Avertir le modérateur

04/07/2011

La "bouteille" de Frédéric JOLIOT-CURIE



Nos jeunes de France préparant des bouteilles incendiaires certaines sont préparées à l'école polytechnique ,d'autres au collège de France dans le laboratoire du Pr Joliot-Curie

piqué au tas sur deuxiemeguerremondia.forumactif.com

 

 

00:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/06/2011

Procès Thomas DRAKE - SAIC - NSA - Trailblazer - ThinThread - General Michael V. Hayden -

Procès Drake : la NSA a les oreilles qui sifflent

16 juin 2011
Par Jet Lambda

/ Tiré du ZELIUM n°5 /

L’affaire Drake, c’est un peu le premier procès du 11 septembre, presque 10 ans après…

Le 13 juin 2011, la cour de district de Baltimore, dans l’Est des États-Unis, a ouvert une audience un peu spéciale. Thomas Drake, 54 ans, est accusé de trahison. Cet « ennemi de l’État » est inculpé pour « divulgation non autorisée », « obstruction à la justice » et « mensonge à agents fédéraux ». Il risque 35 ans de taule.

Cet ancien analyste de la NSA (National Security Agency — No Such Agency, « elle n’existe pas », disent ses détracteurs — l’énorme centrale d’écoute mondiale étasunienne, pilier du renseignement électronique) est tout simplement accusé d’avoir parlé à la presse. Une journaliste du Baltimore Sun.

Ironie de l’histoire : Drake, auparavant intervenant extérieur, a été embauché à la NSA à temps plein un beau matin de septembre 2001. Le 11, exactement. Véridique, affirmait l’hebdo The New Yorker, dans une longue et passionnante enquête parue le 16 mai dernier.

Drake n’a pas supporté de découvrir que la NSA avait détourné un logiciel ultra-sophistiqué, développé en interne à la NSA, pour surveiller en masse tous les citoyens américains. Car la NSA a vocation à écouter le monde entier, mais pas les Américains. Dès qu’un citoyen US est pris dans les mailles du filet, le contenu de l’interception doit être détruite… Écouter le monde, ça va. Mais un bouseux du Wisconsin en vacances au Mexique, c’est contraire à la Constitution… C’est ça, la démocratie yankee.

 

Un échelon au-dessus

Si Drake est dans la tourmente, c’est qu’il se dresse contre les mêmes faucons fouineurs que ceux du réseau Echelon mais en pire. Echelon est un réseau secret d’interception des communications mondiales par voie hertzienne, que les USA ont construit pendant la guerre froide avec leurs alliés anglo-saxons (UK, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada).

Quelques mois avant le fatidique 11 septembre, un vieux routier de l’écoute sauvage, Bill Binney, matheux à la tête du département informatique de la NSA à l’époque, présente à ses chefs un petit bijou de la captation « intelligente » des messages électroniques qui crépitent sur internet. Nom de code : ThinThread (fil du razoir). Ce logiciel  sait évincer l’énorme « bruit » qui brouille les pistes pour conserver la « moelle » du trafic internet, des éléments exploitables. Binney et sa fine équipe — Thomas Drake en fait partie — ont un problème : ce logiciel renifleur capte aussi des données internes aux USA. Ils décident alors de fabriquer des « rustines » qui vont effacer toute référence à une écoute illégale. Pourtant, le merveilleux mouchard ne sera jamais déployé : trop complexe, jurent les chefs de la NSA.

Manque de bol, le 11 septembre s’abat sur l’Amérique. La veille, le 10, plusieurs messages en provenance d’Afghanistan sont pourtant interceptés: « Le match commence demain », « Demain : Heure Zéro »…


Bye bye rustines

Humiliés, les pontes de l’agence décident de récupérer le logiciel, et de le « détourner » pour pouvoir écouter tout le monde, sans distinction. Bush signe un décret en ce sens en octobre 2001. Pire, la NSA confie le bébé à un contractant extérieur, la funeste société SAIC (multinationale de la sécurité informatique, cliente favorite du Pentagone), pour en faire un clone tout terrain, TrailBlaizer, mais qui sera abandonné en 2006. Facture : 1,6 milliards de dollars d’argent public. C’en est trop pour Drake, qui balance à la presse, et Binney, qui démissionne. Ce sont pourtant de pieux conservateurs, ces deux analystes de la NSA. Mais respectueux de la loi, eux…

Ce procès, c’est surtout un désaveu pour le président Obama. Le président avait promis, pour se démarquer du clan Bush, d’en finir avec la criminalisation des serviteurs de l’État qui jouent aux « lanceurs d’alerte » (whistleblowers en VO). C’est raté : Drake est attaqué en vertu de l’Espionnage Act, une loi poussiéreuse de 1917. Ce texte a servi à enfermer les présumés communistes de l’ère McCarthy, et à coffrer le fameux agent double Aldrich Aimes, qui fournit pendant les années 80 et 90 de précieux secrets au KGB.

En comptant Bradley Manning, la présumée taupe de WikiLeaks au sein de l’armée, incarcéré lui aussi, ça fait too much, Barack. Really too much.

NB : les deux images gag sur la NSA sont des pièces de musée: elles ont été diffusée dans les années 90 par la société RSA Security, aujourd’hui RSA et filiale du groupe EMC, rattrapé tout récemment par une sale affaire de clés de sécurité compromises

ZELIUM n° 5 est en kiosque à partir du samedi 18 juin

via reflets.info

Government Case Against Whistleblower Thomas Drake Collapses

The Obama Administration’s aggressive war on whistleblowers suffered a humiliating setback on June 9 when former NSA official Thomas Drake accepted a misdemeanor plea agreement for exceeding his authorized use of a government computer.

Marcy Wheeler
Marcy Wheeler blogs about civil liberties and national security at Emptywheel.

The Department of Justice had been pursuing Drake for alleged violations of the Espionage Act that might have sent him to prison for up to 35 years. But the government withdrew the evidence supporting several of the central charges after a judge ruled Drake would not be able to defend himself unless the government revealed details about one of the National Security Agency’s telecommunications collection programs. On two other counts, documents the government had claimed were classified have either been shown to be labeled unclassified when Drake accessed them or have since been declassified. Faced with the prospect of trying to convict a man for leaking unclassified information, the government frantically crafted a plea deal in the last days before the case was due to go to trial.

The collapse of the case against Drake may have repercussions beyond just this one case.

This is the third time the government’s attempt to use the Espionage Act to criminalize ordinary leaking has failed in spectacular fashion. The first such example—against Pentagon Papers leaker Daniel Ellsberg—got dismissed when the government’s own spying on Ellsberg was exposed.

More recently, the Bush Administration tried to punish two AIPAC employees for sharing classified information on Iran. But when the AIPAC employees moved to subpoena top officials like Condoleezza Rice to testify about leaking the same information, the government dropped the case.

And now there’s the Drake case. Aside from the problems the government had with classified evidence, it faced a real challenge proving Drake believed the information would cause the US harm, as the Espionage Act requires. He gathered several of the charged documents in support of an Inspector General complaint for which he argued the NSA spent $1 billion outsourcing a program it could have done better in-house for $3 million. Long before the case crumbled, the government tried to prevent Drake from explaining his Inspector General complaint to the jury, but the judge ruled against the government.

The government will face some of the same challenges when it next tries to use the Espionage Act to punish a leaker in a case against former CIA officer Jeffrey Sterling. DOJ alleges Sterling served as a source for the chapter of James Risen’s book, State of War, that describes a CIA operation to deal faulty nuclear blueprints to Iran. Like Drake, Sterling had warned Congressional staffers about the operation before he went to the press. The government claims that Sterling’s alleged efforts to expose the program by going to the press was “more pernicious than the typical espionage case.”

Sterling’s case bears another important similarity with Drake’s: both have been prosecuted by DOJ lawyer William Welch. Welch is best known for heading the DOJ team whose corruption case against Ted Stevens got thrown out for prosecutorial misconduct. Since 2009, he has been the Obama Administration’s point person on pursuing whistleblowers. Welch seems to be exercising the same poor judgment he did on the Stevens case, as when he withheld evidence for ten months that one of the purportedly classified documents Drake was accused of keeping had been marked as unclassified. Perhaps the embarrassing outcome in the Drake case will lead DOJ to rethink Welch’s role in these controversial cases.

So, too, this embarrassment should convince DOJ to rethink its use of the Espionage Act to prosecute things that aren’t really spying. In addition to the Sterling case, DOJ is controversially treating its expanding investigation of WikiLeaks as an espionage investigation. Bradley Manning allegedly leaked information to WikiLeaks in response to being asked to help Iraq crack down on legal dissidents; the WikiLeaks cables exposed US complicity in torture and other crimes. But now, DOJ is considering prosecuting not the leaker (Manning is being court martialed by the military), but the media outlet that published classified information itself.

All of these whistleblowers at least claim to have been exposing corruption, waste, and abuse. After DOJ has spent over four years investigating Thomas Drake and over a year trying to prosecute him, in part, for possession of two unclassified documents, DOJ should probably worry more about people reporting on its own waste and abuse than using the Espionage Act to criminalize whistleblowing.

via www.thenation.com

Un ex-employé de la NSA, qui aurait fourni des informations à un journaliste, plaide coupable

WASHINGTON — Un ancien employé du renseignement américain, accusé d'avoir fourni des informations confidentielles à un journaliste, va plaider coupable, ce qui devrait entraîner l'annulation de son procès prévu lundi à Baltimore (nord-est), selon des documents judiciaires consultés par l'AFP.

Thomas Drake, 54 ans, était poursuivi jusqu'ici par l'administration Obama pour avoir "délibérément conservé des documents concernant la sécurité nationale", ce qui pouvait lui valoir jusqu'à 35 ans de prison.

Thomas Drake était employé par la National Security Agency (NSA), l'agence chargée de l'interception des communications téléphoniques et électroniques. Il était accusé d'avoir divulgué à un journaliste du Baltimore Sun en 2005 et 2006 des détails sur le choix de la NSA d'externaliser un programme, qui aurait pu coûter beaucoup moins en restant au sein de l'agence.

A quelques jours de son procès, il a donc passé un accord avec l'accusation, selon des documents judiciaires.

Le Washington Post précise qu'il devrait plaider coupable vendredi, ce qui aura pour conséquence immédiate l'annulation de son procès.

Selon l'acte d'accusation, M. Drake était poursuivi pour 10 chefs d'accusation pour des crimes d'espionnage. A la suite des négociations avec le ministère public, il ne reconnaît sa culpabilité que pour un délit.

M. Drake reconnaît ainsi avoir utilisé un ordinateur de l'administration pour transmettre des données confidentielles à une personne qui n'y était pas autorisé, ce qui lui permet d'être relaxé sur les charges d'espionnage.

L'accord prévoit que toutes les autres charges qui pesaient contre lui seront abandonnées, précise le Washington Post.

Selon la presse, M. Drake avait refusé avant cela au moins deux propositions d'accord avec le ministère public, en vertu duquel il aurait plaidé coupable et évité la prison.

L'administration Obama --qui détient tous les records de poursuites judiciaires contre ceux qui donnent des informations aux journalistes-- avait renoncé à l'accuser d'espionnage en 2010.

piqué au tas sur www.lexpress.fr

Tu noteras, ami de lutte, que l'article de l'Express ne nomme à aucun moment le programme Trailblazer - la SAIC - Michael Hayden etc...

09:33 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/06/2011

La Semaine Tragique - La Semana tragica - Barcelone

 

vision de barcelone incendiée

Les édifices religieux de Barcelone en feu, vue depuis Montjuïc le 28 juillet 1909.

Barcelona "La Rosa de foc" (La Rose de feu)

Le 26 juillet 1909, à Barcelone, début de "La Setmana tràgica" ou "La Semana tragica" (La Semaine Tragique). Pour protester contre un décret (du 11 juillet) qui mobilise les réservistes, et contre l'envoi de troupes au Maroc, l'organisation "Solidaridad Obrera" lance un appel à la grève générale. Le mouvement se transforme alors en émeutes, la loi martiale est proclamée, des barricades se dressent dans les rues et des affrontements ont lieu avec l'armée (104 civils, 4 soldats et 4 membres de la Croix Rouge trouveront la mort). L'Eglise, principal soutien de la réaction, est alors visée par les émeutiers; 18 églises, 49 couvents ou collèges religieux sont la proie des flammes. La monarchie cléricale se déchaîne alors contre les anarchistes, et le pédagogue libertaire Francisco Ferrer, victime d'une machination, sera fusillé le 13 octobre, après avoir été désigné comme responsable de ces événements.

une barricade durant la semaine tragique

Evénements de Barcelone: juillet 1909.
Une barricade rue S.Agustin Viejo (carte postale)
Voir la galerie de photos

via www.ephemanar.net

Il y a cent ans éclataient les événements de la Semaine tragique de Barcelone

MARDI, 4 AOûT, 2009 Charles Heimberg

«A bas la guerre!» titrent les journaux progressistes et s'exclament les ouvriers espagnols au lendemain du 11 juillet 1909, après la proclamation de la mobilisation forcée de 40 000 soldats supplémentaires pour aller renforcer des troupes espagnoles en déroute dans le protectorat marocain du Rif. Cette décision est prise par le roi Alphonse XIII et le gouvernement ultra-conservateur d'Antonio Maurin après la mort de six ouvriers espagnols attaqués par des résistants rifains sur le chantier d'un chemin de fer pour l'exploitation minière.
La protestation contre ce nouvel envoi de troupes retentit dans tout le pays, mais elle est plus forte encore qu'ailleurs à Barcelone et alentour, non seulement parce que la ville catalane est bouillonnante, mais surtout parce qu'elle est le principal lieu d'embarquement des soldats pour les côtes marocaines de la région de Melilla.

Les deux dimensions de la révolte

La révolte qui gronde en ce mois de juillet 1909 dans les quartiers populaires de Barcelone, outre la fracture sociale, se caractérise principalement par deux motivations: l'antimilitarisme et l'anticléricalisme.

Le refus de la guerre exprime non seulement la contestation d'une intervention armée illégitime et inacceptable, mais aussi et surtout l'injustice d'un recrutement de classe dont les milieux ouvriers ne parviennent pas à s'exempter avec leurs maigres revenus. C'est un sacrifice de trop qui est demandé aux plus démunis. Les ambitions de l'Espagne au Maroc sont anachroniques et marquées par la nostalgie d'un empire perdu, typiques d'un régime qui vit mal son déclin et qui est sourd aux réalités de son temps. En outre, en pleine protestation, les ouvriers apprennent la mort dans le Rif de plusieurs centaines de réservistes espagnols, pris au piège dans le Ravin du Loup. C'est ainsi un véritable carnage qui est annoncé à ceux qui doivent encore partir.

Quant à l'anticléricalisme, sa virulence mérite quelques explications. Il y a bien sûr la contestation d'un symbole, un pouvoir clérical tout-puissant, seul détenteur de l'éducation officielle, activement impliqué dans tous les rouages de l'appareil d'Etat et de l'expression de sa pensée dominante. Mais en incendiant des couvents, des ouvrières s'en prennent en même temps à des lieux de production à bon marché qui leur font concurrence et les privent d'une possibilité de gagner leur vie. En outre, la compassion ouvertement exprimée par l'Eglise à l'égard des soldats mobilisés et de leurs familles, en fort contraste avec l'indifférence qu'elle manifeste généralement envers la population ouvrière et ses souffrances, est fortement ressentie, à juste titre, comme un soutien à cette guerre maudite et comme un nouvel élément d'une propagande permanente contre les intérêts ouvriers.

La mémoire collective dominante de la Semaine tragique insiste beaucoup sur la destruction des couvents et des églises, parmi d'autres bâtiments représentatifs du pouvoir en place à cette époque1. Elle met l'accent sur des profanations de tombes qui relèvent d'une violence anticléricale observée à d'autres occasions, et latente au cours de l'histoire de l'Etat espagnol. Toutefois, en considérant cette violence sur une plus longue durée, compte tenu du rôle politique et idéologique joué par l'Eglise espagnole, il est intéressant de mettre en évidence ce qu'écrit en 1936 un prêtre, poète et écrivain catalan, Carles Cardò, alors que le clergé catholique bénit la «croisade» de Franco: «Les anarchistes en Espagne brûlèrent les églises; les catholiques ont brûlé l'Eglise 2.»

Cela dit, les événements de la Semaine tragique de Barcelone ne se réduisent pas, loin de là, aux seules violences anticléricales.

Des réseaux de solidarité

Après l'annonce de la mobilisation de nouveaux soldats, les ouvriers catalans anticipent une grève générale qui était apparemment en préparation sur le plan national pour début août3. Le 26 juillet, un arrêt du travail est décrété à Barcelone par la fédération catalane des syndicats, Solidaridad obrera. Le mouvement est très largement suivi, assez spontané et mal contrôlé par les organisations ouvrières. Mais il tourne à l'insurrection une fois diffusées les nouvelles des pertes subies par les Espagnols dans le Rif. Dans l'espace public, il s'en prend tout d'abord aux symboles les plus visibles de l'activité urbaine, les tramways et les journaux, mais aussi les lignes de chemin de fer par lesquelles arrivent les troupes militaires envoyées par le pouvoir pour mater la révolte. Alors que des incendies s'allument sur tout le territoire urbain, de nombreuses barricades sont érigées dans les quartiers ouvriers.

Il s'agit ici, nous dit l'historienne Dolors Marín, d'un «prolétariat habitué à occuper les rues, à les défendre, à échapper subrepticement à la police et à se montrer prudent. Et surtout, c'est un prolétariat capable de créer des réseaux de solidarité, d'évasion, d'échanges d'armes ou de propagande. L'état de clandestinité forçait cette classe populaire à organiser un mouvement ouvrier qui, loin de toute inaction léthargique, était rendu vif et dynamique par la misère même à laquelle il était condamné4 ». Les foyers de l'agitation sont ainsi insaisissables pour le pouvoir. En outre, avec ce mode de sociabilité et d'organisation, les femmes jouent un rôle actif et visible qui est souligné par les observateurs.

La ville de Barcelone est rapidement militarisée, ce qui provoque la démission de son gouverneur civil, Ángel Ossorio y Gallardo. Mais la révolte se poursuit, avec une certaine confusion et sans objectifs clairs. Pendant trois jours, du 27 au 29 juillet, les échauffourées sont nombreuses, des fumées s'observent un peu partout et des fusillades ne cessent de retentir. Cependant, le mouvement insurrectionnel de la capitale catalane demeure isolé du reste du pays; et il s'estompe petit à petit entre les 30 et 31 juillet. L'armée et la garde civile reprennent ainsi assez vite le contrôle de la situation. Vient alors l'heure du bilan d'une vaste mobilisation qui ne s'est pas développée seulement à Barcelone, mais également dans plusieurs autres cités catalanes; et qui est surtout le bilan d'une répression sans merci.

Un bilan amer

La Semaine tragique aura fait trois morts parmi les prêtres, trois morts et 27 blessés au sein des forces de l'ordre. Mais le bilan, moins précis, des victimes au sein de la population et des insurgés est bien plus lourd: plus de 75 victimes, peut-être près d'une centaine. Par ailleurs, quelque 80 édifices religieux ont été détruits, à peu près la moitié de ceux qui sont établis dans la ville. La répression est dure et arbitraire. Les estimations des historiens portent à plus de 2500 le nombre de personnes arrêtées, dont 1725 sont soumises à un procès et plusieurs dizaines condamnées à des peines de prison ferme, y compris à perpétuité. Enfin, les tribunaux militaires vont rendre exécutoires cinq sentences de mort.

A cette répression féroce s'ajoute encore l'exil de nombreux manifestants ayant fui prudemment leurs quartiers avant d'être les victimes d'un pouvoir vengeur. En outre, tous les journaux de gauche et de nombreux centres éducatifs et culturels sont fermés. Le poète Joan Maragall revendique un pardon qui soit en même temps une reconnaissance d'un malaise que la société catalane ferait bien d'affronter avec lucidité, mais il n'est pas entendu.

Un mouvement social désorganisé

Un autre aspect de cette Semaine tragique concerne un mouvement ouvrier qui n'a pas su se profiler à la tête de cette insurrection pour lui assurer un minimum de cohérence et une possibilité de débouché politique; et dont beaucoup de travailleurs vont se distancier, pour quelque temps au moins. Il est vrai que les organisations ouvrières de l'époque sont encore en pleine gestation, marquées par de fortes divisions entre anarchistes, radicaux et socialistes.

Très active en juillet 1909, la fédération Solidaridad obrera devient plus tard la Confédération Nationale du Travail, la bien connue CNT anarchosyndicaliste. Elle a joué un rôle important dans la mobilisation. Mais pendant la Semaine tragique, la mouvance progressiste est hétéroclite et le parti radical d'Alejandro Lerroux encore influent dans le monde ouvrier. Or, l'ambiguïté de son attitude est très grande, oscillant par exemple entre un soutien prudent à la protestation sociale non violente et des proclamations anticléricales péremptoires; puis plus tard entre un silence complaisant, voire une certaine complicité, concernant les mises en accusation des justiciables de la Semaine tragique et la revendication ultérieure d'avoir participé à un mouvement glorieux. Cette ambiguïté est tellement évidente que la Ligue des droits de l'homme doit même se résoudre à expulser Alejandro Lerroux de ses rangs.

Un écho international

Les événements de Barcelone et leurs conséquences ont eu davantage d'écho encore au niveau international avec le martyre du pédagogue libertaire Francisco Ferrer y Guardia, le plus connu des cinq fusillés qui ont suivi la Semaine tragique, un bouc émissaire exécuté dans les fossés de Montjuich le 13 octobre 1909, après un procès arbitraire et scandaleux. Nous y reviendrons5. Ce déchaînement de la répression débouche par ailleurs sur la chute du gouvernement de Maura; et sur des victoires électorales progressistes en Catalogne. Mais les plaies de cette répression resteront longtemps ouvertes pour le mouvement ouvrier catalan, pour ses nombreux exilés, pour les proches de ses victimes et pour une population de subalternes profondément traumatisée. I

* Historien

1 Une exposition virtuelle présentée actuellement sur internet par la Municipalité de Barcelone en témoigne à sa manière. Elle propose par exemple une carte des bâtiments religieux incendiés. Voir www.bcn.cat/setmanatragica/.

2Cité par José Bergamin, Terrorisme et persécution religieuse en Espagne. 1936-1939, Paris-Tel Aviv, Éditions de l'éclat, 2007 (édition originale 1941), p. 37.

3Sur le déroulement des faits, voir Jordi Barrachina, «Chronique de la 'Semaine tragique', in Alejandro Sánchez (dir.), Barcelone 1888-1929. Modernistes, anarchistes, noucentistes ou la création fiévreuse d'une nation catalane, Paris, Autrement, 1992, pp. 89-99.

4Dolors Marín, La Semana trágica. Barcelona en llamas, la revuelta popolar y la Escuela Moderna, Madrid, La Esfera de los Libros, 2009, p. 264.

5Une soirée de conférences est d'ores et déjà prévue par l'Association pour l'étude de l'histoire du mouvement ouvrier (AÉHMO) et le Théâtre Saint-Gervais de Genève le 13 octobre prochain.

piqué au tas sur www.lecourrier.ch

 

20:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/06/2011

MBF (Manzoni Bouchot Fonderie) : « Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! » ... les grévistes retiennent la direction et son avocat.

Social - MBF annonce la suppression de 199 postes à Saint-Claude, les grévistes retiennent la direction et son avocat

« On ira jusqu’au bout »

Les fondeurs ne mâchent pas leurs mots. Photos Ludovic LAUDE

Saint-Claude. « Cassez-vous, voyous ! » Quand l’équipe de direction apparaît chez MBF pour la première réunion du comité d’entreprise relative au plan de sauvegarde de l’emploi, elle est accueillie sous les huées. « Assassins ! ».

Manzoni Bouchot Fonderie travaille pour l’automobile et emploie 450 personnes. Ce site fait partie du groupe Arche depuis quatre ans et la direction a annoncé récemment sa volonté de supprimer 199 postes dans l’usine jurassienne. Dans un communiqué, le groupe met en avant des contraintes économiques pour justifier cette restructuration.

Mais les fondeurs ne sont pas du genre à se laisser faire. « On n’est pas des couilles molles ! ». Ce sont des métallos qui ne mâchent pas leurs mots. Au début du mois, ils ont déjà retenu leur direction pendant une nuit. « Attention, on ne leur a pas fait de mal, on leur a apporté une pizza. »

Hier, en fin d’après-midi, c’est toute l’équipe de direction (directeur industriel du groupe, responsable du site, DRH et avocat de la direction) qu’on empêche de sortir.

Trois cents personnes environ sont massées devant l’usine. Le maire de Saint-Claude, Francis Lahaut, indique : « Nous avons 15 % de chômeurs dans la ville, 748 demandeurs d’emploi. En 2008, on a déjà eu le séisme Smoby Toys avec 400 licenciements, dont 200 dans le Jura. Il y a des dégâts sociaux et humains dont on ne parle suffisamment. »

Un cariste est là avec sa femme et l’un de ses enfants : « Quand j’ai commencé, je n’étais pas majeur, c’est ma mère qui m’amenait au travail. Cela fait mal quand on a donné vingt-six ans de sa vie à une entreprise et que, pour gagner toujours plus, elle vous laisse sur le carreau. Il y a de quoi être triste… Et amer. »

« Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! »

Raphaël Perrin, vice-président du conseil général, chargé de l’économie, se lance dans un discours un peu déroutant où il est question des conflits internationaux passés. « On n’en a rien à foutre ! ». L’élu dit qu’il va bien falloir se remettre autour d’une table pour discuter. « Ouais, avec une carabine à plomb ! ».

Il ne faut pas croire que tous les salariés braillent, non, les plus en colère seulement. Beaucoup se taisent et d’autres sont là pour dire : « Il faut rester humain. » Ce qui frappe surtout, c’est le désarroi : « Avant qu’on soit racheté par Arche, on faisait partie des meilleurs en France et dans le monde , il y a encore des pièces qu’on est les seuls à faire ! Depuis quatre ans, ils n’ont fait aucun investissement, des machines se transforment en cadavres. » Et l’atelier prend l’eau à divers endroits.

La qualité du travail réalisé ici n’est pas remise en cause, MBF fabrique des pièces pour Peugeot et Renault. « Pourquoi Peugeot ne soutient pas cette entreprise ? », interroge un salarié d’une entreprise voisine. Le maire explique qu’un donneur d’ordre ne peut pas soutenir un site en particulier. « Ouais, c’est ça, Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! ».

La détresse s’exprime sur tous les tons. La CGT réclame la suspension de la procédure en attendant que des solutions alternatives soient trouvées : « La situation est incompréhensible quand on voit les bénéfices dégagés par Peugeot et Renault, plus d’un milliard en 2010 ! » dénonce Jacques Bauquier, responsable régional CGT.

Au cours du comité d’entreprise, un délégué syndical est pris d’un malaise, la séance est suspendue, il faut appeler les secours. « Pourquoi il a crisé, ça se passe mal ? » interrogent des salariés dehors. Les élus du personnel sont préoccupés pour leurs collègues, des grévistes s’énervent. Au départ, ils voulaient que la direction quitte l’usine. Finalement, elle semblait bien partie pour y passer la nuit.

Michèle YAHYAOUI

piqué au tas sur l'estrépublcain.fr - 10/06/2011

 

12:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/05/2011

Hitler s'affiche à l'infirmerie de la CRS 58 de Perpignan

 

La CGT a porté plainte après avoir découvert cette affiche du Führer faisant le salut nazi.

 

La CGT vient de porter plainte après la découverte d'une affiche montrant Hitler faisant le salut nazi dans des locaux de la CRS de Perpignan, a-t-on appris lundi auprès du syndicat.

 

La personne qui a placardé cette affiche «a pris un simple petit blâme, pratiquement la même chose que prend un officier de police en tenue qui fume dans la rue», a dit le secrétaire départemental de la CGT, Pierre Place, sans préciser qui avait pris l'initiative d'un tel affichage.

 

la suite sur le JL

12:23 | Lien permanent | Commentaires (2) |

18/03/2011

Bicarbonate

Quatre enfants ont été hospitalisés aux Etats-Unis pour avoir consommer de la cocaïne. Ils sont tous élèves en école primaire.

Quatre élèves d'une école élémentaire de la ville de Washington, aux Etats-Unis, ont été brièvement hospitalisés jeudi après avoir sniffé ou ingéré de la cocaïne. La drogue avait été apportée par un autre élève.

"Un élève de la Thomson Elementary School a apporté une quantité indéterminée de cocaïne à l'école et l'a partagée avec des élèves de sa classe", précise l'administration scolaire dans un communiqué. "Quatre élèves ont pris de la cocaïne, certains oralement d'autres en l'inhalant par le nez. On ne sait pas quelle quantité ils ont absorbé", ont indiqué les services scolaires.

L'encadrement a été prévenu par un des enfants. Ceux-ci ont été rapidement examinés par une infirmière de l'école et transportés à l'hôpital. "Ils vont tous bien", a précisé le principal. Les enfants hospitalisés sont en classe de CM1, a précisé le porte-parole des services scolaires, Fred Lewis, estimant que ce genre d'événements était "tout-à-fait exceptionnel".

Un élève de CM1 en possession de cocaïne

Un enfant de l'école a été inculpé jeudi pour possession de substance illicite par le procureur de Washington chargé des délits commis par des mineurs. Le principal de l'école située dans le centre de la capitale, Albert Dupont, a envoyé une lettre aux parents indiquant que la police menait une enquête auprès de l'enfant soupçonné d'avoir apporté la drogue ainsi que de sa famille.

"Ce n'est pas le genre de situation qui prévaut dans notre établissement et nous prenons cela très au sérieux. Nous allons traiter la prévention contre la drogue comme un problème d'ensemble impliquant toute l'école", a-t-il ajouté. Des conseillers d'éducation interviendront dans l'établissement dès lundi pour évoquer la situation et réitérer les dangers de la drogue ainsi que les consignes de prévention.

piqué au ats sur /fr.news.yahoo.com - 18/03/2011

19:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/03/2011

La centrale nucléaire de FUKUSHIMA Daiichi - Le MOX - COGEMA - Le scandale TEPCO

 

Transport de combustibles MOX d'Europe vers le Japon - Annonce de la politique d'information -

30 juin 1999

 

Un transport vers le Japon de combustibles MOX, fabriqués en Europe, aura lieu d'ici la fin de l'année : les assemblages concernés sont destinés aux réacteurs nucléaires de Fukushima Daiichi et de Takahama, exploités respectivement par TEPCO (Tokyo Electric Power Company) et KEPCO (Kansai Electric Power Company).
La production d'électricité d'origine nucléaire constitue en effet une pièce maîtresse de la politique énergétique du Japon.
En 1977-78, les 10 compagnies japonaises d'électricité ont signé avec les groupes COGEMA, en France, et BNFL, au Royaume-Uni, des contrats prévoyant le traitement de leurs combustibles nucléaires usés.
Le traitement-recyclage du plutonium sous forme de combustible MOX relève d'une stratégie à long terme. Le Japon a, en effet, décidé de charger avec ce combustible 16 à 18 réacteurs d'ici 2010.
Ce transport a été préparé en étroite collaboration par les Autorités gouvernementales et les partenaires industriels japonais, français et britanniques.
A l'occasion de ce transport, les informations suivantes seront rendues publiques :
1. La date de départ, le nom des navires, le nom des ports de chargement, ainsi que le nombre total d'assemblages combustibles et d'emballages de transport seront communiqués un ou deux jours avant le départ d'Europe
2. La route choisie et la date approximative d'arrivée au Japon seront publiées après le départ d'Europe. Le transport des matières nucléaires, notamment celui des combustibles MOX, obéit à un système établi de réglementations internationales strictes et rigoureuses.
Ces réglementations concernent les emballages de transports spécifiques, appelés châteaux, la conception des navires ainsi que les dispositifs de protection physique Des matières nucléaires sont ainsi transportées par mer depuis les années 1960. Les transports de combustibles MOX seront effectués par deux navires armés appartenant à la compagnie PNTL (Pacific Nuclear Transport Limited), qui quitteront conjointement l'Europe et navigueront de conserve jusqu'au Japon.
Ce communiqué est diffusé simultanément en France, au Royaume-Uni et au Japon, respectivement par COGEMA, BNFL, TEPCO / KEPCO.

piqué au tas sur : www.areva.com/FR/actualites-5483/transport-de-combustibles-mox-d-europe-vers-le-japon-annonce-de-la-politique-d-information.html

2007 - Inquiétudes nucléaires après le séisme

par Monique Mas

Article publié le 18/07/2007 Dernière mise à jour le 18/07/2007 à 16:31 TU

La fuite d’eau radioactive constatée à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa repose la question de la sécurité nucléaire.( Photo - Reuters )

La fuite d’eau radioactive constatée à la centrale de Kashiwazaki-Kariwa repose la question de la sécurité nucléaire.
( Photo - Reuters )

«Il y a eu une erreur dans le calcul de la radioactivité de l'eau qui s'est échappée dans la mer» lors du séisme de lundi qui a ébranlé la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande du monde, indiquait mercredi un communiqué de la compagnie d’électricité privée Tokyo Electric Power (Tepco) qui assurait en même temps que «la radioactivité corrigée reste sous la limite légale et n'affecte pas l'environnement». Pour autant, le maire de Kashiwazaki, au nord-ouest du Japon, mais aussi le gouvernement de Shinzo Abe ont ordonné la fermeture du site nucléaire, jusqu’à plus ample information. En écorchant la sensibilité des Japonais aux questions de sécurité nucléaire, le séisme a aussi un impact politique.

