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02/05/2012

Tarnac sans scoop

Le Tigre, Tarnac,david Dufresne,

Article en PDF (12 pages, 502.7 ko)

via Le Tigre - 02/05/2012

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Raphaël et David, il serait peut-être bon de rappeler que la police fait partie des instruments de répression de l'Etat plutôt que de prétendre à une quelconque protection de certains éléments de "niveaux inférieurs, les flics de base" du côté de la lutte des classes. Amitiés


14:53 | Lien permanent | Commentaires (1) |

20/04/2012

Les élucubrations d'Europol et de la DCRI autour de l'affaire Merah...

Lutte contre le terrorisme : à la lumière de l'affaire Merah

Fanny Bussac, magistrate spécialisée dans la lutte antiterroriste (à gauche) était lundi l'invitée de Lille2 avec Gilles de Kerchove (à droite).Fanny Bussac, magistrate spécialisée dans la lutte antiterroriste (à gauche) était lundi l'invitée de Lille2 avec Gilles de Kerchove (à droite).

À Lille 2, des étudiants ont réuni le directeur adjoint d'Europol, le coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne, et la magistrate chargée de l'affaire Mohamed Merah. Débat instructif.

Exercice pratique de haute volée lundi soir pour des étudiants en Master 1 du droit international et européen : à l'initiative de leur professeur, Patrick Meunier, ils ont réussi à inviter sur le même plateau Michel Quillé, directeur adjoint (département des opérations) d'Europol, Gilles de Kerchove, coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne et Fanny Bussac : cette dernière, vice-procureur à la section antiterroriste et aux atteintes à la sûreté de l'État auprès du Parquet de Paris, a été en charge du dossier Mohamed Merah au tout début de l'affaire.
Autant dire que sa seule présence dans l'enceinte de la faculté de droit était de nature à attirer ceux et celles avides d'en savoir un peu plus sur une affaire désormais à l'instruction.

 

Risque d'actes « isolés »


Avant cela, Gilles De Kerchove avait expliqué combien le dossier Merah, comme celui du tueur Norvégien Breivik, montrent « l'importance de la prévention et de ne pas faire que du répressif ». Michel Quillé, pour Europol, évoquant lui le rapport 2012 de l'agence européenne - créée pour soutenir les États membres de l'UE dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme - qui met en avant « le risque » de v oir se développer des « actes émanant d'individus isolés ». Constat étrangement prémonitoire quand on connaît la suite.


La suite, c'est Fabienne Bussac, une magistrate propulsée bien malgré elle sous les feux de l'actualité à cause de l'affaire Merah, qui la raconte. Elle évoque la piste des adresses IP permettant l'identification des ordinateurs, « au début des investigations, on en avait plusieurs. On a cherché » . Cherché et trouvé d'autres adresses IP connectées à l'ordinateur de Mohamed Merah depuis la Belgique et l'Espagne. La convention du 29 mai 2000, qui a mis en place l'entraide judiciaire pénale entre les États membres de l'Union européenne, a facilité les « échanges d'informations » , dans l'affaire Merah comme pour d'autres dossiers. « Une révolution, cette convention », témoigne la magistrate pour qui « là où une demande mettait avant trois semaines, ça dure une seconde aujourd'hui », via un mail ou un fax transmis aux magistrats des pays concernés. La lutte contre le terrorisme s'est encore trouvée facilitée avec « un second grand apport, le mandat d'arrêt européen », explique Fanny Bussac. Le mandat permet des échanges de détenus, qui ont notamment servi pour le chef de l'ETA arrêté en 2008 par la France, réclamé par l'Espagne pour dix assassinats et finalement « prêté » mais dans des conditions très strictes.
Oui mais dans le cas de l'affaire Merah, « ne pouvait-on pas aller plus vite ? », interroge le public. « Le lundi à 11 h, on se saisit et le lundi soir, un suspect est sous surveillance. J'ai l'impression que l'on a fait un pas mauvais boulot », assure Fanny Bussac. Qui avouera cependant que dans une enquête de ce type, « tout le monde se dit qu'il y a peut-être quelques heures du dimanche où si l'on avait parlé à telle ou telle personne, on serait peut-être arrivé à une réponse le lundi matin et non le soir. C'est le genre de choses qui nous hante ».
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piqué au tas sur nordeclair.fr - 19/04/2012

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Comment le contre-espionnage a égaré la fiche de Merah

Dès 2006, l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban était fiché comme susceptible d'attenter à la sûreté de l'Etat.

