Avertir le modérateur

12/10/2012

Appel des Libertaires contre l’islamophobie

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme. 

Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que l’islamophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d’expression sont régulièrement invoqué pour le justifier. Le fait qu’en février, à peine passé à gauche, le Sénat ait voté une loi d’interdiction de certains emplois aux femmes voilées ne fait que confirmer nos craintes. Il en est de même quant aux comportements et discours néo-coloniaux et racistes du Parti de Gauche et des organisateurs du fameux débat sur « comment faire face au Front national » (sic) à la Fête de l’Humanité (1).

Les conséquences de l’islamophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes (par ex : les 4 animateurs de Gennevilliers suspendus car faisant le ramadan), sans parler des insultes et agressions diverses. Ces attaques racistes risquent fort de croître, et nous devons nous préparer à les combattre sans aucune ambiguïté.

En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement islamophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

 

la suite sur l'Alsace Libertaire

11:05 | Lien permanent | Commentaires (1) |

19/09/2012

JUJITSU-POLITIQUE : LE CONTRE-STORYTELLING - article 11

Elle a beau avoir pour elle la puissance de feu, la machine médiatique a ses points faibles, ses défauts. Avec un peu de persévérance et une bonne dose d’imagination, il est même possible de la faire dérailler. Des collectifs – les Yes Men, Luther Blisset, etc. – s’y sont joyeusement employés, au carrefour du militantisme et de l’art. Retour sur quelques cas d’école de hacking des médias.

à lire sur article 11

Extrait :

UN STORYTELLING À CONTRE-COURANT

Les journalistes savent à quel point leur audience aime les histoires, surtout si elles sont bien enrobées et si elles valident un point de vue auquel on est acquis d’avance. Plusieurs groupes d’activistes savent autre chose : les journalistes aussi aiment les histoires, et surtout y croire.

Deux d’entre-eux se sont fait largement remarquer : RTMark2 (devenus Yes Men) et Luther Blisset. Leur mode opératoire ? Renverser l’objectif du storytelling en racontant des histoires aux « narrateurs » professionnels. Ils critiquent en acte le système médiatique se nourrissant de récits fabulés, et font jouer à plein les effets mythifiant des histoires. Ils s’approprient et détournent ce qu’on a appelé la « grammaire culturelle, qui désigne la totalité des codes esthétiques et comportementaux qui préside au bon déroulement de la vie en société, ainsi que les nombreux rituels que celle-ci impose à tous les échelons »3. En maîtrisant ces codes, ils parviennent à insérer leurs « coups » et canulars dans le flux médiatique.

RTMark, qui se présente comme une entreprise en lutte contre les abus des entreprises4, a axé sa démarche sur la correction d’identité, c’est-à-dire le fait d’amener une personne physique ou morale à dire ce qu’elle pense vraiment. Le collectif s’appuie sur une grande connaissance de la « communication » : création d’infos-hameçons pour journalistes, réalisation soignée de communiqués de presse, imitation crédible des apparences de la cible.

JPEG - 23.8 ko

13:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/09/2012

"La domination policière. Une violence industrielle" - Mathieu Rigouste

 

Mathieu Rigouste présentera "La domination policière. Une violence industrielle" le mercredi 5 décembre à 19h30 au Lieu-dit (6, rue Sorbier, 75020 Paris - métro Ménilmontant ou Gambetta).

Mathieu Rigouste enquête sur la violence policière, en l'ayant observée au jour le jour pendant ses années passées à Gennevilliers et jusqu'aujourd'hui au cœur des luttes sociales. Ici l'expérience personnelle nourrit la réflexion et l'écriture, dans un creuset d'analyses collectives.

Pour écrire ce livre, l'auteur a consulté les écrits et les blogs de policiers, les revues policières, les enquêtes des sociologues sur la police, il a recueilli des mémoires populaires et des récits de vie ; il a mené des entretiens ; il a recensé les émeutes, les blessés et les morts, les actions en justice qui ont jalonné la violence policière depuis les dernières années du 20e siècle ; il a comparé la situation française avec ce qui se passe à l'étranger, en particulier aux USA.

La thèse du livre est claire : la violence policière n'est pas faite d'accidents, de « bavures ».

La violence policière est structurelle : pas de police sans violence.

Cet ouvrage nous offre un éclairage nouveau et documenté sur un mécanisme essentiel du pouvoir d'État en France.

Format : 13x20
Nombre de pages : 208
ISBN : 9782358720458

Lien : http://www.demosphere.eu/node/31622
Source : http://www.lafabrique.fr/

« L’idéologie d’Alain Bauer reste implantée au sommet de l’État »

Introduite sous Sarkozy sur l’impulsion de son conseiller sécurité Alain Bauer, la criminologie vient d’être rejetée du Conseil national des universités. Chercheur en sciences sociales, fervent opposant à cette discipline, Mathieu Rigouste réagit à cette décision.

La décision de promouvoir la criminologie comme une discipline scientifique autonome n’a pas survécu à l’arrivée de la gauche au pouvoir. Chercheur en sciences sociales à l’université de Paris-VIII-Saint-Denis, Mathieu Rigouste, a consacré un livre à Alain Bauer, grand pape de la criminologie.

Réagissant à la décision ministérielle de supprimer la section criminologie du Conseil national des universités (CNU), Mathieu Rigouste livre son point de vue personnel sur l’idéologie sécuritaire qui sous-tend selon lui, la promotion de cette discipline.

Pourquoi selon-vous Alain Bauer tenait-il autant à ce que la criminologie devienne une discipline universitaire autonome ?

L’université est à la fois une formidable plateforme de légitimation pour une bande d’idéologues sécuritaires, c’est une pouponnière de réseaux d’influence et une vitrine commerciale pour faire valoir la reconnaissance de « menaces » rentables pour les marchés de la sécurisation. Même s’il est possible d’y acquérir des connaissances critiques et si toutes sortes de compétences et de résistances s’y croisent et s’y fabriquent, c’est aussi une vaste machine à domestiquer les mentalités. La direction du Conseil national des universités est donc un champ de luttes pour les fractions des classes dominantes. L’institutionnalisation de la criminologie au sein du CNU découlait d’une offensive des fractions sarkozystes pour restructurer la légitimation universitaire. Sa destitution marque la reprise en main du secteur par d’autres fractions (de gauche). Section de criminologie au CNU ou pas, les « études de défense et de sécurité » continuent à fonctionner dans l’université selon les mêmes soubassements idéologiques : former des « cadres de la nation » à la « pensée de défense et de sécurité », c’est-à-dire faire passer les intérêts de l’État et des grandes entreprises pour ceux de « la population » et tenter ainsi de légitimer l’expansion sécuritaire et la collaboration d’une partie des classes populaires à l’asservissement général.

Pourquoi vous opposez-vous à l’élévation de la criminologie en tant que science autonome ?

Je ne m’y oppose pas en particulier, j’essaie de fournir des outils analytiques à celles et ceux qui luttent contre cette société de misères et d’inégalités. Que ce soit une science, qu’elle soit autonome ou pas, ne change d’ailleurs pas grand chose aux intérêts que sert cette « criminologie » dont Bauer et ses collègues se font les promoteurs. L’université est une institution chargée par l’État et les classes dominantes de reproduire les rapports sociaux de domination (de classe, de race et de sexe). Si elle permettait en quoi que ce soit de changer les structures de cette société, « ça ferait longtemps que ce serait interdit » comme disait l’autre. Avec ou sans Bauer, ses amis et leur criminologie, l’université n’est pas faite pour nous permettre de nous émanciper collectivement. Je n’ai étudié Alain Bauer et sa « criminologie » que parce qu’ils sont caractéristiques d’un mouvement de fond. La destitution de cette « criminologie » du CNU ne changera rien au fait que l’université – sa forme de production et de répartition du savoir – participe fortement à la reproduction d’une société pyramidale.

Comment définiriez-vous la « bande à Bauer » que vous décriviez dans votre livre ?

C’est une association d’intérêts entre des marchands et des ingénieurs en idéologie sécuritaire, au service des profiteurs de la peur, comme il en existe d’autres. Une sorte de secte idéologique qui a réussi à se faire confier certaines manettes de la restructuration en cours en cernant bien les intérêts des industries sécuritaires et des « bénéficiaires secondaires du crime » comme écrivait Karl Marx, et en étant particulièrement docile et malléable.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, Alain Bauer et ses proches ont-ils perdu leur influence au sommet de l’État ?

De toute évidence, les idées dont ils sont les marchands restent installées à la tête de l’État et de la restructuration impérialiste. Alain Bauer et sa bande ne sont que des incarnations d’intérêts, les vecteurs humains d’un processus général qui se moque totalement d’eux. N’en faisons pas les responsables d’une « dérive » pour dédouaner le système en place comme les fractions de gauche des classes dominantes ont commencé à le faire. Bauer et sa bande ont été assez habiles et volontaristes pour être chargés de mener les réformes mais ils sont complètement interchangeables. Les grandes écoles fabriquent des centaines de marionnettes de ce type chaque année, aptes à légitimer les logiques d’accumulation du profit et de la puissance qui se perpétuent à la tête de l’État impérialiste à travers l’alternance des fractions de gauche et de droite.

À Amiens, dans les destructions de campements de Roms et les expulsions, dans les camps pour étrangers illégaux et dans le système de leur déportation, dans les visites officielles du nouveau chef de l’État à des dictateurs affamés de sécurisation à la française, dans les plans d’intervention inter-impérialiste en Syrie… la technique idéologique dont Alain Bauer est le nom continue d’alimenter la reproduction et l’extension du capitalisme sécuritaire.

Malgré sa proximité avec Manuel Valls, Alain Bauer a démissionné de la plupart des présidences officielles (l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique et la Commission de contrôle des fichiers de police) qui lui avait été attribuées. Comment l’expliquez-vous ?

La conjugaison de ses responsabilités à la tête des appareils idéologiques d’État et de ses activités d’entrepreneur sur le marché de la sécurité a commencé à le mettre en difficulté dès lors qu’elle a été rendue publique. On peut penser sans trop prendre de risque, qu’il continue et continuera plus discrètement à fournir l’État et à marchander ses services avec les gouvernements et les entreprises les plus offrants.

Mathieu Rigouste est l’auteur de La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire aux éditions Libertalia en 2011 et de L’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine aux éditions La Découverte en 2009.

Leur presse (David Doucet, LesInrocks.com, 1er septembre 2012)

Article source: http://juralib.noblogs.org/2012/09/13/a-paraitre-la-domin...

 

16:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/08/2012

Militer face aux Nouveaux chiens de garde : entretien avec le réalisateur Gilles Balbastre

Extrait :

Donc on nous a transformé de citoyens, même si j’aime pas ce mot, éclairé à consommateurs, y compris malins, qui allons picorer du Plan B, un peu d’internet, qui surfons, faisons un peu de Politis, du Monde diplo, du Canard, de l’Huma, et qui laissons aux beaufs, au peuple, TF1 et la merde... C’est la même population qui parfois va, bien sûr, aller chercher ses carottes râpées biologiques sans ONG, qui va savoir se situer, qui a de plus en plus une posture « bobo-iste » en terme politique, pour le droit au mariage des homosexuels, pour les carottes bio, et quand je dis cela, je suis pour le droit au mariage des homosexuels bien entendu, mais qui, au fond, essaye d’aménager son pré carré, qui n’a plus d’idées économiques, de construction politique, de haine contre l’aliénation, qui a souvent un genre de racisme envers le peuple, de plus en plus fort, car ils sont cons, ils sont beaufs, ils votent FN, contre le mariage homosexuel, bouffent pas des carottes bio et consomment TF1. On mesure là ce côté très consumériste, en quoi nous nous sommes transformés. Dans les salles, souvent les gens me posent des questions comme si je devais donner des A +, comme si j’étais une agence de notation : « et Mermet, il est bien ? Schneidermann il est bien ? Dites nous quels médias on peut ». La question était pas celle-là. La question est, au fond : quel renversement politique, quelle question politique il faut remettre dans les médias ? Comme les résistants en 1944 se sont saisis de l’information, au regard de ce qu’elle avait été dans l’entre deux-guerre (corrompue) et pendant la guerre (collabo) – il ne faut pas oublier que la profession de journaliste fut une des plus épurées après-guerre, ¾ des cartes déchirées, un grand nombre embastillé, voire fusillé ou banni... Le Conseil National de la Résistance pensait même, peut-être pas mettre l’information en dehors de la marchandisation, mais en faire un bien de service public, comme l’éducation et la santé. Donc, les débats ont soulevé cette problématique. Même les gens engagés refusent la mal-information comme la mal-bouffe ou le mal-logement mais n’ont pas peut-être pris assez conscience de cette posture dans laquelle ils sont. L’information est une vraie question politique, comme toutes les autres, même les carottes bio. Les carottes bio, il ne suffit pas de savoir où en acheter, d’aller bouffer AMMAP, mais de poser la question des champs pollués/ONG, etc qui bientôt feront qu’on ne pourra plus bouffer de carottes bio. De même, il y aura tellement peu d’infos bios ou alternatives, les autres auront tellement décerveler les cerveaux, qu’il n’y aura plus d’information alternative. La question n’est pas de savoir où est cette information alternative, même si, bien sûr, on a pas le choix, il faut y aller actuellement. Mais c’est nécessaire, pas suffisant. C’est vraiment un point à soulever.

la suite sur autrefutur

07:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/08/2012

Stephen Graham, Villes sous contrôle. La militarisation de l'espace urbain

Stephen GrahamVilles sous contrôle. La militarisation de l'espace urbain

Paris, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2012.

Extrait:

Le projet est extrêmement stimulant mais malheureusement, la version française ne promet d’en avoir un aperçu que tronqué, déformant le propos de l’auteur, sans que les coupes effectuées ne soient aucunement commentées ni justifiées : c’est là une pratique indigne d’un éditeur ordinairement sérieux comme La Découverte. Le titre est déjà en soi une trahison, qui met l’accent sur le contrôle plus que sur l’idée d’état de siège. L’édition française nous prive hélas de deux des trois chapitres théoriques du livre de Graham. La présentation, en sept caractéristiques, du nouvel urbanisme militaire, avec la sociologie de ses servants, ses outils technologiques, sa doctrine et ses effets en termes de reconfiguration des espaces de la violence, est coupée de ce qui lui donne son sens : une mise en perspective historique de la place des espaces urbains dans les guerres et les théories de la guerre, ainsi qu’une analyse des idéologies occidentales (surtout aux Etats-Unis et au Royaume Uni) qui conduisent à cette nouvelle perception de la ville comme enjeu de la guerre. Suivent quatre études de cas qui offrent un aperçu des nouvelles approches militaires et de leur déploiement. « Rêves de guerres robotiques » insiste sur les nouvelles technologies numériques et opérant à distance, tandis que « Un archipel de parcs d’attraction » illustre les tentatives de modélisation de l’ennemi et de son espace urbain par les stratèges militaires. Graham souligne ici les affinités tant formelles qu’idéologiques de cet empire de la guerre à distance avec le monde des jeux vidéo et la culture visuelle dominante. Le chapitre suivant, « Leçons d’urbicide », montre le rôle séminal des stratégies israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés et leur réappropriation par les forces armées américaines. Le dernier chapitre « Eteindre la ville » est principalement une analyse de la place nouvelle des infrastructures à protéger ou à cibler en tant que levier d’action majeur sur la vulnérabilité urbaine. Trois autres études de cas ont été sacrifiées, notamment le dernier de l’ouvrage original, consacré aux mouvements d’opposition à ce nouvel urbanisme militaire2.

piqué au tas sur http://lectures.revues.org 

16:45 | Lien permanent | Commentaires (1) |

De la faible vue de Richard Millet sur la peau des Français - juin 2011

Par Nicole Caligaris, romancière

Extrait :

Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l'occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu'a adopté le français actuel, "racisme" désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d'un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l'esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l'illusion d'une intégration qu'ils voient comme l'entrée au chausse-pied dans le moule d'une culture aux formes fixes, quand la vitalité d'une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas deproduire.

Premièrement, le mouvement est irréversible : il se trouve que nous ne pouvons pas choisir de croupir, comme les ânes l'appellent de leurs effrois, entre les bornes des clochers mentaux de l'enfance de ceux qui ont passé la cinquantaine. Il se trouve que nous ne pouvons pas, raisonnablement, prétendre nousrenfermer. L'idée de protéger la culture française d'une éventuelle invasion, non seulement est stupidement xénophobe mais elle est stupide tout court car impossible. La naïveté est dans cette illusion protectionniste, non pas dans la pensée de l'ouverture, plus réaliste, mais escamotée sous le nom si parfaitement français d'"angélisme". Ce qui doit nous préoccuper, ce n'est pas la protection, c'est la transmission, relation complexe qui ne se conçoit pas sans l'attention, la curiosité et l'adoption mutuelles.

Deuxièmement, il ne peut se concevoir d'intégration à sens unique : la société d'accueil change, de toute évidence, en intégrant ses membres venus d'ailleurs, c'est bien là l'intérêt, la richesse, le dynamisme d'une culture, et c'est précisément ce qu'il nous faut penser avec intelligence, notre changement. C'est cette pensée qui permettra de trouver comment les français, et les nouveaux, et les anciens, peuvent tenir ensemble, respectueux car respectés, car établis, non seulement sur les banquettes des RER mais aussi aux places où la société que nous composons ensemble accorde aux gens du pouvoir, respectés car égaux en droits et en devoirs mais aussi en positions et en espoirs.

piqué au tas sur lemonde.fr - 29/06/2011

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/08/2012

Introduction à la guerre civile

statis,violence urbaine,guerre civile,perception

Ce n’est pas une société qui est en crise, c’est  une civilisation qui est à son terme, et peut-être même au-delà. La façon dont tout devient si problématique, dans cette époque, dit seulement à quel point les évidences qui la soutenaient se sont volatilisées.  La politique fut une de ces évidences, une invention grecque qui se condensait en une équation : tenir une position, c’est prendre parti, et prendre parti, c’est déclencher la guerre civile. Guerre civile, position, parti, c’était un seul mot en grec, stasis. Et la politique, c’était l’art de conjurer la stasis. 

En fouillant les décombres de la civilisation, nous avons découvert ceci : la guerre civile n’est pas ce qui menace, ce qui se déclenche, ce dont on entend au loin approcher la rumeur. La guerre civile est ce qui est là, sous nos yeux, de toute éternité. Il n’y a pas l’ordre et le désordre. Il y a depuis toujours une pluralité d’ordres, en lutte plus ou moins réglée. Mais ce qu’il y a surtout, c’est un écran de concepts morts-nés dressés à la seule fin de masquer cette lutte . Nous leur réglons ici leur compte.

Introduction à la guerre civile,  comprenez : introduction à un autre régime de la perception, à une autre profondeur de la réalité.

http://www.bloom0101.org/igc.pdf

 

11:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/07/2012

Extrême droite : "Comprendre l’Empire", le cas Alain Soral.

Alain Soral s’est fait connaître du grand public dans les années 90 en faisant le pitre dans diverses émissions de variété et en publiant plusieurs livres, dont la « Sociologie du dragueur » en 1996, où l’auteur nous explique ses meilleures techniques de drague, suivi de « Vers la féminisation » en 1999, brûlot antiféministe. Il sera d’ailleurs invité dans les émissions les plus abrutissantes, en se présentant comme sociologue, dans « C’est mon choix » notamment (« Pour ou contre le machisme d’Alain Soral ? »), où il défend avec verve ses thèses obscurantistes contre l’égalité homme-femme, en les enrobant d’un vernis marxiste, sur lequel nous allons revenir.

Politiquement, il milite quelque temps au PCF au début des années 90, mais signe un appel, « Vers un front national », en 1993, qui réclame l’instauration d’une « politique autoritaire de redressement du pays » et la constitution d’un « front » regroupant pêle-mêle « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultra-nationalistes », et qui conclut en appelant à la « grandeur des Nations » contre « le sionisme international, la bourse de Francfort, et les nains de Tokyo ». Il vire donc progressivement à l’extrême-droite et se rapproche des thèses nationalistes, souverainistes, autoritaires, avec comme fer de lance l’antisémitisme, qui constitue le centre névralgique de la pensée torturée d’Alain Soral et de ses admirateurs.

 

Il rejoint donc naturellement le Front National en 2005, après avoir voté Le Pen en 2002 mais le quitte, n’ayant pas réussi à obtenir une place de tête de liste dans le parti mais également pour des divergences idéologiques (sur lesquelles nous allons revenir), et participe ensuite à une « Liste antisionniste » en 2009 pour les élections en Île-de-France avec son désormais ami Dieudonné (qu’Alain Soral a lui-même pourtant critiqué vertement dans son ouvrage « Abécédaire de la bêtise ambiante », mais lors d’une rencontre, ils se réconcilient, et seront désormais unis sous la banière de l’antisémitisme, sous couvert d’antisionisme). Il fonde également un groupuscule centré autour de sa personne, où il se fait appeler « Président », « Egalité et réconciliation », principalement actif sur internet, avec la publication régulière de vidéos de monologues de leur chef sur Youtube.

 

Ce personnage a publié l’année dernière un ouvrage retraçant les grandes lignes de sa pensée, intitulé modestement « Comprendre l’Empire », et constitue probablement l’ouvrage d’extrême-droite récent le plus lu en France et dont il mérite de s’attarder dans ce contexte de fascisation des esprits, marqué par le score historique du FN.

 

L’ouvrage débute par une présentation historique de la révolution française, où l’auteur pourfend « ceux qui croient encore à l’absolutisme royal » en nous décrivant la royauté comme généreuse, désintéressée, avec un peuple français plutôt victime de la Révolution et une paysannerie qui ne demandait rien à personne. Nous avons déjà un terreau fasciste, monarchiste, nostalgique de l’Ancien Régime dès les premières pages, avec un appel pour le peuple à la soumission devant la dictature et l’obéissance à la classe dirigeante, appuyée par une ridicule glorification de l’Eglise, qui aurait « atténué la violence consubstantielle au pouvoir », là où elle a au contraire maintenu pendant des siècles le Tiers-Etat dans l’ignorance et l’obscurantisme, en tant que fidèle alliée de la Monarchie.

 

Retour du complot judéo-maçonnique

 

Soral enchaîne sur son dada : les réseaux et la réactivation des théories conspirationnistes, le fameux complot judéo-maçonnique et mondialiste. Il dénonce ainsi « le pouvoir occulte de la franc-maçonnerie régnant en douce sur la démocratie française », ou « Le Siècle », réseau de bourgeois et du monde du show-biz, qui contrôlerait « la marche du pays ». Ainsi pour l’extrême-droite complotiste, tout pouvoir est forcément caché, et jamais là où il est vraiment, c’est-à-dire dans les mains des patrons et des politiciens. Ainsi selon Soral, les décisions politiques centrales ne se prennent jamais au sein du gouvernement ou à l’assemblée, mais dans d’obscures loges maçonniques, ou lors de dîners du Siècle, qui s’il est vrai sont critiquables, en tant que moyen pour les membres de la bourgeoisie de resserrer leurs liens, ne saurait constituer, en aucun cas, un lieu de décision politique central.

 

Cela nous amène logiquement au cheval de bataille de Soral et ce qui probablement le tient plus à cœur dans sa pensée : les Juifs. Le livre suinte la haine, dégoulinante, contre les Juifs tout au long des pages, et reprend cette idée de contrôle occulte de toutes les décisions par le lobby juif (« la caste maudite »), qui serait omniprésent, et qu’il s’agit de purger de France. Ainsi, le président de la République française irait « prendre ses ordres » au CRIF tous les ans, et, dans un élan antisémite, Soral n’hésite pas à comparer les Juifs, « l’aristocratie nomade », à « un asticot dans son fromage ». Ainsi au fil des pages, on comprend finalement que l’Empire, c’est en fait les juifs, qui seraient aux manettes des banques, ou de « la Banque » comme l’appelle Soral, et représente « les desseins maléfiques de l’oligarchie mondialiste ».

