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30/09/2011

Un petit gateau pour les promoteurs immobiliers

12:45 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/09/2011

NON ET NON à l'expulsion

 
 

11:53 | Lien permanent | Commentaires (0) |

23/09/2011

week-end : CASTOR warm-up FESTIVAL à Lüneburg - 23 et 24 septembre 2011

http://www.lagatom.de/?p=1630


10:57 | Lien permanent | Commentaires (0) |

09/09/2011

Ilkka Laitinen, Le Directeur de Frontex... entarté... Gloup Gloup Gloup !


Ilkka Laitinen, Executive Director of Frontex... par GloupGloupGlup

Ilkka Laitinen, Executive Director of Frontex gets a... pie !
At the margins of the European Union, Frontex co-ordinates increasingly repressive anti-migration policies with public funding.
Fight borders ! Destroy the walls ! Freedom for all !


Ilkka Laitinen, Le Directeur de Frontex... entarté
Frontex coordonne, avec de l'argent public, les politiques anti-migratoires et toujours plus répressives aux frontières extérieures de l’Europe.
Luttons contre les frontières, contre les murs qui séparent les humains et pour la liberté de circulation !
Liberté pour tous, sans condition !

Ilkka Laitinen, directeur van Frontex... getaart!
Frontex coördineert, met publiek geld, het alsmaar repressieve anti-migratiebeleid aan de buitengrenzen van Europa
Verzet tegen grenzen en voor bewegingsvrijheid!
Vrijheid voor iedereen!

via bxl.inymédia

07:20 | Lien permanent | Commentaires (0) |

06/09/2011

Environnement: à la défense des collectivités et des protestataires

Que dire de l’affirmation, la semaine dernière, de la ministre de l’Environnement, Margaret Ann Blaney, alléguant que le personnel de CCNB Action avait incité les Néo-Brunswickois à protester, à organiser une manifestation illégale et à provoquer une explosion de violence contre les compagnies de gaz de schiste?

