- (avec le bouton droit de la souris)

Toutes les émissions de l’EGREGORE peuvent être rediffusées sur les ondes.
La seule condition étant naturellement d"en indiquer la source. :-)

http://oclibertaire.free.fr/spip.php?article652

 

Le site de l’antirépression Strasbourg à pour objectif de fournir une aide juridique a tous les membres du contre sommet anti-OTAN de Strasbourg 2009. Vous aussi vous pouvez aider à l’antirépression en faisant un don

Vous pouvez trouver sur ce site :

- Le guide juridique
- Le pense bête (corrections)

- Legal Guide
- Legal Sheet

- Rechtshilftips

- Manual Basico

- Consigli Legali

- HUKUKGURUBU

- Demande de défichage du fichier STIC

- Brochure sur le fichage ADN

- D’autres matériaux

Antirepression.org a aussi pour objectif de suivre en temps réel l’actualité du contre sommet et de la répression. Vous pouvez suivre l’ensemble de cette actualité dans le flux principal des articles.


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19/11/2009

Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

06/11/2009 à 00h00

Soldats tués en Côte-d’Ivoire, la juge veut entendre MAM

Justice . Alliot-Marie était à la Défense quand les neuf Français sont morts.

1 réaction

Par THOMAS HOFNUNG

Qui a donné l’ordre de bombarder, le 6 novembre 2004, un campement de l’armée française à Bouaké, en Côte-d’Ivoire, tuant neuf soldats et un civil américain ? Cinq ans après, la vérité n’a toujours pas été établie, malgré la ténacité de la juge du tribunal aux armées de Paris, Florence Michon, qui instruit une plainte contre X déposée en janvier 2005 par les familles des victimes pour «assassinats, tentative d’assassinats et destruction de biens».

La magistrate, qui a entendu ces derniers mois plusieurs responsables de premier plan, dont Dominique de Villepin (à l’époque ministre de l’Intérieur), souhaite auditionner la garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, alors à la Défense. «MAM», qui a déclaré qu’elle répondrait à une éventuelle convocation de la juge, a assuré que les mercenaires «slaves»pilotant les deux Sukhoï-25 de l’armée ivoirienne impliqués dans le raid contre les Français n’avaient pas été identifiés à l’époque des faits. Or, comme le rappelle l’avocat de plusieurs familles de soldats tués, Me Jean Balan, il est établi qu’ils ont été arrêtés au Togo, au sein d’un groupe de huit mercenaires, quelques jours seulement après les faits, et mis à la disposition de Paris. Mais les ministères de la Défense et de l’Intérieur n’ont pas donné suite. Comme le rapportait le site Mediapart, en juin 2008, Dominique de Villepin, pourtant très au fait du dossier ivoirien, a affirmé à la juge Michon qu’il n’avait pas été informé de l’arrestation de ces mercenaires lorsqu’il était Place Beauvau.

Autre bizarrerie, des techniciens biélorusses, ukrainiens et russes chargés de l’entretien des Sukhoï avaient été interpellés par les forces françaises sur l’aéroport d’Abidjan après le raid, puis avaient été remis à un diplomate russe au bout de quelques jours. Devant la juge, le patron des forces françaises de l’époque, le général Henri Poncet, a confié : «Nous avions bien compris que nous ne devions pas nous intéresser aux mercenaires.» Depuis le début de cette affaire, les autorités françaises se comportent comme si elles avaient quelque chose à cacher. Les corps des victimes ont été enterrés à la va-vite, sans autopsie. Si vite que deux corps ont été inversés dans les cercueils. De source proche de l’enquête, on se demande si cette précipitation n’est pas liée à l’implication embarrassante dans cette affaire d’un marchand d’armes français installé au Togo. Robert Montoya, un ancien de la cellule antiterroriste de l’Elysée sous Mitterrand, est soupçonné d’avoir fourni les avions de fabrication soviétique aux autorités ivoiriennes, ainsi que les pilotes et les techniciens pour les opérer. Après le bombardement de Bouaké, c’est lui qui aurait récupéré les équipages slaves, assurant leur exfiltration vers leur pays d’origine, via le Togo. A ce jour, il n’a pas été entendu par la juge. Après le bombardement de Bouaké, l’armée française avait détruit la quasi-totalité de la flotte militaire ivoirienne. En représailles, les partisans du président Laurent Gbagbo avaient attaqué la communauté française, entraînant l’évacuation de plus de 8 000 personnes.

fulbert (315)
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A l'épreuve de la vérité...
Bonjour,

Au siècle dernier, Madame Michèle Alliot-Marie a commis un ouvrage intitulé "la République des irresponsables."

Faisant la leçon à tout ce qui bouge, elle écrivait à la page 223 de son bouquin : « La responsabilité est le fondement même de notre République. Sanctionner au sein même de l'Administration la passivité voulue, obliger à réparer les conséquences d'une attitude irresponsable dans l'exercice professionnel paraît une exigence de bon sens, et qui surtout a besoin d'être rappelée ? »

A l'épreuve de la vérité, elle doit enfin dire ce qu'elle sait... Tout ce qu'elle sait... Dans tout ce qu'elle sait... Et non fuir ses responsabilités surtout pour ce qui me concerne...

En effet, elle en a dit des énormités notamment sur "l'assassinat" d'un gendarme sur l'île de Saint-Martin (Guadeloupe) ; c'est-à-dire d'un meurtre avec préméditation, faisant l'amalgame avec le meurtre du jeune Ilan Halimi par un certain "Fofana" qui faisait parti d'un gang dit "le gang des barbares", fustigeant par ses propos irresponsables le peuple noir des Antilles !

Or la mort du gendarmes - qui ne peut en aucune façon être passée sous silence et l'auteur doit être sévèrement condamné - est le fait d'un dramatique accident d'un jeune sur une moto.

Ce dernier a également failli y laissé la vie.

La ministre de la défense ne pouvait ignorer la vérité d'autant que le chef de l'Etat, Monsieur Jacques Chirac et le ministre de l'intérieur de l'époque, Monsieur Nicolas Sarkozy, s'étaient abstenus de tout commentaire, attendant le résultat des enquêtes en cours. Lire http://archives0407.philippe-folliot.fr/actu/?2006/02/28/546-deces-du-gendarme-raphael-clin

La presse - "qui s'est emballée" selon Libé - a remis tout cela à l'endroit. Lire ici http://www.liberation.fr/politiques/010140986-affaire-clin-l-emballement-de-la-metropole-denonce

Je me permettrai, dès lors, de reparler de l'affaire qui m'oppose à la ministre de la défense, Madame Michèle Alliot-Marie, qui a couvert un général corbeau auteur d'usurpation de l'identité de MAM pour me faire chanter, détournant l'adresse électronique du gouvernement (ministère de la défense) pour ce faire, etc.

J'ai transmis les nombreuses preuves à MAM - qui m'a accusé réception - mais a refilé le fric de l'Etat à ce corbeau pour me poursuivre parce que j'avais démasqué ce général qui m'insultait par ailleurs sur le net. Ci-joint le lien ad-hoc http://www.yoyotte-armee.com/usurpation.htm

Dès lors, il est urgent - vu la rupture - que Madame la ministre, Madame Michèle Alliot-Marie, dise tout ce qu'elle sait... dans toutes les "affaires"...

J'espère que je pourrai y arriver - tout comme dans l'affaire des soldats tués en Côte d'Ivoire si elle connaît des "choses" qui doivent éclairer la manifestation de la vérité - car selon qu'on est puissant ou misérable, etc.

Je ne sais si ce message sera publié par notre hôte, mais force est de constater - sans flagornerie aucune - que le seul quotidien qui laisse les "sans-grades" s'exprimer est bien LIBERATION.FR !

En tout cas, j'ai eu l'audace d'aller sur un forum d'un quotidien qui commence par F et finit par O et qui enjolive souvent la réalité des "chefs" qui nous gouvernent. J'ai réfléchi. Ils m'ont censuré !
Samedi 07 novembre à 15h48




Des avions et hélicoptères saisis chez un ancien gendarme

- [ 1/16/2006 ]

 

 

Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a rapporté dimanche la présidence togolaise citant le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l'aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

 

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu'il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

 

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d'une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

 

Le porte-parole des FAT n'a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.

 

"Laissons la justice s'occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d'Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

 

L'officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d'armes et de munitions vers la Côte d'Ivoire ou tout autre pays".

 

La Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d'Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d'un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l'ONU.

 

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l'exécution d'une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d'un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d'Ivoire le 6 novembre 2004.

 

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

 

La juge s'interroge principalement sur l'origine de ces deux Sukhoï 25.

(XINHUA)

 

 

 

 

PRESSAFRIQUE 31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un  crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

Le soldat «respecte l'adversaire et veille à épargner les populations. Il obéit aux ordres dans le respect des lois, des coutumes de la guerre et des conventions internationales»
La carte du soldat.

"Quand on veut noyer son chien on dit qu'il a la rage"

Suite à l'enquête judiciaire sur un certain nombre d'exactions commises par l'armée française en Côte d'Ivoire, le ministère de la défense s'est empressé de livrer à la vindicte populaire le général Poncet qui aurait couvert l'assassinat d'un présumé "bandit", Firmin Mahé, le 13 mai 2005, dans des circonstances atroces. Lors de son transfert à l'hôpital pour blessures légères celui-ci aurait été achevé par étouffement à l'aide d'un sac en plastique par des soldats français (deux soldats du rang et un adjudant-chef). Il a été ensuite enterré dans une fosse commune sans que la famille en soit avertie. Ce présumé "bandit" a été présenté par les médias français comme un "violeur, assassin, coupeur de route" sans l'ombre semble-t-il  d'une enquête judiciaire et de la moindre vérification déontologique. 
Quand on veut étouffer son chien on dit qu'il a la rage.  La Croix (27.10.05
la Côte d'Ivoire retient son souffle) va même jusqu'à écrire dans un article : " L'Ivoirien de la rue a du mal à comprendre qu'on reproche à des militaires d'avoir tué un «bandit» comme cela se fait, hélas, couramment ici sans autre forme de procès." A peu de choses près on retrouve les mêmes propos dans une bonne partie de la presse française qui reprend les communiqués de l'Elysée et de l'armée ( un peu comme au rwanda) sans trop se poser de questions. On espère simplement que pour ces euphémisateurs et culturalistes de service qui savent si bien faire parler les autres, que les faits dont on accuse Firmin Mahé alias Fabien sont vrais. Et même s'ils l'étaient cela ne justifierait en aucun cas le comportement inadmissible de soldats français couvert par leur hiérarchie. Par contre lorsqu'il a fallu évoquer la responsabilité française, dans les massacres du 9 novembre, soulevée par le rapport d'Amnesty International , on a eu le droit à un petit encart  dans Le Monde, Libération (26.10.05) et Le Figaro du 26.10.05 et guère plus jusqu'à ce jour. Une sensiblité médiatique à géométrie variable en fonction des canons de la mode dictés par l'Elysée?  Le 1er décembre 2004 le Canard Enchaîné s'était étonné du traitement médiatique des évènements de novembre en Côte d'Ivoire dans un article de Jean-François Juliard intitulé "La psychose d'une guerre gagne nos "amis" d'AFrique francophone. Délire sécuritaire des collègues de Chirac. Et enquête discrète des gendarmes." (01.12.04). Extrait (Des télés très embarquées) : "Pourquoi les télés françaises - qui avaient pourtant brocardé le journalisme américain au garde-à-vous en Irak - se sont-elles longtemps contentées d'une seule version des faits? Un reporter, présent sur place, raconte : "pour des raisons de sécurité, les confrères étaient très encadrés par l'armée française. Le matin le commandant, responsable des relations avec la presse les réunissait et annonçait le programme. Très Club Med. Par exemple : "Activités de ce 10 novembre. TF1 : patrouille en VAB (un blindé léger). France 2 : extraction (évacuation) de compatriotes dans le quartier du Plateau" Etc ." 

Le général Poncet, le colonel Burgaud  ainsi qu'un autre haut gradé dont le nom devrait être connu dans les jours à venir ont subi des sanctions disciplinaires. Ils ont été reconnus coupables d'avoir "couvert" cet assassinat. Le général Poncet a été suspendu à titre provisoire et conservatoire à la demande du ministre de la défense. C'est la première fois dans l'histoire de la République françafricaine qu'un quatre étoiles est suspendu. C'est donc que l'heure est grave. Or si l'Elysée via Michèle Alliot-Marie a pris cette décision aussi sévère en portant la charge sur le général Poncet principal responsable des opérations de la Licorne en Côte d'Ivoire au moment des faits c'est que les faits reprochés à certains hauts gradés pouraient être beaucoup plus graves et risqueraient de porter atteinte aux politiques qui les ont couvert. En effet, on compte depuis l'intervention des forces "impartiales" françaises en Côte d'Ivoire un certain nombre d'exactions dont il est fort probable que certaines n'ont pas même encore été portées devant la justice. Pour celles qui ont été signalées on note un certain nombre de crimes : "sur les quelque 50.000 soldats français qui se sont relayés depuis trois ans  au sein du contingent Licorne, 12 ont déja été condamnés pour vol, 1 pour meurtre, et 6 en attente de jugement pour viol"(JAI 23.10.05
L'honneur terni du général Poncet ). A cela s'ajoute le cas de six autres qui ont braqué la banque de Bouaké ( Le Messager 21.10.05 L'étrange affaire Poncet).  Par ailleurs le laxisme de la justice militaire française a entraîné la libération par erreur de deux des soldats impliqués dans le cambriolage des agences de la BCEAO à Bouaké et à Man (Le général Henri Poncet humilié : les vraies raisons d'un sacrifice - Décryptage , Courrier d'Abidjan 18.10.05). Beaucoup plus problématique, même si la presse coutumière de la loi de l'omerta ne l'aborde pas,  sont les responsabilités politiques et militaires françaises au regard des massacres commis par certains soldats de la force Licorne lors des manifestations antifrançaises  à l'encontre des civils ivoiriens qui manifestaient début novembre 2004.

Le lâchage du général Poncet, responsable des opérations au moment des faits, pourrait constituer le fusible protégeant les politiques au plus haut niveau qui ont couvert ces exactions, à savoir la ministre de la défense et le président de la république. La panique est telle à l'Elysée que l'on soutient, en dépit de la réalité des faits avérés, la théorie de "la légitime défense élargie" et que l'on refuse toute commission d'enquête parlementaire demandée par la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, de la Ligue des Droits de l'Homme, par des députés socialistes et communistes (Nouvel Obs.com PC et PS veulent
une enquête
; FIDH 30.11.04 La FIDH et la LDH demandent au Parlement français d'ouvrir une commission d'enquête sur la répression des manifestations du 9 novembre en Côte d'Ivoire ;FRATERNITE MATIN 27.10.05 Affaire Poncet : un député socialiste et Amnesty International chargent la France ). Un déni de démocratie au pays des droits de l'homme sous prétexte que "cela constituerait une défiance à notre armée". (JAI 08.02.05  Michelle Alliot-Marie, à propos d'une enquête sur les évènements de l'hôtel Ivoire "Ce serait une défiance à notre armée"). 

Ce "deux poids deux mesures" reste bien incompréhensible. Pourquoi ne pas alors envisager que l'enquête sur le général Poncet constituerait une défiance à notre armée? Si l'on remontait la chaîne du commandement dans les évènements de novembre 2004, il faudrait de toute évidence aborder les responsabilités politiques. Et déja les "plumitifs attitrés de l'Elysée et des cabinets ministériels français",comme les nomme Notre Voie ( 26.10.05 Acculé, Paris livre Poncet ), chargent au maximum un général Poncet qui décidément a le dos très large. François Soudan dans Jeune Afrique l'Intelligent écrit (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet) :
"C'est lui et lui seul (le général Poncet, ndlr) qui prend ainsi la décision de détruire, sur l'aéroport de Yamoussoukro, les deux Sukhoï responsables du raid meurtrier sur la base française de Bouaké - informé qu'après coup d'un ordre de destruction qu'il avalisera et étendra aussitôt à la totalité de la flotte aérienne ivoirienne. C'est lui et lui seul qui, dans la nuit de ce même 6 novembre, décide de recourir aux hélicoptères de combat pour empêcher la foule des manifestants de traverser les deux ponts d'Abidjan. C'est lui et lui seul, enfin, qui, le 9 novembre, ordonne aux forces spéciales d'aller prêter main forte aux marsouins du colonel Destremau bloqués dans l'hôtel Ivoire, avec autorisation de tirer." En clair l'armée française fait ce qu'elle veut en Côte d'Ivoire et échappe à tout contrôle politique. Sommes nous entrés dans l'ère de la dictature en ce qui concerne la politique africaine de la France? Et s'agit-il pour les politiques de reprendre le dessus en sanctionnant un haut-gradé incontrôlable?

Le massacre commis le 9 novembre à l'encontre des manifestants ivoiriens, peut être qualifié sans encombre de crime contre l'humanité dans le sens où il y a eu tirs à balles réelles sur des manifestants belliqueux mais non armés comme le montrent les images de la télévision ivoirienne reprise dans l'émission 90 minutes (Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française). Cette émission, du fait des pressions exercées par la Françafrique, a été mise sous contrôle et est devenue étroitement surveillée quant au contenu des thèmes abordés d'après le Canard Enchaîné (Pressafrique 21.09.05 Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus ) .  L e rapport d'Amnesty International met lui aussi en cause la méthode utilisée par les forces françaises pour réprimer les manifestations anti-françaises autour de l'Hôtel Ivoire. Dans ce rapport il est écrit noir sur blanc que "les forces françaises ont, à certaines occasions, fait un usage excessif et disproportionné de la force létale alors qu'elles se trouvaient face à des manifestants qui ne représentaient pas une menace directe pour leurs vies ou la vie de tiers» (Côte d'Ivoire : un avenir lourd de menaces, Amnesty International 26.10.05).  Le ministre de la défense en dénonçant l'omission de certains faits dans ce rapport et en arguant que les forces françaises étaient en "légitime défense élargie" se place en protecteur des soldats de la Licorne qui ont réprimé les manifestations et semble bien décidé, selon son bon vouloir, à déclarer ce qui doit être sanctionné et ce qui ne doit pas l'être (Nouvel Obs.com 28.10.05 Abidjan : Alliot-Marie conteste Amnesty ). Or, le mandat des Nations-Unies n'autorise en aucun cas l'armée française à tirer à balles réelles sur des civils désarmés. Cette attitude ne peut être en aucun cas assimilée à une « opération de maintien de l'ordre sous mandat de l'ONU ». Rien ne semble plaider en la faveur d'une telle opération à en croire les images de la télévision ivoirienne repris dans l'émission de Canal Plus 90 minutes, le 14.02.2005 (Le mardi noir de l'armée française). La volonté de couvrir les exactions de l'armée française au plus haut niveau ne relève-t-il pas du même délit attribué au général Poncet sur l'assassinat de Firmin Mahé? La question reste entière mais la communication de Michèle Alliot Marie avant de plaider "une légitime défense élargie" a connu de nombreuses vicissitudes et des variations pour le moins surprenantes montrant un cafouillage et un manque d'accordage dans la communication entre le ministère de la défense et les haut-gradés de l'armée. Une confusion qui ne semble toujours pas dissipée mettant les responsables politiques directement concernés dans une position d'équilibriste intenable. D'autant plus que certains éléments ne semblent pas aller dans le sens d'un général Poncet seul aux commandes. Ainsi dans le journal d'Antoine Glaser, la Lettre du Continent (N°460, du 9 décembre 2004) dans l'édito de première page ("Le profond "trauma" ivoirien!", il est évoqué les liens étroits entre Poncet et MAM lors de la crise ivoirienne : "Mais aux moments de la crise à Abidjan, le commandant de la force Licorne, le général Henri Poncet, était en direct avec la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, et les diplomates étaient complètement déconnectés...". Le Canard Enchaîné du 01.12.04 signale dans un article intitulé "Enquête discrete sur le secret de la Licorne" : "qu'une enquête interne ordonnée par Alliot-Marie concerne les conditions d'ouverture du feu, les dispositifs de protection et d'organisation des sites occupés ainsi que la présence et le rôle d'éventuels tireurs d'élite". Ce rapport a l'époque n'avait pas donné lieu à une enquête par le parquet. Ces éléments attestent que la ministre de la défense a été assez rapidement mise au parfum sur les "dérapages" des troupes françaises devant l'hôtel Ivoire pouvant expliquer certains revirements rhétoriques. Retour sur un cafouillage et un brouillage de la communication sur le drame du 9 novembre flirtant avec la désinformation.

Déclaration de Michèle Alliot-Marie le 10.11.04 :  
C'est qu'il y a eu des échanges de coups et de tirs entre la foule, les jeunes patriotes et les soldats (ivoiriens,ndlr), les militaires (ivoiriens, ndlr) et gendarmes ivoiriens qui étaient en interposition entre la foule et les blindés français". (Canal Plus 14.02.05 90 minutes le mardi noir de l'armée française).

Déclaration du général Poncet responsable de l'armée en Côte d'Ivoire le 13.11.04 qui contredit MAM et admet les tirs français mais évoque la légitime défense:
" Des tirs sont partis sur nos forces depuis les derniers étages de l'hôtel ivoire de la grande  tour que nous n'occuppions pas et depuis la foule. Dans ces conditions nos unités ont été amenées à faire des tirs de sommation et à forcer le passage en évitant bien évidemment de faire des morts et des blessés parmi les manifestants. Mais je répète encore une fois les premiers tirs n'ont pas été de notre fait".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le 15 novembre 2004, le colonel Gérard Dubois enfonce le clou, "porte-parole de l'état-major français, s'exprimant à la télévision suisse romande, dément implicitement les premières explications de la ministre Michèle Alliot-Marie (les soldats français n'ont pas tiré, mais il y a eu échange de coups de feu entre manifestants et militaires ivoiriens), en reconnaissant : « Nous avons effectivement été amenés à tirer, des tirs en légitime défense et en riposte par rapport aux tireurs qui nous tiraient dessus. » Il est à noter que TV5, chaîne francophone émettant en direction de l'Afrique, a soigneusement veillé à ne pas reprendre cette interview du porte-parole de l'état-major" (L'Humanité, 27.11.04 ; Et les soldats français ont tiré....)

Le chef de la gendarmerie ivoirienne Guiabi lance la polémique, il accuse le colonel français qui dirigeait les opérations à l'hôtel Ivoire d'avoir provoqué la fusillade :
" Il a donné l'ordre de tirer il n'y avait pas de tirs auparavant, il n'y avait pas eu  un seul coup de feu avant que les militaires français commencent à tirer.  Ils n'ont pas tiré au hasard les militaires français, c'est leur chef de corps qui a donné l'ordre de tirer"(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

Le chef d'état-major Henri Bentégeat monte au créneau et déclare le 3 décembre 2004 : "Nous avons eu le sentiment d'un bout à l'autre que ce fameux colonel de  gendarmerie qui accuse aujourd'hui  l'armée française avait en réalité chercher à provoquer l'incident que ce sont les gendarmes ivoiriens qui ont cherché à se saisir à un moment de certains de nos soldats pour les envoyer dans la foule et c'est là que nous avons du ouvrir le feu après les tirs de sommation".(Canal Plus 90 minutes 14.02.05 le mardi noir de l'armée française)

De toute évidence la ministre de la défense a dû adapter son discours sur celui de l'Etat-major et dès lors a défendu l'idée d'une "légitime défense" : 
"Les soldats "ont réagi dans le cadre des règles, c'est-à-dire avec des tirs de sommation, des tirs de dissuasion et ils n'ont de toutes façons agi qu'en totale légitime défense" (Nouvel obs.com 01.12.04, Alliot-Marie défend à nouveau ses soldats),

Ce qu'infirme complètement le reportage de la télé ivoirienne qui montre des manifestants pacifiques et sans armes mais qui débordent le cordon de sécurité mis en place par les militaires français et les gendarmes ivoiriens. Le colonel Destremau responsable des opérations militaires du 9 novembre 2005 devant l'hôtel Ivoire  contredit aussi l'hypothèse avancée par MAM de simple légitime défense, dans les colones de Libération il déclare :

Libération 10.12.04
"Pour l'honneur de mes soldats", le colonel Destremau témoigne de la fusillade devant l'hôtel Ivoire
" On arrivait pas à éloigner cette foule qui, de plus en plus était débordante. Sur ma gauche, trois de nos véhicules  étaient déja immergés dans la foule. Un manifestant grimpe sur un de mes chars et arme la mitrailleuse 7-62. Un de mes hommes fait un tir d'intimidation dans sa direction ; l'individu redescend aussitôt du blindé. Le coup de feu déclenche une fusillade. L'ensemble de mes hommes fait des tirs uniquement d'intimidation". assure le colonel Destremau, ajoutant que seuls les COS auraient visé certains manifestants avec leurs armes non létales. A propos du corps décapité que montrera la télévision, le colonel assure que ses "hommes n'ont pu faire cela". "Nous n'avions pas les armes pour infliger de telles blessures. Si nous avions tiré au canon dans la foule, ça aurait été le massacre" conclut-il. Aujourd'hui, le colonel Destremau souhaite pouvoir témoigner devant une commission d'enquête "pour l'honneur de (ses) soldats, qui se sont remarquablement bien comportés"...

Images de la Radio Télévision Ivoirienne reprise par l'émission 90 minutes sur Canal Plus le 14.02.05 Le mardi noir de l'armée française
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Ces tirs de sommation ajoutés aux tirs du COS équipés d'armes dites non létales et qui ont visé les manifestants selon le colonel Destremau ont fait selon Le Parisien (cité dans le reportage de Canal Plus le mardi noir de l'armée française), 16 morts et des centaines de blessés parmi une population civile désarmée.

De même, le Canard Enchaîné du mercredi 8 décembre 2004 (L'armée recule sur le front des chiffres...En Côte d'Ivoire, l'enquête interne conclut à une cinquantaine de morts. La thèse de la légitime défense a pris du plomb. Et pas la moindre image des cameramen militaires pour y voir plus clair), cite les propos d'un officier français qui remet sérieusement en cause la thèse de la légitime défense : "Il ne s'agissait pas, comme on nous demande de le dire, de légitime défense au sens strict du terme, précise un officier, mais plutôt d'envoyer ce message : "ça suffit. On arrête de jouer". Et ça a marché. On a tenu les points stratégiques d'Abidjan, ceux qui nous permettaient l'accès au port et à l'aéroport en vue de l'évacuation des ressortissants. On savait qu'on devait tenir ce carré-là. Nos soldats ont limité le nombre de morts en faisant des tirs ciblés. Et si on s'était vraiment lâchés, il y aurait eu des centaines de morts." Dès lors la thèse de la "légitime défense élargie" va apparaître dans le discours de légitimation de la tuerie. Quant au Canard Enchaîné (08.12.04), il reprend à nouveau les propos de cet officier déclarant : "la gestion de la crise a été un festival de grosses conneries". Le Canard en révèle trois : la première est d'avoir envoyé les éléments du RICM qui ont subi les bombardements de Bouaké assurer la sécurité à Abidjan autour de l'hôtel Ivoire alors qu'ils avaient perdu 9 de leur camarade dans les bombardements. De plus ils n'avaiant pas été relevés, ils n'ont pas dormi pendant deux jours avant d'arriver devant l'hôtel Ivoire. La deuxième est d'avoir cantonné les trois escadrons mobiles de la gendarmerie au 43ème Bima alors qu'ils sont rôdés aux opérations de maintien de l'ordre. Troisièmement, étrangement aucun cameramen des services militaires pourtant présents à Abidjan n'a couvert la situation autour de l'hôtel Ivoire alors que la Radio Télévision Ivoirienne a couvert le drame heure par heure.

Il s'en est suivi une guerre des chiffres selon le Canard où la désinformation a sévit dans les deux camps. Le Canard (du 08.12.04) révèle que "Le Commandement des opérations spéciales (COS) a beaucoup sollicité sa cellule psychologique qui fait appel à des consultants extérieurs. Ce sont eux qui ont souflé à la pauvre MAM le chiffre de "78 blessés" français lors de ces affrontements. Face aux "57" morts annoncées (mais pas vérifiées non plus) des Ivoiriens, il fallait faire bon poids. En fait de "blessés", ce chiffre de 78 correspond au nombre recensé de consultations des militaires ces jours-là, petites blesures comprises."

MAM  tend même à amoindrir les faits dramatiques qui ont eu lieu à l'hôtel Ivoire au regard de la réussite extraordinaire qu'a constitué l'exfiltration par l'armée des ressortissants français : "
La ministre a également évoqué "les exactions, les vols, les attaques, les propos racistes et xénophobes, l'appel au meurtre qui a été le fait de la presse d'Abidjan (...) et le fait d'un certain nombre de responsables politiques ivoiriens". "Face à cette réalité, je crois que les militaires de Licorne, qui sont là à la demande de l'ONU, pour soutenir les forces de l'ONUSI, pour protéger les ressortissants étrangers, ont fait preuve d'une maîtrise totale, d'un grand professionnalisme et d'une extraordinaire patience" (Nouvel Obs.com 07.12.04, Alliot-Marie dénonce la "désinformation" ). Il est à noter qu'aucun ressortissants français n'est mort suite à l'insurrection antifrançaise d'Abidjan. Jacques Chirac se dira même assez impressionné par la discipline des Patriotes selon un article du journal JAI. Il y avait visiblement des consignes venues du pouvoir loyaliste de Gbagbo pour terroriser les ressortissants français sans qu'il y ait de tueries.


A  la lueur de la législation internationale sur les crimes contre l'humanité, il s'avère que ceux-ci sont imprescriptibles et que nul ne peut y échapper du militaire au chef de l'Etat.  La question qui reste en suspend concerne la part de responsabilité de Michèle Alliot-Marie en tant que ministre de la défense et du président de la République, Jacques Chirac, chef des armées dans ce qu'il faut bien appeler un crime contre l'humanité (voire encadré plus bas).  La meilleure façon de les blanchir serait sans aucun doute d'accepter une commission d'enquête. Si le colonel Destremau accepte de témoigner devant une commission d'enquête pourquoi les politiques au pouvoir la refusent-ils? En l'occurence les intéressés en ont sans doute une peur bleue non pas parce qu'elle constituerait une défiance à nos militaires mais parce qu'elle serait avant tout une défiance à la chaîne de commandement politique qui supervise l'armée. Un déni de justice en quelque sorte dans un pays qui ne s'est que très rarement accoutumé des droits de l'homme dans son pré-carré francophone africain .  Plus grave encore, la commission d'enquête demandée par la gauche française demande à faire la lumière sur l'implication française depuis le début de la crise ivoirienne, et on comprend la panique de l'Elysée s'il était avéré, comme bon nombre de spécialistes le laisse entendre, qu'il y avait une
responsabilité françafricaine dans l'armement des rebelles . La loi de l'omerta règne, des lampistes ont trinqué et le discours soporifique des médias contribue à l'anesthésie des consciences collectives sur ce qui ressemble à s'y méprendre à un crime contre l'humanité.  François Soudan écrit dans JAI : "en faisant de la mort d'un Ivoirien une quasi-affaire d'État, MAM se rattrape des lenteurs, des hésitations et des contradictions qui furent les siennes en novembre 2004, lorsqu'il s'est agi de reconnaître que l'armée française avait bel et bien fait des victimes civiles à Abidjan" (JAI 23.10.05 L'honneur terni du général Poncet).

Wikipedia
Le crime contre l'humanité est défini par l'article 6,c du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg et appliqué pour la première fois lors du procès de Nuremberg en 1945. Il définit ainsi le crime contre l'humanité : « assassinat, extermination, réduction en esclavage, déportation et tout autre acte inhumain commis contre toute population civile [.], ou bien les persécutions pour des motifs raciaux ou religieux [.]. L'article 7 du statut de Rome ratifié par la France définit onze actes constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » : meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [.], torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.], disparitions forcées de personnes, crime d'apartheid, autres actes inhumains [.]. Chaque terme est ensuite redéfini plus en détail, comme les termes extermination, déportation, etc. La notion de crime contre l'humanité est définitivement extraite de son contexte initial et définie rigoureusement. A la lumière de l'article 7 et des textes qui le précèdent, trois grands principes de droit international peuvent être dégagés qui régissent le crime contre l'humanité : il peut être commis en tout temps (en temps de guerre extérieure ou intérieure comme en temps de paix) ; il est imprescriptible ; personne ne peut échapper à la répression, des chefs de l'État aux exécutants (article 27 du Statut). On notera que le crime contre l'humanité consacre donc une certaine primauté du droit international sur le droit national par sa nature même, puisqu'il peut s'agir aussi bien d'agissements légaux qu'illégaux dans le pays concerné. Ce qui peut être déclaré légal par un certain régime peut devenir illégal compte tenu de la législation de la justice pénale internationale...


