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01/05/2010

"Bavure" française en Afghanistan : 4 enfants tués ...

A l'issue de trois semaines d'enquête, l'armée française a reconnu jeudi avoir tué accidentellement quatre jeunes civils afghans lors d'un tir de missile terrestre antichar visant des insurgés.

Hervé Morin, le ministre de la Défense est ce vendredi en visite à Mexico. Il a dit "regretter profondément" ce "dramatique et terrible concours de circonstances". Ce dernier date pourtant du 6 avril dernier et se tenait à des milliers de kilomètres de là. Après trois semaines d'enquête, l'armée française a reconnu jeudi avoir tué par erreur quatre jeunes civils afghans à la suite d'un tir de missile terrestre antichar à destination d'insurgés.

L'enquête a été officiellement et publiquement "close" lors du point-presse hebdomadaire du ministère de la Défense. Celle-ci a permis d'établir que c'est bien "le tir français" d'un missile Milan (Missile d'infanterie léger antichar) qui avait provoqué la mort de ces quatre jeunes. Retour en arrière. Ce 6 avril, une opération associant des soldats français et afghans dans la vallée de Bedraou parvient à repérer "un renforcement insurgé" préparant "une manœuvre de débordement", selon les termes de l'amiral Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées.

"Polycriblés"
"Sept insurgés armés à 1500 mètres derrière un mur" sont signalés. Une heure plus tard, "aucun mouvement civil" n'ayant été détecté, "le commandant du bataillon de Kapisa" autorise le tir de missile. Quelques semaines plus tard, ce sera l'interrogatoire sur son lit d'hôpital du seul survivant d'un groupe de cinq adolescents, caché des tireurs par des arbres, qui permettra d'établir les circonstances de la mort des quatre civils, "polycriblés" par des éclats alors qu'ils se trouvaient à "une quinzaine de mètres" à peine des insurgés visés.

Le fameux "concours de circonstance" évoqué par Hervé Morin. Selon le porte-parole de l'état-major, "il y a régulièrement dans cette province de Kapisa des combats assez durs, dans une région où la population est assez dense, avec donc des règles d'ouverture du feu très strictes qui jusqu'à présent avaient permis d'éviter un incident malheureux". Le ministre de la Défense a, lui, tenu à préciser que "l'armée française a respecté de toute évidence toutes les procédures" d'engagement lors de cet incident et que les soldats français "n'ont pas fauté".

"A notre connaissance"
Christophe Prazuck : "A notre connaissance, c'est la première fois qu'un tel évènement se produit pour les militaires français." Il n'en demeure pas moins que la mort de civils n'en finit plus de faire monter la pression entre le président afghan, Hamid Karzai, et les forces internationales. Le 12 avril dernier, l'Otan a encore tué quatre civils en ouvrant le feu sur un autobus.

"Les morts résultant des activités des insurgés sont trois fois plus importantes que celles causées par les forces pro-gouvernementales" en 2009, se défend l'ONU dans une étude récente. Dans laquelle on apprend également que 2412 civils ont été tués en Afghanistan cette même année. Une hausse de 14% par rapport à 2008 et le bilan le plus lourd depuis le début de la guerre en 2001.

Hamza Hizzir, avec agence Metrofrance.com

 

BAVURE - L'armée française admet avoir tué par erreur quatre jeunes civils afghans

Cette fois, l'armée française a acquis la certitude que c'est bien le tir d'un missile antichars Milan qui a causé la mort de quatre jeunes civils afghans, le 6 avril dernier. Cette annonce a été faite jeudi par l'amiral Christophe Prazuk, porte-parole de l'état-major des armées, à l'issue d'une enquête de trois semaines conduite conjointement par l'IJC (ISAF Joint Command) et par le représentant du chef d'état-major des armées en Afghanistan, le colonel Jacques Lapassé. Selon l'état-major des armées, les faits se sont produits lors d'une opération associant des soldats français et afghans dans la vallée de Bedraou. À cette occasion, les troupes engagées venant des deux GTIA de Kapisa et de Surobi font l'objet de prises à partie sporadiques et détectent un renforcement des insurgés, qui laisse prévoir "une manoeuvre de débordement", explique l'amiral Prazuk. Un groupe d'intervention constitué par les servants d'un poste de tir de missiles Milan et des tireurs d'élite repère "sept insurgés armés" à 1,5 km de leur position, cachés derrière un mur. Suivant les procédures, et après avoir constaté qu'aucun mouvement de civil ne s'était produit au bout d'une heure, ils demandent l'autorisation de tirer un missile Milan, que leur "accorde le commandant du bataillon de Kapisa".

Environ une heure après ce tir, une voiture se présente au camp de Tagab, et demande à voir des médecins. À bord du véhicule se trouvent cinq jeunes civils, âgés de dix à quinze ans, "polycriblés" par des éclats. Évacués par hélicoptère vers l'hôpital de Kaboul, quatre jeunes décèdent des suites de leurs blessures. Le cinquième, toujours hospitalisé, est hors de danger. Son témoignage a été très précieux lors de l'enquête. Le porte-parole a indiqué lors d'un point de presse tenu au ministère de la Défense qu'il y a "régulièrement dans cette province de Kapisa (est) des combats assez durs, dans une région où la population est assez dense, avec donc des règles d'ouverture du feu très strictes qui jusqu'à présent avaient permis d'éviter un incident malheureux".

On indique à l'état-major des armées que les familles des victimes seront suivies par la PRT (Provincial Reconstruction Team), et indemnisées. Il n'en demeure pas moins que les victimes civiles afghanes du conflit sont de plus en plus nombreuses. Un récent rapport de l'UNAMA, la mission de l'ONU en Afghanistan, estime que 2.412 civils ont été tués en Afghanistan en 2009 . En hausse de 14 % par rapport à 2008. Selon ce rapport, ces décès de civils sont imputables pour un quart à l'IASF et aux forces gouvernementales afghanes, et pour les trois quarts aux insurgés.

Publié le 29/04/2010 à 18:56 - Modifié le 30/04/2010 à 07:32 Le Point.frJean Guisnel

 

NATO Investigates 3 Afghan Civilian Deaths

KABUL, Afghanistan — The French military took responsibility on Friday for killing four Afghan children during a missile strike in early April, and NATO said it was investigating allegations of a military convoy gunning down two Afghan women and a girl in southeastern Afghanistan.

The reports underscore concern over rising civilian deaths caused by the American-led military coalition as troops step up operations across the country. Last June, the new NATO and American commander, Gen. Stanley A. McChrystal, instituted guidelines credited with reducing civilian casualties caused by Western military forces.

That downward trend has abruptly been reversed: In the first three months of 2010, at least 72 Afghan civilians were accidentally killed by troops, compared to about 30 killed in the same period last year, according to a NATO official in Kabul.

The latest allegations of civilian deaths were in some dispute. On Friday, Afghan officials said international forces killed two Afghan women and a girl riding in a car in Zabul Province as they approached a military convoy stopped on the road to remove a buried bomb.

A spokesman for the Interior Ministry in Kabul, Zemary Bashary, said “foreign forces” had killed the women in Zabul.

Mohammed Jan Rasool Yar, a spokesman for the Zabul governor, said the Afghan authorities had not determined which military unit shot the women. He said the driver of the car, a man, was wounded and hospitalized.

As troops defused the bomb, Mr. Yar said, a Toyota approached. They “tried to stop them, but they did not stop,” he said, and troops opened fire.

But while a NATO spokesman in Kabul said early Saturday morning that one military convoy had fired warning shots at a civilian car, he said that the driver stopped and there were no casualties. The spokesman said that NATO forces were continuing to investigate the allegations of civilian casualties in Zabul, but that they had no confirmation of any involvement by NATO troops.

Also on Friday, the French military said its own investigation found that its forces killed four children during a fight with insurgents on April 6 in Kapisa Province, north of Kabul.

According to Rear Adm. Christophe Prazuck, a French military spokesman, French and Afghan forces were setting up a combat outpost when insurgents attacked in the Bedrau Valley. Forces at a checkpoint returned fire and drove them back, he said.

As the militants regrouped, French observers spotted seven insurgents hidden behind a wall, and troops fired one antitank missile.

Thirty minutes later, a civilian vehicle arrived at the checkpoint with four children, ages 10 to 15, said to have been wounded in the attack, and another child who had already died. Three of the wounded children died shortly thereafter.

“The children were near the insurgents and beneath a tree,” Admiral Prazuck said. “No civilian activity had been observed.”

A French military investigation concluded in recent days. No further investigation or punitive measures are planned, Admiral Prazuck said.

Late Wednesday night, a relative of an Afghan member of Parliament was shot and killed during an operation involving NATO forces in Nangarhar Province, setting off angry demonstrations the following morning that blocked the main road to Kabul for an hour amid chants of “Death to America.”

The lawmaker, Safia Sidiqi, said troops came to her house just before midnight. She was in Kabul at the time, but she said her brother had called her to say there were thieves outside the house. She said she had called the provincial police and was told that American troops were conducting an operation.

“They came to my house intentionally and killed one of my family members,” she said. “The Americans knew this was my house.”

NATO officials said troops from a joint NATO-Afghan force had killed “one armed individual” while pursuing a “Taliban facilitator.” In a statement, NATO said the man had been shot and killed after aiming his weapon at the troops and ignoring commands and hand signals to lower his gun.

Richard A. Oppel Jr. reported from Kabul, and Scott Sayare from Paris. Sharifullah Sahak contributed reporting from Kabul.

20:53 | Lien permanent | Commentaires (3) |

26/04/2010

Ce soir sur France 3, propagande et bourrage de mou ...

Dans le thème "Découvertes" en première partie de soirée :

20:35 - Découvertes

Au coeur de la Légion étrangère

    Au coeur de la Légion étrangère

    Résumé

    Chaque année, 10 000 jeunes venus du monde entier tentent d'intégrer la Légion étrangère. A Aubagne, ils sont soumis à une batterie de tests impitoyables, tant physiques que psychologiques, qui voient 90% d'entre eux refusés. Nicolas Moscara a suivi Lim l'Américain, Vaifana le Malgache et d'autres engagés volontaires pendant leur formation à Castelnaudary. Puis, pour illustrer l'engagement de la Légion, il s'est rendu en Afghanistan, où elle est présente depuis septembre 2008. Pendant quarante jours, le journaliste a suivi les hommes du 2e régiment étranger d'infanterie, qui mènent la guerre contre les talibans.

     

    Dans le thème "Film policier", en deuxième partie de soirée :

    22:50 - Film policier

    Magnum Force

    Magnum Force

    Résumé

    Flanqué de son nouvel adjoint, «Dirty Harry», le flic aux méthodes expéditives, affronte, au sein même de la police, un syndicat du crime adepte d'une justice parallèle expéditive.

     

    Le service public couvre vraiment bien l'actualité ...

    talibanparis.jpg
    Jeune conducteur d'auto-écoresponsable bigame

    12:51 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    21/04/2010

    Dyncorp - Formation de la Police Afghanistan - " les milliards de dollars perdus" (la sénatrice McCaskill)

     

    "I don't think DynCorp has always had the leadership or the plan in place to convey to the people who work for them what they should be doing and how," Sen. Claire McCaskill (D-Mo) told the Huffington Post Investigative Fund after the hearing. "And there was a disconnect between the military, the State Department and the actual work product of DynCorp."

    DynCorp has consistently defended its work in Afghanistan.

