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13/01/2013

Somalie : Opération Corned-Beef à Bulomarer…par ce qu'il n'y a ici que des actes de gouvernement.

somalie,bulomarer,otage,BPC,Mistral,opération,france

...elle est seulement la furie de la destruction.

 

Le journal La Croix n'y va pas avec le dos de la cuillière et titre  :

somalie,otage,bulomarer,denis allex

Fichtre,

Alors que nos braves soldats s'en vont, par la fuite en avant dans l'expansion coloniale au-delà des frontières, arracher un gentil otage des griffes crochues des vilains barbus islamo-gauchistes dit "terroristes", La Croix, plutôt que de rentrer dans les rangs et faire corps avec la realpolitique appliqué par la France dans une future jeune démocratie Africaine, joue le jeu des "terroristes" en pointant du doigt "l'opération ratée"...

D'autres journaux ont préférés faire profil bas quand à l'issue, fatale, de cette opération :

somalie,COS,BPC,otage

"Essuyer des pertes", c'est comme passer un coup de torchon, actionner des essuie-glace, on fera mieux la prochaine fois, l'important c'est de participer... 

 

Alors pourquoi lancer une invincible armada là-bas, à Bulomarer en Somalie en janvier 2013 ?

Mais si, souviens toi, le 14 juillet 2009, en pleine fête nationale, des barbus bien renseignés ont enlevés deux "journalistes" :

enlèvement, journalistes,somalie 14 juillet 2009,

A l'époque ça avait fait un peu de bruit dans le milieu de la presse car la couverture de "journalistes" empruntée par nos barbouzes qui venaient s'installer à l'hôtel Sahafi mettait du coup les vrais journalistes d'investigation dans une facheuse posture en risquant de les faire passer pour des indics emmbeded et tout le toutim...

Un an auparavant, en août 2008, deux autres journalistes avait déjà été enlevé à Mogadiscio : Nigel Brennan et Amanda Lindhout (ils ont été libérés en novembre 2009). Petit détail, les pourparler ont eût lieu à l'hôtel Sahafi, là où allait se faire enlever nos deux pieds-nickelés un an après :

hôtel Sahafi,mogadiscio,somalie,enlèvement,otage,

Voilou pour le contexte et le rappel de barême...

Donc vendredi 11 janvier 2013, l'opération visant à exfiltrer l'otage à Bulomarer nous est présentée en des termes mirifiques par Le Point, porte parole des opérations occultes et spéciales des "services" et qui ne manque pas, à travers son article, de présenter le fleuron du savoir faire français, la vitrine des chantier navals STX de Saint-Nazaire : le BPC Mistral.

Si tu cherches l'article en ligne, tu noteras, lecteur, que le pompeux plumitif ne parle pas des autres otages, de possible dégats collatéraux sur des civils... il y flanquera juste une citation de Corneille "l'obscure clarté qui tombe des étoiles" pour tenter d'alléger sa grosse promotion de l'opération foirée :

BPC Mistral,somalie,otage,bulomarer,COS

Tu auras donc vite compris que ces opérations, techniques politiques du capitalisme, sont avant tout une mise en avant "in situ" de notre industrie d'armement et de nos capacités de projection d'hommes et matériels (terre-air-mer), le bâtiment Mistral ayant succité l'intêret "outre-Atlantique" :

BPC Mistral,somalie,hélicoptère,projection

Même la Russie est intéressée par le Mistral :

BPC Mistral,russie,saint nazaire,armement,marine

Mais, dans la sagesse qu'on lui connait, le gouvernement Russe préfére "repousser la contruction de 2013 à 2016" afin de déterminer la place de ces derniers dans la flotte russe (et oui):

BPC Mistral,russie

Bref, sur fond de tractations d'armement entre grandes puissances, de marchés à prendre pour les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, de jeux de barbouzes entre pays de la coalition, qu'est ce que peut bien peser le poids de la vie humaine ? 

bpc mistral,armement,somalie,otage,opération

Cynisme assumé ou bravade de potache, les sponsors officiels de la Marine ont offert un petit sac au personnels à ponpon du Mistral pour les fêtes de fin d'année avec le logo de l'association "Gueules cassées, sourire quand même" :

BPC Mistral,gueules cassées

Le vieux militantisme donne l’exemple inverse.

  

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08/01/2013

Strasbourg et ses voeux d'artifices...

Alors qu'Olivier Bitz, adjoint anti-pyrotechnie au maire PS de Strasbourg, appelle à une «interdiction générale» des pétards pour mettre fin à une "tradition stupide", on découvre avec étonnement la page "Voeux d'Artifices" sur le site de la ville de Strasbourg, qui vous invite à créer une carte de voeux en 4 étapes...

A la première on choisit un des deux personnages, Jeanne ou Antonin :

strasbourg,artifice,bitz,pétards

la deuxième étape permet de choisir entre 3 couleurs de boîte d'artifices :

artifices,strasbourg,bitz,pétards,tradition

la troisième propose deux lieux : la cathédrale ou la presqu'île Malraux. La quatrième étape permet de finaliser l'envoi avec un message et l'animation commence pour se terminer par... un feu d'artifice :

bitz,artifice,strasbourg,pétards,interdiction,tradition

Détonnant, non ?

10:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

04/01/2013

Essai nucléaire : indemnisation et déclassification de documents

Essais nucléaires: cinq Polynésiens indemnisés

Publié le mardi 11 décembre 2012 à 15H05

 
 

 

Une réunion consultative du suivi des conséquences des essais nucléaires s'est tenue aujourd'hui à Paris, au Ministère de la Défense. Suite à cette réunion, le Comité d’indemnisation des essais nucléaires à donné son accord d’indemnisation à cinq Polynésiens suite à l’étude de leur dossier.

Une étude épidémiologique devrait également être réalisée en Polynésie française pour l’évaluation de l’impact sanitaire des retombées des essais nucléaires aériens de 1966 à 1974.

Mais pour le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, la modification de la Loi Morin n’est pas d’actualité malgré la demande des associations, qui souhaitent modifier l’article 4 alinéa 2 afin de supprimer la notion de risque relatif.

piqué au tas sur lesnouvelles.pf

déclassification de documents d'essais nucléaires en Polynésie française 

JORF n°0003 du 4 janvier 2013 page 

texte n° 86 

AVIS 

Avis n° 2012-20 du 20 décembre 2012 

NOR: CSDX1300001V

La Commission consultative du secret de la défense nationale, régulièrement convoquée et constituée, en ayant délibéré,

Vu le code de la défense ;

Vu l'article L. 2312-4 du même code qui dispose qu'une « juridiction française dans le cadre d'une procédure engagée devant elle peut demander la déclassification et la communication d'informations, protégées au titre du secret de la défense nationale » et que « cette demande est motivée » ;

Vu l'article L. 2312-7 du même code selon lequel l'avis de la commission « prend en considération les missions du service public de la justice, le respect de la présomption d'innocence et les droits de la défense, le respect des engagements internationaux de la France ainsi que la nécessité de préserver les capacités de défense et la sécurité des personnels » ;

Vu le jugement du 7 octobre 2010 du tribunal administratif de Paris, rendu à la requête de l'Association des vétérans des essais nucléaires et de l'association « Mururoa E Tatou », par lequel il est demandé au ministre de la défense de se prononcer à nouveau, après saisine et avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale, sur la déclassification et la communication de divers rapports établis par les services mixtes en charge du contrôle biologique et de la sécurité radiologique à la suite des tirs nucléaires réalisés au Sahara et en Polynésie française entre 1960 et 1996 ;

Vu la lettre de saisine de M. Jean-Yves LE DRIAN, ministre de la défense, en date du 3 octobre 2012 ;

Considérant que, si par son jugement susvisé le tribunal administratif de Paris a notamment enjoint au ministre de la défense de saisir de certains documents la Commission consultative du secret de la défense nationale, il ne réclame pas à avoir lui-même communication de ces documents après leur éventuelle déclassification ;

Considérant dans ces conditions qu'il n'est pas possible à la commission, pour arrêter l'avis qu'elle doit rendre au ministre de la défense, de prendre en considération parmi les critères que la loi lui prescrit de mettre en œuvre celui qui est relatif aux « missions du service public de la justice » ;

Emet un avis favorable à la déclassification des 58 documents communiqués par les services du ministère de la défense.

Sont toutefois exceptés de cet avis favorable :

― le dernier paragraphe de la page 7 et le premier paragraphe de la page 8, les pages 64 à 86 du compte rendu de la campagne 1974. ― Rapport n° 149/74-11/SMSR/DIR du 26 novembre 1974 ;

― les pages 36, 37 et 38 du document « Conséquences radiologiques du tir Andromède » n° 113/SMSR de juin 1970 ;

― les pages 35, 36, 37 et la planche n° 37 du document « Conséquences radiologiques du tir Dragon » n° 136/70/SMSR de juillet 1970 ;

― les pages 22, 23, 32, 33 et 34 du document « Conséquences radiologiques du tir Canopus » n° 72/68/SMSR de décembre 1968 ;

― les pages 31, 32 et la planche 29 du document « Conséquences radiologiques du tir Cassiopée » n° 113/70/SMR de juin 1970 ;

― les spectres n° 15246, 15278 et 15276 du compte rendu de l'opération « Arcturus » n° 76/SMSR/PEL/PAC du 20 juillet 1967 ;

― la totalité de l'annexe IV du compte rendu de l'opération « Antares » n° 75/SMSR/PEL/PAC du 18 juillet 1967 ;

― la totalité de l'annexe 2 du document « Opération Altaïr » n° 72/SMSR/PEL/PAC du 6 juillet 1967 ;

― la totalité des annexes 5 et 6 du document « Bilan des mesures physiques concernant TUREIA » n° 3/SMSR du 28 juillet 1967 ;

― les pages 31 à 35 du document « Conséquences radiologiques du tir Licorne » n° 156/SMSR de juillet 1970 ;

― les tableaux I et II et la figure n° 3 du document « CENTAURE » n° 101/SMSR/PAC du 7 septembre 1974 (Retombées Centaure et divers Retombées Tahiti) ;

― la totalité de l'annexe 5 du document « Conséquences radiologiques du tir Capella » n° 68/DAM/SDE/SPS d'août 1968 ;

― la totalité de l'annexe 4 et de l'annexe 5 (pages 28 à 31) du document « Conséquences radiologiques du tir Castor » n° 69/DAM/SDE/SPS de septembre 1968 ;

― la totalité des annexes 3, 4 et 5 (pages 34 à 48) du document « Conséquences radiologiques du tir Pollux » n° 70/DAM/SPE/SPS de novembre 1968 ;

― la totalité de l'annexe 4 (pages 30 et 31) et la planche n° 26 du document « Conséquences radiologiques du tir Procyon » n° 73/DAM/SDE/SPS de janvier 1969.

A l'exception des mentions à caractère nominatif ou des mentions à caractère interne dont la suppression paraîtra nécessaire au ministre.

Fait le 20 décembre 2012.

Pour la Commission consultative

du secret de la défense nationale :

La présidente,

E. Ratte

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30/12/2012

Notre Dame des Luttes !

12:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

“Les Ch’tis d'Allah” : de Roubaix au djihad

Dans un documentaire glaçant, Olivier Pighetti remonte une des sources du djihadisme international jusqu'en Bosnie. A voir ce lundi 12 novembre, à 23h20, sur France 3.

Le 10/11/2012 à 00h00 - Mis à jour le 13/11/2012 à 16h27
Propos recueillis par Hélène Marzolf - Télérama n° 3278

Dans Les Ch’tis d'Allah, le gang de Roubaix, Olivier Pighetti retrace l'épopée du « gang de Roubaix », qui, en 1996, terrorisa le Nord de la France. A sa tête, deux Français convertis à l'islam et formés à l'action violente pendant la guerre de Bosnie. Par le prisme de ce fait divers, il revisite des aspects méconnus du djihadisme international.

Pourquoi vous être intéressé à ce sujet ?
L'idée m'est venue l'année dernière lorsque, pour mon film Le 11 Septembre raconté par al-Qaida, j'ai rencontré des membres du réseau partout dans le monde. Chaque fois, j'ai été confronté à des gens éduqués, auxquels je pouvais m'identifier, ce qui m'a conduit à me demander comment ils avaient pu basculer dans la terreur. Je me suis alors souvenu du gang de Roubaix, dont les chefs étaient deux chrétiens convertis à l'islam. Partis en Bosnie, Christophe Caze et Lionel Dumont (1) se sont fait enrôler, comme d'autres étrangers, par la milice extrémiste El Moujahidin (ou El Moudjahid). Je me suis dit qu'il serait intéressant de partir de l'histoire de ces Français, pour comprendre comment des jeunes gens intégrés dans la société ont pu verser dans une telle violence. Au départ, le documentaire devait être diffusé au moment de l'affaire Merah. Mais celle-ci intervenant juste avant la présidentielle, la chaîne a eu peur que le film ne soit instrumentalisé et ne fasse le jeu de Nicolas Sarkozy.

Le film résonne-t-il dans l'actualité ?
Je pense que le contexte de l'époque était différent. Caze et Dumont ont sombré dans le terrorisme, mais, au départ, leurs motivations étaient quasi humanitaires. Il faut se souvenir que le conflit des Balkans a poussé énormément de Français à se mobiliser. Face aux atrocités que l'on attribuait aux Serbes ou aux Croates, les jeunes prenaient fait et cause pour les Bosniaques… Aujourd'hui, il me semble que des gens comme Merah ne sont pas animés, au-delà de leur révolte, par le même idéalisme.

Vous expliquez que le djihad en Bosnie a été à l'origine des réseaux al-Qaida.

La Bosnie a constitué un moment charnière du djihadisme international, car ce conflit a fait le lien entre les « Afghans » – les musulmans des pays arabes ayant combattu les Russes en Afghanistan – et l'Europe. De nombreux combattants européens, comme Caze et Dumont, sont rentrés de Bosnie enragés par les atrocités de la guerre, et ont voulu poursuivre le djihad chez eux. A cette époque, il y a d'ailleurs eu en Europe des centaines d'arrestations… C'est en Bosnie que se sont formés une partie des futurs cadres d'al-Qaida, ceux qui, plus tard, ont participé à l'attaque contre l'USS Cole [en 2000] ou au 11 septembre 2001. Et Ben Laden lui-même s'est rendu en Bosnie, et a rencontré le président Izetbegovic. Il semblerait même qu'il ait obtenu un passeport bosniaque…

Ces faits sont-ils reconnus ?
Pas vraiment. Izetbegovic a toujours nié que Ben Laden lui ait rendu visite. Quant à la brigade El Moujahidin, les militaires locaux connaissaient son existence, mais le monde extérieur était tellement concentré sur les problèmes entre Serbes, Croates et Bosniaques que les exactions de cette milice sont passées relativement inaperçues.

Comment fonctionnait la brigade El Moudjahidin ?
Elle n’a pas immédiatement existé en tant que telle. Au tout début, les djihadistes – tous des combattants étrangers – ont été intégrés dans l’armée bosniaque. Mais des dissensions sont vite apparues. Les tenants de la guerre sainte considéraient les soldats de l’armée comme des pleutres. Surtout, ils leur reprochaient de ne pas obéir aux lois de la charia et ne supportaient pas que les Bosniaques fument, boivent, ou écoutent de la musique. Les combattants étrangers ont donc fini par créer une milice indépendante, sous contrôle de la présidence. Celle-ci était d’autant plus redoutable que ses membres n’avaient pas peur de mourir au combat, contrairement aux Bosniaques. Au début la brigade était composée d’une centaine de membres. Mais sur toute la durée de la guerre, entre 5 000 et 8 000 hommes se sont relayés. Ils étaient implantés dans différentes zones, allaient dans les endroits les plus dangereux lorsqu’il fallait regagner une position prise par les Croates ou les Serbes. Ils ont d’ailleurs réussi des coups incroyables grâce à leur vaillance.
Dans ce film, vous abordez le rôle de pompiers pyromanes qu’ont joué les Américains dans le conflit bosniaque. Et vous êtes même revenu sur ce sujet depuis, dans un autre documentaire intitulé Guerre de Bosnie, les combattants d’Allah
Dans ces deux enquêtes, j'explique comment, par peur que la Serbie tombe entre les mains des Russes, la CIA a coordonné l’ensemble des troupes de djihadistes, financées par l’Arabie saoudite ou l’Iran. Les Etats-Unis ont même directement entraîné des combattants. Donc l’Amérique a créé ce monstre, et s’est rendue compte à la fin de la guerre qu’il était devenu incontrôlable. Exactement comme en Afghanistan dans les années 80, lorsque les USA ont soutenu les Talibans contre les Russes… L’histoire se répète à chaque fois.

Quel a été le rôle du président bosniaque dans tout cela ?
Alija Izetbegovic a toujours joué double jeu. D’un côté il se rangeait du côté des Américains, et recevait leur aide pour obtenir des informations ou gagner des positions. Et de l’autre côté, il a soutenu la brigade El Moudjahidin, lui a permis d’être le fer de lance de l’armée bosniaque, alors même qu’elle commettait des crimes de guerre.

Comment avez-vous obtenu les séquences rares que l'on voit dans le film ?

J'ai fait travailler des enquêteurs. Nous avons récupéré des images provenant de la brigade El Moujahidin, par le biais d'un ex-militant, mais aussi par celui des services secrets bosniaques et du TPI (Tribunal pénal international) de La Haye. Concernant les entretiens, j'ai réussi, en passant par une famille de détenus, à obtenir un rendez-vous téléphonique avec Lionel Dumont, aujourd'hui enfermé à la prison de la Santé. Ce qui relève du miracle, car il est particulièrement surveillé, et je ne sais même pas si l'administration pénitentiaire est au courant de ce coup de fil. En Bosnie, nous avons pu rencontrer des militants et des ex-membres des services secrets ainsi que des anciens de la brigade El Moujahidin.

 

Ces derniers sont-ils encore nombreux ?
A la fin de la guerre, le président bosniaque a donné des passeports par centaines à tous ces combattants radicaux, pour qu'ils restent en Bosnie. Aujourd'hui, s'ils sont cinquante, c'est encore beaucoup. Et ils ont tellement peur de se faire expulser qu'ils se cachent et font profil bas.

.(1) Christophe Caze a été tué par les forces de l'ordre et Lionel Dumont est en prison.

4.png Les Ch’tis d'Allah, le gang de Roubaix, lundi 12 novembre 2012, à 23h20 sur France 3.

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28/12/2012

Maurizio Cattelan – Le grand jeu

L’artiste italien Maurizio Cattelan aime jouer. Il pirate les règles esthétiques et les conventions sociales, crée un faux Picasso et expose des coffres-forts fracturés. A 38 ans, il s’impose comme l’artiste le plus désopilant et le plus cinglant de ces dix dernières années.

Le 6 novembre dernier, Picasso est sorti du MoMA et a profité de son temps libre pour se promener dans les rues de New York, des jeunes filles excitées et une troupe de policemen sont venus le saluer et se sont fait prendre en photo aux côtés de la Grosse Tête. Ceci n’est pas une blague, ou plutôt si : c’est même la dernière pirouette de l’artiste italien Maurizio Cattelan. Invité à présenter un projet au Museum of Modern Art de New York, il retourne la situation en un tour de main, fait du musée lui-même le sujet de son intervention : en effet, pour aussi drôle qu’elle puisse être, cette parade burlesque de Picasso à travers les rues de Big Apple jette un éclairage ironique sur la culture US et révèle dans un grand éclat de rire la disneylandisation des grands musées américains ­ voire du Louvre ?

Né en 1960 à Padoue, vivant entre Milan et New York, Cattelan joue avec les structures, s’amuse avec les lois, les règles artistiques et les conventions sociales, se joue sans arrêt du milieu de l’art ­ son terrain favori. Il déguise son galeriste parisien, Emmanuel Perrotin, en lapin lubrique, crée un prix récompensant tout artiste qui refusera d’exposer pendant un an (Oblomov foundation, 1992), s’évade du château de Rivara où il était amené à faire sa première exposition collective, fait faire son portrait-robot par la police. Côté histoire de l’art, il renouvelle profondément le genre de l’intervention in situ : son art à la fois loufoque et critique est toujours la prise en compte d’un contexte très précis (une galerie huppée, un centre d’art français, une foire…).

Mais les propositions plastiques auxquelles il aboutit jouent comme un révélateur de la structure, s’imposent comme un pied de nez hilarant fait à la puissance invitante et nous renseignent sur la situation particulière de l’artiste face à la pression du contexte : pour sa première expo dans la très chic galerie Daniel Newberg de New York en 1994, et après le refus par le galeriste de deux propositions trop coûteuses, Cattelan s’est contenté d’installer dans la galerie un âne et un lustre en cristal. Autoportrait de l’artiste en âne jeté dans le monde du luxe et menaçant de le briser ! De même, comment ne pas voir dans ce Picasso de carnaval la réponse subversive de l’artiste à ce que le MoMA attendait de lui : un one-man show époustouflant ? Maurizio Cattelan joue le jeu en le déjouant.

 

rauss,maurizio cattelan

photo newsnetz-blog.ch

Mais ses interventions ne concernent évidemment pas le seul milieu de l’art, elles jouent aussi avec la société dans sa totalité. En 1990, Cattelan entreprend une de ses actions les plus tonitruantes et les plus directement politiques : il crée sa propre équipe de football, l’AC Forniture Sud, composée de travailleurs sénégalais illégaux, de sans-papiers homologués dans le monde du football mais interdits sur le sol italien ! Sur les maillots des joueurs, le slogan nazi Rauss fait office de sponsor et révèle tout le mal qu’on pense d’eux. Pour manager son équipe, ce pirate de l’art détourne le langage publicitaire et les techniques marketing : il monte un stand illégal à la foire artistique de Bologne, développe un arsenal de gadgets siglés Rauss (fanions, maillots, ballons…). “C’était en 90-91, au début des questions d’immigration, et ça renvoyait évidemment l’Italie à son propre passé, à sa longue tradition d’émigration. Mais ce n’est pas un constat, ni une dénonciation. J’ai surtout voulu créer un problème, provoquer une situation dans la société réelle. Autrement dit, Cattelan est un joyeux fouteur de merde…

Dix ans à ce rythme, et son oeuvre prend l’allure d’un catalogue de pirouettes hilarantes et subversives. Mais il ne faut pas s’en tenir à ce côté blagueur : car il y a aussi dans cette oeuvre des animaux empaillés, le suicide d’un écureuil, un cheval pendu et la propre tombe de l’artiste, creusée à Dijon. Autant de figures tristes et inertes, prises au piège de la forme fixe et des structures trop étroites. Cattelan pratique une variété vitale des genres et des supports, refuse de s’enfermer dans un style. Le jeu n’est donc pas chez lui une simple arme de dénonciation, une façon de retourner la société contre elle-même : c’est avant tout une philosophie pratique, un principe de vie.

le 16 décembre 1998

maurizio cattelan,rauss

photo newsnetz-blog.ch

article piqué au tas chez Lesinrocks.com

 

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24/12/2012

Joyeux Bordel - Pierre Bourdieu

08:56 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/12/2012

L'Europe se construit... autour du drone de combat nEUROn...

L'Etat français et le constructeur Dassault Aviation ont prôné la coopération européenne pour le développement du prochain avion de combat en Europe, lors de la présentation d'un précurseur de drone de combat européen dans le sud de la France.Le Neuron, un "démonstrateur" (laboratoire volant) de drone de combat qui a effectuait son premier vol en public aujourd'hui depuis la base aérienne d'Istres, a été développé avec le financement de six pays (France, Italie, Espagne, Grèce, Suède et Suisse) sous la direction de la France et de Dassault Aviation. Cette présentation, en vol et au sol, était organisée à l'intention des hautes autorités françaises et étrangères concernées par le programme. Charles Edestenne, PDG de Dassault Aviation, a souligné  lors de son discours qu'il s'agissait du "premier drone de combat construit en coopération, du premier avion de combat furtif, et du premier avion de combat complètement conçu et développé sur un plateau coopératif virtuel."

piqué au tas sur maritima.info - 19/12/12

L'Etat et Dassault prônent la coopération européenne sur les avions de combat 

Ce discours pro-européen tranche avec la pratique passée.

La France s'était retirée dans les années 80 du programme d'avion de combat Eurofighter, laissant la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie le construire ensemble pendant qu'elle finançait la construction du Rafale par Dassault. Les deux appareils se disputent depuis les marchés à l'exportation.

Si Dassault parle de coopération, c'est à des conditions auxquelles ne répondent pas les programmes européens actuels comme l'Eurofighter, l'avion de transport militaire A400M ou les hélicoptères militaires Tigre et NH90.

Charles Edelstenne a énuméré ces conditions qui ont permis, selon lui, le succès du Neuron: un soutien financier des Etats, "une organisation simple et claire" avec une seule agence gouvernementale (la DGA), et un maître d'oeuvre industriel unique (Dassault).

Il a en outre souligné le fait que les contributions de chaque partenaire ont été basées sur ses compétences "et non (sur) celles qu'il aurait pu acquérir aux frais du programme et donc du contribuable européen", et enfin l'utilisation des mêmes outils informatiques.

Le programme Neuron, a insisté M. Edelstenne, a respecté son budget de 405 millions d'euros. Le respect des budgets est une des fiertés de Dassault, dans une industrie où les dérapages budgétaires sont systématiques.

piqué au tas sur lepoint.fr - 19/12/12

16:34 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Laurent Ozon souhaite une année 2013 « plus meurtrière encore » aux journalistes

ozon,survivalisme,courant identitaire,néo-païen, amateur de solstice

(la photo ne fait pas partie de l'article original)

 

Aujourd'hui animateur du mouvement Maison commune, après avoir claqué la porte du FN en août 2011, parti dont il a été un membre éphémère de son bureau politique,  Laurent Ozon adresse, en ces termes, ses vœux aux journalistes pour 2013 par l'intermédiaire de sa page Facebook et de son compte twitter.

"L'AFP soulignait ce matin que '2012 est l'année la plus meurtrière pour les journalistes depuis les années 90' avec 88 journalistes tués dans le monde. Un chiffre qui devrait faire réfléchir cette profession.

J'écrivais ce matin, sur mon compte Twitter et sans rire qu'un journaliste de France Info, était, en terme de pouvoir de colonisation, l'équivalent de 50 000 algériens revanchards. C'est un minimum.

Les médias jouent, de fait, un rôle de pouvoir de plus en plus évident et de plus en plus massif pour des intérêts en crise mais qui sont responsables, à l'évidence, de souffrances sans nom.

Il faut le dire clairement, le rôle des journalistes est aujourd'hui d'appuyer une logique de domination qui produit des souffrances et des morts par millions. Ils ne doivent pas s'étonner de se retrouver exposés. Parce qu'ils sont devenus les soldats d'un système d'oppression, ils en récolteront le fruit.

Je prédis que l'année 2013 sera, pour les journalistes mercenaires, plus meurtrière encore et ce sera justice."

Pour situer M. Ozon, voilà ce que nous écriviions l'an passé dans le post intitulé "Le malentendu Laurent Ozon":

Laurent Ozon est "écologiste", mais  dans sa version néo-droitière. Il appartient par ailleurs  au courant identitaire de l'extrême droite (qui dépasse le seul Bloc identitaire) dont le projet politique, ethno-culturel, repose sur le triptyque sur  "langue, sol et sang". Il est localiste, néo-païen, amateur de solstice.

Aujourd'hui, Laurent Ozon fait des conférences sur le "communautarisme blanc européen".

Le 23 juillet 2011, au lendemain des attentats d'Oslo, il avait écrit sur son compte Twitter : "Expliquer le drame d'Oslo : explosion de l'immigration : [multipliée par six]entre 1970 et 2009." Et encore, "Expliquer le drame d'Oslo : de 1970 à 2009, X58[multiplication par cinquante-huit du nombre d'] immigrés d'origine afro-orientale (...).Vers la guerre civile ?"

 

via http://droites-extremes.blog.lemonde.fr - 19/12/12

12:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/12/2012

STRASBOURG - Pinar Selek « reste debout »

« La justice veut fatiguer les gens qui me soutiennent. ». Après 14 ans de procédure judiciaire, deux passés en prison et 3 acquittements, Pinar Selek devrait être fixée le 24 janvier, son procès ouvert jeudi ayant été reporté.
Réfugiée à Strasbourg, où elle mène une thèse sur les mouvements sociaux en Turquie et dispose de nombreux soutiens, la sociologue turque risque la condamnation à perpétuité pour « terrorisme » concernant une explosion dans un bazar d'Istanbul en 1998, pour laquelle les rapports d'expertises parlent de fuite de gaz. Pinar Selek a été arrêtée par la police turque et subi « une dure torture pour que je donne les noms des militants du PKK* que j'ai rencontré pour mes recherches »,raconte celle qui n'a rien perdu de son militantisme. « ça me déchire, mais je suis une résistante, je reste debout. Je suis fatiguée mais pas morte ! »A.I.

piqué au tas sur 20minutes.fr-strasbourg - 17/12/2012

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