Le simple fait que la condamnation immédiate et écrasante de ses remarques l’ait obligée dès le lendemain à présenter ses excuses passe à côté du sujet. Elle a clairement commis une bourde politique de taille et elle a dû vivement se rétracter, car elle risquait que son parti glisse sur la même pente que les libéraux.
CCNB Action est bien aguerri à ce type d’attaque (je parle à titre d’ancienne employée et de membre de son bureau de direction). La plus récente est venue d’une autre ministre du Parti conservateur, Brenda Fowlie, dont l’industrie préférée était Bennett Environnemental (depuis éclaboussée par la corruption et des poursuites de ses actionnaires) et qui tentait de mettre en place l’importation de déchets dangereux et leur transformation à Belledune.
La côte nord du Nouveau-Brunswick en entier, y incluant les Premières Nations et des collectivités du Québec, se souleva et organisa une des oppositions citoyennes les plus efficaces de l’histoire du Nouveau-Brunswick. Plutôt que d’attaquer les citoyens de la côte nord, Mme Fowlie et la compagnie ajustèrent leur mire sur le CCNB et l’accusèrent de fomenter des manifestations et de propager de la désinformation. 
Bennett a poursuivi le CCNB pour responsabilité, une poursuite stratégique contre la mobilisation de la population, dans un effort d’imposer le silence et la faillite du conseil. Le CCNB a survécu, mais pas Bennett, et non à cause de la force et des ressources du CCNB (loin de là), mais parce que le mouvement populaire contre ce mauvais développement nuisible était trop puissant.
Maintenant une autre ministre conservatrice tente la même astuce.  Les conservateurs ont besoin d’un souffre-douleur pour expliquer le mouvement de la base qui s’est organisé contre la dernière baguette de magie noire sur laquelle ce gouvernement voulait accrocher son chapeau. Mais le sort s’est retourné contre lui. 
En faisant du CCNB son souffre-douleur, la ministre Blaney impliquait que les citoyens qui s’opposaient à l’exploration des gaz de schiste n’étaient pas capables de faire leurs propres recherches sur l’hydrofracturation; qu’ils n’étaient pas capables de comprendre ni de juger la qualité des informations qu’on leur présentait via d’autres sources (y inclus, je présume, celles provenant des compagnies et du gouvernement); qu’ils n’étaient pas capables de poser leur propre jugement sur les risques associés à l’exploration et à l’exploitation des gaz de schiste, et que par conséquent, ils ne pouvaient pas décider pour eux-mêmes si c’était une bonne idée pour leur collectivité. 
Dans leur ignorance, leur réaction émotive irrationnelle à la désinformation (la vidéo documentaire Gasland) aurait donc incité les citoyens à élever des barricades, à faire du vandalisme, à voler et à mener un assaut contre la compagnie SWN Resources qui a par la suite mis fin à ses activités.
En somme, elle a insulté des milliers de Néo-Brunswickois qui s’organisent pour se protéger des derniers assauts industriels sur leur terre, leur eau et leurs collectivités. J’utilise le mot «assaut» sciemment parce que c’est ce dont les protestataires sont accusés, avec en plus le vandalisme et le vol dont SWN Resources fait usage pour justifier son retrait prématuré du Nouveau-Brunswick. Ces déclarations ont suscité de prévisibles condamnations béates des commentatrices. 
Le 24 août, Lisa Keenan, dont les vues sont généralement respectées, a complètement échoué dans son devoir envers ses lecteurs en répétant les prétentions sans fondement de SWN voulant que ses travailleurs aient été «menacés, agressés et que leur équipement avait été saboté.» Elle sait très bien, que ce soit vrai ou non, que c’était là matière à relever de la police. Et pourtant, elle est allée jusqu’à commenter ces fausses allégations: «Ceux qui sont véritablement inquiets de l’hydrofracturation sont maintenant associés aux gangsters...»
Je ne suis pas avocate, comme elle, mais je pense que c’est une déclaration assez calomnieuse. De son côté, Barbara Pike, d’une association industrielle, l’Association de l’énergie des Maritimes (24 août) se joint à Keenan dans une attaque injustifiée contre les citoyens inquiets. Elle se serait sentie «embarrassée et un peu furieuse» que les commentaires des lecteurs qui ont répondu à la déclaration de SWN «semblaient soutenir les vandales et les voleurs comme s’ils étaient des héros.» 
Les deux, Keenan et Pike, ont cru SWN sur parole et, de leurs confortables positions de privilégiées, elles ont passé des jugements rapides sur ce que devraient être des comportements «corrects» et sur ce qui ne l’était pas.
À ma connaissance, toutes les protestations ont été pacifiques et non violentes, même les barrages, qui sont une forme de protestation légitime reconnue depuis longtemps, employée par les syndicats, les Premières Nations et par tous les groupes qui se battent pour une cause.
Les moralisateurs parmi nous préfèrent étiqueter les protestataires de gangsters, mais il existe beaucoup de gangstérisme contre les gens qui veulent se défendre eux-mêmes.
Regardons simplement ce qui arrive à Penobsquis, c’est un bon exemple. Les approvisionnements en eau des citoyens ont été détruits, leur terre s’affaisse, leur qualité de vie est détruite et il ne leur reste qu’à ramasser les conséquences et à se battre en justice à leurs propres frais contre une corporation immense qui fait des profits records à mesure que les prix des fertilisants montent en flèche.
Çà, pour moi, c’est du gangstérisme, légalisé et soutenu par le gouvernement. Où s’exprime l’indignation exprimée contre de telles situations? Jusqu’à ce qu’on s’indigne, les gens n’ont d’autre choix que de se défendre contre la prochaine attaque.

Janice Harvey
Chroniqueuse indépendante, candidate au doctorat et présidente du Parti vert du Nouveau-Brunswick.

 

via www.capacadie.com

17:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

29/08/2011

Appel au soutien du village autogéré de notre dame des landes

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL, le réseau NOG2011 vient de faire un appel au soutien. Vous trouverez ci-dessous cet appel.

"Le 1er juillet 2011, une centaine de militant-e-s anticapitalistes et antiautoritaires ont monté un village autogéré qui avait pour objectifs et principes :

- de fonctionner en autogestion et d’expérimenter des alternatives au monde autoritaire,
- de créer une convergence des luttes contre les logiques capitalistes et de préparer la résistance contre le G20,
- d’amplifier la résistance contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes en créant entre autre de nouvelles installations sur la zone du projet (ZAD),
- de soutenir la paysannerie locale biologique,
- …

Ce village qui a duré un mois, a été pour la plupart d’entre nous l’occasion de partager nos expériences de luttes et d’alternatives, et de créer des convergences pour la suite. Il nous a aussi permis de concrétiser nos envies d’autogestion à un plus grand nombre, durant un temps permettant l’assimilation de nos échecs et réussites. Surtout, il a permis d’amplifier la lutte contre le projet d’aéroport de NDDL, Vinci et son monde, par l’installation de plus de 30 militant-e-s sur la ZAD qui souhaitent y rester à long terme pour y vivre en autonomie et résister à ce projet.

Cependant, nous n’avons pas réussi à rembourser totalement les frais engagés dans ce village(fonds issus de précédentes rencontres internationales), même si nous avons tout fait pour les assumer (remboursant une bonne partie du déficit dans les dernier jours).Il nous reste à ce jour, un peu plus de 1000 euros à rembourser à la caisse internationale et à deux paysans locaux. Nous appelons ainsi à votre soutien financier pour que nous puissions respecter nos engagements.

Lors de la dernière assemblée générale du village, nous nous sommes mis d’accord sur le partage de l’argent en cas d’excédents lors de l’appel au soutien. Nous avons défini que : -50% de cet excédent irait au fond international, parce que ce village s’inscrivait dans une volonté internationale de contrer le capitalisme, ce qui permettra aussi de mieux préparer les contre-sommets suivants, -50% de cet excédent irait aux militant-e-s qui s’installent sur la ZAD suite au village autogéré. Il servirait à financer leur installation paysanne, leurs moyens de communication et de financer l’auto construction de leurs cabanes.

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL s’est engagé de son côté à combler le déficit du village autogéré en organisant des concerts/bouffes collectives bio dès cet automne. Du côté du réseau NOG2011, certain-e-s membres de ce réseau organisent déjà des bouffes collectives bio.

En espérant qu’avec tous nos efforts nous permetrons de combler le déficit financier du village, et au mieux de dégager un excédent qui permettra de soutenir à la fois la lutte internationale contre le capitalisme mais aussi la lutte contre l’aéropot de NDDL et la multinationale Vinci.

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL, le réseau NOG2011"

L’adresse où envoyer votre soutien financier :

Le village c/o Reflex scalp 21 ter rue voltaire 75011 paris

Chèque à l’ordre de : la mare

 

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via indymédia lille

10:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

28/08/2011

Partant des "Nuits du 4 août" - Un bilan - au partiel que provisoire - des Nuits du 4 août

via http://nuitsdu4aout.over-blog.com/

Ce fut donc à Peyrelevade …

 

Plus de 2000 personnes, venues de toutes parts, ont fait le chemin de Peyrelevade les 4, 5 et 6 août, en dépit des messages de panique répandus dans l’espoir d’empêcher que cette fête n’ait lieu.

La fête a donc bien eu lieu, dans une de ces rares communes françaises où des représentants élus mettent encore un point d’honneur à ne pas se contenter de fleurir les ronds-points et d’accueillir les vide-greniers.

 

Le nombre des participants dépassa même quelque peu les espérances des organisateurs. Deux jours, deux nuits, de liesse lucide pour une foule que tout parvenait à convaincre qu’elle vivait là un de ces moments réputés impossibles, un moment d’où s’étaient effacés la barrière de l’argent, le soi-disant fossé des générations, et tous ces messages de désespérance que les pouvoirs, médiatiquement appuyés, s’attachent, chaque instant que la vie fait, à envoyer aux populations pour nourrir le sentiment d’impuissance collective.

 

Deux jours, deux nuits, où tout n’était que rencontres, écoute attentive, intelligence, don et gratuité, portés par une centaine de musiciens, comédiens, acrobates, conteurs, poètes, cinéastes, conférenciers et autres combattants venus témoigner de leurs guerres contre l’actuel système de domination.

 

Une curieuse alchimie …

 

Organiser une fête, c'est viser ce point où l'organisation s'efface devant ce qui y advient. Ce point d'évanouissement de la logistique, de la séparation entre organisateurs et organisés, on peut dire que nous l'avons vécu assez continûment durant ces deux jours, et ce fut une grâce ! Si la fête a été réussie, c'est que, plus qu’une fête, elle fut une promesse vivante projetée sur l’avenir, l’ouverture délibérée d’une brèche dans le cours programmé des défaites et des renoncements.

 

Un des moments les plus magiques fut celui du banquet le vendredi soir, qui rassembla à la même table plus de 600 convives. Est-il si courant en ce bas monde, qu’un groupe de cinquante personnes sans moyens particuliers, s’offrent la compagnie de tant d’invités, illustres ou anonymes, sans devoir les faire passer à la caisse ?

 

Est-il si courant par ailleurs que se tienne un événement procédant d’autant de talents conjugués, réunissant tant d’intervenants, d'efforts cumulés, de concours spontanés et d’aides matérielles gracieuses, sans que personne ne songe à en tirer un euro ?

 

Retour du politique …

 

Les Nuits du 4 août, ce fut aussi tellement d’heures de prises de parole et de discussions passionnées, qu’il est presque impossible d’en faire la synthèse. Retenons seulement quelques points :

 

-          Des centaines de personnes ont réussi à parler et débattre politiquement, deux jours durant, sans se référer à aucun des partis existants, fût-ce pour les conchier. Cela est signe qu'une vie politique arrive à maturité, qui ne doit rien au théâtre des institutions : la scène politique n'est à l'évidence plus le lieu du politique, mais de son occultation.

 

-          Il semble qu'à mesure que le politique déserte la scène, ce soit à même les territoires, donc localement, que le conflit resurgisse, avec une vigueur et une résolution inédites. Comme actuellement dans le Val de Suse en Italie.

 

-          L'exemple tunisien nous enseigne que le principal piège qui est tendu aux révolutionnaires de ce temps, quand ils parviennent à faire trébucher le régime, est l'illusion, issue de la Révolution Française, d'un « processus constituant ». C’est-à-dire l'idée que l'on pourrait à nouveau déléguer à une assemblée élue, à une « Constituante », le soin de fixer les conditions modernisées de l'usurpation du pouvoir du peuple par un nouveau régime. Ces processus constituants ont pour principal effet de désarmer le peuple en redivisant ce qui avait réussi à s'unir au moment de la révolte, effaçant jusqu'aux traces de celle-ci.

 

-          Sous toutes sortes de formes, ce qui revient au centre des combats de l'époque est la question de la « démocratie », c'est-à-dire de son caractère problématique.

 

-          Devant la démonstration assénée par Fukushima, le mouvement anti-nucléaire est à la veille d'une renaissance. La France ne sera pas épargnée.

 

-          Au terme de ces deux jours de discussion, la confusion reste grande sous le ciel et dans les esprits. De futures initiatives devraient contribuer à la résorber.

 

S’organiser contre les « organisations » …

 

Par leur déroulement même, les Nuits du 4 août ont au moins prouvé ceci :

 

-          Un collectif, en s'organisant pratiquement, parvient à faire de la pluralité des sensibilités une source de richesse, et non de paralysie et de querelles.

 

-          L'époque est bien notre condition commune. Il est possible de se ressaisir de l'époque localement sans que ce qui se passe au loin, dans le temps ou dans l'espace, ne soit traité comme une chose exotique, comme simple objet de curiosité.

 

-          En dépit de l'extrême séparation régnant dans cette société, notre aptitude à nous organiser collectivement est à peu près intacte, comme restent bouleversantes les joies qui en découlent.

 

-          Au prix d'un peu d'entêtement, et malgré l'hostilité des autorités, on peut organiser de grandes choses à quelques-uns, sans rien attendre de personne. La satisfaction est alors à la mesure des risques pris.

 

Faire mentir les bonimenteurs …

 

Si les Nuits du 4 août sont parvenues à démontrer quelque chose, c’est avant tout que « la guerre de tous contre tous » n’est qu’une chimère dans l’imaginaire ravagé des Pouvoirs. Si nous sommes parvenus à rassembler 2000 personnes au fin fond du plateau de Millevaches, à partir d’une plateforme de révolte et d’exhortation au combat - en restant par ailleurs convaincus que nous aurions pu en faire dix fois, voire cent fois plus, si nos forces l’avaient permis - c’est simplement que le peuple réel diffère fondamentalement de ce qu’en reflètent les télévisions.

 

Le peuple réel est tout autre chose que ces visions de foules hagardes que l’organisation dominante convoque dans ses espaces sous contrôle : pour un rallye, un match de foot, un bain de soleil sur une plage, une quelconque grand-messe du showbiz ou de la culture, ou dans la galerie marchande du samedi après-midi.

 

Quand l’impossible ne peut qu’advenir…

 

Non, la détermination populaire et la vie qui résistent n’ont pas été éradiquées. Elles restent entières, contrairement à ce que martèlent, toujours prompts à vendre la peau de l’ours, tenants et valets d’un système dont ils sont les seuls à s’éblouir.

 

Si, au fond, les Nuits du 4 août ont pu s’envisager et se dérouler avec cette texture si singulière, c'est que « el imposible no puede que ocurrir ». Ce qui était perceptible là, c’était non le caractère exceptionnel des organisateurs, mais bien celui des circonstances historiques dans lesquelles nous vivons.

 

Tout reste donc à faire !

 

Des membres du collectif « Les nuits du 4 août »

peyrelevade,nuits du 4 août,millevaches,fukushima,révolution française,plateau de millevaches

07:36 | Lien permanent | Commentaires (5) |

26/08/2011

CHILI - Santiago - 25/08/2011

manifestation, chili,santiago,étudiants

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25/08/2011

Henri Chazé – Le crime des bagnes nazis : le peuple allemand est-il coresponsable ? (1945)

 

J’ai été interné pendant dix-huit mois à Fresnes par les autorités allemandes, puis déporté pendant deux ans au camp de concentration d’Oranienburg (commando Heinkel). J’ai eu la chance de survivre, et même de revenir sans maladie grave, alors que la plupart de mes camarades rescapés ont dû entrer en sana, ce qui me permet, après quelques mois de repos, de reprendre la vie normale.
J’ai connu, jusqu’à l’hallucination, la lancinante torture de la faim dans une cellule de Fresnes, l’affolante existence de l’être vivant qui ne peut ni parler, ni lire, ni écrire, ni fumer, ni chanter, ni même siffler, et qui reste toujours effroyablement seul avec lui-même. J’ai connu ensuite l’intolérable promiscuité du camp de concentration, les coups, les vexations et les brimades, la vie infernale de troupeau, les treize heures de travail quotidien, les pénibles alertes de nuit pendant lesquelles nous grelottions sous les sapins du camp, et encore la faim, la faim qui peu à peu nous réduisait à l’état de squelettes, de « musulmans » comme nous disions, et puis le froid, le froid toujours, dans l’atelier, dans les dortoirs, dehors sur la place d’appel. Enfin pour finir, l’évacuation forcée, cette marche de plus de 200 kilomètres, sans presque manger, avec l’horrible vision, tout au long de la route, des cadavres de camarades descendus par les SS parce que ne pouvant plus avancer, des cadavres de ceux qui, les nuits, mouraient d’épuisement et de froid aux étapes, avec l’angoissante impression que j’étais aussi à bout de forces et que mon tour pouvait venir.
Tout cela, et bien d’autres souffrances morales et physiques, je l’ai éprouvé comme tous les rescapés des Kz. Je ne veux point pleurer sur ces souffrances. Militant révolutionnaire, j’ai toujours été conscient des risques inhérents à la lutte à laquelle j’avais entrepris de participer. Je n’ai donc pas à me plaindre.
Cependant, il n’y avait pas que des militants révolutionnaires dans le camp ou en prison, nous n’étions même qu’une minorité. Aussi ai-je davantage souffert des souffrances de ceux qui n’étaient pas moralement prêts à subir tant de tourments. Certes, il est dur d’être frappé sans pouvoir riposter, mais il est encore plus pénible de voir frapper un autre sans pouvoir se jeter sur le lâche agresseur. Sans aucun doute, les interminables dimanches de Fresnes furent sombres, mais plus douloureux encore étaient les longs sanglots, les crises de désespoir, les manifestations de demi-démence des camarades des cellules voisines. Je me demande maintenant comment j’ai pu vaincre la contagion de ces défaillances collectives et affronter le danger des punitions pour crier aux plus déprimés quelques phrases apaisantes et réconfortantes.
Puis-je comparer ma misère à celle des pauvres gosses polonais et ukrainiens du « Block des Jeunes » de notre Kz ? Il y eut, fin 1944, jusqu’à des bambins de huit à neuf ans dans ce block ! Et tous ceux qui avaient plus de treize ans travaillaient avec nous à l’atelier, ces pauvres « Lehrling », proies faciles des capos pédérastes, nous les voyions lentement se dépraver sous nos yeux, périr lentement de faim et de fatigue, et nous pouvions leur donner si peu !
Oh ! oui, les camps de concentration sont une telle atrocité qu’il y a lieu de poser la question : qui sont les responsables ? Bien entendu, les dirigeants nazis d’abord, leurs exécutants SS ensuite, et enfin tout le parti national-socialiste. Mais, tant en prison qu’au camp, je me suis parfois demandé si les soldats de la Wehrmacht qui nous gardaient à Fresnes, si les ouvriers civils allemands qui nous commandaient à l’atelier, chez Heinkel, si le peuple allemand dans son ensemble n’était pas coresponsable des crimes nazis.

la suite sur Espace contre Ciment

 

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20/08/2011

Perspectives II : Antirépression

Défenseurs activistes...

Autour de ces procès nous développons différentes stratégies. Je travaille tout particulièrement sur l'une d'entre elles: un réseau de défenseurs juridiques bénévoles. Un paragraphe du code de procédure pénal allemand, le § 138 Abs.2 StPO stipule qu'une personne peut être au cas par cas autorisée comme défenseur, si elle dispose des connaissances et de la confiance nécessaires pour assurer ce rôle. C'est donc un paragraphe pour les défenseurs non professionnels qui ne sont pas des avocats - ils n'ont pas le droit à une rémunération. Ici nous les appelons les défenseurs laïques (LaienverteidigerInnen). Ce sont souvent des professeurs de droit, des avocats étrangers qui n'ont pas de bureau en Allemagne, des spécialistes dans un domaine juridique précis, etc.

Nous sommes une poignée de militantEs libertairEs à travailler sur ce sujet. Notre but: avoir plus d'influence sur le déroulement et la politisation des procès. Il va de soit que notre application du droit est plutôt subversive. Ce qui ne plait pas trop à bon nombre d'associations d'entre aide juridique traditionnelles telles que la Rote Hilfe . Ces organisations à tendance plutôt communiste que libertaire ont bien du mal à sortir de leur dogme. Je considère qu'elles font un travail important (je suis membre de la Rote Hilfe) mais que parfois, elles manquent d'ouverture pour de nouvelles idées. Pour moi, la solidarité ne se limite pas à fermer sa gueule et récolter des fonds pour les frais de procédure et les amendes. Je pense qu'il y a plein de pistes à explorer. En tout cas, notre réseau de défenseurs non professionnels activistes en est à ses débuts. C'est une coordination entre activistes très informelle. Tout a commencé avec des expériences isolées. Et au fil du temps on s'est rendu compte que la stratégie mériterait plus profonde réflexion et élaboration.

Nous avons organisé un premier séminaire en mai dernier, le prochain aura lieu en décembre. Notre but est de nous former les uns les autres, pour remplir les conditions minimum pour une autorisation à défendre unE accuséE devant la court. C'est toujours assez aléatoire. Les textes sont assez strictes, les juges sont sensés autoriser les personnes compétentes, mais dans la pratique il n'y pas de sécurité. Sauf que les juges comprennent rapidement, que refuser un défenseur ne signifie pas régler l'affaire pus rapidement. Car l'accuséE contre attaque avec divers requêtes, par exemple pour collusion parce que le juge à refusé le défenseur...

Lors de notre séminaire nous avons travaillé sur les requêtes que posent les accusées pour obtenir l'autorisation de leurs défenseurs. Le résultat est encourageant. Le taux de décisions positives a nettement augmenté.

 

la suite chez ecureuil

12:28 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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