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21/03/2010

Fée électricité : Incendie d'un garage du groupement de gendarmerie à Colmar

 

Neuf voitures et huit motos de la gendarmerie nationale ont été détruites hier, vers minuit, par un incendie qui s’est déclaré dans un garage du groupement de gendarmerie du Haut-Rhin, au quartier Lacarre, rue de la Cavalerie à Colmar. (l'Alsace)le feu, ça brûle....jpg

Au total, le feu a réduit à l'état de carcasse une vingtaine de véhicules notamment des motos Yamaha et BMW qui étaient utilisées par l'escadron de sécurité routière, des véhicules de gendarmerie dont le break embarquant le radar automatisé mais aussi la camionnette des techniciens en identification criminelle ainsi que le véhicule servant aux actions de prévention routière.(le blog 100% radar)

L' a été confiée à la brigade de recherches de Colmar et un expert a été envoyé sur place pour déterminer l'origine de l'incendie. En juillet 2008, un incendie s'était déclaré dans un garage des gendarmes de la brigade motorisée de Soultz, détruisant huit véhicules. (Le parisien)

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19/03/2010

Bruno Gaccio et Pierre Martinet : l'espion qui m'aimait ?

L'incroyable polar de Canal+ a été décrypté par le parquet de Paris, qui a demandé, le 9 février, au juge d'instruction de renvoyer la chaîne privée pour espionnage devant le tribunal correctionnel, ainsi qu'un ancien agent secret et quatre policiers ou anciens policiers.

Pierre Martinet, un ancien agent de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux), envoie en avril 2005 au parquet son livre, Un agent sort de l'ombre (éd. Privé). Il y raconte notamment comment il a espionné Bruno Gaccio, le chef de file des Guignols, sur ordre de Gilles Kaehlin, un ancien policier des renseignements généraux devenu directeur des moyens généraux à Canal.

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23:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Nicolas Sarkozy et « la moindre insulte » ou « le moindre manque de respect »

 

Nicolas Sarkozy :

«J'ai demandé aux fonctionnaires de police qu'à la moindre insulte, au moindre manque de respect, des conséquences judiciaires soient engagées»

extrait de l'article du Figaro du 18/03/2010

 

 


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Regard sur un média : La télévision peut-elle critiquer la télévision ?

 

 

Analyse d’un passage à l’antenne

En France, plusieurs émissions de télévision se proposent de décrypter les images que reçoivent les téléspectateurs. Se fondant sur l’idée que la télévision peut critiquer la télévision,elles tentent de combattre la méfiance grandissante du public à l’égard de ce média. Pierre Bourdieu,qui a, en janvier dernier, participé à la principale de ces émissions, « Arrêt sur images », livre ici son témoignage.

Par Pierre Bourdieu

J’ai écrit ces notes dans les jours qui ont suivi mon passage à l’émission « Arrêt sur images ». J’avais, dès ce moment-là, le sentiment que ma confiance avait été abusée, mais je n’envisageais pas de les rendre publiques, pensant qu’il y aurait eu là quelque chose de déloyal. Or voilà qu’une nouvelle émission de la même série revient à quatre reprises — quel acharnement ! — sur des extraits de mes interventions, et présente ce règlement de comptes rétrospectif comme un audacieux retour critique de l’émission sur elle-même. Beau courage en effet : on ne s’est guère inquiété, en ce cas, d’opposer des « contradicteurs » aux trois spadassins chargés de l’exécution critique des propos présentés.

La récidive a valeur d’aveu : devant une rupture aussi évidente du contrat de confiance qui devrait unir l’invitant et l’invité, je me sens libre de publier ces observations, que chacun pourra aisément vérifier en visionnant l’enregistrement des deux émissions (1). Ceux qui auraient encore pu douter, après avoir vu la première, que la télévision est un formidable instrument de domination devraient, cette fois, être convaincus : Daniel Schneidermann, producteur de l’émission, en a fait la preuve, malgré lui, en donnant à voir que la télévision est le lieu où deux présentateurs peuvent triompher sans peine de tous les critiques de l’ordre télévisuel.

« Arrêt sur images », La Cinquième, 23 janvier 1996. L’émission illustrera parfaitement ce que j’avais l’intention de démontrer : l’impossibilité de tenir à la télévision un discours cohérent et critique sur la télévision. Prévoyant que je ne pourrais pas déployer mon argumentation, je m’étais donné pour projet, comme pis-aller, de laisser les journalistes jouer leur jeu habituel (coupures, interruptions, détournements, etc.) et de dire, après un moment, qu’ils illustraient parfaitement mon propos. Il aurait fallu que j’aie la force et la présence d’esprit de le dire en conclusion (au lieu de faire des concessions polies au « dialogue », imposées par le sentiment d’avoir été trop violent et d’avoir inutilement blessé mes interlocuteurs).

Daniel Schneidermann m’avait proposé à plusieurs reprises de participer à son émission. J’avais toujours refusé. Début janvier, il réitère sa demande, avec beaucoup d’insistance, pour une émission sur le thème : « La télévision peut-elle parler des mouvements sociaux ? » J’hésite beaucoup, craignant de laisser passer une occasion de faire, à propos d’un cas exemplaire, une analyse critique de la télévision à la télévision.

Après avoir donné un accord de principe subordonné à une discussion préalable sur le dispositif, je rappelle Daniel Schneidermann, qui pose d’emblée, comme allant de soi, qu’il faut qu’il y ait un « contradicteur ». Je ne me rappelle pas bien les arguments employés, si tant est qu’il y ait eu arguments, tellement cela allait de soi pour lui. J’ai cédé par une sorte de respect de la bienséance : ne pas accepter le débat, dans n’importe quelles conditions et avec n’importe qui, c’est manquer d’esprit démocratique. Daniel Schneidermann évoque des interlocuteurs possibles, notamment un député RPR qui a pris position contre la manière dont les télévisions ont rendu compte de la grève. Ce qui suppose qu’il attend de moi que je prenne la position opposée (alors qu’il me demande une analyse — ce qui tend à montrer que, comme la plupart des journalistes, il identifie l’analyse à la critique).

Je propose alors Jean-Marie Cavada, parce qu’il est le patron de la chaîne où passera l’émission, et aussi parce qu’il m’est apparu comme typique d’une violence plus douce et moins visible : Jean-Marie Cavada donne toutes les apparences de l’équité formelle, tout en se servant de toutes les ressources de sa position pour exercer une contrainte qui oriente fortement les débats ; mes analyses vaudront ainsi a fortiori. Tout en proclamant que le fait que je mette en question le directeur de la chaîne ne le gênait en rien et que je n’avais pas à me limiter dans mes « critiques », Daniel Schneidermann exclut Jean-Marie Cavada au profit de Guillaume Durand. Il me demande de proposer des extraits d’émissions qui pourraient être présentés à l’appui de mes analyses. Je donne une première liste (comportant plusieurs références à Jean-Marie Cavada et à Guillaume Durand), ce qui m’amène, pour justifier mes choix, à livrer mes intentions.

Dans une seconde conversation, je m’aperçois que plusieurs de mes propositions d’extraits ont été remplacées par d’autres. Dans le « conducteur » final, je verrai apparaître un long « micro-trottoir » sans intérêt visant à montrer que les spectateurs peuvent dire les choses les plus opposées sur la représentation télévisuelle des grèves, donc à relativiser d’avance les « critiques » que je pourrais faire (cela sous prétexte de rappeler l’éternelle première leçon de tout enseignement sur les médias : le montage peut faire dire n’importe quoi à des images). Lors d’une nouvelle conversation, on m’apprend que Jean-Marie Cavada a finalement décidé de venir et qu’on ne peut pas lui refuser ce droit de réponse, puisqu’il est « mis en question ».

Dès la première conversation, j’avais demandé expressément que mes prises de position pendant les grèves de décembre ne soient pas mentionnées. Parce que ce n’était pas le sujet et que ce rappel ne pourrait que faire apparaître comme des critiques de parti pris les analyses que la sociologie peut proposer. Or, dès le début de l’émission, la journaliste, Pascale Clark, annonce que j’ai pris position en faveur de la grève et que je me suis montré « très critique de la représentation que les médias [en] ont donnée », alors que je n’avais rien dit, publiquement, sur ce sujet. Elle récidive avec la première question, sur les raisons pour lesquelles je ne me suis pas exprimé à la télévision pendant les grèves.

Devant ce nouveau manquement à la promesse qui m’avait été faite pour obtenir ma participation, j’hésite longuement, me demandant si je dois partir ou répondre. En fait, à travers cette intervention qui me plaçait d’emblée devant l’alternative de la soumission résignée à la manipulation ou de l’esclandre, contraire aux règles du débat « démocratique », le thème que les deux « contradicteurs » ne cesseront de rabâcher pendant toute l’émission était lancé : comment peut-il prétendre à la science objective de la représentation d’un événement à propos duquel il a pris une position partisane ?

Au cours des discussions téléphoniques, j’avais aussi fait observer que les « contradicteurs » étaient maintenant deux, et deux professionnels (il apparaîtra, dès que je ferai une brève tentative pour analyser la situation dans laquelle je me trouvais, qu’ils étaient quatre) ; j’avais exprimé le souhait qu’ils n’abusent pas de l’avantage qui leur serait ainsi donné. En fait, emportés par l’arrogance et la certitude de leur bon droit, ils n’ont pas cessé de me prendre la parole, de me couper, tout en proférant d’ostentatoires flatteries : je pense que dans cette émission où j’étais censé présenter une analyse sociologique d’un débat télévisé en tant qu’invité principal, j’ai dû avoir la parole, au plus, pendant vingt minutes, moins pour exposer des idées que pour ferrailler avec des interlocuteurs qui refusaient tous le travail d’analyse.

Daniel Schneidermann m’a appelé plusieurs fois, jusqu’au jour de l’émission, et je lui ai parlé avec la confiance la plus entière (qui est la condition tacite, au moins pour moi, de la participation à un dialogue public), livrant ainsi toutes mes intentions. Il ne m’a rien dit, à aucun moment, des intentions de mes « contradicteurs ». Lorsque je lui ai demandé s’il comptait leur montrer, au préalable, les extraits que j’avais choisis — ce qui revenait à leur dévoiler toutes mes batteries —, il m’a dit que s’ils les lui demandaient il ne pourrait pas les leur refuser... Il m’a parlé vaguement d’un micro-trottoir au sujet mal défini tourné à Marseille. Après l’émission, il me dira sa satisfaction et combien il était content qu’un « grand intellectuel » — pommade — ait pris la peine de regarder de près et de discuter la télévision, mais aussi et surtout combien il admirait mes « contradicteurs » d’avoir « joué le jeu » et d’avoir accepté courageusement la critique... Le jour de l’émission, les « contradicteurs » et les présentateurs, avant l’enregistrement, me laissent seul sur le plateau pendant près d’une heure. Guillaume Durand vient s’asseoir en face de moi et m’entreprend bille en tête sur ce qu’il croit être ma complicité avec les socialistes (il est mal informé...). Exaspéré, je lui réponds vertement. Il reste longtemps silencieux et très gêné. La présentatrice, Pascale Clark, essaie de détendre l’atmosphère. « Vous aimez la télévision ? — Je déteste. » On en reste là. Je me demande si je ne dois pas partir.

Si au moins je parvenais à croire que ce que je suis en train de faire peut avoir une quelconque utilité et que je parviendrai à convaincre que je suis venu là pour essayer de faire passer quelque chose à propos de ce nouvel instrument de manipulation... En fait, j’ai surtout l’impression d’avoir seulement réussi à me mettre dans la situation du poisson soluble (et conscient de l’être) qui se serait jeté à l’eau.

La disposition sur le plateau : les deux « contradicteurs » sont assis, en chiens de faïence (et de garde), de part et d’autre du présentateur, je suis sur le côté, face à la présentatrice. On m’apporte le « conducteur » de l’émission : quatre seulement de mes propositions ont été retenues et quatre « sujets » ont été ajoutés, dont deux très longs « micro-trottoirs » et reportages, qui passeront, tous destinés à faire apparaître la relativité de toutes les « critiques » et l’objectivité de la télévision. Les deux qui ne passeront pas, et que j’avais vus, avaient pour fin de montrer la violence des grévistes contre la télévision.

Conclusion (que j’avais écrite avant l’émission) : on ne peut pas critiquer la télévision à la télévision parce que les dispositifs de la télévision s’imposent même aux émissions de critique du petit écran. L’émission sur le traitement des grèves à la télévision a reproduit la structure même des émissions à propos des grèves à la télévision.

Ce que j’aurais voulu dire

La télévision, instrument de communication, est un instrument de censure (elle cache en montrant) soumis à une très forte censure. On aimerait s’en servir pour dire le monopole de la télévision, des instruments de diffusion (la télévision est l’instrument qui permet de parler au plus grand nombre, au-delà des limites du champ des professionnels). Mais, dans cette tentative, on peut apparaître comme se servant de la télévision, comme les « médiatiques », pour agir dans ce champ, pour y conquérir du pouvoir symbolique à la faveur de la célébrité (mal) acquise auprès des profanes, c’est-à-dire hors du champ. Il faudrait toujours vérifier qu’on va à la télévision pour (et seulement pour) tirer parti de la caractéristique spécifique de cet instrument — le fait qu’il permet de s’adresser au plus grand nombre —, donc pour dire des choses qui méritent d’être dites au plus grand nombre (par exemple qu’on ne peut rien dire à la télévision).

Faire la critique de la télévision à la télévision, c’est tenter de retourner le pouvoir symbolique de la télévision contre lui-même cela en payant de sa personne, c’est le cas de le dire : en acceptant de paraître sacrifier au narcissisme, d’être suspect de tirer des profits symboliques de cette dénonciation et de tomber dans les compromissions de ceux qui en tirent des profits symboliques, c’est-à-dire les « médiatiques ».

Le dispositif : du plus visible au plus caché

Le rôle du présentateur :

— Il impose la problématique, au nom du respect de règles formelles à géométrie variable et au nom du public, par des sommations (« C’est quoi... », « Soyons précis... », « Répondez à ma question », « Expliquez-vous... », « Vous n’avez toujours pas répondu... », « Vous ne dites toujours pas quelle réforme vous souhaitez... ») qui sont de véritables sommations à comparaître mettant l’interlocuteur sur la sellette. Pour donner de l’autorité à sa parole, il se fait porte-parole des auditeurs : « La question que tout le monde se pose », « C’est important pour les Français... » Il peut même invoquer le « service public » pour se placer du point de vue des « usagers » dans la description de la grève.

— Il distribue la parole et les signes d’importance (ton respectueux ou dédaigneux, attentionné ou impatient, titres, ordre de parole, en premier ou en dernier, etc).

— Il crée l’urgence (et s’en sert pour imposer la censure), coupe la parole, ne laisse pas parler (cela au nom des attentes supposées du public c’est-à-dire de l’idée que les auditeurs ne comprendront pas, ou, plus simplement, de son inconscient politique ou social).

— Ces interventions sont toujours différenciées : par exemple, les injonctions s’adressent toujours aux syndicalistes (« Qu’est-ce que vous proposez, vous ? ») sur un ton péremptoire, et en martelant les syllabes ; même attitude pour les coupures : « On va en parler... Merci, madame, merci... » — remerciement qui congédie, par rapport au remerciement empressé adressé à un personnage important. C’est tout le comportement global qui diffère, selon qu’il s’adresse à un « important » (M. Alain Peyrefitte) ou à un invité quelconque : posture du corps, regard, ton de la voix, mots inducteurs (« oui... oui... oui... » impatient, « ouais » sceptique, qui presse et décourage), termes dans lesquels on s’adresse à l’interlocuteur, titres, ordre de parole, temps de parole (le délégué CGT parlera en tout cinq minutes sur une heure et demie à l’émission « La Marche du siècle »).

— Le présentateur agit en maître après Dieu de son plateau (« mon émission », « mes invités » : l’interpellation brutale qu’il adresse à ceux qui contestent sa manière de mener le débat est applaudie par les gens présents sur le plateau et qui font une sorte de claque).

La composition du plateau :

— Elle résulte de tout un travail préalable d’invitation sélective (et de refus). La pire censure est l’absence ; les paroles des absents sont exclues de manière invisible. D’où le dilemme : le refus invisible (vertueux) ou le piège.

— Elle obéit à un souci d’équilibre formel (avec, par exemple, l’égalité des temps de parole dans les « face-à-face ») qui sert de masque à des inégalités réelles : dans les émissions sur la grève de décembre 1995, d’un côté un petit nombre d’acteurs perçus et présentés comme engagés, de parti pris, et de l’autre des observateurs présentés comme des arbitres, parfaitement neutres et convenables, c’est-à-dire les présumés coupables (de nuire aux usagers), qui sont sommés de s’expliquer, et les arbitres impartiaux ou les experts qui ont à juger et à expliquer. L’apparence de l’objectivité est assurée par le fait que les positions partisanes de certains participants sont déguisées (à travers le jeu avec les titres ou la mise en avant de fonctions d’expertise : par exemple, M. Alain Peyrefitte est présenté comme « écrivain » et non comme « sénateur RPR » et « président du comité éditorial du Figaro », M. Guy Sorman comme « économiste » et non comme « conseiller de M. Juppé ».)

La logique du jeu de langage :

— Le jeu joue en faveur des professionnels de la parole, de la parole autorisée.

— Le débat démocratique conçu sur le modèle du combat de catch permet de présenter un ressort d’Audimat (le « face-à-face ») comme un modèle de l’échange démocratique.

— Les affinités entre une partie des participants : les « médiatiques » sont du même monde (entre eux et avec les présentateurs). Familiers des médias et des hommes des médias, ils offrent toutes les garanties : non seulement on sait qu’ils passent bien (ce sont, comme disent les professionnels, de « bons clients »), mais on sait surtout qu’ils seront sans surprises. La censure la plus réussie consiste à mettre à des places où l’on parle des gens qui n’ont à dire que ce que l’on attend qu’ils disent ou, mieux, qui n’ont rien à dire. Les titres qui leur sont donnés contribuent à donner autorité à leur parole.

Les différents participants ne sont pas égaux devant ces situations : d’un côté des professionnels de la parole, dotés de l’aptitude à manipuler le langage soutenu qui convient ; de l’autre des gens moins armés et peu habitués aux situations de prise de parole publique (les syndicalistes et, a fortiori, les travailleurs interrogés, qui, devant la caméra, bafouillent, parlent avec précipitation, s’emmêlent ou, pour échapper au trac, font les marioles, alors que, quelques minutes avant, en situation normale, ils pouvaient dire des choses justes et fortes). Pour assurer l’égalité, il faudrait favoriser les défavorisés (les aider du geste et du regard, leur laisser le temps, etc.), alors que tout est fait pour favoriser les favorisés.

— L’inconscient des présentateurs, leurs habitudes professionnelles. Par exemple, leur soumission culturelle d’intermédiaires culturels demi-savants ou autodidactes, enclins à reconnaître les signes académiques, convenus, de reconnaissance. Ils sont le dispositif (c’est-à-dire l’Audimat) fait hommes : lorsqu’ils coupent des propos qu’ils craignent trop difficiles, ils sont sans doute de bonne foi, sincères. Ils sont les relais parfaits de la structure, et, s’ils ne l’étaient pas, ils seraient virés.

Dans leur vision de la grève et des grévistes, ils engagent leur inconscient de privilégiés : des uns, ils attendent des justifications ou des craintes (« Dites vos craintes », « De quoi vous plaignez-vous ? »), des autres des explications ou des jugements (« Qu’en pensez-vous ? »).

Pierre Bourdieu. Sociologue, professeur au Collège de France.

(1) « Arrêt sur images », La Cinquième, 23 janvier 1996 et 13 mars 1996.

Le Monde Diplomatique - Édition imprimée — avril 1996 — Page 25

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Jon ANZA - Jacques MASSEY - ETA

(source : Le Journal du Pays-Basque 26/01/2010 par Béatrice Molle)

Après l’article de Gara du 2 octobre 2009, citant des sources fiables, et affirmant que Jon Anza avait été “intercepté” par des agents de police et soumis à un interrogatoire qui aurait mal tourné, et enterré clandestinement, le journaliste Jacques Massey publie dans son livre qui sortira le 24 février prochain un fait nouveau. Dans l’épilogue de son livre, Jacques Massey révèle (voir extrait en bas) que les auteurs de la disparition de Jon Anza seraient les membres d’une unité du CGI, agence de renseignement de la police espagnole, dont le point de contact sur l’Hexagone est la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. “Il existe des écoutes téléphoniques sur cet incident” lui a assuré l’un de ces interlocuteurs. Jacques Massey affirme dans son livre “que les radicaux basques ont été aidés dans leur propre enquête par des interlocuteurs du Parti Nationaliste Basque, resté en contact avec des sources bien informées de la police basque, la Ertzaintza.”Contacté par notre rédaction Jacques Massey indique avoir été informé par des interlocuteurs, “importants” et dignes de foi. Le journaliste est connu sur la place pour le sérieux de ses enquêtes et a rédigé de nombreux ouvrages. Fort de cette information, Jacques Massey a contacté à Levallois-Perret la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui “ne dément pas la version”, mais qui n’a néanmoins pas fait de rapport sur cette version, selon J. Massey. Le journaliste donne une explication en indiquant que les Français souhaitent préserver la coopération opérationnelle avec les services espagnols opérant sur le territoire français contre ETA. Et cette affaire démontrerait que la police espagnole agit en toute impunité et sans en informer les Français. Le journaliste ajoute que le “ménage” semble avoir été particulièrement bien fait après la disparition de Jon Anza. “Je situe le cheminement d’un questionnement sur cette affaire” nous explique Jacques Massey. Il révèle également dans son livre que le dossier Jon Anza est explosif, car il témoigne des tensions existant entre le nouveau gouvernement basque et le PNV. L’accusation sur l’enlèvement de Jon Anza aurait été diffusée par l’entourage de Joseba Egibar, le président du PNV en Gipuzkoa. Au départ, “des fonctionnaires écartés auraient transmis cette information embarrassante pour les socialistes au pouvoir, tant à Madrid comme à Vitoria.” Dans nos colonnes (19/09/2009), Joseba Egibar qui fut le premier politique à interpeller publiquement le ministre de l’intérieur sur cette affaire avait posé directement la question aux Forces espagnoles de sécurité en ces termes : “Avez-vous arrêté ou retenu Jon Anza en territoire français ?”Reste à savoir quelle suite auront ces révélations. Joint par notre rédaction, le Juge Brunault, juge d’instruction au pôle antiterroriste, à qui nous avons lu l’extrait cité plus bas, nous a indiqué qu’il n’avait pas de déclarations à faire.

EXTRAIT/ ETA histoire secrète d’une guerre de cent ans / Jacques Massey, journaliste, aux éditions Flammarion

Un fait nouveau peut-être révélé. Les radicaux basques, après avoir prudemment attendu avant de monter au créneau, ont été aidés dans leur propre enquête par des interlocuteurs du Parti Nationaliste Basque resté en contact avec des sources bien informées de la police basque, la Ertzaintza. Qui assurent que le coup est venu d’une unité du CGI, l’agence de renseignement de la police nationale espagnole dont le point de contact en France est la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. “Il existe des écoutes téléphoniques sur cet incident” assure l’un de ces interlocuteurs. A Levallois-Perret, dans les locaux de la direction centrale du renseignement intérieur, cette version n’est pas démentie. Mais elle n’a pas fait non plus l’objet d’un rapport. La DCRI qui traite exclusivement avec la Garde civile pour s’attaquer à ETA, n’a plus qu’une envie : se tenir éloignée de l’affaire. L’enjeu est clair pour ses responsables. Il faut préserver la coopération opérationnelle avec les services espagnols opérant en France contre ETA. Or, l’affaire Jon Anza pourrait faire scandale en montrant que les détails de cette opération, tout au moins celles de la police espagnole, ne sont toujours pas connus des Français. Impossible dès lors d’exclure des actions clandestines à la limite de la légalité, voire au-delà. Ce constat fait douter de la nature de cette coopération même s’il faut se garder de tout amalgame avec l’époque des GAL, comme les séparatistes cherchent eux, à l’établir. Bref, la justice n’est pas au bout de ses peines pour mener le dossier à son terme, d’autant que le ménage semble avoir été particulièrement bien fait dès après la disparition de Jon Anza…

Le dossier Jon Anza est explosif pour une autre raison. La manière dont les journalistes de Gara ont obtenu leur “tuyau” est en effet révélateur des tensions existant entre le nouveau pouvoir régional en Euskadi et les nationalistes du PNV, écartés de la conduite des institutions régionales depuis 2009 par l’alliance des socialistes avec les conservateurs. Pour venger l’affront, les fonctionnaires semblent avoir transmis une information embarrassante pour les socialistes au pouvoir à Madrid et à Vitoria. Cela, alors que les nouveaux cadres de la Ertzaintza sélectionnés et dirigés depuis 2009 par le conseiller à l’Intérieur Rodolfo Arès commencent à avoir accès aux renseignements collectés par leurs collègues des polices françaises et espagnoles. Et l’accusation a ensuite été diffusée par l’entourage de Joseba Eguibar, le président du PNV en Gipuzkoa ; L’affaire est révélatrice des tensions du moment, alors que le PNV craint de voir l’alliance PSOE_PP se reproduire aux élections municipales de 2 011. Et pourtant Eguibar ne porte pas ETA dans son cœur. Comme son mentor, l’ex-Lehendakari Ibarretxe, celui-ci estime que “la lutte armée nourrit la stratégie de l’Etat espagnol qui est finalement très à l’aise dans cette confrontation avec le nationalisme basque”.

 

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17/03/2010

De la pratique matinale du vélo...ou pourquoi le Parquet n’a pas jugé nécessaire d’ordonner l'autopsie de Jean Edern-Hallier

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Hallier, des dangers de la bicyclette

lundi 12 février 2007 par Michel Ousseuga
Bakchich info

Polémiste enragé, plumitif ingérable, patron de presse qui érigea la diffamation en art de vivre, Jean Edern-Hallier était aussi un piètre cycliste. Ce qui lui coûta la vie il y a 10 ans. Dans une étrange indifférence des journaux et de la justice

Le 12 janvier 1997, en villégiature à Deauville à l’hôtel Normandy, Jean-Édern comme d’habitude se lève tôt. Bien qu’à moitié aveugle, il enfourche sa bicyclette pour rallier le Cyrano, bar des jockeys. Toujours très entouré, cette escapade matinale, est l’un des très rares moments de solitude du polémiste. En guise de petit-déjeuner, un viandox. C’est sur le chemin du retour, peu avant 8 heures que se produit l’accident. Sans témoins. C’est l’employé d’un casino qui découvre son corps. Son visage face contre le bitume baigne dans une mare de sang. Des ecchymoses sur le dessus des mains laissent à penser qu’il n’a pas eu le réflexe de se protéger lorsqu’il a chuté, sans doute déjà inconscient. « Malaise cardiaque » pour les uns, « embolie cérébrale » pour d’autres, autant d’hypothèses qui ne seront jamais confirmées. Faute d’autopsie.

Une autopsie relève de l’autorité judiciaire lors d’un accident sur la voie publique. Elle est réclamée par le Parquet dans le cas d’une mort brutale ou simplement suspecte. N’importe quel quidam un tant soit peu connu a droit à son autopsie. C’est le privilège de la notoriété, une façon pour les autorités de se prémunir contre les rumeurs qui accompagnent souvent le décès d’une « personnalité ».

Hallier n’y a donc pas droit. On prend quand même soin de lui pourtant.

Moins de deux heures après son décès, ses proches ont la surprise de constater que son visage a été embaumé à la morgue. Il est comme « plâtré ». Initiative prise sans autorisation de la famille, par on ne sait qui, avec pour seule explication le souci de le rendre « présentable ».

Au même moment, sa suite de l’hôtel Normandy reçoit beaucoup de visiteurs. Un mystérieux policier qui exhibe une carte tricolore, d’autres non identifiés mais bien renseignés. Dans la confusion des allées et venues qui suivent le décès, disparaissent du coffre de sa chambre une importante somme d’argent (1 million de francs), un dessin de Picasso et plusieurs dossiers confidentiels concernant ses têtes de turcs préférées : Mitterrand, Dumas et quelques autres. Indélicatesse d’un proche ? Barbouzerie ? Aucune enquête ne s’attachera à l’élucider. Toutes les plaintes déposées par sa garde rapprochée et notamment pour « assassinat » sont classées sans suite sous des prétextes divers.

Mais y a-t-il une affaire Hallier ? Pas pour la presse. Pourtant habituellement friande de « mort mystérieuse », elle traite cette disparition comme un non événement. Depuis des années sa religion est faite. Mythomane, maître chanteur, alcoolique, mégalo, escroc, le triste sire ne mérite guère que l’on s’attarde sur son cas.

Voilà le portrait que dresse Dominique Jamet : « Menteur, mythomane, escroc, plagiaire, comploteur, cynique, voyou. Hallier n’avait pas l’ombre d’une conviction. La bassesse conformiste de l’époque a seule fait de l’équipée de l’Idiot international, pépinière de talents, une aventure, la routine de la télévision a donné du relief à son émission littéraire. Ci-gît Jean-Édern Hallier, connu surtout par sa notoriété. » Tontonphile notoire, Jamet sera remercié de sa fidélité par la présidence de la Très Grande Bibliothèque de France, mais c’est lui qui tient à souligner dans cette nécro la « bassesse conformiste » des années Mitterrand.

Hallier lui, pour le dixième anniversaire de sa disparition refait néanmoins surface dans plusieurs ouvrages.

Le plus captivant, La mise à mort de Jean-Édern Hallier [1], n’est pas le plus chroniqué. Rien que de très normal. Ne commettant pas l’erreur de s’embarquer sur des hypothèses invérifiables, de vraies fausses pistes sur ce qui a pu se passer ou pas à Deauville ce 12 janvier, les auteurs Dominique Lacout et Christian Lançon se contentent, si l’on peut dire, de nous faire revivre la longue traque dont Hallier fut l’objet sous deux septennats sans que personne n’y trouve à redire.

Ils dressent en particulier l’inventaire effarant des moyens de l’État et d’ailleurs, mobilisés pendant ces années pour réduire au silence un homme qui, quoique puissent être par ailleurs ses diverses tares, y avait ajouté celle de refuser de se taire ou tout simplement de se soumettre. Enjeu principal de ce duel, on le sait, la vie privée du chef de l’État, sa deuxième famille et bien au-delà son passé interdit : les relations avec Pétain, la Francisque, et encore son cancer que Jean-Édern Hallier avait tenté - sans succès - de mettre sur la place publique quelques semaines seulement après le 10 mai 1981, dans son bloc-notes du Matin de Paris.

L’homme le plus écouté de France

Secrets de famille, secrets de jeunesse, secrets médicaux, que la raison d’État imposait à Mitterrand de préserver. Hallier allait, plus tard, aggraver son cas en s’attaquant à quelques-uns des puissants barons de la mitterrandie. Avec ceux-là Dumas, Kiejman, Lang, Hernu, Tapie, Charasse, Hallier n’avait jamais rien partagé. Mitterrand lui avait octroyé le privilège rare d’être son avocat, et c’est le même Mitterrand qui l’avait placé comme écrivain « au premier plan de sa génération ».

En vertu de quoi, Hallier sera l’homme le plus écouté de France. 640 écoutes téléphoniques illégales (prouvées !) pour la seule période du 4 septembre 1985 au 19 mars 1986 et réalisées par la fameuse cellule de l’Élysée dont la mission originelle consistait à lutter contre le terrorisme. Femmes de chambre, imprimeurs, relations, bistrots fréquentés par l’écrivain, aucune ligne n’échappe ainsi à l’indiscrétion des hommes du Président. Autant d’informations qu’il s’agit ensuite d’exploiter. C’est l’ensemble des moyens de l’État qui est ainsi mis à contribution pour le réduire au silence. Les banques sont invitées à lui couper les vivres, le fisc à lui réclamer subitement de régler ses impôts. Éditeurs, imprimeurs sont eux informés des « risques » encourus à le publier.

Soumis à pareil harcèlement, la vie quotidienne devient rapidement très difficile. Ainsi partant du constat que Hallier, personnage excentrique qui revendique « 2 litres de vodka et 30 à 40 paquets (sic) de cigarettes jour » est déjà à « demi-fou », la cellule entreprend de le rendre totalement fou et de le brouiller avec les rares amis qui lui restent fidèles au sein de « l’establishment ».

Un individu est ainsi recruté aux seules fins de s’habiller avec suffisamment d’originalité pour être remarqué puis de se placer plusieurs fois par jour sur le trajet de Jean-Édern. De quoi alimenter la « parano » de la cible. L’écrivain Michel Guy est aussi approché et reçoit en confidences les propos odieux que son « ami Jean-Édern » est supposé colporter dans son dos. Il s’en émeut, Édern est contraint de se justifier…

On va te buter ! On va te buter !

Patron de L’Idiot International, Hallier est à ce titre l’homme le plus poursuivi de France. Les poursuites sont parfois largement fondées. Mais le montant astronomique des condamnations dont écope le journal témoigne surtout du zèle d’une justice à la botte qui a reçu mission de l’étrangler financièrement. Son appartement est ainsi mis aux enchères au profit de… Bernard Tapie. Bien que le nouveau ministre de la Ville traîne une réputation sulfureuse, les archives auraient été bien nettoyées. Ce qui autorise Tapie à fanfaronner sur les plateaux télé en mettant au défi de prouver qu’il ait fait l’objet d’une condamnation. Ses condamnations sont multiples mais amnistiées. L’Idiot relève le défie et publie néanmoins son casier judicaire. Coût de l’opération « vérité judicaire » : près de deux millions de francs d’amendes pénales.

Tapie et Hallier ont déjà eu l’occasion de se croiser en 1989 lors des élections législatives à Marseille. Jean-Édern avait estimé que ce serait un bon coup de pub que de descendre sur la Canebière afin de porter contradiction à « l’affairiste ».

Et de lire le récit hallucinant des auteurs de cette équipe de tueurs liés à Francis Le Belge investissant calibre au poing sa chambre d’hôtel en hurlant « on va te buter ! on va te buter ! ». Une scène à laquelle, affirment les auteurs, assisterait le candidat Tapie qui, sans approuver l’intervention de ces gangsters, explique son impuissance à contrôler les hommes de mains qui « encadrent » sa campagne. Hallier porte plainte. Il alerte la presse. L’affaire est classée et n’a pas droit à une ligne dans la presse.

Ce n’est pas le seul moment où l’on croise la pègre. Un ex-lieutenant de Mesrine confie finalement qu’il a reçu la mission très spéciale de s’arranger pour que l’on retrouve le patron de L’Idiot attaché à un arbre du bois de Boulogne, drogué et sodomisé, ce qui ne devrait pas étonner grand monde…

Il y a encore l’affaire Bistoquet, un petit truand qui se fera pincer après avoir pris en otage le conseiller fiscal (placé sur écoutes par la cellule) de Jean-Édern. En dépit de son peu d’envergure (et de moyens), le voyou saura s’attacher pour sa défense, les services d’un des avocats les plus chers de Paris qui –mais c’est bien entendu un hasard– se trouve aussi être le conseil de l’un des responsables de la cellule.

Soumis à un tel harcèlement Hallier plie parfois mais en définitive ne rompt pas. C’est ainsi qu’il négocie sa reddition auprès du Président en acceptant de livrer son fameux manuscrit : L’honneur perdu de François Mitterrand. Ceci en échange de l’abandon de 300 000 francs de dettes fiscales. C’est Roland Dumas lui-même qui, dans ses mémoires, relate la scène d’un François Mitterrand prenant possession du livre scandale et qui se plonge aussitôt, stylo à la main dans une lecture concentrée.

Toujours est-il que Hallier a alors bien négocié avec le pouvoir. Mais « le marché » ne tient en réalité que quelques heures. « On peut payer Jean-Édern mais on ne l’achète pas » assurent les auteurs pour démentir les accusations récurrentes de chantage portées contre Hallier.

Et de rapporter comment l’Élysée, quelques heures après avoir récupéré le brûlot, décide d’expédier une équipe télé au domicile d’Édern pour officialiser médiatiquement sa reddition. Ce dernier considère qu’une dépêche AFP c’est déjà beaucoup. Alors oui, bien volontiers il confirme. À sa façon. Tandis que la caméra tourne, il ouvre la fenêtre de son appartement de la place des Vosges et commence à rameuter les badauds en déclamant les passages les plus diffamatoires d’un livre dont il a naturellement conservé de nombreuses copies.

Tout le monde ne rit pas.

Les « puissances du mal »

Ce n’est qu’en février 1996 que sera publié L’honneur perdu de François Mitterrand, manuscrit refusé durant 13 ans par toutes les maisons d’éditions. François Mitterrand est mort le 8 janvier précédent… Les volontaires pour la curée retrouvent le chemin du courage. Avec 400 000 exemplaires vendus Hallier récupère de l’oxygène, de la notoriété, et même de la notabilité. Il retrouve le chemin des plateaux de télévision. Son « Jean Edern’s club » sur le câble est à la fois objet de scandales mais aussi un succès d’audimat. Hallier y balance les livres qui ne lui plaisent pas, en arrache les pages. Mais il y reçoit aussi Giscard d’Estaing qu’il a pourtant contribué à faire battre en 1981 avec sa fameuse « lettre au colin froid ».

Redevenu fréquentable, Mitterrand mort, Hallier a t-il cessé d’inquiéter ? Non à en croire un personnage aussi influent qu’André Rousselet qui l’appelle pour le mettre sérieusement en garde.

Hallier s’est en effet trouvé une nouvelle croisade. Contre « Les puissances du mal », titre de son nouveau pamphlet (100 000 exemplaires) publié à l’automne 96. Une charge féroce contre ceux qu’il nomme les « tontons flingueurs » et qui vise particulièrement Roland Dumas dont il entreprend de revisiter le passé sous l’occupation. Autre cible, un très vieil ami de Dumas et de Mitterrand, le « banquier mystère » Jean-Pierre François. Souvent présenté –sans preuves– comme le banquier occulte de Mitterrand, J.P François n’est pas un rigolo et certains « maîtres chanteurs » ont déjà payé le prix fort pour le savoir. Dans le collimateur également « Michou-les-belles-bretelles-et-les-gros cigares » soit Michel Charasse, un autre dur à cuire. À son propos les auteurs assurent que Hallier avait décidé de « se le garder pour plus tard, pour la bonne bouche ».

Autant de « cibles » idéalement placées pour apprécier la puissance de feu du pamphlétaire comme sa capacité à résister aux pressions ordinaires.

Depuis 1995 c’est Jacques Chirac qui est à l’Élysée.

Cherchant à se couvrir, Hallier le courtise honteusement. De Chirac, Édern assure ainsi que « c’est un honnête homme [qui] a admirablement géré la ville de Paris » . Quant à Bernadette il s’adresse désormais à elle en l’appellant « ma chère cousine » ce qu’apprécie très modérément l’intéressée.

Hallier fréquente beaucoup Bernard Pons comme Jean-Louis Debré. Ce dernier est alors ministre de l’Intérieur. C’est Debré qui à l’automne 96 prend la décision de placer Hallier sous protection policière. Sur quelle base ? Pour lui faire plaisir ? Seul le futur Président du Conseil Constitutionnel pourrait le dire.

Unique certitude, cette protection (trois fonctionnaires qui l’accompagnent dans tous ses déplacements) est levée fin novembre de la même année.

Hallier avait toutefois rendez-vous avec Jean-Louis Debré le 23 janvier pour en demander le renouvellement.

C’est dans ce contexte –hors du commun– celui d’un homme qui fut incontestablement l’objet de persécutions durant plus d’une décennie, que le Parquet n’a pas jugé nécessaire d’ordonner une autopsie.

[1] La mise à mort de Jean-Édern Hallier par Dominique Lacout et Christian Lançon. Presse de la renaissance. 21 euros

 

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16/03/2010

Vivement le prochain décès, ou quand le Colonel Drucker rend hommage à Jean Ferrat...

 

Stars and Tripes


Je suis toujours surpris par la capacité de certainEs personnes d'assurer un grand écart aussi périlleux sans sourciller pour le moins du monde...l'adjudant Drucker, récemment promu colonel, et de ceux là. Non seulement il faut de l'entrainement mais aussi des vêtements extensibles (là, je sais que je t'en bouche un coin) et comme tu t'en doutes, au vu du prix en US dollars, c'était avant la première guerre (du Golf) :

 

chuck-norris-action-jeans.jpg

Courtesy of Chuck Norris Foundation POW-MIA (photo non contractuelle - la ceinture en python n'est pas fournie avec le jean) et n'oublie pas de faire le bon choix en cliquant sur Chuck !

 

 

Ces derniers temps, nous nous étions penché sur le reclassement du colonel Drucker dans des émissions de promotion, appelant le jeune citoyen à rejoindre les forces du bien contre l'axe des barbus/égorgeurs/empêcheur de pipe-liner dans " Contribution à la Propagande en cours*". On y apprenait que le colonel Drucker allait présenter une émission avec le colonel Sardou le 23 mars prochain...Bon, tu va me dire, amiE de lutte, que depuis le temps, le colonel Drucker assume sa populitude et son goût pour mélanger les genres dans un gloubi-boulga de paillettes et d'uniformes sous fonds de chars et d'avions de chasse.

Enfumer le naïf, lui vendre un engagement "fun" entre deux paires de vieilles stars sur le retour et un chanteur "engagé" dans le processus de l'excusion devient donc sa marque de "fabrique".

C'est pour ces raisons,  amiE de lutte, que toi aussi tu as été surprisE, je pense, quand tu a appris, en plus de la mort de Jean Ferrat, que le colonel Drucker déprogrammait " Vivement dimanche spécial Faites la fête (du 14/03/2010)...en raison du décès du chanteur Jean Ferrat... 3 400 000 téléspectateurs ont regardé l'émission, soit 22,1% de part d'audience."

Mais attends, amiE de lutte, ce n'est pas fini, car :

"Ceux qui s'attendaient à voir Dorothée chez Michel Drucker à 18h25 pouvaient à la place découvrir la suite de cet hommage par France Télévisions à l'auteur du titre Aimer à perdre la raison, repris il y a 3 ans seulement par les Enfoirés . Avec 3 700 000 téléspectateurs réunis pour 20,7% de part d'audience, Vivement dimanche prochain réalisait l'un de ses meilleurs scores depuis septembre 2009."

Preuve en est que le plébard moyen n'en a absolument rien à faire et que son électro-encéphalogramme est devenu aussi plat que l'écran qu'il regarde...et ce n'est pas l'achat du nouvel écran 3D qui apportera quelques profondeurs à son esprit.

08:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/03/2010

Rebetiko n° 5

Nouveau numéro. Si vous ne le trouvez pas dans votre lavomatic préféré vous pouvez toujours le commander à rebetiko chez riseup.net.

Feu sur l'identité. Martinique. Hooligans. Masques. Avortement. Informatique. Libération.

la Une
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Feu sur l'identité !

Imaginez quelqu'un qui, par souci maladif de définir qui il est, finirait par se confondre avec ses papiers d'identité. Sans que l'on puisse dire si cela prend plusieurs années ou un seul instant, son visage se fige dans une photographie normalisée où il n'a pas le droit de sourire, son histoire se réduit à quelques renseignements administratifs et à un numéro d'identification, le tout sous visa préfectoral. Et bien cet être aplati et plastifié pourrait se targuer d'avoir vraiment éprouvé ce que c'est que l'identité : une opération de cryogénisation, qui glace ce qui est vivant pour le maintenir identiqque pour toujours.
L'identité ça se vend débitée en tranche sous emballage plastique.

Et pourtant, il y a au départ une belle promesse : on entrevoit quelque chose à partager dans le fait d'être Français, Occitan, anarchiste, hooligan, femme, ouvrier. De la communauté, un langage pour échanger, une place d'où penser le monde.
Et puis, à mesure que cet élan s'enterre lui-même dans une posture identitaire, ce qu'il y aurait à échanger devient lamentablement creux. Un pedigree, des couleurs, une règle de droit, quelques idées tellement ânonnées qu'on en a perdu l'intelligence, des codes vestimentaires : voilà les misérables signes de ralliement des identités.

Une entité qui se fige, qui s'enferme dans ses propres frontières, et qui se vide elle-même de sa puissance, c'est l'objet rêvé de tout gouvernement. Identifier, circonscire, agencer des cases : le b.a.-ba de la gestion. Que les identités s'entremêlent et se décomposent, on a là le signe que la situation devient ingouvernable.

Parmi toutes, l'identité idéale, celle qui se place elle-même sous la férule des autorités, c'est l'identité nationale, qui ne dit souvent rien d'autre que "tous unis derrière le gouvernement". ce n'est pas pour rien si au moment même où il entend en finir avec le compromis historique de la Libération, Sarkozy fait appel à la même vieille rengaine qui avait servi à ficeler le pacte communisto-gaulliste.

L'identité est une crispation, un asssèchement qui menace partout où se fondent des attachements collectifs. Déjouer ce travers passe par une certaine disposition au jeu, à se remettre en jeu. Carnaval, travestissement : le masque renvoie les identités à leur bouffonerie, dégonfle leur fatuité en ne les prenant pas au sérieux. Métamorphose : disparaître-apparaître sous de nouveaux traits, pas seulement se dissimuler, mais investir vraiment plusieurs formes.

"Les invisibles ont repris leurs visages" déclarent depuis la Grèce insurgée de décembre 2009 les Koukouloforos - littéralement les encapuchonnés. Un visage est ce paradoxe entre la constance d'une image et ce qui sans arrêt la masque, l'affecte, la trouble - ses expressions. On est bien loin des figures taillées au scalpel pour que jamais elles ne changent. Un visage c'est, pour nous qui avons été ballotés entre la quiétude des figements et les irruptions nihilistes sans suites, la perspective d'un regard qui se projette plus loin que notre présent, d'un sens donné au monde et d'attachements partageables. Quelque chose qui engage plus qu'une cagoule que l'on pourrait mettre et enlever à loisir. Trouver nos visages, quitte à la façonner nous-mêmes, c'est déployer des imaginaires, c'est faire feu sur l'identité !

10:30 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/03/2010

BHL, l’affabulation à visage humain

La valise diplomatique

Toujours soucieux de la rigueur de l’information (1), Bernard-Henri Lévy vient d’imputer au Monde diplomatique une turpitude inventée de toute pièce. Une manie, décidément, chez un essayiste encore couvert du ridicule de « l’affaire Botul » (2).

Interrogé par l’animateur Karl Zéro sur BFM TV (3 mars 2010, vidéo ci-dessous) sur son appartenance au « Groupe de Bilderberg » (une conférence annuelle réunissant des personnalités internationales de premier plan), Bernard-Henri Lévy réplique : « Alors voilà, ça… Il y a des gens, notamment au Monde diplomatique, qui ont lancé ce genre de fadaises, qui lancent ces espèces d’images comme ça, tentaculaires etc. C’est irresponsable, cette atmosphère de conspirationnisme, entretenue par une partie de l’extrême gauche, et notamment par les gens du Monde diplomatique, c’est quelque chose de terriblement dangereux. On va pas employer de grands mots, mais en tout cas… »

Ainsi, Bernard-Henri Lévy vient d’affabuler une fois de plus. Car, vérification faite, Le Monde diplomatique n’a jamais écrit la moindre ligne sur l’hypothétique participation de BHL audit cénacle. Depuis 1973, date plancher de notre archivage électronique, Le Monde diplomatique a évoqué Bilderberg dans trois notes de lectures et sept articles. Deux de ces articles mettaient précisément en garde contre les interprétations paranoïaques induites par les insuffisances analytiques de la gauche : « Ce vide théorique et stratégique, écrivait par exemple Alexander Cockburn dans nos colonnes en décembre 2006, a profité à des théories du complot qui perçoivent dans les méfaits de la classe dirigeante non pas la crise d’accumulation du capital, ou la recherche d’un taux de profit plus élevé, ou les rivalités interimpérialistes, mais des manigances ourdies dans des lieux donnés : le Bohemian Grove, le groupe de Bilderberg, Davos, etc. » (« Le complot du 11-Septembre n’aura pas lieu »). On a connu « atmosphère conspirationniste » plus étouffante…

Cette nouvelle affabulation – quelques jours plus tôt, Bernard-Henri Lévy s’inventait le rôle de découvreur de M. Barack Obama (3) – prend toute sa saveur quand on la replace dans le contexte de l’entretien avec Karl Zéro. Questionné sur les raisons de l’agacement qu’il suscite en dehors du réseau touffu de ses obligés, BHL répond : « Parce que j’ai trop raison. […] Le fond de l’affaire, il est là : je me suis peu trompé, c’est ma thèse du jour. » Une thèse audacieuse, à en juger par les pièces accumulées dans notre dossier (« L’imposture Bernard-Henri Lévy ») !

L’essayiste aurait-il été piqué au vif par notre article « L’homme qui ne s’est jamais trompé », où une autre de ses erreurs monumentales était rappelée à tous les journalistes amnésiques qui ne cessent de l’inviter à gloser sur l’actualité politique (4) ?

(1) Lire « Le n’importe quoi de “BHL” ».

(2) « BHL en flagrant délire : l’affaire Botul », NouvelObs.com, 8 février 2010.

(3) « Nouveau mensonges de BHL, cette fois à propos d’Obama », Le Plan B, mars 2010.

(4) Le site Acrimed vient de rappeler que Nicolas Demorand avait invité Bernard-Henri Lévy à deux reprises en quarante huit heures, tout en reprochant à ce dernier d’être ... omniprésent dans les médias (Henri Maler, « “L’amour, ça se fait à deux”, par Nicolas Demorand et Bernard-Henri Lévy », 22 février 2010.

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-03-09-BHL

18:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/03/2010

Contribution contre la propagande en cours*

« C'est magnifique que tous ces hommes, toutes ces armes, tous ces avions, soient au service de la paix car désormais l'armée nous protège de la guerre »

Carla BRUNI-SARKOZY

 

Tomber dans le panneau « Devenez-vous même »:

Tu as toi aussi remarqué, amiE de lutte, que fleurissait ce printemps tardif dans les sucettes publicitaires, en lieu et place des affiches ventant généralement les mérites d'un placement financier judicieux, d'un shampoing, d'une boisson pétillante ou une eau de régime, cette affiche de taches verdâtres, noires et brunes avecarticle_armee-79f7b.jpg ces quelques mots :
DEVENEZ
VOUSMEME
.COM
Personne ne t'avais jamais fait cette proposition...même dans tes rêves...Avatar à portée de la main.
Du coup tu cherches un peu à essayer de comprendre, tout déstabilisé que tu es encore par ce doute qui maintenant t'assailles : Comment devenir moi-même ?
Tu scrutes un peu plus l'affiche, et crack, tu tombes sur : «Depuis quand ne vous êtes pas
dépassé»...Merdre...encore une question qui sonde les tréfonds de ton âme...ouf, ça te reviens, tu te
rappelles...c'était il y a trois semaines...tu avais fait des crêpes avec cette poêle au revêtement pas si anti- adhérent que ça...
Maintenant rassuré sur le fait de t'être dépassé (par ce que généralement tu te contentais d'être dépassé) ton regard se porte mécaniquement sur les flèches rouges -jaunes-noires au-dessus desquelles est écrit, en gris sur fond vert (en fait c'est un insigne de grade) «15000 poste et «recrutement»...(sans le savoir, tu viens de passer ton premier test de sélection d'aptitude visuelle).


En c'est temps de crise, tu n'en crois pas tes yeux...15000 postes-recrutement !
Mais qui propose une telle offre ? L'armée de terre, qui te propose «bien plus qu'un métier.» Moins qu'un métier tu sais déjà ce que c'est :  les stages mal rémunérés, les intérims aléatoires, les emplois plus que précaires... « plus qu'un métier » il te faudra signer un engagement pour le découvrir...


De la télé à la réalité, avec l'adjudant Drucker:

Reprenant en droite ligne de la bataille pour l’emploi engagée par le gouvernement, « MM. Michel Drucker et Michel Sardou ont reçu des mains du général Jean-Paul Paloméros, chef d’état-major de l’armée de l’air (CEMAA), l’insigne de colonel au titre de la réserve citoyenne. »   Et comme tu le sais, « la réserve citoyenne permet de favoriser le rayonnement des armées au sein de la société. Michel Drucker, animateur et producteur de télévision, et Michel Sardou, chanteur, ont été distingués en raison de l’intérêt et de l’attention particulière qu’ils accordent aux questions relatives à la Défense et à l’aéronautique militaire. »(source défense-gouvernement)

rucker_sardou_CEMAA.jpg

L'adjudant Drucker est donc passé au grade d'officier pour service rendu à la nation.
Effectivement, au cours de ces dernières années, ce dernier n'a jamais ménagé sa peine pour vendre les mérites de l'engagement (des autres) au service quelques-uns.
L'adjudant Guy Marchand n'étant pas disponible, c'est le colonel Sardou qui assistera le colonel Drucker sur le théâtre des opérations. Le colonel Sardou s'étant quand à lui distingué sur le registre de la chanson populaire avec se titre au combien annonciateur : «Ils ont le pétrole ...et c'est tout».
Forte de cette collaboration, nos colonels fraîchement sortis de leur réserve présenterons une émission en l'honneur des 75 ans de l'armée de l'air en ce mardi 23 mars 2010.
Stars sur l'éternel retour de la scène et armée de l'air, ça te dis quelque chose...mais oui !dombasle_0000_dombasle00p.jpg
L'adjudant Drucker avait déjà utilisé cette formule il y a quelques années où tu avais vu « la provocante Ophélie Winter marraine du 50e anniversaire de la Patrouille de France. Durant cet événement médiatique, présentée par Michel Drucker, le 17 mai 2003 sur France 2 à 20 h 50, on a pu entendre la chanteuse, vêtue de la symbolique combinaison de vol bleu ciel des pilotes de la PAF, vanter les voluptés de l’onanisme après une allocution de Mme Michèle Alliot-Marie... Et comme la jeune femme avait participé à l’émission « Nice people » quelques jours auparavant, le magazine Télé 7 jours associa les deux événements.»(Régis Soubrouillard – Marianne)
Tu n'a pas raté non plus cette fameuse émission du 14 juillet 2009 où les artistes engagés que sont Gérard Darmon, Bixente Lizarazu, Liane Foly, Nâdiya vantaient les mérites de l'engagement « fun », assurant la promotion du maintien des troupes en Afghanistan et où l'inénarrable Arielle Dombasle nous apprenait que « Le Tchad est très pauvre, très pauvre, je n’imaginais pas cette misère et pourtant, des pays pauvres, j’en ai vu. » Étonnante information effectivement, au vue de toute l'aide française apportée au démocrate Idris Deby dit « le bâtisseur », et heureusement que nos stars, penseurs, artistes se rendent sur les zones chaudes de la planète (munis de leur caisson réfrigéré) pour nous tenir informés, c'est cela le nouveau journalisme d'investigation !


Presse corrompue, la propagande attitude :


Tu va encore être surprisE, amiE de lutte, car cette promotion forcenée s'est aussi immiscé au cœur des magazines de vieux jeunes.
Etienne Labrunie dans « Les Inrockuptibles » du 26/02/2010, nous fait une heureuse description de ce qui se trame dans les quartiers, loin des discours sur l'insécurité et la petite délinquance :
« Dans certaines banlieues, l’armée serait devenue le premier recruteur. Spécialement dans le 9-3, où le taux de chômage des jeunes explose (sic!). »
« Nous sommes le premier centre de recrutement d’Ile-de-France »
« L’armée propose 15000 postes par an, et les spécialités vont de mécanicien à cuisinier en passant par pilote d’hélico. »
« Tarik, 22 ans, a passé toutes les étapes. Il va devenir “motocycliste” pour cinq ans : “Je voulais quitter mon quartier. Avant que certains amis choisissent eux-mêmes l’armée, ça ne m’était jamais venu à l’idée. »
L'article, sans réel parti pris, termine par cette pertinente question : « Alors l’armée, entreprise idéale, solution par défaut ? »

Pas franchement rock'n'roll...même pas une petite irrévérence, un peu d'humour bravache...Étonnante complaisance d'un chroniqueur généralement peut-être plus à l'aise sur le terrain du ballon rond ou alors article de commande pour toucher le cœur de cible des services de recrutements, les 18-25 ans ?


Eadem sed aliter, ou bis repetita placent ?


Oui, amiE de lutte. Le petit clin d'œil aux latinistes est de mise ces derniers mois...et donne cette singulière touche du parti d'en être...virtuellement tout du moins...
La première citation exprime l'idée de « La même chose, mais d'une autre manière » et la suivante   « Les choses répétées, redemandées, plaisent. »
Y-a-t-il une réelle volonté de communication de la part des services de l'armée ?
Oui, mais dans un seul sens, et c'est le seul qui est toléré.
Je me permet de te rappeler les névrotiques contritions médiatiques autour de l'embuscade « d'Uzbeen » du mois d'août 2008 qui peuvent se résumer à :
Ouvrez le ban - « Nos soldats pour la paix se sont vaillamment défendu face à un ennemi barbu, fourbe et cruel, vive la France » - Trompettes - « A nos morts » - Fermez le ban - Rompez. Quel parti politique ou syndicat s'offusque réellement de la présence militaire en Afghanistan ?
Seul terrain un peu plus prompt (60 années) aux « Mea culpa » ces derniers temps, celui du nucléaire. Et pour cause...Sous couvert de promotion d'un nouvel EPR et du besoin médiatique de communiquer autour du nucléaire comme énergie propre, a été adopté fin décembre 2009 (et oui, démocratie chrétienne oblige) le « projet de loi relatif à la réparation des conséquences de ces mêmes essais sur les personnels militaires et civils présents sur les sites, au Sahara et en Polynésie française, ayant développé des pathologies liées aux radiations émises lors des tirs. »(210 essais officiellement réalisés).


De la pression du sang neuf pour la guerre perpétuelle:

Ceci peut donc sembler paradoxal, amiE de lutte, mais par un savant tour de passe passe, la physique élémentaire va venir au secours de la crise en France, et par dela résoudre le devenir des " clandestins" : le principe des vases communicants. On va te démontrer que plus on envoie de soldats « là-bas », plus la crise va se résorber et moins nous allons avoir de chômeurs « ici ». Il fallait y penser, c'est le théorème d'Archimède : « Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé ; cette force est appelée « poussée d'Archimède » . Nous ramenons, au moyen d'avion charter spécialement affrétés, les quelques jeunes afghans qui ont fui les zones de combats, et selon le principe énoncé, les talibans vont donc quitter la zone...c'est scientifique...


Le calme dans les banlieues, l'accès au travail, à la formation, la résolution de la crise, la baisse du chômage, la création de la résistance face à l'intégrisme en Afghanistan...tout le monde en a rêvé et l'armée l'a fait...
Sous l'annonce de cette vérité trop simple ne se cache-t-il pas le triste destin qui nous est imposé : c'est l'armée qui assure notre futur, et par delà, notre adhésion dans ce système de société.

Ne sommes nous pas devenus des sacrifiés volontaires, des soi-disant travailleurs libres au service du nouvel STO ?

Alors quelles possibilités nous reste-t-il pour, si ce n'est bloquer cette vaste entreprise de propagande, dénoncer ces 36 stratagèmes ?

arch_affiche_sto_g.jpg

* clin d'oeil

Prochainement : REGARDEZCEQUEVOUSAVEZFAITDEMOI.COM

14:37 | Lien permanent | Commentaires (2) |

 
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