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15/11/2009

Antiterrorisme : un comité européen de coordination est lancé à Paris...plutôt une reprise en main !!! Mais par qui ? C'est quoi le projet ?

Selon "Le Monde" :

Le physicien franco-algérien Adlène Hicheur projetait, selon les services de renseignement, de commettre un attentat contre l'armée française, sur le site du 27e bataillon de chasseurs alpins d'Annecy (Haute-Savoie), d'où sont parties fin 2008 trois compagnies pour l'Afghanistan. "La cible était choisie, il fallait intervenir", dit Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale

http://medias.lepost.fr/ill/2009/01/09/h-20-1380290-1231500152.jpg

Le profil de cet homme de 32 ans, chercheur au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN), interpellé début octobre, mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et placé depuis lors en détention provisoire (Le Monde du 14 octobre), intéresse les Européens.

Adlène Hicheur, soupçonné d'être entré en contact par Internet avec l'organisation terroriste Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et de lui avoir exposé ses projets, a été cité, vendredi 13 novembre, lors de la réunion exceptionnelle, à Paris, des représentants de treize centres de coordination de la lutte antiterroriste.

Au cours de ce séminaire, qui avait été précédé par une rencontre préparatoire en 2008 à Madrid, les pays disposant d'un tel organisme - dont l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, le Royaume-Uni... - sont convenus de lancer une structure commune : le Comité de coordination des centres antiterroristes (CCCAT).

Ce réseau, placé sous présidence espagnole pendant six mois à partir du 1er janvier 2010, sera chargé de suivre l'état de la menace terroriste. Il devrait prendre place aux côtés du Club de Berne, qui réunit les services de renseignement européens, et du groupe Atlas, formé par les unités d'intervention européennes. "Nous avons la volonté d'unir nos forces", a déclaré M. Péchenard, en clôture de la rencontre. Celle-ci s'est tenue en présence d'un adjoint du coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l'Union européenne, Gilles de Kerchove, du directeur du centre européen chargé d'évaluer la menace (SitCen), William Shapcott, et du directeur du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (Caert), Aboubacar Gaoussou Diarra, venu témoigner de sa préoccupation sur l'AQMI et de la situation en Somalie. "Les boucliers contre le terrorisme se trouvent parfois loin de nos bases et de nos pays", a souligné M. Péchenard.

"STRUCTURE RAPIDE"

La France espère ainsi améliorer son dispositif d'alerte. "Cette nouvelle structure, rapide, non bureaucratique permettra d'échanger avec les pays frontaliers, ou sensibles, et d'avoir une vision globale", se réjouit Loïc Garnier, chef de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (Uclat) française. Plus ancienne unité, l'Uclat, qui fête ce mois-ci ses 25 ans d'existence, fait la synthèse des renseignements policier, militaire et même douanier.

La perception de la menace varie, mais les membres du CCCAT partagent des priorités, comme la surveillance des réseaux radicalisés sur l'Internet. Ils se penchent sur les nouveaux modes opératoires des terroristes : l'attentat "urbain de masse", comme à Bombay, en Inde, en novembre 2008, ou l'attentat-suicide ciblé contre une personnalité. Les services de renseignement savent désormais que la tentative commise en août contre le ministre saoudien de l'intérieur, Mohamed ben Nayef, n'était pas le résultat d'un explosif sous forme de suppositoire, mais d'une ceinture attachée sur la cuisse du terroriste.

Isabelle Mandraud

Article paru dans l'édition du 15.11.09


Au passage, une petite couche est remise sur Adlène Hicheur (projetait, selon les services de renseignement...et...soupçonné d'être entré en contact par Internet avec l'organisation terroriste Al-Qaida )

 

Pourtant l'antiterrorisme européen existe déjà :

Visite au Luxembourg de Gijs de Vries, coordinateur anti-terroriste de l'UE
29-04-2004

Vers le niveau supérieur

Le coordinateur anti-terroriste de l’Union européenne, le Néerlandais Gijs de Vries, était en visite au Luxembourg le 29 avril 2004. Il a été accueilli par le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères Lydie Polfer et par le ministre de la Justice Luc Frieden.

Lydie Polfer et Gijs de Vries

Luc Frieden et Gijs de Vries

Ancien député européen et ancien membre du gouvernement néerlandais, Gijs de Vries a été nommé aux fonctions de "Monsieur Terrorisme" de l’Union européenne à la suite des attentats de Madrid pour mieux coordonner la lutte anti-terroriste en Europe.

La réunion de travail entre Gijs de Vries et Luc Frieden portait sur la mission du coordinateur anti-terroriste, la menace terroriste en Europe et les moyens de lutte contre le terrorisme en Europe et au Luxembourg.

 

 

L'Union européenne doit nommer un nouveau coordinateur anti-terrorisme

http://www.gouvernement.lu/salle_presse/actualite/2004/04/29vries/index.html

 

 

http://www.gallery-videos.com/Webmaster/Images/inspecteur_labavure_coluche_film.jpg

 

Quelques initiatives ont toutefois été déjà prises ou renforcées tant au niveau du

Conseil qu’à celui de la Commission. Essentiellement, à l'heure actuelle, il y a,

matériellement, deux endroits où est centralisé le renseignement, au plan européen :

- Le premier est le SITCENT (Centre de Situation) rattaché à M. Javier SOLANA,

le Haut représentant européen pour la sécurité et la politique étrangère.

- Le deuxième est la CRISIS ROOM de RELEX (la Direction de la Commission en

Charge des relations internationales).

Le SITCENT a pour responsabilité essentielle d’informer la présidence en exercice et

de répandre l'information au niveau des États membres par Points de Contact

interposés.

La CRISIS ROOM a pour responsabilité d’informer en temps réel tous les corps et

institutions européens. Elle est aussi responsable de la coordination d'une action

potentielle (par exemple, dans la sécurité civile) décidée au niveau de Commission.

Il est, malheureusement, notoire dans les milieux du contre-terrorisme qu’une

certaine rivalité oppose SITCENT et CRISIS ROOM.

On remarquera qu’une organisation peu ou prou comparable à la CRISIS ROOM

existe au sein de la direction TREN (Transport et Énergie) de la Commission, et cela

pour une raison évidente : les infrastructures de transport et les équipements

d'énergie (production, raffinage, acheminement, stockage) sont des « cibles

naturelles » pour le terrorisme.

Nous noterons que, sous la responsabilité de Monsieur Jean TRESTOUR, un de ses

responsables, la direction TREN a d’ores et déjà pris nombre de mesures, par

exemple, l'enregistrement précis de tous les équipements critiques par l'Union. Cette

documentation très précise permet à la direction TREN d'agir dans les minutes qui

suivent une attaque terroriste (ou un accident industriel).

Mais nous noterons aussi que les règlements de sécurité sur l'aviation civile et le

transport maritime sont seulement d’application depuis le 1er janvier 2005, pour l’un,

et le 1er juillet 2004, pour l’autre. Cela signifie que des personnels doivent encore

être recrutés et formés et des procédures décidées, testées et appliquées.

la-coordination.pdf

 

 

Publié le 05 septembre 2007 par Danielriot

par Joseph Daul (MdPE, Président du Groupe du PPE-DE au Parlement européen)

Pour Joseph Daul, Président du Groupe politique du PPE-DE, le plus influent du Parlement européen, la lutte contre le terrorisme en Europe doit être accéléré et mieux concerté entre nos pays. S'exprimant devant Parlement européen à Strasbourg aujourd'hui, M. Daul a souligné que l'Europe est encore loin d'être capable d'éradiquer le fléau du terrorisme international.

"Notre Groupe a pris l’initiative de ce débat parce que nous sommes convaincus que l’Europe n’a pas encore pris la pleine mesure des dangers qui la guettent. La première menace, très immédiate, est celle que font peser sur notre sécurité quotidienne les groupes terroristes islamistes et d’autres, comme l’ETA en Espagne. La seconde menace, tout aussi inquiétante : que ces puissants réseaux ne détournent la culture politique des démocraties européennes pour miner nos valeurs essentielles et pour faire prévaloir leurs postulats religieux.", a dit M. Daul

Le Président Daul a souligné que le combat contre le terrorisme doit passer par une coordination efficace au niveau européen :

"Nous devons nous assurer que nos Etats coopèrent davantage dans le domaine de la lutte contre le terrorisme international. La démission, en mars dernier, du Coordinateur européen Anti-Terrorisme, M. de Vries, sans qu’il ait encore été remplacé, montre combien de travail reste à accomplir. Nous demandons que les instances compétentes prennent leurs responsabilités pour désigner, dans les meilleurs délais un nouveau M. ou Mme Anti-Terrorisme européen, doté des moyens adéquats"

M. Daul a aussi rappelé que ce combat requiert des moyens extraordinaires:

"Les organisations terroristes agissent en réseaux, et recourent aux technologies les plus sophistiquées pour mener à bien leurs opérations. Ce n’est qu’en persévérant à mettre des moyens importants en commun, en intelligence, en ressources financières et humaines, que nous aurons une chance de neutraliser ces réseaux", a déclaré le Président du PPE-DE.

 

http://www.paperblog.fr/176352/l-union-europeenne-doit-nommer-un-nouveau-coordinateur-anti-terrorisme/

http://img.audiofanzine.com/image.php?module=user&identifier=id&lang=fr&user_id=236347

Un Belge coordinateur européen contre le terrorisme


Agé de 50 ans, Gilles de Kerchove d'Ousselghem succèdera à Gijs de Vries, qui a présenté sa démission en mars dernier pour "raisons personnelles", au poste de coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme.

Le Belge Gilles de Kerchove d'Ousselghem deviendra prochainement coordinateur européen de la lutte contre le terrorisme, en remplacement du Néerlandais Gijs de Vries qui a présenté sa démission en mars dernier.

La désignation, confirmée mardi par plusieurs sources sous couvert d'anonymat, devrait être annoncée officiellement sous peu par la Haut-représentant de l'Union pour la politique extérieure, Javier Solana.

Agé de 50 ans, M. de Kerchove travaille comme haut fonctionnaire européen auprès du Secrétariat-général du Conseil de l'Union européenne, instance qui représente les Etats membres de l'Union européenne, où il occupe le poste de directeur de la Direction 2, en charge de la Coopération policière et douanière, ainsi que la coopération judiciaire pénale.

Diplômé de l'Université Catholique de Louvain et de l'Université de Yale, professeur dans diverses universités belges et étrangères, il a joué un rôle-clé lors la rédaction de la Charte européenne des droits fondamentaux.

M. de Kerchove d'Ousselghem succèdera à Gijs de Vries qui a présenté sa démission en mars dernier pour "raisons personnelles".

Selon plusieurs observateurs, cette démission ne serait toutefois pas étrangère aux critiques sévères adressées par la commission du Parlement européen chargé d'enquêter sur les vols et les prisons secrètes de la CIA en Europe devant laquelle M. de Vries avait déçu.

La désignation de Gilles de Kerchove d'Ousselghem correspond au voeu formulé par les ministres européens de l'Intérieur de choisir comme nouveau coordinateur anti-terrorisme une personnalité au profil "plus technique" plutôt que politique.