Le refus d'accepter une commision d'enquête sur ces évènements dramatiques apparaît implicitement comme un aveu de culpabilité mais aussi comme un mépris envers les victimes ivoiriennes de ces massacres. Comment se fait-il que la mort d'un photographe espagnol dans l'affaire du Rainbow Warrior devienne une affaire d'état entraînant la démission du ministre de la défense Charles Hernu, devenu le lampiste de service, tandis que le massacre de dizaines d'ivoiriens, par l'autoproclamé pays des droits de l'homme, n'a eu aucun retentissement médiatique et encore moins judiciaire?  Comment se fait-il que lorsque les Américains sont accusés de tortures en Irak cela donne lieu à des procès retentissants et médiatisés alors qu'en France c'est le règne de l'Omerta ? Comme si les tirs à balles réelles de l'armée française sur des centaines de civils ivoiriens sans défense n'avaient aucune importance.

S'il devait y avoir une commission d'enquête dans un pays qui respecterait les principes démocratiques et humanistes de sa constitution à savoir que tous les hommes quelque soit leur origine, leur confession, leur niveau social ont le droit à une justice transparente et équitable, et cela d'autant plus qu'elle implique certains de nos militaires sur un territoire étranger, cette commission d'enquête devrait faire la lumière sur plusieurs questions :

1. Quelle est la part de responsabilité de la France dans le soutien apporté à la rébellion ivoirienne à partir du Burkina Faso?
2. Pourquoi les forces françaises ont tardé à intervenir pour sauver le régime de Gbagbo lors du coup d'état de septembre 2002 en dépit des accords de défense entre la Côte d'Ivoire et la France?
3. Comment le camp militaire français de Bouaké a été bombardé et qui en est l'instigateur?
4. Qui a ordonné le bombardement et la destruction totale de la flotte aérienne ivoirienne?
5. Pourquoi le corps expéditionnaire de Bouaké qui a subi la perte de 9 hommes dans les bombardements du camp militaire français a été chargé d'assurer la protection de l'hôtel Ivoire face aux manifestants ivoiriens anti-français?
6. Pourquoi les gendarmes français armés de balles en caoutchouc présent à l'hôtel Ivoire n'ont pas été déployés en première ligne avec les gendarmes ivoiriens face à des manifestants non armés?
7. Qui a donné l'ordre de tirer sur la foule ivoirienne?
8. De quelle manière des tirs de sommation peuvent ils entraîner la mort par balles de manifestants (femmes, enfants, hommes) ?
9. Quel a été le rôle du COS et pourquoi ont-ils visé des manifestants avec des armes soit disantes non létales?
10. Quel est le rôle du général Poncet responsable du COS?
11. Les gendarmes ivoiriens ont-ils une responsabilité dans le massacre du 9 novembre? Ont-ils favorisé en abandonnant leurs positions face aux manifestants l'exposition de ceux-ci aux tirs français?
12. Quel est le fondement des rumeurs de coup d'Etat contre Gbagbo lors des évènements de novembre 2004?
13. Que faisait les services secrets israëliens dans la tour de l'hôtel Ivoire?
14. Que signifie "légitime défense élargie"? Et quelles sont les justifications pour employer ces termes?
15. Le ministre de la défense couvre-t-il ces exactions?
16. Quelle est la part des responsabilités de l'exécutif français dans ce crime contre l'humanité?

 

 

 

PRESSAFRIQUE 17.03.06
Qui arme la Côte d'Ivoire (2) ?

Selon Le Monde, et d'après des informations en provenance de l'ONU, "les deux tiers des marchés militaires de la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004 ont transité par la Darkwood", une société détenue par un ancien gendarme de l'Elysée bien en vue dans certains réseaux de la Françafrique (LE MONDE 11.01.06, Robert Montoya, un "plombier" en Afrique ). Selon Libération (Robert Montoya rattrapé par ses trafics d'armes en Afrique), "cet ancien gendarme de l'Elysée sous François Mitterrand, condamné en France pour des écoutes illégales en 1992, s'était reconverti, avec succès, en marchand d'armes sous les tropiques. A Lomé, à la tête de plusieurs sociétés de sécurité, il a fait fructifier ses affaires, tout en rendant de fiers services au pouvoir répressif du général-président aux éternelles lunettes noires, Gnassingbé Eyadéma".

Suite à l'enquête du juge Brigitte Raynaud sur le bombardement du camp militaire de Bouaké qui a entraîné la mort de neuf soldats français et en dépit du secret défense apposé à de nombreux dossiers touchant à cette affaire, un mandat international a été demandé par la juge à l'encontre de Robert Montoya présumé pourvoyeur d'armes de guerre et d'avions de chasse pour les "Patriotes" (LE MONDE 31.01.06 Côte d'Ivoire: l'enquête sur l'attaque antifrançaise de Bouaké se focalise sur Robert Montoya) . Hormis l'Israëlafrique (LE POINT 21.12.04 Révélations. Côte d'Ivoire: La piste étrangère ) qui a soutenu logistiquement les FANCI et leur a fourni assistance militaire technique et matérielle (les fameux drones), il semble que les réseaux françafricains soient d'importants pourvoyeurs d'armes en Côte d'Ivoire. Et qui plus est, aux différents belligérants de la crise depuis 2002. Une situation qui n'est pas sans rappeler le rôle de la Françafrique en Angola en synergie avec les réseaux transatlantiques et russafricains confluents dans une mafiafrique informe (?), ainsi que son action au Congo-Brazzaville .

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

"C'est le cas par exemple de la société Elf, très impliquée dans les conflits d'Afrique australe dans les années 1990 et jusque très récemment. Le conflit angolais présente un avantage immédiat pour qui est en mesure de négocier l'accès aux immenses ressources pétrolifères de ce pays : il rend les belligérants extrêmement dépendants de la vente de ces ressources, qui peut seule permettre de financer la guerre et, avec elle, leur survie politique. La société française (Elf, ndlr), avait donc intérêt à faire durer un conflit qui lui permettait d'accéder à vil prix aux champs pétrolifères. Aussi a-t-elle répondu aux demandes exprimées par les différentes parties, armant et fournissant en mercenaires l'UNITA autant que le MPLA au pouvoir en Angola. Au passage la firme multinationale réalise de copieux bénéfices qui vont alimenter ses multiples caisses noires".


Un processus qui n'est pas sans rappeler les déclarations d'un ancien PDG de la compagnie, ''compatissant'' aux sorts des Congolais.

Le Floch-Prigent, Affaire Elf, affaire d'Etat. Entretiens avec Eric Decouty. Folio documents. p.123-124.

Je sais, effectivement qu'en 1997 la FIBA (banque d'ELF, ndlr)  a joué un rôle dans la livraison des armes qui ont permis de faire un carnage à Brazzaville [...]. Des hommes sont morts. Et tous les mois, lorsque leur pétrole est vendu, les Congolais voient une partie de leur argent aller directement chez Elf pour rembourser ces armes. Cette ignominie dure depuis quatre ans qui s'en soucie? On applaudit à la fermeture de la Fiba quelle acte de bravoure! Mais des milliers de Congolais sont morts et les survivants doivent payer les armes qui ont tué les leurs...


D'ailleurs le rapport de l'ONU de mai 2005 (PRST/2004/17) intitulé "Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire" évoquait  la découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire comme l'une des causes externes du conflit.

Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Jadis le pays le plus riche de la sous-région doté d'une économie solide, la Côte d'Ivoire avait commencé à sombrer dans la crise vers la fin du règne d'Houphouët Boigny. Cette déstabilisation du pays a engendré la fuite des investissements et la délocalisation de certaines usines vers d'autres pays de la sous-région. La découverte de quinze champs pétrolifères en Côte d'Ivoire est considérée par certains médias nationaux et internationaux comme étant un élément renforçant cette déstabilisation. Cela constitue en outre un centre d'intérêt au conflit voire de la main mise sur les ressources économiques du pays par les Etats voisins et par les Occidentaux. ...




Voici une série d'infos extraites de la presse et d'instance spécialisées sur l'implication probable des réseaux françafricains dans les livraisons d'armes ou sur le soutien logistique et technique apporté aux différentes factions armées en Côte d'Ivoire. Il est évident que les informations sont en partie déséquilibrées dans la mesure où l'armement arrivant dans le camp des "forces loyalistes" est beaucoup plus surveillé (notamment par l'ONU) et donc médiatisé que celui transitant par le Burkina Faso, chantre de la françafrique et de la francophonie, pour finir chez les rebelles où l'opacité reste encore de mise.  


Extraits :

La privatisation de la violence par Xavier Renou aux éditions Agone, p. 311

...On se rappelle que le Français naturalisé sud-africain Richard 'Sanders' Rouget était condamné en juillet 2003 pour avoir recruté et envoyé en Côte d'Ivoire des mercenaires. Il a fourni ses services de recrutement aux deux parties en conflit, forces gouvernementales du président Gbagbo et rebelles du MPIGO ! L'ancien militant d'extrême droite a-t-il agi en toute indépendance, comme un simple intermédiaire à la recherche du plus fort gain, ou a-t-il été sollicité  par une puissance étrangère, la France peut-être ? Qui l'a mis en contact avec ses clients, pas fâchés que des mercenaires renforcent les deux camps ?...


Commission d'enquête internationale sur les allégations de violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire
mai 2005 (PRST/2004/17). p.88

...Il est indéniable à l'heure actuelle que les deux parties ivoiriennes en conflit ont eu recours aux services des mercenaires originaires notamment du Libéria, d'Afrique du Sud, de l'Angola, de la France pour le gouvernement et de ceux en provenance du Libéria et de la Sierra Léone en ce qui concerne les rebelles du MPCI.

Selon des témoignages, les rebelles libériens engagés étaient des opposants au régime de Charles Taylor. Leurs unités de combat étaient baptisées "Lima" ou "Fire".

Il y avait aussi des Ghanéens, des Guinéens, des Burkinabés, des Français, des Sud-Africains. La Commission a reçu une liste avec des noms des mercenaires notamment français et sud-africains ...

Reste à savoir si ces réseaux agissent de manière totalement indépendante pour améliorer leurs fins de mois difficiles ou s'ils ont reçu un quelconque "feu orange".

Une commission d'enquête sérieuse serait la bienvenue. Malheureusement, ni le parlement français pour cause de déficit démocratique (non accès à la politique étrangère, domaine réservé de l'Elysée), ni l'ONU pour cause d'allégeance aux puissances règnantes au sein du conseil de sécurité ne semblent réellement en mesure de mettre à jour les réseaux qui alimentent en armes les deux factions en présence.