     

    Article de  Christine Spolar Huffington Post Investigative Fund

     

    pour info :

    iCasualties.org: Operation Enduring Freedom

    Fatalities by Year and Month

     

    Year Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec Total
    2001 0 0 0 0 0 0 0 0 0 3 5 4 12
    2002 10 12 14 10 1 3 0 3 1 6 1 8 69
    2003 4 7 12 2 2 7 2 4 2 6 8 1 57
    2004 11 2 3 3 9 5 2 4 4 8 7 2 60
    2005 2 3 6 19 4 29 2 33 12 10 7 4 131
    2006 1 17 13 5 17 22 19 29 38 17 9 4 191
    2007 2 18 10 20 25 24 29 34 24 15 22 9 232
    2008 14 7 20 14 23 46 30 46 37 19 12 27 295
    2009 25 25 28 14 27 38 76 77 70 74 32 34 520
    2010 45 55 39 27 0 0 0 0 0 0 0 0 166

     

    11:15 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    04/04/2010

    Badie BERTRAND - L’impuissance de la puissance - Les faiblesses engendrées de la force

    La victoire de G.W. Bush en novembre 2004 a entraîné à peu près partout dans le monde une vague de peur et de désarroi face au choix des États-uniens[2]

    S’il est probable que ce choix soit problématique, nous allons essayer de démontrer qu’il l’est en fait beaucoup plus pour ses concitoyens que pour les Européens. Mais ce que nous allons surtout essayer de montrer, c’est que les actuelles démonstrations de force de Washington sont le signe d’un affaiblissement structurel de la domination américaine sur le reste de la communauté internationale. Cet affaiblissement s’évalue sur trois axes : la baisse de la part de son économie sur l’économie mondiale, sa position d’hyperpuissance qui en fait un partenaire à affaiblir y compris dans le camp de ses habituels alliés, et enfin son actuelle idéologie messianique, source d’aveuglement géopolitique quant aux choix de ses stratégies.

    [2] Nous employons ce terme, de plus en plus courant en géographie,...
    suite
    .

    Lire la suite

    09:46 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    16/02/2010

    DEVENEZ-VOUS MÊME.COM - Les appelés du contingent ont joué les cobayes lors des essais nucléaires en Algérie

    Le 13 février 1960, la France procédait à son premier essai nucléaire en Algérie. Le Costarmoricain Armand Jolivet a vécu les troisième et quatrième tirs. Il en garde d'importantes séquelles physiques.

    A lire également :
    > Il y a cinquante ans, l'opération "Gerboise bleue"


    «On est face contre terre. Il y a d'abord un énorme éclair comme la foudre, un gros boum et puis un immense souffle capable d'envoyer un homme à terre». Armand Jolivet s'en souvient comme si c'était hier. Pourtant, cinquante années ont passé. L'explosion d'une bombe nucléaire, ça ne s'oublie pas comme ça. En 1960, le Breton, aujourd'hui installé à L'Hermitage-Lorge (22), a tout juste 20 ans. Il effectue son service militaire en Algérie. Armand Jolivet est sous-officier spécialisé dans le transport. D'abord affecté au nord du pays, il file vite vers le Sahara où se déroulent les essais nucléaires.

    Deux explosions à 16km du point zéro

    «On m'a dit: ?vous allez dans le sud. Vous aurez une bonne paie, moins d'opérations et du soleil?. En fait, j'ai été volontaire désigné d'office», raconte-t-il laconiquement. Armand Jolivet rejoint la base d'Hamoudia... à 16km de l'endroit des explosions. Le point zéro. Pour le soleil, l'armée n'a pas menti. Il fait entre 60 et 85ºCen pleine journée. Armand est responsable du parc de véhicules et chargé de transporter le matériel mais aussi le personnel civil et militaire au point zéro. D'octobre1960 à juillet1961, il multiplie les missions sur place. Sans réelle protection. «Normalement, on devait porter une combinaison, des bottes, des lunettes et des masques. Mais il y avait une paire de lunettes pour dix et il faisait trop chaud.» Du coup, la combinaison est souvent ouverte ou remplacée par un simple tee-shirt. Les bottes laissent place à des espadrilles.Armand décrit des scènes identiques lors des troisième et quatrième explosions qu'il a vécues à 16km de là. Gerboise rouge le 27décembre 1960 et Gerboise verte le 25avril 1961. Militaires et civils n'ont alors pas conscience du danger. «On ne nous a jamais dit qu'il y avait un risque de contamination. Pourtant des gens savaient puisqu'avant il y avait eu Hiroshima et Nagasaki. Je pense qu'on a servi de cobayes. On a testé le matériel... et les bonshommes».

    «On souffre dans l'indifférence»

    Un sentiment renforcé par ce que le Breton a vu sur place. «Ils exposaient du matériel, des véhicules et même des animaux pour mesurer les effets de la bombe. Après l'explosion, le sable était brûlé, les camions détruits. Ça faisait peur». Armand Jolivet aurait voulu montrer cela. Mais au moment du retour, l'armée lui a confisqué des centaines de photos du point zéro. Il a par contre rapporté sa combinaison irradiée. «Drôle de souvenir!» Il est surtout revenu avec de gros soucis de santé. «En quittant Hamoudia, je pesais 47kg. J'étais squelettique. J'ai passé un mois dans un centre de convalescence et j'ai perdu toutes mes dents du haut en un an». Depuis, les pathologies s'enchaînent pour le vétéran des essais nucléaires. Inflammation de la plèvre, colite ulcéreuse, inflammation du colon, spondylarthrite ankylosante. Beaucoup trop pour Armand, pas assez pour l'État qui n'indemnise que 18 maladies. «Je n'ai pas de cancer donc je ne peux rien espérer.Je souffre dans l'indifférence mais je me battrai jusqu'au bout», termine Armand, à l'aube de ses 71 ans.

    • Dominique Morvan
    article sur 20 Minutes
    Mis à jour le 16.02.10 à 14h11
    Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris
    Lucien Parfait, un ancien militaire français incorporé dans le Sahara de 1960 à 1962, pose, le 26 février 2009 à son arrivée au Palais de Justice de Paris/AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI

    DEFENSE – Le rapport classé «confidentiel défense» est accablant…

    Une partie du secret est levé. Un rapport révélé par le Parisien - Aujourd’hui en France lève le voile sur la campagne française d’essais nucléaires dans le Sahara algérien entre 1960 et 1966.

    L’existence de manquements aux règles élémentaires de sécurité durant ces opérations et les conséquences dramatiques sur la santé des militaires, malgré les témoignages des vétérans, a toujours été un secret très bien gardé.

    Ce rapport, classé «confidentiel défense» et intitulé «la Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara», aurait été rédigé selon le quotidien par un ou des militaires anonymes en 1998, l’année de l’abandon définitif des essais nucléaires. Il montre que lors des premiers essais atomiques au début des années 1960, la priorité absolue pour les scientifiques et les militaires, était d’obtenir la bombe. Quelles que soient les conséquences humaines.

    Masque anti-poussière
    On apprend par exemple que l’armée a demandé à certains militaires de remplacer leur masque à gaz par un masque anti-poussière. Le rapport est sans appel, selon le Parisien: «les appelés du contingent servaient de cobayes».
    M. L.

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    Reggane sacrifié pour la course à l’armement
    «Gerboise bleue», un crime contre l’humanité
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    Par Rachida Merkouche

    Le 13 février 1960, la guerre pour l’indépendance de l’Algérie entrait dans sa troisième année. Ce jour-là, la France coloniale commettait l’un des crimes les plus abominables que l’humanité ait connus. La région de Reggane, à 150 kilomètres d’Adrar, a été le théâtre d’une explosion quatre fois plus puissante que
    la bombe larguée sur la ville japonaise d’Hiroshima quinze ans plus tôt, durant la Seconde Guerre mondiale. Après cette démonstration de force de la remière puissance au monde, il n’était pas question pour la France de rester en marge de la course à l’armement nucléaire, et de laisser seuls dans le club des «privilégiés» les Etats-Unis d’Amérique, l’ex-Union soviétique et la Grande-Bretagne. Il avait été décidé en 1954 par Pierre Mendès France que l’ancien empire colonial deviendrait une puissance nucléaire, et c’est le premier président de la Vème République qui a parachevé le travail, le 22 juillet 1958, en fixant la date du premier essai au premier trimestre de l’année 1960. Reggane était le site choisi pour le premier tir qui portait le nom de code «Gerboise bleue», et son sort allait être scellé pour toujours. La population de Reggane, estimée à 8 000 habitants selon les statistiques de l’administration coloniale à cette époque, ignorait ce qui allait se passer alors que le site avait déjà été choisi par l’armée française en juillet 1957 pour abriter le champ de tirs, à seulement 50 kilomètres de la zone habitée. Ce 13 février 1960 à 7 h 04 mn, ils ont été surpris par le souffle de la déflagration. Une boule de feu dévorait le ciel avant
    de retomber en une pluie de poussières qui allaient recouvrir la région et changer son destin et celui de ses habitants, qui n’étaient pas les seuls à en subir les effets dévastateurs. Parmi les 24 000 hommes ayant séjourné à Reggane avant et après l’opération, des travailleurs algériens engagés dans la réparation de l’effroyable manœuvre sans rien connaître de ce qui se préparait et sans aucune protection. Ils ignoraient tout du travail qu’il leur avait été demandé d’accomplir et de l’usage qui serait fait des équipements qu’ils étaient en train de transporter. Pis, non contents de ne pas avoir averti les habitants du danger, les militaires chargés de mener cette première expérience qui devait faire de leur pays une puissance nucléaire étaient déterminés à tout mettre
    en œuvre pour son succès, poussant la cruauté jusqu’à attacher à des poteaux 150 prisonniers de guerre algériens, à un kilomètre de l’épicentre de l’explosion, afin de tester sur ces cobayes humains les effets des radiations. Ces derniers ont été désagrégés, leurs corps partis en fumée. Quant aux effets sur la population et les nombreux travailleurs enrôlés pour cette tâche, ils sont innombrables et se sont étalés sur le temps. Des cancers du poumon, de la peau et du sang ont causé la mort de beaucoup de personnes alors que d’autres souffrent encore, et des malformations affectent les enfants nés de parents contaminés. La sécheresse, la disparition de la végétation et la mort des animaux sont également les conséquences de la radioactivité de la région de Reggane. La puissance de feu de la bombe nucléaire française avait tout dévasté. Les trois premières puissances avaient brandi l’interdiction d’effectuer des essais atmosphériques, mais la France coloniale était passée outre du moment que c’était les Algériens qui allaient en être les victimes. D’ailleurs, trois autres explosions aériennes dont le taux de contamination est de 22 fois supérieur aux normes autorisées suivront à Reggane. Aucune opération de écontamination n’a été entreprise par la France avant son départ, les déchets enfouis dans le sable ont émergé sous l’effet de l’érosion, vestiges de la barbarie et témoins d’un crime contre l’humanité.

    R. M.   


    L’armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d’expérimentation, selon un rapport militaire. Le document intitulé “La Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara” aurait été rédigé “par un ou des militaires anonymes”. “Il daterait de 1998”, après l’abandon définitif des essais.

    Le ministre de la Défense affirme qu’“une synthèse de ce rapport avait été faite en janvier 2007 par le ministère de la Défense et diffusée”. Une deuxième synthèse a été également réalisée sur les essais en Polynésie. La synthèse publiée en 2007 relatait “les expérimentations tactiques durant les opérations Gerboise verte et Gerboise rose”, explique le ministre Hervé Morin.

    Des soldats français ont-ils été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie. Le ministre de la défense Hervé Morin a réagi à la publication de ce rapport confidentiel.  (1'00")

    Des soldats français ont- ils été exposés délibérément aux essais nucléaires menés par la France dans les années 1960 en Algérie ? C’est ce que relate un rapport militaire confidentiel. Jean-Paul Tessonière avocat de l’Association des Vétérans des Essais Nucléaires.  (1'58")

    15:21 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    25/11/2009

    L'adjudant Drucker reprend du service au ministère de la propagande, avec le concours des stars, au service de la spectaculaire société des marchands de canons...

    Michel Drucker, VRP d'une armée super fun

    Régis Soubrouillard - Marianne | Mercredi 25 Novembre 2009 à 14:01

    France Télévisions a choisi son expert en matière de questions de défense: Michel Drucker. L'animateur, en collaboration avec le service de relations publiques des armées a encore programmé deux émissions spéciales, si possible avec Carla Bruni, diffusant toujours une vision festivalière et ludique de l'armée.



    Arielle Dombasle au coeur de l'armée de terre
    Arielle Dombasle au coeur de l'armée de terre
    Cherche-t-il à se placer pour la future présidence de France Télévisions ou directement à postuler à la tête du ministère de la Défense, voire au Panthéon, qui sait ? En tout cas depuis quelques temps, Michel Drucker rend bien des services à la nation qui lui en sera à coup sûr reconnaissante.

