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31/01/2010

De Teilhet à Tarnac...l'ultra droite la main de le SAC en poil de chêvre ?

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sac en poil de chêvre et cuir de bouc, artisanat typique du Maghreb et de l'Afrique

Belle petite vidéo de "La Montagne", que je salue au passage pour son travail indépendant, talent trop rare dans les journaux dits "locaux".

De Teilhet à Tarnac - Centrefrance
De Teilhet à Tarnac - Centrefrance

Il est important de revenir sur ce qui est arrivé à JHB car :

- "les avocats de Julien Coupat et ses proches demandaient au juge d'instruction Thierry Fragnoli d'entendre M. Bourgeois en leur présence et en présence des officiers de police judiciaire l'ayant entendu le 14 novembre 2008, laissant entendre qu'ils l'auraient entendu un jour plus tôt et avaient exercé des pressions sur lui" (selon Le Figaro)...

-"les réservations hôtelières et les reçus de paiement des officiers de police judiciaire, venus de Paris pour entendre Jean-Hugues Bourgeois, attestent que l’audition initiale avait eu lieu le 14 novembre 2008 au matin, selon cette source"(selon La Montagne).

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Quid du cas "Tanguy DESHAYES" ? Français de souche dans le texte...

"Tu vas crever, nègre blanc." Cette lettre, brûlée sur les côtés pour en renforcer l'aspect macabre, a valu à Tanguy Deshayes, 41 ans, tête de liste du Front national dans le 20e arrondissement de Paris lors des élections municipales de 2007, d'être mis en examen jeudi 22 janvier pour "menaces de mort" contre un jeune éleveur bio de 29 ans, Jean-Hughes Bourgeois. (Le Monde).

Qu'est ce qui a pris à ce quadra d'ultra droite d'écrire une lettre de menace à un jeune agriculteur bio à 400km du 20ème arrondissement de Paris ? Le fn se lance dans la campagne contre la diversification des fromages de chêvre bio...?

"C'est à la lecture des journaux que Tanguy Deshayes affirme avoir pris connaissance de l'affaire. Et pour lui, pas de doute : les convictions écologistes de Jean-Hugues Bourgeois le désignaient comme "un gars d'extrême gauche qui venait déranger des paysans français", a-t-il affirmé au Monde par téléphone. "Ça m'a énervé", ajoute-t-il pour expliquer sa lettre anonyme."(Le Monde).

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Le consanguin Tanguy passe la presse régionale au peigne fin pour y trouver des cibles potentielles ? JH Bourgeois allait-il faire une ferme halal ?

" Interpellé mardi 20 janvier à Paris et transféré le lendemain au tribunal de grande instance de Riom,Tanguy Deshayes a reconnu être l'auteur de la lettre anonyme envoyée en octobre 2008. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Le Front national l'a suspendu, jeudi, "en raison de son comportement aberrant""

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Et oui, maintenant militer au fn ne rîme plus avec barre de fer...on la joue glamour consanguin incestueux...


"Les gendarmes de la brigade de recherches de Riom ont pris ces nouvelles menaces très au sérieux. Un fragment d'empreinte digitale retrouvé par les enquêteurs a pu être rapproché de données conservées dans le fichier national. Tanguy Deshayes a en effet déjà été condamné. "C'était il y a une dizaine d'années pour une affaire de bagarre et de détention d'arme", nous a-t-il expliqué. "C'était dans le cadre du service d'ordre d'un parti politique", précise une source proche de l'enquête."

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"Dans le cadre"...j'aime bien la notion du cadre : bagarre, détention d'arme, service d'ordre, le passage obligé pour grimper les marches au fn ?

"Ces menaces sont cependant un évènement incident dans l'enquête judiciaire ouverte en septembre 2008 sur les faits qui ont poussé le jeune agriculteur hors de la région. Or, l'enquête semble à ce jour au point mort. "Sur les six plaintes de déposées, une vient d'être élucidée", constate Jean-Hugues Bourgeois. L'agriculteur fait part de sa perplexité face au caractère isolé de la dernière affaire. "Même si les gens ne se connaissent pas entre eux, est-ce qu'il n'y a pas un lien ?"Manuel Armand (Correspondant)Le Monde.

 

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Liens consanguins

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29/01/2010

calais : un nouvel abri pour les réfugiés !

Communiqué de SoS Soutien aux Sans Papiers

La chasse à l’homme et traitements inhumains et dégradants s’amplifient depuis le "nettoyage" des campements à calais. No Border et SoS Soutien aux Sans Papiers décident de mettre à la disposition des exiléES et DES CalaisienNES qui les soutiennent un hangar de 600 m2 dans le centre De Calais RUE CRONSTADT

Le harcèlement dépasse toute mesure : ils ne peuvent plus s’asseoir , se poser, sans qu’une horde de robocops leur demande de dégager ailleurs".

La misère on la stigmatise , on la criminalise et on la cache , MAIS on ne la fait pas disparaître. Besson les clochardise, tels des chiens à qui l’on jetterait des pierres pour les faire disparaitre !

Ces réfugiés : "dégâts collatéraux" fuyant les conflits alimentés par nos ventes d’armes ou nos armées, (les sous sols sont riches, ou des positions stratégiques).

Nous exigeons le respect et l’application des Accords de Genève avec l’abrogation des accords Dublin II., la liberté d’installation et de circulation pour tousTES.

M. Besson , votre reproche de "pointillisme administratif" ! concernant tous les exiléEs vous fait à nouveau déraper : Leur criminalisation , stigmatisation, la répression et chasse à l’homme n’ont plus de mesure tant la xénophobie de ce gouvernement et votre racisme en sont les ferments premiers.

Attention : " l’autre" , "l’étranger" , responsable de tous les maux, ce n’est pas de notre Identité ! L’Etat ne peut continuer à violer impunément les droits humains les plus élémentaires.

Nous exigeons le respect et l’application des Accords de Genève et l’abrogation des accords Dublin II., la liberté d’installation et de circulation pour tousTES.

No Border est sur place dans ce hangar, et ce weekend end , des couvertures et matériel de campement seront les bienvenus ! RUE CRONSTADT

SOYONS NOMBREUX ET SOLIDAIRES : les médias ont déjà titré " UN NOUVEAU SANGATTE A CALAIS" !

La lutte va etre serrée avec le préfet M. de Bousquet et la violence de sa police.

00:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/01/2010

Manifestations pour la libération de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan, samedi 20 février

- Samedi 20 février, à 13h30, devant la prison de Fresnes, avenue de la Liberté. Depuis Paris : bus 187, Porte d’Orléans, station Maison d’arrêt ou RER B, direction Robinson, station Arcueil-Cachan, puis bus 187.
- Samedi 20 février, à 11 heures, devant la préfecture, place Saint-Etienne, à Toulouse.

Il y a deux ans, Jean-Marc Rouillan avait pu obtenir un régime de semi-liberté, dernière étape avant la liberté conditionnelle. C’était sans compter sur le délire médiatico-politique qui a suivi une interview accordée à L’Express. Retour à la case prison. Depuis, on sait que Jean-Marc Rouillan souffre d’une maladie rare et évolutive. Scandaleusement sans soins, à la prison des Baumettes, puis au centre de détention de Muret depuis le 27 octobre, Jean-Marc Rouillan est la proie d’une justice antiterroriste revancharde. Le militant, devenu écrivain et éditeur chez Agone à Marseille, a déposé une nouvelle demande de libération. Elle pourrait être examinée après un passage au centre national d’observation (CNO) de Fresnes. Des « experts » psychologues et psychiatres examineront la « dangerosité » du militant révolutionnaire alors que c’est d’un expert du syndrome de Chester-Erdheim dont Jean-Marc Rouillan a besoin de toute urgence.

Pour sa part, Georges Cipriani n’a jamais pu bénéficier d’un seul jour de liberté depuis vingt-trois ans. En avril 2009, un jugement lui avait accordé un régime de semi-liberté. Le parquet avait fait appel et des juges ont osé dire que son dossier, accepté en première instance, n’était pas recevable après vingt-deux mois de procédure ! Incarcéré dans la prison d’Ensisheim, Georges Cipriani a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle. Elle devrait être examinée le 5 février.

Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan subissent un intolérable chantage au reniement, voire au repentir, deux notions étrangères au droit français. Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan, qui ont terminé leur peine de sûreté en 2005, doivent être rapidement libérés.

 

Plus d’informations sur le site de Ne laissons pas faire !, et sur le blog de soutien aux militants d’Action directe emprisonnés.

Paco

08:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/01/2010

procès des inculpés de l'incendie de Vincennes

 

compte rendu de la 1ere journée du procès des
inculpés de l'incendie de Vincennes

Aujourd'hui lundi 25 janvier a débuté le procès des dix sans-papiers accusés d'avoir participé à la révolte collective qui en juin 2008 a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes.

En réalité ce procès n'a pas vraiment commencé et demain nous saurons si la juge madame Dutartre peut continuer à présider les audiences à venir et si Nadir Autmani, en détention depuis 8 mois, sera remis en liberté.

Voici un compte rendu succinct de ce qu'il s'est passé au tribunal aujourd'hui.
Avant même l'ouverture du procès, nous avons appris que l'un des prévenus avait été arrêté dans une rafle dans le secteur de la gare du nord et était placé en garde à vue. N'étant pas présent au début de la séance, l'audience a été suspendue jusqu'à ce qu'il soit libéré. A 15h30, le prévenu arrive et les audiences reprennent
dans le brouhaha, les slogans à l'extérieur faisant écho à l'agitation à l'intérieur. Il y a encore des places dans la salle, alors que 200 personnes attendent devant exprimant de diverses façons leur solidarité avec les inculpés.
Parallèlement des gens vont protester auprès du batonnier et de la présidence du tribunal. Alors que les avocats soulèvent le problème de la publicité des débats, l'épouse d'un des prévenus reconnait la juge : c'est celle là même qui a fait incarcérer son mari en 2005 et qui l'a mise elle sous contrôle judiciaire. Elle commence a interpeler la juge qui dément et demande aux gendarmes de la faire sortir. Deux gendarmes s'approchent mais n'insistent pas devant son refus. La juge persiste à nier, lançant aux avocats : "vous préferez croire en vos clients plutôt qu'en le tribunal". Mauvaise foi ou démonstration d'une justice d'abattage qui envoie chaque jour des centaines de gens croupir en prison?
Mal à l'aise, la juge accorde tout de même 15 minutes de suspension. Pendant ce temps, des avocats vont chercher des documents attestant de cette affaire.
A la reprise d'audience, la juge décide d'abord de lire les chefs d'inculpation de chacun des prévenus:
- violences sur dépositaires de l'autorité
publique n'ayant pas entrainé d'ITT supérieure à
8 jours.
- destruction par incendie des bâtiments du centre de rétention de
Vincennes.
- destruction de biens destinés à l'utilité ou à la décoration publique.

3 des 5 policiers plaignants, Patrice Beaufort,Nicolas Carlot, Jérôme Dupuy, Jonathan Faure,Sandrine Schenk, Corinne Tamas sont présents.

Les avocats apportent la preuve de ce que disait l'épouse de D et demandent à la juge qu'elle se désaisisse de l'affaire. Déstabilisée, Madame Dutartre suspend l'audience jusqu'à demain mardi 13h30.

Les enjeux de l'audience de demain sont le report
du procès et surtout, si ce report est accepté,
la remise en liberté de Nadir Autmani.

Soyons nombreux pour que ce procès n'ait pas lieu et que Nadir soit libéré.

Fermeture des centres de rétention!
Liberté de circulation et d'installation pour tous!

 

Deuxième journée du procès toujours pas commencé des inculpés de Vincennes !

La juge Dutartre ayant refusé de se dessaisir elle-même (rappelons qu’elle a déjà été juge dinstruction dans une affaire dun des inculpés et quelle lavait déjà envoyé en prison), les avocats ont alors fait une demande officielle de récusation auprès du président du tribunal.


L
audience a donc encore une fois été suspendue, en attendant la réponse, et reprendra demain à 13h30.

Encore une fois de nombreuses personnes étaient venues en solidarité et comme hier la plupart n
a pas pu rentrer. À la fin de laudience, les personnes solidaires qui criaient «liberté avec ou sans papiers» ont été très rapidement et violemment poussées vers lextérieur. Une personne a été arrêtée.

Soyons nombreux demain à 13h30 pour que Nadir Autmani, encore incarcéré, soit libéré et pour exiger la relaxe de tous les inculpés.


Fermeture des centres de rétention !
Liberté de circulation et dinstallation pour tous !


Infozone, 26 janvier 2010
Liste d’information pour la France sauvage.

pour aller plus loin :
- 4 pages "brulons les frontières" sur les enjeux de cette lutte : http://nantes.indymedia.org/article/19229
- affiches à télécharger http://nantes.indymedia.org/article/19227
- "à chacun le sien..." Recension de vautours qui se font du fric avec la machine à expulser : http://nantes.indymedia.org/attachments/nov2009/vautours....
- la brochure : "soutien aux sans-papiers"

à noter dans vos agendas la manifestation de soutien aux sans papiers à Nantes le 6 février. "tract et affiche"

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19:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/01/2010

Libération immédiate de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

Nous demandons la libération immédiate de
Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

 

Premiers collectifs signataires : Action-directe.net ; CNT santé social et collectivités territoriales ; Collectif Bboykonsian/La k-bine ; Collectif de soutien aux prisonniers d’Action directe – Montpellier ; Collectif des amis et camarades des prisonniers d’Action directe, Frankfort … Paris ; Comité Libérez-les ! de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62) ; Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux ; Commission pour un Secours Rouge International (Bruxelles-Zürich) ; Libérez Les Prisonniers – Bordeaux (LLP 33) ; Réseau No Pasaran ; SCALP-Reflex; Secours Rouge (Belgique); Solidarité et Liberté (Belgique)


_-_-_-_-

Arrêtés avec Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon en tant que militants d’Action directe, Georges Cipriani et Jean‑Marc Rouillan sont en prison depuis février 1987 ! Action directe était une organisation qui a fait le choix de la lutte armée en Europe de l’Ouest dans les années 1980. A partir de mai 1979 cette organisation a réalisé des actions contre des institutions de décisions politiques de l´État.


En 85/86 AD menait, entre autre, les opérations contre le responsable pour l’État français de la vente d’armes, et contre le P-DG de Renault, responsable de restructurations industrielles et de licenciements de masse.

 

Les quatre d´AD ont été condamnés à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans.

L’État visait leur anéantissement physique et psychique. Ils furent soumis à un traitement spécial : torture par l’isolement, interdiction ou restriction des contacts et de la communication à l’intérieur de la prison et vers l’extérieur.

Après 17 ans de prison, les médecins ont diagnostiqué à Joëlle Aubron une tumeur cancéreuse avancée. La mobilisation permit sa libération en suspension de peine en juin 2004. Joëlle est décédée le 1er mars 2006.

 

Après la période des 18 ans de peine de sûreté, la mobilisation pour la libération de Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan se renforça. Il y eut des campagnes de presse, des actions publiques, des meeting, des concerts, des rassemblements et d'autres actions de solidarité pour remettre la question des prisonniers d'Action directe à l’ordre du jour.

 

Après plus de vingt ans de prison, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan obtinrent une semi-liberté. Les restrictions associées à cet aménagement de peine comprenaient une interdiction de se prononcer publiquement sur les faits pour lesquels ils avaient été condamnés, et par conséquent sur leur histoire et sur le contexte politique de l´époque. Jean-Marc donna une interview qui lui valut la révocation totalement arbitraire de sa semi-liberté.

 

La dernière demande de libération de Georges Cipriani lui fut refusée en appel aux motifs, entre autres, qu'il continue à se prononcer politiquement et qu’il signe toujours ses déclarations en tant que prisonnier d'Action directe. Il lui fut également reproché de ne pas exprimer de regrets. Il est ainsi le seul militant d’Action directe emprisonné qui n'ait bénéficié d’aucun jour de liberté après plus de 22 ans de détention.

 

Quelques mois après l’annulation de sa semi-liberté, l’état de santé de Jean-Marc Rouillan s’est dégradé. L’administration pénitentiaire a attendu la dernière limite avant de l’hospitaliser d’urgence. Le syndrome de Chester-Erdheim, maladie grave et évolutive, fut diagnostiqué. Cette maladie devrait être traitée, selon les spécialistes, avant la manifestation d’une nouvelle crise. Mais un tel traitement est incompatible avec la détention. Jean-Marc est retourné en prison, sans soins. Les procureurs lui ont dit de prendre ses distances avec l´histoire d´AD et d´exprimer des regrets s´il voulait sortir pour être soigné. L´État veut le laisser mourir en prison.

 

 

Nous demandons la libération immédiate de
Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

 

Décembre 2009 - Contact : mail-action-directe@laposte.net


Plus d'informations sur
http://www.action-directe.net ou http://action-directe.over-blog.com

23:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

22/01/2010

L'antirépression n'a pas besoin de spécialistes ! (Un travail militant est encore à construire).

piqué chez le JL:

5 22 /01 /2010 16:57


Ces dernières années, la nécessité, coûte que coûte, d’appliquer les réformes dictées par les intérêts de la bourgeoisie a accru la répression. Dans les pays occidentaux, des pans entiers de luttes que les démocraties parlementaires toléraient auparavant au nom de la paix sociale sont aujourd’hui traînés devant les tribunaux au premier prétexte. En France, on peut dater le début de cette «intolérance», avec la répression sans faille qu’appliqua en 1998-1999 le gouvernement de gauche Jospin face au mouvement de chômeurs et précaires. Comme quoi cet accroissement répressif n’est pas dicté par une idéologie partisane à l’intérieur même de cette démocratie parlementaire, mais bien nécessaire pour l’ensemble des tenants de cette dernière.

Avant, l’antirepression était essentiellement le fait de mouvements ou organisations révolutionnaires antiparlementaires qui faisaient fi des conséquences des foudres répressives. L’illégalité était à revendiquer et la rupture avec la société capitaliste devait passer par l’acceptation et la revendication de cette illégalité. Deux choses ont changé aujourd’hui  : la première est celle que nous introduisions  ; la bourgeoisie se fiche de la paix sociale et se tourne exclusivement vers la brutalité comme mode de gestion de ses intérêts (guerres, licenciements, législations sécuritaires, répression judiciaire…). Le deuxième changement est celui de l’accroissement des luttes, non pas que la paix sociale aie été abandonnée, mais parce qu’entre autres la brutalité bourgeoise provoque de telles injustices quotidiennes (aussi bien locales que globales) que la résistance, heureusement, se fait entendre et est même des fois gagnante.

L’antirépression d’aujourd’hui est encore celle d’hier


La répression qui touche les luttes sociales (contre-sommet, lutte de sans-papiers, luttes ouvrières…) provoque heureusement des formes de solidarité qui dépassent les cadres claniques des idéologies et des partis. Touchant l’ensemble du camp «de l’émancipation sociale», la répression étendue a provoqué une solidarité étendue. La répression des luttes de sans-papiers concernant des franges très différentes, l’antirépression s’organise en conséquence. Mais comme les autres luttes, elle reste attachée à une forme antérieure qui n’aborde les formes, les stratégies et les tactiques de l’antirepression qu’après que la répression aie eu lieu. Laissant ainsi aux spécialistes (le plus souvent aux avocatEs) l’ensemble de la maitrise tactique, abandonnant ainsi un champ du militantisme à de seules fins techniques, semblant délaisser un domaine qu’ils et elles ne maîtrisent pas.

Tout comme l’économie, le vocabulaire judiciaire a cette vocation d’exclure le quidam, lui faisant ressentir son exclusion par la forme, alors que sur le fond, un peu de remue ménage devrait permettre à chacune et chacun d’exercer son libre arbitre, son libre choix et son libre intérêt. Cette vocation à se décharger d’un corpus qui semble trop lourd est encore plus visible dans les contre-sommets. Groupe anti-répression, Legal Team etc, ont pour vocation louable de permettre un soutien juridique et /ou politique aux personnes qui pourraient être la proie de la répression d’État. Se multipliant et s’officialisant presque, comme un élément du décor de l’événement, ces Legal Team ont accentué l’abandon aux spécialistes de l’antirepression elle-même.

Legal Team, groupes de soutien, etc.


Ces groupes informels ont ainsi eu beau publier des guides juridiques, ils sont très peu lus avant, mais le sont bien plus après, une fois la répression démarrée. Alors que ces publications devraient être la base d’un débat commun antérieur aux risques de répression sur les stratégies militantes, ils se trouvent au mieux n’être qu’un condensé lu par quelques spécialistes locaux.

Ainsi par exemple, alors que depuis plusieurs années, à chaque contre-sommet, l’acceptation automatique de la comparution immédiate est critiquée (justice expéditive et politique dans un climat médiatique de lynchage…), nous en sommes toujours au début de la stratégie  : apeurés par la répression d’État et par l’emprisonnement (même de quelques semaines), les inculpées préfèrent s’en remettre à la chance (même minime) d’échapper, alors que dans certains cas, le sort est déjà jeté, l’emprisonnement est inévitable et la stratégie judiciaire compromise. En effet, affublée de condamnations de plus en plus lourdes en comparution immédiate, la peine est habituellement réduite en appel, car éloignée du climat de lynchage et grâce au travail d’une défense qui peut aussi plaider sur l’irrégularité de la procédure (ce qui est monnaie courante lors des grands évènements et grandes rafles). Accepter la comparution immédiate, c’est ainsi n’avoir qu’un seul procès qui peut alléger la peine, la refuser c’est se projeter au mieux dans deux procès, le plus souvent le premier est celui qui vous sort de taule, le second celui qui fixe la peine. Mais comme rien n’est automatique, il se peut aussi que l’on peut accepter la comparution immédiate, car les charges sont minimes et le lynchage ailleurs. C’est pour cela que le libre arbitre de chacun fait de la compréhension des mécanismes devrait faire partie de chaque militantE, afin de pouvoir jauger. On ne peut attendre l’avis des «spécialistes», car une fois interpellé et embastillé, la communication dans un premier temps est impossible avec l’extérieur. La seule personne «de son intérêt» que l’on côtoie est son avocatE et ce dernier ou cette dernière est souvent très frileux dans une critique de la comparution immédiate et a plutôt tendance à l’accepter, y compris même avec des avocates des groupes de soutiens, des Legal Team etc. car ils et elles ne maitrisent pas le «climat politique» que seul les militantEs connaissent. Un travail militant est encore à construire.

Dans «s’organiser», il y a «organiser»


Le besoin que chacun connaisse un corpus juridique pour faire face à la répression nécessite en parallèle de nouvelles formes d’organisations. D’anciennes semblent aujourd’hui obsolètes. On a ainsi vu à Strasbourg, lors du contre-sommet de l’Otan, en avril dernier, lors de l’arrestation de deux jeunes allemands, accusés d’avoir participé à l’incendie de la douane, la Rote Hilfe (très ancienne organisation allemande vouée à l’antirepression d’État en Allemagne) dépêcher un de ces avocats qui, au final, n’a fait que combler un vide militant, c’est-à-dire faire le lien entre la juridiction et les soutiens (amiEs, camarades, familles…). Elle s’est rangée derrière un avocat qui n’a eu d’autre motivation que de garder son poste, se mettant lui-même derrière un avocat français qui avait choisi comme stratégie de flatter l’institution judiciaire. Le résultat a été l’absence de solidarité avec les deux inculpés, quatre ans de prison dont trois ferme, un refus de se pourvoir en appel. La plus forte condamnation des évènements de Strasbourg. La démarche minimum des spécialistes pour justifier leur monopole sur la question peut provoquer les dégâts maximums…

Du côté des avocatEs, les lignes changent aussi depuis plusieurs années. Fini le temps emblématique des «grands avocatEs de la cause». Localement nombreuses et nombreux se mouillent dans la bataille. Certains appliquent même des défenses gratuites quand cela est nécessaire. Certains se regroupent en collectif, notamment dans des luttes de sans-papiers ou lors de contre-sommets, comme cela fut le cas à Strasbourg. C’est ces initiatives qu’il nous semble aujourd’hui important d’impulser  : des militantEs qui connaissent un b.a.-ba judiciaire, un réseau d’avocat aussi bien local qu’international identifié et connu des personnes en lutte, des militantEs qui connaissent les réalités répressive et des avocates qui saisissent les réalités militantes. La route est encore longue pour que la révolution puisse venir. À nous de tracer nos chemins !

Roland Bavard, décembre 2009
Courant alternatif no 196, janvier 2010
Mensuel communiste-libertaire.

19:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/01/2010

Sur le “prisonnierisme”

Le texte ci-contre est sorti en décembre 2002, au moment où la lutte espagnole contre les FIES trouvait sa résonnance maximale hors des murs, surtout dans les cercles militants.
Les compagnons y dénoncent et analysent les travers du «prisonnierisme» (presismo en espagnol) : la mythification du prisonnier en tant que tel ou pour ses illégalismes qui l’ont conduit dedans, la légèreté à qualifier les prisonniers de compagnons et d’anarchistes pour à la fois gonfler la lutte et son propre rôle à l’extérieur, le développement d’une démarche de soutien/assistanat et non complicité/affinité, le sens de la solidarité qui signifie beaucoup de papier et peu d’attaques.

Bien entendu, ces critiques parleront plus aux quelques compagnons anarchistes qu’aux divers militants et camarades généralement investis sur ce thème en France, et plus généralement à tous ceux/celles qui ont affronté la question anticarcérale comme lutte parcellaire qu’aux autres.
Enfin, il ne faut pas oublier non plus le contexte espagnol de l’époque qui a vu se multiplier les groupes anarchistes ou libertaires (et les publications) appuyant la lutte interne contre les FIES, développant un milieu spécifique qui n’a pas existé ici ces dernières années (y compris lors de la tentative avortée autour du réseau de l’Envolée), milieu qui concentre les critiques.
Nous avons jugé utile de le publier malgré ces limites parce que les questions qui y sont posées concernent plus largement toute lutte parcellaire et le milieu qui se crée autour, parce que certaines de ses réflexions correspondent à des discussions/débats que nous avons pu avoir (sur l’illégalisme, sur les façons d’affronter la taule), et enfin parce qu’ayant participé ici à la lutte contre les FIES et suivi régulièrement dans cette publication la situation des compagnons incarcérés, il nous semblait intéressant de publier cette fois un bilan qui a pu être tiré de l’intérieur du mouvement contre ces «prisons dans la prison».

Ces dernières années, dans nos milieux, nous n’avons pas arrêté de parler de prisonniers en lutte, de grève de la faim, de rebelles sociaux, de revendications (l’abolition du FIES et les trois autres, que vous ne connaissez que trop bien)…

Partant du fait qu’il y a eu une réelle lutte dans tout ça, nous voudrions faire une critique (plus corrosive que constructive) de ce que nous appelons le “ phénomène prisonnieriste ”. Cela, afin d’essayer de discerner le peu de lutte et de communication réelle du folklore et du “ simulacre de lutte ”. Et surtout, nous voudrions décerner une mention spéciale à cette lutte qui aujourd’hui s’est transformée en grande partie en phénomène prisonnieriste.

Qu’entendons-nous par “ phénomène prisonnieriste ” ?

Pour remettre en contexte, bien que celui-ci soit probablement plus que connu, nous allons faire un bref résumé de ce qu’il s’est passé. Avant 1999, il n’y avait que quelques personnes et/ou groupes qui maintenaient un contact (à travers des correspondances et des visites) avec des prisonniers, et ce fut partir de la première grève de la faim indéfinie (et collective) que le milieu libertaire (anti-autoritaire et anti-répressif) découvrit la situation dans les prisons.

Il est clair qu’à partir de ce moment, les groupes de soutien aux prisonniers, les publications pleines de communiqués et d’adresses de “compagnons prisonniers”,… ont poussé comme des champignons. Dans bien des villes, des actions en soutien aux prisonniers et en solidarité avec leurs revendications se sont mises sur pied. La devise était : leur lutte est notre lutte ! Et c’était bien,… tant qu’il y avait de la lutte, évidemment.

Il y eut aussi différentes rencontres “anticarcérales” au cours desquelles on a pu divaguer à loisir sur notre rôle dans cette lutte ainsi que sur le comment pouvoir l’étendre. Tout cela en restait à une déclaration de principes bien intentionnée, mais abstraite : diffusion, coordination et futures caisses de résistance.

La coordination obtenue a toujours été minimale, le stricte nécessaire pour que toute cette histoire ne tombe pas à l’eau. Et ce que nous avons appelé coordination s’est avéré, au final, n’être rien d’autre que l’effort d’un nombre limité de personnes qui, curieusement, sont celles qui se sont le moins mises en avant dans ce grand cirque de la reconnaissance tellement présent dans cette lutte.

Et pour ce qui est de ces fameuses “ caisses de résistance ”… Le thème a été discuté, spéculé, insinué, mais nous aurions du garder en tête que ce genre de choses ne doit pas se discuter, mais se FAIRE.

Ce qui a été obtenu par contre, c’est l’extension-diffusion de la pseudo-lutte, mais tout cela ne fut que quantitatif (nous n’avons pu apprécier aucune avancée qualitative). Il y eut beaucoup de gens qui ont commencé à entretenir une correspondance avec les compagnons (et les “moins compagnons”) prisonniers de l’Etat oppresseur et capitaliste tant haï. Et nombreux furent aussi les prisonniers qui firent de même avec les “nouveaux compagnons de la rue”. Ils se transformèrent tous en “chèrEs amiEs” et se dirent “Salut compagnonNE”… et ensuite ?

Nous disons “pseudo-lutte”, parce que nous pensons qu’écrire deux douzaines de cartes par mois et aller en taule pour rendre visite à untel ne peut être considéré comme une lutte ou un affrontement (nous ne disons pas qu’il faut cesser de le faire, mais juste qu’il ne faut pas prétendre que cela est le plus subversif ou le plus révolutionnaire que nous puissions faire).

Au-delà de ça, beaucoup semblent oublier qu’il s’agit ici d’une “lutte” parcellaire. Ce n’est pas pour autant qu’il faudrait la reléguer au second plan, mais nous voudrions juste rappeler que tant qu’il y aura un Etat-capital, il y aura des prisons (même si elles varient ou se transforment), tant qu’il y aura de l’obsession-aliénation, il y aura des prisonnierEs (tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs).

