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06/01/2010

Semaine de solidarité aux inculpés de Vincennes - 17-24 janv 2010

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19:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Eric Cantonna nous rappelle les vraies valeurs de la Résistance au grand journal de canal + !

 

Aujourd’hui on nous encourage à devenir des mafieux par ce qu’on vit dans un Etat complètement mafieux...

On est racketté, on est racketté tous les jours, je ne parle même pas d’argent.

Ils avancent masqués, tous les jours. Ils veulent nous faire avaler des couleuvres, on veut nous terroriser...et qu’est ce qui faut faire ?

On va descendre dans la rue comme des malades ? Et s’il faut le faire un jour...on le fera...

A un moment donné il faut vraiment prendre conscience de ce qui se passe quoi...c’est super grave...

Alors qui sont les flingueurs ? (parle-t-il d'Erignac et du procès Colonna ?)

Y’a des gens qui crèvent tous les jours dans la rue...Y’a de la discrimination...on encourage la délation...la solidarité ça n’existe même plus...

Ce qui est dangereux c’est que ça rejaillit sur les gens...c’est ce que nous sommes entrain de devenir qui est dangereux...Nous sommes aujourd’hui les flingués...nous devons prendre conscience de ça.

15:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/01/2010

Camp No Border à Bruxelles sept./oct. 2010

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Le 5 décembre quelques activistes se sont réunis une première fois pour discuter de l’organisation éventuelle d’un NoBorderCamp (NBC) à Bruxelles. Un concensus en est ressorti visant à organiser ce dernier, qui prendrait place durant l’été 2010 (en septembre ou en octobre)


POURQUOI A BRUXELLES?

- Bruxelles est un symbole dans la mise en oeuvre de la politique (anti)migratoire européenne : Le parlement européen y est installé et à partir de juillet 2010 la Belgique reprendra la présidence de l’Union Européenne. Nous voulons d’une part mettre en question les politiques (anti)migratoires européennes, et d’autre part renforcer la dynamique des activistes européens dans ce domaine.

- Bruxelles est aussi le centre des décisions gouvernementales belges. Le parlement et la chambre y sont installés, de même que les sièges des principaux partis politiques et la direction des administrations chargées de « l’accueil » des étrangers et de leur accès (ou non) au territoire (CGRA, Office des Etrangers, etc.)

- Bruxelles est cosmopolite et connue pour sa vie multiculturelle. De nombreuses communautés de migrants, sans papiers ou non, y vivent et se sont montrées très actives lors des luttes de ces dernières années. Un NoBorderCamp permettrait ainsi de renforcer les liens entre les activistes européens et les sans papiers en lutte.


QUAND ?

Le NBC aurait lieu en septembre ou en octobre 2010 durant une semaine (+3 jours de préparation). Les dates exactes seront définies en janvier en fonction des mobilisations internationales, des sommets européens et des agendas scolaires.

La construction du camp se ferait les vendredi, samedi et dimanche pour pouvoir débuter le camp à proprement parlé du lundi au vendredi. Ce dernier se terminerait le samedi par une grande manifestation à Bruxelles puis le dimanche par un débriefing, le démontage du camp et la remise en état des lieux.


LE CONCEPT DU CAMP :

Le concept serait de proposer des activités décentralisées, autour de thèmes choisis pour chaque journée. Ainsi des ateliers, projections, animations, débats ou concerts seront organisés dans divers endroits à Bruxelles, tant que possible autour de thèmes tels que :

- Frontex et la militarisation des frontières / les politiques sécuritaires
- La clandestinité et les luttes des migrants
- Capitalisme et migrations, exploitation et appauvrissement
- Centres fermés et expulsions
- Les politiques (anti)migratoires européennes Et après la grande manifestation : Alternatives, quid de l’après NBC ?


COMMENT APPORTER SON SOUTIEN ?

Un NOBORDERCAMP est ce que l'on veut en faire :

- Participe à la réunion du 11 janvier à 19h30. L’adresse te sera communiquée sur demande par email
- Si tu as des idées d'ateliers, de films ou d'une expositions, que tu connais un orateur intéressant ou que tu as d'autres propositions modestes et géniales en tête, contacte nous !
- Nous avons également besoin de terrains, de locaux, d’endroit pour loger des activistes etc pour cette période. Si tu connais des propriétaires sympathiques ou si tu as des idées, contacte-nous !
- C'est un projet collectif et autogéré : encourage tes amis et camarades activistes à participer ! Chacun y a sa place !
- Un compte sera ouvert pour les soutiens financiers
- Si tu désires organiser une activité, une soirée de soutien, ou réfléchir comment participer d'une manière ou d'une autre à l'organisation, n'hésite pas à nous contacter à l’adresse:  Nobordercamp@vluchteling.be

19:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/12/2009

Justice de classe chez Continental Clairevoix: les patrons voyoux gagnants, les ouvriers manifestants condamnés.

rappel :

La cour d’appel d'Amiens vient de faire savoir que le procès en appel du jugement du tribunal de Compiègne (qui avait condamné lourdement six manifestants qui protestaient contre la fermeture de leur usine "Continental" de Clairoix) se tiendrait le mercredi 13 janvier 2010.