 

Alain Soral s’est plusieurs fois fait condamné par la justice française pour incitation à la haine raciale à la suite de propos antisémites, et de fait, dans ses interventions et ses écrits, il essaie au maximum de maintenir le flou sur sa pensée concernant les Juifs (et non les sionistes) et parle souvent de « la communauté qu’il ne peut pas nommer ». Mais l’antisémitisme constitue néanmoins la clé de voûte de l’ouvrage.

 

Concernant les classes sociales, là encore on aurait pu espérer des restes de la période de militantisme au PCF, et bien c’est peine perdue encore une fois. Ainsi, la lutte des classes est totalement occultée au nom des réseaux, où les syndicalistes et les patrons se retrouveraient et pactiseraient en douce. Ainsi, celui qui se prétend marxiste défend en réalité les intérêts des petits bourgeois, les « petits entrepreneurs » et appelle à la constitution d’une classe moyenne large, patriote, réconciliée sous le dogme de la Nation. Toute référence à un prolétariat ou à une bourgeoisie en opposition d’intérêts est désespérément absent et une meilleure distribution des richesses entre riches et pauvres semble une tâche beaucoup moins urgente que celle de démasquer le lobby juif. Comble du ridicule, il certifie même que Bakounine lui-même aurait appelé à l’élaboration d’une société de petits patrons et de petits propriétaires (p. 130) ! Le malheureux doit s’en retourner dans sa tombe.

 

Soral en chien de garde du système

 

Soral prône donc la collaboration de classe entre le petit patron et son employé, ne parle jamais de grève ou de socialisation des moyens de production, démontrant encore sa vraie nature, de chien de garde du patronat et de l’ordre établi, ayant comme objectif stratégique unique de faire dévier la colère juste du peuple contre sa classe politique gouvernante et patronale pour la déchaîner contre les minorités juives.

 

La « haine du juif » le pousse à s’acoquiner avec le musulman (ce qui constitue une grande différence avec l’extrême-droite plus traditionnelle, du Bloc Identitaire, qui est, elle radicalement islamophobe), pour peu que ce dernier soit suffisamment intégriste et antisémite, ce qu’il appelle un « islam de résistance ». Ainsi, toute l’énergie d’Alain Soral et de sa troupe est consacrée à faire voter FN les musulmans (bien que n’étant plus au FN il soutient officiellement Marinne Le Pen), Alain Soral ayant d’ailleurs quitté le FN de par le fait que ce dernier refusait cette ligne stratégique, défendue par Soral, qui consiste à aviver la flamme patriotique chez les musulmans de France (pas tous, pour les « islamoracailles », Soral préconise la déchéance de la nationalité française et l’expulsion vers le Kosovo ou la Tchétchénie) pour les ranger dans le giron nationaliste, en faisant abandonner la tradition islamophobe propre à ce parti.

 

L’ouvrage continue logiquement par une critique féroce des partis d’extrême-gauche et des libertaires, « les idiots utiles », et de l’internationalisme ouvrier. Il est difficile pour l’extrême-droite de révéler le fond de sa pensée de manière directe, on assiste donc à une sorte de diatribe prétendument marxiste, selon laquelle les travailleurs sans-papiers devraient être expulsés, ne servant que les intérêts du Medef (Medef dont on ne parle que dans ce contexte et qu’on délaisse ensuite pour recentrer sur les Juifs, la Banque, l’Empire) et faisant baisser le salaire des nationaux. Mais, quand ces derniers, les « clandestins », s’organisent, luttent, et partent en grève contre leurs patrons du Medef, le FN et ses soutiens restent étonnamment silencieux. De plus, régulariser les sans-papiers permet qu’ils soient payés au smic et non des sommes dérisoires au noir. Bref, « dehors les immigrés ! » est bel et bien le message crasseux d’Alain Soral et de ses amis frontistes une fois retirée la poudre aux yeux marxiste, qui restent donc aujourd’hui comme demain, les ennemis des sans-papiers.

 

Celui qui passe à « C’est mon choix » conclut son livre par une critique invraisemblable de la spectacularisation des médias. Pour le reste, du grand n’importe quoi, et on ne peut être qu’impressionné par le caractère totalement aberrant de certaines assertions avancées par l’auteur. Ainsi, par exemple la révolution bolchevique de 1917 aurait été financée en sous-main directement par New York ( !) ou encore, résolument anti-écologiste, il n’hésite pas à nier tout simplement le réchauffement climatique, qu’il qualifie d’« arnaque ». Le fait que ce livre fasse autorité au sein de l’extrême-droite et que son auteur soit considéré comme un penseur de premier plan par ses fans dénote du caractère profondément anti-intellectuel de ce milieu et de sa haine de la réflexion et du savoir.

 

Nous serons sauvés par l’Iran

 

Il appelle au soutien inconditionnel des pires dictatures pour lutter contre « l’impérialisme américain », avec en tête de file, par solidarité antisémite, la très glorieuse République islamique d’Iran, où il semble bon vivre. De la même manière, toutes les dictatures du Proche-Orient sont appréciées par Soral, et c’est avec une larme à l’œil qu’il les observe se faire renverser par les masses luttant pour la démocratie, ou décrit ces masses, dans un délire complotiste, en réalité pilotées par la CIA (elle-même contrôlée probablement par une loge maçonnique ; loge peut-être elle-même contrôlée par des banquiers juifs !).

 

Bref, « Comprendre l’Empire » est un essai tout à fait représentatif des principales caractéristiques de l’extrême-droite : l’incohérence, la contradiction, la provocation, la haine (des termes immondes tout au long de l’ouvrage, comme « gauche métisseuse »), la vulgarité et le double-langage, une incapacité à dire les choses en face, en utilisant par exemple des citations d’homme de gauche pour défendre des thèses fascistes au grand jour. Les militants d’Égalité et Réconciliation ne sont donc pas différents des militants d’extrême-droite plus classiques, à savoir des ennemis de la classe ouvrière et un cancer pour la fraternisation entre les peuples, qu’il s’agit de stopper avant la contamination à l’ensemble de l’organisme.

 

François (AL Brest)

Publié le 5 juillet 2012 par Commission Journal (mensuel)

 

07:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

11/07/2012

+96 % de plaintes contre les bavures policières

Par Nolwenn Weiler

Menottage systématique, insultes, brutalités entraînant parfois la mort... Le rapport 2011 du Défenseur des droits, Dominique Baudis, a été remis le 25 juin à François Hollande [1]. Il fait état de violences policières persistantes en 2011. Alors que le nombre global de dossiers reçus dans les quatre domaines d’activité du Défenseur [2] a baissé de plus de 3 %, les plaintes concernant la déontologie de la sécurité ont explosé : + 96 % ! Cette augmentation s’explique en grand partie par le fait que depuis le 1er mai 2011, tout citoyen, victime ou témoin d’un manquement à la déontologie commis par les forces de sécurité, peut saisir le Défenseur des droits.

« Ce chiffre, au regard des dossiers traités, ne signifie pas, pour autant, un accroissement des manquements commis par les forces de sécurité », avance le rapport. Il signifie quand même que les bavures de la police nationale ne sont pas en train de diminuer… Quand les réclamations concernant la police municipale représentent 3,8 % des plaintes. Ces violences, souvent impunies, font le lit de tensions et d’incompréhensions croissantes entre la population française et la police, censée protéger les citoyens.

 

la suite sur Bastamag.net

07:37 | Lien permanent | Commentaires (2) |

02/07/2012

LA GAUCHE, LE COMMUNAUTARISME ET LE DIFFÉRENTIALISME

Par Stéphane François

La question des rapports entre la gauche et le communautarisme n’est pas une affaire récente, comme beaucoup de personnes le croit aujourd’hui. Bien au contraire. Nous distinguerons dans ce texte deux grands moments : la fin du XIXe siècle et les années post Mai 68. Ce type de discours est en fait symptomatique des thèses développées par une frange de la gauche, voire de la gauche de la gauche, qui souhaite copier les évolutions idéologiques théorisées par la Nouvelle Gauche américaine. Cette dernière en effet incarnait l’aile la plus radicale du progressisme américain. Toutefois, aux cours des années, le progressisme fut abandonné au profit d’un éloge du communautarisme et de la différence, voire d’une condamnation de l’idéologie du « Même », entrant ainsi en résonance avec une droite radicale européenne.

à lire sur FTP

11:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu