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14/01/2011

FRANCE-NIGER : LETTRE OUVERTE AU MINISTRE FRANÇAIS DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS

Poitiers, le 12 janvier 2011


Monsieur le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants,


Nous condamnons unanimement l’acte de barbarie qui nous prive aujourd’hui d’un ami cher.


Cependant, votre empressement à justifier l’intervention militaire qui a conduit à la mort d'Antoine de Léocour et Vincent Delory nous a beaucoup surpris.


Réduire l'analyse de ce drame à un discours sécuritaire ne fait qu’alimenter grossièrement la presse à sensations. Cela occulte totalement les enjeux globaux de la situation économique et politique que traverse la zone sahélienne. Les épiphénomènes que nous vivons actuellement participent des conséquences de politiques étrangères occidentales vis-à-vis de ces régions.


« Ne rien faire, c’est prendre un double risque » http://www.defense.gouv.fr/actualites/articles2/sahel-alain-juppe-au-niger

Vos déclarations nous amènent à nous interroger sur la mission de l’armée française : consiste-t-elle à abréger les souffrances de ses ressortissants (emmenés par les ravisseurs [...] et on sait ensuite comment ils sont traités) lorsque vous, M. Le Ministre de la Défense et M. Le Président de la République, Chef des Armées n'êtes pas en mesure d'envisager une autre solution, plus digne ?
Ou a-t-elle pour objectifs de démontrer - quel qu'en soit le prix - que la France est prête à entrer dans l'escalade de la violence au nom de son combat pour la démocratie et contre le terrorisme (ne rien faire, c’est donner un signal que la France finalement ne se bat plus contre le terrorisme) ? Sachez qu'à nos yeux la raison d’Etat ne doit jamais l’emporter sur le respect de la vie des citoyens.
Nous sommes particulièrement indignés par le ton de vos propos et de ceux de la majorité de la classe politique française dans un consensus national sans fausse note. Nous croyons comprendre que la France, patrie des Droits de l’Homme, sacrifie ses ressortissants sur l’autel d’orientations stratégiques occultes. Vous avez effectivement pris le parti de vous mettre à l’abri de tous moyens de pression en excluant l’option des négociations.
Nous nous inquiétons également du traitement différencié réservé aux citoyens et victimes en fonction de ce que leurs employeurs représentent pour les intérêts de la France.
En conclusion, si vous "assumez" si bien cette mission, sachez dire aux Français qu’elle est un échec et prenez véritablement vos responsabilités en démissionnant. Si un tel courage vous manque, alors ayez au moins la décence de laisser reposer en paix les âmes d’Antoine et de Vincent en stoppant toute récupération politique de cet assassinat sordide.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.

 

Les amis de Master 2 d’Antoine de Léocour

Régis Belmonte

Amélie Benokba

Elodie Bordrie

Marielle Cartiaux

Marion Leriche

Marie Marchand

15:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/01/2011

LA RÉPRESSION DES « BLACK BLOCS », PRÉTEXTE À LA DOMESTICATION DE LA RUE PROTESTATAIRE [article sur Tarnac & Sommet de l'Otan à Strasbourg]

 

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[La photo ne fait pas partie de l'article original]

 

 