Dans les années 80 il y eut l’insoumission, au cours des années 90 ce fut le mouvement squat, et à présent c’est le prisonnierisme. On dirait qu’à chaque moment nous nous laissons attraper par “la lutte en cours” comme s’il s’agissait d’une mode. Comme si nous n’étions pas capables de pratiquer notre résistance-attaque sur tous les fronts.

A ce moment, les collectifs, groupes et individuEs anarchistes n’ont pas su élaborer une stratégie de lutte anti-carcérale correspondant aux pratiques anarchistes. Nous nous sommes laissés porter par les formes qui plus tard laisseront place au phénomène prisonnieriste.

Quand nous parlons du prisonnierisme, nous ne nous référons pas à la lutte anti-carcérale portant une optique révolutionnaire et s’articulant sur une pratique tant réelle que radicale, mais plutôt à toutes ces pratiques —qui sont déjà des habitudes pour beaucoup— et qui consistent à “soutenir les prisonnierEs” en les considérant de façon abstraite. C’est-à-dire que le prisonnierisme est cette chose dans laquelle la lutte contre les prisons s’est retrouvée réduite et dénuée de toute vertu.

Quelques unes des caractéristiques de ce soutien prisonnieriste qui attirent le plus notre attention sont les suivantes :

Idéalisation, quasi mythification, des “ compagnonNEs prisonnierEs ”

Outre le fait que nous n’utilisons que peu de critères pour considérer quelqu’unE comme unE compagnonNE sans même la-le connaître (serait-ce que les compagnonNEs ne représentent pas grand-chose à nos yeux ou que nous ayons déjà vidé ce terme de sa substance ?), nous avons observé une idéalisation progressive de ceux qui dans prisons protestent contre les conditions imposées par l’Institution Exterminatrice. Toute personne dont le nom se trouve en fin d’un communiqué est déjà en lutte. Toute personne qui passe un jour sans manger ou sans sortir en promenade l’est aussi. De cette manière, avec nos envies imparables de nous élargir, nous avons confectionné des listes extensives de “prisonnierEs en lutte”. Listes relevant plus de la fiction que de l’extension, car lorsque nous avons tenté de les vérifier, nous avons découvert plus de ratures que de noms.

Cette attitude de recruter des adeptes à notre cause et à les idéaliser est l’héritage de la séduisante loi du nombre et de la culture de masse. Pour les marxistes classiques et les néo-marxistes (mais aussi pour bien des anarchistes), la classe ouvrière ou le prolétariat était cette entité presque mystique qui, indépendamment de ce qu’elle faisait ou de comment elle le faisait, était révolutionnaire en soi et par essence. De la même manière pour les prisonnieristes, le-la prisonnierE —et les “compagnonNEs prisonnierEs” en particulier— sont sinon révolutionnaires, pour le moins rebelles par définition.

Evidemment, en prison il y a quelques compagnons anarchistes (et autres révolutionnaires). Il y a aussi des rebelles, des personnes en lutte, des braqueurs… mais ceux qui y sont ne le sont pas tous, et ceux qui le sont n’y sont pas tous.

Ces confusions nous ont mené jusqu’à gonfler impudemment (que l’intention fusse des meilleures ou la pire, ce fut fait) les chiffres des grévistes participant à la dernière grève de la faim collective. Et, si nous poussons le bouchon un peu plus loin : où sont ces “irréductibles combattantEs” une fois misEs en “ liberté ” ? Que font-ils-elles ? De quelle manière poursuivent-elles-ils la lutte et comment se solidarisent-ils-elles avec leurs “frères et sœurs prionnierEs” ? Tant de beaux mots qui s’envolent à la première brise…

Jusqu’à quel point est-ce rebelle ou révolutionnaire de braquer-voler-exproprier pour “vivre” à toute vitesse (c’est cela qu’on appelle tous la Vie) ? OK, d’accord, ils-elles ne se vendent pas pour un sale travail, elles-ils ne se prostituent pas huit heures par jour, ni même quatre. Ils-elles peuvent même conserver la haine envers l’Etat (parce qu’associée à la prison), mais… la haine envers le capital, ça c’est déjà autre chose. Parlez leur d’abolir ce maudit argent, mais alors tâchez aussi de leur expliquer comment ils pourront toujours avoir cette belle voiture, ces beaux vêtements et ces bonnes fêtes si vous ne voulez pas qu’ils vous envoient rapidement chier.

Le fait d’attaquer à la propriété privée peut vouloir dire, de manière consciente ou inconsciente, que l’on est contre l’inégalité sociale, mais nous ne pouvons nous réfugier dans l’illusion et croire que c’est toujours le cas. Il peut aussi s’agir d’attaquer la propriété privée parce qu’on n’est pas d’accord avec sa distribution actuelle (on voudrait donc une plus grande part du gâteau), et non pour chasser la propriété, ni même l’inégalité.

Penser à obtenir l’argent nécessaire pour “monter sa petite affaire et vivre de ses bénéfices” ne veut rien dire d’autre que l’acceptation ou la soumission aux idées capitalistes. En ce qui nous concerne, il est clair que nos compagnonNES, prisonnierEs ou pas, sont rebelles et anticapitalistes, de fait ou en puissance, et non des bourgeois en puissance (même s’ils braquent à la place de travailler). Ceux-là, nous les considérons sans aucun doute comme nos ennemis, aussi tristes et pénibles qu’aient pu être leurs vies avant et après leur passage en prison.

Nous avons tellement envie d’être plus nombreux, que nous voyons des anarchistes là où il n’y en a pas. On est anarchiste ou révolutionnaire par conviction, non par convenance. Aussi simple et évident que cela puisse paraître, des amiEs et compagnonNEs se trouvant à l’intérieur des prisons ont du nous le rappeler des dizaines de fois. Nous nous sommes équipés d’une baguette magique trompeuse qui, par simple proximité ou contact, distribue l’étiquette “anarchiste” comme s’il s’agissait d’un simple adjectif. Comme l’on vit que l’appellation était légère et que les “masses anarchistes à l’intérieur des taules” n’étaient soutenues de nulle part, on décida d’utiliser un nouveau terme plus générique et facile à octroyer. C’est ainsi qu’apparurent les “masses de rebelles sociaux” qui peuplent aujourd’hui les prisons...

Idéalisation, quasi mythification, de ceux qui soutiennent les “compagnonNEs prisonnierEs”

Nous n’avons pas seulement placé ces prisonnierEs sur un piédestal, mais nous nous y sommes aussi réservé une place. Aujourd’hui, pour être quelque chose ou quelqu’un dans le mouvement prisonnieriste, tu dois être en correspondance avec au moins 3 des prisonnierEs les plus connuEs et admiréEs (et pouvoir être ou devenir leur copain-copine), être à l’affût de toujours plus d’information et ne pas envoyer moins de X cartes par semaine (nous ne mettons pas de chiffres parce que celui-ci dépend de la renommée du ou de la destinataire en question, certaines cartes peuvent compter pour deux, voire pour trois).

De cette manière, tu pourras participer sans problèmes au petit jeu prisonnieriste (que ce soit à travers des réunions ou des lettres avec d’autres “points de soutien”) et surfer sur les pages prisonnieristes sans avoir à craindre de ne pas comprendre de quoi ils parlent. Tout le monde sait qui est unEtelLE, dans quel prison il-elle se trouve et de quelle prison elle-il vient. Petit à petit nous découvrirons qui a une correspondance avec qui, qui peut se blairer et qui ne peut pas, et par la sorte, “en tissant des liens de solidarité”, la grande et heureuse famille prisonnieriste se construit. Si nous ne sommes pas frères ou sœurs, nous serons cousins-cousines, même de manière éloignée s’il le faut.

Et donc, les individus “solidaires avec les prisonnierEs” se constituent en une catégorie différenciée (voire même supérieure pour certains) de révolutionnaires. Il n’est pas difficile de rencontrer des personnes affirmant que “la lutte anti-carcérale” est la lutte principale et indispensable parce que la prison est la forme la plus claire d’oppression de la part de l’Etat. Nous nous refusons à établir toute hiérarchie entre les luttes parce que le système de domination ne repose pas sur un seul pilier. Ce n’est qu’à travers un affrontement global-intégral que nous aurons des possibilités d’en finir avec ce qui nous prive de la liberté que nous désirons.

En fragmentant les luttes, en nous spécialisant dans une de celles-ci et en perdant de vue notre propre nombril, nous n’arriverons pas très loin. Ils ne sont pas rare ceux et celles qui ont totalement oublié les autres fronts, les ignorant de manière consciente ou inconsciente. Il y a ceux et celles qui n’attendent plus la révolution parce qu’ils la FONT, et puis celles et ceux qui ne l’attendent plus ni ne la font parce qu’ils ne savent plus ce qu’ils veulent au-delà de l’abolition du FIES, la libération des malades en phase terminale, la fin de la dispersion… Que feront-ils-elles si un jour les murs tombent parce que l’Etat n’a plus besoin de prisons pour maintenir le contrôle ?

Il n’y a pas de liberté en prison, mais il n’y en a pas non plus dehors, de telle sorte que nous la conquiererons entièrement ou nous n’aurons même pas fait tomber un seul mur.

Groupes – anarchistes ?- de soutien aux prisonniers
Anarchie ou, plutôt, assistanat ?

C’est certainement le point le plus sérieux et le plus triste à la fois parce qu’il met en évidence le manque de critère des anarchistes pour mener jusqu’au bout une lutte cohérente avec une théorie, mais surtout avec une pratique qui nous soit propre et réelle.

Vous connaissez l’histoire de quelques anarchistes qui commencèrent en pensant qu’elles-ils pourraient lutter pour la LIBERTE coude à coude avec leurs “frères et sœurs prisonnierEs” et qui se retrouvèrent à envoyer des courses, des cartes de téléphone, des mandats et à diffuser des communiqués ? Cela fut leur lutte et continue à être celle de beaucoup.

Nous nous sommes consacrés à l’édition de bulletins, de revues… qui, bien loin d’être des moyens de communication entre des personnes et d’être utilisés au moins comme une arme qui attaque et transgresse les murs (peu importe lesquels), n’ont su être que des récits personnels qui n’apportent rien et ne nuisent que très peu. Et dans le pire des cas, ils ont servi comme pages de contact entre les gens de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur.

La prison est une institution, et en tant que telle a des figures publiques qui la représentent et des visages moins publics qui la soutiennent. Elle a des édifices et des infrastructures. Elle a tellement de facettes sur lesquelles les anarchistes pourraient faire sentir leur rage.

Nous ne sommes ni chrétiens, ni bouddhistes, ni prisonnieristes. Nous ne voulons pas soutenir ni assister les prisonnierEs, nous voulons simplement qu’ils-elles cessent d’exister tant en dehors qu’à l’intérieur des prisons.

A propos des cercles familiaux et des amiEs...

Nous avons déjà dit que nous nous opposions aux prisons depuis une perspective qui nous est propre. Celle-ci n’est pas la même que celle des associations pour les Droits de l’Homme ni que celle des diverses coordinations ou autres ONGs.

CertainEs affirment que ce que nous devrions faire serait de nous réunir avec les familles des prisonnierEs et de créer un “réseau social” peut-être similaire à ce qui a pu exister au temps de la COPEL. On dit aussi que nous pourrions recueillir des fonds pour aider les familles des prisonnierEs qui en ont besoin.

Et pourtant non, nous ne ferons rien de tout cela, parce que nous sommes inévitablement du côté de ceux qui affrontent cet état des choses (prison incluse), qu’ils soient amiEs ou pas avec prisonnierEs, qu’ils aient de la famille à l’intérieur ou non. Notre cercle, notre groupe, nos gens sont ceux qui désirent faire la route avec nous depuis le début jusqu’à la fin, et non ceux qui resteront à la moitié du chemin lorsqu’ils seront parvenus à adoucir et à démocratiser la prison, ou quand leur enfant-frère-sœur-amiE sera sortiE du régime d’isolement, qu’il-elle sera dans une prison plus proche ou encore libéréE.

Nous ne voulons pas non plus à nos côtés ceux et celles qui ne désirent pas la prison pour les leurs, mais qui ne se posent pas de questions pour les autres (ou qui considèrent que ceux qui devraient être à l’intérieur sont les terroristes, sans même faire référence précisément à l’Etat-capital).

Et à propos des “ familles ”, en tant qu’anarchistes, n’étions-nous pas pour la destruction de la famille comme institution oppressive, limitante et imposée ? Ou remettons-nous cela comme une étape suivant la fin de la prison ?

Communication réelle ou fictive ?

Un autre aspect curieux du prisonnierisme est son concept de la communication. Pour les prisonnieristes, connaître ou être en contact avec quelqu’unE équivaudrait à s’écrire de temps en temps une page avec quatre (ou quatre cents) lignes pour ne rien se dire du tout, sans partager autre chose que les phrases typiques provenant probablement de lettres type qui ont du être distribuées au début de cette “lutte”. Ecrire par obligation n’apporte rien du tout, ni à celle-celui qui écrit ni à celui-celle qui reçoit. Ce qu’il faudrait renforcer, ce sont les rapports réels, ceux qui au-delà des présentations et de l’échange d’idées pourraient se transformer en complicité, compagnonnage et/ou amitié. Il y a tant de choses que nous pouvons nous apporter les unEs aux autres et desquelles notre lutte pourrait sortir plus forte.

Au-delà de ça, se trouve ce qui n’appartient déjà plus à la communication : le commérage généralisé. Il n’y a pas grand-chose à dire qui ne soit déjà connu. Ces ragots n’ont rien à envier aux séries télévisées à l’eau de rose. Comme nous l’avons déjà dit, nous finissons toutes et tous par savoir qui est amiE avec qui, qui ne peut se supporter, qui est le-la copain-copine de qui,… Est-ce que cela fait aussi partie de la “lutte prisonnieriste” ?

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Démythifions le-la prisonnierE dans sa condition de recluE, parce que cette condition n’est rien d’autre qu’une imposition de l’Etat. Avant d’être unE prisonnierE, c’est justement un INDIVIDU qui aura en tant que tel ses idées et ses inquiétudes, sur la base desquelles nous établirons ou pas nos affinités et nos complicités.

Démythifions la “lutte anti-carcérale ”. La plupart du temps, elle ne dépasse pas le simple soutien et elle répond plus à un sentiment caritatif envers celui-celle qu’elle considère comme faible ou sans défense, qu’à un désir réel d’en terminer avec l’institution pénitentiaire et avec l’état des choses qui la rend nécessaire.

Vive l’anarchie !!!

Quelques ex-prisonnieristes (des deux côtés du mur),
décembre 2002


[Extrait de "Cette Semaine" n°90, septembre 2006, pp.26-29]

 

 

En finir avec le prisonnierisme
pour retrouver des perspectives offensives

Il pourrait sembler banal pour des révolutionnaires de revenir une fois de plus sur la question des prisons, entendues au sens strict. Notre expérience et nos réflexions sont ainsi peuplées des récits de celles et ceux qui y ont lutté par le passé ou des compagnons qui y séjournent régulièrement. A travers nos engagements, nous savons aussi que son ombre est une menace permanente contre celles et ceux qui luttent contre le pouvoir sous toutes ses formes. Cependant, au-delà de ces aspects qui nous touchent de près, les tranformations récentes de la prison nous poussent une fois de plus à revenir brièvement sur l’argument.