Bernard Squarcini, le chef de la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), est formel. Ses services n'auraient entendu parler de Mohamed Merah qu'en novembre 2010, et ce pour la première fois.

Dans l'entretien accordé au journal "le Monde" après les tueries de Toulouse et de Montauban, le patron du contre-espionnage français a expliqué qu'"après un simple contrôle routier à Kandahar, en Afghanistan en novembre 2010 (...) la direction de la sécurité et de la protection de la défense nous a signalé l'incident". Squarcini précise même qu'il n'y a aucun lien entre Merah et le démantèlement, fin 2006, à Artigat, à une soixantaine de kilomètres de Toulouse, d'une filière de combattants djihadistes en Irak. Pour lui, l'amitié entre Mohamed Merah et Sabri Essid, un Toulousain arrêté les armes à la main à la frontière syro-irakienne, tout comme le concubinage entre sa mère et le père d'Essid, n'en font pas un "activiste chevronné" qui aurait mérité d'être étroitement surveillé. Le chef de la DCRI affirme donc qu'il n'y a "pas de lien, en dehors de mandats que (Merah) a envoyés à l'un des condamnés en prison, ce qui peut être une simple solidarité de cité".

Or Mohamed Merah a bien été fiché comme susceptible d'attenter à la sûreté de l'Etat dès 2006. Suite à l'opération conduite à Artigat, les Renseignements généraux (ancêtres de la DCRI) avaient émis une fiche "S", comme sûreté de l'Etat, à son nom, le désignant comme "membre de la mouvance islamiste radicale, susceptible de voyager et de fournir une assistance logistique à des militants intégristes". La procédure implique que les policiers contrôlant un individu fiché "S" signalent sa présence aux RG et recueillent un maximum de renseignements sur lui (provenance, destination, moyens de transport, etc.). Bref, qu'ils le surveillent étroitement, "sans attirer l'attention".

Imbroglio administratif

C'est du reste ce qui s'est passé le 18 novembre 2007, à 1h30 du matin, lors d'un contrôle au col du Perthus, à la frontière espagnole, comme l'a révélé M6. Merah se trouvait dans une BMW immatriculée à Toulouse, en compagnie de deux petits voyous de cité. Bernard Squarcini paraît l'ignorer. Voici pourquoi.

Selon notre enquête, la fiche Merah de 2006 s'est volatilisée deux ans plus tard, soit en 2008, à la faveur d'un incroyable imbroglio administratif sur fond de guerre des polices, à l'occasion de la fusion entre les RG et la DST (Direction de la Surveillance du Territoire), devenus la DCRI. Un projet cher à Nicolas Sarkozy. "Les fiches S ont une validité de deux ans et doivent être renouvelées après ce délai par les services", explique un agent de renseignement qui s'est penché sur cette bévue. "Dans la nouvelle organisation, le pôle 'Islamisme radical' des RG, à l'origine de la fiche, a été presque entièrement démantelé pour faire la part belle aux spécialistes antiterroristes venus de la DST", explique ce même agent. "La mémoire des RG est partie en fumée, et la fiche S de Merah est passée à l'as."

Il franchit les frontières sans attirer l'attention

A l'époque, le jeune homme, incarcéré à Toulouse pour un délit mineur, ne se fait donc pas remarquer dans les milieux islamistes. A sa libération en septembre 2009, Merah, sorti des radars des services antiterroristes, peut franchir les frontières sans attirer l'attention. Et sillonner le Moyen-Orient, de l'Egypte à l'Afghanistan en passant par la Syrie, la Jordanie et Israël.

Ce n'est qu'en novembre 2011 que la DCRI rédigera une nouvelle fiche S sur Merah, après son retour du Pakistan et un léger débriefing à l'antenne toulousaine du service. Cette fiche, figurant au fichier des personnes recherchées (FPR) et dont "le Nouvel Observateur" a pu prendre connaissance, est étonnamment minimaliste. Elle présente Merah comme "un militant proche du milieu djihadiste international" mais n'est classée que "S 5" : une procédure qui demande de signaler ses passages aux frontières, mais n'implique ni de fouiller ses bagages, ni de le surveiller sur le territoire français. "Une surveillance très légère", reconnaît un agent de renseignement.

Le raté administratif durant lequel s'est perdue la première fiche Merah - celle de 2006 - a-t-il été évoqué devant la délégation parlementaire pour le renseignement qui a auditionné le chef de la DCRI, le 4 avril dernier, soit cinq jours après que M6 en eut fait état ? Les huit parlementaires concernés ont-ils posé la question ? "Secret-défense", répliquent-ils en choeur. Seul le président de la délégation, le député Guy Tessier, affirme qu'il n'y a eu "aucune faille ou aucune ombre au tableau" (dans le traitement de l'affaire Merah, ndlr). Contre toute évidence.

Cécile Deffontaines et Olivier Toscer

piqué au tas sur tempsreel.nouvelobs.com - 18/04/2012

12:06 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/04/2012

Affaire Tarnac : "Quelqu'un sera obligé de ramasser le foutu bâton"

David Dufresne, l'auteur de "Tarnac, magasin général" réagit à l'auto-dessaisissement du juge Fragnoli.

L'affaire de Tarnac, instruite depuis plus de trois ans par Thierry Fragnoli, vient de connaître un énième rebondissement : le juge jette l'éponge. Accusé par les avocats des mis en examen d'être partial, il se retire de lui-même, laissant à sa collègue Jeanne Duyé le soin de reprendre les 33 tomes de son instruction sur les détériorations de caténaires qui valent à Julien Coupat et neuf de ses proches d'être mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste". Les avocats de la défense reprochent notamment au juge un mail envoyé à des journalistes et rendu public par "le Canard enchaîné" et le chapitre que lui consacre David Dufresne dans son livre "Tarnac, magasin général", paru aux éditions Calmann-Levy le mois dernier. Interview de ce dernier.

 

Comment analysez-vous cet auto-dessaisissement du juge Fragnoli si près de la fin de son instruction ?

- Pour tout dire, ce dessaisissement est... insaisissable, à première vue. On dirait que Thierry Fragnoli qui me citait le film "Kill Bill" pour comprendre sa démarche, a suivi le scénario jusqu'au bout, quand l'actrice principale, Uma Thurman, renonce à croiser le fer une dernière fois... Il me fait penser à un coureur de quatre fois cent mètres, essoufflé, à bout de sa résistance, à l'approche de la ligne finale, qui se retourne et cherche un partenaire à qui refiler le relais. Sauf que les deux autres juges avec qui Thierry Fragnoli étaient saisis l'ont laissé à son sort depuis un certain temps. Ils ont été ou vont être nommés ailleurs. Et voilà le magistrat principal qui se retrouve plus solitaire que jamais: qui reprendra le flambeau ? Qui terminera les quelques mètres, et ultimes vérifications, qui séparent l'affaire de sa ligne d'arrivée et de la clôture du dossier ? De ce que je sais, Thierry Fragnoli avait commencé à rédiger son ordonnance de renvoi. On ne saura donc pas s'il croyait encore à la qualification de terrorisme dans cette affaire ou non. C'était notre désaccord profond, et, à mes yeux, la seule question qui vaille. Et, à dire vrai, je crois l’individu Fragnoli moins binaire que le juge Fragnoli. L’homme mérite mieux que sa soudaine réputation.

 

Le chapitre que vous consacrez au juge Fragnoli dans votre livre a été lu par les avocats des mis en examen de Tarnac comme la preuve d"une animosité personnelle de M. Fragnoli" et "d'un parti pris en faveur de la culpabilité" de leurs clients. Aviez-vous ressenti cette animosité personnelle ?

- Je ne parlerai pas d'animosité personnelle, mais d'affaire personnelle. Thierry Fragnoli le reconnait dans mon livre, il avait fait du dossier Tarnac une affaire personnelle avec lui-même; c'est le cas de bien des protagonistes et c'est ce qui la rend si singulière. Fragnoli est un homme qui croit en la raison d’État et en l'intérêt supérieur de la nation. En ce sens, il est formaté "anti-terroriste". On le voit bien dans les affaires récentes, comme dans celle-ci : cette vision est le signe de leur extraordinaire politisation. Mais je crois que Thierry Fragnoli sait mieux que personne que la vengeance est le contraire même de la justice. Sur la question de savoir s'il avait un "parti pris en faveur de la culpabilité", il s'en défend, bien entendu. Les mauvaises langues rapportaient que la liaison permanente que le juge entretenait avec la police anti-terroriste était la cause de son entêtement, qu’il n’avait pas su faire face à la pression, à la poussée des premières heures, comme on me les avait qualifiées, quand le dossier lui était arrivé sur son bureau, avec des rapports de synthèse de police et des PV de surveillance, tous orientés dans le même sens.

 

Aviez-vous anticipé que votre livre pourrait devenir un enjeu du bras de fer que se livrent les avocats et le juge depuis près de quatre ans ?

- Ce fut une discussion constante avec mon éditrice. Et comme je l'avais dit à Thierry Fragnoli lui-même, dès sa publication, un ouvrage n’appartient plus à son auteur. Il en savait quelque chose, lui qui a fait de "L’Insurrection qui vient", attribué à Julien Coupat et ses amis, l’alpha et l’omega de son instruction. Du reste, on ne peut écrire un livre en s’interrogeant durablement sur ce que les uns et les autres pourraient en tirer. Sinon, on n’écrit rien. Cette histoire, elle n’appartenait pas plus à lui qu’à un autre, qu'à moi, aux avocats aux inculpés. Fragnoli m'avait un jour écrit: "Ce que je vous reproche, David, c’est d’avoir un parti pris. Dans cette affaire, il y a eu des journalistes militants que la vérité des faits intéressait peu et qui, sous couvert de journalisme d’investigation, ont réglé des comptes politiques avec la droite, les flics, les juges – tout ce qu’ils ont toujours détesté." Comment ne pas mettre cette vision en relation avec le fiasco total de ce dossier ? C'est l'une des leçons de Tarnac: née par et dans la médiatisation, avec une police aux ordres d'intérêts politiques plus ou moins flous, l'affaire finit torpillée par et dans les médias...

 

Comment le dossier peut-il évoluer désormais d'après vous ?

- La course n'est pas finie. Quelqu'un sera obligé de ramasser le foutu bâton. Et d'en faire ce qu'il pourra. De ce que je sais, on ne se bat pas galerie Saint Eloi... Mais il serait cruel, et insuffisant, que seul Thierry Fragnoli soit désigné à la vindicte. D'autres doivent rendre des comptes : la direction centrale du renseignement intérieur, la sous-direction anti-terroriste, les ministres de l'Intérieur et de la Justice successifs, et même l'Elysée qui a joué un rôle certain dans cette affaire. Et puisqu'on y est : on aimerait que la gauche prenne position et ouvre un débat de fond sur la question des us et coutumes de la police anti-terroriste.

 

Interview de David Dufresne, auteur du livre "Tarnac, magasin général" par Isabelle Monnin

 

piqué au tas sur http://tempsreel.nouvelobs.com - 04/05/12

07:13 | Lien permanent | Commentaires (2) |

23/03/2012

Après Toulouse, une question s’impose : ET TARNAC DANS TOUT ÇA ?

Le hasard a fait que j’ai terminé la lecture du livre de David Dufresne, Tarnac Magasin général (Calmann-Lévy), quelques jours avant l’assassinat de militaires français et l’attentat terroriste contre une école privée juive [1].

À l’écoute des informations peu à peu distillées par la presse sur le passé de Mohamed Merah, notamment le fait qu’il a été pendant un temps surveillé et même interrogé par la DCRI, à l’écoute des critiques - y compris guidées par d’immédiats et transparents intérêts politiciens - adressées à cet organisme, issu en 2008 de la fusion entre les Renseignements généraux et la DST, le rapprochement avec l’affaire dite « de Tarnac » s’impose à l’esprit.

Pas « dangereux », Merah, de retour d’Afghanistan et du Pakistan. Mais signalés « dangereux », Julien Coupat et Yildune Levy pour avoir franchi sans passer par un poste de douane la frontière entre le Canada et les USA.

Pas de « moyens » pour détecter l’achat par Merah d’un arsenal de guerre. Des moyens énormes, en hommes (et en femmes), en matériels, et en temps, pour trouver... rien du tout à la ferme du Goutailloux. Rappelons que l’opération façon western à grand spectacle de Tarnac débouchera sur des gardes à vue, des inculpations et des emprisonnements, le tout sous le régime « antiterroriste ».

Certes, et le livre de Dufresne le rappelle dans le détail, l’affaire judiciaire « de Tarnac » intervient comme apothéose d’une farce bâclée, dans laquelle jouent des rôles non négligeables tel gougnafier, marchand de peur, spécialiste autoproclamé de la terreur, et telle godiche politicarde persuadée de laisser son nom sur le livre d’or de la pensée policière.

Pourtant, rien de semblable n’aurait été possible sans l’existence d’un arsenal législatif dit « antiterroriste » - moyen de ce que j’ai désigné comme système de terrorisation démocratique - patiemment fabriqué depuis 1986 (au moins) et dopé, au niveau européen, par les attentats du 11 septembre 2001 [2].

Or force est de constater que de la farce honteuse de Tarnac et des drames de Toulouse, l’« antiterrorisme » a permis la première et s’est montré incapable de prévenir les seconds.

On ne s’étonnera donc pas que M. Sarkozy ait conclu son communiqué de victoire, après la mort de Mohamed Merah, en annonçant... que l’arsenal législatif « antiterroriste » serait, pour la énième fois depuis vingt-cinq [ans], alourdi et renforcé.

Sur le rapprochement entre Tarnac et le cas d’Adlène Hicheur, détenu, et dont le procès aura lieu le 30 mars 2012, on peut trouver l’écho d’une conférence de presse commune des inculpés de Tarnac et des proches d’Hicheur dans cet article de presse.

[1] Il n’aura pas échappé à la sagacité de mon lectorat que je n’évoque pas dans les mêmes termes un acte de guerre - tuer des soldats, même de dos et même hors « théâtre d’opération » comme disent les militaires avec tant de poésie - et le fait de mitrailler des gamins à l’entrée d’une école. Cela ne signifie pas pour autant que j’approuve l’acte de guerre, tant je suis persuadé qu’il est préférable - autant que faire se peut - de laisser une chance aux individus. Beaucoup de jeunes soldats français reviennent d’opération plus que dubitatifs sur les justifications et l’efficacité de la politique militaire française. Les descendre comme des pipes à la foire ne fait que renforcer un esprit de corps militaire et nationaliste.

[2] J’ai au moins un reproche à faire à David Dufresne : pourquoi, dans un gros livre de 486 pages, ne pas consacrer dix lignes à la définition légale, précise, actuelle, de ce qui peut être qualifié « terroriste » ? Le lecteur peut (mais doit) la déduire de plusieurs passages du livre. Or tous les débats autour de mon livre m’ont convaincu que la plupart des gens ignorent l’état actuel du droit français (et européen). Ce fut d’ailleurs, pour une bonne part, le ressort de l’indignation suscitée par l’emprisonnement prolongé de Julien Coupat et la qualification des fait qui lui sont reprochés.

 

 

via http://claudeguillon.internetdown.org

m'sieur Guillon a changé d'attitude depuis Coucou papa !

07:33 | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/03/2012

Fukushima - Risques liés à la piscine du réacteur 4

Extrait d'un programme TV en direct d'informations matinales intitulé "Morning Bird" de TV Asahi, diffusé le 8 Mars 2012.

Le journaliste est M. Toru Tamakawa. L'expert est le Dr Hiroaki Koide, chercheur associé à l'Institut de Recherche du Réacteur de l'Université de Kyoto.

07:12 | Lien permanent | Commentaires (1) |

19/03/2012

L'affaire de Tarnac : «La fabrication d'une menace» - tchat avec David Dufresne

TCHATLe journaliste David Dufresne a rencontré tous les protagonistes de l'affaire de Tarnac. Son livre «Tarnac, magasin général» est un récit personnel nourri des PV de police. Il a répondu à vos questions.

à lire ici : http://www.liberation.fr/c/1201605-c

 

18:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/03/2012

Les confessions de THIERRY FRAGNOLI, juge anti-terroriste...

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Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur) 


Le 11 novembre 2010 (le choix de la parution de l'article ne trompe personne), il y a donc maintenant plus de deux ans, le juge Thierry Fragnoli se livrait dans un " premier entretien de la série nommé « Parole aux magistrats »" sur le blog "objectif.magistrat.free.fr".

