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22/08/2012

ECHEC À L'OPÉRATION "CRIMINOLOGIE" D'ALAIN BAUER

bauer alain,criminalité,CP-CNU,communauté scientifique,Laurent Wauquiez,

Le tableau annexé à l'arrêté du 2 mai 1995susvisé est modifié comme suit : 
Dans le groupe XII, la section 75 intitulée « criminologie » est supprimée.


Dans la discrétion estivale, et par un sec arrêté du 6 août, le gouvernement a mis fin à l'opération "criminologie" pilotée par l'Elysée au profit d'Alain Bauer [...] et de ses amis.

C'est en mars dernier que le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez, avait créé de toute pièce une nouvelle section au Conseil national des universités (CNU), intitulée criminologie.

Cette décision faisait suite à une intense opération de lobbying d'un petit groupe organisé autour d'Alain Bauer, ancien rocardien viré sarkozien, qui a fait de son discours sur la sécurité un instrument efficace de création d'un "marché" juteux de consultance auprès des pouvoirs publics et des entreprises. Mais il lui manquait la caution scientifique et universitaire, que la décision de Laurent Wauquiez allait lui donner.

 

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Une vive protestation s'était élevée devant l'opération, en particulier dans les laboratoires de sociologie, mais  l'avis de la Commission permanente du CNU montre que c'est l'ensemble du milieu universitaire qui n'acceptait pas la manoeuvre élyséenne.

Ainsi la commission permanente du CNU avait-elle déclaré : « Le projet de création d’une section de criminologie n’a fait l’objet d’aucun débat sérieux impliquant l’ensemble de la communauté scientifique. Il a été préparé dans la plus grande opacité, dans le mépris des positions exprimées par la très large majorité des spécialistes des sciences criminelles et des questions de sécurité. Le ministère n’a jamais répondu aux multiples interpellations du milieu scientifique, autrement que par le biais d’une brève consultation électronique dont il n’a pas souhaité rendre les résultats publics. De surcroît, aucune réflexion approfondie n'a été conduite sur les conditions d'inscription de cette nouvelle section du CNU dans le paysage universitaire, notamment sur le vivier d'étudiants, le nombre de qualifications potentielles de candidats titulaires d’un doctorat et le nombre d'enseignants susceptibles d'être rattachés à la section. Le projet de création d’une nouvelle section de « criminologie » a été porté par un groupe resserré de quelques personnalités ne représentant pas le champ scientifique dans sa diversité, ce qui est la condition minimale pour qu’une discipline puisse émerger (...)-­ La CP­‐CNU estime que la création de la section de criminologie est motivée par des préoccupations étrangères à la logique scientifique....»

 

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Le reste du texte est ici, un historique de l'affaire est disponible ici sur le site web de la CNU.

Sur le blog :

♠ L'avis de l'Association française de droit pénal.

♠ Une première note du blog sur ce sujet.

♠ Cette décision brutale de l'Elysée est en rapport avec l'affaire Roucaute, l'auteur du discours de Guéant sur "la supériorité de notre civilisation." Lire cette note.

♠ Pour aller plus loin et comprendre toute cette histoire, lire le texte du sociologue Laurent Mucchielli.



Par Sylvestre Huet, le 22 août 2012

les photos ne font pas partie de l'article original

piqué au tas sur http://sciences.blogs.liberation.fr 

09:25 | Lien permanent | Commentaires (1) |

11/07/2012

Sans motif légal, les centres de rétention restent fermés aux journalistes

Par SARAH BOSQUET

Plus de familles ni de mineurs dans les centres de rétention administrative (CRA). Avec la circulaire adressée aux préfets ce lundi, Manuel Valls réalise la promesse de campagne du gouvernement Hollande, pression de la société civile et des institutions europénnes aidant. La France avait en effet été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en janvier 2012 (lien) suite à l’enfermement de la famille Popov au CRA de Rouen-Oissel.

Le ministère de l’Intérieur ne semble en revanche pas préoccupé par une autre violation des libertés fondamentales : sans fondement juridique réel, ces centres sont fermés aux journalistes. C’est l’un des constats de la campagne «Open access now » menée par les réseaux d’associations Migreurop et Alternatives Européennes du 26 avril au 26 mai. Le principe: journalistes, militants associatifs et parlementaires de huit pays d’Europe (et de Mauritanie) se sont mobilisés pour demander l’entrée dans ces espaces opaques où sont enfermés les migrants en situation irrégulière dans l’attente de leur expulsion – ou de leur libération.

En France, 48 journalistes de médias nationaux et régionaux ont participé à l’opération. Certains accompagnaient des parlementaires, d’autres ont fait leur demande de manière autonome. Sur les neuf centres de rétention démarchés, six ont pu être visités, mais uniquement par les parlementaires. Toutes les demandes des journalistes et des militants associatifs ont été refusées.

«C'est l'arbitraire qui décide»

Prisca Orsonneau, avocate au barreau de Paris et conseillère juridique de Reporters sans frontières, a elle aussi trouvé porte close: «Ce qui est effrayant, c’est qu’on a l’impression d’une zone à part où c’est l’arbitraire qui décide – les autorités ne se donnent souvent même pas la peine de nous argumenter leurs refus.» Car si l’accès des journalistes aux prisons est encadré par un texte du code pénitentiaire, il n’existe pas de disposition similaire pour les CRA. Un flou juridique avantageux pour les administrations, qui s’autorisent un mode de réponse discrétionnaire. En contradiction totale avec le principe du droit à l’information imposé par l’article 10 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme (CEDH). «Les restrictions à ce droit doivent être justifiées par les textes de lois ou par un motif légitime (comme un espace surmilitarisé ou un contexte très spécial)», rappelle Prisca Orsonneau.

Le CRA de Geispolsheim, près de Strasbourg, a motivé son refus par l’article 719 du code de procédure pénale qui prévoit le droit d’accès des parlementaires et sénateurs aux CRA mais n’évoque pas celui des journalistes. D’autres centres ont invoqué le «devoir de réserve» des fonctionnaires en «période électorale». C’est la réponse que le CRA de Vincennes a donné à Camille Polloni, journaliste aux Inrockuptibles: «On a réussi à passer un premier portail en scooter, par hasard. Mais on est vite venu nous chercher avant l’entrée – la parlementaire et le sénateur qui nous accompagnaient sont rentrés sans nous.» 

Mais la palme des justifications douteuses revient au centre de Cornebarrieu, près de Toulouse, où le ministère de l’Intérieur explique aux militants et journalistes: «Nous veillons avant tout au respect des personnes. Si ces centres sont interdits, notamment aux journalistes, c’est lié au fait que ces retenus ne sont pas des animaux et que nous ne sommes pas dans un zoo.»

«Le plus dur, c'est l'attente»

Marie Barbier, journaliste à l’Humanité spécialisée sur les questions de migrations, n’en était pas à sa première demande au moment de la campagne. «D’habitude, la plupart des refus ne sont pas motivés, mais cette fois, le CRA Vincennes m’a répondu que les détenus étant des personnes privées de liberté, une visite pourrait nuire à leur image.» Elle était déjà rentrée deux fois dans des centres de rétention - sans dire qu’elle était journaliste, mais en faisant valoir le droit de visite d’un détenu. «Le plus dur pour ces personnes, c’est l’attente - alors qu’ils n’ont rien fait de mal. La pression est incroyable: tous les matins, le nom des expulsés est affiché sur un tableau». Tentatives de suicides, auto-mutilations…. Les conséquences psychologiques de l’enfermement peuvent être très graves. D’autant plus que dans la plupart des centres de rétention, l’accès aux soins est très limité.

Autre méthode utilisée par les journalistes pour rentrer en contact avec les détenus: se faire passer pour un assistant parlementaire (donc entrer sans caméra ni appareil photo), ou appeler sur les cabines téléphoniques des centres, comme le fait régulièrement Marie Barbier: «C’est très impressionnant, on entend des cris, des appels qui résonnent. Les détenus qui parlent français sont très preneurs de parole.»

L’isolement géographiques des CRA (souvent proches des frontières ou d’aéroports) et l’absence fréquente d’interprètes réduisent d’autant les possibilités de communication ou de témoignage. Les données éparses obtenues par les associations et les élus pointent l’hétérogénéité des conditions matérielles dans les centres, où sureffectif et recours à la contrainte physique (menottes, isolement) sans justification particulière sont courants. Hélène Flautre, députée européenne EE-LV, a visité la zone d’attente de Roissy et le CRA de Strasbourg le 13 avril, en demandant à être accompagnée de journalistes. Elle n’a pas pu rentrer avec eux. «Je ne vois aucune raison à leur interdire l’accès des centres, à part entretenir les fantasmes de la population sur les migrations et les migrants», lance-t-elle. «Seulement, si tous les journalistes pouvaient diffuser les récits des individus, ce serait dévastateur pour les autorités politiques. Car la plupart des personnes enfermées dans ces centres n’ont rien à y faire.»

De fait, selon la Cimade, 40% des personnes placées en rétention sont finalement libérées quand 35% sont expulsées. «La majorité sont des sans-papiers qui ont été arrêtés dans la rue, alors qu’ils vivent ici depuis des années», souligne Marie Barbier. En 2010, plus de 60 000 personnes sont passées par un des 26 CRA français. La durée maximale de la rétention y est passée de 32 à 45 jours en juillet dernier. La durée moyenne d’enfermement étant aujourd’hui d’une dizaine de jours. Paradoxe: plus le temps de rétention augmente, moins l’étranger risque l’expulsion.

«Maintenir l'opacité»

«Nous demandons le droit d’accès au CRA pour la société civile de manière générale», explique Laure Blondel de Migreurop, coordinatrice de la campagne Openaccess.  «Notre analyse est globale: partout en Europe, il y a une volonté de maintenir l’opacité sur ces centres, en entretenant l’illusion qu’on peut y rentrer. En mettant en avant les visites des parlementaires (qui y ont déjà droit), ou en invitant certains journalistes pour l’inauguration de nouveaux centres, comme cela a été fait en Belgique et à Barcelone.» Les journalistes y ont été autorisés à prendre des photos, mais pas à parler aux détenus.

En Italie, où leur accès est encadré par un règlement, un refus d’accès opposé à une journaliste a été contesté et porté devant les tribunaux par un collectif d’associations. La décision de l’administration a été déclaré illégale. «Cela montre que les textes qui prévoient l’accès des journalistes sont fait pour restreindre leur marge de manoeuvre dans la pratique» analyse Ségolène Pruvot d’Alternatives Européennes, elle aussi coordinatrice de la campagne. «Il faut une règlementation, mais elle doit prendre en compte réellement le droit à l’information.»

Le 2 mai, lors du débat de l’entre-deux-tours, François Hollande, déjà interpellé par les associations, cite sa lettre de réponse au directeur général de France Terre d’Asile: «Je souhaite que la rétention devienne l’exception» (position qui rejoint la législation européenne), avant d’affirmer, péremptoire: «Les centres de rétention sont nécessaires, ils existent partout.»

En 2010, un rapport de la Cimade dénonçait «une banalisation de l’enfermement administratif» (le nombre de places dans les centres a augmenté de plus de 80% entre 2005 et 2011). Face à un système absurde et mécanique, Hélène Flautre pointe elle le besoin urgent de transparence: «Quand on discute avec les migrants, on se rend compte que leurs situations émanent de politiques d’enfermement systématique, de stigmatisation et de traque. Le droit d’accès des journalistes aux centres de rétention ne pourra évoluer que de manière concommitante à l’évolution de cette politique.»

 

piqué au tas sur libé.fr - 10/07/2012

07:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/07/2012

Gilbert Collard ou l'élégance de la veste réversible

 

Extrême gauche, gauche, droite, puis «Rassemblement Bleu Mariner» du Front national... Le parcours de Gilbert Collard donne le tournis. Après maintes pirouettes, le voici élu député d'extrême droite.

PAR JEAN-BAPTISTE MALET





Le nouveau député du Front national sur les antennes de i-Télé - Image i-Télé.


Si vous cherchez le sens du vent, il vous l'indiquera. Après trente années de militantisme politique, le 17 juin dernier Gilbert Collard savourait enfin sa  victoire  : il était élu député de la deuxième circonscription du Gard sous les couleurs du «Rassemblement Bleu Marine» soutenu par le Front national. L'avocat médiatique, élève dès l'âge de 8 ans chez les pères maristes de l'Institution Sainte-Marie à La Seyne-sur-Mer (Var), se souvient «en être sorti avec un très mauvais souvenir. Mais maintenant, un très bon. Quand on avait un contentieux avec un camarade, on devait le régler sur un ring de boxe, pendant une fête de division. Cela nous apprenait la confrontation, c'était une manière loyale de régler les conflits. Cela codifiait la violence».

Enfant d'une famille bourgeoise, il grandit au château de la Madone à Marseille. Son père, maurassien, était membre des Camelots du Roi et aurait été l'ami de Léon Daudet. «Mon père m'a fait lire Maurras, Marx, j'ai lu Bainville, Jaurès, Proudhon...» étale-t-il volontiers. Après la faculté de droit à Aix-en-Provence, il devient avocat et installe son cabinet à Marseille, un cabinet  devenu depuis une puissante machine bien rodée, éminemment lucrative, dont la vitrine est la forte teneur médiatique de «Maître Collard», toujours animateur de l'émission «Les Grandes Gueules» sur RMC, et qui, malgré son mandat de député, ne compte pas abandonner sa profession d'avocat.


Socialiste, trotskiste...

Le parcours politique sinueux de Gilbert Collard commence au Parti socialiste où, dès 1981, il entre au comité de soutien de François Mitterrand. Mais pour la présidentielle de 1988, son appui va plutôt à l'extrême gauche trotskiste, puisqu'il soutient Pierre Boussel, le candidat du Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT).

Filmé dans le clip de campagne de Pierre Boussel, Collard condamne à l'époque les centres de rétention pour étrangers. Sur un ton solennel, dans une archive disponible à l'INA (Institut national de l'audio-visuel), il proclame  : «Je suis ici en tant que témoin. Je crois qu'à l'heure actuelle, sans que les gens s'en rendent bien compte, les droits de l'homme sont en danger. Comme partout on cherche, sur les mécanismes de la peur et de l'inquiétude, à gagner des voix. On peut se demander si ces hommes, ces femmes, ces enfants entassés dans ces cimetières de béton, que sont les centres de rétention, et qui subissent l'expulsion comme on subit l'humiliation, ce n'est pas plus la raison d'Etat racoleuse que la justice».

Deux ans plus tard, membre du secrétariat national du MRAP (Mouvement contre le racisme), au moment où il défend un négationniste, il est exclu en même temps qu'il démissionne du mouvement. Ce qui ne l'empêche pas de soutenir les «Premières Assises en défense de l’immigration» du Comité national pour la défense des travailleurs immigrés. Fustigeant alors le «vocabulaire microbien» de Jean-Marie Le Pen, il n'est pas encore le champion de la préférence nationale frontiste. Pour autant «j'étais pro-Algérie française durant ma jeunesse» affirme-t-il, expliquant sa position par la rencontre de pieds-noirs hébergés par sa famille durant l'été 1962.


Radical et chiraquien
Cultivant une vieille rancœur contre Bernard Tapie, Collard quitte d'abord le PS en 1992 lorsque l'ancien dirigeant de l'Olympique de Marseille entre au gouvernement. Puis il soutient le RPR Hervé Fabre-Aubrespy, adversaire de Tapie aux législatives dans les Bouches-du-Rhône. En 2001, après un passage à gauche et à l'extrême gauche, Collard s'affiche clairement à droite, en étant candidat à l'élection municipale de Vichy. Battu, il ne siègera jamais au conseil municipal. En 2005, dans une interview à France Soir, il s'affirme cette fois «radical et chiraquien». Puis en 2008, de nouveau candidat à Vichy sous l'investiture Nouveau Centre, il prend une déculottée électorale et arrive troisième, en appelant à voter pour le Parti Radical de Gauche.

Trois ans plus tard, en mai 2011, il déclare sa flamme aux thèses frontistes et préside peu après le comité de soutien de la candidature d'extrême droite de Marine Le Pen. Cette fois, même s'il ne s'encarte pas, il jure être «mariniste».

 

Anarchiste de droite chez les lefebvristes
Extrême gauche, gauche, droite, extrême droite : Gilbert Collard, qui changera même de tablier en passant de  la Grande Loge de France à la Grande Loge nationale française, aura goûté à toutes les cuisines électorales. Depuis son arrivée dans le giron du FN, Collard se définit désormais volontiers comme «anarchiste de droite», une posture d'aristocrate des temps modernes, à peine voilée par la fumée bleue des cigares qu'il aime fumer.

Son premier coup d'éclat au sein du FN, ce fut à Nice, lors des journées d'été du parti, en septembre 2011. Lors de son discours, il multiplia les effets de manche et emperla petites phrases et calembours pour le bonheur des journalistes et des militants. Vingt ans après son attaque de Jean-Marie Le Pen, Collard réalisait en virtuose un acrobatique tête-à-queue rhétorique, pour balayer la poussière du passé, et rendre hommage au fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, qui «en pleine guerre, a quitté le Parlement où l’on parle pour aller se battre où l’on meurt». Il fut longuement ovationné.

Aujourd'hui, Gilbert Collard n'a pas non plus grand scrupule à prendre position en faveur des lefebvristes . Dans une interview donnée en décembre 2011 à la revue nationale-catholique Nouvelles de France, il affirmait : «Moi, je suis allé pour la première fois à une messe à Saint-Nicolas-du-Chardonnet : en voilà, des curés ! Ils ne doivent pas tricoter dans leur séminaire. Parce que le sermon que j’ai entendu, c’était un vrai sermon. Eux, au moins, ils savent parler aux gens. Ils ont le fond et la forme».

Concernant Gilbert Collard, on retiendra surtout la forme, élégante, que lui confère sa veste réversible. Ils sont désormais trois députés d'extrême droite (*) à siéger au Palais Bourbon, dont deux du «Rassemblement Bleu marine».

Jean-Baptiste Malet

[Article publié dans le journal français GOLIAS HEBDO, n° 243, du 28 juin au 4 juillet 2012. Republié sur RésistanceS.be avec l'aimable autorisation de son auteur et de cette publication, l'un de nos partenaires en France].

(*) Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen, pour le Front national, et Jacques Bompard, ex-dirigeant-fondateur du FN français, maire de la ville d'Orange, élu sous les couleurs de la Ligue du Sud, une formation électoraliste regroupant plusieurs tendances différentes d'extrême droite, souvent en opposition avec le parti de Marine Le Pen. 
 

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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 4 juillet 2012.

 

via resistance.be - 04/07/2012

15:07 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/06/2012

Trois ONG bâillonnées devant le salon de l'armement Eurosatory

 

22:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

07/06/2012

Propos sur Karachi : Morano et Hortefeux devant la justice

"Vous faites votre pub sur le dos du président de la République", avait lancé l'ex-ministre à l'avocat des familles des victimes de l'attentat.

L'ancienne ministre UMP Nadine Morano, poursuivie devant la justice par l'avocat des familles de victimes de l'attentat de Karachi qui a fait 15 morts en 2002, a été mise examen lundi 4 juin pour diffamation, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

La mise en examen de la personne poursuivie est automatique en matière de diffamation.

Me Olivier Morice, avocat des familles des victimes, avait porté plainte fin octobre 2011 contre l'ancienne ministre de l'apprentissage qui avait accusé l'avocat de "se faire de la pub sur le dos" de Nicolas Sarkozy.

Lors d'un vif échange, le 22 septembre sur Canal +, alors que deux proches de Nicolas Sarkozy, Nicolas Bazire et Thierry Gaubert venaient d'être mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, Me Morice avait accusé l'ex-chef de l'Etat d'être "au coeur de la corruption, c'est-à-dire au coeur du système qui a été mis en place pour verser des commissions et surtout pour permettre le retour illicite" de rétrocommissions.

"Vous êtes en train de faire votre pub sur le dos du président de la République", avait répliqué Nadine Morano en accusant l'avocat de "ne pas défendre dignement les familles" des victimes.

Il "devrait être fracassé"

Dans sa plainte, Me Morice estimait qu'"il s'agit d'une accusation extrêmement grave à l'égard d'un avocat" et que l'ex-ministre a porté "une atteint majeure à l'honneur professionnel".

Simultanément, l'avocat avait porté plainte pour "menaces" contre Brice Hortefeux après que l'ex-ministre de l'Intérieur eut déclaré dans un hebdomadaire que Me Morice "devrait être fracassé". Le procès de Brice Hortefeux se tiendra le 18 octobre 2012.

L'attentat de Karachi, le 8 mai 2002, qui a fait 15 morts, dont 11 salariés français de la Direction des Constructions Navales (DCN), pourrait être lié, selon les enquêteurs, à l'arrêt, en 1996, du versement de commissions liées à des contrats d'armement.

Dans le volet financier de l'enquête, les enquêteurs s'interrogent sur l'existence de rétrocommissions qui auraient financé la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

piqué au tas sur le nouvelsobs.fr - 04/06/12

20:27 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Le député néonazi du parti Aube dorée Ilias Kasidiaris frappe Liana Kanelli

Ilias Kasidiaris a giflé Liana Kanelli, une députée communiste, à deux reprises puis l'a frappée d'un coup de poing, avant de quitter le plateau...

Il n'y a pas qu'en Ukraine que les débats politique tournent au pugilat. Ilias Kasidiaris, membre du Conseil politique et porte-parole du parti Aube Dorée, a violemment frappé au visage Liana Kanelli, une députée communiste, sur le plateau de la chaîne de télévision ANT1, ce jeudi matin.

Alors qu'il débattait en direct en vue des législatives du 17 juin prochain, le député grec néonazi est sorti de ses gonds quand la députée de Syriza, Rena Dourou, a évoqué les poursuites lancées contre lui par la justice pour un vol à main armée en 2007. Ilias Kasidiaris lui a alors jeté un verre d'eau au visage, puis s'est levé. Il a ensuite bousculé Liana Kanelli, qui s'était levée pour protester, et malgré George Papadakis, l'animateur de l'émission, qui a tenté de s'interposer, a réussi à la gifler et à la frapper d'un coup de poing.

La classe politique s'insurge

Il a ensuite réussi à quitter le studio, bousculant des employés qui tentaient de le retenir. Le parquet d'Athènes a ordonné son arrestation, selon la procédure de flagrant délit pour «tentative d'infliger un dangereux dommage corporel», selon le site d'information grec HBNews.

Le gouvernement intérimaire a «condamné l'attaque de la manière la plus catégorique», appelant le parti Aube Dorée à faire de même, indique le porte-parole officiel, Dimitris Tsiodras, dans un communiqué. La droite conservatrice a pour sa part jugé que cet incident était «une honte pour la société et le système politique». A gauche, Syriza a estimé que Kasidiaris avait «dévoilé le vrai visage de l'organisation criminelle» qu'est Aube Dorée, et le Pasok socialiste a appelé les électeurs à «reconsidérer sérieusement» leur vote.

Dans un appel téléphonique ultérieur à la chaîne, Ilias Kasidiaris s'est défendu en accusant Liana Kanelli de l'avoir agressé en premier, et a menacé de porter plainte contre ANT 1, soutenant que les images avaient fait l'objet d'un montage, selon l'AFP. Une première vidéo de l'incident postée sur Youtube a rapidement été retirée, la plate-forme invoquant un contenu choquant. Les images continuaient toutefois à circuler sur d'autres adresses.

piqué au tas sur 20minutes.fr - 07/06/2012


20:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

La correspondante du figaro et de France 24 en Grèce soutient ouvertement les néo-nazis

Dans l'émission C dans l'air, la correspondante de France 24 et du Figaro en Grèce soutient les néo nazis d'Aube Dorée . Pour elle, les ratonnades ont permis de  "nettoyer" les quartiers athéniens, et les squats d'immigrés. Pour elle les ratonnades sont du "travail social". Quant au salut bras tendu d'Aube dorée, ce n'est qu'un sympathique 'salut grec'.

Ces propos n'ont pas suscité de réaction chez le Figaro ni chez France 24 qui continuent à travailler avec Alexia Kefalas.

Cette journaliste bourgeoise, puante dans ses propos, nous montre que la fascisme est souvent la planche de salut du capitalisme qui coule....

via al-montpellier

Le « chantage grec » s’invite au comptoir d’Yves Calvi

par Frédéric Lemaire, le 5 juin 2012

 

Le plateau de l’émission « C dans l’air » diffusée sur France 5 a parfois des airs de vieux bistrot, avec ses habitués – toujours les mêmes –, son taulier affable et plein de bon sens, et ses sempiternelles discussions de café du commerce. L’émission du 22 mai 2012, « Europe, la crise dope les extrêmes », le confirme : dans le rôle des piliers, on retrouve notamment Roland Cayrol, ex-sondeur chez CSA, directeur de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences-po (34 participations à l’émission depuis mai 2011), Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-po (26 participations à son palmarès depuis mai 2011) et un petit jeune plein d’avenir, Jérôme Fourquet, ex-diplômé de Sciences-po, sondeur chez IFOP (seulement huit émissions depuis mai 2011) [1].

Invitée pour témoigner de la situation en Grèce, Alexia Kefalas n’est pas tout à fait une habituée du plateau de « C dans l’air », avec (seulement) quatre émissions depuis mai 2011. Mais son CV joue pour elle : correspondante multicarte pour France 2, France 24, Courrier international, TV5 Monde, et journaliste au Figaro ainsi que pour le « quotidien de référence » grec (dixit Calvi), Kathimerini (un journal historiquement conservateur et proche du parti de centre-droit « nouvelle démocratie » [2]), elle fait office de parfaite « représentante » grecque. Le plateau est bouclé : place au débat.

Les connaisseurs de « C dans l’air » le savent : Yves Calvi n’est pas seulement le garant de l’authentique pluralisme de son émission ; c’est aussi un expert dans l’art de poser des problématiques avec finesse : « Partout en Europe, la crise fait monter les partis populistes et extrémistes ; en France, ils viennent de remporter un tiers des suffrages au premier tour de l’élection présidentielles, au Pays-Bas l’extrême-droite provoque des élections anticipées, en Grèce, la gauche de la gauche est en tête des sondages et dans le Pas-de-Calais, le choc entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon aura donc bien lieu. Nous avons donc intitulé cette émission "Europe, la crise dope les extrêmes". »

la suite sur acrimed


19:43 | Lien permanent | Commentaires (2) |

31/05/2012

LA MORT VUE DU CIEL

Extrait :

« Le rêve consistant à résoudre tous les problèmes par une extermination venue des airs existe avant même que la première bombe soit larguée d’un avion », rappelle Sven Lindqvist dans sa magistrale Histoire du bombardement6. L’utopie de tout bon général d’armée ? Aux boucheries façon Sedan ou Verdun, substituer une guerre zéro mort.... chez nous. Évidemment, il y a un hic : les « dégâts collatéraux ». Voilà pourquoi les premiers bombardements de masse sont dirigés contre des populations considérées comme inférieures. Évoquant le très oublié massacre aérien de Chechaouene (Maroc, 1925), Lindqvist écrit : « La vérité sur Chechaouene n’a pas besoin d’être occulté. Bombarder des indigènes est considéré comme une chose naturelle. Les Italiens l’ont fait en Libye, les Français au Maroc et en Syrie, les Britanniques dans tout le Moyen-Orient, en Inde et en Afrique de l’Est, et les Sud-Africains dans le Sud-Ouest africain. Y’aura-t-il jamais un ambassadeur pour s’en excuser ? De toutes ces villes et de tous ces villages bombardés, c’est Guernica qui est entrée dans l’histoire. Car Guernica se trouvait en Europe. Là où nous mourrons. » Logique implacable. Et très utile pour amadouer l’opinion publique. Le bombardé, civil ou militaire, n’est jamais comme nous : il appartient au camp d’en face. Ainsi en ira-t-il des bombardements massifs de cibles civiles en Allemagne ou au Japon, pays aux populations alors considérées comme fondamentalement « coupables ». Une logique également à l’œuvre dans les frappes américaine soi disant chirurgicales en Afghanistan ou au Pakistan. « Il est vrai que je larguais mes bombes d’une altitude de 9 000 mètres, tandis que les bombardiers à réaction d’aujourd’hui volent plus près du sol et sont munis d’ordinateurs hautement sophistiqués leur permettant d’atteindre leur cible avec une plus grande précision  », note Howard Zinn dans La Bombe. Avant de rappeler l’essentiel : « L’opération n’est pas moins impersonnelle, car même le soldat qui procède à des ’frappes chirurgicales’ ne voit aucun être humain. »

via Article11

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15/05/2012

Six militants d’ultra-gauche jugés pour préparation d’ «actes de terrorisme»

 

Six militants d’ultra-gauche sont jugés depuis lundi au tribunal correctionnel de Paris, accusés d’avoir planifié des actions violentes qualifiées d’ «actes de terrorisme», au moment de la lutte anti-CPE (Contrat première embauche) en 2006 et de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.
Ces six jeunes (cinq hommes et une femme) âgés aujourd’hui de 29 à 31 ans, qui revendiquent leur engagement dans la lutte «anti-capitaliste» mais contestent les faits qui leur sont reprochés, encourent dix ans de prison.
Ils sont accusés d’avoir participé à «un groupement en vue de la préparation d’actes de terrorisme», d’avoir fabriqué ou détenu des produits incendiaires ou explosifs, et pour certains d’avoir refusé le prélèvement biologique destiné à identifier leur ADN, ainsi que la prise d’empreintes digitales et de photographies.
Ils doivent comparaître jusqu’au 22 mai devant la 10e chambre correctionnelle.
De nombreux membres de leur famille et proches avaient pris place dans la salle d’audience. Plusieurs dizaines restés à l’extérieur ont manifesté bruyamment leur soutien en début d’après-midi, sifflant, chantant et scandant des slogans tels que «liberté pour tous, avec ou sans papiers».
Selon l’accusation, les prévenus auraient notamment déposé un engin incendiaire sous un camion de police à Paris en mai 2007. Les empreintes génétiques de plusieurs d’entre eux avaient été retrouvées sur cet engin, qui n’avait pas fonctionné.
L’un d’eux est poursuivi pour avoir tenté de dégrader en avril 2006, au moment de la lutte contre le CPE, une armoire électrique de la SNCF située sur une voie ferrée à Paris.
L’accusation les présente comme appartenant à la «mouvance anarcho-autonome francilienne» et affirme que leurs tentatives de destruction s’inscrivaient dans une campagne menée par des groupuscules de l’ultra-gauche pour troubler l’élection présidentielle de 2007.

piqué au tas sur estrepublicain.fr - 14/05/2012

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04/05/2012

AFFAIRE HICHEUR, UN SIMPLE DÉTAIL

Paru le 30 avril 2012 dans Le Monde. (vu qu’ils ont changé le titre et effacé quelques phrases, voici la version originale non retouchée).

Si nul ne peut croire sérieusement que le 6 mai 2012 puisse altérer quoi que ce soit au cours de nos existences, il n’en va pas de même du 4 mai prochain, date du verdict dans le procès d’Adlène Hicheur. Ce jour-là, nous saurons enfin si le simple fait d’écrire sur des forums virtuels des propos peu amènes pour l’Occident constitue un acte de terrorisme passible de plusieurs années de prison. Ce jour-là, l’autorité judiciaire déterminera enfin si l’on a ou non le droit de considérer que le déploiement des armées occidentales en Irak et en Afghanistan est un acte de guerre, voire un acte d’invasion, et non une simple opération de police menée pour le bien de l’humanité dans une extension récente du territoire américain. Et si une telle opinion constitue en soi l’expression caractérisée de sympathies « pro-djihadistes ». Si la juge Rebeyrotte devait condamner Adlène (même à une peine qui se limite à couvrir les deux ans et demi de préventive qui viennent de lui briser le corps), il conviendra d’en tirer toutes les conséquences. On aura alors à coeur d’interdire tous les blogs anarchisants qui appellent à pendre les patrons, voire à bouffer les riches, tous les groupuscules marxistes qui défendaient la « résistance irakienne » contre l’ « agression impérialiste US », tous les pro-palestiniens qui soutiennent ceux qui luttent contre l’« occupant sioniste » ou dans autre registre tous les xénophobes qui appellent sans rire à égorger des arabes le jour de l’Aïd, comme tous les satanistes en herbe qui étalent une volonté farouche de brûler une à une les églises de notre pays. Avec un peu de persévérance, on se rendra bientôt compte que les forums virtuels les plus anodins sont remplis d’intentions criminelles impunies, auxquelles ne manquent guère qu’un peu de suite dans les idées pour en faire du pré-terrorisme avéré.

On nous dira que le cas d’Adlène est tout de même singulier, qu’on ne peut étendre qu’abusivement sa situation au reste de la population. Certes, Adlène est d’origine algérienne. Son père figurait déjà sur les fichiers antiterroristes français, apparemment pour avoir fait un pélerinage à la Mecque. Pour aggraver son cas, Adlène, comme tant d’autres de sa cité de Vienne, a préféré collectionner les diplômes plutôt que les peines de prison. Il est passé par Normale-Sup Lyon, était chercheur en physique fondamentale au CERN. Voilà qui est peu pardonnable, ainsi que les policiers de la sous-direction antiterroriste le lui ont fait remarquer : « On va te broyer ». Ainsi qu’ont pu le constater tous ceux qui ont assisté à son procès, c’est un esprit méthodique, qui sait choisir ses mots, développer une pensée sans se laisser dominer par tel ou tel chantage émotionnel. Or chacun sait que c’est à son intelligence glacée que l’on reconnaît la graine de terroriste au sang froid.

On peut épiloguer tant qu’on veut sur le caractère d’« exception » de la justice antiterroriste, sur le renversement des principes mêmes du droit qu’elle contient ; on n’a rien dit tant que l’on n’a pas élucidé la nature de sa cohérence, qui, tout en s’inscrivant dans le champ du droit, le déborde de toutes parts. Cette cohérence est celle de l’actuelle gestion socialisée des affects. Le terrorisme est le premier crime défini par la nature affective de ses conséquences, le premier crime affectif de l’histoire. C’est pourquoi on peine tant à le définir juridiquement. Le terroriste, l’acte terroriste, le groupe terroriste, se définissent par ceci qu’ils font peur, qu’ils répandent, dit-on, l’affect de terreur. Et la justice antiterroriste est féroce, comme l’est la police antiterroriste, parce que la peur rend féroce.

Ne soyons pas dupes : rien n’est plus exploitable et malléable que le sentiment de peur et c’est en cela que la DCRI est une police éminemment politique. Le hic, bien évidemment, c’est que, du Petit Journal à C.N.N., de Casimir-Perier à Nicolas Sarkozy, toute la terreur associée à tel ou tel fait, qu’il ait eu lieu au café Terminus ou à Toulouse, c’est l’appareil gouvernemental qui la produit en exploitant le fait à dessein, et non son auteur. Claude Guéant n’aura pas ménagé ses efforts et Nicolas Sarkozy ses effets pour répandre, et ce jusque dans les écoles primaires, l’effroi lié aux assassinats de Toulouse. Les histoires de terroristes sont les contes cruels, pleins de barbus, de bombes et de sabres, dont on berce le sommeil agité des solitudes démocratiques. Tout souci de vraisemblance y est superflu. On peut rafler des musulmans pour le spectacle à la veille des élections présidentielles ; et le refaire une semaine plus tard, pour les libérer tous : le « fromage islamiste » est si « alléchant », comme l’écrit le juge Trévidic.

Dans le cas d’Adlène, on se souviendra du directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, se vantant sur France Info d’avoir arrêté in extremis « un individu autoradicalisé qui s’apprêtait à déposer une bombe dans un régiment de chasseurs alpins ». Bizarrement, lors de son procès, les journalistes, les amis et les soutiens d’Adlène purent constater que comme par magie, cette « bombe-à-deux-doigts-d’exploser » avait disparu des débats. Comme il fallait bien parler de quelque chose, c’est-à-dire consacrer le flair et le sérieux sans pareil de la DCRI, on s’acharna à démontrer que le contenu de quelques mails d’Adlène était si terrifiant que cela méritait bien six années de prison. Quelle importance, l’image était déjà dans la boîte, c’est-à-dire dans les têtes : « un individu autoradicalisé qui s’apprêtait à déposer une bombe. » Cela fait partie de la fiction générale par laquelle on gouverne de nos jours Nous nous trouvons avec le procès d’Adlène à la croisée des chemins. Soit la justice valide la doctrine insensée du décèlement précoce, du « pré-terrorisme » et se lance dans la neutralisation préventive de tous les « individus autoradicalisés », par nature indétectables, qui courent les rues et les forums. Ce qui signifie : basculer dans la psychose sous l’impératif inatteignable de prévoir l’imprévisible, affranchir la surveillance policière de tout prétexte, de toute limite. Soit la justice antiterroriste acquitte Adlène, et renonce donc à confisquer une nouvelle fois ce qu’elle prétend protéger : la liberté. A vous de juger, il n’y va après tout, dans cette affaire, que de ce simple détail.

Jean-Pierre Lees, Physicien, directeur de recherche au CNRS Mathieu Burnel, mis en examen dans l’affaire de Tarnac Halim Hicheur, frère d’Adlène Hicheur Rabah Bouguerrouma, porte-parole du Collectif Viennois de Soutien à Adlène Hicheur www.adlenehicheur.fr

via soutien aux inculpés du 11 novembre

07:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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