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25/08/2011

Henri Chazé – Le crime des bagnes nazis : le peuple allemand est-il coresponsable ? (1945)

 

J’ai été interné pendant dix-huit mois à Fresnes par les autorités allemandes, puis déporté pendant deux ans au camp de concentration d’Oranienburg (commando Heinkel). J’ai eu la chance de survivre, et même de revenir sans maladie grave, alors que la plupart de mes camarades rescapés ont dû entrer en sana, ce qui me permet, après quelques mois de repos, de reprendre la vie normale.
J’ai connu, jusqu’à l’hallucination, la lancinante torture de la faim dans une cellule de Fresnes, l’affolante existence de l’être vivant qui ne peut ni parler, ni lire, ni écrire, ni fumer, ni chanter, ni même siffler, et qui reste toujours effroyablement seul avec lui-même. J’ai connu ensuite l’intolérable promiscuité du camp de concentration, les coups, les vexations et les brimades, la vie infernale de troupeau, les treize heures de travail quotidien, les pénibles alertes de nuit pendant lesquelles nous grelottions sous les sapins du camp, et encore la faim, la faim qui peu à peu nous réduisait à l’état de squelettes, de « musulmans » comme nous disions, et puis le froid, le froid toujours, dans l’atelier, dans les dortoirs, dehors sur la place d’appel. Enfin pour finir, l’évacuation forcée, cette marche de plus de 200 kilomètres, sans presque manger, avec l’horrible vision, tout au long de la route, des cadavres de camarades descendus par les SS parce que ne pouvant plus avancer, des cadavres de ceux qui, les nuits, mouraient d’épuisement et de froid aux étapes, avec l’angoissante impression que j’étais aussi à bout de forces et que mon tour pouvait venir.
Tout cela, et bien d’autres souffrances morales et physiques, je l’ai éprouvé comme tous les rescapés des Kz. Je ne veux point pleurer sur ces souffrances. Militant révolutionnaire, j’ai toujours été conscient des risques inhérents à la lutte à laquelle j’avais entrepris de participer. Je n’ai donc pas à me plaindre.
Cependant, il n’y avait pas que des militants révolutionnaires dans le camp ou en prison, nous n’étions même qu’une minorité. Aussi ai-je davantage souffert des souffrances de ceux qui n’étaient pas moralement prêts à subir tant de tourments. Certes, il est dur d’être frappé sans pouvoir riposter, mais il est encore plus pénible de voir frapper un autre sans pouvoir se jeter sur le lâche agresseur. Sans aucun doute, les interminables dimanches de Fresnes furent sombres, mais plus douloureux encore étaient les longs sanglots, les crises de désespoir, les manifestations de demi-démence des camarades des cellules voisines. Je me demande maintenant comment j’ai pu vaincre la contagion de ces défaillances collectives et affronter le danger des punitions pour crier aux plus déprimés quelques phrases apaisantes et réconfortantes.
Puis-je comparer ma misère à celle des pauvres gosses polonais et ukrainiens du « Block des Jeunes » de notre Kz ? Il y eut, fin 1944, jusqu’à des bambins de huit à neuf ans dans ce block ! Et tous ceux qui avaient plus de treize ans travaillaient avec nous à l’atelier, ces pauvres « Lehrling », proies faciles des capos pédérastes, nous les voyions lentement se dépraver sous nos yeux, périr lentement de faim et de fatigue, et nous pouvions leur donner si peu !
Oh ! oui, les camps de concentration sont une telle atrocité qu’il y a lieu de poser la question : qui sont les responsables ? Bien entendu, les dirigeants nazis d’abord, leurs exécutants SS ensuite, et enfin tout le parti national-socialiste. Mais, tant en prison qu’au camp, je me suis parfois demandé si les soldats de la Wehrmacht qui nous gardaient à Fresnes, si les ouvriers civils allemands qui nous commandaient à l’atelier, chez Heinkel, si le peuple allemand dans son ensemble n’était pas coresponsable des crimes nazis.

la suite sur Espace contre Ciment

 

09:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

16/08/2011

Eichhoernchen : question juridique

Bonjour Cécile,

suite à article sur tes actions via article 11, j'ai fait quelques recherches et suis tombé sur un tchat sur le net (février 2011) où tu dis ne pas faire appel à une legal team (ni à la rhote hilfe ?).

Comment cela se passe-t-il ? Il n'est pas obligatoire d'avoir un avocat pour ta défense en Allemagne ?

J'ai un peu répondu à ta question dans l'article que je viens de mettre
en ,ligne où je parle de procès suite à es actions antinucléaires.
http://blog.eichhoernchen.fr/post/sortie-du-nucleaire-c-e...

Je cite mon texte:

dans la plupart des cas je me défends seule, sans avocat. En Allemagne
on a au pénal - au civil c'est différent - un avocat commis d'office que
si les questions juridiques posées par l'affaire sont particulièrement
complexe et qu'il n'y a pas de jurisprudence dessus ou si le procureur
annonce qu'il veut requérir plus d'un an de prison à l'encontre de
l'accuséE. En cas 'accusation pour infraction ou délit mineur, la taille
du porte-monaie et les possibilités de trouver du soutien déterminent
les possibilités de défense. Le procès classique d'un accusé non juriste
sans avocat est expédié en dix minutes... Alors avec moi... ben non
c'est pas comme cela que cela marche. En général je me défends seule par
choix. Parce que j'estime que les ressource financières des mouvements
politiques et de solidarité - somme toute assez maigres - peuvent être
investies de façon plus intelligente que dans des frais d'avocat et de
procédure (je ne paie pas non plus les frais de procédure, l'huissier
n'a rien trouvé à saisir dans ma roulotte... vive la décroissance! J'ai
pas envie de poser des trucs de grosse valeur aux yeux des capitalistes !!!)
[...]
Alors oui, je me défends seule, mais pas n'importe comment. Au fil du
temps je me suis auto-formée seule et avec des amiEs engagés dans des
équipes d'entre-aide juridique. Et les paragraphes utiles pour une
utilisation subversive des textes... je les connais... C'est un mélange
d'argumentaire sérieux ( par exemple Etat de nécessité et tous les
moyens de preuves qui vont avec) et de jeu sur la procédure (Requête
pour collusion, requête pour une autre disposition de l'espace - et si
on s'asseyait en cercle? - etc.) Le tout parfois accompagné par un
public quelque peu désobéissant, parfois des clowns, etc. (quand une
personne se fait sortir, je pose une requête pour qu'elle revienne,
etc.) Nous appelons cela ici "kreative Antirepression". Et cela ne plait
pas aux porteurs de robe... ils réagissent souvent par... l'enfreinte de
leurs propres textes pour pouvoir passer à la suite. Un poème anonyme
que j'ai trouvé en allemand le décrit bien: " ce sont leurs règles,
qu'ils enfreignent tout le temps, pour maintenir leur système en vie, ce
ne sont pas mes règles, ce n'est pas mon système".
[...]

A l'intérieur on ne s'entendait plus... Et puis ensuite nous avons
demandé à ce que nos défenseurs non professionnels soient acceptés . Un
paragraphe permet à des non professionels d'être défenseurs, si
certaines conditions sont remplies. J'ai déjà joué défenseur dans le
procès d'amis... Le pourquoi comment, j'expliquerai ca dans le prochain
texte sur les perspectives, car c'est un sujet sur lequel nous
travaillions. Une forme de réappropriation du procès pas les militantEs...


voilà pour le moment.

Cécile



17:45 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/08/2011

Charlie Bauer, militant révolutionnaire.

09:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/07/2011

[La Fabrique Infos] Des nouvelles des Tarnacois : Invitation aux "Nuits du 4 août"

Bonjour,

Nous vous aurions fait parvenir plus tôt cette invitation aux "Nuits du 4 août" si les autorités n'avaient pas fait tout ce qui est en leur triste pouvoir pour, au dernier moment, tenter d'obtenir l'annulation de la fête. Le collectif d'organisation n'étant pas du genre à se laisser faire, ces manigances ont été déjouées, et les "Nuits du 4 août" se tiendront finalement, à Peyrelevade, avec un programme inchangé.

L'idée de cette fête, c'est de rassembler sur le plateau de Millevaches un peu de l'Histoire en cours : des acteurs des révolutions égyptiennes et tunisiennes, des opposants au nucléaire du Japon et d'ailleurs, des gens qui résistent à la destruction de leur territoire par la technocratie et l'affairisme, qu'ils viennent du Val de Suse en Italie ou de Notre-Dame-des-Landes en région nantaise. C'est aussi l'idée que se rencontrent tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans un monde qui déraille si visiblement, et que cette rencontre soit une vraie fête populaire. C'est enfin le défi d'inventer quelque chose qui ne serait ni un festival de plus, ni une université d'été de trop, bref : de nouer les sons, les images et la parole, de faire affleurer le plan commun où chercheurs, écrivains, musiciens, cinéastes et simples anonymes peuvent s'écouter voire s'entendre. Et tout cela sous le signe de la nuit du 4 août 1789, la nuit où fut annoncée, et seulement annoncée, l'abolition des privilèges.

L'essentiel des informations concernant les "Nuits du 4 août" est disponible sur le site www.nuitsdu4aout.com.

À tout de suite donc, pour ceux qui peuvent.

Des amis de la commune de Tarnac

courriel du 28/07/2011

12:02 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/07/2011

Nuits du 4 août : tentative de sabotage déjouée

Une manifestation a tout de même eu lieu à Eymoutiers

On aurait voulu saboter les « Nuits du 4 août » que l’on ne s’y serait pas pris autrement : annoncer aux organisateurs de la fête, à trois semaines de l’événement, qu’elle était interdite, « pour raisons de sécurité ». Nul n’ignore que de nos jours les opérations politiques les plus louches se trament à peu près toutes derrière des « raisons de sécurité ». Cette fois-ci, c’était donc la préfecture de Haute-Vienne et la mairie d’Eymoutiers, où devaient se dérouler les festivités, qui parlaient d’une seule voix. Elles arguaient du déferlement de « populations à risque » et du fait que les organisateurs auraient été « manipulés par l’ultra-gauche ». Tout ce radotage trop connu n’exprime que la vieillesse d’un monde, qui voit sa fin venir dans chaque nouveau visage qui surgit.

Malheureusement pour les autorités, le plateau de Millevaches étant ce qu’il est, il s’est trouvé une commune proche pour accepter au pied levé d’accueillir les Nuits du 4 août, et sauver ainsi et la fête et l’honneur. C’est donc à Peyrelevade, sur le versant corrézien du plateau, que se dérouleront les Nuits du 4 août. Rien n’a changé de ce qui était programmé, tout a été adapté aux nouvelles conditions. Ce fut seulement un petit surcroît de travail pour les organisateurs. Mais cela n’est rien : ce n’est pas tous les jours que l’on a le privilège d’organiser une fête interdite. Et puis, de vous à moi, peut-on rêver plus franche reconnaissance de la nécessité politique des Nuits du 4 août que cette tentative ratée de les empêcher ? Venez nombreux. Nous comptons sur vous pour rencontrer la population de ce plateau qu’on dit désert et qui est pourtant si bien habité, pour lui manifester votre respect en respectant ses lieux et ses rythmes de vie, pour construire avec elle et avec tous ceux qui viendront de partout un moment d’intensité fait de rêves, de réflexion et de joie pour en finir avec le vieux monde. Programme et infos pratiques bientôt sur : http://www.nuitsdu4aout.com/

via toulouse.indymedia.org

photo limousin.france3.fr

 

09:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

20/07/2011

Article 11 - Numéro 5 : la revanche du malabar fluo !

12:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/07/2011

Manuscrit du " projet " (de la proposition) de loi pour l’amnistie de tous les condamnés pour actes relatifs aux événements de mars, avril et mai 1871

déposé par Victor Hugo, A. Peyrat, Victor Schoelcher, Laurent Pichat, A. Esquiros, A. Scheurer-Kestner et J. Ferrouillat, sénateurs.

Le 21 mars 1876, Victor Hugo et plusieurs de ses collègues sénateurs déposent un projet de loi dont l’article 1er dispose :

" Sont amnistiés tous les condamnés pour actes relatifs aux événements de mars, avril et mai 1871. Les poursuites pour faits se rapportant aux dits événements sont et demeurent non avenues."

En effet, suite à la Commune, plusieurs milliers de condamnations avaient été prononcées. Outre des peines de travaux forcés, de bannissement et d’emprisonnement, des condamnations à la déportation ( 7500 ) et à la mort (95 condamnations dont 23 exécutions effectives) furent également infligées. Dès novembre 1871, des tentatives pour obtenir la clémence se firent jour.

La proposition, déposée par Victor Hugo dans le but " d’effacer toutes les traces de la guerre civile ", fut discutée au Sénat les 21 mars et 22 mai 1876. Le projet fut finalement rejeté. Il fallut alors attendre la loi du 11 juillet 1880 pour que les individus ayant participé aux événements insurrectionnels de 1870-1871 bénéficient d’une amnistie.

piqué au tas sur senat.fr

 

11:55 | Lien permanent | Commentaires (1) |

04/07/2011

Dans le dos du pouvoir. Entretien avec James C. Scott (2008)

via raumgegenzement

08:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/06/2011

Appel aux nuits du 4 août

4aout.jpg
via UHD

12:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/06/2011

MBF (Manzoni Bouchot Fonderie) : « Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! » ... les grévistes retiennent la direction et son avocat.

Social - MBF annonce la suppression de 199 postes à Saint-Claude, les grévistes retiennent la direction et son avocat

« On ira jusqu’au bout »

Les fondeurs ne mâchent pas leurs mots. Photos Ludovic LAUDE

Saint-Claude. « Cassez-vous, voyous ! » Quand l’équipe de direction apparaît chez MBF pour la première réunion du comité d’entreprise relative au plan de sauvegarde de l’emploi, elle est accueillie sous les huées. « Assassins ! ».

Manzoni Bouchot Fonderie travaille pour l’automobile et emploie 450 personnes. Ce site fait partie du groupe Arche depuis quatre ans et la direction a annoncé récemment sa volonté de supprimer 199 postes dans l’usine jurassienne. Dans un communiqué, le groupe met en avant des contraintes économiques pour justifier cette restructuration.

Mais les fondeurs ne sont pas du genre à se laisser faire. « On n’est pas des couilles molles ! ». Ce sont des métallos qui ne mâchent pas leurs mots. Au début du mois, ils ont déjà retenu leur direction pendant une nuit. « Attention, on ne leur a pas fait de mal, on leur a apporté une pizza. »

Hier, en fin d’après-midi, c’est toute l’équipe de direction (directeur industriel du groupe, responsable du site, DRH et avocat de la direction) qu’on empêche de sortir.

Trois cents personnes environ sont massées devant l’usine. Le maire de Saint-Claude, Francis Lahaut, indique : « Nous avons 15 % de chômeurs dans la ville, 748 demandeurs d’emploi. En 2008, on a déjà eu le séisme Smoby Toys avec 400 licenciements, dont 200 dans le Jura. Il y a des dégâts sociaux et humains dont on ne parle suffisamment. »

Un cariste est là avec sa femme et l’un de ses enfants : « Quand j’ai commencé, je n’étais pas majeur, c’est ma mère qui m’amenait au travail. Cela fait mal quand on a donné vingt-six ans de sa vie à une entreprise et que, pour gagner toujours plus, elle vous laisse sur le carreau. Il y a de quoi être triste… Et amer. »

« Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! »

Raphaël Perrin, vice-président du conseil général, chargé de l’économie, se lance dans un discours un peu déroutant où il est question des conflits internationaux passés. « On n’en a rien à foutre ! ». L’élu dit qu’il va bien falloir se remettre autour d’une table pour discuter. « Ouais, avec une carabine à plomb ! ».

Il ne faut pas croire que tous les salariés braillent, non, les plus en colère seulement. Beaucoup se taisent et d’autres sont là pour dire : « Il faut rester humain. » Ce qui frappe surtout, c’est le désarroi : « Avant qu’on soit racheté par Arche, on faisait partie des meilleurs en France et dans le monde , il y a encore des pièces qu’on est les seuls à faire ! Depuis quatre ans, ils n’ont fait aucun investissement, des machines se transforment en cadavres. » Et l’atelier prend l’eau à divers endroits.

La qualité du travail réalisé ici n’est pas remise en cause, MBF fabrique des pièces pour Peugeot et Renault. « Pourquoi Peugeot ne soutient pas cette entreprise ? », interroge un salarié d’une entreprise voisine. Le maire explique qu’un donneur d’ordre ne peut pas soutenir un site en particulier. « Ouais, c’est ça, Peugeot et Renault, ils n’en ont rien à foutre de nous ! ».

La détresse s’exprime sur tous les tons. La CGT réclame la suspension de la procédure en attendant que des solutions alternatives soient trouvées : « La situation est incompréhensible quand on voit les bénéfices dégagés par Peugeot et Renault, plus d’un milliard en 2010 ! » dénonce Jacques Bauquier, responsable régional CGT.

Au cours du comité d’entreprise, un délégué syndical est pris d’un malaise, la séance est suspendue, il faut appeler les secours. « Pourquoi il a crisé, ça se passe mal ? » interrogent des salariés dehors. Les élus du personnel sont préoccupés pour leurs collègues, des grévistes s’énervent. Au départ, ils voulaient que la direction quitte l’usine. Finalement, elle semblait bien partie pour y passer la nuit.

Michèle YAHYAOUI

piqué au tas sur l'estrépublcain.fr - 10/06/2011

 

12:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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