C’est revêtu du bleu de travail des employés de la centrale nucléaire, comme le rapporte l’Agence France Presse, que le PDG de Tepco, Tsunehisa Katsumata, s’est battu la coulpe mercredi devant le maire de Kashiwazaki qui venait d’ordonner l’arrêt des sept réacteurs d’une puissance totale de 8 212 mégawatts du site qui alimente en électricité la mégalopole de Tokyo, située à 250 kilomètres au sud. Tsunehisa Katsumata avait fait le chemin de Kashiwazaki-Kariwa pour présenter ses «excuses, du fond du cœur, pour avoir causé des craintes et des problèmes terribles». Les craintes se sont en effet rapidement nourries du panache de fumée noire qui s’est élevé lundi matin au-dessus de l’incendie déclenché dans un transformateur électrique de la centrale de Kashiwazaki –Kariwa, l’un des premiers effets visibles du violent séisme de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter dont l'épicentre a été localisé à seulement neuf kilomètres de là. Une centaine de fûts d'acier éventrés destinés à sceller gants et autres vêtements potentiellement irradiés avaient également attiré l’attention des secours, Tepco reconnaissant initialement une légère fuite d’eau radioactive.

Comme il est d’usage dans ce domaine sensible, Tepco se targue d’une sécurité sans faille, mettant en avant la multiplicité des verrous sécuritaires imaginés en cette région à très haut risque tectonique. Durement sermonné par Akira Amari, le ministre de l'Economie et de l'Industrie, qui a lui-aussi exigé la fermeture de la centrale jusqu’à nouvel ordre, Tsunehisa Katsumata, a finalement reconnu que les réacteurs nucléaires «avaient subi sans aucun doute un choc supérieur aux limites de résistance prévues à l'époque de la construction». Il a aussi admis «une certaine inefficacité dans les mesures» prises par Tepco en matière de prévention et de lutte anti-incendie. Plus largement, le PDG du géant électrique japonais a revu à la hausse le niveau de radioactivité des fuites qu’il a reconnues, parlant de 90 000 becquerels au lieu de 60 000 et admettant au total une cinquantaine d’incidents dans le vaste complexe. Parmi ceux-ci : le déversement en mer de 1 200 litres d'eau radioactive et l’éparpillement au sol du contenu de plusieurs centaines des quelque 10 000 fûts destinés aux vêtements contaminés.

Une énergie nucléaire jugée vitale pour l’indépendance de l’archipel

Le sursaut de transparence à retardement de l’industriel du nucléaire civil ne va pas encore jusqu’à un bilan vraiment circonstancié de l’impact du séisme et de ses répliques sur la centrale de Kashiwazaki. Il répond d’abord au souci des autorités politiques qui redoutent surtout que leurs administrés retirent leur confiance à une énergie nucléaire qu’elles jugent vitale pour l’indépendance économique du pays. Celle-ci représente déjà plus de 35 % de la production d’électricité de l’archipel qui compte 55 réacteurs et a lancé la construction de treize autres. C’est d’ailleurs de ce risque de désaffection du nucléaire civil que s’est inquiété le ministre japonais de l’Economie en reprochant à Tepco la lenteur de ses agents à éteindre l’incendie de lundi, d’abord avec de l’eau, avant que les pompiers n’en viennent à bout avec des produits chimiques. En adoptant la posture du pénitent décidé à faire amende honorable, le PDG de Tepco fait cause commune avec les autorités politiques pour tenter de rassurer l’opinion publique. Celle-ci est priée de croire en sa bonne foi lorsque la compagnie dit par exemple qu’il n’y a aucun danger de contamination de l’océan où se sont déversées des matières et de l’eau radioactives.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a offert au Japon ses services pour repérer et mesurer les fuites radioactives. Mais, dans l’immédiat, des examens géologiques ont été ordonnés par les autorités japonaises et par Tepco qui redoutent qu’une ligne de fracture passe désormais sous la centrale nucléaire et veulent «analyser l'emplacement de la faille en étudiant les répliques et les modifications du terrain». Pour leur part, les écologistes de Greenpeace rappellent qu’en 2003, cette même centrale de Kashiwazaki-Kariwa, «avait déjà été fermée sur ordre des autorités et pour vérifications pendant quarante jours, après que Tepco avait admis avoir falsifié ou ignoré à 29 reprises des conclusions d’inspecteurs faisant état de fissures dans les réacteurs». L’organisation rappelle aussi que «ces derniers mois, plusieurs compagnies ont reconnu avoir caché au public et aux autorités des dizaines d’incidents survenus entre 1978 et 2002». Tout récemment, en mars dernier, «la compagnie Hokuriku n’avait pas informé le public et les inspecteurs nucléaires d’un incident important dans la centrale de Shika». Dans ce contexte, la révélation de fuites radioactives à l’occasion du séisme de lundi est une première, sur le mode de «faute avouée est à moitié pardonnée».

Mercredi, le bilan humain du séisme était toujours de 9 morts, un millier de blessés et quelque 12 000 déplacés, toujours sous la pluie battante et la menace des répliques, une centaine déjà ces derniers jours, dont certaines ont été ressenties jusqu’à Tokyo. Un millier de policiers et de pompiers continuaient à fouiller les centaines d’immeubles pulvérisés de Kashiwazaki où les personnes âgées ont été les plus touchées. Sept bâtiments de la Marine japonaise croisaient au large de la région de Niigata. 450 militaires avaient également été dépêchés en renfort pour participer aux opérations de ravitaillement en eau et en nourriture des préfectures de Niigata et de Nagano où la circulation reste entravée par les fissures et les éboulis.

A une dizaine de jours des sénatoriales du 29 juillet où il arrive avec une popularité extrêmement ébréchée, le Premier ministre Shinzo Abe, s’est montré sur les lieux du séisme dès lundi, ordonnant à son cabinet «d'agir sans délai» pour venir en aide aux sans-abris. Pour sa part, Tepco, a déjà vu ses titres chuter en bourse mercredi, lorsque le ministre du Commerce lui a interdit de relancer les réacteurs de Kashiwazaki-Kariwa qui représentent environ 7% de ses capacités de production d’électricité. «Je crois que l'on ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu'avec la confiance de la population», a lancé le Premier ministre Shinzo Abe en ajoutant à l’endroit de Tepco : «Si un incident se produit, il faut qu'ils en rendent compte dans le détail et avec rapidité et nous devons les amener à refléter fidèlement cet incident». Question d’image, la vérité nucléaire restant quant à elle à la discrétion des experts.

piqué au tas sur www.rfi.fr/actufr

2007 - Le séisme au Japon ravive la peur du nucléaire

STÉPHANE KOVACS (avec AFP, AP, Reuter)
14/10/2007 | Mise à jour : 18:43
AU LENDEMAIN d'un violent tremblement de terre qui a fait neuf morts et provoqué des fuites radioactives dans la plus puissante centrale du monde, le Japon s'inquiétait hier de la solidité de ses installations nucléaires. L'épicentre du séisme, de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter, était situé à quelques kilomètres seulement de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa, dont les sept réacteurs, d'une puissance totale de 8 212 mégawatts, alimentent en électricité la mégapole de Tokyo, 250 km plus au sud. Pas moins de cinquante dysfonctionnements ont été identifiés hier dans la centrale !
Selon Tokyo Electric Power (Tepco), la compagnie qui l'exploite, cette centrale respecte scrupuleusement les normes parasismiques nippones très strictes. Mais la compagnie a avoué hier que le séisme s'était révélé plus fort que ce qu'étaient censés supporter ses réacteurs. Lundi, un incendie avait éclaté dans un transformateur, sans être immédiatement circonscrit. Hier, Tepco a annoncé qu'une centaine de fûts contenant des déchets faiblement radioactifs étaient tombés, et que « plusieurs » avaient perdu leur couvercle. Seule la moitié de ces fûts avaient été inspectés hier, et l'on ne sait pas encore si l'incident a eu des conséquences sur l'environnement ou la population. Tepco a aussi admis que 1 200 litres d'eau légèrement radioactive avaient fui d'un des réacteurs. « Je reconnais qu'il y a eu une certaine inefficacité dans nos mesures d'extinction », s'est excusé le président de Tepco, Tsunehisa Katsumata, après s'être fait réprimander par le ministre de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, Akira Amari.
35 % de l'électricité du pays
Les autorités n'ont pas caché leur inquiétude au sujet du temps de réaction de Tepco. « On ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu'avec la confiance de la population », a déclaré le premier ministre, Shinzo Abe. La lenteur à régler l'incident « pourrait amener les gens à ne plus faire confiance à l'énergie nucléaire », a renchéri le ministre de l'Économie. « Nous devons apporter une réponse sans fard en examinant soigneusement la façon dont le séisme a dépassé les normes de résistance (des réacteurs) prévues », a affirmé pour sa part le porte-parole du gouvernement.
Toutefois, selon Koji Omamoto, spécialiste du nucléaire à l'université de Tokyo, l'incident était mineur. « Certes, un incendie n'est pas censé se déclarer, mais ce qui est arrivé n'a rien à voir » avec une catastrophe comme Tchernobyl, plaide-t-il, rappelant que les réacteurs japonais « sont globalement sûrs, car le Japon a probablement les normes antisismiques les plus strictes du monde ».
Mais l'incident risque de nourrir l'aversion de l'opinion japonaise à l'égard du nucléaire, industrie qui produit 35 % de l'électricité du pays mais qui est régulièrement blâmée pour son manque de transparence. En 2003, la centrale de Kashiwazaki-Kariwa avait été fermée sur ordre des autorités et pour vérifications pendant quarante jours, après que Tepco eut admis avoir falsifié ou ignoré à vingt-neuf reprises des conclusions d'inspecteurs faisant état de fissures dans les réacteurs. Deux ans plus tôt, lors d'un référendum, les 3 589 électeurs du village de Kariwa s'étaient prononcés à 54 % contre l'utilisation dans la centrale de plutonium recyclé (MOX), que les écologistes jugent plus dangereux que l'uranium en cas d'incident. Tepco s'était incliné face au résultat du vote.
L'industrie nucléaire a subi une nouvelle avalanche de reproches ces derniers mois, plusieurs compagnies ayant reconnu avoir caché des dizaines d'incidents, certains « critiques », entre 1978 et 2002. Toutefois les autorités n'ont pas l'intention de renoncer à cette énergie : treize réacteurs sont en construction au Japon.

piqué au tas sur www.lefigaro.fr/international/2007/07/18

Lire la suite

09:38 | Lien permanent | Commentaires (2) |

11/03/2011

Lyon 2 abandonne la bibliothèque numérique Persée

Depuis quelques jours, le programme national de numérisation, de traitement documentaire, de diffusion et de valorisation scientifique est tombé sous le coup d'une décision prise par l'université Lumière Lyon 2. Son arrêt, pur et dur.

Depuis le 7 février dernier, le programme PERSÉE va donc prendre fin, sans que personne n'ait été averti, puisque ni le personnel, ni la direction n'ont été invités à une discussion. La convention-cadre qui unissait l'université au programme sera définitivement arrêtée au 10 mai 2011. Passée cette date, votre ticket n'est plus valable.


Une pétition a été lancée pour sensibiliser le public à cette décision. « L'ensemble des personnels du programme PERSÉE ne comprend pas la précipitation de la direction de Lyon 2. Aucune information n’a précédé cette décision. Aucune discussion n’est proposée par la direction de l’université. Aucune solution ne garantit la continuité des activités du programme et la préservation de l'équipe PERSÉE en raison du trop court calendrier imposé par Lyon 2. » (voir la pétition)

Cette dernière liste des conséquences plutôt catastrophiques dans le domaine :
  • La fermeture du portail www.persee.fr et la disparition d’un outil utilisé par des millions de chercheurs et d’étudiants.
  • Un formidable gâchis d’argent public : le ministère - avec Lyon 2 - a initié le programme PERSÉE et le finance depuis 8 ans. Ce soutien a permis de constituer un fort capital technique et de développer des savoir-faire spécifiques.
  • L’éclatement de l’équipe PERSÉE et la dispersion de compétences vitales pour le programme. Les vacataires et les contractuels (85% de l'effectif) sont les premiers touchés. La direction de l’université Lyon 2 a d’ores et déjà refusé de renouveler les contrats de vacations au-delà du 10 mai 2011.
La bibliothèque numérique scientifique francophone, fondée en 2005, dispose aujourd'hui de 350.000 documents consultables gratuitement. Avec 3,6 millions de documents téléchargés et 19,5 millions de consultations durant l'année passée, PERSÉE représente également un outil de recherche et de publication pour des éditeurs et des universités.

Pourtant, la présidence de l'université ne semble pas s'affoler plus que cela. Selon elle, c'est le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur de l'université qui prendra le relais. D'autant que tous les contrats des personnes actuellement employées sont poursuivis - à savoir trois fonctionnaires et 21 contractuels et vacataires.

Cependant, la décision de Lyon 2 est motivée par des coûts opérationnels et structurels qui font plonger dans le rouge en permanence. Et à ce titre, si le projet est si important que cela, Lyon 2 estime qu'il n'est pas de son ressort de supporter seul le financement.

Cité par l'AFP, le syndicat FO estime que ce choix « met en cause les disciplines des sciences humaines et sociales, déjà fragilisées par les réformes ministérielles ». Selon eux, le programme « doit rester dans le cadre du service public ».

Rédigé par Cecile Mazin, le vendredi 11 mars 2011

pris chez www.actualitte.com - 11/03/2011

8148 ***** fred france

10:36 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Sécurité routière : coup d’arrêt aux bons chiffres

http://images.caradisiac.com/images/9/9/8/7/49987/S7-MAD-MAX-vengeance-violence-et-grosses-cylindrees-170131.jpg

Mineurs blessés après une course-poursuite

SOCIETE - Quatre mineurs, âgés de 16 à 17 ans selon les pompiers, ont été accidentés la nuit dernière à Colmar après avoir été pris en chasse par une voiture de police. Leur véhicule a percuté un arbre, peu après 2h30. Les secours indiquent que trois des occupants de la voiture ont dû être désincarcérés, tandis que le parquet de Colmar fait état de deux blessés. "Il semble qu'il y ait à l'origine un refus d'obtempérer à l'égard d'une voiture de police sérigraphiée. Suite à cela, il y a eu une petite course-poursuite, très courte, et l'accident a eu lieu presque immédiatement" lorsque le conducteur a perdu le contrôle du véhicule, indique le parquet.

piqué au tas sur www.libestrasbourg.fr - 06/03/2011

Deux mineurs se blessent au volant d'une voiture volée pour échapper à la police

Deux mineurs se sont blessés vendredi à Marseille dans l'accident d'une voiture volée en fuyant la police, le conducteur, âgé de 16 ans, se trouvant dans un état grave, a-t-on appris de sources policière et hospitalière.
Les faits se sont produits lors d'une intervention de la brigade anti-criminalité dans les quartiers nord de la ville pour un vol à la roulotte. Arrivés sur place, les policiers assistent à la fuite d'une voiture dont l'un des trois occupants vient de sortir.

Ce dernier, interpellé, indique que le véhicule est volé.
Les policiers se lancent [c'est une image] alors derrière la voiture, avec du retard [c'est une habitude], et la retrouvent accidentée à la sortie d'un virage, sans qu'il y ait eu de course-poursuite, a précisé un porte-parole de la police.
Les fuyards auraient perdu le contrôle de la voiture et percuté trois véhicules à l'arrêt. "Ils allaient vite et ce sont des mineurs qui n'avaient pas le permis", a souligné le porte-parole [donc en déduire : bien fait pour les sales jeunes et impugnité de la police...].
Le conducteur, âgé de 16 ans, a été transporté au service de réanimation de l'hôpital Nord où il se trouve dans un état grave, selon l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille. Le passager aurait été éjecté dans l'accident.

piqué au tas sur www.leparisien.fr - 04/03/2011

http://images.telerama.fr/medias/2008/07/media_31395/M10604.jpg

09:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/03/2011

TPI : les services français ont protégé durant des années des criminels de guerre

ancien article sur Probe ici



Coopérer avec la justice internationale ? Oui, mais d’abord protéger les « amis de la France ». Les carnets du général Rondot, saisis par la justice et largement utilisés dans l’enquête sur l’affaire Clearstream, recèlent des informations jamais utilisées jusqu’à aujourd’hui sur l’attitude de la France envers le TPIY et la poursuite des criminels de guerre. Mediapart et Le Courrier des Balkans se sont également procurés une note du général Rondot, qui explique comment les services français ont protégé des inculpés du TPIY, notamment le général croate Ante Gotovina.

Datée du 17 mars 2005, cette note est adressée au chef d’état-major particulier du président de la République, le général Georgelin, avec copie au ministre de la défense de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Ce document atteste formellement des liens qu’ont entretenus les services secrets de la DGSE avec les forces croates dès 1991, puis, de 2000 jusqu’en 2005, avec des criminels de guerre recherchés par le TPIY.

Ces documents éclairent d’un jour nouveau le rôle des services français dans les guerres de l’ex-Yougoslavie puis leur collaboration à géométrie variable avec la justice internationale. Dans ses annotations, le général Rondot révèle en particulier comment la DGSE est restée en contact avec le général croate Ante Gotovina, inculpé et recherché par le TPIY, tout au long d’une cavale qui s’est poursuivie de 2001 à 2005.

Plus largement, le général expose comment les services de renseignements français ont suivi de près tous les dossiers concernant les criminels de guerre. Ils n’ont livré qu’au compte-gouttes des informations à la justice internationale, avec une ligne directrice : protéger leurs collaborateurs et leurs partenaires, même quand ceux-ci étaient inculpés.

En conséquence de cette collaboration bien hésitante de pays comme la France avec la justice internationale, le général Mladić court toujours, plus de quinze ans après son inculpation.

Dans les carnets, les mentions concernant les inculpés du TPIY reviennent presque chaque jour. Qu’il s’agisse de Mladić, de Karadžić, arrêté à Belgrade en juillet 2008, ou encore de Goran Hadžić (ancien président de la République serbe de Krajina accusé en 2004 de crimes de guerre et crimes contre l’humanité), lui aussi toujours en cavale, les communications sont constantes entre la ministre de la défense Michèle Alliot-Marie, le président Chirac, et la direction des services.

tLa priorité des priorités a longtemps concerné le général croate Ante Gotovina, ancien membre de la Légion étrangère. Il n’a été arrêté que le 7 décembre 2005. Quelques mois plus tôt, le général Rondot notait : « Cesser de traiter Gotovina ». Avant d’être ainsi « lâché » par la DGSE, l’homme, actuellement en jugement à La Haye pour « violations des lois et coutumes de la guerre » et crimes contre l’humanité, a joui d’une longue protection, qui s’explique par les nombreux services qu’il aurait rendu à la France.

Ante Gotovina, un itinéraire français

PNG - 255.8 ko
Cliquez sur l’image pour accéder à la première page de la note

Ante Gotovina a toujours entretenu des liens étroits avec la France. Né en 1955, il fuit la Yougoslavie de Tito et s’engage le 1er janvier 1973 dans la Légion étrangère sous le nom d’Ivan Grabovac. Affecté au 2ème Régiment étranger de parachutistes basé à Calvi, en Corse, il fait alors une rencontre déterminante : Dominique Erulin. Les deux hommes servent sous les ordres du frère de ce dernier, le colonel Philippe Erulin, qui dirige le 2e REP. Leur fait d’arme est d’avoir sauté sur Kolwezi (Zaïre), en 1978, afin de rapatrier les Européens menacés par des rebelles. Ante Gotovina quitte la Légion en 1978 avec le grade de caporal-chef et obtient la nationalité française en avril 1979.

Après s’être reconverti un temps dans les officines de sécurité, il sombre dans le banditisme puis rejoint la Croatie en juin 1991 (pour lire le détail de cet itinéraire cliquez ici). Il connaît alors une ascension fulgurante jusqu’à devenir général de corps d’armée en 1995 et commandant du district militaire de Split. À ce titre, il participe à l’opération « Tempête » (Oluja) , la « guerre éclair » qui permet à l’armée croate de reconquérir en quelques jours le territoire occupé par les sécessionnistes de la République serbe de Krajina.

PNG - 252 ko
Cliquez sur l’image pour accéder à la deuxième page de la note

Cette opération a en fait été préparée avec les services de renseignements militaires occidentaux, notamment américains et français. Dans la note du 17 mars 2005 que nous révélons, Rondot écrit : « C’est ainsi qu’en août 1995, l’un des personnels [de la DGSE] a suivi le déroulement de l’opération ’Oluja’ de reconquête des Krajinas par l’armée croate. C’est pour des faits remontant à cette période que le général Ante Gotovina est aujourd’hui poursuivi par le TPIY. »


Retrouvez notre dossier :
TPI : Ante Gotovina, criminel de guerre et « ami de la France »

 

 

 

 

 

la suite sur Le Courrier des Balkans

 

10:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu