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21/07/2010

Massacre à la Kalachnikov, le "nouveau" scénario du spécialiste (anonyme) de la lutte antiterroriste


Attentats terroristes: la terreur par l'arme à feu

PARIS — Il est [à priori] plus facile d'utiliser une Kalachnikov que de fabriquer une bombe: pour de nombreux experts, le risque d'attaques terroristes par des play_terrorism.jpghommes [sexisme ordinaire] armés, tirant dans une foule sans défense, n'a jamais été aussi grand.

Pour confectionner un engin explosif, il faut en réunir les ingrédients, qui sont sous haute surveillance en Europe, en Amérique du Nord et dans tous les pays-cibles, et disposer d'un certain bagage technique [contrairement à l'amalgame entretenu dans certains articles de presse].

Le fiasco de Faisal Shahzad, qui a échoué à faire sauter une bombe maladroitement assemblée dans sa voiture à Times Square (New York) en mai a démontré que ce n'était pas à la portée du premier jihadiste venu [Os Cangaceiros, malgré ce que certains en disent, est plutôt un manuel de  désassemblage d'artifices et d'ultra-arnaques de ces 30 dernières années].

Mais pour commettre un massacre à l'arme automatique, il suffit d'en trouver [et surtout la munition qui va avec], ce qui ne pose aucun problème, de choisir des lieux fréquentés et d'appuyer sur la détente.

Le carnage de Fort Hood (Texas), au cours duquel le commandant Nidal Hassan a tué treize soldats américains, a été, au cours des derniers mois, présenté sur des forums jihadistes comme l'exemple à suivre.

Le 23 mai l'imam radical [tu noteras la glissade de la sémantique démocrate chrétienne, on passe du jihadiste à l'imam radical] américano-yéménite Anwar al-Aulaqi appelait dans une vidéo "tous les musulmans qui servent dans l'armée américaine à suivre l'exemple héroïque de Nidal Hassan, qui a tué des soldats en route pour l'Afghanistan et l'Irak".

Alors qu'il était, à son insu, enregistré par un policier infiltré du New York Police Department (NYPD), Mohamed Mahmoud Alessa, un Américain d'origine palestinienne arrêté le 5 juin alors qu'il tentait de quitter les Etats-Unis pour la Somalie disait: "Ils n'ont peur de toi que quand tu as une arme et que tu commences à les tuer".

Pour le professeur Louis Klaveras [Alain B. et Xavier R. n'étant pas disponible], du Center for Global Affairs de la New York University, "les gens aux Etats-Unis et en Europe devraient s'inquiéter: cela pourrait bien être le prochain modèle d'attaque terroriste".

bullet_penetration.jpgLes jihadistes "ont compris qu'ils doivent employer des moyens plus simples, plus disponibles, à condition qu'ils soient mortels", dit-il. "Une arme à feu l'est: vous pouvez tuer une douzaine de personnes en une minute. Les armes sont faciles à trouver et peu chères: aux Etats-Unis, vous trouvez quelque chose de très puissant pour 300 à 400 dollars !" [Fini la vieille propagande genre M. Powell secouant sont échantillon d'urine sous les yeux des caméras]

Dans un rapport publié fin mai, l'agence privée d'investigation et d'analyse Stratfor écrivait: "Il y a une très forte probabilité que des jihadistes liés à ou inspirés par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), le TTP pakistanais ou même les shebab somaliens tentent d'organiser des attaques simples, avec des armes à feu, dans un futur proche".[note que l'agence privée ne donne pas d'indication de lieu]

Le cauchemar de Bombay, où un commando d'islamistes pakistanais a fait 166 morts en novembre 2008 en jetant des grenades et tirant au pistolet-mitrailleur, a démontré la vulnérabilité des grandes villes à des offensives de ce genre.

Un scénario similaire en Europe ou aux Etats-Unis, par exemple dans des centres commerciaux à des moments d'affluence, empêche de dormir les spécialistes de la lutte antiterroriste [et c'est oublier les pétages de plomb de consanguins pur-souche en Europe, comme au McDonald de Porvoo en Finlande ou de l'adolescent meurtrier du collège de Winnenden en Allemagne].

A Paris, l'un d'eux, qui demande à ne pas être identifié [monsieur veut continuer à pouvoir acheter son pain], rappelle "que juste après Bombay, un exercice de coordination des secours et de la riposte a eu lieu au Ministère de l'Intérieur. Un scénario avec des tireurs dans Paris, à la Défense (banlieue parisienne), et à Lyon" (centre-est).

Mais "les terroristes n'ont - heureusement pour nous [blanc démocrate chrétien] - pas beaucoup d'imagination: ils sont souvent prisonniers de répertoires d'actions assez traditionnels. Ils reproduisent les mêmes schémas, presque toujours à base d'attentats et de bombes, de préférence dans les transports [l'auteur aurait pu préciser que c'est les transports en commun  (le ferroutage, niveau impact médiatique, c'est moyen, à moins qu'il ne s'agisse de train Castor)]".

De plus, selon lui, "nous n'avons pas pour l'instant détecté une perméabilité [et pourtant] entre les réseaux jihadistes et les réseaux mafieux qui trafiquent les armes de guerre. Pour l'instant, en France comme en Europe, ces armes de gros calibre servent à attaquer les fourgons blindés" [Alors Ne devient pas fou qui veut ? - Lacan].

piqué sur www.google.com - Michel MOUTOT (AFP) – 20/07/2010

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09:04 | Lien permanent | Commentaires (0) |

15/07/2010

Recyclage : incinération de matériel dans la cave du tribunal de grande instance de Strasbourg

 

Incendie criminel au TGI de Strasbourg

Le tribunal de grande instance de Strasbourg a été la cible d'un incendie criminel dans la nuit de lundi à mardi, relate mardi le site des Dernières nouvelles d'Alsace . Le feu s'est déclaré peu avant 4h du matin au sous-sol du bâtiment, dans une salle de stockage de matériel destiné à être détruit. Les pompiers ont vite circonscrit l'incendie. Un homme d'une trentaine d'années est recherché. Il aurait été vu par deux témoins en train de jeter un projectile au rez-de-chaussée.

piqué sur www.lejdd.f - 13/07/2010

 

Strasbourg : départ de feu au TGI

AFP
13/07/2010 | Mise à jour : 18:47 Réactions (2)

Une enquête a été ouverte à Strasbourg après un départ de feu au Palais de justice dont l'origine est vraisemblablement criminelle, a-t-on appris auprès de la police. Un engin incendiaire "de type cocktail Molotov" a été jeté vers O4H00 dans une des caves du Tribunal de grande instance provoquant un départ de feu vite maîtrisé, a-t-il été précisé. Les dégats dans le local d'une dizaine de mètres carrés sont très limités. La police et les pompiers ont été alertés par des riverains qui ont entendu que la vitre d'une [sic] soupirail venait d'être brisée.

 

piqué sur www.lefigaro.fr - 13/07/2010

http://www.grez-doiceau.be/newsletter/newslettertheme.2008-04-23.3846250100/newsletter.2008-08-18.9245295294/incineration_dechets

13:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/07/2010

Mathieu Rigouste : "Villiers-le-Bel est une vitrine des méthodes françaises de maintien de l’ordre"

Un verdict sans surprise, peines écrasantes pour ceux présentés (sans preuve) comme ayant tiré sur la police à Villiers-le-Bel, en novembre 2007. Ces condamnations iniques ne sont pas seulement la sanction d’une révolte : elles disent aussi un enjeu économique, celui de la place de l’ordre à la française dans l’industrie mondiale de la répression. Pour en parler, Mathieu Rigouste.

Il explique : « La connaissance de ce qui nous opprime est une arme. » c’est là sans doute la meilleure façon de résumer l’impressionnant travail réalisé par le chercheur et militant révolutionnaire Mathieu Rigouste. Lui n’a de cesse de dévoiler le fonctionnement de l’appareil répressif, de démonter ses sombres mécanismes et de révéler ses néfastes ambitions. Il documente surtout une mutation à l’œuvre, qui voit l’appareil militaro-policier et ses sous-traitants assoir peu à peu leur - nationale autant que mondiale - domination. Le XXIe siècle sera répressif, ou ne sera pas.

En L’Ennemi Intérieur [1], ouvrage aussi fouillé que précieux, Mathieu Rigouste retraçait la naissance de la très française Doctrine de la guerre révolutionnaire (en octobre 2009, l’auteur répondait (déjà) aux question d’A11 ; l’entretien est ici). Il démontrait comment celle-ci - née des guerres coloniales - est peu à peu devenue mode de gouvernement. Décrivait méthodiquement un mécanisme à l’œuvre depuis le mitan des années 60, désignation d’un bouc émissaire pour renforcer le contrôle social, légitimer la coercition et justifier la croissance de l’appareil répressif. Et expliquait la circulation mondiale de la doctrine, entre vente de savoirs-faire et échange de bons procédés.

Une réflexion poursuivie - et élargie - aujourd’hui, plus d’un an après la parution de L’Ennemi Intérieur. Mathieu Rigouste travaille désormais sur l’industrie de la répression, devenue fer de lance d’un nouveau capitalisme. Il en met à jour les enjeux, nationaux et internationaux, et il décrit les intérêts en jeu, les forces en présence. Il analyse, enfin, l’inexorable montée en puissance de ceux qui alimentent et contrôlent cette industrie militaro-policière - qu’il s’agisse de moyens ou de tactiques.
Sur la carte de ce nouveau capitalisme, Villiers-le-Bel est un point d’étape, parmi d’innombrables autres. S’il s’agissait de mater une révolte - sur le terrain puis dans les prétoires [2] - , il fallait aussi afficher l’efficacité des techniques françaises de la répression. Villiers-le-Bel était (est toujours) « une vitrine, au sens commercial du terme », explique Mathieu Rigouste. Le mieux est de lui laisser la parole.

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Qu’est-ce qui se joue à Villiers-le-Bel ?

La « bataille de Villiers-le-Bel » s’inscrit dans la campagne intérieure engagée en 2005. Comme dans toutes les opérations intérieures, le pouvoir y expérimente des techniques, des matériels, des projections de force. Ce laboratoire se déploie sur deux plans. Sur le plan judiciaire, on a parlé de « procès », mais ce langage relève de l’action psychologique, ce ne sont pas des procès qui ont été menés dans le cadre de cette bataille mais une phase de « stabilisation » comme pour une opération extérieure. La communication médiatico-judiciaire a été axée sur la construction d’une figure du barbare à soumettre pour sauver la civilisation. Sur le plan du maintien de l’ordre - de la coercition physique - Villiers a notamment permis d’expérimenter les UTeQ, les Unités territoriales de quartier et la « sécurisation inter-armes » (mélanges d’unités : BAC, CRS, gendarmerie mobile, Raid, GIGN…).

Le « procès » d’abord… Tous les syndicats de flics se sont mobilisés sur le sujet, ils demandaient vengeance, des peines absolues pour les inculpés de violence envers des policiers et, pour la fraction la plus radicalisée de la police, le droit de « se défendre », c’est-à-dire de tirer à balles réelles. Le contrôle des quartiers constitue le lieu d’une transformation de la police. Comme ce qui s’était passé pendant la guerre d’Algérie, lorsque dotés des pouvoirs spéciaux, les militaires employant la contre-insurrection ont commencé à militariser la société. La campagne pour la pacification des quartiers populaires, c’est la montée en puissance de la Police comme gouvernement.

Avec les nouvelles doctrines de maintien de l’ordre qui ont été expérimentées à Villiers-le-Bel, on a assisté à quelque chose de différent. Ça s’est exprimé notamment par la radicalisation de certaines couches policières. On l’a vu, d’une certaine façon, pendant la campagne organisée en soutien aux insurgés, avant le procès de Villiers-le-Bel : à Rouen, les syndicats de policiers ont ainsi protesté contre la tenue d’un concert, arguant qu’il s’agissait d’incitation à l’émeute et annonçant leur volonté de l’empêcher [3]. Ils ne l’ont finalement pas fait, et le concert de soutien a eu lieu. Le prince a tenu ses Molosses.