    Le 14 juillet dernier, notre Mimi national avait déjà présenté un show à la gloire des armées françaises où  il devisait Défense mais aussi vélo avec le président de la République, faisait découvrir à des téléspectateurs ébahis le quartier général de l’état major de l’armée de terre, mais aussi un saut en parachute de Guy Marchand, Lizarazu au sein des forces spéciales, Gérard Darmon en Afghanistan et last but not least un raid gracieux d’Arielle Dombasle au Tchad. Une émission largement produite en collaboration avec le Sirpa, le service de relations publiques des armées.

    « Pour ce projet, il nous fallait trouver le financement pour le réaliser »
    , expliquaient alors au journal TV Mag les producteurs, déjà à l’origine des émissions « Une nuit sur le Charles-de-Gaulle » et « Une nuit sous les mers ». « Le ministre de la Défense Hervé Morin a immédiatement accepté de nous aider et de mettre du matériel à notre disposition ». Une coproduction à visée essentiellement publicitaire.


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    Une vision ludique, pacifiste et démilitarisée de l'armée


    Dans un entretien resté culte de Carla Bruni –réalisé le 14 juillet, grand jour de propagande sarkozyste-, la première Dame de France avait posé, elle aussi, son regard « artiste » sur les questions de défense : « C'est magnifique que tous ces hommes, toutes ces armes, tous ces avions, soient au service de la paix car désormais l'armée nous protège de la guerre ». Bien loin des efforts déployés par son mari pour la vente de quelques Rafale…

    Dans les milieux de défense, certains s’inquiètent depuis longtemps de ces dérives médiatiques : « Exploitant cette veine pacifiste et démilitarisée, les différents Sirpa et Directions du recrutement jouent également la carte de l’humour et de la décontraction. Le principe de réalité est alors occulté et drapé du principe de plaisir, aux contours plus resplendissants. Durant les étés 2003 et 2004, par exemple, l’Armée de terre a organisé une tournée des plages durant laquelle des militaires se sont donnés en spectacle, dansant en treillis sur le sable et livrant une vision faussement détendue du métier des armes, qui fit d’ailleurs l’objet d’une critique virulente du Canard Enchaîné (4 août 2004). La Marine nationale, quant à elle, promet une vie ludique et aventureuse à ses recrues potentielles, au travers d’affiches qui exhortent : « Vivez intense », « oubliez votre scooter » ou encore « changez d’adrénaline » écrivait en 2005  le capitaine –en disponibilité-  et professeur de communication Céline Bryon Portet dans la revue Défense nationale dans un article au titre prémonitoire : « communication militaire : identité en péril ».

    L’armée de l’air et Michel Drucker (déjà) en prenaient eux aussi pour leurs grades : « L’Armée de l’air, enfin, pratique une inquiétante confusion des genres et cède au jeunisme lorsqu’elle ridiculise ses pilotes dans des jingles radiophoniques ou promeut la provocante Ophélie Winter marraine du 50e anniversaire de la Patrouille de France. Durant cet événement médiatique, présentée par Michel Drucker, le 17 mai 2003 sur France 2 à 20 h 50, on a pu entendre la chanteuse, vêtue de la symbolique combinaison de vol bleu ciel des pilotes de la PAF, vanter les voluptés de l’onanisme après une allocution de Mme Michèle Alliot-Marie… Et comme la jeune femme avait participé à l’émission « Nice people » quelques jours auparavant, le magazine Télé 7 jours associa les deux événements ».

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    Carla Bruni au coeur de la Défense nationale

    Rien n’a changé. Ni le style, ni les acteurs. L’armée continue de se complaire dans une communication essentiellement festivalière avec la complicité du service public de télévision qui lui permet d’occulter des questions autrement plus essentielles, soulevées notamment au moment de la publication du livre blanc sur la Défense, les questions matérielles, la présence des troupes françaises sur les théâtres d’opérations, l’incapacité chronique à envisager le début d’un projet de défense européenne etc.  

    Dans une interview récente à France Soir, Michel Drucker confie qu’il réalisera encore deux émissions à la gloire de l’armée française dans les mois qui viennent. En mars, il partira pour Kandahar pour une émission spéciale pour le 75è anniversaire de l’armée de l’air. Et le mois suivant, le présentateur produira une émission hommage à la Patrouille de France (encore…) avec la participation de…Carla Bruni. Ophélie Winter n'étant plus bankable et encore moins première Dame... Des militaires, des célébrités, de l’émotion, et l’épouse du chef d’Etat-major des armées. L'armée, c'est sûr, maîtrise parfaitement sa communication. Reste à savoir combien de temps le nuage de fumée national fera effet.

    Communication militaire : identité en péril ?

    Céline BRYON-PORTET

    Longtemps enfermée dans le mutisme, l’institution militaire, dans un contexte nouveau marqué par la fin de la guerre froide, l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) et la suspension du service national, s’est progressivement ouverte au monde de la communication. Essentiellement destinée à renforcer la visibilité des armées ainsi que leur potentiel d’attractivité, cette ouverture a souvent dénaturé leurs fondamentaux identitaires, ce qui risque d’avoir des conséquences néfastes sur son image, tant en externe qu’en interne. À l’inverse, une approche systémique, davantage respectueuse de la spécificité du métier des armes et visant à lui redonner du sens en réactualisant ses valeurs, pourrait être envisagée.


    LA LOI DU SILENCE : FONDEMENTS STRATÉGIQUES,
    STRUCTURELS ET ORGANISATIONNELS

    L’armée fut longtemps surnommée, comme chacun le sait, « la Grande muette ». La pratique du silence attachée à l’institution militaire s’enracine dans un lointain passé, puisqu’elle était déjà préconisée par Sun Tzu puis, près de deux mille ans plus tard, par Clausewitz. D’une manière générale, on note cette invitation au mutisme dans la plupart des traités de polémologie évoquant les principes stratégiques des guerres classiques.

    Ainsi recommande-t-on, dans L’Art de la guerre (1), la connaissance des projets de l’ennemi par la voie du renseignement, tandis qu’une grande discrétion sur les desseins personnels est conseillée, afin que soit rendue possible une guerre éclair prenant par surprise les troupes adverses. La diffusion de fausses rumeurs ou intoxication est également proposée pour que les forces antagonistes soient trompées sur les intentions réelles de l’attaquant. Car « la guerre repose sur le mensonge »…

    Très tôt dans l’histoire militaire, donc, une attention de premier ordre a été accordée à la quête et à la circulation maîtrisée d’une information qui peut rapidement être convertie en désinformation. Apparaissant comme une arme à double tranchant, pouvant tout aussi bien entraîner la victoire ou la défaite, la communication fut toujours considérée avec méfiance et maniée avec prudence par les armées. Conscientes, à l’instar de Napoléon Bonaparte, que « quatre gazettes font plus de tort que 100 000 soldats en campagne », celles-ci ont assis leur mode de fonctionnement même sur la protection du secret, grâce à une classification des documents détenus selon leur degré de confidentialité.

    Outre ce fondement stratégique, on relève des motivations de nature structurelle et organisationnelle : le devoir de réserve, par exemple, impose des limites au militaire afin que ce dernier ne livre une opinion personnelle lorsqu’il s’exprime au nom de l’institution à laquelle il appartient. Le principe de subsidiarité, quant à lui, selon lequel chacun participe à la délivrance de l’information à son niveau, est plus particulièrement lié à la structure hiérarchique des armées.

    DE L’INFORMATION À LA COMMUNICATION : CAUSES ET ENJEUX

    Ce n’est que très progressivement que les armées ont abandonné leur familière position de repli pour s’ouvrir au monde profane de la communication. À la base de ce processus, on peut identifier trois causes majeures.

    L’après-guerre froide

    La première, de nature géopolitique, correspond à la fin de la guerre froide. Jusqu’aux années 80, en effet, les rivalités qui opposaient les blocs de l’Est et de l’Ouest justifiaient que chaque partie tût ses avancées technologiques en matière d’armement et de conquête spatiale ; mais à mesure que le danger diminuait, le mutisme à l’égard de la population perdait sa raison d’être. En outre, les « menaces moins perceptibles » entraînent une vision floue des armées et un certain détachement à l’égard de la chose militaire, comme le souligne le Schéma directeur de la communication de la Défense 2000-2002. Dans le climat du dégel, l’institution de Défense a donc dû justifier ses dépenses, prouver sa légitimité et sa nécessité en communiquant sur ses besoins, ses moyens et ses enjeux, auprès des décideurs politiques afin que lui soient alloués les budgets garantissant son fonctionnement, mais aussi auprès du grand public, pour remporter l’adhésion et obtenir le soutien de ses opérations.

    Société de l’information

    La deuxième cause est de nature technologique et sociétale. L’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), la mondialisation des flux et l’influence grandissante des médias sur l’opinion publique, qui considère le droit à l’information comme une exigence démocratique, ont incité les forces armées à réviser leur attitude de réserve. En 1994, le Livre blanc sur la Défense, évoquant les nouvelles règles du jeu qu’impose la globalisation des échanges, observe que « la gestion médiatique devient l’un des éléments de la stratégie militaire ». « L’information est désormais au cœur de toute politique de défense », pour ce que « les médias ne sont plus seulement des spectateurs mais des acteurs des crises et des conflits, qui pèsent sur leur conduite et leur issue », ce qu’avait prouvé l’intervention des armées britanniques dans les Malouines, en 1982.

    Suspension du service national

    Enfin, le dernier déclencheur a trait à la suspension du service national, annoncée par M. Jacques Chirac dès 1996. La professionnalisation, en effet, a entraîné de profondes restructurations et rendu nécessaire l’élaboration d’une politique de communication destinée d’une part à développer le potentiel d’attractivité du métier des armes afin de recruter des effectifs ; d’autre part à augmenter la visibilité des armées et à renforcer le lien nation-défense, jadis assuré par la conscription, et dont on peut craindre qu’il sera altéré, à plus ou moins long terme.

    Engageant près de 30 000 jeunes par an, la Défense se positionne comme le « 1er recruteur national », selon le mot de M. Jean-François Bureau, porte-parole du ministre et délégué à l’information et à la communication de la Défense (Dicod). Cette nouvelle donne permet de comprendre que l’institution de Défense, après avoir répondu aux attentes de l’opinion publique en faisant de l’information son premier cheval de bataille, ait progressivement donné la priorité à la communication (2), et plus précisément à une communication de séduction.

     

    L’ORGANISATION DE LA COMMUNICATION DE DÉFENSE

    La création de la Dicod, en 1998, a opéré une rupture radicale dans la communication de Défense. La dissolution du Sirpa central (Service d’information et de relation publique des Armées), en effet, marquait une volonté d’émancipation de l’organe militaire vis-à-vis du cabinet du ministre, dont il n’était jadis que le bras séculier, ce qui donnait fréquemment lieu à des conflits (3).

    Chargée de définir les grandes orientations stratégiques et de délivrer les discours officiels du ministre auprès du public, mais également auprès des Sirpa des quatre forces armées et autres services, la Dicod conserve un lien étroit avec le ministère de la Défense, puisqu’elle élabore notamment ses campagnes de communication. Le rôle d’intermédiaire qu’elle occupe entre le ministère et les armées atténue cependant les ingérences directes des figures politiques et des hauts fonctionnaires civils dans la sphère militaire. Cette entité interarmées est donc tout à la fois centralisatrice et coordinatrice. Elle impose aux différentes armées un fil directeur qui assure une harmonisation du discours et garantit simultanément une autonomie relative de ces dernières vis-à-vis du politique.

    La communication institutionnelle de la Défense s’exprime, grâce à la Dicod et aux Sirpa, à travers l’édition de nombreuses revues, la diffusion d’éléments de langage, la préparation d’argumentaires relatifs à des dossiers sensibles, la simulation de crises, la mise à jour d’un site Internet, l’organisation d’événements médiatiques divers, d’expositions et de manifestations militaires en tous genres, destinés à promouvoir l’image de la Défense, enfin l’élaboration de campagnes institutionnelles et de recrutement.