« D'ailleurs tout malfaiteur attaquant le droit social devient par ses forfaits
rebelle et traître à la patrie, il cesse d'en être membre en violant ses lois,
et même il lui fait la guerre. Alors la conservation de l'État est incompatible
avec la sienne, il faut qu'un des deux périsse, et quand on fait mourir
le coupable, c'est moins comme citoyen que comme ennemi. Les procédures,
le jugement, sont les preuves et la déclaration qu'il a rompu le traité social,
et par conséquent qu'il n'est plus membre de l'État. Or comme il s'est reconnu
tel, tout au moins par son séjour, il en doit être retranché par l'exil comme
infracteur du pacte, ou par la mort comme ennemi public ».
Rousseau, Du contrat social ou des Principes du droit politique1:
« Les détracteurs de l’anarchisme ne se font pas tous la même idée
du danger idéologique que représente celui-ci et cette idée varie en fonction
de leur degré d’armement et des possibilités légales qu’ils ont d’en faire usage »
S. Dagerman, L’anarchisme et moi2:
« Je ne pense pas qu’il faille répondre aux coups par la bénédiction. Je crois que
la violence est inévitable. (...). Je dis seulement qu’il faut refuser toute
légitimation de la violence. Elle est à la fois nécessaire et injustifiable.
Alors, je crois qu’il faut lui garder son caractère exceptionnel, précisément, et la
resserrer dans les limites qu’on peut. (...). Mais dans un monde où l’on s’emploie
à justifier la terreur avec des arguments opposés, je pense qu’il faut apporter
une limitation à la violence, la cantonner dans certains secteurs en l’empêchant
d’aller jusqu’au bout de sa fureur. J’ai horreur de la violence confortable.
C’est un peu facile de tuer au nom de la loi ou de la doctrine ».
A. Camus, Dialogue pour le dialogue3:
1
J.-J. Rousseau, Du contrat social ou des Principes du droit politique, Livre II, Chapitre V « du droit
de vie et de mort », 1762
2
S. Dagerman, La dictature du chagrin & autres récits amers (1945-1953), Agone, 2009, p. 19
3
In Défense de l’Homme, n°10, juin 1949, pp.2-3, in Lou Marin, Albert Camus et les libertaires
(1948-1960), Egrégores, 2008, p. 80

par
OLIVIER CAHN - Maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise Responsable du LEJEP-CERSC

 

doc à télécharger : LA RÉPRESSION DES « BLACK BLOCS ».pdf

Lire la suite

16:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/12/2010

Un oeil sur les prospectives de la Gendarmerie nationale - étude sur les « nouveaux rassemblements de personnes »

Entre novembre 2007 et août 2009, le Centre des Hautes Etudes de l’Armement (CHEAr), sous l’égide de la Direction Générale de l’Armement (DGA) [1], a piloté une étude sur les « nouveaux rassemblements de personnes ». Inscrite au catalogue des études prospectives de défense à caractère politico-militaire, économique ou social (EPMES) sous le numéro 2007/061, cette étude a été lancée par le Centre de Prospective de la Gendarmerie Nationale (CPGN) pour déterminer et analyser les nouvelles formes de regroupements de personnes dans l’espace public. Pour le ministère de la Défense, l’enjeu de cette étude est de taille, car il s’agit de mieux connaître les nouvelles formes d’action collective, leur « typologie, les caractéristiques de la mobilisation, leurs modes de fonctionnement, le mode de constitution des groupes, les tendances futures et les réponses policières apportées (dimension comparative) ». L’objectif étant « d’adapter les modes d’action et moyens à engager ».

 

la suite sur Non-Fides : http://www.non-fides.fr/?Un-oeil-sur-les-prospectives-de-la

 

10:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/12/2010

Quelques visages (considérations toutes subjectives sur les "événements")

« Quiconque veut penser aujourd’hui humainement pensera dangereusement, car tout pensée humaine met en cause l’ordre tout entier qui pèse sur nos vies. » Nizan

Je parcours les photos que, depuis quelques semaines, j’emmagasine dans la mémoire de mon ordinateur. Grèce, Italie, Royaume-Uni, France, Espagne...Elles semblent se faire écho : la même révolte, la même violence, les mêmes slogans, les mêmes cibles. Mais une analogie me frappe en tout premier lieu : deux visages, dont les traits sont marqués par un mélange de stupeur et de terreur. Ces visages sont ceux de Camilla, femme du prince de Galles, et de Costis Hatzidakis, ancien ministre grec des transports. Quelque chose dans leur regard est né, au milieu de l’étonnement et de la peur soudaine, et ce quelque chose est probablement le reflet de "ce qui se passe" actuellement, au détour des combats de rue, de Lyon, en octobre, à Londres, Rome et Athènes, au cours de ce mois de décembre. Camilla, qui salue les « sujets », vitre baissée, tancée d’un coup de bâton, menacée du sort des rois/reines qui prétendent régner innocemment -« Off with their heads ! Off with their heads ! »- ; Costis Hatzidakis, frappé au visage, et du nom qui est celui des gens de sa classe : celui de « voleur ». Dans leur regard à tout deux, l’étonnement de voir ainsi les moutons devenir lions.

L’avenir nous en dira probablement plus sur ce qui se joue actuellement que toutes les supputations que je pourrais formuler au cours de ce texte, mais il est bien évident que nous ne « rejouons » nullement les révoltes des années 70, et que ce que nous faisons est bien plus « grave ». Depuis quelques années déjà, la révolte gronde partout en Europe et dans le monde, et nous assistons aux prémices d’un mouvement international, qui porte bien en lui les germes de la révolution. Il ne s’agit nullement de dire que, parce qu’une héritière et un député auront été corrigé, le communisme est à portée de main, non : mais je ne puis que constater la montée irrésistible d’un besoin vital de bouleversement du monde. Et, chaque fois que la révolte déborde, j’en viens à espérer qu’il sera, dans un avenir proche, possible de vivre ces instants de revanche dans nos rues, sans qu’aucune intersyndicale, aucun départ en vacances ne puisse stopper nos ardeurs.

Je crois faire partie d’une génération qui a tout intérêt à renverser l’ordre qui pèse sur nos vies, car elle n’en a jamais été la génération dorée. Ce que les regards ronds et, finalement, stupides, de Camilla et de Hatzidakis me renvoient, c’est l’image d’une génération zéro, que je pense à même d’incendier le vieux monde, profitant de ce qu’il se tétanise devant l’imprévu.

Nous ne sommes pas des casseurs, des anarcho-autonomes, des jeunes de banlieue, des étudiants, des lycéens, nous ne sommes rien de ce qu’on peut penser de nous, ou prétendre penser de nous.

Il n’y a aucune différence entre l’étudiant d’Athènes qui, deux cocktails molotov à la main, traverse la place du parlement, vers les putrides lignes de flics en faction, et le jeune chômeur de Clichy qui, la rage au cœur, lance pierre sur pierre sur la BAC, les CRS ou la nationale. Le métallo italien pris dans l’émeute romaine respire au même rythme que le lycéen londonien rigolard, un casque pris à un agent de la MP sur la tête.

Je crois que, cette semaine, j’ai tabassé un député, comme la semaine dernière j’ai donné des coups dans la Rolls du prince Charles. J’ai tiré à la grenaille sur des flics au-delà du périph’, j’ai envoyé des lettres piégées aux ambassades. J’ai tenu dans mes mains une pelle, dans les rues enflammées de Rome. J’étais un infirmier courant dans les rues de Paris. Un ouvrier chinois en grève. J’ai été beaucoup de monde. Je veux l’être en sortant de chez moi.

Faisons un présent à la hauteur de ses possibles

piqué au tas sur Indimédia Paris-île-de-France - 15/12/2010

21:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/12/2010

« Sverige ut ur Afghanistan ! » [« Suède hors d’Afghanistan ! »] : un slogan postmoderne toujours d'actualité

Fausto Giudice a écrit cet article il y a plus de 3 ans et demi, exprimant l’espoir que la jeunesse suédoise se réveille rapidement et descende dans la rue pour crier : « Suède hors d’Afghanistan ! » On n’en est malheureusement pas encore là. Et le conservateur Reinfeldt (à peine réélu) est toujours au pouvoir et veut tripler le nombre de soldats suédois en Afghanistan, alors que d’autres pays s’empressent de sortir du bourbier afghan. Pour soutenir notre exigence, le mouvement Afghanistansolidaritet organise, de concert avec IrakSolidaritet, une semaine Afghanistan du 4 au 9 octobre, avec entre autres des expositions, la première d’un film afghan, un séminaire le mercredi 6 octobre à 18 h 30 à ABF (Stockholm) avec Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, Pratab Chatterjee de CorpWatch et d’autres, ainsi qu’une manifestation – que nous espérons importante – le samedi 9 octobre octobre à 13 h.place Norra Bantorget, avec entre autres Julian Assange, l’ancien ministre social-démocrate de la Défense  Thage G Peterson et l’écrivaine Maria-Pia Boëthius.
Einar Schlereth, Tlaxcala

Qui parmi ceux qui, comme moi, arpentaient les rues de Stockholm à la fin des années 60 et au début des années 70 en criant « USA hors du Vietnam, du Laos et du Cambodge ! », aurait jamais pu penser que nos successeurs des nouvelles générations auraient à descendre à nouveau dans la rue, quarante ans plus tard, en criant « Suède hors d’Afghanistan »

La jeunesse suédoise de 2007 n’en est pas encore là – à descendre dans la rue pour exiger le retrait des soldats suédois de Mazar-i-Sharif – mais cela ne saurait tarder. Les slogans de notre jeunesse demandent donc à être modifiés. Dans notre monde globalisé, il faut désormais crier : « Danemark, hors d’Irak ! », « Népal, hors d’Haïti ! », « Fiji , hors du Congo ! », sans oublier « Éthiopie, hors de Somalie ! »

la suite sur : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=1686

20:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/12/2010

[La Fabrique Infos] - Les Amis de la Commune de Tarnac

Bonjour!


Nous ne vous écrivons pas, aujourd'hui, pour vous entretenir des obscurs dédales de procédure dans lesquels la justice s'attache à enfermer certains d'entre nous, et dont nous essayons encore de les sortir. Nous vous écrivons dans une perspective nettement plus joyeuse : ce que nous avons commencé à construire, depuis plusieurs années, sur le plateau de Millevaches.

Si nous nous sommes installés à Tarnac, c'est bien sûr pour la vieille tradition de résistance à l'autorité centrale, d'entraide populaire, de communisme rural qui y survivait. Notre idée n'a jamais été de nous y réfugier, mais au contraire de nous y regrouper pour y élaborer d'autres rapports sociaux, y rendre vivables d'autres rapports au monde que ceux qui dominent, et précisément dévastent le monde.

Nous imaginions des communes qui se répartissent les cultures élémentaires et se partagent lors de fêtes mémorables les récoltes selon leurs besoins, des garages collectifs, des camions sillonnant le plateau pour apporter à ceux qui ne peuvent se déplacer le ravitaillement nécessaire, des discussions de bar plus pointues qu'un séminaire à la fac, une laiterie commune qui fournirait à tous le lait à prix coûtant, bref : tout un territoire qui s'affranchit peu à peu du recours à l'argent, à la police, à l'Etat.

L'offensive policière qui nous a frappés visait, entre autres choses, à détruire l'expérience qui commence à prendre racine ici, à trancher les liens qui nous unissent et nous unissent aux autres habitants du plateau : isoler pour mieux anéantir. Non seulement l'opération n'a pas rencontré le succès escompté, mais elle a eu l'effet exactement inverse. La solidarité qui s'est exprimée ici a dépassé tout espoir raisonnable. Grâce au soutien de tant d'inconnus aux quatre coins de la France et du monde, grâce à votre soutien donc, nous avons pu traverser l'épreuve qui devait nous pulvériser. Ce plateau qu'il s'agissait de nettoyer de toute dissidence finit par l'attirer comme magnétiquement. Quant à nous, tout cela n'a fait que tremper un peu plus notre détermination, et nous attacher un peu plus fermement à réaliser nos perspectives initiales. Le bar-épicerie est toujours là. La ferme du Goutailloux voit paisiblement croître son troupeau et ses cultures communes. Une assemblée populaire a même vu le jour sur le plateau afin d'intervenir et d'appuyer le dernier mouvement contre la réforme des retraites; et elle est intervenue.

(la suite à lire en pièce jointe)


--
Des Amis de la Commune de Tarnac
act@boum.org

courriel du 09/12/2010

 

Lien vers doc pdf : ACT.pdf

 

15:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/11/2010

Helvethika



Dans une société totalitariste, le destin des hommes en place et des resistants se croise sur fond de meurtres en série et de secrets militaires.

 

 

14:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/11/2010

"Opération banlieues : comment l’Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises" - Hacène Belmessous

Quand la rénovation urbaine facilite les opérations policières

« Si tu veux la guerre, prépare la guerre. » Dans Opération banlieues, Hacène Belmessous décrypte un projet de conquête où la rénovation urbaine vise à faciliter les opérations policières.

Un laboratoire. Le récit d’Hacène Belmessous ne se déroule ni au Congo ni au Yémen. Mais dans ces quartiers populaires ou défavorisés de notre pays. Ce livre, Opération banlieues, qui fera l’objet d’une rencontre lors du festival Origines contrôlées (1), tente de dessiner la place de ces quartiers dans la France du chef de l’État. Depuis 2002, explique l’auteur, Nicolas Sarkozy « a fait du contrôle des banlieues la condition nécessaire à l’exercice de son pouvoir ». Ainsi, chacun de ses discours est marqué par la référence à ces territoires. Au cœur de ses représentations, des zones incurables et « irrémédiablement hostiles aux valeurs de la France et à son héritage civilisationnel ». Dans cette vision, les opérations de rénovation urbaine reprennent en quelque sorte l’ambition haussmannienne d’en finir avec les potentiels foyers de révolte. Sans tenir compte des protestations des habitants, les quartiers sont redessinés afin de les « rendre moins hostiles aux policiers », décrit Belmessous qui indique que, au même titre que les bailleurs sociaux, un représentant des forces de l’ordre est toujours présent aux réunions de requalification des quartiers.

En outre, en 2008, le Livre blanc sur la défense s’est mu en Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, copie parfaite du Patriot Act américain. Il précise depuis que « les armées doivent pouvoir, à la demande de l’autorité politique, lorsque des situations graves frappent le territoire national, mettre à disposition cet effectif ». Et Nicolas Sarkozy d’en appeler à « l’ordre de la République » contre « l’ordre des bandes » ; et François Fillon de justifier devant le Parlement : « Au regard de l’expérience du 11 septembre 2001, nous avons intégré les enjeux du front intérieur. » Seulement, note l’auteur, l’armée a de la mémoire et sait qu’à chaque fois qu’elle fut « engagée sur le territoire national contre des Français, cela s’est mal passé et l’institution militaire en est sortie durablement blessée », comme lors de la révolte des vignerons en 1907.

Pourtant, les militaires sont désormais invités à mettre en application leurs connaissances en matière de contrôle des foules en banlieue. L’enquête du journaliste montre que les militaires restent malgré tout mus par les valeurs républicaines et s’interrogent sur leurs nouvelles missions. Malgré cela, l’État dispose de l’appui « intéressé des entreprises de défense et de sécurité » qui vendent un arsenal de technologies de contrôle et des services. Des caméras jusqu’au Taser. Sur ces nouveaux théâtres d’opérations, l’État délègue également à des sociétés de sécurité les rondes nocturnes afin d’éviter les contrecoups d’un éventuel échec. Dans l’optique d’un pouvoir qui pense faire face à une « Intifada des banlieues », l’armée israélienne est également mise à contribution pour son expertise en matière de guerre urbaine. Une démarche politique qui trace une « frontière définitive entre ces quartiers et le “nous” national ».

 

(1) Jeudi 25 novembre, à 18 heures, 
à la Bourse du travail.

Lina Sankari

piqué au tas sur l'huma;fr - 22/11/2010

 

Rencontre avec Hacène Belmessous le 3 décembre à Paris

Rencontre-discussion avec Hacène BELMESSOUS autour de son dernier livre "Opération banlieues : comment l’Etat prépare la guerre urbaine dans les cités françaises".

 

Vendredi 3 décembre à 20h, Bar restaurant Le Lieu Dit - 6, rue Sorbier 75020 Paris - 01 40 33 26 29 - contact@lelieudit.com

 

 

 

 

 

 