Concernant le « second procès », les peines sont très lourdes, parce que la vraie question était d’empêcher qu’on puisse rendre les coups et qu’il fallait sacrifier à la police une proie pour calmer sa fureur, au mépris même de l’apparence d’impartialité. Et c’est là encore qu’une ligne de rupture se dessine, le long de celle-ci, des oppriméEs se reconnaissent comme faisant face à une même machine de coercition, là se reconstitue quelque chose comme la conscience d’appartenir au peuple face à ce qui contrôle et réprime. Il s’agissait en outre de prouver une nouvelle fois au monde l’excellence de la répression à la française. Et la phase de stabilisation judiciaire fait partie de cet arsenal.

C’est un objectif réellement affiché ?

Oui. Dans les revues et les instituts de sécurité et de défense, on explique clairement les retours d’expérience effectués et à effectuer depuis 2005 et 2007. On décrit les méthodes testées à Villiers-le-Bel et les enjeux de leur dépassement : notamment l’expérimentation des UTeQ et la coopération gendarmerie-police, ainsi que la nécessité « d’améliorer » les rapports avec les médias et la justice pour assurer une «  communication de crise optimale ».

Carte de l’implantation des UTeQ, piquée à 20 Minutes.

Les UTeQ sont des unités d’une vingtaine de policiers se dispatchant en petits groupes. Ils arrivent en fin d’après-midi – ceux que j’ai vus à Villiers-le-Bel – et mettent en place une sorte de couvre-feu non-juridique. C’est du quadrillage, il faut paralyser la vie sociale. On décide qu’il ne doit plus y avoir de présence, parce que si tu circules après une certaine heure c’est douteux, c’est de la provocation, même si tu rentres du chantier ou que tu sors fumer une clope… cela suppose que tu habites ton territoire, tu deviens donc un désordre potentiel. Ta seule présence est déjà résistance, révolte en puissance, c’est une offense au pouvoir policier. Les UTeQ (comme les BAC) sont des polices de harcèlement et de traque. Elles n’hésitent pas à décharger leurs flashballs à volonté pour s’assurer que personne ne s’attarde dans la rue. Quiconque vit dans un quartier où la police vient se défouler connait ces pratiques de terrorisme assermenté. Seuls ceux qui ne les ont jamais subies continuent de s’en offusquer, les autres cherchent des moyens de s’y opposer. Les UTeQ ne sont d’ailleurs pas seules pour tenir cet objectif : elles ont le soutien des CRS, qui bouclent le secteur, et de la BAC qui « va au contact » en civil.

Ce dispositif a été mis en place au printemps 2009 et a de suite provoqué des révoltes. C’est logique : placer un quartier vivant sous un régime de couvre-feu, c’est forcément s’exposer à ce que ça réagisse, les officiers de la police connaissent cette capacité de la présence policière à provoquer l’affrontement, ils ne déploient jamais leurs troupes au hasard. Les forces de l’ordre ont d’ailleurs re-pris assez cher à Villiers…

En filigrane se joue la question de l’auto-défense populaire. Après les révoltes, des habitants ont commencé à organiser une résistance collective autour du soutien aux inculpés : ils ont fait le tour des familles, des quartiers et une tournée dans quelques grandes villes de France, pour récolter des sous et faire circuler les infos autour de rassemblements. Pour le bloc de pouvoir il s’agit d’empêcher que des formes de résistance à l’oppression policière ne débouchent sur des volontés d’auto-organisation plus larges. Quand on se rend compte qu’on peut s’organiser collectivement pour s’opposer à la férocité de la police, on peut très vite mettre en cause toute la hiérarchie du système. Et de mon point de vue, tout l’enjeu de la campagne de soutien aux inculpés était justement de sortir de la séparation habituelle entre les classes populaires blanches et celles issues de la colonisation.

Pour le pouvoir et ses soutiens, l’enjeu est primordial, c’est ça ? Ils n’ont pas le droit de perdre ?

Non, même s’ils perdent quand même. À chaque fois qu’ils frappent ou qu’ils enferment, ils démontrent que l’État n’a plus ni le monopole de la violence légitime ni même aucune légitimité, et ils révèlent la frontière entre le peuple et ses gardiens.

Mais l’enjeu est autre, aussi. Villiers-le-Bel est une vitrine des méthodes françaises de maintien de l’ordre. Au sens économique du terme « vitrine » : ces techniques-là, on les vend, il existe une véritable industrie de la répression, qui implique énormément d’argent. Le fait de faire du zéro mort, de pacifier, de faire coopérer différents dispositifs policiers, de techniciser la coopération entre la police et les médias, et entre le judiciaire et la sphère politique… tout cela est mis en avant comme un savoir-faire national, un patrimoine technologique.

Tu veux dire qu’il s’agit d’être compétitif à l’international ?

Exactement. Et cela se joue à peu. Même si, depuis la guerre d’Algérie, la France n’a jamais quitté le peloton de tête des trois-quatre grands spécialistes du maintien de l’ordre, avec Israël, les États-Unis, la Colombie... Le podium évolue en permanence. Quand Israël lance une attaque sur Gaza, son opération devient le centre de l’attention générale. Et quand il n’y a pas de mort lors des émeutes de novembre 2007 à Villiers-le-Bel, tout le monde s’y intéresse, cela redore l’image des techniques françaises. Lesquelles avaient – notamment - été grandement dévalorisées après l’assassinat de Malik Oussekine, en 1986. C’est qu’il n’en va pas du contrôle des foules comme d’un terrain de guerre classique : en maintien de l’ordre, sur le territoire des sociétés de contrôle, il faut éviter de tuer. Médiatiquement, un mort coûte beaucoup trop cher.

Il faut comprendre que nous ne nous situons pas, ici, dans l’optique des États-nation mais dans une perspective transnationale, avec des dizaines de colloques et de conférences chaque année, où des spécialistes, des industriels, des gouvernants de partout se rencontrent et marchandent leurs répertoires techniques. Du même coup, ces spécialistes militaires et policiers deviennent les représentants de l’industrie de la répression.

Photo prise par Lémi au salon de l’armement Eurosatory ; le billet qu’il en a tiré est ICI.

Tu parles de capitalisme sécuritaire : de quoi s’agit-il ?

Avec le XXe siècle et l’apparition des complexes militaro-industriels, le capitalisme a changé de forme. La question du contrôle social ne repose plus seulement sur l’encadrement du capital humain – le prolétariat – pour qu’il continue à produire. Mais contrôler est devenu un marché, avec des acteurs économiques immenses qui ont tout intérêt à ce qu’un certain désordre, gérable, se développe pour mieux le soumettre. Ils y sont d’ailleurs parvenus : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre est devenue réellement permanente, elle est partout et tout le temps, rien n’y échappe. Et la sécurité intérieure s’est imposée comme l’un des principaux marchés de cette économie de la guerre permanente. Un marché florissant. Encore une fois, c’est notamment ce qui s’est joué à Villiers-le-Bel : il s’agissait d’écraser toute forme de contestation, de continuer à séparer les classes populaires – en utilisant l’imaginaire de la race, l’imaginaire colonial -, et puis de déployer les vitrines de la marchandise française en terme de maintien de l’ordre.

Les deux guerres mondiales ont créé une couche de contrôleurs. Mais je me demande - avec beaucoup de points d’interrogation parce qu’il y a (chez Marx) une différence fondamentale entre classe et couche (la couche n’est pas du tout autonome) - si on n’est pas en train d’assister à la formation d’une classe de contrôleurs conscients. Un peu comme lors de la Révolution française, quand la bourgeoisie, une fois constituée en classe, prend le pouvoir par la contre-révolution et transforme la société. Depuis la fin de la bipolarité, il se passe quelque chose de ce style avec les « contrôleurs ».

Dans tous les cas, il y a une mutation très claire dans la forme du pouvoir. L’existence du marché de la sécurité intérieure suppose la collaboration d’investisseurs, de producteurs, de représentants, de commerciaux, bref de réseaux puissants ayant des intérêts en commun et agissant consciemment pour ceux-ci. Pendant la guerre d’Algérie et avec les doctrines de guerre dans la population, une espèce de couche s’est ainsi créée à l’intérieur de l’armée, de la police, de l’État. Elle s’inscrit dans un phénomène plus large : de façon générale, durant les guerres coloniales et au cours de tout le XXe siècle, une couche militaire d’extrême-droite et contre-révolutionnaire a contribué à transformer le pouvoir quand elle ne s’en est pas saisie brutalement. La bourgeoisie lui a concédé le pouvoir politique là où elle en avait besoin - en Amérique Latine, en Afrique, même en France avec le coup d’État du 13 mai 1958 quand le patronat colonial confie les rennes du pouvoir à un militaire, De Gaulle.

Pour résumer… Je ne décris rien de très compliqué, les sociétés de contrôle s’organisent en particulier autour de la domination des marchands de contrôles et de peur. Reste à savoir s’il s’agit encore d’une couche ou s’il est question d’une classe des contrôleurs. C’est-à-dire, comment il faut considérer les travailleurs à la base des appareils de contrôle, la « chair à canon de la police », comment les amener à rompre les rangs et à retourner leurs armes « contre leurs propres généraux ». C’est une question récurrente à laquelle il faut pouvoir répondre, car il ne peut y avoir de transformation sociale sans rupture dans les rangs des appareils de répression.

Eurosatory par Lémi, derechef.

Ce que tu décris - la montée en puissance des contrôleurs - s’opère en un mouvement fluide, naturel ?

Non, c’est un processus complexe, traversé par de larges contradictions entre les fractions des classes dominantes et à l’intérieur des appareils répressifs. Depuis cinq à six ans, il y a ainsi en France des tensions importantes dans la police et l’armée. Le chef de l’État, par exemple, n’est pas du tout aimé dans l’armée, et ne l’est qu’à moitié dans la police – notamment parce que le gouvernement réduit les budgets et les effectifs et n’investit que dans l’achat de matériels. Des policiers et des militaires se permettent de mettre en cause publiquement les politiques de défense et de sécurité (certains sur la gauche, une grande majorité sur la droite). Tout se cristallise autour d’une ligne de transformation fondamentale, celle du développement de la sécurité privée - qu’elle soit militaire ou civile – qui doit accompagner la réduction des dépenses publiques et permettre de réagir aux « nouvelles menaces ». Les États-Unis se sont jetés dedans, mais la France a longtemps résisté à ce mouvement. Depuis le Livre blanc sur la défense, ça a changé, on le voit aussi par exemple dans les revues de défense nationale ou les colloques : l’idée que cette transformation serait inévitable s’est imposée, même si on insiste sur l’importance pour l’État de ne pas perdre le monopole de la souveraineté. L’État encadre et restreint généralement l’usage de la violence privée par les classes dominantes et s’est longtemps refusé à privatiser réellement la force. C’est maintenant terminé et il faut s’attendre à des bouleversements sur le champ de bataille.

Qui dit « processus complexe » dit absence de calcul à long terme ?

Oui et non. Il y a des calculs, évidemment, des stratégies et des tactiques mais elles entrent parfois en concurrence et peuvent s’affronter. Il y a bien une planification, celle des institutions financières internationales où les fractions des classes dominantes s’entendent autour d’un projet assez sommaire qui vise la toute-puissance des grandes corporations et la réduction des États à la fonction de Police. Mais concrètement, les choses avancent petit à petit, à tâtons. Je crois que personne n’a une vision très claire de cette évolution. C’est d’ailleurs pour ça que mon travail – L’Ennemi Intérieur - a intéressé certains militaires. Parce qu’eux n’avaient pas le droit de le mener. Même si ça évolue… Depuis une dizaine d’années, une des grandes perspectives de transformation de l’armée et de la police française repose sur le développement des sciences sociales. Après la parenthèse des années 50 à 70, les sciences humaines sont ramenées à leur fonction primordiale, c’est-à-dire le contrôle. Pour paraphraser cette vérité première qui dit que la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre, on pourrait dire que les sciences sociales, ça sert d’abord à contrôler. Et ce besoin de sciences sociales qui s’exprime dans les institutions de contrôle trahit leur impression de ne plus rien comprendre à la situation.

Je disais que mon livre a intéressé les militaires français parce qu’il y avait un tabou sur le sujet et qu’eux-mêmes n’avaient pas le droit de trop creuser ces sujets. Aux États-Unis, il en va différemment : la question n’a jamais été interdite et on trouve des manuels de contre-insurrection dans les rayons des équivalents de la Fnac. En France, à l’inverse, la Ve République s’est construite sur un coup d’État militaire et sur une guerre totale basée sur ces techniques, et il y avait finalement un vrai tabou sur la question. Les militaires français sont donc d’autant plus passionnés par le sujet qu’ils n’avaient pas le droit de travailler dessus jusqu’à la réhabilitation de la doctrine, autour de 1995. Et cette passion française va de pair avec le développement des instituts de recherche qui focalisent sur le contrôle des foules en milieu urbain. L’idée que les techniques de guerre dans la population influencent le contrôle social et la répression commence juste à être admise dans le monde universitaire. Alors que chez les militaires, c’est très différent, ils en ont pleine conscience et sont très fiers que les techniques de terreur d’État françaises soient prises comme référence en Irak ou en Afghanistan.

Et en arrière-fond, il y a l’omniprésence de l’idéologie coloniale ?

On n’est toujours pas sorti de cette architecture. Il y a bien une nouvelle génération politique au pouvoir. Mais elle a été élevée par l’ancienne, et l’actuelle clique gouvernementale est composée de descendants directs de la classe coloniale. Elle joue d’ailleurs sur ce terrain-là, notamment avec le débat sur l’identité nationale. Alessi Dell’Umbria [4] résume bien la question, notant : « Vichy et Las Vegas, voilà les références du régime Sarkozy. » [5]

Et puis, il faut souligner l’apparition d’une nouvelle extrême-droite, qui reformule son idéologie et ses pratiques ; les identitaires en sont un très bon exemple, ils mêlent un vieux racisme colonial à des concepts marketing comme la diversité (pour préserver l’identité occidentale), un patriotisme pétainiste et un discours anti-libéral, c’est un fascisme éminemment contemporain. La bourgeoisie laisse proliférer et se développer l’extrême-droite comme un répertoire d’idéologies et de pratiques qu’elle l’instrumentalise lorsqu’elle en a besoin, notamment pendant les crises du capital. C’est exactement ce qui est en train de se passer : l’extrême-droite est obligée de se distinguer puisque son programme est au pouvoir sans elle.

Et le pouvoir l’utilise pour légitimer la xénophobie d’État…

Oui, la xénophobie est structurelle dans l’État-nation, désigner l’étranger comme un suspect et le priver de droit sous ce prétexte est un invariant. On n’en voit que des formes actualisées dans le débat récent sur le voile, la polygamie et le retrait de la nationalité. Les Français naturalisés sont les seuls qui peuvent perdre la nationalité, ce qui signifie bien qu’il y a deux manières d’être français. Quand tu nais français, on ne peut pas t’enlever ta nationalité – je crois qu’il y a eu un cas sur tout le 20e siècle. Tandis que si tu l’as acquise, on peut t’en priver ; la nationalité n’est qu’un masque blanc, le discours républicain pour signifier la race. En 2005, on avait parlé de retirer leur nationalité aux émeutiers « issus de l’immigration ».

Cette nouvelle xénophobie d’État, qui pioche dans la culture de l’Algérie française et de Vichy depuis les années 1970, sert surtout à justifier la fabrication d’un sous-prolétariat sans-papier donc sans-droit. Parce que la bourgeoisie a extraordinairement besoin de gens qu’elle peut sur-exploiter et expulser. Et qu’il ne s’agit pas tant de les expulser que de les maintenir dans un statut où ils travaillent pour peu et sont contraints par la peur permanente d’être raflés.

Tu restes optimiste ? Tu penses que – malgré tout – il nous reste une chance de ne pas être laminés ?

Je suis optimiste, et ce n’est pas que stratégique. Tout d’abord, on ne peut pas gagner sans croire à la victoire, j’assume cette dimension de croyance, même si la guerre sociale n’a rien à voir avec un jeu. Au fond, l’histoire n’a peut-être aucun sens, ce n’est pas très important, tout ce qui compte c’est de lui en donner un.

Cette part d’optimisme a aussi une base scientifique. Il faut critiquer le déterminisme des marxistes mais le vieux barbu - qui n’était pas marxiste - relevait pourtant quelque chose d’essentiel : la bourgeoisie aura toujours besoin du prolétariat et le prolétariat n’a pas besoin d’elle. Le système d’exploitation capitaliste est donc condamné, son histoire n’est qu’un compte à rebours. Et puis, il y a autre chose… Bakounine parlait de matérialisme révolutionnaire, et Malatesta insistait sur la question de la volonté : il s’agit de comprendre que l’histoire n’est pas écrite, que ce sont les humains qui la font. La volonté est l’un des axes de rupture principaux. Il y a des mécanismes et des règles socio-historiques mais les ruptures ne sont pas déterminées. Tous les rapports de domination (économiques, politiques, sexuels, racistes…) peuvent être brisés, mais ça ne se fait pas un « grand soir » : il y aura toujours des champs de bataille, c’est-à-dire des opportunités de se libérer.

C’est évidemment un optimisme à relativiser. Mon boulot porte essentiellement sur « la contre-insurrection qui reste », sur le fonctionnement des machines de pouvoir. Ça a souvent de quoi démoraliser mais la connaissance de ce qui nous opprime est une arme. Il faut analyser la domination, et notamment celle qui traverse les luttes de libération. Il y a un véritable travail à mener pour comprendre comment les révolutionnaires des années 60-70 ont perdu, soit sur la question de la force soit sur leurs manières de s’organiser.

Black Panther Party, en démonstration devant l’assemblée de l’État de Californie.

Prends l’histoire du Black Panther Party : ça a commencé par des formes d’auto-organisation et d’auto-défense qui répondaient à de véritables besoins du peuple noir. C’est à partir de là et pas avant, que se sont formés les groupes qui donnèrent naissance à cette véritable arme révolutionnaire qu’était le BPP. Ça ne m’empêche pas de porter un regard critique sur le côté autoritaire et hiérarchisé du Black Panther Party…
D’ailleurs, il y a un mec assez intéressant aux Etats-Unis, Ashanti Alston, qui se fait appeler Anarchist Panther. C’est un ancien de la Black Liberation Army, donc de la branche armée clandestine du Black Panther Party. Et il tente, avec d’autres groupes, de relancer des pratiques d’organisation à la base, autour de la question de l’oppression : il ne s’agit plus de s’organiser entre Noirs, mais entre pauvres, entre oppriméEs. Il reprend la même base que le BPP, mais avec un dépassement sur la question autoritaire et sur la question du racisme (plus les questions anti-impérialistes, anticapitalistes, antifascistes et antisexistes qui étaient déjà mises en avant dans le BPP). Son discours et ses pratiques sont éclairantes.

Même si on en n’est pas là, les résistances des quartiers n’ont jamais cessé de se développer, elles cherchent depuis longtemps à se fédérer ; si elles y arrivent sur la base de l’auto-organisation et de l’autonomie des luttes, elles constitueront sans aucun doute un front décisif. Mais il faut continuer un travail sans fin et pourtant essentiel : bâtir une éducation populaire émancipatrice. Il y a toute une génération post-2005, qui a vécu les révoltes comme une inter-reconnaissance entre les quartiers – façon « on est capable de faire ça ». Mais aussi comme quelque chose de décevant, parce que ça n’a rien donné. Une idée puissante se répand : alors que brûler peut être le point de départ de quelque chose – ça ne doit pas être un point final.

Notes

[1] Éditions La Découverte.

[2] Pour un compte-rendu de ce procès inique, tu peux (entre autres) lire ce bon papier d’Ornella Guyet, publié sur Basta : Villiers-le-Bel : un procès stalinien contre les jeunes de banlieue.

[3] Le 11 mai, le syndicat Unité police et le Syndicat général de la police, tout deux affiliés à FO (premier syndicat chez les « gardiens de la paix »), en ont en effet appelé au ministre Brice Hortefeux pour qu’il interdise ce concert de solidarité, qualifié « d’incitation à la révolte face à la police, face au pouvoir ».

[4] Alessi Dell’Umbria est l’auteur de l’excellente Histoire universelle de Marseille (éditions Agone) et du percutant C’est de la racaille ? Et bien, j’en suis ! (éditions L’échappée, réédité par les éditions Agone sous le titre La Rage et la révolte).

[5] La citation est tirée de Villiers-le-Bel : le procès d’une révolte, texte publié par Alessi Dell’Umbria en soutien aux insurgés. À lire (notamment) sur le blog des éditions Agone.


de chez l'excellent Article 11

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Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu

Rappel :

En décembre 2004, un texte qui dénonçait la participation de la société Bouygues aux chantiers des centres de rétention et appelait au lancement d’un mouvement contre l’entreprise, dans le cadre de la campagne anti-rétention qui s’est déroulée de novembre 2004 à avril 2005, était reproduit sur les sites CNT, indymedia, pajol, réseau anti-pub. En janvier 2005, la société Bouygues a porté plainte contre la diffusion de ce texte.

Non seulement on poursuit ceux qui luttent pour la fermeture des centres de rétention mais, cinq ans après la campagne anti-rétention, le scandale des centres de rétention et des expulsions s’amplifie puisque dans quelques jours va ouvrir le nouveau centre du Mesnil-Amelot avec ses 240 places dont 40 "réservées aux familles".

Aujourd’hui, après cinq ans d’instruction, quatre personnes, dont les administrateurs techniques des sites indymedia, pajol, réseau anti-pub, sont renvoyés en correctionnelle, pour avoir commis le délit de "provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes".

Les défenseurs de la cause des sans-papiers, les activistes mobilisés contre la politique d’immigration, sont appelés à manifester leur soutien aux personnes inculpés lors du procès qui aura lieu

Le 11 juin 2010
à la 17e chambre correctionnelle de Paris
Palais de Justice de Paris
4 bd du Palais 75001 Paris
(métro cité)

indymédia - 11/06/2010


Décembre 2004 : Plusieurs sites d’information alternative ou de soutien aux sans-papiers dénoncent la participation de la société Bouygues dans la construction des centres de rétention. Dans la foulée, la police déplore des dégradations sur des boutiques de Bouygues télécoms et sur des chantiers de construction de la société. Le président du tribunal parle de cocktails Molotov et d’envahissements de locaux.


Après 5 ans d’instruction, les administrateurs de 4 sites parmi lesquels Indymedia et le site de la CNT sont poursuivis pour « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes ». L’audience de vendredi a été renvoyée au 11 juin, un avocat s’étant fait porter pâle.


« Je suis très optimiste pour cette affaire, explique Me Irène Terrel qui a aussi défendu Cesare Battisti et Julien Coupat. Car Bouygues a très peu d’éléments contre nous». Pour l’avocate, il s’agit d’un dossier « intéressant, car on pose la question de la responsabilité pénale des ces médias alternatifs ». Et pour elle, Bouygues « favorise, par ses constructions, l’expulsion des sans-papiers.»

street press - 21/06/2010

 

Comme l’expliquent les webmestres poursuivis par Bouygues pour délit de « provocation directe, suivie d’effet, à la commission de destructions, dégradations et détériorations dangereuses pour les personnes », le procès « a failli avoir lieu le 11 juin ». Petit rappel des faits : en 2004, une semaine d’action est organisée contre la société Bouygues pour sa participation à l’industrialisation de l’enfermement et de l’expulsion. Le géant du béton est en effet un des principaux maîtres d’œuvre des centres de rétention qui se multiplient. Divers tracts ayant été reproduits sur les sites Internet d’Indymedia-Paris, de z-pajol, de la CNT et de la Brigade antipub, et quelques boutiques et un chantier ayant été tagués, Bouygues a porté plainte… contre les quatre webmestres ou personnes assimilées à cette fonction. Faute de grives, on mange des merles !

Après quatre longues années de report de l’instruction puis du procès, tout est allé très vite. L’une des avocates des accusés, Irène Terrel, a plaidé la nullité. Bouygues n’avait qu’un défenseur supplétif (Me Metzner étant retenu par l’audience autrement plus médiatique de Jérôme Kerviel), et le président a écourté. Décision le 9 juillet. Me Maugendre, défendeur d’Isabelle, de z-pajol, a tenu à peu près ce langage au tribunal : depuis quinze ans, une association, le Gisti, a pu constater la faillite juridique (abaissement des droits et libertés des migrants), financière et humaine de la politique européenne de fermeture des frontières et d’immigration zéro. D’où la réflexion autour de la liberté de circulation menée par l’association et largement endossée par d’autres, y compris des politiques (du PS aux Verts). La demande d’arrêt de la construction des centres de rétention en est un corollaire.

La semaine d’action organisée en 2004 était donc légitime, surtout  à l’époque de la seconde loi Sarkozy sur l’immigration, et de l’augmentation des quotas, de la durée de rétention et du nombre de places (+ 900). Voilà pour le contexte dans lequel le tract incriminé a été écrit et diffusé. Ce texte est-il une provocation ? Rien de tel dans le tract, affirme Me Maugendre. Le terme « sabotage » ? Jacques Rancière, professeur émérite au département de philosophie de Paris-VIII, a écrit un texte pour l’occasion, intitulé « Note sur la notion de sabotage », dans lequel il explique que, non seulement « sabotage » a diverses significations (fabriquer des sabots ou fouler le sol avec des sabots, par exemple) ne donnant pas lieu à répression, mais qu’il est une tradition ouvrière, une forme de « riposte économique » où les travailleurs prennent le principe du travail/marchandise au mot en fournissant un mauvais travail pour une mauvaise paie. Puis le sabotage «  est venu qualifier toute action visant à entraver l’action de celui contre lequel on se bat. La composante symbolique du coup porté à l’adversaire compte plus que la réalité d’un dommage provoqué à l’encontre de ses biens. Ce qui se sabote, c’est une puissance, une autorité, une image ». Et c’est précisément ce que Bouygues, qui préfère évoquer des « dégradations », ne supporte pas.

piqué sur politis- 24/06/2010

 

Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu L’Express du 9/7/10

Le procès de Bouygues contre les webmasters n’a pas eu lieu

Par Abdel Pitroipa, publié le 09/07/2010 à 19:49 Le tribunal correctionnel de Paris a annulé vendredi les poursuites du groupe Bouygues contre des administrateurs de sites qui avaient appelé au sabotage de l’entreprise en 2004.

"On aurait voulu que l’affaire soit examinée au fond. Au moins, cela aurait permis de clarifier les choses." Une déclaration étonnante de la part d’un ex-prévenu tout juste relaxé des poursuites engagées à son encontre.

Ce webmaster désireux de garder l’anonymat était poursuivi avec trois autres personnes pour avoir diffusé, en décembre 2004, des appels à une semaine d’action contre le groupe Bouygues. A l’époque, ils entendaient protester contre la construction par le géant du BTP de centres de rétention en Europe. Selon l’accusation, des dizaines de magasins du groupe avaient alors été saccagés.

Si le lien entre ces dégradations et les publications des différents sites visés (Réseau anti-pub, Indymedia Paris, Pajol, CNT) n’a pas été prouvé, ce n’est pas sur ce fondement que le tribunal a prononcé la nullité des poursuites. Le tribunal a surtout retenu deux points de pure forme. Tout d’abord, une certaine abstraction : avant le procès, les prévenus ne s’étaient pas vus préciser les peines encourues. Ensuite, la longueur excessive de l’instruction : 4 ans et 3 mois.

Bien que soulagée pour son client, l’avocate Me Agathe Livory regrette, elle aussi, l’absence de débat sur le fond : "Le grand déballage n’a pas pu avoir lieu." Les webmasters auraient voulu que ce procès soit l’occasion de dénoncer les pratiques de l’entreprise en matière de construction de centre carcéraux. De son côté, l’avocat de Bouygues, Me Benjamin Grundler, s’est accordé un temps de réflexion avant de décider s’il convient de faire appel : "Nous ne savons pas encore si nous le ferons, il y a un problème d’interprétation des textes, nous prendrons notre décision en début de semaine prochaine."

piqué sur pajol.eu.org - 09/07/2010

 

09:29 | Lien permanent | Commentaires (0) |

08/07/2010

Jon Anza : pour la LDH, ''cette affaire ne sent pas bon''

La LDH a pointé jeudi son refus de voir de simples dysfonctionnements juridiques dans le cas de la disparition inexpliquée du militant basque, et soutient la pétition pour ''exiger de la clarté''.

A l'initiative d'une conférence de presse hier jeudi à son siège parisien, la Ligue des Droits de l'Homme a dénoncé "des dysfonctionnements pour le moins troublants" dans la chaîne d'évènements qui se sont enchainés depuis la disparition du militant basque Jon Anza, le 19 avril 2009 à Bayonne, à la découverte le 11 mars 2010, presqu'un an plus tard, du corps dans une morgue de Toulouse, où il fut considéré comme mort sous X durant 10 mois.

Souhaitant tout particulièrement être présent à cette réunion aux côtés des membres du comité de soutien à Jon Anza, le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, a exprimé ses doutes sur un "dossier sensible qui ne sent pas bon".

"Nous sommes devant une série impressionnante d'éléments qui permettent d'être certain que ni les services de police, ni les services judiciaires n'ont correctement fonctionné", a déclaré Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, lors d'une conférence de presse.

Estimant que "lorsque certaines affaires concernent le Pays Basque, ou la Corse, apparemment la justice n'arrive pas à fonctionner correctement", il a affiché son soutien avec la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA.

L'initiative des avocats de la famille Anza d'une demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires, adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie, doit déboucher sur une réponse très attendue par la LDH, a précisé Jean-Pierre Dubois, "la LDH n'a pas oublié le montage politique de Tarnac", a-t-il rajouté.

Si les membres du comité de soutien n'ont pas dévoilé jeudi de nouveaux éléments troublants venant remettre en question l'actuelle version officielle, l'une de ses porte-paroles, Anaïs Fumosa, a déroulé le fil chronologique des évènements, et pointé la responsabilité des différents services de police et de justice.

Alors qu'il était établi que Jon Anza se rendait en train à Toulouse, aucun acte d'enquête n'a été réalisé à Toulouse, a-t-elle expliqué, et aucun hôpital toulousain ne retrouve la trace d'une saisine comme affirme pourtant la Procureur de Bayonne, Anne Kayanakis, chargée de l'enquête pour "disparition inquiétante".

Les avocats de la famille ont également fustigé jeudi une "enquête préliminaire totalement insuffisante", et rejoint le constat porté par la LDH.

"C'est curieux", a précisé Me Julien Brel, avocat de la famille Anza, "les policiers ont sollicité tous les hôpitaux, sauf ceux de Toulouse. En tout cas, ces réquisitions ne se trouvent pas dans le dossier. Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009".

"Ce caractère répétitif de dysfonctionnements n'est pas acceptable. On ne peut pas nous empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État", a martelé Anais Fumosas.

"Actuellement, le fonctionnement des services de police et de justice permet toutes les suppositions", a partagé M. Dubois.

pris chez www.eitb.com - 02/07/2010

 

Demande de saisine à la Garde des sceaux

Le président de la Ligue des droits de l'homme veut que « la lumière soit faite ».

 

« La Ligue des droits de l'homme n'a qu'un seul souci, que la lumière soit faite et que la vérité passe », déclare très fermement son président Jean-Pierre Dubois. Et pour montrer sa détermination à ce que cette « affaire qui ne sent pas bon » trouve rapidement une conclusion, il a tenu à être personnellement présent hier dans ses locaux parisiens auprès du collectif Jon Anza et des avocats de sa famille.

Aucun élément nouveau sur les circonstances de la mort du militant basque. Sinon la preuve d'une succession de dysfonctionnements policiers et judiciaires. « Ce caractère répétitif n'est pas acceptable. On ne peut pas s'empêcher de penser qu'il y a derrière une raison d'État », a expliqué lors d'une conférence de presse Me Xantiana Cachenaut. De même son confrère Me Julien Bel a précisé combien l'enquête préliminaire leur a laissé « un goût amer ».

Pourquoi en effet les réquisitions du procureur de la République de Bayonne se sont-elles arrêtées à Saint-Gaudens alors qu'il était évident que Jon Anza avait pris le 18 avril 2009 le train jusqu'à Toulouse où son corps a été retrouvé à la morgue dix mois plus tard ? Anaiz Funosas, membre du collectif Jon Anza, a fait un exposé limpide sur la chronologie de la disparition de leur ami et sur toutes les rumeurs liées aux circonstances de sa mort.

Il est désormais évident que Jon Anza n'avait pas été enterré comme le pensaient ses proches, mais est-on aussi sûr qu'il n'a pas été enlevé, séquestré et torturé par des gardes civils espagnols qui étaient à Toulouse à la même période et ont précipitamment plié bagage en oubliant leurs armes sous le matelas de leur chambre d'hôtel ?

Pétition lancée hier

« La LDH est très attentive aux suites données à cette affaire, elle n'a pas oublié le montage politique de Tarnac (groupe accusé d'avoir préparé des attentats contre le TGV) », précise Jean-Pierre Dubois. Et il répète haut et fort qu'il soutient la pétition lancée hier pour la demande de vérité sur la disparition du militant d'ETA et qu'il attend une réponse rapide à la demande de saisine de l'Inspection générale des services judiciaires adressée le 17 juin à la Garde des sceaux Michèle Alliot-Marie par la compagne, le frère et la sœur de Jon Anza.

« Le simple envoi de réquisitions au CHU de Toulouse aurait pu nous permettre de retrouver son corps dès le 20 mai 2009 », écrivent-ils en pointant les nombreuses défaillances de l'enquête.


pris sur www.sudouest.fr - 02/07/2010 - Régine Magné, Paris

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07/07/2010

Cognin - Tarnac ou comment justifier la pérennité de la section antiterroriste ?


JUSTICE/SAVOIE
L'explosion mortelle de Cognin n'était pas une affaire de terrorisme

chambéry

L'explosion mortelle de Cognin n'est pas le résultat d'une erreur de manipulation d'apprentis terroristes.
Ce sont des experts qui le disent. Quatorze mois après avoir été saisi de l'enquête, le juge d'instruction du pôle antiterroriste de Paris vient, avec un avis favorable du parquet, de renvoyer l'affaire à Chambéry, en se déclarant "incompétent" par ordonnance, il y a quelques jours.
Il appartient maintenant au procureur général, ici, de désigner un nouveau juge d'instruction. Pour rechercher dans le registre du droit commun, entre la manipulation de produits explosifs et les causes de l'accident, si des infractions peuvent être reprochées aux jeunes mis en cause.

Dès le lendemain de l'explosion, la piste terroriste est ouverte

La piste terroriste est ouverte dès le lendemain de l'explosion dans l'usine désaffectée de Cognin. La jeune femme décédée, Z......., 23 ans, et son copain, gravement blessé, M......., 25 ans à l'époque, gravitent alors dans le monde parallèle des squatters, des "alternatifs", beaucoup fréquenté par des militants de l'ultra-gauche et des anarchistes.
L'enquête sur le drame prend rapidement une tournure très spectaculaire. C'est avec un déploiement considérable de gendarmes mobiles et de policiers locaux, dont les Chambériens se souviennent encore, que les hommes de la sous-direction nationale antiterroriste de la police judiciaire investissent le squat de l'ancienne usine Pilotaz puis les différents "points de chute" similaires du couple. Dans les jours et les semaines qui suivent, R......., J........., M........... sont mis en examen pour participation à une entreprise terroriste, destruction de preuves. Ils sont détenus puis progressivement libérés avec un contrôle judiciaire qui s'est allégé avec le temps. M... a récupéré de ses blessures. Une perte partielle de sa vue est la principale séquelle à laquelle il est encore confronté. Tous les trois ont repris leurs études ou ils travaillent.
Le dernier à avoir été arrêté est T... qui vivait ici sous une autre identité, longtemps recherché, retrouvé en Europe centrale et extradé de Hongrie où il s'était réfugié il y a quelques mois. Lui aussi est sous contrôle judiciaire.
« C'est une montagne qui accouche d'une souris » résume Me Laurent Pascal, avocat de trois des jeunes gens. « On savait depuis le départ que cette enquête ne mènerait à rien, pas besoin de sortir de Saint-Cyr ! L'entreprise terroriste n'existe pas ». L'avocat de M....., Me Bernard Ripert, poursuit. « C'est un regrettable accident que l'on a voulu monter en épingle, à Chambéry. C'est dans la ligne de ce qui se passe en France où l'on voit des terroristes partout. J'espère que le juge d'instruction à Chambéry saura tenir compte des conclusions de la justice à Paris pour prononcer un non-lieu ».
Car, comme il ne s'agissait pas d'une affaire de terrorisme, la justice va devoir définir ce que c'était sur le plan juridique. Au-delà d'un drame, terrible, de l'inconscience.

 

REPÈRES
les faits
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2009, une explosion ébranle une usine désaffectée située entre l'Hyères et la RD 1006 à Cognin. Z......, une jeune Ardéchoise de 23 ans, est tuée par les débris de la bombe artisanale qu'elle confectionnait avec son compagnon, M...., 25 ans. Plus en retrait, le garçon, originaire de Genève, est sérieusement brûlé et sa vue est gravement atteinte. Ils manipulaient du chlorate de soude et du sucre et un petit extincteur pour servir de récipient aux produits. D'autres jeunes gens qui les ont fréquentés sont ensuite inquiétés. Trois sont plus particulièrement visés. Ils subiront des gardes à vue double durée, des interrogatoires à Paris, réservés aux personnes soupçonnées d'activités terroristes. Deux seront incarcérés ainsi que M...... Puis, tous libérés.

Frédéric CHIOLA
Paru dans l'édition E73 du 02/07/2010 (2.2970519963

piqué sur Le Daubé - 02/07/2010

 

 

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"Cette affaire na rien à voir avec le terrorisme, elle na été confiée à cette juridiction daffaires politiques que pour lui assurer une activité. Cest pour justifier la pérennité de la section antiterroriste quon la saisit quand quelquun fait péter un pétard mouillé !" dénonce Me Ripert, l’avocat de Mickaël D, blessé par l’explosion d’un extincteur dans un squat de Cognin, il y a deux semaines.


Mickaël D, 25 ans, a été mis en examen à Lyon, sur son lit d’hôpital, dans un pavillon d’Edouard Herriot réservé aux grands brûlés. Trois magistrats du pôle antiterroriste de Paris s’étaient spécialement déplacés, pour un premier interrogatoire et une audience du juge des libertés et de la détention, dans le cadre d’uns instruction ouverte pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Le jeune homme reste gravement blessé à la suite de l’explosion qu’il a provoquée dans la nuit du jeudi au vendredi 1er mai à Cognin, près de Chambéry (Savoie). Il manipulait du chlorate de sodium et du sucre, composants instables, fréquemment utilisés dans la confection de bombes artisanales. Sa compagne, Zoé A., 24 ans, a trouvé la mort. Apprentis chimistes ? Pas si simple. Selon nos informations, les produits étaient transvasés dans une bouteille d’extincteur. A proximité de l’usine désaffectée où a éclaté le drame, les policiers ont aussi trouvé du fil, deux retardateurs, deux autres extincteurs... Il reste à déterminer si les jeunes gens se contentaient d’essayer une recette accessible sur Internet ou s’ils s’inscrivaient dans un activisme plus poussé. L’explosion de Cognin renferme une énigme, en lien direct avec une génération mouvante, selon Richard Schittly du Dauphiné Libéré.

Me Ripert reste "scandalisé par la mise en examen et la poursuite,car ces juges oublient lintensité du drame vécu par mon client. Sa copine a été tuée par lexpérience et lui a été défiguré".

« Mon client a déclaré quil était seul, sur place dans lusine, avec sa copine » confie, hier, son avocat, Me Bernard Ripert. Le couple fabriquait une bombe « pour faire une expérience, sans projet, sans mobile, sans intention. Exactement comme des tas de gens possèdent une arme chez eux sans pour autant vouloir tuer qui que ce soit. Comme dautres encore lisent Lénine ou Bakounine sans penser faire la révolution. »
Me Ripert parle de Mickaël : « Cest un rebelle, oui. Mais, son rêve na pas de lien avec lexplosion. Cest quelquun qui déteste la société de consommation, injuste et inégalitaire. Et qui a fait le choix de vivre en marge, de manière différente, en attendant quelle change delle-même. Ce nest pas un révolté qui décide, avec dautres, dexprimer cette révolte de manière collective ou structurée. Cette extrême gauche organisée nexiste plus. Il ny a pas de terroriste à Chambéry. »
« Ils se connaissaient et cest tout. On a inventé laffaire. On a mis des gens en détention pour conjurer la gravité des conséquences corporelles de lexplosion. » Les éléments suspects ? « Un extincteur comme il y en avait dans dautres squats, un condensateur électrique, de l’adhésif. Rien. C’est bidon ! » conclut Me Pascal.
La Sdat recherche plusieurs personnes :Tous ceux qui ont le tort d’habiter une maison où a été trouvé un extincteur vide, d’un condensateur électrique et un rouleau de scotch métallique. Raphaël et "Lucas"sont mis en examen et placés en détention provisoire à la Santé et à Fresnes, respectivement depuis le 8 et le 15 mai.
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Acharnement judiciaire et sécuritaire sous couvert de lutte anti-terroriste ?
Bien loin de la balieue de Chambéry, l’enquête de Tarnac reprend.
Selon Le Monde, Tessa Polak a "la rage". Interpellée le 28 avril par la police antiterroriste (SDAT), placée en garde à vue 72 heures puis relâchée sans aucune charge, cette femme de 36 ans, photographe de profession, dénonce aujourd’hui une "manœuvre d’intimidation".

Dans le coffre de la voiture de Tessa Polak, la SDAT en découvre 400 autres exemplaires. "Ils ont fait ’Bingo !’, comme s’ils avaient découvert une cache d’armes, ironise-t-elle. Sauf que quand ils m’ont demandé d’où ça venait, je leur ai dit que j’étais passée chez l’éditeur et que je comptais les distribuer dans le cadre du comité de soutien, ce qu’ils savaient déjà."

Tout au long de sa garde à vue, et des "8 à 10 interrogatoires", la jeune femme comprend qu’elle a fait l’objet d’une surveillance. Aux policiers qui lui demandent pourquoi elle a prêté son véhicule, en novembre 2008, à trois des mis en examen, dont Benjamin Rosoux, elle répond : "Ma voiture je l’ai prêtée comme ma maison est ouverte, mon frigo est ouvert..." "Ce qui m’a étonnée, poursuit Tessa Polak, c’est que leurs investigations portaient beaucoup sur le livre. Le type de questions qu’ils m’ont posé, la manière avec laquelle ils le faisaient, c’était pour valider leurs fantasmes. Le mot ’cellule’ revenait sans cesse..."

Après 48 heures, elle est brièvement présentée au juge d’instruction Thierry Fragnoli pour une prolongation de sa garde à vue. Tessa Polak jure alors l’avoir entendu dire : "Ce n’est pas ma faute mais vous allez payer pour les autres." "J’étais sonnée", dit-elle.

Avec le recul, la jeune femme analyse son interpellation comme une "manœuvre d’intimidation, une façon de briser les solidarités actives, d’envoyer des signaux, et de banaliser les garde à vue". "Sinon, ajoute-t-elle, pourquoi m’ont-ils convoquée de cette façon ? Quand je leur ai demandé, ils ne m’ont pas répondu."

Alors que le juge des libertés et de la détention doit une nouvelle fois statuer sur la demande de remise en liberté de Julien Coupat, ce dernier lassé des fouilles et de cette "farce", a demandé à ne pas être extrait de sa cellule pour l’occasion. Pour les mêmes raisons, le comité de soutien ne se rassemblera pas non plus ce jour-là. Mais plusieurs initiatives en mai, des concerts notamment, sont à l’ordre du jour.

Usant de son droit de réponse, Thierry Fragnoli, vice-président chargé de l’instruction au tribunal de grande instance de Paris, nous a adressé le courrier suivant. M. Fragnoli est le juge d’instruction du pôle antiterroriste de Paris, chargé de l’enquête sur les sabotages à la SNCF. Sans pouvoir évoquer ici mes échanges avec elle en présence de mon greffier, ceux-ci étant couverts par le secret de l’instruction, je démens catégoriquement avoir tenu ces propos, lesquels ne correspondent d’ailleurs ni au rôle du magistrat à ce stade procédural, ni à mes pratiques professionnelles, ni au respect que j’accorde à chacune des personnes qui me sont présentées.

L’enquête se poursuit, bien loin des rails de TGV :

Sept personnes, dont trois présentées comme des proches de Julien Coupat et les quatre autres comme membres d’un de ses comités de soutien, ont été interpellés en Seine-Maritime et dans les Alpes-de-Haute-Provence, lundi 18 mai. Les deux opérations ont été menées dans la matinée.

POUR AVOIR DONNÉ L’ADRESSE DE BERNARD SQUARCINI

L’autre opération, qui s’est déroulée à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), a abouti à l’arrestation de quatre personnes, dont l’éditeur François Bouchardeau et sa femme. Ces derniers feraient partie du Comité de sabotage de l’antiterrorisme (CSA), un groupe de soutien aux personnes interpellées à Tarnac à l’automne 2008 pour le sabotage présumé de lignes TGV.

Selon des sources concordantes citées par l’AFP, ils sont accusés d’avoir diffusé un tract sur lequel apparaissait l’adresse d’une résidence secondaire de Bernard Squarcini, patron de la la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le document aurait été diffusé par mail et lors de différentes manifestations, jusqu’à atterir dans la boîte aux lettres de M. Squarcini.

Contrairement à de premières informations, ladresse de la villa ne figurait pas sur le tract, il s’agit en fait d’une simple photographie.

Toutes ces personnes ont été libérées.

Vers une nouvelle affaire Dasquié ?
Est-ce pour ne pas contrarier MAM, sa ministre de tutelle ? Possible… La ministre n’apprécie guère le sarkozysme galopant de « Squarce ». Ni son zèle à fusionner les RG et la DST, projet qui n’a jamais eu ses faveurs. Squarcini a-t-il cherché, dans l’affaire Dasquié, à se concilier les faveurs de MAM ? C’est elle qui, à l’époque ministre de la Défense, avait porté plainte contre la diffusion de ces supposés secrets d’État. Les hommes de Squarcini auraient pu faire comme d’habitude dans ce genre de dossier, enquêter gentiment pour enterrer les dossiers. Bien au contraire, chargés par leurs patron de ramener la tête du ou des coupables de la fuite sur un plateau d’argent, les agents de la DST ont usé de toutes les pressions possibles. Y compris, à en croire notre confrère et ami Dasquié, le spectre de la détention pour faire « avouer » le journaliste.

Dans les profondeurs des eaux-troubles ?
Les affirmations de Marty-Vrayance visent un autre ponte des RG. Le 12 mai 2002, peu après son éviction du SGDN, le commissaire Marty adresse à Yves Bertrand une lettre au ton parfois comminatoire. Il y rappelle les tuyaux qu’il a estimé avoir livrés dans la recherche de Colonna, et surtout met en cause le directeur adjoint des RG, Bernard Squarcini. Marty-Vrayance parle notamment d’un homme qui aurait tenu « un rôle central » dans l’assassinat du préfet Erignac et qui aurait des relations régulières avec le numéro deux des RG. « Je réfute ces accusations et j’envisage de donner des suites judiciaires aux affirmations du commissaire Marty-Vrayance », explique Squarcini. Il a par ailleurs remis le courrier accusateur à Claude Guéant, le directeur de cabinet de Sarkozy, qui envisage des sanctions disciplinaires contre Hubert Marty-Vrayance.

L’efficacité du renseignement ?
Audition de M. Bernard LEMAIRE, Préfet de la Haute-Corse :

« M. le Rapporteur : Que pensez-vous de l’action des renseignements généraux en Corse ? Dans l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac, leur investissement nous a été présenté comme important. Il semble que M. Squarcini, directeur central adjoint, ait réalisé un travail de qualité.

M. Bernard LEMAIRE : Je ne partage pas cette appréciation. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu M. Squarcini m’annoncer par avance une conférence de presse ou un attentat du FLNC. Il a obtenu, du moins est-ce apparu comme tel, des informations dans le déroulement de l’enquête sur l’assassinat de Claude Erignac. D’abord, tout cela était très tardif. Je pense qu’il a tout de même des réseaux qui lui permettent d’obtenir des informations, sinon ce serait à désespérer de tout. En tout cas, localement, au niveau du préfet de département, les services de renseignements généraux sont totalement inefficaces. C’est clair. J’apprends davantage de choses par la presse ou par des relations personnelles. »

Extrait du procès-verbal de la séance du mardi 31 août 1999 à Bastia)
Présidence de M. Raymond FORNI, Président de l’Assemblée nationale

Documents joints à cet article

A la poursuite de la génération mouvante...




E-fred - 22/05/2009

 

 

 

 

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03/07/2010

Les diseurs de figues ou sycophantes

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La chancellerie donne des instructions sur "la mouvance anarcho-autonome"

Dans une note adressée le 13 juin à l'ensemble des parquets, le ministère de la justice met l'accent sur une "multiplication d'actions violentes (...) attribuées à la mouvance anarcho-autonome", en demandant aux tribunaux, pour chaque affaire de ce genre, de se dessaisir au profit de la section antiterroriste de Paris. Ces consignes, inspirées des notes des renseignements généraux qui insistent depuis plusieurs mois sur le sujet, ont provoqué, jeudi 26 juin, la colère du Syndicat de la magistrature (SM). L'application de ce courrier, accuse-t-il, permettrait "une extension quasi illimitée d'une législation d'exception".

Dans un communiqué intitulé "La direction des affaires criminelles voit des terroristes partout", le syndicat dénonce le zèle du ministère de Rachida Dati : "Cette manière de procéder devrait ainsi permettre - au prétexte bien commode et très consensuel de lutter contre le terrorisme - de renforcer la répression à l'encontre des différents acteurs du mouvement social."

Dans sa note, le ministère justifie sa démarche en expliquant que cette mouvance "se caractérise notamment par des liens entretenus avec des ressortissants de pays tels que l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique, la Grèce et la Grande-Bretagne et peut afficher un soutien à d'autres mouvances terroristes". Il poursuit : "Outre des inscriptions réalisées sur des bâtiments publics, cette mouvance s'est caractérisée par la commission d'actions violentes en différents points du territoire national au préjudice de l'Etat et de ses institutions (préfecture, douane, administration pénitentiaire)." Le ministère cite "des destructions de véhicule", "des jets d'engins incendiaires contre des bâtiments publics" ou des "manifestations de soutien à des prisonniers ou d'étrangers en situation irrégulière (...), parfois avec violence". "Nous y voilà !", réagit le SM.

Faisant état de "réunions régulières d'évaluation de la menace", Guillaume Didier, porte-parole de la chancellerie, estime que "le SM commet une grave confusion". "Les manifestations, même lorsqu'elles donnent lieu à des violences, relèvent du droit commun et le resteront", affirme-t-il.

POIGNÉE D'INDIVIDUS

Jusqu'à présent, dans la catégorie très imprécise de "mouvance anarcho-autonome", la police a interpellé une poignée d'individus, notamment trois jeunes à Toulouse qui transportaient un explosif en novembre 2007. Quelques mois plus tôt, un livre, L'insurrection qui vient, rédigé par un "Comité invisible" anonyme (éditions La Fabrique), avait suscité l'émoi. Sur la foi des notes des RG, la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, a donc agité à plusieurs reprises la menace de groupuscules d'extrême gauche favorisée par l'effondrement du PCF.

Par rapport aux années 1970, marquées par une idéologie très anticapitaliste, cette résurgence se manifesterait, selon un spécialiste, par une "myriade de contestations institutionnelles" qui craint que leur intensité ne finisse par atteindre "ce qui se passe en Italie et en Grèce". Ces derniers mois, rien n'est venu le confirmer. "Il n'y a rien de nouveau", indique un haut responsable policier. Les alertes à la bombe sur des TGV de Savoie, début juin, assorties d'une lettre de revendication en italien qui faisait référence aux Brigades rouges et à l'ex-activiste italien Cesare Battisti, provenaient d'un individu isolé, pas d'un activiste.

Isabelle Mandraud

piqué sur Le Monde - 28/06/2008

 

Dati vise l'ukra-gauche [sic]

Le ministère de la Justice demande au magistrat de l'antiterrorisme de se saisir des agissements d'une «mouvance anarcho-autonome» aux contours bien flous

Ils étaient militants d'extrême gauche. Ils sont désormais classés «terroristes». Le 19 janvier, journée nationale de manifestations contre les centres de rétention, Yvan et Bruno sont interpellés alors qu'ils se rendent à Vincennes. Ils transportent des pétards, des crève-pneus et un fumigène fabriqué avec du chlorate, du sucre et de la farine. Quatre jours plus tard, à Vierzon, deux personnes sont arrêtées par les Douanes. Elles ont sur elles du chlorate de soude, des plans de la prison pour mineurs de Porcheville. Et l'une d'elles a le même ADN que celui retrouvé sur des engins incendiaires sous une voiture de police en mai 2007. En prison, elle est DPS (détenu particulièrement surveillé). Les autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire en juin. Leurs dossiers sont joints, et tous sont mis en examen pour «association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste». Ce qui signifie qu'ils ne relèvent pas du droit commun, qu'ils sont sous le coup d'une législation d'exception, celle de l'antiterrorisme. «Ca fait froid dans le dos», comme l'ont écrit Bruno et Ivan sur le Net : «L'Etat criminalise la révolte; et, face à cette colère qu'il ne parvient ni à gérer ni à récupérer, il isole et désigne l'ennemi intérieur.»

La garde des Sceaux, Rachida Dati, a d'ailleurs adressé le 13 juin une petite note à tous les procureurs de France pour attirer l'attention sur «la multiplication d'actions violentes [...] susceptibles d'être attribuées à la mouvance anarcho-autonome». La direction des affaires criminelles demande ainsi aux magistrats saisis de telles affaires d'«informer dans les plus brefs délais la section antiterroriste du parquet de Paris» en vue d'un «dessaisissement à son profit». Soit «une extension quasi illimitée d'une législation d'exception» qui scandalise le Syndicat de la Magistrature. D'autant que la dépêche, pour mieux définir les contours de la pseudomouvance, ajoute : «C'est aussi à l'occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou d'étrangers en situation irrégulière que ses membres s'expriment, parfois avec violence.» Comme ces «faiseurs de provocations», ces «semeurs de désordre» dont le porte-parole de l'UMP a parlé après l'incendie du centre de rétention de Vincennes ? Pourquoi pas RESF (Réseau Education sans Frontières) aussi ? La note du ministère de la Justice inquiète pour ça : «Au motif de lutter contre le terrorisme, elle permet de renforcer la répression à l'encontre des différents acteurs du mouvement social», explique Hélène Franco. Mais le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier, ne veut surtout pas de «cette confusion», assure qu'on «ne cherche pas à poursuivre les auteurs de mouvements sociaux». C'est Gérard Gachet, porte-parole du ministère de l'Intérieur et ancien directeur de «Valeurs actuelles», qui donne une définition du nouveau danger : «Les anarcho-autonomes font partie de la mouvance d'ultra-gauche la plus radicale. Es n'appartiennent à aucun mouvement politique ou syndical et ne se reconnaissent dans aucun d'entre eux. Es sont contre le système et prônent l'action violente pour le déstabiliser.» Finalement, le problème, comme le dit Guillaume Didier, «c'est qu'il s'agit d'une «mouvance»... Et c'est comme Al-Qaida, c'est flou.»

piqué sur hebdo.nouvelobs.com - sem du 31/07/2008

 

Sommet de l'intégration à Vichy : des manifestants interpellés

Ils ont été arrêtés après une rassemblement qui avait réuni près de 2.000 personnes contre la politique européenne d'immigration, débattue dans cette ville à l'occasion d'une conférence controversée. Trois policiers ont également été blessés, plusieurs voitures brûlées et des vitrines de commerces brisées.

La préfecture de l'Allier a annoncé qu'une trentaine de personnes ont été interpellées et trois policiers blessés après une manifestation, lundi 3 novembre dans la soirée, à Vichy, contre la politique européenne d'immigration, discutée dans la ville lors d'une conférence européenne controversée.

"Un groupe de plus de 200 manifestants s'est livré durant et après la manifestation à des exactions contre les forces de l'ordre, notamment attaquées à l'aide de projectiles", a expliqué la préfecture dans un communiqué.
"Trois policiers ont été blessés, dont un par un engin incendiaire. Les sapeurs-pompiers appelés à intervenir ont fait l'objet de jets de pierres", a-t-elle ajouté.

"Casseurs"

Lors de ces incidents, dus à des "casseurs" sans lien avec la manifestation, ont souligné ses organisateurs, cinq voitures ont été incendiées, les vitrines de plusieurs commerces brisées, des véhicules et des mobiliers urbains endommagés à Vichy et à Cusset (banlieue de Vichy), a poursuivi la préfecture.
"Les forces de l'ordre sont rapidement intervenues pour mettre un terme à ces violences. Elles ont procédé à une trentaine d'interpellations", a-t-elle conclu.
La manifestation, qui a débuté vers 18h00, a rassemblé au total deux milliers de personnes. Les incidents ont entraîné des tirs de gaz lacrymogène par des CRS en faction. Dans une certaine confusion, le cortège s'est dispersé vers 19h30.

"C'est Hortefeux qu'il faut virer"

Certains des manifestants scandaient: "C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers, c'est (Brice) Hortefeux [le ministre français de l'Immigration, organisateur de la conférence, ndlr] qu'il faut virer" ou "Français, immigrés, égalité des droits", d'autres portaient symboliquement des masques blancs désignant par un mot une minorité ethnique ou sociale.
Tout aussi symbolique, la présence d'enfants de déportés rassemblés sous la banderole de l'Union des Juifs Français pour la Paix (UJFP), indiquant "Non à l'Europe forteresse, non à la criminalisation des sans-papiers...oui, cette politique nous rappelle Vichy".
Un peu avant le début du cortège, une poignée de manifestants déguisés en prisonniers de camps de la Seconde Guerre mondiale avaient été interpellés. Le but affiché de ce groupuscule altermondialiste: "faire l'amalgame" entre la période vichyste et l'époque actuelle.

Les prémices des politiques des années 30

"Nous dénonçons l'évolution inquiétante des politiques migratoires au niveau européen, qui nous rappellent les prémices des politiques qui ont mené à la déportation à la fin des années 30", a expliqué Xavier Renou, à la tête du groupuscule, avant d'être interpellé.
Ces manifestants ont été relâchés, a annoncé la police lundi soir. Deux autres ont en revanche été interpellés, pour "désordre à la loi" lors de la manifestation unitaire.
La troisième conférence ministérielle européenne sur l'intégration, qui intervient après l'adoption du Pacte européen sur l'immigration et l'asile lors du sommet de Bruxelles du 16 octobre, a débuté lundi à Vichy.
A Paris, une trentaine de personnes se sont également rassemblées pour protester contre la conférence de Vichy.
La troisième conférence ministérielle européenne sur l'intégration, qui intervient après l'adoption du Pacte européen sur l'immigration et l'asile lors du sommet de Bruxelles du 16 octobre, a débuté lundi à Vichy.

piqué sur tempsreel.nouvelobs.com - 04/11/2008

 

Le terrorisme sociétal: «Une vraie menace pour l'avenir»

Un employé de la SNCF inspecte la caténaire d'une voie ferrée, le 11 Septembre 2008 à Strasbourg

Un employé de la SNCF inspecte la caténaire d'une voie ferrée, le 11 Septembre 2008 à Strasbourg Patrick Hertzog AFP/Archives

PROTESTATION VIOLENTE - Le sociologue Jean-François Daguzan revient sur l'interpellation des dix militants «d'ultra gauche» impliqués dans l'affaire des catenaires SNCF...

Militants «d'ultra gauche mouvance anarcho-autonome» qui s'en prennent aux caténaires SNCF et ont été interpellés ce mardi matin, Front national anti radars, groupuscule AZF: les groupes aux revendications floues mais aux actions violentes inquiètent le ministère de l'Intérieur. Jean-François Daguzan, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique et auteur de «Terrorisme(s). Abrégé d'une violence qui dure» (éd. du CNRS), revient sur ce mode protestataire qui vise les symboles de l'Etat français ou du capitalisme et semble en pleine expansion.

Que vous inspire les derniers développements de l'enquête?
Si l'action de ce groupuscule d'ultra-gauche est confirmée, il semble qu'on soit dans le modèle du terrorisme sociétal. On a vu avec la Fnar que la protestation se traduit par des moyens violents envers des éléments symboliques. Le radar est un objet extrêmement symbolique, la SNCF est aussi un symbole très clair de l'Etat français, à moins que l'on ne vise plus spécifiquement le TGV. En attaquant ce fleuron, les activistes peuvent s'en prendre à la technologie triomphante, ou au grand capitalisme. Une logique de chantage n'est pas à exclure non plus: on avertit les autorités qu'on peut provoquer un accident de TGV.

Que pensez-vous de cette mouvance d'ultra gauche?
Il est encore trop tôt pour parler en détail de ce groupuscule. Mais il faut souligner que la crise financière, qui est partie pour durer, favorise ce type de comportement anticapitaliste. On s'attaque aux instruments de la déshumanisation.

C'est nouveau?
Non, cette tendance, que j'appelle le «terrorisme sociétal», est latente depuis plusieurs années. Et croissante. Ce genre d'action violente est apparu aux Etats-Unis dans les années 80 avec les mouvements anti-IVG qui n'avaient pas hésité à tuer des médecins pratiquant l'avortement. Et puis on a eu les terroristes écologistes, les militants radicaux de la cause animale. En Europe, le «terrorisme sociétal» est apparu en 2003 en Italie avec «Aquabomber», un mystérieux personnage qui contaminait les bouteilles d'eau dans les supermarchés au nom de vagues revendications alter-mondialistes. Tous ces gens ont des objectifs très différents, mais il y a une forme de regroupement dans la détestation de la société actuelle.

On a quitté l'ère de la désobéissance civile...
Pour celle de la protestation violente. Un des exemples les plus marquants, ce sont les émeutes qui entourent les réunions du G8, comme à Gênes en 2001, avec le «Black Front». C'est un terrorisme qui prendra de plus en plus d'importance.

Comment en est on arrivé là?
A cause du durcissement de la vie dans nos sociétés, d'un chômage endémique... Ce qui est frappant, c'est aussi l'absence de raisons politiques. La «victoire» de la démocratie libérale a éteint tous les espoirs de changement politique radical. Jusqu'en 1981 en France, on pouvait croire au grand soir, dans les rues et même dans les urnes. Cette hypothèse n'existe plus.

Ces groupes sont donc différents de ceux des années de plomb?
Oui, ils sont plus spontanés, plus hétérogènes, moins structurés pour la prise de pouvoir par rapport à l'ancienne école. Ces groupes agrègent des post soixante-huitards avec beaucoup de gens en marge ou en conflit avec la société. Dans le cas de la Fnar, on avait un anarchiste individualiste, en guerre contre la société et ultra réactionnaire. Mais le spectre est large. On retrouve cette protestation violente dans des occupations d'usine avec des employés prêts à tout pour défendre leur entreprise menacée de fermer: explosions, rejet de substances toxiques dans la nature, séquestration de responsables du personnel…

C'est un problème sérieux...
A force, ce ne sont plus des cas isolés. Plutôt les prémices de mouvements qui resteront erratiques, spécifiques, mais qui vont former une véritable catégorie. Et une vraie menace pour l'avenir.
Recueilli par Mathieu Grégoire

piqué au tas sur 20minutes.fr - 11/11/2008


L'arrestation éclair du commando anti-TGV

Soupçonnées de plusieurs actes de sabotage contre la SNCF, notamment ceux commis samedi, dix personnes ont été placées hier en garde à vue. Il s'agit de cinq hommes et de cinq jeunes femmes de la mouvance ultragauche.

ILS NE SONT pas nombreux, mais ils ont réussi à mettre une belle pagaille. Les responsables présumés du sabotage de plusieurs lignes TGV samedi, action qui a entraîné le retard de 160 trains, ont été interpellés hier. Sur les vingt personnes appréhendées, dix ont été placées en garde à vue. Elles sont jeunes, de 23 à 34 ans, il y a autant de garçons que de filles, et elles appartiennent toutes à la mouvance anarcho-autonome. En marge des partis , ces activistes de l'ultragauche préfèrent l'action radicale au combat par les urnes ou les assemblées générales. « Une résurgence d'un terrorisme d'extrémistes » Pour les pouvoirs publics, ces arrestations éclairs sont une immense satisfaction. Le de la République, , et la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ont souligné hier la qualité du travail des enquêteurs et son efficacité. Du côté de la SNCF, président comme syndicats, c'est surtout le soulagement qui prédomine : aucun cheminot ne figure parmi les personnes arrêtées. Pour Didier Le Reste (CGT cheminots), il était ainsi « impossible d'imaginer que des cheminots en activité ou en retraite puissent casser leur outil de travail ». Evoquant des « actes odieux », Bernard Aubin (CFTC transports) estime, lui, que ces arrestations contribueront à « lever le climat de suspicion ». Satisfaits, les syndicats rappellent néanmoins que les auteurs des actes de malveillance commis en novembre 2007 courent toujours. Le milieu anarcho-autonome dans lequel les interpellations d'hier ont eu lieu était depuis plusieurs mois dans le collimateur des services de renseignements. La récente multiplication d'actions attribuées à cette mouvance avait renforcé la surveillance des différents acteurs de cette frange ultraminoritaire. Plusieurs notes des renseignements généraux (RG, disparus depuis au profit de la Direction centrale du renseignement intérieur) affirmaient « redouter une résurgence d'un terrorisme d'extrémistes de droite ou de gauche ». En juin, le Syndicat de la magistrature (SM) s'était ému d'une note du ministère de la Justice alertant les parquets sur « une résurgence de faits en lien avec la mouvance anarcho-autonome ». En date du 13 juin, cette note attribue à ces activistes, pêle-mêle, des « inscriptions », des « actions violentes (…) au préjudice de l'Etat et de ses institutions (préfectures, douanes, administration pénitentiaire…) », la saisie « d'explosifs » ou bien encore des « jets d'engins incendiaires ». Aussi minoritaires qu'ils sont radicaux, les acteurs de la mouvance anarcho-autonome sont à distinguer des militants d'extrême gauche traditionnels. C'est ce qu'a souhaité rappeler Olivier Besancenot hier, affirmant que les méthodes de sabotage « n'ont jamais été, ne sont pas et ne seront jamais » celles de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Selon plusieurs spécialistes, l'élection de Nicolas Sarkozy serait l'un des facteurs qui auraient ravivé l'activisme de ces groupuscules.

piqué au tas sur Le Parisien.freuh - 12/11/2008

 

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02/07/2010

Lettre ouverte à M. Squarcini

Mercredi 30 juin 2010

Lettre ouverte à Bernard Squarcini

Cher Bernard Squarcini,

Nous postons cette lettre sur les sites d'information alternatifs Indymedia, étant ainsi assurés qu'elle vous parviendra dans les meilleurs délais.
Nous prenons connaissance ce jour de votre dernière entretien de complaisance, dans Le Figaro. Voyez-vous, cela fait trois ans que nous vous avons sur le dos, et nous commençons à connaître vos manières. En juin 2007 déjà, vous aviez choisi le même journal pour entamer votre campagne de « sensibilisation » à la menace ultra-gauchiste, avec l'assurance que vos balivernes seraient bientôt reprises par les paresseux plumitifs de tant d'autres feuilles, que vous nourrissez des mêmes mensonges de première main. A l'époque déjà, nous en avions tiré la conclusion que des rafles ne sauraient tarder, auxquelles vous prépariez ainsi le terrain. La suite est connue : prison préventive pour des fumigènes, circulaire Dati imposant la saisie du parquet antiterroriste pour de simples tags, affaire de Tarnac, section antiterroriste traquant ceux qui luttent au côté des inculpés de Vincennes ou rouvrant des enquêtes closes remontant au CPE, etc. En bonne logique, nous en déduisons que vous préparez de nouvelles opérations d'ampleur pour une date proche. Faites attention, monsieur Squarcini, vous devenez prévisible.

Naturellement, on n'arrive pas à une telle conclusion sur la simple foi de vos bonnes paroles. C'est le salut de ceux que vous servez qui l'impose. Comme on sait, le roquet qui vous tient lieu de maître ne s'agite que les yeux rivés sur sa réélection en 2012. La présidence du G20 est tout ce qu'il a trouvé pour s'acheter une stature d'homme d'Etat. C'est évidemment vain, étant ce qu'il est. Il faut toute la touchante naïveté du parvenu pour croire que l'on se mettra à le respecter en France sur la rumeur qu'il en imposerait à l'étranger. Or, qui peut ruiner cette apothéose en carton du G20, sinon ceux qui régulièrement, et encore récemment à Toronto, viennent saboter les festivités militarisées des « maîtres du monde »? Qui ? La réponse est simple : ceux que l'on s'apprête à rafler sous quelque prétexte que ce soit. Telle est la « feuille de route » que l'on vous a transmise, et qui se lit aisément entre les lignes de votre dernier interview. Un grand coup de pied s'impose dans la fourmilière « gauchiste » afin de désarçonner préventivement toute velléité de s'attaquer au prochain G20. Les mois qui viennent présentent la configuration idéale : assez éloignés du sommet pour que l'on ne fasse pas trop bruyamment le rapport, et assez proches pour que l'effet de dissuasion fonctionne à plein.

Cela fait trois ans que vous collectionnez des rumeurs, de l'ADN, des textes, des écoutes, que vous infiltrez, fichez, filez, photographiez, interceptez, notez, perquisitionnez; tôt ou tard, il faut bien utiliser l'information recueillie, car l'information aussi se périme; et il faut tout recommencer. Le moment est venu de faire en grand l'usage de tout ce que vous croyez savoir. Nous ne vous croyons pas assez stupide pour rééditer le fiasco de Tarnac; aussi cette fois-ci vous munirez-vous d'éléments plus « probants » et qui sait concerterez-vous cette opération avec quelque police étrangère : les Belges ne ruminent-ils pas depuis de longs mois contre les « vandalo-violents »? la Grèce, l'Italie et l'Allemagne depuis des décennies contre les « anarchistes », « insurrectionnalistes » et autres « autonomes » ? Seulement voilà : votre stratégie est éventée. Vos ficelles sont trop grosses, vos motivations trop transparentes. Une fois de plus, vous allez rafler des gens non pour ce qu'ils auraient fait, mais pour ce qu'ils pourraient faire. Vous allez prétexter on ne sait quel acte passé (dix vitrines cassées à Poitiers, par exemple) pour les empêcher de nuire aux plans de votre infantile monarque. Vous dites que la « détection de la menace » est le « must de votre activité », nous disons que la fusion du judiciaire et du renseignement dans la DCRI fait d'elle un organe de terreur maligne. Pour tout vous dire, nous sommes assez curieux de voir comment vous allez réussir à travestir cette pure opération de police politique en mesure salvatrice pour la démocratie.

A force de vivre sous vos yeux, nous avons fini par pénétrer vos raisons, et nous les avons trouvées bornées. Naturellement, nous comprenons que vos dirigeants soient hantés par le spectre de la Grèce. Nous comprenons aussi leur inquiétude d'être tenus par à peu près tout le monde pour les pourritures qu'ils sont. Comme le reconnaissait récemment Mathieu Kassovitz, le mystère n'est pas qu'une poignée d'« extrémistes » se révoltent, s'émeutent, pillent et cassent, mais que la masse des gens, témoins chaque jour de l'aberration, de la manigance, de l'obscénité qui les gouvernent comme des formidables crimes du régime n'entreprennent rien pour s'en débarrasser. Il devient chaque jour plus difficile de ne pas comprendre pourquoi fracasser des banques ou des sièges de multinationales pétrolières, pourquoi attaquer des commissariats, pourquoi haïr la justice, la politique et le capitalisme. En Grèce, ce ne sont pas des anarchistes qui ont tenté de prendre d'assaut le parlement, mais des grévistes conséquents. Vous semblez croire qu'en nous soumettant à un harcèlement judiciaire et policier, qu'en exaspérant un nombre circonscrit de militants inscrits dans vos fichiers vous arriverez à pousser l'un ou l'autre à quelqu'acte délirant ou indéfendable, à faire naître chez quelqu'un le raisonnement que, quitte à finir en prison, autant que ce soit pour quelque chose de sérieux, et non pour un autocollant sur un distributeur de billet. Malheureusement pour vous, nous sommes assez lucides sur la situation, et aucun d'entre nous n'aspire au rôle héroïque d'avant-garde sacrificielle. L'existentialisme armé des années 70 ne nous tente pas plus que cela, et nous savons être patients. Notre existence témoigne simplement de la profonde maladie qui frappe votre ordre social; vous pouvez bien tenter de nous anéantir, la maladie restera, intacte et toujours aussi mortelle.

Monsieur Squarcini, depuis deux ans qu'existe la DCRI, le flambant « FBI à la française » que vous promettiez n'a réussi à s'illustrer que par deux chefs d'oeuvre : l'affaire de Tarnac et l'enquête sur les rumeurs de vaudeville présidentiel, si l'on excepte sa production cinématographique, tel que le grotesque reportage d'autopromotion diffusé récemment sur France 2. Arrêtez les frais, monsieur Squarcini! Et dissolvez la DCRI avant qu'elle ne soit noyée par le ridicule; le ridicule qu'il y a, par exemple, à se vanter de déjouer des attentats contre vous-mêmes.

En vous souhaitant une prompte retraite, à Gap ou ailleurs.

Comité Central de l'Ultra-Gauche Ultra-Organisée (CCUG-UO).

Indymédia Nantes

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01/07/2010

Académie du renseignement 2010

Vers un renforcement des moyens de renseignement

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Odile Jacob, La Documentation française, juin 2008) souligne la nécessité « d'un renforcement systématique de nos moyens de renseignement dans le cadre d’une planification d’ensemble, mise en œuvre selon quatre axes :

1. L'amélioration des ressources humaines se traduira par une attention renforcée au recrutement, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, au développement de filières spécialisées, au déroulement des carrières et à la formation, avec notamment la création d’une académie du renseignement. Parallèlement, un effort sera porté sur le renseignement de source humaine, qui devra être mis en adéquation avec la hiérarchisation de nos priorités géographiques.

2. La mise à niveau et le développement de nos moyens techniques sont indispensables. Ils impliqueront un effort important, dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication, dans le domaine de l'imagerie (satellites, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.) et de l'écoute (satellites, stations terrestres, bâtiment de la Marine, capteurs embarqués sur avions, drones, etc.). L'espace fera l’objet d’un effort spécifique, avec un doublement de ses crédits annuels sur la période du Livre blanc (ces crédits s’élèvent à 380 millions d’euros en 2008).

3. La rénovation du pilotage et de la coordination des services de renseignement se traduira par la mise en place du Conseil national du renseignement. Présidé par le Président de la République, ce conseil fixera les orientations aux services de renseignement, répartira les objectifs et rendra les arbitrages nécessaires. Parallèlement, le coordonnateur national du renseignement sera le point d’entrée des services de renseignement auprès du Chef de l’Etat.

4. Un nouveau cadre juridique définira l’exercice des missions des services de renseignement et les modalités de la protection du secret de la défense nationale ».

dossier de presse sur le Livre blanc, juin 2008.

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Une grande école pour espions

Le principe a été repris dans la loi de programmation militaire adoptée le 29 juillet pour les années 2009-2014. "La gestion sera harmonisée et davantage croisée entre services et entre ministères, notamment dans les domaines du recrutement et de la formation, indiquait le texte. Les parcours de carrière offriront plus de possibilités de mobilité entre les services. Des filières de formation commune seront créées ; la future académie du renseignement y contribuera."

Plusieurs rapports ont parachevé l'édifice. Le premier, confié à Bernard Pêcheur, membre du Conseil d'Etat, était consacré aux ressources humaines dans le domaine du renseignement. Remis au mois de juillet, le document écartait la création d'un statut unique, qui aurait mêlé les agents, mais préconisait la mobilité inter-services. Il insistait, dans ses conclusions, sur la multiplication de passerelles afin de "favoriser l'esprit de communauté". Et sur la nécessité de recruter des contractuels de haut niveau. Ces derniers, tout autant concernés par l'académie, sont de plus en plus présents, qu'il s'agisse de linguistes ou d'ingénieurs en informatique. Et de plus en plus "mutualisés" entre les différentes directions du renseignement, autant par souci d'économie que par esprit de rationalité.

Un second rapport, rendu à la même date par Florian Blazy, maître des requêtes au Conseil d'État, s'attachait, lui, à définir les contours d'une formation commune. Dans le tronc commun, seraient ainsi créés des "modules" de culture générale sur le renseignement, le panorama des menaces, les "règles" du secret, l'encadrement juridique, l'éthique, l'organisation du renseignement et son insertion dans le fonctionnement de l'État. La formation s'étendrait sur quelques semaines, à l'issue desquelles les agents des services spécialisés auraient appris à mieux se connaître. L'école du renseignement pourrait devenir un point de passage nécessaire pour évoluer dans sa carrière et obtenir un grade supérieur.

Le projet se heurte cependant au problème financier, particulièrement sensible avec la révision générale des politiques publiques (RGPP). Le budget de l'académie sera d'ailleurs l'un des points essentiels que va devoir étudier la mission de préfiguration. Pour cette raison également, mais pas seulement, des choix ont été opérés.

A ce stade en effet, la communauté du renseignement exclut les 1 300 policiers de la sous-direction de l'information générale (SDIG), rattachée à la sécurité publique. Créée en septembre 2008 lors de la réforme du renseignement policier, la SDIG est composée d'une bonne partie des effectifs des anciens renseignements généraux, brutalement séparés de leurs collègues qui ont opté pour la DCRI. Les gendarmes, qui tentent de développer leurs missions de renseignement, parfois non sans frictions avec les policiers, et qui possèdent un bureau de liaison antiterroriste, sont également écartés du dispositif.

La mission de préfiguration de l'académie du renseignement ne devrait pas achever ses travaux avant six mois.

Isabelle Mandraud

piqué au tas dans Le Monde - 09/01/2010

 

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L'Académie du renseignement mise en place par Lucile Dromer-North

Lucile Dromer-North devrait piloter la mise en place de la prochaine académie du renseignement, prévue par le livre blanc sur la défense pour renforcer le recrutement des agents. Étrangère au monde du renseignement, la fille de l’ancien banquier Jean Dromer est, en revanche, une spécialiste de la formation, notamment à l’ENA, où elle chapeaute actuellement le secteur de la formation permanente. C’est Bernard Bajolet, le coordonnateur du renseignement à l’Élysée, qui porte ce projet d’académie du renseignement, dont l’ouverture est prévue en septembre.

piqué au tas chez Le Figaro - 08/02/2010

 

 

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Lassard : Alors comment ça s’passe ? Je veux que vous me fassiez un résumé de la situation.


Mahoney : C’est peut être inutile.

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23/06/2010

Basse intensité, Marseille, un ancien journal, son site répertorié comme nuisible?!?

 

Le site Basse intensité est répertorié (encore) par google/firefox comme nuisible. Pourtant il a été nettoyé...

A Marseille, un journal de contre information existe depuis un bail. Il se nomme Basse Intensité. Le site qui le représente est presque inaccessible : il est simplement bloqué !! Le site a été piraté? vérolé?...

Les auteurs de Basse Intensité sont perplexes, mais perso je me demande s'ils ne se seraient pas trompé quant à l'origine de cette censure finale (*), et donc, que ce site soit répertorié comme étant nuisible non pas à cause d'un virus/code malveillant, mais pour des raisons différentes - cherchez bien... (le message suivant indique que non : des pages ont été modifiées)

Le site a été infecté (virus ou hacker ?) et certaines pages modifiées à notre insu. Pour cela, l'accès à ce site est interdit par certains moteurs de recherche pour une durée limitée. Tout a été réinstallé et cette version est nettoyée. Désolé si nous avons avons causé des désagréments...


Et donc, le site Basse Intensité est toujours répertorié comme nuisible alors qu'il ne l'est plus, (s'il l'a vraiment été un jour)....

Ce dont je doute : quand un site est nuisible, le plus souvent c'est à cause d'une personne malintentionnée, qui pratique le phishing. Cette personne envoie donc des milliers-ions de mails avec un lien à cliquer, menant vers une page page piratée, ou encore vers un hébergement gratuit anonyme, bref, vers une page contenant un code malveillant. Ce code récupérera pour le voleur, toutes les infos possible et imaginables présentes sur l'ordinateur de la victime. (mots de passes, nom et prénom, nom de l'ordinateur, etc etc...) Ou mieux! Capturera les infos que la victime tapera en toute confiance, via un faux formulaire (numéro et code confidentiel de CB, numéro de compte, etc) imité à la perfection.

Alors l'a-t-il vraiment été un jour (nuisible) ce site?
J'en doute! Pourquoi? Simple : ce genre de site est gênant pour l'état.

Jugez vous même : Basse intensité 2007 - 2009 (PDF, 52 pages - 8.93 Mo)

De toutes façon, le site a été nettoyé (voir plus haut) du header au pied de page! MAIS il est toujours répertorié comme un site nuisible. L'obstacle pour accéder au site est bien flippant.

J'insiste là dessus : le site de Basse Intensité a été nettoyé par le webmaster. Pourtant une page bien effrayante vient remplacer la page d'accueil. Il faut indiquer spécifiquement qu'on se fout de niquer son ordinateur, et qu'on veut quand même aller sur cette page. Pour l'internaute lambda c'est une raison quasi immédiate de ne pas finalement aller sur ce site. A chaque lien, le même manège recommence : site malveillant, etc...

Apriori, ces notifications se trompent pas souvent. Mais là, soit c'est un simple retard (vu que de toute façon le site a été corrigé), soit c'est du sabotage.

Toujours est il que c'est limite quand même. Surtout pour une plate forme de VRAIES informations. Non contrôlées par le gouvernement. Indépendantes. Réunies par des éléments du petit peuple. Pour le petit peuple. C'est ça qui les dérange!

Vous pouvez aller sur le site de Basse Intensité en toute confiance.
Anarzone s'en porte garant.


Informations à Marseille, non estampillées ETAT : http://basseintensite.internetdown.org/

(Sic!) Voilà, c’est fini... L’émission Basse Intensité s’est arrêtée ce 26 août 2009 après deux années de diffusion à Marseille. Rien de triste à cela. Rien, sinon l’annonce de nouvelles rencontres, envies et projets pour en finir avec... ce-monde-de-merde... Le site sera parfois alimenté de nos lectures et trouvailles. Les archives restent disponibles.

(*) Sans être parano, il s'avère que depuis quelques années, le gouvernement pense qu'il a tout intérêt à filtrer le net, et censurer les sites qu'il veut, sans préavis, ni prévenir le webmaster ou l'hébergeur (et si l'hébergeur est prévenu et/ou à l'origine de la censure, il y a encore quasi systématiquement possibilité qu'il ne prévienne pas le webmaster, surtout si l'hébergement est gratuit). Sans être parano, ça ne m'étonnera pas lorsqu'on me dira que tel FAI/hébergeur est complice de l'état, pour s'éviter une faillite soudaine et inexpliquée, par exemple, ou simplement pour montrer sa bonne volonté. Le message (citation ci-dessus) indique que des pages ont vraiment été modifiées à l'insu du pein gré du webmaster...

Lien direct pour l'article :

 

Idem, je suis allé sur Basse Intensité, no problemo (Probe).

14:52 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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