    Paradoxe pour le moins surprenant, la Défense, d’abord réticente à communiquer, possède à ce jour le dispositif de communication le plus important de l’État, d’un point de vue quantitatif. Qualitativement, en revanche, il n’en va guère de même : en dépit de moyens financiers non négligeables, la communication peine à se hisser au rang de spécialité reconnue. Majoritairement militaire, le personnel qui y œuvre exerce ses fonctions sans avoir été formé (à 61,79 %) et le déplore fortement, comme il ressort d’une récente étude (4).

    L’ADIEU AUX ARMES : STRATÉGIE MARKETING
    ET COMMUNICATION DÉCALÉE

    Le système de communication de la Défense est donc ainsi fait qu’il permet, théoriquement, la construction d’une image fédératrice de l’institution, via la Dicod, et la sauvegarde des particularismes de chaque armée, grâce aux Sirpa. Néanmoins, le traitement des différentes cibles de communication ne semble pas articulé de manière aussi harmonieuse.

    Depuis la mise en place de la professionnalisation, en effet, la communication institutionnelle de la Défense repose sur deux axes assez hétérogènes. Le premier, dirigé vers les leaders d’opinion et les cadres supérieurs civils et militaires, demeure globalement fidèle à la réalité de l’institution (les recherches de l’IHEDN relèvent d’une telle politique de communication). En revanche, la seconde orientation, visant le grand public, paraît davantage biaisée. Cette scission crée donc une image institutionnelle duelle.

    Campagnes de recrutement, événements médiatiques, éléments de langage, concourent à donner des armées d’aujourd’hui, en effet, une image assouplie. Dans une logique de séduction, l’ethos du combattant et les effets parfois destructeurs de la force armée, susceptibles de rebuter le grand public, sont volontiers omis dans les discours officiels de la Dicod. Ainsi les vocables guerriers sont-ils bannis au profit d’une approche humanitaire qui s’assortit d’expressions telles que « soldat de la paix », « frappes chirurgicales », « zéro mort » ou « guerre propre ».

    Dérapage ?

    Exploitant cette veine pacifiste et démilitarisée, les différents Sirpa et Directions du recrutement jouent également la carte de l’humour et de la décontraction. Le principe de réalité est alors occulté et drapé du principe de plaisir, aux contours plus resplendissants. Durant les étés 2003 et 2004, par exemple, l’Armée de terre a organisé une tournée des plages durant laquelle des militaires se sont donnés en spectacle, dansant en treillis sur le sable et livrant une vision faussement détendue du métier des armes, qui fit d’ailleurs l’objet d’une critique virulente du Canard Enchaîné (4 août 2004). La Marine nationale, quant à elle, promet une vie ludique et aventureuse à ses recrues potentielles, au travers d’affiches qui exhortent : « Vivez intense », « oubliez votre scooter » ou encore « changez d’adrénaline » (5).

    L’Armée de l’air, enfin, pratique une inquiétante confusion des genres et cède au jeunisme lorsqu’elle ridiculise ses pilotes dans des jingles radiophoniques (6) ou promeut la provocante Ophélie Winter marraine du 50e anniversaire de la Patrouille de France. Durant cet événement médiatique, présentée par Michel Drucker, le 17 mai 2003 sur France 2 à 20 h 50, on a pu entendre la chanteuse, vêtue de la symbolique combinaison de vol bleu ciel des pilotes de la PAF, vanter les voluptés de l’onanisme après une allocution de Mme Michèle Alliot-Marie… Et comme la jeune femme avait participé à l’émission « Nice people » quelques jours auparavant, le magazine Télé 7 jours associa les deux événements.

    Image ou image de marque ?

    Autant de présentations mensongères, puisqu’au sein de l’institution demeurent les traditionnelles exigences : discipline, disponibilité, sacrifice de soi (7)… En outre, de telles opérations ressemblent davantage à des campagnes marketing qu’à des actions de communication institutionnelle. La Défense vend aujourd’hui son image de la même façon qu’une entreprise privée vend un produit commercial. Pour reprendre la terminologie de l’analyste américain Porter, au lieu de se positionner sur un segment qualitatif reposant sur une stratégie différenciée, parfaitement adaptée à leur dimension institutionnelle, les armées pratiquent une approche quantitative, dite stratégie de volume. Celle-ci se révèle pourtant incompatible avec leur culture. Quelle entreprise du secteur civil, en effet, exige de ses employés qu’ils défendent un idéal au péril de leur vie ? Ayons l’honnêteté de le dire : le métier des armes n’est pas et ne sera jamais un métier comme les autres.

     

    CONSÉQUENCES EXTERNES
    ET RÉPERCUSSIONS INTERNES

    En diffusant des messages inadéquats, les armées voient leurs fondements identitaires menacés, tant vis-à-vis du grand public que du personnel militaire.

    Banalisation

    En externe, cette diffusion crée une image attractive mais fallacieuse. La spécificité du métier des armes ainsi gommée, se trouve fragilisé le principe de différenciation de l’institution militaire, principe grâce auquel une entité, ou une marque, peut se distinguer des autres. En matière de ciblage du recrutement, ce phénomène de banalisation favorise l’engagement d’une population globalement inconsciente des contraintes inhérentes au statut militaire et inadaptée au mode de vie qu’il requiert, ce qui entraîne des dysfonctionnements au sein de l’institution.

    À long terme, les armées pourraient rencontrer des difficultés dans leur tentative de fidélisation du personnel, le décalage entre la vision édulcorée des campagnes d’attraction et les astreintes effectives du quotidien étant souvent trop important, et propre à décevoir les jeunes recrues qui signent un contrat sur la promesse d’un rêve ou d’une aventure. Cet aspect n’a d’ailleurs pas échappé à la critique de certains journalistes. Dans un article des Échos, paru le 3 février 2004, Sophie Reiffers notait que « la Marine nationale ose recruter décalé » et soulignait les dangers d’une telle « idéalisation publicitaire », qui masque « l’éventualité d’un combat ou les contraintes » de la vie militaire et favorise donc « le désistement de candidats déçus ».

    Plus généralement, enfin, cet effacement de la « militarité » des armées pourrait affecter leur crédibilité même, et, partant, la confiance que leur témoigne la population. En outre, on peut se demander si de telles constructions symboliques, propres à s’enraciner durablement dans l’inconscient collectif, ne participent pas à créer un climat social hostile à l’utilisation de toute force, y compris coercitive, ce qui se révèlerait préjudiciable en cas de conflit.

     

    Intégrité menacée

    Si ces messages sont principalement adressés au public, ils pénètrent également, par un phénomène de porosité, le personnel militaire. En interne, ceux-ci ne favorisent donc guère la préparation psychologique des défenseurs de la nation, lesquels devront peut-être donner la mort ou sacrifier leur vie. Enfin, cette communication décalée entre en contradiction avec l’idée que les militaires se forgent de leur engagement. Brouillant les marques traditionnelles, indispensables à tout principe d’identification et d’appropriation, elle entame la cohésion de la communauté. Le récent échec qu’a connu la campagne radiophonique de l’Armée de l’air prouve qu’un tel décalage est inopportun, et souligne le danger qu’il y a à dévaloriser le personnel et à ignorer ses attentes sous le prétexte qu’on souhaite s’attirer les faveurs de l’opinion publique...

    L’intégrité de l’institution, de ses valeurs et de ses individus, s’en trouve donc affectée. Nombre de militaires paraissent oublier leur vocation première. Subissant une déconcertante perte d’identité, ils adoptent progressivement un comportement de « fonctionnaire » et se considèrent comme de simples salariés, comptables de leur temps et de leurs efforts, si l’on en croit de récents rapports : on bondit de son siège dès l7 h 00, on néglige le salut réglementaire, on soupire lorsqu’on doit assister à une cérémonie, on refuse même, parfois, de participer à un conflit ! D’aucuns invoqueront l’évolution des mentalités sociales ; mais ce phénomène n’est-il pas également imputable à l’image que les armées cultivent et donnent d’elles-mêmes ?

    VERS UNE VISION SYSTÉMIQUE

    Interdisciplinaire, la communication est, par essence, fondée sur un jeu de relations et d’échanges, comme le rappelle le dieu Hermès qui en est la figure tutélaire, mais aussi son étymologie latine. Elle se définit comme un système ; or, dans tout système, la modification d’une partie du corps entraîne celle de tout l’organisme. Qu’est-ce à dire ? La dénaturation de l’image externe engendre nécessairement une altération plus intime. Nulle étanchéité possible : le battement d’ailes d’un papillon en mer de Chine peut déclencher un ouragan à l’autre bout de la planète, et un jingle radio trop ironique est susceptible de provoquer un scandale au sein de toutes les unités aéronautiques françaises. Nombreux sont les dommages « collatéraux » que créent des actions de communication non réfléchies ou maîtrisées.

    Anticipation

    À partir de ce constat, force est de reconnaître que l’on doit s’efforcer d’anticiper, en premier lieu, les conséquences de toute action de communication. Mieux vaut donc renoncer à l’élaboration de campagnes de séduction dont on peut supposer qu’elles apporteront à l’entité organisatrice moins d’avantages que d’inconvénients. Dans cette perspective, il paraît aussi indispensable de privilégier une stratégie sur le long terme plutôt que des entreprises aux effets éphémères, orientées vers la seule satisfaction des besoins immédiats.

    Une approche systémique implique, enfin, une vision globale de la communication, ce qui interdit une scission entre les sphères interne et externe, mais surtout l’émission de messages contradictoires. Continuité et cohérence devraient être les maîtres mots. On peut en conclure que les armées gagneraient à réduire le décalage qui existe à ce jour entre la réalité du statut militaire et la représentation qu’elles en donnent. Une inversion de la chaîne des priorités, prenant la gestion interne de la spécificité du métier des armes comme pierre de touche et amorce des stratégies de communication offertes au monde civil, s’avèrerait probablement bénéfique, toute cohésion habilement renforcée rayonnant naturellement vers l’extérieur. Comme les autorités se plaisent à le répéter, le militaire constitue un relais essentiel, propre à consolider le lien nation-défense. Qui peut témoigner mieux que lui, en effet, de son expérience, et valoriser l’institution qu’il sert ?

    Cohérence

    Concrètement, le respect d’une approche systémique s’exprimerait par un refus de séparer les différents services qui pratiquent la communication au sein d’une même institution. La tendance des armées, depuis quelques années, semble pourtant être inverse. Ainsi la sous-direction du recrutement (SDR) de l’Armée de l’air, notamment chargée d’élaborer les campagnes de recrutement, est-elle devenue autonome du Sirpa Air, qui œuvre sur la communication interne et externe. On conçoit aisément que ces services distincts, respectivement basés à Tours et à Paris, parviennent difficilement à définir des messages cohérents, à respecter des objectifs communs et à travailler à la construction d’une image institutionnelle globale.

    Cette scission ne fut d’ailleurs pas étrangère au scandale que provoqua la dernière campagne radio de l’Armée de l’air. Responsable de l’opération, la SDR, en effet, ne considéra que l’objectif qui était le sien, à savoir le recrutement de nouveaux effectifs. Le Sirpa Air, quant à lui, émit des doutes sur la pertinence des jingles proposés par BDDP & Fils, au regard des effets négatifs qu’ils auraient sur l’image de l’institution et le moral d’une catégorie de son personnel. S’il fut consulté, cet organe n’était guère leader et la décision finale appartînt à la SDR… Leurs actions sont pourtant interdépendantes, si l’on considère que les messages institutionnels en direction du public ont une répercussion évidente sur le recrutement, tandis que réciproquement, les dites campagnes participent à construire l’image interne et externe de l’Armée de l’air.

    La Marine nationale est dotée d’une organisation relativement similaire à sa consœur, puisqu’elle dissocie : le Service d’information sur les carrières de la Marine (SICM) auquel incombent les missions de recrutement ; la Cellule conditions de vie (Covie) chargée de la communication interne ; le Sirpa, qui œuvre sur la communication institutionnelle, principalement externe ; et le Centre d’enseignement supérieur de la Marine (CESM) qui s’évertue à faire rayonner l’image de l’institution par une action d’information auprès d’un cercle de décideurs, de chercheurs et de groupes d’influence.

    RÉAFFIRMER LA SPÉCIFICITÉ MILITAIRE

    Être ou paraître ?

    À l’instar de Faust, les armées perdent leur âme pour avoir voulu rajeunir leur image et pactisé, pour ce faire, avec des représentations mensongères… Désireuses d’effacer des mémoires le cliché du militaire borné et d’une institution dont la rigidité des règles confinait parfois à l’absurde, elles ont purement et simplement occulté leur essence, pêchant ainsi par excès inverse… L’on a probablement craint que nombre de concepts militaires paraissent obsolètes, que des notions telles que l’ordre et la discipline répugnent à des adolescents hostiles à toute forme d’autorité. Fallait-il pour autant faire accroire que l’on avait renié cet utile patrimoine et travestir la réalité, au risque d’entamer la motivation des troupes ?

    En termes platoniciens, les armées ont suivi la voie de la «doxa » plutôt que celle de la vérité. Au lieu d’effectuer ce choix sophistique, fondé sur le règne de l’apparence, les armées auraient pu se lancer pour défi de cultiver leur différence. Dans une époque désenchantée où l’homme, déplorant la faillite des repères moraux, religieux et politiques déjà dénoncée par Nietzsche à la fin du XIXe siècle, part en quête de sens, les armées, dépositaires de valeurs humaines et de jalons directifs (rigueur, solidarité…), ont sans nul doute un rôle crucial et salvateur à jouer (8).

    S’adapter

    La gageure consisterait alors à réactualiser les « anciennes valeurs », c’est-à-dire à modifier leur forme tout en promouvant leur esprit, de manière à leur insuffler une légitimité perdue. Eadem sed aliter, préconisait Schopenhauer (9). Continuer d’être militaire, mais autrement, en utilisant des mots différents et en expliquant l’utilité des normes mises à l’honneur, tel est le véritable challenge. Loin d’atténuer les convictions qui sont celles de tout militaire et de faire table rase d’une tradition qui puise souvent sa raison d’être dans les impératifs du combat et des missions de défense, il s’agirait de conserver les principes d’identification et de différenciation propres à l’institution en les adaptant aux exigences de sens qu’exprime la société moderne. Et de nous rappeler, avec Lyautey, qu’« il faut faire de l’avenir une floraison du passé »…

     

    (1) Sun Tzu : L’Art de la guerre ; Economica, 1988.

    (2) Sur cette distinction entre le terme « information », relatif à la diffusion d’une donnée brute, et celui de « communication », impliquant une intentionnalité, on pourra se reporter à l’ouvrage de Dominique Wolton : War Game ; Flammarion, 1991, chapitre 8, « De l’information à la communication », p. 159-163.

    (3) Claude Weber : « La filière communication au sein de la Défense », C2SD, n° 47, 2002 (p. 23).

    (4) « La filière communication au sein de la Défense », op. cit., p. 64 et p. 109-111.

    (5) Campagnes de recrutement 2002, 2003 et 2004. Ci-dessus 2004.

    (6) Cette campagne de recrutement fut lancée sur les ondes d’Europe 2, Fun radio, NRJ et Skyrock en mars 2004. Celle-ci provoqua de vifs mécontentements au sein du personnel navigant et fut arrêtée moins d’une semaine après sa mise en place sur ordre du général Wolsztynski, chef d’état-major de l’Armée de l’air.

    (7) Seule la Gendarmerie nationale semble ne pas céder à cette tentation et se positionne sur la spécificité des métiers proposés, avec des affiches telles que « osez un métier différent » ou encore « la sécurité comme objectif ». Également consciente de l’écueil, l’Armée de terre, un instant séduite par une communication décalée, repositionna sensiblement ses campagnes de recrutement sur une image plus militaire, comme le confiait le colonel Desgrees du Loû, de la Direction du recrutement (article paru dans Les Échos le 3 février 2004).

    (8) Telle est la thèse défendue par Archier et Serieyx (Pilotes du troisième type ; Seuil, 1986), mais aussi par Thomas Peters et Robert Watterman (Le Prix de l’excellence ; Dunod,1999).

    (9) NDLR. Les mêmes choses, mais d’une autre manière et qui devrait être la devise de l’histoire selon Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et comme représentation ; Puf, collection « Quadrige », 2003.

     

     

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    F2 : Drucker et l'armée de terre, le best of
    Par la rédaction le 15/07/2009

    Michel Drucker présentait, à l'occasion du 14 juillet, une émission spéciale sur France 2 en hommage à l'armée française. Un savant mélange de communication politique officielle, d'émotion voyeuriste et de star system.

     

     


    Battlespace: Photographs from Iraq and Afghanistan





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    04/11/2009

    Le général d’armée Raymond Germanos aime bien l'Autriche et les très jeunes enfants

    Ancien chef du cabinet militaire des ministres Charles Millon et Alain Richard, le général Germanos, 68 an, va comparaître devant le tribunal correctionnel pour détention d’images à caractère pédophile, mettant en scène de très jeunes enfants. Il risque jusqu’à deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

    Raymond Germanos, ex-patron du Service d’information et de relations publiques des armées (Sirpa), qui fut aussi directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), a été renvoyé le 9 octobre dernier devant le tribunal de Paris. On ne l’a appris qu’hier tant cette affaire sensible avait été menée en toute discrétion. Le général d’armée est soupçonné d’avoir téléchargé sur un site autrichien, entre 2004 et 2008, environ 3.000 images d’enfants âgés de 6 mois à 12 ans, mis en scène par des pervers.

    L’affaire a débuté en 2006 lorsque les policiers français ont été alertés, via la structure Europol, par leurs homologues autrichiens. Les enquêteurs étaient parvenus à identifier l’adresse internet de M. Germanos sur laquelle étaient importées photos et vidéos pédopornographiques.

    // --> // --> C’est ainsi que le militaire est confondu : les policiers perquisitionnent son domicile et saisissent son ordinateur, mettant la main sur les photos, dont certaines, effacées, seront retrouvées grâce à une expertise du disque dur. Contre toute attente, il reconnaît les faits, sans les minimiser.

    La première fois, confiera-t-il, c’est par hasard qu’il est allé sur ce site avant de céder « à une curiosité malsaine », selon ses termes, a rapporté, hier à France-Soir, une source judiciaire. Devant la juge d’instruction Géraldine Rigollot, le prestigieux officier supérieur a raconté avoir traversé des épisodes difficiles, liés à des problèmes de santé, qui l’auraient déstabilisé.

    Au cours de cette période troublée, il aurait commis ces faits qu’il a lui-même qualifiés d'« aberrants » devant le magistrat instructeur. Raymond Germanos a été mis en examen en 2008. Le parquet de Paris avait requis son renvoi en correctionnelle, désormais acquis. Il encourt deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.

    Il a entamé un travail avec des psychiatres

    Hier, son avocat, Me Olivier Schnerb, n’était pas joignable et, du côté de l’armée, les commentaires étaient succincts. « Nous n’avons rien à dire, une instruction est en cours », indiquait sobrement un interlocuteur du service communication des Armées.

    « Le général Germanos n’était plus d’active au moment où les faits présumés lui ont été reprochés. » (sic) Il semblerait que le militaire ait déjà entamé un travail avec des psychiatres pour tenter de comprendre et de lutter contre ses pulsions.

    L’information a été révélée hier après-midi lorsque la défense de l’officier s’est présentée devant la cour d’appel de Paris pour demander un assouplissement de son contrôle judiciaire. Il lui est notamment interdit de sortir d’Ile-de-France. La décision sera rendue le 10 novembre.

    Diplômé de Saint-Cyr, le général a commandé le prestigieux 2e régiment étranger de parachutistes (2e Rep). Il a également été sous-chef des opérations à l’Etat-major des armées. M. Germanos a été membre des cabinets des anciens ministres de la Défense André Giraud et Jean-Pierre Chevènement, avant de diriger les cabinets militaires de leurs successeurs Charles Millon et Alain Richard. Il est Commandeur de la Légion d’honneur.

    La pornographie infantile, un fléau mondial

    Définie par les Nations unies comme « toute représentation, par quelque moyen que ce soit, d’un enfant s’adonnant à des activités sexuelles explicites, réelles ou simulées, ou toute représentation des organes sexuels d’un enfant, à des fins principalement sexuelles », la pédopornographie est sévèrement réprimée dans de très nombreux pays, et particulièrement aux Etats-Unis et en Europe occidentale.

    Depuis l’éclatement de la bulle Internet, ses méfaits se sont démultipliés : on estime que 40 millions de pages Web lui sont consacré, et l’on peut multiplier par deux, même s’il n’existe pas de statistiques précises, le nombre de photos et vidéos qui circulent entre les mains des prédateurs.

    Les acheteurs de ces clichés pédophiles, comme le général Germanos qui a reconnu les faits, enrichissent les trafiquants d’enfants. Rien qu’en Allemagne, les policiers avancent le chiffre de 130.000 jeunes filles et garçons soumis à des pratiques sexuelles dégradantes.

    Aux Etats-Unis, le trafic rapporterait trois milliards par an aux prédateurs qui, bien que de plus en plus traqués par les cyberpoliciers, semblent poursuivre leurs activités. Les études effectuées sur les victimes démontrent des ravages indélébiles, comme de graves troubles psychologiques et des tendances suicidaires.

    Edition France Soir du mercredi 4 novembre 2009 page 11

     

     

    Europe

    Autriche: plus grosse opération anti-pédopornographie en ligne impliquant mille personnes

    AP | 14.03.2009 | 02:29

    L'Autriche a mené la plus grosse opération jamais montée contre des réseaux en ligne de pornographie infantile, en coordination avec plusieurs pays: mille personnes sont impliquées, a annoncé la police autrichienne vendredi.

    Des preuves contre 189 personnes vivant en Autriche ont été retrouvées, les recherches se poursuivaient à l'encontre de 97 autres et 935 individus ont pu être identifiés grâce à l'examen d'un site croate. L'enquête avait commencé il y a un an.

    Au cours de "l'Opération Sledgehammer" ont été retrouvées 99 photos d'enfants, âgés de seulement 9 à 12 ans. Parmi les victimes, 16 ont pu être identifiées, originaires des Etats-Unis et du Paraguay.

    Lors des perquisitions menées dans certaines maisons ont également été retrouvées de la drogue et des armes. Parmi les personnes inculpées figurent quelques enseignants. Certains pédophiles étaient déjà connus des services de police. AP

     

    Démantèlement d’un réseau de pornographie enfantine en Allemagne et Autriche

    Posté par tatun le 30 septembre 2009

    VIENNE - Un vaste réseau proposant sur l'internet des images et vidéos de pornographie enfantine, réalisés parfois dans le cercle familial, a été démantelé en Autriche et en Allemagne, a annoncé mercredi la police autrichienne.

    Trois Autrichiens ont été arrêtés, dont l'un à Vienne, sur un total de 22 arrestations, a précisé la police lors d'une conférence de presse à Vienne. Ceux-ci avaient mis les enfants de leur propre famille à contribution.

    Un boucher de Vienne, âgé de 41 ans, annonçait ainsi le soir dans les forums internet ce qu'il allait faire avec sa belle-fille de 10 ans et mettait le lendemain les photos en ligne sur son site. Il était père de trois autres enfants et sa femme a affirmé tout ignorer de ses agissements, même si elle s'étonnait qu'il s'enferme parfois dans une pièce avec sa fille à elle.

    “C'était la star du forum”, a précisé Harald Gremel, responsable de la cellule protection de l'enfance à la direction de la police de Vienne.

    Les enfants apparaissant sur ces clichés et vidéos sont âgés de 8 à 12 ans, selon la police.

    L'opération appelée “Forêt hantée” a été menée conjointement par les polices allemande et autrichienne et a permis d'identifier 136 membres du réseau. Au total 12 personnes ont été arrêtées en Allemagne, essentiellement des initiateurs des forums internet sur lesquels ces productions pornographiques étaient proposées et diffusées.

    Le principal administrateur du réseau se trouve en détention en Suisse, selon la police autrichienne.

    L'enquête, démarrée en Allemagne en janvier et à laquelle la police autrichienne a été associée en mai, a donné lieu à 178 perquisitions aux domiciles de personnes suspectées de participer à ce réseau, et 220 ordinateurs ont été saisis.

    Parmi les suspects se trouvent, outre des Autrichiens et Allemands, des personnes de nationalité suisse, espagnole, bulgare, canadienne et américaine.

    L'arrestation des Autrichiens a permis, selon la police autrichienne, de remonter ensuite jusqu'à la tête du réseau.

     

    Vaste réseau de pédopornographie démantelé en Autriche

    La police autrichienne a annoncé vendredi avoir démantelé, en coopération avec d'autres services européens, un vaste réseau de pornographie infantile sur l'internet impliquant plus d'un millier de personnes.

    Dans le cas de 189 personnes en Autriche, parmi lesquels des enseignants, les enquêteurs ont pu apporter la preuve de l'échange de matériel pornographique impliquant des mineurs. L'enquête se poursuit, en revanche, pour 97 autres suspects vivant dans le pays.

    L'examen d'un site internet croate a, par ailleurs, permis de repérer 935 autres personnes soupçonnées d'avoir participé à ce réseau de photos et vidéos interdites impliquant des enfants.

    Lors des perquisitions effectuées au domicile des suspects, la police a saisi, outre du matériel interdit, des drogues et des armes illégalement détenues. Les enquêteurs ont également réussi à identifier 16 des victimes qui apparaissaient sur les films et photos pornos, des enfants âgés de 9 à 12 ans et originaires des Etats-Unis et du Paraguay. (belga)
    13/03/09 11h42 (7/7 info)
    http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/764853/2009/03/13/Vaste-reseau-de-pedopornographie-demantele-en-Autriche.dhtml

    09:30 | Lien permanent | Commentaires (2) |

    27/10/2009

    Le fait de désinformer - désinformation

    La sanction infligée au colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux ne sera pas effacée de son dossier militaire. Le Conseil d'État a en effet décidé, mardi, de rejeter la requête présentée par l'officier, après avoir été mis aux arrêts durant 30 jours par le général commandant la 11E brigade parachutiste, à la suite du drame survenu lors des journées portes ouvertes du régiment.

    Le 29 juin 2008, l'un des exercices de démonstration avait viré au drame. Un sous-officier mimant un tir de couverture, vient d'engager dans son fusil d'assaut, un chargeur contenant des munitions de guerre. Les quelques rafales tirées par l'arme fauchent 16 spectateurs dont plusieurs enfants. Si la responsabilité du sergent Vizioz dans cet accident ne fait aucun doute, la venue de Nicolas Sarkozy au chevet des victimes va provoquer un séisme au sein de l'état-major de l'armée de Terre avec notamment la démission du général Bruno Cuche. Le 22 juillet 2008, le colonel Frédéric Merveilleux du Vignaux, qui avait quitté le commandement du 3e RPIMa, l'avant-veille du drame s'était vu infliger une sanction de 30 jours d'arrêt pour, disaient les attendus de la sanction « négligence dont il avait fait preuve dans l'exercice de ses fonctions de chef de corps du 3ème régiment parachutiste de marine en ne faisant pas observer les règlements en vigueur, notamment dans le domaine de la gestion, du suivi et du stockage des munitions et en n'effectuant pas les contrôles qui auraient permis la découverte de ce stock illicite ».

    Moins de trois semaines après avoir été sanctionné par sa hiérarchie, le colonel Merveilleux du Vignaux avait déposé une requête auprès du Conseil d'État demandant l'annulation de la sanction et la suppression de la mention portée à son dossier militaire. Les conseillers de la plus haute juridiction administrative ont estimé que « l'appréciation que l'autorité militaire a faite de la gravité de ces faits en infligeant à M. Merveilleux du Vignaux une sanction de premier groupe de trente jours d'arrêts n'est pas manifestement disproportionnée ».

    http://www.ladepeche.fr/article/2009/10/23/699938-Carcassonne-La-sanction-du-colonel-du-Vignaux-confirmee.html

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    Le Mot de l'éditeur : Désinformation et services spéciaux

    Désinformation et services spéciaux : amis ou ennemis ?
    Dans un monde où la maîtrise de l'opinion est le secret du pouvoir de tous les pouvoirs, on comprend bien l'enjeu stratégique que représentent les médias dans la sphère politique comme au sein des services secrets. Mais qui dit opinion et information dit aussi désinformation... Désinformation et services spéciaux étudie ce concept aux multiples facettes, et le met en lumière sous un jour nouveau : il se penche sur une pièce de théâtre où trois acteurs - les services spéciaux, les médias et le public - sont tour à tour victimes, manipulateurs et cibles de la désinformation.
    Un cas d'école, l'affaire du Rainbow Warrior, illustre l'analyse de façon détaillée. Désinformation par l'erreur, par l'inversion des rôles, par la supposition, par l'image... Nous sommes mis en face des faits avec toutes les clefs de lecture quant aux procédés utilisés et aux résultats obtenus. Désinformation et services spéciaux nous donne ainsi à lire une approche à la fois concrète et richement documentée d'un thème qui passionne de plus en plus de lecteurs.

    Sophie Merveilleux du Vignaux a reçu du Centre français de recherche sur le Renseignement le prix du jeune chercheur 2003 pour son mémoire de maîtrise à l'Ecole des Hautes Études politiques intitulé «Aux frontières du secret. La politique d'ouverture de la DGSE (1990-2003)». Elle collabore par ailleurs a des travaux collectifs sur le Renseignement.

    Extrait du livre :
    Désinformation et services spéciaux

    Malgré d'innombrables définitions, il reste encore difficile de se faire une idée précise de ce qu'est la désinformation. Pourquoi ce concept est-il si ardu à cerner ? Tout d'abord parce que ceux qui pourraient le mieux en parler sont ceux qui en usent et ils ont bien souvent tout intérêt à en minimiser l'efficacité. Les autres se limitent à employer un mot pour un autre jusqu'à ce que tous se confondent et ne forment qu'un magma de notions certes proches, mais néanmoins distinctes.
    Il est sans doute utile, avant de poursuivre, de revenir sur le terme d'information. Deux universitaires la définissent comme une «description objective faite en vue d'être communiquée et d'apporter une nouveauté pour l'auditoire». Elle consiste à «provoquer chez l'auditeur des sentiments comparables à ceux de témoins oculaires des faits relatés». Selon cette définition, l'essence d'une véritable information repose sur l'impartialité, c'est-à-dire sur la neutralité du contenant et du contenu. L'objectivité doit s'appliquer d'une part au fait exposé et d'autre part à la source et au vecteur utilisés pour le propager.
    L'information a toujours été un élément de puissance fondamental, mais son utilisation a changé. Autrefois, celui qui possédait l'information possédait le pouvoir. Aujourd'hui et grâce à l'important essor des moyens de communication, l'information s'est démocratisée. Tous y ont accès, si bien que le pouvoir revient désormais à celui qui saura la trier et l'exploiter.
    La désinformation, quant à elle, a été récemment décrite dans un dictionnaire comme «une utilisation de l'information, notamment de l'information de masse, pour induire en erreur, cacher ou travestir les faits». Un renvoi vers le mot «intoxication» est signalé, sous-entendant un lien et une confusion possibles entre les deux notions. Ailleurs, elle est décrite comme «un ensemble de procédés qui utilise l'infor­mation comme une arme contre l'adversaire». Nous sommes ici au coeur des principes de guerre de l'information. L'Académie française, qui la définit comme «une action particulière ou continue qui a pour but, en usant de tous les moyens, d'induire un adversaire en erreur ou de favoriser chez lui la subversion dans le dessein de l'affaiblir», fait davantage référence aux opérations psychologiques. Parmi ces nombreuses définitions, la frontière entre différents procédés est parfois ténue. C'est sans aucun doute ce qui les rend si difficiles à appréhender. Pourtant, si plusieurs mots existent, c'est sans aucun doute qu'ils recouvrent des notions différentes. Ce sont donc avant tout des terminologies qu'il faut distinguer : guerre de l'information, guerre psychologique et désinformation

    .http://livre.fnac.com/a1951636/Sophie-Merveilleux-Du-Vignaux-Desinformation-et-services-speciaux

    13:11 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    25/09/2009

    Toujours OTAN d'argent foutu à l'eau... deux Rafale tombé en mer...avec leur ASMP-Amélioré nucléaire ?

    ASMP-A.jpg

    Deux Rafale tombent dans la méditérannée à 30km de Perpignan...un pilote toujours pas trouvé.

    Selon Le Point :

    "Les deux avions accidentés, qui appartiennent à la flottille 12 F stationnée à Landivisiau (Finistère), étaient embarqués sur le Charles de Gaulle et participaient à une mission d'entraînement. Parti de Toulon le 21 septembre dernier, le Charles de Gaulle opére en Méditerranée sa remise à niveau opérationnelle, après réparations ."

    La BAN de Landivisiau accueille trois Flotilles et une Escadrille

    Flottille 12 F
    : elle est constituée de 150 hommes dont 14 officiers (12 pilotes ) et est équipée de
    10 RAFALE monoplace Standard F1, biréacteur Snecma M88-2 double flux
    Armements :
    Fixe : 1 canon DEFA 791B de 30 mm
    Standard F1 : Missile Air/Air Magic 2, Mica IR & EM
    Standard F2 : SCALP Air/Sol, AM 39 Exocet Air/Mer
    Standard F3 : Capacité nucléaire, Reconnaissance photographique & IR
    Missions : Supériorité aérienne au profit des forces navales, Escorte de dispositifs offensifs,
    Protection des missions d'assaut, Appui feu, Reconnaissance Mer/Terre,

    La 12 F , embarquée sur le PAN Charles de Gaulle , reste basée à Landivisiau pour ses entrainements et sa maintenance durant les périodes d'immobilisation du PA.


    Petit rappel de barême:

    39.000 euros l'heure de vol d'un Rafale (selon secret défense).

    Fréderic, que je remercie, nous communique ces chiffres sur le coût d'une heure de vol pour les avions de l'aéronavale française. (La source n'est pas précisée)

    Hawkeye : 40.300 €/h.
    Rafale : 39.000 €/h.
    Atlantique 2 : 18.800 €/h.
    Super Etendard : 13.000 €/h.
    Super Frelon : 10.000 €/h.

    1. Le programme Rafale : une polyvalence renforcée en 2008 : (sénat) profitez-en pour jetter un oeil sur les commandes en ces temps de crise...

    Le coût total du programme pour l'Etat est de 39,6 milliards d'euros, (conditions financières au 1er janvier 2008) ce qui ramène le coût unitaire par avion (hors développement) entre 64 et 70 millions d'euros en fonction des versions, cette valeur devant toutefois augmenter du fait des négociations en cours avec l'industriel résultant de la réduction de la cible initiale.

     

     

    10:40 | Lien permanent | Commentaires (0) |

    24/09/2009

    Dassault vend rafale désespérément...sarko en VRP...Abu Dhabi en show-room...

     

    Rafale: les dessous d'un fiasco

    Par Eric Chol, publié le lundi 22 octobre 2007 l'Express

    En avril 2007, le contrat était presque signé: le Maroc devait acheter 18 de ses avions de combat vedettes à Dassault. Six mois plus tard, Nicolas Sarkozy a atterri ce lundi au Maroc, pour une visite d'Etat de trois jours, sans espoir de reprendre ce formidable marché aux avionneurs américains. Récit d'un gâchis diplomatico-commercial.

    Un certain nombre de contrats seront signés, nous l'espérons... Inch' Allah", avait promis David Martinon, porte-parole de l'Elysée. Pourtant, lorsqu'il s'est envolé pour Marrakech, ce lundi 22 octobre, Nicolas Sarkozy avait bien conscience que ni le lustre qu'entendent donner à son voyage les autorités marocaines, ni les cérémonies prévues pour honorer la "grande amitié" entre le royaume chérifien et la France, ni la série de contrats que le chef de l'Etat devait parapher ne parviendraient à faire oublier l'échec du Rafale. C'était le "contrat imperdable" par définition: le roi du Maroc n'en avait-il pas fait la promesse à Jacques Chirac, au début de 2006? Tellement "imperdable" qu'un protocole d'accord a même été signé entre les deux pays, à la mi-avril 2007: le document de deux pages dort aujourd'hui dans un coffre de la Direction générale de l'armement (DGA). Le contrat de plus de 2 milliards d'euros aurait pourtant soulagé notre balance commerciale si déficitaire. Surtout, il aurait mis fin à une série d'échecs du Rafale sur les marchés extérieurs, en donnant à l'appareil sa première référence à l'exportation. Autant de raisons qui expliquent l'activisme, pendant près de dix-huit mois, des négociateurs français pour arracher cette vente. Sans réussir à empêcher les Américains de surgir en bout de course et d'être désormais sur le point de leur damer le pion, avec leurs bons vieux F16... Aujourd'hui, ils n'ont pas de mots assez durs, en privé, pour fustiger l'incompétence et la légèreté de l'Etat, à l'origine de cet immense gâchis diplomatico-commercial. Retour sur les dessous de ce fiasco.

    Dix-huit mois de couacs

    Printemps 2006 - Promesse de Mohammed VI auprès du président Chirac d'acheter à la France un escadron d'avion de combat moderne. En juin,Dassault fait une offre ferme de 18 avions au prix de 1,83 milliard d'euros.
    Mi-avril 2007 - Protocole d'accord prévoyant la vente de 18 Rafale. Paris découvre que Rabat n'a pas de sponsor, et  renacle à financer les avions. 
    Avril 2007 - Le président Chirac refuse de trancher,  laissant le dossier à son successeur.
    Fin mai 2007 - Contre-proposition américaine très concurrentielle : 24 avions pour 1,6 milliard d'euros.
    10 Juillet 2007 - Sarkozy en Algérie. L'étape marocaine est étrangement annulée.
    11 Juillet 2007 - Discours du représentant américain aux Nations-Unies saluant les « efforts sérieux et crédibles » du Maroc sur le dossier du Sahara Occidental.
    20 juillet 2007 - L'Elysée donne son feu vert pour financer la vente des 18 avions. Rabat ne donne pas suite.
    31 août 2007 - Aide américaine de 697,5 millions de dollars pour le Maroc : le « contrat du défi du millénaire » est  signé à Tétouan, en présence du Roi.
    Début septembre 2007 - Ultime proposition française de 18 avions à 1,8 milliard.
    Du 22 au 24 octobre 2007 - Visite d'Etat de Nicolas Sarkozy au Maroc. Le contrat Rafale n'est plus au programme.

    Mars 2006. En visite en Algérie, le président Vladimir Poutine peut sourire: son allié traditionnel vient de signer l'acquisition de 70 avions de chasse russes. Un réarmement massif, susceptible de remettre en cause l'équilibre de la région. Pour le roi du Maroc, Mohammed VI, il est urgent de moderniser la flotte aérienne de son pays. Sa Majesté s'engage auprès de Jacques Chirac, dont il est très proche, à acheter un escadron d'avions de combat modernes. Un joli marché pour la France, qui entame les négociations. Avec une première interrogation: quel matériel proposer aux Marocains? Des Mirage 2000-5, parfaits pour assurer la police du ciel? Mais son fabricant, Dassault, a arrêté la ligne de production de cet avion il y a cinq ans. La France propose donc de racheter des appareils au Qatar, de les moderniser et de les revendre aux Marocains, pour un prix avoisinant 1 milliard d'euros. Compliquée, l'opération bute sur plusieurs obstacles: les Qataris ne possèdent que 12 avions qu'ils n'ont guère envie de vendre. Côté marocain, on insiste pour acquérir des avions neufs.

    La solution "Mirage" est donc abandonnée, et les discussions s'orientent, dès avril 2006, sur le Rafale, certes beaucoup plus cher, mais du dernier cri technologique. Avec, côté français, un argument massue: vu l'efficacité du Rafale, les Marocains peuvent n'acheter que 18 exemplaires, au lieu des 24 avions initialement envisagés. La négociation démarre, ou plutôt les négociations, car le représentant de la DGA et les industriels vont mener chacun de leur côté des pourparlers. Pis: les représentants de Dassault, qui mettent sur la table, en juin 2006, une offre ferme de 1,83 milliard d'euros découvrent qu'un émissaire de la DGA a déjà parlé prix avec le client marocain, évoquant une somme inférieure de 300 millions... De quoi déconcerter le général Ahmed Boutaleb, le patron de l'armée de l'air marocaine, en charge de la négociation. "Nous n'avons pas su arbitrer entre une approche d'Etat à Etat et un contrat purement commercial mené par l'industriel", regrette un haut fonctionnaire. Ce flou artistique provoque, à la fin de l'été 2006, la colère des dirigeants de Dassault... Non sans effet.

    Les contrats manqués du Rafale

    Printemps 2002: Séoul loves US
    Le Rafale a beau sortir vainqueur de la compétition,  la Corée du Sud, qui abrite une base de 40 000 marines,  lui préfère le F 15 de Boeing  (40 appareils). La même année, Dassault essuie un deuxième échec aux Pays-Bas, qui optent pour le Joint Strike Fighter.

    Septembre 2005: le bambou singapourien
    Singapour écarte le Rafale en faveur du F 15, et  commande  12 appareils (pour1 milliard de dollars). “ Le bambou pousse toujours du côté du plus fort ", conclut le groupe Dassault.

    Juillet 2007: le mirage saoudien
    L'Arabie saoudite signe le contrat du siècle: 15 milliards de dollars pour 72 exemplaires de l'Eurofighter, l'avion de combat européen (Grande-Bretagne, Allemagne,  Espagne, Irlande), qui bat ainsi le Rafale.
    Octobre 2007: la fin d'un contrat “ imperdable "
    Lockheed Martin est sur le point d'imposer, au Maroc, le F-16 face au Rafale.

    Automne 2007: derniers espoirs?
    Vingt ans après son premier vol d'essai, l'avion de Dassault n'a remporté aucune vente à l'exportation. Restent quelques pistes: la Suisse, la Libye, la Grèce et l'Inde.

    Un nouveau directeur international est nommé à la DGA début décembre: cet ancien de Bercy, grand spécialiste du monde de la défense et des pays arabes, tente de remettre le contrat sur de bons rails. Pour éviter les ratés précédents, il joue la carte de la transparence: chacune de ses entrevues avec le client marocain donne lieu, dans les vingt-quatre heures, à un compte rendu adressé au ministère de la Défense, à Bercy, au Quai d'Orsay, à Matignon, à l'Elysée, et, bien sûr, aux industriels. Entre-temps, les exigences marocaines ont alourdi la facture, qui dépasse maintenant les 2,6 milliards d'euros... Soit 5 % du PIB marocain! Trop cher. Les équipes constituées autour du Rafale planchent, jour et nuit, pour revoir leur offre technique. Et, fin janvier 2007, Paris est en mesure de présenter une offre plus réaliste au Maroc. Le courant passe mieux entre Paris et Rabat: le roi et Jacques Chirac s'entendent pour boucler la négociation au plus tard le 15 avril, soit quelques jours avant l'élection présidentielle française.

    Les réunions vont alors s'enchaîner car tout n'est pas réglé, loin de là. Outre un changement d'interlocuteur au Maroc, les négociateurs français acquièrent la preuve, en mars 2007, que la concurrence américaine tente de s'immiscer dans le jeu. Non seulement Lockheed Martin a demandé à une banque de lui bâtir une proposition pour le Maroc, mais des militaires marocains ont eux-mêmes sollicité le fabricant yankee. Autre épine: la question du financement. Depuis le début des pourparlers, les Français ont cru que le Maroc bénéficierait du soutien d'un généreux sponsor - on évoque l'Arabie saoudite ou des Emirats... Une simple rumeur, ni confirmée ni démentie par Rabat. Mais l'ambiguïté n'a jamais été levée, jusqu'à ce jour de la mi-avril, où le négociateur français reçoit un coup de fil du général Abdelaziz Bennani - le chef des Forces armées royales - lui demandant de se rendre dans la capitale marocaine. Sur place, les deux parties signent un document de deux pages, véritable protocole d'accord, précisant le prix (2,132 milliards d'euros), le nombre d'avions (18) et l'offre technique. Mais sur le papier figure une condition suspensive: l'octroi par la France d'un financement.

    Le rouleau compresseur américain

    Les Américains ont réduit à néant les espoirs français de vente de Rafale en jouant sur tous les tableaux, économiques et politiques :
    - une offre hypercompétitive: 24 F 16  pour 1,6 milliard d’euros, avec un financement étalé sur vingt ans ;
    - une enveloppe d’aide au Maroc: un chèque de 697,5 millions de dollars au titre du Millenium Account Challenge, signé le 31 août 2007.
    - un appui politique au Sahara occidental: envoi de nombreux hauts fonctionnaires et diplomates américains au Maroc, entre juin et août, pour relayer le message.

    Cette fois, le mythe du mystérieux sponsor a vécu! Or Bercy hésite à avancer les fonds: en versant 2 milliards d'euros pour l'achat des jets militaires, la Coface, l'organisme de financements publics, risquerait de déséquilibrer ses comptes et placerait le Maroc - déjà titulaire d'une ardoise de 800 millions d'euros - au même niveau que la Chine. Le ministère des Finances, ennuyé à l'idée de créer "un gros grumeau" marocain, traîne les pieds. Le dossier atterrit à l'Elysée. Mais, à quelques jours du premier tour du scrutin présidentiel, Jacques Chirac refuse de donner sa bénédiction au contrat. Il préfère laisser à son successeur le soin de trancher. Oubliant un peu vite que c'est à lui que Mohammed VI, avec lequel il entretient des relations quasi familiales, avait fait la promesse d'acheter des avions français. "Il fallait boucler cette vente sous Chirac, car nous savions qu'après ce ne serait plus pareil", confie, aujourd'hui, amer, un membre du "Rafale Team". La fenêtre d'opportunité vient de se refermer à moitié. Elle ne s'ouvrira plus.

     

    Le jour de sa nomination, François Fillon, nouveau locataire de Matignon, trouve sur son bureau le dossier marocain. Cette fois-ci, la balle est dans le camp de Paris: oui ou non, la France accepte-t-elle d'octroyer au Maroc un financement pour les 18 avions? Il faudra trois mois aux autorités françaises pour arbitrer. Trois longs mois d'indécision, de blocages, de rivalités entre ministères. On se demande s'il ne vaudrait pas mieux garder cet argent public pour d'autres projets civils au Maroc, comme un TGV ou des centrales nucléaires. Matignon réclame des études supplémentaires, n'hésitant pas à mettre en doute l'existence de la concurrence... En face, les Etats-Unis profitent de ce flottement et déposent, fin mai, une offre au Maroc portant sur des avions d'occasion. Quelques jours plus tard, ils reviennent avec une proposition de 24 appareils F16 neufs, au prix de 1,6 milliard d'euros. Washington dépêche, entre juin et août, une kyrielle de membres du gouvernement, de diplomates, de militaires, ainsi que le directeur du FBI, et fait passer au roi un message du président Bush, lui signifiant son soutien actif sur la question du Sahara occidental.

    Pourtant, Paris ne semble pas s'émouvoir de cet activisme. Fin juin, Matignon, qui cherche à alléger la note, envoie encore un émissaire au Maroc, pour proposer de réduire le contrat de 18 à 12 avions. Refus du général Bennani, qui comprend mal les atermoiements français. A l'inverse, les Etats-Unis mettent le paquet sur le plan financier. Ainsi, non seulement le Maroc obtient un crédit quasi gratuit de vingt ans, mais l'oncle Sam octroie une aide de 697,5 millions de dollars au titre du "Millenium Account Challenge".
    De plus en plus inquiets des lenteurs étatiques, les négociateurs français espèrent encore que le Président, attendu au Maroc à l'issue d'un périple en Algérie, les 10 et 11 juillet, saura convaincre le Roi. Mais quelques jours avant son départ, l'étape marocaine est étrangement annulée, à la demande des autorités locales, pour être reportée au mois d'octobre. On évoque alors un coup de froid entre Paris et Rabat, le roi ayant pris ombrage du déplacement présidentiel en Algérie. "Je suis persuadé qu'il s'agissait en fait d'un coup monté de la part du 'clan américain' au sein des militaires marocains, voulant éviter toute possibilité pour la France de conclure la vente", analyse l'un des proches du dossier.

    Les derniers espoirs tricolores s'envolent au milieu de l'été. Certes, l'Elysée donne son feu vert au financement des Rafale vers la mi-juillet, et le vice-amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major particulier de Nicolas Sarkozy, téléphone immédiatement au général Bennani pour lui annoncer la bonne nouvelle. Mais la ligne avec Rabat ne répond plus. Tout l'été, les équipes françaises s'activent, jusqu'au sommet de l'Etat, pour rétablir le contact, tandis que Bercy mouline ces chiffres. Début septembre, en guise de baroud d'honneur, deux négociateurs s'envolent pour Rabat, avec une ultime offre à 1,8 milliard d'euros. Cette fois-ci, tout y est: le prix, le financement, le nombre d'avions et, en prime, un accord politique plus global avec le Maroc. Trop tard: le rouleau compresseur américain est déjà passé. Et les "Dassault boys", qui ont assisté, impuissants, à la transformation de l'Etat en une machine à perdre, sont furieux. Fin septembre, le constructeur annule sa participation au salon aéronautique de Marrakech, qui devait constituer un temps fort de la visite présidentielle. Le cœur n'y est plus. Sauf miracle, le contrat imperdable semble, cette fois-ci, bel et bien perdu. En privé, les accusations fusent: "Un avion trop cher", disent les uns; "Une administration incompétente et inefficace", répondent les autres. Chacun attend la fin du voyage de Nicolas Sarkozy pour régler ses comptes. Une chose est sûre: après un tel gâchis, l'ensemble du dispositif des ventes d'armes est à revoir, et très vite. Avec, pourquoi pas, la mise en place d'une war room à l'Elysée. En attendant, le Rafale va devoir trouver une nouvelle piste d'envol. En Libye, par exemple, où il sera présent, du 29 au 31 octobre, au salon aéronautique de Tripoli.

     

     

     

     

     

     

    27/05/2009 12:38:22 | La rédaction web de Jeune Afrique | Par : Lauranne Provenzano

    Abou Dhabi, nouveau showroom de l'armée française

    La France espère vendre 60 Rafales à l'armée émiratie© DR

    La visite du président français dans les Emirats Arabes Unis a permis de poser les jalons diplomatiques et politiques d’une coopération durable en matière de défense…et de commerce.

    Nicolas Sarkozy a inauguré mardi en fanfare la première base militaire française permanente installée dans le Golfe arabo-persique, à Abou Dhabi.

    La « Base de la Paix » accueillera à terme près de 500 soldats français sur trois sites : ladite base, essentiellement navale, située dans le port de commerce d’Abou Dhabi, une base aérienne où seront stationnés au moins trois avions de combat, et un camp d’entraînement préparant au combat en zone urbaine et en terrain désertique.

    Lors de son discours d’inauguration, le chef de l’Etat français a rappelé la dimension à la fois "politique, diplomatique et stratégique" de cette base. Politique et diplomatique, car elle découle directement de l’accord de défense qui lie la France et les Emirats Arabes Unis (EAU) depuis janvier 1995. Une coopération qui a d’ailleurs été reconduite lors de la venue de Nicolas Sarkozy lundi 25 et mardi 26 mai. "Soyez assurés que la France sera à vos côtés si votre sécurité devait être menacée", a ainsi affirmé le président français à l'agence officielle WAM.

    Stratégique, car la France se positionne désormais dans une zone d’intérêt tactique, le détroit d’Ormuz par lequel passent près de 40% des échanges de pétrole et de gaz de la planète. Par ailleurs, cette implantation marque la volonté de Paris de s'impliquer pour la stabilité d'une région secouée par les ambitions nucléaires de l’Iran, qui contrôle une partie du détroit.

    Vitrine d’exposition

    Mais surtout, la base d’Abou Dhabi sera une vitrine du savoir-faire à la française, comme le suggère l’entourage présidentiel : "Et puis aussi peut-être que ça a une vocation d'exposition de nos matériels", renchérit un conseiller. En effet, les EAU sont des fidèles de l’industrie militaire française, et figurent parmi les meilleurs acheteurs de nos équipements.

    En janvier dernier, l’armée émiratie avait laissé entendre qu’elle souhaitait remplacer sa flotte de 60 Mirages 2000-9 par les Rafales construits par Dassault, et pour l’heure utilisés uniquement par l’armée française. Le contrat porterait sur 6 à 8 milliards d’euros et permettrait de sortir l’équipementier français de la mauvaise passe qu’il traverse dernièrement, crise économique mondiale oblige.

    Comme avant-goût, le prince héritier émirati, Mohammed ben Zayed Al Nahyane a assisté mardi après-midi, en compagnie du chef d’Etat français, à une démonstration en vol du Rafale, selon des informations du quotidien français Le Point.

    Il n’en demeure pas moins que rien n’a été signé, les Emirats réservant leur réponse pour les mois à venir. C’est que les négociations pourraient achopper sur plusieurs failles : le prix des avions, qu’il est toujours bon de marchander, mais aussi des exigences techniques que la France n’a pas encore remplies. Les EAU demandent que les appareils soient équipés d’un radar à longue portée, et non de celui dont sont munis les Rafales utilisés en France.

    La dernière condition, et pas des moindres, serait la reprise par la France des 60 Mirages que possède l’armée émiratie, et pour lesquels Paris devra ensuite trouver un acquéreur…

    « Voyage d’échanges et de collaboration »

    La visite de Nicolas Sarkozy intervient aussi sur fond de négociations pour la construction de 12 à 16 centrales nucléaires pour un montant d'environ 40 milliards de dollars (30 milliards d'euros). Total, GDF-Suez et Areva ont formé une proposition conjointe, mais restent en concurrence avec des offres américaines et coréennes.

    Le président français a également participé à la pose symbolique de la première pierre dans la construction d'une succursale du musée du Louvre à Abou Dhabi, le « Louvre des sables » dans un bâtiment signé Jean Nouvel. « Ensemble, nous sommes engagés dans un extraordinaire voyage d’échanges culturels et de collaboration qui, je crois, renforceront pour toujours, les liens entre nos deux pays.», a prédit Nicolas Sarkozy.

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    Serge, sur ce coup là je prend 15% de com...






     

     

     

    Kadhafi: comment la France l’a armé dès ses débuts

    3 septembre 2009

    Les festivités du 40ème anniversaire de l’arrivée au pouvoir du colonel Kadhafi se sont déroulées avec faste cette semaine, sans la présence de chefs d’Etat occidentaux. Toujours aussi provocateur et imprévisible, le chef du régime libyen peine à être fréquentable, malgré ses visites officielles des derniers mois, en France, en Espagne et très récemment en Italie.

    le leader libyen dans sa tenue de Guide suprème

    Malgré son caractère turbulent, ses idées socialistes mâtinées d’islamisme, ses nombreux revers diplomatiques (son panarabisme n’a guère davantage eu de succès que son panafricanisme), son sponsoring du terrorisme jusqu’aux années 2000, ses lubies économiques, celui qui a été désigné comme le “Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste” règne sans partage sur son pays pétrolier, avec une longévité digne des dictateurs hors de commun.

    Mais la mémoire des Occidentaux est courte. A peine arrivé au pouvoir au terme d’un coup d’Etat assez peu démocratique,  le 1er septembre 1969, le jeune colonel libyen reçut le soutien de la France.

    Un accord secret franco-libyen dès novembre 1969

    En effet, le président Georges Pompidou donna son feu vert à la signature d’un énorme contrat de ventes d’armes à Kadhafi.  Comme peu de gens le savent (je raconte les coulisses diplomatiques de ces contrats dans le livre “des secrets si bien gardés”), un protocole franco-libyen secret fut signé le 28 novembre 1969 entre le gouvernement français (alors dirigé par Jacques Chaban-Delmas) et le gouvernement libyen.

    Selon les archives de l’Elysée que j’ai pu consulter, celui-ci prévoyait notamment la fourniture de 110 Mirage, des avions de combat particulièrement redoutables construits par la firme Dassault. La vente de ces Mirage, alors même que de Gaulle avait bloqué  en 1967 la livraison de 50 Mirage à Israël, provoqua une polémique.

    Révélation: la France n’annonça pas publiquement qu’elle vendait également à Kadhafi, dans le cadre de ce même protocole, des hélicoptères, des bombes, des missiles air-air Matra, des systèmes de défense aérienne, des radars de surveillance… Ni que la Libye réclama ensuite des chars, des patrouilleurs,  et même des missiles sophistiqués Excocet ( la France refusa poliment…)

    Informé de ces négociations, Israël accusa la France de vouloir armer ses ennemis, Kadhafi n’ayant pas fait mystère de sa volonté de fusionner la Libye avec l’Egypte ( ce qui n’advint finalement pas) et de donner ou coup de main aux Egyptiens pour s’en prendre à l’Etat hébreu.

    Les Etats-Unis s’émurent également de ce contrat français, jugé très risqué, alors même que Kadhafi exigeait en même temps le départ des Américains de leur vieille base aérienne en Libye. La communauté juive américaine manifesta bruyamment son opposition à Pompidou, jugé pro-arabe, lors de son voyage aux Etats-Unis en mars 1970, au point de provoquer émeutes et incidents diplomatiques.

    Des livraisons plus rapides qu’annoncées

    En dépit des explications rassurantes de Pompidou à Tel Aviv et Washington sur l’entrée en vigueur de ce contrat militaire et l’usage contrôle de ces avions, la livraison des Mirage eut bien lieu à partir de 1970. Le calendrier des livraisons fut même beaucoup plus rapide que ce que les Français avaient promis aux Israéliens et aux Américains. Un petit mensonge pour un gros contrat aux retombées économiques importantes.

    L’hypocrisie était à son comble: un diplomate français en poste à Washington confia, en avril  1973, à un de ses collègues américains, que les “Français étaient parfaitement au courant que certains pilotes qu’ils entraînaient pour les Mirage étaient égyptiens, et non pas libyens”. Il ne fallait simplement pas que cela se sache, car, selon le diplomate, cela serait “très embarrassant” pour le gouvernement français…

    Kadhafi reçu à Paris fin 1973: “il fait impression par sa pureté”

    Lorsque le colonel Kadhafi effectua sa première visite officielle à Paris en novembre 1973, il fut reçu comme un roi par le président Georges Pompidou. En pleine crise du pétrole, les conseillers de Pompidou se félicitaient, dans des notes confidentielles, du “bilan positif”  des relations franco-lybiennes et des gros contrats en cours avec Tripoli.“Dans l’ensemble, le protocole du 28 novembre 1969 a été appliqué à la satisfaction réciproque” écrivirent-ils.

    Quant à  Kadhafi, les conseillers de l’Elysée jugeaient , juste avant cette visite à Paris, qu’il était solidement en place: “Quatre ans, après le coup d’Etat qui a chassé la monarchie, le colonel Kadhahi a affermi son régime et le conseil de commandement de la Révolution demeure soudé autour de sa personne. En dépit de ses outrances, il fait impression par sa pureté, son dynamisme, son messianiamse arabe.

    Nul doute que Kadhafi aurait été enchanté de lire pareille prose à sa gloire, rédigée par l’Elysée, en 1973. Les déconvenues allaient suivre, mais plus tard….

    http://www.lesinfos.com/nouzille/2009/09/03/kadhafi-comme...

     

    http://www.fessenheim.org/images/upload/kadhafi-sarkozy-nucleaire-epr.jpg

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    La Légion étrangère joue à Tripoli le1er septembre 2009 pour les 40 ans de prise de pouvoir de l'ex terroriste Kadhafi, maintenant devenu fréquentable car il "peux" acheter du matériel militaire...alors que la France chasse le terroriste barbu en Afghanistan...

    http://a7.idata.over-blog.com/0/33/35/02//Kadhafi---Sarkozy.JPG

    19:39 | Lien permanent | Commentaires (0) |

     
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