Dans ce petit exercice de style d'autocongratulation et d'autopromition est dressé un portrait très flateur du conmbattant de l'antiterrorisme international :

 

Quel a été votre parcours jusqu’à maintenant ?

Après avoir été juge des enfants à Meaux, j’ai été pendant 3 ans substitut du procureur chargé des mineurs à Créteil ( il y avait une certaine continuité). Puis juge d’instruction à Créteil pendant 3 ans. Et depuis 5 ans je suis juge d’instruction anti-terroriste à Paris.

Autant on peut comprendre la notion de "certaine continuité" au fait de passer substitut du proc. chargé des mineurs, autant on peut avoir un peu de mal à se faire une opinion sur les choix qui on porté à sa validation au poste de juge d'instruction anti-terroriste par le CSM (Conseil supérieur de la magistrature) en 2005... 

Un peu plus loin dans son interview, le juge Fragonli se laisse à quelques confidences, et non des moindres, concernant son rapport au droit :

Quel est votre rapport quotidien au droit ?

Paradoxalement on fait assez peu de droit : quand on doit déterminer qui a posé la bombe, quelle était sa composition et pourquoi elle a été posée, on est loin du droit ! Quand on interroge un témoin, ce n’est pas du droit, c’est aussi du fait. Globalement au pénal on fait moins de droit qu’au civil. Mais évidement parfois il y a des points de droit qui se posent, par exemple avec l’article 421-1  du Code pénal : qu’est-ce que l’intimidation ou la terreur ? La définition de cet article est assez floue, et on peut penser que le législateur a voulu laisser à l’autorité judiciaire le soin d’apprécier  au cas par cas ce qui relevait ou pas du terrorisme, et c’est d’ailleurs ce que l’on nous reproche beaucoup .

tubes_PVC.jpg

Fragnoli exultant lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.


C'est certainement de ce "soin d'apprécier" que le juge Fragnoli semble manquer cruellement dans l'affaire de Tarnac (qu'il n'évoque à aucun moment dans l'article).

Ce qu'il dénoce, par contre, c'est une certaine inégalité de traitement dont peut souffrir le juge d'instruction face aux avocats de la défense dans leurs rapports avec la presse.

Qu’est-ce qui est le plus dur ?

C’est l’aspect médiatique de certains dossiers. Les avocats ne sont pas soumis au secret de l’instruction donc ils en profitent pour communiquer des éléments du dossier qui vont dans leur sens alors que le juge, lui, est dans l’incapacité de répondre, de montrer que l’affaire est plus complexe qu’elle n’y paraît. C’est parfois peut être un peu frustrant mais c’est la règle et il faut l’accepter.

Etonnant quand on sait maintenant que ce même juge a envoyé un courriel à ses "amis de la presse libre" :

 via UHD

Mais peut-être va-t-il invoquer :

L’article 11 du Code de procédure pénale prévoit que le parquet a la possibilité de communiquer afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes notamment, mais l’expérience montre que le parquet est assez prudent dans l’application de ce texte, peut être parce que les dossiers instruits à l’anti- terrorisme sont des dossiers médiatiquement  sensibles .

Toujours ce même juge qui, encore un an auparavant (2009), c'était déjà illustré lors d'un droit de réponse 

dans un article de karl Laske :

 

Droit de réponse du juge Thierry Fragnoli :

Dans l’un de vos articles de votre édition datée du 2 novembre sur le dossier dit "Tarnac" en cours d’instruction à mon cabinet, vous écrivez, à propos des modifications des mesures de contrôle judiciaire que j’ai refusées : «Il a refusé l’autorisation à Mathieu et Aria de résider provisoirement sur Paris, où leur jeune fils devait subir une greffe de moelle osseuse, les obligeant à repousser la greffe pour qu’elle puisse se dérouler à Rouen, où ils résident.» Sans m’exprimer publiquement sur le fond de ce dossier, étant tenu au secret de l’instruction, je constate, qu’une fois encore, une information tronquée tente de me discréditer personnellement quant au manque d’humanité dont j’aurais fait preuve.

A propos de cet enfant, et de ses problèmes de santé que j’ai toujours pris en considération, j’ai eu à de nombreuses reprises le père au téléphone au cours du mois d’août dernier, avec qui nous avons discuté de son séjour sur Paris compte tenu de la demande qu’il me formulait de résider chez deux des mis en examen du même dossier résidant sur Paris. Je dois vous préciser qu’il est assez inhabituel qu’un magistrat instructeur prenne aussi directement au téléphone un mis en examen.