L’incarcération de masse, un mode de gestion

La prison est surtout un instrument en pleine expansion, toujours plus complexe et plus vaste, qui engloutit une énorme quantité d’individus, souvent même au-delà des actes qu’ils peuvent accomplir. Nous vivons une époque d’incarcération massive où fleurissent à travers toute l’Europe les chantiers de construction de structures carcérales en tous genres, passant d’une quantité de prisons surpeuplées à une autre, plus importante encore. Dans ce processus, précisons que non seulement les longues peines ont des durées minimum réelles qui explosent (25, 30 ans et plus), et d’autre part que le champ de ce qui est permis se rétrécit, allongeant la liste des délits : toujours plus d’actes et de comportements tombent sous le coup du code pénal, tandis que les petites peines comportent toujours plus de ferme. Enfin, on finit toujours plus au trou, non par pour des faits, mais pour ce qu’on est : centre de rétention parce que dépourvu du bout de papier requis, hôpital psychiatrique parce qu’au comportement « anormal », en garde-à-vue parce que pauvre dans un quartier où règne le couvre-feu de jour comme de nuit, prison parce que louche dans une situation de bordel, etc. Dans le même temps et pour boucler la boucle, des armées de sociologues et de juristes besogneux potassent sur des « peines alternatives » qui permettent de développer la prison à domicile pour élargir encore le nombre de personnes « éligibles à une sanction ».

Dans une telle situation, il serait pour le moins limité d’affirmer que l’augmentation exponentielle de la quantité d’êtres humains qui passent par les geôles de l’Etat est automatiquement liée à une augmentation de la conflictualité qu’il faudrait contenir, ou qu’il s’agirait d’une mesure préventive du pouvoir face à de futurs troubles. C’est un mode de coercition, certes, mais c’est aussi un mode de gestion et parfois même de production, parmi d’autres, en restructuration permanente.
Du raffinement de la torture

Dans nos démocraties donneuses de leçons en matière de liberté, le fonctionnement des prisons est à l’image de ce qui se passe à l’extérieur. Elles sont une arme aux mains des puissants qui permet de garantir l’exploitation. Cette dernière repose en effet à la fois sur l’acceptation de la mise au salariat pour se procurer un revenu, voire sur une adhésion à cette forme particulière de travail, et en même temps sur la peur de la punition qui frappe toute activité qui pourrait permettre d’échapper à la violence du salariat ; peur de perdre d’un coup le peu qu’on a accumulé, d’être privé de ses proches, de finir enfermé. Le contrôle des corps et des esprits est d’ailleurs là pour nous persuader que les moindres faux-pas sont connus et risquent de mal finir, accentuant la crainte et neutralisant les velléités d’une révolte qui dépasserait la simple protestation.
De la même façon, la gestion carcérale repose à son tour sur l’intégration de la norme, le degré de résignation déterminant le régime de réclusion. En prison, si la sensation d’être à la merci de la répression brutale est plus exacerbée et le contrôle plus direct encore, ceux-ci s’accompagnent aussi de mécanismes plus subtils qui vont au-delà même du deal traditionnel « tu te tiens tranquille, on te fout la paix » – les deux termes de l’échange, bien sûr à géométrie variable, s’étendant évidemment à l’ensemble de l’entourage. Cela n’est pas nouveau, puisqu’on trouve jusque dans les récits de bagnards des exemples de châtiments exemplaires destinés aux plus récalcitrants, tandis que les plus dociles faisaient pression sur les autres pour que tout se passe « au mieux » et que la pratique de la balance pouvait servir à s’assurer de meilleures chances de survie.
Sans vouloir revenir sur les diverses réformes qui ont émaillé l’histoire carcérale, on peut constater comment, particulièrement sous nos latitudes, le jeu de la carotte et du bâton a pu se raffiner. En même temps que les méthodes d’annihilation des réfractaires se perfectionnaient (au mitard et aux tabassages sont venus s’ajouter les régimes spéciaux d’isolement parfois agrémentés de privation sensorielle …), l’octroi de certains avantages en réponse la plupart du temps à des révoltes et des mutineries, a également contribué à la pacification sociale à l’intérieur des taules. En effet, dedans comme dehors, le contrôle ne se limite pas aux stricts dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués. Il repose aussi sur ce qu’on a à perdre et pénètre bien plus avant dans l’intimité de chacun : la télé (outre l’abrutissement généralisé qu’elle induit), les différentes cames (mis à part les ravages qu’elles provoquent), les examens médico-sociaux ou la participation active au système notamment par le travail pour bénéficier de permissions ou de conditionnelles sont autant de formes de chantage à la bonne conduite. De la même manière, le maton sort de son strict rôle de bourreau et de porte-clefs dès lors qu’il devient celui qui pourra améliorer quelque peu les conditions de détention, non pas parce qu’on l’aura affronté, mais parce qu’on aura joué son jeu, celui des mille petits privilèges. C’est ainsi qu’en étant, même malgré soi, plus lié à l’ennemi dans l’aménagement de sa propre cage, on oublie parfois que si la laisse s’allonge, le collier est plus serré.
Pour finir, la création d’un nombre croissant de statuts différenciés a également beaucoup favorisé la désagrégation de la conscience d’une communauté de condition et d’intérêts, même si elle n’en est pas l’unique facteur. Car là encore, la prison n’est que le reflet en condensé des rapports qui existent à l’extérieur.

Transformations et mythe du « prisonnier »

Sans vouloir mythifier ni les rapports sociaux, ni la délinquance d’antan, on ne peut que constater l’extension du règne de la marchandise. En trente ans, la grande réussite du capital est d’avoir réussi à rendre son horizon totalitaire. Ce qu’on déplore souvent en taule comme la « disparition de la vieille éthique » (prisonniers contre matons, hiérarchie liée au délit, rejet de toute forme de balance…) au profit d’une jungle d’alliances, n’est que le constat plus vaste que la tension de classe qui permettait d’opposer au capital une contre-utopie (globalement basée sur l’égalité et la liberté) s’est transformée en rébellion contre le capital à partir du capital, mais avec cette fois sa reproduction exacerbée comme seul possible. Une partie de la délinquance qui auparavant pouvait ainsi se développer au sein d’une forte conflictualité sociale autour de l’appareil de production, devient essentiellement commerce et se trouve dès lors beaucoup plus compatible avec les impératifs de l’accumulation capitaliste dont elle reproduit les valeurs.
Rien de surprenant donc à ce qu’en prison comme ailleurs, des négociants pour qui les complicités se transforment en relations d’affaire et les amitiés en rapports utilitaristes intègrent la logique bénéfice/coût et soient prêts à rentrer dans le système de deal du pouvoir en place. Dans une société massifiée et atomisée où chacun doit affronter l’insécurité liée à la dépossession de tous les aspects de sa vie, il n’est pas non plus étonnant que les camps continuent de se brouiller et que l’antagonisme tende à devenir de plus en plus une guerre de tous contre tous. Cette logique de guerre nous met donc face à une situation complexe : des personnes prises dans la guerre sociale, mais imprégnées de la guerre civile dans laquelle elles ont grandi et que tout contribue à entretenir.
Bien entendu, les liens criminels qui dépassent ou sortent de la logique marchande n’ont pas tous disparu, mais ils se paient toujours plus cher dans un système judiciaire à l’image du reste, où on négocie sa peine à travers l’avocat comme on se vend à un juge. Dans un tel contexte, les révoltés à l’autorité qui atterrissent en taule ou ceux qui purgent de longues peines et qui ont réussi à préserver leur rage, tous se prennent de plein fouet cette transformation des rapports sociaux : non seulement ils rament toujours plus pour rencontrer des complices, mais ils sont souvent isolés à la fois par l’administration pénitentiaire et par les autres détenus, qui voient alors en eux un danger potentiel.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre avec le pouvoir que les prisonniers seraient pires que les autres, ce qui n’a absolument aucun sens, mais d’éviter le renversement qui consiste à en faire de manière homogène des individus nécessairement plus révoltés que d’autres. Abandonner le mythe du « prisonnier rebelle », c’est abandonner la vieille idée selon laquelle les prisonniers seraient en soi et en bloc des sujets susceptibles de porter des valeurs d ‘émancipation et de liberté remettant radicalement en cause ce système.
La colère et la rage sont certes présentes et diffuses en taule, mais leur expression, si radicale puisse-t-elle être dans ses formes, porte rarement un contenu et des perspectives qui rompent avec l’existant. De manière générale, la normalité de la domination pèse de façon écrasante (poids de la morale et des hiérarchies internes, pacification qui fait qu’il n’y a pas de révolte à chaque assassinat ou chaque tabassage et, plus important, qu’on ne perçoit pas qu’il s’agirait d’une auto-défense minimale), et si tout peut exploser à chaque instant (autant dans la cour sur une dispute entre prisonniers à propos de conneries qu’avec les matons sur une embrouille habituelle de parloir), il arrive souvent que ça parte dans tous les sens, pour le plus grand profit de l’administration. A l’image de la société en somme.

Chaque âge saccage sa cage

Il ne s’agit donc pas de nier la conflictualité qui peut exister à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, mais bien de se poser la question du comment la diffuser et l’exacerber sur le fond, plutôt que de faire l’apologie de ses formes.
Le réflexe conditionné qui consiste à soutenir « les prisonniers » de manière inconditionnelle a déjà montré ses limites en ce qu’il méconnaît et fait totalement l’impasse sur les contradictions qui traversent les taules. Il est parfois arrivé que la solidarité avec des prisonniers en lutte sur des bases et dans des contextes très clairs donne lieu à des dépassements du cadre carcéral proprement dit, pour remettre en cause l’ensemble de la société et du système qui non seulement a besoin des prisons, mais en est devenu une lui-même. Cependant, agir sur ce terrain qui nous concerne toutes et tous ne peut nullement revenir à être dans l’attente de ce qui se passe à l’intérieur des murs, ou à se positionner par avance au cul d’hypothétiques mouvements de prisonniers pour attaquer tout ce que représente déjà partout la prison. Constater et analyser l’immense prison dans laquelle nous nous trouvons tous et toutes, et dont les murs sont palpables au quotidien, devrait conduire à éviter un certain activisme faisant de la prison un thème artificiellement détaché du reste.

Si la nécessaire solidarité avec des individus auxquels nous unissent des liens d’affinités en ce que nous partageons la lutte contre ce monde est évidente, il est plus complexe d’intervenir par rapport à des actes qui nous paraissent intéressants, mais dont nous ignorons ce qui les motive. Une des bases de la solidarité pourrait alors être de porter réellement la lutte contre toutes les prisons, à commencer par la nôtre, et contre le monde qui les produit. Car lutter pour détruire tous les enfermements est plus que jamais d’actualité. En plus des perspectives pratiques que cela ouvre, se battre contre la domestication des corps et des esprits et les cages qui nous sont imposées de toutes parts peut permettre de dépasser les fausses séparations intérieur/extérieur en faisant le lien entre les divers enfermements, mais aussi de mieux creuser les différences qui, elles, sont bien réelles : entre ce qui conforte et renforce la domination et l’ordre existant, et ce qui va au contraire dans le sens de plus de liberté pour toutes et tous.

A CORPS PERDU n°2 juillet 2009

15:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/01/2010

Les identitaires souchiens consanguins ratissent large

 

 

21-12-2009 08:01

Auteur : vigilance anti fasciste suisse romande

 

A chaque fois c'est pareil il suffit d'un article critiques sur certains sujets ( sur le proche orient) pour voir apparaitre des spams nauséabonds qui semblent bien provenir et postés vu le langage employé par les gens proche ou membres de "unité populaire" un groupuscule d'extrême suisse droite proche effectivement comme il a été dis par ces contributeurs de Alain Soral un antisémite et un négationniste français particulièrement Odieux et Violent

Soral est aussi un allié entre autre au front national, au mouvement néo nazi du "mouvement des damnes de l'impérialisme" ou l'on retrouve le raciste noir "ethno différencialiste" Kemi Seba et un certain Thomas Verlet membre d'un groupuscule néo nazi nommé "la droite socialiste" devenu le "parti français solidaire" responsable de nombreuses agressions racistes dans les transports parisien, et dont l'un des membres, un boneheads néo nazi fut arrêté pour avoir tiré au fusil mitrailleur sur une cité Hlm de la banlieue parisienne.

 

 

 

 

 

 

Après la grippe A ... la peste brune !

 

mis en ligne vendredi 25 septembre 2009 par jesusparis

 

En ces temps de crise, la bête fasciste refait surface. Affiches, autocollants, agressions verbales et physiques, les militants d’extrême-droite sont toujours aussi actifs. Dieudonné, Soral et consorts viennent renforcer les rangs des vieux chefs Le Pen et Spieler. Avec la complicité du gouvernement, du patronat et des notables de fond de vallée, ils rêvent de rétablir l’ordre moral et racial et d’étouffer le vent de révolte qui souffle à travers toute l’Europe. Comme en 1936, la menace est réelle et c’est à nous de lutter et de résister.

 

A Neudorf comme ailleurs, ne les laissons pas passer !

La bataille de la rue

 

Depuis plusieurs mois, la présence des mouvements d’extrême-droite est de plus en plus visible. Les murs de Neudorf sont couverts d’autocollants du Front National et du Renouveau Français (groupuscule ultranationaliste et ultra-catholique). A l’approche des élections régionales, on commence à revoir des affiches d’Alsace d’Abord en ville et dans les campagnes. Ce harcèlement mural de propagande raciste et injurieuse banalise les mots d’ordre de ces groupuscules, espérant ainsi faire croire qu’ils dominent la vie politique locale.

 

Malheureusement l’action des militants fascistes ne se limite pas à la décoration urbaine de mauvais goût : prétendant nettoyer plus blanc que blanc, les fachos n’hésitent pas à passer à l’action - violente le plus souvent. Les nervis de Jeune Alsace (la classe bébé d’Alsace d’Abord) s’illustre en menaçant des militants et des militantes de gauche et d’extrême gauche.

 

Cet été, les néo-nazis de l’Elsass Korps (groupuscule ultra-violent officiellement dissout en 2002) ont fait une descente à Strasbourg et ont agressé physiquement des résidents et des résidentes du quartier de la Krutenau. Lors du mouvement universitaire de l’année dernière, on a vu débarquer une trentaine de militants nationalistes qui s’en sont pris aux piquets de grève à coup de barres de fer avant de se réunir sur les marches de la faculté de droit pour chanter la marseillaise.

 

Toutes ces actions révèlent une volonté d’occuper le terrain des idées et de la rue. Comme on a pu le voir à la faculté de droit d’Assas à Paris ou à l’université Lyon II, les mouvements d’extrême-droite tentent de créer des bastions où ils sont tous puissants. Ils pensent qu’ils sont chez eux en Alsace, à nous de les en déloger !

Le nouveau visage de la bête

 

De telles agressions se produisent partout en France. A Tours la semaine dernière, deux jeunes ont été battus très violemment par un groupe de fascistes : l’un est aveugle d’un œil. Sur un marché parisien cet été, une cinquantaine d’amis de Dieudonné ont chargé un cortège antifasciste pacifique venu protester contre leur discours antisémite.

 

Depuis la soi-disant mort du FN, Marine Le Pen prépare activement la succession de son père et tente de donner une image respectable de son parti. Du coup, les militants radicaux en manque de sensations fortes tentent de reprendre la rue et certains cadres créent de nouvelles organisations. L’exemple le plus frappant est sans doute celui d’Alain Soral, ancien communiste qui a rallié le FN avant de le quitter pour se ranger derrière le clown néo-fasciste Dieudonné. Le Parti des Musulmans de France , très présent à Strasbourg, est une autre facette de cette nouvelle extrême-droite islamiste antisémite.

A qui profite la crise ?

 

Mais ces scissions et ces recompositions ne doivent pas nous faire oublier que les anciens et les nouveaux fascistes ont les mêmes objectifs. Le discours et les hommes d’extrême-droite sont présents au sein même du pouvoir dans beaucoup de pays d’Europe. En France, Sarkozy a récupéré le langage du FN sur l’ immigration et la sécurité, et il a accueilli à bras ouverts des transfuges de toute l’extrême-droite, de Villiers à Devedjian. En Italie, les partis néo-fascistes Lega Norte et Alliancia Nazionale participent au gouvernement de Berlusconi. Récemment, ils ont remis au goût du jour les « milices citoyennes » anti-immigrés créées du temps de Mussolini. De nouvelles lois racistes votées cette été en Italie dénient tout humanité aux immigrés sans papiers, en leur interdisant le mariage, la reconnaissance de leurs enfants (condamnés au statut d’orphelins), et donc l’accès à tous les services qui permettent de vivre. En Allemagne, les militants néo-nazis sont toujours plus nombreux, comme en Espagne, en Grèce et dans les pays de l’Est.

 

Comme l’histoire nous l’a prouvé, les grandes crises économiques sont des moments où les idées d’extrême-droite se développent et prolifèrent. Les gouvernements et le patronat n’hésitent pas à employer ces méthodes pour étouffer la colère des « classes dangereuses » et rétablir l’ordre moral et capitaliste. Dans la politique du tout répressif, les idées et les pratiques de l’extrême-droite sont utilisées sans vergogne, les mêmes boucs-émissaires (immigrés, syndicalistes…) sont constamment désignés et accusés de tous les maux.

 

Aujourd’hui, c’est à nous d’agir contre la banalisation des discours et des pratiques racistes et agressives de l’extrême-droite et de nous organiser pour s’opposer à la violence des racistes et des fascistes de tout poil et de tous horizons.

 

Ne les laissons pas occuper nos quartiers !

 

Restons vigilants et résistons partout et tout le temps !

 

Le fascisme c’est la gangrène : On l’élimine ou on en crève.

Faites un geste pour l’environnement : arrachez les affiches d’extrême-droite !

 

En septembre, Alternative Libertaire vous propose quelques petits gestes simples pour protéger votre cadre de vie :

 

- arrachez toutes les affiches d’extrême-droite dans votre rue !

 

- arrachez ou recouvrez les autocollants !

 

- soyez attentifs à toute forme de violence raciste !

 

- organisez ou participez à des actions de résistance !

 

Pour sauver la planète, éliminons le fascisme !

 

AL Alsace

Source / auteur : Alternative libertaire

 

 

 

L’extrême-droite gangrène nos luttes ! Stop à la récupération par les identitaires de « Jeune Bretagne » !

 

mis en ligne mardi 12 janvier 2010 par jesusparis

 

Le 20 décembre dernier, des membres du groupuscule « Jeune Bretagne » se sont réunis devant l’hôtel de ville de Nantes et ont déployé une banderole sur laquelle était inscrite 44=BZH / Naoned e Breizh.

 

Une mise au point sur cette mouvance s’impose. « Jeune Bretagne » est une branche locale du Bloc Identitaire. Pour ceux qui ne connaissent pas la groupusculogie fasciste, le Bloc Identitaire est un mouvement qui s’est construit sur les cendres d’ « Unité Radicale », un parti interdit à la suite de l’attentat raté contre Jacques Chirac en 2002, l’auteur de cette tentative était un sympathisant de ce parti. Le Bloc Identitaire est un mouvement d’extrême droite ouvertement racialiste et xénophobe.

 

Le mouvement identitaire fait donc sont retour en Bretagne après avoir connu un échec il y a quelques années. Avec « Jeune Bretagne », il tente de développer une stratégie de réappropriation de l’identité bretonne pour étendre leurs idées pernicieuses. Les membres de ce mouvement prétendent défendre la culture bretonne, promouvoir la solidarité et l’écologie mais ils retombent rapidement dans l’islamophobie, la xénophobie la plus exacerbée. En décembre par exemple, ils se sont rassemblés à St Jacques de La Lande pour réclamer la fermeture du centre de rétention administrative et l’expulsion immédiate des sans-papiers. Les membres de « Jeune Bretagne » se sont aussi rassemblés à Vannes en décembre pour s’opposer à l’édification d’une mosquée, car ils prétendent que « l’immigration n’enrichit que les patrons », c’est écrit sur leurs autocollants. Ils publient sur leur blog des articles concernant l’édification de lieux de culte musulman en titrant « La colonisation est en marche ». Leur site regorge de propos de ce type, il n’y a pas grand-chose à rajouter, leur blog révélant sans peine leur véritable idéologie, un fouillis puant d’antimondialisme et de racisme, sous couvert d’écologie politique et de défense de la culture bretonne. « Jeune Bretagne » s’est implanté en avril 2009 à Guerlesquin dans le Trégor. Ne les laissons pas propager leurs idées haineuses en Bretagne ! Soyons clair, la soi-disant identité que « Jeune Bretagne » défend ne sert qu’à exclure l’identité des autres individus et à bafouer leurs droits. Les identitaires n’ont rien à faire en Bretagne ni ailleurs ! Enfin, ils n’ont absolument aucune légitimité dans la lutte pour la réunification qui s’inscrit dans un combat pour une Bretagne solidaire, ouverte sur le monde et respectueuse des différences !

 

Le Collectif 44=BREIZH

 

 

COMMUNIQUE N°19

Juin 2009


LES SOTS RÂLENT ET LA BOURGEOISIE SE PRELASSE (1)

 

Exécution sommaire des aboyeuses sous-fascistes

 

Alain Soral, président d'Egalité et Réconciliation
Tariq Ramadan
Dieudonné M'bala M'bala
Yahia Gouasmi, président du Parti Antisioniste
Fouad Alaoui, vice-président de l'Union des Organisations Islamiques de France
Houria Bouteldja, porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République
Thierry Meyssan, président du Réseau Voltaire
Gilles-William Goldnadel, président de France-Israël
Kemi Seba, président du Mouvement des Damnés de l'Impérialisme
Thomas Werlet, président de la Droite Socialiste

Depuis quelques années, une coalition d’énergumènes identitaires tente laborieusement d’engrainer les plus crédules issus des classes opprimées (sous-prolétariat, prolétariat, petite bourgeoisie) pour escorter les exactions ad nauseam de l’ultra réaction institutionnalisée.
La posture offensive de ces guignols, caractérisée par une hargne sans limite doublée d’une stupidité crasse, renvoie à des marottes idéologiques par trop éculées d’avoir pourri dans la gueule du fascisme. Ceci dit, leur mode d’action peut impressionner au premier abord. Tranchant avec la docilité d’une gauche et d’une extrême gauche putréfiées, le ton colérique d’un Alain Bonnet de Soral, les assertions tonitruantes de Thierry Meyssan ou le verbiage comminatoire d’un Stellio Gilles Robert Capochichi (dit « Kemi Seba »), sont autant d’apparats séducteurs pour qui se trouve légitimement submergé par les motifs de révolte sociale. Mais, alors que cet assemblage bricolé de pourfendeurs du sionisme mondialiste s’épanche dans un tapage très médiatisé, on pourrait croire qu’une énième résurgence du fascisme est en marche. Pourtant, loin de constituer des forces anciennes sous des apparences nouvelles, ce secteur d’agitateurs est, en vérité, un agglomérat mal agencé de groupuscules politico-religieux guidés par d’arrivistes transfuges venus ramasser la matraque d’une extrême-droite dissoute dans la dictature en construction. Le vieux fascisme est vaincu et ne reviendra plus, mais il n’en constitue pas moins une base idéologique et organique du présent capitalisme suicidaire. En 60 ans, jamais l’appareil d’Etat n’a été aussi répressif, omnipotent et doté d’institutions anti-démocratiques. Jamais les organisations patronales n’ont été autant articulées sur des principes et méthodes réactionnaires. Jamais l’ensemble des représentations ouvrières n’a été aussi intégré à la gestion de la déroute du prolétariat. La dictature à l’œuvre, fille de tous les fascismes, n’a plus besoin de formules politiques jadis nécessaires à d’aventuristes dévalorisations du coût du travail qui ne pouvaient reposer que sur l’embrigadement massif.

Pour autant, les gesticulations de ce nationalisme bigarré sont bel et bien dangereuses, sa fonction objective étant de semer des frontières ethniques, religieuses et communautaires à l’intérieur du camp des exploités afin de participer à leur pacification, exigence permanente de la gouvernance globale.
Les dégâts potentiels de tels saboteurs sont d’autant plus graves que la culture et la mémoire prolétariennes ont subi ces 5 dernières décennies les assauts les plus violents d’une société spectaculaire marchande à la force de pénétration inédite. La régression de la conscience de classe au profit de l’individualisme consumériste est le creuset d’une réceptivité populaire aussi désemparée que naïve face aux charlatans du conservatisme contestataire. Incomparables avec les vieilles formations d’extrême droite, tant dans leurs moyens (une capacité d’enrégimentement relativement faible au regard des ligues fascistes), leur forme d’expression (un charabia pauvre comparé à l’intellectualisme des vieilles élites fascistes) et d’organisation (des réseaux souples, peu exigeants avec leur membres, attirés par le coup d’éclat et non par l’action séditieuse) que dans leur but réel (accompagner le pouvoir et non le prendre), ces formations d’appui aux frappes bourgeoises peuvent donc revêtir, par soucis de clarification, le qualificatif de sous-fascistes. Le combat révolutionnaire ne saurait ainsi se priver de conceptualiser des réalités nouvelles contre lesquelles le pouvoir de classe espère le voir inadapté et donc désarmé. Par conséquent, il convient de procéder méticuleusement à une exécution sommaire de ces bouffons criards qui, affublés d’attributs propres à notre classe, croient pouvoir substituer leur chauvinisme capitulard à la révolution prolétarienne salvatrice.

RAPACES

 

 

Dissection d’une pensée sous-fasciste : le cas Alain Soral

 

Analyser la pensée d’Alain Bonnet de Soral, plus connu sous le nom d’Alain Soral, est important dans ce contexte de crise économique propice à la propagation de discours fascistes.
Ce genre de discours a d’autant plus de risques de gagner en influence que ladite crise a révélé la lâcheté, la veulerie, la trahison des partis de gauche et d’extrême-gauche.

En outre, Soral est suffisamment habile pour saupoudrer ses diatribes de réflexions apparemment progressistes et de critiques relativement pertinentes de divers groupements politiques (le NPA, Bertrand Delanoë et son équipe municipale…) ou phénomènes de société (le communautarisme, le « féminisme » de la bourgeoisie…).
Ce faisant, il espère endormir la vigilance de son auditoire et, ainsi, faire passer « en fraude » sa camelote d’extrême-droite.

Nous avons divisé notre analyse visant à démont(r)er l’imposture soralienne en 7 thèmes :

1°) Doubles discours et contradictions ;
2°) Récupération au profit de l’extrême-droite d’auteurs, de pratiques et de combats qui ne sont pas les siens ;
3°) Fascisme et poujadisme ;
4°) Antisémitisme ;
5°) Stalinisme ;
6°) Apologie de régimes répressifs ;
7°) Arrivisme et haine de classe.

Cette division est en partie arbitraire puisque certaines déclarations d’Alain Soral peuvent avoir leur place dans plusieurs des thèmes ci-dessous développés.

 

1°) Doubles discours et contradictions


Soral a compris que, s’il veut « ratisser large », il doit avoir un discours flou et changeant, et savoir « s’adapter à son public ».
Cette faculté d’adaptation lui permet, certes, d’espérer rencontrer du succès au-delà des seuls nostalgiques du IIIè Reich… Mais c’est au prix de ridicules pirouettes théoriques et pratiques.

Soral, qui n’hésite pas à se dire « marxiste », considère pourtant qu’il existe un « intérêt général des citoyens du monde »… Une négation en paroles de l’existence de la lutte des classes… Mais aussi et surtout un propos bien dans l’air du temps qui, n’en doutons pas, plaira aussi bien aux citoyennistes d’ATTAC qu’aux fachos partisans de l’association Capital/Travail !
C’est sans doute en qualité de « marxiste » que Soral qualifie le FN de « mouvement qui évolue vers la vraie gauche, la gauche sérieuse, la gauche économique ». Dans la foulée de cette affirmation hasardeuse, Soral conseille de lire « le programme économique » du Front National. Merci du conseil, Alain ! Une petite visite sur le site du FN peut toujours servir, effectivement ! Même si – crise économique oblige – le FN passe désormais sous silence ses propositions les plus ouvertement pro-patronales (sur la Sécurité sociale, notamment), il reste encore largement assez de « matière » sur leur site pour voir que ce parti est à 100% au service de la bourgeoisie. En vrac : « libérer au maximum l’entreprise des contraintes de toute nature qu’elle subit », « libérer le travail et l’entreprise de l’étatisme, du fiscalisme et du réglementarisme », « renégociation de la durée hebdomadaire du temps de travail par branches d’activité. Permettre en particulier de ‘gagner plus à ceux qui travaillent plus’ », « simplification du Code du travail », « créer un cadre favorable à l’entreprise, notamment aux PME », « baisser la pression fiscale » et notamment l’impôt sur la fortune et l’impôt sur les sociétés, développer les « régimes de retraite complémentaire par capitalisation », « assurer un service minimum dans les services publics », « obtenir des économies budgétaires en réorganisant la Fonction publique, par l’introduction du principe de mobilité et le non-remplacement d’une partie des départs en retraite ». Ah ! c’est donc ça la « vraie gauche » ! ‘fallait y penser… Avec une telle conception de la « gauche économique », il n’est pas étonnant que Soral puisse dénoncer la « société d’assistanat » tout en continuant à se prétendre « marxiste »…

Soral affirme, à propos de la police et de l’armée : « il y a très longtemps que ces gens-là n’ont plus aucun pouvoir en France, on peut leur cracher à la gueule tant qu’on veut » et qualifie les flics de « pauvres fonctionnaires qu’ont le plus haut taux de suicide de France ». Mais il affirme par ailleurs « nous sommes dans un régime totalement policier et totalitaire […] on est dans une société intégralement policière et dégueulasse ». La France, « régime totalement policier et totalitaire »… où les flics « n’ont plus aucun pouvoir » depuis « très longtemps » ? La contradiction est évidente, mais Soral espère probablement séduire les jeunes de banlieue et une partie de l’extrême-gauche avec sa rhétorique pseudo-libertaire et anti-keuf, tout en rassurant ses soutiens (et souteneurs) d’extrême-droite avec un discours plus traditionnel sur le thème de l’autorité qui n’est plus respectée. (Au passage, nous ne saurions trop conseiller aux partisans d’Alain Soral de tester la validité des assertions de leur Grand Chef en « crachant à la gueule » de tous les flics qu’ils croisent. Avec un peu de chance, à force de coups de tonfa et de GAV, ils deviendront d’authentiques révolutionnaires.)

Il y a quelques années, Soral évoquait « l’inculte – et désormais pas drôle – Dieudonné » (Alain Soral, Abécédaire de la bêtise ambiante, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Pocket, Paris, 2003, p. 112). Il lui reprochait notamment de ne pas oser montrer du doigt cette « ‘communauté invisible’ certes surreprésentée dans le show-biz en termes de quotas, mais à laquelle il doit aussi son doux statut de rigolo » (Ibid., p. 114). « Communauté invisible », comprendre : les Juifs. Soral fait désormais liste commune avec « l’inculte » Dieudonné aux élections européennes de 2009… L’humoriste ( ?) est pourtant au moins aussi con aujourd’hui qu’en 2002, lorsque Soral écrivait ces lignes… En revanche, il est vrai qu’en matière d’antisémitisme, Dieudonné a accompli d’immenses « progrès » ces derniers temps !

Même type de revirement concernant les Arabes et/ou musulmans. Soral affirmait l’année dernière : « Aujourd’hui, on voit très bien que le Système diabolise les maghrébins. […] Vous Français arabo-musulmans et nous Français du Front National sommes diabolisés par le même système […] Toutes les saloperies qu’on raconte aujourd’hui sur les maghrébins de banlieue, sur les ‘kärchérisables’, c’est les mêmes qu’on a racontées sur Le Pen et les gens du Front National… et elles sont aussi fausses ! » Soral souffre sans doute d’amnésie, il nous faut donc lui rappeler ses positions antérieures sur le sujet : « Leur seul espoir [aux Algériens], c’est qu’on y retourne [en Algérie]. » (Ibid., p. 15) ou « celui qui se comporte en colon, de plus en plus c’est le Beur » (Ibid., p. 99) ou : la France devient « un pays d’Anglo-Saxons névrosés envahis de Maghrébins hostiles » (Ibid., p. 124) ou encore, à propos de la situation en banlieue populaire dans les années 60 : « Les seuls qui posaient problème, déjà, c’étaient les Algériens qui se tenaient à l’écart dans la solitude, la peur, l’islam et la Sonacotra, et dont les jeunes, peu nombreux encore, foutaient déjà la merde » (Ibid., p. 40). Soral est démasqué par ses propres écrits : il fait partie de ce Système qui « diabolise les maghrébins », qui « raconte des saloperies sur eux » ! Il est vrai qu’il a, depuis, changé radicalement de stratégie à leur égard : il espère même les incorporer à l’ « avant-garde » des bataillons d’extrême-droite : « Les premiers qui devraient se battre pour la préférence nationale, ça devrait être les Français d’origine immigrée, parce que c’est eux que [l’immigration] met le plus en danger. » Soral se plaît à répéter que le Système « divise pour mieux régner » : c’est indéniable… Tout aussi indéniable que le fait que lui-même divise pour mieux régner ! Après avoir fait des maghrébins des boucs-émissaires, il leur conseille de se retourner contre les nouveaux arrivants en France et, au passage, il se dédouane de ses propres responsabilités en accusant un « Système » (impersonnel) d’être à l’origine de leur stigmatisation.

Dans cette même optique, lors d’une conférence à Fréjus en 2008, Soral a affirmé à propos des exactions commises aux Invalides lors d’une manifestation le 23 mars 2006 : « Moi j’étais très content de voir, effectivement, le ‘bolossage’ des petits cons du CPE… Tout ça est quelque part bon signe. » Le plus amusant est que les fafs présents dans la salle ont applaudi ces propos d’Alain Soral ! Les mêmes qui, en d’autres circonstances, mettent en avant l’existence d’un racisme anti-blanc pour convaincre les électeurs d’accorder leurs suffrages à l’extrême-droite… Bonjour l’hypocrisie…

Ultime contradiction, à propos de ses opposants, Soral affirme : « ces gens-là ne vous sortent que des références des années 30 »… Or, lui-même ne se gêne pas pour « sortir des références des années 30 », en se réclamant notamment des pacifistes de cette période qui, se plaint-il, ont eu de gros problèmes après la guerre. De deux choses l’une. Ou bien les connaissances historiques de Soral sont très limitées (ce qui, après tout, n’est pas à exclure)... Ou bien il n’ose pas se réclamer trop explicitement de Jacques Doriot, Marcel Déat, Fernand de Brinon et autres « pacifistes des années 30 » qui ont été inquiétés à la Libération, non pas pour pacifisme mais… pour collaboration avec les nazis ! Soral fait parfois preuve d’un peu plus de discrétion et brouille les cartes en se faisant passer pour un « homme de progrès »…

 

2°) Récupération au profit de l’extrême-droite d’auteurs,
de pratiques et de combats qui ne sont pas les siens

 

Les diatribes de Soral sont truffées de références, parfois explicites, à des auteurs qui ne sont pas d’extrême-droite. C’est bien connu : la culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale.
Soral tient donc à nous faire savoir qu’il a lu Guy Debord (tout en affirmant par ailleurs qu’il est « la partie de l’œuvre de Marx accessible aux publicitaires », Ibid., p. 96 ), Jean-Claude Michéa, Michel Clouscard (référence à « l’idéologie du désir » ou dénonciation de la récupération de Nietzsche par des intellectuels de gauche), Pier Paolo Pasolini (« codes intégralement fascistes de la mode »), Pierre Clastres…
De là où ils sont, Debord, Pasolini et Clastres ne risquent pas de protester… Concernant Michéa : les thèses qu’il développe dans ses essais sont contestables, mais il n’en reste pas moins évident que c’est de manière abusive que Soral se sert d’elles comme caution à sa prose d’extrême-droite. Nous ne pouvons que vous inviter à vous faire votre propre opinion en lisant L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, Impasse Adam Smith, L’empire du moindre mal, et cætera.
Quant à Michel Clouscard (dont les thèses sont, là aussi, contestables – mais, présentement, là n’est pas la question), dans une tribune libre dans L’Humanité (30 mars 2007), il a tenu à préciser qu’ « associer […] d’une manière quelconque nos deux noms [le sien et celui de Soral] s’apparente à un détournement de fonds. Il s’avère qu’Alain Soral croit bon de dériver vers l’extrême droite (campagne pour le FN). Il veut y associer ma personne, y compris en utilisant mes photos à ma totale stupéfaction. Je n’ai en aucun cas autorisé Alain Soral à se prévaloir de mon soutien dans ses menées prolepénistes. Le Pen est aux antipodes de ma pensée. » Clouscard étant décédé le 21 février 2009, gageons que le fossoyeur Soral va pouvoir reprendre tranquillement son « détournement de fonds »…

Soral se plaît également à affirmer que « Marx voterait aujourd’hui Le Pen. » Sans doute conscient que cet « argument » est trop visiblement spécieux, il prétend aussi que votent pour le FN « des branchés, des marginaux, […] des anciens d’Action Directe »… A défaut de correspondre à une quelconque réalité, cette façon de présenter l’électorat FN est bien plus sympatoche que celle qui dépeindrait les partisans de Le Pen sous les traits de bourges de la région PACA, de vieilles rentières, de boneheads alcooliques (ah ouais mais nan… eux, ‘faudrait déjà qu’ils trouvent le bureau de veaute) ou encore de petits patrons/commerçants/artisans (qui ont eu l’occasion de montrer, tout au long du XXe siècle, qu’ils constituaient le terreau de toutes les réactions).
Dans la même veine, Soral reprend à son compte le concept de décroissance, se dit « assez proche de certains écologistes ». Il évoque aussi « un processus de domination par l’intégration du flic ». Ce qui est juste, seulement voilà : ça sonne très « Mai 68 » (cf. les slogans du style « Tue le flic qui est dans ta tête. ») dont Soral est, comme chacun sait, un contempteur ! Plus fort encore, il s’imagine même rejoindre un jour « les anti-système radicaux qui vivent uniquement de récup’ dans les poubelles, et dans des endroits squattés » et il n’hésite pas à prendre la défense de Julien Coupat. Et puis quoi, ensuite ? Une apologie des black-block ? A un tel stade d’opportunisme et de démagogie, tout est possible…

Démagogie toujours, lorsque Soral justifie son soutien aux PME en disant que des « économistes marxistes » prônaient un tel soutien dès les années 90. « Économistes marxistes » que, bien sûr, il ne cite pas… Et pour cause puisque soit ils n’existent pas, soit ils ne sont pas marxistes !

Alain Soral se réclame abusivement de la « dialectique. » En fait, il ne s’agit que d’un artifice rhétorique bien commode dont il use à chaque fois que son arrivisme ou sa médiocrité intellectuelle menacent d’éclater au grand jour. Ainsi, à ceux qui s’étonnent de sa trajectoire politique, Soral répond qu’elle est « dialectique ». Et sa fâcheuse tendance à faire de Karl Marx un apôtre de l’extrême-droite est – devinez quoi ? – « dialectique » !

Notons que cette tendance à la récupération de tout et n’importe quoi va au-delà du seul Alain Soral : c’est une véritable mode à l’extrême-droite depuis quelques temps. Presque tous se disent maintenant « révolutionnaires » (en période de crise économique, ça passe mieux que « contre-révolutionnaires » ou « royalistes »… mais il s’agit de « révolutionnaires » bien particuliers : des « révolutionnaires » qui sont anticommunistes primaires, qui soutiennent les contre-réformes du gouvernement et qui agressent les grévistes). Et pendant que certains fachos se réclament de Che Guevara, d’autres découvrent les situationnistes… Des identitaires se prétendent même « enfants de la Commune et du 6 février 1934 ». Comme s’il était possible d’établir une filiation entre le premier gouvernement prolétarien de l’Histoire et une tentative de coup d’Etat fasciste ! Cela étant dit, le 6 février 34, on leur le laisse et on confirme : ils en sont bien les héritiers !

 

3°) Fascisme et poujadisme

 

Dans sa préface à Jusqu’où va-t-on descendre ?, Soral supposait que le « libéral libertaire bourgeois bohème » trouverait ses écrits « poujadistes » ou encore « fascistes » (Ibid., p.12).
Eh bien, si tel a vraiment été le cas en 2002 lorsque cet essai est sorti, force est de constater que le « li-li bo-bo » – que pourtant nous n’apprécions pas – aura cette fois-là eu raison. Puisque, quelques années plus tard, Soral se vantera d’avoir écrit certains discours de Jean-Marie Le Pen. Rien d’étonnant quand on voit à quel point les thématiques fascistes et poujadistes sont au cœur de la « pensée » soralienne.

Dans une conférence de mars 2009, entre une référence à la propagandiste du IIIe Reich Leni Riefenstahl et une dénonciation de l’ « idéologie maçonnique », Soral trouve quand même le temps de se montrer choqué par le tribunal de Nuremberg (« On tue tous les nazis, parce que c’était le Mal donc on les raye de la planète terre.») et par l’épuration à la Libération… Cette conférence se déroulait pourtant à l’initiative du Parti Populiste (extrême-droite), dont le programme mentionne le rétablissement de la peine de mort pour les auteurs de « crimes de guerre, […] assassinats, actes de barbarie, tortures d’innocents », donc on ne voit pas trop pourquoi Soral s’indigne des exécutions de nazis et de collabos (à moins qu’il ne considère pas les Juifs, les Tsiganes et autres communistes qui ont été massacrés comme de « vrais » innocents ?). Soral estime aussi que « de toute façon, le métissage c’est la violence » … Assertion guère compatible avec celle-ci, également de son « cru » : « On [le peuple français ?] est un métissage réussi puisque cohérent, lent, accepté, et cætera. » Alors, le métissage c’est la violence, oui ou non ? Comme nous l’avons vu précédemment, Soral se fiche pas mal de s’empêtrer dans ses contradictions puisqu’elles sont « dialectiques ».
Soral nous offre encore un magnifique exemple de « dialectique » quand il déclare : « quand on est marxiste, on doit fonctionner sur des concepts marxistes, quand on abandonne tout ces concepts pour se fonder sur des concepts petits-bourgeois, on se casse la gueule » avant d’affirmer que « pour faire quoi que ce soit de subversif en politique », il a plus confiance dans les « patrons de bistrot, les chauffeurs de taxi et ce qu’on appelle la petite-bourgeoisie » que dans les profs et les étudiants. Karl Marx voyait-il dans ces catégories de population une force révolutionnaire ? A-t-il prôné la dictature des patrons de bistrot ? Ou bien écrit « petits-bourgeois de tous les pays, unissez-vous » ? Soit Alain Soral a accès à des textes cachés de Marx, soit – c’est plus probable – il se sert, pour appuyer ses théories bancales, de ces mêmes « concepts petits-bourgeois » qu’il reproche à d’autres d’utiliser.

Typiquement poujadiste est la défense soralienne du « petit patron », prétendue victime de la « persécution fiscale » et de la « méchanceté des prudhommes ». Soral se livre à cet exercice en se réclamant notamment de « Michéa »… On le comprend : pour réussir la prouesse de défendre ouvertement une fraction du patronat tout en restant « marxiste-compatible », il fallait au moins la caution d’un intellectuel qui se réclame du Socialisme (et pas de la « gauche » : dans l’esprit de Michéa, ce n’est pas la même chose… c’est même antinomique)… Au passage, Soral se livre à des reproches (malheureusement !!!) infondés concernant Arlette Laguiller : selon lui, dans ses discours, elle ne ferait pas de différence entre petit patronat et grand patronat… En réalité, dans ses interventions, cette réformiste patentée flétrit presque uniquement le « grand patronat »… comme si les autres patrons étaient plus respectables !

Soral ressort également une ruse habituelle du fascisme pour servir de « paratonnerre » à la bourgeoisie en temps de crise économique : il dénonce régulièrement et avec insistance le « capitalisme financier spéculatif » et la « finance mondiale spéculative », espérant que les exploités ne s’apercevront pas que le problème est plus global et que c’est toute la société de classe (Alain Soral compris) dont ils doivent se débarrasser. Dans « Qu’est-ce que le national-socialisme ? », texte daté de juin 1933, Trotsky remarquait déjà que « tout en se prosternant devant le capitalisme dans son entier, le petit bourgeois déclare la guerre à l'esprit mauvais de lucre. »

Cette autre sentence soralienne participe de la même logique du « paratonnerre » : « Ce monde [du marché] est porté par les élites blanches occidentales judéo-protestantes ». Il s’agit ici, en réduisant le capitalisme à ses seuls partisans juifs ou protestants, d’épargner le catholicisme (dont Soral se réclame – entre mille autres « étiquettes », il est vrai !) ainsi que les Arabes et/ou musulmans dont Soral veut se faire de nouveaux alliés, convaincu qu’il est que « dans l’imaginaire politique africain ou maghrébin, c’est un type de gauche Le Pen, hein… et même d’extrême-gauche parce que c’est pas des régimes très cools là-bas. »

Au cas où vous en auriez douté, Soral manie fort bien la théorie du complot et a des talents certains en matière de réécriture de l’Histoire : « [Les Noirs] étaient issus de l’empire colonial qu’ils ne détestaient pas particulièrement d’ailleurs, en dehors de certaines élites financées souvent on sait pas trop par qui… » Comme dirait un chanteur sarkozyste : « Ah ! Le temps béni des colonies… » Eh oui, c’est bien connu : les colonisés ne détestaient pas particulièrement la puissance coloniale, cette dernière a décidé d’elle-même, spontanément et sans pression d’aucune sorte, de quitter le continent africain et, d’ailleurs, depuis la décolonisation, la France a totalement cessé de s’immiscer dans les affaires intérieures du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Tchad ou du Togo…

Enfin, dans la rubrique « comment, par la calomnie, l’extrême-droite assassine Jaurès une seconde fois », cette citation : « La position de Le Pen est très respectable et très cohérente, même sur le plan de l’immigration, du racisme, et cætera, elle est très saine, c’est une position de patriote français de gauche du début du siècle, c’est la position… il serait même à la gauche de Jaurès aujourd’hui ! » Sûrement, oui !!! Le Pen est à peu près autant à la gauche de Jaurès que l’était l’homme qui l’a abattu, Raoul Villain, qui fut membre du mouvement catholique du Sillon et du groupe d’étudiants « nationalistes » de la « Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine»…

 

4°) Antisémitisme

 

L’antisémitisme, ce socialisme des imbéciles, est très apprécié d’Alain Soral. Il s’agit, là encore, de détourner la colère populaire vers des boucs-émissaires.
Mais ce brave Soral, décidemment très prévoyant, n’a pas attendu la crise économique pour distiller son poison. En 2004, déjà, il déclarait : « Quand avec un Français, Juif sioniste, tu commences à dire ‘y a peut être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n'est pas systématiquement la faute de l'autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.’ Parce qu'en gros c'est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c'est bizarre ! C'est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C'est à dire, je pense, c'est qu'il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme (sic !) qui confine à la maladie mentale. » Puis, cette année : « Il y a quand même un milliard de chrétiens qui s’excusent face à 15 millions de Juifs… C’est quand même bizarre, il a dû se passer quelque chose pour qu’on soit obligés de s’humilier à ce point là, que notre pape soit obligé de demander pardon parce qu’il y a un évêque ultra-marginal qui a dit trois conneries. » Les « conneries » de Richard Williamson étant « juste », pour rappel, ses déclarations selon lesquelles « 200 000 à 300 000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz. »

Intéressante également, cette déclaration de Soral qui reprend le stéréotype, popularisé par le Protocole des Sages de Sion, du Juif fauteur de guerre : « M. Finkielkraut était pro-croate, M. Bernard Kouchner… euh… M. Cohn-Bendit… euh nan pas Cohn-Bendit… C’était Bernard-Henri Lévy, il était pro-bosniaque, ils ont chacun choisi leur camp afin d’attiser la haine et la violence. On ne sait pas trop pourquoi, ils ont dû tirer ça à pile ou face... » Au risque de décevoir Soral et ses groupies, il est important de souligner que l’anéantissement de la République fédérale socialiste de Yougoslavie a des causes multiples et complexes, n’ayant rien à voir ni avec Finkielkraut ni avec BHL. Pire encore : Finkielkraut et BHL n’auraient jamais existé que cela n’aurait strictement rien changé au sort des peuples des Balkans.

Courageux mais pas téméraire, Soral, peut-être lassé des agressions physiques et des décisions de justice défavorables, se replie la plupart du temps sur des propos plus allusifs visant « l’autre d’une telle communauté que je ne nommerai pas », stigmatisant Daniel Cohn-Bendit en tant que « parasite de la société française… qu’il insulte ! » ou affirmant : « La France [que les mecs de banlieue] n’aiment pas, je ne l’aime pas non plus… C’est la France de Bernard-Henri Lévy, je ne l’aime pas non plus. » Que l’on soit bien clairs : les personnalités auxquelles Soral s’en prend sont souvent méprisables. Seulement, bien d’autres le sont tout autant et dont Soral ne pipe pourtant pas un mot. Et il n’est pas compliqué de comprendre quel est sans doute le but – et quel sera assurément le résultat – des envolées soraliennes visant Bernard Kouchner, Alexandre Adler, BHL, Jacques Attali, Laurent Fabius, Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy, et cætera. Ces diatribes permettent à Soral de passer pour un type qui ose s’en prendre aux « puissants » alors qu’elles ont pour fonction objective, en ne visant que des personnalités à l’origine ethnico-religieuse (supposée !) commune, d’épargner la bourgeoisie dans son ensemble en détournant le prolétariat des approches strictement classistes.

 

5°) Stalinisme

 

Soral a gardé de graves séquelles de son passage par le Parti dit « Communiste ». Il n’hésite pas à qualifier la CGT de « réseau de résistance ou d’opposition traditionnelle » alors que cela fait au moins sept bonnes décennies que la Confédération Générale de la Trahison est un obstacle aux tentatives d’émancipation des prolétaires.
Pour Soral, « tout ce qui est de l’ordre de la violence […] et de la guerre civile, c’est forcément un truc qui affaiblit la France. » Ce Soral qui s’oppose à la violence et à la guerre civile au nom du salut de la France n’a, contrairement à ses prétentions, rien d’un marxiste… Mais c’est un parfait stalinien ! C’est avec ce même type d’arguments, avec cette même dévotion envers l’unité nationale que le P « C » F a, à trois reprises, saboté des situations révolutionnaires : en 1936 (Maurice Thorez, secrétaire général du P « C » F : « il faut savoir terminer une grève »), à la Libération (Thorez, toujours : « produire, produire, encore produire, faire du charbon c’est aujourd’hui la forme la plus élevée de votre devoir de classe, de votre devoir de Français » et « La grève, c’est l’arme des trusts. »), en Mai 68 (Georges Séguy, secrétaire général de la CGT : « ce mouvement lancé à grand renfort de publicité qui, à nos yeux, n'a pas d'autre objectif que d'entraîner la classe ouvrière dans des aventures en s'appuyant sur le mouvement des étudiants. »).

Il arrive aussi à Soral de s’attaquer au « Capital apatride » et au « Capital nomade ». C’est cette même idée qu’il développe lorsqu’il affirme dans une interview que « tous les internationalistes aujourd’hui sont des gens de droite, par essence, tu vois… » Notons en passant que, trois minutes plus tôt, dans cette même interview, il affirmait : « Je ne crois pas à l’essentialisme, les gauchistes essentialistes m’emmerdent, ce sont des crétins et des petits cons ». Pour en venir à ce que révèle, sur le fond, cette citation, Soral – ce « crétin » et ce « petit con » d’essentialiste (ce sont ses termes) – reprend à son compte la vieille antienne stalinienne qui affirme que, par opposition au Capital qui n’a pas de frontières, qui est « cosmopolite », les travailleurs se doivent d’être nationalistes. C’est ballot : Soral le stal’ a oublié que le Manifeste du parti communiste se termine par un appel à l’union des prolétaires de tous les pays…

 

6°) Apologie de régimes répressifs

 

Il n’y a pas besoin de creuser bien longtemps pour s’apercevoir que Soral est contre-révolutionnaire : il suffit de regarder quels régimes et quels chefs d’Etat il admire !
Saddam Hussein (entre autres) est rangé par ses soins dans la catégorie des « chefs d’Etat locaux de puissances alternatives ». Alternatives à quoi ? Sûrement pas au capitalisme, en tout cas ! Le premier fait d’armes de Saddam Hussein est la participation à une tentative d’assassinat, en 1959, du général et Premier ministre marxisant Abdul Karim Qasim qui, l’année précédente, avec d’autres militaires, avait renversé la monarchie iraquienne. Une fois arrivé au pouvoir (avec le soutien des Etats-Unis), à la tête du parti Baas, Saddam Hussein a réprimé férocement ses opposants, notamment les membres du Parti Communiste Irakien (ce qui n’a pas empêché Moscou de continuer à soutenir le régime baasiste… ça en dit long sur la teneur en socialisme de la bureaucratie stalinienne).

Soral fait également l’apologie de Poutine, ex-membre du KGB et bourreau du peuple tchétchène qui, en fait d’« alternative », a surtout parachevé le rétablissement du capitalisme privé en Russie (ouverture à la concurrence du fret ferroviaire, baisse du taux d’imposition sur les sociétés…) et restreint les déjà peu nombreuses libertés démocratiques dont bénéficiaient les Russes (journalistes assassinés, opposants emprisonnés, désignation par le Président et non plus élection des gouverneurs des sujets de la Fédération de Russie, grande impunité accordée aux membres des groupes fascistes/néonazis qui commettent de nombreuses exactions).

Autre objet d’admiration de Soral : la République islamique d’Iran, régime théocratique où les militants des organisations de gauche ont été exécutés par milliers suite à la contre-révolution islamique et où les minorités (kurdes, arabes) sont soumises à de multiples brimades. Ce régime qui tente de fédérer sa population autour de discours hostiles à l’Occident, aux Etats-Unis, à Israël, sait pourtant miser sur plusieurs lièvres à la fois : dans les années 80, il n’a pas hésité à acheter des armes aux Etats-Unis (qui se sont servis de l’argent récolté grâce à ces ventes pour financer une guérilla d’extrême-droite au Nicaragua : c’est la fameuse affaire Iran-Contra) et à Israël. Les dirigeants iraniens sont également ravis de la décision des Etats-Unis et de la dictature européiste de classer comme organisation terroriste l’Organisation des Moudjahiddines du Peuple Iranien (OMPI), et ils ont sûrement vu d’un bon œil les perquisitions visant l’OMPI opérées en France en 2003. La « lutte contre le terrorisme » (c’est-à-dire, en réalité : le terrorisme d’État) est décidemment sans frontières...

 

7°) Arrivisme et haine de classe

 

Soral qui reproche à BHL, Finkielkraut, Cohn-Bendit, et cætera (voir 4°)) leur capacité à retourner leur veste n’a peut-être pas tort sur le fond… Mais il est très mal placé pour parler, sa propre trajectoire politique étant marquée par de nombreux retournements de veste.
Après avoir adhéré au mouvement punk, il rejoint le P « C » F. Il finit par quitter ce parti dans les années 90, une fois que l’Union Soviétique s’est cassé la gueule et qu’il s’est rendu compte – soixante ans après tout le monde, mais mieux vaut tard que jamais – que le P « C » F n’est pas révolutionnaire. Il qualifie son Abécédaire de la bêtise ambiante, paru en 2002, de « national-républicain » et paraît alors proche de Jean-Pierre Chevènement. Passade de courte durée puisqu’il se rapproche ensuite à grandes enjambées de l’extrême-droite, jusqu’à rejoindre l’équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen en vue des présidentielles de 2007. Mais il est vrai que, dans l’interview où il annonçait son rapprochement avec le FN, Soral affirmait que, faisant cela, il rejoignait un parti « qui pèsera demain 25% minimum » (forcément, puisque « Le Pen, c’est le plus grand résistant au Système de France » !!!). Quelle déception au soir du premier tour des présidentielles quand Le Pen, doublé sur sa droite (extrême) par un Sarkozy vraiment très décomplexé, n’obtient « que » 10,44% des voix. Pas grave, Soral a l’explication : « Le Pen mérite la France, mais je ne suis pas sûr que la France et les Français tels qu’ils sont aujourd’hui méritent Le Pen. » Dit plus clairement : les Français sont des cons. Venant de quelqu’un qui passe son temps à glorifier démagogiquement le « Peuple » et la « Nation », c’est plutôt cocasse… A l’échec du FN aux présidentielles vient s’ajouter l’échec, plus net encore, des municipales en 2008, ce qui fait que Soral doit commencer à se demander s’il a misé sur le bon cheval.
Soral annonce finalement son départ du FN le 1er février 2009, le parti n’ayant daigné lui proposer, en vue des élections européennes, qu’une place d’honneur sur la liste en Ile-de-France. Une simple place d’honneur à lui, Alain Soral, lui qui est « rebelle depuis l’âge de seize ans », vous vous rendez compte ?!? Comme l’aurait dit une de ses défuntes icônes staliniennes : c’est un scandÂÂÂÂle ! Mais puisqu’il ne veut surtout pas sombrer dans l’oubli et qu’il tient à faire parler de lui à tout prix, Soral se contente finalement d’une place de numéro 5 sur la liste antisém… pardon… « antisioniste » de Dieudonné. On ne sait jamais, des fois que… Après tout, « les gens sont tellement cons, ils en redemandent… » et puis « un salarié, c’est comme un enfant ». Alors, qui sait ? Ces ânes-là iront peut-être voter…

Le grandissime Soral qui, lui, n’est ni un con ni un salarié, chie sur la Star Academy, les émissions d’Arthur, celles de Stéphane Bern… Le hic c’est que Soral n’a jamais hésité à aller faire la promo de ses bouquins de merde chez Thierry Ardisson ou Evelyne Thomas ! Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais… Soral semble paniqué à l’idée de retomber dans l’anonymat : « Si vous ne faites pas ce qui faut, vous êtes progressivement marginalisés, c’est-à-dire vous ne passez plus dans les grands médias, vous êtes un peu mal vus […] On voit bien ceux qui peuvent se maintenir et ceux qui sont marginalisés, et pourquoi […] Et cette marginalisation elle est bon… au niveau des médias évidemment, c’est-à-dire on est disqualifiés, on n’est plus invités, et cætera... Moi on voit très bien que j’passais beaucoup dans les émissions mais à un moment donné on n’m’a plus vu […] d’ailleurs les gens ne se posent même pas la question ‘tiens, on ne vous voit plus !’ » C’est qu’il doit également se demander comment il va faire pour écouler ses daubes fascistoïdes si, par malheur, il se voit privé de l’accès aux principaux médias et de la notoriété qui va de pair… Aiguillé par son ambition sans scrupules, Soral saura, s’il le faut, changer une énième fois son fusil d’épaule, trouver de nouveaux compagnons de route et de nouvelles tribunes d’où il pourra dégueuler sa prose pseudo contestataire qui, en fait, nuit exclusivement au prolétariat. A moins que ce dernier ne lui en laisse pas l’occasion...


SINISTRE SPECTACLE
http://sinistrespectacle.free.fr

 

Sources :
- Alain Soral, Abécédaire de la bêtise ambiante, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Pocket, Paris, 2003
- interview d’Alain Soral après qu’il ait annoncé qu’il rejoignait l’équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen, fin 2006
http://www.dailymotion.com/search/alain%2Bsoral/video/xtj...
- interview d’Alain Soral suite au premier tour des dernières présidentielles, 22 avril 2007
http://www.dailymotion.com/related/xtjwl/video/x1td0v_sor...
- Alain Soral, conférence à Fréjus, 23 mai 2008
http://www.dailymotion.com/relevance/search/soral+fr%C3%A...
http://www.dailymotion.com/relevance/search/soral+fr%C3%A...
- Alain Soral, conférence « Vers la gouvernance globale » à l’invitation du Parti Populiste, 9 mars 2009
http://www.dailymotion.com/relevance/search/conf%C3%A9ren...

 

http://rapaces.zone-mondiale.org/communiques/comm19.htm

 

 

10:37 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/01/2010

Si nous voulons enrayer la machine ou la changer nous devrions plutôt penser à comment et avec qui le faire.


Aujourd’hui, on se rend bien compte que nos luttes nont aucun effet sur le rouleau compresseur étatique et que plus le temps passe plus cette rage qui nous habite se dissipe petit à petit et que cest la résignation qui sempare de nous. Alors avant quelle disparaisse définitivement nous appelons à la création dun groupe daction révolutionnaire.

Les raisons de notre passivité face à ce système qui nous écrase sont le confort et les consolations de toutes sortes, les conneries sur la non-violence, notre éducation, car depuis tout petit on t
apprend à respecter ton maître et à tendre lautre joue à celui qui te frappe.

Nous disons tous vouloir renverser ce monde ou rêver d
un monde meilleur mais attention, sans prendre trop de risques parce quil faudrait pas gâcher sa vie donc on fait les choses à moitié. Les 96 heures de garde à vue, la taule, les coups de matraque, les poursuites judiciaires font pourtant partie du jeu et même plus, bien souvent ça a été le prix à payer pour gagner ou conserver nos acquis.

Honte à nous ! Nous offensons la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour notre Liberté, celles et ceux qui ont été prêts à tout perdre pour nous délivrer de l
oppression.

Ce tract n
utilisera pas les codes de langage militant car il a été écrit par des révoltés, certain-e-s naimeront pas ce tract, sûrement trop viscéral pour eux. Nous ne donnons et navons à donner aucune leçon, nous faisons juste un constat. Celui que nos luttes sont stériles, que nous sommes divisés ; nous voulons lancer un débat de fond sur nos vies, nos luttes, nos rapports avec les autres, car si on a bien une qualité cest de nous critiquer entre nous. À qui cela profite ?

Il va falloir donner beaucoup plus si nous voulons influer sur ce monde. Nous aussi on a peur mais on en veut plus, elle nous paralyse, elle nous détruit. La violence faite à nous-mêmes pour supporter ce monde fait plus mal que toute celle que pourrait nous imposer ce système.

Avant de réfléchir au monde dans lequel on pourrait vivre après avoir fait la révolution ou du moins si nous voulons enrayer la machine ou la changer nous devrions plutôt penser à comment et avec qui le faire.

Nous appelons les militants toulousains qui en ont marre du blabla et des pseudo-intellectuels plein d
analyses et de références à la con. Nous nopposons pas les réflexions de fond aux actions, nous voulons juste souligner que la soi-disant supériorité intellectuelle des uns a pu permettre dasservir les autres. Nous lançons un appel aux timides pour qui ce nest pas facile de prendre la parole, aux gens du NPA qui nont pas avalé que quand la Ligue se prétendait encore révolutionnaire demandait un smic à 1500 €, les gens de la CGT qui vomissent le fait que leur syndicat mange à la même table que le patronat et qui noublient pas que la CGT-Paris lannée dernière expulsait des sans-papiers, toi qui pense que ton orga peut être sclérosante, à toi lalcoolique qui en a marre de te mettre la tête chaque soir pour éviter de penser, à toi le fumeur de joints qui comprend que si le monde était une forêt le shit serait une fléchette tranquillisante, à celles et ceux qui ont la haine, la rage, de la rancœur, ceux qui sont en mode guerre, celles-ceux qui en ont marre de perdre leur vie à la gagner, ceux qui ont envie dêtre heureux, à toi la fille qui en a marre de vivre dans ce monde de macho, à toi lécologiste qui chie sur le développement durable, à celles et ceux qui pètent un câble, qui ont déjà rêvé de faire un petit barbecue dans la cour de lÉlysée, à tous les déracinés, les sans-papiers, tous les musulmans et catholiques qui nont pas envie dattendre le jugement dernier ou le retour de Jésus, à tous les athées. Un jour il va bien falloir abandonner nos préjugés et querelles, quelles soient personnelles ou collectives, pour bousculer ce monde sans se soucier de nos prisons politiques, sociales, culturelles ou religieuses.

Sachez que ce tract sera distribué au-delà du milieu militant car nous doutons fortement en la capacité de certain-e-s à vouloir la révolution. Ce tract a pour but de jeter un pavé dans la mare.

Nous ne prétendons pas avoir la science infuse ni la solution, nous sommes conscients d
être des cons parmi les autres et que ce nest pas à 50 quon change les choses.

Nous appelons à une réunion pour discuter de tout ça au Katénaire, 14 rue Victor Déqué, à 5 minutes du Métro François Verdier le 25 janvier (à 19h00 pétantes !), vous pouvez ramener des gâteaux, il y aura du thé et du café. Sachez qu
à 19h30 la porte sera et restera fermée, le quart dheure toulousain est souvent le signe de notre manque de rigueur et de notre je men foutisme. Donc après 19h30 pas la peine de frapper.

C
est aujourdhui ou jamais car dici quelques années lécrou sécuritaire sera tellement serré que nous ne pourrons plus rien faire pour enrayer la machine. «Ce monde nous fait mal mais faut pas le déranger, faut juste savoir se plaindre en se laissant consumer.»

Indymedia Nantes, 14 janvier 2010.

19:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/01/2010

Comité Anti Répression - Créons du lien

Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 18:03
De l’inter-lutte au Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux

Il est issu en grande partie du comité inter-lutte 86, comme son nom l’indique, il avait pour volonté de mettre en lien des secteurs «en lutte dans» la région (Éducation, Hôpital, Entreprises) et donc par conséquent de rompre l’isolement de certains salariés. Or  cela s’est avéré  être un échec  dans la mesure où le comité ne s’était pas élargi à d’autres secteurs que celui de l’éducation (du mouvement étudiant) dont il provient. Ainsi, s’est posé la question de la pertinence du comité de s’appeler inter-lutte car  la «mèche» n’a pas pris. Ce fut une période de lutte malgré les illusions suscitées par les grandes «journées de mobilisations» syndicales : un long et dur blocage de l’université de Poitiers avec occupation ainsi qu’une impressionnante vague publiphobe déferlent sur les panneaux publicitaires de Decaux [Article Centre-Presse du 6/05/09 (Denys Fretier)]. Afin d’enrayer cette dynamique et ses potentialités, la Police réagira de manière plus violente et plus provocante (ou en d’autres termes, plus «appropriée»), tel est son essence même après tout : de gestion quotidienne des gestes et des corps.  Dès lors, la  Répression frappa en deux temps sur les deux  mouvements : à commencer sur les étudiants occupants/bloqueurs (certains prendront du sursis) et ensuite sur le mouvement antipub (la presse parle, sans rire, de mouvance «anarcho-autonome» [Article Centre-Presse du 20/05/09 (Denys Fretier)]) où une peine de prison préventive de deux mois fut infligée à un camarade. Entre ces deux temps, il y a eu l’expulsion manu militari, brutale  d’un squat rue de Paris au 69bis (à proximité du local du «Collectif 23») [Réponse à l’article de la Nouvelle République du 27/05/09 (Vincent Buche) dans «La Mère Peinarde» : avec description précise de l’interpellation].


Ainsi le comité inter-lutte en manque de perspectives politiques et de luttes s’est peu à peu transformé en un comité contre la répression des mouvements sociaux. Ainsi il s’est étendu à tous les individus qu’ils soient membres ou non de partis politiques et/ou syndicats, associations de la ville. Il a permis, et ce dès les premières réunions d’évoquer les expériences vécues avec la Police — ses agissements — et la Justice — machine à broyer — par une partie de la jeunesse  militante poitevine afin d’éviter leur isolement  à cause de leur penchant politique et idéologique (anarchistes/ libertaires/dits «autonomes»). Ainsi le principe de défense de tout acte à caractère politique doit primer et tout individu doit être défendu quoi qu’il fasse (de l’antipub jusqu’à la manifestation du 10 octobre 2009 en passant par la réquisition de logements vides).

Or très vite, l’on a vu qu’il y avait des contradictions au sein du Comité Anti Répression. Il n’y a pas de positionnement politique défini : seuls l’anticapitalisme et/ou l’antilibéralisme au vu les tendances politiques signataires en sont la base. Bien évidemment, on a vu apparaître des divergences politiques très claires, surtout après les «évènements du 10» et la répression policière et judiciaire qui s’ensuivirent. Les divergences ont bien eu lieu par rapport au Comité de soutien des deux étudiants incarcérés qui s’est positionné sur une ligne apolitique voire de division entre les inculpés et incarcérés [La ligne du collectif de soutien aux deux étudiants «oublia» dans un premier temps l’autre incarcéré Patrick considéré comme marginal (la presse disait même qu’il était SDF !). Donc, il interpréta cette ligne comme «une défense de classe» de jeunes privilégiés (car étudiants-ayant-un-avenir) en plus de  la composante du comité : élus et notables de la ville.] et une démarche innocentiste qui n’avaient pas de sens aux yeux de nombreuses personnes au sein du Comité Anti Répression. Ce dernier  a organisé une manifestation avec un discours politique clair et précis : solidarité avec tous les inculpés, arrêts immédiats et inconditionnels des poursuites…


Devenir un réceptacle des luttes partisanes ?…

La journée du «10 octobre» est laffaire dans cette petite ville aux apparences calmes mais un enjeu politique national majeur se joue très clairement en Poitou-Charentes. Ici, c’est le fief de «Ségo», la préfecture est à droite (M. Tomasini — l’expulseur de Cachan [M. Tomasini décréta l’expulsion du plus grand squat de France situé à Cachan où plus de 200 familles, en majorité africaine vivaient], un proche de Pasqua et de Sarkozy) et Claeys — le maire PS — mais pas vraiment ségoleniste. Tout un petit scénario classique de la politique-spectacle, dans une ville de la «gauche» associative. C’est pourquoi, les organisations de la «gauche interventionniste» et d’extrême-gauche vont surenchérir sur le thème de l’insécurité afin de s’en accaparer comme tremplin pour les prochaines élections régionales. C’est à ce moment là que l’on a vu certaines organisations rentrer dans le Comité Anti Répression avec des arrière-pensées électorales : la «déclaration solennelle» signée par des élus de «gauche» avec celui du Modem de la Communauté d’Agglomération de Poitiers affiche clairement  une volonté de concurrencer Hortefeux dans sa politique répressive («Les casseurs qui ont dégradé Poitiers doivent être arrêtés et jugés. Leurs actes sont injustifiables et inexcusables.» [Déclaration solennelle du maire signé par les élus]). Encore une fois les élus «de gauche» ont  prouvé leur médiocrité voire même leur allégeance au discours et au  parti dominants. À ce jeu là, il est vrai que le Parti Communiste poitevin nous a fait rire avec sa vision paranoïaque et «complotiste» des faits : grosso modo, c’est Hortefeux et sa police qui a tout financé, tout orchestré, même le tract d’autodéfense juridique [Fac-similé distribué lors de la manif organisée par le Comité Anti Répression du 19 octobre]. Bref… Ce qui est assez marquant de la part d’organisations se réclamant comme des relais des travailleurs, des opprimés et des laissés pour compte, ne faire aucun discours conséquent, ni même une analyse autour des questions de l’enfermement (prison, psychiatrie par exemple). C’est une véritable occasion manquée de leur part dans la mesure où un des plus grands centres de détention «nouvelle génération» [Prisons «nouvelles générations» : Partenariat Public/Privé. Les groupes privés ne se contentant pas seulement de construire (ex. : Eiffage ou Bouygues) mais régiront des aspects de la vie des détenus.] de France s’est construit dans la région (Centre pénitentiaire Poitiers-Vivonne).

Ainsi, des oppositions politiques au sein du Comité sont établies, la «déclaration solennelle» est en quelque sorte une déclaration de guerre… Elle met en lumière les divergences et montre que le Comité Anti Répression peut être aussi  perméable à ce type de comportement nauséabond : la délation, une certaine forme de désolidarisation, double jeu électoraliste. Ces positions prouvent qu’il y a des ennemis politiques au sein du comité anti répression. Elles tendent également à ébranler la confiance entre les membres du comité qui agissent a priori à titre individuel et non pour leur chapelle politique. Ces mêmes personnes qui dénoncent «l’ultragauche» comme le jouet politique de l’épouvantail électoraliste de «l’ultradroite» à la Hortefeux [Dessin d’AdèLE vu sur http://www.justicepourtous.org/] considèrent le comité anti répression également comme un jouet…

… Ou une force de proposition contre la résignation ?


Or, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, comme tout autre comité anti répression et/ ou caisse de soutien/solidarité peut être autre chose qu’un jouet politique. C’est pourquoi, il ne peut se contenter de rester qu’une force de défense d’inculpés ou autre incriminé par la Justice. Le Comité Anti Répression est là avant tout pour soutenir politiquement, financièrement, en organisant soirée de soutien, création de caisse, appel à d’autres caisses… Et aussi moralement en brisant l’isolement des inculpés. Le Comité peut offrir des armes juridiques en appelant des avocats, en distribuant des tracts ou brochures d’autodéfense juridique [Face à la Police, Face à la Justice et Guide du manifestant arrêté]. C’est une arme politique intéressante grâce au nombre et la solidarité donc éminemment nécessaire et stratégique même si persiste toujours un sentiment dimpuissance ; et c’est «normal» étant donné le rapport de force qui n’est pas en notre faveur et qu’actuellement les luttes ne paient guère (mis à part quelques lots de consolation telle que la grève générale en Guadeloupe ou bien la lutte des «Contis»). Cependant, le Comité Anti Répression est un moyen — comme un autre — de «conscientisation» politique d’un nombre de personnes méconnaissant les dispositifs de contrôle et de gestion des affects et des corps par la Police et de sa Justice au moment de lutte et/ou mouvement social réprimé durement (comme ce fut le cas pendant le CPE en 2006, ou bien à saintNazaire en 2009). Ces situations créent des rencontres et des dynamiques dépassant les cadres et les milieux militants habituels en touchant toutes les générations, les classes, les professions. De plus, cela a pour effet de démystifier toutes les croyances citoyennes en la Justice juste (sic) et ses fondements : les Droits de lHomme, pourtant invoqués lors de la défense d’inculpés/prévenus [Contribution aux discussions sur la répression antiterroriste].

Ainsi, le Comité Anti Répression n’est pas dans l’expectative ! C’est pourquoi ce serait intéressant qu’il devienne une force d’action et d’analyse politique, de proposition et un lieu de débats plus conséquents sans pour autant devenir un groupe politique à proprement parler ou bien une organisation, mais comme un outil rodé qui est là, présent, prêt à être utilisé à tout instant face à l’oppression. Et si possible loin des querelles de chapelles. Là risque de se poser des problèmes avec les organisations/syndicats, et associations soutenant le Comité Anti Répression et de leur degré d’implication surtout lorsqu’il s’agit de défendre des actes politiques se démarquant clairement de leur méthode/stratégie ou même pire de leurs convictions politiques et philosophiques, nous verrons.

Pour finir, ce serait nécessaire et donc intéressant que les caisses de soutien [Quelques caisses de solidarité], et les comités anti répression qui ont pullulé dans plusieurs villes ces dernières années au gré des luttes successives et de la répression qui s’en est suivie, se connectent un peu plus, se rencontrent afin de discuter de nos expériences locales vécues pour y faire émerger une force, une arme : à commencer  par celle de la solidarité !

Texte reçu le 13 janvier 2010,
à paraître dans le prochain numéro de La Mère Peinarde.

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