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10/03/2010

Mesure de Brice Hortefeux : Dissolution de l'association de l'amicale des lanceurs de parpaing d'Epernay

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Grand banditisme :

Michel Husson a reçu une pierre dans la tempe lors d'une intervention dans le quartier "Bernon" d'Epernay visant à interpeller un jeune homme circulant sans ceinture de sécurité.

Celui-ci, recherché depuis 2008 pour vol en bande organisée et qui avait quelques jours auparavant "menacé de mort des policiers", selon le ministre, a réussi à s'enfuir. "Entre une dizaine et une quinzaine d'individus" ont pris les policiers à partie et leur ont lancé "des morceaux de parpaings", a expliqué M. Hortefeux.

L'enquête, confiée au SRPJ de Reims et à la sûreté urbaine d'Epernay, mobilise "toute la brigade criminelle et, avec les techniciens, ce sont plus de vingt" membres de la PJ qui travaillent sur cette affaire, a confié une source proche du dossier.

Les enquêteurs comptent beaucoup sur les "éléments techniques et scientifiques" et la possibilité pour les témoins de s'exprimer "sous X" en se faisant domicilier au commissariat. Ils éviteront ainsi les risques de représailles.(extrait d'un article de Le Point)

A. BAUER : "La lecture de Architecte dans le Bâtiment, signé par B "suri" F., m'a parue d'un très grand intérêt. J'ai signalé et offert cet ouvrage à de nombreux journalistes et à un responsable policier, en soulignant son importance et sa qualité."

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02/03/2010

L’Allemagne censure la surveillance du Net et du téléphone

BUG BROTHER

La conservation des données de connexion (”logs“) a été jugée anticonstitutionnelle, ce mardi 2 mars, par la cour constitutionnelle allemande.

La loi, adoptée en 2008, obligeait les fournisseurs d’accès à l’internet, et les prestataires de téléphonie, à conserver les traces de ce que font leurs abonnés sur les réseaux de télécommunication (y compris leur géolocalisation), pendant 6 mois.

Elle visait à transposer la directive européenne sur la conservation des données, adoptée en 2006, afin de :

* pouvoir tracer et identifier la source d’une communication;
* pouvoir tracer et identifier la destination d’une communication;
* pouvoir identifier la date, l’heure et la durée d’une communication;
* pouvoir identifier le type de communication;
* pouvoir identifier la machine utilisée pour communiquer;
* pouvoir identifier la location des équipements de communication mobile.

A l’époque, le Comité des libertés civiles, Justice et Affaires intérieures du Parlement européen avait recommandé de ne l’autoriser qu’en cas de mandat judiciaire et de la limiter aux seuls crimes graves, de ne transférer les données aux autorités nationales que sur demande expresse, et au cas par cas, recommandations qui n’avaient pas été prises en compte par la Commission européenne.

La cour constitutionnelle allemande a pour sa part estimé que la loi n’était pas suffisamment transparente, qu’elle violait le secret des correspondances et n’encadrait pas suffisamment l’utilisation qui serait faite de ces données, que les mesures de sécurité censées les protéger étaient insuffisantes, que les motifs invoqués (la lutte contre la criminalité, le terrorisme et les menaces en terme de sécurité) n’étaient pas suffisamment clairs, ni proportionnés en terme de protection de la vie privée, et appelle donc à une destruction “sans délai” des données d’ores et déjà archivées.

Elle a également estimé qu’il s’agissait là d’une “intrusion particulièrement sévère (dans la vie privée, ndlr), d’une ampleur que notre système légal n’avait jamais connu jusqu’à ce jour“.

L’agence AP souligne que la cour constitutionnelle allemande n’a pas contesté la nécessité de la directive européenne mais précisé que le problème tenait davantage à son interprétation par le parlement allemand.

Près de 35 000 personnes, dont plusieurs personnalités politiques, journalistes, avocats, médecins, avaient saisi la cour constitutionnelle à ce propos, dans ce qui constitue le plus important recours collectif (”class action“) de l’histoire allemande.

Trois pays considèrent la cybersurveillance comme contraire à leurs constitutions

Les cours constitutionnelles de Bulgarie et de Roumanie avaient elles aussi considéré comme anticonstitutionnelles la législation sur la conservation des données de connexion, l’Irlande ayant, quant à elle, déposé plainte contre la directive de 2006 devant la Cour européenne de justice.

En décembre dernier, deux organisations de défense des libertés, l’association européenne EDRI (European Digital Rights) et le groupe de travail allemand sur la rétention de données (AK Vorrat) appelaient l’Union européenne à abroger la directive de 2006 sur la rétention des données de communication (2006/24/EC).

« EDRI et ses membres mènent des campagnes depuis plusieurs années contre cette directive, sur la base du fait qu’une telle rétention de données est nécessairement un acte arbitrairement intrusif.

Les données de communication sont bien plus que de simples journaux de communication comme dans le cas de la téléphonie fixe, révélant à qui et quand nous avons téléphoné.

Les données de trafic permettent maintenant de produire de véritables cartes des relations interpersonnelles, des activités et des intentions des personnes », rappelle au nom d’EDRI la présidente d’IRIS, Meryem Marzouki.

« Avec la mise en place croissante de bases de données massives au niveau national, et les projets actuels tendant à leur interopérabilité au niveau de l’Union européenne et à leur plein accès pour des objectifs de police, la directive sur la rétention des données ouvre la voie à de futures extensions de finalités, où des données auparavant collectées pour les besoins de la fourniture d’un service deviennent utilisées pour la surveillance des citoyens et leur contrôle social, quand il ne s’agit pas d’objectifs de renseignement. Cela n’est pas acceptable dans une société démocratique, et il faut y mettre fin immédiatement ».

En France, les particuliers peuvent eux aussi désormais saisir le Conseil constitutionnel

Ce jugement de la Cour constitutionnel allemande intervient alors que, depuis le 1er mars, tout justiciable peut désormais contester une loi et en demander l’abrogation en saisissant indirectement le Conseil constitutionnel à l’occasion d’un procès, saisine baptisée « question prioritaire de constitutionnalité » dont la procédure, cela dit, relèverait du parcours du combattant.

En décembre 2001, suite à l’adoption, en urgence, de la Loi Sécurité Quotidienne (LSQ) par le gouvernement Jospin qui, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, décida, bien avant la directive européenne, de placer l’internet sous cybersurveillance, des dizaines de collectifs et associations de défense des droits de l’homme avaient ainsi préparé une Saisine citoyenne du Conseil constitutionnel.

Le sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt, au moment de voter la LSQ, avait lui-même reconnu, avec un lapsus lourd de sous-entendus, le caractère anticonstitutionnel de cette loi, qui n’en a pas moins servi de socle pour une partie de la vingtaine de lois sécuritaires adoptées depuis lors : « Il y a des mesures désagréables à prendre en urgence, mais j’espère que nous pourrons revenir à la légalité républicaine avant la fin 2003 » (date à laquelle un rapport devait être fait pour estimer la pertinence, ou non, de la LSQ).

L’eurodéputée Alima Boumediene-Thiéry et le sociologue Fabien Jobard, de leur côté, dénonçaient la façon cavalière qu’avait eu le Parlement d’adopter cette LSQ :

Plutôt que de prendre les quelques jours nécessaires au débat parlementaire et au contrôle par le juge, le gouvernement a préféré marchander avec les parlementaires la non saisie du Conseil constitutionnel, et clore par une manigance d’alcôve des manoeuvres procédurales indignes des textes qu’il a fait adopter. La sécurité est-elle élevée, comme on le voulait, au rang de bien public ? Non : le gouvernement préfère en faire sa petite chose, camouflée par des procédures iniques, couvertes d’un voile de honte.

En France, précise la CNIL, les opérateurs de communications électroniques sont tenus de conserver les données relatives au trafic pendant un an, et les opérateurs ne doivent conserver que “les seules données techniques” :

* informations permettant d’identifier l’utilisateur [par exemple : adresse IP, numéro de téléphone, adresse de courrier électronique] ;
* données relatives aux équipements terminaux de communication utilisés ;
* caractéristiques techniques ainsi que de la date, de l’horaire et de la durée de chaque communication ;
* données relatives aux services complémentaires demandés ou utilisés et à leurs fournisseurs ;
* données permettant d’identifier le ou les destinataires de la communication.
* ils n’ont aucune obligation de constitution de fichiers nominatifs des utilisateurs : les organismes fournissant une connexion Wi-Fi peuvent choisir d’offrir cette prestation sans procéder à l’identification des personnes. Ils ne sont alors tenus que de détenir les données techniques créées par l’utilisation de leurs services ;
* ils ne peuvent conserver les informations relatives au contenu des communications : le texte d’un SMS, l’objet d’un e-mail…

Voir aussi le texte complet de la saisine citoyenne initié en 2001, “Saisissons-nous de la sécurité !“, par Alima Boumediene-Thiéry et Fabien Jobard, et “Sécurité, sur tous les murs, j’écris ton nom…“, tribunes appelant, en 2001, à une saisine citoyenne, la couverture qu’en avait dressé le bulletin lambda, et notamment le reportage photo qu’il avait consacré à la cérémonie d’”enterrement des libertés” qui avait suivi cette saisine citoyenne et, sur ce blog :
Comment contourner la cybersurveillance ?
Le FBI menace les acheteurs de DVD
Bajolet a-t-il dénoncé des agents de la DGSE ?
Quand Francis Delattre légalisait les fichiers policiers
Les pédophiles n’ont rien à craindre de la LOPPSI. Les internautes, si.

jean.marc.manach (sur Facebook) & @manhack (sur Twitter)

17:50 | Lien permanent | Commentaires (0) |

26/02/2010

Paris : Thalès occupé par des opposant-e-s à la tyrannie technologique

article repris de chez le JL :

Aujourd’hui mercredi 24 février 2010, un rendez-vous pour une action contre la tyrannie technologique avait été donné à 10 heures place du Châtelet. Cette action intervenait le lendemain de la fin de la campagne de promotion et d’acceptation des nanos initiée en octobre par la CNDP. À cette occasion, plus de 200 opposant-e-s au nanomonde et à la tyrannie technologique en général (OGM, biométrie, nucléaire, vidéosurveillance…) s’étaient réuni-e-s pour un vrai débat public à la CIP à Paris (Voir compte rendu).


Ce matin 80 personnes se sont donc rassemblées place du Châtelet. Un camion de police était déjà présent, et quelques flics en civil. Vers 10h30, nous prenons le métro en groupe pour nous rendre vers notre premier objectif : le siège de l’entreprise «I&E consultant», spécialiste en «stratégie d’opinion», et embauchée par le ministère de l’Écologie pour épauler la CNDP dans sa campagne pro-nanos (Plus de précisions sur cette agence de com’).

Des flics en civil nous suivent plus ou moins discrètement dans les couloirs du métro. Arrivés à la station «Bonne Nouvelle», nous sommes accueillis par six camions de la police nationale. Deux camions nous dépassent avec les gyrophares, et prennent position devant I&E. Qu’à cela ne tienne, ce ne sont pas les objectifs qui manquent. Retour au métro pour de nouvelles aventures.

Le plan B, c’est Thalès, une boîte spécialisée dans les systèmes informatiques militaires et de sécurité. C’est l’entreprise qui vient de mettre au point le système Hypervisor. Nous sortons cette fois à la station Anatole France, et nous nous dirigeons au pas de course vers les bureaux de Thalès. Cette fois, la police est prise de cours, et nous entrons dans le hall de l’entreprise.

Un vigile tente de nous empêcher de rentrer. Parmi les dernières personnes du groupe, deux se font attraper par le vigile et un employé zélé de Thalès qui s’est senti obligé de lui prêter main forte. Un flic en civil qui nous avait suivi depuis le début intervient pour les aider. Des personnes reviennent en arrière et parviennent à faire rentrer nos amis.

Nous investissons le hall — des employés s’empressent de mettre en lieu sûr les maquettes de drônes et de chars qui le décorent… On nous dit aussi que «c’est dommage vous n’êtes pas venus la bonne semaine», tous les directeurs sont au ski, du PDG Luc Vigneron au directeur «éthique et responsabilité des entreprises»…

Une banderole est déployée devant l'entrée : «Ta laisse électronique, une usine à fric». Sous les slogans et chants «Flics, chercheurs ou militaires qu’est-ce qu’on ferait pas pour un salaire», «Ordre, croissance, sécurité», «Ta Laisse électronique, Tyrannie technologique»… les employé-e-s de Ta Laisse partent déjeuner bien tôt, nous évitant pour la plupart au maximum. Après avoir diffusé de nombreux tracts (voir ci-joint), l’action s’est conclue par un départ en cortège dans Neuilly jusqu’au métro.

Nous avons saboté la campagne de promotion de la CNDP, et nous n’en resterons pas là !


le pluche de Probe :

LES ENTREPRISES ENGAGEES DANS LES NANOTECHNOLOGIES dossier PDF

deuxième lien: entreprisesnano.pdf

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source image Le Monde Diplomatique : http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:_otFYb2viiSNYM:http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/jpg/artoff14209.jpg

09:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/02/2010

PIGS... Le destin des USA est-il de suivre la Grèce dans sa crise ?

Glenn Beck: Is U.S. Doomed to Follow Greece Into Crisis?

Friday, February 12, 2010

 

Grève générale en Grèce contre le plan d'austérité

AP | 24.02.2010 | 10:48

Les salariés du public et du privé ont entamé mercredi une grève générale de 24 heures en Grèce afin de protester contre le plan d'austérité du gouvernement, destiné à assainir les comptes publics du pays.

Cette première grève générale depuis l'élection du gouvernement de centre-gauche en octobre dernier a déjà entraîné l'annulation de tous les vols au départ et à l'arrivée des aéroports grecs. Les trains et les bateaux fonctionnaient au ralenti.

Des millions d'habitants de la banlieue athénienne ont dû trouver des solutions pour se rendre dans la capitale, alors que les écoles et les administrations étaient fermées. Les journalistes suivaient également une grève de 24 heures.

Deux manifestations séparées sont prévues dans le centre d'Athènes, à l'appel des deux principales confédérations syndicales, celle du secteur privé, GSEE, et celle du public, ADEDY, toutes deux férocement opposées aux mesures de rigueur annoncées par le gouvernement de Georges Papandréou. Le Premier ministre socialiste a promis à Bruxelles de ramener le déficit public de 12,7% du PIB à 8,7% cette année. AP

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Grèce : Bruxelles nie toute avance de fonds

[ 22/02/10  - 18H44   - actualisé à 18:56:00  ]

Le "Spiegel" a affirmé lundi qu'un plan de 25 milliards d'euros serait à l'étude. L'idée d'aider un pays qui a fauté continue de hérisser la majorité des Allemands.

Les propos du "Spiegel" n'y ont rien fait. Le journal allemand avait beau avancer, dans son édition de samedi, que les pays de la zone euro travaillaient actuellement à l'élaboration d'un plan visant à débloquer jusqu'à 25 milliards d'euros pour venir en aide à Athènes, les démentis ont fusé. Lundi, à Bruxelles, c'est le porte-parole de la Commission, Amadeu Altafaj, qui a réagi : "Je n'ai pas de commentaire à faire sur un tel plan qui n'existe pas", a-t-il assuré. Et de poursuivre: "Il n'y a pas le moindre euro, car la Grèce n'a pas demandé le moindre euro d'aide financière."

La veille, c'était le ministère allemand des Finances, qui avait également nié un tel projet. Des dénégations qui s'expliquent en partie par le contexte politique allemand: l'idée d'un soutien financier à la Grèce continue d'être très largement rejetée outre-Rhin. Hier, le plus populaire des journaux allemands, "Bild", croyait savoir, en "une", que la facture de la banqueroute grecque pourrait aller "jusqu'à 5 milliards d'euros" pour ses compatriotes (voir photo ci-dessus). D'où la prudence d'Angela Merkel sur ce dossier, qui a obtenu des Européens qu'ils n'affichent qu'une solidarité de principe avec la Grèce, sans évoquer le moindre transfert financier. Hier, un porte-parole du ministère allemand des Finances a même estimé qu'il allait "sans conteste falloir réfléchir" à la question de "nouvelles règles et possibilités de sanction" contre les pays dont les finances dérapent.

Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, préférerait pourtant une déclaration forte de ses partenaires européens - donc une annonce chiffrée. Alors que l'Etat grec doit bientôt procéder à une émission de dette, le chef du gouvernement a estimé qu'un soutien plus explicite de ses partenaires lui permettrait d'emprunter sur le marché "à des conditions normales", et non à des taux prohibitifs.

Une pression maximale

En attendant, les Européens maintiennent une pression maximale sur Athènes. Alors qu'une grève générale est prévue demain dans le pays, des membres de l'Union européenne, de la Banque centrale européenne et du FMI doivent se rendre, cette semaine, sur place, pour discuter avec le gouvernement des mesures d'austérité additionnelles qu'il pourrait mettre en oeuvre. Seraient notamment à l'étude une hausse de la TVA ainsi que de nouvelles coupes dans les salaires des fonctionnaires. Dans cette grisaille, le gouvernement grec peut s'accrocher à une lumière: un nouveau sondage vient de confirmer le large soutien populaire dont il jouit actuellement. Trois quarts des Grecs sont opposés aux grèves tant que la crise n'est pas passée, et la même proportion reproche au gouvernement... d'avoir tardé à prendre ses mesures d'austérité.

GABRIEL GRESILLON

Notre dossier

Peur sur les " PIGS"

 

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L'Amérique sous la menace d'une crise grecque

Les Etats-Unis pourraient être confrontés à une crise financière et de confiance aussi grave que celle de la Grèce.

Mercredi 24 Février 2010 SLATE.fr

L'Amérique pourrait bien un jour prochain se retouver dans la même situation que la Grèce. Le Midwest ne sera pas recouvert de ruines anciennes et les Texans ne troqueront pas leur hamburger pour de la feta. Je veux dire que la crise financière grecque est comparable à ce que pourraient connaître les Etats-Unis dans quelques années s'ils continuent à faire les mêmes erreurs que les Grecs au cours des dix dernières années.

Vous n'avez pas suivi cette saga? C'est très simple à résumer: la Grèce a fait faillite. Et bien que la faillite de la Grèce ait défrayé la chronique seulement la semaine dernière (le grave état financier d'Athènes menace la stabilité de l'euro), la vérité, c'est que la Grèce est en faillite depuis plusieurs années. En 2009, son déficit budgétaire représentait 12,7% de son PIB (produit intérieur brut); sa dette globale n'atteignait pas moins de 113,4% de son PIB. Ce ne sont pas des situations qui se créent du jour au lendemain.

Très faibles investissements étrangers

Certains des problèmes que rencontre la Grèce sont très spécifiques. Le système juridique du pays est complètement désuet, la bureaucratie semble tout droit sortie d'un roman de Kafka, et certaines de ses lois sont d'une complexité inutile, pire qu'aux Etats-Unis. A titre d'exemple, le Wall Street Journal nous apprend que la Grèce est pratiquement le seul pays développé à ne pas disposer d'un système de cadastre centralisé et informatisé. Par conséquent, des agriculteurs pourraient exploiter en douce des terrains publics et en devenir finalement les propriétaires de facto. En outre, comparée au reste de l'Europe, l'économie de la Grèce est particulièrement fermée. Les obstacles à l'implantation d'une activité commerciale sont très nombreux, aussi bien sur le plan juridique qu'informel, ce qui explique en partie que le niveau d'investissements étrangers dans le pays soit l'un des plus faible du monde.

La Grèce porte ces fardeaux depuis très longtemps. Pourtant, rien n'a été fait, car ce pays caractérisé par une politique partisane est complètement paralysé. Il suffit de voir ce qui se passe quand le gouvernement tente de réformer la sécurité sociale (repousser l'âge de la retraite, mettre fin aux retraites anticipées): des émeutes généralisées ont eu lieu après l'adoption d'un projet de loi sur la réforme des retraites, et le gouvernement s'est mis à dos la population à tel point qu'il a perdu les élections. On ne peut pas moderniser le système de cadastre grec parce que ceux qui se sont illégalement approprié des terres riposteront. On ne peut pas réduire les barrières à l'investissement parce que les lobbies économiques sont plus puissants que les responsables politiques.

La classe politique grecque est consciente des problèmes économiques de son pays, mais elle nie leur existence. Au mois de janvier, la Commission européenne a publié un rapport dans lequel elle accuse le ministre grec des Finances et le service des statistiques du pays de «graves irrégularités» découlant des «données inexactes» qui ont été fournies. Traduit en langage européen, les commissaires pensent que la Grèce a menti. Le déficit budgétaire de 12,7% devait, selon les prévisions initiales, être de 3,7 %. En outre, beaucoup d'autres chiffres communiqués par la Grèce semblent bien pires en réalité. Aucun pays ne fait des erreurs de calcul comme celles-là par accident.

La Grèce n'est pas seule à présenter une telle faiblesse financière. Plusieurs autres pays européens sont actuellement dans le même cas: on les appelle les PIGS: le Portugal, l'Italie - ou parfois l'Irlande -, la Grèce et l'Espagne. (Outre la simple succession des lettres qui constituent le sigle, «pigs» signifie «cochons» en anglais).

Et l'Amérique?

Sur un plan un peu différent, les Etats-Unis ont une faiblesse qui s'apparente à celle de la Grèce. Bien que ses problèmes soient différents, l'Amérique est elle aussi paralysée politiquement, avec une politique fortement partisane. Impossible de réformer la sécurité sociale américaine. George W. Bush a «essayé» sans conviction; en fait, il a abandonné avant même de commencer véritablement. La réforme santé demeure incertaine. Hillary Clinton n'a pas réussi. Quant à Barack Obama, malgré sa coûteuse tentative d'édulcorer son projet, il risque lui aussi d'échouer sur ce front. On ne peut pas diminuer l'influence des lobbyistes. On ne peut pas dompter la capacité des groupes d'intérêts à influer sur les lois. Certes, les agriculteurs américains ne squattent pas les terrains appartenant au gouvernement fédéral, mais certains d'entre eux dépendent d'énormes subventions perturbatrices, qu'on ne peut apparemment pas réduire.

Heureusement que Washington n'a pas besoin de remettre ses statistiques financières à une entité supranationale comme la Commission européenne. Nul besoin, donc, de mentir aussi franchement sur les chiffres. Mais outre le gros déficit budgétaire des Etats-Unis à l'heure actuelle (9,9% du PIB, et il est en hausse), la Maison Blanche a également un passif rarement reconnu. Les coûts de Medicare et de Medicaid sont en train d'augmenter, de même que le coût des soins réservés aux vétérans. Les marchés considèrent que les immenses dettes liées au sauvetage des établissemenys de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac sont pris en charge gratuitement par le gouvernement américain. Et il se peut que ces institutions demandent au gouvernement de les financer de nouveau à l'avenir. Personne ne ment à ce sujet, mais il faut dire qu'on n'en parle pas beaucoup.

Bonne nouvelle, cependant: la faillite du gouvernement américain ne fait pas la une. Et ce n'est pas demain la veille. La simple taille du pays, l'entrepreneuriat propre aux Etats-Unis et leur culture du business relativement ouverte leur permettront d'avancer pendant encore longtemps. Néanmoins, la crise grecque montre que la combinaison dette-impasse politique peut s'avérer fatale. La catharsis que nous ressentons en observant les événements (ce mélange de pitié et de crainte selon Aristote) devrait nous rendre bien plus inquiets que ce que nous l'avons été jusqu'ici.

Anne Applebaum

Traduit par Micha Cziffra

LIRE EGALEMENT: L'arnaque grecque, Tragédie grecque, débandade européenne et Le dollar va-t-il se crasher?

Image de une: le cadran à New York qui mesure en temps réel la dette de l'Etat fédéral américain Shannon Stapleton / Reuters

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21/02/2010

1947 - Le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing oblige le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles...

retrouver ce média sur www.ina.fr

 

A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

 

Date de l'événement

03-12-1947

Date de diffusion

11-12-1947

Titre Collection

Les Actualités Françaises

Résumé

De violents mouvements de grèves se développent dans les mines du Nord. Des actes de sabotage ont lieu. L'un d'entre-eux provoque le déraillement de l'express postal Paris-Tourcoing obligeant le gouvernement à prendre des mesures exceptionnelles.

Contexte Historique

A la fin de l'année 1947, une importante vague de grève paralyse la France pendant plusieurs semaines. Le mouvement connaît certains débordements et oblige le gouvernement à réagir fermement. Depuis le début de l'année, les tensions n'ont cessé de s'accentuer, à la fois pour des raisons économiques et matérielles (inflation et vie chère, difficultés du ravitaillement et baisse des rations officielles) et des raisons politiques (rupture du tripartisme et exclusion des ministres communistes du gouvernement en mai 1947).

Le mouvement de grève prend naissance à Marseille au début du mois de novembre. Une hausse des tarifs de tramways décidée par la municipalité déclenche une grève des usagers qui tourne à l'émeute. Le mouvement fait tâche d'huile : de nombreuses gares sont occupées et les communications bloquées entre le Midi et Paris. Le 15 novembre, c'est au tour des mineurs de se mettre en grève pour protester contre la révocation d'un communiste du conseil d'administration des Houillères. Puis le mouvement s'étend à différentes branches professionnelles (cheminot, métallos, textile...). Le 28 novembre, la CGT forme un comité central de grève qui coordonne les opérations.

L'économie est paralysée. Pour couper les voies de communication, des actes de sabotage ont lieu. C'est l'un d'entre-eux qui provoque le déraillement à Arras le 3 décembre 1947 du train Express Paris-Tourcoing : la catastrophe fait 16 morts et une trentaine de blessés. Les origines de ce sabotage n'ont pas été clairement établies mais les autorités accuseront les communistes d'en être à l'origine. Cet accident renforcera ainsi la volonté du ministre de l'Intérieur Jules Moch d'en finir avec les grèves par la force (mobilisation de toutes les forces de l'ordre et rappel des réservistes, envoie des CRS dans les mines du Nord afin de faire respecter la liberté du travail...). Les conséquences des grèves de 1947 sont importantes. La mobilisation de la CGT et des communistes en faveur de la reconstruction est désormais terminée et ces deux organisations n'hésitent plus à appeler à la grève. Mais l'union de la classe ouvrière réalisée à la Libération éclate également. Les éléments non communistes de la CGT, qui refusent l'utilisation du syndicalisme à des fins politiques, décident de faire scission et jettent les bases d'une nouvelle organisation, la CGT-Force ouvrière.

Eclairage Média

Alors que la musique de fond présente un caractère dramatique, le reportage condamne violemment l'acte de sabotage de la voie ferrée reliant Paris à Tourcoing. Les images sont particulièrement violentes (corps ensanglantés et déchiquetés, vêtements arrachés). Le commentaire effectue un certain amalgame entre les mouvements de grèves et les actes de sabotage. Il se termine également en montrant Maurice Thorez faisant dans un discours l'apologie de la grève, soulignant ainsi la responsabilité des communistes dans le mouvement de contestation sociale et ses débordements. Le commentaire insiste sur le fait que Thorez revienne de Moscou, dénonçant ainsi sa soumission à Staline, et effectue plusieurs plans fixes sur l'emblème du communisme mais également celui de l'URSS, la faucille et le marteau.

Transcription

 

 

(MUSIQUE)

Commentateur

Climat de trouble, c'est l'atmosphère de cette semaine. Dans les mines du Nord où l'effervescence continue, les compagnies de sécurité ont du intervenir, pour libérer les puits, des piquets laissés par les grévistes pour empêcher tout travail. Les forces de police, munies du matériel anti-gaz, n'ont pas eu, la plupart du temps, à faire usage de la force. Mais en d'autres endroits, l'épreuve a pris un caractère nettement dramatique, car en dehors de l'opposition ouverte, le sabotage, sous toutes ses formes, a pris sa place dans l'agitation. Près d'Arras, l'express postal Paris-Tourcoing a déraillé par suite de l'action de criminels anonymes, qui avaient déboulonnés les rails sur 25 mètres. 24 morts, une quarantaine de blessés, tel est le bilan de cet attentat abominable que toutes les consciences françaises se doivent de flétrir.

(MUSIQUE)

Commentateur

Les mécaniciens du train, visages émouvants d'honnêtes hommes en proie au malheur, donnent le sens de l'attitude des cheminots, devant l'effroyable tragédie. Cependant, précaution contre des mouvements possibles, des forces de police étaient établies un jour autour du Palais Bourbon où l'assemblée continuait la discussion des pouvoirs demandés par le gouvernement. Loi temporaire dont le vote exigea quatre jours de séances mouvementées. C'est dans cette atmosphère que M. Maurice Thorez, leader du parti communiste revenu de Moscou, allait à Hénin-Liétard fêter la Sainte-Barbe, au milieu de ses compagnons d'autrefois. Et plusieurs milliers de personnes écoutaient, l'ex vice-président du Conseil, faire l'apologie de la grève.

 

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15/02/2010

Anfass: une organisation de renseignements vous tient à l'oeil

13/02/2010

Sébastien SOUMAGNAS

«Devant l'augmentation de la délinquance (...), devant les risques (...) de terrorisme, l'Association Fraternelle des Anciens des Services de Sécurité (Anfass)» a créé une réserve citoyenne.

Voilà un an et demi que s'est créée l'Anfass, rassemblant des personnes de nationalité française dont «la mission est de participer à la défense, à la sécurité et à la justice de la France». Avec au premier rang de ses préoccupations la délinquance et le «terrorisme d'Al Caida (sic) et de l'ETA».

La plupart des personnes qui sont membre de l'Anfass sont des anciens combattants, des anciens militaires des services spéciaux, des renseignements, des policiers, des magistrats... Bref des gens du métier. Cela dit, quiconque peut postuler mais devra tout de même montrer «patte blanche». En effet, une enquête sera menée et un casier judiciaire vierge sera demandé.

Avec son siège social situé à Limoges, l'Anfass a pour ambition d'ouvrir une délégation dans chaque département. A l'heure actuelle, plus d'un tiers existe dont une délégation située à Urt. L'association tient tout de même à préciser qu'elle ne met pas en place une milice «car nous ne sommes pas armés» selon Mme Tarraso membre de l'association. Il s'agit d'un réseau d'information, basé sur l'observation. Les personnes adhérentes «participent à la défense de la Nation, à la prévention des conflits et à la protection de la population».

Chaque délégué départemental est la personne vers laquelle sont rapatriées les informations et elle est la seule habilitée à entrer en contact avec les Services Officiels (gendarmerie, police, RG...). Le délégué est aussi entouré d'avocats, magistrats et autres conseillers.

L'Anfass se veut «une des réponses au problème de la délinquance», qui fait appel à l'esprit civique. L'association se pose dans un «rôle préventif «, en s'appuyant sur «la vigilance».

Si elle se développe, peut-être aurez-vous la chance d'être «sauvé» par un voisin de l'Anfass...


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Eric Hazan : "Mes livres sont des armes"

Editeur insurgé, Eric Hazan dégaine une douzaine de livres par an comme autant de boulets rouges contre le monde capitaliste. L’insurrection qui vient, attribué à Julien Coupat et au Comité invisible, reste son plus beau coup.

Le 15 février 2010 - par J.M Colard, J.M Durand et Nelly Kaprielian

Vent de polémique. Par articles interposés parus fin décembre dans Libération, l’éditeur Eric Hazan et le journaliste Laurent Joffrin ont posé, dans un échange aussi poli qu’incisif, les jalons du drame qui agite la gauche française : la division consommée entre son versant mou, tendance social-démocrate, et ses penchants plus radicaux, voire subversifs.

Contre “le maintien de l’ordre établi” auquel Joffrin et ses amis d’une gauche “moribonde” travailleraient, Eric Hazan invite carrément à “l’insurrection”.

D’ailleurs, elle arrive déjà, pour reprendre le titre de l’ouvrage L’insurrection qui vient que Hazan a édité en 2007.

Ecrit par un mystérieux Comité invisible, l’essai a profité d’une caisse de résonance imprévue avec l’affaire Tarnac.

En mettant le livre au coeur de l’enquête, en prêtant à Julien Coupat la responsabilité partielle de son écriture, le pouvoir a lui-même pris au sérieux cette nouvelle littérature insurrectionnelle.

De sorte qu’à la querelle entre Joffrin et Hazan, vieille comme la gauche elle-même, ce brûlot, vendu à plus de 40000 exemplaires, a redonné une nouvelle vitalité.

Comment contester le monde aujourd’hui : en s’accommodant de ses fondements ou en les réinventant radicalement ?

Douze ans après la création de sa maison d’édition, La Fabrique, dont il protège farouchement l’indépendance, Eric Hazan a créé un espace à part dans l’édition en France : un lieu de résistance avec une économie modeste qui publie une douzaine de livres par an.

De Jacques Rancière à Alain Badiou, les auteurs de La Fabrique participent à l’élaboration d’une critique articulée du monde capitaliste contemporain et à l’invention d’une voie possible pour en sortir.

Dans le petit bureau du haut de Belleville à Paris, qui abrite ses livres et les deux personnes qui travaillent avec lui, Eric Hazan nous reçoit chaleureusement.

A 74 ans, il a des airs de combattant, l’oeil vif, le tutoiement direct, affirmant calmement que la guerre civile est en cours. Rencontre avec un éditeur insurgé.

ENTRETIEN > La querelle qui t’a opposé au directeur de la rédaction de Libération est-elle le symptôme d’une césure irrémédiable entre deux gauches ?

Eric Hazan – Plusieurs journalistes de Libération – Karl Laske, Pierre Marcelle, Edouard Launet – ne sont pas du tout sur la position de Laurent Joffrin, qui représente selon moi une gauche moribonde, tellement peu différente de la droite qu’elle a au fond peu de raisons d’exister.

Tu vas jusqu’à reprocher à Jospin…

Jospin ? Non, Joffrin ! Le lapsus est joli…

Pardon. Tu reproches à Joffrin de participer à l’ordre établi : l’attaque est forte.

Les valeurs dont il se réclame sont les mêmes que celles de la droite pour le maintien de l’ordre. Les libertés publiques, les droits de l’homme, la République, l’Etat de droit sont des oripeaux ; tout cela n’existe pas. Dans ce pays, le droit est constamment foulé aux pieds au nom de l’Etat de droit ; au nom de la République, on va faire voter une loi pour interdire le port du voile intégral. C’est absurde et scandaleux.

Pourquoi ?

Jacques Rancière a écrit un beau papier dans Libé sur les victimes : il explique que l’un des projets de loi prévoit d’infliger une amende aux femmes voilées tout en reconnaissant leur statut de victimes. Ce sont des victimes, punissons-les, c’est la logique de la loi. Une honte.

Assumes-tu dans son entier le texte du Comité invisible, L’insurrection qui vient ?

Complètement. J’ai même travaillé avec les auteurs. Comme ils l’ont écrit, je ne crois pas que l’on puisse amender le système avec des bouts de ficelle et des rustines. Je ne crois pas au postulat général selon lequel il n’y a pas de salut en dehors du capitalisme et qu’il suffit de le moraliser, de l’aménager. C’est impossible : tant que le capitalisme et l’économie de marché existeront, l’injustice et les inégalités croîtront. On essaie aujourd’hui de nous persuader que ce système a toujours existé et qu’il n’y a pas d’issue possible, à part le goulag. Mais le système capitaliste n’existe que depuis deux cents ans. On croit qu’il n’y a pas d’alternative théorique mais on parle de plus en plus du communisme ; j’ai été, je crois, l’un des premiers à essayer de redonner un sens à ce mot dans un livre publié en 2005 aux Prairies ordinaires, Faire mouvement. J’ai dit : je suis communiste, le communisme est la seule raison de s’intéresser à la politique. A l’époque, Mathieu Potte-Bonneville qui m’interrogeait en est resté interloqué J’ai envoyé le livre à Alain Badiou, que je ne connaissais pas, en le dédicaçant “A Alain Badiou, communiste”. Il m’a dit un jour que ça l’avait fait réfléchir. Cela a peut-être participé à sa propre réflexion sur l’hypothèse communiste.

Sur quoi repose la résurrection de l’idée communiste ?

Les gens sentent qu’il n’y a plus à choisir entre la droite et la gauche mais sur la façon de sortir du capitalisme. C’est la question clé. Si cela reste dans le domaine de l’idée, on va tourner en rond. Pour moi, réfléchir au communisme, ce n’est pas aller vers une organisation politique mais vers des réflexions pratiques.

Lesquelles ?

Comment abolir le salariat ? Par quoi le remplacer ? L’histoire de l’Union soviétique a montré que l’appropriation collective des moyens de production n’était pas le vrai communisme ; cela a débouché sur un désastre car on a gardé le salariat. Autre problème clé : comment sortir le travail de sa position centrale dans la vie sociale ? Comment faire pour que le travail ne soit plus un élément clé autour duquel tout s’organise ? Si on reste dans une problématique marxienne, si le travail reste central, alors on se situe sur le terrain de l’adversaire et on est forcément perdant.

La fin du travail ne reste-t-elle pas une idée purement théorique ?

Je ne prône pas forcément la fin du travail mais celle du travail salarié. On ne devrait plus considérer le travail comme la base de l’organisation sociale. Mais bien entendu, il faudra continuer à travailler.

T’intéresses-tu à l’écologie politique, qui réfléchit à la place du travail dans l’organisation sociale ?

Je ne sais pas ce que c’est. L’écologie me dérange. J’ai une réticence à la fois avec la notion et avec le mot. On va publier bientôt un nouveau livre de Badiou, L’Ecologie, nouvel opium du peuple. L’écologie est une nouvelle manière pour le pouvoir de faire passer tout ce qu’il veut.

N’est-ce pas pourtant l’une des seules idées fortes qui ait émergé dans la vie politique ces dix dernières années ?

Cela a peut-être amené des gens à réfléchir à la politique mais ce n’est pas une issue : la meilleure preuve, c’est ce qu’elle est métabolisée par le système. L’industrie écologique est la seule branche de l’industrie avec une croissance à deux chiffres. Le capitalisme est en train de digérer l’écologie. On voit bien le rôle politique d’Europe Ecologie, c’est une espèce de sous-PS censé récupérer les gens que le PS dégoûte un peu, comme Joffrin. Pour moi, l’écologie est de l’autre côté de la ligne de front de la guerre civile.

La guerre civile existe donc ?

Oui, elle existe. J’ai écrit en 2004 Chronique de la guerre civile. Puis Changement de propriétaire, la guerre civile continue au moment de l’élection de Pompidou…

Pas Pompidou, Sarkozy ! A ton tour de faire un lapsus intéressant…

Oui, Sarkozy ! Un partout. La guerre civile continue, elle se durcit même.

Comment as-tu travaillé avec le Comité invisible ?

J’en connaissais certains, ce sont des amis. Mais j’ignore combien ils étaient dans leur groupe.

Quel âge ont-ils ? Autour de 30 ans.

Comment protèges-tu leur anonymat ? Ont-ils un contrat ?

Il n’y a ni contrat ni droits d’auteur, ils n’en ont pas voulu. Ils ont revendiqué l’anonymat pour une raison éthique ; pas pour se protéger mais pour ne pas prendre la posture de l’auteur.

As-tu été surpris par le succès du livre, sorti sans promotion ?

Le livre marchait très bien avant même le déclenchement de l’affaire Tarnac. On en avait vendu 8000, c’est beaucoup pour un livre de La Fabrique. Mais la promotion faite par la ministre Alliot-Marie ou le procureur Marin a fait décoller les ventes : on a dépassé les 40000 exemplaires. Le texte parle de la guerre civile, de la création de “communes”, du détournement de primes accouchement comme acte révolutionnaire.

N’est-ce pas un peu court comme propositions ?

Il y a deux parties dans le texte : un état des lieux et une liste d’actions pour sortir de cet état. Cette seconde partie est plus complexe, c’est vrai. Plus qu’un nouveau mode d’organisation et d’action politique, il faut inventer un nouveau mode de vie.

C’est donc une utopie absolue ?

Le mot “utopie” ne me gêne pas quand on voit où le réalisme nous mène. Camille Desmoulins disait en 1793 : en 1789, nous n’étions pas dix républicains. La république était encore du domaine de l’utopie.

Entre le capitalisme sauvage et le goulag, la social-démocratie a quand même proposé une autre voie depuis cinquante ans ?

La social-démocratie propose mais elle ne fait pas. Selon moi, la trahison des promesses est consubstantielle à la social-démocratie. Promettre et ne pas tenir, c’est dans leur nature.

La gauche dominante et la droite, ce serait bonnet blanc, blanc bonnet ?

De l’autre côté de la ligne de front – Jospin, Joffrin, Sarkozy –, ils sont d’accord sur l’essentiel : la sauvegarde du capitalisme et du marché. Ils se disputent comme Guignol et le commissaire au théâtre de marionnettes. Si les socialistes étaient au pouvoir aujourd’hui, ils continueraient à virer des sans-papiers mais de façon moins ostentatoire, avec un peu moins de méchanceté. Souvenons-nous : les premiers charters, c’était sous Edith Cresson et la politique sécuritaire de Chevènement n’était pas très différente de celle d’aujourd’hui. Ce sont différentes façons de maquiller une même réalité.

L’affaire Tarnac aurait-elle été possible il y a dix ans ?

Non. Ce sont les lois Perben (“loi du 9 mars 2004 portant sur l’adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité” – ndlr) qui ont marqué un tournant, et les lois antiterroristes qui les ont suivies. On n’aurait jamais inculpé d’“association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste” un individu accusé d’avoir saboté un caténaire : il aurait été poursuivi pour dégradation de bien public.

Que penses-tu de la nouvelle catégorie d’ennemi intérieur ?

L’ennemi intérieur traditionnel – l’islamiste terroriste – est introuvable chez nous. Pour légitimer l’arsenal policier et législatif mis en place depuis que Sarkozy a accédé au ministère de l’Intérieur, l’Etat a construit cet ennemi intérieur. Au printemps 2008, j’ai écrit dans Politis un papier intitulé “Les habits neufs de l’ennemi intérieur” : des jeunes venaient de se faire arrêter avec un fumigène dans leur coffre. Quant aux écoutes des gens de Tarnac, elles étaient très antérieures à l’affaire du caténaire. On a cherché à fabriquer de toutes pièces un ennemi intérieur crédible. Le pouvoir a terriblement peur d’une explosion des banlieues, il met tout en place afin de pouvoir contrôler un éventuel soulèvement dans les heures qui suivent.

Les livres que tu écris et ceux que tu édites vont dans le même sens. Vois-tu ton travail d’éditeur comme un travail d’auteur, de penseur ?

Nous sélectionnons de plus en plus les livres que nous publions. Je dis “nous” car les décisions sont réellement collectives, prises par ceux qui éditent les livres, moi-même, Stella Magliani-Belkacem et Stéphane Passadeos qui travaillent avec moi, et le comité éditorial composé de huit personnes. La plupart de ces livres sont des armes. C’est cela qui les rassemble. Quand j’ai commencé il y a onze ans, c’était moins le cas, je n’y connaissais rien. Mais depuis quatre ou cinq ans, la cohérence, c’est l’offensive. Les derniers titres publiés, que ce soit le livre de Gideon Levy sur Gaza, Moments politiques de Jacques Rancière, L’insurrection qui vient ou le prochain livre d’André Schiffrin, L’Argent et les Mots, sont des livres d’attaque.

Comment es-tu passé de l’édition d’art à celle d’essais ?

J’étais plongé dans l’édition d’art parce que j’avais repris la maison paternelle, les éditions Hazan, mais cela me frustrait un peu, entre les livres sur Masaccio et Chardin. Au fond, j’ai été soulagé d’avoir été viré lorsque la maison a été rachetée par Hachette…

Cela a engendré chez toi une réflexion sur l’économie du livre ?

Oui. Si on veut rester indépendant – et l’indépendance est vraiment nécessaire pour le genre de livres que nous publions –, il ne faut avoir aucune dette. Aux éditions Hazan, on était chaque année davantage endettés. Les banquiers sont gentils jusqu’au moment où ils sortent la calculette et vous étranglent. Mon père disait : “Les banquiers vous prêtent un parapluie mais vous le reprennent dès qu’il pleut.” A La Fabrique, nous avons une politique de non-croissance. On est trois dans 40 mètres carrés mais on ne doit de l’argent à personne. La croissance, c’est un vertige. On est très sollicités en ce moment, on pourrait publier plus puis déménager, mais ce serait le début de la spirale infernale. On préfère s’en tenir à environ treize titres par an.

Ton modèle d’édition indépendante, ce serait les Editions de Minuit ?

Tout à fait, Jérôme Lindon a un parcours d’éditeur sans faute. Seize livres par an. Quand il a eu le Goncourt avec L’Amant de Duras, il a gagné beaucoup d’argent. D’autres auraient déménagé de la rue Bernard- Palissy et auraient augmenté leur débit, lui il a acheté une librairie. Je le connaissais et je l’aimais beaucoup, c’était un personnage magnifique.

Comment vois-tu l’édition aujourd’hui ?

Le fossé s’élargit de plus en plus entre les petites maisons indépendantes, au chiffre d’affaires quasiment négligeable, et les grandes maisons industrielles, Gallimard, Seuil, Albin Michel, Hachette, qui ont des actionnaires, des banquiers et un souci de rentabilité. Le premier problème des petites maisons, c’est de pouvoir continuer. Les maisons qui publient le même genre de livres que nous – Prairies ordinaires, Agone, Amsterdam, L’Echappée – s’en sortent plutôt bien.

Tu as d’autres projets avec le Comité invisible ?

On en parle. L’idée serait de répondre à tout ce qui s’est passé. Mais ils ont leur caractère et un fonctionnement collectif : ils font vraiment ce qu’ils veulent…

Comment va Julien Coupat ?

Cette affaire l’a renforcé dans ses positions. En prison, il était en béton. Le pire, ça a été le contrôle judiciaire : on ne peut pas se parler, se rencontrer, on doit rester dans un lieu où on ne vit pas forcément, sans moyen de subsistance… Récemment, les dix inculpés ont déclaré publiquement qu’ils ne se plieraient plus à ce contrôle : le système judiciaire-policier a reculé et la cour d’appel de la chambre d’accusation l’a allégé, au point qu’il n’en reste plus grand-chose.

Avec du recul, quel sens donnes-tu à cette affaire ?

L’Etat a fait un coup d’essai pour tester s’il était possible d’appliquer la législation antiterroriste à des Blancs. Jusque-là, elle n’était appliquée qu’à des barbus qui prêchaient dans des caves et dont tout le monde se fout. Ça a été une tentative d’intimidation pour montrer aux subversifs blancs qu’ils n’étaient pas non plus à l’abri d’une répression arbitraire.

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11/02/2010

FISSURES DANS L’OMERTA - CQFD

Mis à jour le :15 février 2007. Auteur : Gilles Lucas.

« La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées », disait Debord en 1988. Janvier 2007, à l’aise devant les caméras de télé, un homme d’honneur et d’influence crache le morceau.

JEUDI 11 JANVIER. L’émission de Frédéric Taddei « Ce soir ou jamais » sur France 3 bat son plein. Sujet : « Truands : de la fiction à la réalité ». Xavier Raufer, l’éminent commerçant paranoïaque, semble attendre patiemment. Lorsqu’il prend enfin la parole, c’est pour se répandre dans une litanie d’annonces apocalyptiques. « Les enlèvements se multiplient. Les choses s’aggravent… Aujourd’hui, les braquages sont bricolés. C’est trois ou quatre jeunes. Sans repérage. C’est le signal d’une nouvelle génération de criminels. Et puis les activités s’enfilent les unes dans les autres… Après les braquages, on passe directement à la drogue et à la prostitution… Partout se développent de formidables organisations criminelles… » À lire les titres de ses ouvrages, on cherche du regard les issues pour pouvoir s’arracher au plus vite : Le grand réveil des mafias, La guerre ne fait que commencer, Les treize menaces du Chaos mondial

Enseignant à l’Institut de criminologie de Paris et professeur à l’École de police criminelle de Chine, Raufer est un des principaux prosélytes et commerçants de la « tolérance zéro ». Mais maintenant que cette idéologie sécuritaire a conquis tous les milieux dirigeants, ce sont surtout les mafias qui le préoccupent. Et il sait de quoi il parle : ses relations, amitiés, collaborations confinent à un véritable annuaire de la classe dirigeante. Attention, pince-nez obligatoire ! On y trouve, pêle-mêle, Giscard, L’Express et Le Figaro, Pasqua, la cellule élyséenne de Mitterrand, des services secrets américains, le directeur de France Culture, les cercles patronaux, les autorités chinoises, des milieux universitaires, Radio Courtoisie, la direction de la gendarmerie, Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France…

Militant, dans les années 60, dans le groupuscule néofasciste Occident, Xavier Raufer, dit « Bonne Soupe » [1], a côtoyé dans sa jeunesse Madelin et Longuet, passés depuis au néolibéralisme. Leur mentor ? Georges Albertini, un ex-vichyste ayant grenouillé durant l’après-guerre dans les milieux bancaires, les officines anticommunistes occultes et divers services secrets. Dans les copinages juvéniles de Raufer, on retrouve aussi un certain Penciolelli et Patrick Buisson, respectivement ancien patron et ex-directeur de la rédaction du journal d’extrême droite Minute. Actuellement directeur du service politique du Figaro, Buisson animait encore récemment des émissions sur LCI en compagnie du présentateur vedette David Pujadas. Lequel est membre du « Siècle », think tank qui rassemble depuis 1944 les membres les plus puissants et influents de la classe dirigeante française. La quintessence des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques s’y rencontre, entre autres Claude Bébéar, Thierry Breton, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Marie Colombani, Jean-François Copé, Laurent Fabius, Serge July, Alain Minc, Nicole Notat (Vigeo), Michel Pébereau (BNP Paribas), Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Sarkozy, Ernest-Antoine Seillière, Jean- Claude Trichet… Mamma mia ! Tous ces padrone et caporegime qui polémiquent en public et se concertent quand micros et caméras s’éteignent ! De quoi céder au plus délirant conspirationnisme face à un tel faisceau de connivences partout présent dans l’économie, les médias, la politique et les institutions !

On comprend mieux alors, l’intérêt que Xavier Raufer porte aux mafias « illégales » en concurrence directe avec celles disposant de la loi. Et, devant les caméras, « l’expert » de s’ébaudir, sans oser se nommer lui-même, sur le savoir-vivre des chefs mafieux : « Ils ont une noblesse de comportement… La différence qu’il y a entre le milieu et la mafia, c’est la différence qu’il y a entre un beaujolais nouveau et un château-latour 1947. » Et rompant malencontreusement l’omertà : « Le jour où un chef de la mafia meurt, le lendemain il a un successeur, le jour où Action Directe a tué le PDG de Renault, il y avait un autre PDG. Il n’y a pas eu une voiture de moins produite dans l’année. La mafia, c’est pareil, ça continue… » Voilà qui est dit ! En clair, systèmes industriels et commerciaux et mafias, même fonctionnement, mêmes principes, mêmes garanties pour la pérennité du pouvoir, même connivence occulte imposant la dépendance.

Alors, que viennent faire au milieu de ces « guerres » entre mafias, les offensives menées contre la grande masse des anonymes au nom de la « tolérance zéro » et de la lutte contre les incivilités ? Contrôler et réprimer les populations sans pouvoir, c’est montrer spectaculairement l’omniprésence du droit et de la loi dans la rue tout en ne dérangeant pas dans leurs palais les véritables prédateurs. Comme dans toutes les guerres modernes, pris entre deux feux, ce sont les civils qui morflent. Et si en plus toute l’opération dégage de beaux profits grâce à l’intoxication paranoïaque et à l’explosion du marché de la sécurité, c’est du nanan !

Article publié dans CQFD n° 42, février 2006.


[1] C’est ainsi que le surnomment ses amis de jeunesse (cf : members.aol.com/MOccident)

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Une cheville ronde dans un trou carré - Christine Tréguier

Les chevilles rondes dans des trous carrés ont tendance à avoir des idées dangereuses sur le système social et à contaminer les autres de leur mécontentement, Aldous Huxley, Préface à la réédition du Meilleur des Mondes, 1946.

 

S'il est une obsession de ce troisième millénaire que l'on nous promet de nous faire tant aimer, largement amplifiée par le 9-11, c'est bien celle de l'identification des personnes. On part d'un algorithme simple « if/then » : « si » certains sont terrroristes ou criminels ou simplement délinquants, « alors » nous le sommes potentiellement tous. Il convient donc d'anticiper sur l'acte. Ce qui pour nos sociétés dites démocratiques signifie identifier chaque suspect, chaque perturbateur réel ou virtuel, chaque contestataire avant qu'il n'ait commis la chose. Et pour ce faire, elles mettent en place une véritable nasse technologique, un filet anti-terroriste-criminalité-délinquance, un réseau sécuritaire planétaire qui aura - ce n'est pas négligeable à l'heure actuelle - l'avantage de relancer une économie mise à mal par la dérégulation sauvage et la spéculation sans limite de ces deux dernières années. Pourquoi vous dis-je cela ? parce qu'un samedi matin d'octobre en écoutant Inter, j'ai entendu une brochette de soi-disant experts tenter de faire le bilan de santé de l'industrie de la communication et de l'information (ne riez pas c'est tout ce qu'il y a de sérieux). Parce que la veille, au treize-quatorze sur la même radio, l'animateur de l'émission Fabrice Drouelle évoquait « le problème croissant des infractions routières au permis de conduire », forme nouvelle de ce que l'on qualifie de « nouvelle criminalité » puisqu'aujourd'hui tout est peu ou prou criminel. Selon les statistiques - connues pour être, comme les experts, un outil politique et fabricateur d'opinion au service du pouvoir - de plus en plus de chauffards conduiraient sans permis.

Partant de là, un expert, M. Christophe Naudin, chercheur au département de Recherche sur les menaces criminelles contemporaines (DRMCC) interrogé par le journaliste sur l'éventualité d'un permis de conduire infalsifiable, déclara benoitement que les papiers - l'identité anthropométrique - étaient obsolètes. Que l'identité aujourd'hui où tout se mondialisait, se mondialisait aussi et ne résidait plus dans un patronyme culturellement référencé, donc dans un document matériel - falsifiable ou non - mais dans le corps. Que nous étions notre corps et vice-versa et qu'en se donnant la possibilité technique de scanner ce corps par tous les bouts, on pourrait, on saurait identifier à tout coup. Le corps est notre support identitaire, et la biométrie le remède miracle pour la planète. L'industrie des TI (technologies de l'information) peut se lécher les babines, le gisement est énorme : six milliards d'individus !

Qui était donc ce si catégorique expert ? Google - searching, searching, searching... et le voilà, lui aussi identifié : Christophe Naudin, auteur d'un mémoire pour son diplôme universitaire en 2000 (expérience professionnelle bien courte pour un expert au DRMCC) sur Les fausses identités : une criminalité aux conséquences volontairement ignorées [1], dont l'un des derniers chapitres « Prospective » contient un sous-chapitre intitulé « L'identité absolue » dont la lecture est édifiante. Quant au DRMCC [2], il s'agit d'une unité de recherche de la Sorbonne, pilotée par Xavier Raufer [3], connu dans les milieux informés comme expert es sécurité, qui se donne pour mission de : « accroître la connaissance des phénomènes criminels contemporains, nationaux ou transnationaux, qui menacent nos sociétés, dans toutes leurs dimensions, juridiques, criminologiques, sociales, culturelles, financières... » parmi lesquels phénomènes on trouve, outre le terrorisme et le crime organisé, « les guérillas dénaturées » (sic), les « micro-cultures violentes » et l'« écoterrorisme/bioterrorisme ». Je vous laisse apprécier.

Le DRMCC se propose de « conceptualiser les éléments caractéristiques de la menace » et de faire « des propositions concrètes en vue de créer ou de renforcer les moyens juridiques de lutte contre ces phénomènes criminels ». Autrement dit se place comme pépinière d'experts, diplomés et savants auprès des cabinets, collectivités locales et médias concernés par l'insécurité. Ces experts que Pierre Rimbert [4] nomme « les managers de l'insécurité » : des « chercheurs [qui s'affirment] dépositaires d'un savoir juridique et statistique - [voire des] gardiens de l'ordre scientifique ». On leur doit les nouveaux vocables « zone de non-droit », « violences urbaines » et autres « incivilités » qui émaillent tout discours sécuritaire de droite comme de gauche. On leur doit aussi des statistiques toujours plus explosives qui font monter la pression et que Rimbert qualifie de « construction comptable de l'insécurité ». Fort de ces cautions scientifiques et « apolitiques », leur discours « se donne pour incontestable [...], contre le tout répressif » voire même parfois « contestataire ». Xavier Raufer, directeur des Etudes et recherches-Séminaires du DRMCC et son accolyte Alain Bauer [5] sont parmi les plus connus de ces experts parisiens et vendent moultes conférences, prestations et expertises.

Mais revenons aux affirmations de notre expert du treize- quatorze, M. Naudin : au panier donc les CI, les permis, les passeports et autres cartes de séjour, cartons magnétiques et badges électroniques. Les garants de la sécurité, routière ou autre, disposent ou disposeront incessament sous peu d'un arsenal de systèmes introspectifs capables de dire si celui ou celle qui prétend être vous, l'est effectivement. Empreintes digitales, vocales, génétiques, forme de la main, de l'iris, du visage ou de l'oreille, tout est, paraît-il, unique à chacun(e) et reconnaissable, dès lors qu'il est déjà connu et archivé quelque part. La condition n'est pas anodine puisqu'elle induit que tous les citoyen(ne)s, ou disons tous les citoyen(ne)s suspects, soient fichés. Une fois tout le monde, pardon tous les suspects fichés, il n'est plus besoin que de systèmes de reconnaissance temps réel (plutôt onéreux) capables de scanner chaque fragment d'individu et de le comparer aux millions d'autres entreposés au préalable dans des bases de données. Le marché est global et n'attend que les spéculateurs pour devenir porteur. Analyse d'ADN, reconnaissance faciale, détection d'expression et de comportement, scanning immédiat des traces corporelles, de la forme de tel ou tel organe ou terminaison, sont autant de moyens incontournables et incontestables, disait notre expert, d'identifier ou d'authentifier.

Une minute, si vous permettez, pour tenter de saisir la différence entre ces deux termes. Authentifier c'est pouvoir dire avec certitude que la créature qui dit s'appeler A est bien la même que la créature A déjà « connue des services », autrement dit répertoriée dans la base. Identifier c'est pouvoir dire avec certitude que la créature X qui ne peut ou ne veut dire son nom est « connue des services » sous le nom de A ou B ou C. Exemple simple et juste un brin extrapolé. Je dis être journaliste depuis des années, mais je suis en réalité chomeuse depuis 5 ans, faisant des chantiers au noir. Sarkosy ayant décidé qu'un fichier des empreintes annales de tous les SDFs, RMistes et chomeurs de longue durée devaient être mis en place, je suis démasquée au premier contrôle routier. Seule solution abandonner ma voiture sur la route au premier appel de phare signalant un contrôle, mais las ! mes traces ADN sur le talus leur permettront de me retrouver sous quelques heures. Ou donner ma voiture et circuler habillée comme la femme invisible. Vous rigolez mais j'ai une amie qui a fait ça... donner sa voiture pour éviter ce genre de tracasseries.

Trève de plaisanteries, le raisonnement de cet expert, son hypothèse savante d'une identité absolue et infalsifiable sont atterants. D'autant plus qu'elle induit l'existence d'une police omniprésente et omni-connaissante, toujours prête à se glisser dans vos pensées pour dire si elles sont « correctes » ou non. Un scénario tout droit sorti des plus angoissants romans de SF. Aldous Huxley ne parlait-il pas dans sa préface à la réédition du Meilleur des Mondes en 1946 d'une « science complètement évoluée des différences humaines, permettant aux directeurs gouvernementaux d'assigner à tout individu donné sa place dans la société. (Les chevilles rondes dans des trous carrés ont tendance à avoir des idées dangereuses sur le système social et à contaminer les autres de leur mécontentement) ». Laquelle science associée à quelques autres conditions - « primo, une technique de conditionnement dans l'enfance [...] et à l'aide de drogues type scopolamine », secondo « un succédanné de l'alcool à la fois nocif et dispensateur de plaisir » pour fuir la réalité, tertio, « un système d'eugénique à toute épreuve pour standardiser le produit humain et faciliter la tâche des directeurs ». - permettrait de faire « aimer aux gens leur servitude » assurant ainsi la stabilité de l'Etat totipotent.

En serions nous déjà là ? L'identité au sens de la singularité de chacun(e) serait sur le point de disparaître. Gommée, éradiquée proprement. Chacun(e) devrait ressembler à l'autre, être sa copie, dérivée du même modèle génétique, physique ou mental. Ce qui attesterait alors de nous, de notre identité anthropométrique ne serait plus une photo ou un numéro sur une carte, mais un corpus de données, un data-corps, entreposé à jamais (si tant est que les machines et leurs mémoires soient immortelles) dans les mémoires du réseau, et identifiable par chacun de ses fragments. Un ensemble de datas prélevées sur chacun(e), éventuellement avant même la naissance, et stockées pour consultation ultérieure. Fragments de je et de nous, recompilés en temps réel à chaque contrôle. A cette cartographie charnelle intime viendraient s'ajouter au fil de la vie d'autres données complémentaires : où nous habitons, ce que nous mangons, ce que nous lisons, nos déplacements, lieux de vacances préférés, activités professionnelles et de loisirs, nos opinions politiques et religieuses, nos orientations sexuelles, et biensûr toutes entorses aux lois et règlements, toute déviation, toute différence et singularité ayant résisté à l'élagage. Cette incarnation informationnelle permettant de tirer notre portrait en toute occasion, de dessiner notre profil et de nous attribuer une note sur l'échelle de la suspiscion. Ou encore de nous vendre des produits inutiles mais « sur mesure ». Tout cela pour le plus grand bonheur d'une population de plus en plus inapte à se défendre et qui demande donc qu'« on » la protège. Ce qu'avait entrevu Huxley, une réalité imminente ? Subrepticement, sans que « les gens » s'en aperçoivent vraiment, et malgré les alertes lancées par les défenseurs des libertés ? Nous avons la science sécuritaire, nous avons le rêve et l'oubli distillés via l'hallucination consensuelle des médias et du réseau, et maintenant nous rêvons de prédétermination génétique. Méthode chère à Aldous, la « décantation des embryons » semble aujourd'hui à portée d'éprouvette. Les clones et autres tripatouillages hi-tech font régulièrement la une des médias qui agitent le pire sans trop s'engager. La modulation par conditionnement physique ou mental n'est pas si loin. Oh ! juste pour éradiquer les méchantes maladies. Et on va aimer ça. Et ça aussi ça va rapporter gros.

En 2002, la réponse à l'insécurité, c'est l'authentification et l'identification, la mise en fiches de la population, pardon des suspects, de tous les pays du monde. On parle de réduire chaque être humain à un numéro unique utilisé aussi bien pour la Sécu, les impots, le téléphone et l'internet. On parle aussi de plus en plus de dématérialiser cette preuve unique, ou plutot de la nano-turiser à l'échelle de l'atome et de l'implanter directement dans la chair. Marque indélébile, tatouée dans la matière qui rappelle les plus sordides épisodes de notre histoire. Il est question de faire de notre identité, à la fois endogène et exogène, modifiable dans une large mesure, une identité uniquement endogène et infalsifiable, intégrée au corps d'un coup d'agrafeuse technologique. Schpoumfff ! La puce est presque dans votre avant-bras ou dans le lobe de votre oreille, design et efficacité garantis. Il n'est plus besoin que de vous scanner comme une vulgaire marchandise pour savoir qui vous êtes, où vous êtes et pourquoi vous y êtes. Dans un périmètre raisonnable il s'entend, mais sorti de ce périmètre, vous entrez de toute façon dans le suivant, et le suivant et le suivant.

Contrairement aux propos de notre expert, je pense que la sécurité n'est pas dans l'identification systématique, qu'une société qui surveille tous ses citoyen(ne)s parce qu'elle ne veut pas leur faire confiance est viciée et que ce pire des mondes imminent est non seulement terrifiant mais inhumain. Les machines y seront les indéfectibles alliées d'une police omniprésente et d'un état totipotent, et les êtres réduits à l'état de fragments et de nombres. Entités parfaitement connues et transparentes, supposées ne rien cacher. Car comment parvenir à cacher quelque pensée que ce soit à ceux qui connaitront le tréfond de nos innés et de nos acquis, de nos gènes et de nos datas ? Comment être encore « une cheville ronde dans un trou carré » ? [6] L'une des réponses à la question est l'anonymat et la cryptographie. Faire en sorte de ne pas être identifié, ou tout du moins de ne pouvoir concaténer les bribes d'informations récoltées en un seul corpus de datas transparent. Il est indispensable aujourd'hui que quiconque se sent un brin « cheville ronde dans un trou carré », et quiconque fédère ou collabore avec d'autres chevilles, de crypter ses mails, le contenu de son disque dur, de vérifier le plus possible quelles sont les données dont disposent les prestataires de services auxquels il/elle a recours (fournisseur internet, banque, commerçants, assureurs, carte de fidélité, médecin, administrations et collectivité locales etc), et ce qu'ils en font.

Cela est nécessaire, mais sera-ce suffisant ? Je ne sais. Et je rêve de ce philosophe grec péripatéticien qui parcourait les villages en criant « j'ai des réponses, avez-vous des questions ? ».

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[1] Mémoire universitaire de Christiphe Naudin. http://mccccm.free.fr.

[2] Site du DRMCC http://mccccm.free.fr.

[3] ibid in Les managers de l'insécurité : « Xavier Raufer - Christian de Bongain de son vrai nom - est chargé de cours à l'Institut de criminologie de Paris [...] et responsable d'une collection aux Presses universitaires de France « Criminalité Internationale ». [...] Il a cosigné avec Alain Bauer le Que Sais-je Violences et insécurité urbaine (PUF) ».

[4] « Les managers de l'Insécurité : production et circulation d'un discours sécuritaire », par Pierre Rimbert dans La Machine à punir, l'Esprit frappeur.

[5] ibid - in Les managers de l'insécurité : « Alain Bauer enseigne à IHESI, Paris V-Sorbonne et Science Po.|...] Il intervient dans les modules sur les « violences urbaines » du CRMCC ».

[6] Expression métaphorique courante en anglais pour désigner des individus qui ne sont pas à leur place.

19:51 | Lien permanent | Commentaires (4) |

25/01/2010

Pour l'antiterrorisme, il n'y a pas de fumigènes sans dépanneuse...

L'enquête sur les 9 de Tarnac prennant l'eau, "on" se décide de se rabattre sur autre chose...

 

Début 2010 : une vieille enquête sur des sabotages SNCF pendant le mouvement anti-CPE passe en antiterrorisme ; un réquisitoire vise Juan déjà inculpé dans l’"affaire de la dépanneuse". Lire le texte Antiterrorisme : Nouvelle enquête autour du CPE.

- Dans les affaires de Paris-banlieue (la prétendue "Mouvance Anarcho-Autonome Francilienne"), de Tarnac (la prétendue "Cellule invisible") et de Chambéry, plus aucun-e inculpé-e n’est en prison : tou-te-s sont soumis-es à des contrôles juidiciaires, et deux d’entre eux ont choisi de s’y soustraire. Aucune date de procès n’est pour le moment fixée.

- Lundi 25 mai 2009, Juan a été libéré. Comme Damien, libéré le vendredi 27 mars, il a été placé sous contrôle judiciaire, avec notamment une assignation à résidence.
Le 11 mars 2009, Ivan et Farid ont été convoqués par la "Justice", qui a décidé de les réincarcérer, au motif que la police les aurait vu ensemble à des rassemblements de solidarité. Farid a été amené à la prison de la Santé dans la soirée. Ivan, quant à lui, ne s’est pas présenté à sa convocation. Jeudi 7 mai, Farid a été libéré. Son contrôle judiciaire est encore plus strict qu’avant, il lui est désormais interdit d’aller en région parisienne (où il vivait).
Mardi 10 février 2009, Isa est sortie de prison. Sous contrôle judiciaire, il lui est notamment interdit d’entrer en contact avec les autres personnes mises en examen.

- Dernièrement, ont été publiés plusieurs textes portant sur les manières de réagir à la répression et à la prison. Parmi ceux-ci, voici deux textes qui ont été publiés dans le n°4 de la revue Tout doit partir : A propos de la répression, de nos peurs et de nos forces et En quête d’allié-es ?, ainsi qu’un texte paru dans le n°25 de L’Envolée, Danse avec l’état – Dénoncer l’exception jusqu’à en oublier la justice. Une affiche citant une lettre de Juan est téléchargeable.

 

Une vieille enquête sur des sabotages SNCF pendant le mouvement anti-CPE passe en antiterrorisme ; un réquisitoire vise une personne

Fin août 2009, le juge d’instruction antiterroriste Brunaud, qui s’occupe de l’affaire de janvier 2008 (fumigènes, dépanneuse… pour rappel, voir http://infokiosques.net/mauvaises_intentions ), décide de commencer à clore cette enquête. S’ensuit alors, comme habituellement, une période de quelques mois pendant laquelle les différentes parties (inculpés et procureur) peuvent faire des observations et demander de nouveaux actes d’enquête. Cette période est censée durer trois mois mais, lorsque personne n’est en prison, les juges ne respectent pas les délais.
Récemment, nous avons appris que le procureur avait demandé un « réquisitoire supplétif ». L’enquête est donc toujours ouverte : l’instruction n’a finalement pas été close.

Ainsi, le 10 décembre 2009, le procureur a demandé à ce que soient effectués de nouveaux actes d’enquête, dont le contenu vient d’être connu. Le procureur met en avant différents éléments.
En septembre 2009, un rapport indique que l’ADN de Juan* (inculpé pour l’histoire de la dépanneuse) aurait été prélevé sur une paire de gants en latex qui aurait été trouvée non loin des lieux d’une tentative d’incendie contre la SNCF, datant du 12 avril 2006, à Paris 19ème.
Le procureur relève contre Juan*, et contre « tous autres », des « présomptions graves » de détention et transport d’éléments incendiaires, de tentative de dégradation, de dégradation et d’association de malfaiteurs ; le tout en relation avec une entreprise terroriste.
Cette enquête sur le 12 avril s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large concernant des dégradations contre la SNCF en bande organisée (concrètement, des incendies sur des installations électriques gérant le trafic des trains). L’enquête comprend différents faits, tous s’inscrivant dans le mouvement anti-CPE :
- le 29 mars 2006 à Alfortville, Orly, Villemoison sur Orge et Champlan
- le 6 avril 2006 à Wissous, Sarcelles, Epinay sous Sénart et Bobigny
- le 12 avril 2006 à Paris
L’enquête qui regroupe tous ces faits était ouverte depuis 2006. Fin novembre 2009, elle bascule en antiterrorisme, et est donc aujourd’hui gérée par un juge antiterroriste à Paris.

Mettant en avant ces arguments, le procureur demande au juge de :
- faire de nouvelles analyses téléphoniques
- comparer les modes opératoires utilisés en mars avril 2006 et celui du 2 mai 2007 (affaire de la dépanneuse de police)
- comparer ces modes de fabrication à ceux décrits dans les livres saisis dans la voiture lors de l’arrestation d’Isa* en janvier 2008
- effectuer des comparaisons ADN concernant Juan*
- procéder à des expertises psychiatriques sur Isa*, Juan* et Damien (les 3 personnes déjà accusées pour l’histoire de la dépanneuse).

Une commission rogatoire est en cours : les flics sont en train d’enquêter. A ce jour, il n’y a pas encore de retour. Plus d’infos bientôt sans doute.

Solidarité !

D'autres textes sur http://infokiosques.net/mauvaises_intentions

Contact : solidaritesinculpes(a)riseup.net

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09:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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