Les condamnations pénales et financières prononcées contre les six salariés sont un acte de vengeance contre la lutte victorieuse des 1120 travailleurs de Continental-Clairoix, et une condamnation pour l'exemple qui s'adresse à l'ensemble des travailleurs du pays, destinée à faire régner un climat de peur contre tous ceux qui refuseraient l’arbitraire patronal et gouvernemental. Mais en plus, pour prononcer ces condamnations, le tribunal, à la demande du parquet, et donc des autorités gouvernementales, a remis sur pied, en toute illégalité, une loi abrogée depuis 28 ans, à cause de son caractère liberticide, comme l'avait qualifié alors le ministre de la justice Robert Badinter. L’atteinte aux libertés publiques, par cette réintroduction de la loi dite "anticasseurs", qui permettait, comme c'est le cas dans cette affaire, de condamner des personnes sans avoir de faits précis à leur reprocher, au nom d’une prétendue responsabilité collective qui découlerait de leur seule présence à une manifestation, est une menace grave pour les libertés publiques. D'ailleurs, ceux qui rêvent de s'en prendre à toutes les contestations, ont immédiatement réclamé que soit généralisé dans tout le pays, et pour toutes les manifestations, ce qu'ils ont appelé "la jurisprudence Continental".

L'intersyndicale et le comité de lutte des "Conti" appellent à une grande manifestation
mercredi 13 janvier 2010 à Amiens.
Rendez-vous à 11h devant la gare d’Amiens.


Pour télécharger l'appel, cliquer ici :
http://www.cnt-f.org/59-62/appel_manif_soutien_CONTI_Amie...

La CNT soutient ces camarades. Un communiqué de presse confédéral sera publié début janvier. Des départs groupés pour la manifestation du 13 janvier à Amiens sont en train d'être organisés.

19:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/12/2009

Anne, ma soeur Anne ne vois-tu rien venir ? Si ! BESSON...

Jean-Christophe Cambadélis, membre de la direction du Parti socialiste (PS), avait ouvert les hostilités il y a quelques jours en déclarant que "le ressort de l'itinéraire de Besson était le même que celui de Laval", faisant allusion au chef de gouvernement de Philippe Pétain.

Eric Besson a déclaré qu'il entendait porter plainte contre M. Cambadélis, estimant que ces critiques "rappellent les méthodes des procès de Moscou".

M. Cambadélis est soutenu par plus de 80 députés socialistes qui mettent au défi le ministre de l'Immigration: "Si vous l’osez, poursuivez-nous M. le ministre!", ont-ils lancé.

Le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, a jugé mercredi ces propos "indignes et irresponsables", estimant que M. Huchon faisait "un amalgame scandaleux et infondé avec le régime de Vichy, insultant par la même notre République et les valeurs qu'elle porte".

 

 


Eric Besson (piquée chez l'excellent article XI)!

Et ce sentiment que le ministre ne regarde pas dehors non plus qu’il n’a les yeux dans le vague : c’est sur le passé qu’il colle son regard, ce sont d’autres temps qu’il voit et laisse à voir, retour en arrière confirmé par l’apparent rajeunissement du personnage.

Besson lorgne vers les années 30.

Et tout en lui dit ce voyage dans le passé, l’allure vestimentaire, l’apparence physique et ce romantisme funeste et funèbre de l’homme d’État soucieux de faire accroire qu’il entend aller au bout de son sombre rôle.(article XI)

 

Va-t-il aller jusqu'à l'île-Dyeu ?

00:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/12/2009

la prison tue en France ! Championne d'Europe ! Qualification haut la main !

sur ouest-rance:

 

C'est en France que le taux est le plus élevé d'Europe. Loin devantla Grèce et le Danemark.

Même si les statistiques pénitentiaires, d'un pays à l'autre, laissent à désirer, le fait est établi. Selon une enquête de l'Institut national des études démographiques (Ined), avec une moyenne de 20 suicides annuels pour 10 000 détenus, la France affiche le taux de suicide en prison « le plus élevé de l'Europe des Quinze ». Loin par exemple devant le Danemark (13 pour 10 000), la Grèce ayant le taux le plus bas, (4 pour 10 000). L'Ined n'a pas élargi sa comparaison aux vingt-sept nations qui composent désormais l'Union européenne.

Contrairement aux idées reçues, ce fort taux de suicide n'est pas lié à la seule surpopulation carcérale. Dans les années 1990, celle-ci diminuait, alors que les suicides augmentaient. Et la promiscuité n'explique pas tout, puisque la moitié des suicidés sont seuls dans leurs cellules.

Problème essentiel : le choc de l'incarcération. En France, un quart des suicides a lieu dans les deux mois qui suivent l'entrée en prison, la moitié au cours des six premiers mois. « Les prévenus, en attente de jugement, se suicident deux fois plus que les condamnés. » Plusieurs explications sont avancées : la difficulté d'adaptation à la vie carcérale ; la peur d'être confronté à ses actes, à sa propre famille, à celle de sa victime au cours d'un procès ; la mise à l'écart subie par certains détenus, les violeurs notamment... Le nombre de suicides augmente avec la gravité de l'infraction.

En cinquante ans, le taux de suicide a quintuplé dans les prisons françaises, alors qu'il a peu changé dans la population générale. Mais aujourd'hui, en France, on incarcère de plus en plus de personnes psychologiquement vulnérables, sans leur assurer le suivi médical nécessaire.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Suicide-en-prison-triste-record-_3636-1195325_actu.Htm




"Suicides en prison : la France comparée à ses voisins européens", le rapport de l'INED

NOUVELOBS.COM | 16.12.2009 | 09:22

La fréquence du suicide est utilisée depuis longtemps comme indicateur des tensions et problèmes d’une société. Elle a beaucoup augmenté dans les prisons françaises depuis 50 ans. Est-ce lié à la surpopulation carcérale comme on l’entend souvent, ou existe-t-il d’autres raisons ? Comment se situe la France par rapport à ses voisins européens ? C'est à ces questions que répond le rapport de l'Institut national d'études démographiques, publié mercredi 16 décembre.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20091216.OBS0846/suicides_en_prison__la_france_comparee_a_ses_voisins_eu.html

 

Suicide: les pires prisons d'Europe sont françaises

Une récente étude de l'Ined s'intéresse au phénomène des suicides en prison et souligne la gravité de la situation dans les geôles françaises.

Les prisons françaises brillent encore par leur incurie. Cette fois, c'est par le suicide. La lecture de la récente étude de l'Institut national d'études démographiques (Suicide en prison: la France comparée à ses voisins européens) publiée dans le bulletin d'information «Population et sociétés» est éloquente. Premier constat: le taux de suicide en prison a quintuplé en cinquante ans alors qu'il n'augmente pratiquement pas chez l'ensemble des Français. Deuxième constat: le taux de suicide est cinq à six fois supérieur en prison que dans la population générale. Troisième constat : la France a le pire taux de suicide (19 pour 10.000) de l'Europe des quinze (2002-2006), loin devant le Danemark (13 pour 10.000), deuxième sur la liste. On s'en doutait, mais la douche est fraiche.

http://www.liberation.fr/societe/0101608962-suicide-les-pires-prisons-d-europe-sont-francaises

08:23 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/12/2009

Stop à la répression et aux violences policières à Copenhague !!!

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 12 2009 17:51
Copenhague : Reclaim the power, la manifestation durement réprimée

Organisée par la coalition Climat Justice Action (CJA), la
manifestation «Reclaim the power» (reprenons le pouvoir) a rassemblé
des milliers de personnes à partir de 7 heures du matin aujourd’hui à
Copenhague. C’est aux cris de «C’est le système qu’il faut changer, pas
le climat» ou «Nous voulons la justice climatique» que les manifestants
— danois, français, allemands, italiens, espagnols… — ont convergé,
dans une ambiance très solidaire, vers le siège de la négociation
internationale alors que les négociations sont au stade de la confusion
la plus totale.


L’objectif était simple : passer les grilles de protection du centre
officiel des négociations climatiques pour faire du Bella Center le
lieu d’une assemblée populaire afin de «reclaim power». Les moyens
étaient humains : organiser plusieurs fronts. Après deux heures de
marche sous la neige, plusieurs milliers de manifestants sont arrivés à
quelques deux cent mètres de la zone rouge, symbolisée par des grilles
de protection. Autorisé, le rassemblement a été déclaré illégal par la
police «au nom de la reine» (sic) dès l’instant où les manifestants
sont arrivés devant les grilles. Décidé à résister, le cortège essuya
charges nombreuses et particulièrement violentes, gaz, matraques et
chiens policiers, pas très sensibles aux saucisses que leurs lançaient
quelques personnes, tout ça sous la surveillance des hélicoptères
infatigables depuis une semaine.

Comme à son habitude depuis une semaine, la police a encerclé la foule,
arrêtant tout ce qui bouge. Il est difficile à ce stade de connaître le
nombres des gardes à vue, toutefois le chiffre de 200 ne paraît pas
improbable. Depuis une semaine ce sont plus de 1800 personnes qui ont
connu la garde à vue dans ce que l’on appelle maintenant la «climat
Jail» c’est à dire le centre spécial de détention mise en place pour
les mobilisations.

Au delà de l’action de la police, il se passe à Copenhague
quelque-chose de neuf, on sent l’énergie, l’expertise et l’envie que
nous avions connu dans le mouvement altermondialiste au début des
années 2000, reste à savoir si nous saurons politiquement en faire
quelque chose…

À suivre…

Fred à Copenhague pour HNS-Info, 16 décembre 2009.

















21:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/12/2009

Grèce : récit d’un témoin oculaire de l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos

Voici le récit d’un témoin oculaire de l’assassinat du jeune de 15 ans, Alexis Grigoropoulos par la police grecque qui a conduit aux émeutes de décembre et à la révolte sociale généralisée qui repart en Grèce. La jeune femme dont il est question dans ce texte est malheureusement devenue mondialement célèbre par la petite video qu’elle a eu la malchance d’enregistrer depuis son balcon qui avait vue sur le lieu de l’assassinat d’Alexis et elle sera témoin contre le policier Ep. Korkoneas lors de ce procès. Ce témoignage est un fragment d’un texte plus important et est inclu dans le livre "Nous sommes une image du futur / La révolte grecque de décembre 2009", qui sortira aux Etats-Unis en février 2010 chez AK Press et est édité par A.G.Scwartz, Tasos Sagris et Void Network.

Je suis une habitante d’Exarchia, dont le balcon a vue sur le lieu où a été assassiné Alexis Grigoropoulos.

Je ne suis pas particulièrement impliquée dans des activités politiques. Je ne suis pas une activiste. Je ne peux parler que du meurtre. Je ne peux pas prendre de position sur toutes les autres choses qui se sont passées parce qu’elles sont très compliquées et que je n’ai pas de pensée très claire là-dessus.

Exarchia a toujours été un quartier alternatif, un lieu de contre-culture. Depuis plusieurs années, à de nombreuses reprises, quelque chose arrivait à un coin rue dans Exarchia et soudainement chacun sortait des cafés et les bars et allait dans la rue et courait pour voir ce qui arrivait. Habituellement c’étaient des incidents entre les gens et la police, quelques bagarres, des confrontations, insultes, cris. Dans le temps cela arrivait très fréquemment. Ensuite il y a eu une période au cours de laquelle cela ne s’est pas produit tant que ça, mais ces dernières années ça a recommencé à se produire plus souvent.

La raison pour laquelle je me suis trouvée avec un camescope sur le balcon ce soir-là, est que j’ai toujours voulu filmer une de ces confrontations qui avaient toujours lieu sous mes fenêtres. Mais chaque fois que je venais sur mon balcon pour voir ce qu’il se passait, j’étais en retard. Le temps que je revienne avec mon camescope, il était trop tard, c’était terminé. Cela m’est arrivé très souvent. Et la dernière fois que cela s’est passé, je me suis dit que la prochaine fois je commencerai par prendre la caméra, puis j’irai sur le balcon.

Et finalement la fois suivante a été un incident dont je n’aurais jamais pensé qu’il puisse se produire. Deux ans plus tôt, un ami allemand est venu me rendre visite et m’a dit que la police lui semblait faire beaucoup de provocations et être très dangereuse. Bien qu’il soit un touriste, la façon dont ils se sont comportés l’a fait se sentir moins en sécurité, mis en danger. Et quand cet ami a appris ce qu’il s’était passé le 6 décembre, il a écrit qu’il n’était pas si surpris que ça. Moi, je l’ai été.

Toutes les fois précédentes, je n’ai pas été effrayée lorsque j’observais ces rixes entre les gens et la police. C’était une partie de ma vie quotidienne à Exarchia. C’était quelque chose de banal. Parce que les gens d’Exarchia expriment leur négation de l’autorité fermement et ils y croient, chaque fois que quelque chose arrivait je n’ai pas dû prendre position parce que ça faisait juste partie de la vie dans ce secteur. Bien sûr, pendant les dix ans que j’ai vécus dans ce quartier, j’ai observé année après année une augmentation progressive de la présence policière. Les policiers ont commencé à apparaître à tout les coins de rue, en groupe et armés. On observait la police blindée en pleine émeute portant des pistolets, des armes à feu, des gaz lacrymogènes et des mitrailleuses - cela devenait de plus en plus intense. A cette époque, un slogan commençait à apparaître sur les murs : "à chaque coin de rue il y a la police, le junte ne s’est pas terminée en 1973.".

Le 6 décembre j’étais ici dans l’appartement avec mon ami allemand. Il cuisinait et j’étais dans le salon. Tout à coup j’ai entendu un bang. Je n’avais entendu aucun bruit avant. Il ne s’était rien passé dans la rue, pas de tirs, rien. Sans prévenir, il y a juste eu un bang. Il m’a semblé que ça venait d’en bas de la rue, sur le côté à gauche. En dépit de la surprise, je me suis souvenue cette fois-ci de prendre la caméra en premier. Je n’étais pas paniquée, je ne ressentais rien d’anormal, j’ai juste pris calmement ma caméra et je suis sortie sur le balcon. Je ne pensais pas que quoi que ce soit d’extraordinaire se produisait. J’ai regardé dehors, mais je n’ai pas mis la caméra en marche au début parce que rien ne se passait. J’ai vu quelques jeunes en bas à gauche, assis comme d’habitude. Les jeunes anarchistes traînent toujours là-bas, bien que cette nuit il y en avait moins que d’habitude. Et sur le côté droit, en haut de la rue, j’ai vu une voiture de police garée. Un moment après, la voiture de police est partie, j’ai vu deux flics revenir à pied et c’était très étrange pour moi. Je me suis demandée ce qu’ils allaient faire. Ils arrivaient là où la voiture était juste avant et ont commencé à provoquer les jeunes en leur disant "venez ! vous êtes des gonzesses !". Quand j’ai entendu ça, j’ai crié à l’allemand "viens voir" ! La police est venue et une bagarre a commencé. Il aurait une occasion de voir ce phénomène des flics grecs provoquant un combat en insultant les gens. Il est normal que la police parle mal aux gens, mais là c’était trop. C’était provocateur parce qu’ils ont garé la voiture et sont revenus en criant des défis. C’est comme ça que des gens normaux commencent une bagarre. C’était comme une bagarre personnelle et non comme une provocation habituelle des flics.

Immédiatement après cela, les deux flics ont sortis leurs armes. Cela n’a jamais été mentionné par les médias. Et j’ai une surprise après l’autre. D’abord ils sont revenus à pied, ensuite ils ont commencé une bagarre en insultant les jeunes, puis ils ont sortis leurs armes, ensuite ils ont visé, à un moment où il n’y avait ni provocation verbale ni menace, aucune bagarre ou confrontation ne continuait. Et ils ont tiré. J’ai entendu deux tirs mais je ne peux pas dire si les deux flics ont tiré ou si un seul d’entre eux a tiré deux fois. Il est possible que l’un des deux ait tiré deux fois. Ils se sont retournés et sont partis, aussi simplement que ça, comme si rien ne s’était passé. Moi, jusqu’à ce moment, je ne me suis pas occupée de regarder à gauche, le groupe de jeunes, parce que le comportement des deux policiers était si étrange ! Il n’était pas nécessaire de regarder de l’autre côté parce que rien ne se passait là. Et ensuite j’ai entendu les gens dans la rue crier qu’un enfant s’était fait tirer dessus. Et ensuite j’ai senti la panique. J’ai couru à l’intérieur, pris le téléphone et appelé une ambulance, et je suis descendue dans la rue. J’ai simplement vu un enfant étendu là, et j’ai été choquée. Tout le monde criait et beaucoup de gens se trouvaient mal. Le gosse n’était pas mort ; un médecin a surgi et a essayé de lui administrer les premiers secours. Ensuite l’ambulance est arrivée et je pense qu’il est mort à l’intérieur.