Le Belge aura également pour mission de remettre en confiance le Parlement européen, lequel avait mis en doute l'utilité de cette fonction après le scandale des prisons secrètes de la CIA en Europe. Le poste de coordinateur anti-terrorisme fut créé en 2004 après les attentats de Madrid, qui avaient fait 191 morts le 11 mars 2004. Il a pour mission de s'assurer de la bonne application du plan d'action contre le terrorisme adopté par l'UE en 2004 et mène le dialogue avec les pays tiers sur les questions de terrorisme.

Marié et père de trois garçons, M. de Kerchove d'Ousselghem fit, entre 1993 et 1995, un détour par la politique belge. Il travailla en effet au cabinet de Melchior Wathelet lorsque celui-ci assumait les fonctions de vice-Premier ministre en charge de la Justice et de l'Economie dans le gouvernement Dehaene Ier.

http://www.lalibre.be/actu/international/article/371240/un-belge-coordinateur-europeen-contre-le-terrorisme.html




Antiterrorisme : les députés européens calment le jeu

Ils ont reformulé la notion de terrorisme telle qu'elle était définie dans une "décision cadre" du Conseil qui faisait trop peu de distinctions entre terrorisme et militantisme. Certains députés critiquent toujours le risque d'amalgame.



Le Parlement est parvenu à modérer quelque peu les ardeurs de Bruxelles et des gouvernements sur la définition du terrorisme et des infractions afférentes. Comme nous l'avions expliqué en octobre dernier, la rédaction première de cette décision créait un amalgame douteux entre violence terroriste et violence urbaine, et parmi les infractions retenues certaines étaient ambiguës. Les députés ont approuvé le rapport du président de la Commission des libertés, Graham Watson, qui a corrigé le tir, comme l'explique le compte-rendu fourni à la presse, en modifiant l'article 3 « de manière à éviter que les délits mineurs ou l'activisme politique soient considérés » comme du terrorisme.

José Bové est-il un terroriste ?



Par exemple, les infractions comme « la capture illicite d'installations étatiques ou gouvernementales, de moyens de transport publics, d'infrastructures, de lieux publics et de biens (...) » ont été redéfinies. On parle désormais de « prise de contrôle illicite, mettant en danger les personnes », et de « lieux publics et de biens publics ou privés par le recours aux armes ou par le biais d'actes dangereux ». Une autre infraction prévoyait de classer comme terrorisme « l'accomplissement d'attentats en perturbant un système d'information », désormais on parle de « perturbation indiscriminée d'un système informatique, mettant en danger les personnes ou causant aux biens des dommages importants et sérieux ».

Malgré ces nuances, le groupe des Verts et certains députés radicaux s'y sont opposé. « En l'état actuel de la législation des États membres, les auteurs d'attentats ne pourraient rester impunis dans aucun État », a ainsi argumenté Alima Boumédiene-Thiery, élue Vert de Paris, qui considère que la nouvelle formulation menace toujours « le droit des associations et le droit syndical », comme « les militants contre les OGM, le nucléaire, les antimondialistes ». De la même manière, les Verts ont voté contre la proposition de mandat d'arrêt européen, estimant, comme l'a dit la députée française à la tribune, que « certaines infractions tombent sous le coup du mandat alors que la personne mériterait protection (immigrants irréguliers par exemple) ». « Opposons-nous à toute forme de politique pseudo-sécuritaire qui vise avant tout, et en toute légitimité, à éviter toute forme d'opposition sociale et politique», a-t-elle conclu.

Les deux textes sont maintenant entre les mains du Conseil, qui devrait les examiner les 6 et 7 décembre prochain lors d'une réunion des ministres de la Justice et de l'Intérieur.

Par Jerome Thorel, ZDNet France

 

Cyberterrorisme et violence urbaine au menu du nouvel ordre policier européen

Les propositions antiterroristes avancées par la Commission européenne seront étudiées des lundi par le Parlement de Strasbourg. Certaines mesures encouragent l'amalgame entre piratage informatique et infraction terroriste...

 

Unifier les notions d'infractions terroristes en Europe



Selon nos sources, le président de la commission des libertés, le député britannique Graham Watson, a déjà exprimé son mécontentement à l'exécutif de Bruxelles au sujet de la « précipitation » dont les autorités européennes ont fait preuve avec ce texte. Seule une version en anglais est disponible au public, mais nous nous sommes procurés la version française.



Ce « projet de décision-cadre du Conseil » comprend 16 articles et vise essentiellement à « rapprocher les infractions des États membres concernant les infractions terroristes ». Un autre volet de l'arsenal européen concerne le projet d'abandon de la procédure d'extradition entre chaque État membre, qui dépend de l'adoption de « mandats européens », mandats d'arrêt comme de perquisition.

En matière d'infractions, une liste exhaustive de 14 définitions est proposée. Si certaines paraissent évidentes (meurtre, dommages corporels, enlèvement, chantage, vols, détention d'armes ou d'explosifs, libération de substances toxiques, perturbation des systèmes d'énergie, puis direction ou soutien d'un groupe terroriste, etc.), d'autres sont plus ambiguës, comme la « capture illicites d'installations étatiques », « la commission d'attentats en perturbant un système d'information », ou encore la « menace de commettre l'une de ces infractions ».

Amalgame entre "hacking" et terrorisme



Dans son exposé des motifs, la Commission de Bruxelles évoque les « infractions terroristes commises par ordinateur ou par des dispositifs informatiques ». Certes « moins violentes », « elles peuvent représenter une menace aussi grave que les [autres infractions] », conclut la CE dans une formule lapidaire.

Le document cite aussi allègrement en exemple la loi « Terrorism Act of 2000 », dont s'est doté le Royaume-Uni l'an dernier. Une disposition qui fait ouvertement l'amalgame entre un acte d'intrusion informatique et du terrorisme.

En préambule la CE précise que ces infractions sont déjà réprimées dans l'Union européenne en « droit commun ». Mais ils deviennent « actes terroristes » s'ils sont commis dans l'optique de « menacer et [de] porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques et sociales d'un pays ». La Commission met les points sur les i : « Cela pourrait couvrir des actes de violence urbaine, par exemple ».

Des infractions de droits communs transformés en actes terroristes http://fnacpantherimage.toutlecine.com/photos/i/n/s/inspecteur-la-bavure-80-05-m.jpg



Début octobre, ce raccourci a littéralement scandalisée Evelyne Sire-Marin, présidente du Syndicat de la magistrature (SM) : « Ainsi, tout acte qui vise à menacer, à porter gravement atteinte ou à détruire les structures politiques, économiques ou sociales d'un pays sera passible de deux à vingt ans de prison. Donc, les manifestations antimondialisation et les arrachages de plantes transgéniques vont devenir des actes terroristes. Ne visent-ils pas clairement à menacer les structures économiques de l'Europe ultralibérale en proposant un autre modèle de développement ? », avance-t-elle dans une tribune publiée, comme d'autres témoignages, sur un site français qui a ouvert une rubrique « Dommages collatéraux », en référence aux droits menacés par l'urgence antiterroriste. Le 12 octobre, le SM a lancé un appel à la vigilance avec des membres d'Attac, des Verts et d'autres syndicats.

L'amalgame entre un hacker, un manifestant anti-OMC et un fanatique kamikaze n'est pas à prendre à la légère. Un prévenu suspecté de tels actes n'a pas les mêmes droits (garde à vue de 72 heures sans avocat, en France par exemple), et les peines en sont considérablement aggravées. A propos du mandat d'arrêt européen, Evelyne Sire-Marin résume son inquiétude : « Ainsi, tout Français accusé par la police italienne de violences au sommet de Gênes, d'homosexualité ou d'avortement par la police irlandaise pourra être arrêté en France et transféré devant les tribunaux de ces pays [sans l'extradition et les droits qu'elle garantit à la défense]. (...) Désormais, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, les manifestants, les étrangers et les opposants à l'ordre néolibéral n'auront qu'à bien se tenir ! »

Ce « projet de décision-cadre », qui fera donc dès lundi sa première navette à Strasbourg, avant de rejoindre le Conseil des ministres. Il faudra attendre que la commission se prononce, en proposant une résolution à l'ensemble des députés. Selon nos sources, cela repousserait la fin de la première lecture aux environs de la mi-novembre.

Par Jerome Thorel, ZDNet France

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11/11/2009

AFFAIRE COUPAT - Tarnac, la défense contre-attaque

http://www.sudouest.com/accueil/actualite/france/article/765826/mil/5345986.html


AFFAIRE COUPAT. Un an après, le dossier semble au point mort. La défense démonte un PV de police, le principal atout de l'accusation

Tarnac, la défense contre-attaque

Me Assous et le père de Julien Coupat ont procédé à une reconstitution sauvage à Dhuisy. (ph. Maxppp)
Me Assous et le père de Julien Coupat ont procédé à une reconstitution sauvage à Dhuisy. (ph. Maxppp)

Le 11 novembre 2008, à l'heure du laitier, quelque 150 gendarmes et policiers armés et encagoulés investissent la ferme du Goutailloux, dans le petit village de Tarnac, en Corrèze. Au même moment, même scénario à Paris, Rouen, et dans la Meuse. Au total, une vingtaine de personnes sont interpellées, dix placées en garde à vue. Trois jours plus tard, neuf seront mises en examen par le juge Thierry Fragnoli pour « association de malfaiteurs en liaison avec une entreprise terroriste », puis placées en détention provisoire.

Il est 10 h 30 quand Michèle Alliot-Marie convoque la presse. La ministre de l'Intérieur se réjouit du démantèlement d'un groupuscule « d'ultragauche, mouvement autonome ». La Cellule invisible, c'est son nom, et son « chef » est Julien Coupat. Une enquête « très fouillée » les met en cause dans les actes de sabotage commis la semaine précédente sur des lignes SNCF. Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, y va à son tour de sa conférence de presse pour renchérir : « Le but de leur entreprise est bien d'atteindre les institutions de l'État et de parvenir par la violence à troubler l'ordre politique, économique et social. »

De la chancellerie, de Matignon, de l'Élysée, les félicitations pleuvent sur les forces de l'ordre, leur « mobilisation », leur « efficacité ».LOUIS DE FUNES FANTOMAS.JPG

Un vrai-faux PV ?

Un an plus tard, ces mâles assurances sonnent le creux. Pas sûr que les journalistes soient invités ce matin place Bauveau pour le premier anniversaire de l'« affaire » de Tarnac. Le parquet de Paris est silencieux, le juge Fragnoli aussi. Les détenus ont recouvré la liberté les uns après les autres, au bout de quelques jours pour les uns, de quelques mois pour Julien Coupat et sa compagne, Yldune Lévy, et le dossier semble au même point qu'il y a douze mois. C'est-à-dire au point mort.

La parole est maintenant à la défense. C'est elle qui tient désormais la vedette dans les médias. Les nouveaux avocats des neuf mis en examen, Jérémie Assous et Thierry Lévy, ont adressé lundi une note au juge d'instruction pour lui rappeler « son obligation d'instruire à charge et à décharge ». Ils lui demandent notamment de « confronter les enquêteurs à leurs contradictions » afin de déterminer quel crédit on peut apporter à leurs investigations.

Est visé ce que Me Assous qualifie de « socle de l'accusation » : le procès-verbal de police qui atteste de la présence de Julien Coupat et d'Yldune Lévy à Dhuisy (Seine-et-Marne), la nuit où la ligne du TGV-Est fut endommagée par un fer à béton accroché à une caténaire. « En analysant le rapport des policiers de la Sdat (Sous-direction antiterrorisme) qui les filaient ce soir-là, on s'aperçoit qu'il est totalement incompatible avec la réalité du terrain. Soit le PV ne décrit pas la réalité, soit cette réalité s'est abstraite des règles de physique les plus élémentaires ! »

L'avocat s'est rendu sur place pour se livrer à sa propre reconstitution. La ligne LGV est en hauteur, c'est une longue ligne droite, et par nuit claire « c'est un véritable théâtre d'ombres », dit-il. « Si les policiers étaient effectivement en planque, comment expliquer qu'ils n'aient rien fait ? Pour poser le fer à béton là où il était, il faut escalader deux grilles hérissées de barbelés, parcourir 530 mètres et grimper un pylône de 7 mètres, le tout à l'aller et au retour. Et ils n'auraient rien vu, rien entendu ? »10609__10609__pfilm12406718735251.jpeg

D'autres incohérences truffent le procès-verbal, selon Me Assous. La chronologie de la filature, telle qu'elle est minutée par les policiers, signifierait que l'antique Mercedes de Julien Coupat et de sa compagne a battu des records de vitesse sur les petites départementales de Seine-et-Marne. Aucune trace de pneu de la même Mercedes n'a été relevée à l'endroit où elle est censée avoir stationné. Pas plus, d'ailleurs, que de la voiture de la Sdat. « Et comment se fait-il que les policiers disent avoir alerté leur hiérarchie dès 5 h 10 alors que la SNCF, elle, n'a été prévenue qu'à 9 h 55 ? » Conclusion ? « Ni Julien et Yldune, ni les policiers de la Sdat n'étaient présents sur les lieux du sabotage. » Mais c'est sur la foi de ce procès-verbal qu'ils ont été jetés en prison pendant six mois.

Pas de commémoration

Aujourd'hui à Tarnac, aucune autre commémoration que celle de l'armistice n'est prévue. Sans doute l'épicerie sera-t-elle ouverte, ainsi que le bistrot, auxquels ceux du Goutailloux ont redonné vie.

Son gérant en titre ne sera pas là. Benjamin Rosoux, comme les huit autres mis en examen, est soumis depuis sa sortie de prison à un contrôle judiciaire très strict. Assigné à domicile chez sa mère, en Normandie, il a retrouvé un emploi tout récemment dans un bar-librairie. « Jusqu'à il y a encore trois semaines, j'étais obligé de pointer tous les jours à la gendarmerie. Le contrôle a été assoupli sur ce point, mais c'est bien le seul. Je n'ai toujours pas le droit de retourner à Tarnac. J'attends que tout ça se finisse au plus vite. Et ça fait un an que ça dure. »

Auteur : Pierre-Marie Lemaire

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23:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

L'intifada française annonce-t-elle une guerre civile en Europe ? Et donc le tout sécuritaire qui va avec...

L'intifada française annonce-t-elleune guerre civile en Europe ? Analyse d'un miltaire suisse

Lu sur ChekPoint : "Les violences urbaines qu’a connues la France ont révélé une situation de conflit de basse intensité. La mise au défi des pouvoirs publics signifie que l'heure est à la confrontation, et qu’une guerre civile d’un nouveau genre est inévitable.

Voitures incendiées par centaines, affrontements avec la police, saccage des transports publics ou destructions d'écoles : les images issues des banlieues françaises ces dernières semaines sont celles d'une rébellion longtemps redoutée, d'un embrasement qui trahit des ruptures et des antagonismes profonds. L’instauration de l’état d’urgence pour 3 mois, par l’activation d’une loi datant des « événements » d’Algérie puis par l'adoption d'un décret spécifique, souligne la gravité de la crise.
Lire la suite ici
Mis en ligne par didier2, le Samedi 15 Juillet 2006, 14:55 dans la rubrique "Actualité".

http://endehors.org/news/si-vis-pacem-para-bellum

L'intifada française annonce-t-elle
une guerre civile en Europe ?

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20 novembre 2005

Toulouse, FranceL

es violences urbaines qu’a connues la France ont révélé une situation de conflit de basse intensité. La mise au défi des pouvoirs publics signifie que l'heure est à la confrontation, et qu’une guerre civile d’un nouveau genre est inévitable.

Voitures incendiées par centaines, affrontements avec la police, saccage des transports publics ou destructions d'écoles : les images issues des banlieues françaises ces dernières semaines sont celles d'une rébellion longtemps redoutée, d'un embrasement qui trahit des ruptures et des antagonismes profonds. L’instauration de l’état d’urgence pour 3 mois, par l’activation d’une loi datant des « événements » d’Algérie puis par l'adoption d'un décret spécifique, souligne la gravité de la crise.


«... Ce continent connaîtra bientôt une guerre différente, une intifada communautaire et générationnelle, une succession d'affrontements ponctuels et épidermiques, greffés sur le lent corps-à-corps des identités. »



Pourtant, la France n'est pas le seul pays européen à connaître de telles violences, et le Danemark, la Suède, la Belgique ou encore la Grande-Bretagne subissent régulièrement des événements similaires dans leur déroulement, à défaut de l'être dans leur intensité. Et les implications de ce phénomène, qui se produit chaque jour à un seuil trop bas pour capter l’intérêt volatile des médias, doivent aujourd'hui être cernées.



A l’aube de la guerre



Sur le terrain, la situation a l'avantage d'être claire : des bandes souvent très jeunes, armées de projectiles divers, de cocktails Molotov et parfois d'armes à feu, se sont livrées à des razzias opportunistes qui ont occasionné des destructions considérables. Du 27 octobre au 18 novembre, 9071 véhicules ont été brûlés et au moins 2921 personnes interpellées, dont plus d’un tiers de mineurs ; au total, 655 individus ont été écroués, dont 115 mineurs, et 411 condamnations a de la prison ferme ont été infligées. Plus de 10'000 policiers et gendarmes ont été déployés pour leur faire face, et des réservistes de la gendarmerie – malgré une capacité opérationnelle limitée – ont même été mobilisés.

Les membres des forces de sécurité n’ont d’ailleurs pas eu la partie facile, et 126 d’entre eux ont été blessés, parfois dans de véritables embuscades. A Grigny, un contingent arrivé sur les lieux d’un incendie annoncé par un coup de téléphone anonyme a ainsi été attaqué à coups de fusils de chasse, d’armes incendiaires et de pierres par plus d’une centaine d’agresseurs qui ont démontré une volonté de blesser ou tuer. Utilisant le téléphone portable, les weblogs et le courrier électronique pour la préparation et la coordination de leurs actions, ces groupes sont souvent parvenus à se jouer des compagnies de CRS dépêchées pour reprendre le contrôle des quartiers dits difficiles.

Les forces de sécurité au sens large, issues de la police, de la gendarmerie et même des corps de sapeurs-pompiers, sont d'ailleurs régulièrement prises à partie comme des forces d'occupation, comme des organisations illégitimes dont la présence à elle seule est une provocation. Les « territoires perdus de la République », qui trouvent leurs pendants dans presque chaque nation européenne, sont des zones où les lois et les valeurs de la France ont été remplacées par d'autres lois et d'autres valeurs ; des territoires étrangers où l'autorité se partage entre les « grands frères », les caïds et les imams, alors que le policier, le pompier ou encore l'instituteur ne sont plus que les figures méprisées d'un système rejeté en bloc.

L'embrasement actuel des banlieues françaises n'est ainsi pas une surprise. Depuis les années 70, une succession d'erreurs, d'illusions et de lâchetés a abouti à la fabrication d'un véritable ennemi intérieur. Le laxisme en matière d'immigration, conjugué à une ségrégation physique et économique, a jeté des populations déracinées dans des ghettos bétonnés. Le déclin du civisme a permis à une économie souterraine illégale de parasiter ces ghettos et de consacrer ses comportements. Le mythe du métissage culturel a laissé une contre-culture hip-hop diffuser sans restriction des hymnes à la haine anti-française et des appels à l'insurrection armée. Enfin, le relativisme moral a donné aux organisations islamistes l'opportunité de promouvoir puis d'imposer leurs valeurs.

De fait, la France compte aujourd'hui des dizaines de milliers de jeunes gens d'origine extra-européenne, en rupture totale avec la société qui a accueilli leurs parents, et dont la mentalité est celle d'enfants-soldats. La grande question est donc celle-ci : est-il possible de ramener ces individus dans une existence respectueuse des lois en vigueur ? Pour une partie d'entre eux, sans aucun doute ; pour tous, certainement pas. La voie de l'illégalité ou de la rébellion est celle qu'ils choisiront – indépendamment de tout ce que l'Etat peut faire pour eux. Et ils seront d'autant plus nombreux à le faire que cette existence apparaîtra gratifiante, étanchera leur soif de repères, satisfera leur besoin de reconnaissance.

Sommes-nous donc à la veille d'une guerre civile en Europe ? Le terme peut paraître exagéré. Pourtant, l'évolution des violences urbaines montre qu'une situation de conflit existe déjà, et que le refus de la reconnaître ne contribue en aucun cas à éviter son extension. Avec plus de 9000 véhicules de police caillassés dans les dix premiers mois de l'année, la France est par exemple déjà entrée dans un conflit de basse intensité, une insurrection distribuée au niveau national et largement tue. Mais la pression populaire contraint les gouvernements à prendre des mesures sans cesse plus énergiques, et donc à affronter l'ennemi intérieur qu'ils préféreraient ignorer. Les chantres de la prévention ont eu leur chance: pour de nombreux pays, l'heure est désormais à la confrontation.

Ce continent connaîtra bientôt un conflit dont il sortira transformé, et dont les premiers coups ont sonné. Ce sera une guerre différente, à la fois subversive et symbolique, déclarée et décentralisée, intermittente et intense, qui verra le chaos et l'intégrisme s'allier pour combattre la normalité. Une intifada communautaire et générationnelle, une succession d'affrontements ponctuels et épidermiques, greffés sur le lent corps-à-corps des identités. Une alternance de séismes assez intenses pour blesser profondément et assez espacés pour faire douter de leurs prochaines occurrences. Un duel que devront mener les Etats de droit pour préserver le contrôle du territoire, la stabilité de la société, la légalité des marchés et la liberté des esprits.

Autant dire un défi mortel.



Lt col EMG Ludovic Monnerat
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Monde/Mon0114-FranceIntifada.html

 

Les policiers du RAID participent à un exercice tactique à San Francisco

http://www.france-amerique.com/articles/2009/10/29/les_policiers_du_raid_participent_a_un_exercice_tactique_a_san_francisco.html

29 octobre 2009

Prises d'otages, tueries dans des écoles... les équipes d'intervention du SWAT (Special Weapons and Tactics) ont été confrontées à 25 scénarios pendant cinquante heures non-stop le week-end dernier à l'occasion d' « Urban Shield », un exercice d'intervention policière grandeur nature. Pour leur première participation, les policiers français de l'unité Recherche, assistance, intervention et dissuasion (RAID), ont terminé à la 5ème place sur 27 équipes. Amaury de Hauteclocque, commissaire divisionnaire et chef du RAID, revient sur cette coopération inédite.

 

http://abclocal.go.com/kgo/story?sec...cal&id=7080414

I heard about it (and saw footage) on French news tonight.

They said RAID finished 5th out of the 25 competing teams.

An FBI Instructor said RAID didn't messed around and didn't think twice about hitting their target (which is weird because French SWATS tend to negotiate a lot before any action)

Only article in english that mentions RAID is... prisonplanet, sorry and ignore the BS... :
Foreign Cops Take Part in “Domestic Terrorism” Drill in California

Earlier in the week, Chris Matthews attempted to portray Stewart Rhodes of the Oath Keepers as a paranoid conspiracy nut for suggesting the presence of foreign troops in the United States.

France’s RAID or Les Hommes en Noir — the Men in Black, appropriate for a militarized police unit.
Matthews, as a supposed news anchor, should read the newswires instead of relying on his CIA Mockingbird script. But then, of course, MSNBC is not interested in reporting the news.

On October 22, two days after his disgraceful attack on the Oath Keepers, The Oakland Tribune reported on just that — foreign troops inside the United States.

“Armed officers in full battle gear will be scattered throughout the Bay Area this weekend, rescuing hostages, fighting bank robbers and quelling terrorism at the Oakland Airport, Lawrence Livermore Laboratory, the NASA Ames Research Center and 22 other high profile sites,” writes Sophia Kazmi. “For the first time in the three-year history of the Alameda County Sheriff’s Department-sponsored exercise, there will be a foreign team of officers taking part and international observers. An eight-member team representing the French National Police’s Research, Assistance, Intervention, and Dissuasion unit will compete” (emphasis added).

French police are technically speaking not troops. However, the French RAID unit — Recherche Assistance Intervention Dissuasion (Research, Assistance, Intervention, Deterrence) — is a militarized SWAT team that uses special forces techniques. It is accused of triple tapping a mentally disturbed man who took school children hostage in 1993. RAID killed the man while he slept. http://www.prisonplanet.com/foreign-...alifornia.html

RAID-USA.pdf

 

dpazur.pdf

 

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08/11/2009

De Tarnac à Poitiers, dans l’autonomie du journalisme nébuleux (et les anciens de l'amicale de la HVO...)

Excellent article sur les Totos et les Zozos, envoyé par Tonio (merci encore) !!!

 

8 novembre 2009

Un article du « Monde » sur les « autonomes »

De Tarnac à Poitiers, dans l’autonomie du journalisme nébuleux

Le Monde consacre la une de son édition datée d’aujourd’hui à un dossier intitulé « De Tarnac à Poitiers, dans la nébuleuse autonome ». Rédigée par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, cette enquête revient, entre autres, sur le phénomène des « black-blocs », la menace de l’ultra-gauche et l’affaire Julien Coupat. En lisant cet article, nous avons eu de sérieuses raisons de penser qu’il marque une nouvelle étape dans la confusion que fait depuis longtemps Le Monde entre ses lecteurs et des pigeons.

« Ce sont des silhouettes entraperçues au milieu de bris de vitrines, lors d’une manifestation à Poitiers, de heurts et de barricades enflammées, au sommet anti-OTAN de Strasbourg, ou d’opérations policières, comme à Tarnac, un dossier dans lequel, depuis un an, neuf personnes sont poursuivies, suspectées par la justice de sabotages de voies ferrées. Ils surgissent de manière sporadique à la “une” des journaux, le plus souvent à la façon “Black Bloc”, vêtus de noir. Des autonomes, dit-on ? Les autonomes n’existent pas. C’est en tout cas ce qu’ils opposent lorsqu’on les rencontre : les étiqueter, c’est déjà un “travail de flicage”, contestent-ils. Ils n’existent pas, et pourtant comme le dit l’un d’entre eux : “On va nous voir de plus en plus. En face, il y a des gens trop sûrs d’eux et qui n’ont de prise sur rien.” »

Ce n’est pas tous les jours que des journalistes annoncent dès l’introduction de leur article qu’ils vont informer leurs lecteurs sur un phénomène qui, selon les principaux intéressés, n’existe pas. L’aveu mérite d’être relevé : nous, le journal Le Monde, inexplicable fer de lance de la presse française de qualité, nous tenons à prévenir notre aimable clientèle que nous tenons pour un sujet de première importance, digne de faire la « une » de notre édition du week-end, “quelques silhouettes entraperçues”, à savoir des “autonomes qui n’existent pas”, mais que pourtant, on va “voir de plus en plus”. Ah bon ? Comment ? Par quel miracle, des fantômes indéfinis et sans nom vont-ils devenir plus visibles ? L’article a le mérite de fournir (probablement involontairement) un début de réponse : où va-t-on les voir, ces inexistants invisibles ? Eh bien ! ils vont surgir “de manière sporadique à la "une" des journaux”.

C’est rassurant, à deux titres. D’abord, parce que cela confère à ces fantômes un trait qui permet de les identifier. Ensuite, parce que tant que les autonomes déclareront être ceux qui n’existent pas, ils représenteront effectivement un danger majeur pour toute la population. Qu’on en juge ! La police débarque chez vous un matin, pour vous arrêter, parce qu’ils pensent que vous êtes un autonome. Pour vous défendre, vous dites : “Mais non, enfin, je ne suis pas un autonome !” –––– “Ah Ah ! répondra l’inspecteur : vous venez de passer aux aveux ! Car c’est justement à ça qu’on vous reconnaît : les autonomes sont ceux qui disent qu’ils ne le sont pas !” –––– Grâce à la finesse d’analyses comme celles d’Isabelle Mandraud et Caroline Monnot, il devient presque légitime d’arrêter toute la population, puisque :

- soit vous dites que vous êtes un autonome, donc vous revendiquez que vous l’êtes.

- soit vous dites que nous n’êtes pas un autonome, donc c’est bien la preuve que vous l’êtes.

La police et les médias viennent de découvrir (certes avec 2700 ans de retard), tous les usages répressifs que l’on pouvait faire du célèbre paradoxe du menteur (parfois attribué à Épiménide le Crétois : “Un homme disait qu’il était en train de mentir. Ce que l’homme disait est-il vrai ou faux ?”)

“Les “totos” sont loin d’être d’accord sur tout.”

À un tel degré de performance, le travail de terrorisme journalistique pourrait s’arrêter. Mais nous n’en sommes pourtant qu’au tout début. Faute d’essayer de comprendre qui sont ces autonomes qui n’existent pas, on va désormais prouver aux braves lecteurs du Monde pourquoi ils n’existent pas –––– ou plutôt, prouver que l’on a conscience au moins de ne pas savoir de quoi l’on parle :

« Tous les casseurs ne sont pas des autonomes et tous les autonomes ne sont pas des casseurs, mais certains le revendiquent (...) Les autonomes, les “totos”, sont loin d’être d’accord sur tout et de former un ensemble homogène. Cette nébuleuse compterait un millier de personnes en France. Impossible de les rattacher à une organisation structurée, de type parti ou syndicat, c’est une forme qu’ils rejettent. Difficile de les situer : ils haïssent la droite, la gauche et méprisent l’extrême gauche, ils refusent le label "ultragauche" qui pourrait leur correspondre le mieux. »

Mais pour définir une chose, pour conclure à la choséité de ce dont on parle, il faut trouver un point nécessairement commun à tous les objets que l’on classe dans un même ensemble. Quel est donc le point commun de nos autonomes ? Merveilleux syllogisme de nos journalistes : le point commun des autonomes, c’est qu’ils n’ont pas de point commun ! Ce qui donne, en quelques lignes, une liste d’attributs que l’on peut s’amuser à dresser ainsi :

- Les autonomes ne sont pas des casseurs.

- Les casseurs ne sont pas des autonomes.

- Les autonomes ne forment pas un ensemble, on ne peut les rattacher à aucune caractéristique précise.

- On ne saurait non plus les rattacher à un quelconque discours politique précis.

Mais alors, au juste, de qui et de quoi nous parle-t-on ? Patience ! Un début de réponse se trouve dans le paragraphe qui suit :

« La plupart des autonomes sont jeunes, très souvent étudiants. “Ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE, puis, en 2007, lors de la LRU, ce qui a favorisé une radicalité”, souligne Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers et animateur d’un collectif antirépression, qui a pu observer dans sa ville le parcours de quelques-uns de ses élèves. »

Stupéfiante découverte : cette mouvance qui menace l’ordre public en France, ce serait donc les élèves de Jean-François Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers ? Sérieusement ? S’il en faut aussi peu pour menacer les bases de la république qu’une année d’initiation en Terminale aux textes les plus simplissimes de Platon, Descartes, Rousseau, Sartre et Freud, on est saisi d’effroi devant les pieds d’argile de ladite république...

Bref, les autonomes ne sont pas structurés, nous a-t-on dit plus haut. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît. Ils ne sont pas structurés et ils n’ont pas un discours politique facile à identifier. Mais, à présent, l’article fait un virage à 180 degrés, et on lit avec étonnement :

« Ceux-là se sont structurés pendant les années Sarkozy, d’abord contre un ministre de l’intérieur honni, puis contre le même, devenu président de la République, qui, pour eux, incarne plus que d’autres l’ordre policier. Dans les jours qui ont suivi son élection, plusieurs voitures ont été incendiées, dont l’une devant le Fouquet’s, le restaurant où le chef de l’État avait fêté sa victoire... “La clique au pouvoir est en train de foutre en l’air tout ce qui peut faire encore la matière d’une existence digne d’être vécue”, justifie Barnabé. “Tant que la droite sera au pouvoir, ça ne peut que monter”, juge de son côté Sébastien Schifres, doctorant en sciences politiques et militant. »

Mais alors, ils sont donc structurés ? Et leur discours politique est identifiable (ils n’aiment pas Sarkozy !) –––– le lecteur est un peu perdu, et ce n’est pas la déclaration de Sébastien Schifres qui va le rassurer : “ça ne peut que monter” — ah bon ? ça ne peut que monter, mais quoi, ça ?

“Pour rédiger un communiqué,
ils se mettent à trente.”

Quelques éclaircissements vont pourtant nous être donnés. Si l’on ne comprend rien à cet article, à ces autonomes, à qui ils sont, à ce qu’ils font, à ce qu’ils pensent... c’est peut-être tout simplement lié à leur méthode de travail. En effet, la teneur assez hermétique de leurs revendications trouve peut-être son origine dans la façon dont ils écrivent leurs communiqués :

« Le père d’un militant autonome de Montreuil confirme : “La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent.” »

Ici, tout s’éclaire –––– en une phrase, les journalistes ont trahi l’identité de leurs autonomes. Relisez bien : “Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente.” La clé de l’énigme ne vous saute pas aux yeux ? Le chiffre 30, cela ne vous dit rien ? Réfléchissez...

Mais enfin, 30, c’est le nombre moyen d’élèves dans une classe de lycée ! J’avais donc mille fois raison de supposer que ces dangereux terroristes étaient bel et bien les élèves de Monsieur Chazerans, prof de philo dans un lycée de Poitiers !

Chazerans ou pas, essayez tout de même d’écrire un communiqué à trente. Si vous arrivez encore à faire entendre un discours cohérent, vous êtes assurément assez doué pour renverser le vieux monde. Ensuite, votez votre texte (mais votez sur quoi ? Le contenu du communiqué ? Mais alors, cela veut dire qu’on le rédige à nouveau –––– c’est peut-être cette procédure compliquée qui explique que Le Monde n’ait pas pu se procurer un seul communiqué pour étayer son enquête...)

“Une forme d’encerclement des villes
par les campagnes.”

« A sa façon, Tarnac est un autre îlot. C’est une ferme - et non un squat - en zone rurale, comme il en existe dans les Cévennes et en Ariège, où l’on s’écarte de la société marchande en faisant de l’autoproduction. “Une forme d’encerclement des villes par les campagnes”, s’amuse un ancien mao qui les fréquente. Une “utopie pirate”, une de ces “zones d’autonomie temporaire” échappant aux “arpenteurs de l’État”, comme le théorisait Hakim Bey, très lu à la fin des années 1990 dans le milieu. »

S’il est surprenant de lire que les campagnes de France ne sont désormais plus sous l’autorité de l’État, il est amusant d’apprendre que le militantisme radical consiste aujourd’hui à encercler les villes par les campagnes. Car, jusqu’à preuve du contraire, toutes les villes du monde ayant toujours été encerclées par des campagnes (à l’exception de quelques rares exemples de campagnes encerclées par les villes –––– à savoir les jardins publics !), on se demande pourquoi l’insurrection tarde tant à venir.

Cela étant dit, que les fermiers et tous ceux qui vivent à la campagne pardonnent au Monde, les voici transformés par nos journalistes apprentis-sorciers en pirates, corsaires, flibustiers écumeurs des réseaux de subversion rhizomique ! Mais enfin, nous aurons au moins appris quelque chose, le concept de "Zone Autonome Temporaire", qui intriguait nombre d’esprits rationnels pour la bonne raison qu’il ne signifiait rien de précis, vient de nous être expliqué avec précision, les T.A.Z, ce sont en fait les Zones de revitalisation rurale, ces ensembles de communes reconnues comme fragiles et bénéficiant à ce titre d’aides fiscales ! [1]

“Le collectif n’en pense rien.”

Ici, il faut marquer une pause et se demander : par quelles méthodes, sans doute fort élaborées, par quelles techniques d’infiltration et d’investigation dont elles doivent avoir le secret, Isabelle Mandraud et Caroline Monnot ont pu se procurer autant d’informations sensibles ? Nos journalistes du Monde lèvent un coin de voile :

« On demande à discuter avec un autonome, il vient rarement seul. A Poitiers, après deux mois de négociations et plusieurs intermédiaires, Le Monde en rencontrera six autour d’une table, après qu’ils ont débattu entre eux du principe du rendez-vous. A une question sur la signification de tags, la réponse fusera : “Le collectif n’en pense rien.” »

Ce qui a du donner, concrètement, quelque chose comme ça :

— Allô, je suis bien chez les autonomes ?

— Non, nous n’existons pas.

— Ah ! parfait, c’est bien vous que je cherchais ! Nous voudrions faire une enquête sur vous pour le journal Le Monde...

— Attendez, je dois consulter mes 29 collègues et demander à mon ancien prof de philo ce qu’il en pense et je vous rappelle, d’accord ?

Deux mois plus tard :

— Allô ? Oui, c’est nous les autonomes, euh... vous nous aviez téléphoné il y a deux mois pour faire une enquête...

— Ah, euh... ah oui, ça y est ! Alors vous êtes d’accord pour répondre à nos questions ?

— Non, nous acceptons de vous rencontrer mais nous ne répondrons pas à vos questions. Nos conditions sont les suivantes — et pas d’embrouilles, sinon on disparaitra dans la nature sans laisser de traces — donc on veut...

— Quoi ? Un hélicoptère ? –––– des armes ? –––– de l’argent ?

— Euh, non, le collectif veut qu’on discute autour d’une table. Vous entendez, pas d’embrouilles, hein ? Pas de canapé, pas de bar, pas de resto, pas de pique-nique, on exige d’être assis autour d’une table !

— Bon... bon... c’est louche de s’asseoir à une table pour une interview, mais enfin, puisque ce sont vos conditions, on accepte.

Bref, après cette rencontre si difficilement négociée, les journalistes repartiront avec des précieuses révélations pour alimenter leur article. Notamment :

« Les “insurrectionnalistes” mettent l’accent sur la théorie du chaos et les vertus de l’émeute. “Moi, je vis là-dedans, dans l’insurrection permanente”, explique Pascal qui était, entre autres, présent à Poitiers et à Strasbourg. “Nous, ce qu’on veut, c’est qu’il y ait un mouvement unitaire, que les gens viennent et que cela débouche sur une révolte.” »

Ici, une explication s’impose pour les non-scientifiques. En effet, nous venons d’apprendre les insurrectionnalistes (ceux qui disaient plus haut collectivement qu’ils “ne pensaient rien”) mettent toutefois l’accent sur leur goût pour la théorie du chaos. Tout le monde n’étant pas familier avec cette complexe théorie physique, nous nous permettons de renvoyer nos lecteurs vers l’article de Wikipédia sur le sujet. [2] Après s’être dégrossi, notre lecteur se demandera sans doute quel est le rapport de la théorie du chaos avec les vertus de l’émeute et de l’insurrection ? Cela reste un mystère cabalistique dont on trouvera peut-être la clé dans une formule hébraïque ou latine :

« A l’intérieur de ces deux grandes familles, certains sont plutôt “lutte de classes”, d’autres plutôt “autonomie désirante”. Des nuances difficiles à saisir pour le non-initié. (...) Le tag latin “Onmnia sunt communia” (“Tout est commun”) remarqué sur le baptistère de Poitiers, entraîne ce commentaire amusé d’un autonome : “C’est forcément un tiqqunien pour écrire un truc comme ça !” La citation est érudite : elle se réfère à... Thomas Müntzer, un dissident luthérien qui guida sous cette bannière la révolte des paysans allemands au XVIe siècle. »

Astrophysiciens, latinistes, philosophes... ces autonomes sont des génies prodigieusement doués. Des intelligences supérieures. C’est peut-être ce qui leur permet de faire de telles actions-commando dignes des meilleurs services secrets, et de disparaitre ensuite dans la nature sans laisser de traces (alors que quiconque a un peu fréquenté les anarchistes savent qu’ils seraient relativement mal à l’aise dans ce genre d’opération militaire. Et ils risqueraient de laisser des traces : papier à cigarettes OCB, autocollants ou tracts...). C’est sans doute leur grande polyvalence dans les exercices de haut-vol scientifiques qui explique que nos autonomes n’ont pas besoin de beaucoup se préparer pour leurs opérations coup-de-poing :

« Il y a un minimum de préparation lors de certaines manifestations. Mais il n’y a pas de concertation globale : “Ça, c’est un fantasme de flic.” “T’apprends que tel groupe va bouger, bon, tu te dis qu’il va y avoir du monde, mais on ne sait jamais ce que font les autres, raconte-t-il. Chacun vient avec son truc, on prévient ou pas.” Son truc ? Du matériel, tels que des fumigènes, des cocktails, des barres, que chacun a pris soin de disposer à l’avance dans des caches le long de l’itinéraire prévu. “Il sert, ou pas. Ça dépend de l’ambiance. Il y a un côté adrénaline. C’est politique, mais il faut être honnête, on y trouve un certain charme.” Pascal a fait du Black Bloc, qui est une technique et non un groupe constitué de manière permanente comme souvent on le pense. “C’est appropriable par tout le monde”, souligne Barnabé, militant parisien. (...) Depuis Poitiers, où elle a été vivement critiquée, la police est à l’affût du moindre événement qui pourrait donner lieu à des actions d’éclat des autonomes. A ce titre, elle a porté une grande attention à la manifestation anticarcérale qui devait être organisée dimanche 8 novembre à Paris. »

Prêtez une attention toute particulière au paragraphe ci-dessus. Nous allons enfin savoir qui sont les autonomes, comment ils communiquent entre eux, comment ils se donnent des rendez-vous, se renseignent pour s’équiper, etc. Tous ceux qui s’intéressent à l’espionnage connaissent la fameuse technique dite “boîte aux lettres morte” : il s’agit d’un emplacement permettant à des agents secrets d’échanger des messages ou des objets sans avoir besoin de se rencontrer physiquement. Eh bien, voici dévoilé où se trouve la boîte aux lettres morte des autonomes : c’est tout simplement la « une » du quotidien Le Monde ! Qu’est-ce qu’ils sont forts, ces services secrets autonomes : ils ont infiltré les colonnes du plus grand quotidien de France. Ils y font passer en douce leurs messages (rendez-vous à la manif anticarcérale organisée demain dimanche 8 novembre à Paris ; apportez le matériel — fumigènes, des cocktails, des barres —, chacun amène son truc, ça servira ou pas, mais n’oubliez pas de bien planquer votre matos dans des caches le long de l’itinéraire prévu. C’est appropriable par tout le monde : les nouveaux-venus sont invités à participer à la fiesta ! il va y avoir de l’adrénaline !)

Vraiment, avec des autonomes services secrets aussi farceurs, on n’a pas fini de s’amuser, et l’on se dit que finalement, cette société de surveillance et de criminalisation a tout de même ses bons côtés.

Arsène Lupin

 


Notes

[1] Pour en savoir plus sur les Zones de revitalisation rurale.

[2] “La théorie du chaos” sur Wikipédia.



- Illustration de l’article : Yildune Levy superstar.

- Le papier du Monde peut être consulté en intégralité à cette adresse.




Le pti' + de PROBE, les anciens de la HVO:


qui maintenant se recyclent dans l'altermondialisme:



20:01 | Lien permanent | Commentaires (0) |

La police cherche les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris.

milice2.jpg

Ce matin (jeudi 5 novembre), vers 6h, la police est venue perquisitionner un appartement à Rouen. Elle a embarqué une personne pour une audition. Les policiers (de la SRPJ de Paris) recherchent apparemment les organisateurs de la manifestation du 21 juin à Paris. Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté ce jour-là dans le quartier des Halles. De nombreux manifestants étaient masqués, et au passage devant le siège de l’administration pénitentiaire les vitres de ce bâtiment avaient été brisées. En réponse la police avait gazé. Lors de la dispersion plusieurs personnes avaient été arrêtées et frappées au sol.

Les policiers sont venus dans cet appartement rouennais car c’est depuis celui-ci qu’avait été créée la boîte mail du comité de soutien local. C’est l’opérateur Gmail qui a fourni ces informations à la police. La personne arrêtée est ressortie sans aucune charge contre elle. Les policiers semblaient plutôt rechercher des informations sur deux personnes : un certain Vincent et un certain Julien. Nous ne connaissons pas ces personnes aussi, si elles se reconnaissent : faites attention, camarades. Une instruction est ouverte pour "dégradations", "violences à agent" le tout en "bande organisée".

Quelques jours après la divulgation de nouveaux éléments dans l’affaire de Tarnac, tendant à montrer que la filature de Julien et Yldune par la SDAT avait été entièrement bidonnée par les policiers, voilà donc la réponse des policiers : s’en prendre à nouveau aux comités de soutien. Minable. Et insuffisant.

Soutient 11 novembre

 

13:18 | Lien permanent | Commentaires (0) |

L'archipel des autonomes

LE MONDE | 07.11.09 | 16h28  •  Mis à jour le 07.11.09 | 16h37

Ce sont des silhouettes entraperçues au milieu de bris de vitrines, lors d'une manifestation à Poitiers, de heurts et de barricades enflammées, au sommet anti-OTAN de Strasbourg, ou d'opérations policières, comme à Tarnac, un dossier dans lequel, depuis un an, neuf personnes sont poursuivies, suspectées par la justice de sabotages de voies ferrées. Ils surgissent de manière sporadique à la "une" des journaux, le plus souvent à la façon "Black Bloc", vêtus de noir. Des autonomes, dit-on ?

Les autonomes n'existent pas. C'est en tout cas ce qu'ils opposent lorsqu'on les rencontre : les étiqueter, c'est déjà "un travail de flicage", contestent-ils. Ils n'existent pas, et pourtant comme le dit l'un d'entre eux : "On va nous voir de plus en plus. En face, il y a des gens trop sûrs d'eux et qui n'ont de prise sur rien."

Tous les casseurs ne sont pas des autonomes et tous les autonomes ne sont pas des casseurs, mais certains le revendiquent. Ils expliquent alors que la casse n'est pas "gratuite" mais ciblée : des banques qui incarnent le capitalisme, des entreprises privées qui construisent des prisons ou en gèrent la restauration, des agences pour l'emploi, des directions du travail. "Jamais le petit commerce", ou ce qui n'a pas de sens, affirment-ils.

La règle connaît des exceptions. A Strasbourg, le 3 avril, une pharmacie a été incendiée. A Poitiers, le 10 octobre, un manifestant qui tentait de s'attaquer à l'enseigne Vertbaudet (vêtements pour enfants) en a été dissuadé par d'autres autonomes.

Les autonomes, les "totos", sont loin d'être d'accord sur tout et de former un ensemble homogène. Cette nébuleuse compterait un millier de personnes en France.

Impossible de les rattacher à une organisation structurée, de type parti ou syndicat, c'est une forme qu'ils rejettent. Difficile de les situer : ils haïssent la droite, la gauche et méprisent l'extrême gauche, ils refusent le label "ultragauche" qui pourrait leur correspondre le mieux. Mais son utilisation par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'intérieur, à propos de l'affaire Tarnac, a remisé cette appellation au rang de procédé policier. Tout comme celle, honnie, d'"anarcho-autonomes". "C'est devenu synonyme de terroriste comme les salafistes", explique Chloé, 33 ans, installée dans le Nord de la France et qui a pris ses distances avec le milieu autonome.

Un autre militant, Barnabé, 31 ans, bien actif, lui, en région parisienne, trouve aussi que "le terme résonne comme salafiste, et finit par signifier quelque chose d'inquiétant". "Il s'agit de nous désigner comme des corps étrangers à la population", dit-il. Nos interlocuteurs, cités par leur seul prénom, ont tous choisi un pseudonyme. Un anonymat qu'ils utilisent également dans leur vie militante.

La plupart des autonomes sont jeunes, très souvent étudiants. "Ils étaient lycéens en 2006 au moment du mouvement contre le CPE (contrat première embauche), puis, en 2007, lors de la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), ce qui a favorisé une radicalité", souligne Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers et animateur d'un collectif antirépression, qui a pu observer dans sa ville le parcours de quelques-uns de ses élèves.

Ceux-là se sont structurés pendant les années Sarkozy, d'abord contre un ministre de l'intérieur honni, puis contre le même, devenu président de la République, qui, pour eux, incarne plus que d'autres l'ordre policier. Dans les jours qui ont suivi son élection, plusieurs voitures ont été incendiées, dont l'une devant le Fouquet's, le restaurant où le chef de l'Etat avait fêté sa victoire... "La clique au pouvoir est en train de foutre en l'air tout ce qui peut faire encore la matière d'une existence digne d'être vécue", justifie Barnabé. "Tant que la droite sera au pouvoir, ça ne peut que monter", juge de son côté Sébastien Schifres, doctorant en sciences politiques et militant.

"Lors de chaque mouvement étudiant, les totos font des recrues, pas les jeunes socialistes", relève Chloé. Plus âgés, les autonomes comptent dans leurs rangs des diplômés brillants. Principal mis en examen dans l'affaire Tarnac, Julien Coupat a été doctorant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales après une grande école de commerce. Il pratique plusieurs langues étrangères. Il est loin d'être une exception. Certains sont issus de familles aisées, les plus nombreux plutôt de classes moyennes.

Les villes universitaires, comme Rennes, Rouen, Grenoble, Toulouse ou Lyon, ont supplanté Paris chez les autonomes. "Aujourd'hui, il existe chez eux une recherche sur les concepts beaucoup plus importante qu'il y a dix ans", témoigne Oreste Scalzone, qui fut l'une des grandes figures de l'autonomie italienne dans les années 1970. "C'est peut-être lié à la présence d'étudiants en philo qui ont fait Erasmus (le programme européen d'échanges universitaires)", poursuit cet homme très respecté dans le milieu et qui se dit admiratif du niveau de leur discussion. Le père d'un militant autonome de Montreuil confirme : "La rhétorique est très importante. Pour rédiger un communiqué, ils se mettent à trente. Et puis ils votent."

Etre autonomes, pour ces jeunes, "c'est exactement le contraire de ce que la plupart des étudiants entendent par l'expression "devenir autonomes". Alors que pour ceux-ci, il s'agit en général de trouver un emploi et un appartement, il s'agit pour les premiers de parvenir à vivre sans se lier ni à un patron ni à un propriétaire", souligne Rémy Piperaud, dans un mémoire universitaire intitulé "Radiographie du mouvement autonome", soutenu cette année à la faculté de sciences politiques de Versailles - Saint-Quentin. "Ils cherchent d'abord à devenir autonomes par rapport à l'Etat et au capitalisme, écrit le chercheur. Ce qui différencie en premier lieu les militants de l'ultragauche de la plupart des militants d'extrême gauche, c'est le fait d'essayer dès à présent de combler le fossé qui sépare leur société idéale de la réalité sociale (...). Ils veulent construire le communisme et l'anarchie ici et maintenant."

Les autonomes n'attendent pas d'entraîner une majorité pour mettre en pratique leur projet. Ils créent des "îlots de communisme", en misant sur le fait qu'ils finiront par se multiplier et submerger la société.

Le squat est l'un de ces îlots. Le 16 octobre, à Montreuil, dans un garage désaffecté près d'une église, une quarantaine de jeunes ont ainsi tenté d'investir, en vain, les lieux. Depuis des années, la ville de Seine-Saint-Denis attire des autonomes qui ont, tour à tour, élu domicile dans divers endroits, dont une ancienne clinique, occupée boulevard de Chanzy et évacuée cet été.

A sa façon, Tarnac est un autre îlot. C'est une ferme - et non un squat - en zone rurale, comme il en existe dans les Cévennes et en Ariège, où l'on s'écarte de la société marchande en faisant de l'autoproduction. "Une forme d'encerclement des villes par les campagnes", s'amuse un ancien mao qui les fréquente. Une "utopie pirate", une de ces "zones d'autonomie temporaire" échappant aux "arpenteurs de l'Etat", comme le théorisait Hakim Bey, très lu à la fin des années 1990 dans le milieu.

Ces îlots rassemblent chacun 30 à 40 personnes, parfois moins. Il ne s'agit pas d'un mouvement, plutôt d'un archipel, d'un réseau de groupes affinitaires. Les membres de ces groupes vivent ensemble, participent ensemble à des actions ponctuelles et se soudent petit à petit, renforcés par l'adversité et la crainte permanente des infiltrations policières. "Les communautés autonomes tendent à prendre la forme de véritables tribus, note Rémy Piperaud. En faisant tout pour constituer des contre-sociétés totales, les autonomes se rapprochent les uns des autres au fur et à mesure qu'ils s'éloignent de la société extérieure."

Quand ils parlent d'eux, ils disent "nous", pas "je". "C'est le "nous" des gens qui pensent qu'il y a nécessité à reprendre les choses en main plutôt que de se prendre les ruines de ce monde sur la gueule", soutient Barnabé, le militant parisien, convaincu comme d'autres que l'effondrement du système est proche. Ce "nous" agit comme un rempart vis-à-vis de l'extérieur. Lorsqu'on demande à discuter avec un autonome, il vient rarement seul. A Poitiers, après deux mois de négociations et plusieurs intermédiaires, Le Monde en rencontrera six autour d'une table, après qu'ils ont débattu entre eux du principe du rendez-vous. A une question sur la signification de tags, la réponse fusera : "Le collectif n'en pense rien."

Leur défiance, voire leur haine des médias, est grande. Sur leur échelle de détestation, les journalistes, considérés comme instruments de contrôle social et de propagande, se glissent entre "les flics" et "les sociologues". C'est peut-être la raison pour laquelle, à Poitiers, certains ont brisé les vitres d'un local de La Nouvelle République du Centre-Ouest. Sur ce point, l'affaire Tarnac a produit chez eux des réactions contrastées. "C'est la prison ou les médias", professe Sébastien Schifres à ses camarades, partisan de s'exprimer auprès des journalistes, quand d'autres ont vu leur animosité envers les "journaflics" décupler. Avec l'entrée en scène de l'antiterrorisme, "les gens prennent de plus en plus de précautions", constate Chloé. Déjà, le téléphone portable, source potentielle de localisation et d'écoute, ne faisait plus partie de leur attirail.

Les autonomes ont en commun d'être anticapitalistes, de rejeter l'Etat, l'idéologie du travail et du salariat, la société de consommation, et de le signifier par leur mode de vie et par leurs actions. Parce qu'ils ne veulent pas s'inscrire dans une société marchande, ils bricolent et sont hyperactifs. D'un côté, ils échangent, troquent, mutualisent, font de la récupération, sont capables de retaper entièrement une maison, se repassent des adresses des points de chute en France, et à l'étranger ; de l'autre, ils profitent, aussi, des opportunités comme celles que leur offrent les résidences secondaires au ski ou à la mer de certains parents. "Ils sont à la fois dans la frugalité et dans l'excès", note un père. Ils sont très itinérants. Chez eux, la littérature américaine de l'errance liée à la crise des années 1930 reste une référence.

Ils prennent ce qu'il y a à prendre : les ressources familiales ou le RMI. Ils pratiquent les "auto-réductions", c'est-à-dire le prix qu'ils estiment devoir payer mais aussi le vol dans les rayons. Se servent dans les poubelles des magasins et des particuliers. Fabriquent ce qu'ils n'ont pas, comme, il y a peu, des billets SNCF. L'un d'eux nous indiquera avoir eu, à l'étranger, maille à partir avec la justice pour possession de faux euros. "C'était pour faire vivre le squat et aller à des concerts punk-rock."

Il existe aussi des antagonismes politiques forts et de vraies haines. Diverses chapelles coexistent, débattent, s'engueulent, se font la guerre parfois. Les "mouvementistes" s'impliquent plus que les autres dans les luttes des mal-logés, des sans-papiers et autour des conditions de vie des détenus. Les "insurrectionnalistes" mettent l'accent sur la théorie du chaos et les vertus de l'émeute. "Moi, je vis là-dedans, dans l'insurrection permanente", explique Pascal qui était, entre autres, présent à Poitiers et à Strasbourg. "Nous, ce qu'on veut, c'est qu'il y ait un mouvement unitaire, que les gens viennent et que cela débouche sur une révolte."

A l'intérieur de ces deux grandes familles, certains sont plutôt "lutte de classes", d'autres plutôt "autonomie désirante". Des nuances difficiles à saisir pour le non-initié. "C'est un chaudron compliqué", plaisante Oreste Scalzone. Dans ce paysage touffu, Julien Coupat et ses amis sont désignés comme des "tiqquniens", du nom de la revue Tiqqun aujourd'hui disparue, ou des "appelistes", en référence à l'Appel, un texte collectif anonyme prônant l'insurrection, paru en 2003. Un groupe qui, jusqu'à l'affaire Tarnac, a pu être contesté dans le milieu pour le caractère élitiste, prophétique et comminatoire de ses écrits. Le tag latin "Onmnia sunt communia" ("Tout est commun") remarqué sur le baptistère de Poitiers, entraîne ce commentaire amusé d'un autonome : "C'est forcément un tiqqunien pour écrire un truc comme ça !" La citation est érudite : elle se réfère à... Thomas Müntzer, un dissident luthérien qui guida sous cette bannière la révolte des paysans allemands au XVIe siècle.

Isabelle Mandraud et Caroline Monnot

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09:48 | Lien permanent | Commentaires (2) |

07/11/2009

Julien Coupat n'a pas fait publier L'insurrection qui vient aux Editions Nord-Sud en 1960...

Pour aller de Trilport, comme le procès-verbal l'atteste, à Dhuisy à Germigny-sous-Coulombs, près de la ligne TGV  (26 kilomètres séparent ces deux points) à une vitesse moyenne de 159,6 km/h...

http://home.wtal.de/olliweb/technoclassica/2003/DS%20Fantomas%2002.jpg

 

Tarnac : un rapport contredit la version policière

NOUVELOBS.COM | 02.11.2009 | 09:16

Les avocats de la défense révèlent que les traces de pas et de voiture retrouvées sur les lieux du sabotage de lignes TGV en novembre 2008 ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et Yildune Lévy, mis en examen.

Un rapport de la défense met sérieusement à mal la version policière dans l'affaire des sabotages de lignes TGV dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, pour laquelle neuf jeunes sont mis en examen pour "association de malfaiteurs, destructions et dégradations en relation avec une entreprise terroriste", révèle Libération lundi 2 novembre.

Contradictions


Les avocats pointent des anomalies et des contradictions dans les procès-verbaux de la police. Ils soulignent que les empreintes de pas relevées à proximité des lieux des dégradations, en Seine-et-Marne, ne correspondent pas à celles de Julien Coupat et de sa compagne, Yildune Lévy, mis en cause par la police. Les traces de pneus ne correspondent pas non plus à celles de la vieille Mercedes du couple. Les procès-verbaux seraient en outre divergents et se contrediraient sur la présence ou non d'un individu près des voies.
Maîtres Thierry Lévy, Jérémie Assous, et William Bourdon doivent transmettre ce lundi leurs conclusions au juge antiterroriste en charge de l'affaire, Thierry Fragnoli.
Après six mois de détention, Julien Coupat, poursuivi également pour "direction ou organisation du groupe", a été remis en liberté le 28 mai 2009. Il est soumis à un strict contrôle judiciaire.

(Nouvelobs.com)



PARIS - La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 produit ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits.

La défense des suspects des sabotages de lignes de TGV en novembre 2008 présente ce qu'elle présente comme une "contre-enquête" susceptible de remettre en cause la version policière des faits. Les arguments, présentés dans le quotidien Libération, doivent être remis au juge d'instruction dans la journée. (Reuters/Vincent Kessler)

Les arguments, présentés dans le quotidien Libération avant leur remise au juge d'instruction prévue dans la journée, tentent de mettre à mal la principale charge contre le présumé chef des activistes, Julien Coupat: sa présence avérée et reconnue sur les lieux d'un des sabotages.

Les avocats relèvent ce qu'ils considèrent comme des incohérences dans les procès-verbaux de filature de la police.

Ces documents de police établissent que Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy se sont rendus le 7 novembre près d'un des lieux de sabotage de ligne de TGV, dans la campagne de la Seine-et-Marne, et y ont stationné en pleine nuit, au moment des faits. Le couple a reconnu les faits, expliquant qu'ils étaient sur place pour avoir des relations sexuelles.

Leurs avocats estiment que les traces de pneus et de pas relevés sur place ne correspondent pas à la voiture et aux chaussures de leurs clients. Ils ajoutent que le signalement du sabotage à l'endroit en question fait problème, sa notification à la SNCF ayant selon eux été retardée.

Julien Coupat, remis en liberté en mai après six mois et demi de détention, sa compagne et sept autres personnes restent mis en examen pour "destruction en réunion et association de malfaiteurs", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", des crimes passibles des assises.

Julien Coupat est présenté par l'accusation comme le chef d'un mouvement d'ultragauche auquel sont imputés les sabotages commis par le placement de fers à béton sur des caténaires dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008, ainsi que le 26 octobre 2008.

Ils nient les faits et se disent victimes d'une procédure politique, orchestrée selon eux par le gouvernement pour illustrer la théorie d'une menace terroriste de gauche.

 


L’État français, il y a maintenant un an, lançait ses cagoulés sur un petit village de Corrèze, déclenchant ce qui allait devenir «l’affaire Tarnac». Comme beaucoup d’affaires du passé, elle a évolué en deux temps : d’abord le mensonge officiel, puis l’éclat de la vérité sur la nature du pouvoir. Dans les premiers jours, le bruit du mensonge était propagé sans vergogne. À ce moment, pour retourner contre l’appareil d’État les armes qu’il pointait sur nous, nous avons fait appel dans nos interventions publiques au vieux fonds humaniste-démocratique de la gauche. Dans l’inquiétude où nous étions sur le sort de nos amis emprisonnés, nous avons eu spontanément recours à cet arsenal usé mais rassurant, le mieux fait pour réunir des voix, des sympathies, des signatures.

Seulement voilà, une année s’est écoulée, et c’est peu de dire qu’elle a permis à la lumière de jaillir, sur la fabrication policière de l’affaire et surtout sur le pouvoir qui l’a montée. On a vu se multiplier les rafles de sans-papiers — oui, des rafles — dans les quartiers populaires des grandes villes, détruire au bulldozer les abris que les migrants afghans et irakiens s’étaient construits du côté de Calais, expulser par avion trois Afghans vers leur pays en guerre avec l’assurance du sinistre Besson que leur sécurité y serait garantie. On a vu des gendarmes avec chiens fouiller les cartables des écolières à Marciac, arrêter un car scolaire et traiter les enfants comme des suspects près de Pau.

On a assisté à la condamnation à des années de prison ferme de jeunes habitants de Villiers-le-Bel coupables d’avoir jeté des pierres contre la police — et à la relaxe des policiers en cause dans l’accident qui avait causé la mort de Moushin et Larami, et jeté le trouble dans la ville. On a vu l’Assemblée nationale voter sans hésitation la loi scélérate sur la répression des bandes organisées et Brice Hortefeux, entre deux blagues racistes, prendre argument des désordres de Poitiers pour ressusciter par simple décret le fichier Edvige en l’élargissant jusqu’aux enfants de 13 ans. Ce décret d’Hortefeux est daté du jour de la Sainte-Edvige — un humour qui lui avait déjà fait organiser un sommet européen sur l’immigration à Vichy, et qui finira par le perdre.
Bref, pendant cette année, on a vu à l’œuvre le cynisme, la brutalité, l’indifférence affichée à la souffrance, le tout sur fond de suicides à France Télécom et de gestion crapuleuse de «la crise». On peut s’étonner que de tout ce malheur rien ne s’ensuive, que la sentence prononcée par ce régime contre lui-même ne soit pas exécutée — comme s’il n’y avait plus de peuple pour le faire. Mais ce n’est pas le peuple qui manque, c’est la décision — avec la conscience que le rapport de forces ne nous est défavorable qu’en apparence. L’oligarchie cherche à nous maintenir dans ce désespoir qui forme sourdement le liant de la situation.

Mais il peut soudain se défaire : on le perçoit dans certaines grèves, certaines manifestations déterminées, dans tous ces moments collectifs qui échappent à l’étouffoir des bureaucrates syndicaux et des partis qui se prétendent politiques.

Pour que se répande la joie de conquérir une nouvelle existence, il nous faut sortir du domaine des Idées, élaborer en commun les formes de vie à venir : que dans les corps en crise — écoles, hôpitaux, énergie, transports, agriculture, université —, ceux qui triment songent à comment ils s’organiseront sans ceux qui sont là pour les gérer ; que ceux qui ne se résignent pas à l’apartheid rampant se réunissent pour savoir comment rendre immédiatement aux villes leur rôle et leur beauté ; que tous, nous préparions la mise à la retraite d’office des financiers, des économistes et des géopoliticiens.

Le temps n’est plus à l’indignation humaniste ni à l’analyse sociologique. Il ne s’agit plus de faire la critique de l’oligarchie au pouvoir mais tout simplement de la congédier. Car le maintien d’un régime responsable de tant de cruauté et qui n’en garantit que la permanence est une éventualité infiniment plus redoutable que l’insurrection qui vient.

Éric Hazan - Libération, 6 novembre 2009.

23:42 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/11/2009

Le Saboteur ... _

Le saboteur

 

 

Ce jeu met en scène un mécanicien Irlandais (facile !!!) qui vient se venger à Paris sous l’Occupation (à Vincennes ?).

Sean Devlin a grandi dans les bas-fonds et qui cherche à se venger personnellement d’un responsable nazi qui lui a tout pris. L’heure de la vengeance a sonné.

 

Le héro doit mettre en œuvre de nombreuses techniques de sabotage pour faire exploser des Zeppelins, faire dérailler des trains, faire exploser des ponts, détruire des blindés et des installations ennemies sous l’Occupation...chouette, tout un programme...

 

 

 

(Même les programmateurs de jeux vidéos s'y mettent...)

Lutte contre l’état Français

Les tracts, les journaux clandestins dévoilent les carences de ce gouvernement, dénoncent certaines attitudes ou actions telles la poignée de main Pétain/Hitler à Montoire, la fourniture à l’occupant, néfaste au peuple français, de renseignements donnés par la radio de Londres.

(Les écoutes de la radio de Londres, informations et messages de la France Libre étaient interdites)


Se mettent en place :

La surveillance dans les administrations, les mairies, les préfectures, les PTT, le vol des cartes d’alimentation, la fabrication de fausses cartes d’identité pour les maquisards, les juifs, avec des tampons volés dans les divers bureaux.

Dans les chantiers de jeunesse, la propagande pour les désertions et l’orientation vers les maquis, Les surveillances et menaces par lettres aux collaborateurs, exécution des traîtres et dénonciateurs, manifestation le jour du 11 novembre (qui était interdite).

 


Actions contre l’occupant

Les consignes étaient de :

- ne pas attaquer les allemands avant le débarquement pour éviter les représailles qui étaient dangereuses pour les populations.

- Renseigner les agents britanniques parachutés en France sur tous les déplacements, les trains ou les convois de déplacement d’unités.

- Saboter les usines travaillant pour les allemands, interception ou réquisition des productions agricoles, denrées, bétails destinées aux troupes d’occupation.

- Couper les voies de chemins de fer, les ponts, les pylônes électriques ou câbles téléphoniques….

 


11:22 | Lien permanent | Commentaires (0) |

02/11/2009

Merdre Merdre Merdre

20:19 | Lien permanent | Commentaires (0) |

12/10/2009

Manifestation et débordement à Poitiers...à la poursuite de l’ennemi intérieur ?

A la manière de la romancière Joan Wilder, dans le film « A la poursuite du diamant vert », les faits et points de vue que nous rapportent presque tous les médias classiques sur les évènements qui ont eu lieu le samedi 11 octobre 2009 à Poitiers semblent indiquer, encore une fois, une cible bien précise : « l’ultra-gauche ».

 

-- "Une manifestation de "l’ultra-gauche" extrêmement violente et très organisée", a expliqué à l’Associated Press la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack.

-« Ce qui était au départ annoncé comme un « rassemblement festif » a tourné à l’opération commando. » selon France-Soir.

-« Cagoules, masques, drapeaux noirs et compagnie, ils avaient tout l’attirail habituel », décrit Simon Hiernard.

-« C’est simplement un mouvement anarchiste très organisé qui a utilisé la nouvelle prison comme prétexte à leurs actions », assure Alain Claeys, député maire (PS) de Poitiers.

-« Quand les saccages ont commencé, certains ont retiré leur masque pour se désolidariser du mouvement », relate Simon Hiernard.

Et nous revoilà donc retombés, 11 mois presque jours pour jours après Tarnac (11.11.2008), dans les méandres de « l’ultra-gauche » et des « anarchiste très organisé ».

Pourquoi aucun média ne reprend ne serait-ce que quelques lignes d’une des déclarations faite, via le net, par le Collectif contre la prison de Vivonne ou le communiqué de l’Organisation communiste libertaire Poitou ?

Dans un soucis d’égalité et d’information, il me semble important que ces communiqués soient proposés sur des sites d’information comme Agoravox.

Communiqué sur la manifestation du 10 octobre à Poitiers

Nous, collectif contre la prison de Vivonne, tenons à revenir sur les événements qui se sont déroulés lors de cette journée anti-carcérale du 10 octobre lancée à notre initiative. Avant toutes choses, il nous paraît important de rappeler à tous nos détracteurs que la manifestation n’était pas le centre de la journée. Nous invitons ainsi tout le monde à relire le programme de cette journée qui appelait outre la manifestation festive à des débats avec intervenants extérieurs sur des thèmes tels que le sécuritaire ou les luttes anticarcérales... ainsi qu’à des concerts le soir même. Par ailleurs les débats qui ont eu lieu avant la manifestation, contrairement au reste de la soirée qui a été annulé par les forces de l’ordre, montrera peut être par les apports qui en sortiront que la réflexion sur le sujet n’était pas exempt de la journée. Les déclarations de tous les “citoyens” et “journaleux” qui ont pris hâte de faire passer ce collectif comme un prétexte pour organiser une “émeute” et étant “une cellule d’ultra gauche” nous paraît donc d’une stupidité sans nom, d’un mensonge et d’une volonté politique des plus réactionnaires. Encore une fois nous assistons à l’utilisation d’outils médiatico-politique récurants ces derniers temps au même titre que les étiquettes “d’anarcho autonome” et “d’ultra gauche organisée”.

Bien que solidaire de tous les interpellés et n’ayant aucun intérêt à juger en bien ou en mal les actes commis, nous pouvons toutefois dire que les pratiques utilisées ne correspondaient pas à nos attentes et qu’un bilan de la stratégie politique émanera de ces événements. Nous rappelons que, bien qu’ayant appelé à cette manifestation, nous ne sommes en aucun cas responsable des actes qui y ont été commis. Mais parler d’une violence à sens unique nous paraît inexact en vue de la gestion policière qui a suivi la manifestation : occupation policière massive de tout le centre ville (mise en place d’un quasi “couvre-feu”), arrestations arbitraires, opération policière au numéro 23 de la porte de Paris (local culturel), où devait se dérouler la suite de la journée, digne d’une ère ancienne ... Le numéro 23, qui n’avait aucun lien avec les événements de la manifestation a ainsi vu une perquisition des plus violentes. Les personnes présentes ont ainsi subit diverses violences (coups de tonfas), humiliations (face contre terre les mains sur la tête) et contrôle abusif des identités (photos et question...) pendant près de 4h ! De plus les policiers présents ont volontairement dégradé le matériel sono loué ou prêté pour l’occasion (estimation à plusieurs milliers d’euros) !!!

Ainsi il nous semble que le moment n’est pas à la dénonciation mais bel et bien à la solidarité avec les militants inculpés !

Libération des manifestants en garde à vue !

Le collectif contre la prison de Vivonne
.

Communiqué Organisation communiste libertaire Poitou

Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre
que de socialisme en France en mai 1981

Quelques poubelles qui brûlent, quelques vitrines brisées (celles de banques essentiellement, ainsi que de Bouygues Télécom – le maître d’œuvre de la nouvelle prison à Vivonne –, et d’un journal local), quelques fumigènes, le tout mettant aux prises quelques dizaines de personnes avec la police pendant une petite heure, cela ne fait pas encore une émeute !
Une émeute, c’est, rappelons-le, un soulèvement populaire mis en œuvre par une partie importante et significative de la population dans un espace politique donné.
En revanche, l’intrusion policière couverte par le procureur de la République, à huit heures du soir, dans un lieu privé, bien après et loin du lieu de la manifestation, pour procéder au contrôle d’identité des 100 personnes présentes pour un débat, un repas et un concert (toutes choses qui ne purent avoir lieu de ce fait), cela ressemble fort à un état de siège interdisant toute réunion la nuit venue ! Tous et toutes au sol, mains sur la tête en plein air pendant cinq heures, cela n’est pas encore si banal que l’on ne puisse en faire grand état.

La journée anticarcérale du 10 devait être l’occasion – en profitant du transfert, prévu le lendemain, des prisonniers de la vieille prison de Poitiers vers la neuve de Vivonne, à quelques kilomètres – de poser la question cruciale de la prison dans une société où le sécuritaire et l’enfermement sont les deux pivots du maintien de l’ordre capitaliste.
Un premier débat s’est tenu en début d’après-midi, parfaitement introduit par une militante de l’Association pour le respect des proches des personnes incarcérées (ARPI). Il fut l’occasion d’aborder de multiples questions dans une ambiance d’écoute et de réflexion assez rare sur ces sujets particulièrement sensibles. Quel sens donner à l’abolitionnisme ? Quelle population croupit dans les prisons ? Dans une société « libertaire », quel sens aura la déviance ; faudra-t-il ou non « punir », pourquoi, comment ? Bref, autant de questions guère débattues en public. Une réussite.

Ensuite, départ pour la manif « festive ». Mais s’il y a eu problème alors, ce n’est pas tant dans les événements décrits succinctement plus haut – qui, répétons-le, ne furent en rien une émeute, et dont la responsabilité revient essentiellement aux forces de l’ordre – que dans l’ambiance qui y régnait. Des groupes de militants, ceux que nous appelons « hors-sol », ont, de fait, pris le contrôle de la manifestation, qui regroupait environ 300 personnes, imprimant leurs décisions, leur rythme, leur manière d’agir et leurs fantasmes à l’ensemble des manifestants (sans se préoccuper des retombées sur l’environnement local). A disparu alors tout souci d’expliquer le pourquoi de cette manifestation – pas de tract clair, pas de slogans lancés, des banderoles vides de toute inscription (!). Or, quand de tels messages sont absents, il ne reste plus que celui des vitrines brisées comme but en soi et unique non-message ! Comme si l’objectif de la journée, qui était de sensibiliser un peu une frange de la population à l’absurdité de la prison, devenait secondaire par rapport à, par exemple, l’inscription du slogan le plus imbécile de l’année : « La plus belle jeunesse est celle qui est en prison », ou encore à s’affronter avec la police. Bref, une ambiance pas trop démocratique (il n’est pas de démocratie que bourgeoise !) et un avant-gardisme rappelant de sinistres heures du gauchisme militaro que l’on croyait renvoyé aux poubelles de l’Histoire. Une manifestation où la peur et l’angoisse devant des visages figés par des masques et des uniformes sombres nous plaçaient aux antipodes des yeux dans les yeux et de la communication colorée et festive prévue.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit, et il est urgent que les pendules soient remises à l’heure, afin que le sens des mobilisations en cours ne passe pas au second plan en nous faisant entrer dans un cycle permanent de violence-répression où notre énergie s’usera au nom de la solidarité (« malgré tout », puisque ce sera un choix forcé). Autrement, les sempiternelles obligations antirépressives risquent de devenir pour nous le pendant des journées d’action rituelles de la CGT.

O
CL-Poitou

 

Il me semble, après lecture des communiqués de ceux qui avait organisé un rassemblement pacifiste lors de cette journée d’information sur les centres de rétention que les débordements ne font pas partie de leur moyen d’action.

 

A vous de faire le tri, en toute objectivité, entre les infos que vous donnent les médias locaux et nationaux dépendants des recettes publicitaires et les communiqués des comités de soutien des deux articles postés au dessus dont font partie des gens qui, comme vous, ont des enfants, des responsabilités et surtout rien à gagner à ce que leur moyen d’action pour rendre l’opinion publique attentive se solde par une action violente.

A qui profite cette "enfumage" médiatique ?

A ceux qui voulaient une manifestation festive et amener des débats sur des thèmes sécuritaires ou les luttes anti-carcérales ?

Certainement pas.

 

Par contre, M. le Préfet de Poitou-Charentes emploi des termes juridiques assez précis : "objets à destination d’armes" et fait un amalgame avec les violences commise à Strasbourg en avril 2009 lors du Contre-Sommet de l’Otan :

 

"Ils sont extrêmement bien organisés, extrêmement bien formés. Je dis ça vu les méthodes employées, les objets à destination d’armes qu’ils ont utilisés, c’est donc des ultra-violents,(...) qui peuvent sévir partout en France sur des opérations de type commando", a dit le préfet de Poitou-Charentes, Bernard Tomasini, sur France Info...Ces violences font écho, pour les autorités, à celle du sommet de l’Otan en avril à Strasbourg, où des militants de la gauche radicale surnommés les "black block", également armés et masqués, avaient ravagé un quartier de la ville"...

 

La chasse aux sorcières continue ?

 

Sur les dix-huit personnes interpellés au n°23, neuf d’entre-elles sont encore en garde à vue.

 

Source article de presse :

France Soir :

Poitiers sous le choc après les violences

 

Nouvel Obs :

Dix huit interpellations après les violences à Poitiers

 

Le livre "l’ennemi Intérieur" de Mathieu Rigouste

 

entretien-interview avec Mathieu Rigouste

 

 

 

11:05 | Lien permanent | Commentaires (1) |

 
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