Avertir le modérateur

23/09/2010

Du temps où "Jean-Yves Camus et les RG s'inquiètent du renouveau de l'extrême gauche « autonome »"

Par Jean-Yves Camus | Chercheur en science politique | 07/02/2008 | 19H17

On l'avait remarqué depuis les manifestations qui avaient immédiatement suivi l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy : il existe en France un renouveau de la mouvance « autonome » d'extrême gauche, qui avait aussi fait parler d'elle lors des mobilisations contre le CPE en 2006 et contre la loi LRU, en 2007.

Les Renseignements généraux, qui ont travaillé sur ces groupes, ont interpellé ces derniers mois, à Toulouse, à Bourges, en Bretagne et en région parisienne, plusieurs jeunes d'une vingtaine d'années, dont certains en possession d'explosifs artisanaux, et qualifiés un peu rapidement par les enquêteurs « d'anarcho-autonomes ».

Faut-il réellement ranger, comme de nombreux médias l'on fait en reprenant intégralement et sans recul des informations policières, cette « nouvelle autonomie » parmi les dangers terroristes ? C'est aller un peu vite. Car, si dans une interview au Figaro du 1er février, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot- Marie, met en garde contre la « résurgence violente de l'extrême gauche radicale » en invoquant le danger de voir resurgir des clônes d » « Action directe, des Brigades rouges ou de la Fraction armée rouge », la situation est bien différente de celle de la fin des années 70, qui voyait s'écraser la queue de comète du mouvement maoïste.

Effectivement, on a vu émerger ces dernières années une mouvance de quelques centaines de militants radicaux, partisans de l'action violente dirigée contre les symboles de l'appareil d'Etat (police et gendarmerie ; bâtiments officiels). De quels textes théoriques s'inspirent-ils ? A quelle mouvance idéologique les rattacher ? L'enquête policière a mis en avant un texte, « L'Insurrection qui vient », publié par un « Comité invisible ».

Cela peut faire peur, sauf que, loin d'être un brûlot clandestin, il s'agit…d'un livre publié en 2007 aux éditions la Fabrique, le comité invisible étant, pour éclairer la référence historique, un organisme lyonnais de propagande républicaine, dans les années 1830. Egalement mis en avant, le fait que certains interpellés ont été trouvés en possession de documents signés « Organe de liaison au sein du parti imaginaire », lequel « parti imaginaire » a préfacé, toujours aux éditions la Fabrique, un livre titré « Maintenant, il faut des armes ». Certes, mais l'ouvrage en question est l'œuvre… d'Auguste Blanqui ! Les déçus des mouvements antifascistes et altermondialistes

Rien de bien neuf donc. La seule réelle continuité avec l'autonomie des années 80 réside dans la présence, pour encadrer et former des militants souvent arrivés sans aucune culture théorique d'extrême gauche, d'une ou deux dizaines de militants « historiques » qui ont commencé à s'engager voici un quart de siècle.

L'irruption de la mouvance autonome n'est pas, contrairement à ce qu'affirme la ministre de l'Intérieur, le résultat de « l'affaiblissement à droite comme à gauche des partis politiques qui permettent d'exprimer les frustrations sociales ». Elle est le résultat de la crise du mouvement antifasciste, elle-même consécutive à la marginalisation du Front national. Elle est surtout la conséquence de l'institutionnalisation de l'extrême gauche altermondialiste, désormais intégrée au jeu politique et électoral et qui génère donc des déçus.

D'où l'émergence d'une vague de très jeunes militants, partisans de la « propagande par les faits », et qui sont en rupture avec les organisations anarchistes constituées, telle Alternative libertaire et la CNT.

L'occupation-saccage de la Maison des sciences de l'homme

La première apparition visible des « nouveaux autonomes » date de l'occupation-saccage de la Maison des sciences de l'homme, à Paris, en mars 2006 : outre des slogans violents graffités sur les murs (« CRS blessé, achève-le »), on avait alors remarqué la présence, comme dans plusieurs squatts politisés de Paris et de la banlieue, de militants allemands ou italiens d'ultra-gauche.

Les occupants de l'Ehess, regroupés sous le vocable « AG en lutte », ont d'ailleurs produit une longue brochure expliquant leur démarche, sous le titre « Une expérience d'assemblée en France au printemps 2006 ». A la même époque, le 23 mars 2006 place de la Nation, les « autonomes » ont également durement affronté les CRS, en fin de manifestation contre le CPE.

Mais alors déjà, le renouveau de l'autonomie violente était perceptible notamment à travers l'action des « Black Blocks » lors des sommets du G8 à Evian, à Gênes et l'année dernière en Allemagne. Et là encore, les Black Blocks sont idéologiquement hétérogènes : si l'autonomie domine dans les BB français, en Suisse, l'impulsion vient des marxistes-léninistes du Revolutionäre Aufbau.

L'autonomie est donc une nébuleuse éclatée. Elle se construit sur la base de petits groupes locaux et de petites publications irrégulières dont beaucoup sont visibles sur le site Infokiosques.net. Internet d'ailleurs, devient un vecteur important de circulation d'informations de la mouvance, en particulier sur le site Indymedia Paris, où sont postés nombre de messages avertissant d'une mobilisation ou d'un rassemblement, pratiquement en temps réel.

Des textes aux relents d'extrême droite

Il est une dernière question qu'on peut de poser, à la lecture de certains textes de cette mouvance : anarchiste, l'est-elle vraiment ? Certains passages en effet, ont des réminiscences curieuses. L'utilisation du concept d'Occident par l'AG en lutte, par exemple, pour décrire l'Europe et l'Amérique, n'a pas grand-chose de libertaire. Et pour conclure, lisons les phrases suivantes :

« Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi ? Qui travaille là où il habite ? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? “La vérité, c'est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu'il résulte de cela, en même temps qu'une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance.”

C'est un extrait de “L'Insurrection qui vient” (pp.19-20). Et cela sent bigrement le “retour aux racines”, voire “la terre et les morts”, thèmes chers à l'écrivain d'extrême-droite Maurice Barrès.

piqué au tas sur Rue 89 - 07/02/2008

 

La «mouvance anarcho-autonome» placée sous surveillance

 

Mise en cause dans le sabotage de lignes SNCF, l'ultra-gauche inquiète les services de renseignement, qui notent une résurgence de son activisme.

La résurgence d’un activisme de l’ultra-gauche est redoutée depuis plusieurs mois par la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et les services de renseignement qui s’en sont alarmés récemment.

La «mouvance anarcho-autonome» est depuis quelque temps dans le collimateur des services de renseignement dont l’un des membres, de la Direction centrale du Renseignement intérieur (DCRI), sous couvert de l’anonymat, a dit à l’AFP que leurs «craintes étaient justifiées».

Déjà, lors de la série des alertes à la bombe contre les TGV en Savoie, en juin 2008, assorties d’une lettre de revendication évoquant les Brigades rouges italienne, les services de police avaient fait part de leurs inquiétudes.

Plusieurs notes des Renseignements généraux (RG), - disparus depuis au profit de la DCRI -, affirmaient «redouter une résurgence d’un terrorisme d’extrémistes de droite et de gauche».

«Regain d'activité»

Ils ne relevaient pas de «menaces précises» ni de «groupes constitués» comme ceux apparus dans les années 1980 par exemple, mais avaient réactivé leurs surveillances et leurs fichiers.

Les RG relevaient, à l’appui de leurs craintes, une série d’arrestations en région parisienne, Toulouse ou Marseille d’un «petit nombre d’individus» se réclamant ouvertement «de la mouvance autonome».

Interpellés en possession d’engins explosifs ou d’armes, ils avaient été pour certains recensés, par les RG, comme étant des «meneurs» d’incidents violents avec les forces de l’ordre durant les manifestations lycéennes de 2O07.

L’un était également l’auteur présumé d’une série d’incendies criminels de voitures en région parisienne durant la campagne présidentielle de 2007 qui a marqué, selon les RG, un «regain d’activité des extrêmes de tous bords».

Craintes policières

Début 2008, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait affirmé, sur la foi de ces interpellations, «craindre» en France un «terrorisme d’extrême-gauche».

«Dans notre histoire, chaque fois que les partis extrêmes sont considérablement affaiblis, nous voyons se créer des groupuscules beaucoup plus radicaux qui, dans un certains nombre de cas, sont passés à l’acte», avait-elle dit.

«Un rejet de Nicolas Sarkozy, des mouvements apparus dans les squats ou le développement du net, véhiculant tout et son contraire, font qu’il y a des éléments incitant à être attentif», avait estimé pour sa part à l’AFP, en juin dernier, un ancien «patron» des RG, Jean-Pierre Pochon, qui a traqué Action directe en France dans les années 80.

Jean-Yves Camus, chercheur en sciences politiques, dans une tribune parue à la même époque, incitait à la prudence face aux inquiétudes policières.

«L’irruption de la mouvance autonome n’est pas (…) le résultat de l’affaiblissement à droite comme à gauche des partis politiques», écrivait-il, mais «le résultat de la crise du mouvement antifasciste».

C’est, selon M. Camus, la «conséquence de l’institutionnalisation de l’extrême gauche altermondialiste, désormais intégrée au jeu politique et électoral» qui «génère donc des déçus», dit-il, mais pas des terroristes.

(source AFP)

piqué au tas sur Libération.fr - 11/11/2008

 

Comics I.S..jpg

piqué avec camaraderie sur un blog

 

08:31 | Lien permanent | Commentaires (0) |

05/09/2010

SuperSDATman et l'affaire de Tarnac

à lire sur UHD, l'article du Canard enchaîné :

Tout un train d'arnaques dans l'enquête sur Tarnac

 

les photos exclusives :

 

Super_SDAT-man.jpg

SuperSDATman évitant le rapide de 5h30, non, de 3h50, pardon pour l'invertion des chiffres.

 

 

SuperMercos.jpg

SuperMercos échappant à la filature pour se rendre à Trilport

18:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

30/07/2010

Horizon 2012 sur le thème de l'Insécurité: Zorro à Grenoble

 

http://www.udenap.org/Photos/d/delon_alain_en_zorro.jpg

 

Insécurité: Sarkozy Zorro à Grenoble


Le président de la République se rend en personne à Grenoble vendredi pour y installer le nouveau préfet de l'Isère, Eric Le Douarnon. Une manière de reprendre en main le thème de la lutte contre l'insécurité, très cher à Nicolas Sarkozy, à moins de deux ans de la présidentielle.

Ensuite, ce sera l'heure des vacances pour Nicolas Sarkozy qui partira, dès la fin du conseil des ministres du 3 août, pour le Cap Nègre, dans le sud de la France. Une pause de trois semaines pour préparer la rentrée, qui s'annonce déjà très chargée avec, entre autres, le projet de réforme des retraites.

Nicolas Sarkozy sera à Grenoble vendredi. Souhaitant reprendre en main la sécurité du Sarkozy à Grenoble .jpgpays, secoué ces dernières semaines par des violences en Isère ou encore dans le Loir-et-Cher, le chef de l'Etat a tenu à venir en personne à Grenoble pour y installer le nouveau préfet, Eric Le Douaron. Ce dernier, nommé par le président en remplacement d'Albert Dupuy, à la suite des violences urbaines dans le quartier de La Villeneuve, a pris officiellement ses fonctions jeudi. Agé de 59 ans, Eric Le Douaron – un ancien policier – est allé déposer, comme le veut l'usage, une gerbe au mémorial de la Résistance de Grenoble, puis une autre au monument aux morts de la ville.

"L'autorité de la loi doit être respectée sur l'ensemble du territoire national. C'est pourquoi, j'ai décidé de nommer préfet de l'Isère, Eric Le Douaron, un policier de métier, préfet de la Meuse, qui a été durant six ans, un très remarquable directeur de la sécurité publique à Paris", avait déclaré Nicolas Sarkozy, le 21 juillet dernier, lors de la nomination du préfet. Et d'ajouter: "Le gouvernement mène une lutte implacable contre la criminalité. C'est une véritable guerre que nous allons livrer aux trafiquants  et aux délinquants".

Lors de cette visite symbolique, placée sous le thème de la lutte contre la criminalité, Nicolas Sarkozy sera accompagné par les ministres de la Justice et de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, mais aussi par le secrétaire d'Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel.

Un thème de campagne

Dès son arrivée, Nicolas Sarkozy se rendra à l'Hôtel de police de Grenoble pour rencontrer les forces de l'ordre de la ville. Visés par des menaces de morts suite au décès du braqueur présumé du casino d'Uriage, Karim Boudouda, une vingtaine de policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) ont été placés sous protection et éloignés de la ville. Suivra ensuite une réunion avec les représentants locaux et nationaux de la lutte contre l'insécurité, à la préfecture. Nicolas Sarkozy conclura sa visite iséroise par un discours. Une manière, pour le chef de l'Etat, de renouer avec le thème très porteur du combat contre l'insécurité – "la lutte implacable" menée par le gouvernement – à moins de deux ans de la présidentielle de 2012.

piqué au tas chez www.lejdd.fr - 30/07/2010 et retourné

 

 

Et alors ? Et alors ? Et alors ? Et alors ?

http://www.gorjeios.blogger.com.br/zorro_est_arrive__.JPG

11:55 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Si vous disposez de renseignements, merci d'appeler le numéro vert de la brigade criminelle au : 0800 33 60 98. L'appel est gratuit et votre anonymat sera préservé

Prodiges et vertiges de l’anonymat payant

Le procès dit des « cinq de Villiers-le-Bel » a mis en lumière une nouvelle pratique indissociablement policière et judiciaire qui mérite d’être examinée avec attention : le recours à des témoignages anonymes rémunérés.

Rappel des faits. Deux jours après les émeutes, le 29 novembre 2007, le chef de l’Etat déclare, à l’occasion d’un discours sur la sécurité devant des policiers et des gendarmes réunis à la Défense : « Mettez les moyens que vous voulez (…), ça ne peut pas rester impuni, c’est une priorité absolue ». Le 3 décembre 2007, les services de police distribuent dans les boîtes aux lettres du quartier du Bois-Joli 2 000 exemplaires d’un tract ainsi rédigé : « La Police Judiciaire de Versailles recherche tout témoignage relatif aux coups de feu tirés contre des policiers au cours des soirées et des nuits du 25 au 26 et du 26 au 27 novembre 2007. Si vous disposez de renseignements, merci d’appeler le numéro vert de la brigade criminelle au : 0800 (…). L’appel est gratuit et votre anonymat sera préservé. Tout élément susceptible d’orienter favorablement les enquêtes en cours pourra faire l’objet d’une rémunération ». Dans la presse, Jean Espitalier, directeur régional de la Police judiciaire de Versailles, explique : « Nous avons fait ces tracts pour que les témoins des coups de feu soient assurés qu’ils pourront témoigner sous X et que les témoignages qui permettront de faire avancer les investigations seront récompensés à hauteur de plusieurs milliers d’euros ». De fait, plusieurs témoignages « sous X » sont ensuite recueillis au cours de l’enquête.

Première question : cette méthode est-elle légale ? Rien n’est moins sûr. L’article 15-1 de la loi n°95-73 du 21 janvier 1995, introduit par la loi dite Perben II du 9 mars 2004, prévoit bien la possibilité d’une rémunération, mais pas des témoins : « Les services de police et de gendarmerie peuvent rétribuer toute personne étrangère aux administrations publiques qui leur a fourni des renseignements ayant amené directement soit la découverte de crimes ou de délits, soit l’identification des auteurs de crimes ou de délits ». Bref, ce texte légalise – c’est d’ailleurs ainsi qu’il avait été commenté en son temps – la rémunération des indicateurs (l’arrêté correspondant du 20 janvier 2006 fait bien référence à « la rétribution de l’informateur »). Or, un indicateur n’est pas un témoin, un renseignement n’est pas un témoignage. En procédure, l’information émanant d’un indicateur se traduit par la rédaction d’un procès-verbal de renseignement judiciaire qui n’a pas, et pour cause, la même portée qu’un témoignage, même si, en matière pénale, la preuve est dite « libre ». Autrement dit, il n’y a certes pas de hiérarchie juridique des éléments de preuve dans une procédure pénale, mais il ne fait pas de doute que tous ces éléments n’ont pas la même forme ni la même force judiciaires (autre exemple : l’ADN du suspect retrouvé sur l’arme du crime pèse logiquement plus lourd qu’un témoignage indirect). Ne serait-ce que pour cette raison : le témoin prête serment de dire « toute la vérité, rien que la vérité ». S’il ment, il peut être poursuivi pour faux témoignage.

LA FIN NE JUSTIFIE PAS LES MOYENS

Le tract policier du 3 décembre 2007 mélange allègrement ces deux concepts : renseignement et témoignage. Cette confusion serait anecdotique si les enquêteurs n’avaient pas recueilli, en l’espèce, de témoignages anonymes au sens strict du terme, mais c’est précisément ce qu’ils ont fait ! Pour mémoire, la procédure de témoignage anonyme a été instaurée par la loi du 15 novembre 2001 « sur la sécurité quotidienne », soit près de trois ans avant le texte sur la rémunération des indicateurs. Son champ d’application a été élargi par la loi dite Perben I du 9 septembre 2002. Elle figure à l’article 706-58 du Code de procédure pénale. La personne qui en fait l’objet est explicitement désignée par la loi comme un « témoin » et non comme un « informateur ». Aucune rétribution de ce témoin n’est prévue. Juridiquement, la différence peut sembler faible, car il est à chaque fois question d’une personne dont les déclarations sont susceptibles de faire progresser l’enquête, mais il est significatif que le législateur n’ait jamais explicitement autorisé la rémunération des témoins, qu’ils soient d’ailleurs anonymes ou non. En pratique, la différence est de taille, car un « informateur » est susceptible d’entretenir des relations suivies avec les services d’enquête – d’où la possibilité de le rémunérer ! – ce qui n’est a priori pas le cas d’un témoin, sauf à ce que les mots n’aient plus aucun sens.

Par conséquent, la légalité d’un appel à témoins anonymes rémunérés et des témoignages ainsi recueillis est pour le moins douteuse.

Deuxième question : à supposer que cette pratique soit légale, est-elle judiciairement acceptable ? Concrètement, il n’est pas possible pour la justice de savoir à priori si les témoignages anonymes recuellis ont donné lieu ou non à rémunération par la police. En effet, il résulte de l’arrêté du 20 janvier 2006 que la rétribution des indicateurs relève de la compétence exclusive du directeur général de la police ou de la gendarmerie nationales. Autrement dit, il est parfaitement possible, et même très probable au regard du tract diffusé par la PJ de Versailles – mais sans qu’on ait pu en avoir la certitude formelle ! – que les fameux témoins anonymes du procès de Pontoise aient été en réalité des informateurs payés par la police. Quand on sait qu’un témoignage est fragile par définition (subjectivité, mémoire, intérêt à dire une chose plutôt qu’une autre…), quand on sait que le témoignage « sous X » l’est plus encore (déclarations plus floues – et donc plus difficilement vérifiables – pour éviter l’identification du témoin, effet de déresponsabilisation de l’anonymat…), on peut penser que le témoignage anonyme rémunéré – objectivement intéressé donc – est une aberration judiciaire. Il n’est pas anodin qu’une telle aberration ait surgi dans cette affaire où, parce qu’il était question de policiers d’une part et de « jeunes de cité » d’autre part, tout était permis : « Mettez les moyens que vous voulez… ». Au fondement du droit, de la justice et de la démocratie, il y a pourtant cette idée forte : la fin ne justifie pas les moyens.

Cette tribune a été rédigée avant que la Cour d’assises ne rende son verdict.

Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature

Lien vers le site du Monde :

http://www.lemonde.fr/idees/article...

 

piqué avec camaraderie sur  www.syndicat-magistrature.org -

 

 

10:12 | Lien permanent | Commentaires (0) |

L’enquête de Tarnac engagée sur de mauvais rails

Anticonstitutionnels. C’est ainsi que les avocats d’Yldune Levy, l’amie de Julien Coupat, jugent les témoignages déposés sous X dans le cadre de « l’affaire de Tarnac ».


Dans un article intitulé « Les balances anonymes des flics devant le Conseil constitutionnel », publié le 28 juillet 2010 dans Charlie Hebdo, le journaliste Laurent Léger rapporte qu’« un témoin avait dénoncé anonymement Julien Coupat et les prétendus terroristes de l’ultragauche, avant de dire exactement le contraire lorsqu’il a été interrogé sous sa propre identité. » Le quotidien Libération l’avait révélé le 25 novembre dernier : « La police aurait fait pression sur Jean-Hugues Bourgeois et antidaté le PV de son audition, afin d’accabler le groupe de Julien Coupat. »

Sous le nom de code « Témoin 42 », Jean-Hugues Bourgeois aurait notamment déclaré aux policiers que Julien Coupat serait prêt « à tuer car la vie humaine a une valeur inférieure au combat politique ». Mais sous son propre nom, le témoin Bourgeois Jean-Hugues a une tout autre vision des choses : « J’ignorais tout de leur projet politique complet (…). Tout ce que je peux dire, c’est que je partageais avec eux un idéal de gauche libertaire, qui n’a rien de répréhensible. » Des propos répétés au juge.

Question prioritaire de constitutionnalité

Laurent Léger rappelle que c’est « la première loi Perben [qui], en septembre 2002, avait (…) permis l’audition dans les dossiers judiciaires de témoins anonymes ». Cette disposition, qui n’avait pas été contestée par l’opposition à l’époque, est strictement encadrée, ce qui fait qu’elle « n’a pas rencontré un immense succès ». Mais la double déposition de « Témoin42 » alias Jean-Hugues Bourgeois pourrait sonner le glas du témoignage sous X. En effet, la première audition, celle du « Témoin 42 » qui charge Coupat et ses amis, « fonde encore une partie du dossier », note le journaliste. Alors même que Jean-Hugues Bourgeois a par la suite démenti les allégations qu’on lui prête.

Les deux avocats d’Yldune Levy, William Bourdon et Joseph Bréham, voient là une faille. Ils « ont déposé le 17 juin devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel une question prioritaire de constitutionnalité ». Pour eux, « le recours au témoignage sous X [et] les modalités de recours (les moyens de faire appel) portent atteinte aux droits de la défense, au principe d’égalité et à l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Laurent Léger précise que cette demande « sera plaidée en septembre ». Si elle aboutit, un coup sévère sera porté à la loi Perben. Et l’enquête de Tarnac prendrait l’eau une nouvelle fois

 

piqué au tas sur :

site_charlie-enchainé.png

 

10:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/07/2010

A gauche, les redresseurs de Retort

 

Il paraît que Karl Marx, à qui on annonçait le déclenchement de la Commune de Paris, eut ce cri du cœur: «Ne peuvent-ils pas attendre? Je n’ai pas fini d’écrire le Capital.»C’est en l’illustrant de cette histoire que le philosophe slovène Slavoj Zižek exprime souvent sa conviction que, pour la gauche, l’enjeu aujourd’hui est moins d’attendre une nouvelle révolution que de s’engager dans un travail théorique en profondeur, dût-il prendre du temps. Venu de l’autre bout de la planète et animé d’une radicalité politique au moins aussi grande, Des images et des bombes partage cette idée que la gauche doit penser autant qu’agir. «Les faits sont nécessaires, comme antidotes dans un monde de demi-vérités;mais les nouveaux concepts, ou ceux, plus anciens, impitoyablement réélaborés à la lumière du présent, le sont aussi.» Le résultat est ce manifeste à la fois cérébral et combatif,minutieux, acharné, dense au point d’être parfois elliptique – mais, en tout cas, jamais démagogique.

 

«Pitoyables péroraisons».

 

Retort («riposte », en anglais) est un collectif d’activistes californiens antimondialisation, antiguerre, anti-Bush. «Anticapitalistes» et fiers de l’être: «Quel bonheur lorsque cette identité- là fut réactualisée, et le mot prononcé avec mépris» par les médiaspro-Bush. En2005, trois universitaires et un juriste, tous membres du groupe, ont écrit ce texte qui analyse la logique interne de ce qu’ils appellent le «libéralisme militaire» et s’interrogent sur l’avenir de «la gauche». A commencer par le mot lui-même, discrédité par les «pitoyables péroraisons des militants», mais qui, jugent les auteurs, a le mérite de garder «vivante, contre l’évidence, l’idée d’une alternative à l’ordre capitaliste». Militants de gauche, les membres de Retort le sont eux-mêmes, et le souvenir de la manifestation mondiale contre la guerre en Irak, le 15 février 2003, sert de fil rouge au propos. Mais, de ce «moment d’exaltation», ils entendent penser «les limites et les manques». Par exemple,pourquoi, quatre ans après Seattle, le terme de «mondialisation » y était-il à ce point absent, quand tout montre que l’invasion de l’Irak fut d’abord un «putsch néolibéral et hypernationaliste perpétré au nom de la mondialisation et de la démocratie libre-échangiste»? D’où se dégage un principe général: «Une résistance efficace devra être construite en des termes qui contestent l’ensemble de la texture de la modernité.» «Lit-elle toujours, cette gauche?» La question est perfide et juste. Eux ont lu Marx, Kojève, Debord, Hardt et Negri, et utilisent leur terminologie «sans sentir le besoin de nous en excuser».A juste titre, car l’originalité de l’ouvrage jaillit du croisement de deux concepts, rarement rapprochés. D’abord, «l’accumulation primitive du capital», qui désigne chez Marx l’appropriation violente des ressources naturelles par la bourgeoisie à la fin du Moyen Age et durant la colonisation. Ensuite, la notion de «spectacle», forgée par Guy Debord – le critique d’art T.J. Clark, l’un des quatre auteurs, fut en son temps membre de l’Internationale Situationniste britannique. Marx croyait que l’accumulation primitive, péché originel du capitalisme, appartenait à l’histoire. Non, répond Retort: c’est «un processus inachevé et récurrent, indispensable à la perpétuation de la vie du capitalisme». «La terre, l’eau, la forêt, les espaces de coutume communautaire, le substrat minéral, la vie des rivières et des océans et même les ondes aériennes: le capitalisme a toujours dépendu, et dépend encore aujourd’hui, du fait que de plus en plus de ces propriétés partagées ne le soient plus, quelles que soient la violence et l’absurdité qu’implique leur transformation en objet à vendre.» Le brevetage du vivant et la privatisation éclair de l’économie irakienne décidée par l’armée américaine en sont deux exemples récents. Mais la nouveauté est que «l’accumulation primitive doit être mise en œuvre dans les conditions du spectacle». Celui-ci est à entendre ici au sens de Guy Debord, c’est-à-dire comme étant «le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image». Excitant le désir consumériste, affaiblissant la citoyenneté, le spectacle s’analyse comme une «colonisation de la vie quotidienne», inséparable de la colonisation «classique»: «L'Atlantique noire du sucre, de l’alcool et des opiacés n’aurait pu exister sans cette dynamique de façonnement de la subjectivité selon un maillage de petites addictions vendables.» Pour autant, Retort refuse l’amertume ou le mépris. «Encore une fois, pas de jérémiades. » Qui veut combattre efficacement le règne de la marchandise doit commencer par en prendre acte. «Se hisser d’une disqualification hautaine à une hostilité réelle»,voilà l’enjeu pour la gauche face au spectacle. Le comprendre, mais ne pas en dépendre. Soit «l’exacte antithèse d’Al-Qaeda». «Image auto satisfaite». A rebours de la nuance de complaisance perceptible ici ou là après le 11 Septembre, l’islamisme sert ici de contre-modèle. «C’est une chose de se révolter contre les usages que nos maîtres ont fait de la “menace”. C’en est une autre de ne pas reconnaître la réalité de la menace.» Pour Retort, Al-Qaeda marque la résurgence de la conception léniniste de la révolution,où une avant-garde agit au nom de la masse. La gauche doit à tout prix se déprendre d’un tel schéma «si elle veut convertir son spasmodique “Nous sommes des millions” en une […] pratique politique». L’avant-propos de l’édition française n’hésite pas à critiquer l’attitude de la gauche française (et européenne) en 2003 qui, trop occupée à se mirer dans l’«image auto satisfaite» de sa «différence»,n’a pas vu que son antiaméricanisme s’intégrait parfaitement à la logique du spectacle. Et note que Chirac, encensé par la gauche pour son soi-disant courage face à l’Amérique,n’a pas tardé à montrer la vraie nature de ses calculs politiciens en participant dès 2004 à l’intervention américaine en Haïti. La force du spectacle est «la capacité à produire de la passivité». Pour en sortir, il faut manifester, certes, mais aussi lire, chercher, comprendre. Deleuze dit que philosopher, c’est fabriquer des concepts. Faire la révolution, c’est s’en servir.

AESCHIMANN Eric

Retort . Des images et des bombes. Politique du spectacle et néolibéralisme militaire Traduit de l'américain par Rémy Toulouse et Nicolas Vieillecazes. Les Prairies ordinaires, 204 pp., 14 euros

04/09/2008 - http://www.liberation.fr/livres/010188472-a-gauche-les-redresseurs-de-retort

 

autre article à lire sur A. 11 :

Retort : "Ils firent un désert et le nommèrent paix"


18:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/07/2010

Solidarité avec les médias libres !

Nous avons appris avec consternation (mais non avec surprise, on commence à être habitué-e-s) l'annonce formulée par Hortefeux de s'en prendre juridiquement à nos camarades du Jura Libertaire et de Indymedia Grenoble.

Nous, collectif d'Indymedia Nantes, tout comme Rebellyon et d'autres, tenons à exprimer notre pleine et entière solidarité avec les protagonistes de ces médias libres et indépendants.

Notre majesté Hortefeux s'est émue (c'est un grand mot, comme tout bon politicien qui se respecte il a depuis longtemps rangé ses sentiments au fond de son short) du fait que la police soit traité d'assassin ! Cet homme à une émotion particulièrement sélective. On l'a trouvé beaucoup moins complexé lorsqu'il a sous entendu la surabondance "d'auvergnats" en France. On le voit beaucoup moins ému lorsqu'il traite les militants basques de "terroristes sanguinaires". On le voit beaucoup moins partial quand il s'agit de parler des "banlieues". Il pleure moins lorsqu'un "auvergnat" meure dans un fourgon de police. Il semble bien moins touché lorsque l'état envoie des gens en taule pour le restant de leur jours. Il faut croire que l'émotion ne va que dans un sens: celui du pouvoir…

Cette affaire doit également, en tant que militant-e-s, nous responsabiliser. C'est une nouvelle fois la preuve qu'internet n'est pas une entité virtuelle: c'est une création humaine, avec des réseaux, des câbles, rien de plus concret en somme. Il est une fois de plus nécessaire de rappeler, que, à défaut d'avoir un coeur, les serviteurs de l'état ont des yeux…

 

 

piqué au tas sur Indymédia Nantes - 28/07/2010

 

18:38 | Lien permanent | Commentaires (0) |

Grenoble et la fabrique d'amalgame du terrorisme d'Etat : faire d'un lieu d'entraide et de solidarité un stand de tir clandestin ...

amalgame

n.m. amalgame (lat. amalgama, de l'ar. al-madjma, fusion)
1. Alliage du mercure et d'un autre métal: L'amalgame d'étain sert à étamer les glaces.
2. Alliage d'argent et d'étain employé pour les obturations dentaires; plombage.
3. Mélange de choses ou de personnes très différentes dont on a fait un tout: Ce conte est un amalgame de plusieurs légendes (assemblage, combinaison).
4. Assimilation abusive, notamm. en politique, afin de créer une confusion: Faire l'amalgame entre des manifestants et des casseurs.

Larousse Pratique. © 2005 Editions Larousse.

 

Des armes à feu saisies dans le sous-sol d'un bar de La Villeneuve


Hier matin, les policiers grenoblois ont découvert une cache d'armes dans le sous-sol d'un bar du quartier de La Villeneuve à Grenoble. Travaillant sur commission rogatoire d'un juge d'instruction sur les tirs à balles réelles dont les forces de l'ordre ont, à plusieurs reprises, été la cible lors des nuits d'émeutes qui ont embrasé le quartier, entre le 16 et le 19 juillet dernier, les enquêteurs de la Sûreté départementale de Grenoble se sont d'abord rendus, dès 6 heures, au domicile du gérant du bar. Il n'y ont trouvé personne et la perquisition réalisée dans l'appartement n'a rien donné.
Celle effectuée dans la foulée dans le bar "Le Yaz Café", situé place du Marché en plein cœur du quartier, s'est en revanche révélée plus fructueuse. Au sous-sol de l'établissement, les policiers ont en effet relevé de nombreux impacts de balles dans les murs et recueilli des étuis de projectiles de divers calibres qui jonchaient le sol. Ils ont surtout découvert et saisi deux pistolets de calibre 9 mm, un autre de calibre 7,65 ainsi qu'un pistolet-mitrailleur de marque Uzi, le même, en l'occurrence, que celui utilisé par Karim Boudouda et son complice (qui n'a toujours pas été identifié) pour braquer le casino d'Uriage dans la nuit de 15 au 16 juillet. Un braquage après lequel les malfaiteurs avaient été pris en chasse par un équipage de la brigade anticriminalité de Grenoble. La course-poursuite s'était achevée en fusillade, dans le quartier de La Villeneuve, au cours de laquelle Karim Boudouda avait été tué.
par Vanessa LAIME le 26/07/2010 à 16:51 - www.ledauphine.com

buche_roulette.jpg

 

Association : ASSOCIATION VILLENEUVE PETANQUE.

Identification R.N.A. : W381008967

No de parution : 20090042
Département (Région) : Isère (Rhône-Alpes)

Lieu parution : Déclaration à la préfecture de l'Isère.
Type d'annonce : ASSOCIATION/CREATION


Déclaration à la préfecture de l’Isère. ASSOCIATION VILLENEUVE PETANQUE. Objet : entraide et solidarité dans l’action sociale parmi les habitants de l’Arlequin et de la Villeneuve, actifs, jeunes, chômeurs et retraités pour renforcer la solidarité morale des habitants en pratiquant le jeu de pétanque en tant que loisir. Siège social : bar Le Yaz Café, 109 Galerie de l’Arlequin, 38100 Grenoble. Date de la déclaration : 7 octobre 2009.

------------------------------

 

http://www.lalsace.fr/fr/images/get.aspx?iMedia=8028970

 

La F.S.P.F (Fédération Sportive de la Police Française), qui compte au total 25 000 licenciés policiers ou retraités de la police et qui regroupe treize ligues régionales a organisé dernièrement au boulodrome du Parc des Sports de Sochaux le championnat interrégion de pétanque en doublettes.
Plusieurs doublettes de l’USPM (Union Sportive de la Police de Montbéliard) qui compte en son sein 50 licenciés, ont participé à cette épreuve qui regroupaient les écoles de police du Grand Est, commissariats et réservistes.
Tous les championnats régionaux, qualificatifs pour les championnats de France Police, sont organisés par les associations, les championnats de France sonr organisés par les Ligues. « Cette année, explique Fabrice Petitjean, responsable de l’association USPM Montbéliard, Nous étions chargés d’organiser ce championnat régional Ligue Est de pétanque en doublette. Pas moins de 32 doublettes y ont participé. »

Les Bourguignons dominent leur sujet

C’est la doublette Olivier Ubrig-Florian Cordier de l’école de police nationale de Sens (Yonne), qui s’est imposée en finale du concours principal en disposant de la doublette dijonnaise Patrick Vachon-Patrick Rodriguez (retraités CRS 43 Dijon).
Quant au tournoi consolante, il est revenu à la doublette Hervé Forestier-Christian Geoffroy (DIPJ Dijon), vainqueur de l’équipe montbéliardaise Jacques Mougin-Gilles Recio (USP Montbéliard).
Au mois de novembre prochain, l’association USPM sera chargée d’organiser le championnat régional de futsal.

L'Alsace.fr - 28/06/2009


13:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

27/07/2010

Brice Hortefeux contre les sites internet

jl.jpg

 

"Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes" (H.B.)

 

http://cwebfrance.free.fr/images/indy_grenoble.jpg

 

"Ah mais ça ne va pas du tout, alors, ils ne correspondent pas du tout au prototype alors. C’est pas du tout ça" (H.B.)

18:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/07/2010

La Brigade spéciale des RG, principalement en charge de la répression « contre les terroristes »

« Ayez donc constamment à l’esprit qu’une lutte à mort est engagée entre les agents de l’autorité et les éléments de désordre dont le but principal, maintenant prouvée, est de supprimer ceux qu’ils considèrent comme un obstacle majeur à leurs entreprises néfastes ».

Circulaire du directeur de la police municipale de Paris, Emile Hennequin, 31 mai 1942

 

 

Telle que je l’ai comprise, la problématique qui fait le ciment de ce colloque ne consiste pas à établir un trouble parallèle, style zone grise, entre résistants et occupants, mais à affirmer l’impossibilité de les comprendre séparément. L’étude de cas que nous avons choisie, à savoir la confrontation entre résistants communistes et Brigades spéciales des Renseignements généraux face à la lutte armée à Paris, présente une configuration plus complexe puisque la répression dans la France occupée passe par la médiation de la police française. Cette répression ne fut pas moins efficace et la confrontation pas moins radicale, comme en témoigne la circulaire du directeur de la police municipale de Paris, Hennequin, dans une circulaire du 31 mai 1942 :
« Ayez donc constamment à l’esprit qu’une lutte à mort est engagée entre les agents de l’autorité et les éléments de désordre dont le but principal, maintenant prouvée, est de supprimer ceux qu’ils considèrent comme un obstacle majeur à leurs entreprises néfastes ».
La circulaire suivait immédiatement les incidents de la rue de Buci. Le PCF avait décidé d’organiser une prise de parole publique devant un magasin d’alimentation Eco, mais elle fut rapidement interrompue par l’intervention de la police. Dans l’opération, trois policiers étaient morts.
Dans cet affrontement qui dura de l’été 1941 à la Libération, dans cette « lutte à mort » pour reprendre les termes du directeur de la police municipale, il y eut constamment cette imbrication entre les résistants communistes engagés dans la guérilla urbaine et les policiers parisiens qui avaient pour tâche principale de les neutraliser. Les premiers étaient les seuls à mener la lutte armée à Paris dans la période. Sans occulter le rôle des autres polices, nous nous concentrerons sur la Brigade spéciale des RG, principalement en charge de la répression « contre les terroristes ».
Nous verrons que l’approche peut être plurielle. Elle relève de l’histoire politique et de l’histoire sociale. Elle doit aussi permettre de comprendre les cultures professionnelles et convoque donc l’histoire culturelle et la sociologie. Elle amène à s’interroger sur les comportements individuels en situation extrême et devrait donc également solliciter la psychologie historique. Les questionnements sont donc multiples. Les sources accessibles sont riches pour tenter d’y répondre : de la commission d’épuration aux cours de justice et aux dossiers professionnels, elles permettent d’appréhender l’ensemble du personnel des BS ; des procès verbaux d’arrestation aux synthèses de filatures, de la liste des attentats aux interrogatoires, elles sont une mine d’informations sur les résistants, d’autant que, dans leur très grande majorité, les combattants de la lutte armée à Paris ont été arrêtés. Une double prosopographie est donc possible sur des corpus quasi complets1.

 

extrait de : La confrontation radicale Résistants communistes parisiens vs Brigades spéciales - Denis Peschanski*

 

 

08:41 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu