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16/11/2009

A Milipol, le militaire décomplexé...en toute sécurité...entre le Qatar et la France...

 

Milipol Paris fête ses 25 ans du 17 au 20 novembre 2009 au Parc des Expositions de Paris Porte de Versailles - Pavillon1.

Guest star Brice"not nice" hortefeux...


La Visite Officielle du Salon par le Ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités Territoriales aura lieu le mercredi 18 novembre 2009 à 9H45. (et certainement une délégation venue d'Irak, les vieux amis de trente ans...)


A Milipol, le militaire décomplexé

 

 

A Milipol, salon de la sécurité intérieure des Etats réservé aux professionnels de la sécurité, et “interdit aux mineurs de moins de 18 ans”, j’ai appris que la biométrie débarquait en crèche, et puis qu’elle équipait 100 des 190 prisons françaises, qu’il existait des grenades “à effet moral”, “d’identification”“de distraction” ou “à lumière et son”, j’ai vu un drone à plumes et une ceinture de chasteté en fils de fer barbelée, et puis le ministère de l’intérieur a refusé de répondre à mes questions sur sa contribution à la plus grande base de données biométriques mondiale (qui, sous couvert de ficher les demandeurs de visas, servira aussi à “l’identification des étrangers sur le territoire national”)…

J’ai aussi pu mesurer à quel point certains marchands de sécurité se posent bien des questions au sujet de la loi informatique et libertés, censée protéger nos vies privées, du fait de leurs clients, qui sont pourtant censés, précisément, faire respecter la loi, et l’ordre : “Vous comprenez, moi, je vends des systèmes, mais les utilisateurs ne les déclarent pas à la CNIL. Alors elle se retourne vers moi, et tout ceci me cause bien des soucis”

La suite dans mon reportage pour lemonde.fr, là : Milipol, la sécurité décomplexée.

Voir aussi les reportages d’Hervé “un temps de” Pauchon sur France Inter.

MaJ : Hubert me faisant remarquer, en commentaire de ce billet, que “ça clignote tellement dans tous les sens qu’on se demande encore si c’est un article ou un arbre de noël qu’ils t’ont mis en page au Monde“, ses formats (actuels) ne permettant pas (encore) d’exposer proprement ce type de reportage, je me permets donc de le republier ici même (vous pouvez aussi cliquer sur les petits photos, pour les voir en grand) :

Une vitrine des nouvelles technologies sécuritaires


Développé par Thalès et promu par l’armée française, 3DRV est un simulateur 3D qui combine un joystick, de grosses lunettes et un rétroprojecteur vidéo… Le Monde.fr

Le Salon présentait de nombreuses reconstitutions de scènes de crime ou d'interventions policières.
Milipol, organisé sous les auspices du ministère de l’intérieur, est un des trois plus importants Salons mondiaux consacrés à la “sécurité intérieure des Etats”. Quelque 950 exposants venus de 44 pays s’y sont retrouvés du 9 au 12 octobre, porte de Versailles, à Paris.

Réservé aux professionnels de la sécurité (et “interdit aux mineurs de moins de 18 ans”), on y découvrait les dernières innovations en matière de police scientifique et technique, d’équipements paramilitaires ou policiers, de systèmes de “détection acoustique de snipers” ou de vidéosurveillance “encore plus intelligente qu’avant”, de drones “de plus en plus minuscules”, etc.

Biométrie en prison, mais aussi en crèche

Zalix biométrie
Quelques-unes des bornes d’identification biométriques de Zalix. Le Monde.fr

La biométrie était une des vedettes de ce Milipol 2007. En 2005, la société Zalix, l’un des acteurs français les plus en vue sur ce secteur, présentait déjà ses solutions d’identification sur le stand de l’administration pénitentiaire. Celle-ci venait de décider de déployer des bornes biométriques afin d’éviter les évasions par substitution : le frère d’un détenu avait profité du parloir pour prendre sa place en prison.

Traces d'empreintes digitales sur une borne de contrôle biométrique.Aujourd’hui, Zalix a équipé de systèmes de contrôle biométriques une centaine des 190 établissements pénitentiaires, une soixantaine d’établissements scolaires, et même trois crèches, dont deux à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis). La mairie se targue ainsi d’avoir équipé sa nouvelle crèche, dénommée “Abbé-Pierre”, d’un système de pointage biométrique afin de contrôler qui amène et vient chercher les enfants, et simplifier le système de facturation.

Le sujet est polémique : en 2004, le Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques (Gixel) avait fait scandale en proposant, dans son Livre bleu, d’“éduquer” à ces technologies de surveillance les enfants et leurs parents “dès l’école maternelle”. Déplorant le fait que “la sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles”, le Gixel estimait alors qu’“il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles”.

Visabio, la plus grande base de données biométriques mondiale

Le ministère de l’intérieur français présentait diverses innovations, dont Visabio. Visabio est la composante française du Système d’information sur les visas (VIS, en anglais), la plus grande base de données biométriques mondiale, qui a pour vocation de centraliser les photographies et les empreintes digitales des dix doigts de tous les demandeurs de visas de l’Union européenne soit, à terme, les identifiants de quelque 100 millions d’individus.

L’objectif est de “respecter la législation française sur l’immigration”, mais aussi de “répondre plus librement en matière de lutte antiterroriste aux demandes spécifiques de nos services de renseignement”. Le système permettra d’ailleurs de consulter un certain nombre d’autres bases de données nationales, européennes et internationales. Les données y seront stockées cinq ans, et tenues à la disposition des services de police, de gendarmerie et des douanes, tant pour le contrôle aux frontières que pour “l’identification des étrangers sur le territoire national”.

Alors que le programme est d’ores et déjà lancé, certains de ses aspects n’ont toujours pas reçu l’aval des autorités européennes de protection de la vie privée, qui contestent notamment les modalités d’accès à la base de données, ainsi que le fait qu’il est prévu de ficher les enfants dès l’âge de 6 ans.

La liste des postes consulaires équipés pour les visas biométriques.La responsable de cette toute nouvelle base de données nationale de “visas biométriques”, présente lors du Salon Milipol, n’a toutefois pas souhaité répondre aux questions du Monde.fr sur l’interconnexion de Visabio avec les autres systèmes européens, notamment avec la base de données Eurodac des demandeurs d’asile. Elle n’a pas non plus souhaité commenter le lien éventuel, établi par Frank Paul, un responsable de la Commission européenne, entre le déploiement de ces dispositifs biométriques et la réduction du nombre de consulats où obtenir des visas, et donc, mécaniquement, la réduction du nombre de migrants.

Mitraillettes de collection et pistolets électroniques

Pin's Taser "made in China"
La société Taser France distribuait à Milipol 2007 des pin’s “made in China”, ainsi qu’une brochure du SAMU sur les “implications cliniques de l’utilisation du Taser”. Le Monde.fr

Le fonds de commerce du Milipol reste la vente d’armes, factices ou non, et de vêtements et autres équipements militaires.

Mitraillette de collection à Milipol 2007Pistolets, fusils, mitraillettes (y compris de collection), grenades (“à effet moral”, “d’identification”, “poivrée”, “offensive”, “de distraction” ou “à lumière et son”), des balles, létales ou non, de toutes les couleurs et de toutes dimensions, et puis des stands de tir, pour s’exercer sur des écrans virtuels, ou des cibles bien réelles reprenant l’iconographie des bandes dessinées américaines des années 60-70.

Sur le stand du distributeur de pistolets électroniques Taser, on trouvait un petit livret, extrait de La Revue du SAMU, sur les “implications cliniques de l’utilisation du Taser®”. La société en a aussi inondé les rédactions de journaux, avec une invitation au Salon Milipol, où elle distribuait, en sus, des pin’s “made in China”.

Signe de son succès, on trouvait aussi de nombreuses répliques du Taser sur les stands des armuriers chinois. Et signe de leur peu de moyens, les fiches de présentation de leurs armes high-tech étaient écrites… à la main, sur de petites feuilles de papier, sans en-tête ni logo.

Caméras espionnes pour zones sensibles

Balles rebondissantes de surveillance
Ces caméras de vidéosurveillance, présentées à Milipol 2007, peuvent être lancées comme des balles, et sont capables de filmer à 360°. Le Monde.fr

De plus en plus petites, de plus en plus sophistiquées, de plus en plus “intelligentes”, les caméras de vidéosurveillance apprennent à se dissimuler dans une crotte de chien, ou sous le ventilateur du tableau de bord, la plaque d’immatriculation ou encore le logo d’une camionnette banalisée.

Il ne s’agit plus seulement de surveiller l’espace public, mais aussi de pouvoir espionner, sans se faire repérer.

Mini Drone Elsa de surveillance urbaineC’est d’ailleurs tout l’intérêt d’ELSA, pour “engin léger de surveillance aérienne”, l’une des vedettes du “commissariat du futur” présenté par le ministère de l’intérieur. Furtif et léger, il pèse moins d’un kilo, peut voler 45 minutes à 70 km/h, filmer de jour, comme de nuit, dans un rayon de 2 km, le tout étant, bien évidemment, géolocalisé. Son objectif affiché : surveiller les “zones urbaines sensibles” ou les manifestations.

Autre innovation française mise en avant, mais par l’armée cette fois, la Spybowl de la société Exavision, une caméra de la taille d’une boule de pétanque, recouverte de caoutchouc, que l’on peut lancer, et qui permet de visualiser une scène sur 360°. Etonnamment, c’est la version de son concurrent israélien qui vient d’avoir les honneurs du JT de 20 heures sur TF1.

Trottinette et drone à plumes

Véhicule blindé quelque peu endommagé
Un véhicule blindé, et quelque peu endommagé, en provenance directe de l’Irak, exposé dans les travées de Milipol. Le Monde.fr

Segway version policeDéjà mis en scène lors d’un précédent Salon, le véhicule blindé rapatrié d’Irak où il a résisté aux balles ou aux missiles occupait cette année encore une place de choix. Aux côtés des “robocops en véhicules blindés” – selon le terme employé par la police nationale pour désigner ces policiers revêtus des dernières tenues anti-émeutes –, mais aussi de la version policière du Segway, la trottinette auto-équilibrée qui “permet aux officiers de devenir plus accessibles, plus communicatifs tout en dominant toujours leur interlocuteur, contrairement au vélo” (prix public conseillé : 7 399 € TTC).

Caméra buche de vidéosurveillanceCar Milipol est aussi l’occasion pour les Géo Trouvetout de présenter leurs dernières inventions. Ainsi le constructeur Tecknisolar propose une “bûche de bois caméra” de vidéosurveillance qui peut, précise l’entreprise, être dissimulée dans une plaque de rue, un candélabre, un Abribus… Cette société d’ingénierie malouine est aussi à l’origine d’un drone recouvert de plumes qui vole comme un vrai oiseau en battant des ailes, mais aussi d’un drone contrôlé par un casque à énergie solaire et doté, sous son hélice, d’un Flash-Ball.

PC sous Linux des unités anti cybercriminalitéLes forces de l’ordre n’hésitent pas à utiliser des méthodes de pirates informatiques. Les Italiens de HackingTeam vendent un cheval de Troie permettant aux forces de l’ordre de prendre le contrôle et d’espionner n’importe quel PC tournant sous Windows. A 100 mètres d’eux, les spécialistes policiers de la cybercriminalité ont, quant à eux, un faible pour les ordinateurs “libres” fonctionnant sous GNU/Linux, mais sont obligés de travailler avec des systèmes “propriétaires” sous Windows : les logiciels libres ne sont pas habilités.

Un éléphant orange et une ceinture de chasteté barbelée

Un énorme éléphant orange rétroéclairé trônaît dans l'une des travées de Milipol 2007.
Un énorme éléphant orange rétroéclairé trônaît dans l’une des travées de Milipol 2007. Le Monde.fr

On ne saurait clore ce tour d’horizon du Milipol 2007 sans évoquer ces “petits plus” qui font des visiteurs de ce Salon “de grands enfants dans un immense magasin de jouets”, comme le reconnaissait, selon News.fr, un gradé de la gendarmerie qui, souriant, testait un fusil d’assaut.

Une ceinture barbelée de chasteté présentée dans un des bars de Milipol 2007.Outre les pin’s, stylos, petits carnets, échantillons et autres gadgets gracieusement proposés par Taser et autres marchands d’armes, on pouvait voir un petit bonhomme virtuel amadouer un client potentiel en lui demandant, à la manière des camelots sur les marchés, s’il avait déjà reçu “son petit cadeau”.

Dans les poubelles de Milipol, le soir à la fermeture, on trouvait aussi, par dizaines, les douilles des munitions qui avaient fait le bonheur des visiteurs sur les stands de tir.

Plus incongrus, on pouvait également découvrir, dans les travées de ces 18 000 m², un éléphant orange reproduit à l’échelle, et même une ceinture barbelée de chasteté, en marge du plus convivial des bars du Salon.

Un business très juteux

Le boom boursier des sociétés de sécurité
L’indice des 100 principales sociétés de sécurité cotées en Bourse, comparé au Dow Jones, au Nasdaq et à l’indice des 500 sociétés notées par Standard & Poor’s.

Le 11 septembre, la Commission européenne annonçait le lancement d’un partenariat public-privé en faveur de la recherche et l’innovation en matière de sécurité. Ce dernier fera passer le budget consacré à la recherche en la matière de 15 millions d’euros à 200 millions d’euros par an, soit + 1 333 %.

De l’avis général, le marché de la sécurité est en pleine “explosion”. Le magazine spécialisé En toute sécurité estime ainsi qu’il a atteint les 350 milliards d’euros en 2006 (dont 145 milliards pour les Etats-Unis, et 100 milliards pour l’Europe), en progression de 9 % par rapport à 2005. Les entreprises américaines rafleraient 45 % de la mise, l’Europe 31 %, la France 5 %.

Selon SecurityStockWatch, l’index des cent plus importantes sociétés cotées de ce secteur a progressé, lors des cinq dernières années, plus fortement que le Dow Jones ou le Nasdaq. Ce boom profite tout particulièrement aux entreprises spécialisées dans l’antiterrorisme : elles enregistrent une croissance de 25 % par an depuis les attentats de 2001.


- blogosphère

Un article issu de : Rewriting.net

À voir en ligne ici : http://rewriting.net/2007/10/17/milipol-ou-le-securitaire...

 

 

 

Avec Thales, pub et vidéosurveillance font bon ménage

Le groupe de défense a été retenu par la RATP pour installer 5.500 caméras de vidéosurveillance dans ses bus parisiens. Une première étape pour Thales qui prévoit déjà d’ajouter, aux futures infrastructures, des écrans pour diffuser de la pub.

Le groupe français Thales, spécialisé dans les technologies de sécurité et de défense, vient de remporter l'appel d'offres de la RATP pour équiper 1.200 bus parisiens de systèmes de vidéosurveillance. Le contrat, dont le montant n'a pas été communiqué, porte sur la fourniture de 5.500 caméras couleur, dont 1.300 avec un dispositif audio, ainsi que 1.400 disques durs amovibles et 220 écrans machinistes.

Selon les deux entreprises, il s'inscrit dans le plus important projet européen de vidéosurveillance numérique embarquée. Depuis 2000, la RATP a déjà équipé plus de 2.000 bus sur les 4.000 en circulation, dans le cadre de précédents appels d'offres.

Pour la Régie, il s'agit bien entendu de lutter contre l'insécurité dans les transports publics en adoptant une solution tant dissuasive (aucune caméra n'est cachée) que répressive. «Les systèmes de vidéosurveillance fournis doivent permettre l'identification des personnes et de leurs mouvements par l'enregistrement numérique des images, provenant des caméras installées à l'intérieur des bus. La relecture de ces images est réalisée sur stations fixes dans des centres de supervision distants», explique la RATP dans un communiqué.

«Concrètement les quatre caméras réparties dans le bus enregistrent en boucle cinq heures de vidéo, c'est-à-dire en effaçant les enregistrements précédents, selon un mode dit circulaire», précise à ZDNet Philippe Bruneaut, responsable projets vidéo à la RATP.

Un système qui dispose d'une option "multimédia"

«La résolution d'image est de 720x576 pixels avec environ douze images en couleurs par seconde. En cas d'agression par exemple, les enregistrements seront examinés par des agents de sécurité assermentés par le ministère de l'Intérieur, en la présence d'officiers de police», poursuit-il.

Reste que pour Thales, les ambitions dépassent le simple contrat de fourniture de matériels. L'infrastructure qu'il va installer dans chaque bus dispose d'une option dite «multimédia». En plus d'enregistrer de la vidéo, le système pourra en diffuser, en ajoutant simplement quelques écrans et un disque dur plus conséquent.

«Cela permettra, par exemple, de donner des informations touristiques ou commerciales tout au long du trajet», nous confie Serge Porquet, responsable commercial du secteur transports terrestres chez Thales. «La sécurité est le premier pas, l'information et le marketing seront le second». Il précise que le groupe dispose déjà d'une solide expérience sur ces systèmes de diffusion de contenu audiovisuel embarqués, via sa division Thales Avionique, pour l'information culturelle et commerciale dans les transports aériens.

Enfin, Thales envisage également de proposer ses outils de surveillance automatisés. «C'est aussi l'opportunité de proposer par la suite nos logiciels d'identification faciale, de détection de bagages ou de comportements suspects», conclut Serge Porquet.

Par Christophe Guillemin, ZDNet France

 

 

 

 

 

 

SOFREMI / Salon Milipol Enregistrer au format PDF

Nominés Big Brother Awards 2001

 

Cette société qui dépend du Ministère de l’Intérieur organise tous les ans MILIPOL, une foire internationale de l’arsenal sécuritaire destinée tant aux sociétés du secteur privé qu’aux Etats ou administrations de pays dont certains sont réputés les plus totalitaires, comme ceux du Golfe ou la Chine.

 

Considérant par ailleurs que la Sofremi, société dépendant du Ministère français de l’Intérieur chargée d’exporter la technologie française, organise tous les ans MILIPOL, "le salon de la sécurité intérieure des Etats". Cette foire de l’arsenal sécuritaire est destiné tant aux sociétés, officines ou agences du secteur privé, qu’aux Etats ou administrations de pays dont certains sont réputés totalitaires, comme ceux du Golfe et la Chine par exemple. Milipol est organisé en alternance en France et au... Qatar !

 

L’objectif des Big Brother Awards étant aussi de dénoncer les entreprises qui exportent ou facilitent le commerce de matériel sécuritaire et policier dans des régions du monde où les droits de l’individu sont déjà très limités, dans la mesure ou ces technologies de pointe deviennent une arme encore plus redoutable pour restreindre les contestations sociales et la dissidence politique.

 

Ce dossier peut être nominé aussi dans la catégorie "Ensemble de son oeuvre" puisque le salon Milipol est organisé depuis 17 ans !

 

Références / Documents

 

Fiche de présentation de Milipol :

 

"Soyez acteurs d’un marché en pleine évolution

 

En 17 années d’existence et 11 éditions, MILIPOL s’est imposé comme le leader mondial des salons dédiés aux technologies de la sécurité et de la lutte anticriminelle. MILIPOL est désormais le point de rencontre unique de tous les décideurs internationaux de sécurité publique et industrielle.

 

"Au cours de la dernière édition du Salon MILIPOL Paris, les 500 sociétés internationales exposantes, soutenues par la présence active de tous les ministères et des institutions concernés, ont rencontré 18000 professionnels et prescripteurs, venus de plus de 100 pays.

 

"MILIPOL, lieu d’échanges privilégié, est au cœur des évolutions du marché et répond de manière performante à des besoins toujours plus ciblés en matière de protection des personnes et des biens.

 

"Les moyens traditionnels de lutte anticriminelle, de maintien de l’ordre, de contrôle d’accès et de surveillance ont forgé la réputation du Salon MILIPOL. L’entrée remarquée des nouvelles technologies fait également de MILIPOL une vitrine mondiale de la recherche, de l’ingénierie et des équipements de sécurité, en phase avec un marché en constante évolution.

 

http://www.milipol.com/francais/paris/exposants/exposants.html

 

SofremiSofema Groupe

Sofremi propose également des transferts de compétences opérationnelles dans les domaines de la police scientifique et technique. ...
www.sofema-groupe.com/le...et.../sofremi -

Sofema, de la défense vers le "Homeland Security"

Ancien bras armé de l'Etat français pour ses exportations aéronautiques militaires, la Sofema, entièrement privatisée, est en pleine mutation depuis l'arrivée à sa tête du général Bernard Norlain, en janvier 2004.

Après avoir dépoussiéré l'organisation de cette "vieille dame" qu'était la Sofema, le général Bernard Norlain et son directeur des opérations Jacques Reboul se sont engagés dans plusieurs opérations de croissance externe dans le domaine de la sécurité. Dans les années à venir, estiment-ils, une partie des budgets de défense va être redéployée vers les activités de Homeland Security ; Sofema doit donc être présente sur ce créneau. L'an dernier, Sofema (55 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel) a donc racheté Sécurité sans frontières, une société de sécurité et d'intelligence économique dirigée par Frédéric Bauer (ancien responsable de la sécurité de Dassault) et le général Pierre-Jacques Costedoat (ancien patron du service Action de la DGSE). Au début de cette année, le général Norlain a repris 51% de Sofremi, l'ancienne société d'exportation du ministère de l'intérieur, mise en sommeil après de multiples scandales, mais qui porte encore deux contrats importants. L'un, signé en 1997, d'un montant de 400 millions $, concerne l'équipement de la police brésilienne ; il vient de redémarrer sur un rythme de 40 à 50 millions $ par an. L'autre vise à équiper la ville d'Istanbul contre les risques de catastophe naturelle. Enfin, Sofema est en train de finaliser une autre acquisition majeure, celle de Cofrexport, la plus importante société française spécialisée dans les matériels de sécurité, écoutes, interception, codage, brouillage, vision nocturne, etc. Dirigé par Emmanuel Sebban, Cofrexport vend essentiellement à l'Etat français, et réalise un chiffre d'affaires annuel de 6 à 8 millions d'euros, Cofrexport détient également une participation de 10% dans Milipol, l'un des plus grands salons mondiaux dans les technologies de sécurité.

 

 

 

 

extrait de NOIR CHIRAC, de François-Xavier VERSCHAVE, Ed Les Arènes, 2002, (p 142-146)
de François-Xavier VERSCHAVE

Pasqua contre Chirac, tout contre

Il est difficile de percevoir d’un coup d’oeil toutes les faces d’une montagne. Charles pasqua est une montagne de la République souterraine. D’un côté, vu d’Afrique et des pays arabes, il apparaït clairement jusqu’en 1990 comme un second de Jacques Chirac. En même temps, il a une antériorité considérable dans les positionnements parallèles, qui lui donne une formidable marge de manoeuvre, par des voies ou couloirs spécifiques. Qu’est ce qui l’a amené à se tenir si longtemps dans le sillage de son cadet ?

Né en 1927, un luistre avant Jacques Chirac, Charles Pasqua a connu dès l’adolescence la Résistance et la clandestinité. Il n’a plus guère cessé de participer à des activités en partie secrètes :
- le service d’ordre gaulliste, en "guerre froide" contre les communistes ;
- puis, en 1959, le Service d’action civique (SAC), fondé par Jacques Foccart avec le concours d’Etienne Leandri (un stay behind typique, venu de la collabotation de la mafia, gracié à la demande de la CIA) ;
- la protection du Maroc et de ses trafics sous l’étiquette Pernod-Ricard à la grande époque de la French connection (1).

De cette époque datent les amitiés avec deux riches et troubles personnages : Etienne Leandri et André Guelfi. Ce dernier a fait fortune dans la sardine. Au large du Magreb et de la Mauritanie, la pêche a été pour certains une activité très lucrative, parfois une couverture, ou l’opportunité de naufrages bien assurés. Etienne Leandri, lui, toujours branché sur la mafia italienne (2), s’est tôt construit un triangle pétrole-armes-BTP. Au top niveau. Leandri est aussi relié, comme les mafieux italiens, au Luxembourg des marchands d’armes Henri Leir, Adnan Kashoggi, Akram Ojjeh ou Nadhmi Auchi... Le Grand Duché, "51e Etat des USA", est le support de leurs grandes manoeuvres financières occultes - en correspondances avec Londres, où Auchi et Leandri ont plus qu’un pied-à-terre.

Charles Pasqua, l’ancien vendeur de pastis admet que sa fortune est faite dès le début des années 70. Et pourtant il va servir le jeune loup Jacques Chirac, l’aider à conquérir l’Hôtel de ville de Paris, organiser des meetings monstres, "chauffer" les militants, monter des coups, écarter les gêneurs, faire sauter les obstacles à l’ascension du "Grand" - malgré l’ultime faux-pas de 1995. Il sait aussi donner une nouvelle jeunesse à son réseau. Il dote d’une seconde génération, avec son fils Pierre-Philippe, Pierre Falcone junior et l’associé de ce dernier, le Russo-Israélien Arcadi Gaydamak, ou encore les deux Guillet, Jean-Jacques et Bernard, non apparentés. Idem pour la famille corse : une autre génération s’insinue derrière les Feliciaggi, Tomi, Tosi, Luciani... prête à récupérer leur PMU, casino et autres rentes. Les deux passages de Charles Pasqua au ministère de l’intérieur, avec la tutelle de la DST, lui ont ouvert quantité de portes dans les services étrangers, notamment est-européens et arabes. Jean-Charles Marchiani évolue entre ces mondes, inclassable.

On pourrait croire que Pasqua va jouer en solo. Souvent, il le donne à croire. Mais à observer sa percée dans l’Eldorado pétrolier angolais, avec les Falcone, Gaydamak, Marchiani, Feliciaggi, il est évident qu’elle ne s’est pas faite au détriment des positions chiraquiennes régionales, adossés au Gabon d’Omar Bongo et au Congo de Denis Sassou Nguesso : elle les confortait - du moins jusqu’à l’"Angolagate". Après plusieurs décénnies de passivité craintive ou fasciné, les méthodes pasquaîennes ont fini par indigner certains magistrats, une partie de la presse et de l’opinion publique, sur fond de guerre des services (DGSE contre DST). Pasqua est alors voué au rôle de fusible, et il n’aime pas ça : il est clairement laché après l’arrestation de Falcone, quand l’Elysée et Matignon acceptent conjointement de lever le secret défense sur certains documents compromettants. C’est le signal d’un hallali médiatique, d’un abandon contagieux.

Ce condensé de biograpphie nn’éclaire certe pas assez la deuxième" vie cachée du personnage (3). Il va nous permettre cependant de rattacher à la Chiraquie ce qui lui revient des entreprises pasquaïennes.

Le cas Marchianni

Cofondateur avec Charles Pasqua du Rassemblement pour la France (RPF), flirtant avec l’extrême-droite, longtemps méprisé par Foccart, on pourrait croire Marchiani aux antipodes du cercle chiraquien. Il en fut pourtant le plus souvent un allié. Comme du noyau dur du parti gaulliste, il entamme sa carrière (4) sous la bannière de l’anticommunisme. Après la "coloniale, il est intégré à 25 ans au Sdece (future DGSE), affecté à la section K (anti-PCF, anti-KGB), à Paris-Invalides (2 bis avenue de Tourville). Plus précisément au Service 6, ultra-gaulliste, lié à Foccart, et qui manipule des "honorables correspondants". C’est la "base bison", située dans les mêmes bâtiments que la sécurité militaire.
Mais il est bientôt taxé d’antipompidolisme primaire, accusé d’avoir fait mousser l’affaire Markovic - ce garde du corps d’Alain Delon, retrouvé assassiné, qui selon la rumeur aurait détenu des photos compromettant l’épouse du futur président. Pompidou, sitôt élu, fait exclure Marchiani. Celui-ci restera pourtant toute sa vie dans la nébuleuse des Services, et postulera même en 1993 à la direction de la DGSE ! Au Sdece, il semble avoir eu le temps de former Roger Delouette, qui se mouillera dans la French Connection et se fera arrêter en 1971, pour l’exemple - bien tardif... Delouette revendique le tutorat de Marchiani. Ses relations sont avérées avec ce dernier, mentionné 26 fois dans son agenda. Il affiche une étique pasquaïenne : « Malheureusement, ou heureusement, je n’en sais rien, les services de renseignement sont toujours à court d’argent. Même la CIA (...) Quand la CIA s’est lancée dans le trafic de drogue au moment de la guerre du Vietnam, c’était oiyr financer des opérations pour lesquelles elle avait besoin d’argent que le Sénat ne voulait pas voter. (...) Il faut toujours des caisses noires, sinon on ne peut pas financer des trucs qui paraissant aberrants. » (5)
Dans ses aveux, Delouette déclare que la livraison d’héroïne s’effectuait pour le compte du colonel Fournier, chef de la base Paris-Invalides. Il s’agissait d’alimenter la caisse noire d’un réseau de renseignement, persiste-t-il à suggérer. Cette piste est confortée par les mémoires d’ex-agents américains, selon lesquels « l’argent provenant d’un trafic de diaments liés aux réseaux Foccart était réinvesti dans le commerce d’héroïne vers l’Amérique, pour en tirer de gros profits et financer d’autres sales boulots en Afrique. (6). » On se croyait pari dans une excroissance pasquaïenne, et l’on se retrouve au cœur de la Françafrique orthodoxe, la foccartienne. Les diaments venaient sans doute du Centrafrique de Bokassa ou du Zaïre de Mobutu. _ Marchiani se recycle au SAC et dans la lutte anti-syndicale, à Peugeot puis Servair, filiale d’Air France. Honorable correspondant de Sdece, il a des opérations financières inexpliquées avec les paradis fiscaux. En 1983, il se met au service d’un important intermédiaire libanais, Iskandar Safa, qui préside Triacorp International SA. Safa entretient des relations suivies avec Gilles ménage et Jeran-Louis Esquivié, adjoint du commandant Prouteau à la "cellule élyséenne". Spécialité de Triacorp : les marchés de compensation, ou "offsets" - de vastes trocs, dont l’un des termes est souvent des ventes d’armes. Collaborateur important de Triacorp Marchiani va croiser « quelques autres intermédiares incontournables des grands contrats mondiaux d’armement (7). » Les grands noms du métier, tous milliardaires : l’Iranien Manucher Ghorbanifar, le Libanais Koraytem, les Saoudiens Akram Ojjeh et Adnan Khashoggi, avec son collaborateur Samir Traboulsi. Nous revoilà dans l’orbite luxembourgeoise.

En 1986, Marchiani pénètre au cœur du système. Charles Pasqua le prend au ministère de l’Intérieur pour traiter les effets non désirés d’un raté de la dissémination nucléaire américano-française : la guerre menée par l’Iran, avec des vagues d’attentats et de prises d’otages, pour récupérer sa part d’uranium enrichi dans l’usine Eurodif et fabriquer sa bombe atomique. Marchiani se déplace énormément en avio privé, sous le pseudonyme d’Alexandre Stephani. Il s’attaque à l’affaire des otages avec l’aide d’Iskandar Safa et son frère Akram, qui joueront un rôle décisif. Désormais familier des fabricants, traficants et intermédiaires en armements, y compris les moins recommandables, il connaît les ingrédients d’une négociation réussie. Il décroche la libération des otages français détenus au Liban juste avant le scrutin présidentiel de 1988 : un superbe cadeau pour le candidat Chirac... qui ne suffira pas à le porter à l’Elysée.
Les secrets que détient désormais Marchiani et son entregent coissant le font entrer à son tour dans le cercle restreint des sadors du commerce des armes, si extraordinairement juteux. En 1992, la vente de 390 chars Leclerc à Abu Dhabi a nécessité 73 commissions occultes, dont un bon paquet est revenu en Chiraquie, pivot des relations avec la région. « De 1988 à 1993, Jean-Charles Marchiani est, selon son CV, conseiller pour le Moyen-Orient au groupe Thomson. Il s’agit (...) d’un euphémisme », résume son biographe Eric Lemasson.
En 1993, réinstallé au ministère de l’Intérieur auprès de Charles Pasqua, Marchiani devient, selon l’Express, "l’un des hommes les plus puissant de France". Il généralise la diplomatie du troc. Missionné par Pasqua, il intervient comme ses amis Falcone et Gaydamak dans un montage armes-pétrole avec le régime angolais. Celui-ci se prépare à une relance de la guerre civile et à une politique d’intervention dans les pays voisins (les deux Congo). C’est au nom de la France, indiquera plus tard Marchiani, que les trois compères ont contribué à surarmer une pétrodictature agressive.
Fin novembre 2000, les enquêteursont saisi un projet de contrat de vente d’armes à destination de l’Angola, annoté de la main de Marchiani. Daté du 21 février 1994, établi au nom d’une société libérienne, la Culworth Investment, le contrat projeté dépasse les 33 millions de dollars. Le général Miala, chef des services secrets angolais, écrit le 29 mars 1995 à son "illustre ami" Marchiani : « J’aimerais vous remercier pour l’engagement personnel que nous avons pu afficher à vos côtés, et nous sauront comment vous rembourser pour tout dans le futur, quand nous seront en paix. » (8)
C’était juste avant l’élection présidentielle française. le grand intérmédiaire est au poste d’aiguillage des contrats d’armement. En toutes ces affaires, il a forcément favorisé Balladur, le choix de Pasqua. Mais il a aussi très probablement ménagé le candidat Chirac, puisqu’il redevient dès 1995 "un habitué du palais de l’Elysée (9). (...)

Ainsi, lorsqu’en novembre 2000 les enquêteurs trouvent à son domicile des borderaux de remise en liquide sur les comptes de ses deux fils, pour un total de 409.000 francs (62.500 euros), Jean-Charles Marchiani peut se permettre d’affirmer que cet argent provient des fonds spéciaux de la République : il ne craint pas d’être contredit par le président (10), qui a usé de la même ficelle.

(1) - lire NOIR SILENCE, QUI ARRETERA LA FRANCAFRIQUE, François Xavier Verschave, Les Arenes, 2000

(2) - Julien Caumer, Les requins, Flammarion, 1999

(3) - Daniel Carton a été l’un des pionnier de ce genre de biographie non autorisée avec "La deuxième vie de Charles Pasqua (Flammarion, 1995)

(4) - Marchiani, l’agent politique, Eric Lemasson, Seuil, 2000.

(5) - Marchiani, l’agent politique, Eric Lemasson, Seuil, 2000.

(6) - Dirty Work, t.2, CIA in Africa, Lyle Stuart Inc, 1979, p31

(7) - Marchiani, l’agent politique, Eric Lemasson, Seuil, 2000.

(8) - d’après Jérôme Dupuis et Glles Gaetner, Interrogations sur les comptes Marchiani, L’Express, 3 mai 2001 (lire l’article ici).

(9) - Marchiani, l’agent politique, Eric Lemasson, Seuil, 2000.

(10) - d’après Jérôme Dupuis et Glles Gaetner, Interrogations sur les comptes Marchiani, L’Express, 3 mai 2001 (lire l’article ici).

 

 

 

 

 

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04/10/2009

La Terrorisation démocratique

de BARRICATA :

Claude Guillon vient de publier La Terrorisation démocratique (Libertalia).
On peut se procurer ce petit livre en cliquant sur le lien suivant:
http://editionslibertalia.com/La-Terrorisation-democratiq...



Tu viens de publier La Terrorisation démocratique, qui décortique l'arsenal législatif français et européen en matière d'antiterrorisme. Peux-tu développer la thèse du livre et comparer les situations de 1986 et d'aujourd'hui?

Le mot « thèse » est trop solennel ! Le propos du bouquin est d'éclairer la nature et l'histoire des lois dites « antiterroristes », à l'échelle nationale et européenne. Une bonne partie de l'opinion, y compris dans les milieux militants, a découvert l'existence et certains détails de ces textes à l'occasion de l'affaire de Tarnac. La réaction la plus courante a été de dire : « Mais c'est n'importe quoi ! Un terroriste c'est pas ça ! Pas un mec qui est accusé, et sans preuves par dessus le marché, d'avoir retardé un TGV pendant quelques heures ! » C'est un point de vue naïf et surtout très mal informé. Les textes adoptés d'abord par l'Union européenne après le 11 septembre 2001, puis par les différents États, permettent de qualifier de « terroriste » tous les délits sans exception, y compris les actions politiques ou syndicales dès lors qu'elles sont en marge de la loi. Les textes dits « antiterroristes » ont d'abord rompu avec le droit commun. En France, c'était au milieu des années 1980, puis ils ont créé ce qui est aujourd'hui le droit commun. La règle est simple : l'État décide de ce qui mérite d'être qualifié « terroriste » et réprimé comme tel. C'est important de comprendre l'évolution qui s'est faite en vingt ans, parce que aujourd'hui ça n'a aucun sens de parler d'abroger les textes antiterroristes, comme si c'était une espèce d'excroissance qu'il suffirait de couper. C'est un ensemble logique de textes sur le « terrorisme », sur l'immigration, sur la délinquance, notamment celle des jeunes. La logique dont je parle, c'est ce que j'appelle la « terrorisation ». Mais dans leur prétention à contrôler tous les aspects de la vie, ces textes sont parfois délirants, souvent empilés les uns sur les autres sans souci de cohérence ou même d'« efficacité ». Ça peut donner, par exemple dans l'affaire de Tarnac, cette impression fausse de gros bordel ridicule, de « bavure », de n'importe quoi.

Dans le dernier chapitre de ton livre, tu évoques la multitude de fichiers à disposition des forces de répression. Besson vient d'abandonner les test ADN. Le gouvernement recule-t-il face à la fronde liée à l'après Tarnac ? Ou bien s'agit-il d'un simple recul conjoncturel et stratégique ?

Le bouclage du livre a eu lieu trop tôt pour confirmer cette reculade, mais j'avais noté que personne n'avait voulu publier les décrets d'application du texte… D'ailleurs, au moment où les tests sont introduits dans la loi, il y a déjà des critiques assez fermes dans les rangs de la droite. Pour dire ça en termes de classes, une fraction de la bourgeoisie, et pas la moins droitiste, a crié casse-cou, parce que ça rappelle quand même fâcheusement de sombres périodes, comme on dit, et sans doute surtout parce que ça touche à un des fondamentaux de l'ordre bourgeois : la famille, la filiation et donc l'héritage. Pour répondre à ta question, je pense que ça reviendra un jour ou l'autre : parce que c'est dans la logique du marché de la « sécurité biologique » – on peut déjà acheter des tests de paternité sur Internet – et parce qu'il y a une autre logique qui est de produire sans cesse de nouvelles réglementations. Ces deux logiques s'alimentent évidemment l'une l'autre : quand un moyen technique de contrôle existe, on le légalise et on le commercialise.

À propos de terrorisation, tu évoques deux « figures dangereuses combinées », le jeune et l'étranger. Ne manque-t-il pas le travailleur qui revendique ?

Le travailleur en lutte, on pourrait dire aussi l'activiste politique, est bien concerné, mais en quelque sorte en bout de chaîne. De telle manière que s'il est concerné, il ne se sent pas concerné, au moins jusqu'à maintenant. Les figures dangereuses que sont les jeunes délinquants et les étrangers, considérés comme délinquants du seul fait de leur présence « illégale », ont été très tôt associées à celle du terroriste. C'est devenu caricatural dans l'action de quelqu'un comme Sarkozy, déjà quand il était ministre de l'Intérieur. Dès 1986, on introduit dans la définition légale une notion de « subjectivité », c'est-à-dire d'élasticité, du point de vue du pouvoir. Après le 11 Septembre, les textes européens dressent carrément la liste des actes susceptibles d'être classifiés « terroristes ». On y trouve presque tout, y compris le répertoire militant : occupations, sabotages, etc. Ce sont les intentions terroristes qui comptent, et bien entendu, ce sont les flics et les magistrats qui décident de tes intentions !

Peux-tu nous dire comment le mandat d'arrêt européen, qui est encore mal connu, s'inscrit dans ce dispositif…

Ce mandat est dans la logique d'harmonisation répressive qui prévaut dans un espace géographique de plus en plus large. Il se présente comme une politesse que se font entre elles les démocraties ; c'est une manière de reconnaissance judiciaire comme on parle de reconnaissance diplomatique. Concrètement, ça signifie que n'importe quel magistrat de n'importe quel pays de l'UE peut lancer un mandat d'arrêt contre n'importe quel ressortissant d'un autre pays de l'UE. Un exemple : j'ai participé à une manifestation à Gênes ; je rentre chez moi à Paris ; un magistrat italien, qui pense que c'est moi la cagoule floue à gauche sur la photo, peut me faire arrêter trois mois plus tard par les flics français. La justice française, ou mon avocate, ne peuvent s'opposer à l'exécution du mandat que dans un nombre limité de cas. Les premiers visés par des mandats européens ont été des autonomistes basques. C'est un instrument de répression politique dont on n'a pas encore pris la mesure, que la gauche française a encouragé et dont elle se félicite à chaque occasion !

Tu as récemment publié deux autres livres. Le premier porte sur la notion de corps critique, l'autre sur les Enragés. Comment articules-tu ta réflexion ? Quel est le lien entre le corps, l'histoire politique et la législation antiterroriste ?

Là, ça a un côté « ma vie, mon œuvre »… Je vais essayer de faire court ! Je me considère d'abord comme un militant anarchiste ; l'écriture est pour moi un outil privilégié parce que c'est celui que j'utilise le moins mal. Enfin, c'est ce qu'on m'a fait croire à l'école !
Dès mes premières publications, je me suis inscrit dans un courant de réflexion sur l'importance du corps en politique qui avait comme traduction immédiate les luttes de l'époque (fin des années 60- années 70) pour l'avortement et la contraception libres, les luttes féministes et homosexuelles, et comme antécédent immédiat les tendances radicales de la psychanalyse, essentiellement Wilhelm Reich et sa Sexpol allemande ou plus lointain avec les utopies amoureuses fouriéristes. L'effort de Reich, dans les années 30, portait sur l'articulation entre corps, inconscient et politique, notamment au travers de l'épanouissement érotique. Dans le livre récent auquel tu fais allusion, j'ai essayé de donner chair à la notion de « corps critique », comme on parle d'esprit critique, au moment où des scientifiques, des artistes d'avant-garde et des activistes illuminés tentent de mettre en pratique un « dépassement » du corps que j'identifie à la fin des utopies libertaires.
La révolution française, maintenant. Je pense, avec bien d'autres (Kropotkine, Guérin, etc.) que c'est une matrice qui n'a pas produit tous ses effets. Elle est, malgré une production historienne surabondante, encore trop mal connue et mal comprise. J'ai choisi de m'intéresser à la fraction qui me semble la plus radicale, et la moins étudiée aussi, celle des Enragé(e)s ; je marque bien le « e » du féminin parce que plusieurs des figures les plus intéressantes sont des femmes et qu'elles posent en actes un certain nombre de problèmes auxquels nous nous heurtons encore aujourd'hui. Par ailleurs, je pense que pour qui s'intéresse à la démocratie directe, l'étude de la Révolution française est indispensable.
Par rapport à ces questions de fond, l'analyse de l'arsenal « antiterroriste » peut sembler anecdotique, quoique ça n'est pas sans rapport avec l'histoire puisque durant la période de la Terreur, on a centralisé à Paris les procédures contre les conspirateurs, comme aujourd'hui les procédures antiterroristes. Et pas non plus sans rapport avec le corps, puisque c'est de plus en plus le support même de l'identité et donc la cible de la surveillance, avec la biométrie. Disons que la proposition de Libertalia m'a permis de refaire le point sur une question d'actualité, sur laquelle j'avais déjà commencé à travailler après les émeutes de 2005 et l'état d'urgence, qui n'avait, soit dit en passant, pas suscité beaucoup plus de réactions que les lois antiterroristes.

As-tu, pour finir, quelques conseils de lectures à nous souffler ?

Je peux signaler la réédition de La Révolution sexuelle et la camaraderie amoureuse d'E. Armand, par Gaetano Manfredonia (Éd. Zones), et dans mes lectures récentes : le passionnant Désorceler, de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada (L'Olivier), et El Indio, un gros roman pas très bien écrit mais prenant de Jules Celma, le garçon qui avait publié Journal d'un éducastreur chez Champ libre, en 1971.

http://contre.propagande.org/pravda/modules/news/

 

 

La « Terrorisation » du monde (chap. 3)

La nouvelle loi antiterroriste française (2005-2006)

dimanche 26 mars 2006.

La mondialisation et les nouvelles technologies sont convoquées comme épouvantails justificatifs (les bandits se déplaçaient en auto, ils n’hésitent plus à prendre le TGV !) dans l’exposé des motifs de la loi :

La mondialisation des échanges et le perfectionnement des technologies de l’information et de la communication aggravent la menace. La volonté de destruction des terroristes y trouve de nouvelles voies d’expression. [...] Le développement des liaisons ferroviaires à grande vitesse en Europe facilite les déplacements des membres des groupes terroristes.

Le texte vise notamment à :

• Développer la vidéosurveillance, notamment dans les moyens de transports collectifs terrestres ;

Il existe aujourd’hui environ 23 000 caméras dans Paris : 20 400 dans les lieux et établissements recevant du public (gares, grands magasins, banques) ; 2 175 près des ambassades et ministères ; 330 dans les rues, chiffre que la préfecture de police envisage de porter à 900. En juin 2005, la préfecture a procédé à des essais de vidéosurveillance à partir du dirigeable de l’entreprise Sofema. [Source : Le Parisien, 24 nov. 2005]

Le réseau britannique compte 2,7 millions de caméras. À l’aide d’un système de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques (Automatic Number Plaque Recognition, ANPR), les déplacements des automobiles pourront bientôt être analysés et enregistrés 2H heures sur 24 et 7 jours sur 7.

[Source : Libération, 27 décembre 2005.]

• Renforcer les possibilités de contrôle des déplacements (contrôles d’identité dans les trains et les aéroports et contrôle des voyages hors de l’Union européenne)

• Renforcer le contrôle des échanges téléphoniques et électroniques (art. 5) ;

En effet, « la problématique [sic] des “cybercafés” est d’offrir des accès à l’Internet sans ménager de possibilités d’identifier les clients ni de cerner les connexions individuellement. » Pour pallier cette fâcheuse lacune (qui concerne également les bibliothèques), le texte « clarifie » la situation juridique de ces fournisseurs d’accès « en les assimilant explicitement aux opérateurs », tenus de stocker et de fournir leurs données. Comme l’explique l’exposé des motifs...

L’obligation actuelle de s’inscrire systématiquement dans un cadre judiciaire déterminé est trop restrictive car la plupart des vérifications nécessaires en pratique découlent d’éléments recueillis en amont de toute procédure judiciaire : renseignements recueillis auprès du voisinage, d’un informateur, d’un service de police étranger ou retrouvés à partir d’un carnet d’adresse.


Allo ! Strasbourg ?

Au moment où les parlementaires français examinaient la nouvelle loi antiterroriste, le Parlement européen adoptait (14 décembre 2005) une directive autorisant la conservation entre 6 mois et 2 ans des données recueillis auprès des fournisseurs de services de communications électroniques ou des réseaux publics de communication. Ces données concernent l’identité et l’adresse des expéditeur et destinataire d’une communication (téléphonique ou par mail), l’heure et la durée de celle-ci, mais non son contenu. La députée PS Martine Roure considérait comme une « grande victoire » que le Parlement ait été associé à une décision que les vingt-cinq ministres de l’Intérieur souhaitaient prendre seuls.

Source : Le Monde, 16 décembre 2005, qui indique à tort que sont visées les seules données téléphoniques.


• Renforcer les connexions entre les fichiers existants et permettre l’accès de la police antiterroriste aux fichiers administratifs ;

• Ajouter aux contrôles routiers la possibilité de photographier les occupants des véhicules contrôlés (art. 8) : « L’emploi de tels dispositifs est également possible, par les services de police et de gendarmerie nationale, à titre temporaire, pour la préservation de l’ordre public, à l’occasion d’événements particuliers ou de grands rassemblements de personnes ». La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) juge ce dispositif « disproportionné ». Lorsque le sénateur Jean-Pierre Sueur parle des « pouvoirs exorbitants » donnés au pouvoir exécutif et ironise « Qu’est-ce qu’un “grand rassemblement ? », le président de la commission des lois lui rétorque sans vergogne : « C’est un grand rassemblement ! C’est clair ! » [séance du 22 décembre 2005].

L’idée générale de cet ensemble de dispositions est, via notamment les systèmes de lectures optiques et bientôt biométriques de certaines pièces administratives, d’établir une véritable traçabilité individuelle, comme on a institué une traçabilité de la viande de boucherie pour prévenir les épidémies.

L’« épidémie » est ici clairement désignée (chap. III, art. 6.I : « Afin d’améliorer le contrôle aux frontières et de lutter contre l’immigration clandestine ».

• Augmenter les peines sanctionnant « l’association de malfaiteurs terroriste »

• L’article 14, dit l’exposé des motifs, a pour objet de « centraliser auprès des juridictions de l’application des peines de Paris le suivi des personnes condamnées pour des actes de terrorisme. [...] Cette centralisation permettra ainsi à ces magistrats de prendre, en matière de libération conditionnelle ainsi que pour toutes les autres mesures d’aménagement et d’individualisation de la peine, les décisions les plus appropriées au regard d’un contexte dont ils auront mieux connaissance du fait de leur spécialisation. Elle facilitera par ailleurs les conditions dans lesquelles la protection de ces magistrats pourra être assurée »

- Cet extrait, dont la phrase finale est miraculeusement lumineuse par rapport à celle qui la précède, rappellera quelque chose aux connaisseurs de la Révolution française (voir Annexes). En effet, le processus d’instauration de la Terreur d’État va de pair avec celui d’une centralisation des décisions. Deux mois avant que la Terreur connaisse son apogée, la loi du 17 avril 1794 centralise à Paris tous les procès de « conspirateurs ».

L’antiterrorisme actuel suit une voie similaire : poursuites, instructions et jugements sont confiés, depuis 1987, à des magistrats spécialisés « ayant une compétence nationale ».

• Il faut pouvoir (art. 21) pendant 15 ans au lieu de 10, déchoir de la nationalité française ceux/celles qui l’ont acquise par naturalisation ou mariage, dès lors que ces personnes ont été condamnées pour

- « acte portant une atteinte manifeste aux intérêts fondamentaux de la Nation

- « acte de terrorisme

- « actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciables aux intérêts de la France. »

Au passage, le projet

a) élargit à nouveau, par catégories équivalentes, le concept de « terrorisme »

b) confirme une catégorie, très « coloniale », de citoyens au rabais, en sursis, passibles d’un régime de double peine.

Le ministère de l’Intérieur a répondu aux critiques de la CNIL, outre le couplet habituel sur les nombreuses garanties pour les libertés, en insistant sur le caractère volontairement provisoire des dispositions qui seraient adoptées pour une durée de 3 ans et réexaminées en 2008.

R. Badinter, sénateur PS, fera observer, le 14 décembre 2005, que « depuis dix ans, c’est la huitième fois que le Parlement est saisi d’un texte portant sur la lutte contre le terrorisme, et la troisième fois pour ce qui concerne les années les plus récentes ! Depuis 1993, donc en douze ans, le régime de la garde à vue a déjà fait l’objet de six modifications, dont trois depuis le 11 septembre 2001. »

La sénatrice Éliane Assassi (gr. PC, Républicains et citoyens) fait justement remarquer, le 22 décembre, que « Le gouvernement nous présente la plupart de ces dispositions comme étant exceptionnelles et applicables jusqu’au 31 décembre 2008 seulement. Nous sommes malheureusement habitués à ce que l’exceptionnel devienne pérenne [...]. Toutes les mesures exceptionnelles prévues par les textes passés pour une période donnée - sans exception, si je puis dire- ont été reconduites, voire entérinées. »

Elle omet de signaler - comme Badinter - que, même si le PC ne les a pas voté, ces textes ont été ou sont franchement votés ou tacitement approuvés par l’abstention des partenaires PS et que la gauche a contribué à l’empilement de textes législatifs restreignant les libertés.

3. 1 Le texte « enrichi »

Soit spontanément, soit sur sollicitation du gouvernement, des parlementaires ajoutent des articles au projet de loi dans une espèce de sordide « café du commerce » sécuritaire.

• Le droit de tuer (art. 4 ; ajout au sénat) : Les policiers « sont autorisés à faire usage de matériels appropriés pour immobiliser les moyens de transport [...] lorsque le conducteur ne s’arrête pas à leurs sommations, [...] le comportement du conducteur ou de ses passagers est de nature à mettre délibérément en danger la vie d’autrui ou d’eux-mêmes, en cas de crime ou de délit flagrant. » La phrase qui suit est éclairante : « L’ordonnance n°58-1309 du 23 décembre 1958 relative à l’usage des armes et à l’établissement de barrages de circulation par le personnel de police est abrogée. »

La sénatrice Éliane Assassi souligne ce point et répète deux fois qu’il s’agit d’une autorisation aux policiers de faire usage de leurs armes [séance du 22 décembre 2005]. « Mais non ! » l’interrompt le président de la commission des lois, et le rapporteur du texte : « Pas de leur arme ! ». Outre ces deux interruptions faites pour gêner l’oratrice, aucune réponse sur le fond, par d’argumentation juridique. Ce qui vaut confirmation.

• Énième prolongation de la garde à vue (art. 17 ; ajout Ass. nat.) : Cette prolongation éventuelle, de 48 heures, déjà évoquée ci-dessus dans l’intervention de Badinter, est possible s’il « existe un risque sérieux de l’imminence d’une action terroriste en France ou à l’étranger ou que les nécessités de la coopération internationale le requièrent impérativement. » Devinons qui en décidera ?... Nulle inquiétude à avoir d’ailleurs, puisque « à l’expiration de la quatre-vingt-seizième heure [4 jours !] et de la cent-vingtième heure, la personne [...] peut demander à s’entretenir avec un avocat » [le médecin est également mentionne, pas le prêtre...].

La dernière mention est un bijou d’humour noir :

S’il n’a pas été fait droit à la demande de la personne gardée à vue de faire prévenir, par téléphone, une personne avec laquelle elle vit habituellement ou l’un de ses parents en ligne directe [...] ou son employeur [...] elle peut réitérer cette demande à compter de la quatre-vingt-seizième heure.

Non, l’histoire ne dit pas pourquoi il serait « fait droit » à cette deuxième demande davantage qu’à la première.

• Généralisation du délit de non-justification de ressource ; (art. 24 ; ajout Sénat) :

Le fait de ne pas pouvoir justifier de ressources correspondant à son train de vie ou de ne pas pouvoir justifier de l’origine d’un bien détenu, tout en étant en relations habituelles avec une ou plusieurs personnes qui soit se livrent à la commission de crimes ou de délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement et procurant à celles-ci un profit direct ou indirect [...] est puni d’une peine de 3 ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

Ce qui est évoqué là est déjà réprimé par le code pénal (notamment sous le chef de recel, et au moins une demi douzaine d’autres). Le législateur facilite la tâche des flics et des juges : inutile de prouver l’origine criminelle d’un bien, c’est au propriétaire de prouver son origine vertueuse.

M. Alain Marsaud, rapporteur pour l’Assemblée nationale, a admis que l’insertion d’une telle disposition au sein d’un projet de loi consacré à la lutte contre le terrorisme pouvait surprendre de prime abord, mais permettrait effectivement de mieux combattre certains groupes islamistes finançant leurs activités en commettant des infractions de droit commun.

(Rapport fait au nom de la commission mixte paritaire Ass. nat.-Sénat.)

• Interdiction administrative de stade (art. 42-12 ; ajout Ass. nat.) ;

Les images captées par surveillance vidéo pourront mener au prononcé d’interdictions administratives de pénétrer dans tel ou tel équipement sportif. S’y ajoute la possibilité d’un « contrôle administratif » équivalent sans garanties du contrôle judiciaire, puisque l’interdit devra répondre aux convocations de police au moment des événements sportifs auxquels il n’a plus le droit d’assister. Il n’aura donc plus le droit non plus de rester chez lui pour assister à la retransmission télévisée. Plutôt qu’une assignation à résidence, c’est donc une assignation à commissariat.

Lorsque, par son comportement d’ensemble à l’occasion de manifestations sportives, une personne constitue une menace pour l’ordre public, le représentant de l’État dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent, par arrêté motivé, prononcer à son encontre une mesure d’interdiction de pénétrer ou de se rendre aux abords des enceintes où de telles manifestations se déroulent ou sont retransmises en public.

L’arrêté, valable sur le territoire national, fixe le type de manifestations sportives concernées. Il ne peut excéder une durée de trois mois.

Le représentant de l’État dans le département et, à Paris, le préfet de police peuvent également imposer, par le même arrêté, à la personne faisant l’objet de cette mesure l’obligation de répondre, au moment des manifestations sportives objet de l’interdiction, aux convocations de toute autorité ou de toute personne qualifiée qu’il désigne.

Ajout : Cette disposition a été mise en application (décret d’application adopté par le Conseil d’État le 13 mars). Une trentaine de supporteurs du PSG désignés par les RG ont reçu un courrier ou la visite des flics à la mi-mars 2006 leur indiquant les modalités d’un « contrôle administratif » durant les matchs. La mesure vise des supporteurs d’extrême droite et d’autres, membres des Tigris Mystic, qui s’opposent aux premiers.

Sources : Le Monde, 17 mars 2006 ; Journal du Dimanche, 19 mars 2006.

• Création d’une cour d’assises spéciale en matière de terrorisme pour les mineurs (art. 15) :

Il existe déjà des cours d’assises pour les mineurs (ord. n°58-11300 du 23 déc. 1958 complétant l’ordonnance du 2 février 1945). L’idée saugrenue d’en créer une spécialisée dans les affaires de terrorisme ne peut être considérée que comme un symptôme du croisement des figures dangereuses que sont le « terroriste », le jeune et l’étranger. Bref, elles visent les jeunes français d’origine étrangère, même lointaine, que l’on suppose enrôlables par les groupes islamistes.

Nota : le rapporteur de la commission chargée de faire la synthèse entre les débats de l’Ass. nat. et du Sénat ne sait manifestement pas si la proposition est pertinente juridiquement. Il s’en félicite à tout hasard : « ...cour d’assises spéciale en matière terroriste pour les mineurs, dispositif qui, semble-t-il, manquait dans notre droit » (Ass. nat., 22 déc.).

3. 2 Quelques commentaires édifiants

R. Del Picchia, sénateur UMP (Sénat, 22 déc. 2005)

Peut-être ce projet de loi est-il un texte fourre-tout, mais il a le mérite d’exister, et il nous servira à lutter contre le terrorisme. Il n’est peut-être pas parfait - rien n’est parfait en ce monde ! -, mais il existe [...] Nous allons donc adopter ce texte avec confiance car s’il n’est pas parfait, il au moins l’avantage d’exister !

On croirait à entendre radoter le sénateur qu’il n’existait pas en France de texte réprimant le terrorisme ; mais si, et depuis longtemps (art. 421-1 du code pénal, loi n° 96-647 du 22 juillet 1996).

Chr. Estrosi, ministre délégué (Sénat, 22 déc. 2005) Je rappelle que les auteurs de ce texte se sont contentés de procéder à la transposition d’une directive européenne prise au lendemain des attentats de Madrid et faisant référence aux moyens dont doit se doter l’Union européenne en matière à la fois de lutte contre l’immigration clandestine et de lutte contre le terrorisme. C’est l’union des vingt-cinq qui a fait ce choix !

Chr. Caresche, député PS (Ass. nat. 22 décembre 2005)

Cette abstention du groupe socialiste est cohérente puisqu’il reprend la position qui avait été la sienne quand, en 1986, la droite a élaboré la première législation antiterroriste, qui a d’ailleurs prouvé sa capacité à préserver et à défendre les libertés, au point de devenir un modèle de par le monde [parce qu’il met le juge au centre du dispositif, etc.]

Donc, le PS a raison de s’abstenir de voter contre le texte, puisqu’il s’était déjà abstenu de le faire contre un autre texte de la droite, excellent celui-là !!!

D’ailleurs, ajoute Caresche, « Nous aurions pu voter ce texte si quelques réserves avaient été levées - mais tel n’a pas été le cas -... ». Le rapporteur du projet se paie franchement sa tête : « Allons, encore un effort ! »

- Ces citations visent à illustrer, non pas tant la bêtise crasse l’ignorance et l’hypocrisie d’une majorité de parlementaires, mais plutôt l’illusion absurde que représente le « contrôle démocratique », même lorsqu’il est, très fugacement et manifestement sans illusion de leur part, exercé par quelques parlementaires plus scrupuleux ou moins niais. Comme un magistrat honnête ou un flic républicain ne peuvent modifier le rôle social de la Justice et de la police, des parlementaires exigeants ou eux-mêmes soumis à un « contrôle citoyen » n’ont pas les moyens de modifier, à supposer qu’ils le souhaitent ce qui est peu probable, la fonction du Parlement qui est de mettre en scène un pouvoir populaire qui s’est totalement dissous dans le mécanisme de délégation.

Le texte a d’abord été discuté et adopté par l’Assemblée nationale le 29 novembre 2005, et par le Sénat le 15 décembre 2005.

Après examen en commission paritaire, il a été voté par les deux chambres le 23 décembre 2005 puis immédiatement examiné par le Conseil constitutionnel, qui a rejeté un art. (concernant les règles du statut général de la fonction publique applicable en matière de représentation syndicale dans la police) comme n’ayant aucun rapport avec l’objet de la loi.

La loi s’inscrit désormais sous le n° 2006-64 du 23 janvier 2006. Elle a été publiée au Journal officiel n° 20 du 24 janvier 2006, p. 1129.

Une affaire rondement et somme toute assez discrètement menée !

http://claudeguillon.internetdown.org/article.php3?id_article=147

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25/08/2009

Le goût amer de l’injustice

Le goût amer de l’injustice


André PACCOU, membre du comité central
de la Ligue des Droits de l’Homme


« Procès Colonna : la justice antiterroriste dans l’impasse », tel est le titre, sans équivoque, du
rapport de la mission d’observation au procès en appel d’Yvan Colonna que vient de publier la
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) (1). Cette mission était
composée d’avocats tunisien et belge et d’un magistrat français.
Leur mandat : « observer le procès aux fins d’examiner si les règles du droit à un procès
équitable telles que consacrées à l’article 14 du Pacte International relatif aux Droits civils et
Politiques et à l’article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et
des libertés fondamentales, ont été respectées, y compris pendant la phase d’instruction… à
savoir que toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et
publiquement par un tribunal compétent, indépendant et impartial. Entre l’accusation et la
défense, la règle de l’égalité des armes doit être respectée ».
Que faut-il retenir de ce rapport ?
Premièrement, il jette un doute absolu sur le caractère équitable du procès d’Yvan Colonna.
« A l’issue de six semaines de procès, la question du caractère équitable de ce procès est
clairement posée ». « L’absence de toute preuve matérielle impliquant Yvan Colonna dans
l’assassinat du Préfet Erignac, les rétractations de sa mise en cause par les membres du
commando, la mise en cause d’autres personnes qui n’ont pas été arrêtées, les témoins
oculaires qui n’ont pas reconnu Yvan Colonna, sont autant d’éléments qui pourraient être de
nature à laisser subsister un doute quant à sa culpabilité ».
Deuxièmement, les auteurs du rapport analysent les raisons qui conduisent ainsi à l’erreur. Ce
procès « a été une parfaite illustration des dérives que permet la législation antiterroriste en
France par rapport aux obligations nationales et internationales de celle-ci en matière de droits
de l’homme ». Certains commentateurs du document ont vu dans cette mise en cause de la
législation antiterroriste une sorte de hors sujet, une manière de parler d’autre chose que du
procès d’Yvan Colonna. Or, il n’en est rien. Cette législation, « porte ouverte à l’arbitraire »
explique les dérives et le déséquilibre entre les nécessités de l’accusation et les droits de la
défense dans cette affaire depuis l’enquête jusqu’au jugement en passant par l’instruction.
Plus particulièrement, relevons une interrogation lourde de sens sur le bien fondé d’un procès
public à l’issue de l’instruction. « Au moment du règlement de la procédure, la décision de
renvoi d’un accusé devant la Cour d’assises suppose la vérification de l’existence de charges
suffisantes, à défaut desquelles le non lieu est prononcé… Il est permis de se poser la
question de savoir si le renvoi d’Yvan Colonna devant la Cour d’assises spéciale de Paris par
les juges d’instruction a eu lieu sur la base d’un dossier qui permettait d’apprécier l’existence
de telles charges ».
Enfin, troisièmement, la décision finale des juges repose non pas sur un système de preuves
légales mais sur le principe de l’intime conviction. Celui-ci, qui n’exige aucune motivation de la
part de ceux qui jugent, est déjà contestable (et contesté) dans le cadre de la justice ordinaire
et de jurys populaires. L’antiterrorisme et ses dérives constituent indéniablement pour ce
principe une circonstance aggravante alors que les jurys d’une Cour spéciale, composée de
magistrats professionnels pourraient sans difficulté aucune rendre compte des moyens par
lesquels ils ont été convaincus.
Que reste t-il de ce procès ?
Ce rapport conduit donc le lecteur à penser que la Cour s’est plus attachée à sauver le dossier
contestable de l’instruction antiterroriste qu’à faire émerger la vérité. Pourtant, suite aux
enquêtes de police, il y avait de quoi faire pour les juges d’instruction. Et les observateurs de
la FIDH de rappeler les premières investigations menées par la gendarmerie rapidement
dessaisie au profit du SRPJ lui-même marginalisé peu de temps après par la DNAT qui,
explorant une improbable piste agricole, va procéder à des centaines d’interpellations et à des
dizaines de mises en examen. Dans le même temps, le préfet Bonnet menait son enquête
personnelle, en dehors de tout cadre légal mais dont les résultats parviennent au juge
d’instruction Jean Louis Bruguière via le procureur de la République à Paris. Des interventions
des services de police diverses donc, « sans grande coordination, sinon dans la rivalité et la
compétition, (qui ont) miné et brouillé les investigations dans ce dossier »
Les juges d’instruction vont-ils remettre un peu d’ordre dans ce désordre policier ? En fait, ils
vont aggraver la situation. Notamment en ouvrant un dossier poubelle qui leur permettra de
mettre tous les éléments considérés comme non utilisés dans le dossier de mise en examen
d’Yvan Colonna. Parmi ceux-ci, des écoutes téléphoniques pourtant essentielles mais
auxquelles les avocats de la défense n’auront pas accès malgré plusieurs demandes
systématiquement rejetées. « Ces refus illustrent le pouvoir considérable des juges
d’instruction antiterroristes. Ces derniers sont le plus souvent plus attentifs aux arguments de
l’accusation qu’à ceux de la défense, alors qu’en principe, défense et accusation devraient
disposer des mêmes armes ». « Par ailleurs, les juges d’instruction n’ont pas procédé à une
reconstitution des faits, tel que le permet le Code de procédure pénal, alors que cette mesure
est systématiquement ordonnée en matière criminelle….. particulièrement lorsqu’il s’agit de
crimes graves comme ceux que la Cour avait à juger à l’occasion du procès d’Yvan Colonna »
A son tour, la Cour d’assises d’appel refusera la reconstitution « alors que dans les
circonstances du procès, il n’est pas contestable qu’elle était devenue essentielle pour la
manifestation de la vérité ».
A l’issue de ce deuxième procès, il reste donc des incertitudes sur la taille du tireur et le
nombre d’agresseurs le soir de l’assassinat ainsi qu’une absence de confrontations entre les
membres du commando et les témoins oculaires, une empreinte digitale non attribuée aux
personnes impliquées dans l’opération de Pietrosella, trois témoins oculaires directs de
l’assassinat ne reconnaissant pas Yvan Colonna, les rétractations réitérées dans le cadre de ce
procès de ceux qui l’avaient accusé, une discordance chronologique de l’opération de
l’assassinat du préfet à travers l’analyse de la téléphonie, pièce maîtresse de l’accusation, la
déclaration de l’un des membres du commando avouant qu’il était l’assassin !
Mais au-delà de ces nombreuses zones d’ombre, il demeure une vérité qui n’a pas été dite et
son corollaire, le spectre de l’erreur judiciaire. Il demeure le goût amer de l’injustice car le
doute devait profiter à l’accusé. Un doute qui, pour Yvan Colonna s’est transformé en son
contraire, une condamnation pour la totalité des chefs d’inculpation et la peine la plus lourde !
En finir avec les lois d’exception
Mais il existe aussi une certitude, il faut en finir avec les lois antiterroristes. « La gravité des
incriminations ne saurait justifier la remise en cause des procédures de droit commun qui
garantissent les droits fondamentaux. La quasi-totalité des atteintes à des droits caractérisées
dans le présent rapport ainsi que celui de 1999 sont le produit de la législation spéciale de
1986 et des années suivantes ». Pour sortir de l’arbitraire, il faut donc supprimer l’incrimination
fourre-tout « d’association de malfaiteurs en relation avec un entreprise terroriste », rétablir
l’égalité des armes entre défense et accusation, remettre en cause les pouvoirs centralisés de
quelques juges, garantir la présomption d’innocence en mettant un terme aux détentions
provisoires aux durées excessives… Comme le demandent la LDH, la FIDH et le comité CALAS
(2), il faut abroger les lois antiterroristes.
De Félix Tomasi à Yvan Colonna en passant par Joseph Péraldi victime d’un record de la
détention provisoire, sept ans, sans oublier les milliers d’interpellations et de gardes à vue, les
centaines de détentions provisoires abusives et les dizaines de Cours spéciales… la Corse vit
depuis plusieurs décennies au rythme de la justice d’exception. Elle aura été et demeure une
terre de prédilection pour quelques policiers et quelques juges aux pouvoirs exorbitants. Mais
toutes les colères accumulées doivent aujourd’hui se transformer en mobilisations citoyennes.
Comme il y a plus de 30 ans, contre la Cour de sûreté de l’état. Ce combat porte en lui une
charge d’Universel dès lors que les luttes menées ici et maintenant contre l’antiterrorisme sont
des luttes pour l’équité et l’égalité devant la loi bien au-delà de la Corse comme certains en
prennent conscience aujourd’hui avec l’affaire de Tarnac. L’antiterrorisme n’est pas une
fatalité. Il est un déni de justice. Le combattre, c’est faire oeuvre d’intérêt général.
(1) et (2) sur www.ldh-corsica.org

 

le doc en PDF

 

Pour sortir de l’arbitraire, il faut donc supprimer l’incrimination fourre-tout « d’association de malfaiteurs en relation avec un entreprise terroriste », rétablir l’égalité des armes entre défense et accusation, remettre en cause les pouvoirs centralisés de quelques juges, garantir la sabotonsprésomption d’innocence en mettant un terme aux détentions provisoires aux durées excessives… Comme le demandent la LDH, la FIDH et le comité CALAS, il faut abroger les lois antiterroristes. (...) Ce combat porte en lui une charge d’Universel dès lors que les luttes menées ici et maintenant contre l’antiterrorisme sont des luttes pour l’équité et l’égalité devant la loi bien au-delà de la Corse comme certains en prennent conscience aujourd’hui avec l’affaire de Tarnac. L’antiterrorisme n’est pas une fatalité. Il est un déni de justice. Le combattre, c’est faire oeuvre d’intérêt général."

Signez la pétition pour l’abrogation des lois antiterroristes.

 

merci à Olivier BONNET

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18:08 | Lien permanent | Commentaires (0) |

19/08/2009

Août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme

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FÊTE DES PARTISANS 21,22,23 août à Tarnac, en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme

Le programme:

vendredi 21.8:
- 20h projection "OFF THE PIGS"

samedi 22.8:
- 14h discussion, "la fonction culturelle de l’antiterrorisme"
- 19h repas
- 21h concert, "VIALCA" et "THE DREAMS"

dimanche 23.8:
- Le long du dimanche horaires selon l’inspiration du musicien: Rock à l’orgue de barbarie (sex pistols, trust...)
- 14h discussion, "habiter l’état d’exception"
- 17h spectacle d’après "matin brun" de Franck Pavloff;
- 19h spectacle, "GIGN" - carnage productions
- 20h repas
- 21h bal electro

et les 28, 29 et 30.8:

- concert, "FANTAZIO"
- concert, "HIGH TONE"
- discussion sur l’enfermement

18:49 | Lien permanent | Commentaires (0) |

13/07/2009

Retour sur 'l'affaire de Cognin"

J'avais fait un article sur "Agoravox"sur ce qui est arrivé à ces deux jeunes gens. Voilà maintenant un très bon article pour la "suite" de cette non-affaire, comme celle de Tarnac....encore merci à touTEs ceux et celles qui soutiennent les mouvements de solidarité.

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Comment créer des terroristes à partir d’un fait divers…

Durant la nuit du 30 avril au 1er mai, dans une usine désaffectée de Cognin (près de Chambéry), une explosion provoque le décès d’une jeune femme et blesse grièvement son compagnon. Ce tragique accident entraîne, par un jeu de leviers dont seul l’État a le secret, le débarquement de la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT) du parquet de Paris dans notre bonne vieille ville de Chambéry.


Celle-ci procède à une série de perquisitions dans plusieurs squats, dont une est menée par 130 flics en tout genre comme même la mafia locale n’en a jamais vu, puis décide la mise en détention après 80 et 72 heures de garde à vue de deux dangereux squatteurs pour des motifs surréalistes, que seules les lois scélérates de l’antiterrorisme permettent de justifier.

Mais soyons plus précis : la police informe la presse locale, qui informe la population… La police, enfin la presse, nous dit que les deux victimes de l’explosion manipulaient des substances explosives (du chlorate de soude et du sucre) qui leur ont explosé à la gueule. La presse, enfin la police, dit aussi qu’ils préparaient un engin explosif et qu’il y aurait une troisième personne dans le coup. Dans le même temps, «de source judiciaire, on affirme qu’elle [la personne décédée] était proche des milieux anarchistes…» (20 Minutes, le 1er mai). À moins qu’elle ne soit de «la mouvance anarcho-autonome» comme le soulignera le Dauphiné Libéré dans ces innombrables articles… Et voilà un scénario bien ficelé qui permet à la SDAT de prendre l’affaire en main ! Surveillance, enquête, perquisitions amènent rapidement nos fins limiers à trouver deux autres personnes dans le milieu des squats chambériens pour leur coller sur le dos l’accusation d’«association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes et de nuire à la sécurité de l’État», leur permettant ainsi de justifier tout et n’importe quoi. Avec cette juridiction spéciale, qui prend ses ordres directement au ministère de l’Intérieur, la Justice, sur laquelle nous n’avons par ailleurs aucune illusion, ne s’embarrasse même plus de discours sur son indépendance et son impartialité, etc. Non, ici, avec l’antiterrorisme, c’est la machine gouvernementale qui est en marche, pour casser toute opposition, réelle ou fantasmée, quitte à enfermer des gens pour leurs idées. Alors, pour les deux individus qui ont le malheur de tomber entre ses mains, c’est le grand numéro et aucun échappatoire : garde à vue à rallonge (96 heures maxi dans le cadre de l’antiterrorisme), avocat au bout de 72 heures, détention provisoire assurée (depuis le 8 et 12 mai)… et l’incertitude sur leur sort, bien que le «dossier» soit complètement bidon.

À côté de cela, nous aurons eu le «plaisir» de lire la presse, locale essentiellement, qui se répandra en articles plus ou moins douteux, usant du qualificatif «anarcho-autonome», «anarchiste» ou «libertaire» comme d’un élément à charge. Or, depuis la bonne douzaine d’années que la Fédération anarchiste existe à Chambéry, ses membres qui, étonnamment, se revendiquent anarchistes, sont actifs dans de nombreuses luttes, au fil des mouvements sociaux et des coups portés par la classe dominante. Ils sont présents dans la plupart des manifestations avec leurs propres discours et slogans, bien visibles sous les drapeaux noirs, s’expriment au travers d’un site internet, de tracts, d’affiches, de conférences et de débats publics, de projections et autres évènements… Bref, diffusent les idées et pratiques anarchistes à Chambéry et en Savoie, comme le font des milliers d’anarchistes en France et dans le monde. Étrangement, nous n’avons jamais eu l’honneur de lire ne serait-ce qu’une seule fois le mot «anarchiste» ou même le plus soft «libertaire» dans la presse locale. Quant à citer la Fédération anarchiste, nous savons, de source sûre, comme les journalistes se plaisent à le dire, que cela leur est interdit. Mais à vrai dire, on s’en fout. Nous relevons juste que les anarchistes n’existent pour les médias que lorsqu’ils sont associés à des mots tels que «terrorisme»… Car depuis ce début de mois de mai, le mot «anarchiste» est soudain apparu dans le lexique des journalistes du canard local le plus lu et de quelques autres, au point d’apparaître quasi quotidiennement dans les colonnes de cette presse. Souvent mêlé à d’autres termes au sens plus ou moins ésotérique comme «mouvance anarcho-autonome» ou «ultra-gauche». Il faut dire que l’affaire est sulfureuse : des jeunes à qui la police colle l’étiquette de faiseurs de bombes et tant qu’à faire celle d’anarchistes ou quelque chose comme ça… Et voilà nos bovins journalistes qui foncent sur le drapeau rouge (et noir) que les flics leur agitent sous les yeux ! Il est vrai que manipuler des matières explosives et appartenir au mouvement scout ou au club d’échec local, ça sonne moins bien… Quoi qu’il en soit, la perfusion administrée à nos chers journalistes par la SDAT afin de mieux relayer le discours politico-judiciaire, mêlé à leur ignorance crasse de toute notion relevant de l’anarchisme pourrait expliquer tant d’amalgames. À moins qu’absence d’esprit critique, malhonnêteté intellectuelle et servilité soient des caractéristiques permettant de réaliser la basse besogne journalistique sans rechigner, au regard d’une affaire qui de toute évidence n’est qu’une grossière manœuvre…

Cette affaire nous en rappelle ainsi une autre, tout aussi grotesque, celle dite «de Tarnac» avec ses arrestations, ses détentions et son retentissement médiatique à l’échelle nationale.

On peut se demander dans quelle mesure ces opérations politico-médiatiques ont leur origine dans les fantasmes de la classe dirigeante, avec sa logique de complots, de réseaux clandestins et d’ennemis à traquer. Par contre, ce qui est clair, c’est la stratégie d’ensemble élaborée et appliquée depuis quelques années par l’État et son personnel, qui se renforce ces derniers temps et qui opère par la peur et la violence.

Quelques éléments de cette stratégie :

—  Diffuser dans la population, afin de mieux la «tenir», la peur d’un hypothétique ennemi intérieur, qu’il faut bien inventer de toute pièce.
—  Provoquer dans la population le rejet, ou tout au moins la distanciation, vis-à-vis des opposant-e-s au système (création d’un «cordon sanitaire»).
—  Instaurer un système de surveillance, de fichage et de renseignement qui permette de diffuser le sentiment d’emprise de l’État sur les individus et notamment les militant-e-s.
—  Criminaliser, avec l’intervention de plus en plus systématique du couple police-justice, toute contestation sociale qui sort des clous de la pseudo-paix-sociale, et qui utilise comme moyens la désobéissance civile, l’occupation, le blocage, la grève autogérée, l’action directe en général.
—  Faire quelques exemples, appliquer la violence d’État, afin de tenter d’installer un climat de peur parmi les militant-e-s en faisant planer la possibilité de la répression, même aux plus modéré-e-s.
Voilà quelques ficelles de la politique actuelle.


Que l’État invente ses «terroristes» pour tenter de légitimer son action ne nous étonne guère, le procédé est vieux comme le pouvoir…

Face à l’arbitraire de l’État :
Solidarité et liberté pour les inculpés !







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11/07/2009

Allemangne Parano : les Länder -surveillance anti-terroriste-crainte d'attentats islamistes-élections législatives

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Le gouvernement fédéral allemand et les Länder (États régionaux) vont renforcer la surveillance anti-terroriste dans le pays par crainte d'attentats islamistes à l'approche des élections législatives de septembre, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Le gouvernement d'Angela Merkel et les 16 Länder se sont entendus sur "des mesures graduées à prendre en fonction de la situation" pour lutter contre le risque terroriste, lors d'une réunion jeudi à Berlin, a indiqué à l'AFP une source proche du gouvernement.

Le ministère de l'Intérieur a seulement confirmé qu'une "réunion de travail" avait eu lieu, à laquelle ont participé des représentants des ministères fédéral et régionaux de l'Intérieur ainsi que des services de sécurité.

Mais étant donné le danger terroriste, il serait mal avisé de divulguer publiquement "le contenu des entretiens", a jugé un porte-parole devant la presse.

Selon le site internet Spiegel-Online, les autorités ont décidé de renforcer la surveillance des aéroports, des frontières et d'environ 140 personnes suspectées de liens avec la mouvance terroriste.

Les universités et filières techniques de l'enseignement supérieur seront également observées à la loupe afin de déceler d'éventuels fiefs de radicalisation islamiste, d'après le site d'information.

Plusieurs kamikazes du 11 septembre 2001 avaient étudié à Hambourg (nord).

Le secrétaire d'État à l'Intérieur, August Hanning, a mis en garde la semaine dernière contre le risque accru d'attentats islamistes en Allemagne ou contre des intérêts allemands à l'étranger à l'approche des législatives du 27 septembre. Les terroristes islamistes veulent faire pression pour que l'Allemagne retire ses quelque 3.800 soldats d'Afghanistan, selon Berlin.

Des dizaines d'Allemands formés dans des camps d'entraînement terroristes en Afghanistan et au Pakistan sont rentrés en Allemagne, ce qui inquiète au plus haut point Berlin. Les autorités font le parallèle avec Madrid, frappée par des attentats islamistes en mars 2004 (191 morts) trois jours avant les législatives espagnoles. L'une des premières décisions du nouveau gouvernement de José Luis Zapatero avait été le retrait espagnol d'Irak.

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Publié le 10/07/2009 à 14:48 Le Point.fr

LUTTE ANTITERRORISME

L'Allemagne renforce la surveillance à l'approche des législatives

AFP

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17/06/2009

L'antiterrorisme abattu...par Gladio ?

Manipulation du terrorisme en Grèce : ça continue !
mercredi 17 juin 2009 (16h17)

Un policier antiterroriste abattu à Athènes

http://fr.news.yahoo.com/4/20090617/tts-grece-policier-me...

Un policier des services antiterroristes grecs a été abattu mercredi à Athènes par deux membres de la mouvance d’extrême gauche armée qui ont pris la fuite à moto, rapporte la police.

Il s’agit du plus grave incident depuis les émeutes de décembre dernier dans la capitale grecque.

Le policier, qui avait 41 ans, a été tué de plusieurs balles tirées à bout portant alors qu’il était assis dans sa voiture, affecté à la surveillance d’un témoin impliqué dans une affaire visant un mouvement de guérilla urbaine.

Les deux assaillants, qui appartiendraient à la Secte rouge, un groupe de l’extrême gauche armée, ont disparu dans les rues du quartier densément peuplé de Patissia.

"C’était un meurtre de sang-froid (...) Ils ont sorti leurs armes et l’ont assassiné", a déclaré le porte-parole de la police grecque Panagiotis Stathis aux journalistes.

Plusieurs mouvements anarchistes et gauchistes ont mené une série d’attaques ciblant la police ou les banques depuis qu’un policier a abattu un adolescent de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, le 6 décembre.

Ce décès avait déclenché pendant plusieurs jours les émeutes les plus violentes depuis la fin du régime militaire en 1974.

L’attaque de mercredi, survenue aux premières heures de la journée, rappelle l’agression d’un autre policier dans la nuit du 4 au 5 janvier, revendiquée par un autre groupe d’extrême gauche, Lutte révolutionnaire du peuple (ELA) en mémoire du meurtre de Grigoropoulos. L’agent de 21 ans avait été grièvement blessé.

Le policier tué mercredi venait de prendre la relève d’un collègue pour surveiller un individu protégé après avoir témoigné contre un membre de Lutte révolutionnaire du peuple, aujourd’hui dissous, condamné avec d’autres en 2004.

La police a ramassé 24 douilles provenant de deux armes différentes sur les lieux du meurtre, dont certaines correspondent à une arme utilisée par la Secte rouge lors de la fusillade du siège de la télévision Alter en février.

"La victime a été tuée d’au moins 15 à 20 balles", a précisé Paganiotis Stathis.

Un médecin légiste a indiqué que le policier n’avait pas eu le temps de dégainer son arme. "Il porte de multiples blessures par balles, la plupart sur la partie gauche du corps. Son arme était dans sa ceinture", a-t-il dit.

Une vaste chasse à l’homme a été lancée dans le quartier de Patissia pour tenter de retrouver les auteurs du meurtre, qui n’a pas été revendiqué.

"Il n’y aura aucune tolérance pour des actes criminels qui coûtent des vies et visent la société et la démocratie", a dit le porte-parole du gouvernement, Evangelos Antonaros.

REUTERS

Version française Grégory Blachier, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André


Notes :

Remarquez bien qu’ils n’ont pas coincé les coupables, mais qu’ils savent déjà QUI sont les coupables.

Il est évident, quand on connaît cette vieille technique de gouvernement, que ce sont les services secrets grecs qui ont commis cet attentat dans le but habituel d’obtenir toujours plus de pouvoir pour la répression. Dans le but de faire mal voir les "anarchistes", les "gauchistes" et les contestataires. Bref, dans le but d’éteindre toute contestation.

C’est avec cette méthode que les Tamouls ont été vaincus au Sri Lanka parce qu’ils n’ont pas su voir et dénoncer une vérité identique.



De :
mercredi 17 juin 2009

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La perspective des J.O. d'Athènes du mois d'août a fait bouger les autorités grecques. Depuis quatre ans, elles ont mené une vaste opération de démantèlement des groupuscules d'extrême gauche dans le but d'assurer la sécurité durant les compétitions internationales. Avec plus ou moins de succès, on l'a vu. Après le 17-N, le plus grand groupe terroriste du pays, qui avait revendiqué 23 assassinats entre 1975 et 2000 en plus de vols à main armée et d'attentats, c'est l'ELA (Lutte révolutionnaire populaire) qui vient d'être visé.

L'ELA a été fondé en 1975 par Christos Kassimis, un an après la chute de la dictature des colonels. Révolutionnaire, anticapitaliste et anti-impérialiste, le groupe s'attaque d'abord à la junte militaire puis à l'OTAN et aux intérêts américains, mais aussi aux entreprises commerciales et aux organes officiels grecs. Il a cessé ses activités depuis 1995 mais la prescription ne court pas encore pour les actes commis après 1983. Or il est responsable, entre autres, de l'assassinat du procureur Anastassios Vernados en 1989 et d'un attentat à la bombe contre un car de policiers en 1994, qui a causé la mort de l'un d'eux. Selon la police, l'ELA serait responsable de 250 attentats et 11 assassinats (il n'en a revendiqué que deux).

Christos Tsigaridas, le seul à avoir reconnu sa participation au groupe, Angeletos Kanas (maire de l'île de Kimolos dans les Cyclades), Irini Athanassaki et Costas Agapiou ont été condamnés à pas moins de 1174 années de prison pour possession de matières explosives et d'armes, complicité dans 41 affaires d'attentats à la bombe et complicité d'assassinats. Grâce à la compression des peines, cette impressionnante durée est ramenée à 25 ans. La Grèce semble donc a priori bien clémente avec ses terroristes d'extrême gauche.

Les années marxistes et anarchistes

L'ELA fait en réalité partie de la vague terroriste d'extrême gauche qui avait déferlé sur l'Europe occidentale dans les années 1970, prônant à l'époque la lutte contre l'impérialisme et la défense du prolétariat. RAF (Fraction de l'Armée Rouge) allemande, Brigades rouges italiennes ou Action directe, tous ont les mêmes buts et les mêmes méthodes d'action : enlèvements, assassinats, attentats à la bombe. Parallèlement aux attentats de la RAF contre les quartiers militaires américains ou les centres commerciaux, on se souvient de l'enlèvement et de l'assassinat du Premier ministre Aldo Moro en 1978 par les Brigades rouges puis de l'enlèvement du général américain de l'OTAN James Dozier en 1981. Et des assassinats par Action directe du général Audran, le responsable des ventes d'armes de l'Etat français, puis en 1986, de Georges Besse, le PDG de Renault.
Mais tous ces mouvements sont brisés dans les années 1980 : après 16 meurtres, les chefs de la bande à Baader sont condamnés à la prison à perpétuité et se « suicident » dans leur cellule la nuit du 17 au 18 octobre 1977. Les principaux activistes italiens et les chefs d'Action directe sont, eux, condamnés à la prison à perpétuité.

Le terrorisme d'extrême gauche a-t-il un avenir ?

L'efficacité de plus en plus grande des services de renseignements et de police et des autorités judiciaires des pays ont étouffé les velléités révolutionnaires. D'autant plus que les activistes ne bénéficient plus du soutien de l'Union Soviétique et que les régimes marxistes-léninistes ont été discrédités avec son renversement en 1990.

Progressivement, le fanatisme religieux prend la place du fanatisme politique. C'est vraiment lors de la première guerre du Golfe que le terrorisme religieux a pris son essor. La présence américaine sur le sol sacré saoudien a irrité un certain Oussama Ben Laden, qui se retourne contre ses alliés d'Afghanistan et glisse vers le terrorisme en 1994. Le premier grand coup d'éclat sont les attentats au Kenya et en Tanzanie. D'autre part, Yasser Arafat a islamisé l'Intifada pour obtenir le soutien de l'Arabie Saoudite. Peu à peu, tous les mouvements ont dû s'allier aux groupes terroristes islamistes. Aujourd'hui, ce type de terrorisme est quasiment le seul à demeurer et la lutte contre le terrorisme se tourne vers lui.

La Grèce était le seul pays de l'OTAN où le terrorisme d'extrême gauche demeurait un problème. Les Etats-Unis soupçonnaient même le gouvernement grec d'être réticent à agir à cause de connivences avec le 17-N et l'ELA. Avec le démantèlement, certes tardif, des deux principales organisations terroristes, c'est désormais une chose révolue.


Emilie Drab


Sources :
AFP, ambassade de Grèce, Belga, Le Monde, terrorwatch.com, wikipedia.org

 

 

 

 

  • Athènes s'est efforcée mercredi de rassurer l'opinion internationale sur la sécurité des Jeux olympiques après un attentat contre un commissariat de la banlieue de la capitale.

  • La police penche pour la piste de l'extrême-gauche nationale.

D.S. avec AFP - le 05/05/2004 - 12h38
Mis à jour le 05/05/2004 - 14h42

"Un incident isolé", "réactions exagérées", "cela pourrait se produire dans n'importe quelle partie du monde" : les responsables grecs se sont empressés de prendre la parole tout à tour mercredi matin pour relativiser l'attentat survenu quelques heures plus tôt contre un commissariat de la banlieue athénienne. A 100 jours du début des Jeux Olympique, ces explosions non revendiquées ont trouvé une résonance internationale malvenue pour les hôtes des J.O. qui ont dépensé 650 millions d'euros pour prévenir les actes terroristes.

"Cela n'affecte en rien la sécurité de la préparation olympique", a assuré le Premier ministre grec. "L'effort du peuple grec et son étroite coopération avec les autorités compétentes de l'UE, de l'OTAN et des Etats-Unis garantissent la sécurité des Jeux", a assuré Costas Caramanlis. Avant même de connaître l'identité des auteurs, le porte-parole du gouvernement grec était quant à lui monté au créneau pour affirmer que les explosions n'étaient "pas liées à la préparation olympique". Plus ferme encore, le secrétaire d'Etat grec aux Affaires étrangères avait jugé "exagérées" les réactions après les explosions, estimant que "de telles choses ont souvent eu lieu dans le passé".

Sophistication

Si la piste du terrorisme islamiste semblait devoir être écartée, celle de la petite délinquance locale ne paraissait pas pour autant pouvoir être retenue avec certitude. En effet, la sophistication des engins explosifs utilisés mercredi n'est pas comparable aux petits attentats perpétrés avec des bonbonnes de gaz contre des agences bancaires par des jeunes proches des milieux anarchistes. Selon la télévision Net, au moins l'une des bombes était composée de pains de dynamite, d'une minuterie et d'un détonateur. Les trois explosions étaient programmées à plusieurs minutes d'intervalle, sans doute pour piéger les secours.

Ainsi, la police penchait plutôt mercredi matin pour la piste de l'extrême-gauche que le gouvernement pensait pourtant affaiblie avec le récent démantèlement de groupes comme le 17-Novembre ou l'organisation Lutte révolutionnaire populaire (ELA). L'attentat de mercredi rappelle d'ailleurs deux attaques récentes. En septembre dernier, un policier avait été blessé lors d'un attentat perpétré avec un engin similaire contre un tribunal d'Athènes. Il avait été revendiqué par un groupe grec jusqu'alors inconnu, Lutte révolutionnaire. En novembre, un engin explosif avait été désamorcé devant une succursale athénienne de la banque américaine Citibank. La tentative avait été revendiquée par "Christos Kassimis", une appellation utilisée dans les années 80 par l'ELA.

En début d'après-midi mercredi, le ministre grec de l'Ordre public assurait que les auteurs de l'attentat de mercredi étaient "des éléments extrémistes locaux" qui, de toutes façons, n'avaient "pas de capacités particulières" de nuisance, "ni d'avenir".

 

Année 2005
28 juillet: L’ELA revendique trois attentats à la bombe (Info Grèce)
8 février : Les affaires prescrites de l’ELA devant la justice (Info Grèce)


Année 2004
12 octobre: Les 4 membres du groupe terroriste ELA condamnes a 25 ans de prison chacun
10 février : Ouverture du procès de cinq terroristes présumés de l’ELA


Année 2003
20 décembre: Le procès de la 17N fini, celui de l’ELA commence (Info Grèce)
3 février : Démantèlement du terrorisme. Après la 17N, le tour d’ELA


Grèce : Gladio réapparait

Grèce : Gladio réapparait

"Breaking the Greek Example : Gunmen Fire On Police in Athens" , Kurt Nimmo, Infowars,January 5, 2009

Pour détruire le mouvement de résistance greque, une operation Gladio false flag s’est produite à Athenes. "des tireurs inconnus ont tirés sur des policiers et les ont sérieusement bléssés lundi" rapporte msncb. Le gouvernement grec déclare aussitot : " cela porte la marque de l’attaque le 23 décembre contre un bus de police dont un nouveau groupe gauchiste a déclaré qu’il avait été perpétré en protestation à l’assassina par la police de l’adolescent".

La police est interdite d’entrée à l’école polytechnique d’Athènes. Le 17 novembre 1973 le dictateur militaire Georgios Papadopoulos envoie l’armée pour réprimer une manifestation à l’université. Un tank défonse le portail de l’université et tue 24 étudiants.

La junte militaire grecque de 1967 est lancée par la CIA et l’OTAN. Ils suivent un plan de l’OTAN pour neutraliser un supposé soulevement communiste. Les militaires grecs s’emparent du gouvernement, déclare la loi martiale et lancent des arrestations d’etudiants et de figures de l’opposition. Mauvais traitements, tortues, censure... "les policiers et les militaires déclarent à leurs victimes qu’ils pratiquent la torture en toute impunité parce que les Etats Unis et l’OTAN les soutiennent"

La police grecque et ses doneurs d’ordres globalistes veulent rentrer à nouveau dans l’université et briser le foyer de la Résistance grecque. L’Ecole Polytechnique est au centre des protestaions qui secouent la grece depuis l’assassina par la police le 6 decembre d’un adolescent.

La rebellion sociale et politique en Grèce dirigée contre les banquiers néolibéraux et l’agenda globaliste est désormais connu sous le nom d’"exemple Grec". Il crée un immense embaras pour les élites.

Afin de trouver un pretexte pour détruire la rébellion des agents provocateurs ont ouvert le feu sur un policier en faction cette nuit la dans le quartier-symbole ou a été tué l’adolescent.

L’OTAN et la CIA ont conduit des opérations similaires pendant l’Operation Gladio. "Révélées pour la première fois par le premier ministre Giulio Andreotti en 1991, Gladio est toujours protégé par ses fondateurs, la CIA et le MI6" écrit Chris Floyd. "Installé à l’origine comme un réseau clandestin de cellules qui devait être activé derrière les lignes ennemies en cas d’invasion soviétique" en Europe de l’Ouest, Gladio s’est rapidement converti en un outil de repression politique et de manipulation dirigé par l’OTAN. Ce reseau emploie des militants d’extrème droite, des agents provocateurs et des unités des services secrets militaires. Gladio a organisé des attentats sanglants, des assassinas, et de la subversion éléctorale dans les Etats démocratiques comme la France, l’Italie et l’Allemagne de l’ouest, mais également dans les régimes fascistes en Espagne et au Portugal.

Lorsque la Grece adhère à l’OTAN en 1952 les forces spéciales ( LOK, Lochoi Oreinon Katadromon) sont intégrés dans les réseaux stay-behind europeens (Gladio). La LOK est impliquée dans le coup d’Etat de 1967 lors d’un programme de Gladio appellé Operation Seepskin

Dans cette période de crise de l’Etat capitaliste, le recours aux vieux expédients pour controler les populations fonctionne toujours


publié le 6 janvier 2009 Indimédia Toulouse

 

 

 

Les pays cibles du plan Marshall sont en priorité ceux situés à l’Ouest du « rideau de fer » dans lesquels des partis communistes, sortis grandis et armés de leur participation à la résistance populaire contre le nazisme, sont puissants. L’aide Marshall va permettre à des gouvernements bourgeois de s’installer au pouvoir. Les PC français et italiens sont mis sur la touche, tolérés dans le pays mais interdits de pouvoir. Ils acceptent cette marginalisation qui sera définitive pour le PC italien aujourd’hui disparu. Le PC grec, bien qu’il ait eu un rôle décisif dans la résistance à l’occupation nazie a été mis sur la touche par la Grande-Bretagne, la bourgeoisie et les fascistes grec, se réveille tardivement et reprend les armes contre le nouveau régime. La riposte est immédiate : le premier Avril 1947 un général US débarque sur le sol grec avec 5000 hommes et prend le commandement d’une guerre « civile » qui bien alimentée en dollars US durera deux ans. Elle sera féroce, extrêmement sanglante et conduira à une quasi liquidation des communistes grecs et à une interdiction du PC qui durera jusqu’en 1974. Les fascistes grecs alors soutenus et conseillés par les Etats-Unis se permettront mettre de faire un coup d’Etat militaire qui saignera à nouveau le pays et les partis de gauche grecs pendant 7 ans (1967-1974)

La Grèce étant à l’Ouest du « rideau de fer », l’URSS, affaiblie par la guerre et en situation d’infériorité militaire, n’intervient pas. Le partage du continent est ainsi respecté par la force. Pour autant les « occidentaux » ne vont pas hésiter à tenter des débaucher des pays situés dans la zone d’influence soviétique. Tel sera le cas de la Tchécoslovaquie. Les élections qui suivent la guerre ont donné une place prépondérante au PC tchèque (43% des voix). Il va former un gouvernement de coalition avec des partis bourgeois. Confronté aux graves problèmes matériels de la reconstruction du pays, le gouvernement tchèque envisage de faire appel à l’aide MARSHALL. Pour l’URSS c’est le signe que le « rideau de fer » peut se déplacer pourvu qu’il se déplace vers l’Est. L’URSS s’oppose à cette demande d’aide financière aux Etats-Unis et exige du gouvernement tchèque dirigé par les communistes qu’il refuse cette aide. Le PC Tchèque mobilise la population dans ce sens. La crise politique éclate à Prague en Février 1948.

http://www.legrandsoir.info/article8481.html

 

  • 12H12 Tel que rapporté dans les média grand public, le policier antiémeute a été touché 2 fois (près de la hanche et près de l’épaule). Il est présentement en train de se faire opérer et il ne risque pas de mourir. Selon les policiers, 72 personnes sont présentement détenues pour la nuit à Eksarhia. Indymedia rapporte que le nombre de détenus pourrait s’élever jusqu’à 100.
  • 12H10 Il y a quelques minutes, un groupe anarchiste appelé “Anarchiki Syspeirosi” (”l’anarchistesquatter”) nous informe que la maison d’un de ses membres a subi un raid et que leur camarade a été arrêté.

(Commentaire: L’idée que la personne qui ait tiré sur le policier décide de se cacher à Eksarhia, ou encore qu’elle soit active dans l’un des plus groupes anarchistes les plus ouverts et les plus connu en ville est absurde. Ce qui se passe à Athènes et à Eksarhia en particuler est une tentative évidente de la police de trouver un lien entre le coup de feu et le mouvement qui les confronte avec les masses depuis quelques semaines. ).

  • 17H13 À environ 3 heures ce matin un policier antiémeute a reçu des balles alors qu’il gardait le bâtiment du ministère de la culture à Eksarhia. Les médias mainstream ont confirmé la nouvelle; apparamment le policier est blessé (mais sans danger pour sa vie). Au même moment, Indymedia rapporte qu’il y a une opération de police extensive en ce moment à Eksarhia; les policiers entrent dans de nombreux bars et cafés, battent les gens et les arrêtent. Le caré Eksarhia en entier semble être encerclé par la police.

« #36, 14:11 Actions de solidarité anticarcérales pour le nouvel an à travers le pays; la solidarité avec K.Kuneva grossit; les préparatifs pour la manifestation du 9 janvier ont commencé




 

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13/05/2009

Nous ne sommes rien, mais nous sommes là.

Arbitraire de l’antiterrorisme à Chambéry : Rafou mis en détention

Publié le lundi 11 mai 2009 sur Indymedia-Grenoble, par le Collectif de soutien à Rafou
http://grenoble.indymedia.org/2009-05-11-Arbitraire-de-l-...

 

Le 30 avril, les Pilos ont reçu une lettre d’assignation en justice de la part de la mairie de Chambéry (ville de gauche et tout le tralala). En marge de ça, dans la nuit du 30 au 1er mai ont eu lieu les évènements de Cognin, dont nous-mêmes n’avons pas pris connaissance avant le vendredi 1er au soir.

 

 

Ce qui a mené à des perquisitions, une enquête confiée à la SDAT (Sous-direction antiterroriste) de Paris, et la mise en GAV de Rafou pour 96 heures dans le cadre de tout ce même délire.

 

Le vendredi 8 mai, a eu lieu une manifestation sauvage dans les rues de Chambéry, en soutien aux Pilos menacés, mais surtout en soutien à Rafou. Environ 200 personnes de tous genres (artistes, jongleurEUSEs, habitantEs, amiEs, politiques, voisinEs, personnes fréquentant – ou non - les activités du lieu...) y étaient rassemblées, malgré la pluie constamment présente durant le défilé. Celui-ci a duré près de deux heures dans les rues de la ville, sans qu’il y ait d’incidents ou d’altercations avec les forces de « l’ordre », malgré leur présence en civil ou en armure pour « défendre » la gare ou la préfecture, où ils s’étaient retranchés. Tout s’est bien passé, tout le monde est rentré à la maison, mais il y a surement beaucoup de photos qui ont été prises.

 

 

Rafou était déféré devant le juge antiterroriste cette même après-midi, au terme de ses 96 heures de GAV. Une après-midi que nous avons passée penduEs au téléphone en attente de nouvelles. Nouvelles qui se sont avérées mauvaises : dès sa sortie de séance avec le juge d’instruction (qui a duré près de 7h30), il a été entendu de nouveau, cette fois par le juge des « libertés » et de la détention. Et la Cour a décidé la détention provisoire pour Rafou. Il a été transféré à la Santé [prison parisienne] dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 mai. Et il devrait y rester selon nos informations au moins trois semaines, avec le traitement de « faveur » réservé aux personnes incarcérées dans le cadre de procédures antiterroristes : courrier entrant et sortant lu et vérifié, restriction minimale des visites en parloir (en termes clairs : son avocat et ses parents), interdictions diverses et variées (de bibliothèque commune, de travailler, entre autres...), pas de contacts avec le « service général », sans toutefois être en QHS non plus.

 

 

Qu’y-a-t-il dans son dossier ? Rien. Et il a un alibi, plusieurs témoins : ce soir-là, Rafou jouait aux cartes chez des amis. Ses témoins sont prêtEs à se présenter. AucunE n’a été entenduE. Se pose alors la question de savoir de quoi est-il accusé ? La justification qui a été invoquée est la « destruction de preuves ».

 

 

Quelle réflexion, quelle piste peut-on considérer pour comprendre la situation dans laquelle est Rafou ? Le jour de la perquisition des Pilos, il est le seul des 11 personnes à avoir été gardé. La question qui est à se poser n’est pas « Pourquoi lui ? ». Car n’importe lA/EquelLE d’entre nous aurait pu être à sa place. Aujourd’hui c’est lui, demain moi, puis nous, et vous.

 

 

A travers Rafou, et à travers touTEs les autres qui ont été incarcéréEs lors de procédures similaires, c’est cette illusoire cellule, ou mouvance, ou appelons-là de n’importe quel nom, «anarcho-autonome» dont on entend tant parler par les temps qui courent, qui est visée, traquée.

 

 

Est-ce un hasard si les magistrats saisis de l’affaire sont les mêmes que pour « l’affaire » de Tarnac ? Est-ce un hasard si les enquêteurs sont les mêmes ? Est-ce un hasard si Rafou a été placé à la Santé, dans le même département [quartier de prison] que Julien Coupat ? L’ensemble des gens fréquentant le lieu sont photographiéEs, suiviEs, écoutéEs, des dossiers sont constitués à longueur de journées. La paranoïa s’installe. Nous ne sommes plus libres nulle part. Qui peut encore croire au hasard ?

 

 

Comment ne pas voir la criminalisation de toute forme de réflexion politique contestataire et/ou alternative ?

 

 

L’État porte dans chacun de ses bras, droit et gauche, ses armes pour lutter contre une cellule invisible. Une cellule d’autant plus invisible qu’elle n’existe pas. Mais eux sont la pour là créer, cette cellule, en inventant des liens fictifs, en regroupant des éléments sans rapport, sans comprendre qu’on peut connaître ou côtoyer quelqu’unE sans savoir la moindre chose de ce qui se passe dans sa tête.

 

 

Tout sombre dans un délire conspirationniste et paranoïaque, d’où le fait qu’ils disposent de moyens quasi-illimités contre lui. Ce qui «justifie» l’absence de droits pour les personnes accusées, suspectées de «terrorisme» (mais quel crédit accorder à ce terme quand on voit que même RESF est qualifié de réseau quasi-terroriste ?). La moindre chose anodine peut pousser n’importe qui, n’importe quand, n’importe où et dans n’importe quelles circonstances, a être confrontéE à ces lois arbitraires et sans cesse durcies par le cercle vicieux de la construction de cet «ennemi intérieur».

 

 

Une balade en vélo devient une rencontre entre suspects en vue de préparer une action terroriste. Lier des bonnes relations avec ses voisinEs devient une preuve de mauvaises intentions et de préméditation dans le cadre d’un complot (Cf. les déclarations de MAM). Il n’y a plus de présomption d’innocence. Seulement des degrés de culpabilité. Toi qui lis ces lignes, tu es complice de ça. Tu es l’ennemiE désignéE.

 

 

Toutes ces lois, ces perquisitions, ces mises en accusation, sont là pour instrumentaliser la peur médiatique qui a été créée. Élargir cette peur, et diffuser son acceptation. Peu importe l’innocence. Peu importe la destruction d’une personne par de la GAV, par de la détention, sans qu’aucun fait ne soit reproché concrètement. L’essayer, c’est l’adopter.

 

Le but ultime étant de créer cette mouvance anarcho-autonome fictive. Lui faire prendre forme. Ou plutôt agir en ce sens en lui tranchant la tête avant qu’elle n’existe. Et donc multiplier les arrestations, les écoutes, les filatures, les interrogatoires, les procès, les durcissements sécuritaires, les lois arbitraires, la diffusion médiatique contrôlée, la peur distillée. Lui faire prendre âme sans qu’elle n’ait corps.

 

Mais tout est bien évidemment fait pour notre sécurité.

 

Comment y croire encore ? Qui peut y croire ?

 

A Chambéry, un comité de soutien a été créé par les proches de Rafou, malgré la peur, malgré la tension palpable ; des concerts et autres choses vont être organisés. Aux Pilos ou ailleurs. Autant dire que des descentes de police y sont envisageables.

 

Ils voudraient nous faire taire en nous trainant dans la boue. Nous, nos proches et nos idées. Mais personne ne doit être oubliéE, abandonnéE. Tout ceci n’est pas un jeu. Ce n’est pas un show débile où on donne des bonbons à la fin aux perdantEs comme lot de consolation.

 

Tout ceci, c’est la vie telle que nous la connaissons, c’est la réalité qui nous est imposée, et en NOTRE nom. Qui mieux que Louise Michel résumerait la situation que nous vivons : « Mon drapeau sera le noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions » ?

 

Soutien à Rafou, et à touTEs les autres prisonnierEs, politiques ou non. Nous ne sommes rien, mais nous sommes là.

 

Collectif de soutien à Rafou (et à celleux à venir

 

 

 

Mardi 12 mai 2009
Après l’explosion, la police vise les squats

«L’affaire n’est pas finie, on s’attend à de prochaines gardes à vue. On ne sait pas exactement ce qu’ils cherchent, ni jusqu’où ils sont prêts à aller, résument les occupants du squat des Pilos, à Chambéry (Savoie). On sait qu’ils recherchent une troisième personne.» Zoé A., 24 ans, a été tuée, et Michaël D., 25 ans, grièvement blessé par l’explosion d’une bombe artisanale qu’ils manipulaient dans la nuit du 30 avril au 1er mai, à Cognin, près de Chambéry.

La sous-direction antiterroriste (Sdat) de la PJ a visé, la semaine dernière, le milieu des squats
de la ville. Dès le 4 mai, 130 policiers ont mis le squat des Pilos sens dessus dessous à la recherche d’indices. Sur les onze personnes interpellées ce jour-là lundi, Raphaël S., 24 ans, a été conduit à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), siège de la Sdat, pour une garde à vue sous le régime antiterroriste. Il a été présenté au parquet, vendredi soir, mis en examen et écroué pour «association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme», et «destruction de documents ou objets relatifs à un crime ou un délit». L’information judiciaire ouverte contre Michaël, Raphaël et «tous les autres» a été confiée aux trois juges antiterroristes Yves Jannier, Thierry Fragnoli et Edmond Brunaud.

Jonglage. Blessé au visage et aux bras, Michaël est hospitalisé à Lyon, où il est maintenu dans un coma artificiel. Aucun élément n’a été retrouvé sur l’utilisation que le couple comptait faire de l’engin explosif. Un extincteur et un réveil ont été retrouvés, et l’explosion a été provoquée par un mélange de chlorate de soude, de sucre et d’engrais. «Je ne comprends pas pourquoi il a fait cette bombe, s’étonne une amie suisse de Michaël. Il prônait la non-violence quand je l’ai connu.» À Genève, d’où il est originaire, Michaël a fait une première année d’école de chimie, avant de se consacrer à la musique, au jonglage, et d’intégrer un groupe de ska. «Il écrivait les paroles, et chantait, c’était assez engagé, mais pacifique, raconte l’un des musiciens. C’était son obsession, d’être à contre-courant.» Michaël emménage au squat la Tour à Genève, un important centre culturel alternatif. «Il s’est installé là. Et c’est vrai qu’à chaque descente, les flics sont tombés sur lui. Mais il n’était pas dans son tort. Il graffait, et il a eu aussi des problèmes à cause de ça.» En juillet 2007, l’expulsion du squat lui fait quitter la Suisse. «Tout s’est fermé à Genève, résume un ami. Les squatteurs se sont cassés. Tout part de là : on coupe tout à ces gens qui ont leur utopie.»

Les policiers qui ont fait remonter les fiches RG de Zoé A. n’y ont trouvé que sa participation à différentes manifs. La projection d’un film antinucléaire. Une occupation d’arbres menacés. Mais Zoé était militante des squats elle aussi. En février 2007, elle participe à l’occupation du consulat du Danemark à Lyon, en solidarité avec un centre social de Copenhague menacé d’expulsion à Copenhague. Le bureau du consul avait été envahi, et un communiqué faxé au maire de Copenhague. À Chambéry, elle s’est installée à château Chamouth, un squat où elle vivait seule.

Raphaël S., mis en examen vendredi, y avait habité lui aussi, un an plus tôt. «Raphaël a été placé en détention à la hussarde, commente son avocat, Me Laurent Pascal. Le juge avait un présupposé. Il voulait des réponses qu’on ne pouvait pas lui apporter. On ne lit pas dans les boules de cristal, nous.»

Preuves. Les proches de Raphaël, diplômé en montage cinéma, sont stupéfaits par l’incarcération. «Son nom était resté sur la boîte aux lettres où logeaient les deux qui se sont fait péter, assure l’un d’eux. Et on l’accuse d’avoir voulu se débarrasser avec des potes de tracts anarchistes du genre “manifestation contre la politique ultra-sécuritaire de Sarko le 1er mai”, ce qui n’est pas un crime.» Ce «nettoyage» lui vaudrait une mise en examen pour destruction de preuves. «L’idéologie du service qui s’occupe du terrorisme, c’est la théorie des cercles concentriques, juge Me Pascal. Vous avez les durs, Zoé et Michaël, ceux qui aident, et ceux qui savent. Mais sauf à raconter une fable, on ne peut pas y adhérer.» Un autre habitant du squat doit être entendu, à sa demande, par la Sdat, aujourd’hui. Il risque d’être à son tour placé en garde à vue, pendant 96 heures.
Karl Laske - Libération, 12 mai 2009.



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06/02/2009

« saboter l’antiterrorisme »

 


 

Accueil du site > Sur le terrain > Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.
Saboter l’antiterrorisme ? Des milliers de manifestants se sont bougés les fesses, cet après-midi, pour participer à une journée d’action contre le sort fait aux anarcho-autonomes. Et encore davantage de CRS, postés tout au long de l’itinéraire… Une mobilisation policière impressionnante, mais pas suffisante pour mettre bas toute résistance : dans les couloirs de la station Denfert-Rochereau, un face-à-face violent a opposé des manifestants aux policiers. Images.

Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.

samedi 31 janvier 2009, par JBB

La mobilisation était là : plusieurs milliers de manifestants ont répondu présents à l’invitation à « saboter l’antiterrorisme » et à défiler en soutien aux inculpés de Tarnac. Ce qui fait (quand même) un paquet de fiers supporters de cette « mouvance anarcho-autonomes » qui donne des cauchemars à Michèle Alliot-Marie… Pas assez - toutefois - pour effacer la présence policière : il y avait tellement d’uniformes qu’on aurait pu penser à un mouvement de revendication des CRS… Ils étaient partout, encadrant de très près le cortège, barrant chaque avenue, chaque rue et chaque ruelle croisées. Tout était bloqué, en un déploiement de forces de l’ordre réellement impressionnant. Des CRS par-ci, des CRS par-là, des flics en civil en veux-tu en voilà, et des policiers en uniformes pour faire bonne mesure. Bref : du bleu, partout.

Petite ou vaste, chacune des rues croisées était barrée d’un cordon de CRS, avec toujours un ou deux policiers caméra à la main, histoire de filmer la manifestation.

Aux fenêtres d’un hôtel surplombant directement l’itinéraire de la manifestation, deux policiers équipés de puissants appareils photo. Souriez, vous êtes fichés…

Canons à eau de sortie. Pour rien, finalement : ils n’auront pas été utilisés.

Pourtant… Malgré une atmosphère plutôt tendue, en dépit de l’envie évidente de certains d’en découdre, le cortège s’est déroulé sans incidents. Beaucoup de pétards et de feux d’artifice artisanaux, énormément de slogans appelant à mettre bas l’Etat policier, une proportion non négligeable de manifestants masqués, quelques jets d’objets variés sur les forces de l’ordre… Et puis rien d’autre, sinon une fin de manifestation dans la bonne humeur et en musique. Parfait ? Presque…

Aux alentours de 18 h, il ne restait plus grand monde place Denfert-Rochereau, terminus de la manifestation. Progressivement, dans le calme et sans prêter grande attention aux CRS barrant chacune des rues donnant sur la place, les manifestants quittaient les lieux, s’engouffrant dans le métro. Passaient les portillons et…
Ceux qui se sont dirigés vers le RER ont eu la surprise de tomber sur un face à face tendu entre policiers et manifestants.

Tout avait démarré quelques minutes plus tôt, quand les policiers en faction derrière les portillons de RER ont interpellé un jeune noir [Le motif de l’interpellation - pour peu qu’il y en ait un - n’est pas clair. Je pensais, comme d’autres manifestants, qu’il lui était reproché de ne pas avoir payé son ticket. Plusieurs commentaire ci-dessous soulignent le contraire - ainsi que d’autres billets de blog - , avançant que le jeune avait justement un ticket en règle. Et que seule la couleur de la peau lui a valu d’être soumis à ce contrôle d’identité]. Chez une trentaine de personnes, l’arrestation a fait éclater une colère jusqu’alors rentrée. Très vite, la pression est montée et la confrontation s’est fait plus violente, les manifestants sommant les forces de l’ordre de libérer le jeune homme, maintenu dans un coin et entouré d’uniformes. Quand deux policiers l’ont ceinturé violemment, le faisant tomber à terre et le frappant, les injures ont laissé place à des coups, échangés des deux côtés. Débordés, les policiers ont alors fait appel à des renforts, essayant de s’extraire de ce coin de couloir de métro où ils étaient bloqués par ces militants très remontés.

[1]

Pour se dégager, les flics ont copieusement usé de la matraque, peinant toutefois à se frayer un chemin et à emporter leur proie. Ils n’y seraient d’ailleurs peut-être pas parvenus sans l’arrivée d’une dizaine d’autres policiers et l’emploi de lacrymos. Un usage convaincu de la matraque et de la gazeuse qui leur a finalement permis de se libérer du petit groupe, emportant avec eux leur prisonnier et laissant flotter sur leur passage, dans les couloirs du métro, un copieux nuage de gaz. Fin de l’épisode.

 

Et ? Ben… les manifestants présents n’ont finalement pas réussi à libérer le jeune homme. Mais il s’en est fallu de peu. Reste ce réjouissant sentiment que, même quand la police semble avoir le contrôle absolu de la situation, elle ne maîtrise pas tout. Et aussi cette colère sourde et massive qui monte, suffisante pour faire reculer - au moins un temps - les forces de l’ordre. C’est déjà pas mal, non ?

 

[Edit, dimanche à 9 h 50.] Après cet épisode souterrain, Infozone mentionne de nombreuses arrestations dans les souterrains du métro : « Dans les couloirs non seulement la respiration est difficile, mais les policiers bousculent violemment tout ce qui bouge, sans discernement aucun. Les usager(e)s paniquent, ils ne comprennent pas ! Les chiens du capital en profitent pour procéder a des arrestations musclées sous des prétextes fallacieux comme ’outrage’ (on est forcement grossier avec du gaz plein la gorge) ou ’possession de stupéfiants’ (la dangereuse mouvance de l’ultra beuh). D’autres furent également arrêtés a l’entrée pour jet de projectiles, surement sur témoignages des policiers. 15 arrestations au total… »

Par ailleurs, Infozone explique que le jeune interpellé était un sans-papier.

Notes

[1] Il me manque les photos des moments les plus violents, ainsi que de l’emploi des lacrymos. Mes maigres compétences en la matière, conjuguées à la tension du moment, m’auront fait rater ces clichés. Désolé.


68 Messages de forum

  • il y avait effectivement du monde cet après-midi, en tout cas plus que je ne l’espérais.

    Mais quel silence !

    Peu de slogans et surtout peu de gens pour les reprendre en coeur.

    Je ne sais pas si c’est le trop-plein bleu marine ou le froid mais, à part la fanfare et les clows de fin de cortège, rien ne pouvait nous empêcher d’entendre distinctement les pétards.J’avais l’impression de suivre un cobillard.

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    • C’est vrai que l’ambiance était lourde et pesante, en grande partie à cause du « trop-plein bleu marine ». Et puis, il y a avait un truc dans l’air, ça donnait l’impression de pouvoir péter à n’importe quel moment.

      « à part la fanfare et les clows de fin de cortège, »

      Clair que la Brigade activiste des clowns -même en petit comité - a la classe. Il y avait aussi un peu de zik, ça réchauffait un brin.

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      • « C’est vrai que l’ambiance était lourde et pesante, en grande partie à cause du « trop-plein bleu marine ». Et puis, il y a avait un truc dans l’air, ça donnait l’impression de pouvoir péter à n’importe quel moment. »

        C.Q.F.D. Sans doute faudra-t-il bien d’autres fois battre le pavé, mais on sent sourdre une exaspération qui monte jour après jour sans que l’on sache exactement quand, pour quoi et si cela va péter. Pour ma part je ne vois pas d’autre issue pour sortir de cette fange nauséabonde dans laquelle L’Ubu qui gouverne est en train de faire glisser le pays.

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    • Un dicton dit qu’il n’ y a a pas plus dangereux qu’une manifestation silencieuse...le silence de la colère, le silence de la honte d’être dans ce pays de merde, crier c’est libérer une energie...je prefère cent fois une manif silencieuse et determiné qu’une manif bruyante et dian dian...

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      • Sous les pavés, la rage. 1er février 13:41, par JBB

        Il y a quelque chose de ça, une rage sourde et à fleur de peau.

        « je prefère cent fois une manif silencieuse et determiné qu’une manif bruyante et dian dian... »

        Je suis assez d’accord avec toi. Même si je pense que tout mouvement de revendication, aussi dur soit-il, ne doit jamais oublier que la joie, l’inventivité et la fête sont aussi essentiels pour qui prétend remettre en cause l’ordre de la société. Façon Reclaim the Street, par exemple.

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    • Même ambiance dans le cortège du 29 janvier à Paris, pourtant on n’a vu aucun flic à l’horizon (sauf à Opéra) et cette ambiance-là était tout du long...

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      • qques autres à partager ce constat de climat tendu, mais on constate aussi assez peu de fédération entre les manifestants et peut etre trop peu de temps passé devant les barricades à la santé où des chants de soutien, d’encouragement auraient été bienvenus pour que Julien et les autres détenus nous sentent présents, à leur coté. Je ne suis pas une grande pratiquante des manifestations mais je pense aussi que la gaieté ( tant que possible), l’union, et l’energie positive sont de bonnes armes face à cette propension à la violence de nos sociétés. Tout ce qu’ils veulent c’est qu’on s’ennerve, qu’on perde notre sang froid.Pour ne pas ressembler à une assemblée de moutons soyons humains. Merci à tous d’avoir été là et la lutte doit continuer dans nos quotidiens.

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  • Merci pour ce petit compte-rendu...

    see ya !

    Voir en ligne : Kprodukt, blog actif et militant( ?)

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  • Un article du Figaro parle (un peu) de la manifestation :

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/01/31/01011-20090131FILWWW00712-1200-manifestants-en-soutien-a-coupat.php

    Je n’en ai pas vu d’autres...

    Voir en ligne : http://carnetsfg.wordpress.com/

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  • Sur LCI,ils ont modifié leur article du début de soirée en affirmant qu’il y avait eu plusieurs policiers blessés ainsi que qques manifestants(comme d’habitude d’ailleurs avec ces brutes...),qu’en est-il ? avez vous des infos ?

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    • A part les échauffourées du métro, je n’ai pas vu d’interpellation ou de coups, sauf à compter comme tels les bouteilles et pétards qui ont été balancés sur les CRS. Mais j’ai quitté Denfert-Rochereau vers 18 h, alors qu’il restait 200 à 300 manifestants sur la place, en bonne partie en train de danser sur de la tekno. La dispersion s’est peut-être effectuée de manière violente, mais j’en doute un brin : l’ambiance n’était plus à la tension.

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  • Toujours sur ce ***** de site LCI,ils parlent de 8 policiers blessés dont 2 partis à l’hôpital et 15 interpellations en flagrant délit...En début de soirée,ils parlaient juste de la manif et ils ont modifié leur article dans la soirée en spécifiant ces incidents mais sans donner aucun faits,ni photos,aucune preuve...ça pue la désinformation encore une fois (bon,je sais le site n’est pas une référence,c clair) !!! Merci pour le compte-rendu

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  • 8 blessés chez les matraqueurs, 15 interpellations en flagrant délit pour tir de fusées, outrage à agents de la force publique ou détention de produits stupéfiants. selon la préfecture de Paris ...

    Qui traque les pseudo-anarcho-autonomes de Mâme MAM et qui ne trouve pour les coffrer qu’outrage aux bleus et détention d’herbe ... du grand n’importe quoi ... Ça donne un avant-goût de la haute teneur des preuves qu’elle est censée avoir rassemblées dans le dossier Coupat.

    Miam, l’épisode du métro. C’est si bon quand la peur change de côté ... Et cette colère qui gronde, comme tu dis ... Les français ont voulu l’exprimer calmement par les manifs du 29 , mais on leur en a détourné le message.

    Pas sur que ça les calme. La prochaine fois sera plus « rugueuse ». Enfin.

    Voir en ligne : http://merachlor.blogspot.com/

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    • Même analyse : le 29 à Lille, le cortège arrive en fin de parcours, des lancers de bouteilles, cageots, légumes, des sifflets, des insultes ... etc ... contre des CRS (visiblement inquiets mais sans réplique) et ... aucune réaction moralisatrice dans la manif. En général dans ces cas là, on entend toujours des appels au calme de la part des manifestants. Souvent, les services d’ordre des syndicats tentent de s’interposer. Cette fois-ci, rien. Une odeur de rébellion planait.

      Ils ont peur. Battons le fer tant qu’il est chaud.

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      • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 10:17, par JBB

        @ Merachlor : « Qui traque les pseudo-anarcho-autonomes de Mâme MAM et qui ne trouve pour les coffrer qu’outrage aux bleus et détention d’herbe. »

        Oui, mais : attention ! La détention de cannabis en relation avec une entreprise terroriste, ça peut aller chercher loin… :-)

        @ Dogbreath : oui, c’est évident que le ressenti de la majeure partie des manifestants a évolué quant aux éventuels débordements. Et qu’il n’est plus une armée de gens pour s’interposer en appelant au calme quand ont lieu des jets d’objets divers ou des échauffourées.

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  • Un jour pas si lointain, les charognards flics, medias et politiques demanderont pardon... mais il sera trop tard... pour eux...

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  • Je me permets d’apporter une petite rectification au récit du débordement policier qui a eu lieu dans le métro Denfert en fin de manif. Ce qui pourrait paraître un détail est en fait très important. En effet, le black a été interpellé pour un contrôle d’identité alors qu’il venait de passer son ticket. Ce dernier n’était en aucun cas un fraudeur !!!!!! Et c’est parce qu’il n’avait pas ses papiers sur lui (ou peut être pas du tout) que la police l’a mis de côté, que les amis et badauds se sont révoltés et qu’ils ont fini par le plaquer au mur, le menotter et le lyncher.

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  • Soutient aux inculpé-e-s de tarnac... vous oubliez (volontairement ?) isa, juan, bruno... les premier-e-s inculpé-e-s de l’anti terrorisme, en taule depuis plus longtemps que coupat mais moins médiatisé-e-s. (la différence de classe sociale, le fait de ne pas s’exprimer dans les médias bourgeois ou d’être moins facilement acceptés par la gôche ?)

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    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 11:59, par JBB

      « vous oubliez (volontairement ?) isa, juan, bruno... »

      Faut peut-être arrêter de dire n’importe quoi et de voir des complots partout. En l’occurrence, le sort fait à Isa, Juan et Damien - comme à tous les inculpés de l’antiterrorisme - a été souvent mentionné sur ce site, entre autres ICI, LA ou encore ICI. Mais c’est tellement plus facile de faire des procès direct sans rien vérifier, hein…

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      • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 13:08, par arnold
        Il est vrai qu’article 11 a deja fait mention, et plus d’une fois, d’Isa, Juan, Damien (toujours en taule), Farid, Ivan, et Bruno (qui eux sont sortis mais restent sous controle judicaire). Il serait injuste de soupçonner le site d’« oublier volontairement » nos camarades. En revanche, il est vrai également que ces « affaires » ont toutes été très peu relayées et communiquées, ni par les médias ni par les partis et organisations de gôche, et on ne peut que constater qu’évidemment l’origine social, ainsi que l’identité militante des personnes fait que le traitement est different selon les affaires.

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        • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 13:48, par JBB

          « Il serait injuste de soupçonner le site d’’oublier volontairement’ nos camarades. »

          Merci. Je ne prétends en aucun cas être exemplaire en la matière. Mais je n’aime pas ce côté procès politique, qui peut effleurer parfois.

          Pour le reste, tout d’accord avec toi. Ainsi qu’avec cette analyse de la médiatisation entourant Tarnac, prenant le pas sur le cas d’autres victimes beaucoup plus oubliées. Ça marchera toujours ainsi, je crois, la mobilisation ne peut jamais être pure et parfaite, il y aura toujours des biais.

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  • On a des images, et on cherche le nom du copain sans pap’ !

    contre_sens@no-log.org

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  • Je recopie le témoignage de « Berckman » sur la fin de la manif (et sur ce qui s’est passé dans le métro) :

    A la fin de la manif, alors que tout le monde se dispersait dans le calme sous très haute surveillance policière (le dispositif était hallucinant, jamais vu ça auparavant dans les manifs parisiennes), on est descendu dans le métro avec qqs camarades. Là, on tombe sur un groupe de flic qui étaient en train de faire un contrôle d’identité au faciès : Tout le groupe était passé avec des tickets, et les flics contrôlent un manifestant, comme par hasard le seul noir du groupe. Les autres restent pour demander sa libération, on se joint au groupe. Ca commence à gueuler « libérez notre camarade », « police partout, justice nulle part », « contrôle au faciès ». Puis à un moment les flics commencent à plaquer le camarade contre le mur, lui tordent les poignets. Comme la douleur le fait bouger, ils en profitent pour le lyncher : coups, clé de bras... Du coup ça commence à gueuler sérieusement du côté des manifestants : un flic colle une patate à une camarade, et ils essaient d’extraire le camarade interpellé à travers la foule (comme il restait encore du monde de la manif à l’extérieur, ils voulaient visiblement pas prendre le risque de passer devant les manifestants). Des civils et des CRS sont arrivés en renforts et on s’est fait gazer et matraquer dans le métro. Il y avait des mômes dans la foule, et à un moment, le groupe a été séparé en deux, quand on est arrivé à une fourche dans le couloir. Le camarade a été emmené. Je pense effectivement qu’ils en ont profité pour serrer des manifestants au hasard... Tout cela ressemble à de la bonne vieille provocation policière...

    Ici->http://revolution.celeonet.fr/index.php ?sho...

    Il y a aussi une vidéo intéressante sur la « télé libre » : http://latelelibre.fr/index.php/2009/01/fin-de-manif-sans...

    J’ai beaucoup aimé l’anarcho-masochiste.

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    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 19:20, par JBB

      Waouh ! J’avais raté ça, l’anarcho-masochisme. Et je trouve ça vraiment super classe, à la fois efficace et malin.

      Faut dire que j’ai davantage assisté aux affrontements, lors de cette fin de manif de jeudi. Et que j’ai raté ces moments différents où les citoyens-manifestants s’en prenaient aux CRS avec talent. Sur ce coup, la TéléLibre assure.

      Répondre à ce message

  • Bonsoir, j’y étais aussi mais étant partie plus tôt, je n’ai pas eu vent des heurts souterrains... Grosse tension oui, mais un point positif important : un appel des autonomes suivis par tout un cortège de gens plus modérés... irons-nous vers une confluence des luttes ? En tout cas chouette papier, tu as toujours mon adresse mail je crois, à plus. Lise (la BAC et Beaubourg...)

    Répondre à ce message

    • Dans les couloirs du métro, la baston. 1er février 20:32, par JBB

      Salut Lise :-)

      « irons-nous vers une confluence des luttes ? »

      J’ai eu la même impression que toi. Voir défiler ensemble quelques adhérents de la Ligue des droits de l’homme, des totos à capuche, des citoyens d’âge respectable, des membres de la FA et des membres de rien du tout incline (un brin) à l’optimisme. Et ce qui est sûr, c’est qu’il y a une radicalité croissante d’une part de la population qui ne l’était pas forcément avant. C’est toujours ça.

      Répondre à ce message

  • L’article consacré à la « mise au point » du comité invisible publié sur mediapart conclut comme suit :

    « Gageons que ce samedi, lors la « manifestation nationale contre l’anti-terrorisme » à Paris, 15h, la police cherchera probablement à identifier les éventuels distributeurs de la « mise au point ». Histoire de voir un peu d’invisible. »

    Personnellement j’ai récupéré un exemplaire du prospectus lors de la manif de jeudi. Mais je doute qu’ils aient besoin de beaucoup chercher pour identifier qui les distribuait : à cinq mètres des deux jeunes qui assuraient la diffusion, une demi-douzaine de civils qu’on aurait eu de la peine, même sans leurs discrètes oreillettes, à confondre avec le SO de la CGT, ne perdaient rien de la scène.

    Qu’en conclure ? Telle est la question... Je la pose d’ailleurs à l’auteur de l’article, puisque les commentaires ne sont pas ouverts aux non abonnés à mediapart. je doute en tout état de cause que ce comité soit vraiment invisible pour tout le monde.

     

08:26 | Lien permanent | Commentaires (0) |

10/01/2009

Julien Coupat :demande de remise en liberté examinée en fin de semaine prochaine ?

"Cette demande de remise en liberté pourrait être examinée en fin de semaine prochaine", a précisé Me Terrel. Selon elle, Julien Coupat, 34 ans, "devrait déjà être libre, dans la mesure où il n'y a rien de nouveau dans l'enquête et que Julien Coupat a déjà été entendu par le juge".

L'avocat d'Yldune Lévy envisage lui aussi introduire une nouvelle demande de remise en liberté.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iE2Pou...

 

Comme vous le savez toutes et tous, sont en préparation 10 jours d’agitation en soutien aux inculpés de l’antiterrorisme, et contre les lois d’exception. Avec en point d’orgue une grande manifestation nationale, le samedi 31 janvier, à Paris. L’appel à cette semaine se trouve ici.

N’hésitez pas à nous faire part des initiatives locales, que nous relayerons ici.

Rappelons que des réunions publiques ont lieu cette semaine, notamment pour finir d’organiser ces 10 jours de solidarité : Le jeudi 8 janvier à Lyon (19h à La Gryffe), Agen (20h30, 148, rue Duvergé ), Brest. Le samedi 10 janvier à Paris (17h, à La Parole errante).

Dans la suite de l’article vous trouverez aussi les deux affiches appelant à la manifestation du 31.

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iE2Pou...

 

 

10:24 | Lien permanent | Commentaires (0) |

 
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