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17/06/2012

Pour une anthropologie de « l’entre pauvres » ou « POOR TO POOR » apparenté au « PEER TO PEER » (entre experts)

Par Alain Tarrius

L’entraide « horizontale » pour l’expertise entre consommateurs ou la collaboration gratuite pour des travaux d’auto construction, la libre organisation de courses à pied ou de natation, et toute sorte d’activités productives, commerciales ou de loisirs librement consenties et partagées, se sont particulièrement développées dans les pays anglophones sous la dénomination de « PEER to PEER », « l’entre pairs », « l’entre experts » : chacun, qui a une expérience de l’activité concernée devient l’expert des nouveaux venus dans des associations informelles de pairs et le fait souvent connaître à une multitude de partenaires par des forums internet : par exemple, pour l’auto-construction, des procédures libérées des normes et conditions des fournisseurs, sont suggérées et aboutissent à des assemblages, des savoir-faire, originaux1. Le choix d’appareils électroniques est soumis aux avis motivés d’usagers, au cours de ces mêmes « forums », et il en va de même pour la santé, pour l’auto-organisation de voyages, le choix d’appareils ménagers, photographiques, etc.

Le « POOR to POOR», « l’entre pauvres », traduit une aspiration à l’entraide entre pauvres afin d’obtenir des produits peu accessibles dans les conditions usuelles de distribution commerciale officielle et hiérarchisée : le « marché entre pauvres » suppose une organisation spécifique des échanges, constat étant fait que « the poor gets poorer, the rich gets richer », la résolution des problèmes posés par la mise à disposition de biens en évidence sur le marché international, -tels les appareils photographiques numériques, les caméras, les mp3, les micro-ordinateurs et leurs compléments, clefs USB, imprimantes, scanners, etc-, passe par la reconnaissance d’un vaste marché des pauvres et l’organisation de circuits originaux coupant court aux divers contingentements et taxes, locaux comme internationaux, les plus-values liées aux aménagements de stockage et de vente, aux salaires de commerciaux, de divers experts patentés…bref de nombreux réseaux hiérarchisés et couteux qui n’ont souvent pour fonction que répéter les quelques lignes descriptives du produit, figurant sur les publicités usuelles. Autant d’informations dont peuvent s’emparer les clients du poor to poor / peer to peer.

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08:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/05/2012

Le socialisme moins la gauche. Anticapitalisme,antisémitisme,national-populisme

Résumé
Issu de l'affaire Dreyfus, le socialisme du 20e siècle est traditionnellement associé à la gauche. Assez différent était le socialisme auparavant. À la fin du 19e siècle, le socialisme se présente comme un large courant de mécontentement anticapitaliste. Il inclut alors une composante socialiste nationale et se révèle quelquefois perméable à une réaction laïcisée et républicanisée qui a tout d'un national-populisme.

Extrait :

« II convient tout d'abord de revenir aux sources de ce nationalisme fin de siècle : le " parti national " des boulangistes de gauche, les idées hardies dont il s'inspira, ses liens avec le socialisme /.../ Plutôt que conservateur, je qualifierai ce nationalisme de nostalgique, qualificatif qui a l'avantage d'éclairer aussi ses origines. Car la nostalgie marquait autant
le socialisme fin de siècle que les mouvements réactionnaires »4.

Une nostalgie doublée d'un penchant pour le panache. Les socialistes du 19e siècle se regardent comme une minorité éclairée, une avant-garde audacieuse, voire une aristocratie morale prompte à secourir la veuve et l'orphelin. Pataud préfère Dumas à Marx et maints socialistes, de Morphy à Zévaco, signent des romans de cape et d'épée. En 1879, au congrès ouvrier de Châtellerault, Guesde s'applique à vulgariser le marxisme... « Clovis Hugues vint à son tour faire une conférence devant le même auditoire. Il glorifia la Révolution, excusa la Commune, récita un poème ». Résultat : le marxisme s'était complètement évaporé5. Séverine (la compagne de Vallès) se revendique « socialiste d'instinct et de tempérament » 6.
Beaucoup sont de genuine socialists7 et souscrivent à un « socia lisme instinctif », qui se conçoit comme « une formule énergique de mécontentement et de révolte ». D'ailleurs, la Commune :

« Se montre hésitante et timide en matière de propriété, ce qui lui donne un caractère petit-bourgeois plutôt que prolétarien /.../ Ces hommes représentaient un capharnaiim d'idées et de doctrines : jacobins fossiles, revenants de 1848, blanquistes conspirateurs éternels /.../ proudhoniens qui rêvaient de voir l'administration centralisée de l'État dissoute en communes indépendantes ; marxistes, en très petit nombre » '.


Citer ce document / Cite this document :
Crapez Marc. Le socialisme moins la gauche. Anticapitalisme, antisémitisme,national-populisme. In: Mots, juin 1998, N°55. pp.
74-94.
doi : 10.3406/mots.1998.2347
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mots_0243-6450_1998_num_55_1_2347

Anticapitalisme,antisémitisme,national-populisme,Crapez marc, la Commune,

"Une nostalgie doublée d'un penchant pour le panache"

Cette série bénéficia de la présence de Jean-Claude Drouot comme acteur principal, très charismatique, et également d'un thème musical approprié jouant de cors, et d'un rythme évoquant le galop d'un cheval. Les paroles de la chanson principale étaient également très bien choisies, quoiqu'un peu martiales.(wiki)

21:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

LA MORT VUE DU CIEL

Extrait :

« Le rêve consistant à résoudre tous les problèmes par une extermination venue des airs existe avant même que la première bombe soit larguée d’un avion », rappelle Sven Lindqvist dans sa magistrale Histoire du bombardement6. L’utopie de tout bon général d’armée ? Aux boucheries façon Sedan ou Verdun, substituer une guerre zéro mort.... chez nous. Évidemment, il y a un hic : les « dégâts collatéraux ». Voilà pourquoi les premiers bombardements de masse sont dirigés contre des populations considérées comme inférieures. Évoquant le très oublié massacre aérien de Chechaouene (Maroc, 1925), Lindqvist écrit : « La vérité sur Chechaouene n’a pas besoin d’être occulté. Bombarder des indigènes est considéré comme une chose naturelle. Les Italiens l’ont fait en Libye, les Français au Maroc et en Syrie, les Britanniques dans tout le Moyen-Orient, en Inde et en Afrique de l’Est, et les Sud-Africains dans le Sud-Ouest africain. Y’aura-t-il jamais un ambassadeur pour s’en excuser ? De toutes ces villes et de tous ces villages bombardés, c’est Guernica qui est entrée dans l’histoire. Car Guernica se trouvait en Europe. Là où nous mourrons. » Logique implacable. Et très utile pour amadouer l’opinion publique. Le bombardé, civil ou militaire, n’est jamais comme nous : il appartient au camp d’en face. Ainsi en ira-t-il des bombardements massifs de cibles civiles en Allemagne ou au Japon, pays aux populations alors considérées comme fondamentalement « coupables ». Une logique également à l’œuvre dans les frappes américaine soi disant chirurgicales en Afghanistan ou au Pakistan. « Il est vrai que je larguais mes bombes d’une altitude de 9 000 mètres, tandis que les bombardiers à réaction d’aujourd’hui volent plus près du sol et sont munis d’ordinateurs hautement sophistiqués leur permettant d’atteindre leur cible avec une plus grande précision  », note Howard Zinn dans La Bombe. Avant de rappeler l’essentiel : « L’opération n’est pas moins impersonnelle, car même le soldat qui procède à des ’frappes chirurgicales’ ne voit aucun être humain. »

via Article11

13:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Compte-rendu et réflexions relatives au procès de Mike, R., J., et William à Chambéry

Extrait :

Il est fort pro­ba­ble que les auteurs de ces cri­ti­ques soient ren­voyés a une rigi­dité idéo­lo­gi­que, et de fait il est admis pour un cer­tain nombre de cama­ra­des, que face à un juge, l’impor­tant c’est de sauver sa peau. Certes. En les énonçant l’idée n’est pas de dis­tin­guer bonnes/mau­vai­ses plai­doi­ries. Nous serions bien en peine de le faire, parce que si les avo­cats ont sou­levé des points qui nous sem­blaient impor­tants, on s’est de fait retrouvé en désac­cord avec un cer­tain nombre d’éléments de chaque plai­doi­rie, soit que poli­ti­que­ment on était en désac­cord avec les argu­ments uti­li­sés, soit parce qu’ils pou­vaient des­ser­vir d’autres inculpés, soit que ça uti­li­sait des regis­tres émotionnels dégueu­las­ses.

C’est de cette com­plexité-là qu’il s’agit, même si, de fait, cer­tai­nes cri­ti­ques tou­chent à nos yeux des points plus fon­da­men­taux que d’autres. Certaines cri­ti­ques pour­raient être dépas­sées, d’autres moins. Il s’agit de contri­buer, pour­quoi pas, à affi­ner des réflexions quant aux moda­li­tés/degrés d’exi­gence et d’atten­tes qu’on peut avoir vis-à-vis des plai­doi­ries des avocat-es avec les­quels « on » choi­sit par­fois de pré­pa­rer des procès. Dans une situa­tion où les chefs d’inculpa­tion des unes et des autres sont liés, où les plai­doi­ries se suc­cè­dent dans un temps réduit et dans un même espace, les moda­li­tés de défense des unes et des autres ont évidemment de l’inci­dence sur la déci­sion du juge. Oui il y a de la cons­cience en jeu, et quand on décide de jouer sur cer­tains argu­ments c’est impor­tant de pren­dre en compte ce que ça peut impli­quer pour les autres inculpés. Même si au fil des expé­rien­ces, on se rend bien compte que ce n’est pas tou­jours si facile de faire com­pren­dre aux avo­cats qu’il y a des argu­ments qu’on n’a pas envie d’uti­li­ser de façon géné­rale (le fait qu’on n’est pas en réci­dive, qu’on est bien inséré, qu’on s’est laissé attra­per bien gen­ti­ment) ou tout sim­ple­ment des argu­ments qui pour­raient nous per­met­tre d’être mis hors de cause en enfon­çant d’autres inculpés... Tout ça fait penser que, les avo­cats peu­vent avoir des idées et connais­san­ces tech­ni­ques utiles, mais que la déci­sion d’uti­li­ser tel ou tel argu­ment, et pour­quoi, doit venir (et être assu­mée par) les per­son­nes inculpées.

 

 

via rebellyon.info

07:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/05/2012

Le monde manichéen d'Eurabia

Par Jean-Yves Camus, essayiste et politologue.

Extrait :

Dans le monde manichéen d'Eurabia, le communisme a été remplacé par l'islam comme ennemi civilisationnel. Comme le communisme, il est un adversaire absolu d'autant plus redoutable qu'il est à la fois un ennemi extérieur (la menaceAl-Qaida notamment) et un ennemi de l'intérieur. C'est sans doute ce dernier point qui a les conséquences politiques les plus graves pour la cohésion des sociétés européennes.

En effet, les partisans de la théorie d'Eurabia ont bien pour fixation l'islam et non l'islamisme. Ils considèrent que le premier est à la fois une culture et un projet politique, celui du califat mondial, et que le second n'est ni réformable ni susceptible d'être modéré. Cela revient à assigner à résidence les individus originaires du monde arabo-musulman dans une identité dont ils ne peuvent même pas se défaire par l'assimilation. La conversion des musulmans au christianisme n'est pas une option très en vogue chez ces antimusulmans radicaux parmi lesquels catholiques et protestants pratiquants sont très minoritaires.

Leur référence constante au judéo-christianisme est en elle-même problématique dans la mesure où cette notion demeure un objet théologique bancal, inacceptable du point de vue du judaïsme traditionnel, et mal accepté par les catholiques traditionalistes. Les tenants d'Eurabia n'envisageraient-ils donc pour les musulmans sociologiques que la voie de l'abjuration ?

C'est d'ailleurs dans les milieux laïques qu'en France la controverse autour d'Eurabia est la plus vive. D'un côté, des militants qui n'ont jamais ménagé l'islam politique et continuent à mener le combat contre tous les intégrismes en se réclamant d'une gauche républicaine intégrationniste et universaliste. De l'autre, quelques-uns de leurs anciens compagnons de route qui semblent avoir évolué vers l'ethno-différentialisme, la théorie du choc des civilisations et un combat contre l'islam dont on ne discerne pas très bien le débouché politique : restriction drastique de la liberté de culte pour les musulmans, comme le suggère leur idoleGeert Wilders ?

Evolution vers un national-patriotisme qui, né sur le rivage de la gauche souverainiste, réduirait désormais la notion de nation à la question identitaire et se retrouverait en accord avec un Front national normalisé ? On peut en tout casremarquer que le Parti de la liberté néerlandais, comme naguère Pim Fortuyn et les populismes xénophobes scandinaves, a retourné contre l'islam les idées de la gauche émancipatrice des années 1970 : droits des femmes, des homosexuels, des minorités (les juifs notamment) menacés par la répression de la "déviance" que les islamistes au pouvoir mettent en oeuvre.

Le dernier problème théorique posé par la notion d'Eurabia est l'usage des termes "islamo-fascisme" voire "nazislamisme", le premier ayant été utilisé par George W. Bush lui-même. Il s'agit de termes polémiques, dénués de pertinence scientifique : le fascisme comme le nazisme sont des idéologies de l'homme nouveau et non du retour à un âge d'or ; ils positivent la modernité (les néofascistes italiens de CasaPound se réclament du turbofascisme) et non le fixisme ; ils ont le culte de l'Etat total, là où l'islamisme s'accommode très bien du libéralisme économique et de l'Etat faible voire, dans sa variante radicale, évacue totalement l'impératif de l'Etat.

Cette mise en équivalence abusive, tout comme d'ailleurs celle qui assimile communisme et fascisme, interdit de penser le totalitarisme selon des catégories différentes en nature, quand bien même elles seraient toutes moralement condamnables. Ne penser l'islamisme que par rapport au fascisme et au nazisme reviendra à ce que, le souvenir de ces derniers s'éloignant, l'acceptabilité de l'islamisme croisse. En attendant, le concept de "fascisme vert" autorise ceux qui le portent à placer leur résistance à l'islam dans la continuité politique et morale de celle qui combattit les totalitarismes d'extrême droite : un groupe belge nouvellement créé s'intitule d'ailleurs simplement Les Résistants.

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piqué au tas sur lemonde.fr

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19/05/2012

La Société désintitutionnalisée et la demande sociale autoritaire

Extrait :

La France de l’Entre-deux-guerres est le premier pays d’immigration au monde. Toutefois, durant les années 1930, se répand dans les élites l’idée d’une sélection des migrants, fondée sur la possibilité de leur assimilation économique et ethnoculturelle, tandis que les masses se raidissent face à l’afflux de réfugiés perçus comme une concurrence sur le marché du travail. En 1938 est instauré pour la première fois un sous-secrétariat d’État en charge de l’immigration et des étrangers. Certes, celui-ci ne subsista que deux mois, mais son existence témoigne d’une volonté d’organisation rationnelle et étatique de la question migratoire, volonté qui promeut une « étatisation de la société » en cherchant son chemin depuis la loi sur la nationalité de 1889. Cette dynamique s’appuyant sur des faits-divers (une série de violences politiques commises par des étrangers) porte à la promulgation du décret-loi du 12 novembre 1938 permettant le regroupement en « camps d’internement » des « étrangers indésirables ». A parti de 1939 (pour la Retirada : 450 000 républicains espagnols traversant les Pyrénées) c’est ce dispositif qui fournit la base des camps d’internement. Y est adjoint une mobilisation des réfugiés, regroupés et placés sous l’autorité militaire : les Compagnies de Travailleurs Étrangers. Celles-ci témoignent sans ambiguïté du choix de l’étatisation des réfugiés au détriment de leur nationalisation. Pour organiser les flux humains, la demande sociale conservatrice a rencontré une offre étatique, celle de la IIIe République finissante, puis l’ordre de Vichy a outrepassé la demande dans les conditions que l’on sait.

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17/05/2012

Le FN en campagne. Les ressorts sociaux des votes frontistes en milieu rural

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Comment expliquer le succès du Front national en milieu rural ? Dans un contexte marqué par la déstructuration des formes locales de sociabilité, la vigueur des votes frontistes découle en grande partie de la mobilisation de candidats autochtones s’appuyant sur la revitalisation de lieux de sociabilités à l’abri des diverses sources de fragilisation sociale.

par Sébastien Vignon

Extrait :

Il s’agit donc, si l’on veut mieux appréhender les rapports à la politique des électeurs des mondes ruraux, d’analyser les recompositions des sociabilités populaires et la déstructuration des collectifs traditionnels. C’est à l’occasion d’une étude réalisée à Saint-Vast [3], village d’un peu plus de 500 habitants situé dans l’Est de la Somme (Santerre Haute-Somme), où le FN obtient des scores très élevés depuis l’élection présidentielle de 2002 [4], qu’on a pu adopter cette perspective d’étude. À partir d’observations in situ et d’une série d’entretiens semi-directifs auprès d’habitants, complétés par des analyses statistiques, les votes frontistes ont ainsi été rapportés, plus qu’à des « lois générales » de la radicalité FN, à leurs fondements sociaux : l’entre-soi rural. Dans cette commune, l’étude des sociabilités traditionnelles du village (réseaux familiaux, associations, manifestations et fêtes) a mis au jour des formes de dévaluation de l’autochtonie (Retière 2003), ressource traditionnelle pour certaines catégories de résidents confinés dans les limites de l’espace communal. L’apparition de conflits interpersonnels au sein d’associations locales, la mise en concurrence de pratiques sociables par d’autres plus cotées (la pratique du tennis dans un bourg voisin au détriment de la longue paume, sport de raquette traditionnel picard) ou encore l’élévation du seuil de compétences exigées pour l’engagement dans l’espace local, comme c’est le cas pour les mandats électifs municipaux qui réclament désormais des compétences en lieu et place d’un ethos du dévouement (Retière 1994), sont autant de facteurs qui expliquent le retrait ou l’éviction de certaines catégories sociales de l’espace des sociabilités locales.

Ces facteurs contribuent à modifier sensiblement les rapports sociaux dans l’espace communal. D’abord en multipliant les formes de désengagements tous azimuts. Ensuite, cumulés aux bouleversements économiques (baisse du nombre de commerces dans la commune, concurrence croissante de la ville), ce déclin des pratiques collectives autochtones produit un « vide communal » déploré par les fractions des résidents qui ne peuvent investir d’autres lieux de sociabilités à l’extérieur (notamment à la ville) et qui se replient le plus souvent sur leur « monde privé » (Schwartz 1989). Pour les plus âgés et ceux qui sont faiblement dotés de capitaux, la commune devient un territoire aux bornes toujours plus étroites. À l’inverse, pour ceux qui ont des ressources mobilisables en dehors de l’espace communal, les lieux d’appartenance (en particulier de loisirs et de travail) se dissocient et se diversifient.

Enfin, dans le contexte de la déstabilisation de l’ancien entre-soi local et de la dégradation des conditions d’existence individuelle et collective (affaiblissement ressenti des relations de voisinage, manque de travail, de commerces, retrait des services publics), l’éthique du travail et, surtout, l’exigence d’égalité de traitement, très valorisées au sein des catégories populaires, sont perçues comme insultées et menacées : les jeunes qui « traînent » à l’abribus sont considérés comme moins « travailleurs » que leurs aînés, on regrette la « crise de l’autorité parentale » sur la jeunesse locale, etc. Avec la jeunesse incontrôlable, « les immigrés », bien que totalement absents de la commune, constituent l’autre figure repoussoir sur laquelle est reportée, souvent avec une violence verbale toute particulière, ce qui est vécu comme une chute de statut. La construction de logements sociaux et l’arrivée de populations « à problèmes », pour reprendre les propos de certains villageois, apparaissent comme une perturbation supplémentaire, venant renforcer les effets de l’entropie qui désorganise la vie communale. Dans un tel contexte de déstructuration des sociabilités populaires, le FN parvient à s’implanter grâce aux ressources « autochtones » de ses militants et candidats aux élections locales et à leurs mobilisations de proximité.

 

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Les Bandits Tragiques - Errico Malatesta

Il semble qu’il soit bien tard pour en parler encore ; néanmoins, le sujet reste d’actualité, puisqu’il s’agit de faits et de discussions qui, s’étant renouvelés dans le passé, se répéteront, hélas, dans l’avenir aussi, et cela, tant que n’en auront pas disparu les causes déterminantes.

Quelques individus ont volé et, pour pouvoir voler, ont tué ; ils ont tué au hasard, sans discernement, quiconque se dressait entre eux et l’argent convoité, tué des gens qui leur étaient inconnus, des prolétaires, victimes comme eux et plus qu’eux de la mauvaise organisation sociale.

Au fond, rien que de très vulgaire : ce sont là les fruits acerbes mûris normalement sur l’arbre du privilège. Quand toute la vie sociale est entachée de fraude et de violence et que celui qui naît pauvre est condamné à toutes sortes de souffrances et d’humiliations, quand l’argent est chose indispensable à la satisfaction de nos besoins et au respect de notre personnalité et quand pour tant de gens il est impossible de s’en procurer par un travail honnête et digne, il n’y a vraiment pas lieu de s’étonner si de temps à autre surgissent quelques malheureux qui, las du joug et s’inspirant de la morale bourgeoise, ne pouvant s’approprier le travail d’autrui sous la protection des gendarmes, volent illégalement à la barbe de ceux-ci. Comme ils ne peuvent, pour voler, organiser des expéditions guerrières ou vendre des poisons en guise de produits alimentaires, ils assassinent directement à coups de revolver ou de poignard.

Mais ces « bandits » se disaient anarchistes et cela donna une importance et un sens symbolique à des exploits qui étaient loin d’en avoir par eux-mêmes.

Et la bourgeoisie met à profit l’impression produite par de tels faits sur le public, pour dénigrer l’anarchisme et consolider son propre pouvoir. La police, qui souvent est l’instigatrice secrète de ces exploits, s’en sert pour grandir son importance, satisfaire ses instincts de persécution et de meurtre et récupérer le prix du sang versé, en espèces sonnantes et en avancement. D’autre part, nombre de nos camarades se sont crus obligés, puisqu’on parlait d’anarchie, de ne pas renier qui se disait anarchiste ; beaucoup, fascinés par le pittoresque de l’aventure, admirant le courage des protagonistes, n’y ont plus rien vu qu’un acte de rébellion à la loi, oubliant d’en examiner le pourquoi et le comment.

Or, il me semble que pour régler notre conduite, comme pour conseiller celle d’autrui, il importe d’examiner les choses avec calme, de les juger d’après nos aspirations et de ne pas accorder aux impressions esthétiques plus de valeur qu’elles n’en ont en réalité.

Certes, ces hommes étaient courageux ; et le courage (qui n’est peut-être autre chose qu’une forme de bonne santé physique) est sans contredit une belle et bonne qualité ; mais elle peut être mise au service du mal comme à celui du bien. On a vu des hommes très courageux parmi les martyrs de la liberté et il y en eut aussi parmi les plus odieux tyrans ; il s’en trouve dans les révolutionnaires, comme on en rencontre dans les camorristes, les soldats et les policiers. D’habitude, et l’on n’a pas tort, on qualifie de héros ceux qui risquent leur vie pour le bien et l’on traite de violents ou, dans les cas les plus graves, de brutes insensibles et sanguinaires ceux qui emploient leur courage à faire du mal.

Je ne nierai pas le pittoresque de ces épisodes et même, dans un certain sens, leur beauté esthétique. Mais que les poètes admirateurs du « beau geste » se donnent la peine de réfléchir quelque peu.

Une automobile, lancée à toute vitesse, montée par des hommes armés de brownings qui répandent la terreur et la mort sur leur parcours, est chose plus moderne, certes, mais pas plus pittoresque que le brigand en chapeau à plumes et armé d’un tromblon qui assaille et dévalise une caravane de voyageurs ou que le baron féodal, vêtu de fer et campé sur une monture bardée de même, exigeant la taille du vilain ; - et cela ne vaut pas mieux. Si le gouvernement italien n’avait pas eu que des généraux d’opérette et des chefs ignorants et voleurs, il aurait peut-être réussi à faire en Libye une belle opération militaire, mais la guerre en serait-elle moins criminelle et moins moralement hideuse pour cela ?

Pourtant ces bandits n’étaient pas, ou du moins n’étaient pas tous, de vulgaires malfaiteurs.

Parmi « ces voleurs » il y avait des idéalistes désorientés, parmi « ces assassins » il y avait des natures de héros qui auraient pu s’affirmer comme telles, placées en d’autres circonstances ou inspirées par d’autres idées. Ce qui est certain pour quiconque les a connus, c’est que ces individus se préoccupaient d’idées, et que, s’ils réagirent férocement contre le milieu et cherchèrent avec une belle frénésie à satisfaire leurs passions et leurs besoins, ce fut en grande partie sous l’influence d’une conception spéciale de la vie et de la lutte.

Mais sont-ce là des idées anarchiques ?

Ces idées peuvent-elles, même en accordant aux mots leur sens le plus large, se confondre avec l’anarchisme, ou sont-elles, au contraire, en contradiction flagrante avec lui ?

Voilà la question.

*
*   *

L’anarchiste est, par définition, celui qui ne veut être ni opprimé, ni oppresseur, celui qui veut le maximum de bien-être, la plus grande somme de liberté, le plus complet épanouissement possible pour TOUS les humains.

Ses idées, ses volontés, tirent leur origine du sentiment de sympathie d’amour, de respect pour tous les êtres, sentiment qui doit être assez fort pour l’amener à vouloir le bonheur des autres autant que le sien propre et à renoncer aux avantages personnels dont l’obtention demande le sacrifice d’autrui. S’il n’en était pas ainsi, pourquoi donc serait-il l’ennemi de l’oppression et ne devrait-il pas, au contraire, chercher à devenir oppresseur ?

L’anarchiste sait que l’individu ne peut vivre en dehors de la société ; qu’au contraire, en tant qu’être humain, il existe seulement parce qu’il porte, résumés en lui, les résultats de l’œuvre d’innombrables générations passées et parce qu’il bénéficie toute sa vie durant de la collaboration de ses contemporains.

Il sait aussi que l’activité de chacun influe directement ou indirectement sur la vie de tous et reconnaît ainsi la grande loi de solidarité qui règne dans la société comme dans la nature. Et comme il veut la liberté pour tous, il doit vouloir que l’action de cette solidarité nécessaire, au lieu d’être imposée et subie inconsciemment et involontairement, au lieu d’être laissée au hasard et exploitée au profit des uns et au détriment des autres, devienne consciente et volontaire et se manifeste en avantages égaux pour tous.

Ou être opprimé, ou être oppresseur, ou coopérer volontairement au plus grand bien de tous, il n’est pas d’autre alternative ; et les anarchistes sont naturellement, et ne sauraient pas ne pas l’être, pour la coopération libre et consentie.

Qu’on ne vienne donc pas ici faire de la « philosophie » et nous parler d’égoïsme, d’altruisme et autres casse-tête. Nous en convenons, nous sommes égoïstes, tous nous recherchons notre propre satisfaction, mais sera anarchiste celui qui trouvera sa plus grande satisfaction à lutter pour le bien de tous, pour l’avènement d’une société au sein de laquelle il se sentira frère parmi des frères, au milieu d’hommes sains, intelligents, instruits, heureux. Celui qui peut se résoudre à vivre satisfait parmi des esclaves et tirer profit d’un travail d’esclaves n’est pas, ne saurait être anarchiste.

Il est des individus forts, intelligents, passionnés, en proie à de grands besoins matériels ou intellectuels, qui, placés par le sort au rang des opprimés, veulent, coûte que coûte, s’affranchir et, pour ce faire, ne répugnent pas à devenir des oppresseurs. Ces individus, se trouvant gênés dans la société actuelle, se mettent à mépriser et à haïr toute société, et se rendant compte qu’il serait absurde de vouloir vivre en dehors de la collectivité, voudraient soumettre tous les hommes à leur volonté, à l’assouvissement de leurs passions. Parfois, lorsqu’ils se piquent quelque peu de littérature, ils s’intitulent « surhommes ». Ne s’embarrassant point de scrupules, ils veulent « vivre leur vie » ; tournant en dérision la révolution et toutes les aspirations pour l’avenir, ils veulent jouir sur l’heure, à tout prix, et au mépris de quiconque ; ils sacrifieraient l’humanité entière pour une heure – d’aucuns l’ont textuellement dit – de « vie intense ».

Ils sont des révoltés, mais non point des anarchistes ; ils ont la mentalité, les sentiments de bourgeois manqués, et s’il leur arrive de réussir, ils deviennent des bourgeois de fait et non des moins mauvais.

Il peut nous arriver parfois, au cours de la lutte, de les trouver à nos côtés, mais nous ne pouvons, ne devons, ni ne voulons nous confondre avec eux. Et ils le savent très bien.

*
*   *

Mais beaucoup d’entre eux aiment à se dire anarchiste. Cela est vrai – et c’est déplorable.

Nous ne pouvons certes empêcher qui que ce soit de prendre le nom qui lui plaît, et d’autre part, nous-mêmes ne saurions faire abandon du nom qui résume nos idées et nous appartient, logiquement et historiquement. Ce que nous pouvons faire, c’est de veiller à ce qu’il n’y ait nulle confusion, ou tout au moins, à ce qu’il y en ait le moins possible.

Recherchons cependant comment il advint que des individus d’aspirations aussi contraires au nôtres se soient approprié un nom qui est la négation de leurs idées, de leurs sentiments.

J’ai fait allusion plus haut à de louches manœuvres de la police, et il me serait facile de prouver comment certaines aberrations, qu’on a voulu taxer d’anarchistes, eurent pour origine les sentines policières : Andrieux, Goron et leurs pareils.

Lorsque l’anarchisme commença à se manifester et à acquérir de l’importance en France, les policiers eurent l’idée géniale, digne des plus astucieux jésuites, de combattre le mouvement du dedans. Dans ce but, ils envoyèrent parmi les anarchistes des agents provocateurs, qui se donnaient des airs ultra révolutionnaires et travestissait fort habilement les idées anarchistes, les rendaient grotesques et en faisait quelque chose de diamétralement opposé à ce qu’elles sont en réalité. Ils fondèrent des journaux payés par la police, provoquèrent des actes insensés et criminels pour les vanter ensuite en les qualifiant d’anarchistes, compromirent des jeunes gens naïfs et sincères qu’ils vendirent peu après, et avec la complicité complaisante de la presse bourgeoise, ils réussirent à persuader une partie du public que l’anarchisme était tel qu’ils le représentaient. Et les camarades français ont de bonnes raisons de croire que les mêmes manœuvres policières perdurent encore et ne ont pas étrangère aux événements auxquels a trait cet article. Parfois les faits dépassent l’intention des provocateurs, mais, quoi qu’il en soit, la police en profite tout de même.

A ces influences de la police, il faut en ajouter d’autres, moins écoeurantes mais non moins néfastes. A un moment ou des attentats impressionnantes avaient attiré l’attention du public sur les idées anarchiques, des littérateurs de talent, professionnels de la plume toujours à l’affût du sujet à la mode et du paradoxe sensationnel, se mirent à faire de l’anarchisme. Et comme ils étaient des bourgeois, de mentalité, d’éducation, d’ambitions bourgeoises, ils firent de l’anarchisme bon à donner un frisson de volupté aux jeunes filles fantasques et aux vieilles dames blasées, mais n’ayant rien à voir avec le mouvement émancipateur des masses que l’anarchisme peut provoquer. C’étaient des hommes de talent, qui écrivaient bien, avançant souvent des choses que personne ne comprenait et… ils furent admirés. Ne disait-on pas, à un moment donné, en Italie, que Gabriele d’Annunzio était devenu socialiste ?

Après quelque temps, ces « intellectuels » rentrèrent presque tous dans le giron bourgeois pour y goûter le prix de la notoriété acquise, se montrant ce qu’ils n’avaient jamais cessé d’être, c’est-à-dire des aventuriers littéraires en quête de réclame. Mais le mal était fait.

*
*   *

En somme, tout cela n’aurait pas causé grand dommage s’il n’y avait au monde que des gens aux idées claires, sachant nettement ce qu’ils veulent et agissant en conséquence. Mais à côté de ceux-là, combien d’autres aux idées confuses, à l’âme incertaine, sans cesse ballottés d’un extrême à l’autre !

Ainsi en est-il de ceux qui se disent et se croient anarchistes, mais se glorifient des vilaines actions qu’il leur arrive de commettre (et qui sont d’ailleurs souvent excusables en raison de la nécessité et du milieu) en disant que les bourgeois agissent de même et pis encore. Cela est vrai, mais pourquoi alors se croire autres et meilleurs qu’eux ?

Ils blâment les bourgeois parce qu’ils volent à l’ouvrier une bonne part de son travail, mais ne trouvent rien à redire si l’un des leurs vole encore à cet ouvrier le peu que lui a laissé le bourgeois.

Ils s’indignent de ce que le patron, pour augmenter ses bénéfices, fasse travailler un homme dans des conditions malsaines, mais sont plein d’indulgence pour celui qui donnera un coup de couteau à cet homme afin de voler quelques sous.

Ils ont du dégoût pour l’usurier extorquant à un pauvre diable un franc d’intérêts pour dix francs qu’il lui a prêtés, mais trouvent digne d’estime, ou presque, que l’un d’eux prenne à ce même pauvre diable dix francs sur dix (qu’il ne lui a point prêtés) en lui passant une pièce fausse.

Comme ils sont des pauvres d’esprit, ils se croient naturellement des êtres supérieurs et affectent un profond mépris pour les « masses abruties », s’arrogeant le droit de faire du mal aux travailleurs, aux pauvres, aux malheureux, parce que ceux-ci « ne se révoltent point et sont ainsi les soutiens de la société actuelle ». Je connais un capitaliste qui se plaît, alors qu’il se trouve au café, à se dire socialiste, voire même anarchiste, mais n’en est pas moins pour cela, dans son usine, le plus avide exploiteur : un patron avare, dur, orgueilleux. Et il ne le nie nullement, mais a coutume de justifier sa conduite de façon originale pour un patron :

« Mes ouvriers, argue-t-il, méritent le traitement que je leur fais subir, puisqu’ils s’y soumettent ; ils sont des natures d’esclaves, ils sont les soutiens du régime bourgeois, etc., etc. »

Voilà précisément le langage de ceux qui se disent anarchistes, mais n’éprouvent ni sympathie ni solidarité pour les opprimés. La conclusion en serait que leurs véritables amis sont les patrons et leurs ennemis la masse des déshérités.

Mais alors, que viennent-ils déblatérer d’émancipation et d’anarchisme ? Qu’ils aillent avec les bourgeois et nous laissent la paix.

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*   *

J’en ai assez dit et il me faut conclure.

Je conclurai en donnant un conseil à ceux qui « veulent vivre leur vie » et ne se soucient nullement de celle des autres.

Le vol, l’assassinat sont des moyens dangereux et, en général, peu productifs. Dans cette voie, on ne réussit le plus souvent qu’à passer sa vie dans les prisons ou à laisser sa tête sous la guillotine – surtout si l’on a l’impudence d’attirer sur soi l’attention de la police en se disant anarchiste et en fréquentant les anarchistes.

Comme affaire, c’est plutôt maigre.

Lorsqu’on est intelligent, énergique et sans scrupules, il est aisé de faire son chemin au sein de la bourgeoisie.

Qu’ils s’efforcent donc, par le vol et l’assassinat, mais légaux, bien entendu, à devenir des bourgeois. Ils feront une meilleure affaire ; et, s’il est vrai qu’ils aient des sympathies intellectuelles pour l’anarchisme, ils s’épargneront le déplaisir de faire du tort à la cause qui leur est chère – intellectuellement.

Errico Malatesta
La Société Nouvelle, 19ème année, n°2, août 1913

via tresors.oublies

00:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/05/2012

Tarnac sans scoop

Le Tigre, Tarnac,david Dufresne,

Article en PDF (12 pages, 502.7 ko)

via Le Tigre - 02/05/2012

luttes_classes.png


Raphaël et David, il serait peut-être bon de rappeler que la police fait partie des instruments de répression de l'Etat plutôt que de prétendre à une quelconque protection de certains éléments de "niveaux inférieurs, les flics de base" du côté de la lutte des classes. Amitiés


14:53 | Lien permanent | Commentaires (1) |

01/05/2012

Entre Praxis, mythe et utopie : les Nationalistes Révolutionnaires et l’histoire.

Le terme de nationaliste-révolutionnaire a été popularisé au sein des néo-fascistes français après 1972. Il semble que cette périodisation soit en partie liée à la publication des Langages totalitaires de Jean-Pierre Faye.
Né dès 1934, le terme même de « néo-fascisme » recouvre une certaine ambiguïté. En la période qui nous concerne, les néo-fascistes ne se revendiquent que du programme de 1919 et de celui de Vérone (1943). C’est-à-dire que le néo-fascisme s’identifie au fascisme-mouvement, avant que celui-ci ne fut ce qu’il a été, et au fascisme-régime, lorsque Mussolini lui même refusa de qualifier son embryon d’Etat de « fasciste » estimant le terme « dépassé ». Evacuant la temporalité de la réalisation de l’expérience, le « néo » se réfère paradoxalement à un retour aux sources, aux premier, pré et après fascisme. Le rapport à l’histoire relève en conséquence moins de l’orthodoxie que de l’orthopraxie dans la militance, et plus encore, si on ose le barbarisme, d’une " ortho-œsthetica ".

histoire-sociale.univ-paris1.fr/Collo/LEBOURG.pdf

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09:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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