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10/02/2012

Parution : François Duprat, l’homme qui inventa le Front National

Présentation de l’éditeur : Mort dans un attentat à la voiture piégée le 18 mars 1978, François Duprat est devenu “le martyr de l’extrême droite”, un personnage rêvé pour les affabulations complotistes. Mais il est aussi un mythe politique qui déborde le Front national, une figure emblématique des années 60 et 70 capable de déchaîner les passions et les fantasmes les plus irrationnels. Vingt ans durant, il s’est voué à réinventer l’extrême droite, d’Occident au Front national, d’Ordre nouveau aux milieux néonazis. Stratège du FN, dont il était le numéro 2, il imposa à Jean- Marie Le Pen le slogan “un million de chômeurs c’est un million d’immigrés en trop”.

Pionnier dans la diffusion du négationnisme, professeur débonnaire, théoricien fanatique, politicien pragmatique et homme de I’ombre lié à plusieurs services de renseignement: François Duprat était mystérieux et complexe. Il s’est propulsé au travers de son époque en y laissant une odeur de soufre. Remonter le fil de sa vie, c’est parcourir l’Afrique et le Moyen-Orient, s’immerger dans la décolonisation et la guerre froide, traverser Mai 68 et les bagarres du Quartier latin, décrypter les rivalités au sein de l’extrême droite et la machinerie politique de la Ve République.

Dans leur ouvrage, Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard le suivent ainsi pas à pas dans sa tortueuse trajectoire et tentent d’éclaircir les circonstances de son spectaculaire assassinat, jamais élucidé. Fruit de quatre années d’enquête, cette biographie s’appuie sur de nombreux entretiens (famille, hommes politiques, militants, adversaires, hommes de l’ombre) ainsi que sur des archives policières et judiciaires inédites. François Duprat y apparaît comme le révélateur des tourments inavouables de la vie politique française.

via Fragments sur les Temps Présents

 

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28/01/2012

Ci-dessous tu trouveras un texte que j'ai écris ces derniers jours à l'intention des indignéEs pour partager des réflexions, et pourquoi pas alimenter des débats

Aux indignéEs : *

Je suis Angélique, 37 ans, et j'ai un fils de (presque) 10 ans.
Je n'appartiens à aucune "case" organisationnelle, ni partisane, ni drapeau (car même noirs, ils restent des drapeaux), ni idéologique figée et pré-mâchée. Je construis ma conscience par ma propre réflexion à l'aide de mes expériences, des mes rencontres, de mes lectures, des débats politiques avec mes amis et ennemis, et surtout je tente de mettre en pratique et en cohérence mes actes à ma conscience, au fil de son évolution.

Je ne suis pas née militante, même pas dans une famille militante, mais dans une famille modeste et rurale.
J'ai vécue pendant 30 ans armée d'un fort esprit républicain et d'un sentiment de révolte justicier dictés par mon éducation familiale et scolaire, se résumant ainsi : la gloire et la fierté de la nation française à travers sa révolution, son empire et ses grèves ouvrières. Je ne connaissais rien d'autre.

J'ai cru en ces valeurs et les appliquées lors de ma tentative d'intégration à notre système sociétal durant des années :
J'ai regardé la télé, je connaissais les pub par coeur, gueulait avec mon père devant les actualités comme il se doit,
J'ai été au catéchisme, fréquenter les églises, malgré moi, et répété bêtement par coeur des valeurs chrétiennes comme il se doit,
J'ai consommé, j'ai même fait des crédits à la consommation et me suis bien sûr surendettée comme il se doit,
J'ai été fonctionnaire à l'hôpital et m'y suis impliquée puisqu'il est bien
connu que le système se change de l'intérieur, jusqu'à ce qu'il vous écrase, et suis tombée gravement en dépression professionnelle (ou burn out) comme il se doit,
J'ai suivi les préceptes de fondation d'une famille : fiancée, mariée, maison, et j'ai bien sûr divorcé comme il se doit,
J'ai été élue, conseillère municipale, de mon petite village, j'ai découvert les méandres du pouvoir politiciens et de la fameuse démocratie républicaine, et j'ai bien sûr appris à manipuler comme à fermer ma bouche comme il se doit,
J'ai élevé mon fils seule, en bon père de famille (expression légale) suivant les dictats de notre société moderne (= femme active, mère attentive mais pas possessive, vie sociale riche, loisirs culturels, activités de développement pour les enfants, et bien sûr s'occuper de son corps pour préserver sa féminité), j'ai bien sûr fini par consulter un psy comme il se doit.
Etc.

En bon petit soldat, j'ai usé de mes droits et devoirs républicains, sur
lesquels était collée l'étiquette citoyenneté comme gage de liberté, tel un
slogan pour me faire acheter le produit.
Malgré tout mes bons et loyaux efforts, je ne me trouvais pas à l'aise dans
cette société, pas à ma place, et surtout elle me décevait, me trahissait sans cesse, et, souvent, me rejetait violemment à la figure "t'es anormalement révoltée, calme-toi" ou "tu finiras à la rue ou en asile" qui parfois me faisait douter de moi-même.

Puis des évènements personnels importants ont tout bousculé, si bien et
profondément que le voile s'est levé :
Ma vie n'était qu'application simple et bête de valeurs apprises par coeur et de repères dominants imposés.
Ma vie n'était qu'une page de pub respectant les valeurs de ce qui n'est rien d'autre que de la propagande et du formatage d'un système étatique dictatorial grimé d'artifices telle que la "république", la "liberté d'expression démocratique", les "pays développés" synonymes d'une soi-disant évolution humaine.

J'ai enfin compris la mascarade à laquelle j'avais participé. Je me suis sentie hautement trahie et en colère contre cette société et mes parents. J'ai alors créé le chaos dans ma vie : démissionner, déménager, reprendre des études, etc.
Je me suis débattue et j'ai tenté de jeter loin ces valeurs : en vain.
Cependant, il fallait que je passe par cette destruction pour me reconstruire.
Impossible de reconstruire sur de l'existant, mais pour autant impossible de reconstruire sans une partie des ruines : il m'a fallu décoder et revisiter ces valeurs, les réfléchir, leur donner un sens humain réel et me les approprier.

Ce que je n'aurais pas pu faire et continuer de faire sans les rencontres avec d'autres qui avaient levé aussi leur propre voile ou qui ne l'avait jamais eu.
Ces autres ont été et sont multiples : encartés, non-encartés, anarchistes,
communistes, autonomes, socialistes, libertaires, tout celles et ceux que la
société (médiatique comme populaire) montre du doigt comme étant des
"révolutionnaires", des "utopiques", "des extrémistes, voire "terroristes", des "chiants-avec-leur-politique-d

ans-les-repas-de-famille".
J'ai rencontré des personnes de tout âge, de toute situation sociale, sans
papiers, sans toits ; de toute normalité mentale : dépressif, schizophrène,
sociopathe, parano, égocentrique, limité intellectuellement, etc. ; des
venus-d'ailleurs : polonais, marocains, turcs, kurdes, allemands, russes,
sénégalais, lituaniens..........

C'est grâce à ces rencontres et nos échanges que j'ai pu et peux encore me "déformater" et me reconstruire : j'ai appris à reconnaître et décortiquer mes propres codes, ceux qui m'avaient été imposés et que j'imposais à d'autres dans mon comportement, dans mon fonctionnement sans en avoir une conscience éveillée : la domination, la compétition, la séduction, le patriarcat, la surconsommation, l'individualisme égoïste, la charité bienveillante colonialiste, etc... la liste est dans le désordre et devrait être plus longue.
Et c'est un long travail de discussions, de pratiques, d'erreurs et de succès, mais surtout un long travail sur soi-même, avant de d'entrevoir et de commencer la reconstruction possible.

Voilà ce que j'étais, voilà ce que je suis. Je suis un être humain en perpétuel devenir.

Et c'est sur toute cette base, que je viens de décrire, que je peux exprimer en conscience ce qui suit :

Je suis née blanche et fille, j'ai grandi dans un système colonialiste,
fasciste, patriarcale et capitaliste : il ne suffit pas de dire que je rejette
ce système ou de manifester contre ses travers pour changer ce qui a été
enraciné en moi au cours de ma vie, particulièrement dans mon
enfance-adolescence quand j'étais le plus "façonnable". Son empreinte est là
dans mes rapports avec les autres : le nier, c'est continuer de faire vivre ce système en moi et par moi.

Je compose maintenant avec et dans ce système en ayant conscience qu'il est mon ennemi intérieur comme extérieur : J'essaye d'axer mes projets et actes de vie au plus près de la cohérence à mes idées, à mon ressenti humain et à mes espoirs. L'espoir que nous, mon fils, nos enfants n'aurons pas ou plus du tout à composer avec ce système, mais pourrons vivre dans une totale autre organisation de l'humanité, "horizontale" et en symbiose avec la planète.

Tout ceci ne fait de moi en rien une partisane, et je refuse à quiconque le
droit de me réduire, moi ou mes propos, à une case quelque soit.

Alors j'ajoute en toute liberté, indépendance, sans aucun intérêt individuel ou collectif :

Ne me parle pas, ne m'attire pas et même m'effraye : tout mouvement social qu'il soit contestataire d'une loi, d'une économie, d'un sommet, qu'il soit pacifique ou violent, remettant en cause seulement les conséquences de ce système, et non pas le système lui-même, et souhaitant seulement l'améliorer et le rendre plus juste.

Ce mouvement serait vain, l'histoire nous le prouve par sa répétition. Ce
mouvement ne servirait qu'au pouvoir, car bien plus dangereux que l'argent qui n'est qu'un outil, il y a le pouvoir. Tant que nous ne remettrons pas en cause toute forme de pouvoir des uns sur les autres dans nos vies quotidiennes et politiques, nous ne ferons que perpétuer ce système qu'il soit étatique, capitaliste, monarchique, républicain, etc.
Le pouvoir des uns sur les autres, c'est une dictature qu'elle qu'en soit la
forme. A mon sens, nous devons apprendre d'abord à dompter notre propre envie de pouvoir individuel sur les autres, et l'user sur nous-même afin de retrouver auto-confiance et autonomie.

C'est pourquoi après des mois de doutes, de réflexions et de constats, je peux écrire :

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas le mouvement des indignés (de
France car je ne connais pas les autres) parce que ce mouvement est mort-né, sclérosé par son histoire culturelle et militante française, par sa situation socio-politique-économique actuelle, par sa pseudo-neutralité politique qui n'en est plus une depuis longtemps, les participantEs à ce reste de mouvement se comportant à présent comme des partisanEs montrant et délimitant le "chemin" à suivre.

Je ne participerai pas et ne soutiendrai aucune idéologie
citoyenniste-justicière car elle n'éveille pas les consciences individuelles. Au contraire, elle mène à de frénétiques besoins de supra-gouvernance et favorise la mise en place de pouvoirs qui perpétuent le système : pouvoir religieux (Révoltes arabes) ou pouvoir patriotico-économico-démocratique (réclamé par les indignés).

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas la quête de vérité sur des complots qu'ils soient réels ou imaginaires, parce qu'ils émanent et sont parties intégrantes de ce système, et que par là même, par cette servitude, cette vérité serait vaine, voire dangereuse. Elle astreindrait l'illusoire émancipation individuelle et collective à la déduction simpliste que si ce système ne fonctionne pas, c'est parce qu'il y aurait quelques groupes de "mauvaises personnes" au pouvoir.
Ainsi, tous les groupes intimement persuadés d'être les "bonnes personnes" pour le pouvoir, sincèrement convaincues que leurs solutions sont les "bonnes", serait accréditées pour prendre la parole et le pouvoir, grâce à un sentiment collectif de "ils-ont-raison-finalement".
Et il suffit d'analyser l'histoire passée et récente pour constater que ce "ils" furent, entre autres, la petite classe intellectuelle bourgeoise dictant la révolution française, les fascistes de l'Allemagne nazi et de la France
vichyste, les religieux des révoltes arabes.

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas un mouvement que certains veulent susciter, ressusciter, créer et organiser car un mouvement né, grandi, s'accroit par lui-même sans l'aide de quelques groupes, partisans ou pas, montrant le chemin, sinon il meurt, ou pire il est dévoyé.
Un mouvement, par son auto-croissance exponentielle, libère et créé lui-même des espaces pour la parole et les actes de toutes et tous. En aucun cas, ces espaces ne peuvent être conçus et mis en place au préalable par quelques groupes de pseudo-avertis.

Je tenterai de reconnaître en moi ou chez les autres le sentiment de
supériorité, enfoui derrière ma croyance que mes connaissances et expériences, intellectuelles et pratiques, personnelles et militantes font de moi quelqu'un qui aurait la sagesse d'être un leader qui ne se reconnaît pas en tant que tel, même déguisé de manière diplomatique, tolérante et pacifique, mais qui "sait" et indique le chemin. Car je ne serais alors là qu'un gourou de plus, porté inconsciemment par mes désillusions systémiques, animé par un non reconnu "J'ai
mal à mon existence", un gourou qui cherche son propre remède à travers et aux dépends des autres et d'un sentiment de mouvement.

Je ne répondrai pas à l'urgence, créée de toute pièce par le système, à travers ses classes dirigeantes et leurs médias, pour sauver ce système. Le système est la crise.

Je suis une privilégiée par rapport à beaucoup d'autres : je suis blanche, j'ai un toit, je bénéficie du RSA, j'ai des papiers, je suis reconnue comme saine d'esprit par la société, j'ai le droit d'élever mon fils. La répression sous toutes ses formes et ses conséquences ne s'abat sur moi aussi fortement que sur d'autres à qui il manque parfois seulement un de ces privilèges. C'est pourquoi je ne prendrai plus le risque facile d'entrainer ou de cautionner des personnes dans une action ou une lutte dans lesquelles leurs risques ne seraient pas égaux aux miens. Seul un réel mouvement collectif et de masse pourrait atténuer ces risques.

Et, si ce mouvement de masse avait lieu, et que je sois mise dans la position de choisir un camp : je choisirai sans aucun doute celui qui propose de détruire ce système, pas de le réparer pacifiquement, celui qui tend vers un monde où les frontières sociales et géopolitiques n'existent pas et où l'on agit en symbiose avec son environnement. Je choisirai ce camp même s'il est accusé et use de violence, car ce système est bien plus violent qu'une pierre jetée dans une vitrine ou vers un flic, et que s'il ne se détruit pas lui-même, il faudra bien plus que de belles AG (consensuelles ou pas) pour en venir à bout, et respirer enfin.

En attendant, ce mouvement de masse ou l'autodestruction de ce système qui n'auront peut-être jamais lieu, je préfère mettre mon énergie dans la création de lieux et de liens qui permettent l'apprentissage et la mise en pratique de la solidarité et de l'autonomie, sans pouvoir des uns sur les autres : autant de bases qui nous permettent de survivre dans ce système et nous permettraient de
résister si et lors de sa destruction.

Il y a beaucoup à faire, beaucoup d'énergie nécessaire pour se préparer et
commencer à reconstruire : Reste à sortir le nez de l'urgence d'un mouvement mort et ouvrir les yeux pour s'en apercevoir (je sais de quoi je parle, j'étais moi-même aveugle très longtemps et aveuglée encore ensuite par l'espoir d'un mouvement social de grande ampleur il y a quelques années).

Juste à titre d'exemple, pour montrer les possibles, où les énergies se dirigent et se multiplient : voir l'appel ci-joint émanant de Reclaim The Field
<http://reclaimthefields.org/nl/content/about

> qui n'est pas antagoniste à
l'actualité, au contraire, qui se met en lien avec les luttes locales comme
internationales. (si besoin : l'appel existe en plusieurs langues).

Peut-être est-il ce qu'on pourrait appeler un "mouvement" de fond constructif qui, après l'indignation, est passé à l'action concrète et durable, et qui à tout moment rejoint d'autres actions sous d'autres formes ?

Sans amertume et avec optimisme,

Angélique
Une individu parmi tant d'autres...
 
 
via un mail de "maman", mère de tribu.

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"Les marchands de peur" en débat - Mardi 31 janvier, à 20 h 45, au théâtre Na Loba

Mardi 31 janvier, à 20 h 45, au théâtre Na Loba, Les amis du Monde diplomatique, en partenariat avec la mairie, présentent : "Les marchands de peur", avec Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales rattaché à Paris VIII.

Après une première venue dans la commune, en 2009, pour alerter sur l'utilisation du concept d'"ennemi intérieur" dans le fonctionnement de la police, le jeune sociologue est de retour pour dévoiler les manoeuvres de ceux qui théorisent et contribuent à la mise en place d'un système répressif critiquable...

«Du haut de la chaire qui lui a été créée sur mesure au conservatoire national des Arts et métiers par Nicolas Sarkozy, expliquent Les amis du Monde diplomatique, Alain Bauer entend promouvoir la ' criminologie' en France. La conquête d'une position académique apparaît comme la dernière victoire de cet ancien consultant en sécurité urbaine, conseiller écouté d'élites politiques, de droite comme de gauche, et chéri des médias. L'ouvrage de Mathieu Rigouste permet de comprendre cette ascension apparemment irrésistible. Elle repose sur un système d'échanges, de dons et de contre-dons, avec une série d'autres personnages que l'auteur regroupe sous le label de ' bande à Bauer'. Si l'on peut émettre quelques réserves sur le cadre général d'explication, ce livre n'en reste pas moins un passionnant voyage dans l'univers des ' marchands de peur', pour qui ' la sécurité globale' sert de substitut à l'anticommunisme de naguère".

 

piqué au tas sur lindependant.fr - 28/01/2012

09:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/01/2012

Michael Seidman – « Ouvriers contre le travail ». Barcelone et Paris pendant les fronts populaires (ebook)

via rgz

19:32 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/12/2011

Marx et la finance: une approche actuelle

via une idée de ramiro

 

Par Michel Husson

Les chapitres du Capital  que Marx a consacrés à ce que l’on appellerait aujourd’hui la «finance» contiennent des éléments théoriques qui peuvent tout à fait être mobilisés pour comprendre la crise actuelle [1]. Ils ont probablement souffert d’être restés à l’état de brouillons, dont la lecture est souvent rébarbative, et c’est tout l’intérêt de cette nouvelle édition d’en présenter le noyau dur. Ils constituent cependant un maillon essentiel entre l’analyse la plus abstraite du capitalisme et la prise en compte d’éléments de son fonctionnement concret.

Quand Marx expose la théorie de la valeur et de l’exploitation, ou étudie les conditions de reproduction du système, il se place dans un monde abstrait où le crédit, la finance, les rentiers sont en quelque sorte absents et restent au second plan du face-à-face entre capitalistes et travailleurs. Il ne s’agit pas d’une simplification réductrice mais d’un moment dans la théorie qui conduit ensuite à l’introduction de catégories supplémentaires, telles que la rente ou l’intérêt. Dans cette méthode, les niveaux d’analyse sont imbriqués de manière cohérente, ce qui veut dire que l’étude de la finance doit se faire en aval de la théorie de la valeur.

De ces très riches pages, on peut au fond retenir deux propositions essentielles:
1) la finance ne crée pas de valeur, et les revenus financiers sont des revenus dérivés de la plus-value;
2) les actions constituent un capital fictif dont la valeur est un droit seulement virtuel sur la plus-value.

 

la suite sur A l'encontre

17:44 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/12/2011

A TRAIN D'ENFER - comité du 5 décembre

http://4.bp.blogspot.com/_PYDUji_JgXw/S9hEh3pg8FI/AAAAAAAAAeQ/Z2POOYlwAvU/s1600/1986+sorbonne1.jpeg

via debord-encore

10:26 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/11/2011

art sabotage - la perturbation des courants du pouvoir

people,occupy,indignados

 

 

 

home

Là ou les praxis politico-artistiques ne revendiquent pour elles-mêmes ni le pathos révolutionnaire de la démolition des structures du pouvoir, ni la participation réformiste au déblocage de celles-ci, un large champ de stratégies de perturbation des courants du pouvoir a émergée, spécialement durant le cours de la décennie passée. Allant de l'auto-historifiante post-néo-avant-garde du Néoisme, les actions volupteuses et subversives de la guérilla de communication, aux hoaxes, faux et jeux d'identité dans les entre-deux du réel et du virtuel : loin par-delà l'espace d'art et de retour à nouveau.

Sous les paradigmes de la société du contrôle et du travail immatériel, la communication incessante devient de manière croissante une charnière centrale du pouvoir, et la question de la perturbation des structures du pouvoir tourne également de l'assaut retentissant des machines à l'interruption des flux de communication. Dès lors, la forme contemporaine de sabotage est le bloc coincé entre les roues de la communication, la création d'interstices vides de non-communication, le déplacement et la défiguration des codes.

 

art sabotage débat des méthodes et des exemples de ce nouveau type de sabotage, dirigé contre les flux de communication et les commandements de la société du contrôle, ainsi que la diversité de ses moyens : sur-affirmation subversive et sur-identification, détournement, distanciation et pollution d'image, mythes collectifs, noms multiples et pop stars ouvertes.


Traduit par Francisco Padilla

10:47 | Lien permanent | Commentaires (0) |

25/11/2011

MANUEL DE COMMUNICATION-GUÉRILLA - chez ZONES

d'après une suggestion de Ramiro

http://www.decitre.fr/gi/19/9782355220319FS.gif

Vient de paraître, un "Manuel de Communication-Guerilla", classique de la subversion carabinée, paru en Allemagne en 1997. Tandis que la politique radicale traditionnelle mise sur la force persuasive du discours rationnel, la communication-guérilla ne s’appuie pas sur des arguments, des chiffres et des faits, mais cherche à détourner les signes et les codes de la communication dominante. Elle travaille à intensifier la charge subversive du non-verbal, du paradoxe, du faux, du mythe. A retrouver en librairie et à lire en ligne ici.

 

Un livre à brûler ?

En décembre 1994, mon ami Peter Tatchell fit irruption dans la cathédrale de Westminster à Londres en pleine messe. Ses camarades et lui lâchèrent des préservatifs gonflés à l'hélium, qui s'envolèrent avec une grâce toute poétique vers le dôme de l'édifice. Et ils se mirent à chanter : "La capote sauve des vies !"

Les prêtres et leurs ouailles, arrivant aussitôt, virent cette abomination, horresco referens. Armés de leurs goupillons, ils sautillaient, tentant, mais vainement, d'attraper les capotes qui flottaient dans les airs, imperturbables, au-dessus de leur tête. Certains prélats demandèrent aux policiers d'utiliser leurs pistolets pour abattre ces baudruches qui les narguaient, mais les bobbies s'y refusèrent, ne voulant pas dégrader les voûtes de la sainte cathédrale. Bref, il n'y avait qu'une solution : attendre que, d'eux-mêmes, les préservatifs retombent, au fil des heures. Les journalistes présents eurent tout le loisir de prendre en photo ces prêtres sautillants, ennemis des capotes, qui furent la risée de tout le royaume.

Peter me raconta fièrement cette anecdote, à la veille de la première Gay Pride à Moscou, en 2006. La manifestation ayant été réprimée par les autorités, nous réfléchissions aux manières alternatives d'intervenir malgré tout dans l'espace public... A l'évidence, cet épisode de Westminster mériterait de figurer en bonne place dans le Manuel de communication-guérilla, publié en Allemagne en 1997, et qui vient d'être traduit en français sous le label "Zones", aux éditions La Découverte.

Livre culte, ce manuel n'est-il pas plutôt un livre à brûler ? S'appuyant sur des théoriciens comme Umberto Eco, Guy Debord ou Roland Barthes, les auteurs déconstruisent la "grammaire culturelle" de nos institutions sociales, et affirment que "la soumission à la normalité relève d'un choix et non d'une nécessité naturelle". Dès lors, ils proposent un certain nombre de techniques destinées à déjouer, voire à saboter l'ordre public.

Parmi les procédés mis en avant, la distanciation, qui met en oeuvre une critique des normes, souvent humoristique, et la suridentification, qui constitue au contraire une adhésion exagérée - ainsi, quand, dans un meeting, des perturbateurs mêlés parmi la foule, ne cessent d'applaudir l'orateur à tout rompre, et à contretemps, cassant ainsi la liturgie du rite social. D'autres groupes, en leur temps, organisèrent des manifestations pour "applaudir les banquiers". Le manuel évoque aussi le banditisme antipub, les pancartes facétieuses "free shopping day" devant les magasins (bordel garanti !), et les auteurs nous invitent à subtiliser les poupées Barbie des rayons jouets des grandes surfaces, pour les glisser parmi les steaks des rayons surgelés !

La force de cette communication-guérilla réside "dans sa mobilité, dans son aptitude à porter des coups avec un temps d'avance sur ses adversaires. Car le pouvoir se caractérise aussi par sa lenteur : tenu de camper sur une position stratégique, il a la tête lourde et des jambes de plomb". Dès lors, les auteurs apparaissent comme des gâcheurs, oui, des gâcheurs qui ruinent les efforts des dominants, des garnements insolents qui font de la subversion politique un des beaux-arts, et qui allument, non sans gourmandise, la mèche de la subversion. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains !

piqué au tas sur lemonde.fr - 27/10/11

17:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/11/2011

Denis Robert : « La fiction est le meilleur chemin pour dire le réel »

Après dix ans de procès, le journaliste Denis Robert est enfin « blanchi ». Posément, sans rancune envers ses anciens détracteurs, il tente de convaincre les politiques de l’urgence à agir contre les dérives du système bancaire.

Regards.fr : Après avoir été blanchi en février par la cour de Cassation, la cour d’appel de Lyon fixera le 29 novembre les préjudices engendrés par Clearstream à votre encontre. Vous êtes soulagé ?

Denis Robert : J’ai gagné sur le plan judiciaire, mais je n’ai pas gagné politiquement, ni médiatiquement. Le scandale Clearstream n’a pas encore véritablement explosé. À quoi sert un journaliste si ce qu’il écrit n’a pas de résonance effective dans le réel ?

Regards.fr : Pourquoi ce silence, selon vous ?

Denis Robert : Il est relatif. Mais l’absence de prise en compte de ce que révèle mon enquête tient à son contenu. Ce que je montre est insupportable pour les banquiers car ça touche le cœur de leur bizness et celui de leurs plus gros clients. Le lobby bancaire est plus puissant que je ne l’imaginais. Ils ont mis en place une sorte de cordon de sécurité autour de mon travail. Dix années de plaintes à répétition et de calomnies. La décision de la cour de cassation réamorce l’histoire. Je vais à Bruxelles dans les jours qui viennent pour rencontrer des eurodéputés. Je suis sollicité par des candidats à la présidentielle. Je ne suis pas pressé. Le temps joue pour moi.

Regards.fr : Les politiques ne s’emparent pas de cette question ?

Denis Robert : C’est un débat qui commence enfin à agiter la gauche. Les candidats à la Primaire socialiste ont parlé de régulation du capitalisme ou de lutte contre les paradis fiscaux mais sans entrer concrètement dans le vif du sujet. Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon ont tenu les propos les plus offensifs, mais on reste encore trop à la surface des choses. Prenons l’exemple des paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy avait promis leur disparition. Quelle blague ! Là, les candidats disent tous : « Il faut lutter contre les paradis fiscaux. » J’ai même entendu : «  Il faut interdire les paradis fiscaux. » C’est juridiquement impossible. C’est comme se saisir d’une savonnette avec un gant de boxe. Les paradis fiscaux sont des leurres. Il est par contre possible de surveiller, voire de stopper les pompes qui alimentent ces paradis fiscaux. On sait que les virements se font pour l’essentiel grâce à une société de routing financier, Swift et grâce aux réseaux informatiques des deux chambres de compensation Euroclear et Clearstream. Il faut contrôler ces structures…

Regards.fr : C’est ce que vous avez indiqué à François Hollande dans la note que vous lui avez donnée ?

Denis Robert : Oui, entre autres. On m’a demandé d’écrire une note. Je l’ai fait bien volontiers. On a trop tendance à considérer l’univers de la finance comme impénétrable ou trop compliqué. Ça ne l’est pas. C’est possible, c’est politique.

Regards.fr : Depuis l’appel de Genève lancé en 1996, c’est un de vos combats moteur ?

Denis Robert : J’ai affiné mes connaissances. En 1996, je n’imaginais pas que l’information financière était autant centralisée. Je ne connaissais pas les chambres de compensation. Je ne savais pas leur importance dans l’organisation du commerce interbancaire. Le juge Garzon, comme les six autres magistrats signataires de l’appel, s’avouait impuissant face aux moyens techniques et à la rapidité des prédateurs financiers. Les fonctionnements judiciaires étaient tellement lourds que les criminels gagnaient toujours. Malheureusement, d’un point de vue judiciaire, la situation n’a pas évolué. Les juges restent toujours cadenassés dans leurs frontières. Par contre, la perception que l’on a de la circulation des valeurs a changé. Il est inutile d’aller chercher des dépositaires dans des paradis fiscaux. Ils sont protégés par ces législations de papier. Le seul moment où les prédateurs financiers sont vulnérables, c’est pendant le temps du transfert de fonds. Et ce temps est électronique. C’est un jeu d’écriture qui s’opère à l’intérieur des chambres de compensation. C’est là qu’il faut taper.

Regards.fr : Vous faites de la pédagogie car souvent le vocabulaire financier est ardu ?

Denis Robert : Quand j’écris, je pense souvent à mon père ou à mes copains qui n’y connaissent rien. Je fais de gros efforts d’écriture et de simplification. Je n’ai pas peur d’être parfois naïf, ou de répéter plusieurs fois la même question quand je ne comprends pas. Cette méthode m’a permis de découvrir le fonctionnement de Clearstream. Au début, son PDG et son staff se sont moqués de mes questions. Ce sont ces questions et leurs réponses qui ont pourtant provoqué leur perte. Aussi puissants qu’ils pouvaient être, ils ont été virés comme des larbins trois mois après la sortie de mon premier livre Révélation$.

Regards.fr : Vous ne lâchez donc pas le morceau ?

Denis Robert : J’aimerais que d’autres prennent le relais. Je sais que des films et des articles sont en préparation en France et à l’étranger. Je suis content de ne pas y participer. Il faudrait maintenant une commission d’enquête et un véritable audit sur Clearstream mais aussi sur Euroclear et Swift. J’ai encore cette ultime étape à franchir.

Regards.fr : Vous avez d’autres projets ?

Denis Robert : Oui, mais j’ai un peu de difficulté à m’y remettre. Je n’ai pas peint une seule toile depuis presque un an. Mon prochain livre – un récit qui n’a pas grand-chose à voir avec la finance- est en rade. J’ai plusieurs films en fabrication. Une série documentaire sur le journalisme est en cours montage. Je prépare un film hommage sur un vieux journaliste qui m’a beaucoup inspiré à mes débuts, Cavanna… J’ai aussi envie de réaliser un film sur des ouvriers qui ont occupé une usine il y a trente ans. Il est important de témoigner de la classe ouvrière. De le faire sans nostalgie. J’ai aussi le dernier tome de ma BD L’ Affaire des affaires qui sort fin novembre. Et une autre BD adaptée de mon dernier roman Dunk est en cours d’écriture.

Regards.fr : Depuis quelques années, vous vous tournez vers la peinture, le théâtre, la BD. Vous êtes fâché avec le réel ?

Denis Robert : Tout a toujours tourné autour de la même question  : « Comment une société aussi riche peut produire autant de pauvreté ? » Mes toiles ou mes BD parlent de ça. La pièce de théâtre que je suis en train de monter au théâtre du Rond-Point aussi. Hunter Thomson disait que la fiction était le meilleur chemin pour dire le réel. C’est assez juste. La saga Clearstream, c’était un combat à mains nues avec le réel. Un affrontement long, excitant mais fatigant. Je suis allé au bout de cette histoire. La cour de cassation a mis un point final à mon travail de journaliste. J’ai maintenant envie de passer à autre chose.

Regards.fr : Vous avez un auteur fétiche ?

Denis Robert : Plusieurs. Mais celui qui m’a amené au journalisme disons littéraire, c’est Truman Capote. La lecture de De Sang-froid a été déterminante. J’ai eu envie de faire comme Truman Capote au début. Je n’y suis pas encore parvenu. Mais sans lui, je serais sûrement resté dans un journal où c’était finalement très confortable.

Regards.fr : Et la peinture ? Quel a été le déclic ?

Denis Robert : Quand on a interdit mon livre Clearstream, l’enquête en 2006, qu’on l’a retiré des rayons, j’ai pris un coup au moral. Le hasard et Facebook m’ont fait croiser la route d’une galerie parisienne. La galerie W. Je me suis dit que là, les policiers ou les censeurs ne viendraient pas m’emmerder. C’est comme ça que ça a commencé. Et ça ne s’est plus arrêté.

Regards.fr : L’enquête, les journaux vous manquent ?

Denis Robert : Parfois. Récemment, il y a eu une page sur moi dans Le Monde avec ce titre : « Le marginal de l’info ». Cette marginalité n’a jamais été un choix de ma part. Le système médiatique et ses influences m’ont mis à l’écart. L’information que j’ai produite n’est plus marginale aujourd’hui.

Regards.fr : Vous êtes conscient d’être devenu une sorte d’emblème, pour tous ceux qui se battent contre les dérives du système, les « indignés » ?

Denis Robert : Pas vraiment, même si je suis souvent sollicité. Je me sens plus utile à écrire, à faire des films qu’à m’engager sur le terrain politique. Au fond, j’ai du mal à y croire. On est dans un pays avec des élections, différents partis, une démocratie qui fonctionne pas trop mal… On n’est pas encore dans un climat insurrectionnel. Ça peut venir assez vite.

Regards.fr : Pour qui allez-vous voter à la Présidentielle ?

Denis Robert : Pour celui ou celle qui réglera le problème des dérives du capitalisme financier. À la gauche de la gauche au premier tour. Et au second tour, sans aucun état d’âme, pour le candidat socialiste qui sera qualifié. S’il l’est… Si ce n’est pas le cas, ça va devenir très compliqué.

Regards.fr : Tous ces gens qui vous font des risettes aujourd’hui après vous avoir lâché pendant les plus dures années, ça vous énerve ?

Denis Robert : Non, pas du tout. Je n’ai de rancoeur pour personne.

piqué au tas sur regards.fr

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20/11/2011

Les liens belges de «Réfléchir & Agir »

Connue pour son positionnement pur et dur, « Réfléchir & Agir », une publication française confidentielle, bénéficie du soutien de divers leaders d’extrême droite, mais aussi de personnalités moins marquées politiquement.
En Belgique, « Réfléchir & Agir » est liée à plusieurs activistes néofascistes, dont un député fédéral du Front national de Daniel Féret.
Récemment, une interview de Jacques Martin, le père d’Alix, fut publiée dans les colonnes de ce « canard noir ».
Portrait.

C’est en octobre 1993 que sort le premier numéro de « Réfléchir & Agir » . Son style, sa qualité rédactionnelle et sa mise en page sont alors amateurs. Apparue au sein de la mouvance skinhead nationaliste, cette publication française est totalement marginale à l’époque.

Localisés d’abord dans la région parisienne (aujourd’hui sa rédaction est située à Toulouse), ses premiers initiateurs sont idéologiquement proches du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE, la structure phare de la « Nouvelle Droite » intellectuelle). « Réfléchir & Agir » veut armer intellectuellement les jeunes activistes de l’extrême droite. Elle ambitionne même de former une nouvelle « élite nationaliste » et se revendique comme étant une « revue autonome de désintoxication idéologique ». Sa ligne politique est « ouvertement européenne, païenne, identitaire, socialiste et anti-capitaliste ». Tout un programme !

Opérations d’« entrisme »
Comme le GRECE dans les années 1970, elle préconise des opérations d’« entrisme » au sein des grosses structures d’ultradroite afin de les influencer de l’intérieur. C’est dans ce cadre que « Réfléchir & Agir » va apporter un soutien stratégique [maintenant on dirait soutien critique] au Front national de Jean-Marie Le Pen. Un des membres de sa rédaction va même faire partie de la direction d’une section régionale des jeunesses du FN et être élu sur les listes de ce dernier en 1998, aux élections régionales.

Malgré son souhait d’être une revue au service de la cause nationaliste, « Réfléchir & Agir » reste isolée au sein même de l’extrême droite. Elle n’est jamais arrivée à se hisser au sommet de la direction du « mouvement national » et son influence y est nulle. En 1998, seule une cinquantaine de militants apportait un soutien à ce journal qui tirait alors entre 300 et 1000 exemplaires, selon les sources. Son développement a notamment été freiné par les dissensions successives survenues au sein de son noyau dirigeant. La composition de son comité de rédaction se modifie constamment, suite à des départs pour cause de conflits idéologiques.

Concurrencée par d’autres structures, rédactionnelles ou organisationnelles notamment, elle a multiplié les adversaires au cœur même de la galaxie néofasciste. Les portes de grands rassemblements de « sa famille politique » lui ont souvent été fermées. La revue est par exemple totalement ignorée par le FN lepéniste et les ‘’Identitaires’’, le principal mouvement radical en France.

Cependant, elle bénéficie de relations fraternelles avec l’association racialiste « Terre & Peuple » de Pierre Vial (un ancien des directions du GRECE et du FN). Il faut aussi constater que malgré son impact confidentiel, « Réfléchir & Agir » arrive à attirer des plumes réputées de l’extrême droite. La publication est également capable, quelquefois, de bénéficier d’interviews de la part de personnalités venant d’autres bords, voire carrément étrangers à l’extrême droite radicale pure et dure. Mais ces cas restent rares.

Au service de l’ultradroite plurielle
La plupart des noms de personnalités apparaissant dans « Réfléchir & Agir » ont un lien direct avec la droite extrémiste, même si, de prime abord, il est parfois difficile pour le néophyte de le déterminer.

C’est le cas de Jean Parvulesco, un intellectuel d’origine roumaine proche de l’Organisation armée secrète (OAS, extrême droite terroriste pro-Algérie française) dans les années 1960 et éminence grise de la « Nouvelle Droite ». Un entretien de Parvulesco fut publié en été dernier dans « Réfléchir & Agir ». Dans le même numéro, on pouvait lire une interview d’un des experts les plus connus en matière de terrorisme, Xavier Raufer, par ailleur activiste dans les années 1970 de diverses organisations d’extrême droite (1). Michel Mohrt, de l’Académie française fut longuement interviewé dans le numéro daté de l’automne 2004, ainsi que l’écrivain et ancien officier de renseignements Vladimir Volkoff (1933-2005), dans le numéro de l’hiver 2002.

A part ces quelques alibis semblant être « pluralistes », mais toujours situés à droite de l’échiquier idéologique, la revue « Réfléchir & Agir » publie des articles et des entretiens d’intellectuels ou de dirigeants clairement labélisés à l’extrême droite. Quelques cas : l’avocat Eric Delcroix (un partisan de la liberté pour les négateurs du génocide des Juifs), l’écrivain Jean Mabire (spécialiste de la SS et conférencier habituel de Terre & Peuple), Emmanuel Ratier (l’héritier idéologico-méthodologique de l’antisémite Henry Coston), Konk (un dessinateur néofasciste, notamment en Belgique pour le Vlaams Belang), Jean Haudry (un universitaire racialiste fanatique des Indo-européens), Michel Lajoy (un activiste néonazi emprisonné suite à un attentat avorté contre des étrangers), feu « ADG » (un membre de la direction de l’hebdomadaire « Rivarol »), Robert Dun (un ancien de la SS française devenu ensuite une référence pour les jeunes générations néonazies), Alain de Benoist (le patron indéboulonable du GRECE), Guillaume Faye (un dissident du GRECE et l’actuel théoricien de la « guerre raciale »), Pierre Vial (le chef de l’association Terre & Peuple »)…

Le retour d’Olivier Mathieu
Au printemps dernier, « Réfléchir & Agir » avait encore proposé à son maigre lectorat un entretien avec un certain Gaston-Armand Amaudruz, meneur en Suisse du mouvement néonazi local, que la justice de son pays condamna en 2000 pour négationnisme et antisémitisme. Auparavant, Gaston-Armand Amaudruz avait dirigé le Nouvel ordre européen (NOE), un réseau néonazi actif sur l’ensemble du continent et soutenu par feu Léon Degrelle, le « big boss » de Rex, le parti fasciste belge des années 1930.

L’un des responsables actuels de « Réfléchir & Agir », Pierre Gillieth, est quant à lui un ancien collaborateur de diverses redactions d’extrême droite : de « Rivarol », de son supplément « Ecrits de Paris », de « Terre & Peuple – Le magazine » (édité par l’association du même nom), de « Montségur »... Pierre Gillieth est par ailleurs le dirigeant de « Auda Isarn ». Editions toulonaises directement liées à « Réfléchir & Agir », elles ont publié, cette année, un roman d’Olivier Mathieu.

Ce sinistre personnage n’est pas un inconnu, ni en France ni en Belgique. Olivier Mathieu, néonazi français spécialisé dans la négation des crimes de la dictature nazie, s’était exilé, suite à diverses provocations commises outre-Quiévrain, au début des années 1990 en Belgique.


Sur cette photographie exclusive de RésistanceS : stand néonazi tenu à la Foire internationale du livre de Bruxelles, en mars 1989, notamment par Olivier Mathieu (au centre) et Patrick Cocriamont (à droite), actuel député du FN belge (voir plus bas) © Photo : Manuel ABRAMOWICZ – RésistanceS.

Sympathisants belges
En Belgique, « Réfléchir & Agir » fut diffusée dans certaines librairies de la capitale, au milieu des années 1990, par Robert Steuckers, le principal animateur de la « Nouvelle Droite belge » et ancien dirigeant du GRECE dans notre pays jusqu’à son conflit avec la direction parisienne de ce groupement.

Aujourd’hui, ils ne sont qu’une poignée de Belges à soutenir « Réfléchir & Agir ». Parmi eux, se trouve Patrick Cocriamont. Sur le site Internet de ce député fédéral du Front national belge et membre de la bannière wallonne de Terre & Peuple, un lien hypertexte renvoie directement au site de « Réfléchir & Agir » (2).

Dans les années 1980-90, Patrick Cocriamont a fait partie de la direction du Parti des forces nouvelles (PFN), un groupuscule néonazi. C’est le PFN qui accueillit alors dans son exil bruxellois le négationniste Olivier Mathieu, aujourd’hui édité par un des « cadre » de « Réfléchir & Agir » (revoir plus haut dans notre article). Ce monde-là est décidément très petit. Il prouve en tout les cas les liens persistants du Front national belge avec la tendance la plus extrémiste du mouvement dit « national ».

Le père d’Alix interviewé par « Réfléchir & Agir »
Sur le site Internet de « Réfléchir & Agir », figure une page intitulée « Notre clan ». Sur celle-ci est listé l’ensemble des contacts ou des structures pour lesquels le magazine néofasciste exprime sa sympathie. Deux « contacts belges » s’y retrouvent : « Le Bulletin célinien » (mensuel consacré à la mémoire et à l’actualité de l’écrivain antisémite Céline) et l’association « Europa » (la branche belge du réseau Synergies européennes, co-dirigé par Robert Steuckers).

Récemment, c’est une brillante référence de notre monde culturel qui démontra ses liens avec « Réfléchir & Agir ». La revue néofasciste publia dans son n° 21, daté de l’automne 2005, un entretien avec Jacques Martin, le créateur d’Alix, un de nos héros de bandes dessinés. Comme quoi, le cordon sanitaire isolant l’extrême droite sur le plan politique n’est pas respecté par tout le monde…

Alexandre VICK

Notes :
(1) Pour un portrait détaillé du CV militant à l’extrême droite de Xavier Raufer, voir : « Enquêtes sur l’extrême droite » de René Monzat (Le Monde-Editions, Paris, 1992) pages 281 et 282.
(2) Les autres liens français figurant sur le site Internet du député fédéral du Front national Patrick Cocriamont sont ceux de l’association Terre & Peuple, de celui du « docteur Merlin » (un chanteur d’extrême droite païen lié déjà dans les années 80 au Parti des forces nouvelles, dont est issu Cocriamont), de l’hebdomdaire pro-négationniste « Rivarol », de la lettre d’information de délation « Faits & Documents », de radio Courtoisie et du dessinateur Konk.


© RésistanceS – www.resistances.be - Bruxelles – Belgique –15 décembre 2005.

 

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