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30/01/2012

Appel à une Convergence NoBorders, Londres, du 13 au 18 février 2012

Le groupe NoBorders de Londres — en commun avec les étudiant-e-s de Goldsmiths et d'autres groupes — organisent une semaine de « convergence » à Londres, entre le 13 et le 18 février 2012. Le but est de se rassembler, pour partager connaissances et expériences au sujet de la liberté de circulation et des restrictions qui l'entravent, pour diffuser nos savoirs, pour se connecter, pour élaborer des stratégies et pour agir. Nous entendons ainsi créer un espace temporaire favorisant la production de discours et de pratiques dirigées contre l'idée même de gestion des mouvements des individus via les contrôles aux frontières.

Pourquoi une convergence

Alors que la crise économique mondiale devient de plus en plus profonde, qu'un chaos climatique incontrôlable ainsi que des crises énergétique et alimentaire se font de plus en plus menaçants, les frontières de l'Europe sont fortifiées encore davantage, pour protéger les intérêts des quelques privilégié-es aux dépends du reste de la population. Toute une série de développements inquiétants sont observables : système discriminatoire de visa « à points » pour les étudiant-e-s étrangèr-e-s et les personnes qui migrent pour travailler, utilisation accrue des détentions et expulsions, qui plus est dans des conditions inhumaines, opérations de type militaire dans la mer Méditerranée pour intercepter les bateaux de migrant-e-s, conduisant souvent à des tragédies mortelles, surveillance high-tech et collecte de renseignements, externalisation des frontières de l'Europe par la corruption des pays voisins afin de les amener à se comporter comme une police des frontières pour l'Union Européenne, etc. Pour la plupart des migrant-e-s de l'hémisphère sud, l'Europe ressemble de plus en plus à une forteresse et à un camp de travail.

Au même moment, une vague de mouvements populaires dans le monde entier exige des changements radicaux dans le système économique et politique actuel, responsable de la souffrance de la majeure partie des populations du monde. Des soulèvements arabes, en passant par les manifestations contestataires et les émeutes des étudiant-e-s et travaileurs/travailleuses, jusqu'aux occupations anticapitalistes dans les « démocraties » occidentales, de plus en plus de personnes réalisent que ce mode de fonctionnement n'est plus tenable, et sont en train de prendre les choses en main. Les luttes des migrant-e-s font aussi partie de cet éveil, et l'idée même de l'Europe est en train d'être redéfinie en conséquence des luttes et du développement des nouvelles politiques mentionnées précédemment.

Tout comme le capital, les ressortissant-e-s nationaux/nationales de l'Union Européenne et des autres pays du « premier monde » sont libres de voyager où ils et elles le souhaitent. Cependant, les personnes qui sont situées du mauvais côté de frontières artificiellement érigées, dont les pays sont souvent déchirés par les conquêtes capitalistes et impérialistes, sont rendues illégales, criminalisées et empêchées de réaliser ce que l'espèce humaine fait depuis des milliers d'années : se déplacer, pour espérer trouver une vie meilleure, pour échapper à la pauvreté, aux abus, discriminations, persécutions, oppressions de genre, guerres etc. Le droit de chacun-e à voyager et vivre où il/elle le souhaite est refusé à ceux et celles qui ont la « mauvaise » couleur de peau, le « mauvais » passeport ou le « mauvais » compte en banque.

Ce système fondamentalement raciste de contrôle des frontières ne se contente pas de créer des hiérarchies de « bon-nes » ou « mauvais-es » migrant-e-s, utiles ou indésiré-e-s. Il soumet aussi les personnes rendues « illégales » à la répression et à l'exploitation, légitimées par une rhétorique politique et une couverture médiatique de plus en plus racistes et droitières.

Quoi, où, quand

La convergence No Borders, qui se tiendra à Londres du 13 au 18 février 2012, comprendra des séminaires et des ateliers sur un grand nombre de sujets : de la détention des migrant-e-s aux expulsions forcées, des politiques migratoires de l'Union Européenne et de son agence sur les frontières (Frontex), en passant par le racisme institutionnel et la prestation des services publics, l'exploitation des migrant-e-s travaillant et étudiant, juqu'aux camps No Borders, à la solidarité radicale, à l'action directe et à bien d'autres choses encore.

Cependant, nous ne voulons pas juste parler ; nous espérons que durant cette semaine, des personnes se rassembleront pour s'organiser et agir contre différents aspects du régime des frontières, à Londres et dans les environs.

Cette convergence sera ce que les participant-e-s en feront, mais nous aimerions qu'elle soit un laboratoire d'idées, de discussions et d'actions radicales ; une convergence de nombreuses personnes différentes mais rassemblées par une lutte commune contre les frontières, intérieures et extérieures.

Rejoignez-nous à Londres du 13 au 18 février 2012. Nous nous efforcerons de mettre en place un lien vidéo pour que les personnes qui ne peuvent pas venir puissent quand même suivre et participer aux discussions. Plus d'informations et de détails ici.

Liberté de circulation et égalité des droits pour tou-tes!

 

via noborders.org.uk

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28/01/2012

Ci-dessous tu trouveras un texte que j'ai écris ces derniers jours à l'intention des indignéEs pour partager des réflexions, et pourquoi pas alimenter des débats

Aux indignéEs : *

Je suis Angélique, 37 ans, et j'ai un fils de (presque) 10 ans.
Je n'appartiens à aucune "case" organisationnelle, ni partisane, ni drapeau (car même noirs, ils restent des drapeaux), ni idéologique figée et pré-mâchée. Je construis ma conscience par ma propre réflexion à l'aide de mes expériences, des mes rencontres, de mes lectures, des débats politiques avec mes amis et ennemis, et surtout je tente de mettre en pratique et en cohérence mes actes à ma conscience, au fil de son évolution.

Je ne suis pas née militante, même pas dans une famille militante, mais dans une famille modeste et rurale.
J'ai vécue pendant 30 ans armée d'un fort esprit républicain et d'un sentiment de révolte justicier dictés par mon éducation familiale et scolaire, se résumant ainsi : la gloire et la fierté de la nation française à travers sa révolution, son empire et ses grèves ouvrières. Je ne connaissais rien d'autre.

J'ai cru en ces valeurs et les appliquées lors de ma tentative d'intégration à notre système sociétal durant des années :
J'ai regardé la télé, je connaissais les pub par coeur, gueulait avec mon père devant les actualités comme il se doit,
J'ai été au catéchisme, fréquenter les églises, malgré moi, et répété bêtement par coeur des valeurs chrétiennes comme il se doit,
J'ai consommé, j'ai même fait des crédits à la consommation et me suis bien sûr surendettée comme il se doit,
J'ai été fonctionnaire à l'hôpital et m'y suis impliquée puisqu'il est bien
connu que le système se change de l'intérieur, jusqu'à ce qu'il vous écrase, et suis tombée gravement en dépression professionnelle (ou burn out) comme il se doit,
J'ai suivi les préceptes de fondation d'une famille : fiancée, mariée, maison, et j'ai bien sûr divorcé comme il se doit,
J'ai été élue, conseillère municipale, de mon petite village, j'ai découvert les méandres du pouvoir politiciens et de la fameuse démocratie républicaine, et j'ai bien sûr appris à manipuler comme à fermer ma bouche comme il se doit,
J'ai élevé mon fils seule, en bon père de famille (expression légale) suivant les dictats de notre société moderne (= femme active, mère attentive mais pas possessive, vie sociale riche, loisirs culturels, activités de développement pour les enfants, et bien sûr s'occuper de son corps pour préserver sa féminité), j'ai bien sûr fini par consulter un psy comme il se doit.
Etc.

En bon petit soldat, j'ai usé de mes droits et devoirs républicains, sur
lesquels était collée l'étiquette citoyenneté comme gage de liberté, tel un
slogan pour me faire acheter le produit.
Malgré tout mes bons et loyaux efforts, je ne me trouvais pas à l'aise dans
cette société, pas à ma place, et surtout elle me décevait, me trahissait sans cesse, et, souvent, me rejetait violemment à la figure "t'es anormalement révoltée, calme-toi" ou "tu finiras à la rue ou en asile" qui parfois me faisait douter de moi-même.

Puis des évènements personnels importants ont tout bousculé, si bien et
profondément que le voile s'est levé :
Ma vie n'était qu'application simple et bête de valeurs apprises par coeur et de repères dominants imposés.
Ma vie n'était qu'une page de pub respectant les valeurs de ce qui n'est rien d'autre que de la propagande et du formatage d'un système étatique dictatorial grimé d'artifices telle que la "république", la "liberté d'expression démocratique", les "pays développés" synonymes d'une soi-disant évolution humaine.

J'ai enfin compris la mascarade à laquelle j'avais participé. Je me suis sentie hautement trahie et en colère contre cette société et mes parents. J'ai alors créé le chaos dans ma vie : démissionner, déménager, reprendre des études, etc.
Je me suis débattue et j'ai tenté de jeter loin ces valeurs : en vain.
Cependant, il fallait que je passe par cette destruction pour me reconstruire.
Impossible de reconstruire sur de l'existant, mais pour autant impossible de reconstruire sans une partie des ruines : il m'a fallu décoder et revisiter ces valeurs, les réfléchir, leur donner un sens humain réel et me les approprier.

Ce que je n'aurais pas pu faire et continuer de faire sans les rencontres avec d'autres qui avaient levé aussi leur propre voile ou qui ne l'avait jamais eu.
Ces autres ont été et sont multiples : encartés, non-encartés, anarchistes,
communistes, autonomes, socialistes, libertaires, tout celles et ceux que la
société (médiatique comme populaire) montre du doigt comme étant des
"révolutionnaires", des "utopiques", "des extrémistes, voire "terroristes", des "chiants-avec-leur-politique-d

ans-les-repas-de-famille".
J'ai rencontré des personnes de tout âge, de toute situation sociale, sans
papiers, sans toits ; de toute normalité mentale : dépressif, schizophrène,
sociopathe, parano, égocentrique, limité intellectuellement, etc. ; des
venus-d'ailleurs : polonais, marocains, turcs, kurdes, allemands, russes,
sénégalais, lituaniens..........

C'est grâce à ces rencontres et nos échanges que j'ai pu et peux encore me "déformater" et me reconstruire : j'ai appris à reconnaître et décortiquer mes propres codes, ceux qui m'avaient été imposés et que j'imposais à d'autres dans mon comportement, dans mon fonctionnement sans en avoir une conscience éveillée : la domination, la compétition, la séduction, le patriarcat, la surconsommation, l'individualisme égoïste, la charité bienveillante colonialiste, etc... la liste est dans le désordre et devrait être plus longue.
Et c'est un long travail de discussions, de pratiques, d'erreurs et de succès, mais surtout un long travail sur soi-même, avant de d'entrevoir et de commencer la reconstruction possible.

Voilà ce que j'étais, voilà ce que je suis. Je suis un être humain en perpétuel devenir.

Et c'est sur toute cette base, que je viens de décrire, que je peux exprimer en conscience ce qui suit :

Je suis née blanche et fille, j'ai grandi dans un système colonialiste,
fasciste, patriarcale et capitaliste : il ne suffit pas de dire que je rejette
ce système ou de manifester contre ses travers pour changer ce qui a été
enraciné en moi au cours de ma vie, particulièrement dans mon
enfance-adolescence quand j'étais le plus "façonnable". Son empreinte est là
dans mes rapports avec les autres : le nier, c'est continuer de faire vivre ce système en moi et par moi.

Je compose maintenant avec et dans ce système en ayant conscience qu'il est mon ennemi intérieur comme extérieur : J'essaye d'axer mes projets et actes de vie au plus près de la cohérence à mes idées, à mon ressenti humain et à mes espoirs. L'espoir que nous, mon fils, nos enfants n'aurons pas ou plus du tout à composer avec ce système, mais pourrons vivre dans une totale autre organisation de l'humanité, "horizontale" et en symbiose avec la planète.

Tout ceci ne fait de moi en rien une partisane, et je refuse à quiconque le
droit de me réduire, moi ou mes propos, à une case quelque soit.

Alors j'ajoute en toute liberté, indépendance, sans aucun intérêt individuel ou collectif :

Ne me parle pas, ne m'attire pas et même m'effraye : tout mouvement social qu'il soit contestataire d'une loi, d'une économie, d'un sommet, qu'il soit pacifique ou violent, remettant en cause seulement les conséquences de ce système, et non pas le système lui-même, et souhaitant seulement l'améliorer et le rendre plus juste.

Ce mouvement serait vain, l'histoire nous le prouve par sa répétition. Ce
mouvement ne servirait qu'au pouvoir, car bien plus dangereux que l'argent qui n'est qu'un outil, il y a le pouvoir. Tant que nous ne remettrons pas en cause toute forme de pouvoir des uns sur les autres dans nos vies quotidiennes et politiques, nous ne ferons que perpétuer ce système qu'il soit étatique, capitaliste, monarchique, républicain, etc.
Le pouvoir des uns sur les autres, c'est une dictature qu'elle qu'en soit la
forme. A mon sens, nous devons apprendre d'abord à dompter notre propre envie de pouvoir individuel sur les autres, et l'user sur nous-même afin de retrouver auto-confiance et autonomie.

C'est pourquoi après des mois de doutes, de réflexions et de constats, je peux écrire :

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas le mouvement des indignés (de
France car je ne connais pas les autres) parce que ce mouvement est mort-né, sclérosé par son histoire culturelle et militante française, par sa situation socio-politique-économique actuelle, par sa pseudo-neutralité politique qui n'en est plus une depuis longtemps, les participantEs à ce reste de mouvement se comportant à présent comme des partisanEs montrant et délimitant le "chemin" à suivre.

Je ne participerai pas et ne soutiendrai aucune idéologie
citoyenniste-justicière car elle n'éveille pas les consciences individuelles. Au contraire, elle mène à de frénétiques besoins de supra-gouvernance et favorise la mise en place de pouvoirs qui perpétuent le système : pouvoir religieux (Révoltes arabes) ou pouvoir patriotico-économico-démocratique (réclamé par les indignés).

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas la quête de vérité sur des complots qu'ils soient réels ou imaginaires, parce qu'ils émanent et sont parties intégrantes de ce système, et que par là même, par cette servitude, cette vérité serait vaine, voire dangereuse. Elle astreindrait l'illusoire émancipation individuelle et collective à la déduction simpliste que si ce système ne fonctionne pas, c'est parce qu'il y aurait quelques groupes de "mauvaises personnes" au pouvoir.
Ainsi, tous les groupes intimement persuadés d'être les "bonnes personnes" pour le pouvoir, sincèrement convaincues que leurs solutions sont les "bonnes", serait accréditées pour prendre la parole et le pouvoir, grâce à un sentiment collectif de "ils-ont-raison-finalement".
Et il suffit d'analyser l'histoire passée et récente pour constater que ce "ils" furent, entre autres, la petite classe intellectuelle bourgeoise dictant la révolution française, les fascistes de l'Allemagne nazi et de la France
vichyste, les religieux des révoltes arabes.

Je ne participerai pas et ne soutiendrai pas un mouvement que certains veulent susciter, ressusciter, créer et organiser car un mouvement né, grandi, s'accroit par lui-même sans l'aide de quelques groupes, partisans ou pas, montrant le chemin, sinon il meurt, ou pire il est dévoyé.
Un mouvement, par son auto-croissance exponentielle, libère et créé lui-même des espaces pour la parole et les actes de toutes et tous. En aucun cas, ces espaces ne peuvent être conçus et mis en place au préalable par quelques groupes de pseudo-avertis.

Je tenterai de reconnaître en moi ou chez les autres le sentiment de
supériorité, enfoui derrière ma croyance que mes connaissances et expériences, intellectuelles et pratiques, personnelles et militantes font de moi quelqu'un qui aurait la sagesse d'être un leader qui ne se reconnaît pas en tant que tel, même déguisé de manière diplomatique, tolérante et pacifique, mais qui "sait" et indique le chemin. Car je ne serais alors là qu'un gourou de plus, porté inconsciemment par mes désillusions systémiques, animé par un non reconnu "J'ai
mal à mon existence", un gourou qui cherche son propre remède à travers et aux dépends des autres et d'un sentiment de mouvement.

Je ne répondrai pas à l'urgence, créée de toute pièce par le système, à travers ses classes dirigeantes et leurs médias, pour sauver ce système. Le système est la crise.

Je suis une privilégiée par rapport à beaucoup d'autres : je suis blanche, j'ai un toit, je bénéficie du RSA, j'ai des papiers, je suis reconnue comme saine d'esprit par la société, j'ai le droit d'élever mon fils. La répression sous toutes ses formes et ses conséquences ne s'abat sur moi aussi fortement que sur d'autres à qui il manque parfois seulement un de ces privilèges. C'est pourquoi je ne prendrai plus le risque facile d'entrainer ou de cautionner des personnes dans une action ou une lutte dans lesquelles leurs risques ne seraient pas égaux aux miens. Seul un réel mouvement collectif et de masse pourrait atténuer ces risques.

Et, si ce mouvement de masse avait lieu, et que je sois mise dans la position de choisir un camp : je choisirai sans aucun doute celui qui propose de détruire ce système, pas de le réparer pacifiquement, celui qui tend vers un monde où les frontières sociales et géopolitiques n'existent pas et où l'on agit en symbiose avec son environnement. Je choisirai ce camp même s'il est accusé et use de violence, car ce système est bien plus violent qu'une pierre jetée dans une vitrine ou vers un flic, et que s'il ne se détruit pas lui-même, il faudra bien plus que de belles AG (consensuelles ou pas) pour en venir à bout, et respirer enfin.

En attendant, ce mouvement de masse ou l'autodestruction de ce système qui n'auront peut-être jamais lieu, je préfère mettre mon énergie dans la création de lieux et de liens qui permettent l'apprentissage et la mise en pratique de la solidarité et de l'autonomie, sans pouvoir des uns sur les autres : autant de bases qui nous permettent de survivre dans ce système et nous permettraient de
résister si et lors de sa destruction.

Il y a beaucoup à faire, beaucoup d'énergie nécessaire pour se préparer et
commencer à reconstruire : Reste à sortir le nez de l'urgence d'un mouvement mort et ouvrir les yeux pour s'en apercevoir (je sais de quoi je parle, j'étais moi-même aveugle très longtemps et aveuglée encore ensuite par l'espoir d'un mouvement social de grande ampleur il y a quelques années).

Juste à titre d'exemple, pour montrer les possibles, où les énergies se dirigent et se multiplient : voir l'appel ci-joint émanant de Reclaim The Field
<http://reclaimthefields.org/nl/content/about

> qui n'est pas antagoniste à
l'actualité, au contraire, qui se met en lien avec les luttes locales comme
internationales. (si besoin : l'appel existe en plusieurs langues).

Peut-être est-il ce qu'on pourrait appeler un "mouvement" de fond constructif qui, après l'indignation, est passé à l'action concrète et durable, et qui à tout moment rejoint d'autres actions sous d'autres formes ?

Sans amertume et avec optimisme,

Angélique
Une individu parmi tant d'autres...
 
 
via un mail de "maman", mère de tribu.

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19/01/2012

Retrouvons-nous le mardi 31 janvier 2012 à 8h30 à Cherbourg pour soutenir les personnes poursuivies.

 

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16/01/2012

Discours de Denis GODARD devant le commissariat du 3ème


discours de Denis GODARD devant le commissariat...

15:03 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/01/2012

Une centaine d'apiculteurs occupent un site Monsanto en Tarn-et-Garonne

Une centaine d'apiculteurs ont entrepris vendredi d'occuper un centre de la compagnie américaine Monsanto à Monbéqui (Tarn-et-Garonne) pour exiger du gouvernement l'interdiction rapide de la vente et de la culture de maïs génétiquement modifié en France.

«Nous demandons un arrêté interdisant la vente et la culture du Mon 810 et l'interdiction de tous les OGM produisant du nectar ou du pollen», qui pourraient polluer le miel, a déclaré un apiculteur de l'Hérault, Jean Sabench, porte-parole de la Confédération paysanne à l'origine de l'action.

Une vingtaine d'apiculteurs entassés dans une camionnette se sont introduits en catimini sur le site en se faisant passer pour des livreurs puis ont ouvert grand les grilles à plusieurs dizaines d'autres, venus de tout le Sud-Ouest, ont constaté des journalistes de l'AFP. Revêtus pour certains de tenues blanches avec un voile protégeant leur visage, ils ont apporté dans les locaux deux ruches et des enfumoirs, avant d'appeler par téléphone des responsables du ministère de l'Ecologie.

piqué au tas sur 20minutes.fr - 06/01/2012

Une centaine d'apiculteurs occupe un site Monsanto en Tarn-et-Garonne

 

Une centaine d'apiculteurs ont entrepris vendredi d'occuper un centre de la compagnie américaine Monsanto à Monbéqui (Tarn-et-Garonne) pour exiger du gouvernement l'interdiction rapide de la vente et de la culture de maïs génétiquement modifié en France. ( © AFP Eric Cabanis)

MONBEQUI (Tarn-et-Garonne) (AFP) - Une centaine d'apiculteurs ont entrepris vendredi d'occuper un centre de la compagnie américaine Monsanto à Monbéqui (Tarn-et-Garonne) pour exiger du gouvernement l'interdiction rapide de la vente et la culture de maïs génétiquement (OGM) modifié en France.

"Nous demandons un arrêté interdisant la vente et la culture du Mon 810 et l'interdiction de tous les OGM produisant du nectar ou du pollen", qui pourraient polluer le miel, a déclaré un apiculteur de l'Hérault, Jean Sabench, porte-parole de la Confédération paysanne à l'origine de l'action.

Une vingtaine d'apiculteurs entassés dans une camionnette se sont introduits en catimini sur le site en se faisant passer pour des livreurs puis ont ouvert grand les grilles à plusieurs dizaines d'autres, venus de tout le Sud-ouest, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Revêtus pour certains de tenues blanches avec un voile protégeant leur visage, ils ont apporté dans les locaux deux ruches et des enfumoirs, avant d'appeler par téléphone des responsables du ministère de l'Ecologie.

Ils réagissent à l'annulation par le Conseil d'Etat à l'automne dernier de la suspension de culture du maïs OGM Monsanto. Cette suspension avait été décidée par le gouvernement en février 2008. La culture de maïs OGM risque de rendre leur miel impropre à la consommation humaine, s'alarment les apiculteurs.

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé en novembre que le gouvernement maintenait son "opposition" à la culture du maïs OGM Monsanto 810 sur le territoire français, et la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a promis que la France déposerait une nouvelle clause de sauvegarde avant la prochaine saison de semis, au printemps.

Mais les apiculteurs veulent une décision immédiate du gouvernement car le maïs pourrait être semé dès février, étant donné les conditions climatiques actuelles.

Les apiculteurs font valoir que ces cultures mettent leur filière en péril car la Cour de justice de l'Union européenne a décrété tout produit contaminé par les OGM "impropres à la consommation humaine", a expliqué André Pruneddu, qui élève des abeilles dans l'Hérault.

Pour Jean Sabench, il y va de la survie de l'apiculture, "déjà en difficulté", mais aussi de celle des abeilles, des pollinisateurs essentiels dont la disparition aurait de lourdes conséquences sur l'environnement et l'agriculture.

Le responsable du site Monsanto de Monbéqui, Luc Pélétengeas, s'est insurgé contre cette action, estimant que le dialogue aurait pu se nouer d'une autre manière.

piqué au tas sur libé.fr meme date

 

http://www.francetv.fr/info/une-centaine-d-apiculteurs-oc...

 

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05/01/2012

Justice de classe pour Xavier Mathieu : refus de prélèvement d'ADN = 1000 à 1500€ d'amende

Une amende de 1 000 à 1 500 euros a été requise, mercredi 4 janvier, contre Xavier Mathieu, le célèbre porte-parole des "Conti", syndicaliste CGT de l'ancienne usine Continental de Clairoix (Oise), lors de son procès devant la cour d'appel d'Amiens pour refus de prélèvement d'ADN. Le délibéré se tiendra le 3 février à partir de 9 heures.

Ce procès faisait suite à une première relaxe du syndicaliste en juin 2010, alors que le parquet avait requis une peine d'un mois de prison avec sursis. Ce dernier a ensuite fait appel de cette relaxe. Les faits datent de la condamnation de Xavier Mathieu à 4 000 euros d'amende par la cour d'appel d'Amiens pour avoir participé, avec des ouvriers de Continental, au saccage de la sous-préfecture de Compiègne en avril 2009. Il avait alors refusé de se soumettre à un prélèvement d'empreinte génétique, comme l'exige la loi.

ENTRE 200 ET 300 PERSONNES POUR LE SOUTENIR

Un peu plus tôt mercredi, entre 200 et 300 personnes, dont de nombreux ouvriers de l'usine Continental de Clairoix, ont manifesté à Amiens pour soutenir Xavier Mathieu. Quatre candidats de gauche à l'élection présidentielle étaient présents. Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) ont défilé chacun de leur côté entre la gare d'Amiens et le palais de justice, où le cortège s'est arrêté à la mi-journée en attendant le début du procès du leader CGT des salariés de l'usine picarde. Côté PS, la sénatrice de l'Oise, Laurence Rossignol, était présente.

"Ce n'est pas la place des syndicalistes ou des faucheurs volontaires de se retrouver dans les fichiers. C'est la loi qu'il faut changer", a déclaré Eva Joly devant les manifestants. Pour Jean-Luc Mélenchon, "ce qui se joue ici, ce n'est pas une affaire locale. Il s'agit de la liberté, car si on accepte que, pour défendre son emploi, on soit demain traduit comme un délinquant, cela signifie que la liberté constitutionnelle de l'action syndicale est niée."

"COMBATS SOCIAUX D'AMPLEUR"

"Ces gens-là trouvent-ils normal que je me retrouve avec [Marc] Dutroux [condamné pour meurtres et actes de pédophilie en Belgique] dans un fichier ?", s'est interrogé Xavier Mathieu, combatif et ému par le soutien apporté par ses collègues de Continental et les candidats de gauche.

Ces derniers ont affirmé leur solidarité aux  "Conti", et plus largement aux salariés de l'industrie française luttant pour leurs emplois. "Cela montre qu'on ne pardonne pas à des gens qui se battent, a souligné Philippe Poutou. On aura besoin de mener des combats sociaux d'ampleur." Nathalie Arthaud, de son côté, a dénoncé "tous les moyens de pression pour que les travailleurs ne se défendent pas".

Après sa condamnation à 4 000 euros d'amende par la cour d'appel d'Amiens pour avoir participé au saccage de la sous-préfecture de Compiègne (Oise)? en avril 2009, Xavier Mathieu avait refusé de se soumettre à un prélèvement d'ADN. Une peine d'un mois de prison avec sursis avait été requise contre lui début mai. Il avait finalement été relaxé fin juin. Début juillet, le parquet de Compiègne avait interjeté appel de cette décision.

L'usine de pneumatiques Continental de Clairoix a fermé début 2010, entraînant la suppression de 1 120 postes. Au printemps 2009, un conflit social de plusieurs mois contre le projet de fermeture – dont M. Mathieu a été la figure emblématique – avait permis aux ouvriers d'obtenir des indemnités de départ extra-légales.

 

via lemonde.fr - 04/01/2012

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17/12/2011

Article 11 - Numéro 007 - Meurs un autre jour

JPEG - 1.7 Mo

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16/12/2011

Pétition pour une protection de l’apiculture et des consommateurs face au lobby des OGM

L’impossible coexistence « OGM / apiculture » établie par la justice

Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.

Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé [1].

Nos gouvernants ne peuvent donc plus feindre d’ignorer cette réalité : l’autorisation de cultures d’OGM en plein champ serait fatale à l’apiculture (miel, pollen, propolis) et à l’abeille.

Gare aux manigances

Les consommateurs européens ne veulent pas d’OGM dans le miel. La prise de conscience environnementale est devenue telle que la Commission Européenne ne peut prendre le risque de sacrifier délibérément l’abeille au profit de multinationales. Depuis la décision de la CJUE, les tractations vont pourtant bon train.

L’arrêt de la Cour de Justice s’appuie sur le fait que le pollen de maïs MON 810 n’est pas autorisé à la consommation humaine. Des manipulations juridiques qui permettraient de contourner cette interdiction dans le cas du miel sont à l’étude, au mépris de la transparence exigée par les consommateurs.

Seule solution : le moratoire

La coexistence des cultures OGM en plein champ et de l’apiculture est impossible. Personne ne peut plus ignorer cette réalité.

L’abeille est un élément indispensable de l’environnement, de la biodiversité, et un atout incontournable pour la pollinisation de nombreuses cultures. Déjà mise à mal par la pression des pesticides, elle pourrait tout bonnement disparaître de nos campagnes par décision politique, ou être accusée de disséminer les pollens OGM !

Face à ce risque inadmissible, nous demandons instamment à John Dalli, Commissaire européen à la Santé et à la Consommation, et à nos décideurs européens et nationaux de protéger l’abeille, l’apiculture et les professionnels de l’apiculture et de :
- suspendre immédiatement et ne pas renouveler l’autorisation de culture en plein champ du maïs MON 810,
- bloquer l’avancée de tous les dossiers de plantes génétiquement modifiées nectarifères ou pollinifères,
- faire évaluer rigoureusement l’impact des plantes transgéniques sur les ruchers, notamment les couvains et les abeilles hivernales, et de rendre publics tous les protocoles et résultats
- respecter le droit à la transparence pour les consommateurs.

Le miel et les produits de la ruche doivent rester des aliments sains et naturels.

Signez la pétition !

Pour une protection de l’apiculture et des consommateurs face au lobby des OGM

 

via courriel de maman

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05/12/2011

Paris : dates de procès suite à une instruction antiterroriste (fumigènes, vierzon, dépanneuse, sncf)

Après plus de trois ans d’enquête, le juge Brunaud a clos son instruction à la fin du mois d’août 2011 et a décidé de renvoyer six camarades devant le tribunal correctionnel antiterroriste. La date définitive du procès sera fixée lors de l’audiencement le 13 février prochain au TGI de Paris. Des dates ont déjà été réservées, le procès devrait donc probablement se dérouler durant cinq après-midi les 14, 15, 16, 21 et 22 mai 2012 devant la 10ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris.

Quatre affaires ont été jointes durant cette instruction et seront jugées ensemble sous le prétexte d’une même association de malfaiteurs dans un but terroriste :
L’arrestation de trois camarades avec un fumigène et des clous tordus en janvier 2008 peu avant une manifestation se rendant au centre de rétention de Vincennes
L’arrestation de deux camarades au péage de Vierzon quelques jours plus tard
L’accusation de tentative d’incendie d’une dépanneuse de la police nationale en mai 2007 au moment de l’élection de Sarkozy, sur la base de relevés ADN
L’accusation de tentative d’incendie d’une armoire électrique de la SNCF en mars 2006, au moment de la lutte contre le CPE, également sur la base de relevés ADN

Six camarades – Ivan, Bruno, Damien, Frank (Farid), Inès (Isa), Javier (Juan) – seront jugés, ils ont déjà fait de cinq à treize mois de détention provisoire. Ils sont toujours sous contrôle judiciaire depuis leur sortie de prison. Ce contrôle leur interdit de rentrer en contact entre eux pour la plupart et de sortir du territoire français sans autorisation. Ils doivent également pointer une fois par mois au commissariat ou au tribunal et être suivis par un contrôleur judiciaire (tous les mois ou tous les trois mois) pour notamment justifier de leurs activités professionnelles. Les critères du contrôle judiciaire évoluent suite aux demandes répétées des mis en examen.

Les six camarades sont accusés de :
Participation à un groupement formé en vue de la préparation d’actes de terrorisme (pour les six)
Fabrication d’engins explosif ou incendiaire (pour trois)
Tentative (ou complicité de tentative) de dégradation ou de destruction d’un bien appartenant à autrui (pour trois)
Détention et transport de produits incendiaires ou explosifs (pour quatre)
Refus de se soumettre au prélèvement ADN (pour trois)
Refus de soumettre aux prises d’empreintes digitales (pour trois)

A noter que les cinq derniers délits sont tous « en lien avec une entreprise terroriste ». Ce ne sont pas ici les termes tout à fait exacts de la justice, les motifs du renvoi de le tribunal correctionnel font dix pages, nous essaierons de les transmettre plus en détail dans les semaines qui viennent.

Pour rappel, l’ensemble de ces affaires et des actions de solidarité qu’elles ont suscitées est détaillé sur le site de « Mauvaises Intentions » :

http://infokiosques.net/mauvaises_i…

Contact : solidaritesinculpes@riseup.net

via indylille

16:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/11/2011

Denis Robert : « La fiction est le meilleur chemin pour dire le réel »

Après dix ans de procès, le journaliste Denis Robert est enfin « blanchi ». Posément, sans rancune envers ses anciens détracteurs, il tente de convaincre les politiques de l’urgence à agir contre les dérives du système bancaire.

Regards.fr : Après avoir été blanchi en février par la cour de Cassation, la cour d’appel de Lyon fixera le 29 novembre les préjudices engendrés par Clearstream à votre encontre. Vous êtes soulagé ?

Denis Robert : J’ai gagné sur le plan judiciaire, mais je n’ai pas gagné politiquement, ni médiatiquement. Le scandale Clearstream n’a pas encore véritablement explosé. À quoi sert un journaliste si ce qu’il écrit n’a pas de résonance effective dans le réel ?

Regards.fr : Pourquoi ce silence, selon vous ?

Denis Robert : Il est relatif. Mais l’absence de prise en compte de ce que révèle mon enquête tient à son contenu. Ce que je montre est insupportable pour les banquiers car ça touche le cœur de leur bizness et celui de leurs plus gros clients. Le lobby bancaire est plus puissant que je ne l’imaginais. Ils ont mis en place une sorte de cordon de sécurité autour de mon travail. Dix années de plaintes à répétition et de calomnies. La décision de la cour de cassation réamorce l’histoire. Je vais à Bruxelles dans les jours qui viennent pour rencontrer des eurodéputés. Je suis sollicité par des candidats à la présidentielle. Je ne suis pas pressé. Le temps joue pour moi.

Regards.fr : Les politiques ne s’emparent pas de cette question ?

Denis Robert : C’est un débat qui commence enfin à agiter la gauche. Les candidats à la Primaire socialiste ont parlé de régulation du capitalisme ou de lutte contre les paradis fiscaux mais sans entrer concrètement dans le vif du sujet. Arnaud Montebourg ou Jean-Luc Mélenchon ont tenu les propos les plus offensifs, mais on reste encore trop à la surface des choses. Prenons l’exemple des paradis fiscaux. Nicolas Sarkozy avait promis leur disparition. Quelle blague ! Là, les candidats disent tous : « Il faut lutter contre les paradis fiscaux. » J’ai même entendu : «  Il faut interdire les paradis fiscaux. » C’est juridiquement impossible. C’est comme se saisir d’une savonnette avec un gant de boxe. Les paradis fiscaux sont des leurres. Il est par contre possible de surveiller, voire de stopper les pompes qui alimentent ces paradis fiscaux. On sait que les virements se font pour l’essentiel grâce à une société de routing financier, Swift et grâce aux réseaux informatiques des deux chambres de compensation Euroclear et Clearstream. Il faut contrôler ces structures…

Regards.fr : C’est ce que vous avez indiqué à François Hollande dans la note que vous lui avez donnée ?

Denis Robert : Oui, entre autres. On m’a demandé d’écrire une note. Je l’ai fait bien volontiers. On a trop tendance à considérer l’univers de la finance comme impénétrable ou trop compliqué. Ça ne l’est pas. C’est possible, c’est politique.

Regards.fr : Depuis l’appel de Genève lancé en 1996, c’est un de vos combats moteur ?

Denis Robert : J’ai affiné mes connaissances. En 1996, je n’imaginais pas que l’information financière était autant centralisée. Je ne connaissais pas les chambres de compensation. Je ne savais pas leur importance dans l’organisation du commerce interbancaire. Le juge Garzon, comme les six autres magistrats signataires de l’appel, s’avouait impuissant face aux moyens techniques et à la rapidité des prédateurs financiers. Les fonctionnements judiciaires étaient tellement lourds que les criminels gagnaient toujours. Malheureusement, d’un point de vue judiciaire, la situation n’a pas évolué. Les juges restent toujours cadenassés dans leurs frontières. Par contre, la perception que l’on a de la circulation des valeurs a changé. Il est inutile d’aller chercher des dépositaires dans des paradis fiscaux. Ils sont protégés par ces législations de papier. Le seul moment où les prédateurs financiers sont vulnérables, c’est pendant le temps du transfert de fonds. Et ce temps est électronique. C’est un jeu d’écriture qui s’opère à l’intérieur des chambres de compensation. C’est là qu’il faut taper.

Regards.fr : Vous faites de la pédagogie car souvent le vocabulaire financier est ardu ?

Denis Robert : Quand j’écris, je pense souvent à mon père ou à mes copains qui n’y connaissent rien. Je fais de gros efforts d’écriture et de simplification. Je n’ai pas peur d’être parfois naïf, ou de répéter plusieurs fois la même question quand je ne comprends pas. Cette méthode m’a permis de découvrir le fonctionnement de Clearstream. Au début, son PDG et son staff se sont moqués de mes questions. Ce sont ces questions et leurs réponses qui ont pourtant provoqué leur perte. Aussi puissants qu’ils pouvaient être, ils ont été virés comme des larbins trois mois après la sortie de mon premier livre Révélation$.

Regards.fr : Vous ne lâchez donc pas le morceau ?

Denis Robert : J’aimerais que d’autres prennent le relais. Je sais que des films et des articles sont en préparation en France et à l’étranger. Je suis content de ne pas y participer. Il faudrait maintenant une commission d’enquête et un véritable audit sur Clearstream mais aussi sur Euroclear et Swift. J’ai encore cette ultime étape à franchir.

Regards.fr : Vous avez d’autres projets ?

Denis Robert : Oui, mais j’ai un peu de difficulté à m’y remettre. Je n’ai pas peint une seule toile depuis presque un an. Mon prochain livre – un récit qui n’a pas grand-chose à voir avec la finance- est en rade. J’ai plusieurs films en fabrication. Une série documentaire sur le journalisme est en cours montage. Je prépare un film hommage sur un vieux journaliste qui m’a beaucoup inspiré à mes débuts, Cavanna… J’ai aussi envie de réaliser un film sur des ouvriers qui ont occupé une usine il y a trente ans. Il est important de témoigner de la classe ouvrière. De le faire sans nostalgie. J’ai aussi le dernier tome de ma BD L’ Affaire des affaires qui sort fin novembre. Et une autre BD adaptée de mon dernier roman Dunk est en cours d’écriture.

Regards.fr : Depuis quelques années, vous vous tournez vers la peinture, le théâtre, la BD. Vous êtes fâché avec le réel ?

Denis Robert : Tout a toujours tourné autour de la même question  : « Comment une société aussi riche peut produire autant de pauvreté ? » Mes toiles ou mes BD parlent de ça. La pièce de théâtre que je suis en train de monter au théâtre du Rond-Point aussi. Hunter Thomson disait que la fiction était le meilleur chemin pour dire le réel. C’est assez juste. La saga Clearstream, c’était un combat à mains nues avec le réel. Un affrontement long, excitant mais fatigant. Je suis allé au bout de cette histoire. La cour de cassation a mis un point final à mon travail de journaliste. J’ai maintenant envie de passer à autre chose.

Regards.fr : Vous avez un auteur fétiche ?

Denis Robert : Plusieurs. Mais celui qui m’a amené au journalisme disons littéraire, c’est Truman Capote. La lecture de De Sang-froid a été déterminante. J’ai eu envie de faire comme Truman Capote au début. Je n’y suis pas encore parvenu. Mais sans lui, je serais sûrement resté dans un journal où c’était finalement très confortable.

Regards.fr : Et la peinture ? Quel a été le déclic ?

Denis Robert : Quand on a interdit mon livre Clearstream, l’enquête en 2006, qu’on l’a retiré des rayons, j’ai pris un coup au moral. Le hasard et Facebook m’ont fait croiser la route d’une galerie parisienne. La galerie W. Je me suis dit que là, les policiers ou les censeurs ne viendraient pas m’emmerder. C’est comme ça que ça a commencé. Et ça ne s’est plus arrêté.

Regards.fr : L’enquête, les journaux vous manquent ?

Denis Robert : Parfois. Récemment, il y a eu une page sur moi dans Le Monde avec ce titre : « Le marginal de l’info ». Cette marginalité n’a jamais été un choix de ma part. Le système médiatique et ses influences m’ont mis à l’écart. L’information que j’ai produite n’est plus marginale aujourd’hui.

Regards.fr : Vous êtes conscient d’être devenu une sorte d’emblème, pour tous ceux qui se battent contre les dérives du système, les « indignés » ?

Denis Robert : Pas vraiment, même si je suis souvent sollicité. Je me sens plus utile à écrire, à faire des films qu’à m’engager sur le terrain politique. Au fond, j’ai du mal à y croire. On est dans un pays avec des élections, différents partis, une démocratie qui fonctionne pas trop mal… On n’est pas encore dans un climat insurrectionnel. Ça peut venir assez vite.

Regards.fr : Pour qui allez-vous voter à la Présidentielle ?

Denis Robert : Pour celui ou celle qui réglera le problème des dérives du capitalisme financier. À la gauche de la gauche au premier tour. Et au second tour, sans aucun état d’âme, pour le candidat socialiste qui sera qualifié. S’il l’est… Si ce n’est pas le cas, ça va devenir très compliqué.

Regards.fr : Tous ces gens qui vous font des risettes aujourd’hui après vous avoir lâché pendant les plus dures années, ça vous énerve ?

Denis Robert : Non, pas du tout. Je n’ai de rancoeur pour personne.

piqué au tas sur regards.fr

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