Compte tenu des interdictions de communiquer entre eux auxquelles étaient soumis les mis en examen du dossier, et que je souhaitais maintenir, il a été trouvé, à l’initiative d’ailleurs du procureur de la République, une solution d’hébergement sur Paris, aux frais de la justice, qu’était chargée de mettre en œuvre une association de contrôle judiciaire désignée à cet effet par une ordonnance spécifique de ma part.

Réponse de Karl Laske : Soyons donc exhaustifs. La solution d’hébergement trouvée par l’association en question - une chambre de 9 m2 dans un centre de réinsertion - ne l’a été que le 10 septembre. Or c’est par un courrier du 9 juillet, lettre de l’hôpital Necker à l’appui, que Mathieu et Aria ont annoncé au juge que leur fils était atteint d’une maladie rare et grave, nécessitant une greffe de moelle osseuse et une chimio. Le 17 août, les parents indiquaient encore, dans une nouvelle lettre au magistrat, n’avoir obtenu aucune réponse des deux associations désignées, et rappelaient le caractère d’urgence du traitement. Le 1er septembre, sans nouvelles, ils engageaient le processus de la greffe au CHU de Rouen. Avec deux mois de retard, dans un établissement qu’ils n’avaient initialement pas choisi, comme nous l’avons écrit. En novembre 2008, Mathieu et Aria, qui, la nuit des sabotages des lignes TGV fêtaient les 30 ans d’un ami, avaient déjà subi quatre-vingt-seize heures de garde à vue, sans avoir pu entrer en contact avec leur fils.

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Submergé par «le tsunami médiatique» comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés


Commentaires de certaines illustrations via article de PATRICIA TOURANCHEAU - Fragnoli, la justice façon «Kill Bill».

Pour aller plus loin :

http://www.liberation.fr/societe/01012396324-fragnoli-la-...

http://www.liberation.fr/societe/0101603995-droit-de-repo...

http://ultrahumandignity.blogspot.fr/

 

Probe

08:35 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/03/2012

La bande à Bauer obtient sa section "criminologie"...

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La criminologie : Nouvelle discipline universitaire en France

Jeudi (15/03/2012], le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche a officiellement crée une section de « criminologie » au sein du Conseil National des Universités (CNU). La décision, publiée au Journal Officiel, fait suite à l'arrêté du 13 février 2012 qui « consacre l'aboutissement d'un long processus en plusieurs étapes, processus qui a débuté en 2008 ».

La criminologie constitue une discipline scientifique qui aborde le phénomène criminel, ainsi que les réponses que la société lui apporte ou pourrait lui apporter. Elle fait appel à des connaissances et des compétences spécifiques dans des domaines complémentaires tels que les sciences de la société, la philosophie, la médecine ou encore le droit. L'objectif de cette section universitaire consacrée à la criminologie serait donc de permettre la fédération des formations, des recherches et des enseignants-chercheurs.

Cette nouvelle discipline universitaire s'inscrit dans un processus de longue date. Après la remise d'un rapport au ministère en 2010 et suite à une consultation publique sur le site internet du ministère, il est apparu qu'il existe une demande de formation ad hoc en ce domaine, non seulement de la part des étudiants en formation initiale, obligés de s'expatrier s'ils veulent suivre un cursus complet, mais aussi des professionnels des champs concernés desquels sont exigées des connaissances plus pointues.

Les critiques du monde universitaire

La majorité des enseignants en science et en droit (la criminologie était jusqu'à présent une spécialisation) refusent de voir en cette matière une science à part entière. Dans un communiqué publié par le Snesup-FSU, le principal syndicat de l'enseignement supérieur parle d'un « oukase gouvernemental (...) pris en dépit d’une très large opposition des communautés scientifiques concernées en s'appuyant sur une pseudo-consultation publique dont les résultats n'ont cependant jamais été publiés. Cette décision impacte la composition et le fonctionnement de quinze sections du CNU sans que cette instance n'ait été consultée de quelque façon ». Le Snesup s'élève par ailleurs « avec force contre le coup de force du ministère » et demande « que soient abrogés ces deux arrêtés ».

Une dimension politique

La politique en effet eu un rôle à jouer dans cette décision. A l'origine du projet, Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de 2000 à 2003 qui s'est depuis rapproché de Nicolas Sarkozy. Devenu son conseiller sur les questions de sécurité et président de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Alain Bauer a pesé de tout son poids pour la création de cette filière. La communauté universitaire redoute que, sous son influence, le comportement criminel ne soit analysé sous un angle trop statistique et sécuritaire. Elle lui reproche également son manque de crédibilité dans le domaine.

Par Damien Helene

piqué au tas sur francesoir.fr - 16/03/2012

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Les partenaires en crime de l’influent Alain Bauer

Le conseiller de Nicolas Sarkozy a fait plier le monde universitaire en imposant la « criminologie » comme nouvelle filière autonome, avec le soutien de réseaux très à droite.

Il faut reconnaître à Alain Bauer une réelle dextérité politique. Il est passé de gauche à droite dans les années 1990, a surfé sur la vague sarkozyste dans les années 2000. D’un coup de pouce du président, il s’est fait catapulter à la tête de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), puis professeur de « criminologie appliquée » au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). À cinquante ans, le CV de ce franc-maçon multicartes, conseiller officieux du président, est complètement délirant. Il serait même consultant auprès de la police de New York.

Aujourd’hui, Alain Bauer fait plier l’université française en imposant la « criminologie » comme nouvelle discipline universitaire autonome. Autour de lui, une fine équipe. Avec, en tête, Xavier Raufer et Yves Roucaute. Le premier est un de ces ex de l’extrême droite, passé d’Ordre nouveau au commerce de la peur et à « l’analyse des nouvelles menaces ». Le second, ferme partisan de l’intervention en Irak, était le porte-plume de Claude Guéant, pour son fameux discours sur les « civilisations qui ne se valent pas ».

Au second cercle des soutiens d’Alain Bauer, on trouve aussi deux universitaires qui servent de caution. Car, tout de même, c’est de recherche que l’on parle. Christian Vallar, professeur de droit à l’université de Nice et pilier de la droite dure, façon Club de l’horloge, a été chargé d’une « consultation de la communauté scientifique ». Et Loïc Villerbu, professeur de psychopathologie à la retraite, d’une étude de faisabilité. L’ensemble du monde universitaire s’est soulevé contre cette manœuvre. « C’est une OPA sur le monde de la recherche ! » s’indigne Laurent Mucchielli, sociologue au CNRS. Pour ce spécialiste de la délinquance, l’opération relève d’une vaste imposture intellectuelle : « Alain Bauer n’a pas fait de thèse, n’a pas de doctorat. On est dans le charlatanisme et l’escroquerie. »

Le Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) est l’équivalent français des instituts de criminologie anglo-saxons. « C’est nous les criminologues. Aucun d’entre eux n’a jamais publié dans les revues internationales, comme Criminology ou The European Journal of Criminology », rappelle Fabien Jobard, chercheur au Cesdip.

Un « Risque social »

Selon la communauté universitaire, la criminologie est un champ d’étude interdisciplinaire. « On ne peut pas fondre dans la même discipline des sciences qui relèvent à la fois du psychisme et du social, qui vont de la psychopathologie aux relations internationales », estime Fabien Jobard, chercheur au Cesdip. Selon lui, un « risque social » existera lorsque 
ces nouveaux criminologues seront chargés par des juges d’expertiser des criminels.

Mehdi FIkri

piqué au tas sur humanite.fr - 15/03/2012

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« Alain Bauer n’a pas fait de thèse, n’a pas de doctorat. On est dans le charlatanisme et l’escroquerie. »

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16/03/2012

Fragnolerie !

Quand le juge de Tarnac interloque

 

Selon nos informations, Thierry Fragnoli fait l’objet d’une requête en récusation après un invraisemblable mail à des journalistes.

Par PATRICIA TOURANCHEAU

Les frasques du juge antiterroriste Thierry Fragnoli, qui instruit à la hussarde le dossier dit de Tarnac, vont-elles entraîner son dessaisissement ? Libération a appris que les avocats de Julien Coupat, mis en examen pour «organisation d’une association de malfaiteurs terroristes», déposent aujourd’hui une «requête en récusation», auprès du premier président de la cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli. Des «propos subjectifs» qu’il a tenus à des journalistes trahiraient un «parti pris...

 

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