Entre 1977 et 2003, la politique de la ville visait à « réinjecter du droit commun » dans les quartiers d’habitat social. Mais depuis, derrière les grands discours, une autre politique se déploie discrètement : la préparation d’une guerre totale aux cités, transformées en véritables ghettos ethniques, chaudrons sociaux dont le « traitement » ne relèverait plus que de l’éradication ou de la force armée. Voilà ce que démontre cette enquête implacable d’Hacène Belmessous, nourrie de documents confidentiels, de témoignages d’acteurs de la « sécurité urbaine » : politiques, urbanistes, policiers, gendarmes et militaires, et de visites des lieux où militaires et gendarmes se préparent à la contre-guérilla urbaine. Il explique ainsi qu’un objectif caché des opérations de rénovation urbaine est de faciliter les interventions policières, voire militaires, à venir dans ces territoires. Et il montre comment, à la suite des émeutes de 2005, deux nouveaux intervenants ont été enrôlés par le pouvoir sarkozyste : la gendarmerie mobile et l’armée de terre. Car avec l’adoption en 2008 du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, l’idée d’un engagement des forces terrestres en banlieue n’est plus un tabou. Mais s’ils se disent loyaux envers le chef de l’État, nombre d’officiers interrogés récusent ce « scénario de l’inacceptable ». Quant aux gendarmes, ils contestent ouvertement leur rapprochement avec la police, tandis que nombre de policiers, aujourd’hui en première ligne, récusent la militarisation croissante de leur action. Autant de révélations inquiétantes, pointant les graves dérives d’une politique d’État ayant fait sienne un nouvel adage : « Si tu veux la guerre, prépare la guerre ! »

piqué au tas sur HNSinfo - mis en ligne dimanche 28 novembre 2010 par jesusparis

10:26 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/11/2010

Conflits d'intérêts....

Les conflits d'intérêts menacent directement la démocratie, dans une mesure beaucoup plus importante que ce qu'on peut voir , entendre et lire des médias. Conflits d'intérêts entre fonction publique et fonction privée, entre mandat exécutif et mandat législatif se répandent comme le feu à la poudre. Avocats d'affaires sur les transactions immobilières légiférant sur l'habitant ou les bureaux, financiers s'activant à faire et à défaire les lois sur le fonctionnement des marchés et du système monétaire... poursuivent toute une tradition, mais à plus large échelle que les propriétaires de vignobles proposant et votant des lois sur le commerce du vin et des alcools... Professionnels qui légifèrent directement sur leur profession deviennent légion dans les Assemblées. Pas étonnant que les services publics se transforment tous en services privés!  Passe encore que ce soient des activités "complémentaires" ou "temporaires" de ces élus, mais lorsque ces personnages cumulent dans l'esprit et le corps activités privées et activités publiques, lorsqu'ils érigent en principe les confusions, le devoir de servir et le pouvoir de se servir, cela s'appelle sobrement de la corruption.... Personnels politiques qui, maire un jour applique les lois, député un autre jour qui prépare, discute et vote ces mêmes lois... Personnes qui cumulent des mandats dans un exécutif local et dans un législatif national, hommes de lois qui appliquent plus ou moins consciencieusement les mêmes lois, cela s'appelle sobrement aussi de la corruption... Même si la deuxième corruption semble moins grave que la première, elles se nourrissent l'une de l'autre dans un joyeuse mesure pour certains, dans une plus triste mesure pour d'autres, beaucoup plus nombreux.

la suite sur :

gil-conflit

13:54 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/11/2010

Le concept de « guerre au milieu des populations » - Sir Rupert Smith

Extrait :

La victoire militaire n’est donc pas l’issue souhaitée ?

 

Les guerres ne sont plus livrées aux mêmes fins que dans le passé. Les objectifs concrets, « matériels », simples et destructeurs des guerres industrielles sont remplacés par des objectifs plus « immatériels » et plus malléables. Le but est désormais de modifier les intentions, d’exercer un effet dissuasif, ou de mettre en place un environnement sûr et sécurisé. Dans la guerre industrielle, les adversaires cherchent à résoudre directement, par la force militaire, la confrontation politique qui l’a provoquée. Dans la guerre au sein de la population, la force militaire ne résout pas la confrontation de cette manière. L’utilisation de la force contribue seulement – de manière positive ou négative – aux efforts déployés par l’un ou l’autre camp pour prévaloir dans le choc des volontés et, ainsi, déterminer l’issue de la confrontation.

 

la suite ici PDF

21:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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