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25/02/2010

BAUER - RAUFER - GLENN BECK - La mise en scène du terrorisme

Le spectacle antiterroriste et ses metteurs en scène

A propos de Bauer-Raufer, les duettistes du cirque antiterroro

lundi 16 novembre 2009, par Serge Quadruppani


En février 2009, Michèle Alliot-Marie exposait l’argumentaire justifiant les énergies déployées pour monter le spectacle appelé « affaire de Tarnac » : « L’effondrement du parti communiste et des partis de gauche d’une façon générale entraine automatiquement (…) la résurgence de groupes très radicaux et souvent violents. Nous sommes aujourd’hui en Europe dans cette phase. Ce qui se passe en Grèce, ce qui se prépare en Allemagne, en Italie ou en Belgique, ce que nous commençons à voir surgir en France, c’est cela. » Et d’inviter ses interlocuteurs à l’aider dans la lutte contre des gens qui « contestent l’Etat, contestent l’autorité ». Mais à qui demande-t-elle de « créer de la part de l’opinion publique un rejet de ces groupes » ? En fait, elle parle à la tribune de la convention annuelle du Mouvement Initiative et Libertés, association qui se défend d’être une simple résurgence du Service d’Action civique (SAC), organisation gaulliste de droite qui s’était rendue célèbre dans les années 70 par son activité de fichage et ses interventions musclées antigrévistes et antigauchistes. Mais le MIL a été fondé par les dirigeants du SAC peu après l’autodissolution de ce dernier, consécutive à la tuerie d’Auriol, affaire de meurtres commis par certains de ses membres, et l’idéologie que le mouvement défend est la même.

En 2009, la ministre de l’Intérieur invite donc des « milistes » (je n’ai pas dit « miliciens ») à jouer sur le besoin d’Etat qui travaillerait la population. Les gens, selon elle, seraient « mieux disposés » à « isoler » ceux qui attaquent l’Etat. « A condition d’y croire. Je dis bien à condition d’y croire ». Pour produire cette croyance dont la ministre expose avec tant d’insistance la nécessité, le duo Xavier Raufer-Alain Bauer s’est depuis longtemps imposé dans un rôle de conseillers des princes et d’experts médiatisés. Leur binôme est tout à fait dans l’air d’un temps où le sarkozisme fait fusionner les idées et les hommes venus de l’extrême-droite avec ceux provenant de la « gauche » gestionnaire : Raufer (de son vrai nom Christian de Bongain), vient d’Occident et des réseaux de guerre froide, tandis que Bauer a commencé du côté de Michel Rocard et poursuivi au Grand Orient de France. Le premier semble mieux doué pour s’imposer dans les milieux universitaires et éditoriaux, le second pour gagner de l’argent : alors que les deux compères ne semblent pas plus pourvus, l’un comme l’autre, de légitimité universitaire – Raufer n’a passé que récemment un doctorat de… géographie, ce dernier a créé dès 1998 une structure à sa main au sein de l’Institut de criminologie de l’université Paris II (avec l’aide d’un prof du Front national), le Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC), tandis que Bauer a dû attendre l’année dernière pour qu’en récompense des services rendus, le pouvoir sarkozyste crée spécialement pour lui une chaire de criminologie au Conservatoire des arts et métiers, suscitant de nombreuses protestations (mais le fait de ne posséder qu’un Diplôme d’études supérieures spécialisées ne l’empêchait pas de dispenser depuis longtemps des cours dans de nombreux instituts à travers le monde). L’un et l’autre se flattent d’être enseignants et directeurs de recherche dans ces hauts lieux démocratique que sont, en Chine, l’Ecole supérieure de police criminelle et le Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé. Bauer a développé une société de conseils en sécurité qui accumule les contrats juteux avec les collectivités locales et les entreprises.

Voilà longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur la « science » du duo. En 1998, leur « Que Sais-Je » intitulé Violences et insécurités urbaines était déjà remarquable par la prédominance de l’idéologie sur l’analyse empirique, alors même que les auteurs prétendaient avec insistance s’en tenir aux faits : ainsi, toutes les émeutes recensées dans les quartiers chauds étaient-elles présentées comme destinées à protéger le trafic de drogue, ce qui permettait ensuite de suggérer une prétendue mesure de la croissance du trafic.

Publiée par nos duettistes sous un titre qui fleure l’altermondialisme, La face noire de la mondialisation est en fait la transcription sur un support prestigieux et prétendument neutre (les éditions du CNRS) des thèses du DRMCC, déclinées sur le site de ce dernier souvent exactement dans les mêmes termes que dans le livre, dès les déclarations de principe du département et ensuite, jusqu’à plus soif, dans d’innombrables articles. Le discours opère en deux temps : description terrorisante du monde : caractère mutant et hybride des nouvelles menaces, incapacité de la communauté internationale à ramener l’ordre sur terre, etc avant de dégainer la « trouvaille » des auteurs : le « décèlement précoce ». Il faut s’attaquer aux nouvelles menaces quand elles ne sont encore qu’un « bourgeon », et cela grâce au regard d’experts formés par les Bauer et Raufer. On a eu une démonstration de « décèlement précoce » avec l’affaire de Tarnac. En avril 2009, au terme d’un sujet du Journal télévisé de France 2 qui mélangeait allègrement des images des bagarres au sommet de l’OTAN à Strasbourg et d’autres de Coupat et de L’insurrection qui vient, Bauer expliqua que les « prémisses étaient les mêmes » entre les gens de Tarnac, Action directe et les Brigades rouges. Président du groupe de contrôle des fichiers de police et de gendarmerie, il répond le 19/10 à une interview de Libération à propos de deux nouveaux fichiers (pouvant intégrer des mineurs de 13 ans) créés par Hortefeux en prenant prétexte de 18 vitrines brisées à Poitiers : « il s’agit de fichiers de renseignements sur des personnes qui n’ont pas encore commis d’actes répréhensibles mais qui sont susceptibles de le faire » !

Une fois le décèlement précoce opéré, et les personnes susceptibles de commettre des actes répréhensibles dûment fichées, qu’est-ce que nos experts conseillent de faire ? Voici les lignes conclusives de leur livre publié par le CNRS : « Quels coups sévères porterait-on à toutes ces entités (…) dans tous leurs champs d’action en considérant désormais comme stratégiques le cadre et les harmonies – le terreau criminel – dans lequel elles opèrent, puis en entreprenant de les nettoyer (souligné par moi, SQ) ? Cette approche est infiniment plus efficace que la démarche consistant à « saucissonner » l’ensemble en mille procédures tatillonnes, pathétiquement lentes et finalement inutiles, selon des codes dépassés… » Il n’est pas indifférent de savoir que la Ministre de l’Intérieur, aujourd’hui ministre de la Justice, a cette « pensée »-là dans la tête quand elle s’adresse aux continuateurs d’une organisation où l’on dressait, en 1968, des plans pour regrouper les gens de gauche dans des stades.

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24/02/2010

PIGS... Le destin des USA est-il de suivre la Grèce dans sa crise ?

Glenn Beck: Is U.S. Doomed to Follow Greece Into Crisis?

Friday, February 12, 2010

 

Grève générale en Grèce contre le plan d'austérité

AP | 24.02.2010 | 10:48

Les salariés du public et du privé ont entamé mercredi une grève générale de 24 heures en Grèce afin de protester contre le plan d'austérité du gouvernement, destiné à assainir les comptes publics du pays.

Cette première grève générale depuis l'élection du gouvernement de centre-gauche en octobre dernier a déjà entraîné l'annulation de tous les vols au départ et à l'arrivée des aéroports grecs. Les trains et les bateaux fonctionnaient au ralenti.

Des millions d'habitants de la banlieue athénienne ont dû trouver des solutions pour se rendre dans la capitale, alors que les écoles et les administrations étaient fermées. Les journalistes suivaient également une grève de 24 heures.

Deux manifestations séparées sont prévues dans le centre d'Athènes, à l'appel des deux principales confédérations syndicales, celle du secteur privé, GSEE, et celle du public, ADEDY, toutes deux férocement opposées aux mesures de rigueur annoncées par le gouvernement de Georges Papandréou. Le Premier ministre socialiste a promis à Bruxelles de ramener le déficit public de 12,7% du PIB à 8,7% cette année. AP

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Grèce : Bruxelles nie toute avance de fonds

[ 22/02/10  - 18H44   - actualisé à 18:56:00  ]

Le "Spiegel" a affirmé lundi qu'un plan de 25 milliards d'euros serait à l'étude. L'idée d'aider un pays qui a fauté continue de hérisser la majorité des Allemands.

Les propos du "Spiegel" n'y ont rien fait. Le journal allemand avait beau avancer, dans son édition de samedi, que les pays de la zone euro travaillaient actuellement à l'élaboration d'un plan visant à débloquer jusqu'à 25 milliards d'euros pour venir en aide à Athènes, les démentis ont fusé. Lundi, à Bruxelles, c'est le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj, qui a réagi : "Je n'ai pas de commentaire à faire sur un tel plan qui n'existe pas", a-t-il assuré. Et de poursuivre: "Il n'y a pas le moindre euro, car la Grèce n'a pas demandé le moindre euro d'aide financière."

La veille, c'était le ministère allemand des Finances, qui avait également nié un tel projet. Des dénégations qui s'expliquent en partie par le contexte politique allemand: l'idée d'un soutien financier à la Grèce continue d'être très largement rejetée outre-Rhin. Hier, le plus populaire des journaux allemands, "Bild", croyait savoir, en "une", que la facture de la banqueroute grecque pourrait aller "jusqu'à 5 milliards d'euros" pour ses compatriotes (voir photo ci-dessus). D'où la prudence d'Angela Merkel sur ce dossier, qui a obtenu des Européens qu'ils n'affichent qu'une solidarité de principe avec la Grèce, sans évoquer le moindre transfert financier. Hier, un porte-parole du ministère allemand des Finances a même estimé qu'il allait "sans conteste falloir réfléchir" à la question de "nouvelles règles et possibilités de sanction" contre les pays dont les finances dérapent.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, préférerait pourtant une déclaration forte de ses partenaires européens - donc une annonce chiffrée. Alors que l'Etat grec doit bientôt procéder à une émission de dette, le chef du gouvernement a estimé qu'un soutien plus explicite de ses partenaires lui permettrait d'emprunter sur le marché "à des conditions normales", et non à des taux prohibitifs.

Une pression maximale

En attendant, les Européens maintiennent une pression maximale sur Athènes. Alors qu'une grève générale est prévue demain dans le pays, des membres de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI doivent se rendre, cette semaine, sur place, pour discuter avec le gouvernement des mesures d'austérité additionnelles qu'il pourrait mettre en oeuvre. Seraient notamment à l'étude une hausse de la TVA ainsi que de nouvelles coupes dans les salaires des fonctionnaires. Dans cette grisaille, le gouvernement grec peut s'accrocher à une lumière: un nouveau sondage vient de confirmer le large soutien populaire dont il jouit actuellement. Trois quarts des Grecs sont opposés aux grèves tant que la crise n'est pas passée, et la même proportion reproche au gouvernement... d'avoir tardé à prendre ses mesures d'austérité.

GABRIEL GRESILLON

Notre dossier

Peur sur les " PIGS"

 

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L'Amérique sous la menace d'une crise grecque

Les Etats-Unis pourraient être confrontés à une crise financière et de confiance aussi grave que celle de la Grèce.

Mercredi 24 Février 2010 SLATE.fr

L'Amérique pourrait bien un jour prochain se retouver dans la même situation que la Grèce. Le Midwest ne sera pas recouvert de ruines anciennes et les Texans ne troqueront pas leur hamburger pour de la feta. Je veux dire que la crise financière grecque est comparable à ce que pourraient connaître les Etats-Unis dans quelques années s'ils continuent à faire les mêmes erreurs que les Grecs au cours des dix dernières années.

Vous n'avez pas suivi cette saga? C'est très simple à résumer: la Grèce a fait faillite. Et bien que la faillite de la Grèce ait défrayé la chronique seulement la semaine dernière (le grave état financier d'Athènes menace la stabilité de l'euro), la vérité, c'est que la Grèce est en faillite depuis plusieurs années. En 2009, son déficit budgétaire représentait 12,7% de son PIB (produit intérieur brut); sa dette globale n'atteignait pas moins de 113,4% de son PIB. Ce ne sont pas des situations qui se créent du jour au lendemain.

Très faibles investissements étrangers

Certains des problèmes que rencontre la Grèce sont très spécifiques. Le système juridique du pays est complètement désuet, la bureaucratie semble tout droit sortie d'un roman de Kafka, et certaines de ses lois sont d'une complexité inutile, pire qu'aux Etats-Unis. A titre d'exemple, le Wall Street Journal nous apprend que la Grèce est pratiquement le seul pays développé à ne pas disposer d'un système de cadastre centralisé et informatisé. Par conséquent, des agriculteurs pourraient exploiter en douce des terrains publics et en devenir finalement les propriétaires de facto. En outre, comparée au reste de l'Europe, l'économie de la Grèce est particulièrement fermée. Les obstacles à l'implantation d'une activité commerciale sont très nombreux, aussi bien sur le plan juridique qu'informel, ce qui explique en partie que le niveau d'investissements étrangers dans le pays soit l'un des plus faible du monde.

La Grèce porte ces fardeaux depuis très longtemps. Pourtant, rien n'a été fait, car ce pays caractérisé par une politique partisane est complètement paralysé. Il suffit de voir ce qui se passe quand le gouvernement tente de réformer la sécurité sociale (repousser l'âge de la retraite, mettre fin aux retraites anticipées): des émeutes généralisées ont eu lieu après l'adoption d'un projet de loi sur la réforme des retraites, et le gouvernement s'est mis à dos la population à tel point qu'il a perdu les élections. On ne peut pas moderniser le système de cadastre grec parce que ceux qui se sont illégalement approprié des terres riposteront. On ne peut pas réduire les barrières à l'investissement parce que les lobbies économiques sont plus puissants que les responsables politiques.

La classe politique grecque est consciente des problèmes économiques de son pays, mais elle nie leur existence. Au mois de janvier, la Commission européenne a publié un rapport dans lequel elle accuse le ministre grec des Finances et le service des statistiques du pays de «graves irrégularités» découlant des «données inexactes» qui ont été fournies. Traduit en langage européen, les commissaires pensent que la Grèce a menti. Le déficit budgétaire de 12,7% devait, selon les prévisions initiales, être de 3,7 %. En outre, beaucoup d'autres chiffres communiqués par la Grèce semblent bien pires en réalité. Aucun pays ne fait des erreurs de calcul comme celles-là par accident.

La Grèce n'est pas seule à présenter une telle faiblesse financière. Plusieurs autres pays européens sont actuellement dans le même cas: on les appelle les PIGS: le Portugal, l'Italie - ou parfois l'Irlande -, la Grèce et l'Espagne. (Outre la simple succession des lettres qui constituent le sigle, «pigs» signifie «cochons» en anglais).

Et l'Amérique?

Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s'apparente à celle de la Grèce. Bien que ses problèmes soient différents, l'Amérique est elle aussi paralysée politiquement, avec une politique fortement partisane. Impossible de réformer la sécurité sociale américaine. George W. Bush a «essayé» sans conviction; en fait, il a abandonné avant même de commencer véritablement. La réforme santé demeure incertaine. Hillary Clinton n'a pas réussi. Quant à Barack Obama, malgré sa coûteuse tentative d'édulcorer son projet, il risque lui aussi d'échouer sur ce front. On ne peut pas diminuer l'influence des lobbyistes. On ne peut pas dompter la capacité des groupes d'intérêts à influer sur les lois. Certes, les agriculteurs américains ne squattent pas les terrains appartenant au gouvernement fédéral, mais certains d'entre eux dépendent d'énormes subventions perturbatrices, qu'on ne peut apparemment pas réduire.

Heureusement que Washington n'a pas besoin de remettre ses statistiques financières à une entité supranationale comme la Commission européenne. Nul besoin, donc, de mentir aussi franchement sur les chiffres. Mais outre le gros déficit budgétaire des Etats-Unis à l'heure actuelle (9,9% du PIB, et il est en hausse), la Maison Blanche a également un passif rarement reconnu. Les coûts de Medicare et de Medicaid sont en train d'augmenter, de même que le coût des soins réservés aux vétérans. Les marchés considèrent que les immenses dettes liées au sauvetage des établissemenys de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac sont pris en charge gratuitement par le gouvernement américain. Et il se peut que ces institutions demandent au gouvernement de les financer de nouveau à l'avenir. Personne ne ment à ce sujet, mais il faut dire qu'on n'en parle pas beaucoup.

Bonne nouvelle, cependant: la faillite du gouvernement américain ne fait pas la une. Et ce n'est pas demain la veille. La simple taille du pays, l'entrepreneuriat propre aux Etats-Unis et leur culture du business relativement ouverte leur permettront d'avancer pendant encore longtemps. Néanmoins, la crise grecque montre que la combinaison dette-impasse politique peut s'avérer fatale. La catharsis que nous ressentons en observant les événements (ce mélange de pitié et de crainte selon Aristote) devrait nous rendre bien plus inquiets que ce que nous l'avons été jusqu'ici.

Anne Applebaum

Traduit par Micha Cziffra

LIRE EGALEMENT: L'arnaque grecque, Tragédie grecque, débandade européenne et Le dollar va-t-il se crasher?

Image de une: le cadran à New York qui mesure en temps réel la dette de l'Etat fédéral américain Shannon Stapleton / Reuters

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22/02/2010

Coming Insurrection...this is evil stuff...

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L'Insurrection qui vient best-seller aux Etats-Unis

Par LEXPRESS.fr, publié le 19/02/2010 à 17:22

L'Insurrection qui vient, du "Comité invisible", se trouve depuis 16 jours dans le top 100 de la liste des best-sellers d'Amazon.com. The coming insurrection devance ainsi Dan Brown et Stephenie Meyer. Un succès dû à la publicité que fait le chroniqueur de Fox News Glenn Beck, le présentant comme "une des choses les plus diaboliques que j'ai pu lire". La petite maison d'édition Semiotext(e) (lien posé par PROBE), qui publie le livre, se sert des paroles de Beck pour le promouvoir, et ne parvient plus à faire face à la demande.

 

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Glenn Beck sends 'evil' anarchist manual's sales rocketing

The Coming Insurrection's condemnation at the hands of Fox News commentator provides huge boost to anonymous authors

guardian.co.uk, Friday 19 February 2010 14.58 GMT

It's undoubtedly the last thing he wanted to happen, but when Fox News's vocal right-wing presenter Glenn Beck described French anarchist revolution manual The Coming Insurrection as "quite possibly the most evil thing I've ever read" he sent it soaring to the top of the bestseller charts.

The book, by an anonymous collective of French authors calling themselves the Invisible Committee, is a "call to arms", rejecting the official left and "aligning itself instead with the younger, wilder forms of resistance that have emerged in Europe around recent struggles against immigration control and the war on terror".

Describing itself as "a prescription for an emergent war-machine to spread anarchy and live communism", it has caused ructions in France, where it was proclaimed a manual of terrorism by the French government and where it has also been selling in its thousands. In 2008, the French government arrested four men and five women known as the Tarnac Nine over far-left terrorism, alleging that one of them was the book's author.

Published in the US by tiny Californian press Semiotext(e) last August with an initial print run of just 3,000, a barrage of anti-endorsements from Beck on Fox News has apparently led to it hovering around the top 10 of Amazon's US bestseller charts for the last week, alongside more recognisable titles by the likes of Stieg Larsson and Rick Riordan.

"This is quite possibly the most evil thing I've ever read and it's about to play out in streets of Greece. It's been played out in France," Beck said last week, brandishing a copy of the book. "The story is written by 12 people. Some of them are in jail now over in Europe. They're actual communists. They've been masquerading as democratic socialists: 'Oh, we're not Marxists, we're not communists, we're like you' … This is evil stuff … In it there's one chapter on how to destroy the family". The book promptly soared up Amazon's charts from below the 400 mark where it had been languishing to a high of seventh and a current place of 12th, ahead of Stephenie Meyer's hit Breaking Dawn and Dan Brown's The Lost Symbol – particularly impressive given that it's available for free online in both English and French.

Beck had previously given the book a boost last year even before it was published. Pointing to an extract from the book – "Take up arms. Do everything possible to make their use unnecessary ... There is no such thing as a peaceful insurrection. Weapons are necessary" – he told his viewers to read it. "People on the extreme left are calling people to arms. I am not calling for a ban on this book. It's important that you read this book [...] And let me tell you something: Don't dismiss these people. Don't dismiss them."

Publisher Semiotexte has been lapping up Beck's words, using them as part of its collection of reviews to promote the book and seeing a spike in sales every time he mentions it. "We're having trouble keeping stock in the warehouse," Rebecca Schrader at the book's distributor MIT Press told US publishing magazine Publishers Weekly. "And we're dealing with reprint quantities that we don't see every day."

Beck is probably more pleased with the effect his recent endorsement had on A Patriot's History of the United States, which claims to correct the "biases" that have "distort[ed] the way America's past is taught", rejecting previous history books' searches for "instances of racism, sexism, and bigotry in [America's] history while downplaying the greatness of America's patriots" in favour of recounting the "public virtue, personal liberty, and private property that make this nation uniquely successful".

After Beck spoke about the book on his show last week, he claimed that it moved from around 58,000 on Amazon.com to a current position of one. "I read a lot of in-depth history," said Beck. "This is a beginner's book of history, it is a gateway into the history that no one is teaching ... Last night I mentioned this book, it was 58,000 on Amazon.com. I got off the air, it was number one. It's still number one. Good. Please, please read it."

 

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21/02/2010

Afghanistan : 10 millions d'euros pour deux journalistes et 260 millions d'euro de crédit "urgence opérationnelle" (2009).

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Dix millions d'euros déjà dépensés pour la recherche des journalistes en Afghanistan

[ 21/02/10  - 12H02 - AFP  ] © AFP/Archives - Joël Saget


Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a indiqué dimanche que le coût des opérations menées jusqu'à présent pour rechercher les deux journalistes de France 3 enlevés fin décembre en Afghanistan s'élevait à plus de 10 millions d'euros.

"A l'heure actuelle, nous avons déjà dépensé plus de 10 millions d'euros pour cette affaire", a-t-il déclaré lors du "Grand rendez-vous Europe 1 - Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"Je donne le chiffre parce que j'appelle au sens de la responsabiltié des uns et des autres", a poursuivi le général Georgelin, assurant "bien sûr" qu'il ne s'agissait "pas de remettre en cause le droit à l'expression et la liberté de la presse".

Mais, a-t-il insisté, il s'agit de faire preuve de "sens des responsabilités et de discernement".

Les deux journalistes de la chaîne publique France 3 ont été enlevés le 30 décembre sur une route entre Surobi et Tagab, dans la province de Kapisa (est).

 

Publi-information :

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suite de l'article :

Urgences opérationnelles : accord franco-britannique

Par délégation du ministre de la Défense, le Délégué général pour l’armement, Laurent Collet-Billon, et son homologue, Quentin Davies, ont signé le 18 février 2010 à l’ambassade du Royaume-Uni à Paris un accord de coopération (MoU) dans le domaine des urgences opérationnelles . Cet accord intervient 8 mois après le sommet franco-britannique de juillet 2009, au cours duquel les ministres de la Défense français et britannique, Hervé Morin et Bob Ainsworth, ont décidé de coopérer sur les acquisitions en urgence opérationnelle.

L’urgence opérationnelle est un mode exceptionnel d’achat d’équipements militaires qui vise à répondre dans des délais restreints (en moyenne 6 à 12 mois) aux besoins immédiats des unités en opérations. En 2009, la Direction générale de l’armement (DGA) a passé 36 nouveaux contrats en urgence opérationnelle, pour un montant de 260 millions d’euros, et pour des matériels essentiellement destinés aux forces en Afghanistan.

Cet accord constitue une grande première entre États européens. Il propose un cadre pour mener en commun des acquisitions en urgence opérations fondé sur cinq scénarios différents allant de la passation de contrats en commun à la vente d’État à État, en passant par l’aménagement de contrats existants pour inclure les besoins du partenaire. Cet accord a été ratifié pour une durée de cinq années renouvelable.

Cet accord constitue un nouvel exemple du dynamisme de la coopération franco-britannique.

Contact presse DGA/COMM


Jean-Paul Hébert a calculé que depuis 1972, les différentes Opex avaient couté 20 milliards d'euros. On peut lire son travail ici.
En 2008, les opérations extérieures devraient coûter 908,20 millions d'euros, prévoit le ministère de la Défense. Ce chiffre, rendu public par l'hebdomadaire Air et Cosmos, est en forte augmentation. Le surcoût des Opex était de 513,74 millions en 2006 et de 678,02 millions en 2007. Soit une augmentation de plus de 75 % en deux ans.(source JD Merchet blog Secret Défense)

Le coût des opex continue de croître : "Il devait s'élever à 873 millions d'euros en 2009, en augmentation de 5% par rapport à 2008", assure le Cema. En cause, le durcissement du conflit afghan et la réorganisation du dispositif français dans ce pays. Les armées ont ainsi dû acquérir de nouveaux équipements pour la protection des forces. La mise en place de matériels modernes (hélicoptères Tigre, canons Caesar, etc) coute cher en transport et en maintenance.(source JD Merchet blog Secret Défense)


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15/02/2010

Eric Hazan : "Mes livres sont des armes"

Editeur insurgé, Eric Hazan dégaine une douzaine de livres par an comme autant de boulets rouges contre le monde capitaliste. L’insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat et au Comité invisible, reste son plus beau coup.

Le 15 février 2010 - par J.M Colard, J.M Durand et Nelly Kaprielian

Vent de polémique. Par articles interposés parus fin décembre dans Libération, l’éditeur Eric Hazan et le journaliste Laurent Joffrin ont posé, dans un échange aussi poli qu’incisif, les jalons du drame qui agite la gauche française : la division consommée entre son versant mou, tendance social-démocrate, et ses penchants plus radicaux, voire subversifs.

Contre “le maintien de l’ordre établi” auquel Joffrin et ses amis d’une gauche “moribonde” travailleraient, Eric Hazan invite carrément à “l’insurrection”.

D’ailleurs, elle arrive déjà, pour reprendre le titre de l’ouvrage L’insurrection qui vient que Hazan a édité en 2007.

Ecrit par un mystérieux Comité invisible, l’essai a profité d’une caisse de résonance imprévue avec l’affaire Tarnac.

En mettant le livre au coeur de l’enquête, en prêtant à Julien Coupat la responsabilité partielle de son écriture, le pouvoir a lui-même pris au sérieux cette nouvelle littérature insurrectionnelle.

De sorte qu’à la querelle entre Joffrin et Hazan, vieille comme la gauche elle-même, ce brûlot, vendu à plus de 40000 exemplaires, a redonné une nouvelle vitalité.

Comment contester le monde aujourd’hui : en s’accommodant de ses fondements ou en les réinventant radicalement ?

Douze ans après la création de sa maison d’édition, La Fabrique, dont il protège farouchement l’indépendance, Eric Hazan a créé un espace à part dans l’édition en France : un lieu de résistance avec une économie modeste qui publie une douzaine de livres par an.

De Jacques Rancière à Alain Badiou, les auteurs de La Fabrique participent à l’élaboration d’une critique articulée du monde capitaliste contemporain et à l’invention d’une voie possible pour en sortir.

Dans le petit bureau du haut de Belleville à Paris, qui abrite ses livres et les deux personnes qui travaillent avec lui, Eric Hazan nous reçoit chaleureusement.

A 74 ans, il a des airs de combattant, l’oeil vif, le tutoiement direct, affirmant calmement que la guerre civile est en cours. Rencontre avec un éditeur insurgé.

ENTRETIEN > La querelle qui t’a opposé au directeur de la rédaction de Libération est-elle le symptôme d’une césure irrémédiable entre deux gauches ?

Eric Hazan – Plusieurs journalistes de Libération – Karl Laske, Pierre Marcelle, Edouard Launet – ne sont pas du tout sur la position de Laurent Joffrin, qui représente selon moi une gauche moribonde, tellement peu différente de la droite qu’elle a au fond peu de raisons d’exister.

Tu vas jusqu’à reprocher à Jospin…

Jospin ? Non, Joffrin ! Le lapsus est joli…

Pardon. Tu reproches à Joffrin de participer à l’ordre établi : l’attaque est forte.

Les valeurs dont il se réclame sont les mêmes que celles de la droite pour le maintien de l’ordre. Les libertés publiques, les droits de l’homme, la République, l’Etat de droit sont des oripeaux ; tout cela n’existe pas. Dans ce pays, le droit est constamment foulé aux pieds au nom de l’Etat de droit ; au nom de la République, on va faire voter une loi pour interdire le port du voile intégral. C’est absurde et scandaleux.

Pourquoi ?

Jacques Rancière a écrit un beau papier dans Libé sur les victimes : il explique que l’un des projets de loi prévoit d’infliger une amende aux femmes voilées tout en reconnaissant leur statut de victimes. Ce sont des victimes, punissons-les, c’est la logique de la loi. Une honte.

Assumes-tu dans son entier le texte du Comité invisible, L’insurrection qui vient ?

Complètement. J’ai même travaillé avec les auteurs. Comme ils l’ont écrit, je ne crois pas que l’on puisse amender le système avec des bouts de ficelle et des rustines. Je ne crois pas au postulat général selon lequel il n’y a pas de salut en dehors du capitalisme et qu’il suffit de le moraliser, de l’aménager. C’est impossible : tant que le capitalisme et l’économie de marché existeront, l’injustice et les inégalités croîtront. On essaie aujourd’hui de nous persuader que ce système a toujours existé et qu’il n’y a pas d’issue possible, à part le goulag. Mais le système capitaliste n’existe que depuis deux cents ans. On croit qu’il n’y a pas d’alternative théorique mais on parle de plus en plus du communisme ; j’ai été, je crois, l’un des premiers à essayer de redonner un sens à ce mot dans un livre publié en 2005 aux Prairies ordinaires, Faire mouvement. J’ai dit : je suis communiste, le communisme est la seule raison de s’intéresser à la politique. A l’époque, Mathieu Potte-Bonneville qui m’interrogeait en est resté interloqué J’ai envoyé le livre à Alain Badiou, que je ne connaissais pas, en le dédicaçant “A Alain Badiou, communiste”. Il m’a dit un jour que ça l’avait fait réfléchir. Cela a peut-être participé à sa propre réflexion sur l’hypothèse communiste.

Sur quoi repose la résurrection de l’idée communiste ?

Les gens sentent qu’il n’y a plus à choisir entre la droite et la gauche mais sur la façon de sortir du capitalisme. C’est la question clé. Si cela reste dans le domaine de l’idée, on va tourner en rond. Pour moi, réfléchir au communisme, ce n’est pas aller vers une organisation politique mais vers des réflexions pratiques.

Lesquelles ?

Comment abolir le salariat ? Par quoi le remplacer ? L’histoire de l’Union soviétique a montré que l’appropriation collective des moyens de production n’était pas le vrai communisme ; cela a débouché sur un désastre car on a gardé le salariat. Autre problème clé : comment sortir le travail de sa position centrale dans la vie sociale ? Comment faire pour que le travail ne soit plus un élément clé autour duquel tout s’organise ? Si on reste dans une problématique marxienne, si le travail reste central, alors on se situe sur le terrain de l’adversaire et on est forcément perdant.

La fin du travail ne reste-t-elle pas une idée purement théorique ?

Je ne prône pas forcément la fin du travail mais celle du travail salarié. On ne devrait plus considérer le travail comme la base de l’organisation sociale. Mais bien entendu, il faudra continuer à travailler.

T’intéresses-tu à l’écologie politique, qui réfléchit à la place du travail dans l’organisation sociale ?

Je ne sais pas ce que c’est. L’écologie me dérange. J’ai une réticence à la fois avec la notion et avec le mot. On va publier bientôt un nouveau livre de Badiou, L’Ecologie, nouvel opium du peuple. L’écologie est une nouvelle manière pour le pouvoir de faire passer tout ce qu’il veut.

N’est-ce pas pourtant l’une des seules idées fortes qui ait émergé dans la vie politique ces dix dernières années ?

Cela a peut-être amené des gens à réfléchir à la politique mais ce n’est pas une issue : la meilleure preuve, c’est ce qu’elle est métabolisée par le système. L’industrie écologique est la seule branche de l’industrie avec une croissance à deux chiffres. Le capitalisme est en train de digérer l’écologie. On voit bien le rôle politique d’Europe Ecologie, c’est une espèce de sous-PS censé récupérer les gens que le PS dégoûte un peu, comme Joffrin. Pour moi, l’écologie est de l’autre côté de la ligne de front de la guerre civile.

La guerre civile existe donc ?

Oui, elle existe. J’ai écrit en 2004 Chronique de la guerre civile. Puis Changement de propriétaire, la guerre civile continue au moment de l’élection de Pompidou…

Pas Pompidou, Sarkozy ! A ton tour de faire un lapsus intéressant…

Oui, Sarkozy ! Un partout. La guerre civile continue, elle se durcit même.

Comment as-tu travaillé avec le Comité invisible ?

J’en connaissais certains, ce sont des amis. Mais j’ignore combien ils étaient dans leur groupe.

Quel âge ont-ils ? Autour de 30 ans.

Comment protèges-tu leur anonymat ? Ont-ils un contrat ?

Il n’y a ni contrat ni droits d’auteur, ils n’en ont pas voulu. Ils ont revendiqué l’anonymat pour une raison éthique ; pas pour se protéger mais pour ne pas prendre la posture de l’auteur.

As-tu été surpris par le succès du livre, sorti sans promotion ?

Le livre marchait très bien avant même le déclenchement de l’affaire Tarnac. On en avait vendu 8000, c’est beaucoup pour un livre de La Fabrique. Mais la promotion faite par la ministre Alliot-Marie ou le procureur Marin a fait décoller les ventes : on a dépassé les 40000 exemplaires. Le texte parle de la guerre civile, de la création de “communes”, du détournement de primes accouchement comme acte révolutionnaire.

N’est-ce pas un peu court comme propositions ?

Il y a deux parties dans le texte : un état des lieux et une liste d’actions pour sortir de cet état. Cette seconde partie est plus complexe, c’est vrai. Plus qu’un nouveau mode d’organisation et d’action politique, il faut inventer un nouveau mode de vie.

C’est donc une utopie absolue ?

Le mot “utopie” ne me gêne pas quand on voit où le réalisme nous mène. Camille Desmoulins disait en 1793 : en 1789, nous n’étions pas dix républicains. La république était encore du domaine de l’utopie.

Entre le capitalisme sauvage et le goulag, la social-démocratie a quand même proposé une autre voie depuis cinquante ans ?

La social-démocratie propose mais elle ne fait pas. Selon moi, la trahison des promesses est consubstantielle à la social-démocratie. Promettre et ne pas tenir, c’est dans leur nature.

La gauche dominante et la droite, ce serait bonnet blanc, blanc bonnet ?

De l’autre côté de la ligne de front – Jospin, Joffrin, Sarkozy –, ils sont d’accord sur l’essentiel : la sauvegarde du capitalisme et du marché. Ils se disputent comme Guignol et le commissaire au théâtre de marionnettes. Si les socialistes étaient au pouvoir aujourd’hui, ils continueraient à virer des sans-papiers mais de façon moins ostentatoire, avec un peu moins de méchanceté. Souvenons-nous : les premiers charters, c’était sous Edith Cresson et la politique sécuritaire de Chevènement n’était pas très différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont différentes façons de maquiller une même réalité.

L’affaire Tarnac aurait-elle été possible il y a dix ans ?

Non. Ce sont les lois Perben (“loi du 9 mars 2004 portant sur l’adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité” – ndlr) qui ont marqué un tournant, et les lois antiterroristes qui les ont suivies. On n’aurait jamais inculpé d’“association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” un individu accusé d’avoir saboté un caténaire : il aurait été poursuivi pour dégradation de bien public.

Que penses-tu de la nouvelle catégorie d’ennemi intérieur ?

L’ennemi intérieur traditionnel – l’islamiste terroriste – est introuvable chez nous. Pour légitimer l’arsenal policier et législatif mis en place depuis que Sarkozy a accédé au ministère de l’Intérieur, l’Etat a construit cet ennemi intérieur. Au printemps 2008, j’ai écrit dans Politis un papier intitulé “Les habits neufs de l’ennemi intérieur” : des jeunes venaient de se faire arrêter avec un fumigène dans leur coffre. Quant aux écoutes des gens de Tarnac, elles étaient très antérieures à l’affaire du caténaire. On a cherché à fabriquer de toutes pièces un ennemi intérieur crédible. Le pouvoir a terriblement peur d’une explosion des banlieues, il met tout en place afin de pouvoir contrôler un éventuel soulèvement dans les heures qui suivent.

Les livres que tu écris et ceux que tu édites vont dans le même sens. Vois-tu ton travail d’éditeur comme un travail d’auteur, de penseur ?

Nous sélectionnons de plus en plus les livres que nous publions. Je dis “nous” car les décisions sont réellement collectives, prises par ceux qui éditent les livres, moi-même, Stella Magliani-Belkacem et Stéphane Passadeos qui travaillent avec moi, et le comité éditorial composé de huit personnes. La plupart de ces livres sont des armes. C’est cela qui les rassemble. Quand j’ai commencé il y a onze ans, c’était moins le cas, je n’y connaissais rien. Mais depuis quatre ou cinq ans, la cohérence, c’est l’offensive. Les derniers titres publiés, que ce soit le livre de Gideon Levy sur Gaza, Moments politiques de Jacques Rancière, L’insurrection qui vient ou le prochain livre d’André Schiffrin, L’Argent et les Mots, sont des livres d’attaque.

Comment es-tu passé de l’édition d’art à celle d’essais ?

J’étais plongé dans l’édition d’art parce que j’avais repris la maison paternelle, les éditions Hazan, mais cela me frustrait un peu, entre les livres sur Masaccio et Chardin. Au fond, j’ai été soulagé d’avoir été viré lorsque la maison a été rachetée par Hachette…

Cela a engendré chez toi une réflexion sur l’économie du livre ?

Oui. Si on veut rester indépendant – et l’indépendance est vraiment nécessaire pour le genre de livres que nous publions –, il ne faut avoir aucune dette. Aux éditions Hazan, on était chaque année davantage endettés. Les banquiers sont gentils jusqu’au moment où ils sortent la calculette et vous étranglent. Mon père disait : “Les banquiers vous prêtent un parapluie mais vous le reprennent dès qu’il pleut.” A La Fabrique, nous avons une politique de non-croissance. On est trois dans 40 mètres carrés mais on ne doit de l’argent à personne. La croissance, c’est un vertige. On est très sollicités en ce moment, on pourrait publier plus puis déménager, mais ce serait le début de la spirale infernale. On préfère s’en tenir à environ treize titres par an.

Ton modèle d’édition indépendante, ce serait les Editions de Minuit ?

Tout à fait, Jérôme Lindon a un parcours d’éditeur sans faute. Seize livres par an. Quand il a eu le Goncourt avec L’Amant de Duras, il a gagné beaucoup d’argent. D’autres auraient déménagé de la rue Bernard- Palissy et auraient augmenté leur débit, lui il a acheté une librairie. Je le connaissais et je l’aimais beaucoup, c’était un personnage magnifique.

Comment vois-tu l’édition aujourd’hui ?

Le fossé s’élargit de plus en plus entre les petites maisons indépendantes, au chiffre d’affaires quasiment négligeable, et les grandes maisons industrielles, Gallimard, Seuil, Albin Michel, Hachette, qui ont des actionnaires, des banquiers et un souci de rentabilité. Le premier problème des petites maisons, c’est de pouvoir continuer. Les maisons qui publient le même genre de livres que nous – Prairies ordinaires, Agone, Amsterdam, L’Echappée – s’en sortent plutôt bien.

Tu as d’autres projets avec le Comité invisible ?

On en parle. L’idée serait de répondre à tout ce qui s’est passé. Mais ils ont leur caractère et un fonctionnement collectif : ils font vraiment ce qu’ils veulent…

Comment va Julien Coupat ?

Cette affaire l’a renforcé dans ses positions. En prison, il était en béton. Le pire, ça a été le contrôle judiciaire : on ne peut pas se parler, se rencontrer, on doit rester dans un lieu où on ne vit pas forcément, sans moyen de subsistance… Récemment, les dix inculpés ont déclaré publiquement qu’ils ne se plieraient plus à ce contrôle : le système judiciaire-policier a reculé et la cour d’appel de la chambre d’accusation l’a allégé, au point qu’il n’en reste plus grand-chose.

Avec du recul, quel sens donnes-tu à cette affaire ?

L’Etat a fait un coup d’essai pour tester s’il était possible d’appliquer la législation antiterroriste à des Blancs. Jusque-là, elle n’était appliquée qu’à des barbus qui prêchaient dans des caves et dont tout le monde se fout. Ça a été une tentative d’intimidation pour montrer aux subversifs blancs qu’ils n’étaient pas non plus à l’abri d’une répression arbitraire.

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11/02/2010

A Strasbourg, JM Le Pen sert sa soupe sous haute protection.

Office du tourisme policier Strasbourg-Le Pen am Nacht 09-02-2010 21-02-15.JPG

projet d'affiche touristique: Strasbourg am Nacht Achtung Polizei! (blog La Feuille de Choux)

 

Une conférence de presse à l'Ancienne Douane de Strasbourg sous très haute et massive surveillance policière pour contrer quelques rares manifestants.(DNA du 10/02/2010)

 

Toujours aussi prompte à défendre la démocratie (blanche et chrétienne) qu'à matraquer l'étudiant (en sciences humaines), la police nationale française a pris position tout autour de l'Ancienne Douane.

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Oui, tu es surpris, car pour toi, l'Ancienne Douane a bel et bien brûlée en ce jour du 04/04/2009. Tu l'a vu comme d'autres sur toutes les télévisons et couverture de journaux, devenue symbole du déchainement de la violence mouvante des encagoulés d'ultra-gauche anarcho-autonomistes solidaires.

Et bien non, ami lecteur, il y a une autre Ancienne Douane, au centre de Strasbourg.

C'est un restaurant au bord de l'Ill, en face du musée Alsacien, à deux pas du quartier de la cathédrale. Niveau symbole et situation géographique, c'est du premier choix. Et tu n'est donc pas surpris que l'auto-décrété garde barrière de l'Europe blanche ai choisit ce lieu pour servir sa soupe nauséabonde.

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Alors, quid du déploiement sécuritaire de cette nuit du mardi 9 février 2010 ? Et bien figure toi, ami, que dans cette douane transformée en restaurant, avait lieu une conférence de presse pour soutenir la tête de liste consanguine identitaire Patrick Binder en présence du grand patron de la démocratie blanche et raz du front, JM Le Pen.

Et oui, ami, tu es surpris, car tu sait comme tous les Strasbourgeois que la tête de liste FN vient manger ici régulièrement, toujours aussi bien accueillit et servit comme le fûrent tant d'autres et ce malgré leur promptitude à autant tendre le bras droit qu'à lever le coude, sur ces mêmes tables couvertes de nappes blanche et rouge, couleurs de l'Alsace identitaire et souchienne.

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(Photo DNA - Michel Frison)

As-ton vu un tel déploiement de policiers lors de repas du PS, de l'UMP ou des Verts ?

Et c'est bien là que se pose la question...pourquoi cette fois-ci cet humble repas entre démocrates blancs et chrétiens sans chapeaux pointus a-t-il bénéficié d'une telle couverture sécuritaire ?

Un coup de communication de la Propaganda Staffel ? Des menaces ? Une petite victimisation pour relancer la motivation du troupeau identitaire avant les élections régionales ?

passage supprimé le 25/02/2010 à 17h33 suite au message de SB (voir lien messages)

l'article en lien n'est, comme par hasard,  plus disponible : http://julienviel.hautetfort.com/files/gayet%20wirtz.pdf

Page Inconnue

Il est possible que la page recherchée ait été supprimée, que son nom ait changé ou qu'elle ne soit pas disponible pour le moment. (erreur 404)

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Quelques phrases de Binder (article Médiapart), alsacien souchien dans le texte :

- «le racisme et la xénophobie ont été importé en France par le conflit israélo-palestinien, et pas par le FN»

- «Une société multiculturelle, ça ne fonctionne pas. Les Turcs, ils sont ce qu’ils sont, mais au moins ils travaillent. Ce sont les Maghrébins : chaque immigré qui vient de ces pays-là posera un problème

Tu ne sera pas surpris, ami lecteur, que je ne te laisse pas l'adresse de cette "bonne table"...

09:19 | Lien permanent | Commentaires (2) |

10/02/2010

L'intox de "Main basse sur l'info" Arte mardi 09/02/2010

Si vous n'avez pas vu l'émission et le pseudo débat des 8 "journaliste" hier soir, voici un article du blog du Diplo qui évoque bien mon ressenti :

« Effroyables imposteurs » sur Arte : le roi est nu

mercredi 10 février 2010, par Mona Chollet

Rarement le désarroi des caciques des médias devant le discrédit qui les frappe aura été aussi évident que lors de cette soirée sur Arte, mardi 9 février, intitulée « Main basse sur l’info » (et encore visible une semaine sur le site Arte+7). Le premier documentaire diffusé, « Les effroyables imposteurs » de Ted Anspach, consacré aux complotistes qui pullulent sur Internet, dépeint la Toile comme une boîte de Pandore moderne d’où s’échapperaient, au premier clic de souris, tous les fléaux de l’univers – histoire de ramener les téléspectateurs, ces brebis égarées, vers les bons bergers dont ils n’auraient jamais dû s’éloigner.

On a ensuite droit à une réalisation de Denis Jeambar, ancien directeur de L’Express, où interviennent « huit journalistes en colère » (Franz-Olivier Giesbert, Arlette Chabot, David Pujadas, Philippe Val, Jean-Pierre Elkabbach, Edwy Plenel, Eric Fottorino, Axel Ganz) filmés sur fond noir, à grands renforts d’images saccadées et de gros plans intimistes, dans un style qui évoque à la fois un film d’espionnage ringard et un clip publicitaire shooté par Karl Lagerfeld.

Les moyens mis en œuvre pour restaurer un prestige dont l’érosion a atteint le seuil critique sont particulièrement grossiers. Tentant de ranimer les braises de l’antique fascination suscitée par la profession de Tintin et d’Albert Londres, la voix off annonce une « sacrée brochette de journalistes » qui « connaissent de l’intérieur la folle machine des médias » et qui auront « carte blanche pour dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, pour dire ce qu’on ne vous dit pas ». Ici, l’audience retient son souffle, dans l’attente de sa becquée de savoir : les dieux vont l’admettre dans leur secret. « Ecoutez bien ! » intime encore la voix off.

Et on n’est pas déçu. Mieux vaut s’accrocher, en effet, pour ne pas tomber de son fauteuil lorsqu’on entend David Pujadas déclarer que le journalisme « souffre d’abord de conformisme et de mimétisme ». On retrouve cependant vite un discours plus familier lorsqu’il explicite ce qu’il veut dire par « conformisme » : « L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’Etat, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. »

Dans cet insupportable penchant gauchisant, libertaire et tiers-mondiste qui suinte des reportages des grandes chaînes françaises et des pages des journaux, il voit « une dérive mal digérée [sic] de la défense de la veuve et de l’orphelin, une posture qui valorise le journaliste et qui a l’apparence – l’apparence ! – du courage et de la révolte ». Où se situent, alors, le véritable courage, la véritable révolte ? C’est drôle : on a l’impression de deviner.

Comme pour mieux inciter à la révérence, Pujadas est présenté comme « une star de l’info » ; Arlette Chabot est « à la tête d’un bataillon de deux cents journalistes » ; Franz-Olivier Giesbert est « une des grandes figures du journalisme français ». Dans les plans de coupe, tous sont montrés en contexte, parés des attributs qui – faute de mieux ? – fondent leur autorité : menant une interview, le casque de radio sur la tête ; marchant d’un pas décidé dans les couloirs de rédactions affairées et cossues ; penchés à plusieurs, d’un air concentré, sur un écran d’ordinateur, en plein processus de production d’une information fiable et impartiale ; ou encore, dans le cas de Philippe Val – car le ridicule ne tue pas –, en pleine conversation téléphonique, le combiné collé à l’oreille. Lorsqu’ils parlent face caméra, ils comptent : « Quatre, trois, deux, un… », avant d’entamer leur discours (« Allez, on y va », lance gaillardement Arlette Chabot). Ils regardent le téléspectateur droit dans les yeux, tels des magnétiseurs hypnotisant leur patient.

« Chacun à sa place ! » Retour à la table des matières

Avant tout, bien sûr, il faut redire à tous ces inconscients combien Internet, c’est mal, et combien les grosses pointures journalistiques qui leur parlent sont indispensables à leur gouverne. Qu’on pouffe devant une émission d’Arlette Chabot ou à la lecture du « roman d’amour » que vient de publier Franz-Olivier Giesbert, en effet, et « c’est toute la démocratie qui est en danger ». Si Arte le dit… « Il faut cesser de faire croire, assène Elkabbach, que le citoyen journaliste va se substituer bientôt au journaliste citoyen : toutes les expériences citoyennes ont besoin de vrais journalistes pour sélectionner, vérifier et écrire. Alors, chacun à sa place ! » Axel Ganz, fondateur de Prisma Presse, dont les publications (Voici, Gala, Capital, VSD, Télé-Loisirs…) sont réputées pour leur contribution de haut vol à la vitalité de la démocratie, estime qu’à long terme Internet fera naître chez les jeunes « un scepticisme sur les valeurs de notre société » : terrifiante perspective.

Arlette Chabot, presque racinienne, supplie : « Méfiez-vous des théories du complot selon lesquelles la vérité, les vérités de l’information seraient sur la Toile tandis que les médias traditionnels vous cacheraient la vérité. C’est vrai : grâce à Internet, plus aucune information ne pourra être enterrée ou dissimulée. Mais je vous demande d’être prudents, car un jour vous apprendrez que vous avez été manipulés, trompés. Sur Internet, la traçabilité des images n’est pas garantie. » Même la voix off s’y met : « Sur le Web, chacun crée son propre média et se croit journaliste. » La vieille histoire de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, en somme. Tout ça finira mal – mal pour les internautes, ces buses présomptueuses, cela s’entend. Philippe Val, qui poursuit le Net de sa vindicte depuis le jour où il a découvert que ce machin pouvait permettre à des cuistres de critiquer sa politique éditoriale à Charlie Hebdo [1], le dit avec fougue : « La presse écrite survivra à Internet, j’en suis sûr. »

Les casseroles que traînent certains de nos preux « journalistes en colère » étant trop pléthoriques pour que leur fracas ne parvienne pas à leurs propres oreilles, ils sont obligés d’en passer par l’exercice de l’autocritique – d’en passer rapidement, qu’on se rassure. Jean-Pierre Elkabbach, qui réclame à grands cris « la rigueur, la curiosité, la qualité », et qui s’exclame : « Marre de nous complaire dans la pipolisation, l’irrationnel et le voyeurisme, j’en peux plus ! », reconnaît à demi-mot : « Est-ce que moi, je me suis fait honte ? Peut-être pour une erreur que j’ai commise et assumée » – référence un brin sibylline à son annonce prématurée, sur Europe 1, en avril 2008, de la mort de l’animateur de télévision Pascal Sevran.

Et Philippe Val, avec une désinvolture qu’on s’en voudrait de prendre pour de la suffisance : « J’ai dû dire une connerie y a pas longtemps. Je ne me souviens plus ce que c’est, mais je me suis trompé, mais méchamment. Putain, c’était la honte. » Moins défaillante que la sienne, notre mémoire a l’embarras du choix. Peut-être pense-t-il à sa récente déclaration selon laquelle l’« actionnaire » de France Inter, Nicolas Sarkozy, ne serait « pas très bien traité » par les journalistes de la station – assertion qui lui donne une légitimité indiscutable pour réfléchir au redressement de la profession ?

« Partenariats » médiatico-idéologiques Retour à la table des matières

Passons sur les viriles amitiés qui nous valent régulièrement ce genre de grandes opérations médiatico-idéologiques : cette soirée d’Arte était produite par Doc en Stock, la société de Daniel Leconte, en partenariat avec France Inter. Daniel Leconte et Philippe Val sont de grands amis : le premier a réalisé un film sur l’affaire du procès de Charlie Hebdo pour les caricatures de Mahomet, le « coup » publicitaire qui a définitivement lancé la carrière du second ; bien souvent, lors de précédents « débats » sur Arte, ils ont fustigé de concert la chienlit gauchiste [2].

Tous deux partagent avec Denis Jeambar, réalisateur de « Huit journalistes en colère » et instigateur en son temps du virage néoconservateur de L’Express, de solides convictions atlantistes. Les incessantes professions de neutralité journalistique et politique, les invocations d’une information « ni de droite ni de gauche », qui auront émaillé cette soirée – y compris lors du débat animé ensuite par Daniel Leconte –, sont franchement désopilantes, tant les obsessions propagandistes de ses initiateurs ont la discrétion d’un éléphant au milieu d’un couloir. Leur cible principale : les contempteurs de la politique israélienne, qui seraient tous, de même que ceux qui trouvent à redire à la politique américaine, de fieffés antisémites.

« Le pire ennemi du journalisme, avance Philippe Val, c’est sa conviction d’être au service du bien et de la pureté. » Celui qui, du temps où il éditorialisait à Charlie Hebdo, maniait avec une égale aisance l’insulte, la diffamation décomplexée et le fantasme échevelé, met en garde contre la « tentation de faire primer la thèse sur les faits » : « Le nombre de journalistes qui sont tombés dans le piège du bien est suffisamment important pour que la profession en soit profondément malade. Le discours démagogique des uns marginalise le travail sérieux des autres. Ce n’est pas quand il exprime une opinion que le journaliste est libre et indépendant : c’est quand il pense d’abord contre son opinion pour ensuite livrer son analyse. (…) On ne discute pas de l’Amérique, on ne peut pas discuter d’Israël et de la Palestine : il y a des tas de sujets sur lesquels on ne peut pas discuter parce que c’est le Bien et le Mal. Il y a des rédactions qui sont malades de ça. »

Le documentaire évoque également un incident navrant, qui en dit long sur cette « poubelle de la démocratie » qu’est la télévision, et qui vit la rédaction de France 2 – sous l’influence méphitique, il est vrai, de l’Instrument de Satan – diffuser, en pleine offensive israélienne sur Gaza, « des images récupérées sur Internet et accablant Israël. Après vérification, Arlette Chabot s’excuse : c’était de l’intox ». Il est bien établi aujourd’hui, en effet, qu’à l’hiver 2008-2009, à Gaza, l’armée israélienne s’est comportée avec un humanisme extravagant [3]. Et dire qu’il est encore de dangereux désinformateurs, en liberté sur Internet, pour persuader les âmes crédules du contraire…

Notes

[1] Voir à ce sujet Les Editocrates, La Découverte, Paris, 2009.

[2] Voir aussi « Camus, Leconte et la mélancolie coloniale », par Alain Gresh, Nouvelles d’Orient, 10 janvier 2010.

[3] Voir « Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité », Nouvelles d’Orient, 16 septembre 2009.

 

Pour info :

Vendredi 12 20h
"ZÉRO"
Film de Franco Fracassi critiquant les thèses officielles sur le 11 septembre.
Bien que plébiscité par le public et les journaux télévisés au moment du festival du cinéma de Rome en octobre 2007, le film n’a pas trouvé de distributeur en Italie.

aux Epines vendredi 12/02/2010 : http://les-epines.over-blog.com/

 

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06/02/2010

Où est le Ziegelbrenner ?

http://ml.federation-anarchiste.org/article1331.html

Publié dans Fanal en 1927, ce texte est un appel d’Erich Mühsam à son compagnon Ret Marut, alias l’écrivain Traven, alors bourlinguant à travers le monde avant de se fixer au Mexique. Il est a noter que le passé anarchiste de Traven est systématiquement occulté dans les milieux littéraires, du moins en France.

« Un lecteur de Fanal sait-il où se trouve le Ziegelbrenner [1] ? Ret Marut, camarade, ami, compagnon de lutte, homme, signale-toi, bouge-toi, donne signe de vie ; ton cœur n’est pas devenu celui d’un « bonze », ton cerveau ne s’est pas sclérosé, ton bras n’est pas devenu paralysé, ton doigt engourdi. Les Bavarois ne t’ont pas eu en 1919 ; ils te tenaient déjà au collet quand tu leur as encore échappé dans la rue. Autrement, tu te trouverais sans doute aujourd’hui là où se trouvent Landauer et tous les autres, de si vivants esprits, là où je serais aussi s’ils ne m’avaient déjà eu quatorze jours auparavant et ne m’avaient traîné hors de ce centre où l’on assassine.

« À présent ils ne peuvent plus t’embarquer. L’amnistie de l’an passé doit t’être applicable. Un jour viendra où l’on établira devant l’histoire la formation et le déroulement de la "Commune" bavaroise. Ce qu’il y a eu jusqu’à maintenant relevait d’un jugement partisan et confus, inspiré par la sottise et la haine, de manière injuste et pharisienne. Moi aussi je suis trop partie prenante, trop étroitement et personnellement impliqué dans les événements, trop profondément mêlé aux controverses sur les erreurs et les mérites de cette Révolution pour savoir être l’historien avec assez d’objectivité.

« Tu étais le seul actif dans les événements et capable, en même temps, de voir avec le recul ce qui allait mal, ce qu’on voulait de bien, ce qu’on entreprenait de juste et ce que l’on aurait dû entreprendre de plus juste. La succession de Landauer, ses lettres, ses discours, son action sur la fin, il faudra les soumettre dans peu de temps à la critique publique. Tu étais à ses côtés ; le secondant, le stimulant lorsqu’il était commissaire du peuple à l’Information et à la Propagande. Nous avons besoin de toi. Qui connaît le "briquetier" ? Qui, parmi les lecteur de Fanal, sait où l’on peut trouver, toucher Ret Marut ? Que celui qui peut le trouver, remette ce numéro. Beaucoup demandent de ses nouvelles, beaucoup l’attendent. Nous lançons un appel. »

Erich Mühsam, Fanal, avril 1927

Le texte d’Erich Mühsam (ci-dessus) a été trouvé sur un site Internet qui mérite d’être signalé. C’est celui de Partage noir (http://partage-noir.levillage.org).

Il vous propose des dossiers sur la Commune de Paris et la république des Conseils de Bavière (la brochure du même nom est entièrement en ligne), également des biographies de Ricardo Flores Magón, George Grosz, André Gill, Jaroslav Hasek, Erich Mühsam, Gustav Landauer, Frans Masereel, Ernst Toller et bien entendu B. Traven (Ret Marut). Mais également divers documents ayant trait à des publications, des revues comme Fanal, et des correspondances surprenantes. Ainsi, vous trouverez de nombreux papiers de Mühsam - pour les amateurs de littérature prolétarienne, un article sur Panaït Istrati !

Pour couronner le tout, ce site est d’une sobriété telle que sa visite se fait « fingers in the nose » ! Pour les connaisseurs, il est mis en page grâce au logiciel libre SPIP. Bref un régal !

[1] 1 Du nom de la revue anarchiste qu’avait lancée Traven sous le pseudonyme de Ret Marut : Der Ziegelbrenner (« Le briquetier »). Traduction J.-H. Source : http://partage-noir.levillage.org.

 

Creuse-Citron - No 17, été 2008.
No 17, été 2008
Beau comme une prison qui brûle.

 

09:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/02/2010

Chronique du racisme ordinaire : Pour TF1, l'Afrique ça pique

01/02/2010 09:25:21 | Jeune Afrique | Par : Marwane 
Ben Yahmed

Combien de temps faudra-t-il encore subir la litanie de clichés éculés sur l’Afrique dans les médias généralistes occidentaux ?

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Scène tournée en intérieur avec des décors réalisés par les techniciens de la Propaganda Staffel

 

Déjà si souvent réduit à son manque d’atomes crochus avec la démocratie, à sa pauvreté généralisée, à ses guerres ethniques ou à son goût prononcé pour la corruption, le continent n’a-t-il pas évolué au cours des derniers lustres pour qu’on le caricature encore, en 2010, comme une terre d’aventure hostile, peuplée de hardes d’animaux sauvages et dangereux, où la température ne descend jamais au-dessous de 45 °C et où les moustiques sont avides du sang frais des petits Blancs ?

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Quatre-vingts ans après Tintin au Congo – Hergé avait au moins l’excuse d’être, si l’on peut dire, de son époque –, la chaîne privée française TF1 (la première d’Europe) vient de relancer un programme de téléréalité qui, cette fois, flirte dangereusement avec les poncifs racistes. Son nom : « La Ferme Célébrités ». Réunir seize ersatz de sous-vedettes (si, si, c’est possible) pour les filmer 24 heures sur 24 en train de traire des vaches ou de nettoyer une écurie n’élève déjà pas particulièrement l’esprit. Mais le divertissement en question propose, à l’occasion de sa troisième édition, de quitter la campagne française pour poser ses bagages dans la réserve naturelle de Zulu Nyala, en Afrique du Sud. « ça va être chaud ! » comme l’écrit un très sérieux quotidien parisien : brousse, savane, bestioles et… maladies.

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Interrogés par la presse hexagonale, que cet exotisme inattendu interpelle visiblement, les deux animateurs vedettes de l’émission, que nous ne citerons pas, par charité, enchaînent les perles consternantes sans que personne n’y trouve à redire : « Entre les animaux qui piquent et la température qui dépasse 50 °C, les candidats ne vont pas être ménagés » ; « Notre rôle est de voir comment ils vont survivre en Afrique » ; « Qu’y a-t-il de mal à partir en Afrique pour voir des animaux et rigoler un peu » ; ou encore : « Les papillons ont la taille d’un deltaplane »

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… Angela Lorente, Madame Téléréalité chez TF1, elle, a rassemblé ses neurones pour résumer l’objectif du programme : « On va jouer sur l’hostilité, c’est ça le but en les emmenant en Afrique. Avec les animaux, on a tous les ingrédients pour faire un bon divertissement »… Fort heureusement, les concepteurs de l’émission n’ont pas songé à introduire quelques êtres humains, même pour séduire la fameuse ménagère de moins de 50 ans. Sinon, nous aurions eu droit à des autochtones cannibales vêtus de peaux d’antilopes… Bref, le pire est à craindre pendant les dix semaines que va durer ce bêtisier à ciel ouvert.

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Le racisme ordinaire, qui se nourrit essentiellement de l’ignorance, avait-il besoin d’une telle publicité ?

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09:43 | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/01/2010

De Teilhet à Tarnac...l'ultra droite la main de le SAC en poil de chêvre ?

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sac en poil de chêvre et cuir de bouc, artisanat typique du Maghreb et de l'Afrique

Belle petite vidéo de "La Montagne", que je salue au passage pour son travail indépendant, talent trop rare dans les journaux dits "locaux".

De Teilhet à Tarnac - Centrefrance
De Teilhet à Tarnac - Centrefrance

Il est important de revenir sur ce qui est arrivé à JHB car :

- "les avocats de Julien Coupat et ses proches demandaient au juge d'instruction Thierry Fragnoli d'entendre M. Bourgeois en leur présence et en présence des officiers de police judiciaire l'ayant entendu le 14 novembre 2008, laissant entendre qu'ils l'auraient entendu un jour plus tôt et avaient exercé des pressions sur lui" (selon Le Figaro)...

-"les réservations hôtelières et les reçus de paiement des officiers de police judiciaire, venus de Paris pour entendre Jean-Hugues Bourgeois, attestent que l’audition initiale avait eu lieu le 14 novembre 2008 au matin, selon cette source"(selon La Montagne).

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Quid du cas "Tanguy DESHAYES" ? Français de souche dans le texte...

"Tu vas crever, nègre blanc." Cette lettre, brûlée sur les côtés pour en renforcer l'aspect macabre, a valu à Tanguy Deshayes, 41 ans, tête de liste du Front national dans le 20e arrondissement de Paris lors des élections municipales de 2007, d'être mis en examen jeudi 22 janvier pour "menaces de mort" contre un jeune éleveur bio de 29 ans, Jean-Hughes Bourgeois. (Le Monde).

Qu'est ce qui a pris à ce quadra d'ultra droite d'écrire une lettre de menace à un jeune agriculteur bio à 400km du 20ème arrondissement de Paris ? Le fn se lance dans la campagne contre la diversification des fromages de chêvre bio...?

"C'est à la lecture des journaux que Tanguy Deshayes affirme avoir pris connaissance de l'affaire. Et pour lui, pas de doute : les convictions écologistes de Jean-Hugues Bourgeois le désignaient comme "un gars d'extrême gauche qui venait déranger des paysans français", a-t-il affirmé au Monde par téléphone. "Ça m'a énervé", ajoute-t-il pour expliquer sa lettre anonyme."(Le Monde).

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Le consanguin Tanguy passe la presse régionale au peigne fin pour y trouver des cibles potentielles ? JH Bourgeois allait-il faire une ferme halal ?

" Interpellé mardi 20 janvier à Paris et transféré le lendemain au tribunal de grande instance de Riom,Tanguy Deshayes a reconnu être l'auteur de la lettre anonyme envoyée en octobre 2008. Il a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Le Front national l'a suspendu, jeudi, "en raison de son comportement aberrant""

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Et oui, maintenant militer au fn ne rîme plus avec barre de fer...on la joue glamour consanguin incestueux...


"Les gendarmes de la brigade de recherches de Riom ont pris ces nouvelles menaces très au sérieux. Un fragment d'empreinte digitale retrouvé par les enquêteurs a pu être rapproché de données conservées dans le fichier national. Tanguy Deshayes a en effet déjà été condamné. "C'était il y a une dizaine d'années pour une affaire de bagarre et de détention d'arme", nous a-t-il expliqué. "C'était dans le cadre du service d'ordre d'un parti politique", précise une source proche de l'enquête."

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"Dans le cadre"...j'aime bien la notion du cadre : bagarre, détention d'arme, service d'ordre, le passage obligé pour grimper les marches au fn ?

"Ces menaces sont cependant un évènement incident dans l'enquête judiciaire ouverte en septembre 2008 sur les faits qui ont poussé le jeune agriculteur hors de la région. Or, l'enquête semble à ce jour au point mort. "Sur les six plaintes de déposées, une vient d'être élucidée", constate Jean-Hugues Bourgeois. L'agriculteur fait part de sa perplexité face au caractère isolé de la dernière affaire. "Même si les gens ne se connaissent pas entre eux, est-ce qu'il n'y a pas un lien ?"Manuel Armand (Correspondant)Le Monde.

 

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Liens consanguins

12:52 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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