AFRICA INTELLIGENCE 21.11.05
Armurier et armements...

...Les experts de l'ONU ont enquêté sur les "prélèvements" opérés par le pouvoir dans les caisses du cacao pour acheter de l'armement (180 millions $ en 2004) et ceux des "Forces nouvelles" sur les recettes du coton. Les mêmes Forces nouvelles pillent allègrement, selon les experts, les diamants de la mine de Séguéla et exportent les "cailloux" par la Guinée et le Mali. Sur ce dossier sensible, le groupe d'experts a préféré ne pas donner les noms des intermédiaires européens qui récupèrent ces diamants pour ne pas gêner les enquêtes internationales en cours...



A suivre...

Lire aussi
PRESSAFRIQUE 20.02.06
Qui arme la Côte d'Ivoire?

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Dernières modifications 19.04.06

 

PRESSAFRIQUE 05.03.07
L'émission Pièces à convictions sur France 3 revient sur le bombardement de Bouaké et l'assassinat des 9 soldats français

Une fois n'est pas coutume, France 3 au travers de son émission Pièces à convictions fournit une excellente enquête sur un sujet ayant trait aux relations françafricaines en Côte d'Ivoire. L'émission intitulée "Côte d'Ivoire : roquettes sur nos soldats" a été diffusée vendredi 02.03.07 à 23h25. D'une durée d'environ deux heures, au travers d'un reportage suivi d'un débat, Pièces à conviction retrace le déroulement du bombardement de Bouaké et évoque les entraves qu'a subies la juge Brigitte Raynaud pour mener à bien son enquête. On ne peut que se féliciter du sérieux de l'enquête journalistique qui semble renouer avec un journalisme d'investigation digne de ce nom auquel France Télévisions ne nous avait pas habitué sur l'Afrique et les relations françafricaines. Bien sûr, on a le droit dans le court historique qui nous est donné sur la Côte d'Ivoire au poncif du Général de Gaulle qui "a voulu la décolonisation" en omettant soigneusement de préciser la manière dont le Général Président à réussi à mettre sous sa coupe les anciennes colonies en portant à leur tête des hommes liges (Bokassa en Centrafrique, Bongo au Gabon, Houphouët Boigny en Côte d'Ivoire, Eyadéma au Togo, ...). Bien sûr lorsque le reportage revient sur le déclenchement de la guerre civile, rien n'est dit sur les allégations selon lesquelles des réseaux françafricains auraient été à l'instigation de la rebellion à partir du Burkina Faso ni sur le refus initial de l'armée française de porter secours à Gbagbo en dépit des accords de défense franco-ivoirien. Bien sûr le terme Françafrique évoqué de manière allusive n'est pas même expliqué au téléspectateur mais là n'est pas le sujet principal du documentaire. Sa thématique porte essentiellement sur le bombardement de Bouaké.

Et l'on doit dire que pour la première fois à la télévision française, trois ans après les faits, un documentaire revient en profondeur sur ce drame qui a vu la mort de 9 soldats français et d'un ressortissant états-unien bombardé par des avions ivoiriens en novembre 2004. On y découvre bon nombre d'informations qui méritent leur pesant d'or médiatique.

En résumé, on apprend que les militaires français et l'ONU ont laissé les avions bombarder les rebelles lors de leur offensive début novembre 2004, que la France n'a rien fait pour arrêter les pilotes biélorusses qui commandaient les Sukoi-25 qui ont bombardé le camp de Bouaké. Pis que les autorités françaises ont demandé qu'ils soient relâchés peu après qu'ils aient été arrêtés à la frontière par la police togolaise. Enfin on y apprend que les avions ont été vendus à la Côte d'Ivoire par un ex-gendarme français, le même qui a été à l'origine de la venue des pilotes en Côte d'Ivoire. On apprend que la juge Brigitte Raynaud a du constamment affronter le secret défense et qu'elle n'a pu accéder à de nombreux documents alors qu'il s'agissait d'une enquête portant sur des soldats français assassinés. Enfin que les soldats ont été enterrés avec leurs effets personnels tandis que les familles n'ont pu voir les dépouilles et qu'il n'y a jamais eu d'autopsie. Autant de zones d'ombres sur cette affaire, autant d'entraves du ministère de la défense à l'enquête du juge Raynaud qui pose la question de la responsabilité et du degré d'implication des autorités françaises dans cette affaire

D'une part, on notera le sérieux de l'investigation et une approche à même de démêler la complexité de l'affaire et de la situation.  Des documents exclusifs ont pu être diffusés tels que le bombardement tel qu'il a été filmé par un soldat français du camp de Bouaké, une interview de l'ex-gendarme de l'Elysée qui a fourni les Suk
oi à la Côte d'Ivoire, le bombardement par hélicoptère de manifestants antifrançais sur des ponts à Abidjan (déja diffusé sur Canal Plus dans l'émission 90 minutes ). Enfin les journalistes ont interviewé, outre Robert Montoya, la juge Brigitte Raynaud, le colonel Destremaut qui était en charge du camp de Bouaké et qui a du assurer la sécurité autour de l'hôtel Ivoire avec les forces du COS, le général Beth, le ministre de l'intérieur togolais, le président Laurent Gabgbo, les familles des victimes, l'avocat des victimes....
De nombreux faits que la presse a rapporté sont repris dans le reportage. Par exemple, la non intervention délibérée de l'Etat-major français face aux bombardements des rebelles par les forces ivoiriennes : en dépit de leur mission de paix et d'interposition entre les forces en guerre, ni l'ONU, ni la force de Licorne ne sont intervenues pour arrêter les bombardements. Le prétexte étant qu'il n'y a pas eu de mandats de l'ONU demandant une intervention expresse. Le reportage nous montre des films tournés par les militaires français des bombardements effectués par les Sukoi sur les forces rebelles. Les militaires commentent en temps réel les vols des Sukoi. Puis tout bascule, les Sukoi bombardent délibérément le campement de Bouaké faisant 10 morts et une trentaine de blessés. Puis c'est l'escalade, l'armée française sur ordre de l'Etat-major, alors qu'elle avait refusé d'intervenir entre les forces en guerre, décide de bombarder toute la flotte aérienne ivoirienne. En quelques heures la situation s'embrase, des manifestations antifrançases sont instrumentalisées par les nationalistes de Gbagbo, les citoyens français sont pris pour cible. Pour stopper les manifestants les hélicoptères tirent sur la foule tandis que l'armée française réprime dans le sang les manifestations à l'Hôtel Ivoire faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés. Interviewé dans le reportage le colonel Destremaut reconnaît avoir fait "un tir d'intimidation" à "balles réelles" au-dessus de la foule et reconnaît que des civils ont pu être tués par des "grenades à main offensive" lancés lors des "tirs d'intimidation". Alors que Destremaut demandait une commission d'enquête pour montrer sa bonne foi et être mis hors de cause, alors que les Verts et les socialistes demandaient une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette répression sanglante d'une manifestation de civils aux mains nues, les députés UMP majoritaires à l'assemble nationale ont refusé toute enquête parlementaire au motif que ce serait "une défiance à notre armée". Michèlle Alliot-Marie parlera dans cette situation de "légitime défense élargie ". Un concept au contour flou pouvant tout justifier. Une histoire abracadabrantesque. Il n'y aura pas non plus de commission d'enquête sur l'assassinat des soldats français.

Plus stupéfiant encore, tout semble avoir été mis en place pour entraver l'enquête du juge Brigitte Raynaud suite à la plainte des familles des victimes des soldats. La juge s'est heurtée au secret défense, une "sorte d'omerta générale" de la part de l'Etat.  Pourtant lors de l'enterrement des soldats français, l'Etat français avait fait une promesse par l'intermédiaire de son plus haut représentant Jacques Chirac "je veux vous dire qu'au nom du peuple français nous ne vous oublierons pas ".  Le tribunal aux armées de Paris ne sera saisi de l'enquête que 2 mois après les assassinats. Un délai anormalement long, d'habitude il ne faut que quelques jours. Le reportage note une première erreur : le défaut d'autopsie après les bombardements. Lors des funérailles nationales, le ministère de la défense s'est opposé à l'ouverture des cercueils. "Motif officiel : les corps n'étaient pas présentables ". Ce n'est qu'un an après que les familles des victimes vont avoir accès aux effets et aux photos de leurs enfants. Une mère de famille découvre que les photos qu'ont lui a envoyé ne sont pas celles de son fils. Les corps ont été intervertis. Seule l'autopsie aurait permis d'éviter ces erreurs. Les familles disent ne pas avoir été convaincues par les explications de la ministre de la défense Michèle Alliot-marie. L'enquête sur l'asssassinat des soldats français va connaître de nombreuses autres difficultés.
Alors qu'elle enquête sur l'assassinat de militaires français, la juge Brigitte Raynaud va se heurter systématiquement au secret-défense de la part du ministère de la défense français. "C'était sans fin" déclare Brigitte Raynaud. Malgré tout Brigitte Raynaud, dont nous avons déja souligné le courage et la probité exemplaire, va découvrir que les Sukoi qui ont servi à bombarder le camp de Bouaké sont venus de Biélorussie avant même l'embargo. Les deux Sukoi 25 ont été vendus par Robert Montoya, un ancien gendarme de la cellule élysée sous François Mitterrand. C'est aussi lui qui a fait venir l'équipage biélorusse en Côte d'Ivoire. Robert Montoya est "un gendarme impliqué dans des secrets d'Etat notamment l'affaire des plombiers de la République. Il écopera de 3 mois de prison pour une affaire d'écoute illégale au profit de François Mitterrand". Le dossier est aujourd'hui classé. Devant les caméras de France 3, Robert Motoya, vendeur d'armes, déclare qu'il n'a "pas de leçons de patriotisme à recevoir de qui que ce soit et qu'il est profondément Français" et enfin "ne rien regretter".  "Robert Montoya est aujourd'hui installé au Togo", "un petit pays ami de la France à seulement une heure d'avion de la Côte d'Ivoire ". Cet ancien gendarme  au service de réseaux françafricains est aujourd'hui reconverti dans la sécurité et la vente d'armes.

Enfin, des images prises sur l'aéroport de Yamoussoukro par un militaire français montre les pilotes de l'avion en train de descendre de leur avion après les bombardements de Bouaké. Images diffusées dans le documentaire. Les militaires français sur le tarmac vont filmer les pilotes mais ne les arrêteront pas. Deux thèses sont développées. Celle du général Emmanuel Beth (commandant des forces de Licorne) qui déclare que les soldats à Yamoussoukro ne pouvaient savoir ce qui s'est passé tandis que le colonel Destremaut qui était à Bouaké déclare que les personnels qui étaient à Yamoussoukro ont eu une connaissance exacte de ce qui s'était passé quasiment en temps réel grâce au réseau radio : "les personnels qui sont à Yamoussoukro en ont eu une connaissance exacte". Le documentaire montre qu'à plusieurs reprises les militaires français ont laissé échapper les pilotes biélorusses alors qu'ils savaient ce qu'ils avaient fait. Les services de renseignement français avaient toutes les informations nécessaire (photos, déplacements, localisation). Des centaines de photos ont été versés au dossier. Selon les services secrets français l'équipage était constitué par deux pilotes Biélorusse et deux co-pilotes Ivoiriens. Les co-pilotes ivoiriens ont été formés en France à Salon-de-Provence. Fait incroyable, ces co-pilotes ivoiriens sont aujourd'hui en poste actuellement à Abidjan. Les reporters ont pu les joindre au téléphone mais n'ont pu les rencontrer. Pendant que les pilotes biélorusses passeront quelques jours à Abidjan, les militaires français du 43ème BIMA vont arrêter 15 témoins directes. Il s'agit des techniciens de maintenance, tous sont d'origine slave. Ils étaient là lorsque les pilotes ont atteri sur le tarmac de Yamoussoukro. Ces techniciens seront en garde à vue pendant 4 jours au 43ème BIMA sans avoir été interrogés, du moins officiellement. Au bout de 4 jours ils sont remis à l'ambasade russe et seront évacués après. La juge Brigitte Raynaud ne croit pas un instant qu'ils n'ont pas été interrogés. Quant aux pilotes, ils s'enfuiront tranquillement en minibus vers le Togo. Malheureusement ils seront arrêtés à la frontière togolaise par la police togolaise. Durant 10 jours ils seront à la disposition des autorités françaises qui refuseront de les arrêter. Le ministre de l'intérieur du Togo de l'époque témoigne. Il a prévenu l'ambassade française qui a transmis les informations à Paris. Aucune consigne de Paris n'a été transmise en retour. Pour se couvrir le ministre de l'intérieur décide de prévenir l'officier de la DGSE à Lomé en envoyant les photocopies des passeports des deux pilotes. "Dix jours après le colonel X a dit qu'il n'en voulait pas parce que Paris n'en voulait pas" selon l'ex-ministre de l'intérieur togolais. Au bout de dix jours les deux pilotes sont relâchés et seront extradés par les militaires togolais. La juge Brigitte Raynaud évoque le rôle de l'ex-gendarme de l'Elysée dans l'exfiltration.

Extrait de la lettre de démission du juge Brigitte Raynaud adressé à la ministre de la défense Michelle Alliot-Marie diffusé dans le reportage:

"Aucun concours spontané ne m'a été fourni par les services qui dépendent de votre autorité [...] Aucun renseignement ne m'a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises."


La ministre de la défense n'a pas souhaité venir assister au débat organisé dans le cadre de l'émission Pièces à conviction, elle n'a pas souhaité répondre aux questions de l'équipe. Le débat se fera donc sans elle avec une mère d'une des 9 victimes françaises Mme Josette Tiloi, l'avocat des familles Maître Jean Balan, un Français rapatrié en novembre 2004 Daniel Revet, et le journaliste de Libération Thomas Hofnung.

Personne ne semble s'expliquer l'attitude des autorités et de l'armée françaises dans cette affaire. La mère d'un soldat français relate, d'après le procès verbal, que son fils a été enterré avec toutes ses affaires : sa montre, sa carte téléphonique, ses photos. Elle déclare on les a "mis (dans les cercueils, ndlr) comme des bêtes". Elle n'a jamais pu voir le corps de son fils. 

Concernant les raisons du bombardement de Bouaké, Thomas Hofnung reprend la thèse développée par François Soudan de JAI. Selon cette thèse il s'agissait pour les forces loyalistes ivoiriennes de sortir la tête haute du conflit avec les rebelles. Les forces de Gbagbo ne parvenant pas à atteindre les rebelles, pour masquer l'échec de leur offensive ont décidé de bombarder le camp de Bouaké afin de faire croire que si l'opération de reconquête a échoué cela serait de la faute des militaires français. L'avocat des familles quant à lui évoque s'interroge sur la responsabilité des autorités françaises dans les obstacles qui ont été mis en travers de l'enquête du juge Raynaud. Il évoque de manière implicite la responsabilité du procureur et du ministère de la défense dont il dépend. Il reste à savoir à quel degré les autorités françaises sont impliquées dans cette affaire. Malheureusement, il est fort à craindre, comme il est de coutume en Françafrique, que l'affaire ne soit pas résolue. Cela donne un aperçu des injustices draînés par ce système et que peuvent vivre les Africains. On ose espérer que la lumière soit faite un jour sur cette histoire et qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place suite à la répression sanglante des manifestations antifrançaises devant l'Hôtel Ivoire pour que justice soit rendue un jour.


A lire chez Pressafrique :
07.11.06
"Le parquet ne veut pas poursuivre les deux pilotes biélorusses soupçonnés d'avoir tué neuf soldats (français) de l'opération Licorne" selon Le Figaro

15.06.06
"Black-out sur les mercenaires de Côte d'Ivoire"

24.02.06
Tribunal aux Armées de Paris (TAP) : la juge d'instruction Brigitte Raynaud tire sa révérence. Retour sur l'instruction du Rwandagate, de l'affaire Firmin Mahé et de l'affaire Bouaké.

31.10.05
Le massacre du 09.11.04 à Abidjan par l'armée française - un crime contre l'humanité - un fusible nommé Poncet - panique à l'Elysée - la commission d'enquête n'aura pas lieu

21.09.05
Haro sur 90 minutes - La Françafrique muselle Canal Plus





ROBERT MONTOYA
ÂME DAMNÉE DE
FRANÇOIS MITTERRAND

avril 2006

Il aime jouer entre ombres et lumières. Des écoutes téléphoniques au service de Mitterrand à la vente d'armes à la Côte d'Ivoire. Ancien gendarme français, il aurait même vendu les avions qui ont bombardé nos soldats à Bouaké le 6 novembre 2004. Il s'appelle Robert Montoya. Itinéraire d'un aventurier comme les aimait son maître.

En France, devant la juge d'instruction Brigitte Raynaud, le général Michel Masson, directeur du renseignement militaire, accuse. " C'est bien la société de Montoya, Darkwood, qui a livré les deux avions Sukhoi (…) avec les munitions, " pour attaquer les militaires Français à Bouaké, affirme-t-il.

Robert Montoya

Mais qui est Montoya ? Pour lui, tout commence à Bastia, où il sert comme adjudant de gendarmerie. Le commandant Prouteau, chef de la cellule anti-terroriste de François Mitterrand, cherche des éléments connaissant le dossier des indépendantistes corses. Il le recrute en 1982. Déjà, le terrorisme faisait recette pour justifier les dérives du pouvoir.

Montoya travaillera pour la cellule élyséenne jusqu'en 1986. Il la quitte pour fonder " sa " société de sécurité privée, SP2I.

En 1988, éclate " le scandale des plombiers. " Une affaire d'espionnage téléphonique visant un huissier du CSM (Conseil supérieur de la magistrature), un syndicat gauchiste actif dans les milieux judiciaires. Montoya est retraité du corps de gendarmerie mais, avec SP21, il continuait d'exécuter des contrats pour la cellule élyséenne. Il est impliqué dans le scandale.

Cependant, quand il est condamné, en 1992, il a pris le large. Il vit en Afrique et c'est au Togo qu'il installe sa base. Dans ce pays, il forme et équipe la police anti-émeutes et, selon des indiscrétions, se charge des écoutes téléphoniques pour le compte du général Eyadema (1).

Puis Montoya emporte les contrats du groupe pétrolier américain Exxon-Mobil, pour assurer le transport de marchandises pour Doba. C'est à partir de là, au Tchad, qu'Exxon-Mobil bâtit un oléoduc de 1000 km pour évacuer, vers le Cameroun, le pétrole des champs dont il a écarté le groupe français Total. L'affaire sent déjà la trahison de la mère patrie.

Reconnu pour sa compétence en matière de logistique africaine, Montoya créé alors une nuée de sociétés, basées dans sept pays et employant 2 500 personnes. Parmi elles, " Darkwood logistique, " qui représente en Afrique occidentale BVST, une société biélorusse spécialisée dans la vente de matériel militaire. Rien que de plus légal, cependant. Si le business respecte les lois.

Voilà bien où l'aventure pourrait mal tourner. Depuis le 15 novembre 2004, les Nations unies ont décrété un embargo sur les armes à destination de la Côte d'Ivoire. Or, dans un rapport daté du 9 décembre 2005, la gendarmerie de l'air de Lomé accuse Montoya d'avoir vendu des armes à Laurent Gbagbo, le président ivoirien.

Le 2 décembre 2005, une information judiciaire est ouverte, contre le Français, suite à une plainte déposée par le ministre délégué togolais chargé de la défense nationale, pour trafic illicite d'armes de guerre et de munitions. Brièvement interrogé, Montoya a néanmoins vu ses locaux de Darkwood logistique perquisitionnés par la police à l'aéroport de Lomé.

Le général Henri Poncet, ancien chef de la force française en Côte d'Ivoire, se fait plus accusateur que les pandores togolais. Selon lui, Montoya aurait aidé le régime ivoirien " au niveau de la fourniture des armes, et probablement des techniciens. "

Il aurait même recruté les pilotes de l'attaque, dont certains " parlaient en langue russe ", d'après un enregistrement radio. Il a du reste reconnu avoir aidé à l'exfiltration par le Ghana des deux pilotes biélorusses qui ont attaqué le camp français. " Pour des raisons humanitaires," affirme-t-il.

Laure Carion

 

 

François Mitterrand

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Gbagbo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Général Henri Poncet

 

Note
* Le général Etienne Eyadema Gnassingbé a pris le pouvoir en 1967 à la suite d'un coup d'État. Il est mort en février 2005.

 

 

Grande saisie d'avions et d'hélicoptères de combats chez Montoya à LOME
Les autorités togolaises ont saisi ces dernières semaines des avions et des hélicoptères de combats appartenant à un ancien gendarme français installé à Lomé, Robert Montoya, a annoncé samedi le commandant Moïse Oyomé Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).
"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence.

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

Le porte-parole des FAT n’a pas précisé si les avions de chasse et les hélicoptères saisis étaient en pièces détachées ou en état de vol.
"Laissons la justice s’occuper de ce dossier avec précision et sans préjugés. Nous ne savons pas si ces appareils sont destinés à la Côte d’Ivoire. Seul M. Montoya peut nous dire la provenance et la destination des appareils", a ajouté le commandant Kemence.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

La Côte d’Ivoire, coupée en deux depuis une tentative manquée de coup d’Etat en septembre et en proie depuis lors à une grave crise politico-militaire, est sous le coup d’un embargo sur les armes imposé en novembre 2004 par l’ONU.

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné cette semaine à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.
source Republiqueoftogo.com



Côte d’Ivoire : violation de l’embargo ?
L e Togo a annoncé lundi 16 janvier au avoir inculpé le Français Robert Montoya pour trafic d'armes à la suite de la saisie de quatre avions et hélicoptères de combat soupçonnés d'être destinés à la Côte d'Ivoire malgré l'embargo sur les ventes d'armes à ce pays.

"Nous avons saisi deux aéronefs Mig 23 et deux hélicoptères Mi8, des appareils de combat stationnés à l’aéroport de Lomé appartenant à Robert Montoya", qui possède plusieurs sociétés travaillant notamment dans le secteur du gardiennage et de la sécurité, a déclaré le commandant Kemence, porte-parole des Forces armées togolaises (FAT).

"Le gouvernement lui avait demandé de fournir des explications sur la provenance et la destination de ces appareils lorsqu’il a constaté leur présence", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Kemence, une perquisition a été effectuée en décembre dans les bureaux des sociétés de M. Montoya à la suite d’une plainte déposée contre lui par le ministre togolais de la Défense Kpatcha Gnassingbé.

L’officier a affirmé que le Togo "ne servira jamais de zone de transit d’armes et de munitions vers la Côte d’Ivoire ou tout autre pays".

Il a ajouté que l'ancien adjudant de gendarmerie était propriétaire en titre de ces appareils et qu'il avait été inculpé de trafic d'armes après avoir été "incapable de fournir une explication satisfaisante sur l'origine et la destination des aéronefs de combat".

La juge du tribunal aux armées de Paris (TAP), Brigitte Raynaud, a séjourné la semaine dernière à Lomé dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale (CIR) visant à obtenir des informations sur la provenance du matériel militaire des forces loyalistes ivoiriennes ayant servi au bombardement d’un camp militaire français à Bouaké (centre, zone rebelle) en Côte d’Ivoire le 6 novembre 2004.

Cette attaque, réalisée par des avions Sukhoï 25, avait fait dix morts, neuf militaires français et un civil américain.

La juge s’interroge principalement sur l’origine de ces deux Sukhoï 25.

A la tête, notamment, de la société Darkwood, basée au Togo, Robert Montoya, ancien gendarme de l’Elysée sous François Mitterrand, mis en cause dans l’affaire des écoutes téléphoniques, est l’agent pour l’Afrique de l’Ouest de la compagnie biélorusse BVST.

source Republiqueoftogo.com




Montoya et les Lettons

Barbouze / mercredi 4 juillet 2007 par Hyacinthe Seillat

La célèbre Barbouze française se ballade maintenant dans la riante Lettonie où il attire encore les foudres de la collante justice.

Pauvre marchand d’armes ! La justice cherche noise à Robert Montoya depuis qu’il a livré au président de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo deux avions Sukhoï, dénichés en Biélorussie, qui ont servi à bombarder le camp des soldats français de Licorne, en décembre 2004, entraînant la mort de 10 personnes dont neuf militaires français. Mais l’ancien gendarme, proche de la cellule des coups tordus à l’Élysée sous Mitterrand, qui préfère depuis quelques années résider dans la chaleur accueillante du Togo, où il s’est rapproché du dictateur Eyadéma avant d’être inculpé de « trafic d’armes » par ses anciens protecteurs Togolais, fait l’objet d’une nouvelle enquête à Paris.

Robert Montoya

Il faut dire que l’empire Montoya s’étant subitement agrandi en Lettonie, début 2004, un flic tenace de l’ambassade locale s’est mis sur le dossier. Et n’a pas manqué de bombarder sa hiérarchie de notes alarmistes. Car l’ancien képi tricolore se pique désormais de jouer au banquier à Riga, comme l’a raconté Le Canard enchaîné. Début 2004 donc, il a créé à Riga « RM Holdings », une société de droit letton au capital de 2 millions d’euros, et pris une petite participation (400 000 euros tout de même) dans le capital de la principale banque locale, la Parex Banka, « la plus grande banque de Lettonie », selon un rapport confidentiel de juillet 2004 que Bakchich a pu consulter.

Sa société est représentée à Riga par un ancien banquier, Patrick Imbert, et a ouvert un compte bancaire à la Parex Banca. La boîte est même propriétaire d’un avion bi-moteur de tourisme et d’un hélicoptère russe MI 8 « dont le pilote n’est autre que Ricardo Ghiazza », explique le rapport. Ghiazza, comme le savent les connaisseurs du Togo et les lecteurs de Bakchich, n’est autre qu’un proche de feu Eyadéma, dont il bichonnait les animaux, et promoteur d’un grand parc national au nord du pays. Et comme l’empire Montoya déborde largement des affaires de sécurité et de défense, RM Holdings a également acquis 51% d’une fabrique… de sacs de coton, dans la région de Nantes.

Le commissaire de l’ambassade en Lettonie s’est pris de passion pour Robert Montoya et a enquêté tous azimuts sur notre bon gendarme expatrié et voit partout malice. Sa prise de participation dans la banque lettone ? « Cela pourrait lui permettre, le cas échéant, de blanchir, pratiquement en toute impunité, des capitaux d’origine suspecte (ventes d’armes, trafics d’animaux) », s’inquiète-t-il en septembre 2004. Quelle langue de vipère ! S’en prendre à un fabricant de sacs…

Mais à force de déranger les pontes de l’Intérieur sur son sujet fétiche, le flic a suscité une enquête de Tracfin. Le service anti-blanchiment de Bercy s’est penché sur les comptes bancaires du pandore et n’a pas manqué de remarquer d’importants transferts et sorties d’argent entre les comptes français et lettons, avec de beaux versements en provenance de Côte d’Ivoire. Résultat, Tracfin s’est fendu d’une transmission au parquet de Paris qui s’est fait un plaisir d’ouvrir une information judiciaire pour « blanchiment de capitaux », confiée au juge Henri Pons, et sur laquelle la Division nationale des investigations financières (DNIF) est chargée de faire la lumière.

Voir en ligne : in Bakchich # 41

 

08:36 | Lien permanent | Commentaires (2) |

17/11/2009

Straßburg - Nato-Gipfel - Process - Procès - anti Otan - Strasbourg

Hafbedingungen und Verfahren, Radio-Interview

Im April diesen Jahres fand in Straßburg der Nato-Gipfel statt. Noch vor dem eigentlichen Gipfel wurden zahlreiche Demonstranten in Straßburg verhaftet.
Das freie Radio Dreyeckland führte ein Interview mit einem Mitglied der Soligruppe der Nato-Gefangenen zum aktuellen Stand der Justiz gegen die 10 Angeklagten, von denen 8 wieder auf freiem Fuss sind. Zu diesem Zeitpunkt war die Verurteilung der beiden RostockerInnen zu drei Jahren Haft und einem weiteren Jahr auf Bewährung noch nicht gefallen.

Radiointerview:

08:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/11/2009

suite du Procès des deux jeunes anti-Otan à Strasbourg: la défense se défend derrière le "paraître"...


Encore un reportage "propagande" sur fond d'image d'homme en noir cagoulés et de bâtiment en flammes...

 

OTAN

16/11/2009 | 19:40 par CR (avec AFP)

Sommet de l'OTAN : nouvelles condamnations

- Incendie du bâtiment de la douane dans la quartier du Port du Rhin, le 4 avril 2009. -

Incendie du bâtiment de la douane dans la quartier du Port du Rhin, le 4 avril 2009.

© France 3

Deux hommes de 18 et 21 ans, un Russe et un Allemand, ont été condamnés pour avoir incendié un bâtiment douanier.

Les deux hommes, qui encouraient 10 ans de prison, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Strasbourg à 4 ans de prison, dont un avec sursis. Ils ont été maintenus en détention à l'issue de l'audience, a précisé le greffe du tribunal.

Les deux prévenus ont reconnu avoir incendié le bâtiment de l'administration des douanes situé près du pont de l'Europe à Strasbourg, le 4 avril dernier.

Originaires de Rostock et se décrivant comme "pacifistes", les deux jeunes gens ont par ailleurs nié toute appartenance au mouvement des "Black Block" ou à un quelconque parti politique.

Le 4 avril à la mi-journée, des manifestants cagoulés et en noir avaient incendié un hôtel Ibis, une pharmacie, les locaux du poste de douane à la frontière avec l'Allemagne, sans être inquiétés par les forces de l'ordre qui étaient alors absentes de ce quartier déshérité de Strasbourg.

 

Selon l'avocat "Maître Emmanuel Hoen":

"Le tribunal a pris en compte bon nombre d'élément...c'est une peine qui peut paraître sévère...mais qui...quelque part...notammant si on regarde par rapport aux aménagement de peine et la suite de la procédure...qui peut paraître rélativement équilibrée..."

vidéo ici.

 

Pour deux jeunes qui n'ont pas réussit à maîtriser un départ de feu après avoir jouer avec des briquets dans un bâtiment déja saccagé...3 ans de prison ferme + 1 an avec sursis, c'est + que paraître....

 

à suivre...

20:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Procès des deux jeunes anti-otan à Strabourg: 3 ans fermes + 1 avec sursis

Jugement sans appel pour les deux jeunes étudiants.

Ancune clémence de la part de la "justice".

La défense s'est évertuée à la jouer solo vis a vis des différents soutiens et a même pointé du doigt un certain soutien "insistant qui cherchait à s'immiser"...cette même défense à passée la brosse à reluire au juge d'instruction et a qualifié l'enquête et le dossier à charge "d'exemplaire" ...

à suivre...

 

11:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/11/2009

AFFAIRE COUPAT - Tarnac, la défense contre-attaque

http://www.sudouest.com/accueil/actualite/france/article/765826/mil/5345986.html


AFFAIRE COUPAT. Un an après, le dossier semble au point mort. La défense démonte un PV de police, le principal atout de l'accusation

Tarnac, la défense contre-attaque

Me Assous et le père de Julien Coupat ont procédé à une reconstitution sauvage à Dhuisy. (ph. Maxppp)
Me Assous et le père de Julien Coupat ont procédé à une reconstitution sauvage à Dhuisy. (ph. Maxppp)

Le 11 novembre 2008, à l'heure du laitier, quelque 150 gendarmes et policiers armés et encagoulés investissent la ferme du Goutailloux, dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Au même moment, même scénario à Paris, Rouen, et dans la Meuse. Au total, une vingtaine de personnes sont interpellées, dix placées en garde à vue. Trois jours plus tard, neuf seront mises en examen par le juge Thierry Fragnoli pour « association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste », puis placées en détention provisoire.

Il est 10 h 30 quand Michèle Alliot-Marie convoque la presse. La ministre de l'Intérieur se réjouit du démantèlement d'un groupuscule « d'ultragauche, mouvement autonome ». La Cellule invisible, c'est son nom, et son « chef » est Julien Coupat. Une enquête « très fouillée » les met en cause dans les actes de sabotage commis la semaine précédente sur des lignes SNCF. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, y va à son tour de sa conférence de presse pour renchérir : « Le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'État et de parvenir par la violence à troubler l'ordre politique, économique et social. »

De la chancellerie, de Matignon, de l'Élysée, les félicitations pleuvent sur les forces de l'ordre, leur « mobilisation », leur « efficacité ».LOUIS DE FUNES FANTOMAS.JPG

Un vrai-faux PV ?

Un an plus tard, ces mâles assurances sonnent le creux. Pas sûr que les journalistes soient invités ce matin place Bauveau pour le premier anniversaire de l'« affaire » de Tarnac. Le parquet de Paris est silencieux, le juge Fragnoli aussi. Les détenus ont recouvré la liberté les uns après les autres, au bout de quelques jours pour les uns, de quelques mois pour Julien Coupat et sa compagne, Yldune Lévy, et le dossier semble au même point qu'il y a douze mois. C'est-à-dire au point mort.

La parole est maintenant à la défense. C'est elle qui tient désormais la vedette dans les médias. Les nouveaux avocats des neuf mis en examen, Jérémie Assous et Thierry Lévy, ont adressé lundi une note au juge d'instruction pour lui rappeler « son obligation d'instruire à charge et à décharge ». Ils lui demandent notamment de « confronter les enquêteurs à leurs contradictions » afin de déterminer quel crédit on peut apporter à leurs investigations.

Est visé ce que Me Assous qualifie de « socle de l'accusation » : le procès-verbal de police qui atteste de la présence de Julien Coupat et d'Yldune Lévy à Dhuisy (Seine-et-Marne), la nuit où la ligne du TGV-Est fut endommagée par un fer à béton accroché à une caténaire. « En analysant le rapport des policiers de la Sdat (Sous-direction antiterrorisme) qui les filaient ce soir-là, on s'aperçoit qu'il est totalement incompatible avec la réalité du terrain. Soit le PV ne décrit pas la réalité, soit cette réalité s'est abstraite des règles de physique les plus élémentaires ! »

L'avocat s'est rendu sur place pour se livrer à sa propre reconstitution. La ligne LGV est en hauteur, c'est une longue ligne droite, et par nuit claire « c'est un véritable théâtre d'ombres », dit-il. « Si les policiers étaient effectivement en planque, comment expliquer qu'ils n'aient rien fait ? Pour poser le fer à béton là où il était, il faut escalader deux grilles hérissées de barbelés, parcourir 530 mètres et grimper un pylône de 7 mètres, le tout à l'aller et au retour. Et ils n'auraient rien vu, rien entendu ? »10609__10609__pfilm12406718735251.jpeg

D'autres incohérences truffent le procès-verbal, selon Me Assous. La chronologie de la filature, telle qu'elle est minutée par les policiers, signifierait que l'antique Mercedes de Julien Coupat et de sa compagne a battu des records de vitesse sur les petites départementales de Seine-et-Marne. Aucune trace de pneu de la même Mercedes n'a été relevée à l'endroit où elle est censée avoir stationné. Pas plus, d'ailleurs, que de la voiture de la Sdat. « Et comment se fait-il que les policiers disent avoir alerté leur hiérarchie dès 5 h 10 alors que la SNCF, elle, n'a été prévenue qu'à 9 h 55 ? » Conclusion ? « Ni Julien et Yldune, ni les policiers de la Sdat n'étaient présents sur les lieux du sabotage. » Mais c'est sur la foi de ce procès-verbal qu'ils ont été jetés en prison pendant six mois.

Pas de commémoration

Aujourd'hui à Tarnac, aucune autre commémoration que celle de l'armistice n'est prévue. Sans doute l'épicerie sera-t-elle ouverte, ainsi que le bistrot, auxquels ceux du Goutailloux ont redonné vie.

Son gérant en titre ne sera pas là. Benjamin Rosoux, comme les huit autres mis en examen, est soumis depuis sa sortie de prison à un contrôle judiciaire très strict. Assigné à domicile chez sa mère, en Normandie, il a retrouvé un emploi tout récemment dans un bar-librairie. « Jusqu'à il y a encore trois semaines, j'étais obligé de pointer tous les jours à la gendarmerie. Le contrôle a été assoupli sur ce point, mais c'est bien le seul. Je n'ai toujours pas le droit de retourner à Tarnac. J'attends que tout ça se finisse au plus vite. Et ça fait un an que ça dure. »

Auteur : Pierre-Marie Lemaire

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23:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Hervé "banco" Morin - Commission consultative du secret de la défense nationale - le Bugaled Breizh

"Sur la question du secret-défense en général, Hervé Morin a assuré que depuis qu'il était au ministère de la Défense, "à chaque fois que la commission du secret de la défense nationale (lui) a demandé de (le) lever", il l'avait "fait" Le Nouvel Obs.

Composition de la CCSDN.(wiki)

Celle-ci est actuellement composée de cinq membres : trois sont nommés par le Président de la République, un par le président de l’Assemblée nationale et un par le président du Sénat.

Les magistrats et le conseiller d'État sont nommés par le président de la République pour une durée de 6 ans non renouvelable.

 

EXPOSÉ GÉNÉRAL

Mesdames, Messieurs,

Votre commission des lois s'est saisie pour avis du chapitre VI (articles 12 à 14) concernant le secret de la défense nationale au sein du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense, examiné au fond par la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

Le dispositif proposé vise principalement à :

- définir des lieux classifiés dont l'accès même dévoile un secret de la défense nationale ;

- clarifier le cadre juridique des perquisitions dans ces lieux ainsi que dans ceux qui accueillent de manière habituelle ou fortuite des informations touchant au secret de la défense nationale.

http://www.senat.fr/rap/a08-493/a08-4931.html

 

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Monsieur le ministre, puisqu’il est si urgent d’adopter ce texte dont l’examen a pris du retard, je pense que l’on pouvait se passer d’y inclure cet article 12, d’autant qu’il n’a rien à y faire.

« Naturellement, je lèverai le secret défense sur tout document que nous demandera la justice. Il n’y a pas d’autre façon de faire la vérité » : ainsi s’exprimait le Président de la République le 7 juillet dernier à propos de l’assassinat en 1996 des moines de Tibhirine, en Algérie.

Nous pourrions légitimement conclure de ces propos que le secret défense ne doit pas constituer une entrave au bon déroulement de la justice. Pourtant, aujourd'hui, ce projet de loi prévoit d’étendre le champ du secret défense de façon considérable et de restreindre ipso facto le pouvoir d’enquête de la justice et du juge d’instruction avant leur disparition.

Le projet de loi initial était très inquiétant. On nous dit que l’Assemblée nationale a arrangé tout cela. Il était tellement inquiétant que le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale s’en est ému, au point de déclarer qu’il était opposé à ces dispositions.

Si, aujourd’hui, un compromis a été trouvé, force est de constater que la nouvelle rédaction constitue toujours un danger puisqu’il s’agit de permettre à la justice de faire toute la lumière sur des faits ou des événements embarrassants pour le pouvoir.

Dans le cas d’une perquisition réalisée dans un lieu précisément identifié abritant des éléments couverts par le secret défense, plusieurs problèmes se posent.

Comme l’a dit ma collègue, le juge d’instruction devra être accompagné du président de la CCSDN. Il devra lui indiquer la nature de l’infraction, les raisons justifiant la perquisition, son objet et les lieux visés par cette perquisition.

Autrement dit, une autorité administrative aura connaissance d’informations relevant d’une instruction judiciaire, ce qui lui donne un pouvoir de contrôle a priori sur la pertinence de la perquisition.

Le déséquilibre reste entier entre les impératifs de protection des intérêts de la nation et de recherche des auteurs d’infractions pénales.

De plus, ces informations sont théoriquement protégées par le secret de l’instruction. Cette procédure augmente le risque de fuites, risque déjà élevé dans le cas d’affaires très sensibles.

Enfin, la liste de ces lieux est fixée par le Premier ministre, sans même que la Commission consultative puisse donner son avis : elle n’en sera que la destinataire.

C’est dans le cas d’une perquisition dans un lieu classé au titre du secret défense que les entraves à la justice sont les plus graves. Le projet de loi initial créait de véritables zones de non-droit, inaccessibles à la justice, mais la rédaction retenue par l’Assemblée nationale ne nous rassure guère. En effet, le régime de la perquisition est ici encore plus contraignant que dans le cas précédent. Le magistrat devra également transmettre au président de la Commission consultative les raisons justifiant la perquisition, son objet, etc.

De surcroît, la perquisition devra être précédée de l’avis de déclassification des lieux rendu par la Commission consultative. Elle ne pourra en outre être réalisée que dans les limites de la déclassification. Ainsi, la perquisition – finalement très restreinte – sera soumise à l’avis d’une autorité administrative, ce qui constitue une entrave au cours de la justice et une atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

C’est la raison pour laquelle nous demandons la suppression de cet article, qui n’a pas, je le répète, sa place dans une loi de programmation militaire.

 

 

 

Bugaled Breizh. Hervé Morin promet de "tout mettre sur la table"

11 novembre 2009 à 10h42 -

Ce matin sur Canal +, Hervé Morin a déclaré que son cabinet mettrait  "tout sur la table" en ce qui concerne la levée du secret défense dans l'affaire du Bugaled-Breizh. Des élus bretons avaient réclamé cette mesure début novembre.

 

 

> Notre dossier sur le naufrage du Bugaled Breizh

> 6.000 affiches pour connaître la vérité

"Je recevrai (les élus bretons). J'ai vu leur lettre. Pour tout vous dire, hier, j'ai donné comme consigne à mon cabinet de les recevoir pour qu'on leur mette tout sur la table", a déclaré le ministre de la défense ce matin sur Canal+.

Cette déclaration fait suite à la demande de lever du secret défense formulée par une quarantaine d'élus bretons.La députée du Finistère Annick Le Loch avait également écrit à Hervé Morin pour obtenir cette mesure. Dans sa lettre, l’élue bigoudène demandait au ministre "la levée du secret défense qui pourrait vous être demandée par la justice".

Dans l'attente de la décision de la cour d'appel de Rennes

Le 27 novembre, la cour d’appel de Rennes dira, en effet, si l’enquête sur le naufrage du chalutier de Loctudy doit se poursuivre ou non. Si oui, les parties civiles réclameront que les pays* dotés de sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) donnent leurs positions au moment où le Bugaled-Breizh a coulé. Ceci car les ex-juges d’instruction de Quimper ont conclu à la responsabilité "hautement probable" d’un SNA dans le drame.

Le chalutier bigouden et ses cinq hommes avaient fait naufrage le 15 janvier 2004 dans la Manche.

"Sur la question du secret-défense en général, Hervé Morin a assuré que depuis qu'il était au ministère de la Défense, "à chaque fois que la commission du secret de la défense nationale (lui) a demandé de (le) lever", il l'avait "fait"", précise Le Nouvel Obs.

*France, Angleterre, USA, Russie, Chine

15:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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