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05/06/2009

Que l’occasion seule à ma place commande !

ALPHONSE DE LAMARTINE (1790-1869),

Toussaint Louverture (1850), Acte II, scène 8

 

Dès 1840, Lamartine s’engage pour l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Son héros noir, Toussaint, entra dans l’Histoire pour s’être dressé contre la France en revendiquant la liberté des Noirs. Convaincu de complot, il fut emprisonné par Napoléon 1er jusqu’à sa mort. La scène qui suit se déroule à Haïti, près de Port-au-Prince. Toussaint exhorte ses troupes contre les Français.

TOUSSAINT, aux généraux noirs :

Généraux, inspecteurs, chefs de mes régiments,
Allez! allez chacun à vos commandements.

Que l’occasion seule à ma place commande !
Je ne donne aucun ordre et si l’on vous demande :

Avez-vous vu Toussaint? Quel est l’ordre du chef ?

pondez seulement par un : Non, ferme et bref.

Sur mes desseins secrets, feignez l’incertitude ;

Restez dans une fausse et douteuse attitude ;
Ayez pour les Français des visages amis

(L’œil ouvert du serpent et des cœurs ennemis).

Ils flotteront ainsi de l’audace à la crainte,

Comme on sonde du pied la cendre mal éteinte,

Demandant ma réponse et l’espérant toujours.
Nous leur ferons ronger les jours après les jours.
La fièvre, en attendant, céleste auxiliaire,

Ouvrira pour leurs os la terre hospitalière,

Et décimant leurs rangs sous ce climat fatal,

Changera leur conquête en immense hôpital.

Hourrah!

Moi cependant caché dans mon ombre immobile,
On me croira toujours à l’autre bout de l’île ;
Invincible, impalpable, inconnu, mais debout,
Attendu, regardant, absent, présent partout,
Comme l’œil du Très-Haut, sur la malice humaine,
Je serai l’œil des noirs éclairé par la haine !

Et lorsque le signal

Montrant son front.

Ici retentira
Reposez-vous sur moi, la foudre en sortira !...

 

 

 


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27/05/2009

Ecureuil contre Castor 4 juin 2009

«Le mot d’ordre c’est : "Mettez-vous en travers." Le transport, c’est le point faible du lobby nucléaire. Une centrale, tu n’as pas de bouton marche/arrêt, alors que le transport, tu peux le ralentir.» Elle a découvert la garde à vue. «La consigne d’ici, c’est : "On ferme sa gueule."» Ne rien dire à la police, jamais.

Lünenburg, où elle enseigne comme prof de français, la police allemande l’interpelle à plusieurs reprises, sans ménagement. Mais la désobéissance civile est dans sa culture. Son père s’est éloigné, mais Odile, sa mère enseignante originaire des Vosges, a milité au Mouvement pour une alternative non violente. Et Cécile, partie faire ses études à Chambéry, a fréquenté les écolos alternatifs du groupe Chiche que son frère lui a fait rencontrer.

En 2006, la police allemande la surveille. «Ils m’ont observée pendant deux semaines, raconte-t-elle.Pour rien : le matin j’allais au boulot, le soir j’allais me balader. J’avais un vélo blanc. J’avais l’impression d’être suivie, alors un jour j’ai fait le tour du pâté de maison. Ils ont noté que je m’étais comportée de façon "conspirative".» Mais l’enquête de police et l’occupation d’arbres promis à la découpe lui coûtent son poste de prof. Depuis, une fondation pour les mouvements sociaux - la Bewegung Stiftung - qui parraine des militants en a fait sa filleule. Mais elle n’en reçoit que cent euros mensuels. «Ca permet de survivre, pas de vivre, dit un ami, mais Cécile est un modèle de non-consommation». Elle récupère beaucoup.

C’est en septembre 2007, que l’«écureuille» sort du bois pour bloquer «par les airs» un train Castor vide. Il s’agit d’une répétition. Les "stoppeurs" ratent le train. «Le conducteur m’a vu au dernier moment raconte Cécile. Je savais que j’étais à la bonne hauteur. Mais j’ai quand même vu le train passer sous mes jambes, et freiner !» Dans la foulée, Cécile stoppe deux chargements d’uranium destinés à la Russie. En novembre, peu avant le départ du Castor annuel, elle déploie une banderole au-dessus de l’Elbe avec des activistes de Robinwood. La police l’arrête et décide de l’incarcérer durant trois jours et demi, en vertu de la loi de «prévention des dangers» - histoire de l’empêcher de repartir bloquer le Castor.

En cellule, sa fragilité apparaît. Cécile a une polyarthrite, et n’a pas assez de médicaments sur elle. «Je n’étais pas préparée psychologiquement à ça, dit-elle. J’ai eu très, très mal». Ses amis l’ont déjà vue comme çà, à ne plus pouvoir bouger. «C’est aussi pour ça qu’elle est active, dit un camarade militant. Mais quand elle se sent mal, elle prend un hamac, et elle va dormir dans un arbre. Et ça lui fait du bien.»

 

Le 4 juin 2009, Cécile est convoquée au tribunal cantonal de Steinfurt et devra y répondre de sons acte.

Elle continue. Son action ne se limite plus aux trains ni au nucléaire. Elle a participé à l’occupation d’un pylône de très haute tension à Flamanville (Manche) où est situé le futur EPR. Près de Rostock, elle s’est enchaînée, avec d’autres, à des tripodes de douze mètres de haut, installés dans des champs OGM. A Francfort, lors une assemblée écologiste, elle décide d’accrocher une banderole sur la façade d’un immeuble en verre. Elle grimpe jusqu’au douzième étage. Après, elle se «fait» la voûte de la gare de Francfort. «Juste pour dire qu’on peut aussi se déplacer à la verticale plutôt qu’à l’horizontale…» dit-elle, souriante.

 

 

Anti-nuclear activist killed by waste train
http://de.indymedia.org/2004/11/97810.shtml
08.11.2004 01:13

Activist killed by nuclear waste train
http://de.indymedia.org/2004/11/97788.shtml
07.11.2004 23:20

Anti-Castor activist killed by train
http://de.indymedia.org/2004/11/97719.shtml
07.11.2004 17:40

Gorleben Castor diary
http://de.indymedia.org/2004/11/97686.shtml
07.11.2004 16:22

 

French Activist pressured in police jail

category global | ecologie | valide author samedi 08 novembre 2008 - 16:37author par BI-Pressewagen - BIFAauthor phone 00495861-986293 Notifier cet article/commentaire aux moderateur-ice-s
YOUNG FRENCH FEMALE ACTIVIST PRESSURED IN JAIL: The young French anti-nuclear activist, Cécile Lecomte, who abseiled from railway overpasses on Thursday together with Robin Wood activists in protest against the CASTOR consignment, has been put under arrest. She is to be kept in police arrest until Monday and has been taken to Braunschweig, about two hours drive south of Gorleben. “The arrest is totally disproportionate,” the BI Umweltschutz protests.

YOUNG FRENCH FEMALE ACTIVIST PRESSURED IN JAIL: The young French anti-nuclear activist, Cécile Lecomte, who abseiled from railway overpasses on Thursday together with Robin Wood activists in protest against the CASTOR consignment, has been put under arrest. She is to be kept in police arrest until Monday and has been taken to Braunschweig, about two hours drive south of Gorleben. “The arrest is totally disproportionate,” the BI Umweltschutz protests. "All the young woman is accused of is a public nuisance offence.” The state of her health is worrying. She says herself and is confirmed by her lawyer, Karen Ullmann, that the psychological pressure she’s put under is unbearable. The lawyer has filed a complaint against the arrest at a higher court than the one that ordered it. She says guards have taken away all her writing utensils and told her she belongs in a mental asylum. The BI demands the immediate release of the nuclear opponent. - BI-Pressewagen 05861-986293, Francis Althoff 0170-9394684, Wolfgang Ehmke 0170-5105606, Kerstin Rudek 0160-1592473, Gerhard Harder 0170-4761201.

 

 

Grâce à son action, les affaire nucléaires secrètes et dangereuses d’Urenco, la firme qui gère la l’usine d’enrichissement de l’uranium, on été thématisées plus intensément dans l’opinion publique et ont été sujettes à de nombreuses critiques. La pression commune exercée aussi bien par les militants côté allemand que côté russe a fait son effet. La firme a annoncé mettre fin aux exportations de déchets nucléaires vers la Russie d’ici à la fin de l’année. Mais il semble qu’elle ne renonce pas totalement à ces dangereuses affaires : des transports d’uranium appauvri vers la France sont au programme. Différents groupes anti-nucléaires ont annoncé qu’ils maintiendraient la pression. Comme par exemple le 27 avril dernier : des militants se sont rassemblés devant la gare de Munster et Cécile est descendue en rappel depuis un pont d’autoroute passant au-dessus de la voie ferrée non loin de Munster, amenant la police à stopper le train – cette fois-ci un transport vers la France (Pierrelatte) – pour environ deux heures.

C’est exactement le 4 juin 2009, un an après sa seconde action dans le genre contre les transports d’uranium – pour ce qui est de cette action, les poursuites pénales ont été abandonnées -, que Cécile passe en jugement (première instance) devant le tribunal cantonal de Steinfurt. Le tribunal de première instance à Steinfurt, tout comme la cour d’appel à Munster on certes déjà signalé au procureur qu’ils ne voyaient pas de délit relevant d’une cour correctionnelle et refusé de signer une ordonnance condamnant la militante à 30 jours amende, mais la cour d’appel a dans le même temps fait savoir, que l’affaire pouvait relever du tribunal de police et était passible d’une petite amende – ce qui correspond à la jurisprudence dans d’autres Etats allemands à l’occasion d’actions similaires contre le transport de déchets hautement radioactifs CASTOR. En ce qui concerne l’action de janvier 2008, le procureur persiste malgré l’avis contraire des tribunaux, à lever l’accusation pour „coercition“. D’où l’ouverture du procès le 4 juin prochain.

De nombreuses personnes et groupes antinucléaires apportent leur soutien à l’écureuille, comme l’appellent ses amiEs.

Photos : Action de janvier 2008 : http://www.anti-atom-aktuell.de/fotos/2008-01-16_uranzugstop/index_11.html Aktion de juin 2008 : http://www.anti-atom-aktuell.de/fotos/2008-06-04_uranzugstop/index.html Action d’avril 2009 http://www.anti-atom-aktuell.de/fotos/2009-04-27_uranzugs...

Reportages en français : Action de janvier 2008 : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article84867 Action d’avril 2009 : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article62649



De : eichhoernchen
mardi 26 mai 2009

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article86395

 


 

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24/05/2009

L'explosion - Film de Jérôme Champion

 

 

Quand une partie de l'histoire du nucléaire en France rencontre une partie de l'histoire ouvrière, cela peut provoquer une explosion dun cocktail étonnant, mélangeant les peurs de l'explosion nucléaire, les mécontentements de l'explosion sociale et les départs discrets de lexplosion territoriale. Le film L'explosion est retourné à Chooz, dans les Ardennes, 20 ans après que sy soit déroulée une virulente opposition à la construction de la centrale nucléaire.

Nous avons suivi Jean Noël qui milita alors contre l'installation de cette centrale nucléaire. Avec lui, petit à petit nous retrouvons celles et ceux qui ont lutté. Une série de onze portraits se dessinent, et à travers eux, l'histoire des luttes de Chooz et de Vireux nous est relatée.

25 après, bien plus qu'une histoire qui nous est racontée, c'est sur notre actualité que nous nous interrogeons.

documentaire, 2007, 52'
La Flèche production, FilFil Films

 

 

 


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19/05/2009

antirepression Lille 23 Mai

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02/05/2009

Les vrais Résistants ne vous saluent pas

 

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"Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !"

24/05/2007

Voici le texte de l'appel signé le 5 mai par les anciens des Glières Walter Bassan, Constant Paisant et Robert Lacroix à la suite de la visite sur le plateau de Nicolas Sarkozy, 48 heures avant le second tour de l'élection présidentielle :


« Non, M. Sarkozy, les combattants des Glières ne sont pas récupérables !
M. Sarkozy vient de réaliser une opération médiatique sur le lieu des combats de 1944, aux Glières.
Tantôt marchant absolument seul vers le monument, tantôt serré par des parlementaires de son parti et entouré de micros et caméras, il est certain que M. Sarkozy disposait d'un bon metteur en scène ce vendredi 4 mai 2007.
Les dialogues étaient beaucoup moins affûtés : parler de la « sérénité » du lieu s'accommodait bien mal de la bousculade médiatique de ce jour là. Et les propos polémiques contre sa concurrente au poste de la Présidence de la République face aux micros tendus n'étaient pas dignes d'être proférés sur le lieu même du sacrifice des Résistants unis.
M. Sarkozy ne sert pas la mémoire des Glières et de la Résistance. M. Sarkozy se sert des Glières.
Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage personnel et discret aux hommes tombés ici. Nul ne lui contesterait le droit de rendre un hommage public dans une fonction officielle. Nous lui contestons le droit de récupérer un symbole historique au service de son ambition personnelle, dans une mise en scène détestable à quelques heures du scrutin. La mémoire des combattants des Glières appartient au peuple français.
Les avancées politiques issues de ces sacrifices et des combats de toutes les Forces Françaises de l'Intérieur doivent être défendues. Le programme du Conseil National de la Résistance, unifiant les composantes combattantes a permis des avancées sociales extraordinaires à la Libération. Nous, nous y souscrivons toujours.
Nous appelons à un rassemblement digne sur le plateau des Glières, autour d'un repas tiré du sac et fraternellement partagé, dimanche 13 mai 2007 vers midi : citoyennes et citoyens sont conviés à montrer que ce sont des gens du peuple, d'origines très diverses, qui se sont dressés ici contre l'oppression. Non, aucun politique en campagne, de quelque bord qu'il soit, n'aurait dû venir entacher l'esprit du plateau.
« Le mot "Non", fermement opposé à la force, possède une puissance mystérieuse qui vient du fond des siècles. » (extrait du discours prononcé par André Malraux, le 2 septembre 1973, à l'occasion de l'inauguration du Monument de la Résistance érigé par le sculpteur Gilioli sur le Plateau des Glières.)
Au nom de la dignité et du respect pour les martyrs et les rescapés des Glières, au nom des trois résistants qui soutiennent l'appel, et au nom de cette initiative citoyenne et non-partisane, il est demandé instamment aux participants de n'arborer aucune banderole ou bannière.
De plus il n'y aura pas de prises de parole politiques : la parole sera simplement rendue aux résistants oubliés par le candidat Sarkozy, tout à sa précipitation de se montrer face aux caméras devant ce symbole qui, décidément non, ne lui appartient pas, qui n'appartient à personne, ou plutôt à tout le monde !
Montrons la force de notre « non » par notre silence recueilli dans la quiétude de cet alpage, par notre attitude forçons le respect.
Ce lieu est donc un symbole... Dans l'histoire de la Résistance, le maquis des Glières représente le premier groupement réunissant des mouvements de différentes sensibilités, Armée secrète et FTP. L'unité de la Résistance s'y est caractérisée. C'est également un symbole d'une lutte antifasciste de dimension internationale. Après la dispersion du maquis, la Résistance s'est reconstituée. La Haute-Savoie sera le premier département de la métropole à être libéré, le 19 août 1944, par les seules forces de la Résistance. Les Glières ont donc une signification nationale."


Lucie Aubrac et les valeurs de la Résistance

21/03/2007

Le 15 mars 2004, Lucie Aubrac et son mari Raymond avaient signé l'Appel des Résistants, lors de la commémoration du 60e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance. Un appel dirigé vers les jeunes générations pour que celles-ci n'oublient pas les combats des années noires et les valeurs de la Résistance :

« Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et transmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais.
Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ?
Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.
Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ».

Signataires : Lucie Aubrac, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.



Une proposition de loi pour attribuer le Titre de reconnaissance de la Nation aux réfractaires du STO

12/10/2006

Député UMP de la Mayenne, Yannick Favennec a récemment déposé une proposition de loi (distribuée aux parlementaires le 25 septembre 2006 et portant le numéro 3150) relative à « l'attribution du Titre de reconnaissance de la Nation aux réfractaires au service du travail obligatoire (STO) ».
Dans son exposé des motifs, le député de la majorité rappelle que jusqu'ici le Titre de reconnaissance de la Nation a été réservé aux titulaires de la carte du combattant, excluant ainsi les réfractaires au STO. Pourtant, l'article L 303 du code des pensions militaires indique que « la période durant laquelle le réfractaire aura dû vivre en hors-la-loi est considérée comme service militaire actif ». Rejoignant la clandestinité, les réfractaires ont privé la machine de guerre allemande d'un milliard cinq cent millions d'heures de travail tout en mobilisant sur le territoire français des troupes que les nazis n'ont pu utiliser sur d'autres théâtres d'opérations militaires, sans oublier les faits de résistance que certains ont pu accomplir, comme des sabotages.
Aussi, selon Yannick Favennec, « il a fallu attendre le 22 août 1950 pour que la loi établisse le statut de réfractaire et reconnaisse les mérites de ceux-ci dans le combat contre l'occupant nazi. L'article 8 de cette loi n° 50-1027, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale et le conseil de la République, a reconnu que l'opposition aux lois et décrets de Vichy concernant le service du travail obligatoire, ayant porté un grave préjudice à l'ennemi et comportant pour son auteur des risques graves, est considérée comme un acte de résistance. C'est pourquoi, rien ne permet de s'opposer à l'extension du titre de reconnaissance de la Nation aux titulaires de la carte de réfractaire. C'est dans cet esprit que faisant devoir de mémoire, notre pays devrait reconnaître enfin aux quelques milliers de réfractaires aujourd'hui survivants, leur droit imprescriptible à réparation en leur attribuant le titre de reconnaissance de la Nation (TRN). »




TDC : Quelles raisons vous ont poussée à entrer dans la Résistance ?

Lucie Aubrac. Je me suis engagée dans la Résistance par rébellion contre Pétain. Il venait de signer un accord de collaboration avec Hitler en octobre 1940 à Montoire. Durant ma vie étudiante, j’avais milité activement contre la montée du fascisme et cette collaboration avec les nazis m’avait bouleversée. Jean Cavaillès, professeur de philosophie (fusillé en janvier 1944), Emmanuel d’Astier de La Vigerie, journaliste, et moi-même, professeur d’histoire, nous étions du côté de la liberté. Nous avons donc fondé le mouvement Libération-Sud à Clermont-Ferrand. Par la force des choses, ce mouvement est devenu antinazi avec l’occupation allemande.
Le statut des juifs était aussi pour moi un sujet de révolte. Vichy avait par exemple interdit aux juifs d’exercer dans la fonction publique. La directrice de notre lycée avait été révoquée. Mon nom de jeune fille était Lucie Bernard, un nom très courant dans la région de Cluny, mon village d’origine, près de Mâcon. Il a fallu que j’apporte la preuve que je n’étais pas juive pour continuer d’enseigner. Je devais fournir mon certificat de baptême, celui de mes parents, et celui de deux de mes grands-parents. À cause de mon nom, j’étais plus sensible à la condition des élèves juives et je leur témoignais plus d’attention.

TDC : Comment cela se traduisait-il dans votre vie quotidienne ?

L. A. Jusqu’en novembre 1942, il n’y avait pas d’Allemands en zone sud, mais la police française avait instauré un climat de répression. Il y avait beaucoup d’arrestations de juifs étrangers, d’Espagnols républicains, de syndicalistes, d’hommes politiques (parmi lesquels Blum et Daladier). Des élèves imprudents volaient la craie en classe pour faire des inscriptions antinazies sur les murs. Dans la Résistance, nous ne pouvions pas séparer le gouvernement de Vichy des nazis.
Les accords de Montoire étaient aussi des accords économiques : les Allemands raflaient tout. Dès 1941, la France a connu une pénurie qui s’est traduite par la mise en circulation de cartes de rationnement. Tous les biens de consommation étaient échangés contre des tickets attribués par catégories de personnes (adultes, jeunes, vieillards...). Nous manquions de tout. Nous passions un temps fou à faire la queue devant les magasins pour nous ravitailler. Le 3 mai 1941, j’avais accouché de mon fils, Boubou. Je le nourrissais car nous avions une boîte de lait concentré par semaine. C’était insuffisant.
J’arrivais à améliorer l’ordinaire en allant voir régulièrement mes parents en Saône-et-Loire qui me fournissaient en pommes de terre et en haricots secs. La Résistance nous procurait aussi des fausses cartes volées dans les mairies. Les cartes étaient renouvelées tous les mois. Chaque fois, la mise en scène était la même. Les maires et leurs secrétaires étaient attaqués (avec leur consentement) et les résistants repartaient avec les cartes qui étaient arrivées la veille de la préfecture. Nous avions aussi nos propres imprimeries clandestines.

TDC : Que faisiez-vous dans la Résistance ?

L. A. Au début de la guerre, Libération-Sud était surtout un mouvement de propagande. La radio était contrôlée par Vichy et les journaux étaient censurés. Notre seul moyen d’expression était donc la presse clandestine. Nous avons créé le premier journal de résistance en zone sud : Libération. Nous étions de gauche et gaullistes. Dès 1942, notre journal a soutenu le général de Gaulle.
À cette époque, je recrutais également pour notre mouvement. J’avais deux bases : mon milieu d’enseignante et mon ancien milieu de militante antifasciste. Après mon agrégation, j’avais été nommée professeur à Strasbourg. L’évacuation de cette ville et l’éparpillement des professeurs que je connaissais dans toute la France a été pour moi une base de recrutement. Je prenais le train et j’allais discuter avec les gens qu’on engageait dans l’Isère ou à Montpellier, Toulouse, Limoges, Clermont-Ferrand...
À partir de janvier 1942, le mouvement a marqué un tournant. Ce furent les débuts de l’unification intérieure de la Résistance pour laquelle Jean Moulin avait été parachuté de Londres avec un ordre de mission du général de Gaulle. J’effectuais des missions d’information de mouvement en mouvement. Les cheminots me faisaient passer la ligne de démarcation en me cachant dans les trains de marchandises. Je m’occupais aussi des faux papiers. Pierre Kahn-Farelle avait monté ce service en 1942. Il fallait lui fournir des noms et des adresses, avec la complicité de l’administration.
Puis, le 11 novembre 1942, les Allemands sont entrés en zone sud. La Milice française et la Gestapo se sont livrées à une violente répression contre la Résistance. À partir de ce moment, début 1943, je me suis occupée presque exclusivement d’évasions. J’ai dirigé un groupe franc de dix garçons. C’était toujours le même scénario. Un garçon revêtait l’uniforme allemand, un autre représentait la Gestapo et un troisième avait le rôle d’un policier français pour servir d’interprète. Ils venaient chercher les prisonniers que nous avions fait transférer à l’hôpital. Pour organiser ce transfert, nous leur faisions passer un médicament qui donnait la fièvre.

TDC : Est-ce que le fait d’être une femme vous a servi dans vos missions ?

L. A. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai été prétendument fiancée à un prisonnier pour entrer en contact avec lui ! Pour organiser l’évasion de mon mari, je suis allée voir Klaus Barbie, responsable de la Gestapo de Lyon, en me faisant passer pour une jeune fille de bonne famille à la recherche de son fiancé retenu prisonnier. J’étais alors enceinte de quatre mois et je lui demandais de nous permettre de nous marier. Une telle demande était prise très au sérieux. À cette époque, être une femme enceinte sans être mariée était déshonorant. Les filles mères étaient jetées dehors par les parents la plupart du temps. Dans la Résistance, les femmes utilisaient leur habileté. Un jour, en descendant d’un train, une camarade résistante, qui transportait des documents compromettants, a demandé à un soldat allemand de lui porter sa valise sous prétexte qu’elle était trop lourde, le temps de passer les contrôles en toute sécurité dans la gare. Personne n’aurait eu l’idée de fouiller un Allemand.

TDC : Parallèlement à votre activité de résistante, vous avez continué d’enseigner l’histoire. Adaptiez-vous vos cours à l’actualité ?

L. A. J’ai enseigné jusqu’en novembre 1943. J’ai cessé d’enseigner deux jours après l’attaque réussie contre la Gestapo. Cette attaque a permis de faire évader quatorze prisonniers dont mon mari. Après cette évasion, j’ai été obligée de vivre dans la clandestinité et j’ai été révoquée pour abandon de poste. Je n’ai repris mon activité d’enseignante qu’en 1946.
Durant la guerre, l’enseignement de l’histoire était très surveillé et je ne pouvais évoquer directement l’actualité. Toutefois, il y avait toujours un moyen de faire des allusions. Après tout, les révoltes paysannes, les guerres de religion, la révocation de l’édit de Nantes sont autant d’attaques à la liberté de pensée. Mac-Mahon fut aussi en son temps un maréchal de France contre la République. On ne pouvait pas me reprocher de l’étudier en classe. Aucun élève n’a jamais su que j’étais résistante.

TDC : Comment faisiez-vous pour concilier vos activités de mère de famille, d’enseignante et de résistante ?

L. A. J’avais beaucoup de liberté car je donnais douze heures de cours par semaine. Lorsque je devais m’absenter du lycée, je fournissais un certificat médical. Nous avions monté un dossier attestant que j’avais contracté la tuberculose et que j’en étais guérie. À cause de cette maladie, je souffrais d’anémie et j’étais sujette à la fatigue. Je savais en jouer.

TDC : Vous deviez vivre continuellement dans le mensonge ?

L. A. Nous avions fait le choix de désobéir. Nous avons commencé par être des faussaires. Puis certains sont devenus des assassins. Notre morale a été changée. Nous vivions dans une société officielle que nous réprouvions et dans une société clandestine que nous considérions comme légitime. Mais nous avions nos propres lois : la discipline, l’exactitude et la solidarité. C’était nos valeurs.

Pour TDC : Béatrice Monnet

 

 

http://video.metrofrance.com/video/iLyROoaftm9x.html

 

Apprendre à désobéir
par Isabelle Masson dans le mensuel du Soir, Familles, mars 2005, n°33, p. 55-56.

La désobéissance et le chaos. L’obéissance et l’ordre. Au-delà de ces clichés, désobéir peut être un acte positif et utile, voire salutaire, comme l’histoire des démocraties l’a déjà montré avec Ghandi ou Lucie Aubrac ! Peut-on éduquer à un respect critique des règles ?

Aux lendemains de la découverte des camps de la mort, nombre de scientifiques se sont interrogés sur ce qui avait pu pousser des millions d’hommes à participer à un tel crime contre l’humanité sous le couvert de l’obéissance aux ordres, un argument souvent cité par les inculpés lors des procès de l’après seconde guerre mondiale. Au cours des années soixante, pour tenter de comprendre le processus psychologique de la soumission à l’autorité, un jeune psychologue américain, Stanley Milgram, réalise une série d’expériences testant la capacité de l’individu à résister à l’autorité.

La soumission à l’autorité
Le scénario général de l’expérience est celui d’une prétendue étude sur la mémorisation : il est demandé à des sujets volontaires “naïfs” d’appliquer les instructions d’une “autorité scientifique” et d’infliger une série de chocs électriques, à un acteur/victime lorsque ce dernier ne récite pas correctement une liste de mots. Au fur et à mesure des mauvaises réponses, la décharge fictive devient plus forte et une voix de rétroaction est programmée pour faire entendre au sujet des plaintes d’intensité croissante… jusqu’au silence fatal !
Lorsque le tortionnaire implore le scientifique de mettre fin à l’expérience, celui-ci l’exhorte à continuer pour le bien de la science… L’expérience standard a révélé que les deux tiers des sujets furent “obéissants” au point d’infliger la douleur extrême !
Comment expliquer un tel niveau d’obéissance chez des sujets qui ont pourtant bien compris le caractère douloureux et potentiellement meurtrier de leurs actes ? Pour Milgram, c’est le processus de socialisation qui, bâti sur un système de récompenses et de châtiments, fixe et renforce la tendance à l’obéissance. En pénétrant dans un système d’autorité “perçu” comme légitime, le sujet sera aux prises avec un puissant sentiment d’obligation et deviendra un simple “agent” de la volonté d’autrui, ne se sentant plus personnellement responsable de ses actes.

Pour une éducation raisonnée aux règles
Dans le courant de “Mai 68”, cette réflexion a mené à un rejet des morales de l’obéissance… Aujourd’hui pourtant, estime Claudine Leleux, maître assistante de philosophie au département pédagogique Defré de la Haute Ecole de Bruxelles, on s’est rendu compte que ce rejet de l’obéissance aveugle a mené à des dérives laxistes, que ce soit dans les écoles ou au sein des familles, en remettant en question le principe même de la règle. Cette tendance a permis aux jeunes de mieux s’affirmer en exprimant leurs désirs et volontés. Le revers de la médaille fut une incompréhension de la règle en tant que véhicule de communication, essentielle pour nous permettre de coopérer et de nous entendre…
Aujourd’hui, philosophes, psychologues et spécialistes de la pédagogie plaident pour une éducation raisonnée aux règles : une façon de reconnaître l’importance de la règle tout en se gardant de tomber à nouveau dans l’obéissance aveugle… Obéir ou désobéir librement à la loi, à la norme ou à la règle, suppose un jugement sur son bien-fondé. Or pour apprendre à juger, il est important d’être confronté depuis le plus jeune âge à des dilemmes moraux.

Apprendre ou désobéir ?
Pas si opposé ! Jacques Lautrey, professeur au laboratoire Cognition et Développement à l’Université Paris 5, a mis en évidence un lien entre le développement cognitif des enfants et le degré de structuration des règles de vie familiales. Les familles dites « souples », dans lesquelles les règles existent mais sont négociées pour arriver à une adhésion volontaire, se sont révélées les plus favorables au développement cognitif. Les enfants de ces familles réussissent mieux du point de vue scolaire et obtiennent des résultats supérieurs aux tests d’intelligence que ceux élevés dans la rigidité des règles. Les moins favorisés néanmoins sont les enfants éduqués dans un milieu laxiste au sein duquel les règles n’existent pas ou changent continuellement ! Comme l’explique Claudine Leleux, en l’absence de règle, il est plus difficile de prévoir, d’anticiper, et donc de réaliser des opérations cognitives telles que planifier, gérer ou calculer !

Comprendre l’inter-dit
Choisir d’adhérer librement à une règle ou de la transgresser librement, et donc d’assumer la sanction, permet l’apprentissage raisonné des normes… Négocier la règle ne signifie pas pour autant la remettre en question perpétuellement mais plutôt expliquer son fondement : Dès la naissance, notre condition d’humain est d’apprendre en obéissant. Il est important que les parents mettent des mots sur la règle pour que l’enfant acquière cette démarche et comprenne ce qu’est l’inter-dit, c’est-à-dire ce qui est dit entre personnes et qui justifie la règle, la rend légitime. Le parent ou l’éducateur qui ne parvient pas à expliquer une règle devrait se remettre en question, car cela signifie bien souvent que cette règle est illégitime ! Un des risques, plus important au sein des familles qu’à l’école, est de s’appuyer sur une pédagogie affective : cela arrive lorsqu’au lieu de donner la raison de la règle, on exige un comportement de l’enfant en recourant à la peur et non à la raison. Le chantage affectif a les mêmes effets sur l’enfant : en lui faisant peur de perdre l’amour de ses parents, on maintient l’enfant prisonnier de ses sentiments !

Jouer pour apprendre les règles
Le jeu est un excellent laboratoire de la vie en société : au fil des stades d’apprentissage de l’enfant, il va permettre, au travers de l’appréhension des règles, l’acquisition de l’autonomie et de la coopération. Alors que les tout-petits jouent les uns à côté des autres, passé l’âge de 3 ans ils vont s’approprier la règle en tant que condition pour jouer et vivre ensemble. Après un stade de sacralisation de la règle, les enfants vont connaître une phase de négociation, au cours de laquelle ils s’expliquent les règles, prennent en compte le point de vue des uns et des autres et construisent de nouvelles règles… Le jeu permet ainsi d’éduquer à la décentration de l’enfant, c’est un moyen de sortir de l’égocentrisme des enfants-rois. Eduquer aux règles par le jeu et par la négociation est utile sur le plan de l’éthique comme sur un plan fonctionnel : c’est former des individus capables de fonctionner en équipe pour la société de demain.

À lire
Claudine Leleux, L’École revue et corrigée. Pour une formation générale de base universelle et inconditionnelle, De Boeck, 2001.
Pierre-Arnaud Perrouty (dir), Obéir et désobéir. Le citoyen face à la loi, Éd. de l’ULB, 2000.


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01/05/2009

Mai Disaster

 

http://www.youtube.com/watch?v=kwHoX5nmrAk

 

http://www.youtube.com/watch?v=Dss2_05zvQU

 

http://mai.blogsport.de/materialien/#karte

 

a href="http://mai.blogsport.de/"><img src="http://mai.blogsport.de/images/1mai09.gif" alt="Naziaufmarsch am 1. Mai in Mainz zum Desaster machen" /></a>

 

<a href="http://mai.blogsport.de/"><img src="http://mai.blogsport.de/images/securedownload2.gif" alt="Naziaufmarsch am 1. Mai in Mainz zum Desaster machen" /></a>

 

Nützliches zum Verhalten auf Demos und Aktionen

„Jetzt helfe ich mir selbst“ Naziaufmärsche verhindern, wie geht das?

„Was tun wenn’s brennt“ Ratgeber für Demonstrationen

Filmen auf Demos? Infoflyer der Antifa Koblenz und des AK Antifa Mainz

„Ruhig Blut! Selbstschutz und Erste Hilfe bei Demonstrationen und Aktionen“

„Bitte sagen Sie jetzt nichts!“ Broschüre der Roten Hilfe zum Thema Aussageverweigerung

Infos zur Nazi-Szene

Vier Nazi-Kader aus der Region Rheinhessen/ Mainz/ Wiesbaden
(Matthias Kairies, Sebastian Haasler, Mario Matthes, Ingo Helge)

NPD-Strukturen in Rheinland-Pfalz (von 2006!)

 

Des incidents violents ont opposé policiers et manifestants vendredi aux premières heures de la journée à Berlin et à Hambourg à l'occasion de la fête du 1er mai. A Berlin, 29 policiers anti-émeutes ont été blessés et 12 personnes ont été arrêtées cependant qu'à Hambourg, la police a fait état de trois blessés dans ses rangs. (Reuters/Johannes Eisele)

 

A Berlin, 29 policiers anti-émeutes ont été blessés et 12 personnes ont été arrêtées lors d'échauffourées au cours desquelles environ 200 protestataires scandant des propos anticapitalistes ont lancé des bouteilles et des pierres sur des tramways et des voitures. Les fenêtres en verre de certains abribus ont également volé en éclats.

A Hambourg, la police a fait état de trois blessés dans ses rangs lors d'affrontements avec les manifestants.

Après trois années de relative tranquillité, Berlin se préparait à une résurgence des violences quasi traditionnelles du 1er mai du fait de la crise économique et des tensions sociales qu'elle engendre.

Les manifestations de la Fête du travail ont souvent dégénéré dans Berlin entre forces de l'ordre et casseurs depuis 1987. Ces dernières années, la police berlinoise avait modifié sa stratégie, optant avec succès pour une approche en "désescalade" et de non-confrontation.

Mais la crise économique et ses conséquences sociales (chômage, ressentiment contre les disparités sociales notamment) font craindre un retour aux journées violentes.

Une série d'indicateurs abondent dans ce sens, dont les violences qui ont entouré le sommet de l'Otan, début avril à Strasbourg et dans la ville allemande de Kehl.

Selon des statistiques fédérales publiées en avril, les crimes et délits de nature politique ont crû de 11% en Allemagne en 2008.

En outre, le parti d'extrême droite NPD organise une manifestation ce 1er mai à Berlin. Les défilés de l'extrême droite débouchent souvent sur des affrontements avec des militants d'extrême gauche.

 

http://www.youtube.com/watch?v=QUzyUZcB4Jo

 

http://www.youtube.com/watch?v=k_ZNE6E3jJU

 

RULES OF ENGAGMENT

ANTIFA WILDEAST Rules of Engagement:

- fighting fascism under any disguise and in every part of life: point that is sef-explanatory. Doesn't matter if they are nazi skinheads, "elite" from blood&honour, Polish fascists such as NOP or ONR, pagan shitheads from Niklot or other kind of right wing, homophobic and racist scum they are all our enemy and a target.

- against any sort of discrimination: while fighting groups representing those ideas, discrimination should be also confronted in our own circles.

- ideological and physical confrontation: it means fighting on two levels. Fascists can never win control over streets, thats why physical confrontation is inevitable and neccessary, but its a mistake to concentrate only on this, forgetting about ideological struggle. Fascisms breeds often where no body gave better alternatives for the people and thats why they turned towards far right ideology. Countering their propaganda is as important as physical struggle.

- ABSOLUTELY NO CO-OPERATION police and secret services: this institutions are always our enemy and we cannot be fooled when they are arresting nazis, because next day it can be us. 100% ACAB!

- No co-operation with political parties: for them anti-fascism is only a fashionable slogan, bandwagon on which they can jump to get more influence. When shit hits the fan, they are nowhere around.

- Authoritarian left is not an ally: all sorts of Lenin followers, communists and pro-state socialists never were and never will be on our side. For them anti-fascism is a disguise in struggle for power and from the history we can learn how communist's allies end up when they are no longer needed.

- no activity of fascists can stay without reaction: you will leave them once, they will keep coming... - every group acts in full autonomy, without structures from above: there is no central committee, every antifa group acts as it sees fit, following only general rules.

- defense of our own people from the repression: militant anti-fascism is not a joke. Lots of our activities might break the law and you should bear in mind legal consequences. Every person taking part in actions must know, that it has all sorts of help and unconditional solidarity guaranteed.

 

 

 

 

 

 

 

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28/04/2009

bilan contre-manifestation Otan Strasbourg

Résistance anti-impérialiste à Strasbourg: un bilan

Eric Smith, Samedi, Avril 25, 2009 - 12:40 (Analyses | Contre-Sommet)

Début avril, le monde a été témoin d’importantes manifestations en Europe, d’abord à Londres, à l’occasion de la tenue du sommet des pays membres du «G-20», puis à Strasbourg, en France, là où se tenait le sommet de l’OTAN (l’Organisation du traité de l’Amérique Nord). Outre la répression policière aussi sauvage qu’habituelle (au moins 600 personnes ont été arrêtées), plusieurs ont remarqué la présence nombreuse de forts «contingents rouges», animés notamment par des organisations maoïstes européennes. Nos homologues (et camarades!) du journal Le Drapeau rouge (publié par le Parti communiste maoïste de France) ont publié un numéro spécial «anti-OTAN», qui dresse un bilan des événements de Strasbourg. En voici des extraits (sur le Web: http://drapeaurouge.over-blog.com).

* * *

Les maoïstes étaient présents au contre-sommet de l’OTAN sur des bases anti-impérialistes: pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes!

Voici donc un résumé de ce qui a été observé directement ou sur la base de témoignages sûrs.

Mercredi 1er avril: Installation du camp anti-OTAN. Dans la soirée, des policiers de la BAC provoquent les anti-OTAN à proximité du camp. Petites échauffourées mais rien de bien méchant.

Jeudi 2 avril: Une manifestation part du camp pour dénoncer la mort d’un homme à Londres lors d’une manifestation contre le G20. Très rapidement, une caserne militaire est attaquée ainsi que deux jeeps militaires. Le passager sort son arme, mais n’en fait heureusement pas usage. La manifestation continue. Des affrontements avec la police éclatent en plein cœur d’un quartier populaire. Les jeunes sur leurs scooters aident les manifestants en leur indiquant où se trouvent les flics. Une partie de la manifestation, toujours dans le quartier populaire, s’attaque à un commissariat avec l’aide des jeunes du quartier. La population assiste à l’attaque par les fenêtres. Nombreux sont les encouragements! Les deux roues stockés dans le commissariat sont redistribués aux habitants.

La manifestation est divisée en deux. Une partie arrivera à rentrer saine et sauve au camp. En revanche, ce sont plus de 270 personnes qui vont se faire arrêter à 200m du camp. Vraisemblablement, ce serait un indic’ qui les auraient guidés vers un barrage de police…

Vendredi 3 avril: Un bloc anti-impérialiste est formé par différentes organisations communistes. À l’assemblée plénière, il est décidé de partir en manifestation anti-répression et pour la solidarité internationale des peuples vers le pont de l’Europe. Anti-répression à cause des arrestations de la veille; pour la solidarité internationale des peuples car à Baden-Baden a lieu un blocage où le ratio flics/manifestants est de 10/1!

Peu après, une brigade d’une soixantaine de clowns part en direction du quartier populaire pour une action pacifiste symbolique. Ils se font gazer et attaquer par la police! Le camp se mobilise alors pour aller les récupérer. Les flics ne l’entendent pas de cette oreille et bloquent en plein quartier résidentiel les révolutionnaires, à 100m du camp.

Le soir, tous les groupes s’organisent pour la grande manifestation du samedi.

Samedi 4 avril: Le bloc anti-impérialiste et le bloc anticapitaliste partent vers le pont de l’Europe. Cela représente quelques milliers de personnes. Tout au long de la manif, et principalement dans le quartier populaire, les habitants de Strasbourg encouragent les révolutionnaires et leur apportent soutien et détermination. Les slogans fusent: «Vive la solidarité internationale des peuples!», «Marx! Engels! Lénine! Staline! Mao! Viva! Viva! Viva!», «À bas le fascisme moderne! À bas l’État policier!»

Au bout de quelques kilomètres, le cortège se retrouve bloqué sur un pont. Directement, les flics envoient des dizaines de lacrymos. Un bloc rouge se déploie pour forcer le passage. Contrairement à la majorité du black block, il est très organisé. Mais l’unité se fait dans l’action et après environ une heure de combat, la voie s’ouvre enfin. Le cortège repart donc et se dirige vers le point de départ officiel de la manifestation. En chemin, une station essence d’une grande multinationale capitaliste est pillée.

La manif arrive alors au pont de l’Europe. Les anti-impérialistes exigent que les camarades du côté allemand puissent passer du côté français. Entre temps, les drapeaux français et de l’OTAN sont brûlés. Le poste frontière connaîtra le même sort.

Sur la place, les caméras de surveillance sont détruites sous les applaudissements de la foule. Une banque et un office du tourisme sont attaqués et brûlés, ce qui entraînera l’incendie d’une pharmacie.

Contrairement à ce que les médias bourgeois affirment, c’est bien la banque qui était visée, symbole du capital financier, et pas la pharmacie. Dans la foulée, un hôtel Ibis est pillé de son matériel pour en faire des barricades. À peu près au même moment, les hélicoptères qui survolent la manifestation balancent des grenades lacrymos et des grenades aveuglantes. Ensuite, un incendie se déclare dans l’hôtel. À l’heure actuelle, il est difficile de dire d’où provient l’incendie. Il y a de plus en plus de témoignages qui affirment que lorsque la police a chargé pour sécuriser l’hôtel, il n’y avait pas encore de flammes visibles. Plusieurs témoins (dont des journalistes) affirment avoir vu les grenades tirées de l’hélico tomber sur l’hôtel.

Les flics chargent indistinctement les manifestants et envoient des lacrymos en plein milieu du cortège officiel. Les manifestants se regroupent et partent en cortège vers un pont.

Dès que le pont est à portée de vue, les manifestants s’aperçoivent qu’il est complètement rempli de fourgons de flics, de canons à eau, de rangées de CRS, le tout protégé par un mur antiémeute de 3m! La manifestation prend alors la direction de la zone industrielle sur les docks.

Au bout, elle tombe nez à nez avec les flics postés sur une voie ferrée. Les pacifistes postés devant font une chaîne pour «isoler les casseurs» (sic) et ainsi permettre à la police de les interpeller! Il n’y a pas de comportements plus écœurant que celui-ci! Ainsi, la situation est telle que le cortège est pris en sandwich entre deux lignes de flics: devant et derrière! Et ils ne tarderont pas à attaquer des deux côtés.

Les anti-impérialistes ripostent des deux côtés mais dans pareille nasse, ils n’ont plus qu’à se replier dans la confusion la plus totale: les BAC sont présents (en armure ou en civil), les CRS et les gardes mobiles également. Ils tirent sur tout ce qui bouge (pacifistes ou non, jeunes ou vieux, et même certaines personnes handicapées…) et procèdent à des arrestations ciblées. Les flics mettent en place un barrage filtrant qui leur permet de rendre plus efficaces leurs arrestations.

À noter le comportement clairement honteux de certaines organisations qui soit ne se sont souciées que de leur sécurité, soit qui ont carrément joué le jeu de l’État en affirmant que c’était à cause des «casseurs» que la manif s’était faite attaquer (PCF, et autres organisations pacifistes)!

Après cela, la manif s’est dispersée et les flics ont continué à gazer tout le monde, déployant également leurs canons à eau.

Il est à noter que de nombreux habitants des quartiers populaires se sont joints à la manifestation.

Il y a eu de nombreux blessés du côté des manifestants car la violence policière fut omniprésente. De même la répression policière a été très sévère.

Bilan: violences

Il faut être bien clairs sur qui porte la violence et qui est légitime quand il utilise la violence. De manière générale, c’est le peuple, le prolétariat qui subit les violences de l’Etat bourgeois au quotidien. Cette violence s’appelle pauvreté, misère, exploitation, licenciement, radiation, chômage… Pour les peuples opprimés par les pays impérialistes, cette violence s’appelle également famine, épidémie, génocide, guerre, bombardement, «rétablissement de la démocratie», «lutte contre le terrorisme», «intervention humanitaire»…

Les organisations pacifistes, réformistes et petites-bourgeoises ne voient pas où se situe la violence. Elles ont des œillères qui les empêchent de voir la globalité de la situation internationale, des rapports qu’il y a entre les classes sociales, de la violence de l’impérialisme. Doit-on leur rappeler où se situe la vraie violence? Une réunion de l’OTAN ne porte-t-elle pas plus de violences que des groupes qui lancent des pierres contre les représentants de l’État bourgeois? Décider d’envahir et de bombarder tel ou tel pays n’est-il pas plus violent que de lancer un Molotov?

Violents ou non-violents, le prolétariat et les peuples opprimés du monde entier doivent employer tous les moyens légitimes pour parvenir à leur libération: la révolution socialiste en direction du communisme dans les pays impérialistes et la révolution de nouvelle démocratie en direction du socialisme puis du communisme dans les pays opprimés.

État policier et fascisme moderne

Strasbourg nous a démontré à quel point l’État policier se renforçait et à quel point le fascisme moderne était avancé. Concernant l’État policier, ses représentants (les «forces de l’ordre»…) ont été déployés au nombre de 10 000, sans compter le nombre déployé de l’autre côté du Rhin. Leur équipement «non-létal» est de plus en plus sophistiqué, ainsi que leurs moyens. Ainsi, c’étaient des hélicoptères en permanence au-dessus de la ville pour repérer les mouvements de foule et mettre la pression psychologique sur les protestataires. C’étaient également des nouveaux flash-balls, avec une portée plus élevée que les anciens. Une utilisation très importante des grenades assourdissantes a été faite. Celles-ci envoient des éclats lorsqu’elles explosent. De plus, les policiers ont effectué à maintes reprises des tirs tendus de grenades lacrymos ou de grenades assourdissantes, visant les jambes, le corps et même la tête. D’ailleurs, le résultat fut tragique à Bastia où un jeune de 14 ans est dans le coma suite à un tir tendu de grenade lacrymo. L’État policier a voulu démontrer sa puissance. Main dans la main avec la justice, le dispositif répressif est d’ailleurs en marche.

Pour le fascisme moderne, la question de la collaboration directe de certaines organisations avec la police est effrayante. Dans ce genre de manifestations, la masse pacifiste devrait être solidaire de la masse qui résiste aux agressions policières. Hélas, seule une partie des pacifistes le sont, alors que les résistants comprennent aussi le besoin d’actions pacifistes. Il ne sera jamais assez répété que le prolétariat et les masses opprimées doivent user de tous les moyens légitimes dans leur lutte contre l’impérialisme. Le fascisme moderne n’est possible que grâce à la collaboration des organisations réformistes et révisionnistes: PS et P«c»F en tête, ainsi que différentes associations et syndicats.

Globalement, le fascisme moderne n’a pas besoin d’utiliser la force à tout va car les partis et organisations de droite comme de gauche collaborent avec l’État bourgeois et n’apportent aucune alternative révolutionnaire: ils servent directement les intérêts de la classe dominante, la bourgeoisie.

Le fascisme moderne sert aux États bourgeois à rallier les couches supérieures de la classe ouvrière et la petite-bourgeoisie à ses objectifs. Mais plus la situation avance et plus l’usage de la force est nécessaire à l’État bourgeois car dans une situation de crise capitaliste, les soupapes de sécurité de l’État sont de plus en plus dépassées.

Organisation

Le bloc anti-impérialiste a su démontrer lors de ce contre-sommet la puissance de son organisation et la détermination qui le caractérise. De plus, les différentes organisations présentes (marxistes-léninistes et maoïstes principalement) ont démontré la puissance de l’idéologie lorsqu’elle est mise en pratique. L’organisation de ce bloc a permis de démontrer en pratique que l’organisation sur des bases idéologiques est supérieure qualitativement à l’organisation sur des bases affinitaires qui caractérise principalement les groupes anarchistes et/ou autonomes. De même, le bloc a toujours recherché l’unité dans l’action avec les anarchistes, en dépassant les clivages idéologiques lorsque cela est nécessaire. Cela est la portée pratique du front uni dont le peuple a besoin pour avancer vers la révolution et renverser l’ennemi commun à tous les exploités et opprimés: l’impérialisme.

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Article paru dans Le Drapeau rouge-express, nº 210, le 25 avril 2009.
Le Drapeau rouge-express est une liste de nouvelles du Parti communiste révolutionnaire.
Pour vous abonner: renseignez-vous au www.ledrapeaurouge.ca.


Le Drapeau rouge-express
Strasbourg brûle-t-il ?
Quelques considérations sur les journées anti-OTAN dans la capitale de l’Union européenne


Mondialisation.ca, Le 27 avril 2009
Disarmiamoli !

Compte-rendu du « contre-sommet » anti-Otan des 3 au 5 avril à Strasbourg fait par les camarades italiens du Réseau Disarmiamoli ! (« Désarmons-les ! »)

Les feux à la périphérie de Strasbourg une fois éteints, la « grandeur » française se mesurera dorénavant à l’intérieur d’une alliance qui semble dès à présent peu encline à satisfaire le petit De Gaulle de service, Nicolas Sarkozy.

L’affrontement avec les Etats-Unis sur l’entrée de la Turquie n’est qu’une des nombreuses contradictions qui risquent d’augmenter, au lieu de les résoudre, les graves problèmes de gestion d’une alliance de plus en plus malade d’éléphantiasis : incapable de résoudre le conflit afghan sur le terrain, en impasse sur le projet « bouclier anti-missile », et bloquée par la Russie dans l’offensive géorgienne contre l’Ossétie du Sud.

L’élargissement tourmenté de l’OTAN à l’Est, la tentative d’intégration avec les structures militaires de l’Ue, les hypothèses de projection de puissance bien au-delà de l’aire eurasiatique et moyen-orientale, indiquent cependant une tendance à la « solution militaire » pour faire face à la très grave crise économique que traverse le système capitaliste.

Prendre le train de la guerre est donc d’une importance vitale. Ceux qui en sont exclus risquent de passer sus les roues. D’où le féroce jeu de coudes des Etats et dirigeants : tous aux wagons, de préférence de première classe, avec le risque de faire dérailler tout le convoi. Pour le moment, la contribution du mouvement alter-mondialiste à l’accident qu’il appelle de ses voeux est, à la lumière des faits de Strasbourg, plutôt faible.

Les maîtres de maison d'un sommet devaient garantir, au moment du « grand retour » dans l’alliance, un calme absolu au cœur de la City, autour des palais du pouvoir militaire occidental. C’est ce qui s’est passé.

Pour tenir les militants anti-OTAN à distance acceptable des lieux de rencontre des « grands », on a mobilisé plus de 10.000 policiers, au ciel, sur la terre et même dans l’eau, avec des dizaines de vedettes et bateaux pneumatiques répartis autour des ponts qui traversent l’Ill.

Strasbourg s’est transformée en quelques jours en ville en état de siège, avec ses citoyens des zones orange et rouge surveillés de près. Chacun avec son pass de la couleur de sa zone de résidence, qui s’est ensuite révélé inutile aux moments forts du sommet, le matin et l’après-midi de samedi 4 avril, quand il ne leur a même plus permis se déplacer d’une zone à l’autre.

Nous avons assisté à des protestations individuelles de certains citoyens, mais dans l’ensemble, le corps social d’une ville qui prospère autour des institutions européennes ne s’est pas organisé contre l’état de siège imposé par l’OTAN. La « démocratie occidentale » a ses coûts, que ses sujets les plus fortunés sont évidemment peu disposés à payer.

L’hétéroclite mouvement contre la guerre qui avait afflué dans la ville française n’a jamais trouvé un moment de véritable synthèse politique, que ce soit par rapport aux stratégies actuelles et futures contre l’alliance de guerre, comme pour la gestion de la rue même pendant le sommet.

Nous avons vu à l’œuvre les nombreuses composantes du mouvement, ou de ce qu’il en reste, dans les formes historiques du Forum Social Européen, à travers ses diverses expressions politiques culturelles et syndicales.

Pendant le contre-sommet de vendredi 3 avril, qui s’est tenu à l’intérieur du centre sportif d’Illkirch Lixenbhul (à l’extrême périphérie de la ville), face à environ 800-1.000 participants, se sont confrontés les représentants des diverses forces en présence : PCF, CGT (française), NPA, Socialist Workers (anglais), les Link allemands, les grecs du Comité international pour la paix (Greek Committee for International Detente and Peace–EEDYE), certains parlementaires du GUE, Attac France, Femmes en noir et autres petits groupes politiques surtout allemands, polonais et espagnols. La présence italienne a été très réduite, avec environ 30 militants du Pacte contre la guerre et des Femmes en noir (7 ou 8 napolitaines qui sont allées le lendemain se placer devant le podium, visibilité oblige, NdT).

Le contre-sommet organisé par le Forum social a été, à notre avis, grandement édulcoré dans ses contenus et très faible dans ses références politiques.

Aucune référence directe au rôle impérialiste de l’Europe, pas un mot sur la guerre « constituante » de la nouvelle OTAN, c’est-à-dire le bombardement sur l’ex-Yougoslavie, thème qui a valu aux grecs de l’EEDYE de se faire exclure du comité organisateur. Malgré ce, c’est grâce à eux que l’agression dans les Balkans a été dénoncée et discutée à travers toute une session du contre-sommet.

Des invités pour le moins discutables pour les débats finals (auxquels nous n’avons pas participé) du 5 avril, avec une Lidia Menapace revenante parmi les rapporteurs. Oui, juste elle, cette vieille dame qui pendant le gouvernement Prodi, pour justifier son vote en faveur de l’occupation et des bombardements de l’OTAN sur l’Afghanistan a inventé la théorie terrifiante de la « réduction des dommages ».

Une faiblesse qui s’est révélée plus clairement ensuite pendant la réunion pour organiser la manifestation du 4 avril, où des représentants français du Forum social proposaient d’accepter l’itinéraire indiqué au dernier moment par les autorités françaises : un parcours à 8-10 kilomètres du centre historique, pratiquement entre des hangars de la zone industrielle et commerciale (et en partie sur un terrain militaire ! NdT).

Le débat sur le sujet a mis en évidence une divergence profonde et conséquente dans la gestion de la rue, entre ceux qui acceptaient la manifestation en banlieue et ceux qui voulaient garder le trajet initial de la traversée du Pont de l’Europe, vers le lieu du sommet.

Les événements de rue qui se sont déroulés le lendemain montrent l’inconsistance importante et l’inutilité factuelle de cette confrontation. Nous en parlerons.

Aucune surprise donc si certaines des expressions les plus radicales du mouvement contre la guerre (et non pas « mouvement de la paix » ou « pacifistes », NdT) se sont regroupées dans d’autres lieux et selon d’autres modalités, comme au centre social « Molodoi », rue du Ban de la Roche, et au camping international de la Rue de Ganzau, dans le quartier du Neuhof, relégués à 7 kilomètres du centre historique. Dans ces endroits, tout autres ont été les thèmes, les interlocuteurs et les objectifs discutés.

On peur être surpris par contre que certaines forces politiques, expressions dans plusieurs pays de contenus et de luttes conséquentes contre le militarisme impérialiste, continuent à fréquenter des milieux qui se révèlent désormais en état d’asphyxie et inopérants pour affronter les nouveaux défis imposés à l’humanité par un capitalisme en crise profonde et, de ce fait, particulièrement agressif.

Samedi 4 avril. A la périphérie de Strasbourg

Inutile de décrire la dynamique concrète des événements de la journée clou du sommet et du contre sommet, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Les agences de régime ont abondamment couvert l’événement, avec force arrêts sur image sur les incendies et les black block « féroces » (et revenants, eux aussi).

La gestion de la rue de la part du système de contrôle et de répression des Etats concernés (avant tout France et Allemagne) a été quasiment impeccable.

Après toute une journée d’affrontements, un hôtel de 8 étages en flammes et quelques bâtiments dont un poste de douane désaffecté (destiné à la démolition depuis pas mal de temps, et bourré d’amiante –précision d’un correspondant de l’AFP rencontré sur place-, corrections à l’initiative de la traductrice), les manifestants blessés et interpellés se comptaient sur les doigts de quelques mains seulement.

En observant les policiers français / allemands à l’œuvre, nous avons compris un peu plus encore à quel point c’est la haine qui guide et informe la main des « nôtres », comme on a pu le voir de façon remarquable à Gênes en 2001.

La manifestation a été canalisée à l’intérieur d’une enceinte prédéfinie, à l’extrême périphérie de Strasbourg, habitée surtout par des travailleurs, immigrés, précaires, comme dans la majorité des banlieues européennes. Depuis les maisons et les fenêtres de ce morceau de ville, très peu de drapeaux de la paix et encore moins d’expression de solidarité et de participation au cortège. Certaines tensions, au contraire, entre des jeunes de banlieue et certains secteurs du cortège, peu enclins à accepter ce dialogue que nous pouvons qualifier, par un euphémisme, de « rude ».

Dans les faits, les différents secteurs sociaux de cette métropole de plus de 450.000 habitants –du centre à la périphérie- se sont montrés largement imperméables à la mobilisation contre l’OTAN.

Le refus absolu de traverser le Port de l’Europe, comme cela avait été prévu les jours précédents, la division de la ville en zones off limits et l’impressionnante militarisation du territoire avaient mis en évidence à la fois l’échec de la soi-disant « démocratie occidentale » et la totale inutilité de contre sommets : qui tentaient au même moment d’imposer un autre point de vue politique par rapport à ce qui a été déterminé au préalable par les « grands de la terre ».

Dans ces conditions, accepter la logique de l’enceinte –comme cela a été proposé par certains leaders du Forum social- signifiait devenir une partie intégrante du mécanisme « démocratique », et servant ainsi sa légitimation.

D’où la réaction légitime à l’empêchement physique d’un droit élémentaire comme celui de manifester. Quelques milliers de manifestants ont de façon récurrente –et légitime- essayé de forcer les barrages de la police. Parmi eux, les plus organisés ont été ceux qu’on qualifie rapidement de « blacks blocks » : phénomène de jeunesse qui reste entièrement à enquêter, mais qui a peu à faire avec une expression politique définie. Très grande tactique et mobilité paramilitaire, et aucune idée au-delà de celle de détruire les symboles de la civilisation ( une station-service, des lampadaires parce qu’ils portaient des caméras, une station de lavage de voitures, des panneaux urbains de publicité, NdT), des cabines téléphoniques aux hôtels (un seul au milieu de la zone industrielle, NdT).

Nous ne serons pas de ceux qui se lamentent face aux incendies et dévastations. Les « frappes chirurgicales » des bombardiers de l’OTAN sur les villages afghans sont d’une toute autre nature et lourdeur.

Le problème, comme toujours, est politique, et il tient à la capacité des futurs mouvements de renforcer leur présence dans le tissu social des métropoles. Si, et quand, les banlieues deviennent un arrière-front stratégique de la lutte contre la guerre impérialiste nous serons en mesure de résoudre aussi la « contradiction » black block.

La leçon de Strasbourg doit servir à affiner la réflexion sur les méthodes d’action de la nouvelle phase politique que nous avons face à nous. Le temps n’est plus aux contre sommets, mais à l’enracinement des idées force antimilitaristes et anti-impérialistes à l’intérieur du flux impétueux des luttes que la crise capitaliste va déterminer sur tout le continent européen et bien au-delà.



Traduction : Marie-Ange Patrizzio

09:05 | Lien permanent | Commentaires (0) |

21/04/2009

NATO, Strasbourg and the Black Block

http://www.youtube.com/watch?v=IJmt3dr9XYQ

 

Ingredients for a Disaster

NATO, Strasbourg and the Black Block

By DIANA JOHNSTONE

NATO creates threats wherever it goes. That is its business. Whether in Afghanistan or in Strasbourg, the foreign military presence provokes violent rebellion, especially from young men who feel challenged. Their violent rebellion is cited to justify an increase in repressive violence. And so it goes…

This cycle of violence was played out last Saturday, April 4, in Strasbourg, where thousands of police and a small number of Black Block street fighters stole the show from what should have been the launching of a new European mass movement against NATO war policy. The peace demonstration was squashed and disintegrated by armed police as black-hooded youths threw stones and set fires.

In this cycle of provocation, there is no doubt who started it: NATO. The lavish celebration of NATO’s 60th anniversary, held in the Rhineland cities of Strasbourg, Kehl and Baden Baden over the weekend, was an insult to the citizens. After all, if President Obama and the other leaders of the self-proclaimed free world of democracies are so popular, why must their host cities be turned into heavily armed fortresses to receive them? If Europeans welcome NATO protection, why must they be held at gunpoint miles away from their benefactors? But of course NATO is not a defense force. From the bombing of Serbia ten years ago to Afghanistan today, NATO has been progressively transformed into a foreign expeditionary force. The draconian security measures clamped onto three peaceful, conservative European cities, which confined people to their homes, resembled a foreign occupation. Despite the momentary popularity of Obama, the NATO summit illustrated the drastic and growing gap between ordinary people and their leaders. A great salesman, Obama tried to persuade Europeans that they are even more endangered by Osama bin Laden and Al Qaeda than Americans, and should pay their tribute in tax money and soldiers to eradicate this threat off somewhere in distant Afghanistan, or is it Pakistan, or who know where? European media largely evaded this embarrassingly absurd notion by concentrating on what Michelle Obama was wearing. But tens of thousands of European citizens made their way to Strasbourg hoping to register their disagreement. They had arguments they wanted to make heard. They ended up being tear-gassed, herded into pens and terrified. Many of them will probably never venture into a mass demonstration again.

Responsibility for a Fiasco

The responsibility for this fiasco is threefold. The most responsible are, of course, the security forces which are getting nastier and nastier all over Europe in their treatment of demonstrations. With helicopters hovering noisily overhead, phalanxes of helmeted police "kettled" people into small, separated spaces, sometimes surrounded by metal fencing from which escape is impossible. It amounts to treating people like cattle destined for the slaughter-house. Groups that had planned to get together were unable to find each other. Well over ten thousand police employed an arsenal of up-to-date anti-personnel weapons against a similar number of defenseless demonstrators, firing tear-gas canisters, rubber bullets and stun guns to break up the rally and then to disperse people who were already dispersed and had no idea where they could go. The chaos was total.
All that was deliberate.

But a share of responsibility belongs to the organizers, if that is the proper term for an event so dismally lacking in organization. The April 4 anti-NATO demonstration was called by a collective of French activist groups, none of which had the authority to impose a coherent plan. By dint of seniority, the relatively conservative Mouvement de la Paix seems to have exercised the greatest authority, notably by supporting the disastrous decision to accept the French government’s choice of site for the rally. Instead of being allowed to meet in a city square and march through the streets of Strasbourg with their banners, slogans and bits of street theater, the peace demonstrators were exiled to a peripheral island between the Rhine and a large shipping canal, with only two bridges as access. Anyone looking at a map could see that this site was unacceptable for several reasons. It was hard to reach – about eight kilometers from the railroad station – especially on a day when all public transportation was shut down and the city center was off limits. The terrain was rough and confusing. It was out of sight of any public the demonstrators might want to communicate with – in short, no "communication" with fellow citizens was possible. And worst of all, it was an obvious trap, a perfect place for police to practice their kettling techniques. Yet the organizers accepted this unacceptable site, and then failed to organize any protection service of its own.
Still, the Prefecture (regional authority) had made certain promises in return for agreement to this unfavorable site. These promises were flagrantly violated. Streets and bridges that were supposed to be open were periodically blocked by police. Curiously, several thousand peaceful demonstrators were blocked on the German side of the Rhine, and never joined the rally, whereas German Black Blockers were active on the scene. In general, the police treated peaceful demonstrators as the enemy in a civil war, while doing nothing to protect people or property from the violent minority.

The rally itself, held in an indentation on this island, was distracted by the unnerving spectacle of a nearby hotel going up in flames. Helicopters drowned out speakers and music. The subsequent march was never able to take place. Totally disoriented demonstrators were left to their own devices, in a strange and hostile environment, as they tried to flee from tear gas through a maze of police traps.

The Black Block

The peace demonstrators were totally upstaged by the Black Block, described in France as "casseurs", smashers. Unlike the non-violent protesters, they appear on video film to be having a great time, battling with police. Chances are that they may be looking back on their exploits with pride and satisfaction.

The Strasbourg disaster makes it clear that the anti-NATO movement, to survive, must deal with three problems: its own flagrant organizational weaknesses, police repression and the Black Block.

A question that goes the rounds is this: are the Black Block smashers police provocateurs? Unable to investigate this matter seriously, my own intuitive answer would be: subjectively no, objectively yes. Certainly they can’t all be police wearing black hoods. Most of them surely believe they are "fighting against capitalism", as they proclaim. But objectively, they do the job of justifying the very police repression they combat so enthusiastically.
To err is human.  Bad intentions flourish, but error is even more common. An advanced, civilized peace movement should be able to try to apply the alternative to war – reasonable argument – in all circumstances. We should argue with people who are mistaken about NATO, to explain what is wrong with it. And we should argue with people in the Black Block, to explain what is wrong with their form of protest.

How to enter such a dialogue is not obvious. Assuming that not all of the Black Block people are police provocateurs, if I could, I would ask the presumably sincere ones to consider the following:

Black Block fighters should question their own motives. Let’s face it, throughout history, young men have enjoyed banding together to fight their enemy. Testosterone and adrenalin are not political arguments. But they are great stimulants to hurling projectiles at the armed foe. Lightly armed street fighters easily feel victorious and superior confronting masses of highly armed policemen, who look cowardly in comparison. They win the macho contest, but what good does it do except to their own egos?

Black Block fighters should question the effect they have on ordinary citizens, who may be undecided politically. NATO is a protection racket. It lives off people’s sense of insecurity. Black Block actions feed that sense of insecurity.

Black Block fighters should think about the devastating effect they have on other forms of public protest. Along with police, they are driving peaceful protesters off the streets.

Black Block fighters should reflect on how readily they are exploited by their enemy. For one thing, whether they want to admit it or not, they are almost certainly infiltrated by police agents. And they should ask themselves why some of them were allowed to smash the windows of the Ibis hotel on the Rhine island in Strasbourg, then set fire to it in a leisurely manner, while no police intervened. Moreover, the impressive fire was allowed to burn for over an hour before the fire department arrived on the scene. Didn’t the spectacle of this fire serve perfectly both to frighten and disperse the peace demonstrators and above all to fill television screens with evidence that "demonstrators are destructive"? The authorities cited the fire as proof that the heavy police presence was necessary to protect civilization from its enemies. And why set fire to an Ibis hotel? There are eight Ibis hotels in Strasbourg, and this one was perhaps the poorest. And what semi-professional means were required to set such a spectacular blaze? And why set fire to the nearby pharmacy, which was a public service to sick people in that small and relatively run-down neighborhood. What possible political message did this convey?

In short, Black Block militants, whatever their age, should grow up and realize that to combat unjust powers must be done first of all with thoughts, reasoning, facts and arguments. Playing with violence is playing their game, on the one terrain where they have all the assets. Intifada may be the only recourse for Palestinians, but in Europe there are still other ways of expressing political opposition. These other ways must be invented, explored and developed.

The year 2008 was a watershed, with two major events that changed people’s vision of the world: the financial collapse and the Israeli assault on Gaza. The repercussions, the change in vision, are ongoing. They are preparing the ground for popular opposition to the financial and military powers ruling the West and attempting, through NATO and other institutions, to extend their rule to the entire globe. There are signs that those in power are among the first to recognize this and are perfecting their repression technologies as a preventive strike against the mass protest to come. It is urgent to provide political alternatives in terms of programs and leadership. If mass demonstrations are vulnerable to police repression and spoiling actions by smashers, other more varied and flexible means must be invented to communicate with citizens and broaden a coherent movement to combat militarization and build an economy centered on people’s genuine needs. In any case, any future mass demonstration against NATO must be organized with its own protection service, wearing arm-bands and following clear instructions. Demonstrators must be protected. There can be no mixing with the "Black Block" or other groups looking for the same sort of trouble the police are looking for.

This was the urgent lesson of the Strasbourg fiasco.

Special thanks to Karen Sharpe, who experienced it all.

Diana Johnstone is author of Fools’ Crusade: Yugoslavia, NATO and Western Delusions (Monthly Review Press). She can be reached at diana.josto@yahoo.fr

OTAN, Strasbourg, et les Black Block


Mondialisation.ca, Le 15 avril 2009
Counterpunch


L'OTAN fabrique de la menace où qu'elle aille.C'est son bizness. Que ce soit en Afghanistan, ou à Strasbourg, une présence militaire étrangère provoque une violente rébellion, spécialement de la part de jeunes hommes qui se sentent défiés. Leur violente rébellion est citée pour justifier une augmentation de la violence répressive et ainsi de suite...

Ce cycle de la violence s'est déroulé samedi dernier 4 avril à Strasbourg, où des milliers de policiers et un petit nombre de combattants de rue des Black Block ont volé la scène à ce qui aurait du être le lancement d'un nouveau mouvement de masse européen contre la politique de guerre de l'OTAN. La manifestation pacifique a été écrasée et désintégrée par la police armée tandis que les jeunes des Black Block jetaient des pierres et allumaient des incendies

Dans ce cycle de provocation, aucun doute sur qui a commencé : l'OTAN. La somptueuse commémoration du 60ème anniversaire de l'OTAN, qui s'est tenue dans la vallée du Rhin dans les villes de Strasbourg, Kehl et Baden Baden, pendant le weekend, était une insulte aux citoyens. Après tout, le président Obama et les autres dirigeants du monde de démocraties qui s'auto proclament libres sont tellement populaires, alors pourquoi les villes hôtes devaient -elles être transformées en forteresses armées pour les recevoir ? Si les Européens sont favorables à la protection de l'OTAN, pourquoi doivent -ils être maintenus à la pointe du fusil à des kilomètres de leurs bienfaiteurs ?

Mais bien sûr l'OTAN n'est pas une force de défense. Du bombardement de la Serbie il y a 10 ans à l'Afghanistan aujourd'hui, l'OTAN a été progressivement transformée en un corps expéditionnaire étranger. Les mesures draconiennes de sécurité imposées à trois villes européennes pacifiques, confinant les habitants chez eux, ressemblait à une occupation étrangère. Malgré la popularité momentanée d'Obama, le sommet de l'OTAN a illustré le fossé radical croissant qui existe entre les gens ordinaires et leurs dirigeants. En bon VRP , Obama a essayé de persuader les Européens qu'ils sont encore plus menacés que les Américains par Osama Ben Laden et Al Qaeda, et devraient payer leur part en argent provenant des impôts et en soldats pour éradiquer complètement cette menace quelque part au loin en Afghanistan ou au Pakistan, ou qui sait où ? Les médias européens ont largement éludé cette notion embarrassante, absurde, en ce concentrant sur la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais des dizaines de milliers de citoyens européens se sont rendus à Strasbourg en espérant manifester leur mécontentement. Ils ont fini gazés au lacrymogène, parqués comme des troupeaux et terrifiés. Un grand nombre d'entre eux ne s'aventureront certainement plus jamais dans une manifestation de masse.

Responsabilité pour un fiasco.

La responsabilité pour ce fiasco est triple. Ceux qui portent le plus de responsabilité sont, bien sûr, les forces de sécurité qui deviennent de plus en plus rudes partout en Europe dans leur traitement des manifestations, avec des hélicoptères volant bruyamment au dessus des têtes, des phalanges de policiers casqués qui "parquent" les gens dans de petits espaces séparés parfois entourés de barrières métalliques d'où il est impossible de s'échapper. Cela revient à traiter les gens comme du bétail destiné à l'abattoir. Des groupes qui avaient prévus de se retrouver ont été incapables de se rejoindre. Bien plus de 10 000 policiers ont employé tout un arsenal d'armes anti personnelles ultra modernes contre un nombre identique de manifestants sans défense, tirant des canettes de gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des canettes assourdissantes, pour casser la manifestation et disperser la foule qui l'était déjà et n'avait aucune idée de là où aller.

C'était le chaos total.

Et tout cela était voulu.

Mais il y a une part de responsabilité de la part des organisateurs, si c'est là le mot juste pour un évènement qui a étonnamment manqué d'organisation. C'est un collectif de groupes d'activistes français qui a lancé l'appel à manifester contre l'OTAN le 4 avril, aucun d'entre eux n'avait l'autorité nécessaire pour imposer un plan cohérent. Compte tenue de son ancienneté, le "Mouvement de la Paix" plutôt conservateur, semble avoir exercé la plus grande autorité, notamment en soutenant la décision désastreuse d'accepter le choix du gouvernement français en matière de point de ralliement. Au lieu d'être autorisé à se rassembler sur une place de la ville et de défiler à travers les rues de la ville de Strasbourg avec leurs bannières, slogans et représentations de thêatre de rue, les manifestants pacifiques ont été exilés sur une île périphérique entre le Rhin et un large canal de navigation, avec seulement deux ponts d'accès. Quiconque regardait la carte pouvait voir que ce site était inacceptable pour plusieurs raisons. Il était difficile à atteindre - environ 8 km de la station de train - spécialement un jour où tous les transports publics étaient à l'arrêt et le centre ville était inaccessible. C'était un terrain vague, cahoteux. Il était hors de vue du public avec qui les manifestants auraient voulu communiquer - en bref, aucune "communication" avec leurs homologues citoyens n'était possible. Et le pire de tout, c'était à l'évidence un traquenard, un endroit parfait pour la police pour pratiquer ses techniques de provocation. Malgré cela, les organisateurs ont accepter ce site inacceptable, et puis n'ont pas réussi à organiser leur propre service de protection.

La préfecture avait aussi fait certaines promesses en contre partie de l'accord pour ce site défavorable. Ces promesses ont été violées de manière flagrante. Des rues et des ponts supposés ouverts ont été bloqués par moment par la police. Curieusement, plusieurs milliers de manifestants pacifiques du côté allemand du Rhin ont été bloqués et n'ont jamais pu rejoindre la manifestation, alors que les Black Block allemands étaient actifs sur les lieux. En général, la police a traité les manifestants pacifistes comme on traite les ennemis dans une guerre civile, tandis qu'elle ne faisait rien pour protéger les personnes ou les biens contre la minorité violente.

La manifestation elle-même, tenue sur une partie de cette île, a été perturbée par le spectacle irritant d'un hôtel en flammes à proximité. Des hélicoptères déversaient de la musique. La marche prévue n'a jamais pu avoir lieu. Les manifestants complètement désorientés se sont retrouvés livrés à eux-mêmes dans un environnement étrange et hostile, alors qu'il essayaient de fuir les gaz lacrymogènes à travers un maillage de trappes policières.

Les Black Block

Les manifestants pacifiques ont été complètement débordés par les Black Block, décrits en France comme des "casseurs". Contrairement aux manifestants pacifiques, sur des films vidéos ils semblaient bien s'amuser en se battant avec la police. Il y a de fortes chances pour qu'ils regardent leurs exploits avec fierté et satisfaction.

Il est clair qu'avec le désastre de Strasbourg le mouvement anti OTAN pour survivre doit s'occuper de trois problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles flagrantes, la répression policière, et les Black Block.

Une question qui a fait le tour c'est : les casseurs des Black Block sont -t-ils des provocateurs de la police ? Incapable d'enquêter la dessus sérieusement, selon ma propre intuition, la réponse est la suivante : subjectivement non, objectivement oui. Ils ne peuvent certainement pas être tous des policiers portant des cagoules noires. La plupart d'entre eux croient certainement "lutter contre le capitalisme", comme ils l'affirment. Mais objectivement, ils justifient la répression policière qu'ils combattent avec tant d'enthousiasme.

L'erreur est humaine. Les mauvaises intentions fleurissent, mais l'erreur est souvent bien plus répandue. Un mouvement de paix civilisé moderne devrait essayer d'appliquer l'alternative à la guerre - l'argumentaire raisonné - en toute circonstance. Nous devrions discuter avec les personnes qui se trompent sur l'OTAN, pour expliquer ce qu'elle a de mauvais. Et nous devrions discuter avec les gens des Black Block pour expliquer ce qu'il y a de mauvais dans leur forme de protestation.

Ce n'est pas évident d'entamer une telle discussion. En supposant que tous les Black Block ne sont pas des policiers provocateurs , si je pouvais, je demanderais à ceux qui sont à priori sincères de réflechir à ceci :

Les combattants des Black Block devraient se poser des questions sur leurs propres motivations. De tout temps, reconnaissons le, des jeunes hommes ont aimé créer des bandes pour combattre leurs ennemis. La testostérone et l'adrénaline ne sont pas des motifs politiques. Mais ce sont d'importants stimulants pour lancer des projectiles contre des ennemis armés. Les combattants de rue armés légèrement se sentent facilement victorieux et supérieurs lorsqu'ils se confrontent à des policiers lourdement armés qui comparativement ont l'air de lâches? Dans la compétition macho, ils sont les gagnants, mais quel bien cela fait-il sauf à leurs égos ?

Les combattants Black Block devraient réfléchir à l'effet qu'ils font sur des citoyens ordinaires qui sont peut être indécis politiquement. L'OTAN est une escroquerie à la protection. Elle subsiste à cause du sentiment d'insécurité des gens. L'action des Black Block nourrit ce sentiment d'insécurité.

Les Black Block devraient penser à l'effet dévastateur qu'ils ont sur d'autres formes de protestations publiques. Ils chassent les manifestants pacifiques des rues aux côtés des policiers.

Les Black Block devraient réfléchir au fait qu'ils sont facilement exploités par leurs ennemis. Une chose est sure, qu'ils l'admettent ou non, ils sont presque certainement infiltrés par des agents de la police. Et ils devraient se demander pourquoi certains d'entre eux ont été autorisés à briser les vitres de l'hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis de mettre aisément le feu à cet hôtel alors qu'aucun policier n'est intervenu. De plus, l'incendie impressionnant a pu continué à brûler pendant plus d'une heure avant que les pompiers n'arrivent sur place. Le spectacle de ce feu n'a-t-il pas servi, de manière parfaite, à la fois à effrayer et disperser les manifestants pacifiques et en même temps à montrer sur les écrans TV la preuve que " les manifestants sont destructeurs" ? Les autorités ont cité l'incendie comme preuve que la forte présence policière était nécessaire pour protéger la civilisation de ses ennemis. Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis ? Il y a 8 hôtels Ibis à Strasbourg, et celui-ci était peut être le plus pauvre. Et quels moyens semi-professionnels ont été nécessaires pour allumer un tel incendie spectaculaire ?Et pourquoi mettre le feu à une pharmacie à proximité, un service public aux personnes malades dans ce petit quartier plutôt déshérité. Quel message politique cela envoyait-il ?

Brièvement, les militants Black Block quelque soit leur âge, devraient mûrir et réaliser que pour combattre les pouvoirs injustes cela doit se faire d'abord et avant tout en réfléchissant, raisonnant, avec des faits et des arguments. Jouer avec la violence c'est jouer à leur jeu, sur un terrain sur lequel ils ont tous les avantages. L'Intifada est peut être le seul recours pour les Palestiniens, mais en Europé il existe encore d'autres façons d'exprimer son opposition politique. Ces autres manières doivent être inventées, explorées, développées.

L'année 2008 a été un tournant, avec deux évènements majeurs qui ont changé la vision du monde des peuples: l'effondrement financier et l'attaque israélienne contre Gaza. Les répercussions, le changement de vision sont en marche. Ils préparent le terrain pour une opposition populaire aux puissances financières et militaires qui dirigent l'Occident et essaient, via l'OTAN et d'autres institutions, d'étendre leur domination sur toute la planète. Il y a des signes que ceux qui sont au pouvoir sont les premiers à reconnaître cela et sont entrain de perfectionner leurs moyens technologiques de répression comme frappe préventive contre les protestations de masse à venir. Il est urgent de fournir des alternatives politiques en terme de programmes et de direction. Si les manifestations de masse sont vulnérables à la répression policière et aux actions spoliatrices des casseurs, d'autres moyens plus variés et plus souples doivent être inventés pour communiquer avec les citoyens et élargir un mouvement cohérent pour combattre la militarisation et construire une économie centrée sur les besoins réels des personnes. En tout cas, toute manifestation future contre l'OTAN doit être organisée avec son propre service de protection, portant des brassards et avec des instructions claires. Les manifestants doivent être protégés. Il ne peut y avoir aucun mélange avec les Black Block ou d'autres groupes qui sont à la recherche des mêmes types de problèmes que ceux recherchés par la police.

C'est la leçon urgente à retenir du fiasco de Strasbourg.

Remerciement spécial à Karen Sharpe qui a fait l'expérience de tout cela..


Article original en anglais, NATO, Strasbourg and the Black Block, Counterpunch, le 7avril 2009.

Traduction : Mireille Delamarre pour Planète non-violence.

Diana Johnstone est l'Auteure de Fools’ Crusade: Yugoslavia, NATO et Western Delusions (Monthly Review Press). Email : diana.josto@yahoo.fr

 


Diana Johnstone est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Diana Johnstone publiés par Mondialisation.ca

 

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18:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/04/2009

Black Blocs vs Otan Strasbourg

 

casse cb.JPG

l’aticle censuré sur bellacio et récupéré sur indymédia toulouse

OTAN en emportent les black blocs

OTAN en emportent les black blocs
Notes sur la journée strasbourgeoise du 4 avril 2009

« L’insurrection désoriente les partis politiques. Leur doctrine, en effet, a toujours affirmé l’inefficacité de toute épreuve de force et leur existence même est une constante condamnation de toute insurrection »
Frantz Fanon, Les damnés de la terre, 1961.

1

Ce qui s’est passé à Strasbourg était relativement prévisible, et relativement inévitable. Pourtant, comme après chaque contre-sommet qui donne lieu à de belles émeutes, de gauche à droite on hurle au scandale, on accuse les uns et les autres d’avoir laissé faire les émeutier-e-s, de les avoir incité-e-s, ou, encore plus fort, d’avoir machiavéliquement organisé tout ça, dans l’ombre.
Tous les partis politiques, y compris à l’extrême-gauche, se font les porte-voix de discours sécuritaires tous plus puants les uns que les autres, déplorant explicitement ou implicitement l’impuissance policière face aux actes émeutiers (voir plus bas, le florilège de citations bien pensantes).

Au final, c’est toujours le même cinéma, avec dans le fond une idée commune à l’UMP et au Parti Socialiste, d’Attac jusqu’au Front National : il est impossible que des gens soient révoltés au point de se lancer d’eux-mêmes dans des pratiques émeutières. Il faut forcément, pour cela, que ces gens soient d’une manière ou d’une autre manipulés.

2

Comme cela a pu être fait en juillet 2001 suite aux grandes émeutes de Gênes lors du sommet du G8, nous le répétons : nous n’avons besoin de personne pour nous révolter et pour lutter. Ce samedi 4 avril 2009, à Strasbourg, si nous avons cassé des vitrines ou mis le feu à des bâtiments qui sont au service de l’Etat et du capitalisme (douane, banques, station essence, office de tourisme, hôtel Ibis, etc.), si nous avons saccagé des caméras de vidéosurveillance et des panneaux publicitaires, si nous nous sommes attaqué-e-s à la police, ce n’est pas parce qu’une organisation occulte nous y a poussé, mais parce que nous l’avons choisi délibérément.

3

Si nous avons eu autant de facilité à agir, c’est que nous étions plusieurs centaines à le faire, peut-être même plusieurs milliers (les fameux black blocs internationaux !).
C’est aussi parce que les flics ne sont pas totalement des robots. Ce sont des humains, eux aussi peuvent ressentir la peur, par exemple.
Et dans une « démocratie », aussi sarkozyste soit-elle, ça ferait mauvais genre de tuer des manifestant-e-s. Parce qu’une des possibilités pour la police de faire taire les émeutes plus rapidement aurait été de tirer à vue. Et autre chose que des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des tirs de flashball… Le 8 avril 2009, Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a déclaré que « la priorité du gouvernement était qu’il n’y ait pas de mort ». Parce que leur « démocratie » ne se sent pas encore trop en danger.

4

Si nous n’avons pas pu agir ailleurs que dans les quartiers pauvres du port autonome de Strasbourg, c’est parce que nous n’avons eu ni la force ni la finesse de parvenir jusqu’au centre-ville. La police et l’armée ont protégé la fameuse « zone rouge », autrement dit le centre-ville et les quartiers bourgeois de Strasbourg. Mais personne n’est dupe : nous aurions été bien plus redoutables dans ces quartiers riches…
Par ailleurs, personne n’est dupe non plus sur le fait que seuls des bâtiments institutionnels ou commerciaux ont été attaqués. Les biens de la population locale n’ont pas été touchés.
Nous luttons contre le pouvoir, pas contre celles et ceux qui le subissent.

5

Le discours médiatico-politicien cherche à donner une image de « casseurs nihilistes et sanguinaires » aux black blocs. Pourtant, les pratiques des black blocs ne se limitent pas à des actes de destruction (tout comme nos existences ne se limitent pas aux black blocs, qui ne sont que des modes ponctuels et contextuels de manifestation). Les black blocs pratiquent l’entraide et la complicité avec tou-te-s les manifestant-e-s, dans l’affrontement, l’auto-défense et la fuite face à l’ennemi policier.

Dans l’émeute, se créé une solidarité spontanée et anonyme, authentique au sens où chaque geste n’attend rien en retour.
Il y a là deux mondes qui s’opposent dans leurs démarches mêmes : d’un côté, des manifestant-e-s déterminé-e-s qui sont là pour leurs convictions, leurs désirs, leur rage de vivre, gratuitement et pleinement. De l’autre côté, des flics asermentés qui sont là par contrainte et obéissance, pour l’ordre et pour l’argent, ils sont payés pour réprimer et doivent réfléchir le moins possible à ce qu’ils font (le risque de démission serait trop important).

6

Ce qui se discutait lors du sommet de l’OTAN à Strasbourg nous concerne tou-te-s. Les guerres post-colonialistes menées par les puissances occidentales nous font gerber et la guerre aux « ennemis intérieurs » nous révulse également. Contrôle des populations, gestion des flux migratoires, renforcement des polices, perfectionnement du renseignement et du fichage, c’est contre tout cela que nous nous sommes soulevé-e-s.

7

L’enjeu principal, pour le pouvoir, est de continuer à imposer à tou-te-s la démocratie capitaliste comme unique organisation sociale possible. Et malgré les vies de merde qui sont les nôtres, malgré l’aspect chancelant du capitalisme ces derniers temps, force est de constater que les perspectives révolutionnaires semblent tellement lointaines qu’on ne les imagine qu’avec difficulté. Pourtant, la résignation profondément contre-révolutionnaire de notre époque n’est pas une fatalité. C’est un bel enjeu que celui de réussir à s’émanciper du capitalisme, par la lutte et l’entraide. Et de fait, cette émancipation ne peut co-exister avec le pouvoir capitaliste et étatique.

8

Sachant qu’un autre monde ne peut être possible sans l’anéantissement de la démocratie capitaliste mondialisée, sachant que « toutes les classes dominantes ont toujours défendu leurs privilèges jusqu’au bout avec l’énergie la plus acharnée » (Rosa Luxembourg, Que veut Spartacus ?, 1918), semer le chaos et la destruction (pour reprendre les termes spectaculaires des médias) au sein de ce monde d’oppression et de contrôle social ne nous pose pas de problème. Cela nous semble même insuffisant.

Toute possibilité de transformation révolutionnaire de ce monde ne peut avoir lieu sans rapport de force tangible. C’est aux dominé-e-s de poser de nouvelles bases de vie sociale, sans attendre l’assentiment des dominant-e-s.

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Ces dernières années ont été traversées par des soulèvements qui inquiètent le pouvoir : émeutes des quartiers pauvres en novembre 2005, mouvement anti-CPE au printemps 2006, émeutes anti-Sarko lors des élections présidentielles de 2007, mouvements étudiants et lycéens de 2007-2008, et dernièrement la quasi insurrection grecque.

Pour ces mouvements comme pour les black blocs qui ont agi à Strasbourg, les médias focalisent sur la jeunesse de ces mouvements, comme pour enfermer la révolte dans un phénomène générationnel (avec toutes les remarques condescendantes qui vont avec : « vous verrez, dans dix ans, vous aurez oublié tout ça et vous serez résigné-e-s comme tout le monde »).
Nous pensons qu’il y a là un danger à dépasser absolument. Une insurrection ne peut être uniquement le fait de la jeunesse (une révolution encore moins) mais, comme la lutte des classes, elle doit être traversée et vécue par tou-te-s, au-delà des différences d’âge, de couleur de peau, de genre, de corporation, etc. Avec une conscience pleine des dominations et des exploitations.

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Si nous sommes parti-e-s du constat que pour renverser le pouvoir, il ne sert pas à grand chose de se contenter de manifester calmement, aussi nombreux soit-on, même à plusieurs millions de personnes, nous sommes également conscient-e-s que s’attaquer à la police et vandaliser des propriétés de l’Etat et/ou du capital à quelques milliers ne suffit pas non plus.
A quelques millions, ça aurait déjà plus de gueule. Toutes les technologies de contrôle et de répression pourraient s’avérer insuffisantes à maintenir la colère généralisée.

Mettons en place et répandons des pratiques communes de résistance, des solidarités concrètes, des moyens de lutte hors la loi et des perspectives révolutionnaires… Tout un programme pour en finir avec le vieux monde et ses technologies d’un futur déjà bien moisi !

Quelque part en fRance, le 8 avril 2009, quelques « casseurs » d’un groupe affinitaire actif parmi les black blocs du 4 avril 2009 à Strasbourg


 

Florilège de citations bien pensantes :

« Ils viennent exclusivement pour casser et sont au stade ultime de la bêtise (…). Ils n’ont pas d’autre idéologie que la violence. Ceux sont des voyous qui auraient même pu devenir des criminels quand on voit certaines images. »
Robert Herrmann, premier adjoint au maire (PS) de Strasbourg, cité par Philippe Wendling dans un article de 20 Minutes, 3 avril 2009.

« Mais surtout, j’ai de la colère, parce que des gens qui seront présentés comme des militants anti-OTAN alors qu’ils ne méritent que le nom d’imbéciles, ont commis des actes très graves qui méritent une condamnation claire et sans ambiguïté. Ces gens ne sont pas des nôtres, ce ne sont pas des militants pacifistes et nous refusons que leurs actes soient rapprochés d’une manière ou d’une autre de la manifestation pour la paix à laquelle les communistes ont participé. »
Marie-George Buffet, communiqué du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« Le PCF du Bas-Rhin condamne avec la plus grande fermeté les violences gratuites des groupes venus au nom de prétextes fallacieux pour casser. Ces gens là n’ont rien à voir avec les mouvements démocratiques qui organisaient le Contre-sommet de l’OTAN. Ces groupes font le jeu des Sarkozy, Merkel, Berlusconi, Brown etc… qui dominent l’Europe et qui l’ont conduite dans l’ornière de la crise économique et sociale d’aujourd’hui… »
Communiqué de la fédération du Bas-Rhin du Parti Communiste Français, 4 avril 2009

« L’objectif du gouvernement était clair, faire passer pour des casseurs tous ceux et celles qui souhaitaient manifester leur opposition à l’OTAN. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 4 avril 2009

« On voit bien aujourd’hui de quel côté se situent l’extrémisme et la violence : à gauche ! Le Front National dénonce le saccage de Strasbourg par des bandes de voyous venus principalement d’Allemagne. »
Bruno Gollnisch, vice-président exécutif du Front National, 4 avril 2009

« Avant même le début de la manifestation, et pendant de longs moments, des casseurs venus de toute l’Europe se sont livré à des actes criminels dont les premières victimes sont les habitants du quartier du port du Rhin. Ces actes intolérables ont durement touché des strasbourgeois parmi les plus modestes, et contribué à empêcher l’expression pacifique de nombreux européens à la politique de l’OTAN.
Poste de douane, pharmacie, hôtel ont été incendiés, une Eglise investie, le mobilier urbain complètement saccagé, et l’école du quartier elle même n’a pu être préservée que par la mobilisation spontanée des habitants du quartier. Nous condamnons ces actes sans ambiguité. Leurs auteurs méritent d’être poursuivis et jugés conformément à la Loi.
Ces événements tragiques ont pu se produire en dépit de l’important déploiement policier et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger sur la responsabilité de l’Etat et la stratégie qui a été la sienne durant ces heures éprouvantes.
»
Communiqué du Groupe des élu-e-s Verts de Strasbourg, 5 avril 2009

« L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique condamne les émeutes d’une rare violence commises par des groupes de casseurs en marge de la manifestation organisée à Strasbourg à l’occasion du sommet de l’OTAN (…).
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique rappelle la difficulté d’exercer le métier de policier dans un climat de plus en plus tendu et une nouvelle fois réclame l’abandon des suppressions d’effectifs prévues jusqu’en 2012.
L’UNSA-POLICE – Le Syndicat Unique apporte son soutien aux agents blessés et félicite l’ensemble des policiers pour l’exemplarité de leur conduite et du professionnalisme dont ils ont fait preuve.
».
Communiqué de l’UNSA-Police, 5 avril 2009

« Les élus du Mouvement populaire ne peuvent comprendre que des responsables politiques participent à l’incitation à la violence à des fins politiciennes. Inciter à la révolte ou à la rébellion, ne peut constituer un programme politique crédible et n’est pas digne des grands partis républicains.
L’UMP veut par ailleurs rendre hommage au professionnalisme des forces de l’ordre qui font un travail remarquable et ne doivent pas être la cible de quelques délinquants.
Il faut donc adopter la plus grande fermeté avec ces individus, comme avec les casseurs qui cherchent coûte que coûte à troubler l’ordre public.
»
Eric Ciotti (UMP), Secrétaire national à la sécurité, 6 avril 2009

« Ce que je souhaite, c’est que les casseurs soient punis avec une extrême sévérité. »
Nicolas Sarkozy, président de la République, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« tous les partis politiques condamnent cette violence, ces casseurs, ces voyous. »
Bernard Accoyer (UMP), président de l’Assemblée Nationale, cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’des groupes ultraminoritaires et ultraviolents qu’il faut sanctionner sans aucune faiblesse ».
Laurent Fabius (PS), cité par Arnaud Leparmentier dans un article du Monde, 6 avril 2009.

« ’Le pouvoir instrumentalise les violences qu’il a lui-même orchestrées pour tenter d’occulter le caractère massif de la protestation contre le sommet de l’OTAN qu’il n’a pu qu’entraver mais pas empêcher. »
Communiqué du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), 6 avril 2009

« Des grenades lacrymogènes ont été tirées pendant les prises de parole sans la moindre justification, contraignant la manifestation à se former dans la confusion et l’urgence, permettant à des groupes violents de s’infiltrer dans le cortège ;
Ces éléments violents ont pu passer les frontières alors que le dispositif Schengen avait été levé (…)
Les forces de l’ordre ont laissé ces mêmes éléments violents, au demeurant peu nombreux, (dont le Ministère de l’Intérieur se targue pourtant de connaître les identités) détruire l’ancien poste de douane sans intervenir (…) ; comment interpréter les autres destructions que les forces de l’ordre, pourtant en surnombre dans Strasbourg, n’ont pas su ( ?) empêcher ? Incompétence ou volonté de laisser faire ?
Les forces de l’ordre, comme c’est leur mission lors d’une manifestation autorisée, n’ont pas assuré la sécurité des manifestants, mais l’ont, au contraire délibérément compromise en laissant les éléments violents agir à leur guise
»
Communiqué d’Attac France, Attac Strasbourg et Attac Vosges du Nord, 6 avril 2009

« le dispositif policier était au point, de l’aveu même d’Alliot-Marie, et le maire de Strasbourg, qui adopte une posture de dénonciation, était dans la confidence depuis le début, il s’agit donc purement et simplement d’une combinaison cynique dont les habitants d’un quartier défavorisé, plus faciles à punir et à surveiller que les flux de capitaux, ont fait les frais ».
Communiqué de la Fédération Anarchiste, 6 avril 2009

« La lumière doit être faite sur les raisons qui expliquent que les casseurs ont pu avoir le terrain libre pendant près d’une heure, leur permettant d’incendier le bâtiment des douanes, un bâtiment abritant une pharmacie et l’office de tourisme et l’hôtel Ibis. »
Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, cité dans un article de nouvelobs.com, 7 avril 2009

publié le 8 avril 2009  |

http://schlomoh.blog.lemonde.fr/2009/04/12/la-feuille-de-...

 

Otan: le cercle vicieux de la violence
Diana Johnstone

 

 

Où qu’elle aille, l’Otan crée des menaces. C'est  son fond de commerce. Que ce soit en Afghanistan ou à Strasbourg, la présence  militaire étrangère provoque la rébellion violente, surtout de la part de  jeunes gens qui veulent relever le défi. Leur rébellion sert à justifier une  augmentation de violence répressive. Et ainsi de suite…

Ce cycle était  visible samedi le 4 avril à Strasbourg, où plusieurs milliers de policiers et  un petit nombre de casseurs du Black Block ont volé la vedette à ce qui aurait  dû être le début d’un nouveau mouvement de masse européen contre l’Otan. La  manifestation pacifiste fut écrasée et désintégrée par la police en armes,  pendant que des jeunes aux capuchons noirs jetaient des pierres, cassaient des  vitres et mettaient le feu aux bâtiments.

 

Provocateurs contre provocateurs

Dans ce cycle de provocation, il n’y a aucun doute que c'est  l'Otan qui a commencé. La célébration ostentatoire du 60ème anniversaire de  l’Alliance tenue dans trois villes du Rhin, Strasbourg, Kehl et Baden Baden ce  jour-là, constituait une insulte aux citoyens. Après tout, si les dirigeants  de "l’Occident démocratique" sont tellement appréciés, pourquoi faut-il  transformer les villes qui les reçoivent en forteresses assiégées pour les  accueillir? Si les Européens bénéficient de la protection de l’Otan, pourquoi  les tenir à distance de leur bienfaiteurs ? Mais bien sûr l’Otan n’est pas une  force de défense. Depuis l’agression contre la Serbie il y dix ans jusqu’au  bourbier afghan aujourd’hui, l’Otan se transforme progressivement en force  expéditionnaire destinée aux interventions lointaines. Les mesures de sécurité  draconiennes appliquées à trois villes européennes plutôt conservatrices,  enfermant les habitants dans leurs domiciles, ressemblaient à une occupation  étrangère. Malgré la grande – mais peut-être passagère – popularité d’Obama,  le sommet de l’Otan a illustré l’écart qui se creuse entre les peuples et  leurs dirigeants politiques. Grand « communicateur », le Président des  Etats-Unis s’est efforcé de persuader les Européens qu’ils sont encore plus  menacés par Osama bin Laden et Al Qaeda que les Américains, et doivent donc  payer leur tribut en impôts et en soldats pour éliminer cette menace quelque  part en Afghanistan, si ce n’est au Pakistan ou ailleurs. Les médias européens  ont pu distraire le public de cette notion saugrenue en dirigeant l’attention  vers la tenue vestimentaire de Michelle Obama. Mais, entre temps, des dizaines  de milliers de citoyens européens se dirigeaient vers Strasbourg dans l’espoir  de manifester leur désaccord. Ils avaient des arguments à faire entendre. Ils ont fini étouffés par des nuages de gaz lacrimogènes, et ont été traités comme  des bêtes.

La responsabilité du fiasco

La responsabilité de ce fiasco  est partagée. De loin les plus responsables sont les forces de l'ordre qui ne  cessent de durcir leurs modes de répression partout en Europe. Sous le regard  des hélicoptères, les divers policiers, gendarmes et CRS pratiquent la  technique d’origine anglaise de « kettling » qui consiste à diviser et à  enfermer les manifestants à l’intérieur de petits espaces séparés, parfois  entourés de barrières métalliques. Il s’agit de traiter les êtres humains  comme du bétail. Plus de dix mille policiers ont employé un arsenal d’armes  anti-personnelles contre un nombre comparable de manifestants sans défense.  Des gaz lacrimogènes, des balles en caouchouc et des armes à « son et lumière  » ont d’abord mis fin aux discours avant d’égarer les manifestant dispersés et  désorientés. Tout cela a fini dans un chaos total.

Ce fut le résultat  recherché. Mais une part de responsabilité incombe aux organisateurs, si on  peut utiliser ce mot pour un événement où l’organisation faisait à ce point  défaut. La manifestation anti-Otan du 4 avril était organisée par un collectif  de groupes de militants français dont aucun n’avait l’autorité pour imposer un  plan cohérent. Ainsi, le doyen de ces groupes, le Mouvement de la Paix, a fini  par exercer la plus grande influence sur les décisions, notamment celle  d’accepter le choix du site pour le rassemblement offert par la Préfecture. Au  lieu de pouvoir se rassembler sur une place publique et de défiler dans les  rues de Strasbourg sous les fenêtres des habitants, avec leurs banderolles,  leurs slogans et leur théâtre de rue, les manifestants furent exilés sur une  île périphérique entre le Rhin et un grand canal dans une zone industrielle.  Les deux seuls ponts permettant l’accès du côté français étaient faciles à  bloquer pour les forces d’ordre. Il suffit de regarder un plan pour voir qu’il  s’agissaitt d’un piège, et, sur le terrain, le dénivellement rendait celui-ci  pire encore. Situé à quelques huit kilomètres de la gare, un jour où tout  transport public était supprimé, le site était difficile à atteindre. De plus,  le point de rassemblement et le parcours imposé était quasi invisible au  public. Bref, les manifestants étaient coupés de toute communication avec le  public. Et la souricière donnait l’avantage à la police pour exercer ses  méthodes de répression. Pourtant les organisateurs ont accepté ce site  inacceptable – sans même fournir un service d’ordre pour guider et essayer de  protéger les manifestants.

Il est vrai qu’en échange, la Préfecture avait  fait certaines promesses – non tenues. Les ponts et les rues qui devaient  rester ouverts pour permettre aux manifestants de joindre le rassemblement sur  l’île se trouvaient bloqués de façon imprévisible par la police, provoquant  les premières échauffourées. Curieusement, plusieurs milliers de manifestant  pacifistes furent bloqués sur la rive allemande du Rhin, sans jamais pouvoir  rejoindre le rassemblement, tandis que des Black Block allemands y  parvenaient. En général, la police a traité les pacifistes comme l’ennemi dans  une guerre civile, sans protéger les personnes ou les biens de la minorité  violente.
Le rassemblement, tenu dans un creux sur l’île, était perturbé  par le spectacle d’un hôtel voisin consumé par les flammes. Les haut-parleurs  cédaient au bruit des hélicoptères. Le défilé programmé n’a jamais pu se  faire. Des manifestants désorientés étaient abandonnés à eux-mêmes lorsqu’ils  tentaient d’échapper aux gaz lacrimogènes à travers un labyrinthe de contrôles  policiers.

Le Black Block

Les pacifistes ne pouvaient concurrencer les  casseurs du Black Block, pourtant beaucoup moins nombreux. Contrairement aux  pacifistes, ils paraissent, sur les vidéos, comme étant maîtres de leur propre  jeu, en combat avec la police. Il est probable qu’ils en éprouvent fierté et  satisfaction.
Après le désastre de Strasbourg, il est clair que, pour  survivre et se développer, le mouvement anti-Otan doit faire face à trois  problèmes : ses propres faiblesses organisationnelles, la répression policière  et le Black Block.
Question fréquente : les casseurs du Black Block  sont-ils des provocateurs travaillant pour la police ? Incapable d’enquêter  sérieusement sur cette question, ma propre réponse intuitive est :  subjectivement non, mais objectivement oui. Ils ne peuvent pas tous être des  policiers en capuchon noir. La plupart croient sans doute qu’ils sont en train  de « combattre le capitalisme », comme ils le proclament. Mais objectivement  ils arrivent à justifier cette même répression policière qu’ils combattent  avec tant d’élan.

 

 

Errare humanum est. Les mauvaises intentions  fleurissent, mais les erreurs sont encore plus courantes. Un mouvement  intelligent contre l’Otan doit essayer d’appliquer l’alternative à la guerre –  l’argumentation rationnelle – en toutes circonstances. Nous devons débattre  avec les gens qui se trompent sur l’Otan, pour expliquer sa nocivité. Et nous  devons débattre avec ceux du Black Block, pour signaler ce qui ne va pas dans  leur forme de protestation.

Comment entamer un tel dialogue n’est pas  évident. En faisant l’hypothèse que les participants aux actions du Black  Block ne sont pas tous des policiers déguisés, j’inviterais, si j’en avais les  moyens, ceux qui sont sincères à prendre en considération plusieurs  idées.

  • Les combattants du Black Block devraient mettre en question leurs  propres motivations. Tout au long de l’histoire, de jeunes gens s’amusent à se  mettre en bandes pour combattre un ennemi. La testosterone et l’adrénaline ne  sont pas des arguments politiques. Mais ce sont des stimulants très efficaces  quand il s’agit de lancer des projectiles contre l’adversaire. Les combattants  de rue se sentent facilement victorieux et supérieurs face aux phalanges de  flics casqués qui paraissent bien lâches dans ce contexte. Les casseurs sont  victorieux dans le match du machisme, mais à quoi bon, si ce n'est à flatter  leur orgueil ?
  • Les combattants du Black Block devraient surtout penser à  l’effet de leurs actions sur la masse des citoyens, qui peuvent être indécis  politiquement. L’Otan et les forces de l’ordre profitent du sentiment  d’insécurité des citoyens. Les actions du Black Block attisent ce  sentiment.
  • Les combattants du Black Block devraient évaluer l’impact  désastreux de leurs activités sur d’autres formes de protestation publique.  Avec la police, ils vident les rues des manifestations de masse.
  • Les  combattants du Black Block devraient réfléchir sur la facilité avec laquelle ils sont exploités par leur ennemi. D’une part, quoi qu’ils en pensent, ils  sont certainement infiltrés par des agents. Et ils doivent se demander  pourquoi certains d’entre eux ont pu casser les vitres de l’Hôtel Ibis sur l'île du Rhin à Strasbourg, puis y mettre le feu de façon méthodique, sans la  moindre intervention policière. De plus, cet incendie impressionnant dévora  l’hôtel pendant plus d’une heure avant l’arrivée des pompiers. Ce spectacle  servit parfaitement à faire peur aux manifestants et à hâter leur dispersion, mais surtout à remplir les écrans de télévision avec la preuve que « les  manifestants sèment la destruction ». Les autorités ont cité l’incendie comme  justifiant leurs mesures policières (pourtant parfaitement inutile dans ce cas  précis). Et pourquoi mettre le feu à un hôtel Ibis, alors qu’il y en a huit à Strasbourg, celui-ci étant probablement le moins rentable ? Et quels moyens  semi-professionnels étaient nécessaires pour cette action de pyromane ? Et pourquoi mettre également le feu à une pharmacie qui servait les résidents  plutôt modestes de ce quartier déshérité ? Quel message politique exprime-t-on  ainsi ?
  • Bref, les militants du Black Block, quel que soit leur âge, doivent quitter l’adolescence attardée et se rendre compte que le combat  contre les pouvoirs injustes commence par la pensée, la raison, les faits et les arguments. Jouer avec la violence c'est jouer sur le seul terrain où ils  sont les plus forts, c’est jouer leur jeu. L’action du style d’Intifada peut  être le seul recours pour des Palestiniens désespérés, mais, en Europe, il existe encore d’autres moyens d’opposition politique. Il faut les inventer,  les explorer, les développer.

Que faire?

L’année 2008 fut un vrai  tournant, avec deux événements de très grande portée qui changent, petit à  petit, la vision du monde que peuvent avoir la plupat des gens :  l’effondrement financier, et l’attaque israélienne contre Gaza. Les  répercussions s'en feront de plus en plus sentir. Elles préparent le terrain  pour l’opposition massive des peuples aux puissances financières et militaires  qui dirigent l’Occident et qui s’efforcent toujours, à travers l’Otan en  particulier, d'imposer leur domination au monde entier. Il y a des indices que  le pouvoir reconnaît le danger et prépare des technologies de répression pour  contrer les révoltes à venir. Il est urgent de fournir des alternatives  politiques en termes de programmes et d’organisation. Si les manifestations de  masse sont vulnérables à la répression policière et aux casseurs, il faut  inventer d’autres moyens plus variés et plus flexibles pour communiquer les  uns avec les autres afin d' élargir un mouvement cohérent capable de combattre  la militarisation de la société et de construire une économie centrée sur les  véritables besoins des êtres humains. En tout cas, toute manifestion future  contre l’Otan doit se doter de son propre service d’ordre. On ne peut pas  mélanger des manifestants pacifiques avec les casseurs qui cherchent ce que  cherche la police : les combats violents.

 

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ARTICLES DE MICHEL COLLON
Mercredi 08 Avril 2009 Imprimer E-mail
La mission mondiale nauséabonde de l’OTAN

L’OTAN, le bras principal à l’étranger du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, ne fait que s’étendre. Sa raison d’être originale, le bloc soviétique supposé menaçant est mort depuis 20 ans. Mais à l’instar du complexe militaro-industriel lui-même, l’OTAN est maintenue en vie et continue de croître par des intérêts économiques bien établis, l’inertie institutionnelle et un état d’esprit officiel proche de la paranoïa, avec des groupes de réflexion qui cherchent désespérément des « menaces ».



Ce mastodonte s’apprête à célébrer son 60ème anniversaire en avril, sur le Rhin, dans les villes jumelles de Strasbourg (en France) et de Kehl (en Allemagne). Le président français, Nicolas Sarkozy, de plus en plus impopulaire, offre un cadeau exceptionnel : le retour de la France dans le « commandement intégré » de l’OTAN. Cet événement bureaucratique, dont la signification pratique reste peu claire, fournit aux chœur des fonctionnaires et des éditorialistes OTANolâtres de quoi s’enorgueillir. Voyez ! Ces idiots de Français ont reconnu leur erreur et sont rentrés au bercail.

Sarkozy dit les choses autrement. Il affirme qu’en rejoignant le commandement de l’OTAN l’importance de la France s’accroîtra, en lui donnant de l’influence sur la stratégie et les opérations d’une Alliance qu’elle n’a jamais quittée et pour laquelle elle a continué de contribuer plus que sa part en forces armées.

Le défaut dans cet argument est que c’était le contrôle total et inébranlable des Etats-Unis sur le commandement intégré de l’OTAN qui persuada en premier lieu le Général Charles de Gaulle à le quitter, en mars 1966. De Gaulle ne le fit pas sur un coup de tête. Il avait essayé de changer le processus de prise de décision et avait découvert que c’était impossible. La menace soviétique avait diminué et de Gaulle ne voulait pas être attiré dans des guerres qu’il pensait inutiles, comme les efforts étasuniens de gagner la guerre en Indochine et que la France avait déjà perdue et considérait ingagnable. Il voulait que la France soit capable de poursuivre ses propres intérêts au Proche-Orient et en Afrique. D’autre part, la présence militaire des Etats-Unis en France stimulait les manifestations « Yankee go home ». Le transfert du commandement de l’OTAN en Belgique satisfaisait tout le monde.

Le prédécesseur de Sarkozy, Jacques Chirac, étiqueté à tort par les médias étasuniens comme « anti-américain », était déjà prêt à rejoindre le commandement de l’OTAN s’il pouvait obtenir quelque chose de substantiel en retour, comme le commandement de l’OTAN en Méditerranée. Les Etats-Unis refusèrent platement.

A la place, Sarkozy accepte des miettes : l’affectation d’officiers supérieurs français à un commandement au Portugal et dans quelques bases d’entraînement aux Etats-Unis. « Rien n’a été négocié. Deux ou trois officiers français supplémentaires en position de recevoir des ordres des Américains ne changeront rien », a observé l’ancien ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine, lors d’un récent colloque sur la France et l’Otan. Sarkozy a annoncé ce retour le 11 mars, six jours avant que cette question ne soit débattue par l’Assemblée Nationale. Les protestations de gauche comme de droite seront vaines.

Il semble qu’il y ait deux causes principales à cette reddition inconditionnelle.

L’une est la psychologie de Sarkozy lui-même, dont l’adoration pour les aspects les plus superficiels des Etats-Unis s’est exprimée dans son discours embarrassant devant le Congrès des Etats-Unis en novembre 2007. Sarkozy est peut-être le premier président français qui semble ne pas aimer la France. Ou, du moins, qui semble préférer les Etats-Unis (par ce qu’il regarde à la télévision). Il peut donner l’impression d’avoir voulu être le président de la France, non pas par amour pour son pays, mais par vengeance sociale contre lui. Depuis le début, il s’est montré pressé de « normaliser » la France, c’est-à-dire, de la refaçonner en accord avec le modèle américain.

L’autre cause, moins flagrante mais plus objective, est la récente expansion de l’Union Européenne. L’absorption rapide de tous les anciens satellites d’Europe de l’Est, ainsi que des anciennes républiques soviétiques d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie, a radicalement changé l’équilibre du pouvoir au sein de l’UE elle-même. Les nations fondatrices, la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux, ne peuvent plus guider l’Union vers une politique étrangère et de sécurité unifiée. Après le refus de la France et de l’Allemagne d’accepter l’invasion de l’Irak, Donald Rumsfeld a discrédité ces deux pays comme faisant partie de la « vieille Europe » et il s’est gargarisé de la volonté de la « nouvelle Europe » de suivre l’exemple des Etats-Unis. La Grande-Bretagne à l’Ouest et les « nouveaux » satellites européens à l’Est sont plus attachés aux Etats-Unis, politiquement et émotionnellement, qu’ils ne le sont à l’Union Européenne qui les a recueillis et leur a apportés une aide économique au développement considérable et un droit de veto sur les questions politiques majeures.

Cette expansion a enterré efficacement le projet français de longue date de construire une force de défense européenne pouvant agir hors du commandement de l’OTAN. Les dirigeants de la Pologne et des Etats Baltes veulent une défense américaine, à travers l’Otan, point. Ils n’accepteraient jamais le projet français d’une défense européenne qui ne serait pas liée à l’OTAN et aux Etats-Unis.

La France a son propre complexe militaro-industriel, un nain comparé au complexe militaro-industriel américain, mais le plus grand de l’Europe occidentale. Tout complexe de ce type a besoin des marchés à l’exportation pour son industrie d’armement. Le marché au meilleur potentiel aurait été des forces armées européennes indépendantes. Sans cette perspective, certains pouvaient espérer qu’en rejoignant le commandement intégré les marchés de l’OTAN s’ouvriraient à la production militaire française.

Un espoir tenu, cependant. Les Etats-Unis protègent jalousement les acquisitions majeures de l’OTAN au bénéfice de leur propre industrie. La France n’aura probablement pas beaucoup d’influence au sein de l’OTAN pour la même raison qu’elle abandonne sa tentative de construire une armée européenne indépendante. Les Européens sont eux-mêmes profondément divisés. Avec une Europe divisée, les Etats-Unis règnent. De plus, avec la crise économique qui s’accentue, l’argent est de moins en moins disponible pour l’armement.

Du point de vue de l’intérêt national français, ce faible espoir de commercialiser des équipements militaires lourds est largement miné par les conséquences politiques désastreuses de l’acte d’allégeance de Sarkozy.

Il est vrai que même hors du commandement intégré de l’OTAN l’indépendance de la France n’était que relative. La France a suivi les Etats-Unis dans la première guerre du Golfe – le Président François Mitterrand espéra vainement gagner ainsi de l’influence à Washington, le mirage habituel qui attire les alliés dans les opérations étasuniennes douteuses. La France s’est jointe à l’OTAN en 1999 dans la guerre contre la Yougoslavie, malgré les doutes aux plus hauts niveaux. Mais en 2003, le Président Jacques Chirac et son ministre des affaires étrangères Dominique de Villepin ont réellement usé de leur indépendance en rejetant l’invasion de l’Irak. Il est généralement reconnu que la position française a permis à l’Allemagne de faire de même. La Belgique a suivi.

Le discours de Villepin, le 14 février 2003, au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, donnant la priorité au désarmement et à la paix sur la guerre, reçut une rare standing ovation. Le discours de Villepin fut immensément populaire dans le monde entier et a accru énormément le prestige de la France, en particulier dans le monde arabe. Mais, de retour à Paris, la haine personnelle entre Sarkozy et Villepin atteignit des sommets passionnels et l’on peut suspecter que le retour de Sarkozy dans l’obédience de l’OTAN est également un acte de vengeance personnelle.

Le pire effet politique est beaucoup plus vaste. L’impression est à présent créée que « l’Occident » - l’Europe et l’Amérique du Nord - se barricadent contre le reste du monde par une alliance militaire. Rétrospectivement, la dissidence française a rendu service à l’ensemble du monde occidental en donnant l’impression - ou l’illusion - que la pensée et l’action indépendantes étaient toujours possibles et que quelqu’un en Europe pouvait écouter ce que d’autres parties du monde pensaient et disaient. Désormais, ce « resserrement des rangs », salué par les fervents défenseurs de l’OTAN comme « améliorant notre sécurité », sonnera l’alarme dans le reste du monde. L’empire semble resserrer ses rangs en vue de faire la loi dans le monde. Les Etats-Unis et ses alliés ne prétendent pas ouvertement diriger le monde, seulement le réguler. L’Ouest contrôle les institutions financières mondiale, le FMI et la Banque Mondiale. Il contrôle le judiciaire, la Cour Criminelle Internationale, laquelle, en six années d’existence, a jugé seulement un obscur chef de guerre congolais et mis en accusation 12 autres personnes, toutes africaines – et pendant ce temps, les Etats-Unis causent la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes en Irak et en Afghanistan et soutiennent l’agression continuelle d’Israël contre le peuple palestinien. Pour le reste du monde, l’OTAN n’est que la branche armée de cette entreprise de domination. Et cela à un moment où le système du capitalisme financier dominé par l’Ouest entraîne l’économie mondiale dans l’effondrement.

Cette gesticulation, consistant à « montrer l’unité occidentale » pour « notre sécurité », ne peut que rendre le reste du monde inquiet pour l’avenir. Pendant ce temps, l’OTAN manœuvre chaque jour un peu plus pour encercler la Russie avec des bases militaires et des alliances hostiles, notamment en Géorgie. En dépit des sourires pendant les dîners avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, Hillary Clinton répète le mantra étonnant selon lequel « les sphères d’influence ne sont pas acceptables » - voulant dire, bien sûr, que la sphère historique russe d’intérêt est inacceptable, tandis que les Etats-Unis l’incorporent vigoureusement dans leur propre sphère d’influence, qui s’appelle l’OTAN.

Déjà, la Chine et la Russie accroissent leur coopération en matière de défense. Les intérêts économiques et l’inertie institutionnelle de l’OTAN poussent le monde vers un alignement préalable à la guerre bien plus dangereux que la Guerre Froide.

La leçon que l’OTAN refuse d’apprendre est que sa recherche d’ennemis crée des ennemis. La guerre contre le terrorisme nourrit le terrorisme. Entourer la Russie avec des missiles soi-disant « défensifs » - lorsque tout stratège sait qu’un bouclier accompagné d’une épée est aussi une arme offensive – créera un ennemi russe.
La Recherche de Menaces

Pour se prouver à elle-même qu’elle est réellement « défensive », l’OTAN continue de rechercher des menaces. Eh bien, le monde est un endroit agité, en grande partie grâce à la sorte de mondialisation économique imposée par les Etats-Unis au cours des décennies passées ! Cela pourrait être le moment d’entreprendre des efforts diplomatiques et politiques afin de mettre au point des moyens internationalement acceptés pour traiter les problèmes tels que la crise économique mondiale, le changement climatique, l’utilisation de l’énergie, les pirates informatiques (« la guerre cybernétique »). Les groupes de réflexion de l’OTAN se jètent sur ces problèmes comme de nouvelles « menaces » qui doivent être traitées par l’OTAN. Cela conduit à une militarisation des décisions, là où elles devraient être démilitarisées.

Par exemple, que peut bien vouloir dire répondre à la menace supposée du changement climatique avec des moyens militaires ? La réponse semble évidente : la force militaire peut être utilisée d’une manière ou d’une autre contre les populations obligées de fuir de chez elles à cause des sécheresses ou des inondations. Peut-être, comme au Darfour, la sécheresse conduira-t-elle à des conflits entre groupes ethniques ou sociaux. Ensuite, l’OTAN peut décider quel est le « bon » camp et bombarder l’autre camp. Quelque chose de ce genre.

Le monde semble en effet se diriger vers une période de troubles. L’Otan semble se préparer à affronter ces troubles en utilisant la force armée contre des populations indisciplinées.

Cela sera évident lors de la célébration du soixantième anniversaire de l’OTAN, qui se déroulera les 3 et 4 avril prochains à Strasbourg et à Kehl.

Ces villes seront transformées en camps armés. Les habitants de la ville tranquille de Strasbourg sont obligés demander des badges pour pouvoir quitter leurs propres habitations ou y entrer durant ce joyeux évènement. Aux moments cruciaux, ils ne seront pas autorisés du tout à quitter leur domicile, sauf en cas d’urgence. Le transport urbain sera stoppé. Ces villes seront aussi mortes que si elles avaient été bombardées, afin de permettre aux dignitaires de l’OTAN de simuler une démonstration de paix.

Le point culminant sera une séance de photos de dix minutes, lorsque les dirigeants français et allemand se serreront la main sur le pont au-dessus du Rhin reliant Strasbourg à Kehl. Comme si Angela Merkel et Nicolas Sarkozy faisaient la paix entre la France et l’Allemagne pour la première fois ! Les gens du cru seront enfermés afin de ne pas déranger cette mascarade.

L’OTAN se comportera comme si la plus grande menace à laquelle elle est confrontée est le peuple d’Europe. Et la plus grande menace pour le peuple européen pourrait bien être l’OTAN.

 

Article original en anglais, NATO's Global Mission Creep, Counterpunch, 13 mars 2009. Pour lire l'article en anglais, cliquez ici.

Traduction Questions Critiques.

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&c...

 

 

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10/04/2009

feu hôtel Ibis Strasbourg black blocs

bb stras 1.JPG

 

00:14 Incendie de l’hotel Ibis de Strasbourg : la version des faits donnée par la police remise en cause par de nombreux témoignages
lundi 6 avril 2009
par admin
Communiqué de la Legal Team de Strasbourg. Lundi 6 avril 2009 00h14
Incendie de l’hotel Ibis de Strasbourg : la version des faits donnée par la police remise en cause par de nombreux témoignages.
Plusieurs témoignages font état de l’impossibilité de l’origine de l’incendie de l’hotel Ibis par des manifestants. Les vitres et les portes ont été enfoncées par des manifestants, et le mobilier a été sorti de l’hotel pour alimenter la barricade qui se trouvait devant.

mobilier Ibis brûle + crs.JPG

La police provenant des rues adjacentes de l’hotel a évacué les alentours de l’établissement dans une charge, et a contrôlé l’ensemble de la place devant l’hotel. Il n’y avait à ce stade aucun incendie de l’Hotel Ibis. Un autre témoignage publié sur internet déclare : "nous étions au 1er rang lorsque les flics ont lancé leur 1ère charge, et ce qui est sûr est qu’il n’y avait aucun signe d’incendie dans l’hôtel à ce moment. ce qui signifie : soit il y avait un petit début d’incendie donc on ne voyait rien de l’extérieur, et dans ce cas il était facilement maitrisable, mais d’après ce qu’on voyait rien de cela, car ni flamme ni fumée, soit la cause de l’incendie ne provient pas des manifestants.

 

feu bâtiment stras.jpg

black block Ibis.JPG

" Un groupe qui se situait "près de l’église taguée à 50 m des deux bâtiments" témoigne, concernant l’hotel Ibis, qu’ils ont été témoins de "tirs tendus des hélicoptères de fusées gaz lacrymogènes et de fusées incandescences" qui ont touchées ce bâtiment avant de s’embraser Sur une video publiée sur youtube, le cameramen déclare à la fin du film " ils les envoient de l’hélico" ( sous-entendu : les fusées lacrymo et incandescantes) (http://www.youtube.com/watch?v=PnfH...) Deux autres témoignages que nous avons recueillis affirment que la police maitrisait l’espace autour de l’hotel Ibis lorsque l’incendie s’est déclaré, et que les manifestants étaient à distance. Enfin d’après plusieurs témoignages la police française aurait renvoyé les pompiers allemands arrivés rapidement sur le site. Au total au moins douze témoignages concordants remettent sérieusement en cause la version des faits avancée par la police, et relayée largement par les médias. Rappelons que la ministre de l’intérieur Mme Alliot-Marie, à propos de l’hotel Ibis a parlé aujourd hui d’ "incendie volontaire" et de "tentative d’homicide volontaire". La legal team de Strasbourg recueille d’éventuels autres témoignages. tel : +33 (0)3 68 46 02 62.

EPA Ibis grosse lance.JPG Lances Ibis EPA part du feu.JPG

stras port du rhin 014.JPG

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