J’ai appris auprès d’autres gens que le premier bang venait d’une grenade de choc. Apparemment quelqu’un a jeté une bouteille en plastique sur la voiture de police et a crié une insulte quand elle passait et la police a réagi en lançant la grenade de la voiture. Ce n’est pas inhabituel ici. Il est normal de crier, chacun en Grèce crie vers les autres. Ainsi je suis sûr que les policiers n’ont pas été menacés, ils n’étaient pas en état de légitime défense. En réalité, quand un policier ressent une menace sérieuse, il ne s’arrête pas au premier coin de rue et ne revient pas à pied pour règler le problème. En général quand la police ressent une menace ou se sent attaquée, elle s’en va de là. La police n’était pas sur la défensive à ce moment.

Je suis rentrée et j’ai essayé de regarder la vidéo sur mon ordinateur, mais je n’ai pas pu car j’avais perdu quelques programmes. Alors j’ai frappé à la porte de mon voisin et dit que j’avais enregistré quelque chose mais que je ne savais pas ce que c’était. Peut-on le mettre sur ton ordinateur pour que je puisse voir de quoi il s’agit ? Et nous avons vu la vidéo ; et je me suis senti comme jamais je ne me suis senti durant toute ma vie. Nous avons appelé tous les gens du voisinage, nous sommes tous-tes descendu-e-s dans les rues et l’énergie, l’atmosphère étaient toutes entières à la rage. Le flot des gens débordait dans les rues, partout les gens sortaient de leurs maisons pour aller dans la rue. Tout le monde.

La police anti-émeutes a eu le culot de venir au coin où le premier policier avait arrêté sa voiture et d’où les coups de feu étaient partis. En bien sûr tous les gens ont commencé à crier contre eux, les jeunes, les vieux, les gens normaux, chacun leur criait de retourner en enfer.

Près de deux heures après le tir, c’est impossible de le dire exactement mais c’était environ deux heures. La police secrète est venue. J’étais rentrée chez moi et j’écoutais la radio et la télé, qui disaient qu’il y avait des émeutes à Exarchia, que la police avait été attaquée et avait tiré en légitime défense, mais ce n’était pas vrai. Et les émeutes n’avaient même pas encore commencé. De ma fenêtre j’ai vu des hommes sans uniforme regarder les murs des immeubles près de la zone des tirs. La police secrète était venue pour chercher les douilles et les balles, examiner le secteur. J’étais avec mon voisin et je lui ai dit que je descendais. J’ai voulu réagir d’une façon ou d’une autre à ce qu’ils disaient aux infos. Donc je suis descendu et j’ai dit que ce qu’ils disaient à la télévision n’était pas vrai. Un type grand et vieux s’est approché de moi avec un sourire gras et m’a dit "oui, et qui êtes-vous ?" Et j’ai eu une peur incroyable. Parce que je suis très naïve, j’ai simplement ressenti une obligation de descendre et de dire la vérité. Mais ce type m’a terrifié. Donc j’ai reculé et ai dit "non, qui êtes-vous ?" Et il m’a dit son nom et sa fonction. Il était le chef de l’agence de la police secrète et il était chargé de l’autopsie et de l’enquête. Ils ont pris mon nom et mon numéro de téléphone et ils m’ont demandé de venir au commissariat central pour témoigner ; j’ai accepté.

Il m’a demandé ce qu’il s’était passé. Je l’ai conduit à l’endroit exact où étaient les policiers quand ils ont ouvert le feu. Et c’est exactement à cet endroit qu’ils ont trouvé les douilles. Et ils m’ont demandé si j’avais un véhicule, si je pouvais me conduire au poste. J’ai dit que non et ils m’ont demandé de venir avec eux. J’ai dit que j’espérais que les gens ne caillasseraient pas la voiture de police sur la route ; le chef a ri et m’a dit de ne pas avoir peur. Il m’a dirigé vers un endroit où un groupe important de policiers anti-émeutes était rassemblé et je me suis retrouvé au milieu d’une équipe de MAT [1]. C’est juste à ce moment-là que les gens ont attaqué. Le chef a immédiatement disparu, a couru en arrière et ils m’ont laissé pendant que les gens attaquaient, et j’ai vu toutes les armes que la police avait et j’ai piqué une crise. Je ne pouvais me fixer sur rien, je sentais combien les gens étaient puissants, ils étaient plein de rage. Je ne peux pas me souvenir s’ils attaquaient avec des pierres, des cocktails molotov ou des bâtons, seulement qu’ils étaient surpuissants et que je devais partir de là. Je suis parti en courant et je suis rentrée chez moi.

Bien sûr je m’attendais à ce qu’ils m’appellent pour une entrevue comme témoin. Mais ils ne l’ont jamais fait. J’ai parlé avec un avocat du mouvement, Yianna Kurtovick, qui est membre du réseau pour la défense des prisonniers politiques et des migrants. Elle m’a conduite chez le juge d’instruction. J’ai été trouver le juge parce que la police ne m’a jamais appelée pour témoigner. Après mon témoignage, quelques jours plus tard, ils ont bouclé tout le quartier pour faire le rapport officiel et savoir si la balle avait frappé l’enfant directement ou si elle avait ricoché sur le sol. C’était l’histoire officielle : un flic avait tiré au sol et la balle avait rebondi et touché le gosse.

Le magistrat, le photographe et le secrétaire sont venus sur mon balcon pour prendre des photos. Le chef de la police secrète était en bas dans la rue. Je l’ai appelé, "Oh bonjour, vous m’avez abandonnée seul au coeur d’une émeute la dernière fois". Il a répondu : "je ne vous ai pas abandonnée, c’était vous qui étiez effrayée que les émeutiers nous brûlent vifs". Je lui ai alors dit de ne pas raconter de mensonges devant tous ces gens.

Je me souviens de m’être dit il y a quelques années que je vivais dans un camp militaire, avec tous ces flics autour d’Exarchia. Maintenant j’affirme que je vis dans une zone de guerre. Ce qu’il s’est passé en décembre, je n’avais jamais cru que cela pourrait arriver un jour. Malgré toutes les sensations d’occupation militaire provoquées par la police. Pour moi il y a toujours une limite, toujours une ligne finale, et quand la police dépasse cette ligne, il y a un changement qualitatif. Tout change. Chacun a compris qu’il y avait un certain horizon à la situation et qu’au-delà de ça tout était différent. Nous avons dépassé cet horizon. Et maintenant j’affirme que ce n’est plus un conflit, maintenant c’est la guerre.

En comparaison avec avant décembre dernier, tout est plus fort. L’assassinat d’Alexis a été la cerise sur le gâteau, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Maintenant il n’y a plus de tolérance pour la police. Le meurtre était si scandaleux, si loin au-delà des limites, que les gens ont réagi et continuent à réagir. Ils sont forts de la rage qui a été exprimée lors du meurtre. Il y avait bien d’autres problèmes que les violences policières, et ces problèmes sont toujours là, mais les gens n’acceptent pas plus ces autres problèmes, plus maintenant.

Ainsi j’irai au procès du policier qui a tué Alexis. Je m’inquiétais de comment je me sentirai envers l’avocat de la défense, parce qu’il défend une très mauvaise personne. Ensuite j’ai commencé à m’inquiéter du résultat du procès, parce que si le flic s’en tirait avec seulement deux ou trois ans de prison, je ne sais pas comment je réagirais. Comment réagir au verdict d’un tel procès ? Parce que beaucoup de choses terrifiantes se produisent, nous en entendons parler, nous les voyons aux infos, mais c’est très différent quand vous les voyez avec vos propres yeux. Ce ne sont pas juste des mots, c’est une vérité claire pour vous, il n’y a aucun doute à ce sujet, pas de distance par rapport à ça. C’est une vérité si absolue, cet assassinat, c’est comme si vous me voliez quelque chose devant mes yeux et me disiez ensuite que ça n’a jamais existé. Ce n’est pas quelque chose que vous avez entendu d’on ne sait où. Et j’ai très peur que, si ce flic est déclaré non coupable, ma réaction ne m’envoie en prison. Je pense tout le temps à cela et je me prépare à témoigner.

Traduit de l’anglais par Gachet, HNS-info

http://www.hns-info.net/spip.php?article20788


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10/12/2009

Appel du forum anarchiste à manifester devant les ambassades et consulats grecs samedi 12 décembre

Jeudi 10 décembre 2009 4 10 12 2009 14:58
Appel à rassemblements

Suite à l’appel à la solidarité internationale lancé par les camarades grec-que-s qui subissent actuellement une répression violente, des anarchistes, des libertaires et des personnes simplement attachées au principe de liberté et de justice, appellent à
un rassemblement ce samedi 12 décembre à 14 heures devant les Ambassades et Consulats grecs de France et de Belgique dont les adresses suivent :
Ambassade de Grèce en France
Ambassadeur S.E. M. Constantin Chalastanis
17 rue Auguste Vacquerie, 75116 Paris
Ambassade de Grèce en Belgique
Ambassadeur M. Georgios Papadopoulos
10 rue des Petits Carmes, 1000 Bruxelles
<ambagre@skynet.be> tél. 02/545.55.00 - fax 02/545 55 85

Consulat Général de Grèce à Marseille
Consul Général M. Antoine Alexandridès
38 rue Grignan, 13001 Marseille
<cons.g.gr.mars@wanadoo.fr> tél. 04 91 33 08 69 - fax 04 91 54 08 31
Service maritime
Consul maritime Capitaine de Vaisseau M. Michaïl Loukopoulos
29 Grande-rue, 13002 Marseille
tél. 04 91 90 33 97 - fax 04 91 90 48 42
Délégation Permanente de la Grèce auprès du Conseil de l’Europe
21 place Broglie, 67000 Strasbourg
tél. 03 88 32 88 18 - Siège du Conseil 03 88 41 20 00 - Bureau de presse 03 88 32 47 33 - fax 03 88 75 53 30

21 Place de Broglie
67000 Strasbourg


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Consulats Honoraires :
Ajaccio : 6 quai Napoléon, 20000 Ajaccio
tél. 04 95 21 91 37 - fax 04 95 26 43 60

Bordeaux : 95 rue Ducau, 33000 Bordeaux
tél. 05 57 87 04 75 - fax 05 56 79 22 29

Calais : 26 rue d’Ostende, BP 450, 62225 Calais
tél. 03 21 97 27 00 - fax 03 21 97 41 59

Cherbourg : 104 rue E. Liais, BP 629, 50106 Cherbourg Cedex
tél. 02 33 10 02 02 - fax 02 33 10 02 03

Dunkerque : 1 rue l’Hermitte, 59140 Dunkerque
tél. 03 28 66 70 48 - fax 03 28 63 42 26

Grenoble : 9 rue de la Liberté, 38000 Grenoble
tél. 04 76 47 39 23 - fax 04 76 47 37 76

Le Havre : BP 402, 76057 Le Havre Cedex
tél. 02 35 46 28 92 - 02 35 46 24 04 - fax 02 35 46 73 16

Lille : 21 rue Jules-Ferry, 59370 Mons-en-Barœul
<consulatgrecelille@yahoo.fr> tél. 03 20 33 46 25 - fax 03 20 33 28 92
Lyon : 7 rue Barrème, 69006 Lyon
tél. 04 78 89 46 69 - fax 04 78 93 37 17

Nantes : 30 passage Pommeraye, porte B, 44000 Nantes
tél. 02 40 98 20 41 - fax 02 40 98 20 41

Nice : 2 avenue Desambrois, 06000 Nice
tél. 04 93 85 41 40 - 04 93 37 85 69 - fax 06 61 17 68 43

Rouen : 22 rue Mustel, BP 4013, 76021 Rouen Cedex
tél. 02 32 10 28 28 - fax 02 32 10 28 29

saintÉtienne : 15 rue de la Paix, 42000 saintÉtienne
tél. 04 77 32 41 66 - fax 04 77 41 47 17

Strasbourg : 49 avenue des Vosges, 67000 Strasbourg
tél. 03 88 35 40 24

49 Avenue des Vosges
67000 Strasbourg


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Tramway : Parc du Contades

Nous exigeons la libération immédiate des centaines de personnes arrêtées par la police grecque.

Nous réaffirmons notre solidarité pleine et entière envers leur combat contre l’État.

Vive la lutte du peuple grec pour son émancipation !

Consulat Général de Grèce au Québec
1002 Sherbrooke O, Montreal, QC - (514) 875-2119

Forum anarchiste, 9 décembre 2009.

19:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

03/12/2009

Des nouvelles depuis notre chez nous carcéral

Deux ans et demi maintenant que le 31 Mars 2007, nous incendiions la permanence électorale du Parti Socialiste à Avignon. Quasi immédiatement arrêtés, nous étions dans la foulée incarcérés, pendant près de trois mois en détention provisoire, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet. De notre libération fin juin 2007, à notre procès, le 26 novembre 2008, nous étions placés sous contrôle judiciaire, avec obligation de travailler et de pointer toutes les semaines. Lors de notre procès nous écopions de trois ans d’emprisonnement, dont un an ferme, avec une mise à l’épreuve pendant trois ans. Mise à l’épreuve impliquant principalement une obligation de travail, et un suivi nous forçant à rendre des comptes aux services sociaux de la justice (SPIP, service pénitentiaire d’insertion de probation) sur toutes nos activités et déplacements.

Deux ans et demi et certainement encore tout autant devant nous, avant de remettre les compteurs de notre redevabilité à zéro, d’en finir avec une compression de nos vies aux tonalités parfois sourdes et d’autres fois assourdissantes. Depuis les 20 et 29 octobre, c’est dans une phase assourdissante qu’elle est entrée. Nos lieux de vie sont devenus nos cellules. Des cellules où les murs ne sont pas de béton, mais d’ondes magnétiques, où les barreaux sont invisibles, impalpables, mais bien présents. Où le rôle du maton nous est imparti. À nous de nous escorter dans notre cellule aux heures fixées, de veiller à ne pas enfreindre le règlement. À nos proches, également de partager les conséquences de cette situation, d’en subir les contraintes, de nous rappeler l’heure lorsque des fois / souvent, on a tendance à l’oublier. Une sorte d’autogestion de notre enfermement. Nous venons donc d’écoper d’un Placement sous Surveillance électronique (PSE). Un bracelet électronique comme aménagement de notre peine de prison ferme. Une laisse virtuelle attachée à notre cheville, pour parler en termes clairs.

« Il faut bien savoir que c’est pour vous éviter la prison que nous faisons tout ça. » Remarque lancée en guise de mise en garde par le maton venu installer le bracelet.

Effectivement, le bracelet électronique devrait nous permettre de ne pas remettre les pieds en taule, son isolement et sa désocialisation radicale. De plus nous ne sommes pas seuls, nous sommes entourés, épaulés. Nous sommes chez nous tous les soirs, près de nos amis, de nos proches. Si infime soit-elle, nous gardons également une certaine emprise sur nos vies, par le biais de petites marges sur nos horaires de sorties, par le fait d’avoir tout de même suffisamment d’espace à nos domiciles pour ne pas trop étouffer. En étant « dehors », hors des murs bien réels et physiques d’une taule, il nous semblait aussi bien plus simple de pouvoir continuer à prendre part aux luttes, de conserver une part ne serait-ce que minime de notre capacité d’agir, de nuire. Nous avons été placé devant un choix. Notre peine (pas plus d’un an) nous permettait d’obtenir un PSE plutôt qu’une incarcération. Et pour toutes les raisons citées ci-dessus, c’est ce que nous avons choisi. Peu d’autres possibilités s’offraient à nous si nous avions refusé le PSE. Nous n’en voyions que deux, l’incarcération ou la cavale. Cette dernière nous l’avons écartée, les conséquences nous paraissaient bien trop lourdes en comparaison de la peine à purger.

Nous avons fait le choix du PSE, mais en aucun cas nous n’en faisons une évidence. Beaucoup trop de paramètres entrent en compte dans une telle décision. Pour des personnes isolées, atomisées, sans le moindre soutien, et cloitrées dans des clapiers à peine plus grands que les 9 m2 cellulaires, cette décision paraît peut être beaucoup moins évidente. Mais plus largement, quel est ce choix ? Est-ce réellement un choix ? S’il paraît difficile de nier que le PSE permet, dans certains cas, des conditions un peu plus supportables que durant une incarcération, il n’empêche que ces deux mesures restent, de manière certes différente, des formes d’enferment, d’isolement et de contrôle, et conservent les mêmes objectifs pour la justice et l’Etat. A travers elles, ils exercent leur besoin vindicatif, affirment leur autorité, soumettent les récalcitrants par des mesures punitives, poussent vers une réinsertion sociale en plaçant l’accès au salariat comme condition de libération. Mais ils restreignent également des pratiques de lutte et de survie aux strictes cadres de la légalité (et de la démocratie). Par la peur ils tentent de dissuader de toutes intentions offensives.

Pour vous éviter la prison... nous vous proposons : la prison. En remplaçant un enferment par un enferment, un isolement par un isolement, une désocialisation par une désocialisation, une perte d’autonomie par une perte d’autonomie, on voudrait nous voir nous réjouir et, de surcroît, ostensiblement. On voudrait non seulement nous faire accepter, mais aussi apprécier, l’inacceptable en l’opposant à des situations toujours pires[1].

Dans la même logique, oui, le placement sous surveillance électronique permet plus de marges de man½uvre qu’une incarcération. Mais bien hypocrites sont ceux qui maintiennent que c’est réellement un choix et le placent au rang de progrès social. On ne choisit pas entre l’incarcération et l’enfermement à domicile, on se débat seulement face aux exactions du pouvoir. Et dans ce contorsionnement tout le monde ne réagit pas de la même manière. Chacun, en fonction d’une multitude d’éléments et de ses capacités à faire face, s’engage dans la voie qui le fera le moins souffrir et/ou lui offrira le plus de marges de man½uvre. En acceptant le bracelet nous n’acceptions pas le discours qui fait de lui une avancée, l’humanisation d’un système qui n’a pour but que d’écraser et d’asservir des vies.

Deux ans et demi donc que la machine judiciaire s’attèle quotidiennement à comprimer nos vies, en mettant tout en ½uvre pour nous maintenir à sa disposition, sous son joug. Toujours dans l’attente d’une nouvelle décision, d’une nouvelle mesure, qui constituent l’interminable processus punitif de la machine judiciaire. Comprimer nos vies, également en nous imposant de nous soumettre, sans aucune alternative, à l’exploitation salariale. Peu importent les conditions de cette exploitation, sa rudesse physique, psychologique, économique, morale…, la justice ne s’embarrasse évidemment pas de telles considérations. Il n’y a de toutes manières rien à attendre de sa part.

Même si le fait d’être sous le joug de la justice n’accentue pas, en soi, la violence de notre exploitation salariale[2], et si ces conditions sont les mêmes que celles de n’importe quel exploité (sans traitement spécifique), cette situation réduit néanmoins drastiquement les infimes marges de man½uvres encore en notre possession (débrouille, rapine, black, entraide…). Le fait d’avoir en permanence, comme épée de Damoclès, la réincarcération au moindre faux pas, développe et/ou accentue la peur de perdre son taff. Et cette peur là est véritablement fatale pour tout exploité. Elle nous rend corvéable à merci. Nous ôte la capacité à être ne serait ce que défensif face aux exactions de nos patrons. Nous pousse à accepter le moindre taff de merde. Avoir un taff pour avoir un taff. Aller bosser non plus en raison d’une précarité économique, pour sa survie, mais seulement sous la contrainte à l’état pur. Une tentative de mise au pas de ceux qui s’aventurent hors des sentiers battus, ou bien une tentative de réinsertion sociale qui, si elle échoue sur le long terme, aura permis à minima une exploitation le temps de la peine.

Il nous reste en théorie un peu plus de neuf mois fermes à purger. Remises de peines et conditionnelle cumulées pourraient faire tomber cette durée à quatre mois. Quelques mois qui risquent d’être longs, mais nous savons déjà que nous ne seront pas seuls à les affronter. Nous ne manquons pas de soutien moral, ni de coups de pouce du quotidien. Tout ceci nous réchauffe le c½ur et nous renforce à la fois. Nous rappelle que nous ne sommes pas seuls face à cette justice de classe. Et que face à elle, seules la solidarité et la rage comptent.

La solidarité est bien une arme et, à travers elle aussi, la lutte continue.

Pleins de bisous depuis notre chez nous carcéral. Nous ne sommes pas loin, nous vous rejoindrons vite.

Guerre à ce monde.

Damien et Greg

Avignon, décembre 2009.

[1] Certains n’oseraient ils pas dire à des longues peines « Mais de quoi vous plaignez-vous, il y a trente ans c’est la peine de mort que vous auriez encourue, aujourd’hui il n’est même plus question de vous ôter la vie ». Effectivement, l’état français a bien aboli la peine de mort, mais la prison n’en reste pas moins une peine de mort lente, un maintien à l’état végétatif, une survie imposée dans l’attente de la mort. Combien de condamnés à de longues peines ou, tout bonnement, combien de taulards, ne se sont-ils pas posé la question du suicide ? Et combien passent à l’acte ?

[2] Quoi que certains charognards de patrons, voire la plupart, lorsqu’ils sont au courant des antécédents judiciaires de leurs salariés, n’hésitent pas à les harceler, les humilier, les pousser à bout, pour s’en débarrasser ou bien pour mettre à profit la situation pour tirer toujours plus de profits.D’où l’importance de ne pas faire de sa franchise et sa sincérité une règle, notamment face à ces vermines.

http://toulouse.indymedia.org/spip.php?page=article&id_article=42766

08:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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