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28/11/2012

Notre-Dame-des-Landes : un projet de 1967 pour répondre aux défis de notre temps

Bon, c’en est assez. Moi ça me fait peine. Beaucoup trop de contre-vérités sont énoncées quotidiennement sur l’affaire de l’Aéroport Grand-Ouest, outrageusement raccourci en NDDL par les supporters de la bande de squatteurs basanés polygames crypto-anarchistes néo-staliniens qui ne se lavent même pas tous les jours. Il est peut-être temps de prendre UN PEU de hauteur, de dépassionner le débat, et de ramener UN PEU de sérieux sur ce sujet de haute voltige.

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Un peu d’histoire(s)

Le site de Notre-Dame-Des-Landes fut choisi en 1967 (selon les normes européennes environnementales et de préservation de la biodiversité qui devaient à l’époque déjà probablement être les mêmes qu’aujourd’hui) par le Service technique des bases aériennes, puis validé en 1970 par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT) pour remplacer “Nantes Atlantique” existant déjà à l’époque, notamment pour y développer le fret, et aussi un peu pour pouvoir accueillir fièrement le tout nouveau Concorde. Mais si, vous savez, cet avion qui a eu un petit souci le 25 juillet 2000, tuant 113 personnes, et qui ressemblait à un burn-out de cigogne sous extasy avec une paire de Ray-Ban.

S’il semble aujourd’hui – mais je m’avance peut-être un peu  – que le projet n’accueillera finalement pas le Concorde, dès mai 1967, les autochtones les plus civilisés pouvaient déchiffrer dans la presse locale avec leurs quelques rudiments de langue française que “La métropole Nantes – Saint Nazaire pourrait devenir le Rotterdam aérien de l’Europe par la création d’un aéroport international de fret au nord de la Loire”. Les hommes politiques et leurs experts avaient parlé. Et tout le monde sait ça, ils tiennent toujours leurs promesses.

la suite ici chez pierrederuelle.com

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GUERRE DE CLASSE - travail • communauté • politique • guerre

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sur infokiosque

sur prole.info

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Considérations sur les assemblées - Ravages Editions

considération sur les assemblées,ravages éditions,consensus

Ravages editions

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27/11/2012

Soirée contre les crimes racistes et les crimes sécuritaires - 6 décembre 2012

malik oussekine,6 décembre 1986,rigouste,rajsfus,

info sur demosphère

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22/11/2012

La domination policière - Introduction : Enquête sur un champ de bataille

mathieu rigouste,David Harvey,Patrick Bruneteaux,Peter Manning,Howard Zinn,éditions Agone,édition La Fabrique,Rafik Chekkat,Fabien Jobard,Richard Ericson,Jerome Skolnick,Richard Kania, Wade McKey,


Depuis la fin du xxe siècle, les grandes puissances impérialistes sont entrées dans une nouvelle phase de conquêtes à l’extérieur mais aussi à l’intérieur de leurs frontières[1]. Les différentes formes de misère, les inégalités socio-économiques et les révoltes populaires s’étendent et se multiplient. Dans le même temps, le contrôle, la surveillance et la répression sont devenus des marchés très profitables. Il existe des liens structurels entre ces phénomènes et les transformations des violences policières.

 

La police est un appareil d’État chargé de maintenir « l’ordre public » par la contrainte. Elle est organisée rationnellement pour produire de la violence. Les études focalisées sur ce que l’on appelle des « violences illégitimes » ou « illégales », des « bavures » et des « accidents » n’observent qu’une partie du phénomène. Elles insistent sur le fait que la police tente de réduire le risque de tuer dans les sociétés qu’elles appellent « démocratiques[2] », que les agents de la force publique travaillent à contenir leur violence et que la brutalisation physique ne représente qu’une exception. Ces observations ne permettent pas de comprendre l’impact et les effets sociaux de comportements peut-être minoritaires dans la vie d’un policier, mais qui structurent profondément la vie de ceux qui les subissent quotidiennement et de plein fouet. Elles masquent aussi le système général des violences symboliques et physiques provoquées par l’activité policière. Les rondes et la simple présence, l’occupation virile et militarisée des quartiers, les contrôles d’identité et les fouilles au corps, les chasses et les rafles, les humiliations et les insultes racistes et sexistes, les intimidations et les menaces, les coups et les blessures, les perquisitions et les passages à tabac, les techniques d’immobilisation et les brutalisations, les mutilations et les pratiques mortelles ne sont pas des dysfonctionnements ; il ne s’agit ni d’erreurs, ni de défauts de fabrication, ni de dégâts collatéraux. Tous ces éléments sont au contraire les conséquences de mécaniques instituées, de procédures légales, de méthodes et de doctrines enseignées et encadrées par des écoles et des administrations. Même les meurtres policiers sont pour une grande partie des applications d’idées et de pratiques portées par les différents niveaux de la hiérarchie policière et politique. Le mot « police » à lui seul contraint chaque fois qu’il est prononcé et par sa seule existence. Toute la police est violence jusque dans ses regards et ses silences.

