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20/11/2012

"Bomb it to the Stone Age, son" ou, Gaza : « Nous les ramènerons au Moyen Age »

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Le 17 novembre, selon le quotidien Haaretz, le ministre de l’intérieur israélien Eli Yishai déclarait à propos de Gaza : « The goal of the operation is to send Gaza back to the Middle Ages. Only then will Israel be calm for forty years. » (« Le but de cette opération est de renvoyer Gaza au Moyen Age. Alors seulement, nous serons tranquilles pour quarante ans. »)

Il s’agit là d’une déclaration « humaniste » d’un Etat démocratique. En général, les civilisés menacent de ramener les barbares à l’âge de pierre (on aurait pu penser qu’ils y étaient déjà) ; ici, le ministre israélien se révèle plus modéré : après tout, le Moyen Age, c’est mieux que la préhistoire...

Le général Curtis LeMay, responsable du Strategic Air Command de l’armée américaine, déclarait à propos du Vietnam qu’il écrasait sous les bombes dans les années 1960 : « My solution to the problem would be to tell [the North Vietnamese Communists] frankly that they’ve got to draw in their horns and stop their aggression or we’re going to bomb them into the Stone Age. And we would shove them back into the Stone Age with Air power or Naval power—not with ground forces. » (« Ma solution au problème est de dire franchement aux communistes nord-vietnamiens d’être prudents et d’arrêter leurs agressions, ou nous allons les bombarder assez pour les ramener à l’âge de pierre. Et nous le ferons avec nos forces aériennes et navales, pas avec nos troupes au sol) Mission With LeMay : My Story (1965), p. 565.) LeMay a affirmé plus tard qu’il avait simplement voulu dire que les Etats-Unis avaient la capacité de ramener le Vietnam à l’âge de pierre, pas qu’ils le feraient.

la suite sur blogmondediplo

la photo ne fait pas partie de l'article original

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

18/11/2012

Domaine Public (Domínio Público) - Expropriations au Brésil pour la coupe du monde de football 2014 et des Jeux Olympiques 2016

Domaine Public (Domínio Público) - Sous-Titres Français from Paêbirú Realizações on Vimeo.

17:51 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/11/2012

La Domination policière - Mathieu Rigouste

La violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu’entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l’entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les « cités » actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s’agit toujours de maintenir l’ordre chez les colonisés de l’intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes « non létales » – Flash Ball, Taser... – propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition.
Rigouste montre comment l’expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l’intérieur des métropoles impériales.
Cette enquête, fondée sur l’observation des techniques et des pratiques d’encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France.

12:22 | Lien permanent | Commentaires (0) |

CB d’Yldune Lévy : L’alibi de la SDAT fragilisé

 

Mercredi 7 novembre, le Nouvel Obs sous la plume d’Olivier Toscer, nous gratifiait de l’énième contre-feu de la SDAT suite à la révélation par le Canard Enchaîné d’un extrait de compte dissimulé par la Police pendant 3 and et demi et qui met à terre un PV de filature clairement falsifié.

Ces gros malins de la SDAT ont mis une semaine pour trouver une parade : Yldune n’aurait pas eu sa CB dans ses affaires lors de son arrestation. Ce dont on devrait déduire que c’est parce qu’elle l’avait prêtée.

Comme souvent, la vérité est plus simple mais aussi plus cruelle pour l’élite de la police française.

Voici donc l’explication qui permettra, n’en doutons pas, à Olivier Toscer de rectifier ses allégations policières :

Il s’agit là encore d’une marque de fabrique de la police d’élite anti-terroriste et de son grand professionnalisme ! Effectivement la CB n’est pas présente dans les scellés d’Y.LEVY lors de son arrestation dans son lit chez ses parents où elle a toujours vécue depuis sa naissance. On pourrait croire que c’est parce qu’Yildune LEVY a prêter sa carte bleue qu’elle n’est pas dans ses scellés de perquisition (D231) ou de fouille à corps (D235), ou bien parce que simplement elle était en nuisette dans sont lit à 6 heure du matin et qu’elle ne dort pas avec sa carte bleue que celle-ci ne s’y trouve pas. Mais la réalité est toujours plus simple et plus drôle grâce à notre chère police d’élite. La fouille à corps d’Yildune LEVY mérite quelques explicitations historique (D235) : on trouve dans cette dernière : « deux paquets de cigarette de la marque Philips Morris, dont un entier et le deuxième contenant 11 cigarettes, un briquet supportant la photographie d’un chat, cinq tampax,un passeport français au nom de Yildune LEVY-GUEANT, numéro 05CR14415 délivré le 09 novembre 2005 par la préfecture de police de PARIS, la somme de deux cent vingt euros (220 euros) qui se compose comme suit : un billet de 100 euros, un billet de 50 euros, cinq billets de 10 euros et un billet de 20 euros, trois paires de chaussettes, de couleur marron, bordeaux et noir, deux sous pulls à manche long de couleur marron et bleue,deux culottes de couleur noir dont une avec des motifs dp- Plaçons l’ensemble de ces objets dans la fouille de Y.LEVY. » . Cette liste insolite est bien la seule fouille à corps de l’ensemble des interpellations où figure des habits de rechange, des tampax (puisqu’Yildune LEVY avait ses règles à ce moment-ci). Il faut donc revenir à ce qui s’est vraiment passer ce matin là : Yildune LEVY se fait interpellée à 6h en train de dormir à son domicile, elle est en état de choc. A tel point que les agents de la SDAT font immédiatement venir SOS médecin.

la suite sur Soutien aux inculpés du 11 Novembre

11:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

14/11/2012

La prose policière ne contient de vérité qu'à condition de l'inverser terme à terme

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piqué chez antimollusques

 

 

"Le secret le mieux gardé de l'affaire de Tarnac"


Par Giorgio Agamben, philosophe et Yildune Lévy, mise en examen dans l'affaire de Tarnac

C'est en février 2011 que parut la première brève sur le sujet : "Ce fut longtemps le secret le mieux gardé de l'"affaire de Tarnac" : un agent britannique, infiltré au coeur des mouvements altermondialistes et environnementalistes européens, a joué un rôle important dans cette enquête" (L'Express). La nouvelle est longtemps restée sans suite, orpheline. Les scandales ne s'importent pas comme n'importe quelle autre marchandise.

Leur naissance doit trop à la conformation morale du pays où ils éclatent. "L'affaireMark Kennedy", en Angleterre, a nourri les tabloïds et les émissions à sensation pendant des mois. Elle a conduit à la dissolution de l'unité "d'élite" des servicessecrets pour laquelle il travaillait, au déclenchement d'une kyrielle d'enquêtes sur les méthodes d'infiltration de la police anglaise, à la démission d'un procureur, au non-lieu de toutes les procédures impliquant de près ou de loin Mark Kennedy, et même à l'annulation de jugements déjà rendus.

Mais le fond du scandale était éthique : il tenait à l'incompatibilité du stupre et du lucre avec l'ethos puritain anglais. Peut-on, dans le cadre de son travail d'officierde renseignement, coucher avec des dizaines de charmantes jeunes anarchistes ? Est-il permis de dépenser plus de 2 millions d'euros, sept ans durant, pourfinancer les soirées techno, les beuveries, les vacances, les montres-espions à 7 000 euros d'un James Bond piercé et tatoué de l'anarchie, et tout ça pour un peu d'information sur les activités des écologistes radicaux, des antifascistes, des militants antiglobalisation ? La sensibilité nationale répondait sans hésitation "non" à ces questions superflues. D'où l'ampleur et la durée du scandale. En Allemagne, où l'on est, semble-t-il, d'abord soucieux des procédures et du sol national, l'affaire Mark Kennedy porta plutôt sur la légalité ou non de l'usage d'un agent étranger sur le territoire allemand.

On peut dresser de l'affaire de Tarnac plusieurs généalogies également scandaleuses, et presque également barbouzardes, mais la plus significative politiquement est celle qui part de Mark Kennedy : car c'est elle qui en dit le plus long sur les arcanes de notre temps. Mark Kennedy travaillait officiellement pour la National Public Order Intelligence Unit, un service de renseignement britannique créé en 1999 afin de combattre le retour de la contestation écologiste et antiglobalisation au Royaume-Uni.

Le déploiement massif d'agents infiltrés dans ces mouvements traduit "sur le terrain" le lancement d'une nouvelle doctrine policière qui se nomme en anglais"intelligence-led policing" et en français, sous licence d'importation déposée parAlain Bauer et Xavier Raufer, le "décèlement précoce". C'est dans les années 2000 que le Royaume-Uni s'attache, au travers de sa présidence de l'Union européenne, à la diffuser et à la faire adopter par ses partenaires européens ; ce en quoi les autorités britanniques ont réussi, comme elles s'en flattent publiquement : car, avec la doctrine, c'est un ensemble de services, de techniques et d'informations qui pourront être échangés et vendus aux partenaires en question.

Des "informations" sorties de l'imagination fertile de Mark Kennedy, par exemple. La nouvelle doctrine dit ceci : l'engagement politique, dès qu'il dépasse le cadre inoffensif de la manifestation ou de l'interpellation des "dirigeants", sort du cadre démocratique pour entrer dans le domaine criminel, dans le "préterrorisme". Ceux qui sont susceptibles de sortir de ce cadre sont repérables à l'avance. Plutôt que d'attendre qu'ils commettent un crime, comme occuper une centrale à charbon oubloquer un sommet européen ou un G8, il suffit de les arrêter dès qu'ils en forment le projet, quitte à susciter soi-même le projet.

Les techniques de surveillance humaine comme l'électronique à disposition doivent être suffisamment étendues, sophistiquées et partagées. Et comme ces techniques "préventives" ne sont elles-mêmes guère compatibles avec l'ordre réputé démocratique, il faut s'organiser en marge de celui-ci. C'est d'ailleurs en toute franchise ce que répondit le chef du BKA allemand (équivalent local de la direction centrale du renseignement intérieur, DCRI) lorsqu'une commission d'enquête parlementaire s'avisa de l'interroger sur l'affaire Kennedy : "Contre les euro-anarchistes, contre ceux qui s'organisent conspirativement et internationalement, nous devons nous organiser tout aussi conspirativement et tout aussi internationalement." "Il faut agir en partisan partout où il y a des partisans", disait Napoléon dans une formule que Carl Schmitt se plaisait tant àciter.

Il ne fait aucun doute que le début des ennuis pour les gens de Tarnac vient d'informations, fabriquées pour certaines, volontairement gonflées pour d'autres, émanant de Mark Kennedy : il fallait bien qu'il justifie son salaire, et ses employeurs, leurs crédits. Des réseaux franco-britanniques de l'ombre auront assuré leur transmission discrète à la DCRI, qui s'est trouvée ainsi piégée, elle, bien plus que ceux de Tarnac. Telle est donc la véritable signification, et le véritable skandalon, de l'affaire de Tarnac. Ce qui se cache sous l'apparence d'un fiasco judiciaire français, c'est la constitution d'une conspiration policière mondiale revendiquée dont Mark Kennedy, officiellement actif dans onze pays, de l'Europeaux Etats-Unis en passant par l'Islande, n'est à ce jour que le plus fameux pion.

Comme toujours, la prose policière ne contient de vérité qu'à condition de l'inverser terme à terme : lorsque la police dit : "Les euro-anarchistes sont en train de tisser un réseau pré-terroriste européen pour attaquer les institutions", il faut évidemment lire : "Nous, policiers, sommes en train de doubler les institutions par une vaste organisation européenne informelle afin d'attaquer les mouvements qui nous échappent." Le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, a déclaré à Rome que, face aux "processus de radicalisation dans de nombreux pays", il importait d'accentuer la coopération au sein d'Interpol contre les "formes de violence provenant de l'ultra-gauche, de mouvements anarchistes ou d'autonomes".

Or ce qui se passe en ce moment en Europe, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Italie, au Royaume-Uni, ce n'est pas que surgissent ex nihilo des groupes radicaux venus menacer la quiétude de la "population", mais que les peuples eux-mêmes se radicalisent devant l'évident scandale qu'est l'ordre présent des choses. Le seul tort de ceux qui, comme les gens de Tarnac, sont issus du mouvement antiglobalisation et de la lutte contre la dévastation du monde, c'est d'avoir formé un signe avant-coureur d'une prise de conscience désormais générale.

Au train où vont les choses, il se pourrait bien qu'un jour le refus de l'identification biométrique, aux frontières comme dans la vie, devienne une pratique diffuse. Ce qui constitue la plus lourde menace sur la vie des gens, ce ne sont pas de chimériques "groupes terroristes", mais l'organisation effective de la souveraineté policière à l'échelle mondiale, et ses coups tordus. L'Histoire nous rappelle que les intrigues de l'Okhrana, la police secrète russe, n'ont guère porté bonheur au régime tsariste. "Il n'est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et toutes les polices du monde, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes", notait l'écrivain Victor Serge. Il délivrait aussi ce conseil dans Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, 1926 : "Si l'accusation se base sur un faux, ne pas s'en indigner : la laisser plutôt s'enferrer avant de la réduire à néant."

Giorgio Agamben, philosophe et Yildune Lévy, mise en examen dans l'affaire de Tarnac

 

Les informations livrées par l'espion anglais, Mark Kennedy, ont contribué au déclenchement, en 2008, de l'enquête sur l'"affaire de Tarnac".

 

piqué au ta ssur LE MONDE | 14.11.2012 

15:43 | Lien permanent | Commentaires (0) |

31/10/2012

expulsion du 2 route des romains à Strasbourg


expulsion du 2 route des romains à Strasbourg par lesfilmsderosebonbon

07:59 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/10/2012

Ça coûtera cher de nous foutre en l'air

lutte

Il existe peu de témoignages audios ou écrits qui évoquent les luttes des sidérurgistes de Vireux et des antinucléaires de Chooz dans les Ardennes entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. Ce documentaire radiophonique, en 3 episodes, constitue une introduction indispensable pour tout individu cherchant à se renseigner sur ce pan largement méconnue de l’histoire de l’autonomie politique en France.

Lutte antinucléaire et fermeture de l’usine a Vireux – 26min
Manifestations – Affrontements et rencontres -32 min
Actions des sidérurgistes et signature du plan social – 29min

Le tout est disponible sous forme de pack (pour ceux disposant d’une bonne connexion) : Ça coûtera cher de nous foutre en l’air

lutte,sidérurgiste

piqué au tas chez archivesautonomies.wordpress.com

11:10 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/10/2012

Grève dans toute l'Europe le 14 novembre [2012] ?

La Confédération européenne des syndicats (CES) a appelé à "une journée d'action" en Europe le 14 novembre prochain pour dénoncer les mesures d'austérité en vigueur dans l'UE, a-t-on appris jeudi auprès de cette confédération.

© Belga

 

"Cette journée du 14 novembre prendra diverses formes: grèves, manifestations, rassemblements et autres actions", a précisé la CES. Un appel à la grève générale a été lancé à cette date au Portugal et des actions sont également prévues en Grèce et en Espagne. La CES, qui rassemble 85 organisations syndicales dans 36 pays européens ainsi que 10 fédérations sectorielles, s'est déclarée "fermement opposée aux mesures d'austérité qui font plonger l'Europe dans la stagnation économique, voire la récession, ainsi qu'au démantèlement continu du modèle social européen". 
"Ces mesures, loin de rétablir la confiance, ne font qu'aggraver les déséquilibres et créer des injustices", a déploré la Confédération européenne qui soutient par ailleurs "l'objectif d'assainissement des budgets". Mais, insiste la CES, "on ne pourra mettre fin à la récession que par un assouplissement des contraintes budgétaires et la suppression des déséquilibres". 

Avec Belga 

piqué au tas sur levif.fr 18/10/2012

"assouplissements des contraintes"... 

11:13 | Lien permanent | Commentaires (0) |

17/10/2012

COUP DE FILET

Dans l’affaire de la « cellule terroriste démantelée » à Strasbourg et à Cannes au début du mois d’octobre, les médias ont été unanimes à reprendre sans état d’âme les déclarations de la police.  Aucun conditionnel, aucune petite phrase prudente permettant une retraite éventuelle en bon ordre.  

Ce n’est pas la première fois. On se souvient de l’agression antisémite du RER D en 2004,  de cette jeune femme victime de « 6 étrangers, dont 4 Mahgrébins et 2 Noirs », un acte odieux dénoncé par toute la presse, par le président Chirac, par Villepin, ministre de l’Intérieur, par toute la classe politique, droite et gauche mêlées. Dommage, c’était une mythomane. On n’a pas oublié non plus le scandaleux incendie criminel du centre social juif de la rue Popincourt, la même année : le ministre israélien des Affaires étrangères, Sylvan Shalom, était venu à Paris pour visiter les lieux et critiquer le laxisme français face aux actes antisémites. Pas de chance, là non plus : l’incendie était l’œuvre d’un vieux fou, juif de surcroît. Dans un cas comme dans l’autre, tous les médias ont donné dans le panneau, aucun sauf erreur n’a présenté d’excuses. 

Plus près de nous, dans les premiers jours de « l’affaire Tarnac », presse écrite, radios et télévisions ont été unanimes à dénoncer l’action terroriste des « anarcho-autonomes », de « ce noyau dur qui avait pour objet la lutte armée », dixit le procureur Marin. Libération titrait en une « L’ultra-gauche déraille », Le Point parlait de « nihilistes clandestins », le Figaro Magazine des « caténaires de la peur », France 2  de « la petite épicerie tapie dans l’ombre » qui servait de QG  au « commando ». Là non plus, pas d’excuses quand le montage policier s’est profilé à l’horizon.

Dans le coup de filet récent, il est possible que Jérémie Louis-Sidney, « un converti de 33 ans, apprenti terroriste qui voulait finir martyr » (France 24) ait été abattu par des tirs de riposte des policiers, il est possible que les hommes placés en garde à vue pendant cinq jours, puis inculpés, soient bien ceux qui ont lancé une grenade contre l’épicerie juive de Sarcelles. Mais l’unanimité des médias à tenir la parole policière pour vérité révélée, l’indignation générale des politiques, l’énorme retentissement donné à toute l’affaire, tout cela a un sens. En dénonçant les dérives françaises de « l’islam radical », les médias asservis et les politiques cherchent à faire monter dans le pays un sentiment de peur. La peur est la meilleure des diversions possibles – voir ce à quoi ont servi en leur temps la grippe aviaire, la vache folle, la grippe H1N1 ou les JO de Londres. Et puis, en montrant que la barbarie n’est plus seulement à nos portes mais qu’elle est désormais parmi nous, en incriminant une fois de plus – tout en jurant le contraire – la jeunesse des quartiers populaires, on reste entre nous, on resserre les rangs, on relègue à l’arrière plan le racisme et la misère.

Construire un ennemi intérieur est un procédé politicien médiocre, mais c’est bien du camp des médiocres que proviennent souvent les plus graves dangers.

Eric Hazan 

par courriel - 17/10/2012

10:44 | Lien permanent | Commentaires (5) |

12/10/2012

Appel des Libertaires contre l’islamophobie

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme. 

Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que l’islamophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d’expression sont régulièrement invoqué pour le justifier. Le fait qu’en février, à peine passé à gauche, le Sénat ait voté une loi d’interdiction de certains emplois aux femmes voilées ne fait que confirmer nos craintes. Il en est de même quant aux comportements et discours néo-coloniaux et racistes du Parti de Gauche et des organisateurs du fameux débat sur « comment faire face au Front national » (sic) à la Fête de l’Humanité (1).

Les conséquences de l’islamophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes (par ex : les 4 animateurs de Gennevilliers suspendus car faisant le ramadan), sans parler des insultes et agressions diverses. Ces attaques racistes risquent fort de croître, et nous devons nous préparer à les combattre sans aucune ambiguïté.

En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement islamophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

 

la suite sur l'Alsace Libertaire

11:05 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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