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15/07/2012

Adlène Hicheur: «Je redémarre de zéro»

 

Par Laurent Grabet. Mis à jour le 12.07.2012

Condamné en mai pour terrorisme, Adlène Hicheur, ex-physicien du CERN et de l’EPFL, est désormais libre et tente de rebondir. Nous l’avons rencontré hier à Genève.

«Aujourd’hui, je veux transcender mon amertume pour me reconstruire.» Le 4 mai, Adlène Hicheur était condamné à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, après avoir échangé des e-mails jugés prodjihadistes avec un internaute présenté comme un membre d’Al-Qaida au Maghreb islamique (ndlr: ce qui n'a jamais pu être prouvé). Hier, par le jeu des remises de peine, nous avons pourtant rencontré le physicien franco-algérien, en homme libre, à Genève.

Toujours sur écoute

«Le matin du 15 mai, on m’a dit que je sortirais très prochainement, explique-t-il. Le soir même, ma sœur venait me chercher devant la prison. Je n’ai pas eu le temps de saluer mes camarades de détention. En un sens, ça a été aussi violent que mon arrestation deux ans et demi plus tôt.» Depuis, Adlène Hicheur est revenu deux fois en Suisse. Hier, il s’y trouvait de nouveau. «Pour reprendre contact avec des ex-collègues, les remercier de leur soutien et relancer, à leur contact, l’émulation intellectuelle qui a toujours été mon moteur et qui s’était ralentie en prison», explique-t-il.

Au cours de notre entrevue, plusieurs scientifiques le saluent. Tous sont heureux de voir le surdoué de 35 ans réintégrer leurs rangs. Mais, malgré les apparences, c’est encore loin d’être le cas. «Je redémarre de zéro. Rebondir dans la physique des particules sera difficile. L’ampleur du défi m’effraie parfois, mais je refuse de sortir brisé de cette affaire. Si je ne retrouve pas de poste dans mon domaine, je réussirai dans d’autres.»

En retrouvant la liberté, le physicien a réalisé l’étendue des dégâts engendrés par son arrestation. «Ma famille a dû se réorganiser autour de moi, et notamment ma mère, dont la santé a décliné suite à tout ça. Aujourd’hui, je n’ai plus ni logement, ni boulot, ni source de revenu. J’ai droit à des indemnités en tant qu’ancien détenu, mais je les refuse par principe et je préfère loger chez mes parents, même si le téléphone y est encore sur écoute.» Le scientifique repousse la dépression qui guette et l’amertume qui s’est abattue sur lui. «Je veux la transcender. Ma foi m’y aide comme en prison, mais c’est dur.»

Soutenu par un indépendantiste

Au moment de son arrestation, les longues années d’études et de sacrifices commençaient à payer. La récente découverte du boson de Higgs aurait dû être un peu la sienne aussi puisqu’il y avait travaillé. «Cette annonce m’a réjoui, tout en me donnant un pincement au cœur. J’avais pas mal de projets scientifiques en cours quand tout a basculé. Une collaboration avec un institut du Moyen-Orient, que j’avais initiée, commençait à prendre forme. J’avais réussi à allier enseignement et recherches. Et, là, il faut repartir de zéro.»

A Fresnes, l’une des prisons les plus dures de France «conçue pour casser», dans sa cellule de 9 m2, voisine de celle de l’indépendantiste corse Yvan Colonna (condamné pour l’assassinat du préfet Erignac), Adlène Hicheur a appris l’espagnol et énormément lu pour ne pas se laisser distancer par la science qui avançait sans lui. Là-bas, il a beaucoup appris sur la psychologie et la nature humaine. Derrière les murs, les conventions sociales tombent et les susceptibilités sont exacerbées. «On est en mode survie comme dans certaines émissions de télé-réalité. Mais il y a aussi de la camaraderie. Plusieurs détenus étaient dégoûtés pour moi. Ils me disaient: «T’as étudié et travaillé toute ta vie pour rien. Nous, on est là pour quelque chose et c’est dur. Alors, pour toi, ça doit être horrible.»

Serein devant Dieu

Si Adlène Hicheur a tenu le coup, c’est notamment grâce aux soutiens qui se sont rapidement manifestés. Le sociologue genevois Jean Ziegler et le Prix Nobel de physique Jack Steinberger en faisaient partie. «Mais il y a surtout eu ma famille, de nombreux collègues, dont Jean-Pierre Lees, mon directeur de thèse, insiste le physicien. Et puis, tout simplement, ces gens qui, eux aussi, m’ont écrit et ont su dépasser la manipulation sécuritaire qu’on voulait leur faire avaler. Comme mes amis d’enfance, mon kiné ou même mon facteur.»

Adlène Hicheur sourit. Il est amaigri, affaibli mais semble serein malgré tout. «Devant Dieu, je suis clair, assène-t-il. En me condamnant coûte que coûte sur de simples opinions et un dossier monté de toutes pièces, les juges ont voulu me briser. Je ne me laisserai pas faire.» (Le Matin)

Une bavure de l'antiterrorisme français?

Vous clamez votre innocence: alors pourquoi ne pas avoir fait appel de votre condamnation?

J’aurais dû rester encore des mois en prison en attendant un nouveau procès. Après dix jours de réflexion, j’ai choisi un peu à contrecœur de sauver les meubles. Ma famille était vraiment usée, et ma santé physique et psychique aussi. Et puis il n’y a pas lieu de demander justice à une institution qui n’avait cessé de se décrédibiliser dans cette affaire.

Certains des e-mails qu’on vous reproche contenaient des opinions problématiques. Les regrettez-vous?

(Il hésite). Non, car la violence que j’ai subie en retour est sans commune mesure avec ce qui n’était que des propos. Qui plus est soigneusement sélectionnés au milieu de centaines d’autres pour faire un tout cohérent collant au scénario du loup solitaire terroriste. Dans les conversations privées de tout un chacun, on peut parfois trouver des excès. S’ils deviennent condamnables, il va falloir mettre du monde en prison!

Les enquêteurs se seraient acharnés sur vous sans raison?

Côté français, il n’y a eu qu’une volonté de broyer un individu, d’en faire une victime expiatoire dans un contexte politique qui le demandait. Le ministre de l’Intérieur de l’époque avait même osé faire une sortie médiatique m’étant défavorable en pleine garde à vue. Les Suisses, qui de leur côté avaient mené leur enquête, ont été carrés. Ils ont rassemblé les pièces, m’ont écouté et finalement blanchi. C’était une véritable quête de vérité. 

piqué au tas sur lematin.ch - 12/07/2012


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11/07/2012

Sans motif légal, les centres de rétention restent fermés aux journalistes

Par SARAH BOSQUET

Plus de familles ni de mineurs dans les centres de rétention administrative (CRA). Avec la circulaire adressée aux préfets ce lundi, Manuel Valls réalise la promesse de campagne du gouvernement Hollande, pression de la société civile et des institutions europénnes aidant. La France avait en effet été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en janvier 2012 (lien) suite à l’enfermement de la famille Popov au CRA de Rouen-Oissel.

Le ministère de l’Intérieur ne semble en revanche pas préoccupé par une autre violation des libertés fondamentales : sans fondement juridique réel, ces centres sont fermés aux journalistes. C’est l’un des constats de la campagne «Open access now » menée par les réseaux d’associations Migreurop et Alternatives Européennes du 26 avril au 26 mai. Le principe: journalistes, militants associatifs et parlementaires de huit pays d’Europe (et de Mauritanie) se sont mobilisés pour demander l’entrée dans ces espaces opaques où sont enfermés les migrants en situation irrégulière dans l’attente de leur expulsion – ou de leur libération.

En France, 48 journalistes de médias nationaux et régionaux ont participé à l’opération. Certains accompagnaient des parlementaires, d’autres ont fait leur demande de manière autonome. Sur les neuf centres de rétention démarchés, six ont pu être visités, mais uniquement par les parlementaires. Toutes les demandes des journalistes et des militants associatifs ont été refusées.

«C'est l'arbitraire qui décide»

Prisca Orsonneau, avocate au barreau de Paris et conseillère juridique de Reporters sans frontières, a elle aussi trouvé porte close: «Ce qui est effrayant, c’est qu’on a l’impression d’une zone à part où c’est l’arbitraire qui décide – les autorités ne se donnent souvent même pas la peine de nous argumenter leurs refus.» Car si l’accès des journalistes aux prisons est encadré par un texte du code pénitentiaire, il n’existe pas de disposition similaire pour les CRA. Un flou juridique avantageux pour les administrations, qui s’autorisent un mode de réponse discrétionnaire. En contradiction totale avec le principe du droit à l’information imposé par l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). «Les restrictions à ce droit doivent être justifiées par les textes de lois ou par un motif légitime (comme un espace surmilitarisé ou un contexte très spécial)», rappelle Prisca Orsonneau.

Le CRA de Geispolsheim, près de Strasbourg, a motivé son refus par l’article 719 du code de procédure pénale qui prévoit le droit d’accès des parlementaires et sénateurs aux CRA mais n’évoque pas celui des journalistes. D’autres centres ont invoqué le «devoir de réserve» des fonctionnaires en «période électorale». C’est la réponse que le CRA de Vincennes a donné à Camille Polloni, journaliste aux Inrockuptibles: «On a réussi à passer un premier portail en scooter, par hasard. Mais on est vite venu nous chercher avant l’entrée – la parlementaire et le sénateur qui nous accompagnaient sont rentrés sans nous.» 

Mais la palme des justifications douteuses revient au centre de Cornebarrieu, près de Toulouse, où le ministère de l’Intérieur explique aux militants et journalistes: «Nous veillons avant tout au respect des personnes. Si ces centres sont interdits, notamment aux journalistes, c’est lié au fait que ces retenus ne sont pas des animaux et que nous ne sommes pas dans un zoo.»

«Le plus dur, c'est l'attente»

Marie Barbier, journaliste à l’Humanité spécialisée sur les questions de migrations, n’en était pas à sa première demande au moment de la campagne. «D’habitude, la plupart des refus ne sont pas motivés, mais cette fois, le CRA Vincennes m’a répondu que les détenus étant des personnes privées de liberté, une visite pourrait nuire à leur image.» Elle était déjà rentrée deux fois dans des centres de rétention - sans dire qu’elle était journaliste, mais en faisant valoir le droit de visite d’un détenu. «Le plus dur pour ces personnes, c’est l’attente - alors qu’ils n’ont rien fait de mal. La pression est incroyable: tous les matins, le nom des expulsés est affiché sur un tableau». Tentatives de suicides, auto-mutilations…. Les conséquences psychologiques de l’enfermement peuvent être très graves. D’autant plus que dans la plupart des centres de rétention, l’accès aux soins est très limité.

Autre méthode utilisée par les journalistes pour rentrer en contact avec les détenus: se faire passer pour un assistant parlementaire (donc entrer sans caméra ni appareil photo), ou appeler sur les cabines téléphoniques des centres, comme le fait régulièrement Marie Barbier: «C’est très impressionnant, on entend des cris, des appels qui résonnent. Les détenus qui parlent français sont très preneurs de parole.»

L’isolement géographiques des CRA (souvent proches des frontières ou d’aéroports) et l’absence fréquente d’interprètes réduisent d’autant les possibilités de communication ou de témoignage. Les données éparses obtenues par les associations et les élus pointent l’hétérogénéité des conditions matérielles dans les centres, où sureffectif et recours à la contrainte physique (menottes, isolement) sans justification particulière sont courants. Hélène Flautre, députée européenne EE-LV, a visité la zone d’attente de Roissy et le CRA de Strasbourg le 13 avril, en demandant à être accompagnée de journalistes. Elle n’a pas pu rentrer avec eux. «Je ne vois aucune raison à leur interdire l’accès des centres, à part entretenir les fantasmes de la population sur les migrations et les migrants», lance-t-elle. «Seulement, si tous les journalistes pouvaient diffuser les récits des individus, ce serait dévastateur pour les autorités politiques. Car la plupart des personnes enfermées dans ces centres n’ont rien à y faire.»

De fait, selon la Cimade, 40% des personnes placées en rétention sont finalement libérées quand 35% sont expulsées. «La majorité sont des sans-papiers qui ont été arrêtés dans la rue, alors qu’ils vivent ici depuis des années», souligne Marie Barbier. En 2010, plus de 60 000 personnes sont passées par un des 26 CRA français. La durée maximale de la rétention y est passée de 32 à 45 jours en juillet dernier. La durée moyenne d’enfermement étant aujourd’hui d’une dizaine de jours. Paradoxe: plus le temps de rétention augmente, moins l’étranger risque l’expulsion.

«Maintenir l'opacité»

«Nous demandons le droit d’accès au CRA pour la société civile de manière générale», explique Laure Blondel de Migreurop, coordinatrice de la campagne Openaccess.  «Notre analyse est globale: partout en Europe, il y a une volonté de maintenir l’opacité sur ces centres, en entretenant l’illusion qu’on peut y rentrer. En mettant en avant les visites des parlementaires (qui y ont déjà droit), ou en invitant certains journalistes pour l’inauguration de nouveaux centres, comme cela a été fait en Belgique et à Barcelone.» Les journalistes y ont été autorisés à prendre des photos, mais pas à parler aux détenus.

En Italie, où leur accès est encadré par un règlement, un refus d’accès opposé à une journaliste a été contesté et porté devant les tribunaux par un collectif d’associations. La décision de l’administration a été déclaré illégale. «Cela montre que les textes qui prévoient l’accès des journalistes sont fait pour restreindre leur marge de manoeuvre dans la pratique» analyse Ségolène Pruvot d’Alternatives Européennes, elle aussi coordinatrice de la campagne. «Il faut une règlementation, mais elle doit prendre en compte réellement le droit à l’information.»

Le 2 mai, lors du débat de l’entre-deux-tours, François Hollande, déjà interpellé par les associations, cite sa lettre de réponse au directeur général de France Terre d’Asile: «Je souhaite que la rétention devienne l’exception» (position qui rejoint la législation européenne), avant d’affirmer, péremptoire: «Les centres de rétention sont nécessaires, ils existent partout.»

En 2010, un rapport de la Cimade dénonçait «une banalisation de l’enfermement administratif» (le nombre de places dans les centres a augmenté de plus de 80% entre 2005 et 2011). Face à un système absurde et mécanique, Hélène Flautre pointe elle le besoin urgent de transparence: «Quand on discute avec les migrants, on se rend compte que leurs situations émanent de politiques d’enfermement systématique, de stigmatisation et de traque. Le droit d’accès des journalistes aux centres de rétention ne pourra évoluer que de manière concommitante à l’évolution de cette politique.»

 

piqué au tas sur libé.fr - 10/07/2012

07:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/06/2012

[Marseille 20 juin 2012] Outrage et Rebellion : un joker pour nous faire taire !

21:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/06/2012

Propos sur Karachi : Morano et Hortefeux devant la justice

"Vous faites votre pub sur le dos du président de la République", avait lancé l'ex-ministre à l'avocat des familles des victimes de l'attentat.

L'ancienne ministre UMP Nadine Morano, poursuivie devant la justice par l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi qui a fait 15 morts en 2002, a été mise examen lundi 4 juin pour diffamation, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

La mise en examen de la personne poursuivie est automatique en matière de diffamation.

Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes, avait porté plainte fin octobre 2011 contre l'ancienne ministre de l'apprentissage qui avait accusé l'avocat de "se faire de la pub sur le dos" de Nicolas Sarkozy.

Lors d'un vif échange, le 22 septembre sur Canal +, alors que deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert venaient d'être mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, Me Morice avait accusé l'ex-chef de l'Etat d'être "au coeur de la corruption, c'est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite" de rétrocommissions.

"Vous êtes en train de faire votre pub sur le dos du président de la République", avait répliqué Nadine Morano en accusant l'avocat de "ne pas défendre dignement les familles" des victimes.

Il "devrait être fracassé"

Dans sa plainte, Me Morice estimait qu'"il s'agit d'une accusation extrêmement grave à l'égard d'un avocat" et que l'ex-ministre a porté "une atteint majeure à l'honneur professionnel".

Simultanément, l'avocat avait porté plainte pour "menaces" contre Brice Hortefeux après que l'ex-ministre de l'Intérieur eut déclaré dans un hebdomadaire que Me Morice "devrait être fracassé". Le procès de Brice Hortefeux se tiendra le 18 octobre 2012.

L'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, qui a fait 15 morts, dont 11 salariés français de la Direction des Constructions Navales (DCN), pourrait être lié, selon les enquêteurs, à l'arrêt, en 1996, du versement de commissions liées à des contrats d'armement.

Dans le volet financier de l'enquête, les enquêteurs s'interrogent sur l'existence de rétrocommissions qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

piqué au tas sur le nouvelsobs.fr - 04/06/12

20:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/06/2012

COMPTE RENDU DES DEUX DERNIERS JOURS DU PROCÈS ANTITERRORISTE

Petit rappel des faits : Ivan, Bruno et Damien sont arrêtés en janvier 2008 alors qu’ils se rendent à une manif devant le centre de rétention de Vincennes avec des fumigènes artisanaux et des crève pneus, qui deviennent pour la justice et les médias une “bombe à clous”. Ivan et Bruno sont alors placés en détention préventive et Damien sous contrôle judiciaire. Quelques jours plus tard, Inès (*Isa) et Franck (*Farid) sont arrêtés lors d’un contrôle des douanes à Vierzon en possession de manuels expliquant des techniques de sabotage, du plan d’une prison pour mineurs et de chlorate. L’antiterrorisme se saisit de l’affaire. Les flics prétendent que l’ADN d’Isa correspondrait à une des 5 traces ADN présentes dans un sac contenant des bouteilles d’essence, retrouvé sous une dépanneuse de flics pendant l’entre-deux tours des présidentielles de 2007. Rapidement, ces deux enquêtes sont jointes en un seul dossier, instruit par les mêmes juges antiterroristes. La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées “Anarcho-Autonomes” pour tenter de trouver qui se cacherait derrière les ADN manquants. Javier (*Juan), le frère d’Inès (*Isa), puis Damien (qui avait été arrêté avec Ivan et Bruno) sont mis en prison pendant plusieurs mois car leurs profils ADN correspondraient aussi aux traces retrouvées sous la dépanneuse. Par ailleurs, en juin 2010, Javier (*Juan) a, en plus, été mis en examen pour une série de sabotages par incendie sur des armoires électriques de signalisation SNCF qui ont paralysé une partie du trafic ferroviaire en 2006 pendant le mouvement "CPE". Son ADN aurait été retrouvé sur le lieu d’une tentative de sabotage. Inès (*Isa), Javier (*Juan), Damien, Ivan, Franck (*Farid) et Bruno ont chacun fait entre 5 et 13 mois de détention préventive dans le cadre de cette procédure. Et ils restent sous contrôle judiciaire.

LE DÉLIBÉRÉ sera rendu LE 25 JUIN À 13H30 à la 10EME CHAMBRE DU TGI DE PARIS.

SOLIDARITÉ AVEC LES INCULPÉS !

 

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08:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/06/2012

Deux millions de contrôles au faciès

Le nouveau fichier policier de reconnaissance biométrique faciale, dont l'existence a été révélée le jour où Nicolas Sarkozy a perdu la présidentielle, est illégal, mais semble exister depuis des années. Il devrait comporter les photographies de deux millions de "suspects".

Extrait :

Alain Bauer et Michel Gaudin, deux des têtes pensantes du ministère de l’Intérieur du temps de Nicolas Sarkozy, avaient de leur côté précisé, dans leur Livre blanc sur la sécurité publique, remis en octobre 2011 à Claude Guéant, que ce “troisième grand fichier de police” regrouperait plus de 2 millions de clichés et portraits-robots issus du fichier STIC-Canonge de la police nationale et du Fichier automatisés des empreintes digitales (FAED).

L’objectif était double : mettre en place un logiciel de reconnaissance biométrique faciale pour identifier les suspects filmés par des caméras de vidéosurveillance, mais également sortir le ministère de l’Intérieur de l’état de non-droit qui caractérise le STIC-Canonge, et afin de remplacer ce dernier, dans la mesure où l’inspecteur Canonge qui l’avait créé dans les années 50 l’avait conçu pour effectuer des recherches en fonction de profils ethniques (noir, blanc, jaune et arabe), une situation qui perdure aujourd’hui, en pire :

Informatisé en 1992, Canonge s’est perfectionné en retenant douze catégories « ethno-raciales », toujours en vigueur : « blanc (Caucasien), Méditerranéen, Gitan, Moyen-Oriental, Nord Africain, Asiatique Eurasien, Amérindien, Indien (Inde), Métis-Mulâtre, Noir, Polynésien, Mélanésien-Canaque ».

 

à lire sur owni

08:34 | Lien permanent | Commentaires (1) |

31/05/2012

Compte-rendu et réflexions relatives au procès de Mike, R., J., et William à Chambéry

Extrait :

Il est fort pro­ba­ble que les auteurs de ces cri­ti­ques soient ren­voyés a une rigi­dité idéo­lo­gi­que, et de fait il est admis pour un cer­tain nombre de cama­ra­des, que face à un juge, l’impor­tant c’est de sauver sa peau. Certes. En les énonçant l’idée n’est pas de dis­tin­guer bonnes/mau­vai­ses plai­doi­ries. Nous serions bien en peine de le faire, parce que si les avo­cats ont sou­levé des points qui nous sem­blaient impor­tants, on s’est de fait retrouvé en désac­cord avec un cer­tain nombre d’éléments de chaque plai­doi­rie, soit que poli­ti­que­ment on était en désac­cord avec les argu­ments uti­li­sés, soit parce qu’ils pou­vaient des­ser­vir d’autres inculpés, soit que ça uti­li­sait des regis­tres émotionnels dégueu­las­ses.

C’est de cette com­plexité-là qu’il s’agit, même si, de fait, cer­tai­nes cri­ti­ques tou­chent à nos yeux des points plus fon­da­men­taux que d’autres. Certaines cri­ti­ques pour­raient être dépas­sées, d’autres moins. Il s’agit de contri­buer, pour­quoi pas, à affi­ner des réflexions quant aux moda­li­tés/degrés d’exi­gence et d’atten­tes qu’on peut avoir vis-à-vis des plai­doi­ries des avocat-es avec les­quels « on » choi­sit par­fois de pré­pa­rer des procès. Dans une situa­tion où les chefs d’inculpa­tion des unes et des autres sont liés, où les plai­doi­ries se suc­cè­dent dans un temps réduit et dans un même espace, les moda­li­tés de défense des unes et des autres ont évidemment de l’inci­dence sur la déci­sion du juge. Oui il y a de la cons­cience en jeu, et quand on décide de jouer sur cer­tains argu­ments c’est impor­tant de pren­dre en compte ce que ça peut impli­quer pour les autres inculpés. Même si au fil des expé­rien­ces, on se rend bien compte que ce n’est pas tou­jours si facile de faire com­pren­dre aux avo­cats qu’il y a des argu­ments qu’on n’a pas envie d’uti­li­ser de façon géné­rale (le fait qu’on n’est pas en réci­dive, qu’on est bien inséré, qu’on s’est laissé attra­per bien gen­ti­ment) ou tout sim­ple­ment des argu­ments qui pour­raient nous per­met­tre d’être mis hors de cause en enfon­çant d’autres inculpés... Tout ça fait penser que, les avo­cats peu­vent avoir des idées et connais­san­ces tech­ni­ques utiles, mais que la déci­sion d’uti­li­ser tel ou tel argu­ment, et pour­quoi, doit venir (et être assu­mée par) les per­son­nes inculpées.

 

 

via rebellyon.info

07:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/05/2012

Que valent les vies de Lakhamy et Moushin ?


Lakhamy et Moushin sont ces deux jeunes qui ont perdu la vie suite à un accrochage avec la police, à Villiers-le-Bel, en 2007. Leur mort embrasa la ville. Quelques « révoltés » accusés d'avoir tirés sur des policiers à cette occasion ont pris entre 3 et 15 ans de prisons lors de leur procès en première instance. Quant aux responsables de leur mort, ils feront face à une justice plus clémente...

Lire la suite sur A.11

17:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/05/2012

Valognes : l'histoire n'est pas vraiment finie...

Bonjour,

Depuis quelques jours, réapparaît une enquête de gendarmerie sur les
mobilisations anti-nucléaires de Valognes de fin novembre 2011.

4 personnes ont été ou vont être auditionnées par la brigade de recherche de
Cherbourg qui tente d'inventer des "responsabilités" (apparition dans les
médias, participation à la logistique du camp Valognes Stop Castor...) et
de fabriquer des "complicités" à l'égard de ce qui s'est passé le 23
novembre.

Les auditions se font dans le cadre de convocations à témoin et se
transforment en garde à vue. Pour le moment, ce n'est qu'une enquête
préliminaire (pas une instruction) qui semble être surtout une tentative
d'intimidation pour des mobilisations en cours ou à venir.

Il est important, si d'autres convocations surviennent, de contacter la
legal team : legalteamvalognes@riseup.net pour se défendre collectivement.

Merci, à bientôt.

14:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/05/2012

Condamné pour terrorisme, Adlène Hicheur libéré de prison

 

Bonne nouvelle pour la famille Hicheur et ses soutiens. Adlène Hicheur, qui avait été condamné récemment pour des soupçons de terrorisme à quatre ans de prison ferme, a été libéré de prison mardi 15 mai. Bien qu'il continue de clamer son innocence, il a préféré ne pas faire appel de la décision pour éviter huit mois de prison supplémentaire. La nouvelle a été confirmée à Saphirnews jeudi 17 mai.




Adlène Hicheur est libre depuis le 15 mai. Ici, Halim Hicheur, son frère (à g.), et Jean-Pierre Merlo, membre du comité de soutien au physicien du CERN.
Adlène Hicheur est libre depuis le 15 mai. Ici, Halim Hicheur, son frère (à g.), et Jean-Pierre Merlo, membre du comité de soutien au physicien du CERN.
Adlène Hicheur avait été condamné le 4 mai à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Son procès, qui s'était tenu fin mars peu après les tueries de Toulouse et de Montauban, a été largement couvert par les médias mais c’est avec la plus grande discrétion que le physicien du Centre européen de recherche nucléaire (CERN) a finalement été libéré dans la soirée du mardi 15 mai, après plus de deux ans et demi de détention. 

Cette information nous a été confirmée jeudi 17 mai par Jean-Pierre Lees, président du comité de soutien à Adlène Hicheur. Sa libération a été décidée « grâce au cumul des réductions de peine pour casier judiciaire vierge et pour bonne conduite en prison, ce qui montre bien que cette peine servait essentiellement à couvrir et à justifier la durée de la détention provisoire », nous déclare-t-il. 

Son comité de soutien estime en effet que le maintien en prison du physicien depuis octobre 2009 était illégal et abusif. D'autant que l'existence même de Mustapha Debchi, présenté par l’accusation comme un responsable d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en Algérie avec qui Adlène Hicheur aurait échangé des courriels en vue de préparer un attentat sur le sol français, a sérieusement été mise en doute par la défense.
 

Un innocent toujours coupable aux yeux de la justice

Adlène Hicheur est désormais libre mais reste toujours reconnu coupable par la justice malgré un dossier sans sérieuses preuves matérielles tangibles. Ne voulant pas voir ses remises de peine annulées, « il n'a pas fait appel pour éviter de rester huit mois de plus en prison », explique M. Lees. 

Le physicien, qui n’a cessé de clamer son innocence, avait seulement dix jours, soit jusqu'au 13 mai, pour faire appel de la décision du tribunal correctionnel de Paris. Il a préféré en finir avec le cauchemar de la prison et revoir sa famille, auprès de laquelle il espère bien pouvoir se ressourcer et se reconstruire loin, très loin des caméras et de tout tapage médiatique. 

via saphirnews

 

12:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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