Personne n’écrit de nulle part. Une enquête est déterminée par la position de l’enquêteur dans la société, par la perspective depuis laquelle il regarde et s’exprime. Lorsqu’il se présente comme « neutre » ou « extérieur » au monde qu’il étudie, il masque cette situation, les privilèges qu’il retire de l’ordre existant, les connivences qu’il peut entretenir avec lui et l’intérêt qu’il peut avoir à ne pas le changer[3]. Il faut savoir d’où parlent les enquêteurs et ce qui motive leurs recherches.

J’ai vu évoluer la domination policière dans les quartiers populaires en habitant vingt-six ans à Gennevilliers, une banlieue ouvrière de Paris classée par l’État au répertoire des « zones urbaines sensibles ». J’ai pu observer d’autres transformations dans les divers mouvements de luttes sociales auxquels j’ai participé depuis la fin des années 1990. Je suis le fils unique d’une institutrice de maternelle qui m’a élevé seule en HLM. Mes grands-parents étaient ouvriers mais je n’ai jamais manqué de ce qui nous semblait être le minimum nécessaire pour
vivre dignement. Il y avait des livres et de quoi dessiner dans notre appartement et l’enchevêtrement de toutes les misères et de toutes les solidarités en bas des bâtiments. J’ai ainsi été confronté de près aux formes les plus grossières et les plus subtiles, les plus tragiques et les plus iniques de l’exploitation économique et des inégalités socioracistes en France. J’ai vu fonctionner chaque jour les stigmatisations et les discriminations institutionnelles, les manières de trier et de gérer les habitants des quartiers selon leurs corps. J’ai ressenti les différents types d’impacts de la police et de l’argent sur les formes de vie populaires.

la suite sur etatdexeption.net

19:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/11/2012

La Domination policière - Mathieu Rigouste

La violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu’entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l’entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les « cités » actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s’agit toujours de maintenir l’ordre chez les colonisés de l’intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes « non létales » – Flash Ball, Taser... – propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition.
Rigouste montre comment l’expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l’intérieur des métropoles impériales.
Cette enquête, fondée sur l’observation des techniques et des pratiques d’encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France.

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CB d’Yldune Lévy : L’alibi de la SDAT fragilisé

 

Mercredi 7 novembre, le Nouvel Obs sous la plume d’Olivier Toscer, nous gratifiait de l’énième contre-feu de la SDAT suite à la révélation par le Canard Enchaîné d’un extrait de compte dissimulé par la Police pendant 3 and et demi et qui met à terre un PV de filature clairement falsifié.

Ces gros malins de la SDAT ont mis une semaine pour trouver une parade : Yldune n’aurait pas eu sa CB dans ses affaires lors de son arrestation. Ce dont on devrait déduire que c’est parce qu’elle l’avait prêtée.

Comme souvent, la vérité est plus simple mais aussi plus cruelle pour l’élite de la police française.

