Avertir le modérateur

03/02/2009

Le grand spectacle anti-terroriste

 

Plus de deux mois après l'opération à grand spectacle menée par la police dite "antiterroriste" sur le plateau de Millevaches, que reste-t-il du battage orchestré par les autorités gouvernementales ?

On avait annoncé le démantèlement d'un dangereux réseau de terroristes de l'ultragauche, baptisés "anarcho-autonomes", dont les actes de sabotage mettaient en danger des milliers de vies. Des centaines de policiers avaient investi, à l'aube du 11 novembre, le paisible village de Tarnac en Corrèze, pour y arrêter un groupe de jeunes gens qui, on l'a appris peu à peu au gré de fuites distillées, avaient pour premier tort de ne pas bien penser et de ne pas vivre comme tout le monde : lisant des livres jugés subversifs, menant une vie qualifiée par le parquet de "dissolue", n'ayant pas - circonstance aggravante - de téléphone portable, et donc plus difficiles à écouter à leur insu, ces dangereux révoltés ont été présentés comme les auteurs de dégradations récurrentes du réseau de caténaires alimentant les trains en électricité. Ils étaient, en réalité, si "clandestins" qu'ils géraient l'épicerie du village et étaient appréciés de tout le voisinage...

Au nom de lois d'exception qui depuis vingt-trois ans sacrifient le respect de l'Etat de droit à la gesticulation antiterroriste, on a mené une sorte d'opération de commando militaire ; on a violé la présomption d'innocence et le secret de l'instruction en ne communiquant à la presse que des éléments à charge et souvent déformés, dont certains, de surcroît, n'étaient même pas communiqués aux avocats des personnes interpellées ; on a qualifié d'actes terroristes des actes qui, s'ils ont retardé des trains et causé un préjudice à la SNCF, n'ont menacé la vie de personne. On a soumis ces jeunes gens à une garde à vue de 96 heures, on les a mis au secret et traités comme des détenus à très haut risque.

Heureusement, la justice a peu à peu contribué à décrédibiliser la dramatisation politico-policière. Au bout de quelques semaines, du réseau terrifiant annoncé (déjà réduit à cinq mises en examen), il n'est resté qu'une personne en détention provisoire. Yldune Lévy, malgré l'acharnement d'un parquet tenu de près, a été à son tour libérée. Mais Julien Coupat, présenté comme le "chef" de ces "anarchos-autonomes" (au nom d'une conception assez hiérarchisée de l'anarchie...) reste derrière les barreaux, sans doute pour tenter de masquer l'inanité de la thèse ministérielle initiale. Ce qui ne relève en rien des motifs de recours à la détention provisoire tels que les énonce le code de procédure pénale.

Plus les jours passent, et plus cette affaire évoque, non pas la lutte, évidemment nécessaire, contre le terrorisme, mais la volonté de faire admettre une extension insoutenable du champ de cette notion. Le "terrorisme" ne peut se définir sérieusement que comme le fait de chercher à terroriser les populations civiles par des actes de violence dirigés contre les personnes. Si les dégradations des caténaires doivent sans aucun doute faire l'objet de poursuites, rien ne justifie une assimilation qui étend potentiellement à l'infini le champ de lois d'exception déjà détestables dans leur principe. Et ni un mode de vie atypique ni des opinions minoritaires ne font de ces jeunes gens des délinquants.

La mise en scène de Tarnac n'est que l'aboutissement d'une stratégie de communication définie dans une circulaire ministérielle de juin 2008 lançant la chasse aux fantomatiques "anarchos-autonomes". Comment expliquer autrement la communication illégale et très sélective à des journalistes de pièces du dossier classées "secret défense", ainsi que l'argument sidérant selon lequel la participation à une manifestation parfaitement légale à Vichy contre la politique de l'immigration constituerait un indice de culpabilité de l'une des personnes arrêtées ?

On voit comment une procédure d'exception, mise au service de postures politiciennes, débouche sur la violation de principes fondamentaux de l'Etat de droit : la disproportion évidente entre les moyens mis en oeuvre et la situation réelle sur le terrain reflète la distorsion délibérée de la qualification d'acte terroriste ; la méconnaissance des limitations légales du recours à la détention provisoire ne sert qu'à tenter de justifier la dramatisation initiale de la présentation ministérielle de l'opération.

La violation massive de la présomption d'innocence ne vise de même qu'à persuader l'opinion de l'importance et de la gravité prétendues de l'affaire. Justice et politique ne font pas bon ménage ; lois d'exception et respect des droits non plus. Les habitants de Tarnac et des alentours en ont fait une expérience qu'ils ne sont pas près d'oublier. Tôt ou tard, la gestion invraisemblable de cette affaire politico-judiciaire devra revenir au traitement raisonnable de ses proportions réelles. Le plus tôt, non seulement pour Julien Coupat et pour les autres personnes visées, mais aussi pour nos libertés à tous, sera le mieux.

 

Anne-Cécile Antoni, présidente de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) ;
Martine Billard, députée de Paris ;
Jean-Louis Borie, président du Syndicat des avocats de France ;
Nicole Borvo Cohen-Seat, sénatrice de Paris ;
Bernadette Bourzai, sénatrice de Corrèze ;
Patrick Braouezec, député de Seine-Saint-Denis ;
Daniel Cohn-Bendit, député européen ;
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'homme ;
Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts ;
Noël Mamère, député de Gironde ;
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature ;
Jack Ralite, sénateur de Seine-Saint-Denis ;
Martine Roure, députée européenne, vice-présidente du Parlement européen.

 

 

07:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/01/2009

Pour le sourire d'Yldune

Sabotage SNCF: Yldune Lévy remise en liberté par la cour d'appel de Paris

AP | 23.01.2009 | 17:11

Yldune Lévy reste en liberté et sa défense attaque pour réclamer un non-lieu pour la jeune compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les actes de malveillance contre les lignes TGV de la SNCF. A la sortie de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, qui a confirmé vendredi la libération de sa cliente, Me Steeve Montagne a fustigé un dossier "construit" par le parquet.

Pour l'accusation, Yldune Lévy a un "mode de vie semi-clandestin, une pensée forcément subversive. Cette construction vient de voler en éclat", a déclaré le jeune avocat. Selon lui, sa cliente, trop émue pour s'exprimer elle-même, "a une grande volonté de retour à la normalité". "Elle va reprendre ses études et assurer sa défense pour obtenir un non-lieu", a-t-il indiqué.

Le contrôle judiciaire oblige cependant la jeune femme de 25 ans, étudiante en archéologie, à résider à Paris, à ne pas se rendre à Tarnac, lieu de rassemblement du groupe soupçonné des actes de sabotage contre la SNCF, et lui interdit le contact avec les autres suspects, ainsi qu'avec les parents de son compagnon, Julien Coupat. Une quarantaine de proches étaient venus vendredi au Palais de justice et ont accueilli la décision par des applaudissements.

"On est en droit d'attendre la libération de Julien maintenant", a souligné son père, Michel Lévy. "On reste combatifs pour Julien et après sur le dossier, c'est un non-lieu, soyons clairs. On demande des excuses et un non-lieu".

Pour Michel Lévy, le dossier reste vide: "il y avait un groupe, il n'y a plus de groupe, il y avait Bonnie et Clyde, il n'y a plus de Bonnie et Clyde", a-t-il ironisé, entouré d'une forêts de caméras et de micros, suivi par sa fille et son avocat.

Le 14 janvier, le juge d'instruction Thierry Fragnoli avait ordonné la remise en liberté d'Yldune Lévy, incarcérée depuis sa mise en examen pour "destruction en réunion en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" le 15 novembre 2008.

Le parquet avait interjeté appel de cette décision en choisissant une procédure d'urgence, le référé-détention, qui permettait le maintien en détention de la jeune femme. Mais dès vendredi dernier, la chambre de l'instruction avait estimé que cette procédure d'urgence n'était pas fondée et avait ordonné la libération d'Yldune Lévy. Une décision confirmée ce vendredi après l'examen de l'affaire au fond.

Pour le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, interrogé vendredi matin sur RTL ce dossier n'est pourtant "pas vide". "Je ne dis pas que M. Coupat est coupable, (...) il est encore présumé innocent, il dispose d'une défense efficace, mais le juge est en train de voir si les éléments qui sont dans le dossier sont à charge ou pas suffisamment à charge à l'égard de ce garçon et d'autres", a-t-il nuancé.

Julien Coupat est le seul des neuf mis en examen du dossier encore incarcéré depuis le refus, vendredi dernier, d'un juge des libertés et de la détention, de le remettre en liberté. Cinq de ces neuf personnes sont soupçonnées d'avoir participé à des actes de malveillance ayant visé la SNCF. Proches de la mouvance qualifiée d'"anarcho-autonome" par la police, elles sont suspectées d'avoir formé une "cellule invisible".

Des actes de malveillance ont été commis entre le 26 octobre et le 8 novembre contre des lignes TGV. Des fers à béton en forme de crochets ont été posés sur des caténaires en Moselle, dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne, entraînant des retards dans la circulation de plusieurs dizaines de trains. AP

 

Yldune Lévy, la compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse, a quitté vendredi en début de soirée la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) après avoir été remise en liberté par la cour d'appel de Paris.

La cour avait ordonné peu de temps auparavant, contre l'avis du parquet, la remise en liberté sous contrôle judiciaire d'Yldune Lévy qui est sortie peu après 18h30 de la prison.

"Maintenant, j'ai envie de rentrer chez moi avec mes parents et j'espère que Julien sortira très vite", a déclaré la jeune femme, 25 ans, une petite brune aux yeux noirs coiffée d'un bonnet de laine blanc, mise en examen pour "destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste".

Son contrôle judiciaire lui interdit d'entrer en contact avec les autres mis en examen, de quitter la région parisienne et l'oblige à pointer au commissariat chaque semaine.

Le président de chambre Norbert Gurtner a infirmé le référé-détention pris par le parquet de Paris pour empêcher la remise en liberté d'Yldune Lévy, ordonnée par le juge d'instruction, estimant que cette procédure d'urgence en l'état ne se justifiait pas.

"C'est un échec complet pour le parquet, pour les ministres de la Justice et de l'Intérieur qui ont instrumentalisé dès le départ ce dossier en en faisant un dossier politico-médiatique", a dit son avocat Me Steeve Montagne, visiblement très ému, en saluant "l'indépendance" du président de chambre.

Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) avait dénoncé jeudi "l'entêtement de la ministre de l'Intérieur et du parquet à vouloir maintenir une qualification des faits volontairement disproportionnée". Le juge Thierry Fragnoli s'était aussitôt étonné qu'un syndicat exprime un avis sur un dossier dont il n'a "pas une connaissance approfondie".

Selon Me Montagne, le président Gurtner a été sensible "aux garanties de représentation" de sa cliente, à l'absence de risque de fuite à l'étranger ou de dangerosité d'Yldune, une jeune femme sans histoire qui poursuit des études à Paris et vit chez ses parents".

Mais pour être définitive, la remise en liberté d'Yldune Levy devra être confirmée vendredi par la cour d'appel de Paris qui examinera au fond l'appel du parquet contre sa remise en liberté.

Réunie cette fois en formation collégiale (un autre président et deux assesseurs), la chambre de l'instruction n'est en effet pas tenue de suivre l'arrêt pris ce vendredi par un président de chambre. Elle aura le choix entre confirmer la remise en liberté ou ordonner le retour en détention.

Elle "est bien entendu souveraine dans l'appréciation de ce dossier mais on va se battre pour obtenir la confirmation de la liberté d'Yldune", a déclaré Me Montagne.

Yldune Lévy s'était vu refuser le 22 décembre 2008 une première demande de mise en liberté par un juge des libertés et de la détention (JLD) au motif qu'elle n'avait pas été interrogée sur le fond du dossier par le juge Fragnoli. Cette audition a eu lieu le 8 janvier.

Après la remise en liberté de Yldune Lévy, des neuf personnes mises en examen dans ce dossier, Julien Coupat, chef présumé d'un groupe présenté comme "anarcho-autonome", restera le seul en détention, à la maison d'arrêt de la Santé.

Vendredi, un juge des libertés et de la détention (JLD) a rejeté une nouvelle demande de remise en liberté déposée par son avocate, Me Irène Terrel, qui a fait appel.

http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/211130/--Sabotage+...

 

à Julien, merci pour ta carte postale de " Paris et ses merveilles".

http://www.dailymotion.com/video/xwran_arno-vive-ma-liber...

18:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/01/2009

un postier terroriste

Un postier convoqué par l'antiterrorisme pour les attentats du Printemps-Haussmann

Créé le 14.01.09 | Mis à jour le 14.01.09 à 17h25 | 52 commentaires
Gaël Quirante, 33 ans, postier et syndicaliste à Levallois-Perret (92) a été convoqué au 36, quai des Orfèvres, dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'attentat au Printemps-Haussman.
Gaël Quirante, 33 ans, postier et syndicaliste à Levallois-Perret (92) a été convoqué au 36, quai des Orfèvres, dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'attentat au Printemps-Haussman./DR

INTERVIEW - Gaël Quirante, 33 ans, postier et syndicaliste à Levallois-Perret (92) a été convoqué lundi 12 janvier au 36, quai des Orfèvres.

Motif: une lettre anonyme l’accuse d’être l’auteur de la menace d’attentats du Printemps-Haussmann, le 16 décembre dernier. Pour sa part, la police judiciaire et le parquet refusent de commenter la convocation, en raison du «secret de l’enquête». Une seule chose est certaine, la piste du terrorisme d'extrême gauche semble intéresser l'antiterrorisme.

Que s’est-il passé le 7 janvier dernier?
Alors que je rentre de congés, j’écoute mon répondeur… La veille, un commandant de la brigade criminelle section anti-terroriste m’a laissé un message où il me demande de me présenter au 36, Quai des Orfèvres pour «éclaircir une affaire». Dans mon courrier, je trouve également une lettre signée de la brigade criminelle qui me demande de me présenter «le plus tôt possible» à la même adresse, sans me préciser le motif de cette convocation. J’ai appelé un avocat, mais j’ai passé la nuit à me demander si la police n’allait pas venir me chercher chez moi.

Vous ne décidez pas de rappeler le commandant qui vous a convoqué?

Si, mais le lendemain, après avoir consulté un avocat. Le commandant me précise qu’ils ont reçu une lettre anonyme postée au centre de tri de Nanterre (92) le 17 décembre et dans laquelle un corbeau affirme que je suis l’auteur de la tentative d’attentat. C’est complètement surréaliste.  En plus le commandant me dit que suite à la lettre j’ai été «environné». Le commandant m’a également précisé que je ne «correspondais pas au profil» que dans le cas contraire, ils «seraient venus me chercher chez moi à 6 heures du matin et qu’ils auraient posé les questions après…»

Pourtant, vous avez quand même dû vous présenter au 36, Quai des Orfèvres le lundi suivant...
Oui, c’est hallucinant pour moi le 36, Quai des Orfèvres, c’était juste du cinéma. Et là sur la base d’une simple lettre anonyme je me retrouve au centre d’une affaire énorme. Même si j’avais la conscience tranquille, je savais que je n’avais rien fait, j’étais très inquiet et je me suis demandé si cette dénonciation avait à voir avec mon activité de syndicaliste.

Que s’est-il passé dans le bureau de la brigade criminelle anti-terroriste?
Je suis resté 2h45 dans leurs bureaux. Ils m’ont dit que ce n’était pas une plaisanterie et que c’était la procédure. Ils m’ont montré la lettre, une feuille blanche A4 où il y avait écrit à la main: «Printemps-Haussmann, Gaël Quirante» et mon adresse personnelle. C’est sur la base de cette lettre là que je me suis fait «environner»! Ils m’ont demandé ce que je faisais les 10 (date de prise de contact des auteurs avec l’AFP) et 16 décembre. Heureusement, que j’étais sur divers centre de tri ces jours, imaginez si j’avais été dans le coin par hasard. Il m’a également affirmé qu’ils avaient vérifié grâce à mon téléphone portable si j’étais sorti du département des Hauts-de-Seine, le 16 décembre. J’ai eu de la chance, car ce n’était le cas. Enfin, ils m’ont demandé si j’avais des ennemis.

Vous avez décidé de porter plainte. Pourquoi?
En effet, j’ai demandé aux policiers de noter dans le procès verbal que je portais plainte contre X pour dénonciation calomnieuse et j’ai également demandé une expertise génétique de la lettre pour en découvrir les auteurs. Sur ce point, ils m’ont répondu que cela allait être compliqué car il y avait plusieurs personnes qui avaient touché le document. Mais j’ai maintenu ma demande.

Avez-vous des soupçons sur le ou les auteurs de la lettre anonyme?

Je ne veux pas porter d’accusation calomnieuse, surtout sans preuve. Mais j’espère vraiment que cela n’a rien à voir avec mon engagement syndical à La Poste. Nous sommes en conflit depuis le 20 octobre dernier contre les réorganisations des services et pour une prime contre la vie chère. Et comme par hasard dans la même période, j’ai reçu une lettre de convocation à un entretien préalable au licenciement et une autre au commissariat le 20 janvier prochain avec deux autres postiers du syndicat. Mais là, ça va trop loin. J’espère que tous ces évènements ne sont qu’une coïncidence, parce que ça commence à faire beaucoup pour une seule personne.
Propos recueillis par Leila Minano, Youpress

20:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/01/2009

Yldune est libre

"Maintenant, j'ai envie de rentrer chez moi avec mes parents et j'espère que Julien sortira très vite". Ce sont les premiers mots d'Yldune Levy après sa sortie vendredi de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis dans l’Essonne. La compagne de Julien Coupat était, avec lui, la dernière encore incarcérée dans l’enquête sur les dégradations contre des lignes TGV. Une remise en liberté sous contrôle judiciaire ordonnée par la cour d'appel de Paris. Rejetant ainsi un appel formulé en référé par le parquet.

"C'est un échec complet pour le parquet, pour Mme la ministre de la Justice et Mme la ministre de l'Intérieur qui ont instrumentalisé dès le départ ce dossier en en faisant un dossier politico-médiatique", a commenté l'avocat de la jeune femme, Me Steeve Montagne, visiblement très ému. Le sort de sa cliente doit cependant encore être examiné d’ici une semaine, cette fois sur le fond. Là, une formation collégiale pourra décider de confirmer sa remise en liberté ou de réincarcérer Yldune Levy.

La jeune femme, qui est suspectée de faire partie d’un groupe présenté comme d’"ultra-gauche", reste par ailleurs mise en examen pour "association de malfaiteurs, destructions en relation avec une entreprise terroriste" comme cinq femmes et quatre hommes dans ce dossier.

Un juge des libertés et de la détention a en revanche rejeté vendredi une demande de remise en liberté de Julien Coupat. "Il n'y a aucune charge nouvelle, M. Coupat dispose de garanties de représentation, d'une promesse d'emploi", s'est insurgée son avocate Me Irène Terrel. Les avocats des suspects et leurs proches dénoncent depuis le début de l’affaire une "mascarade judiciaire" montée de toutes pièces pour étayer la thèse d'une menace liée à l'expansion de groupes "d'ultra-gauche" radicaux, défendue par le ministère de l'Intérieur.

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Justice/Sabot...

 

 

20:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/01/2009

Appel du parquet: risque de concertation frauduleuse

Sabotages SNCF : la compagne de Coupat reste en prison

C.J. (lefigaro.fr) avec AFP
14/01/2009 | Mise à jour : 19:41
| Ajouter à ma sélection
.

Le juge d'instruction a ordonné mercredi la remise en liberté d' Yldune Lévy. Mais la jeune fille demeure cependant incarcérée en raison d'un appel en urgence du parquet.

Comme son compagnon, Julien Coupat, le chef présumé du groupe responsable des sabotages des lignes TGV, Yldune Lévy reste derrière les barreaux. Après que le juge d'instruction a demandé la remise en liberté, libérer sous contrôle judiciaire, de la jeune femme, le parquet a fait appel en urgence mercredi soir de cette décision. C'est à la cour d'appel de Paris de se prononcer désormais sur la validité de la procédure de référé-détention

Le parquet de Paris justifie son opposition en raison notamment de «risque de concertation frauduleuse» entre la jeune femme et les sept autres prévenus du dossier qui ont déjà été remis en liberté. Le parquet avait utilisé la même procédure de référé-détention pour maintenir Julien Coupat en détention, fin décembre.

 

Coupat dépose une nouvelle demande de mise en liberté

 

Mise en examen le 15 novembre pour destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste, Yldune Lévy est, avec Julien Coupat, la seule des neuf membres de la «cellule invisible» anarcho-autonome, mise en cause dans les sabotages des lignes de la SNCF, à être toujours incarcérée. La jeune femme de 25 ans a été entendue une première fois par le juge jeudi dernier. Le juge des libertés et de la détention (JLD) avait fixé comme condition préalable à toute libération que l'amie de Julien Coupat soit auditionnée.

Le couple Coupat-Lévy qui était placé sous surveillance car suspecté d'actes anarchistes, avait été vu le 7 novembre dernier à proximité d'une des voies ferrées, visées par un acte de sabotage, en train de jeter une lampe frontale et une brochure recensant des horaires et trajets de la SNCF. S'appuyant sur ce signalement et des témoignages, la police judiciaire soutient, malgré le peu d'éléments matériels à charge, que le groupe de Coupat envisageait le sabotage des lignes comme «un acte politique de déstabilisation de l'État».

 

Sabotages SNCF: le juge ordonne la libération d'Yldune Levy, appel du parquet

PARIS (AFP) — Le juge d'instruction chargé de l'enquête sur les dégradations contre des lignes ferroviaires à grande vitesse a ordonné mercredi la remise en liberté d'Yldune Lévy, qui reste cependant incarcérée en raison d'un appel en urgence du parquet, a-t-on appris de sources concordantes.

Thierry Fragnoli, le magistrat qui a mis en examen la jeune femme le 15 novembre pour "destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste", a "signé aujourd'hui une ordonnance de remise en liberté sous contrôle judiciaire" d'Yldune Levy, a affirmé à l'AFP son avocat, Me Steeve Montagne.

"Je suis particulièrement heureux de cette décision, le juge a considéré que la libération d'Yldune ne pouvait pas nuire à la nécessaire recherche de la vérité dans le dossier", a-t-il souligné.

La compagne de Julien Coupat, chef présumé d'un groupe présenté comme "anarcho-autonome", n'a cependant pas été remise en liberté en raison d'un appel en urgence interjeté par le parquet, selon une source judiciaire.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris devra donc statuer sur ce référé-détention avant de décider ultérieurement si Yldune Lévy, âgée de 25 ans, doit être remise en liberté.

Les dates d'audiences de cette procédure n'étaient pas connues mercredi soir.

"Encore une fois le parquet s'oppose par une procédure d'exception à la mise en liberté de personnes en détention dans ce dossier", s'est insurgé Me Montagne.

Le 19 décembre, un juge des libertés et de la détention (JLD) avait ordonné la remise en liberté de Julien Coupat, chef présumé du groupe dit de Tarnac à l'origine des dégradations contre des lignes TGV fin octobre et début novembre.

Le parquet avait pris un référé-détention et la chambre de l'instruction avait finalement décidé une semaine plus tard de le maintenir en prison.

Yldune Levy, pour sa part, s'était vu refuser le 22 décembre une première demande de mise en liberté par un JLD au motif que celle-ci n'avait pas été interrogée sur le fond du dossier par le juge Fragnoli. Cette audition a eu lieu le 8 janvier.

A ce jour, des neuf mis en examen dans ce dossier, Julien Coupat et Yldune Levy restent les seuls à être en détention, lui à la maison d'arrêt de la Santé et elle à Fleury-Mérogis.

Trois autres membres de ce groupe, baptisé "cellule invisible" par les enquêteurs, initialement placés en détention provisoire ont été remis en liberté le 2 décembre.

Julien Coupat a, de son côté, déposé une nouvelle demande de mise en liberté, selon son avocate Irène Terrel. Aucune décision n'avait été prise mercredi soir, selon une source proche du dossier.

 

 

20:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/01/2009

Julien Coupat :demande de remise en liberté examinée en fin de semaine prochaine ?

"Cette demande de remise en liberté pourrait être examinée en fin de semaine prochaine", a précisé Me Terrel. Selon elle, Julien Coupat, 34 ans, "devrait déjà être libre, dans la mesure où il n'y a rien de nouveau dans l'enquête et que Julien Coupat a déjà été entendu par le juge".

L'avocat d'Yldune Lévy envisage lui aussi introduire une nouvelle demande de remise en liberté.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iE2Pou...

 

Comme vous le savez toutes et tous, sont en préparation 10 jours d’agitation en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme, et contre les lois d’exception. Avec en point d’orgue une grande manifestation nationale, le samedi 31 janvier, à Paris. L’appel à cette semaine se trouve ici.

N’hésitez pas à nous faire part des initiatives locales, que nous relayerons ici.

Rappelons que des réunions publiques ont lieu cette semaine, notamment pour finir d’organiser ces 10 jours de solidarité : Le jeudi 8 janvier à Lyon (19h à La Gryffe), Agen (20h30, 148, rue Duvergé ), Brest. Le samedi 10 janvier à Paris (17h, à La Parole errante).

Dans la suite de l’article vous trouverez aussi les deux affiches appelant à la manifestation du 31.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iE2Pou...

 

 

10:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/01/2009

Yldune Levy, refus de remise en liberté...

La cour d'appel de Paris a refusé, mardi 6 janvier, la remise en liberté d'Yldune Lévy, compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les sabotages présumés de lignes ferroviaires à grande vitesse, a annoncé son avocat, Me Steeve Montagne.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel a suivi les réquisitions du parquet général qui demandait qu'une décision d'un juge des libertés et de la détention (JLD) s'opposant à la remise en liberté de la jeune femme soit confirmée. Le JLD avait justifié sa décision par le fait qu'Yldune Lévy n'avait pas encore été interrogée par le juge d'instruction chargé de l'enquête, Thierry Fragnoli. Sa première audition par le magistrat depuis sa mise en examen est prévue jeudi après-midi, selon Me Montagne.

Mise en examen le 15 novembre pour destructions en réunion et association de malfaiteurs à visée terroriste, Yldune Lévy est la dernière des neuf personnes dite du "groupe de Tarnac" à être incarcérée avec Julien Coupat, présenté comme le chef de cette "cellule invisible" anarcho-autonome.

L'avocat a fait part de son "incompréhension" face à cette décision alors qu'une autre personne mise en examen dans ce dossier pour le même chef, Gabrielle Hallez, a été remise en liberté le 2 décembre. "J'ai le sentiment qu'on nous fait durer pour maintenir la crédibilité de l'opération de propagande politique selon laquelle on aurait affaire à des terroristes. C'est un non-sens total", a pour sa part dénoncé le père d'Yldune, Michel Lévy.

17:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/12/2008

Quelques mots sur "l'affaire Coupat" par Maître Eolas

http://www.labandearuquier.com/JukeBox-Video.html

http://maitre-eolas.fr/2008/12/20/1252-quelques-mots-sur-...

 

Que ce soit en mail ou en commentaires, je reçois beaucoup de questions sur l'affaire Coupat, et plus largement sur l'affaire des sabotages des lignes TGV, imputés à un groupuscule d'extrême gauche, et qualifiés d'entreprise terroriste.

Voici juste quelques éclaircissement généraux qu'un juriste peut apporter. Je n'ai accès à aucune pièce du dossier et me garderai de me prononcer sur la responsabilité des personnes interpellées, même si la remise en liberté de certaines et le maintien en détention d'autres peut surprendre. Mais après tout, ces sabotages ne nécessitant pas une infrastructure élaborée, il est possible que seuls certains membres y aient été mêlés. Qui vivra verra.

Voyons donc le cadre général dans lequel se déroule cette instruction, avant de voir ce qui est arrivé à Julien Coupat.

Le cadre général : les infractions terroristes.

Le code de procédure pénale (CPP) pose les règles générales applicables aux instructions. Mais d'années en années, des réformes ont ajouté à la fin du code toute une série de règles dérogatoires au droit commun, jamais au bénéfice des personnes soupçonnées, mais, bien sûr, au nom de notre sécurité, l'alibi absolu avec la protection des enfants (ceux là même qu'il faut envoyer en prison dès 12 ans).

C'est ainsi que le CPP prévoit des règles de procédure spécifiques pour :

► Les actes de terrorisme (art. 706-16 à 706-25-1).
► Le trafic de stupéfiants (art.706-26 à 706-33).
► La traite des être humains[1] (art.706-34 à 706-40).
► Les infractions sexuelles (art. 706-47 à 706-53-12).
► Les infractions en bande organisée (art. 706-73 à 706-106).

Ajoutons à cela des règles dérogatoires pour les infractions commises par les personnes morales, les majeurs protégés, les déments, en matière sanitaire, économique et financière, et de pollution maritime, et vous comprenez que les larmes qui accueillent tant chez les avocats que les magistrats l'annonce d'une nouvelle réforme du CPP ne sont pas toutes de joie et de reconnaissance éperdue.

Revenons en à notre affaire.

En l'espèce, les actes de sabotage des lignes TGV ont été qualifiées d'actes de terrorisme.

Voilà qui peut surprendre quand d'habitude, le terrorisme évoque des bombes dans les transports en commun, des avions qui explosent, ou à tout le moins, des bâtons de dynamite dans une chasse d'eau. Mais une caténaire arrachée, ça fait petit joueur. Ça perturbe le trafic mais ça ne risquait pas de tuer quiconque.

Qu'est ce que la loi entend donc par acte de terrorisme ?

En principe, un acte de terrorisme n'est pas une infraction autonome. Il s'agit d'une infraction de droit commun dont le législateur fait la liste[2], mais commises « intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur ».

À ces délits viennent s'ajouter, bien qu'elles soient présentées comme des infractions autonomes, l'introduction dans l'environnement d'une substance de nature à mettre en péril la santé de l'homme ou des animaux ou le milieu naturel dans le cadre d'une entreprise terroriste, l'association de malfaiteurs[3], le financement d'une organisation se livrant au terrorisme[4], ou le fait de ne pouvoir justifier de son train de vie quand on est en relation habituelle avec des personnes se livrant à du terrorisme[5], qui sont en faits des infractions existantes aggravées ou adaptées (la dernière s'inspire du proxénétisme).

Et à quoi ça sert ?

Tout d'abord, les infractions en questions sont toutes aggravées (sauf l'association de malfaiteurs, on touche déjà le plafond de 10 ans encourus). Les destructions volontaires en réunion, qui font encourir 5 ans de prison, en font encourir sept dans le cadre du terrorisme.

En outre, en présence d'une de ces infractions, le tribunal de grande instance de Paris est compétent, en concurrence avec le parquet local du lieu de l'infraction. Cela ne veut pas dire que deux instructions vont être menées en parallèle, le code prévoit les règles de l'éventuelle transmission du dossier à Paris. Pourquoi ? Parce que les juges et avocats de province sont trop mauvais Parce que le parquet de Paris est doté d'une section spécialisée, la section C1, et de juges d'instruction également spécialisés dans la matière, et qui connaissent bien les différents réseaux, leur fonctionnement, leur mentalité. C'est notamment là-haut, sous les toits, dans la galerie Saint-Éloi, qu'a exercé pendant plus de 20 ans le célèbre juge Bruguière. Enfin, les crimes sont jugés par une cour d'assises spéciale composée de 7 magistrats professionnels sans jurés, pour mettre les citoyens à l'abri des pressions et représailles des organisations terroristes.

Au stade de l'enquête, ce sont des services de police spécialisés (par exemple la Direction Nationale Anti-Terroriste, DNAT) qui sont saisis.

Enfin et surtout, puisqu'il s'agit de votre sécurité, n'est-ce pas, les droits de la défense sont mis au congélateur. La garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures, voire 144 heures (oui, 6 jours) en cas de menace imminente (mais une menace non imminente est-elle une menace ?), le gardé à vue n'ayant droit à s'entretenir avec son avocat qu'au bout de la 72e heure. Car c'est connu, rien ne permet mieux de lutter contre le terrorisme que de priver des suspects de leurs droits de la défense, sauf peut être une prison militaire sur un bout d'île occupée.

Je précise que s'il s'avère que le quidam placé 6 jours en garde à vue n'a rien à voir avec le terrorisme, il ne peut même pas prétendre à un mot d'excuse.

Revenons en à nos anarchosaboteurs.

On leur impute des dégradations, détériorations et destructions en réunion dans le cadre d'une entreprise terroriste (puisqu'ils ont été commis intentionnellement dans le cadre d'une entreprise individuelle ou collective (collectiviste, en l'espèce) ayant pour but de troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur, et une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste[6]. Ce qui lui fait encourir 10 ans de prison.

Le fait de recourir à la procédure extraordinaire des infractions terroristes dans cette affaire est contesté dans son principe par des soutiens aux personnes interpellées, et quelques juristes. Sachez qu'en droit, s'il s'avérait que les faits ne relevaient pas de cette procédure dérogatoire car l'entreprise terroriste n'est pas caractérisée (de fait, bloquer des TGV trouble-t-il gravement l'ordre public ?), les faits seraient requalifiées en infraction de droit commun, mais les poursuites n'en resteraient pas moins valables, même avec une garde à vue plus longue que le maximum légal prévu pour ces délits.

Les déboires de Coupat.

Lexpress.fr nous apprend que Julien Coupat, présenté comme le chef des anarchistes (cherchez l'erreur) reste incarcéré malgré la décision de remise en liberté du juge des libertés et de la détention.

Un juge des libertés et de la détention (JLD) a signé vendredi une ordonnance de remise en liberté à la suite d'une demande déposée par son avocate, Me Irène Terrel, à l'issue d'un interrogatoire de Julien Coupat devant le juge d'instruction chargé de l'enquête le 12 décembre.

Situation classique. Le juge d'instruction interroge le mis en examen détenu. L'interrogatoire terminé, l'avocat a aussitôt le réflexe de demander la remise en liberté, puisque maintenant que le client a été entendu, un des motifs de l'incarcérer (prévenir une collusion avec les autres auteurs ou complice) a disparu. Le juge d'instruction peut décider d'office de remettre en liberté, ou l'avocat peut le lui demander. En cas de demande de mise en liberté (dite DML), que ce soit par l'avocat ou le détenu lui-même au greffe de la maison d'arrêt, le juge doit transmettre immédiatement la demande au parquet pour connaître son avis, et soit remettre le détenu en liberté, soit s'il estime qu'il faut rejeter la requête, la transmet avec son avis au JLD dans les 5 jours de la communication de la demande au parquet. L'article nous apprend sans le dire que le juge d'instruction était contre la remise en liberté puisque c'est le JLD qui a statué, et que le parquet s'opposait lui-même à cette remise en liberté, par la procédure spéciale qu'il a utilisée pour paralyser l'ordonnance du JLD..

Le JLD a alors trois jours ouvrables pour rendre une ordonnance motivée susceptible d'appel, par le détenu en cas de rejet de sa demande de mise en liberté, soit par le parquet en cas de remise en liberté. Bien que rien n'interdise au parquet de faire appel d'un refus de mise en liberté. Si, si. C'est déjà arrivé.

Le juge avait jusqu'à lundi pour statuer, mais il n'a pas attendu jusque là et vendredi, il a signé une ordonnance de remise en liberté. Le parquet n'est pas d'accord, le détenu n'étant pas un dignitaire d'une dictature amie de la France (qui a dit “pléonasme” ?) mais un simple citoyen français (anarchiste, certes mais citoyen quand même).

Le jeune homme de 34 ans n'a cependant pas été remis en liberté, le parquet ayant pris un référé-détention contre la décision du JLD. Cet appel doit être examiné mardi par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, selon l'une de ces sources.

Référé détention ? Qu'est-ce donc, me demanderez-vous ?

En 1996, dans un de ces moments de grâce où une majorité de l'assemblée réalise l'importance des droits de la défense (c'était suite à l'affaire Botton…), a été institué une procédure de référé liberté. Quand un juge des libertés et de la détention place quelqu'un en détention, la personne concernée ou son avocat peut immédiatement faire appel et demander que le président de la chambre de l'instruction examine dans les trois jours ouvrables la demande. Il peut décider de remettre le détenu en liberté, ou renvoyer l'affaire devant la chambre de l'instruction dans le cadre de l'examen ordinaire de l'appel. Notons que c'est, à ma connaissance, la seule procédure d'appel qui peut se former immédiatement devant le juge qui vient de rendre la décision. Je vous garantis l'effet pour plomber l'ambiance. C'est l'article 187-1 du CPP.

En 2002, dans un de ces moments de disgrâce qui suit une campagne présidentielle sur le thème de l'insécurité, la même majorité va adopter la procédure inverse : le référé-détention. L'hypothèse est celle d'un JLD qui remet en liberté contre les réquisitions du parquet. Le JLD doit alors notifier sa décision au parquet qui a quatre heures pour faire appel en demandant un examen immédiat de cet appel. La logique aurait voulu que ce soit le président de la chambre d'instruction qui examine ce référé détention, tout comme il examine les référés libertés. Ce sera donc le premier président de la cour d'appel qui s'y collera. Des mauvaises langues, dont je ne suis certainement pas, vous me connaissez, diront qu'un premier président de cour d'appel est à un niveau tel de la hiérarchie (qu'on appelle hors hiérarchie, c'est dire…) que toute possibilité de promotion, qui ne peut se faire qu'en Conseil des ministres, suppose d'être bien vu par le gouvernement en place, donc rend plus… vigilant sur la teneur des décisions politiquement sensibles qu'il pourrait prendre. Heureusement, je ne suis pas mauvaise langue. C'est donc juste une simple incohérence législative.
Le premier président doit statuer au plus tard le deuxième jour ouvrable suivant la demande. Articles 148-1-1 et 187-3 du CPP.

Pour en revenir à notre ami qui n'aime ni l'économie de marché ni les caténaires (ce dernier point étant toutefois contesté), la décision de remise en liberté est paralysée par un référé détention qui doit être examiné mardi au plus tard. Cela provoque, et on la comprend, l'ire de son avocat. Las, soit la douleur l'égare, soit ses propos ont été mal compris par le journaliste.

« Il devrait être libre à l'heure où je vous parle », a affirmé son avocate, dénonçant cette « procédure exceptionnelle qui n'a pas lieu d'être ». « Tout est bloqué par un référé-détention, ce n'est pas normal. Julien Coupat a des garanties de représentation », a-t-elle estimé. « Un référé-détention à la veille de Noël, ça va trop loin, c'est lamentable », a déploré Me Terrel.

Un référé détention est aussi exceptionnel qu'un référé liberté. C'est une voie de recours tout à fait légale ouverte au parquet quand il le souhaite. Dieu sait que c'est frustrant pour un avocat de la défense de sauter sur le fax, lire "Ordonnance de remise en liberté", crier "Youpi", feuilleter les pages et tomber sur un avis de référé détention. Ça met une claque. Il demeure, c'est légal. Et c'est normal que tout soit bloqué par ce référé détention : c'est le but du référé détention. Et aucun texte ne s'oppose à ce qu'il soit exercé la veille (ou l'avant-avant-avant-avant-avant-veille de Noël, c'est pareil, ne jouons pas sur les mots) de Noël.

Voilà les quelques lumières que je puis apporter sur cette affaire. Je me garderai bien, j'insiste, de me prononcer sur le fond, et vous prierai de respecter cette même réserve en commentaire. L'instruction est en cours et nous ne savons rien ou si peu de son contenu. Entre ceux à ma droite qui crient au loup au couteau entre les dents, et ceux à ma gauche qui crient au coup monté contre d'innocents rêveurs qui pensent que la lutte contre l'économie de marché commence en ouvrant une épicerie dans le Limousin, je n'ai aucune envie de trancher et là n'est pas l'objet de ce billet.

Notes

[1] Rien à voir avec la production de lait maternel, il s'agit du proxénétisme.

[2] Les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, l'enlèvement et la séquestration ainsi que le détournement d'aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport, les vols, les extorsions, les destructions, dégradations et détériorations, ainsi que les infractions en matière informatique ; les infractions en matière de groupes de combat et de mouvements dissous ; les infractions en matière d'armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires, le recel du produit de ces infractions ; les infractions de blanchiment et même les délits d'initié. Art. 421-1 du Code pénal.

[3] Ajouté par une loi votée au lendemain des attentats de 1995.

[4] Ajouté par une loi votée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

[5] Ajouté par une loi votée au lendemain de l'attentat de Bali.

[6] Le fait de participer à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d'un des actes de terrorisme mentionnés aux articles précédents. Article 421-2-1 du code pénal

16:36 | Lien permanent | Commentaires (1) |

14/12/2008

La présomption de culpabilité - Julien Coupat - Tarnac- Yldune...

Les parents d'Yldune ont répondu en tchat aux questions des internautes le 10/12/2008 sur Rue89. j'ai choisit quelques questions et mis toute ou une partie des réponses, le tchat intégral étant visible sur Rue 89.

Avez vous-eu des signes de soutien d'associations et/ou des partis politiques et de leur représentants?"

"La Ligue des droits de l'homme a fait une déclaration prenant position sur l'affaire, demandant notamment le rejet de la qualification « terroriste » et dénonçant la « violation des garanties constitutionnelles des libertés".

Qu'est ce que le citoyen de base peut faire concrètement pour vous aider, vous et votre famille ?

Informer et que les gens se parlent entre eux. Plus il y aura de gens au courant de ce qui se passe, plus il y aura de chance que, d'abord, Yldune et Julien sortent de prison et surtout que soit abandonnée la qualification « terroriste ».

Nous préparons un site -fragmentsduvisible.org- pour le comité de soutien en Ile-de-France. Il y a des comités de soutien qui se créent partout, avec des informations, des événements, des groupes de discussions. Et tous les 11 de chaque mois, nous voulons faire quelque chose pour faire vivre ce soutien, en organisant des événements.

Pensez-vous élargir la bataille qu'il vous faut aujourd'hui mener contre l'ensemble des lois anti-terroristes?


Cette situation met en lumière une vraie dérive du droit. On leur a reproché de ne pas avoir de téléphones portables, de ne pas vouloir se soumettre à la biométrie, voire de vivre à la campagne, comme on a reproché à d'autres d'aller à la mosquée.

Pensez-vous que votre fille porte plainte pour peut-être, « diffamation » contre Alliot-Marie ou contre des journalistes ?

 

La présomption d'innocence a-t-elle été respectée ?

La réponse est dans la question. C'est ce qui nous a le plus choqué au départ : ils ont été accusés et condamnés, alors que la perquisition n'était pas terminée, ni les interrogatoires effectués. Au moment de la perquisition, les policiers ne lui ont posé aucune question. Ils ont fouillé systématiquement tout notre appartement.
La présomption n'a été respectée par personne, mais en plus on a tout de suite utilisé des mots pour faire peur comme « autonomes », « ultra-gauche », « anarchistes ».

Avez-vous eu des infos du parquet ou des enquêteurs concernant le moindre début de preuve matérielle (alors que les avocats n'ont pas accès au dossier pénal sauf erreur) ?


On a parlé d'empreintes, de traces ADN... tout cela a disparu aujourd'hui. Nous ne savons rien de plus que ce que tout le monde sait. Ce qui apparaît aussi dans le rapport de police publié par Mediapart -dont on ne sait s'il est authentique- c'est que tout cela ressemble à une machination. Nous n'avons pas vu l'avocat depuis qu'il a obtenu le dossier, mardi matin.

J'ai entendu que le mandat de perquisition datait du mois de juin, alors que l'arrestation a été effectuée au mois de novembre. C'est un délai vraiment un peu long s'il s'agissait vraiment de terroristes ! Est-ce que la police a donné une explication plausible sur ce délai ? Un mandat de perquisition suppose déjà des soupçons, mais de quoi ? Etaient-ils déjà considérés comme « terroristes » en juin ?


En fait, dans les deux papiers présentés au moment de la perquisition, le premier -qui ouvre l'enquête pour les services de police français- est daté du 16 avril. C'est le « kit nord-américain ». Une enquête a été ouverte à partir de cette date. L'autre document daté du 6 juin, il ouvre la possibilité de faire des perquisitions dans le cadre de cette enquête. Le dernier document, celui de l'exécution de la perquisition, est daté de la veille ou du jour même. Tout cela, nous le découvrons le 11 novembre à 6 heures du matin.

Les termes employés par les médias, la justice et le gouvernement dans cette affaire vous semblent avoir biaisé le traitement du dossier ?

C'est une perspective qu'on se réserve. Quand on voit le traitement de Mediapart, c'est un cas d'école. Le fait de laisser les noms en toute lettre avec les dates de naissance dans le rapport de police, cela veut dire que tu participes du lynchage et cela n'a plus rien à voir avec l'information. C'est de l'abus et c'est irresponsable.
Concernant Alliot-Marie, c'est juste navrant et une incompétence pour un ministre de l'Intérieur. Mardi, elle fait une déclaration en disant qu'il n'y a plus qu'un seul incarcéré. C'est un mensonge. Plus vite elle sera partie, mieux ce sera.

C'est plus que biaisé. La perquisition a duré cinq heures. Cinq minutes après la fin de la perquisition, la télévision était à notre porte. Les policiers n'étaient pas contents. Ils ont remis leur cagoule et ont caché le visage d'Yldune pour sortir. La volonté, c'était d'avoir ces images là pour les diffuser.
Quand Michèle Alliot-Marie a parlé, pendant la perquisition, les présentant comme les coupables, les terroristes, les images étaient déjà prêtes.

 

 

Ne sachant pas exactement où en est l'enquête, je me demande pour quel motif votre fille est maintenue en détention alors que (presque) tous les autres suspect-e-s arrêté-e-s ont depuis été remis en liberté.



J'aimerai bien le savoir précisément. L'avocat vient tout juste d'avoir le dossier. Au début, les policiers de la SDAT m'ont dit « c'est pour une enquête, on veut l'interroger ». J'ai répondu que s'ils l'avaient convoquée, elle y serait allée.
Cette histoire de figure du terrorisme vient un jour des Canadiens, un autre jour du FBI, donc elle a bien été fabriquée outre-atlantique. C'est ce que raconte la presse.

Avez-vous pu voir Yldune depuis son arrestation ?

La réponse est non. Par contre, on a des nouvelles récentes d'hier et d'aujourd'hui, puisque le juge a déclaré à son avocat qu'il avait signé une autorisation de visite. Depuis mardi, on a téléphoné au greffe de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis où il n'avait rien reçu. Aujourd'hui, nous avons recommencé à téléphoner au greffe, où il n'y avait toujours rien. L'avocat nous a dit que ce n'était pas normal.
On nous a conseillé de rappeler la pénitentiaire, la parole du juge ne pouvant être mise en doute. Et là, on a fini par avoir le secrétariat de la prison nous indiquant que cela passait par le greffe de la maison d'arrêt des hommes. Là aussi, il n'y a rien. A l'âge d'internet, c'est quand même étrange.

http://www.rue89.com/2008/12/10/sabotages-sncf-ils-ont-et...

 

interview radio de l'arrestation et de la pérquisition à Tarnac :    http://www.liberation.fr/politiques/0601439-anarcho-auton...

 

Pour les RG, l'enquête continue : http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200850/sabotages-revelati...

"L'enquête prend à nouveau un caractère international. "Nous travaillons en relation étroite avec le BKA allemand et la PJ italienne, confie une source proche de l'enquête. Et nous devrions nous rapprocher également très vite des Anglais, des Canadiens, du FBI américain, ainsi que des polices grecques et belges." selon le JDD.

 

 

Rappel de l’adresse de Julien Coupat, écrivez lui.

Le courrier est censuré, ne parlez pas des faits.

 

Julien COUPAT

N° d’écrou, 290173

42 rue de la santé

75014 PARIS.

 

18:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/11/2008

La Bataille du rail, de Tarnac à Davos...

La bataille du rail, de Tarnac à Davos...

Il y a quelques mois, Dominique Bussereau avait tenu des propos concernant les "dysfonctionnements" de la SNCF :

"Ce type de dysfonctionnements a été beaucoup trop nombreux ces derniers mois" et "c’est tout à fait inacceptable".

Fin mai, le président de la SNCF annulait une table ronde sur la restructuration du fret. La signature d’un contrat entre l’État et RFF, propriétaire des infrastructures, qui porte à 13 milliards d’euros jusqu’en 2015 les sommes allouées à la rénovation du réseau, permet au gouvernement de disposer d’un argument pour se faire entendre, ce qui améliorera donc l’état des voies de "communications" entre le ministre des Transports et la SNCF...

Ces "sabotages" ont donc permis un "rapprochement" :

Après les actes de malveillance commis samedi contre la SNCF, le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, à qui l’on demandait s’il croyait à l’existence de sabotages concertés, a déclaré sur RMC : "C’est hélas la réalité". Sur la même question d’un éventuel sabotage organisé, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a répondu : "nous nous posons la question".

Les actes de malveillance : coups de fusils, fers à béton, plaques de ciment et planches de bois...

1. La SNCF a décidé de porter plainte "à la suite de tirs de fusil ayant très certainement entraîné la rupture de la caténaire" survenue samedi à Marcoussis en région parisienne sur la Ligne à grande vitesse Atlantique.

 

2. Un TGV a percuté ce matin deux plaques de béton posées sur une voie dans la région de Narbonne. Le préfet de l’Aude, Bernard Lemaire, a annoncé la mise en place d’un dispositif de surveillance renforcée des voies ferrées dans le secteur de Narbonne. Bernard Lemaire a rejeté tout « amalgame » entre l’acte de malveillance commis à Coursan, et ceux perpétrés ce week-end dans le nord de la France. « Cet acte de malveillance n’a rien à voir avec le mode opératoire technique, la technicité utilisée dans la région parisienne », où des fers à béton disposés sur des caténaires des lignes à grande vitesse ont fortement perturbé le trafic samedi, a-t-il dit. Le préfet de l’Aude a indiqué que des actes de malveillance s’apparentant à celui perpétré dimanche soir près de Narbonne avaient déjà été recensés dans le passé dans le secteur, des planches ou des morceaux de bois ayant été retrouvés sur la voie.

3. Dans la nuit de vendredi à samedi, des tiges de fer à béton avaient été fixées sur des caténaires, dans l’Oise, l’Yonne et la Seine-et-Marne, affectant les lignes à grande vitesse (LGV) Nord, Est et Sud-Est après que ces fers eurent été percutées à 170 km/h par les trains-balais. Ceux-ci vérifient quotidiennement à 5 heures la sécurité des voies avant l’ouverture au trafic commercial.

Des tiges en fer ont été utilisées comme des crochets (avec systèmes de verrouillage) sur des caténaires, en Moselle, dans l’Oise et l’Yonne, entraînant de fortes perturbations. Des plaques en béton ont été placées sur une voie près de Narbonne, sans provoquer d’énormes dégâts si ce n’est le nez du train.

Un responsable de la CFTC-Transport a déclaré que le mode opératoire, dans le cas des caténaires par conséquent visant des lignes électriques à haute tension, laisse supposer qu’il s’agirait de spécialistes… Des cheminots ou d’anciens cheminots.
Dans le même sens, Bernard Aubin, secrétaire fédéral de CFTC-Transports, précise que les lignes aériennes de 25 000 volts sont extrêmement dangereuses et qu’« Il est donc peu probable que les méfaits commis en différents points du réseau soient l’œuvre d’amateurs (...). Seules des personnes rompues aux interventions sur de la haute tension ou initiées peuvent poser un tel dispositif sans mettre leur vie en péril ».
Un porte-parole de la SNCF a temporisé les événements en affirmant que ce genre d’incidents prémédités n’étaient pas exceptionnels.
Selon un spécialiste de l’entretien des caténaires, parlant sous le couvert de l’anonymat, ces actes de sabotage sont faciles à organiser pour des gens connaissant bien la SNCF et Réseau ferré de France. "Le travail d’entretien sur les caténaires s’effectue la nuit sur les lignes à grande vitesse (LGV), le courant est coupé pendant nos interventions, il suffit de savoir quand a lieu une intervention pour prendre une échelle et installer le fer à béton et repartir", a expliqué ce spécialiste à l’AFP.

M. Bussereau avait aussi déclaré : "J’ai demandé à la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de faire en sorte que nos policiers, nos gendarmes sur le terrain aient un œil particulièrement acéré sur la surveillance des voies ferrées".
C’est cet œil particulièrement acéré qui a permis l’interpellation à Tarnac de dix personnes.
Pas moins de 150 policiers ont été mobilisés pour démanteler ce groupuscule. La ministre de l’Intérieur a révélé qu’il était sous la surveillance de la DCRI depuis le mois d’avril.
Les jeunes gens vivaient dans un appartement au-dessus de la mairie. Les autres, élevaient chèvres et moutons dans une ferme.

Le travail des spécialistes de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie (IRCGN) aurait permis de découvrir « une trace d’ADN » à proximité d’une des caténaires visées, ainsi que des empreintes digitales, en cours d’exploitation. Lors des perquisitions, à Tarnac, les policiers auraient saisi un dispositif utilisé par les saboteurs : un fer à béton en forme de crochet à fixer sur la caténaire.

Filatures, surveillances, écoutes téléphoniques ont complété les investigations, jusqu’à établir « le lien entre les lieux et les heures de sabotage et l’activité d’un certain nombre de membres du groupe », a résumé Michèle Alliot-Marie.

Plusieurs des membres du groupe de Tarnac auraient, dans le passé, participé à des manifestations anti-mondialisation à l’occasion de grandes réunions internationales, telles que les G20, G8 ou Forum de Davos.

Ceci expliquant peut-être cela...

Sources :
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/sabotages-sncf-d...

http://www.fmcradio.info/index.php ?dd1=6&news=8...

http://www.rtl.fr/fiche/2426653/la-serie-noire-continue-p...

http://www.lepoint.fr/actualites/bussereau-souligne-la-ha...

http://www.liberation.fr/politiques/0101257813-une-mouvan...



Au printemps, des Eurostar mettaient plus de dix heures pour rallier Paris à Londres, et le ministre rajoutait : "à chaque fois, les voyageurs ne sont pas informés, sont perdus, reçoivent des informations trop tard". Et pour prendre des "renseignements", Luc Chatel reproche aussi à la SNCF d’avoir un numéro d’appel "surtaxé", le 36 35. La SNCF a dû diligenter un audit des caténaires.

 

 

http://www.lepoint.fr/actualit...
Selon une source proche de l’enquête, les perquisitions ont donné du grain à moudre aux enquêteurs pour leurs interrogatoires. Ils ont retrouvé des documents consignant les heures de passage des trains, commune par commune, avec horaire de départ et d’arrivée dans les gares, ainsi que du matériel d’escalade dont ils se demandent s’il n’aurait pas été utilisé pour poser les fers à béton, doté d’un système de verrouillage, qui avaient été placés sur des caténaires. Autre découverte des enquêteurs: un manuel contenant des indications sur le comportement à adopter lors d’une garde à vue. Pour ce coup de filet, le dispositif mis en place à l’occasion du passage d’un train transportant des déchets nucléaires de Cherbourg vers l’Allemagne, via Strasbourg, dans la nuit de vendredi à samedi, s’est avéré payant. Il a en effet permis d’identifier la présence, de nuit, du chef présumé du groupe et de sa compagne aux abords d’une ligne TGV, en Seine-et-Marne, où un sabotage a été découvert depuis. Par ailleurs, samedi matin, trois personnes, qui sont également en garde à vue, avaient fait l’objet d’un contrôle routier en Meurthe-et-Moselle, entre une ligne TGV et la ligne sur laquelle devait passer ce même train de déchets. Possibles liens avec l’ultra-gauche allemande Mardi, la ministre de l’Intérieur a indiqué que les personnes arrêtées appartenaient à "l’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome". Ce coup de filet semble donc accréditer l’hypothèse d’une action concertée. Une hypothèse évoquée dès samedi par la direction de la SNCF et reprise dimanche par le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant. Selon une source proche du dossier, la sous-direction antiterroriste (SDAT), qui avait la mouvance anarcho-autonome dans le collimateur depuis avril pour des "dégradations", s’interroge sur "d’éventuels liens avec l’ultra-gauche allemande qui a déjà revendiqué des actions contre des trains transportant des déchets nucléaires".

http://www.desobeir.net/actual...

http://www.rue89.com/2008/10/0...

Fin septembre, elle passait une journée en prison pour avoir refusé de payer une amende de 5 euros. Depuis qu’elle ne travaille plus comme prof, son militantisme l’occupe à plein temps. « C’est un choix de vie. Je m’engage à plein temps, cela a des conséquences sur ma vie personnelle. » Notamment de vivre avec seulement 300 euros par mois. Ce qui lui suffit, dit-elle. Ou presque.

Depuis cet été, elle a été acceptée dans les rangs des "Bewegungsmitarbeiter", militants super-actifs sponsorisés par la fondation allemande Bewegungsstiftung ("fondation du mouvement"). Ce qui devrait l’aider à boucler ses fins de mois: si ses actions plaisent, d’autres généreux donateurs pourraient se manifester.

"40 à 60 parrains donnent en moyenne 1 000 euros par mois à chaque travailleur."

Cette fondation, qui réunit de riches héritiers, s’est donné comme objectif de changer la société en soutenant les plus virulents de ses mouvements sociaux. Sans oublier les individualités qui les portent.

Sur son site, huit travailleurs des mouvements sociaux peuvent actuellement être parrainés par des donateurs. Chacun a sa fiche de présentation, ses faits d’arme, son pedigree d’agitateur:

  • Jürgen Heiser, 57 ans, militant contre la peine de mort et pour la libération de Mumia Abu Jamal.
  • Edgar Schu, 39 ans, engagé pour les droits des salariés et des chômeurs.
  • Stéphanie Mayfield 22 ans, jeune militante féministe.



http://www.dissent.fr/node/44

La station thermale de Baden-Baden accueillera, avec Strasbourg, le 60e sommet de l’Otan, co-organisé par la France et l’Allemagne, a-t-on appris aujourd’hui vendredi auprès de cette municipalité.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy avait annoncé en avril dernier à Bucarest que le sommet se tiendrait, de part et d’autre du Rhin, à Strasbourg et dans la ville frontière de Kehl.

Le porte-parole de la ville de Baden-Baden, Roland Seiter, se référant à des informations reçues du ministère de l’Intérieur du Bad-Würtemberg, a indiqué que le dîner de gala des chefs d’Etat aura lieu dans la station thermale de 55.000 habitants.

Les repas de travail des ministres des Affaires étrangères et de la Défense pourraient aussi se tenir dans cette ville, distante de quelque 50 km de Strasbourg.

A Bruxelles, ce vendredi, un diplomate de l’Otan a confirmé que la ville de Baden-Baden est envisagée, soulignant toutefois qu’il s’agit d’une option parmi d’autres.

Günther Petry, le maire de Kehl, a publié un communiqué regrettant une mise à l’écart de sa ville de 40.000 habitants tout en disant craindre que sa cité soit le théâtre de manifestations anti-Otan.

La municipalité de Strasbourg mettra à disposition son Palais des congrès pour ce premier sommet de l’Otan à être organisé conjointement par deux de ses Etats membres.

Strasbourg abrite aussi le siège du Parlement européen et le Conseil de l’Europe bien pourvus en grandes salles de réunion et en services de traduction.

 

autre source, infos totalement différentes... Reuters, en l’occurence, nous dit:

"Les gardes à vue des dix suspects d’un groupe d’ultra-gauche arrêtés mardi dans l’enquête sur des actes de sabotage contre le réseau SNCF ont été prolongées mercredi, apprend-on de source policière.

Les policiers du renseignement intérieur et de la sous-direction antiterroriste, en charge de l’enquête, ne disposent pas pour l’instant de preuves.

 

 

"Il n’y a pas d’élément matériel qui permette de les rattacher directement aux actes de malveillance", dit-on de source policière.

 

Les interrogatoires, qui se déroulent pour neuf des suspects à Paris, peuvent se prolonger durant quatre jours, soit jusqu’à samedi. Les suspects devront être ensuite, soit présentés à un magistrat antiterroriste, soit remises en liberté.

L’affaire vise quatre actes de malveillance constatés samedi dernier sur des caténaires de l’Oise, de la Seine-et-Marne et de l’Yonne et sur un autre commis le 26 octobre en Moselle.

La technique employée a été à chaque fois identique, un fer à béton a été placé avec un système de verrouillage sur une ligne à haute tension, ce qui a amené une mise hors-tension et hors-service des réseaux au passage des trains.

Par coïncidence, les policiers de la sous-direction antiterroriste surveillaient depuis avril certains des suspects, ce qui leur a permis de voir certains d’entre eux s’approcher, dans la nuit de vendredi à samedi, d’une voie ferrée en Seine-et-Marne.

MOUVANCE "ANARCHO-AUTONOME"

Les policiers n’ont cependant pas constaté de visu qu’ils avaient mis en place un dispositif de sabotage et n’ont rien remarqué d’anormal sur le coup.

La police ne dispose pas encore, par ailleurs, des résultats des comparaisons entre les empreintes digitales et génétiques des suspects et les traces relevées sur les mécanismes utilisés pour les sabotages. La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie avait évoqué des éléments comme preuves possibles.

 

 

La police n’a retrouvé ni horaires de train, ni carte détaillée du réseau SNCF, ni explosifs, a déclaré cette source policière, démentant des informations de presse.

 

Aurait en revanche été découvert, selon plusieurs médias, un manuel décrivant la conduite à tenir en cas de garde à vue, mais ce type de document circule largement parmi les activistes habitués aux interpellations après des manifestations.

"Les perquisitions ont permis de recueillir beaucoup de documents très intéressants", a déclaré Michèle Alliot-Marie à la sortie du conseil des ministres.

Les suspects appartiennent à une mouvance appelée par les policiers "anarcho-autonome", dont la présence a été remarquée lors de manifestations politiques comme celles qui avaient visé le Contrat première embauche (CPE) en 2006, ou en marge de sommets internationaux.

Ces personnes seraient, selon les spécialistes, au nombre de quelques centaines en France."

 

Sabotage: « Sans coupables,
la police en fabrique »

Propos recueillis par Aziz Zemouri (Figaro Magazine)
13/11/2008 | Mise à jour: 15:13 | Commentaires 95
.


INTERVIEW - Sébastien Schifres est doctorant en science politique et militant du mouvement des « autonomes », classé à l’ultra-gauche, auquel sont soupçonnées d’appartenir les dix personnes gardées à vue en lien avec les sabotages de caténaires à la SNCF. Il dénonce des arrestations sans « aucun élément matériel ».

Connaissez-vous certains des interpellés ?

Pour le moment, la seule personne dont l’identité a été rendu publique c’est Julien Coupat (ancien de l’École des hautes études en sciences sociales et fondateur de la revue Tiqqun, ndlr). C’est un ami à moi qui a souvent été à mes côtés dans le mouvement étudiant. Je suis scandalisé des accusations que la police ose porter contre lui. Aujourd’hui, un intellectuel est en garde à vue pour ses idées. Il n’y a aucun élément matériel pour appuyer la thèse de la police. Et évidemment, quand la police ne trouve pas de coupables, elle les fabrique. En Julien Coupat elle a donc trouvé un faux coupable sous prétexte qu’il a écrit dans une revue révolutionnaire. Michèle Alliot-Marie prétend défendre la démocratie, mais le capitalisme n’a jamais été un régime démocratique.

Vous faites partie du mouvement des « autonomes », qu’est-ce que c’est ?

Il y a aujourd’hui en France des gens qui pensent que Mai 68 ce n’est pas fini et que ce n’est pas en votant pour Olivier Besancenot que l’on fera la révolution. Le mouvement autonome est une tendance du mouvement libertaire qui est apparu en France à la fin des années 70. A la différence des anarcho-syndicalistes qui considèrent que la lutte contre le capitalisme doit s’organiser dans les syndicats, les autonomes préfèrent s’organiser dans des collectifs informels, sans existence légale.

Vous avez vous-même participé à des actions, notamment l’occupation de l’EHESS en 2006. La violence est-elle inhérente au mouvement ?

Les autonomes ne sont pas nécessairement violents. Généralement, la violence vient plutôt de la police comme on l’a vu à Gênes avec la mort de Carlo Giuliani, ce manifestant tué par balle par la police italienne. La plupart des actions des autonomes sont aujourd’hui des actions non-violentes du type manifestation, occupation, ou piquets de grève.

Pourquoi ne pas faire de la politique dans des mouvements légaux ?

Le fait de s’organiser en dehors des structures légales est une question de cohérence révolutionnaire: c’est l’idée que la révolution ne peut se faire à l’intérieur d’un cadre légal. Si un révolutionnaire authentique était élu Président de la république, en admettant qu’il veuille sincèrement mettre fin au système capitaliste, je pense qu’il serait renversé par un coup d’Etat militaire.

Etes-vous hostiles à la démocratie parlementaire ?

Les lois ne sont pas faites pour défendre l’intérêt général. Elles sont faites pour défendre les intérêts de la bourgeoisie. Comme ces lois ne peuvent être changées par un processus légal, on ne peut les changer que par un rapport de forces. Or, ce rapport de forces est nécessairement illégal. Il n’existe pas dans l’histoire d’exemple de révolution qui se soit faite en respectant un processus légal. Pour ces raisons, le mouvement autonome est contre la démocratie représentative car il la considère comme une dictature. De mon point de vue, la seule véritable démocratie c’est celle que pratique le mouvement social: c’est la démocratie directe des assemblées générales.

Historiquement, le mouvement autonome est l’expression de cette démocratie directe née en Italie dans les assemblées ouvrières. Pour ma part, c’est cet engagement pour la démocratie directe qui fonde ma participation au mouvement autonome, dans une perspective autogestionnaire à la fois communiste et libertaire.

Vous avez rédigé une thèse sur le mouvement autonome en France de 1976 à 1984. Le mouvement autonome actuel a-t-il des similitudes avec celui des années 1970 ?

D’une certaine manière, à travers le mouvement des squats et le mouvement étudiant, le mouvement autonome d’aujourd’hui est à mon avis assez similaire à celui des années 70. Cependant, il faut reconnaître que depuis les années 90 les autonomes ont abandonné le recours à la violence militaire. Les hold-up, les attentats à l’explosif, la violence systématique, tout ça c’est terminé ! C’est une question de génération. Entre-temps, la société française a été largement pacifiée. En particulier, on a aboli la peine de mort et le service militaire. Le contexte international a également profondément changé. Les années 70 c’était encore la guerre froide, l’époque de la RDA. La Grèce, l’Espagne, et le Portugal étaient encore des Etats fascistes. L’un des premiers groupes autonomes, le MIL (Mouvement Ibérique de Libération), avait d’ailleurs été fondé par Jean-Marc Rouillan pour lutter contre le régime de Franco en Espagne. Donc le contexte a profondément changé.

Le mouvement a-t-il jamais cessé d’exister ? Pourquoi refait-il parler de lui aujourd’hui ?

Le mouvement autonome n’a jamais disparu même s’il a eu tendance à s’effondrer dans les périodes de repli du mouvement social, lorsque la gauche était au pouvoir. Depuis cinq ans, il y a donc une résurgence du mouvement autonome qui correspond au retour de la droite au gouvernement et à la reprise de l’agitation sociale. Mais si on en reparle aujourd’hui, c’est surtout parce que le ministère de l’Intérieur a décidé d’en faire une campagne médiatique pour se faire valoir.

» L’ADN au coeur de l’enquête

Sabotage à la SNCF: les neuf gardés à vue déférés au parquet samedi

PARIS (AFP) — Les neuf jeunes en garde à vue après les dégradations de lignes TGV vont être déférées samedi matin, a annoncé le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, qui a décidé vendredi d’ouvrir une information judiciaire pour des faits de terrorisme.

Parmi ces neuf personnes, formant un cercle qui s’est lui-même baptisé "cellule invisible", le procureur a distingué au cours d’une conférence de presse "deux groupes" selon leur degré d’implication présumé.

Le premier, une sorte de "noyau dur", est composé de cinq personnes soupçonnées d’avoir eu un rôle dans les sabotages de caténaires, a précisé M. Marin.

Son chef présumé, un homme de 34 ans est soupçonné d’avoir "dirigé une structure à vocation terroriste", un crime passible de 20 ans de réclusion.

Avec lui, les quatre autres personnes de ce groupe (sa petite amie, deux femmes et un homme) "ont en commun d’avoir participé à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et d’être les auteurs de dégradations en réunion dans une perspective terroriste", délits passibles de dix ans d’emprisonnement, a affirmé Jean-Claude Marin.

Deux d’entre elles ont été aperçues à proximité des lieux d’une des dégradations en Seine-et-Marne dans la nuit du 7 au 8 novembre. Les trois autres ont été l’objet d’un contrôle routier près de deux autres sites dans l’Oise la même nuit. Le parquet a requis des mandats de dépôt à l’encontre des cinq.

Il compte requérir à l’encontre des quatre membres du second groupe (deux femmes et deux hommes) une mise en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Ces neuf personnes étaient sous surveillance dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 16 avril sur "les activités d’un petit groupe de jeunes gens versant dans la contestation violente", selon le procureur, qui avait ouvert lundi une enquête de flagrance après les dégradations.

"Ces deux enquêtes ne forment aujourd’hui plus qu’une procédure", a-t-il souligné.

S’il n’y a pas de preuve formelle, notamment ADN, de leur implication directe, les réquisitions de mise en examen formulées par le parquet signifient que celui-ci considère avoir des "indices graves et concordants" à leur encontre.

Dans cette perspective, ces neuf personnes, âgées de 22 à 34 ans, doivent être présentés samedi à des juges antiterroristes.

Cette "cellule invisible", formée vers 2002-2003, "se caractérise par une solidarité qui se centre dans la marginalité. Le Goutailloux (nom de la ferme de Tarnac en Corrèze où plusieurs d’entre eux ont été arrêtés, ndlr) est devenu le lieu de rassemblement, d’endoctrinement, une base arrière pour les actions violentes", a expliqué M. Marin.

Le procureur a également pointé "l’internationalité de leur action", faisant valoir qu’"il apparaît à l’évidence des liens avec des cellules équivalentes agissant en Allemagne, en Grèce, en Italie et aux Etats-Unis".

Pour le procureur, l’action de ce groupe revêt un caractère terroriste parce que "le but de leur entreprise est bien d’atteindre les institutions de l’Etat et de parvenir par la violence -je dis bien par la violence et non pas par la contestation qui est permise- à troubler l’ordre politique, économique et social".

Il a également détaillé le parcours du chef présumé du groupe, désigné par l’un des gardés à vue comme l’auteur de l’ouvrage "L’insurrection qui vient" légitimant les attaques contre le réseau ferré.

Issu d’une famille aisée, cet ancien élève d’une "prestigieuse école de commerce a changé radicalement d’orientation" pour "s’ancrer dans l’action violente et la conception de cette cellule invisible".

 

ATS/AFP | 15.11.2008 | 19:40
http://www.tdg.ch/actu/monde/p...

Cinq des inculpés devaient être présentés samedi soir à un juge des libertés et de la détention (JLD) qui doit statuer sur leur placement en détention provisoire. Deux autres, dont l´implication dans les dégradations contre des caténaires qui ont perturbé le trafic ferroviaire n´a pas été avérée, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Deux membres du groupe devaient encore être présentés au juge d´instruction qui doit décider d´une éventuelle inculpation. Parmi les personnes arrêtées figure une Genevoise de 26 ans. Selon le procureur de la République de Paris, elle fait partie des membres pour lesquels les enquêteurs ne disposent pas d´assez d´éléments indiquant une participation aux sabotages de caténaires.

Disproportionné

L´avocate de deux inculpés, Dominique Valles, s´est insurgée contre la "disproportion totale entre la qualification d´association de malfaiteurs terroriste et ce qu´on peut réellement leur reprocher". Selon elle, "ce sont des étudiants (...) qui n´avaient "pas le profil d´anarchistes inquiétants".

Les suspects, quatre hommes et cinq femmes, sont âgés de 22 à 34 ans.

Les enquêteurs travaillent sur cinq cas de dégradations de caténaires de lignes à grande vitesse fin octobre et dans la nuit du 7 au 8 novembre. Ces actes de sabotage avaient perturbé le trafic ferroviaire, entraînant des retards pour 160 trains, Thalys et Eurostar, et des milliers de passagers.

Anti-nucléaires ?

Dans la nuit du 7 au 8 novembre, alors qu´un train devait transporter des déchets nucléaires de Cherbourg vers l´Allemagne, via Strasbourg, le dispositif de surveillance installé sur le parcours avait permis d´identifier la présence du chef présumé du groupe et de sa compagne aux abords d´une ligne TGV, en région parisienne. Un sabotage a été découvert dans cette zone depuis.

Exercice / Alerte à la (fausse) bombe à la gare

http://www.lunion.presse.fr/in...

CQFD N°057


À LA RAME

 

VA CHERCHER L’ENNEMI INTÉRIEUR !


Mis à jour le:15 juin 2008. Auteur: Anatole Istria.

Le 19 janvier, trois jeunes qui se rendent à la manif devant le centre de rétention de Vincennes sont arrêtés en possession d’un fumigène artisanal (à base de chlorate de sodium,de farine et de sucre) et de quelques clous tordus en guise de crève-pneus. Ivan et Bruno sont soupçonnés d’avoir voulu fabriquer une bombe à clous et inculpés. À Vierzon, le 23 janvier, deux autres personnes (dont une a été libérée après quatre mois de préventive) sont arrêtées lors d’un contrôle douanier. En leur possession, des manuels de sabotage, les plans d’établissements pénitentiaires pour mineurs, qu’on trouve sur Internet, et un peu de chlorate de sodium.
Pour la juge antiterroriste Marie-Antoinette Houyvet, l’existence d’un réseau structuré de poseurs de bombinettes issus de la nébuleuse « mouvance anarcho-autonome francilienne » ne fait plus de doute. Pourtant, les médias (voir CQFD n°56) ont beau chercher à agiter le spectre des Brigades rouges et d’Action directe, rien n’y fait: l’hypothétique organisation clandestine reste introuvable. Ivan et Bruno sont finalement libérés le 6 juin dernier. Une seule personne reste donc en détention, en attendant la fin d’une instruction qui peine à donner corps au fantasme policier. Pour la maison poulaga, l’occasion est profitable pour bourrer les fichiers génétiques de nouveaux clients (activistes anticarcéraux et anti-expulsions), quitte à criminaliser des opinions dissidentes à l’ombre d’une justice d’exception. Sauve qui peut, tous à Tora-Bora !

 

On peut télécharger la brochure « Mauvaises intentions. “L’outil antiterroriste” et la “mouvance anarcho-autonome” » sur www.infokiosques.net
Soutien aux prisonniers: kalimeroparis@gmail.com

 

Article publié dans CQFD N°57, juin 2008
http://www.cequilfautdetruire....

Le croc du diable, ou le terrorisme illustré

 

J'appelle "journalisme visuel", non la traduction en images d'une information (qu'exprime plus justement le terme "illustration"), mais au contraire une construction ou une organisation du récit sur la base d'une iconographie. Le récent épisode des "saboteurs de la SNCF" nous en offre un cas exemplaire. Après un emballement médiatique digne des pires tragédies, chaque jour qui passe rapproche d'un nouvel Outreau l'incarcération sans la moindre preuve matérielle d'un groupe d'alters.

Entre le 10 et le 11 novembre 2008, un ensemble d'incidents initialement caractérisés par le directeur de la SNCF comme des «actes de malveillance», ayant eu pour conséquence essentielle de provoquer le retard de trains, vont être requalifiés par le ministère de l'Intérieur comme des actes de terrorisme.

Dans ce processus, une image a joué un rôle décisif. Le 10 novembre, la veille de l'arrestation, le Figaro.fr publie un groupe de quatre photographies intitulé "Le caténaire de la peur" (sic, ce titre sera rapidement corrigé pour devenir "Les images exclusives de la caténaire de la peur"). Au lieu de comporter le nom du photographe, ce reportage est curieusement légendé: "Photos Le Figaro Magazine". Le texte explique qu'il s'agit des «images du dispositif utilisé par les saboteurs en quatre points différents du réseau à grande vitesse dans la nuit de vendredi à samedi. Ces photos ont été prises sur la ligne du TGV Est après le passage du train ouvreur, alors que les services d’entretien de la SNCF arrivaient sur les lieux.» Cette description suggère qu'il s'agit de photographies réalisées par les services de la SNCF, communiquées à la rédaction du Figaro Magazine.

Dans ce corpus inédit, l'une des images est particulièrement spectaculaire. Elle sera reprise le soir même dans les journaux télévisés – et remarquée par Daniel Schneidermann, qui affiche une méfiance ironique face au traitement de l'événement. Mise en exergue par la présentation du site, la photo en gros plan d'un crochet réalisé à partir d'un morceau de fer à béton semble résumer à elle seule la menace qui pèse sur la France. Elle montre un instrument mystérieux, dont la dimension la plus effrayante est l'utilisation d'un matériau de récupération rudimentaire au service d'une complexité fonctionnelle particulièrement bien adaptée (avec un mécanisme de verrouillage et une tige de positionnement). Dans l'imaginaire contemporain, on retrouve la même association de matériaux de récupération et d'une maîtrise technique élaborée, caractéristique des bombes artisanales ou des armes par destination utilisées par les terroristes.

Il n'y a, dans l'iconographie sollicitée pour illustrer les incidents de la SNCF, aucune image de dégradation ou de violence – et pour cause. Seule la photographie du crochet évoque l'agression, sur un mode métonymique. Un dispositif à la fois si spécialisé et d'allure si brutale suggère simultanément la sauvagerie, la volonté de nuire, la détermination, le calcul, la dissimulation – bref, un dessein diabolique. S'inscrivant dans la plus pure tradition du journalisme à sensation, le titre "Le caténaire de la peur" se charge de guider cette interprétation et, à un moment où le terrorisme n'est pas encore évoqué, a déjà fait un premier pas vers un registre qui est celui de la terreur.

C'était dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre qu'avaient été découverts à Fresnoy-la-Riviere et Montagny-Sainte-Félicité (Oise), Coulombs-en-Valois (Seine et Marne) et Pasilly (Yonne) quatre crochets, dont un seulement avait entraîné une coupure de courant et d'importants retards pour les TGV du réseau Nord. Mais le lundi matin, la presse retenait l'accident plus spectaculaire de Coursan (Aude), près de Narbonne, où deux plaques de béton avaient été posées sur la voie, occasionnant des dégâts mineurs. Alors que le secrétaire d'Etat chargé des transports, Dominique Bussereau, dénoncait sur Europe 1 «un nouvel acte de malveillance» contre la SNCF, c'est ce même lundi 10 que les parquets de Senlis (Oise) et Auxerre (Yonne) choisissaient de se dessaisir des instructions en cours au profit du parquet antiterroriste de Paris. L'arrestation du mardi 11 novembre, immédiatement répercutée en conférence de presse par la ministre de l'intérieur Michèle Alliot-Marie, avait été décidée la veille, à partir d'éléments de surveillance policière réunis depuis des mois, indépendamment des incidents ferroviaires.

A partir de leur qualification terroriste, les instances politiques et judiciaires, suivies par la grande presse unanime, vont verser dans un délire d'interprétation sans précédent, créant de toutes pièces une menace étiquetée "ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome" (sic), où l'on nous renvoie sans rire à la bande à Baader. La veille du glorieux coup de filet du 11 novembre, le secrétaire fédéral CFTC cheminots Bernard Aubin indiquait pourtant ne pas croire «à la théorie d'une bande très organisée, avec des revendications très formalisées.» «On n'en est pas au terrorisme sur les voies: il y a peut-être de la part des auteurs de ce genre d'actes plus de frustration, de vengeance ou simplement de volonté de faire parler d'eux», estimait-il alors.

S'il est encore trop tôt pour évoquer la naissance d'une police politique ou d'une persécution d'opinion en France, les suites données à cette affaire permettront d'en juger bientôt. Si, comme il est à craindre, cette manipulation d'Etat se termine en catastrophe médiatico-politique, on se souviendra alors de la publication opportune du croc du diable – image destinée à orienter la peur dans la direction souhaitée.

 

 

 

 

Voici donc l’adresse de Julien Coupat, écrivez lui.

Le courrier est censuré, ne parlez pas des faits.

 

Julien COUPAT

N° d’écrou, 290173

42 rue de la santé

75014 PARIS.

http://www.lepost.fr/article/2...

11:11 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu