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03/02/2010

Le baiser de la Lune

Le baiser de la lune - Voila
Le baiser de la lune - Voila

Un dessin animé pédagogique soumis à des pressions ultra-conservatrices

L’Inter-LGBT écrit au ministre de l’Education nationale, au sujet du projet de dessin animé pédagogique "Le baiser de la lune", soumis à des pressions ultra-conservatrices.

courrier de l’Inter-LGBT - 1/2/2010

Ministère de l’Éducation nationale
Monsieur le Ministre Luc Chatel
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

A l’attention de Luc Chatel,

Objet : Projet de film « Le Baiser de la Lune »

Monsieur le Ministre,

A plusieurs reprises notre inter-associative, accompagnée ou non du Collectif Education contre les LGBTphobies en milieu scolaire et SIDA INFO SERVICE (Ligne Azur), a eu l’occasion d’évoquer la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre avec vos conseillers.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en 2010, en France, l’homophobie et la transphobie perdurent, avec des conséquences parfois dramatiques. Elles peuvent pousser au suicide des adolescent-e-s ou les empêcher de s’épanouir dans leur scolarité, lorsqu’elles génèrent dans les établissements scolaires un climat de rejet.

Que ce soit pour les élèves mais aussi pour les personnels homosexuel-le-s ou transexuel-le-s, l’école peut très vite devenir un lieu difficile à vivre. Ainsi, pour les personnels par exemple, comme le montre l’enquête de la HALDE (Falcoz mars 2008), la visibilité n’est souvent pas possible, les discriminations subies sont hélas très nombreuses, le parcours professionnel est semé d’embûches, par le refus de promotion par exemple.

L’éducation à la sexualité, dont les textes prévoient pourtant trois séances annuelles par niveau (circulaire n° 2003-27 du 17/02/2003) ne bénéficie pas à l’ensemble des élèves, la lutte contre les discriminations et les préjugés LGBT-phobes est laissée bien souvent aux seules interventions d’associations, qui nonobstant leur qualité ne peuvent réussir à sensibiliser l’ensemble des élèves. Rien ne peut remplacer l’engagement de tout le corps enseignant, ni les programmes et les manuels scolaires qui devraient aborder ces questions quand le sujet le justifie

Le ministère de l’éducation dont vous avez la charge en a pris conscience depuis quelques années et concernant la lutte contre les discriminations, les circulaires adressées aux chefs d’établissements scolaires pour les rentrées 2008 et 2009 précisent que « la communauté éducative doit faire preuve de la plus grande vigilance et de la plus grande fermeté à l’égard de toutes les formes de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie et de sexisme. Tout propos, tout comportement qui réduit l’autre à une appartenance religieuse ou ethnique, à une orientation sexuelle, à une apparence physique, appelle une réponse qui, selon les cas, relève des champs pédagogique, disciplinaire, pénal ou de plusieurs d’entre eux ».

C’est en ce sens ce qui se passe autour du projet « Le Baiser de la lune » nous inquiète au plus haut point. Animation poétique destinée à aborder les relations amoureuses entre personnes du même sexe auprès des enfants du cycle 3, en expliquant simplement qu’il existe « différentes façons de s’aimer ce film est conçu comme un outil pédagogique qui a bénéficié du soutien financier du Ministère de la Jeunesse et des Sports, du Conseil Régional de Bretagne, des Conseils Généraux des Côtes d’Armor et du Finistère, de la Ville de Rennes, de la Ligue de l’enseignement 35, de SOS homophobie, du Centre GLBT de Rennes et du Centre National de la Cinématographie.

Alors que le film est en production, des associations dont l’objectif est « de prévenir des dangers de l’homoparentalité, et fournir les arguments nécessaires à la défense de la famille » ont initié deux pétitions intitulées pour l’une « « Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires ! » et pour l’autre « Halte à la propagande en faveur de l’homosexualité au sein de l’école » adressées à différentes institutions partenaires du projet dont le Ministère de l’Éducation nationale.

Dans l’affaire du « Baiser de la lune », nous savons que les formes officielles de demande de partenariat n’ont peut être pas été respectées. Malgré tout, pour l’InterLGBT, ce projet doit être soutenu et l’ampleur prise par la polémique doit être pour le ministère l’occasion de montrer à la fois sa résistance à la pression de lobbys ultra-réactionnaires et son engagement ferme et concret en faveur de la lutte contre toutes les discriminations en général et en particulier celles touchant les élèves et personnels LGBT.

L’Inter-LGBT sera donc très attentive à vos déclarations et aux actions du Ministère de l’Éducation nationale concernant la lutte contre les discriminations dont celles portant sur les LGBTphobies, et rappelle les engagements pris :

  • un envoi à la rentrée scolaire 2009/2010 des brochures d’information destinées aux personnels intitulé « Homophobie : savoir et réagir » ;
  • la réédition d’une affiche et de cartes mémos renvoyant vers un dispositif d’écoute et de soutien aujourd’hui supporté par la Ligne Azur ; dont l’Inter-LGBT souhaite toujours l’envoi dans les collèges.
  • la mise en place d’un groupe de travail permanent à la Direction générale des enseignements scolaires (DGESCO) pour lutter efficacement avec les associations contre les discriminations ;
  • la mise en place d’un module de formation à destination des enseignants, sur le modèle des expériences menées à l’étranger, notamment en Belgique.

Nous vous sollicitons donc, Monsieur le ministre, afin de vous rencontrer pour évoquer avec vous les formes de l’engagement que votre ministère est prêt à prendre aussi bien sur les questions de l’éducation à la sexualité que celles de la lutte contre des discriminations qui frappent aussi bien les élèves que les personnels.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur le ministre, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Philippe Castel, Porte parole de l’Inter-LGBT

 

16:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |

01/02/2010

« Walter, retour en résistance », programmation refusée par la Mairie de Saverdun

Bien sûr nous sommes en Ariège, nous mais une info à savoir :

Dans le cadre de la programmation des films au Cinéma Municipal de Saverdun, a été proposée la projection du film « Walter, retour en résistance », suivi d’un débat avec le réalisateur Gilles Perret et des membres des associations ariégeoises de résistants.

Cette programmation a été refusée par la Mairie de Saverdun. Malgré des tentatives de rencontres et d’explications, rien n’y a fait, le refus a persisté.
Bien que rien n’ait été dit par écrit, à qui que ce soit, la raison invoquée par Mr Calléja, Maire de Saverdun, était que ce film prêtait à polémiques et n’était pas objectif. Nos arguments comme quoi justement un débat permettait l’expression de chacun n’a servi à rien (il a même été suggéré, par l’adjointe à la culture, de le diffuser mais sans débat !!). Proposition ridicule, n’est-ce pas ?

Rappel quand même : ce film donne la parole à des résistants tels que Walter Bassan, Stéphane Hessel, John Berger. Mais ces résistants, en dépit de leur âge sont vifs et alertes : ils ne se contentent pas de commémorations, ils organisent visites et discussions avec des jeunes et sacrilège pour l’UMP : leur devise devient « résister maintenant » reprenant le célèbre appel « créer c’est résister, résister c’est créer » auquel Lucie et Raymond Aubrac donnèrent, avec d’autres, leurs voix.

Alors ce refus sur Saverdun, petite ville de 4 000 habitants, est-il justifié par le fait que le Maire, en Ariège, soit tête de liste UMP aux Régionales ? Ce refus du débat peut-il être relié au fait que des propositions fleurissent d’enlever l’enseignement de l’Histoire obligatoire dans certaines sections de terminales au lycée ?
Et quelle est cette conception de la démocratie locale, où le pouvoir en place ne laisse aucune place à la libre parole des citoyens ? Sans ce refus du Maire, la ville de Saverdun aurait profité d’une initiative culturelle de ville plus grande telle que Albi, Carcassonne, Toulouse pour ne citer que les plus proches.
Quelques habitants de la commune ont initié depuis un an ces projections avec débat, donnant de leur temps bénévolement, faisant profiter à tout un chacun d’échanges dans le respect mutuel.
Cette démarche serait-elle déplaisante au Maire de Saverdun ? Est-ce la conclusion à en tirer ?
Si tel est le cas, est-ce un comportement acceptable de la part du 1° magistrat de la ville ?

Ce film sera quand même projeté, le débat aura lieu, dans plusieurs endroits mais en Basse Ariège surtout à BRIE (à 5 minutes de Saverdun) le Samedi 6 Février : 20h30 accueil,21h projection puis débat. Gilles Perret, le réalisateur sera là ainsi que des membres d’associations de résistants.

Jean Luc

Pour la projection du film "Walter" à Saverdun en Ariège :
http://echo-saverdun.over-blog.com/

 

heureusement pour nous, le café les Epines avait programmé ce poignant documentaire le samedi 16 janvier dernier.

café  associatif  autogéré   LES EPINES

Samedi 16 20h


17:42 | Lien permanent | Commentaires (2) |

29/01/2010

calais : un nouvel abri pour les réfugiés !

Communiqué de SoS Soutien aux Sans Papiers

La chasse à l’homme et traitements inhumains et dégradants s’amplifient depuis le "nettoyage" des campements à calais. No Border et SoS Soutien aux Sans Papiers décident de mettre à la disposition des exiléES et DES CalaisienNES qui les soutiennent un hangar de 600 m2 dans le centre De Calais RUE CRONSTADT

Le harcèlement dépasse toute mesure : ils ne peuvent plus s’asseoir , se poser, sans qu’une horde de robocops leur demande de dégager ailleurs".

La misère on la stigmatise , on la criminalise et on la cache , MAIS on ne la fait pas disparaître. Besson les clochardise, tels des chiens à qui l’on jetterait des pierres pour les faire disparaitre !

Ces réfugiés : "dégâts collatéraux" fuyant les conflits alimentés par nos ventes d’armes ou nos armées, (les sous sols sont riches, ou des positions stratégiques).

Nous exigeons le respect et l’application des Accords de Genève avec l’abrogation des accords Dublin II., la liberté d’installation et de circulation pour tousTES.

M. Besson , votre reproche de "pointillisme administratif" ! concernant tous les exiléEs vous fait à nouveau déraper : Leur criminalisation , stigmatisation, la répression et chasse à l’homme n’ont plus de mesure tant la xénophobie de ce gouvernement et votre racisme en sont les ferments premiers.

Attention : " l’autre" , "l’étranger" , responsable de tous les maux, ce n’est pas de notre Identité ! L’Etat ne peut continuer à violer impunément les droits humains les plus élémentaires.

Nous exigeons le respect et l’application des Accords de Genève et l’abrogation des accords Dublin II., la liberté d’installation et de circulation pour tousTES.

No Border est sur place dans ce hangar, et ce weekend end , des couvertures et matériel de campement seront les bienvenus ! RUE CRONSTADT

SOYONS NOMBREUX ET SOLIDAIRES : les médias ont déjà titré " UN NOUVEAU SANGATTE A CALAIS" !

La lutte va etre serrée avec le préfet M. de Bousquet et la violence de sa police.

00:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/01/2010

Relaxe pour Denis Robert

Le Comité de Soutien à Denis Robert
http://lesoutien.blogspot.com
se réjouit du jugement
rendu par le tribunal,
remercie les donateurs
qui ont permis à Denis
d’assurer financièrement sa défense
ainsi que les journalistes
qui nous ont rejoints
pour le soutenir sur ce blog.
http://jesoutiens.blogspot.com/
et reste présent auprès de Denis
pour les procédures en cours et à venir.





Nous vous faisons suivre
ce texte de Denis Robert
écrit à la suite de ce jugement.


J’avais pensé envoyer ce texte:

“La justice a été rendue. Après plusieurs années d'épreuves, mon innocence a été reconnue.

Je pense à cet instant à ma famille qui a connu jour après jour la rumeur et la suspicion.

Je salue le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique.

Je suis fier d'être le citoyen d'un pays, la France, où l'esprit d'indépendance reste vivant.

Je n'ai aucune rancœur. Aucune rancune. Je veux tourner la page.

J'ai été blessé par l'image que l'on a voulu donner de la politique
(journalisme),

de l'engagement qui a été le mien, pendant 30 ans.

Et c'est vers l'avenir que je veux me tourner...”

Mais c’est déjà fait, c’est de Dominique de Villepin




Me concernant...

Je suis satisfait.

Heureux pour les centaines de milliers de personnes
qui se sont inquiétées de voir qu’un
journaliste pouvait être poursuivi en France
pour avoir fait son travail.

Ce jugement crée une jurisprudence.
Il dit que les journalistes sont maintenant protégés
par des principes supérieurs qui sont ceux de la liberté d’informer,
la liberté de la presse et la liberté d’expression.
Je rappelle que c’est moi qui aie apporté la preuve
que les fichiers à l’origine de ce scandale étaient des faux
et la démonstration qu’il s’agissait de listings Clearstream manipulés.
Cela a totalement disculpé Clearstream qui – en remerciement -
a porté plainte pour « recel de vol».

Si j’ai été sur le banc des accusés
c’est surtout par la volonté d’une entreprise et de ses dirigeants.

En même temps, je n’ai jamais été autant sollicité,
notamment par des acteurs internationaux
de la vie économique, sociale et politique.
Les demandes viennent de partout, de France mais aussi d’Espagne, d’Allemagne,
des USA, d’Italie. Ils s’intéressent à l’affaire Clearstream, la vraie,
celle d’une multinationale sur laquelle j’ai enquêté depuis 1999.

L’Affaire Clearstream (la 2) aurait pu s’appeler l’affaire Villepin/Sarkozy
ou l’affaire des faux fichiers.
Cela aurait été plus simple pour moi. Mais bon.

Merci à mes copains du comité, merci à vous tous
qui êtes avec moi depuis trois années maintenant.
Ça valait la peine. Ça vaut le coup.

Denis Robert

22:09 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Manifestations pour la libération de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan, samedi 20 février

- Samedi 20 février, à 13h30, devant la prison de Fresnes, avenue de la Liberté. Depuis Paris : bus 187, Porte d’Orléans, station Maison d’arrêt ou RER B, direction Robinson, station Arcueil-Cachan, puis bus 187.
- Samedi 20 février, à 11 heures, devant la préfecture, place Saint-Etienne, à Toulouse.

Il y a deux ans, Jean-Marc Rouillan avait pu obtenir un régime de semi-liberté, dernière étape avant la liberté conditionnelle. C’était sans compter sur le délire médiatico-politique qui a suivi une interview accordée à L’Express. Retour à la case prison. Depuis, on sait que Jean-Marc Rouillan souffre d’une maladie rare et évolutive. Scandaleusement sans soins, à la prison des Baumettes, puis au centre de détention de Muret depuis le 27 octobre, Jean-Marc Rouillan est la proie d’une justice antiterroriste revancharde. Le militant, devenu écrivain et éditeur chez Agone à Marseille, a déposé une nouvelle demande de libération. Elle pourrait être examinée après un passage au centre national d’observation (CNO) de Fresnes. Des « experts » psychologues et psychiatres examineront la « dangerosité » du militant révolutionnaire alors que c’est d’un expert du syndrome de Chester-Erdheim dont Jean-Marc Rouillan a besoin de toute urgence.

Pour sa part, Georges Cipriani n’a jamais pu bénéficier d’un seul jour de liberté depuis vingt-trois ans. En avril 2009, un jugement lui avait accordé un régime de semi-liberté. Le parquet avait fait appel et des juges ont osé dire que son dossier, accepté en première instance, n’était pas recevable après vingt-deux mois de procédure ! Incarcéré dans la prison d’Ensisheim, Georges Cipriani a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle. Elle devrait être examinée le 5 février.

Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan subissent un intolérable chantage au reniement, voire au repentir, deux notions étrangères au droit français. Georges Cipriani et Jean-Marc Rouillan, qui ont terminé leur peine de sûreté en 2005, doivent être rapidement libérés.

 

Plus d’informations sur le site de Ne laissons pas faire !, et sur le blog de soutien aux militants d’Action directe emprisonnés.

Paco

08:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/01/2010

procès des inculpés de l'incendie de Vincennes

 

compte rendu de la 1ere journée du procès des
inculpés de l'incendie de Vincennes

Aujourd'hui lundi 25 janvier a débuté le procès des dix sans-papiers accusés d'avoir participé à la révolte collective qui en juin 2008 a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes.

En réalité ce procès n'a pas vraiment commencé et demain nous saurons si la juge madame Dutartre peut continuer à présider les audiences à venir et si Nadir Autmani, en détention depuis 8 mois, sera remis en liberté.

Voici un compte rendu succinct de ce qu'il s'est passé au tribunal aujourd'hui.
Avant même l'ouverture du procès, nous avons appris que l'un des prévenus avait été arrêté dans une rafle dans le secteur de la gare du nord et était placé en garde à vue. N'étant pas présent au début de la séance, l'audience a été suspendue jusqu'à ce qu'il soit libéré. A 15h30, le prévenu arrive et les audiences reprennent
dans le brouhaha, les slogans à l'extérieur faisant écho à l'agitation à l'intérieur. Il y a encore des places dans la salle, alors que 200 personnes attendent devant exprimant de diverses façons leur solidarité avec les inculpés.
Parallèlement des gens vont protester auprès du batonnier et de la présidence du tribunal. Alors que les avocats soulèvent le problème de la publicité des débats, l'épouse d'un des prévenus reconnait la juge : c'est celle là même qui a fait incarcérer son mari en 2005 et qui l'a mise elle sous contrôle judiciaire. Elle commence a interpeler la juge qui dément et demande aux gendarmes de la faire sortir. Deux gendarmes s'approchent mais n'insistent pas devant son refus. La juge persiste à nier, lançant aux avocats : "vous préferez croire en vos clients plutôt qu'en le tribunal". Mauvaise foi ou démonstration d'une justice d'abattage qui envoie chaque jour des centaines de gens croupir en prison?
Mal à l'aise, la juge accorde tout de même 15 minutes de suspension. Pendant ce temps, des avocats vont chercher des documents attestant de cette affaire.
A la reprise d'audience, la juge décide d'abord de lire les chefs d'inculpation de chacun des prévenus:
- violences sur dépositaires de l'autorité
publique n'ayant pas entrainé d'ITT supérieure à
8 jours.
- destruction par incendie des bâtiments du centre de rétention de
Vincennes.
- destruction de biens destinés à l'utilité ou à la décoration publique.

3 des 5 policiers plaignants, Patrice Beaufort,Nicolas Carlot, Jérôme Dupuy, Jonathan Faure,Sandrine Schenk, Corinne Tamas sont présents.

Les avocats apportent la preuve de ce que disait l'épouse de D et demandent à la juge qu'elle se désaisisse de l'affaire. Déstabilisée, Madame Dutartre suspend l'audience jusqu'à demain mardi 13h30.

Les enjeux de l'audience de demain sont le report
du procès et surtout, si ce report est accepté,
la remise en liberté de Nadir Autmani.

Soyons nombreux pour que ce procès n'ait pas lieu et que Nadir soit libéré.

Fermeture des centres de rétention!
Liberté de circulation et d'installation pour tous!

 

Deuxième journée du procès toujours pas commencé des inculpés de Vincennes !

La juge Dutartre ayant refusé de se dessaisir elle-même (rappelons qu’elle a déjà été juge dinstruction dans une affaire dun des inculpés et quelle lavait déjà envoyé en prison), les avocats ont alors fait une demande officielle de récusation auprès du président du tribunal.


L
audience a donc encore une fois été suspendue, en attendant la réponse, et reprendra demain à 13h30.

Encore une fois de nombreuses personnes étaient venues en solidarité et comme hier la plupart n
a pas pu rentrer. À la fin de laudience, les personnes solidaires qui criaient «liberté avec ou sans papiers» ont été très rapidement et violemment poussées vers lextérieur. Une personne a été arrêtée.

Soyons nombreux demain à 13h30 pour que Nadir Autmani, encore incarcéré, soit libéré et pour exiger la relaxe de tous les inculpés.


Fermeture des centres de rétention !
Liberté de circulation et dinstallation pour tous !


Infozone, 26 janvier 2010
Liste d’information pour la France sauvage.

pour aller plus loin :
- 4 pages "brulons les frontières" sur les enjeux de cette lutte : http://nantes.indymedia.org/article/19229
- affiches à télécharger http://nantes.indymedia.org/article/19227
- "à chacun le sien..." Recension de vautours qui se font du fric avec la machine à expulser : http://nantes.indymedia.org/attachments/nov2009/vautours....
- la brochure : "soutien aux sans-papiers"

à noter dans vos agendas la manifestation de soutien aux sans papiers à Nantes le 6 février. "tract et affiche"

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19:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/01/2010

Libération immédiate de Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

Nous demandons la libération immédiate de
Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

 

Premiers collectifs signataires : Action-directe.net ; CNT santé social et collectivités territoriales ; Collectif Bboykonsian/La k-bine ; Collectif de soutien aux prisonniers d’Action directe – Montpellier ; Collectif des amis et camarades des prisonniers d’Action directe, Frankfort … Paris ; Comité Libérez-les ! de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques (59-62) ; Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux ; Commission pour un Secours Rouge International (Bruxelles-Zürich) ; Libérez Les Prisonniers – Bordeaux (LLP 33) ; Réseau No Pasaran ; SCALP-Reflex; Secours Rouge (Belgique); Solidarité et Liberté (Belgique)


_-_-_-_-

Arrêtés avec Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon en tant que militants d’Action directe, Georges Cipriani et Jean‑Marc Rouillan sont en prison depuis février 1987 ! Action directe était une organisation qui a fait le choix de la lutte armée en Europe de l’Ouest dans les années 1980. A partir de mai 1979 cette organisation a réalisé des actions contre des institutions de décisions politiques de l´État.


En 85/86 AD menait, entre autre, les opérations contre le responsable pour l’État français de la vente d’armes, et contre le P-DG de Renault, responsable de restructurations industrielles et de licenciements de masse.

 

Les quatre d´AD ont été condamnés à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans.

L’État visait leur anéantissement physique et psychique. Ils furent soumis à un traitement spécial : torture par l’isolement, interdiction ou restriction des contacts et de la communication à l’intérieur de la prison et vers l’extérieur.

Après 17 ans de prison, les médecins ont diagnostiqué à Joëlle Aubron une tumeur cancéreuse avancée. La mobilisation permit sa libération en suspension de peine en juin 2004. Joëlle est décédée le 1er mars 2006.

 

Après la période des 18 ans de peine de sûreté, la mobilisation pour la libération de Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan se renforça. Il y eut des campagnes de presse, des actions publiques, des meeting, des concerts, des rassemblements et d'autres actions de solidarité pour remettre la question des prisonniers d'Action directe à l’ordre du jour.

 

Après plus de vingt ans de prison, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan obtinrent une semi-liberté. Les restrictions associées à cet aménagement de peine comprenaient une interdiction de se prononcer publiquement sur les faits pour lesquels ils avaient été condamnés, et par conséquent sur leur histoire et sur le contexte politique de l´époque. Jean-Marc donna une interview qui lui valut la révocation totalement arbitraire de sa semi-liberté.

 

La dernière demande de libération de Georges Cipriani lui fut refusée en appel aux motifs, entre autres, qu'il continue à se prononcer politiquement et qu’il signe toujours ses déclarations en tant que prisonnier d'Action directe. Il lui fut également reproché de ne pas exprimer de regrets. Il est ainsi le seul militant d’Action directe emprisonné qui n'ait bénéficié d’aucun jour de liberté après plus de 22 ans de détention.

 

Quelques mois après l’annulation de sa semi-liberté, l’état de santé de Jean-Marc Rouillan s’est dégradé. L’administration pénitentiaire a attendu la dernière limite avant de l’hospitaliser d’urgence. Le syndrome de Chester-Erdheim, maladie grave et évolutive, fut diagnostiqué. Cette maladie devrait être traitée, selon les spécialistes, avant la manifestation d’une nouvelle crise. Mais un tel traitement est incompatible avec la détention. Jean-Marc est retourné en prison, sans soins. Les procureurs lui ont dit de prendre ses distances avec l´histoire d´AD et d´exprimer des regrets s´il voulait sortir pour être soigné. L´État veut le laisser mourir en prison.

 

 

Nous demandons la libération immédiate de
Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan !

 

Décembre 2009 - Contact : mail-action-directe@laposte.net


Plus d'informations sur
http://www.action-directe.net ou http://action-directe.over-blog.com

23:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/01/2010

Sur le “prisonnierisme”

Le texte ci-contre est sorti en décembre 2002, au moment où la lutte espagnole contre les FIES trouvait sa résonnance maximale hors des murs, surtout dans les cercles militants.
Les compagnons y dénoncent et analysent les travers du «prisonnierisme» (presismo en espagnol) : la mythification du prisonnier en tant que tel ou pour ses illégalismes qui l’ont conduit dedans, la légèreté à qualifier les prisonniers de compagnons et d’anarchistes pour à la fois gonfler la lutte et son propre rôle à l’extérieur, le développement d’une démarche de soutien/assistanat et non complicité/affinité, le sens de la solidarité qui signifie beaucoup de papier et peu d’attaques.

Bien entendu, ces critiques parleront plus aux quelques compagnons anarchistes qu’aux divers militants et camarades généralement investis sur ce thème en France, et plus généralement à tous ceux/celles qui ont affronté la question anticarcérale comme lutte parcellaire qu’aux autres.
Enfin, il ne faut pas oublier non plus le contexte espagnol de l’époque qui a vu se multiplier les groupes anarchistes ou libertaires (et les publications) appuyant la lutte interne contre les FIES, développant un milieu spécifique qui n’a pas existé ici ces dernières années (y compris lors de la tentative avortée autour du réseau de l’Envolée), milieu qui concentre les critiques.
Nous avons jugé utile de le publier malgré ces limites parce que les questions qui y sont posées concernent plus largement toute lutte parcellaire et le milieu qui se crée autour, parce que certaines de ses réflexions correspondent à des discussions/débats que nous avons pu avoir (sur l’illégalisme, sur les façons d’affronter la taule), et enfin parce qu’ayant participé ici à la lutte contre les FIES et suivi régulièrement dans cette publication la situation des compagnons incarcérés, il nous semblait intéressant de publier cette fois un bilan qui a pu être tiré de l’intérieur du mouvement contre ces «prisons dans la prison».

Ces dernières années, dans nos milieux, nous n’avons pas arrêté de parler de prisonniers en lutte, de grève de la faim, de rebelles sociaux, de revendications (l’abolition du FIES et les trois autres, que vous ne connaissez que trop bien)…

Partant du fait qu’il y a eu une réelle lutte dans tout ça, nous voudrions faire une critique (plus corrosive que constructive) de ce que nous appelons le “ phénomène prisonnieriste ”. Cela, afin d’essayer de discerner le peu de lutte et de communication réelle du folklore et du “ simulacre de lutte ”. Et surtout, nous voudrions décerner une mention spéciale à cette lutte qui aujourd’hui s’est transformée en grande partie en phénomène prisonnieriste.

Qu’entendons-nous par “ phénomène prisonnieriste ” ?

Pour remettre en contexte, bien que celui-ci soit probablement plus que connu, nous allons faire un bref résumé de ce qu’il s’est passé. Avant 1999, il n’y avait que quelques personnes et/ou groupes qui maintenaient un contact (à travers des correspondances et des visites) avec des prisonniers, et ce fut partir de la première grève de la faim indéfinie (et collective) que le milieu libertaire (anti-autoritaire et anti-répressif) découvrit la situation dans les prisons.

Il est clair qu’à partir de ce moment, les groupes de soutien aux prisonniers, les publications pleines de communiqués et d’adresses de “compagnons prisonniers”,… ont poussé comme des champignons. Dans bien des villes, des actions en soutien aux prisonniers et en solidarité avec leurs revendications se sont mises sur pied. La devise était : leur lutte est notre lutte ! Et c’était bien,… tant qu’il y avait de la lutte, évidemment.

Il y eut aussi différentes rencontres “anticarcérales” au cours desquelles on a pu divaguer à loisir sur notre rôle dans cette lutte ainsi que sur le comment pouvoir l’étendre. Tout cela en restait à une déclaration de principes bien intentionnée, mais abstraite : diffusion, coordination et futures caisses de résistance.

La coordination obtenue a toujours été minimale, le stricte nécessaire pour que toute cette histoire ne tombe pas à l’eau. Et ce que nous avons appelé coordination s’est avéré, au final, n’être rien d’autre que l’effort d’un nombre limité de personnes qui, curieusement, sont celles qui se sont le moins mises en avant dans ce grand cirque de la reconnaissance tellement présent dans cette lutte.

Et pour ce qui est de ces fameuses “ caisses de résistance ”… Le thème a été discuté, spéculé, insinué, mais nous aurions du garder en tête que ce genre de choses ne doit pas se discuter, mais se FAIRE.

Ce qui a été obtenu par contre, c’est l’extension-diffusion de la pseudo-lutte, mais tout cela ne fut que quantitatif (nous n’avons pu apprécier aucune avancée qualitative). Il y eut beaucoup de gens qui ont commencé à entretenir une correspondance avec les compagnons (et les “moins compagnons”) prisonniers de l’Etat oppresseur et capitaliste tant haï. Et nombreux furent aussi les prisonniers qui firent de même avec les “nouveaux compagnons de la rue”. Ils se transformèrent tous en “chèrEs amiEs” et se dirent “Salut compagnonNE”… et ensuite ?

Nous disons “pseudo-lutte”, parce que nous pensons qu’écrire deux douzaines de cartes par mois et aller en taule pour rendre visite à untel ne peut être considéré comme une lutte ou un affrontement (nous ne disons pas qu’il faut cesser de le faire, mais juste qu’il ne faut pas prétendre que cela est le plus subversif ou le plus révolutionnaire que nous puissions faire).

Au-delà de ça, beaucoup semblent oublier qu’il s’agit ici d’une “lutte” parcellaire. Ce n’est pas pour autant qu’il faudrait la reléguer au second plan, mais nous voudrions juste rappeler que tant qu’il y aura un Etat-capital, il y aura des prisons (même si elles varient ou se transforment), tant qu’il y aura de l’obsession-aliénation, il y aura des prisonnierEs (tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des murs).

Dans les années 80 il y eut l’insoumission, au cours des années 90 ce fut le mouvement squat, et à présent c’est le prisonnierisme. On dirait qu’à chaque moment nous nous laissons attraper par “la lutte en cours” comme s’il s’agissait d’une mode. Comme si nous n’étions pas capables de pratiquer notre résistance-attaque sur tous les fronts.

A ce moment, les collectifs, groupes et individuEs anarchistes n’ont pas su élaborer une stratégie de lutte anti-carcérale correspondant aux pratiques anarchistes. Nous nous sommes laissés porter par les formes qui plus tard laisseront place au phénomène prisonnieriste.

Quand nous parlons du prisonnierisme, nous ne nous référons pas à la lutte anti-carcérale portant une optique révolutionnaire et s’articulant sur une pratique tant réelle que radicale, mais plutôt à toutes ces pratiques —qui sont déjà des habitudes pour beaucoup— et qui consistent à “soutenir les prisonnierEs” en les considérant de façon abstraite. C’est-à-dire que le prisonnierisme est cette chose dans laquelle la lutte contre les prisons s’est retrouvée réduite et dénuée de toute vertu.

Quelques unes des caractéristiques de ce soutien prisonnieriste qui attirent le plus notre attention sont les suivantes :

Idéalisation, quasi mythification, des “ compagnonNEs prisonnierEs ”

Outre le fait que nous n’utilisons que peu de critères pour considérer quelqu’unE comme unE compagnonNE sans même la-le connaître (serait-ce que les compagnonNEs ne représentent pas grand-chose à nos yeux ou que nous ayons déjà vidé ce terme de sa substance ?), nous avons observé une idéalisation progressive de ceux qui dans prisons protestent contre les conditions imposées par l’Institution Exterminatrice. Toute personne dont le nom se trouve en fin d’un communiqué est déjà en lutte. Toute personne qui passe un jour sans manger ou sans sortir en promenade l’est aussi. De cette manière, avec nos envies imparables de nous élargir, nous avons confectionné des listes extensives de “prisonnierEs en lutte”. Listes relevant plus de la fiction que de l’extension, car lorsque nous avons tenté de les vérifier, nous avons découvert plus de ratures que de noms.

Cette attitude de recruter des adeptes à notre cause et à les idéaliser est l’héritage de la séduisante loi du nombre et de la culture de masse. Pour les marxistes classiques et les néo-marxistes (mais aussi pour bien des anarchistes), la classe ouvrière ou le prolétariat était cette entité presque mystique qui, indépendamment de ce qu’elle faisait ou de comment elle le faisait, était révolutionnaire en soi et par essence. De la même manière pour les prisonnieristes, le-la prisonnierE —et les “compagnonNEs prisonnierEs” en particulier— sont sinon révolutionnaires, pour le moins rebelles par définition.

Evidemment, en prison il y a quelques compagnons anarchistes (et autres révolutionnaires). Il y a aussi des rebelles, des personnes en lutte, des braqueurs… mais ceux qui y sont ne le sont pas tous, et ceux qui le sont n’y sont pas tous.

Ces confusions nous ont mené jusqu’à gonfler impudemment (que l’intention fusse des meilleures ou la pire, ce fut fait) les chiffres des grévistes participant à la dernière grève de la faim collective. Et, si nous poussons le bouchon un peu plus loin : où sont ces “irréductibles combattantEs” une fois misEs en “ liberté ” ? Que font-ils-elles ? De quelle manière poursuivent-elles-ils la lutte et comment se solidarisent-ils-elles avec leurs “frères et sœurs prionnierEs” ? Tant de beaux mots qui s’envolent à la première brise…

Jusqu’à quel point est-ce rebelle ou révolutionnaire de braquer-voler-exproprier pour “vivre” à toute vitesse (c’est cela qu’on appelle tous la Vie) ? OK, d’accord, ils-elles ne se vendent pas pour un sale travail, elles-ils ne se prostituent pas huit heures par jour, ni même quatre. Ils-elles peuvent même conserver la haine envers l’Etat (parce qu’associée à la prison), mais… la haine envers le capital, ça c’est déjà autre chose. Parlez leur d’abolir ce maudit argent, mais alors tâchez aussi de leur expliquer comment ils pourront toujours avoir cette belle voiture, ces beaux vêtements et ces bonnes fêtes si vous ne voulez pas qu’ils vous envoient rapidement chier.

Le fait d’attaquer à la propriété privée peut vouloir dire, de manière consciente ou inconsciente, que l’on est contre l’inégalité sociale, mais nous ne pouvons nous réfugier dans l’illusion et croire que c’est toujours le cas. Il peut aussi s’agir d’attaquer la propriété privée parce qu’on n’est pas d’accord avec sa distribution actuelle (on voudrait donc une plus grande part du gâteau), et non pour chasser la propriété, ni même l’inégalité.

Penser à obtenir l’argent nécessaire pour “monter sa petite affaire et vivre de ses bénéfices” ne veut rien dire d’autre que l’acceptation ou la soumission aux idées capitalistes. En ce qui nous concerne, il est clair que nos compagnonNES, prisonnierEs ou pas, sont rebelles et anticapitalistes, de fait ou en puissance, et non des bourgeois en puissance (même s’ils braquent à la place de travailler). Ceux-là, nous les considérons sans aucun doute comme nos ennemis, aussi tristes et pénibles qu’aient pu être leurs vies avant et après leur passage en prison.

Nous avons tellement envie d’être plus nombreux, que nous voyons des anarchistes là où il n’y en a pas. On est anarchiste ou révolutionnaire par conviction, non par convenance. Aussi simple et évident que cela puisse paraître, des amiEs et compagnonNEs se trouvant à l’intérieur des prisons ont du nous le rappeler des dizaines de fois. Nous nous sommes équipés d’une baguette magique trompeuse qui, par simple proximité ou contact, distribue l’étiquette “anarchiste” comme s’il s’agissait d’un simple adjectif. Comme l’on vit que l’appellation était légère et que les “masses anarchistes à l’intérieur des taules” n’étaient soutenues de nulle part, on décida d’utiliser un nouveau terme plus générique et facile à octroyer. C’est ainsi qu’apparurent les “masses de rebelles sociaux” qui peuplent aujourd’hui les prisons...

Idéalisation, quasi mythification, de ceux qui soutiennent les “compagnonNEs prisonnierEs”

Nous n’avons pas seulement placé ces prisonnierEs sur un piédestal, mais nous nous y sommes aussi réservé une place. Aujourd’hui, pour être quelque chose ou quelqu’un dans le mouvement prisonnieriste, tu dois être en correspondance avec au moins 3 des prisonnierEs les plus connuEs et admiréEs (et pouvoir être ou devenir leur copain-copine), être à l’affût de toujours plus d’information et ne pas envoyer moins de X cartes par semaine (nous ne mettons pas de chiffres parce que celui-ci dépend de la renommée du ou de la destinataire en question, certaines cartes peuvent compter pour deux, voire pour trois).

De cette manière, tu pourras participer sans problèmes au petit jeu prisonnieriste (que ce soit à travers des réunions ou des lettres avec d’autres “points de soutien”) et surfer sur les pages prisonnieristes sans avoir à craindre de ne pas comprendre de quoi ils parlent. Tout le monde sait qui est unEtelLE, dans quel prison il-elle se trouve et de quelle prison elle-il vient. Petit à petit nous découvrirons qui a une correspondance avec qui, qui peut se blairer et qui ne peut pas, et par la sorte, “en tissant des liens de solidarité”, la grande et heureuse famille prisonnieriste se construit. Si nous ne sommes pas frères ou sœurs, nous serons cousins-cousines, même de manière éloignée s’il le faut.

Et donc, les individus “solidaires avec les prisonnierEs” se constituent en une catégorie différenciée (voire même supérieure pour certains) de révolutionnaires. Il n’est pas difficile de rencontrer des personnes affirmant que “la lutte anti-carcérale” est la lutte principale et indispensable parce que la prison est la forme la plus claire d’oppression de la part de l’Etat. Nous nous refusons à établir toute hiérarchie entre les luttes parce que le système de domination ne repose pas sur un seul pilier. Ce n’est qu’à travers un affrontement global-intégral que nous aurons des possibilités d’en finir avec ce qui nous prive de la liberté que nous désirons.

En fragmentant les luttes, en nous spécialisant dans une de celles-ci et en perdant de vue notre propre nombril, nous n’arriverons pas très loin. Ils ne sont pas rare ceux et celles qui ont totalement oublié les autres fronts, les ignorant de manière consciente ou inconsciente. Il y a ceux et celles qui n’attendent plus la révolution parce qu’ils la FONT, et puis celles et ceux qui ne l’attendent plus ni ne la font parce qu’ils ne savent plus ce qu’ils veulent au-delà de l’abolition du FIES, la libération des malades en phase terminale, la fin de la dispersion… Que feront-ils-elles si un jour les murs tombent parce que l’Etat n’a plus besoin de prisons pour maintenir le contrôle ?

Il n’y a pas de liberté en prison, mais il n’y en a pas non plus dehors, de telle sorte que nous la conquiererons entièrement ou nous n’aurons même pas fait tomber un seul mur.

Groupes – anarchistes ?- de soutien aux prisonniers
Anarchie ou, plutôt, assistanat ?

C’est certainement le point le plus sérieux et le plus triste à la fois parce qu’il met en évidence le manque de critère des anarchistes pour mener jusqu’au bout une lutte cohérente avec une théorie, mais surtout avec une pratique qui nous soit propre et réelle.

Vous connaissez l’histoire de quelques anarchistes qui commencèrent en pensant qu’elles-ils pourraient lutter pour la LIBERTE coude à coude avec leurs “frères et sœurs prisonnierEs” et qui se retrouvèrent à envoyer des courses, des cartes de téléphone, des mandats et à diffuser des communiqués ? Cela fut leur lutte et continue à être celle de beaucoup.

Nous nous sommes consacrés à l’édition de bulletins, de revues… qui, bien loin d’être des moyens de communication entre des personnes et d’être utilisés au moins comme une arme qui attaque et transgresse les murs (peu importe lesquels), n’ont su être que des récits personnels qui n’apportent rien et ne nuisent que très peu. Et dans le pire des cas, ils ont servi comme pages de contact entre les gens de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur.

La prison est une institution, et en tant que telle a des figures publiques qui la représentent et des visages moins publics qui la soutiennent. Elle a des édifices et des infrastructures. Elle a tellement de facettes sur lesquelles les anarchistes pourraient faire sentir leur rage.

Nous ne sommes ni chrétiens, ni bouddhistes, ni prisonnieristes. Nous ne voulons pas soutenir ni assister les prisonnierEs, nous voulons simplement qu’ils-elles cessent d’exister tant en dehors qu’à l’intérieur des prisons.

A propos des cercles familiaux et des amiEs...

Nous avons déjà dit que nous nous opposions aux prisons depuis une perspective qui nous est propre. Celle-ci n’est pas la même que celle des associations pour les Droits de l’Homme ni que celle des diverses coordinations ou autres ONGs.

CertainEs affirment que ce que nous devrions faire serait de nous réunir avec les familles des prisonnierEs et de créer un “réseau social” peut-être similaire à ce qui a pu exister au temps de la COPEL. On dit aussi que nous pourrions recueillir des fonds pour aider les familles des prisonnierEs qui en ont besoin.

Et pourtant non, nous ne ferons rien de tout cela, parce que nous sommes inévitablement du côté de ceux qui affrontent cet état des choses (prison incluse), qu’ils soient amiEs ou pas avec prisonnierEs, qu’ils aient de la famille à l’intérieur ou non. Notre cercle, notre groupe, nos gens sont ceux qui désirent faire la route avec nous depuis le début jusqu’à la fin, et non ceux qui resteront à la moitié du chemin lorsqu’ils seront parvenus à adoucir et à démocratiser la prison, ou quand leur enfant-frère-sœur-amiE sera sortiE du régime d’isolement, qu’il-elle sera dans une prison plus proche ou encore libéréE.

Nous ne voulons pas non plus à nos côtés ceux et celles qui ne désirent pas la prison pour les leurs, mais qui ne se posent pas de questions pour les autres (ou qui considèrent que ceux qui devraient être à l’intérieur sont les terroristes, sans même faire référence précisément à l’Etat-capital).

Et à propos des “ familles ”, en tant qu’anarchistes, n’étions-nous pas pour la destruction de la famille comme institution oppressive, limitante et imposée ? Ou remettons-nous cela comme une étape suivant la fin de la prison ?

Communication réelle ou fictive ?

Un autre aspect curieux du prisonnierisme est son concept de la communication. Pour les prisonnieristes, connaître ou être en contact avec quelqu’unE équivaudrait à s’écrire de temps en temps une page avec quatre (ou quatre cents) lignes pour ne rien se dire du tout, sans partager autre chose que les phrases typiques provenant probablement de lettres type qui ont du être distribuées au début de cette “lutte”. Ecrire par obligation n’apporte rien du tout, ni à celle-celui qui écrit ni à celui-celle qui reçoit. Ce qu’il faudrait renforcer, ce sont les rapports réels, ceux qui au-delà des présentations et de l’échange d’idées pourraient se transformer en complicité, compagnonnage et/ou amitié. Il y a tant de choses que nous pouvons nous apporter les unEs aux autres et desquelles notre lutte pourrait sortir plus forte.

Au-delà de ça, se trouve ce qui n’appartient déjà plus à la communication : le commérage généralisé. Il n’y a pas grand-chose à dire qui ne soit déjà connu. Ces ragots n’ont rien à envier aux séries télévisées à l’eau de rose. Comme nous l’avons déjà dit, nous finissons toutes et tous par savoir qui est amiE avec qui, qui ne peut se supporter, qui est le-la copain-copine de qui,… Est-ce que cela fait aussi partie de la “lutte prisonnieriste” ?

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Démythifions le-la prisonnierE dans sa condition de recluE, parce que cette condition n’est rien d’autre qu’une imposition de l’Etat. Avant d’être unE prisonnierE, c’est justement un INDIVIDU qui aura en tant que tel ses idées et ses inquiétudes, sur la base desquelles nous établirons ou pas nos affinités et nos complicités.

Démythifions la “lutte anti-carcérale ”. La plupart du temps, elle ne dépasse pas le simple soutien et elle répond plus à un sentiment caritatif envers celui-celle qu’elle considère comme faible ou sans défense, qu’à un désir réel d’en terminer avec l’institution pénitentiaire et avec l’état des choses qui la rend nécessaire.

Vive l’anarchie !!!

Quelques ex-prisonnieristes (des deux côtés du mur),
décembre 2002


[Extrait de "Cette Semaine" n°90, septembre 2006, pp.26-29]

 

 

En finir avec le prisonnierisme
pour retrouver des perspectives offensives

Il pourrait sembler banal pour des révolutionnaires de revenir une fois de plus sur la question des prisons, entendues au sens strict. Notre expérience et nos réflexions sont ainsi peuplées des récits de celles et ceux qui y ont lutté par le passé ou des compagnons qui y séjournent régulièrement. A travers nos engagements, nous savons aussi que son ombre est une menace permanente contre celles et ceux qui luttent contre le pouvoir sous toutes ses formes. Cependant, au-delà de ces aspects qui nous touchent de près, les tranformations récentes de la prison nous poussent une fois de plus à revenir brièvement sur l’argument.

L’incarcération de masse, un mode de gestion

La prison est surtout un instrument en pleine expansion, toujours plus complexe et plus vaste, qui engloutit une énorme quantité d’individus, souvent même au-delà des actes qu’ils peuvent accomplir. Nous vivons une époque d’incarcération massive où fleurissent à travers toute l’Europe les chantiers de construction de structures carcérales en tous genres, passant d’une quantité de prisons surpeuplées à une autre, plus importante encore. Dans ce processus, précisons que non seulement les longues peines ont des durées minimum réelles qui explosent (25, 30 ans et plus), et d’autre part que le champ de ce qui est permis se rétrécit, allongeant la liste des délits : toujours plus d’actes et de comportements tombent sous le coup du code pénal, tandis que les petites peines comportent toujours plus de ferme. Enfin, on finit toujours plus au trou, non par pour des faits, mais pour ce qu’on est : centre de rétention parce que dépourvu du bout de papier requis, hôpital psychiatrique parce qu’au comportement « anormal », en garde-à-vue parce que pauvre dans un quartier où règne le couvre-feu de jour comme de nuit, prison parce que louche dans une situation de bordel, etc. Dans le même temps et pour boucler la boucle, des armées de sociologues et de juristes besogneux potassent sur des « peines alternatives » qui permettent de développer la prison à domicile pour élargir encore le nombre de personnes « éligibles à une sanction ».

Dans une telle situation, il serait pour le moins limité d’affirmer que l’augmentation exponentielle de la quantité d’êtres humains qui passent par les geôles de l’Etat est automatiquement liée à une augmentation de la conflictualité qu’il faudrait contenir, ou qu’il s’agirait d’une mesure préventive du pouvoir face à de futurs troubles. C’est un mode de coercition, certes, mais c’est aussi un mode de gestion et parfois même de production, parmi d’autres, en restructuration permanente.
Du raffinement de la torture

Dans nos démocraties donneuses de leçons en matière de liberté, le fonctionnement des prisons est à l’image de ce qui se passe à l’extérieur. Elles sont une arme aux mains des puissants qui permet de garantir l’exploitation. Cette dernière repose en effet à la fois sur l’acceptation de la mise au salariat pour se procurer un revenu, voire sur une adhésion à cette forme particulière de travail, et en même temps sur la peur de la punition qui frappe toute activité qui pourrait permettre d’échapper à la violence du salariat ; peur de perdre d’un coup le peu qu’on a accumulé, d’être privé de ses proches, de finir enfermé. Le contrôle des corps et des esprits est d’ailleurs là pour nous persuader que les moindres faux-pas sont connus et risquent de mal finir, accentuant la crainte et neutralisant les velléités d’une révolte qui dépasserait la simple protestation.
De la même façon, la gestion carcérale repose à son tour sur l’intégration de la norme, le degré de résignation déterminant le régime de réclusion. En prison, si la sensation d’être à la merci de la répression brutale est plus exacerbée et le contrôle plus direct encore, ceux-ci s’accompagnent aussi de mécanismes plus subtils qui vont au-delà même du deal traditionnel « tu te tiens tranquille, on te fout la paix » – les deux termes de l’échange, bien sûr à géométrie variable, s’étendant évidemment à l’ensemble de l’entourage. Cela n’est pas nouveau, puisqu’on trouve jusque dans les récits de bagnards des exemples de châtiments exemplaires destinés aux plus récalcitrants, tandis que les plus dociles faisaient pression sur les autres pour que tout se passe « au mieux » et que la pratique de la balance pouvait servir à s’assurer de meilleures chances de survie.
Sans vouloir revenir sur les diverses réformes qui ont émaillé l’histoire carcérale, on peut constater comment, particulièrement sous nos latitudes, le jeu de la carotte et du bâton a pu se raffiner. En même temps que les méthodes d’annihilation des réfractaires se perfectionnaient (au mitard et aux tabassages sont venus s’ajouter les régimes spéciaux d’isolement parfois agrémentés de privation sensorielle …), l’octroi de certains avantages en réponse la plupart du temps à des révoltes et des mutineries, a également contribué à la pacification sociale à l’intérieur des taules. En effet, dedans comme dehors, le contrôle ne se limite pas aux stricts dispositifs de surveillance de plus en plus sophistiqués. Il repose aussi sur ce qu’on a à perdre et pénètre bien plus avant dans l’intimité de chacun : la télé (outre l’abrutissement généralisé qu’elle induit), les différentes cames (mis à part les ravages qu’elles provoquent), les examens médico-sociaux ou la participation active au système notamment par le travail pour bénéficier de permissions ou de conditionnelles sont autant de formes de chantage à la bonne conduite. De la même manière, le maton sort de son strict rôle de bourreau et de porte-clefs dès lors qu’il devient celui qui pourra améliorer quelque peu les conditions de détention, non pas parce qu’on l’aura affronté, mais parce qu’on aura joué son jeu, celui des mille petits privilèges. C’est ainsi qu’en étant, même malgré soi, plus lié à l’ennemi dans l’aménagement de sa propre cage, on oublie parfois que si la laisse s’allonge, le collier est plus serré.
Pour finir, la création d’un nombre croissant de statuts différenciés a également beaucoup favorisé la désagrégation de la conscience d’une communauté de condition et d’intérêts, même si elle n’en est pas l’unique facteur. Car là encore, la prison n’est que le reflet en condensé des rapports qui existent à l’extérieur.

Transformations et mythe du « prisonnier »

Sans vouloir mythifier ni les rapports sociaux, ni la délinquance d’antan, on ne peut que constater l’extension du règne de la marchandise. En trente ans, la grande réussite du capital est d’avoir réussi à rendre son horizon totalitaire. Ce qu’on déplore souvent en taule comme la « disparition de la vieille éthique » (prisonniers contre matons, hiérarchie liée au délit, rejet de toute forme de balance…) au profit d’une jungle d’alliances, n’est que le constat plus vaste que la tension de classe qui permettait d’opposer au capital une contre-utopie (globalement basée sur l’égalité et la liberté) s’est transformée en rébellion contre le capital à partir du capital, mais avec cette fois sa reproduction exacerbée comme seul possible. Une partie de la délinquance qui auparavant pouvait ainsi se développer au sein d’une forte conflictualité sociale autour de l’appareil de production, devient essentiellement commerce et se trouve dès lors beaucoup plus compatible avec les impératifs de l’accumulation capitaliste dont elle reproduit les valeurs.
Rien de surprenant donc à ce qu’en prison comme ailleurs, des négociants pour qui les complicités se transforment en relations d’affaire et les amitiés en rapports utilitaristes intègrent la logique bénéfice/coût et soient prêts à rentrer dans le système de deal du pouvoir en place. Dans une société massifiée et atomisée où chacun doit affronter l’insécurité liée à la dépossession de tous les aspects de sa vie, il n’est pas non plus étonnant que les camps continuent de se brouiller et que l’antagonisme tende à devenir de plus en plus une guerre de tous contre tous. Cette logique de guerre nous met donc face à une situation complexe : des personnes prises dans la guerre sociale, mais imprégnées de la guerre civile dans laquelle elles ont grandi et que tout contribue à entretenir.
Bien entendu, les liens criminels qui dépassent ou sortent de la logique marchande n’ont pas tous disparu, mais ils se paient toujours plus cher dans un système judiciaire à l’image du reste, où on négocie sa peine à travers l’avocat comme on se vend à un juge. Dans un tel contexte, les révoltés à l’autorité qui atterrissent en taule ou ceux qui purgent de longues peines et qui ont réussi à préserver leur rage, tous se prennent de plein fouet cette transformation des rapports sociaux : non seulement ils rament toujours plus pour rencontrer des complices, mais ils sont souvent isolés à la fois par l’administration pénitentiaire et par les autres détenus, qui voient alors en eux un danger potentiel.
Il ne s’agit évidemment pas de prétendre avec le pouvoir que les prisonniers seraient pires que les autres, ce qui n’a absolument aucun sens, mais d’éviter le renversement qui consiste à en faire de manière homogène des individus nécessairement plus révoltés que d’autres. Abandonner le mythe du « prisonnier rebelle », c’est abandonner la vieille idée selon laquelle les prisonniers seraient en soi et en bloc des sujets susceptibles de porter des valeurs d ‘émancipation et de liberté remettant radicalement en cause ce système.
La colère et la rage sont certes présentes et diffuses en taule, mais leur expression, si radicale puisse-t-elle être dans ses formes, porte rarement un contenu et des perspectives qui rompent avec l’existant. De manière générale, la normalité de la domination pèse de façon écrasante (poids de la morale et des hiérarchies internes, pacification qui fait qu’il n’y a pas de révolte à chaque assassinat ou chaque tabassage et, plus important, qu’on ne perçoit pas qu’il s’agirait d’une auto-défense minimale), et si tout peut exploser à chaque instant (autant dans la cour sur une dispute entre prisonniers à propos de conneries qu’avec les matons sur une embrouille habituelle de parloir), il arrive souvent que ça parte dans tous les sens, pour le plus grand profit de l’administration. A l’image de la société en somme.

Chaque âge saccage sa cage

Il ne s’agit donc pas de nier la conflictualité qui peut exister à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, mais bien de se poser la question du comment la diffuser et l’exacerber sur le fond, plutôt que de faire l’apologie de ses formes.
Le réflexe conditionné qui consiste à soutenir « les prisonniers » de manière inconditionnelle a déjà montré ses limites en ce qu’il méconnaît et fait totalement l’impasse sur les contradictions qui traversent les taules. Il est parfois arrivé que la solidarité avec des prisonniers en lutte sur des bases et dans des contextes très clairs donne lieu à des dépassements du cadre carcéral proprement dit, pour remettre en cause l’ensemble de la société et du système qui non seulement a besoin des prisons, mais en est devenu une lui-même. Cependant, agir sur ce terrain qui nous concerne toutes et tous ne peut nullement revenir à être dans l’attente de ce qui se passe à l’intérieur des murs, ou à se positionner par avance au cul d’hypothétiques mouvements de prisonniers pour attaquer tout ce que représente déjà partout la prison. Constater et analyser l’immense prison dans laquelle nous nous trouvons tous et toutes, et dont les murs sont palpables au quotidien, devrait conduire à éviter un certain activisme faisant de la prison un thème artificiellement détaché du reste.

Si la nécessaire solidarité avec des individus auxquels nous unissent des liens d’affinités en ce que nous partageons la lutte contre ce monde est évidente, il est plus complexe d’intervenir par rapport à des actes qui nous paraissent intéressants, mais dont nous ignorons ce qui les motive. Une des bases de la solidarité pourrait alors être de porter réellement la lutte contre toutes les prisons, à commencer par la nôtre, et contre le monde qui les produit. Car lutter pour détruire tous les enfermements est plus que jamais d’actualité. En plus des perspectives pratiques que cela ouvre, se battre contre la domestication des corps et des esprits et les cages qui nous sont imposées de toutes parts peut permettre de dépasser les fausses séparations intérieur/extérieur en faisant le lien entre les divers enfermements, mais aussi de mieux creuser les différences qui, elles, sont bien réelles : entre ce qui conforte et renforce la domination et l’ordre existant, et ce qui va au contraire dans le sens de plus de liberté pour toutes et tous.

A CORPS PERDU n°2 juillet 2009

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15/01/2010

Si nous voulons enrayer la machine ou la changer nous devrions plutôt penser à comment et avec qui le faire.


Aujourd’hui, on se rend bien compte que nos luttes nont aucun effet sur le rouleau compresseur étatique et que plus le temps passe plus cette rage qui nous habite se dissipe petit à petit et que cest la résignation qui sempare de nous. Alors avant quelle disparaisse définitivement nous appelons à la création dun groupe daction révolutionnaire.

Les raisons de notre passivité face à ce système qui nous écrase sont le confort et les consolations de toutes sortes, les conneries sur la non-violence, notre éducation, car depuis tout petit on t
apprend à respecter ton maître et à tendre lautre joue à celui qui te frappe.

Nous disons tous vouloir renverser ce monde ou rêver d
un monde meilleur mais attention, sans prendre trop de risques parce quil faudrait pas gâcher sa vie donc on fait les choses à moitié. Les 96 heures de garde à vue, la taule, les coups de matraque, les poursuites judiciaires font pourtant partie du jeu et même plus, bien souvent ça a été le prix à payer pour gagner ou conserver nos acquis.

Honte à nous ! Nous offensons la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour notre Liberté, celles et ceux qui ont été prêts à tout perdre pour nous délivrer de l
oppression.

Ce tract n
utilisera pas les codes de langage militant car il a été écrit par des révoltés, certain-e-s naimeront pas ce tract, sûrement trop viscéral pour eux. Nous ne donnons et navons à donner aucune leçon, nous faisons juste un constat. Celui que nos luttes sont stériles, que nous sommes divisés ; nous voulons lancer un débat de fond sur nos vies, nos luttes, nos rapports avec les autres, car si on a bien une qualité cest de nous critiquer entre nous. À qui cela profite ?

Il va falloir donner beaucoup plus si nous voulons influer sur ce monde. Nous aussi on a peur mais on en veut plus, elle nous paralyse, elle nous détruit. La violence faite à nous-mêmes pour supporter ce monde fait plus mal que toute celle que pourrait nous imposer ce système.

Avant de réfléchir au monde dans lequel on pourrait vivre après avoir fait la révolution ou du moins si nous voulons enrayer la machine ou la changer nous devrions plutôt penser à comment et avec qui le faire.

Nous appelons les militants toulousains qui en ont marre du blabla et des pseudo-intellectuels plein d
analyses et de références à la con. Nous nopposons pas les réflexions de fond aux actions, nous voulons juste souligner que la soi-disant supériorité intellectuelle des uns a pu permettre dasservir les autres. Nous lançons un appel aux timides pour qui ce nest pas facile de prendre la parole, aux gens du NPA qui nont pas avalé que quand la Ligue se prétendait encore révolutionnaire demandait un smic à 1500 €, les gens de la CGT qui vomissent le fait que leur syndicat mange à la même table que le patronat et qui noublient pas que la CGT-Paris lannée dernière expulsait des sans-papiers, toi qui pense que ton orga peut être sclérosante, à toi lalcoolique qui en a marre de te mettre la tête chaque soir pour éviter de penser, à toi le fumeur de joints qui comprend que si le monde était une forêt le shit serait une fléchette tranquillisante, à celles et ceux qui ont la haine, la rage, de la rancœur, ceux qui sont en mode guerre, celles-ceux qui en ont marre de perdre leur vie à la gagner, ceux qui ont envie dêtre heureux, à toi la fille qui en a marre de vivre dans ce monde de macho, à toi lécologiste qui chie sur le développement durable, à celles et ceux qui pètent un câble, qui ont déjà rêvé de faire un petit barbecue dans la cour de lÉlysée, à tous les déracinés, les sans-papiers, tous les musulmans et catholiques qui nont pas envie dattendre le jugement dernier ou le retour de Jésus, à tous les athées. Un jour il va bien falloir abandonner nos préjugés et querelles, quelles soient personnelles ou collectives, pour bousculer ce monde sans se soucier de nos prisons politiques, sociales, culturelles ou religieuses.

Sachez que ce tract sera distribué au-delà du milieu militant car nous doutons fortement en la capacité de certain-e-s à vouloir la révolution. Ce tract a pour but de jeter un pavé dans la mare.

Nous ne prétendons pas avoir la science infuse ni la solution, nous sommes conscients d
être des cons parmi les autres et que ce nest pas à 50 quon change les choses.

Nous appelons à une réunion pour discuter de tout ça au Katénaire, 14 rue Victor Déqué, à 5 minutes du Métro François Verdier le 25 janvier (à 19h00 pétantes !), vous pouvez ramener des gâteaux, il y aura du thé et du café. Sachez qu
à 19h30 la porte sera et restera fermée, le quart dheure toulousain est souvent le signe de notre manque de rigueur et de notre je men foutisme. Donc après 19h30 pas la peine de frapper.

C
est aujourdhui ou jamais car dici quelques années lécrou sécuritaire sera tellement serré que nous ne pourrons plus rien faire pour enrayer la machine. «Ce monde nous fait mal mais faut pas le déranger, faut juste savoir se plaindre en se laissant consumer.»

Indymedia Nantes, 14 janvier 2010.

19:00 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/01/2010

Comité Anti Répression - Créons du lien

Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /2010 18:03
De l’inter-lutte au Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux

Il est issu en grande partie du comité inter-lutte 86, comme son nom l’indique, il avait pour volonté de mettre en lien des secteurs «en lutte dans» la région (Éducation, Hôpital, Entreprises) et donc par conséquent de rompre l’isolement de certains salariés. Or  cela s’est avéré  être un échec  dans la mesure où le comité ne s’était pas élargi à d’autres secteurs que celui de l’éducation (du mouvement étudiant) dont il provient. Ainsi, s’est posé la question de la pertinence du comité de s’appeler inter-lutte car  la «mèche» n’a pas pris. Ce fut une période de lutte malgré les illusions suscitées par les grandes «journées de mobilisations» syndicales : un long et dur blocage de l’université de Poitiers avec occupation ainsi qu’une impressionnante vague publiphobe déferlent sur les panneaux publicitaires de Decaux [Article Centre-Presse du 6/05/09 (Denys Fretier)]. Afin d’enrayer cette dynamique et ses potentialités, la Police réagira de manière plus violente et plus provocante (ou en d’autres termes, plus «appropriée»), tel est son essence même après tout : de gestion quotidienne des gestes et des corps.  Dès lors, la  Répression frappa en deux temps sur les deux  mouvements : à commencer sur les étudiants occupants/bloqueurs (certains prendront du sursis) et ensuite sur le mouvement antipub (la presse parle, sans rire, de mouvance «anarcho-autonome» [Article Centre-Presse du 20/05/09 (Denys Fretier)]) où une peine de prison préventive de deux mois fut infligée à un camarade. Entre ces deux temps, il y a eu l’expulsion manu militari, brutale  d’un squat rue de Paris au 69bis (à proximité du local du «Collectif 23») [Réponse à l’article de la Nouvelle République du 27/05/09 (Vincent Buche) dans «La Mère Peinarde» : avec description précise de l’interpellation].


Ainsi le comité inter-lutte en manque de perspectives politiques et de luttes s’est peu à peu transformé en un comité contre la répression des mouvements sociaux. Ainsi il s’est étendu à tous les individus qu’ils soient membres ou non de partis politiques et/ou syndicats, associations de la ville. Il a permis, et ce dès les premières réunions d’évoquer les expériences vécues avec la Police — ses agissements — et la Justice — machine à broyer — par une partie de la jeunesse  militante poitevine afin d’éviter leur isolement  à cause de leur penchant politique et idéologique (anarchistes/ libertaires/dits «autonomes»). Ainsi le principe de défense de tout acte à caractère politique doit primer et tout individu doit être défendu quoi qu’il fasse (de l’antipub jusqu’à la manifestation du 10 octobre 2009 en passant par la réquisition de logements vides).

Or très vite, l’on a vu qu’il y avait des contradictions au sein du Comité Anti Répression. Il n’y a pas de positionnement politique défini : seuls l’anticapitalisme et/ou l’antilibéralisme au vu les tendances politiques signataires en sont la base. Bien évidemment, on a vu apparaître des divergences politiques très claires, surtout après les «évènements du 10» et la répression policière et judiciaire qui s’ensuivirent. Les divergences ont bien eu lieu par rapport au Comité de soutien des deux étudiants incarcérés qui s’est positionné sur une ligne apolitique voire de division entre les inculpés et incarcérés [La ligne du collectif de soutien aux deux étudiants «oublia» dans un premier temps l’autre incarcéré Patrick considéré comme marginal (la presse disait même qu’il était SDF !). Donc, il interpréta cette ligne comme «une défense de classe» de jeunes privilégiés (car étudiants-ayant-un-avenir) en plus de  la composante du comité : élus et notables de la ville.] et une démarche innocentiste qui n’avaient pas de sens aux yeux de nombreuses personnes au sein du Comité Anti Répression. Ce dernier  a organisé une manifestation avec un discours politique clair et précis : solidarité avec tous les inculpés, arrêts immédiats et inconditionnels des poursuites…


Devenir un réceptacle des luttes partisanes ?…

La journée du «10 octobre» est laffaire dans cette petite ville aux apparences calmes mais un enjeu politique national majeur se joue très clairement en Poitou-Charentes. Ici, c’est le fief de «Ségo», la préfecture est à droite (M. Tomasini — l’expulseur de Cachan [M. Tomasini décréta l’expulsion du plus grand squat de France situé à Cachan où plus de 200 familles, en majorité africaine vivaient], un proche de Pasqua et de Sarkozy) et Claeys — le maire PS — mais pas vraiment ségoleniste. Tout un petit scénario classique de la politique-spectacle, dans une ville de la «gauche» associative. C’est pourquoi, les organisations de la «gauche interventionniste» et d’extrême-gauche vont surenchérir sur le thème de l’insécurité afin de s’en accaparer comme tremplin pour les prochaines élections régionales. C’est à ce moment là que l’on a vu certaines organisations rentrer dans le Comité Anti Répression avec des arrière-pensées électorales : la «déclaration solennelle» signée par des élus de «gauche» avec celui du Modem de la Communauté d’Agglomération de Poitiers affiche clairement  une volonté de concurrencer Hortefeux dans sa politique répressive («Les casseurs qui ont dégradé Poitiers doivent être arrêtés et jugés. Leurs actes sont injustifiables et inexcusables.» [Déclaration solennelle du maire signé par les élus]). Encore une fois les élus «de gauche» ont  prouvé leur médiocrité voire même leur allégeance au discours et au  parti dominants. À ce jeu là, il est vrai que le Parti Communiste poitevin nous a fait rire avec sa vision paranoïaque et «complotiste» des faits : grosso modo, c’est Hortefeux et sa police qui a tout financé, tout orchestré, même le tract d’autodéfense juridique [Fac-similé distribué lors de la manif organisée par le Comité Anti Répression du 19 octobre]. Bref… Ce qui est assez marquant de la part d’organisations se réclamant comme des relais des travailleurs, des opprimés et des laissés pour compte, ne faire aucun discours conséquent, ni même une analyse autour des questions de l’enfermement (prison, psychiatrie par exemple). C’est une véritable occasion manquée de leur part dans la mesure où un des plus grands centres de détention «nouvelle génération» [Prisons «nouvelles générations» : Partenariat Public/Privé. Les groupes privés ne se contentant pas seulement de construire (ex. : Eiffage ou Bouygues) mais régiront des aspects de la vie des détenus.] de France s’est construit dans la région (Centre pénitentiaire Poitiers-Vivonne).

Ainsi, des oppositions politiques au sein du Comité sont établies, la «déclaration solennelle» est en quelque sorte une déclaration de guerre… Elle met en lumière les divergences et montre que le Comité Anti Répression peut être aussi  perméable à ce type de comportement nauséabond : la délation, une certaine forme de désolidarisation, double jeu électoraliste. Ces positions prouvent qu’il y a des ennemis politiques au sein du comité anti répression. Elles tendent également à ébranler la confiance entre les membres du comité qui agissent a priori à titre individuel et non pour leur chapelle politique. Ces mêmes personnes qui dénoncent «l’ultragauche» comme le jouet politique de l’épouvantail électoraliste de «l’ultradroite» à la Hortefeux [Dessin d’AdèLE vu sur http://www.justicepourtous.org/] considèrent le comité anti répression également comme un jouet…

… Ou une force de proposition contre la résignation ?


Or, le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, comme tout autre comité anti répression et/ ou caisse de soutien/solidarité peut être autre chose qu’un jouet politique. C’est pourquoi, il ne peut se contenter de rester qu’une force de défense d’inculpés ou autre incriminé par la Justice. Le Comité Anti Répression est là avant tout pour soutenir politiquement, financièrement, en organisant soirée de soutien, création de caisse, appel à d’autres caisses… Et aussi moralement en brisant l’isolement des inculpés. Le Comité peut offrir des armes juridiques en appelant des avocats, en distribuant des tracts ou brochures d’autodéfense juridique [Face à la Police, Face à la Justice et Guide du manifestant arrêté]. C’est une arme politique intéressante grâce au nombre et la solidarité donc éminemment nécessaire et stratégique même si persiste toujours un sentiment dimpuissance ; et c’est «normal» étant donné le rapport de force qui n’est pas en notre faveur et qu’actuellement les luttes ne paient guère (mis à part quelques lots de consolation telle que la grève générale en Guadeloupe ou bien la lutte des «Contis»). Cependant, le Comité Anti Répression est un moyen — comme un autre — de «conscientisation» politique d’un nombre de personnes méconnaissant les dispositifs de contrôle et de gestion des affects et des corps par la Police et de sa Justice au moment de lutte et/ou mouvement social réprimé durement (comme ce fut le cas pendant le CPE en 2006, ou bien à saintNazaire en 2009). Ces situations créent des rencontres et des dynamiques dépassant les cadres et les milieux militants habituels en touchant toutes les générations, les classes, les professions. De plus, cela a pour effet de démystifier toutes les croyances citoyennes en la Justice juste (sic) et ses fondements : les Droits de lHomme, pourtant invoqués lors de la défense d’inculpés/prévenus [Contribution aux discussions sur la répression antiterroriste].

Ainsi, le Comité Anti Répression n’est pas dans l’expectative ! C’est pourquoi ce serait intéressant qu’il devienne une force d’action et d’analyse politique, de proposition et un lieu de débats plus conséquents sans pour autant devenir un groupe politique à proprement parler ou bien une organisation, mais comme un outil rodé qui est là, présent, prêt à être utilisé à tout instant face à l’oppression. Et si possible loin des querelles de chapelles. Là risque de se poser des problèmes avec les organisations/syndicats, et associations soutenant le Comité Anti Répression et de leur degré d’implication surtout lorsqu’il s’agit de défendre des actes politiques se démarquant clairement de leur méthode/stratégie ou même pire de leurs convictions politiques et philosophiques, nous verrons.

Pour finir, ce serait nécessaire et donc intéressant que les caisses de soutien [Quelques caisses de solidarité], et les comités anti répression qui ont pullulé dans plusieurs villes ces dernières années au gré des luttes successives et de la répression qui s’en est suivie, se connectent un peu plus, se rencontrent afin de discuter de nos expériences locales vécues pour y faire émerger une force, une arme : à commencer  par celle de la solidarité !

Texte reçu le 13 janvier 2010,
à paraître dans le prochain numéro de La Mère Peinarde.

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