Voici donc l’explication qui permettra, n’en doutons pas, à Olivier Toscer de rectifier ses allégations policières :

Il s’agit là encore d’une marque de fabrique de la police d’élite anti-terroriste et de son grand professionnalisme ! Effectivement la CB n’est pas présente dans les scellés d’Y.LEVY lors de son arrestation dans son lit chez ses parents où elle a toujours vécue depuis sa naissance. On pourrait croire que c’est parce qu’Yildune LEVY a prêter sa carte bleue qu’elle n’est pas dans ses scellés de perquisition (D231) ou de fouille à corps (D235), ou bien parce que simplement elle était en nuisette dans sont lit à 6 heure du matin et qu’elle ne dort pas avec sa carte bleue que celle-ci ne s’y trouve pas. Mais la réalité est toujours plus simple et plus drôle grâce à notre chère police d’élite. La fouille à corps d’Yildune LEVY mérite quelques explicitations historique (D235) : on trouve dans cette dernière : « deux paquets de cigarette de la marque Philips Morris, dont un entier et le deuxième contenant 11 cigarettes, un briquet supportant la photographie d’un chat, cinq tampax,un passeport français au nom de Yildune LEVY-GUEANT, numéro 05CR14415 délivré le 09 novembre 2005 par la préfecture de police de PARIS, la somme de deux cent vingt euros (220 euros) qui se compose comme suit : un billet de 100 euros, un billet de 50 euros, cinq billets de 10 euros et un billet de 20 euros, trois paires de chaussettes, de couleur marron, bordeaux et noir, deux sous pulls à manche long de couleur marron et bleue,deux culottes de couleur noir dont une avec des motifs dp- Plaçons l’ensemble de ces objets dans la fouille de Y.LEVY. » . Cette liste insolite est bien la seule fouille à corps de l’ensemble des interpellations où figure des habits de rechange, des tampax (puisqu’Yildune LEVY avait ses règles à ce moment-ci). Il faut donc revenir à ce qui s’est vraiment passer ce matin là : Yildune LEVY se fait interpellée à 6h en train de dormir à son domicile, elle est en état de choc. A tel point que les agents de la SDAT font immédiatement venir SOS médecin.

la suite sur Soutien aux inculpés du 11 Novembre

11:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/11/2012

La prose policière ne contient de vérité qu'à condition de l'inverser terme à terme

tarnac,monde,renversé

piqué chez antimollusques

 

 

"Le secret le mieux gardé de l'affaire de Tarnac"


Par Giorgio Agamben, philosophe et Yildune Lévy, mise en examen dans l'affaire de Tarnac

C'est en février 2011 que parut la première brève sur le sujet : "Ce fut longtemps le secret le mieux gardé de l'"affaire de Tarnac" : un agent britannique, infiltré au coeur des mouvements altermondialistes et environnementalistes européens, a joué un rôle important dans cette enquête" (L'Express). La nouvelle est longtemps restée sans suite, orpheline. Les scandales ne s'importent pas comme n'importe quelle autre marchandise.

Leur naissance doit trop à la conformation morale du pays où ils éclatent. "L'affaireMark Kennedy", en Angleterre, a nourri les tabloïds et les émissions à sensation pendant des mois. Elle a conduit à la dissolution de l'unité "d'élite" des servicessecrets pour laquelle il travaillait, au déclenchement d'une kyrielle d'enquêtes sur les méthodes d'infiltration de la police anglaise, à la démission d'un procureur, au non-lieu de toutes les procédures impliquant de près ou de loin Mark Kennedy, et même à l'annulation de jugements déjà rendus.

Mais le fond du scandale était éthique : il tenait à l'incompatibilité du stupre et du lucre avec l'ethos puritain anglais. Peut-on, dans le cadre de son travail d'officierde renseignement, coucher avec des dizaines de charmantes jeunes anarchistes ? Est-il permis de dépenser plus de 2 millions d'euros, sept ans durant, pourfinancer les soirées techno, les beuveries, les vacances, les montres-espions à 7 000 euros d'un James Bond piercé et tatoué de l'anarchie, et tout ça pour un peu d'information sur les activités des écologistes radicaux, des antifascistes, des militants antiglobalisation ? La sensibilité nationale répondait sans hésitation "non" à ces questions superflues. D'où l'ampleur et la durée du scandale. En Allemagne, où l'on est, semble-t-il, d'abord soucieux des procédures et du sol national, l'affaire Mark Kennedy porta plutôt sur la légalité ou non de l'usage d'un agent étranger sur le territoire allemand.

On peut dresser de l'affaire de Tarnac plusieurs généalogies également scandaleuses, et presque également barbouzardes, mais la plus significative politiquement est celle qui part de Mark Kennedy : car c'est elle qui en dit le plus long sur les arcanes de notre temps. Mark Kennedy travaillait officiellement pour la National Public Order Intelligence Unit, un service de renseignement britannique créé en 1999 afin de combattre le retour de la contestation écologiste et antiglobalisation au Royaume-Uni.

Le déploiement massif d'agents infiltrés dans ces mouvements traduit "sur le terrain" le lancement d'une nouvelle doctrine policière qui se nomme en anglais"intelligence-led policing" et en français, sous licence d'importation déposée parAlain Bauer et Xavier Raufer, le "décèlement précoce". C'est dans les années 2000 que le Royaume-Uni s'attache, au travers de sa présidence de l'Union européenne, à la diffuser et à la faire adopter par ses partenaires européens ; ce en quoi les autorités britanniques ont réussi, comme elles s'en flattent publiquement : car, avec la doctrine, c'est un ensemble de services, de techniques et d'informations qui pourront être échangés et vendus aux partenaires en question.

Des "informations" sorties de l'imagination fertile de Mark Kennedy, par exemple. La nouvelle doctrine dit ceci : l'engagement politique, dès qu'il dépasse le cadre inoffensif de la manifestation ou de l'interpellation des "dirigeants", sort du cadre démocratique pour entrer dans le domaine criminel, dans le "préterrorisme". Ceux qui sont susceptibles de sortir de ce cadre sont repérables à l'avance. Plutôt que d'attendre qu'ils commettent un crime, comme occuper une centrale à charbon oubloquer un sommet européen ou un G8, il suffit de les arrêter dès qu'ils en forment le projet, quitte à susciter soi-même le projet.

Les techniques de surveillance humaine comme l'électronique à disposition doivent être suffisamment étendues, sophistiquées et partagées. Et comme ces techniques "préventives" ne sont elles-mêmes guère compatibles avec l'ordre réputé démocratique, il faut s'organiser en marge de celui-ci. C'est d'ailleurs en toute franchise ce que répondit le chef du BKA allemand (équivalent local de la direction centrale du renseignement intérieur, DCRI) lorsqu'une commission d'enquête parlementaire s'avisa de l'interroger sur l'affaire Kennedy : "Contre les euro-anarchistes, contre ceux qui s'organisent conspirativement et internationalement, nous devons nous organiser tout aussi conspirativement et tout aussi internationalement." "Il faut agir en partisan partout où il y a des partisans", disait Napoléon dans une formule que Carl Schmitt se plaisait tant àciter.

Il ne fait aucun doute que le début des ennuis pour les gens de Tarnac vient d'informations, fabriquées pour certaines, volontairement gonflées pour d'autres, émanant de Mark Kennedy : il fallait bien qu'il justifie son salaire, et ses employeurs, leurs crédits. Des réseaux franco-britanniques de l'ombre auront assuré leur transmission discrète à la DCRI, qui s'est trouvée ainsi piégée, elle, bien plus que ceux de Tarnac. Telle est donc la véritable signification, et le véritable skandalon, de l'affaire de Tarnac. Ce qui se cache sous l'apparence d'un fiasco judiciaire français, c'est la constitution d'une conspiration policière mondiale revendiquée dont Mark Kennedy, officiellement actif dans onze pays, de l'Europeaux Etats-Unis en passant par l'Islande, n'est à ce jour que le plus fameux pion.

Comme toujours, la prose policière ne contient de vérité qu'à condition de l'inverser terme à terme : lorsque la police dit : "Les euro-anarchistes sont en train de tisser un réseau pré-terroriste européen pour attaquer les institutions", il faut évidemment lire : "Nous, policiers, sommes en train de doubler les institutions par une vaste organisation européenne informelle afin d'attaquer les mouvements qui nous échappent." Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a déclaré à Rome que, face aux "processus de radicalisation dans de nombreux pays", il importait d'accentuer la coopération au sein d'Interpol contre les "formes de violence provenant de l'ultra-gauche, de mouvements anarchistes ou d'autonomes".

Or ce qui se passe en ce moment en Europe, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Italie, au Royaume-Uni, ce n'est pas que surgissent ex nihilo des groupes radicaux venus menacer la quiétude de la "population", mais que les peuples eux-mêmes se radicalisent devant l'évident scandale qu'est l'ordre présent des choses. Le seul tort de ceux qui, comme les gens de Tarnac, sont issus du mouvement antiglobalisation et de la lutte contre la dévastation du monde, c'est d'avoir formé un signe avant-coureur d'une prise de conscience désormais générale.

Au train où vont les choses, il se pourrait bien qu'un jour le refus de l'identification biométrique, aux frontières comme dans la vie, devienne une pratique diffuse. Ce qui constitue la plus lourde menace sur la vie des gens, ce ne sont pas de chimériques "groupes terroristes", mais l'organisation effective de la souveraineté policière à l'échelle mondiale, et ses coups tordus. L'Histoire nous rappelle que les intrigues de l'Okhrana, la police secrète russe, n'ont guère porté bonheur au régime tsariste. "Il n'est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et toutes les polices du monde, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes", notait l'écrivain Victor Serge. Il délivrait aussi ce conseil dans Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, 1926 : "Si l'accusation se base sur un faux, ne pas s'en indigner : la laisser plutôt s'enferrer avant de la réduire à néant."

Giorgio Agamben, philosophe et Yildune Lévy, mise en examen dans l'affaire de Tarnac

 

Les informations livrées par l'espion anglais, Mark Kennedy, ont contribué au déclenchement, en 2008, de l'enquête sur l'"affaire de Tarnac".

 

piqué au ta ssur LE MONDE | 14.11.2012 

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18/10/2012

Saïd Bouamama, mis en examen pour racisme anti-blanc : « pourquoi Michel peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ? »

Info DailyNord. Hasard de l’actualité (ou pas), alors que Jean-François Copé nous a gratifié il y a quelques semaines de sa sortie sur le racisme anti-blanc, ceux qu’on appelle parfois « les deux Saïd » – les Roubaisiens Saïd Bouamama, sociologue engagé, et Saïd, du groupe de hip-hop Z.E.P – viennent d’être mis en examen par le tribunal de Paris pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion ».

En août 2010, les deux Roubaisiens avaient sorti le livre « Nique la France – Devoir d’insolence » et le morceau de hip-hop « Nique la France », ce qui leur avait valu un tombereau de réactions indignées (relire nos différents articles : Nique la France, le buzz nordiste ne laisse personne indifférent ; « Nique la France » en question par Jean-Pierre Decool). A l’époque, une première plainte émanant d’un identitaire toulousain avait été classée sans suite. Cette fois, c’est l’Agrif (Alliance Générale contre le Racisme et pour le Respect de l’Identité Française et Chrétienne) qui est à la manoeuvre et qui a réussi à convaincre le parquet d’instruire l’affaire. Rendez-vous est pris à l’heure de l’apéro dans un café de Lille-Fives avec Saïd Bouamama qui, tout en sirotant une bière (pour ceux qui imagineraient d’emblée le personnage en barbu intégriste), a bien voulu répondre aux questions de DailyNord. A 54 ans, ce sociologue formant des travailleurs sociaux, très investi dans la lutte pour les sans-papiers veut continuer « à poser des questions embêtantes » y compris au sein du Front de gauche qu’il soutient.

la suite sur dailynord

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15/10/2012

La gouvernementalité sécuritaire

On parle beaucoup, depuis cet été surtout, de "sécurité" ou de politique"sécuritaire". J'aimerais proposer ici quelques réflexions à la fois historiques et politiques, en reprenant brièvement l'histoire même de ce concept.

Le terme "sécurité" n'a pas toujours eu le sens politique que nous lui connaissons aujourd'hui. A l'origine, durant toute l'Antiquité gréco-romaine, la securitas c'était surtout la tranquillité d'esprit, la sérénité, l'état d'âme de celui qui est sine curae(sans inquiétudes, sans troubles). Sénèque ainsi, dans une lettre à Lucilius, pouvait écrire : "La sécurité est le bien propre du sage" (securitas autem proprium bonum sapientis est). Le terme grec correspondant était ataraxia. La sécurité, au premier sens, est un idéal de vie philosophique. C'était pour parvenir à cette stabilité spirituelle qu'on entreprenait de devenir sage. Ce qui a pu s'appeler"sécurité" dans l'Antiquité gréco-romaine, c'était ce qu'aujourd'hui on appellerait"sérénité". Ce sens a actuellement disparu, même s'il faut noter qu'il est resté particulièrement longtemps en français. Ce qui demeure en revanche très actuel et reste fascinant aujourd'hui – dans notre monde marqué par la vitesse, la réactivité, la perméabilité aux flux d'images, d'informations, de marchandises – c'est cet idéal d'une âme reposant en elle-même, c'est cette promesse d'une tranquillité heureuse.

EXTINCTION DES DANGERS

On peut évoquer un deuxième idéal de la sécurité, moins philosophique que politico-social, et qui aura nourri un certain nombre de mouvements politiques et sociaux au Moyen Age : c'est l'idée d'une sécurité cette fois comme extinction définitive de toute source possible de dangers, comme absence totale de menaces. La croyance chrétienne "millénariste" (assez tôt condamnée comme hérétique) avait promis une période durant mille ans sur terre de sécurité définitive, de prospérité générale, de bonheur partagé, juste avant le jugement dernier et la destruction des mondes. Fin des malheurs et des souffrances, disparition de la peur et de l'inquiétude : pax et securitas, pour reprendre l'expression de saint-Paul. Les sagesses hellénistiques et romaines promettaient à tout individu une complète sécurité spirituelle en présence des dangers les plus graves – c'est l'image du sage tranquille au milieu des tempêtes. Le millénarisme chrétien promet, lui, une époque de sécurité objective : la violence, l'injustice et le mal disparaîtront un jour tout à fait de la surface de la terre. Cet idéal aura marqué des mouvements sociaux, parfois violents, dont le but était d'introduire à cette période de joie définitive et de fin des malheurs. On peut penser aux grandes croisades des pauvres, aux mouvements franciscains marqués par les prophéties de Joachim de Flore et qui se battaient pour faire advenir le dernier âge du monde en combattant une église corrompue, aux grandes révoltes égalitaires (les révoltes des prêtres pauvres, des paysans) qui rêvaient de retrouver un paradis sans classes sociales, mais encore au mythe fameux de l'"empereur des derniers jours". Tous ces mouvements ont inspiré une idée de la sécurité comme grand repos de l'histoire, sous la protection d'un empereur veillant avec douceur sur une humanité réunifiée. Peut-être cet idéal n'a-t-il pas tout à fait disparu : il hante toutes les promesses d'un "nouvel ordre mondial", tous les rêves d'un "gouvernement mondial".

UNITÉ POLITIQUE CENTRALISÉE

Le troisième sens de la sécurité nous est beaucoup plus familier : c'est l'idée d'une sécurité liée à l'affirmation de l'Etat moderne comme unité politique centralisée. La sécurité va définir tout à la fois la compétence exclusive, la finalité et la fonction de l'Etat : sa consistance en fait. On peut distinguer trois visages de cette sécurité étatique, et qui correspondent à trois dimensions fonctionnelles de l'Etat : la sécurité juridique, la sécurité policière et la sécurité militaire. Les trois grands personnages de la sécurité, pour notre culture occidentale moderne, sont en effet : le juge, le policier et le militaire. Sécurité juridique, d'abord. On sait que c'est sur la théorie d'un "contrat social" primitif que repose notre construction moderne du politique. Or ce sont ces mêmes textes – supposant, à l'origine desociétés politiques structurées par une autorité souveraine, une décision commune de vivre ensemble selon des règles, un consentement unanime à obéir à des lois – qui affirment : l'Etat, c'est la sécurité. On retrouve régulièrement en effet chez Hobbes, Locke, Pufendorf, etc., l'idée que le principe de légitimité, la finalité, la fonction principale de l'Etat, c'est la sécurité. Mais on comprend trop vite cette "sécurité" dans un sens restreint : comme s'il fallait instaurer des gouvernements civils à la seule fin de protéger la vie des individus, perpétuellement menacés de mort dans un état de nature anarchique et violent. De telle sorte que les termes de l'échange seraient finalement : l'obéissance aux lois contre la conservation des vies. Mais le premier sens de la sécurité n'est pas celui-ci. Comment l'état de nature en effet est-il précisément décrit ? Comme une condition d'égalité dans le malheur et la menace, de propriété incertaine, de liberté aussi totale qu'inutile et enfin de sociabilité négative (défiance et jalousie). Or qu'est-ce que l'Etat, tel qu'il est institué par le contrat ? C'est une instance de sécurisation de ce qu'on peut appeler ces droits naturels, puissances politiques, lois de la nature, dispositions fondamentales (liberté, égalité, propriété, solidarité), qui demeurent inconsistants dans l'état de spontanéité anarchique et sauvage. C'est-à-dire que la mission primaire de toute autorité politique, c'est de faire que les hommes soient vraiment libres, égaux, propriétaires du fruit de leur travail et solidaires.

LE MAINTIEN DE L'ORDRE AVANT LE RESPECT STRICT DU DROIT DES PERSONNES

L'Etat doit garantir la sécurité de la liberté, de l'égalité, etc. Cette sécurisation supposera deux choses : des lois publiques  exprimant un intérêt commun et applicables à tous ; une justice indépendante. Ce qu'on appellera la "gouvernementalité sécurisante", c'est celle qui fait fonctionner un Etat comme instance qui garantit la sécurité de la liberté, de l'égalité, etc. Mais il existe une deuxième détermination de la sécurité – je laisse de côté ici la troisième, qui nous entraînerait trop loin. C'est la détermination policière. La sécurité alors se comprend en un autre sens : comme conservation des biens et des personnes d'une part, et comme maintien ou sauvegarde de l'ordre public d'autre part. Cette sécurité policière suppose des réglementations, des systèmes de surveillance, etc. Elle peut fonctionner aussi (dès qu'on met en avant la survie des institutions) à l'exception (mesures d'exception, état d'urgence, état d'exception, état de siège, etc.), mais aussi au renseignement (contrôle secret des individus suspectés demenacer l'ordre public). Ces pratiques de sécurité policière peuvent assez vitemenacer les droits fondamentaux des individus (liberté de circulation, droit à l'intimité, etc.). Elles définissent cette fois une gouvernementalité sécuritaire qui fait passer le maintien de l'ordre ou la conservation des personnes avant le respect strict du droit des personnes. On pourrait dire qu'au fond, pour la première gouvernementalité, la première des sécurités, c'est la liberté, alors que pour la gouvernementalité sécuritaire, la première des libertés, c'est la sécurité. Pour ce qui regarde notre actualité immédiate, on comprend que la possibilité de déchéance de nationalité pour les Français naturalisés depuis moins de dix ans, condamnés pour meurtre d'agents dépositaires de l'autorité, relève d'une gouvernementalité sécuritaire.

La deuxième grande actualité de notre été "sécuritaire", c'est l'expulsion des Roms. Mais elle me semble ici relever d'une autre logique – même si la stigmatisation ethnique constitue, elle aussi, une atteinte à l'égalité de droit. Il s'agit d'une mesure, nous explique-t-on, de "régulation des populations", de "contrôle des flux". Il se trouve que le paradigme moderne d'une sécurité liée à l'affirmation d'un Etat souverain tend à s'effacer, depuis quelques décennies, devant une nouvelle détermination de la sécurité cette fois comme "contrôle des flux". C'est ainsi qu'on parle aujourd'hui de sécurités alimentaire, énergétique, informatique, affective, etc. L'Etat redéfinit alors son rôle. Il n'est plus celui qui maintient, garantit les droits des citoyens, ou la conservation des personnes et des biens, ou l'ordre public. Il est devenu un gestionnaire d'un certain nombre de flux déterminés : flux des peuples migrants ou itinérants, flux des criminels et des justiciables, flux des fonctionnaires et des retraités... L'Etat n'a plus le "monopole" de la sécurité, mais pas au sens seulement où il accepte de sous-traiter à des entreprises privées des opérations de surveillance  : au sens surtout où il en est un des gestionnaires principaux, spécifique mais pas unique. Les compagnies pétrolières travaillent à notre sécurité énergétique, les grands groupes agro-alimentaires à notre sécurité alimentaire. L'Etat, lui, est un gestionnaire de populations. Il assure la sécurité en posant aux populations le problème de leur régulation, de leur traçabilité et de leur sélection. Car on a beau avoir construit un espace de circulation totale, on veut séparer les bons des mauvais flux.

Frédéric Gros, professeur d'éthique et de philosophie politique, université Paris-Est Créteil

piqué au tas sur lemonde.fr - 11/10/2012

 

lire aussi http://basseintensite.internetdown.org/IMG/pdf/incendimil...

 

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